Qu’y a-t-il derrière la blague de François Hollande ?


HollandeBlagueIl n’y avait pas de blague.  François Hollande parlait naturellement, sans penser ce qu’il disait, ni à la portée de ses propos. C’est le président normal qui parlait. Comme beaucoup de bobos (normaux donc) il a lui aussi des clichés plein la tête, avec des phrases toutes faites. Si l’on se remet dans le contexte, on remarque que François Hollande ne cite que Manuel Valls et ne parle pas du tout de Jean-Marc Ayrault qui était pourtant le chef de la délégation française en Algérie.

Parler d’un retour de Jean-Marc Ayrault  d’Algérie ‘’sain et sauf’’, même sous forme ‘’d’humour’’, n’aurait eu évidemment aucun sens. Alors que l’expression appliquée à Manuel Valls, devant le CRIF, prend toute sa signification dès lors qu’on se rappelle des ‘’liens éternels avec Israël … quand même…’’ du ministre de l’intérieur.  Par sa ‘’boutade, François Hollande semble dire à son auditoire : ‘’ne vous inquiétez pas, votre chouchou est rentré sain et sauf.

S’il fallait chercher la petite bête, c’est plutôt dans le fait que François Hollande voit un rapport direct entre les liens de Valls et un éventuel danger en Algérie. Même si le président sait, j’ose le croire, que là-bas on ne ‘’bouffe pas du juif’’ à chaque repas, il n’a pas résisté à l’envie de plaire à ses interlocuteurs en leurs servant les vieilles blagues de potaches qui se font dans certains milieux, dans une ambiance détendue, entre amis. Ce type de blagues provient le plus souvent d’une multitude de clichés qui gangrène une partie de la société française qui n’est pas encore entrée dans le 21ème siècle, pour reprendre Nicolas Sarkozy. On y retrouve pêle-mêle l’algérien à qui il ne faut jamais tourner le dos, le noir bonasse qui a tout dans les jambes (ou entre) et peu dans la tête, le polonais poivrot, le chinois sournois, l’italien bavard ou roublard, le musulman arabe fanatique, le juif avide, l’arabe du golf toujours prince et milliardaire, etc.

Les bobos de ces milieux veulent que l’on rigole de leurs blagues mais sont prompts à poser la question : ‘’peut-on rire de tout ?’’ quand on touche à leurs cercles. Ce sont ceux-là mêmes qui invoquent la liberté d’expression pour eux et la dénient aux autres. Eux encore qui militent haut et fort pour la tolérance mais sont d’une intolérance radicale envers tout ce qui ne correspond pas à ce qu’ils sont ou à ce qu’ils pensent. Ce sont les spécialistes du deux poids, deux mesures. Leurs blagues semblent anodines, avec des ces phrases creuses toutes faites qui n’ont pas plus de réalité dans leurs têtes que dans celles de n’importe qui d’autre, mais qui déterminent leurs comportements.

La polémique à venir, n’en doutons pas, concernera les excuses du président de la République. On peut être sûr qu’il y en a déjà qui en ont le cœur meurtri. Pour ceux-là, la France peut insulter, attaquer, mais ne s’excuse pas, surtout pas vis-à-vis  de pays considérés comme inférieurs. Et si polémique il y a, l’on verra ressortir des tiroirs les vieux débats sur la repentance, l’auto flagellation, etc. qui n’ont rien à avoir ici. Le président de la République a sorti une bourde visant un pays officiellement ami et s’en excuse, c’est la moindre des choses, non ? Pas pour les bobos, pour lesquels les anciens colonisés resteront toujours inférieurs, ce qui leur permet de se rehausser. Si François Hollande croit que pour être un ‘’président normal’’ il faut ressembler à cette catégorie de personnes, alors il est à côté de la plaque.

Avic

7 réflexions sur « Qu’y a-t-il derrière la blague de François Hollande ? »

  1. « … . François Hollande parlait naturellement, sans penser ce qu’il disait, ni à la portée de ses propos. »

    Sans penser.
    C’est exactement ceci que la France lui reproche.
    Je ne parle pas de l’inversion de la courbe du chômage, depuis qu’il l’a désignée grande cause nationale, Sapin et consors ont beau tricher dans tous les sens, rien n’y fait, le diagramme est attiré vers le haut. Alors qu’une solution simple est à sa portée: il suffit de tourner la feuille!
    Moi aussi j’ai attrapé une hollandite. Et le 6 Janvier, je vais passer une semaine en Corrèze! Dur!

  2. Il y a en ce moment une telle surenchère a la provocation,je me demande si tout ce que nous voyons ou entendons ne fait pas parti d’un processus tendant a nous diviser

  3. Je ne peux m’empêcher de voir dans cette «blague» une grosse bourde de Flamby qui, entre copains, peut se permettre d’exprimer son mépris pour ces «bougnoules» si peu fiables. Fallait-il donc que Valls fût héroïque pour aller se mettre en danger dans ce m…

    Une blague? Soit! Mais est-elle digne d’un «Homme d’État» comme tout Français «normal» souhaite voir dans le président de son pays.

    Le Président de la République Française n’a pas le droit de n’être qu’un président «normal» quand tout un peuple lui a confié son destin.

    Je ne peux m’empêcher de penser à Charles de Gaulle sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal certain jour de de l’été 1967. Chaque mot est pesé :

    «Vive le Québec…». Une pause sûrement prévue, voire calculée, peut-être chronométrée… «Vive le Québec liiiibre».

    La foule subjuguée garde le silence quelques dixièmes de secondes. Et puis cette incroyable explosion d’applaudissements. Ce cri retentit au Canada aujourd’hui encore, près d’un demi-siècle après.

    Eh oui! Ce n’était pas un président normal, lui.

    J’y pense! Normal signifie conforme à la norme. Ce n’est pas très conforme à la norme pour un président de la République que d’étaler ses préjugés en public à l’égard d’un pays présumé ami.

    Non Flamby n’est pas un président normal. Plutôt moyen, très moyen…
    Médiocre, disons!

    1. « J’y pense! Normal signifie conforme à la norme »

      Cela dépend de quelle norme on parle.
      -Si il s’agit de la norme du pays qui a vu naître les droits de l’Homme; là, c’est sûr, il y a un GROS problème.
      -Par contre, si on s’en tient à la norme Bibi-esque; là, on est dans le ton. Quoique…un peu mou, tout de même.

      Remarquez, si il continue sur cette lancée, ce sera le premier dirigeant élu ayant le taux d’impopularité d’un dictateur de troisième génération.

      Etonnant que personne n’ait pensé à faire un sondage après la boutade. Ou alors, les résultats étaient si mauvais qu’ils sont passés à la trappe…

      Hier, un lecteur m’a dit qu’il fallait un Shinzo Abe, à la France. On ne pourrait pas trouver un juste milieu?

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