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Le Moyen-Orient en voie de balkanisation


15 avril 2013 - Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes
15 avril 2013 – Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes

Les eaux chaudes du Golfe paraissent paisibles à l’endroit où je suis assis, à Doha, mais cette tranquillité ne reflète guère les conflits que cette région continue de générer. L’euphorie du soit-disant printemps arabe est révolue depuis longtemps, et ce qui subsiste est une région dans une phase transitoire pleine de risques. Personne ne peut voir ce à quoi l’avenir va ressembler, mais les éventualités sont nombreuses, et peut-être tragiques.

Au cours de mes nombreuses visites dans la région, je n’ai jamais ressenti une telle difficulté à imaginer l’avenir, alors que les lignes d’affrontements se sont affirmées comme jamais auparavant. Des gouvernements , des intellectuels, des communautés religieuses ou autres se regroupent de part et d’autres des nombreuses lignes de fracture. Cela se produit à divers degrés, dans tout le Moyen-Orient, selon le lieu du conflit.

Certains pays sont directement engloutis dans des conflits sanglants et qui vont durer – qu’il s’agisse de révolutions perdues comme en Égypte ou de soulèvements transformés en une guerre civile des plus destructrices comme en Syrie. Inversement, ceux qui sont pour l’instant épargnés par les affres de la guerre sont très impliqués dans le financement des divers protagonistes, envoyant des armes, formant des combattants et lançant des campagnes médiatiques en faveur d’un parti contre l’autre. L’objectivité des médias n’a jamais été aussi inexistante, même en termes relatifs.

Pourtant, dans certains cas , les lignes ne sont pas tracées avec beaucoup de certitude non plus. Dans les rangs de l’opposition syrienne au régime baasiste de Damas, les groupes sont trop nombreux pour être comptés et leurs propres alliances changent à une rapidité que les médias semblent peu remarquer ou sont peu soucieux de signaler. Nous parlons arbitrairement d’une « opposition » , mais en réalité il n’y a pas de programme politique ou militaire véritablement unificateur, qu’il s’agisse du Conseil militaire suprême, du Conseil national de la Syrie ou de la Coalition nationale syrienne.

Dans une carte interactive, mise en forme par Al Jazeera et qui reprend surtout ce qui semble être des conclusions un peu hâtives, le Conseil militaire « affirme qu’il commande à environ 900 groupes et à un total d’au moins 300 000 combattants ».

Il est facile de prétendre avoir un pouvoir effectif sur tous ces groupes, mais de nombreux autres fonctionnent selon leurs propres agendas, ou sont unifiés sous différentes plates-formes militaires sans aucune allégeance à une structure politique, qu’elle vienne d’Istanbul ou d’ailleurs.

Il est facile toutefois d’associer l’idée d’un conflit perpétuel avec la soi-disant violence inhérente au Moyen-Orient. Pendant près de deux décennies, nombreux sont ceux qui avaient prévenu que l’intervention militaire américaine en Irak finirait par « déstabiliser » la région tout entière. Le terme « déstabiliser » était bien sûr tout à fait à propos, et Israël a fait plus que sa part pour déstabiliser plusieurs pays, occuper les uns et détruire les autres. Mais les perspectives de déstabilisation politique étaient encore beaucoup plus inquiétantes lorsque c’est le pays le plus puissant au monde qui investit une grande partie de ses forces et ressources financières pour faire le sale boulot.

En 1990-91, puis à nouveau en 2003, et une fois de plus en 2006, l’Irak a été utilisé comme un immense champ d’expérimentation pour la guerre, pour le « state building » et la guerre civile sous patronage américain. La région n’avait jamais connu une telle division pouvant se transformer en lignes de séparation sectaire comme il est advenu par la suite. Le discours qui accompagnait la guerre américaine était sans aucun complexe totalement sectaire. Il modifia l’un des paysages politiques les plus complexes dans le monde en l’espace de quelques semaines, en se basant sur un modèle imaginé par des « experts » vivant à Washington et avec peu d’expérience de la vie réelle. Non seulement l’Irak a été mis en lambeaux, mais il a été remodelé à plusieurs reprises pour être mis en conformité avec la compréhension historique inepte qui est celle des États-Unis.

