Archives du mot-clé Arabie Saoudite

Al-Sissi « s’équipe » pour 10 milliards de dollars


Sissi-Poutine01La visite s’inscrit dans le cadre de la finalisation de la plus importante transaction militaire d’armes russes livrées au Caire.

Le ministre égyptien de la Défense, Abdelfatah al-Sissi, a quitté hier matin le Caire à destination de la Russie, pour une visite de deux jours. Il était à la tête d’une délégation militaire de haut niveau, a affirmé une source militaire égyptienne responsable. Des discussions sont prévues à Moscou, en présence des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des deux pays, dans le cadre de la coopération bilatérale 2+2, entamée depuis trois mois au Caire, selon le quotidien égyptien Al-Ahram. Lire la suite Al-Sissi « s’équipe » pour 10 milliards de dollars

L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe


Tribune de Byblos

MAE-Arabie-SaouditePrise dans son obsession de la « menace iranienne », qui l’a conduite à adopter une attitude belliciste vis-à-vis de la Syrie, l’Arabie Saoudite se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, perturbant sérieusement l’environnement politique d’ores et déjà délicat dans le monde arabe. Elle déclenche ce que George Joffé, chercheur au Centre d’Études Internationales de l’Université de Cambridge, qualifiait le 30 décembre dernier de « seconde guerre froide arabe », la première étant celle menée depuis les années 1960 par l’Arabie Saoudite contre le panarabisme égyptien de Gamal Abdel Nasser. Lire la suite L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe

La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental


Tribune libre Marseille Albatros

fe1072ebc2a248e6e9cedaccd23cba90-1378480724Interview pour la revue France- Arménie : «La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental » : René naba : Ecrivain et journaliste spécialiste du monde arabe, René Naba (1) a été correspondant tournant au bureau régional de l’AFP à Beyrouth (1969-1979) et conseiller du directeur général de la radio arabophone RMC Moyen-Orient. Dans son analyse de l’évolution du conflit syrien, il livre un regard sans concession sur l’action de la diplomatie française. Lire la suite La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental

Liban : L’armée renonce aux 3 milliards d’armement français


Michel-Sleima01Le 29 décembre 2013, durant la visite du président François Hollande à Riyad, l’Arabie saoudite avait soudainement promis de payer pour 3 milliards de dollars d’armement français au Liban. Cependant, le 6 janvier 2014, le chef d’état-major des armées libanaises, le général Jean Kahwaji, déclarait avoir renoncé à ce somptueux don. Lire la suite Liban : L’armée renonce aux 3 milliards d’armement français

La famille royale saoudienne est derrière les crimes de l’EIIL en Syrie


Saudi royal family behind ISIL crimes in Syria: ReportUn membre de l’État Islamique de l’Irak et du Levant (EIIL) qui a été fait prisonnier a révélé que l’EIIL et d’autres groupes militants en Syrie ne sont pas seulement soutenus par un membre de la famille royale saoudienne, mais que l’individu en question est en fait le véritable chef de l’EIIL. Lire la suite La famille royale saoudienne est derrière les crimes de l’EIIL en Syrie

La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

Toute honte bue, Robert Ford s’adresse aux Syriens ! Par Bouthaina Shaaban


Tribune de Byblos

Switzerland_Syria_P_817563aAprès John Kerry qui se pose en défenseur des « minorités » en Syrie et alors qu’en plein Genève 2, le Congrès des États-Unis vote secrètement le financement d’une aide militaire aux dits « rebelles » syriens, notoirement logés sous l’enseigne du terrorisme international ; voilà que Robert Ford, l’ex-ambassadeur des États-Unis en Syrie, s’adresse directement aux Syriens. Son hypocrite performance en langue arabe est telle… qu’elle aussi, mérite traduction ! [NdT]. Lire la suite Toute honte bue, Robert Ford s’adresse aux Syriens ! Par Bouthaina Shaaban

France : Un joli gouvernement que nous avons là !


FRANCE-POLITICS-GOVERNMENT-CABINET-MEETINGUn ministre de l’Intérieur (« éternellement attaché » à un pays étranger dernier bastion du colonialisme sur terre occupé à génocider discrètement depuis 60 ans le peuple dont il a pris la terre), qui mobilise, au nom de la dignité (attention, pas de confusion, on ne parle pas ici de la dignité des sans-abris, des chômeurs, des catholiques ni des musulmans. En ont-ils d’ailleurs ?) tout l’appareil d’état contre un seul individu, un humoriste qui déplaît au lobby communautaire proche du pays auquel il est « éternellement attaché » pour rétablir la censure en Lire la suite France : Un joli gouvernement que nous avons là !

Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !


La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
Le 6 Janvier 2013, le Président Bachar al-Assad formulait sa « solution politique » et celle du gouvernement syrien [1] pour la résolution d’une « crise » dont le monde entier reconnait, aujourd’hui, les aspects mensongers ayant conduit à une terrible souffrance du peuple syrien, à des milliers de morts, à la destruction d’une grande partie du pays, dans une guerre « par procuration » qui n’a respecté ni les morts, ni les vivants. Lire la suite Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !

La fuite de Ben Ali racontée par Ben Ali


La-nouvelle-vie-de-Ben-AliLe 14 janvier 2011, au terme d’une ultime journée d’émeutes particulièrement violentes à Tunis, le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali a fini par quitter la Tunisie pour l’Arabie saoudite. Une fuite vers un exil doré dont il espèrait revenir un jour, aux dires de l’équipage de l’avion présidentiel qui l’a, avec sa femme Leïla Trabelsi et plusieurs membres de la famille, accueilli à son bord. A-t-il fui ? A-t-il été poussé vers la sortie ? Ou bien un plan avait-il été ourdi pour l’éloigner d’une situation de chaos, avant de le faire revenir comme celui pouvant ramener l’ordre ? Lire la suite La fuite de Ben Ali racontée par Ben Ali

Bachar al-Assad, nouveau Che Guevara !


