Syrie : une carte révélatrice


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J’avais suggéré dans un article précédent que les vrais buts de guerre contre la Syrie étaient la Syrie elle-même. Tous les autres objectifs annoncés à grand renfort d’analyses pertinentes et souvent par les agresseurs eux-mêmes sont de la poudre aux yeux. Et pour cause. Aucun agresseur au monde, ni maintenant, ni au cours de l’Histoire, ne va attaquer l’ennemi en annonçant clairement pourquoi il le fait et comment il va s’y prendre. La Syrie serait-elle une exception dans l’Histoire de l’humanité ? Je ne le crois pas.

Aujourd’hui, la question syrienne est ramenée à quelque chose de fort simple : y aura-t-il une intervention extérieure et quelles en seront les conséquences. Tout le reste n’a plus cours. Adieu les considérations sur Al-Qaïda et la guerre contre le terrorisme. Exit le printemps arabe et la chute des ‘’dictateurs’’. Même l’Egypte, pourtant encore en pleine ébullition, rejoint dans l’oubli la révolte turque. En fait nous revenons au point de départ d’il y a deux ans et demi en Syrie, avec ses fondamentaux de base : On veut la Syrie et Bachar Al Assad doit céder la place de lui-même ou il en sera délogé.

Pourquoi ? Passons en revue toutes les raisons qu’on nous donne.

– L’Iran, d’abord. La guerre contre la Syrie serait pour priver l’Iran d’un allié. C’est ce qui nous est soufflé. Le premier souffleur est bien sûr Israël. C’est aussi Israël qui menace l’Iran. C’est toujours Israël qui fait capoter les négociations pour le nucléaire iranien, ce nucléaire militaire qui n’existe que dans les discours entretenus par les autorités israéliennes. Les embargos sont suggérés par Israël et ses alliés sont régulièrement poussés à en inventer d’autres. Pourquoi tout ça ? On sait qu’Israël peut envoyer quelques coucous déposer leurs œufs sur quelques cibles, mais pas d’envahir l’Iran. Il en est de même pour les Etats-Unis. Ils le savent, tout le monde le sait et même nous, nous le savons. Puisque nous le savons, pourquoi croyons-nous le contraire, à chaque fois que le sujet revient sur le tapis ? Mystère. Personne n’attaquera l’Iran. Le nucléaire iranien n’est pas un problème, pas plus que le nucléaire pakistanais (bien réel celui-là) qui est pourtant entre les mains de musulmans, dans un pays islamique qui grouille de talibans. La bombe iranienne n’est évoquée que pour justifier les embargos, d’une part et, d’autre part créer un ennemi artificiel pour détourner les regards. En outre, avec les embargos, on espère affaiblir le soutien que pourrait apporter l’Iran à celui qui est vraiment visé.

– L’énergie. La guerre contre la Syrie et, de manière générale, toutes les luttes dans cette partie du monde, seraient pour la maîtrise de l’énergie et le pillage des ressources. Il faut être frappé d’amnésie pour gober ça.  Il faudrait juste rappeler que l’occident a déjà fait ce qu’il fallait et les guerres qu’il fallait pour ça. Nul besoin d’autres guerres pour avoir ce qu’ils ont déjà. Non seulement leurs compagnies sont présentes partout et en bonne place, mais ce sont elles qui dictent les règles et les prix de ce qu’ils vendent et de ce qu’ils achètent via des entités qu’ils ont créées. Alors, guerre de pillage, en Syrie ? Piller quoi ? Les ressources énormes de la Méditerranée orientale ? Il n’y a pas que la Syrie qui est concernée par ces ressources qui, en passant, n’ont pas encore vu le jour.

– Les Gazoducs. La Syrie serait le passage obligé de tous les gazoducs venant du golfe. Il suffit de regarder une carte pour voir que ce n’est pas tout à fait vrai. En outre, on se rappelle que pour la guerre d’Afghanistan, il avait été soufflé que l’une de ses vraies causes serait une histoire de gazoducs. On a vu ce qu’il en était. Des analystes spécialisés dans ce domaine nous ont montré des tracés compliqués de gazoducs existants et potentiels pour acheminer l’énergie vers l’Europe. Il suffit de les regarder pour voir tout de suite que la Syrie n’est pas centrale, même si elle est importante.