L’Irak continue de souffrir , même après que les États-Unis aient prétendument retiré leur armée. Des milliers de personnes ont péri en Irak ces derniers mois, les victimes appartenant à une communauté religieuse ou à une autre.

Mais le mal irakien est devenu une maladie régionale. Et comme les États-Unis quand ils envahirent des pays souverains et réorganisèrent les frontières politiques, des groupes comme l’État islamique d’Irak et Al -Sham (ISIS) sont actifs partout où ils trouvent matière à l’être, sans aucun respect pour les frontières géographiques.

Formée en Irak en 2006 comme une plate-forme pour les différents groupes jihadistes comme Al-Qaïda en Irak, l’ISIS a été un élément puissant de la terrible guerre qui sévit en Syrie. Le groupe semble avoir peu de problème pour circuler librement et trouver des ressources. Pire encore, dans certaines parties de la Syrie, il gère de fait une économie relativement stable qui lui donne une meilleure position que les groupes syriens locaux.

Ces groupes n’aurait jamais vu le jour en Irak et se seraient encore moins déplacés avec une telle aisance d’un pays à l’autre, s’il n’y avait pas eu l’invasion américaine. Ils fonctionnent comme des armées privées, réparties en petits groupes de combattants aguerris qui sont capables de trouver leur chemin à travers les frontières et de prendre le contrôle de communautés entières. Al-Qaïda, un groupe que l’on connaissait à peine il y a 12 ans – est devenu partie prenante de l’avenir de l’ensemble des pays du Moyen-Orient.

Quant aux pays qui ne subissent pas le type de bouleversement que connaissent la Syrie et l’Irak, ils ont toutefois compris qu’il était trop tard pour jouer le rôle du spectateur.

Il s’agit d’une guerre tous azimuts qui est en train de se déployer, et il n’est plus temps de rester au bord.

D’inquiétantes prévisions peuvent être faites sur l’évolution de toute la carte de la région, et seuls quelques pays semblent en être épargnés.

Le récent article de Robin Wright dans le New York Times, « Imaginer une nouvelle carte du Moyen-Orient », est une spéculation typique produite par les élites politiques et les médias américains sur le Moyen-Orient. Ils ont appliqué ce type de spéculation avec application avant et après l’ invasion américaine de l’Irak, où ils ont sculpté les pays arabe de façon à se conformer aux intérêts américains, divisant et ré-assemblant. Cette fois, cependant, les perspectives sont terriblement sérieuses et réelles. Tous les principaux acteurs, même s’ils dont en apparence opposés l’un à l’autre, peuvent contribuer à ces possibles redistributions. Selon Wright, il se pourrait non seulement que certains pays diminuent de taille, mais aussi que certains des territoires découpés s’assemblent avec d’autres territoires séparés de pays voisins .

Même « des cités-États – oasis de multiples identités comme Bagdad, des enclaves surarmées comme Misrata, la troisième ville de Libye, ou des zones homogènes comme Jabal Al-druze dans le sud de la Syrie – pourraient faire un retour, même si ce n’est que techniquement à l’intérieur des pays, » écrit-il. L’illustration info-graphique accompagnant l’article était intitulée : « Comment 5 pays pourrait devenir 14 ».

Quelle que soit l’évolution des évènements, la prédiction est elle-même révélatrice de la nature changeante des conflits au Moyen-Orient, où ce sont les pays entiers qui sont désormais mêlés à la guerre. Les nouvelles lignes de bataille sont aujourd’hui sectaires, portant les symptômes de la guerre civile implacable qui règne en Irak. En fait, les acteurs sont toujours plus ou moins les mêmes, sauf que le « jeu » a désormais été étendu de façon à dépasser les frontières poreuses de l’Irak et à être transposé vers des espaces beaucoup plus vastes où les militants ont la main haute.

