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Tout le monde se prépare… en faisant des manœuvres


RIAN_02245748.LR.ru.jpg.1000x297x1Y a-t-il déjà eu dans l’Histoire de l’Humanité une période où tant de grandes manœuvres se déroulent en même temps, de manière répétitive et à si grande échelle ? Sans risque de se tromper, on peut dire que non. Tous les pays du monde sont pris d’une frénésie d’exercices, conjoints ou non. Il suffit de disposer de 3 kalachnikovs dans son râtelier ou d’un vieux tank dans un hangar délabré pour avoir envie de le tester dans ces vastes rassemblements auxquels les amis se convient de plus en plus régulièrement.

La Mer de Chine, le Pacifique, du nord au sud, l’Océan Indien, ne sont plus, depuis quelques temps, qu’un vaste champ de bataille ‘’pour de faux’’. La Méditerranée, n’en parlons même pas. Mais là, dans sa partie orientale, plus on se rapproche des côtes syriennes, plus les opérations ‘’pour de faux’’ sont teintées de vrai, et même plus.

Les manœuvres les plus récentes et encore en cours se déroulent en Extrême-Orient, en Russie. Les plus grandes manœuvres stratégiques depuis l’époque soviétique. Environ 100 000 militaires, plus de 1 500 blindés, plus de 130 avions et hélicoptères, ainsi que 70 navires de guerre et sous-marins de la Flotte du Pacifique ont été mobilisés. Un peu avant, il y avait eu des exercices d’une grande ampleur organisés conjointement entre l’armée chinoise et l’armée russe.

Pendant ce temps, Israël aussi fait des exercices. Les Etats-Unis n’arrêtent pas de s’exercer à travers le monde avec tel ou tel allié. Tout le monde manœuvre. Comme si chacun cherchait ses marques. On aurait bien aimé que toutes ces opérations ne soit qu’un jeu pour s’impressionner les uns les autres. Mais, malheureusement on n’en est plus là. Ces manœuvres remplacent maintenant le langage diplomatique.  On est dans un climat de pré-guerre ou, plus exactement un climat de pré-conflagration, car nous ne sommes jamais sortis de la guerre depuis 1939. Chacun fourbit ses armes et fait le compte de ses amis. A la place des mobilisations générales d’antan, on mobilise ses copains et alliés.

Quand la conflagration éclatera, nous ne le saurons même pas, car nous attendrons, en vain, une mobilisation générale pour nous sentir concernés, mobilisation qui ne viendra jamais. Le monde est toujours en retard d’une guerre. Et pour cause ; le futur n’est jamais écrit, ou en tout cas lisible. Si on pouvait savoir ce que sera la future guerre (toute future guerre), tout le monde éviterait de s’y engager, à commencer par celui qui la perdra. Pourtant le passé est éclairant. Toutes les guerres sont identiques et se développent selon le même scénario. D’abord elles sont vues comme impossibles, voire inimaginables au nom du ‘’plus jamais ça’’ qui suit tous les traités de paix. Ensuite, sans s’en rendre compte, on s’y prépare. Puis, brusquement, elles deviennent inéluctables et, aujourd’hui, il semble bien que nous soyons à cette phase. Une fois qu’elles ont éclaté, que chaque camp a commis le maximum de dégâts humains que sa préparation pouvait lui permettre de réaliser,  on se rend compte que les peuples engagés dans le conflit sont tous perdants de part et d’autre. Seuls quelques groupes de personnes, de part et d’autre également, auront gagné. Ce sont ces groupes de gagnants qui se réuniront pour signer les traités et décideront d’un commun accord qui a gagné et qui a perdu, déplaçant les réalités sur un autre terrain.

Qu’y pouvons-nous ? Personne ne veut la guerre, mais elle est toujours là, omniprésente, comme une excroissance de la nature humaine. Nous n’y pouvons donc rien. Nous pouvons juste constater que nous y allons tout droit. Il est presque certain qu’aucun dirigeant de ce monde ne la souhaite vraiment. Ils ont, comme tout le monde, peut-être même plus que tout le monde, conscience de ce que cela représente. On peut même croire fortement qu’ils feront tout pour l’éviter. Mais arriveront-ils à enrayer la machine ? Cela reste à voir.

Avic

Des « troupes de combat » chinoises en Afrique


chinaun_1Pour la deuxième fois en un peu plus d’un an, la Chine a une infanterie sur le terrain en Afrique, ce qui reflète la présence de plus en plus globale de l’armée chinoise.

