Archives du mot-clé armes chimiques

Un courageux journaliste pose à Laurent Fabius « la question qui tue » !


Laurent Fabius ESSEC5Non seulement Laurent Fabius persiste dans son mensonge au sujet des gaz chimiques, mais il en rajoute. Il affirme que l’ONU avait dit que le massacre pouvait être attribué aux responsables syriens. Ce qui est complètement faux, pour la bonne et simple raison que la mission de l’ONU n’était pas de chercher des coupables mais d’établir la réalité de l’utilisation des armes chimiques.

Il affirme également que Bachar Al Assad avait nié posséder des armes chimiques deux jours avant (et il insiste : deux jours avant !). Comment peut-il alors expliquer tout le cinéma qu’ils avaient fait, lui et ses copains, après la déclaration du gouvernement syrien quelques mois plus tôt, selon laquelle la Syrie n’utiliserait ses armes chimiques que contre une agression extérieure ? Lire la suite Un courageux journaliste pose à Laurent Fabius « la question qui tue » !

Les attaques chimiques de la Ghouta : Une opération sous fausse bannière appuyée par les États-Unis? Tuer des enfants syriens pour justifier une intervention militaire « humanitaire »


Tribune libre Byblos

SAMère Agnès Mariam de la Croix, auteure du rapport controversé d’ISTEAMS

Les attaques chimiques qui ont eu lieu dans la Ghouta orientale le 21 août, 2013 pourraient constituer l’opération sous fausse bannière la plus horrible de l’histoire.

Les données disponibles à ce jour, indiquent que de nombreux enfants ont été tués par des « rebelles de l’opposition », que leurs corps ont été manipulés et filmés en vue de blâmer le gouvernement syrien pour les attaques, provoquant ainsi l’indignation et galvanisant l’opinion publique mondiale en faveur d’une autre guerre impériale sanglante menée par les États-Unis.

Tout en confirmant l’utilisation d’armes chimiques contre des civils, le rapport de l’ONU n’a pas identifié les auteurs de ces attaques:

Au lieu de procéder à une enquête non politisée et à une analyse en laboratoire, l’ONU a confié l’enquête sur les allégations d’attaques au gaz neurotoxique en Syrie au professeur Ake Sellstrom, un homme mystérieux cultivant le secret entourant ses recherches et ses relations politico-militaires […]

Ce vernis cosmétique de neutralité suédoise a été habilement exploité par Israël et l’OTAN, lesquels ont inventé des faussetés par le biais des travaux de Sellstrom à l’ONU, dont le déni des causes chimiques et biologiques du « syndrome de la guerre du Golfe » et les livraisons d’armes chimiques étasuniennes au régime de Saddam Hussein […]

Il est connu que Sellstrom est le biochimiste à la tête du European CBRNE Center [Centre d’études avancées sur la sécurité et la vulnérabilité sociétale, particulièrement sur les incidents majeurs impliquant des substances (C)himiques, (B)iologiques, (R)adiologiques, (N)ucléaires et (E)xplosives], à l’Université d’ Umeå au nord de la Suède, financé par le ministère suédois de la Défense (FOI) […]

En recherche, l’Université d’ Umeå collabore étroitement avec Technion (l’Institut israélien de technologie), l’université de Haïfa fournissant la technologie de pointe à la Force de Défense d’Israël (FDI) et ses agences de renseignement. Plusieurs ministères, collaborant avec Israël dans la recherche, participent à des études multidisciplinaires au Centre CBRNE de Sellstrom […]

L’ambassadrice étasunienne à l’ONU Samantha Power a dit très clairement que la « concentration du gaz neurotoxique utilisé en Syrie était plus élevée que celle de l’Irak ». Sa déclaration devrait être reformulée comme suit : « Saddam a peut-être transbordé en Syrie du gaz neurotoxique fourni par les États-Unis, mais le gaz neurotoxique utilisé contre les civils syriens n’était pas le nôtre. »

Il s’agit là du point essentiel du rapport Sellstrom : enlever toute responsabilité à Washington, le principal fournisseur des précurseurs, de la préparation, des technologies de lancement et des systèmes de stockage des gaz neurotoxiques au Moyen-Orient, y compris en Israël, en Égypte, en Libye, en Irak et fort probablement en Syrie (pendant l’ère de bonne volonté de Clinton).