Vues d’ici, les eaux chaudes du Golfe paraissent calmes, mais c’est un calme trompeur …

* Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14121

Belgique : Une bombe électorale qui pose bien des questions !


hqdefaultLe parti ISLAM vient de gagner une section locale de la ville de Bruxelles. Le discours est clair, trop clair même : instauration de la Charia en Belgique.   Ni plus, ni moins. Va-t-on vers un nouvel émirat, l’Emirat Islamique de Belgique ?

Le discours ressemble à une de ces bouffonneries que l’on entend tantôt en Syrie, tantôt au Nord Mali, ou encore dans les innombrables cassettes envoyées à Al Jazeera par les différents ‘’chefs’’ d’Al-Qaïda et affiliés.  Et on sait à quoi s’en tenir au sujet de ces discours.

Que cache ce mouvement qui a su rallier suffisamment de voix pour percer localement ? Qui le finance ? Il est clair que son but est, entre autres, de faire peur. Le leader, ne mâche pas ses mots et ressort en quelques phrases tous les épouvantails qui font trembler les européens, dans une volonté évidente de provoquer et de choquer. Le problème c’est qu’on n’entendra que lui et ce, même si tout le monde a conscience que ce n’est pas avec quelques élus locaux que l’on peut changer un pays. Les promoteurs de ce parti qui se dit islamiste savent très bien ce qu’ils font. Un nouvel épisode de la guerre entre les civilisations vient peut-être de commencer.

Avic

L’Iran doté d’une arme secrète redoutable : l’invisibilité


713573906Tremblez braves américains qui ne demandez qu’à vivre en paix dans ce monde hostile. «  L’Iran a bâti des bases militaires dans l’hémisphère-ouest où il forme une véritable armée invisible, façon de compenser son absence dans cette région du monde et poser de nouvelles menaces contre les pays occidentaux « !! C’est la revue américaine The Blaze qui le dit.

L’information a été reprise par Al-Jazeera English. Et de renchérir : «  L’Iran possède une armée secrète, prête à passer le moment venu à l’offensive contre les Etats-Unis « .

Si Al-Jazeera et The Blaze le disent, l’Occident est en danger mortel. Bientôt des hordes de soldats invisibles traverseront les frontières hermétiques du sud des Etats-Unis, et déferleront en masse invisible pour faire des massacres tout aussi invisibles parmi la population américaine.

Quoi de plus terrible qu’un ennemi invisible ? Comme dans un film d’horreur, on sent sa présence, on entend sa respiration dans l’ombre et, de temps en temps, on constate une disparition parmi ceux qui s’étaient isolés. Panique garantie.

On nous avait déjà fait du ‘’Western’’, du ‘’Top Gun’’ de ‘’l’empire contre-attaque’’, nous voilà de retour à ‘’Dracula’’ ou ‘’le retour des zombies’’. Ça promet…

Avic

Les blogs alternatifs au secours de la désinformation !


Al-JazeeraCe que l’on pourrait appeler le ‘’syndrome d’Al-Jazeera’’ est en train d’envahir le monde de l’internet. A moins que ce ne soit juste qu’une réactualisation de quelque chose qui existait depuis toujours ?

Tout le monde se rappelle qu’Al-Jazeera fut, pendant très longtemps, LA source d’informations alternative permettant de contrebalancer les différentes propagandes guerrières conduites par les grandes chaînes américaines. Son apparition fut une sorte de bénédiction pour le monde arabo-musulman, premier concerné par la désinformation. Sa notoriété ne tarda pas à monter en flèche et il devint très vite LA référence alternative, donc synonyme de LA vérité. Jusqu’au … ‘’printemps arabe’’.

