La fumisterie du million d’emplois promis par le Medef


chomeurs01L’offre est alléchante. En échange de nouvelles exonérations et autres petites gâteries accordées aux patrons, le Medef promet de créer 1 million d’emplois nets en 5 ans. Le pactole !

Pour inciter les entreprises françaises à créer 1 million d’emplois nets, le gouvernement social-démocrate devra consentir quelques efforts. En matière de cadeaux au patronat, il n’en est plus à ça près, nous direz-vous.

Les recettes pour remporter le jackpot sont prévisibles : baisse des charges (qui dans la terminologie du Medef signifie cotisations sociales), simplifications administratives, flexibilité, le tout adossé à quelques dizaines de milliards d’économies budgétaires. Une paille !

Pour un million d’emplois nets, le jeu en vaut vraiment la chandelle, même si le perfide Bayrou se plaît à rappeler que 3,3 millions de chômeurs de catégorie A, moins un million d’emplois créés = 2,3 millions de demandeurs restants. La logique arithmétique est implacable !

D’autant qu’un million d’emplois créés à l’horizon 2019/2020 ne font que 200.000 créations par an, ce qui correspond pile-poil au nombre des nouveaux inscrits à Pôle Emploi en 2013 dans la seule catégorie A (même constat en 2012).

Ah non, mille excuses ! Notre calcul est approximatif. L’engagement du Medef porte sur la création de 200.000 emplois NETS par an. Autrement dit, dans la conjoncture actuelle, il lui faudra en créer deux fois plus pour contrebalancer les licenciements et en dégager 200.000 supplémentaires.

400.000 emplois créés par an : Qui peut croire à pareille sottise ? Hollande bien entendu !

Sans compter que l’économie française devra absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Tous ces jeunes qui, au terme de leurs études (ou de l’abandon de celles-ci), se présentent au portillon du salariat. Ils sont légion.

La promesse de Pierre Gattaz, Président du Medef, ressemble à s’y méprendre à celle du Président de la République d’inverser la courbe du chômage. Elle n’engage que ceux qui y croient. Pas nous !

Il ne suffit pas de baisser les cotisations (pardon, les charges !) et de favoriser la flexibilité pour relancer les embauches. Ce serait trop simple. Les allégements sont monnaie courante depuis des décennies. Ils se traduisent invariablement par une augmentation des marges bénéficiaires (généreusement distribuées aux actionnaires) et/ou par un accroissement des inégalités entre salariés du bas de l’échelle et cadres dirigeants bien lotis. Pas seulement dans les groupes cotés au CAC40, mais dans la majorité des entreprises. Les nouveaux allégements ne feront qu’amplifier cette dichotomie.

Le million d’emplois nets créés en 5 ans est une fumisterie, tout simplement parce que l’économie française n’en a plus les capacités.

• On ne crée pas d’emplois nouveaux quand on ferme les usines (chaque jour nous apporte son lot de fermetures ou de réductions drastiques des effectifs).

• On ne crée pas d’emplois quand la demande intérieure stagne par le gel des salaires des classes populaires et par l’augmentation du coût de leurs dépenses incompressibles (loyers, énergies…).

• On ne crée pas d’emplois en France avec des catégories supérieures qui dépensent une part grandissante de leurs revenus dans l’achat de produits que nous ne fabriquons pas ou plus : voitures haut de gamme, produits électroniques (smart phones, tablettes, hi-fi, téléviseurs…), fringues, accessoires et montres de luxe, vacances à l’étranger…

Tout accroissement du pouvoir d’achat des catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) se traduit par une augmentation des importations de produits à haute valeur ajoutée qui creusent un peu plus notre déficit commercial abyssal.

La première mesure de bon sens est d’accorder des exonérations aux seules entreprises qui s’engagent à relocaliser leurs usines ou à produire en France des produits que nous ne fabriquons plus et que nous sommes donc contraints d’importer.

Seule une re-dynamisation de nos capacités de production peut, à terme, nous sortir de la spirale du chômage.

Les entrepreneurs doivent produire en France. Cette dynamique conditionnera et justifiera alors l’allégement des coûts.

Le premier pas revient donc au Medef ! (On peut toujours rêver).

Actu Chômage

Via http://fortune.fdesouche.com/328624-la-fumisterie-du-million-demplois-promis-par-le-medef

6 réflexions sur « La fumisterie du million d’emplois promis par le Medef »

  1. La France est avant tout liée par ses accords internationaux. Ceux de l’OMC occupent une place de choix et sont déterminants au niveau des politiques possibles. Et termes clairs: on ne fait pas ce qu’on veut en France.

    Proposer de relocaliser certains emplois n’a de sens que si ces emplois s’appliquent à des activités industrielles rentables. Il est interdit de soutenir ces emplois par des mesures dites anti-concurrentielles.
    Tant que la France et les autres pays de l’UE ne se résoudront pas à revoir les accords de libre concurrence les décideurs de tous bords resteront pieds et poings liés.