Le rapport de l’ONU sur les armes chimiques utilisées en Syrie manque fondamentalement de crédibilité en raison du bilan trompeur de son inspecteur en chef, Ake Sellstrom, politiquement et financièrement compromis à tous les niveaux. (Yoichi Shimatsu, The Sellstrom Report: The United Nations’ Syria Inspector Shills for NATO and Israel)

A la veille de la publication du rapport de la Mission de l’ONU, un autre rapport soigneusement documenté par Mère Agnès Mariam de la Croix et l’Équipe internationale d’appui à Mussalaha en Syrie (International Support Team for Mussalaha in Syria, ISTEAMS) a été publié et très peu couvert par les médias. (Pour lire le rapport intégral en format PDF, cliquez ici, pdf lourd, téléchargement lent.)

Les conclusions de ce rapport sont sans équivoque : les vidéos que les États-Unis et leurs alliés ont utilisées comme preuve pour accuser le gouvernement syrien son des mises en scène.

L’étude indique :

« Nous avons décidé d’examiner minutieusement ces vidéos dès que certaines familles dont les enfants ont été enlevés nous ont contactés pour nous informer qu’ils y avaient reconnu les enfants parmi ceux présentés comme victimes des attaques chimiques de la Ghouta orientale […]

Notre première préoccupation était le sort des enfants que nous voyons dans les images. Ces anges sont toujours seul entre les mains d’hommes qui semblent être des éléments de groupes armés. Les enfants décédés sont sans leur famille et ne sont pas identifiés, et ce jusqu’à ce qu’ils soient enveloppés dans des linceuls blancs pour l’enterrement. De plus, notre étude souligne sans aucun doute que les petits corps ont été manipulé et disposé de manière théâtrale afin de figurer dans la vidéo.

Si les images étudiées ont été éditées et publiées dans le but de présenter des éléments de preuve pour accuser l’État syrien d’avoir perpétré les attaques chimiques dans la Ghouta orientale, nos découvertes incriminent les éditeurs et les acteurs pour avoir falsifié les faits en tuant et en manipulant des enfants non identifiés . […] (Mother Agnes Mariam de la Croix and the International Support Team for Mussalaha in Syria (ISTEAMS), The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria)

Mahdi Darius Nazemroaya a étudié le rapport. Il écrit :

En faisant de simples observations des images contenues dans les vidéos présentées comme preuve par les États-Unis, l’étude indépendante d’ISTEAMS contredit les affirmations de l’administration Obama et de l’ensemble de la communauté étasunienne du renseignement […]

Le rapport d’ISTEAMS ne nie pas que des armes chimiques ont été utilisées ou que d’innocents Syriens ont été tués. L’étude fait remarquer logiquement par ses observations qu’il existe des preuves empiriques que les images de l’échantillon de vidéos analysées et qualifiées d’authentiques par la communauté étasunienne du renseignement ont été mises en scène.

Cette constatation est importante, car elle réfute les affirmations des représentants des agences de renseignement étasuniennes ayant déclaré que les vidéos qu’ils ont authentifiées prouvent que le gouvernement syrien a perpétré une attaque à l’arme chimique dans la Ghouta orientale. (Mahdi Darius Nazemroaya, Look With Your Own Eyes: The Videos of the Chemical Attacks in Syria Show Tampered Scenes)

Dans les images présentées par le gouvernement étasunien, de nombreux éléments n’ont aucun sens.