– l’Axe de la résistance. C’est le dernier argument que l’on donne, mais vite évacué car la Syrie ne serait qu’un appoint à celui que l’on a défini comme ennemi : L’Iran et son prolongement armé, le Hezbollah. La boucle est bouclée. Circulez, il n’y a rien à voir. Les problèmes géopolitiques du Moyen-Orient et du monde arabe ne sont que cela, présentés, décortiqués, analysés et commentés dans tous les médias du monde.

Pour faire oublier l’essentiel.

Un problème vieux de plus de 60 ans dont il faudra bien sortir un jour. Le problème palestinien. La seule solution pour le régler apparait être, aux yeux de ceux qui organisent ce chaos, le remodelage, non plus du Grand Moyen-Orient, mais de la Syrie, la Jordanie, de la Palestine (dont Israël), et peut-être de l’Egypte. Remodelée, la région offrirait aux palestiniens une terre et Israël pourrait s’étendre jusqu’au Jourdain. Aux yeux d’Israël et de ceux qui sont derrière lui, cela se fera, Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce qui explique que la colonisation ne s’est jamais arrêtée, et ne s’arrêtera pas. Pour eux c’est une expansion naturelle pour quelque chose d’inéluctable.

Dès lors beaucoup d’évènements s’expliquent, y compris certaines alliances contre nature. Et, par-dessus tout, le printemps arabe prend tout son sens.

En observant la carte ci-dessus, on constate que tous les navires de guerre occidentaux sont situés loin des côtes syriennes, se mettant hors de portée des missiles de l’armée syrienne. Pour leur sécurité, il fallait donc qu’il n’y ait aucun allié potentiel de la Syrie dans le secteur, et cet allié aurait très bien pu être Mouammar Kadhafi.  Il fallait éliminer ce risque. Avant de s’en prendre à la Libye, on fait dégager des amis, complices, par des pseudo-révoltes. En Tunisie, on oublie trop souvent, comme toujours, les snipers qui ont mis le feu aux poudres, et qui ont été exfiltrés très vite. Avec l’effervescence médiatisée des foules tunisiennes et égyptiennes, c’était tout le peuple arabe qui était censé se révolter contre des ‘’dictateurs’’ qui hier encore étaient considérés comme des amis et des modérés. Ca n’étonne personne que les islamistes qui ont pris le pouvoir en Tunisie soient financés par le Qatar, et que dans le même temps, la victime de ces qatari, Ben Ali, soit hébergé dans des palais des mille et une nuit au Qatar.

Une fois que la mayonnaise a bien pris dans les esprits, il pouvait donc sembler naturel que les libyens suivent cette tendance arabe en voulant se débarrasser, eux aussi, de ‘’leur dictateur’’.

Si cette hypothèse est exacte, tout ce cinéma a dû être planifié depuis très longtemps en vue de la guerre contre la Syrie. La guerre de Libye nous a été présentée comme une guerre de pillage des ressources du pays. On constate simplement que ce sont toujours les mêmes compagnies pétrolières qui sont sur place, qui continuent à faire exactement ce qu’elles faisaient avant la guerre. S’il y a eu quelques remaniements contractuels, l’essentiel n’a pas bougé. Avaient-ils besoin de piller ce qui leur était offert par négociations ? Tout le monde a constaté que Kadhafi était prêt à négocier sur tout avec l’occident et était prêt à tous les compromis, ce qui fit qu’il ne vit rien venir de la part de ceux qui, eux, suivaient un agenda très précis.

D’après ce que nous constatons aujourd’hui, dans une sorte de timing parfait, tous les évènements qui se sont déroulés dans le monde arabe ressemblent fort à une préparation de ce que va faire Obama, c’est-à-dire attaquer la Syrie. Ce que nous voyons dans la carte ci-dessus ne pouvait être possible que sans Kadhafi sur les flancs.

Avec cette hypothèse, on comprend aussi pourquoi la Libye était si importante pour Bernard Henri Lévy et Israël. Tripoli n’aurait été qu’une étape sur le chemin de Damas.