Che-AssadLa Russie en compagnie des Etats-Unis et l’UE est en train de mettre sur pied la Conférence de Genève 2 consacrée au problème syrien. Mais derrière le rideau des palabres diplomatiques, on sent un creux cosmique de contenu, car la soi-disant opposition syrienne non seulement se fait de moins en moins représentative, mais qui plus est, perd sur tous les fronts militaires de cette guerre subversive concoctée par les Américains selon la formule d’un Laurence d’Arabie. Essence éphémère et hautement éthérée, la résistance énigmatique au sein d’un pays solidaire avec son président, apparaît de plus en plus comme un scion occidental enté sur l’ancien olivier syrien. Cette pousse n’est qu’une vulgaire envie rejetée par le tronc et se mourant à petit feu. L’opposition a vécu et l’initiative belliqueuse des incendiaires de la planète fit long feu. Lire la suite Bachar al-Assad, nouveau Che Guevara !

Les fondements et les raisons complexes du Jihad


Tribune libre

1-4153-c1323-944d2par Ghaleb Kandil

Les Saoud et le fantôme de Jouheiman

Le comportement de l’Arabie saoudite dans la région fait l’objet d’une attention et d’un suivi particuliers, après que la dynastie des Saoud soit devenue la principale source de l’escalade et de la violence exercées ces derniers temps par les groupes terroristes-takfiristes en Irak, en Syrie, au Liban et jusque dans certaines régions de Russie. Lire la suite Les fondements et les raisons complexes du Jihad

Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !


__366287-01-08_76_840764_highresPour cacher un mensonge, il faut mentir et mentir encore. Le dernier en date consiste à faire croire que ce ne sont pas les soldats de l’Armée nationale syrienne qui se sacrifient face au terrorisme de DAECH [Acronyme de l’État Islamique en Irak et en Syrie ; ou EIIL], la faction terroriste la plus infernale que le monde ait connu, mais le Front islamique [1] ! Lire la suite Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !

Liban : Qu’es-tu en train de faire, Sleiman ?


michel-sleiman50-1Par Ibrahim al-Amin

 Dans un discours adressé à la nation dans la soirée du 29 décembre 2013, le président Michel Sleiman a annoncé une aide saoudienne « exceptionnelle » de trois milliards de dollars destinée à l’Armée libanaise pour l’achat d’armes auprès de l’État français dans les plus brefs délais ! [*]. Il a conclu son discours par « Vive le Royaume d’Arabie saoudite, Vive le Liban » ! [Ndt]. Lire la suite Liban : Qu’es-tu en train de faire, Sleiman ?

Pourquoi les G’Is débarquent au Yémen?!


090421-K-0000S-003Des sources britanniques font état du déploiement d’un premier contingent de Gi’s

dans le sud du Yémen où ils sont censés assurer la sécurité des puits de pétrole et les intérêts des grandes firmes pétrolières étrangères qui y pillent avec la plus grande quiétude  les richesses yéménites . mais les sources britanniques ne disent pas toute la vérité. les G’is sont des centaines à avoir été déployés à travers tout le territoire yéménite depuis la chute de Saleh et l’échec de la révolution de 2011. Lire la suite Pourquoi les G’Is débarquent au Yémen?!

Exclu-Syrie : Mise en lumière du rôle d’un centre « secret » de commandement international basé à Amman, en Jordanie


Dans un article publié hier, le quotidien émirati The National met en exergue le rôle d’un quartier général « secret » dans le soutien tactique, logistique et militaire apporté aux rebelles syriens dans le Sud de la Syrie. Ce centre de commandement serait composé d’officiers militaires arabes et occidentaux. Les entretiens menés par les journalistes permettent d’appréhender la « collaboration » internationale qui se cache derrière de nombreuses actions de l’Armée Syrienne Libre sur le front sud. Lire la suite Exclu-Syrie : Mise en lumière du rôle d’un centre « secret » de commandement international basé à Amman, en Jordanie

Syrie : Un massacre nommé « Adra ».


Tribune de Byblos

 

Le temps d’atteindre l’autre rive

Le temps de rire aux assassins

Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

 

                                                                                     L’Évadé de Boris Vian, [NdT].

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Décapitations SyrieIl est Syrien. Il s’appelle Nizar Hassan Mahlan. Il était ingénieur et travaillait dans l’une des centaines d’installations industrielles de la petite ville ouvrière d’Adra. Il vivait dans un HLM avec son épouse Mayssoun et leurs quatre enfants. J’aurais aimé que ceux qui nous ont raconté leur héroïsme nous aient donné leurs prénoms pour qu’ils restent, à jamais, gravés dans nos cœurs. Lire la suite Syrie : Un massacre nommé « Adra ».

Mariage Israël-Arabie Saoudite, pas si contre nature que ça


277bd061e5e792c0e4d098e0a8ca41efDepuis les accords de Genève sur le nucléaire iranien, d’autres masques sont encore tombés. Il est clairement apparu que l’Arabie Saoudite joue le jeu d’Israël. Quelques voiles s’étaient déjà levés au fur et à mesure que la guerre de Syrie avançait et que les difficultés des coalisés s’accentuaient.  Lire la suite Mariage Israël-Arabie Saoudite, pas si contre nature que ça

Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne


msjwz23v-1377934534Va-t-on enfin dépasser les tabous et appeler les choses par leur nom ? L’histoire de la guerre de Syrie nous a été présentée sous différentes formes successives, chaque narration venant faire oublier la précédente. Lire la suite Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne

Appelez ça coloscopie, tarte à la crème, soupe d’asperges, mais ne l’appelez pas intervention humanitaire !


merci-monsieur-le-missile-600Quelle nouvelle entourloupe nous prépare Washington en décidant d’abandonner le projet d’évincer Bachar Al-Assad et de faire copain copain avec l’Iran ? Que peut-on espérer d’une nation qui, depuis la livraison de dégénérés européens Lire la suite Appelez ça coloscopie, tarte à la crème, soupe d’asperges, mais ne l’appelez pas intervention humanitaire !