 Le même petit garçon en rouge se trouve dans deux endroits différents
Le même petit garçon en rouge se trouve dans deux endroits différents


Au moins neuf de ces enfants apparaissent dans deux séquences différentes, dans deux endroits différents
Au moins neuf de ces enfants apparaissent dans deux séquences différentes, dans deux endroits différents

 

 Un petit garçon qui apparaît dans deux vidéos différentes avec deux scénarios différents
Un petit garçon qui apparaît dans deux vidéos différentes avec deux scénarios différents

Parmi les importantes conclusions du rapport d’ISTEAMS, on note que malgré les affirmations voulant que les attentats aient tué jusqu’à 1400 personnes, se sont essentiellement des enfants qui apparaissent dans les vidéos et plusieurs cadavres sont présentés dans différentes vidéos, lesquelles auraient été tournées dans des lieux divers.

Bien qu’il remette sérieusement en question l’affirmation selon laquelle le gouvernement syrien était derrière les attaques, le rapport n’a pas été couvert par les médias occidentaux, qui se soumettent à l’empire en répétant les allégations de Washington, lesquelles demeurent sans preuves et n’ont aucune crédibilité.

En outre, une controverse a vu le jour concernant les allégations voulant que les rebelles soient responsables des attaques et qu’ils aient utilisé des armes chimiques fournies par les services secrets saoudiens. Dale Gavlak, co-auteure d’un article contenant ces allégations, veut maintenant se dissocier de l’article et fait face à des menaces. Sa carrière est en péril :

L’article de MintPress, publié le 29 août, contenant des entrevues avec les rebelles, des membres des familles des victimes et des villageois de la Ghouta orientale, allègue que des éléments au sein de l’opposition sont responsables de la présumée attaque aux armes chimiques du 21 août, et que ces munitions ont été fournies par le chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan […]

Dale fait l’objet de pressions de plus en plus fortes de la part d’un tiers pour avoir écrit cet article. Le 30 et le 31 août, elle nous a informés, les rédacteurs de MintPress et moi-même, par courriel et par téléphone, que des tiers faisaient d’énormes pressions sur elle relativement à l’article et menaçaient de mettre fin à sa carrière. Elle a ajouté qu’elle croit que ce tiers était lui-même sous la pression du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar lui-même, accusé dans l’article d’avoir fourni des armes chimiques aux rebelles.

Le 30 août, Dale a demandé à MintPress de retirer son nom complètement de l’article, affirmant que sa carrière et sa réputation étaient en danger. Elle a ajouté que ces tierces parties réclamaient qu’elle se dissocie de l’article ou ils mettraient fin à sa carrière. Le 31 août, j’ai informé Dale par courriel que je préciserais qu’elle était l’auteure et chercheure de l’article et que Yahya [Ababneh] était le journaliste sur le terrain, mais que nous n’enlèverions pas son nom puisque cela constituerait une violation de l’éthique journalistique. (Phil Greaves, Syria: Controversy surrounding MintPress Chemical Weapons Ghouta Report)

L’information selon laquelle le renseignement saoudien aurait été impliqué dans les attaques chimiques de la Ghouta a été mentionnée par un fonctionnaire de l’ONU ayant requis l’anonymat :

Un haut fonctionnaire des Nations Unies directement lié aux affaires syriennes a déclaré à Al-Akhbar que le gouvernement syrien n’était pas impliqué dans la prétendue attaque aux armes chimiques de la Ghouta : « Bien sûr que non, il (le président Bachar Al-Assad) commettrait un suicide. »

Lorsqu’on lui a demandé qui selon lui était responsable de l’utilisation de munitions chimiques dans la Ghouta, le responsable de l’ONU, qui n’a pas permis que l’on divulgue son identité, a déclaré : « Le renseignement saoudien était derrière les attaques et malheureusement personne n’osera le dire. » Le représentant officiel affirme que cette information lui a été fournie par des rebelles de la Ghouta […]

