Appelons un chat un chat


Karachi2L’hécatombe continue. Cette fois c’est à Karachi. Un attentat à la voiture piégée a fait, ce dimanche, 45 morts et 150 blessés. Le bilan pourrait encore s’alourdir, vue l’état de gravité dans lequel se trouvent certains blessés. Au mois de Janvier déjà, une série d’attentats avaient causé la mort de 200 pakistanais.

Pendant que nous avons les yeux fixés sur leurs frères au Mali ou en Syrie, les terroristes font des ravages au Pakistan. D’ailleurs, les appelle-t-on encore « terroristes » ? Ici on a tendance à les appeler pudiquement « groupe armé sunnite proche d’Al-Qaïda ». Les terroristes c’est pour ici. Au Pakistan ce ne sont que des factions qui en font sauter d’autres. Une faction de près de 140 millions de personne contre 40 autres millions. Il est vrai que là-bas les bombes ne sautent pas aux environs des ambassades, ni près des centres touristiques. Ce ne peut donc être qu’un règlement de compte entre gens qui ne s’aiment pas. Bizarre que des gens, qui ont vécu pendant des siècles en parfaite harmonie, se réveillent un beau jour et se mettent à se haïr à ce point. Et, comme par hasard, le clivage dans la société pakistanaise suit exactement un autre clivage voulu et entretenu ailleurs.

Chaque attentat est sous-tendu par une raison bidon. Parfois, ce sont les auteurs de l’attentat eux-mêmes qui avancent ces raisons. En 2011 on a vu ces groupes tuer des dizaines de pakistanais pour, disent-ils, venger la mort de leur allié Oussama Ben Laden, dont, pourtant, les américains revendiquent l’exécution. Allez comprendre. Aujourd’hui on rattache l’attentat de Karachi à de futures élections. En quoi faire sauter des innocents peut-il agir, de quelque manière que ce soit sur des élections ? On a l’impression que, désormais, à la veille de chaque évènement important dans ce pays, il faudra s’attendre à une action meurtrière, juste parce les groupes terroristes disposent d’assez de matières premières prêtes à aller se sacrifier. Ça rappelle étrangement le modus operandi de leurs frères en Syrie, qui à la veille de chaque évènement international important, font parler d’eux.

Au Pakistan, en Syrie, au Mali, même combat. Ce n’est pas par hasard que les terroristes du Pakistan se réclament du wahabisme. Il faudrait que ceux qui manipulent ces gens-là arrêtent de nous prendre pour des imbéciles. Il faudrait surtout que tous les citoyens du monde ouvrent les yeux et dénoncent ceux qui, dans leurs palais ou dans leurs bureaux luxueux créent tant de deuils par terroristes interposés. Mais il faudrait déjà savoir appeler un chat un chat. Qu’ils soient à nos portes ou à l’autre bout du monde, les terroristes restent toujours des terroristes, et pas seulement des « groupes armés » ou des « révoltés ».

Avic

Une réflexion sur « Appelons un chat un chat »

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