Avic

19 réflexions sur « Syrie : une carte révélatrice »

  1. Personne n a jamais douté que la défense des intérêts israéliens est comprise dans le package « guerre humanitaire  » , l expansion de son territoire – la colonisation n a jamais cessé- et son rôle de gendarme du Moyen Orient pour le contrôle -militaire- des hydrocarbures. Que les compagnies soient partout sur place peut être mais à leurs conditions à présent ce qui n est pas la même chose qu avant la soumission! de même pour les gazoducs ! ton hypothèse – juste dans certaines limites- ne réponds pas et de loin aux enjeux plus complexes et variés qui mettent en branle Russes et Chinois . On pourrait ajouter le rôle du dollar mis en cause dans la vente du pétrole par Hussein et Khadafi notamment. Et cet enjeu prime même sur les autres !

  2. Pour la lybie, justement khadafi n’était pas si facile en affaire que çà il me semble et il agitait les pays de la région pour créer une banque centrale africaine, une monnaie-or, des choses qui perturbent la suprématie du dollar, du pétrodollar qui fait la force des usa parce que le nerf de la guerre c’est l’argent, et avec la suprématie du dollar dans le monde, de l’argent ils en ont tant qu’ils en ont besoin pour mener leurs guerres.
    C’est une des raisons de la guerre en irak, saddam voulait être payé en euro, s’il avait entrainé les autres producteurs de l’opep, c’était la fin des usa. L’iran et la russie veulent faire de meme et meme etre payé en or, c’est encore pire.

    L’iran a besoin de la syrie pour armer le hezbollah et le rendre opérationnel, et si le hezbollah est une menace importante pour israel, si tout tourne autour d’israel, il est important d’effacer le hezbollah et la syrie est son premier soutien par sa proximité.

    Sinon oui c’est bien de rappeler que ces histoires de suprématie énergétiques les armes de destruction massive sont facteur négligeable pour détourner l’attention du problème israélien.

    Les us sont infiltrés par les sionistes mais ils ne se bruleront pas pour israel. Ils défendent d’abord leurs intérets et c’est la suprématie du dollar qui compte le plus.

    1. L’Euro est aussi la monnaie de ces mêmes personne qui impriment le dollars à la Fed. D’autre part, Saddam Hussein a voulu se faire payer en Euros juste pour sortir de l’étouffement de l’embargo qui lui a été imposé. Il y avait donc longtemps qu’il était sur le siège éjectable. Ce n’est pas cela qui l’a fait décaniller.Le Yan et le rouble sont autrement plus redoutables pour la survie du dollar, mais ni la Russie ni la Chine n’y ont intérêt, pour le moment.
      Cela dit, je suis d’accord avec vous que Kadhafi avait mille autres raisons d’attirer la vindicte du système. C’est peut-être pour ça qu’on n’a pensé qu’à ces raisons pour expliquer la guerre en Libye.

  3. A reblogué ceci sur raimanet and commented:
    Assad, Damas, Iran, Israël, kadhafi, Libye, Nucléaire, Palestine, Printemps arabe, syrie, Tunisie

    Un mensonge répété dix fois reste un mensonge répété dix mille fois, il devient une vérité. AH.

  4. Analyse très intéressante en soi ; mais pourquoi Kadhafi serait-il intervenu en faveur de Damas au risque de s’attirer les foudres de gens avec qui il était désireux par ailleurs de discuter ; et donc ouvert à la discussion ? comme vous l’écrivez, Kadhafi « était prêt à négocier sur tout avec l’occident et était prêt à tous les compromis » …

    1. Peut-être parce qu’ils ne pouvaient se fier à 100% à Kadhafi? Jusqu’au bout Kadhafi, malgré les compromis, restait un révolutionnaire et le montrait ouvertement. Ses visites à Paris, à Rome ainsi que ses discours à l’ONU en témoignent.

  5. C’est quand même bizarre, énergétiquement parlant, on a l’impression que les américains sont à la rue.
    Aprés la « libération » de l’Irak, c’est la Chine qui profite du pétrole de Bagdag. Idem en Amérique du Sud, qui voit la Chine signer contrats sur contrats.
    Vous me direz que les USA profitent des gazs/pétroles de schistes, mais tout n’est pas rose. Au-delà des effets catastrophiques sur l’environnement, les puits de forages qui nécessitent 4000 mètres cubes d’eau et 50 000 litres de produits chimiques, ont une durée de vie, pour le moins, courte.
    Je vous laisse lire la revue des énergies de Mister Horvatt, y’a plein de choses intéressantes…