Le Bloc atlantiste cède, Tel-Aviv et Riyad complotent


Tribune libre Byblos

us_isr_saudLe 3 septembre dernier, alors que les TV du monde entier se préparent à diffuser en direct les vertueuses frappes punitives de l’Occident contre Damas, un bâtiment US tire deux missiles pour tester la réactivité des côtes syriennes. Lire la suite Le Bloc atlantiste cède, Tel-Aviv et Riyad complotent

Vous n’êtes pas dans les rues de l’Arabie Saoudite … Vous êtes à Tel-Aviv !


Tribune libre

5b5547c7e23ec8608e84440c6ffd0ed9_LLa « frumka » est une tenue vestimentaire adoptée ou imposée à certaines femmes juives par des groupes ultra-orthodoxes regroupé sous le terme de « Haredim » (1). Elles ont l’obligation de porter un voile et un large manteau masquant tout leur corps et sont interdites de maquillage ainsi que de téléphone cellulaire… en public. Ceci afin de préserver le statut et le respect des femmes pour elles-mêmes en application des enseignements de la religion juive, qui appelle au respect de la moralité et à la décence…. Lire la suite Vous n’êtes pas dans les rues de l’Arabie Saoudite … Vous êtes à Tel-Aviv !

L’opinion en Iran : « Fabius poursuit les objectifs de l’Arabie saoudite et d’Israël »


Tribune libre Byblos

La France et sa capitale, Paris, ont toujours été une des destinations des intellectuels iraniens et des classes urbaines moyenne et supérieure, mais après ce que certains Iraniens considèrent comme un sabotage par la France des dernières négociations sur la question du nucléaire, tenues avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (P5+1), un changement significatif s’est produit dans leur opinion sur les hommes politiques français. Lire la suite L’opinion en Iran : « Fabius poursuit les objectifs de l’Arabie saoudite et d’Israël »

Comment se reconfigurent les alliances politico-militaires au Moyen-Orient


Sur fond de redéploiement des forces militaires américaines au Moyen-Orient vers le Pacifique occidental pour contrecarrer la Chine, les dirigeants régionaux lâchés par les  américains font et défont des alliances, dont certaines étaient considérées comme contre nature, il y a deux décennies. Lire la suite Comment se reconfigurent les alliances politico-militaires au Moyen-Orient

Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Laurent Fabius : nouveau Ministre des Affaires Etrangères d’Israël ?


f130825ffmis06Les négociations de Genève sur le nucléaire iranien se sont terminées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. A qui la faute ? Laurent Fabius.

Quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ? Elle a tout à gagner dans la normalisation des relations avec l’Iran. Même si elle a déjà beaucoup perdu à cause de son hostilité difficilement justifiable vis-à-vis de l’Iran, le statu quo ne peut qu’aggraver ses pertes. Alors, qu’est-ce qui anime  Laurent Fabius ?

Depuis quelques semaines, Benyamin Netanyahou se démène comme un beau diable pour donner ses directives à ses négociateurs, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, menaçant, amadouant, usant même peut-être du chantage, pour faire capoter les pourparlers. Il l’a dit lui-même ouvertement, qu’Israël ferait tout pour convaincre les grandes puissances de ne pas conclure un accord avec Téhéran et qu’il ne reconnaîtrait aucun accord. La seule décision acceptable pour lui, concernant Téhéran, est un renforcement des sanctions.

Selon Maariv, « Israël est furieux contre l’administration américaine en raison de son interaction avec le gouvernement iranien, si bien que les messages rassurants de Barack Obama destinés à Benyamin Netanyahou ne sont même pas arrivés à le soulager ». Comme un gamin capricieux, Netanyahou serait donc  en train de faire un caca nerveux qui ne pourra se calmer qu’avec au moins une petite sanction supplémentaire contre l’Iran. La chaîne dix de la télévision israélienne insiste :  « Le régime sioniste est en colère vis-à-vis de Barack Obama car celui-ci fait pression sur les membres du groupe 5+1 pour qu’ils parviennent à un accord avec Téhéran, décrit comme un mauvais accord  par le quotidien  Israël Al-Youm ». Tenons-nous-le pour dit. Netanyahou n’est pas content.

Malgré l’échec des négociations, sa fureur reste intacte. Selon les médias israéliens, l’équipe de Netanyahou reste sur le qui-vive et reste vigilante contre les ‘’manœuvres’’ de Barack Obama, en gardant sous contrôle la France et l’Allemagne.

Sachant tout cela, on pourrait logiquement penser que l’échec de Genève  est le résultat des manœuvres israéliennes et que les manœuvres Fabiusiennes rencontrent point par point les vœux de Netanyahou.

Eh bien non. La chaîne de télévision Al-Mayadine révèle que les tergiversations de la France dans le processus des discussions de Genève sont faites sous la pression de l’Arabie saoudite. La chaîne dix de la télévision israélienne précise « C’est l’Arabie saoudite qui a contraint la France à empêcher l’obtention d’un accord pendant les négociations de Genève car la France entretient de vastes relations commerciales avec l’Arabie saoudite ».

Si je comprends bien, c’est Netanyahou qui jure ses grands dieux que, lui vivant, aucun accord ne se fera, qui menace de tout casser, et c’est le roi Abdallah d’Arabie qui, ému par le gros chagrin de Bibi, convoque Laurent Fabius au nom de ses bonnes relations commerciales avec la France, pour lui intimer l’ordre de consoler le petit désespéré en lui redonnant son jouet.  Mais dites-moi, quelle est la capitale d’Israël ? Tel-Aviv, Jérusalem ou Ryad ? Pourquoi, dès qu’il s’agit d’Israël, tout le monde est atteint de strabisme ? Il est la cause de tout ce qui se passe dans la région, et pourtant tout le monde regarde à côté, avec des discours savants et des analyses aussi sophistiquées qu’alembiquées, incluant jusqu’au prix du pétrole, rendant ce petit état invisible comme par magie. Israël passe son temps à se plaindre, à dénoncer, à tempêter et à menacer. Mais dès que ses menaces sont mises à exécution, c’est quelqu’un d’autre qui en est l’auteur, jamais Israël lui-même, à croire que chacun s’empresse d’offrir ses services  pour éviter au peuple élu d’avoir à se salir les mains.