    Les décideurs (politiques, patronaux et syndicaux) agissent touours en fonction des grands groupes. C’est oublier un peu vite que plus d’un emploi sur deux est assuré par des PME. Pourtant ces dernières paient pleinement leurs impôts et ne bénéficient pas de mécanismes internationaux favorisant l’exonération fiscale.
    Ce sont essentiellement les PME qu’il faut soutenir, et non uniquement les grands groupes.

    L’attitude des syndicats français durant les dernières décenies a largement contribué à la délocalisation massive des emplois. Ce n’est pas en restant uniquement dans un schéma d’oppositiion au patronat que les syndicats défendront au mieux les intérêts des travailleurs français. Le syndicalisme allemand ne manque pas de poids mais ses méthodes sont foncièrement différentes de celles des syndicats français. La grève est un tout dernier recours que les deux parties, patronat et syndicat, tentent d’éviter.

  2. Salut, Diablo
    Je suis d accord sur la phrase « les décideurs(…)agissent toujours en fonction des grands groupes » mais pas sur celle de l’attitude des syndicats.

    Les décideurs syndicaux ne sont rien sans la base. La base ne suis pas toujours les directives « d’en haut », loin de là…
    Quand vous parlez de « dogme », je suppose que vous parlez de la CGT, syndicat que je respecte bien que n’étant pas toujours d’accord avec leurs revendications.

    Étant moi même syndiqué et travaillant dans un grand groupe Européen ( non boursier mais familial), j’ai vu ce que peut apporter le « dogme » anti patronal. Pour info, beaucoup de personnes syndiquées et très revendicatives ne se sont syndiquées que par peur de perdre leur emploi au vu de leur incompétence dans leur tache.
    Je suis, par contre, d’accord avec le fait que certains syndicats sont aussi voraces que des actionnaires…
    Mais cela n’engage que moi et pas toutes les personnes qui se battent pour le maintient d’un emploi durable et justement rétribué.

    D’accord aussi avec vous sur le rôle des syndicats et du patronat Allemand. Les Français devraient s’inspirer de ça, bien que je met un petit bémol. Sans discutions, pas de solutions à part le conflit.
    N’oublions pas que les négociations impliquent que les deux parties y trouvent leur intérêt et cela ne se fait que par la discussion….
    Et là, le dogme arrive…. celui du MEDEF contre celui de certains syndicats…

    Franchement, on est mal barrés. Voir l’A.N.I

  3. Pas de diminution du chômage si il n’y a pas de travail, or il ne se passe pas un jour sans que l’on ne nous annonce la fermeture d’une entreprise française sur la décision d’un soi disant tribunal, dit de commerce, en fait à la botte de l’oligarchie financière !

    Il faut déjà nettoyer ces écuries d’Augias des faux tribunaux qui ne rendent des avis que conformes à la continuation de la casse de notre appareil économico-industriel, et donc par conséquence à l’externalisation de nos industries vers des pays à salariat moins couteux !

    Il évident qu’il ressort de cette situation la nécessité de rompre ou modifier les accords qui nous lient à ces processus mortifères dictés par la finance internationale et aliénant notr souveraineté nationale !

    Dehors l’UE, l’OTAN, l’OMC, …. et toutes les contraintes anti économie nationale qu’elles nous imposent !

  4. Je tiens à évoquer une idée qui me semble très intéressante :

    La CROISSANCE économique dont nous parlons tout le temps nécessite un TAUX DE CHOMAGE FAIBLE, pour le comprendre vous pouvez consulter cet article simple (ou l’un des nombreux articles du web traitant de cette question) :

    http://graphseobourse.fr/relation-inflation-et-chomage/

    D’un autre côté, l’Europe a mis en place une banque centrale (BCE) dont le rôle principal est de lutter contre l’inflation :

    http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/action/euro/quel-est-role-banque-centrale-europeenne.html

    « L’objectif principal de celle-ci est la stabilité des prix (article 127 TFUE) »

    Peut-on encore aujourd’hui croire que notre gouvernement a une réelle volonté de faire baisser le chômage, sachant qu’il s’en remet à la BCE à qui il a donné le rôle de lutter contre l’inflation. Il semble étonnant aussi que la France ait accepté la mise en concurrence, la délocalisation ainsi que de faire quelques promesses douteuses à des employés qui ont finalement perdu leur job. Je trouve qu’il existe aujourd’hui trop d’élements qui vont à l’encontre d’une logique d’emploi.

    En fait, on se demande bien pourquoi les gens qui sont au pouvoir voudrait le laisser au peuple, il semble plus interressant, du moins me semble t-il, de laisser le « bas peuple » à sa place, voir même de tenter de le diviser, afin qu’il ne s’organise pas contre le pouvoir en place. Il suffirait d’attaquer sur des valeurs morales (liberté d’expression), religieuses (mariage pour tous), éducatives (théorie du genre) que le peuple se monte les uns contre les autres. On voit déjà que les syndicats s’opposent… 😉

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