  6. « En observant la carte ci-dessus, on constate que tous les navires de guerre occidentaux sont situés loin des côtes syriennes, se mettant hors de portée des missiles de l’armée syrienne. » Admettons, quoique les navires bougent… Il reste que la colonie judéo-fasciste est un porte-avion occidental, et qu’elle est à portée des missiles syriens, libanais et iraniens.
    Par ailleurs, en quoi les supposés missiles libyens auraient-ils pu être une menace ? aucun avion de l’OTAN n’en a été la cible lorsque la Libye a été pilonnée.
    Cela dit, il est certainement vrai que le vrai but de la guerre contre la Syrie est la Syrie elle-même.
    Voir The New World Order’s Tower of Babel, Nikolai MALISHEVSKI (http://www.strategic-culture.org/news/2013/09/04/the-new-world-orders-tower-of-babel.html)

    1. Kadhafi n’a jamais tiré un seul missile parce qu’il espérait toujours trouver un arrangement, par le biais de l’Union Africaine notamment. Le porte-avion occidental, en revanche fait tout son possible pour faire croire qu’il n’est pas là et comme s’il était étranger à tout ça. Ça lui permettra en outre de se plaindre, à la première roquette qui entrera dans son ciel.

  7. merci pour la carte et l’article car on y voit déjà mieux. Excusez mon regard très amateur et peu éclairé mais le positionnement des divers forces si ces dernières s’avèrent justes, en tout cas, vont limiter considérablement le champ d’action de la Russie, non ? A part avertir les syriens du départ et de la trajectoire des missiles. en méditerranée ( mais pas des missions depuis l’océan indien) quel autre moyens dispose la Russie à l’exception d’un conflit direct ouvert auquel ils ont déja répondu qu’ils s’y engageraient pas ?..D’ailleurs , on voit bien sur cette carte que le dispositif US/FR/GB encercle bien la Syrie, le Liban et Israël certes, mais ferme aussi l’accès de la mer noire à la méditerranée, et donc tient en respect la flotte Russe non ? Et d’ailleurs, l’Irak comme la Bosnie étaient aussi des alliés de la Russie. Pourquoi s’engagerait elle au delà de la protestation ou de la condamnation sur le cas syriens en cas de frappes alors qu’elle ne put rien empêcher par le passé ? J’ai la sensation que la chine y dépêche sur zone des navires pour prendre le maximum d’info sur la marine US en raison de la présence lourde pour elle de cette dernière dans le pacifique. Elle est loin encore elle même d’être assez développée pour inquiéter la flotte US et n’a pas non plus de raison d’ouvrir si tôt un front avec les US. Plus je recoupe les diverses informations et déclarations et plus je regarde cette carte, plus j’ai le sentiment , peut-être à tord, que la chute de la Syrie se fera bien en deux temps , là avec des frappes qui affaiblira la DCA syrienne et plus tard par le biais des soit-disant « rebelles » sur le terrain sous le soutien d’une exclusion aérienne Israélo Turc. La Portée stratégique de L’Iran est locale et le groupe aéronaval de l’Océan Indien semble surtout positionné pour le contrer. J’ai cru comprendre que l’Arabie Saoudite ( au détour d’une lecture sur Russia Today une déclaration de kerry ) paiera tous les frais de cette intervention. En prenant donc en compte tout çà, et sachant que le spectre du risque d’embrasement type 3ieme GM est un épouvantail qu’est-ce qui peut expliquer ce calendrier et cette attente ? Pas le risque d’une condamnation pour crime de guerre d’un président US, cela ne se produira jamais, pas avec une telle suprématie mondiale…Un vote du parlement ? ceci est de la poudre médiatique aux yeux. Des analyses de l’ONU ? Le monde entier sait que ces enfants sont morts par produit chimique et non d’une balle dans la tête, ce n’est pas un résultat de rapport qui arrêtera un doigt pressé d’appuyer sur une gâchette. Surtout qu’on lui fera dire ce qu’on voudra quand on est capable de jurer qu’Al quaida n’est pas en Syrie. Comment analyser cette attente ? Une action du terrain ? La position des portes hélicoptères ( les GB) m’intrigue, si loin derrière … Est-ce réellement la Syrie qui est visée ? Avec le déplacement secret de plusieurs lanceurs nucléaires américains et la mission inconnue toujours en cours d’une escadrille de B2, Est-ce réellement la Syrie, la Cible ?