Ainsi, Netanyahou  remue ciel et terre pour saboter les négociations avec l’Iran, l’annonce à grands cris, mais en cas de succès on louche chez les voisins pour chercher le responsable du sabotage. Et bien sûr, on trouve toujours. Pourtant, le seul fait que Fabius soit impliqué dans l’échec des pourparlers devrait être une indication. Les boucs émissaires habituels, le Qatar naguère et l’Arabie Saoudite aujourd’hui, ont bon dos.  Laurent Fabius, pour lequel les intérêts d’Israël  priment sur tout, a fait exactement ce qu’aurait fait Netanyahou s’il avait été lui-même à Genève. Il a taclé ses alliés, ignoré les intérêts de la France, et cela juste parce que Benjamin Netanyahou ne veut pas entendre parler d’une solution de paix. Le pire dans tout ça, c’est que Laurent Fabius se comporte comme le vrai président, François Hollande n’étant qu’un suiveur obéissant qui n’aurait été mis à la tête de la France que pour lui servir de caution, puisque les français ne l’auraient jamais porté au sommet à cause de son passé au sujet du sang contaminé.

Ancien premier ministre, véritable président, ministre des affaires étrangères en France et en Israël, ne pourrait-il pas, de temps en temps, travailler pour les intérêts français, ou au moins faire semblant ? Trop d’arrogance peut coûter cher.

Avic

Qui a peur de la bombe nucléaire ?


BombeHQu’on se le dise ! Le niveau de la peur ne doit jamais baisser. Il doit être entretenu sans relâche, en faisant feu de tout bois, du terrorisme au nucléaire. La menace doit toujours rester présente, une menace personnifiée, bien sûr par ceux que nous ne connaissons que grâce à des légendes forgées depuis des siècles et abondamment confirmées par notre cher et aimé cinéma hollywoodien, les vils, méchants et fourbes arabes et tous les moyen-orientaux musulmans de façon générale.

Après avoir tenté pendant des décennies de nous épouvanter avec la menace nucléaire iranienne, les marchands de la peur ont effectué, pour différentes raisons que nous ne connaissons pas, un rétropédalage complet. Peut-être parce que, malgré toute l’énergie dépensée, la mayonnaise n’a jamais pris ? Ou peut-être que le coût en devenait exorbitant pour le peu de résultats engendrés ? Quelle qu’en soit la raison,  l’Iran ne faisant plus peur, il fallait trouver autre chose.

Nous voilà avec une nouvelle menace nucléaire, cette fois venant de l’Arabie Saoudite. N’ayant pas de centrale d’enrichissement d’uranium, comment un pays peut-il devenir une menace nucléaire ? Avec son argent bien sûr. Et à qui va-t-il acheter ses bombes toutes faites ? A un autre pays 100% musulman, le Pakistan. C’est là que nous devrions commencer à avoir quelques inquiétudes. Mais faites-leur confiance, ce n’est qu’un début de construction. L’Arabie Saoudite n’est-elle pas le berceau de l’Islam et, cerise sur le gâteau, le centre mondial du terrorisme ?

Malgré toutes les lacunes dans ce nouveau scénario, nous sommes censés avoir peur de l’avenir, et nous en remettre à ceux qui savent gérer cet avenir. L’Arabie Saoudite n’a pas de sous-marins SNLE (a-t-elle seulement une marine ?), ni de bombardiers stratégiques pour aller lâcher leur bombinette louée ou achetée, ni de système de protection après la première frappe, ni même une armée digne de ce nom, mais quelle importance ? Ces gens-là ne pensent pas comme tout le monde, n’étant que des chameliers bourrés de pétrodollars dont ils ne savent que faire, contrairement à nous qui connaissons ce qu’est vraiment la valeur de l’argent. Mais avec leur argent, ils trouveront bien quelque pays qui leur vendra les vecteurs nécessaires et les boucliers qui vont avec, sans oublier tout le personnel qui va faire fonctionner tout ça. A ma connaissance, il n’y a que deux pays qui sont, pour l’instant, autorisés à le faire, ou qui en donneront l’autorisation sans laquelle rien ne se fera. Comme par hasard, les marchands de peur se trouvent précisément dans ces pays.

Ceux qui devraient susciter la peur, ce ne sont pas ceux qu’on nous désigne, mais ces marchands d’illusion qui, l’expérience l’a montré, n’ont jamais hésité à illustrer leur propos par quelque acte démonstratif quelque part dans le monde et qui, de toute façons, utilisent régulièrement des armes atomiques, sous forme d’uranium ‘’appauvri’’, précisent-ils.

Avic

Syrie : Bandar Sultan démis de ses fonctions!!


Crises_Kerry_POSelon les sources bien informées en Syrie, le secrétaire d’état Kerry a refusé au cours de sa récente visite en Arabie saoudite de rencontrer le chef du renseignement saoudien, Bandar Sultan dont les récents propos laissaient supposer une révision des relations saoudo-américaines.

Selon le journal libanais AsSafir, John Kerry s’est refusé de rencontrer Bandar et s’est contenté de s’entretenir avec le roi Abdellah et son homologue saoudien Saoud al Fayçal. Sultan a récemment menacé de rompre toute coopération sécuritaire avec Washington en réaction à la décision de Washington de ne pas attaquer militairement la Syrie. Une vague anti Bandar sillonne d’ailleurs les agences de renseignement US où le prince jouit d’une grande notoriété!! Ces agences critiquent Bandar pour sa stratégie  en Syrie , la qualifiant de  » idiote » :  » c’est une stratégie qui consiste à soutenir les groupes terroristes dont Al Qaida , soit des groupes qui menacent les intérêts américains ».