395 soldats de l’Armée populaire de libération viennent d’arriver dans le pays sahélien du Mali dans le cadre de la mission de l’ONU pour aider à rétablir l’ordre. Plus précisément, Pékin a envoyé des ingénieurs, des équipes médicales et des équipes de sécurité dans la capitale malienne, Bamako, selon le ministère chinois de la Défense. Ces troupes appartiendraient à la 16ème Armée de l’APL , une formation composée de divisions d’infanterie, de blindés et d’artillerie.

La Chine envoie traditionnellement, chaque année, des milliers de personnes du génie, du corps médical et autres troupes de soutien dans les missions des Nations Unies. Sur les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine est le plus grand contributeur en effectifs pour les missions de maintien de la paix de l’ONU.

Cependant, jusqu’à très récemment, la Chine n’a pas envoyé d’infanterie sur les missions de l’ONU. En fait, Beijing a officiellement insisté sur le fait que les soldats au Mali ne sont pas des troupes de combat, peut-être afin de maintenir l’idée que la Chine n’envoie pas de troupes officielles de combat sur ​​les missions de maintien de la paix.

Comme l’a souligné un porte-parole du ministère chinois de la Défense, cité par l’agence de Presse chinoise Xinhua ,  « La force de sécurité chinoise est en fait une équipe de garde qui sera principalement responsable de la sécurité des postes de commandement [de la mission de l’ONU] et les zones de vie des soldats de la paix ».

Pourtant, ce dernier déploiement marque le deuxième envoi par la Chine, au cours des deux dernières années, de soldats d’infanterie en Afrique dans le but de garder les missions de paix. En 2011, Pékin a envoyé des fantassins pour garder les ingénieurs de l’APL qui participaient à une mission de l’ONU au Sud-Soudan. Malgré les affirmations de Pékin que ces troupes étaient là uniquement dans le but de garder les ingénieurs, le U.S. China Economic and Security Review  souligne que ces gardes appartenaient à une unité de combat « d’élite ».

La mission de protéger les ingénieurs et les médecins de l’APL n’est pas sans mérite, la semaine dernière, sept employés de l’ONU ont été tués lorsque leur convoi a été attaqué au Soudan. Et l’opération reflète l’intérêt croissant de la Chine pour l’Afrique. Les chefs d’entreprises chinois ont été partout dans le continent au cours de la dernière décennie, dépensant des milliards de dollars sur des projets et poussant certains à craindre que Pékin ne batte les Etats-Unis dans le jeu d’influence en Afrique (une affirmation que le président américain Barack Obama rejette ). Tout cela a incité les déploiements militaires chinois visant à protéger les travailleurs chinois à l’étranger.

La marine chinoise mène des opérations anti-piraterie dans la mer d’Arabie depuis des années. Et au début de 2011, la Chine a envoyé des avions de transport militaires et même un destroyer de missiles guidés en Libye pour aider à évacuer une partie des dizaines de milliers de citoyens chinois au plus chaud des événements libyens.

Ces derniers déploiements d’infanterie chinoise sont simplement le reflet du rôle grandissant de la Chine dans le monde, motivée par la nécessité de protéger les investissements chinois et d’être vu comme un acteur plus responsable dans les affaires de la sécurité mondiale, disent plusieurs experts.

« Ce rôle ne se limite pas à l’Afrique, et donc je ne vois pas ce changement en cours en tant que politique d’une » Afrique « , mais plutôt l’évolution de leur rôle au sein de l’ONU couplé, peut-être, avec une relation privilégiée de longue date avec le Mali », dit le professeur Deborah Brautigam du John Hopkins University’s School of Advanced International Studies. « S’ils veulent jouer un rôle de premier plan à l’ONU, ils ont besoin d’intensifier et d’élargir leur contribution à l’ensemble des composantes de l’Organisation. »

Pour l’instant, cela signifie l’envoi d’un nombre relativement limité de troupes. À l’avenir, les chiffres peuvent ne pas être aussi faibles.

« La Chine est, lentement, en train de préparer un éventuel envoi d’une unité combattante pour quelque future opération de maintien de la paix des Nations Unies», a déclaré David Chinn, ancien ambassadeur américain en Ethiopie et au Burkina Faso, qui enseigne maintenant à l’Université George Washington. « En ce sens, il s’agit d’un développement important et s’inscrit dans la politique chinoise de lente expansion de la taille et de la fonction de son soutien au maintien de la paix. »

par John Reed

Traduction : Avic

Source : http://killerapps.foreignpolicy.com/posts/2013/07/15/chinas_combat_troops_in_africa