  8. J’aime beaucoup. C’est un point de vue très défendable mais qui reste un point de vue parmi d’autres. Les États forts restent quand même au service de leurs intérêts avant tout. Or on se demande ici quel pourrait bien être l’intérêt des EU, de l’Angleterre ou de la France à toujours voler au devant des moindres désirs d’Israël.

    Un point d’actualité en faveur de cette thèse: j’ai lu qu’aujourd’hui à Vilnius Kerry a demandé aux Européens de reporter de quelques mois les récentes sanctions votées contre Israêl. Je ne sais hélas plus dans quel média (sérieux) j’ai lu ça.

  9. Diablo, je dirai comme au moyen âge et durant toute l’histoire sous jadis le statut de marchands, aujourd’hui en qualité de territoire, cet état ( Israël ) s’est rendu indispensable d’abords par une situation de carrefour géopolitique, utile de par son infiltration et son renseignement tant chez ses alliés que ces ennemis, au point que ceux qui pensaient contrôler se retrouvent tributaires. Pour exemple, le passage obligé devant le Crij en France pour se présenter à la présidence et son équivalence à Washington pour brider la Maison Blanche…Historiquement, bien des exemples ne manquent pas. Pour revenir à mon doute sur la Syrie comme étant unique cible, je dirai pour développer plus que c’est un test nécessaire pour un projet plus grand… je vais développer ma réflexion quitte à passer et je l’espère au fond pour un malade mental à l’imagination hors norme.
    Je me permets si vous me l’accordez de développer ma réflexion : Le temps à terme va mettre à mal l’hégémonie militaire US actuelle. Cet un fait connu de tous donc d’eux mêmes. Bien qu’ils n’aient de cesse de répéter de ne surtout pas être les maitres du monde, seront-ils prêts à ne plus être les plus forts? D’ailleurs qui le seraient après tant de décennies d’influence? La Russie enterrée trop vite a vite retrouvé sa force et celle-ci se développe avec son expansion économique et son poids international et la Chine est un géant qui se réveille et se modernise bien plus vite que l’Occident l’avait prévu. Même Occident qui n’est plus utile que comme états colonisé des US. Quelle option reste t il aux américains après la tentative de séduction et de contrôle économique de la Chine par son marché ou les tentatives d’échanges diplomatiques avec la Russie sur le désarmement nucléaire tout en développant le bouclier anti missile ? Les stratégies d’encerclements ont leur limite car le Géant russe a prouvé avec le cas de la Géorgie qu’il y a des latitudes à ne pas franchir. Le jeu est serré mais l’enjeu pour eux, capital. Les deux vrais adversaires militaires des US, se rapprochent et se fortifient. Tomber la Syrie pour développer Israël au risque de pousser l’Iran et la région à s’enflammer va renforcer ce lien.
    Il est ridicule d’imaginer qu’ils en soient pas conscients. Car on est bien d’accord que là les intérêts de la Russie et de la Chine sont tous deux menacées et les porter de suite au pieds du murs au moment ou le couple Russo-chinois n’est pas prêt ne peut que créer un sentiment de frustration et la nécessite d’une alliance plus affirmée et renforcée tant pour le Kremlin et Shanghai. Vu ainsi cela semble presque suicidaire. Pourtant le mariage des deux géant semble bel et bien orchestré depuis Washington. Or du coup je me demande si on ne prépare pas ici un mariage dont on a déjà écrit le scénario de la rupture car il est connu que plus les liens d’une union est forte plus le divorce est violent. Et si le plan du divorce Russo-Chinois était déjà écrit ? Les moyens ne manquent pas comme par exemple utiliser la folie du dirigeant de la Corée du Nord pour qu’il cible Moscou qui serait du coup obligé de répondre. Que fera la Chine alors? Le pion Indien semblant moins malléable que soit voisin Pakistanais. Le meilleur atout us pour diviser ses concurrents est une Corée divisée et sur-armée. D’où l’obligation pour les US de clore le front arabique pour renforcer la présence en pacifique Sud. Une hégémonie militaire mondiale qui est entretenue avec un tel budget et qui n’hésite pas des états amis d’hier pour des intérêts de demain, risquerait-elle la perte de son trône sans assurer ses arrières et l’avenir ? J’espère me tromper mais je me demande si ce scénario n’est pas celui qui est prévu. 1) frappes sur la Syrie 2) Les réponses du Hezbollah et de l’Iran seront du ressort d’Israël, l’Egypte et de la Turquie, les US/fr/GB se gardant bien d’intervenir en première ligne pour éviter l’escalade avec les Russes et pointant leur missile sur la mer noire. La Russie et les Chinois seront donc face au choix , 3ieme guerre mondiale ou protestation ? Ils ne sont pas prêts, ils protesteront et la Russie armera la Chine. 3) les fiançailles sont annoncées à la manières des accords pétroliers russo-chinois du dernier G20. 4) Les accords économiques imposés à l’Europe sous les traités en préparation, comme ceux du pacifiques ôteront des marchés à la Russie et à la chine. 5) et enfin , utilisation d’un militaire dissident en Corée du Nord pour orchestrer une frappe nucléaire Nord-coréenne sur Moscou. 6) La Russie répondra. Dans ce plan machiavélique, la certitude de l’engagement de la Chine contre qui que ce soit envahit la Corée du Nord doit être certaine. Les dernières tensions avec la Corée du Nord lors des manœuvres américains/sud-coréens y ont elles répondues ? A premières vue, je dirai oui compte tenu les révélation de snowden sur les écoutes et le maintiens ( voire l’accélération , les micros étant débranchés) du plan Syrien. Au final l’objectif est que l’ours et le dragon s’étripent et que l’aigle reste solitaire, majestueux en sa place de première superpuissance mondiale, plus que jamais intouchable, du moins ce serait ce qu’ils espèrent. Je sais cela pourrait paraître comme un mauvais roman de fiction ou l’aveu d’un internement psychiatrique fortement recommandé… pourtant, les évènements m’interrogent. Qu’en pensez-vous ? car si ma réflexion est plausible, j’ai bien peur qu’il n’existe aucun frein à de tels machinations et que le futurs de nos enfants soient bien difficiles. J’espère me tromper.