La présence de Bandar s’est transformé en un réel défi dans les relations saoudo-américaines et le dossier syrien semble désormais déchoir entre les mains du roi Abdellah et du ministre des AE, Fayçal. Kerry s’est rendu à Riyad pour apaiser les tensions entre Washington et Riyad

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/281958-kerry-refuse-de-rencontrer-bandar-sultan

La Syrie, pays de tous les enjeux


Tribune libre Almutanabi Jasmin

carte_syrie_relief_altitude_metreLe 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : « Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL) ». Rappelons que l’Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu’elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique … Si la France et l’Arabie Saoudite sont en « grande convergence » au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d’autres explications.

La guerre du gaz

Le gaz apparait aujourd’hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l’avantage d’être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d’énergie du XXIème siècle et l’Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur.

Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l’exploitation. L’exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc :
– Nord Stream passant par l’Allemagne et censé alimenter le nord de l’Europe.
– South Stream qui doit se diriger vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.

Or, dans le but de concurrencer South Stream, l’Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l’Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La guerre entre South Stream et Nabbuco a nettement tournée à l’avantage de la Russie. Initialement prévu pour 2014, Nabbuco a été sans cesse repoussé en raison de difficultés techniques et de l’absence de clients clairement définis. De plus, l’Azerbaïdjan a finalement choisi le gazoduc Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour acheminer son gaz vers l’Europe au détriment de Nabucco. Cela a peut être signé l’arrêt de mort de ce projet.

Au Moyen-Orient, l’Iran est un grand producteur de gaz. En Juillet 2011, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont signé un projet de gazoduc : l’Islamic Gas Pipeline ou « Gazoduc Chiite ». Après un temps de réalisation estimé 3 ans, ce projet devrait permettre à l’Iran d’alimenter l’Irak et la Syrie. Grâce aux ports méditerranéens de la Syrie ou du Liban, il pourrait même alimenter l’Union Européenne. Par ailleurs, la Syrie a découvert en Août 2011 un vaste champ gazier à Qaraa, près du port de Tartous. Partenaire économique de la Syrie, la Russie pourrait alors jouer un rôle important, non seulement dans l’exploitation de ce gaz, mais aussi dans son exportation vers l’Europe par la mise à disposition de sa flotte en méditerranée.

C’est avec le Qatar que l’Iran partage le plus grand champ gazier du monde (il est nommé South Pars côté Iran et North Dome côté Qatar). Pour l’instant, le Qatar exporte son gaz par des méthaniers, ce qui n’est déjà pas sans risques. En plus, ces bateaux doivent transiter par le détroit d’Ormuz, qui est sous contrôle de l’Iran. En 2009, le Qatar a alors présenté un projet de gazoduc terrestre devant le relier à la Turquie. Le tracé incluait initialement l’Arabie Saoudite, mais après son refus, il devrait finalement passer finalement par l’Irak, la Jordanie et la Syrie. C’est dans cette optique que le Qatar s’est rapproché en 2010 de la Syrie par un « pacte de défense ». Mais cette dernière a ensuite préféré se joindre au projet de Gazoduc Chiite.

Deux autres puissances régionales sont intéressées par le projet Qatari : la Turquie et Israël. La Turquie cherche a diminuer sa dépendance au gaz Russe et au gaz Iranien. De plus, elle toucherait des royalties pour permettre le transit de gaz vers l’Europe. Partie prenante du projet Nabbuco puis du projet Qatari (qui devait rejoindre Nabbuco sur son territoire) la Turquie a également signé un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de grosses réserves de gaz en 2017. Quant à Israël, il a découvert fin 2010 un énorme champ gazier au large de ses côtes. Il pourrait donc rejoindre le projet Qatari pour l’exportation de son gaz vers l’Europe.

Ainsi, le Qatar, la Turquie et Israël voient d’un très mauvais oeil la réalisation du gazoduc Iran-Irak-Syrie, complètement indépendant de leurs routes de transit vers l’Europe. Quant à l’Union Européenne, elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et donc à diminuer sa dépendance au gaz Russe. Comme d’habitude, les USA chapeautent le tout en cherchant à soutenir leurs alliés (Israël, Turquie, Qatar) et affaiblir leurs concurrents (Russie, Iran). Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie. Selon le journaliste Algérien Noureddine Merdaci, le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , « la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe ».

Un Moyen-Orient instable

Avec les deux tiers des ressources mondiales en pétrole et 40% des réserves de gaz connues, le Moyen-Orient est le lieu majeur de production d’hydrocarbures. Il couvre et couvrira certainement pendant plusieurs décennies encore, la plupart des besoins énergétiques de la planète. Or, ce début de 21ème siècle voit l’apparition de grandes puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont les besoins en énergie ne cessent de croître. La Chine par exemple est aujourd’hui derrière les USA, le deuxième plus gros consommateur mondial de pétrole. Alors que le Moyen-Orient est depuis longtemps le théâtre de tensions et d’affrontements pour le contrôle de ses ressources énergétiques (opération AJAX en 1953, guerre d’Irak en 2003 …), la situation ne risque pas de s’améliorer.

Au sein même de cette région, s’ajoute une fracture religieuse entre musulmans Sunnites et Chiites. Les Sunnites considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’intermédiaires entre le croyant et dieu, tandis que pour les Chiites, c’est l’Iman qui est le véritable guide de la communauté. Dans le monde, la plupart (environ 80-90%) des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires (environ 70%) dans les pays du Golfe. Les deux communautés ne s’aiment pas. Persécutés par les Sunnites, les Chiites minoritaires ont longtemps dû se réfugier dans la clandestinité, tandis que certains Sunnites vont jusqu’à considérer les Chiites comme des mécréants et se méfient de leur expansion. En Iran où le Chiisme est la religion d’état, Khomeini avait présenté en 1979 la révolution comme un « modèle à exporter ». Aujourd’hui, l’Iran, l’Irak, les Alaouites de Syrie et le Hezbollah Libanais forment un croissant Chiite, lequel est fortement combattu par l’arc Sunnite qui englobe l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pétromonarchies du golfe dépensent beaucoup d’argent pour la propagation du Wahhabisme (c’est une forme radicale du Sunnisme, il est par exemple interdit d’invoquer le prophète, les saints ou les anges, de sculpter des décorations dans une mosquée …). Elles n’hésitent d’ailleurs pas à soutenir les impérialistes occidentaux dans les guerres qui les opposent à leurs rivaux régionaux (la Syrie en fait aujourd’hui les frais).