Au début des évènements de Tunisie, la chaîne Qatari était au top dans l’opinion arabo-musulmane. Même s’il y a eu quelques couacs, la façon dont elle a couvert les évènements ne laissait rien entrevoir de suspect. Elle nous présenta une belle révolution populaire qui finira par balayer un dictateur dans une sorte de lutte du bien contre le mal avec le triomphe du bien. C’était beau, et tout le monde a applaudi les héros. Al-Jazeera renforça un peu plus sa côte grâce à son ‘’excellent’’ travail d’information qui, pour une fois, bizarrement, ne différait en rien de celui de ses autres concurrents qui ont la réputation de ne diffuser que des mensonges.

Dans la foulée de la Tunisie, l’Egypte. Là, même ‘’bon boulot’’ en plus grandiose, mêmes héros (la rue) renversant un dictateur (hâtivement désigné comme tel). C’est l’apothéose pour Al-Jazeera. Sans prendre de pause, on sort des cartons le projet libyen. Mais quelques détails bizarres commencent déjà à faire poser quelques questions. Le Yémen, par exemple. Le ‘’printemps arabe’’ semble aussi avoir touché ce pays. Pourquoi la chaîne de la ‘’vérité’’ ne s’y intéresse-t-elle pas ? Il est vrai que la conjoncture politique y est un peu plus complexe, mais quand même. Il y a aussi le Bahreïn, avec tous les ingrédients du bon ‘’printemps’’ et sa Place de la Perle qui n’avait rien à envier à la place Tahrir.

Ces détails ne prendront leur importance que plus tard. Pour le moment, il faut s’occuper de la Libye. La Libye, ah la Libye. Il est vrai que Kadhafi n’est ni Ben Ali, ni Moubarak. Ce n’est pas un ancien pote à qui l’on peut demander gentiment de partir sans faire de vagues. Ca fait belle lurette que l’affaire est en réalité engagée, à coup de menaces, de menées psychologiques, financières, économiques. Ni le chantage, ni la séduction ne semblait avoir prise sur la dynamique du bonhomme. Il fallait en finir, et vite, en profitant de ces fameux ‘’printemps’’ et de la présence d’un écervelé tel que Sarkozy prêt à foncer dans n’importe quoi au nom d’une témérité et une Histoire françaises auxquelles il est parfaitement étranger. Et toutes les failles apparaissent. Al-Jazeera apparait pour ce qu’il est et a toujours été : un outil de propagande. La Syrie ne fera que le confirmer. Du coup on revient aux anomalies yéménite, bahreïnie, saoudienne. Tout prend son sens. On finit même par se demander si cette chaîne, tout au long de son histoire, n’a pas toujours avancé masquée, pour un objectif final qui est le chaos que nous observons aujourd’hui. C’est ça le syndrome d’Al- Jazeera.

Aujourd’hui, Al-Jazeera n’est presque plus rien. On est passé à autre chose. L’outil internet prend de plus en plus d’importance. Pour faire passer les messages, il y a, bien sûr, les médias de masse, mais qui sont de plus en plus délaissés au profit du support internet où l’on trouve de tout. On y peut brouiller les cartes comme on peut orienter les esprits en fonction du slogan communautariste du jour.