    1. Pour reprendre votre image du mariage, celui de la Chine et de la Russie n’est pas un mariage d’amour, mais un mariage de raison. Dans ces cas-là on ne divorce pas sur un coup de tête. Même en cas d’attaque nucléaire nord-coréenne (improbable), je doute fort que les ruses et les chinois aient des réactions épidermiques. Miser sur tant d’incertitude n’est pas dans la nature des étatsuniens, ou même de n’importe quel grand état.

    2. Je ne voudrai pas jouer le pessimiste de service, mais il me semble que les plans des états sont faits à l’avance, et que nous y jouons un rôle: Aller dans leur sens.
      Ou – si vous préférez – le fameux « Casse-toi, pauv’ con » de Sarko.
      Cette semaine, on m’a proposé un boulot…en Côte-d’Ivoire. Bon, il y a trés peu de chance que j’y aille – j’aime pas la chaleur – surtout au regard des évènements qui s’y passent, mais ceci, je pense, est plus facile à gérer/plus compréhensible que les désidérata de l’Occident…
      En regardant ce qui se passe en Syrie, on se croirait dans un mauvais jeu vidéo. Et dans tous les reportages (et ils ne sont pas nombreux, étonnament), le seul belligérant qui n’a pas voix au chapitre et « l’opposition non armée » celle par qui tout à commencé. Quoique en y réfléchissant bien, il y en ait une autre: Le peuple. Le peuple qui subit, qui voit son pays ravagé, foulé par des décérébrés extrémistes Musulmans, qui se disent antisémites – pour le moins – mais qui préfèrent tuer leurs frères pour le service de pétromonarchies dont les dirigeants feraient passer Bashar al Assad pour un dangereux démocrate progressiste. Ce bon peuple syrien, qui aura à coeur de fermer sa gueule (pardonnez l’expression) quand il se prendra un Tomahawk dans la tronche. Et qui aura, aussi à coeur, de bien vouloir se venger, quand les Occidentaux l’auront libéré, en s’entretuant aidé en cela par les djihadistes que les pétromonarques adipeux auront à coeur – eux-aussi – de laisser sur place, des fois que le bon peuple syrien veuille instaurer une démocratie…les mécréants!

      Alors, au risque de passer pour un dangereux antisémite – que je ne suis pas, je n’ai rien contre les Juifs, ni contre les Musulmans, ni contre les Chrétiens, ni même contre les Raéliens; sauf quand ils deviennent fachisant – le problème de la Syrie se situe à Tel Aviv. Les deux seuls pays que l’on a pas entendu depuis l’escalade Occidentale sont:
      -le Liban, mais cela se comprend facilement,
      -Israël, se qui se comprend moins quand on connait sa proximité avec la Syrie, et le problème du Golan. Un long silence est toujours plus révélateur que des gesticulations…

      Enfin, ceci est juste un billet d’humeur, il n’a aucune valeur.