Régional, ce clivage devient même national puisqu’il y a dans les pays majoritairement Sunnites des minorités Chiites et inversement (les Chiites d’Arabie Saoudite qui sont d’ailleurs plus nombreux dans les régions pétrolifères de l’est, les Chiites du Pakistan …). Parfois, ces minorités sont au pouvoir (les Sunnites en Irak sous Saddam Hussein ou au Bahreïn actuellement, les Alaouites en Syrie actuellement …). Certains pays sont alors le lieu de favoritisme, de discriminations, voire de persécutions ou d’affrontements violents. Actuellement, cette violence touche principalement l’Irak (majorité Chiite) et le Pakistan (majorité Sunnite). L’influence étrangère joue parfois un rôle dans la fracture confessionnelle (la révolution Iranienne de 1979 a radicalisé les Chiites du Pakistan …), cela pouvant même aller jusqu’à de l’ingérence (l’Arabie Saoudite a soutenu militairement le régime du Bahreïn dans sa féroce répression contre les Chiites lors du printemps Arabe en 2011).

La présence Kurde est une autre source d’instabilité au Moyen-Orient. Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Sèvres avait prévu un découpage de l’empire Ottoman comptant un état Kurde. Cependant, les Français et les Britanniques avaient en 1916 signé un accord secret (Sykes-Picot) qui procédait à un autre découpage. Les Kurdes furent répartis dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie) et le Kurdistan n’est resté depuis qu’une simple zone géographique. Mais le nationalisme Kurde est resté présent. Aux soubresauts nationaux (affrontements entre le PKK et le gouvernement Turc depuis 1984, soulèvements Kurdes en Irak durement réprimés avec notamment le massacre par arme chimique à Hallabja en 1988, soulèvements en Syrie durement réprimés en 2004 et 2005) s’ajoute un activisme transnational (projet du PKK d’un grand Kurdistan, soutiens à cette organisation hors de la Turquie …).

Enfin, Israël est depuis sa création un important facteur de tensions régionales : guerre de 1948 après la création de l’état, guerre du canal de Suez en 1956, guerre des six jours en 1967, guerre de Kippour en 1973, guerres au Liban en 1982 et 2006 et surtout l’interminable conflit Israëlo-Palestinien. Si les relations entre Israël et ses voisins ont dès le départ été mauvaises, sa politique de grignotage territorial n’a fait depuis qu’empirer les choses. Actuellement, le projet de création d’un état Palestinien est au point mort. Les territoires Palestiniens sont divisés entre d’un côté la Cisjordanie, partiellement contrôlée par l’autorité Palestinienne (un mur de séparation prive la Cisjordanie d’une partie de son territoire de 1967), et de l’autre la bande de Gaza, entièrement contrôlée par le Hamas. Au Moyen-Orient, la solidarité envers la Palestine dépasse parfois le clivage entre Chiites et Sunnites. l’Iran et le Hezbollah Chiites sont par exemple en bons termes avec le Hamas Sunnite. Mais d’autres pays gardent leurs distances. C’est le cas de l’Egypte (accord de paix avec Israël en 1979) ou l’Arabie Saoudite (qui coopère avec Israël contre l’Iran), pourtant tous les deux Sunnites.

Le jeu des alliances

Dans le monde de demain, qui risque progressivement d’échapper à la toute puissance Etasunienne, deux pays sont particulièrement redoutés : la Chine et la Russie. La première est aujourd’hui 2ème puissance mondiale et devrait passer au premier rang d’ici 2040, tandis que la seconde réorganise depuis les années 2000 sa sphère d’influence géopolitique perdue aux lendemains de la guerre froide. Les deux voisins, membres du conseil de sécurité de l’ONU, établissent non seulement des liens avec des pays stratégiques (La Russie est présente au Moyen-Orient où elle vend par exemple des centrales nucléaires à l’Iran, la Chine est très présente en Afrique) mais aussi entre eux (la Russie et la Chine collaborent par exemple dans de grands projets d’acheminement du gaz entre leurs deux pays). Quels pays pourraient rejoindre ces alliances dans le futur ? L’Inde ? Et pourquoi pas le Japon ?

C’en est trop pour les maîtres du monde qui se sont donné pour mission de contenir la progression Sino-Russe et d’affaiblir ses alliances. En plus des sanctions diplomatico-économiques (que l’Iran connait bien) et des tentatives de déstabilisation sur les questions des minorités et des droits de l’homme (que la Chine et la Russie ont eux aussi expérimentés), les USA ont une stratégie qu’ils ont bien rôdée pendant la guerre froide : celle de l’encerclement. Pour illustrer cette stratégie, il suffit d’observer le voisinage géographique de l’Iran. En plus des pétromonarchies du golfe et du Pakistan, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont poursuivi l’encerclement de ce pays par des régimes pro-Etasuniens et l’installation de nouvelles bases militaires. Levier de la politique étrangère Etasunienne, l’OTAN met en oeuvre cette stratégie à grande échelle. Du rôle clé de la Turquie qui accueille le grand bouclier anti-missile, en passant par l’Initiative de coopération d’Istambul (Barheïn, Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis) jusqu’aux partenariats militaires en extrême-orient et dans le pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du sud et Japon) c’est toute la partie Moyen Orient – Russie – Chine qui est ainsi prise en étau.