Il est troublant de constater à quel point, depuis la ‘’deuxième révolution égyptienne’’, deux mondes que l’on croyait inconciliables, incompatibles et que l’on croyait ne jamais pouvoir se rencontrer, ont adopté le même langage et ont les mêmes références. Ce sont, d’un côté, le monde de Mme Caroline Fourest et de l’autre, le monde de tous ceux qui dénonçaient ses visions manichéennes, faussées et sans nuances (en dépit de ses dénégations) du monde arabo-islamique dans une manœuvre programmée de mise à l’index d’une communauté pour un dessein inscrit dans un vaste programme dont elle-même n’en perçoit pas les contours. Quand Fourest et les siens ont mis en place tous ces concepts en ‘’…istes’’ dans lesquels ils pouvaient enfermer tous les musulmans qui refusaient de renoncer à leur islamité ou qui ne voulaient pas gommer leurs cultures d’origine, on avait remarqué que leur référence de refus n’était ni Al-Qaïda, les Wahabites ou les takfiristes, mais les Frères musulmans, dont pratiquement personne n’avait entendu parler en France. Tous leurs discours finissaient par se résumer ainsi : Le fléau des fléaux, étape ultime avant Al-Qaïda et le 11 septembre, c’est la case ‘’Frères musulmans’’. Al-Qaïda lui-même n’est à craindre que parce qu’il est le résultat de l’obscurantisme, du fanatisme des Frères Musulmans. Ainsi, pour tous ces salonards de Paris , Londres ou New-York, les talibans, les iraniens, les wahabites, les fondamentalistes de tous les pays, d’une façon ou d’une autre sont liés aux frères musulmans.Otez leur leur verre de champagne ou de whisky, et vous constaterez qu’ils savent que tout cela est faux. Mais le discours reste.

Curieusement, il y a une sorte d’offensive dans les blogs avec ce même langage. Il apparait même que tous les malheurs de la Syrie ne sont dus qu’aux manigances des Frères musulmans. Les Al-Nusra, Al-Qaïda, wahabites, salafistes takfiristes dont on parle depuis deux ans en Syrie ? Des Frères musulmans tout ça. Alors, pourquoi l’Arabie Saoudite les arme et les soutient pendant qu’elle les écrase en Egypte ? Histoire entre frères sûrement… On pourra se poser toutes les questions que l’on voudra, mais tous les maux de l’Islam, du Moyen Orient et du monde arabo-musulman en général trouvent leurs sources chez les frères musulmans.

Volontaire ou non, cette attitude fausse délibérément la réalité. De la part d’une Caroline Fourest, cela n’a rien d’étonnant ; elle fait son job. Mais quand on voit plein de textes envoyés dans toute la blogosphère, tous avec le même objectif, celui de concentrer l’attention sur les frères musulmans, on peut se poser des questions. Surtout quand on sait que la situation en Egypte, berceau de cette confrérie, est tout sauf claire. L’utilisation des blogs alternatifs pour diffuser certaines informations est d’autant plus intéressante que ces blogs se targuent d’être  vigilants et indépendants, basés sur des principes de refus des mensonges et de la manipulation. On joue ici sur la confiance des lecteurs, comme on a joué sur la confiance des téléspectateurs d’Al-Jazeera.

Avic

Le nouvel émir du Qatar va-t-il fermer Al Jazeera ?


Tribune libre de Djerrad Amar

al_jazeera_blueTout indique que le nouvel émir du Qatar envisage d’effacer toute trace du règne chaotique de son père. La nouvelle de la passation du pouvoir entre Hamad Ben Khalifa Al-Thani était, en elle-même, il y a déjà plusieurs mois, un indice de taille sur les nouvelles orientations politiques internationales que Doha a été sommé de mettre en œuvre à la lumière des derniers changements survenus dans le monde arabe.

La guerre imposée à la Syrie étant sur le point d’être gagnée par le pouvoir en place, les Etats-Unis ont dû, forcés, revoir leur stratégie de fond en comble dans cette partie du monde d’où la première puissance mondiale puise l’essentiel de ses ressources et de sa force de frappe pour maintenir son hégémonie sur l’ensemble de la planète. Les premiers signes de ce changement sont les décisions successives du nouvel homme fort du Qatar qui vont toutes dans le sens contraire de son prédécesseur. Le nouvel émir du Qatar a salué, hier, ce qui est qualifié de «transfert du pouvoir» en Egypte, après la déposition du président issu de la secte des Frères musulmans, Mohamed Morsi. Une réaction qui a étonné plus d’un, mais qui entre en droite ligne dans le réajustement géostratégique de circonstance voulu par Washington. Cette position pour le moins surprenante intervient après une série d’informations faisant état de l’extradition du prédicateur égyptien Youssef Al-Qaradawi, porte-voix exégétique de l’émir déchu.