      PS: Vous voyez Diablo, je n’ai pas fait dans l’humour, ça se ressent…

  10. Ce genre de débat peut rapidement tourner à , comme on dit, l’****** de mouches, car un plan peut être une succession de sous plans.
    La Syrie n’est qu’une étape ce qui n’en lève rien à son importance.
    La Syrie est l’étape avant l’Iran. Sa position de nœud dans un réseau potentiel de pipeline, oléoducs et gazoducs pour mettre en difficulté la Russie dans l’acheminement du gaz et du pétrole d’Asie centrale vers l’Europe ou les USA est un plus mais n’est qu’un objectif secondaire. L’objectif principal est de montrer sa force militaire, la seule qui reste avec l’effondrement économique pour intimider le seul créancier crédible des USA : la Chine. Tout l’or des USA aurait déjà transité vers la Chine par des moyens détournés (fausse location d’or aux banques américaine en sursis par la FED, témoignage à l’appui d’un employé de banque de Hong-Kong sur ce site). L’intérêt de la situation actuelle réside dans la réaction de la Russie (et de la Chine) qui commence(nt) à s’opposer ouvertement aux prétentions des USA.
    Une faillite économique et politique des USA est largement préférable à une troisième guerre mondiale comme le montre deux autres articles de ce site : l’ordre de Poutine de bombarder l’Arabie Saoudite en cas de bombardements de la Syrie et le déplacement presque concomitant de missiles nucléaires US vers une destination inconnue.

  11. « Même en cas d’attaque nucléaire nord-coréenne (improbable), je doute fort que les ruses et les chinois aient des réactions épidermiques » je rejoins ce point et je ne crois pas non plus en un embrasement pour une cause émotionnelle quelle qu’elle soit. Cependant, dire qu’organiser et planifier depuis l’extérieur une frappe Nord Coréenne sur un autre état sans l’aval du pouvoir Nord Coréens central est du domaine du possible, surtout quand un système est aussi centralisé et instable que celui-ci qui de toute façon n’aurait pas le temps de démentir quoi ce soit tant la riposte russe sera lourde et réactive au vue du type de l’agression dans ce scénario. Un commando, un groupe de dissident…etc. C’est du domaine du faisable après concernant comment retourner la Chine contre les Russes à les pousser l’un contre l’autre, dans une telle situation n’est pas non plus du domaine de l’impossible.A voir comment les visites de kerry dans les capitales exemple Berlin aujourd’hui arrive à nuancer des positions pourtant déclarée lors de la sortie du G20 m’amène à penser quand même qu’il nous manque des pièces du puzzle. Et comme le dit Dimitrovitch , je pense aussi que la Syrie est une étape d’un projet plus vaste. Et je demeure persuadé que les US attendront pas le troisième porte avion nucléaire Chinois pour s’inquiéter de leur perte d’hégémonie militaire et que depuis un moment la question est déjà depuis un moment entamée comme vous le dites Avic avec les « printemps arabes » voire même avant. Et ce qui m’inquiète est que si un cerveau amateur comme le miens ai pu imaginer ce scénario , que devrait donner celui de stratèges du kremlin, du Pentagone ou d’ailleurs…
    Mais je vous rejoints aussi , étape ou non, cela n’enlève en rien à la tragédie syrienne à laquelle on assiste. Avic si cela est possible, pourrait on avoir sur la carte les positions (approximative) des flottes russes et chinoises ? ou sinon quelqu’un saurait où on peut les trouver ? car sans voir le positionnement des russes par exemple on comprend mal pourquoi les portes hélicoptères soient laissées tant en arrière et pourquoi seule la flotte de deux porte avion us semble présente seule au large du Yemen. Tactiquement pour rester hors d’atteinte de la riposte Syrienne c’est tangible mais pourquoi ce choix de porte hélicoptère alors ? J’avoue ne pas comprendre trop la composition de cette partie du groupe naval mobilisé.

    1. Pour répondre à vos questionnements, je laisse ça aux spécialistes qui visitent ce blog. Mais je peux quand même dire (comme Charles plus haut) qu’un bateau ça bouge…

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