Depuis longtemps, les occidentaux sont proches des pétromonarchies du golfe. En 1945, les USA avaient conclu avec l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial de pétrole) le pacte « protection militaire contre accès exclusif au pétrole », puis avaient commencé à y installer leurs bases militaires. Vers 2003, diverses raisons (fin de la guerre d’Irak, sentiment anti-Etasunien croissant dans la population Saoudienne, guerre contre les Talibans dont l’idéologie est proche du régime Saoudien …) les avaient poussés à un redéploiement de leurs forces au Qatar, pays où ils viennent encore récemment d’installer un radar anti-missile pour contrer l’Iran. Les USA ont quand même conservé des troupes en Arabie Saoudite. Cela leur permet de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, d’autant qu’ils doivent parfois jouer les équilibristes entre Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont tantôt alliés, tantôt rivaux. Quant à la France, est-il besoin de rappeler qu’elle vient de signer en Juillet 2013 un contrat d’un milliard d’Euros avec les Emirats Arabes Unis puis en Août un contrat du même montant avec l’Arabie Saoudite et qu’on ne compte plus dans l’hexagone les investissements Qataris (clubs de foot, banlieues …) ?

L’organisation des Frères musulmans est un autre levier de la politique Etasunienne au Moyen-Orient. Contrairement aux Wahhabites, ceux-ci prônent une progression de l’Islam par le haut, politisée. Rejetant l’influence occidentale et souhaitant des républiques Islamistes dans les pays à majorité musulmane, ils s’opposent parfois durement aux courants laïcs de ces pays (Egypte, Syrie). En Syrie, ils ont été interdits en 1980 suite à une série d’attentats sanglants, puis massacrés dans les soulèvements qui ont suivi (20.000 morts à Hama en 1982). Mais avec un programme politique plutôt bien accepté par l’occident, les Frères musulmans sont des alliés potentiels contre les ennemis du moment. Dès les années 50, les USA s’en étaient rapprochés pour lutter contre les régimes socialistes et panarabes du Moyen-Orient (Nasserisme, parti Baas) ; plus récemment en Egypte (présidence de Mohamed Morsi), les USA se sont bien accommodés de leur association entre conservatisme religieux et libéralisme économique ; aujourd’hui en Syrie, leur rôle est dominant dans le conseil de transition (CNS/CNFOR). Au niveau régional, les Frères musulmans peuvent compter sur le soutien de la Turquie (l’AKP quoique plus laïc, est également Sunnite et libéral), celui du Qatar (essentiellement Wahhabite mais socialement et politiquement stable), mais pas de l’Arabie Saoudite. Touchée par le printemps Arabe (où la police a d’ailleurs tué quelques manifestants), celle-ci redoute en effet leur activisme politique (hier du côté des militaires en Egypte, l’Arabie Saoudite soutient aujourd’hui les Salafistes en Syrie).

Pressions, guerres et chaos

Les enjeux au Moyen-Orient permettent de mieux comprendre l’épicentre actuel en Syrie. Partenaire économique de la Russie (qui est elle même proche de la Chine) et intégrée au croissant Chiite où elle participe avec l’Iran et l’Irak à la réalisation d’un grand Gazoduc, la Syrie échappe au Grand maître Etasunien. Les manoeuvres de déstabilisation visant la Syrie ou ses alliés ne sont d’ailleurs pas récentes. A la stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine précédemment évoquée, on peut ajouter les sanctions économiques contre l’Iran (embargo pétrolier, boycott bancaire) ou encore la résolution 1559 (Franco-Etasunienne) votée à l’ONU en 2004 afin d’obtenir le retrait des troupes Syriennes du Liban (qui y étaient déployées depuis la fin de la guerre civile en 1990). Le prétexte pour passer à un niveau supérieur a été fourni pendant le printemps Arabe en Mars 2011. Alors que les premières manifestations étaient pacifistes et légitimes (manque de démocratie, hégémonie du clan Al-Assad et de la communauté Alaouite …) le parti pris de l’occident a alimenté l’escalade de violence et a fortement contrasté avec son silence lors des répressions sanglantes au Bahreïn, ou au Yémen. En reprenant systématiquement les déclarations de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (proche des frères musulmans et basé à Londres), les occidentaux se sont alors empressés de proposer des résolutions à l’ONU. Mais la Russie et la Chine y ont cette fois-ci opposé leurs vétos, échaudées par l’aventure Lybienne où la résolution censée protéger les populations civiles s’était transformée en blanc-seing pour un renversement de régime.

Si le droit international n’est que la codification d’un rapport de forces, Carl Von Clausewitz disait de la guerre qu’elle est « la continuation de la politique par d’autres moyens ». Les Etats-Unis ont montré avec la guerre d’Irak en 2003 qu’ils étaient bien capables de se passer de l’aval des Nations Unies. Dans les années 2000, l’administration Bush avait établi un projet de « grand Moyen-Orient » où il était question d’exporter la démocratie par la guerre. Mais cette stratégie a montré ses limites. D’abord, de telles guerres se sont révélées longues, coûteuses et aux issues incertaines. En Afghanistan (2001-), les troupes Etasuniennes ne se sont toujours pas retirées et le gouvernement d’Hamid Karzaï est toujours en lutte contre les Talibans ; en Irak (2003-2011), la guerre directe a ensuite cédé place aux attentats anti-Etasuniens et aux affrontements « Chiites contre Sunnites ». Ensuite, il y a le risque d’une déstabilisation régionale qui peut se retourner contre l’occident. L’Iran a par exemple tiré avantage de la chute du pouvoir Taliban en Afghanistan et de celui de Saddam Hussein en Irak (où l’actuel gouvernement est Chiite). Enfin, il y a pour les occidentaux le risque d’une démocratie qui ne les arrange pas (les législatives de 2006 en Palestine ont par exemple été remportées par le Hamas) ; on se souvient aussi de Mohammad Mossadegh renversé en 1953 par l’Angleterre et Etats-Unis pour avoir voulu nationaliser le pétrole Iranien.