Toujours en Egypte, les autorités militaires ont – sans que cela ait donné lieu à une quelconque condamnation de la part des autorités qataries – pris la décision judicieuse de fermer le bureau d’Al Jazeera, la chaîne de propagande créée par Hamad Ben Khalifa Al-Thani aux fins d’appuyer une politique moyen-orientale américaine programmée de longue date et qui devait aboutir à ce que les laboratoires spécialisés dans la communication subliminale ont appelé le «printemps arabe». Mais, comme de coutume, les calculs des services secrets américains se sont, encore une fois, révélés faux. Le réveil, bien qu’un peu tardif, de l’armée et d’une bonne partie de la société civile et de la classe politique en Egypte a sonné le glas d’un plan d’envergure qui devait assujettir tous les pays arabes qui peuvent former une force de frappe arabe redoutable face à Israël s’ils venaient à s’unir.

C’est ainsi que l’Irak a été laminé, la Syrie affaiblie, l’Algérie soumise à un terrorisme sans égal dans l’histoire de l’humanité, la Libye désintégrée et l’Egypte offerte à la confrérie religieuse des Frères musulmans qui allaient enfoncer le pays dans une crise d’une gravité telle que des experts – y compris égyptiens – parlent même d’une probable famine dans les années à venir pour au moins deux raisons : l’insuffisance des ressources hydriques qui se feront de plus en plus rares dans le pays et la non-maîtrise des naissances encouragée par un pouvoir islamiste qui interdit tout recours aux moyens contraceptifs. Le renversement du président Mohamed Morsi et l’emprisonnement des principaux leaders de la confrérie des Frères musulmans marquent la fin de l’islam politique en Egypte et l’échec d’un plan ourdi de longue date. La défaite proche de l’opposition islamiste armée en Syrie achèvera de confirmer le revers de cette machination diabolique dont les prémices remontent au début des années 1990, lorsque les puissances étrangères tapaient du pied pour que fût rétabli un processus électoral impropre et malhonnête arrêté in extremis par l’armée en Algérie.

M. Aït Amara

http://www.algeriepatriotique.com/article/le-nouvel-emir-du-qatar-va-t-il-fermer-al-jazeera#comment-21484

La tête de la fitna coupée


Tribune libre de Djerrad Amar

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Tout le monde en convient : le règne des Frères musulmans en Egypte a été une succession d’erreurs. Mais leur erreur fatale est celle d’avoir convié tous les pontifes salafistes, il y a deux semaines, à déclarer le «djihad» contre les chiites et spécialement contre la Syrie.

C’est devant une foule hystérique au stade du Caire que Mohamed Morsi, qui se voyait encore au panthéon de sa puissance, décida, dans l’aveuglement absolu, de rompre les relations diplomatiques avec Damas. Ce fut, comme l’a écrit le journaliste Hassanine Haykel, «l’erreur fatale» qui décidera l’armée à mettre fin à cette mascarade, en choisissant – ou en provoquant – le moment opportun pour écarter Morsi et suspendre toutes les institutions issues des Frères musulmans.

Une source militaire égyptienne a expliqué qu’il s’agissait, pour l’armée, de défendre avant tout la sécurité nationale que la folie des Frères musulmans au pouvoir mettait sérieusement en danger, en voulant s’attaquer à la Syrie, un pays avec lequel l’Egypte des Officiers libres scella un jour une union sacrée. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le président syrien Bachar Al-Assad a été le premier chef d’Etat à se réjouir de l’intervention de l’armée en Egypte, en prédisant dans une déclaration officielle «la fin de l’islam politique».

Ce qui vient de se passer en Egypte est un événement historique qui, et c’est le plus important, ne va pas manquer d’entraîner des changements en série dans tout l’espace arabe. Il sonne le glas de ce macabre «printemps arabe» qui a été vendu aux Arabes par le petit émirat du Qatar, à travers son canal de propagande Al Jazeera et son lugubre prédicateur Youssef Al-Qaradawi et son Union mondiale des oulémas, appuyés par Ankara, Paris, Washington et Tel-Aviv, qui projetaient d’implanter des filières de la conférée islamiste dans tout les pays arabes.

Le plan avait commencé à bien marcher mais, au grand dam de ses promoteurs, il a échoué en Syrie. Moins de quinze jours après la chute du potentat Hamad Ben Khalifa au Qatar et son compradore de cousin, Hamad Ben Jassem, suivi aussitôt de l’expulsion, jamais démentie, d’Al-Qaradawi, le régime islamiste en Egypte s’effondre comme un château de cartes, sous la malédiction syrienne, qui va bientôt poursuivre la Tunisie, où un autre mouvement «rebelle», inspiré du modèle égyptien, vient de voir le jour pour faire payer à ces «maudits Frères» d’Ennahda leur pêché capital, celui d’avoir été les premiers à inviter les faux amis de la Syrie.

Par R. Mahmoudi

 

Le vrai faux tweet de Hind Bint Hamad Al-Thani qui dénonce les crimes de son père en Syrie


Hind Al ThaniPlusieurs sites arabes et anglais se sont relayés l’information selon laquelle Hind a critiqué les agissements criminels de son père en Syrie. Certains internautes n’y croient pas. D’autres affirment l’avoir lu dans un tweet posté par la princesse qatarie. Vraie ou fausse information ? L’analyse de Tunisie-Secret.

Hind Bint Hamad Al-Thani, la fille de la seconde épouse de cheikh Hamad, cheikha Mozah, aurait tweeté en arabe : « L’ingérence du Qatar en Syrie est un scandale dans l’histoire de l’Etat. Mon père a soutenu la révolution syrienne croyant que ce qui s’y passe est la revendication d’un peuple. Mais ce que nous observons aujourd’hui est tout le contraire. J’ai vu la vidéo diffusée par des combattants les montrant manger le cœur d’un homme. Ces images ne traduisent pas des revendications de liberté, mais des crimes commis contre le peuple syrien ».

Elle a ajouté ce passage très important qui peut nous donner une idée sur l’origine de ce tweet, sur son authenticité ainsi que sur son objectif : « Je critique l’intervention de quelques combattants Saoudiens. Qui les a autorisé à tuer et à exécuter des citoyens syriens ? J’ai également reçu une vidéo montrant un citoyen saoudien en train d’exécuter 21 citoyens syriens dont ils disent qu’ils sont des soldats. C’est ce qui transforme une révolution populaire en révolution terroriste ».

Ces propos ont été bel et bien tweeté par Hind, mais avec l’accord et sous les directives des Services secrets qataris. Comme disent les spécialistes, il s’agit pour le moment d’un « prospect test » en vue d’un repli ou désengagement qatari de la crise syrienne. Si le test s’avère concluant, Al-Jazeera se chargera de mettre en scène « l’humanisme » de la princesse et la « prise de conscience » de l’émirat qui a cru soutenir la liberté et la démocratie en Syrie…Hamad Bin Jassim Bin Jaber Al-Thani, le chef de la diplomatie qatarie, portera alors le chapeau et l’émir sera lavé de tout soupçon et présenté à l’opinion arabe comme un bon émir qui a été induit en erreur par son Premier ministre.