En Syrie, une guerre directe parait une fois de plus compliquée. Tout d’abord, Bachar al-Assad est soutenu par une majorité de la population. La Syrie compte plusieurs minorités (Druzes, Chrétiens, Kurdes, Alaouites, …) et l’état laïc leur assurait jusqu’ici la paix civile. De plus, contester le régime en place ne signifie pas soutenir une agression étrangère, laquelle engendre au contraire un fort sentiment d’union nationale. A l’étranger, la Syrie bénéficie de soutiens importants : ceux de l’Iran et du Hezbollah (qui ont reconnu être ouvertement impliqués dans le conflit) et celui de la Russie (qui lui fournit une grande partie de son équipement militaire). Quant aux ennemis d’Al-Assad, ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts dans le conflit. La Turquie soutient les Frères musulmans mais redoute la montée en puissance des Kurdes (qui avaient pu créer un gouvernement régional en Irak après la chute de Saddam Hussein), le Qatar soutient aussi les Frères musulmans tandis que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes ; Israël quant à lui redoute peut être plus la confrérie (le Hamas Palestinien est une branche de cette organisation) que le régime actuel qui ne le menace pas directement ; enfin, si les occidentaux ont montré qu’ils pouvaient s’entendre avec certains courants politiques comme les Frères musulmans, leur présence s’est plutôt révélée impopulaire dans la région où ils ont été la cible de nombreuses attaques.

Rien de tel dans ces cas là qu’une guerre indirecte : on économise ses troupes tout en entretenant le chaos à distance, chaos duquel on finira bien par tirer notre épingle du jeu. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont reconnu armer les opposants depuis le début ; la Turquie permet aux combattants étrangers de traverser son territoire puis de s’y replier lors des combats ; quant aux Etats-Unis et à la France, d’abord fournisseurs d’armes « non létales », ils ont décidé plus récemment de passer à la vitesse supérieure. Encourager les défections est aussi un moyen d’affaiblir le régime tout en recyclant le savoir-faire politique et militaire. Si apprendre du plus fort qu’on est dans le mauvais camp donne déjà à réfléchir, l’argument financier fait aussi son effet. Lorsqu’en Mai-Juin 2011, l’Union Européenne et les USA avaient adopté des sanctions financières contre les dignitaires du régime, le parti Baas avait alors connu des défections massives. Quant à l’ancien premier Ministre Riyad Hijab, ses avoirs ont été dégelés au lendemain de sa défection en Août 2011. Enfin, le conseil de transition (CNS devenu CNFOR) est pour les puissances étrangères un moyen de contrôler l’issue du conflit, militairement d’une part (contrôle de la livraison d’armes, pilotage des opposants armés de l’ASL, …) et politiquement d’autre part (mise à l’écart de certains groupes tels que les Kurdes lors du remodelage du CNS en CNFOR, élection d’un expatrié Etasunien – Ghassan Hito – comme premier ministre, …).

En continuant d’armer l’ASL et en refusant toute négociation avec le régime, l’opposition écarte durablement toute possibilité d’apaisement. L’attaque chimique du 21 Août 2013 fait d’ailleurs figure de prophétie auto-réalisatrice après la menace d’Obama un an plus tôt (franchissement de la « ligne rouge »). Peu importe le manque de preuves, les déclarations de Carla del Ponte (ancienne procureur du TPI, membre de la commission d’enquête en Syrie) ou l’arrestation à la frontière Turque de membres du Front al-Nosra en possession de gaz Sarin ; c’est à mettre une fois de plus sur le compte de Al-Assad. Sauf que la situation n’a pas avancé sur le terrain où les djihadistes (non contrôlés par la CNFOR) semblent par ailleurs devenus la force d’opposition majoritaire. Après le refus du parlement Anglais de toute action militaire, les USA décident eux aussi d’attendre l’avis de leur congrès, tirent quelques missiles en Méditerranée (peut être pour tester la défense anti-aérienne de l’ennemi) puis acceptent finalement la proposition Russe de désarmement de l’arsenal chimique Syrien. Quant à la France, voyant écarté son projet de résolution particulièrement belliciste, elle n’en demeure pas moins déterminée à lutter contre la tyrannie … avec l’Arabie Saoudite.

Jérôme HENRIQUES

http://alvinet.com

 » No Woman, No Drive « , le tube de Bob Marley version saoudienne


l-activiste-saoudienne-manal-al-sharif-conduit-une-voiture-a_1322514Les femmes n’ont pas le droit de conduire en Arabie saoudite. Et pourtant, certaines militantes ont pris le volant samedi 26 octobre en guise de protestation. En bravant cet interdit, elles s’exposent à de lourdes sanctions, comme des contraventions… ou des coups de fouet, explique le site automobile Jalopnik. Plutôt que les frapper, le comédien saoudien Hisham Fageeh a trouvé un moyen plus doux de les dissuader de prendre la route. Il a fait un remake du tube « No Woman, No Cry » de Bob Marley, mais avec « les valeurs saoudiennes », ce qui donne « No Woman, No Drive ».

 

 

Avant de se mettre à chanter, il explique : « Pendant mes études aux Etats-Unis, j’ai découvert une chanson d’un jamaïcain qui m’a vraiment marquée. J’ai décidé de l’interpréter à ma façon, avec des paroles qui font sens dans ma culture. »

Si on reconnaît la mélodie et le rythme du tube de Bob Marley, les paroles ont effectivement complètement changées. « Je me souviens quand tu t’asseyais dans la voiture familiale, mais à l’arrière. Les ovaires en bonne santé et en sécurité. Comme ça, tu as pu faire plein d’enfants. Beaucoup d’amis, nous avons eus, et beaucoup d’amis, nous avons perdus sur l’autoroute (…) donc jette tes clés de voiture ! Sœur, ne touche pas à ce volant », fredonne-t-il.

Il s’agit bien évidemment d’une parodie. Le comédien a voulu mettre en lumière l’absurdité des arguments de ceux qui s’opposent à ce que les femmes conduisent. Il ironise ainsi sur le prétendu danger que cela représenterait pour les ovaires, comme l’avait affirmé le cheikh Saleh Al-Lohaidan, un haut dignitaire religieuse du pays, sur le site saoudien Sabq le 29 septembre.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/10/28/no-woman-no-drive-ladaptation-saoudienne-du-tube-de-bob-marley/#xtor=RSS-32280322

http://www.wikistrike.com/article-no-woman-no-drive-le-tube-de-bob-marley-version-saoudienne-120834260.html