Ce plan est d’autant plus plausible que la victoire de l’armée syrienne sur la canaille islamo-fasciste est de plus en plus probable, et que dans ses négociations avec les Russes, John Kerry a récemment confié à son homologue Sergueï Lavrov que le Qatar a été prié de se désengager de la crise syrienne au profit exclusif de l’Arabie Saoudite. D’où la phrase dans le tweet de Hind, qui a trahi les auteurs de ce stratagème puisqu’elle accable les Saoudiens. La ficelle est bien trop grosse, même si le roi d’Arabie Saoudite est aussi impliqué dans le terrorisme wahhabite en Syrie que son cousin bédouin cheikh Hamad.

Hind Bint Hamad Al-Thani, la fille de Mozah, a beau se lamenter sur le sort des citoyens syriens qui se font dévorer le cœur, son père n’échappera pas au tribunal de l’Histoire, s’il a encore la chance d’échapper au Tribunal Pénal International pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, pas seulement en Syrie mais également en Libye. Idem pour Hamad Bin Jassim Bin Jaber Al-Thani, celui qui fait office de Premier ministre et auquel certains Américains et israéliens pensent comme successeur-putschiste de l’émir actuel.Tunisie-Secret.com

Karim Zmerli   

http://www.tunisie-secret.com/Le-vrai-faux-tweet-de-Hind-Bint-Hamad-Al-Thani-qui-denonce-les-crimes-de-son-pere-en-Syrie_a414.html

LA CHUTE. Qatar: la chaîne propagandiste Al-Jazeera perd…86% de ses téléspectateurs


Tribune libre de Djerrad Amar
Al-JazeeraA force d’être le haut-parleur de la haine et du mensonge, la chaîne qatarie ne fait plus des émules, selon de nombreux rapports. L’homme arabe a bien compris, désormais, que,cette caisse de résonnance du Qatar n’est qu’un satellite supplémentaire de l’impérialisme américain et rien d’autre. Ainsi, d’Alger à Tunis, en passant par Le Caire et ailleurs, personne ne prête plus ses yeux ni ses oreilles à cette merde médiatique. Lire la suite LA CHUTE. Qatar: la chaîne propagandiste Al-Jazeera perd…86% de ses téléspectateurs

Les menteurs professionnels s’en prennent à Téhéran


Pepe Escobar (Asia Times)

obama-israel-400x266Oncle Marx n’avait jamais pensé à cela : l’Histoire se répète comme seconde tragédie après d’abord avoir été une farce. Examinons un cas d’espèce.

Obama et Netanyahu : criminels et menteurs…

Tout d’abord, jetez un coup d’œil rapide sur cet article du Wall Street Journal daté de septembre 2002, au moment de la course hystérique pour envahir l’Irak.

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Etats-Unis : « Le prix de la liberté ? » Enseigner la guerre aux enfants


Par David Swanson

Soldat USLe Musée National de l’Histoire des Etats-Unis et le multi-milliardaire qui vient d’y financer une nouvelle exposition, voudraient vous faire croire que nous allons devoir faire plus de guerres si nous voulons être libres. Peu importe que nos libertés semblent se réduire chaque fois que nous sommes en guerre. Peu importe que des quantités d’autres pays bénéficient de plus de liberté que nous sans avoir fait la guerre. En ce qui nous concerne, la guerre est le prix de la liberté. C’est pourquoi cette nouvelle exposition s’intitule : « Le prix de la liberté : les Etasuniens en guerre. »

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Déstabiliser l’Algérie par un «Printemps» via la Tunisie?


Tribune libre de Djerrad Amar

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Depuis quelques jours, des informations font état d’une officine privée américaine liée à la CIA qui s’emploie, à partir de la Tunisie, à recruter des Algériens pour en faire, après une « formation », des acteurs et animateurs d’un « Printemps arabe » projeté en Algérie. Il s’agit bien de cette vitrine de la CIA, l’ONG « Freedom House » qui se déclare aider à la défense des droits humains, les libertés et la démocratie, dans les pays en déficit dans ce domaine. Lire la suite Déstabiliser l’Algérie par un «Printemps» via la Tunisie?