Les accusations du représentant officiel de l’ONU reflètent les déclarations faites plus tôt cette année par un autre haut représentant de l’ONU, Carla del Ponte. Dans la foulée des attaques présumées à l’arme chimique à Khan al-Asal, Cheikh Maqsoud et Saraqeb, elle a déclaré à la télévision suisse à qu’il existait « des doutes sérieux et concrets, ne constituant toutefois pas encore des preuves irréfutables », que les rebelles avaient perpétré l’attentat. Mme Del Ponte avait également observé que les inspecteurs de l’ONU n’avaient vu aucune preuve indiquant que l’armée syrienne utilisait des armes chimiques, en ajoutant qu’une enquête plus approfondie était cependant nécessaire. (Sharmine Narwani and Radwan Mortada, Questions Plague UN Syria Report. Who was behind the East Ghouta Chemical Weapons Attack?)

Tout ce qui précède porte à croire cette attaque est l’un des crimes les plus horribles de l’histoire moderne, une mise en scène diabolique qui consistait à tuer de petits enfants, à produire de fausses séquences vidéo et des séances de photos de cadavres, le tout en vue de fabriquer un prétexte pour une intervention militaire en vertu d’un mandat humanitaire.

Les médias de masse ayant occulté ces crimes portent une lourde responsabilité. Le New York Times a calomnié les conclusions de Mère Agnès et son équipe, l’accusant de « défendre le régime » et de « jouer la carte chrétienne ». Le NYT rejette nonchalamment la preuve que les vidéos sont fausses. Lisez le rapport d’ISTEAMS, puis jugez par vous-même.

Les criminels de guerre qui ont conçu et utilisé cette mise en scène diabolique doivent faire face à la justice.

Les procédures du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’encontre du gouvernement syrien doivent être suspendues.

Julie Lévesque

Michel Chossudovsky

Article initialement publié en anglais :

The Ghouta Chemical Attacks: US-Backed False Flag? Killing Syrian Children to Justify a “Humanitarian” Military Intervention, 25 septembre 2013

Traduction par Mondialisation.ca

Nous invitons nos lecteurs à consulter le rapport d’ISTEAMS, ainsi que les articles et vidéos du Centre de recherche sur la mondialisation ci-dessous. Partagez ces articles et le rapport d’ISTEAMS!

En français :

Question au Premier Ministre sur la Syrie : Le gouvernement français a t-il présenté un faux à la représentation nationale ?

L’opposition syrienne soutenue par les États-Unis rejette les chefs politiques et s’aligne sur Al Qaïda

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?

Convention sur l’Interdiction des Armes chimiques : Le président syrien répond aux questions de Fox News

Des vidéos de l’attaque chimique de Damas ?

Les crimes de la rébellion que les gouvernements, les médias et les ONG humanitaires ont ignorés

Le prince Bandar est-il derrière les attaques chimiques en Syrie ?

Armes chimiques, les vérités cachées sur les arsenaux et sur la Convention

Comment les services occidentaux ont fabriqué « l’attaque chimique » de la ghouta

Ce n’est pas le gouvernement Assad qui a utilisé le gaz sarin

Les membres du Congrès qui ont eu accès aux preuves classées secret défense sur la Syrie déclarent qu’elles ne prouvent rien du tout.

Syrie : Sans couverture internationale, les terroristes n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

Les armes chimiques : Pédagogie de l’horreur et humanisme tardif

Syrie : Que s’est-il vraiment passé le 21 Août dans le Ghouta de Damas ?

En anglais :

GRTV VIDEO: How the Syrian Chemical Weapons Videos Were Staged By James CorbettMother Agnes Mariam, and Prof Michel Chossudovsky, September 19, 2013

The Full ISTeam Report The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria, Mother Agnes Mariam and the International Support Team for Mussalaha in Syria (ISTEAMS), Geneva, 15 September 2013  [pdf slow download]

The Chemical Attacks in East Ghouta Used to Justify a Military Intervention in Syria By Mother Agnes Mariam, September 16, 2013

One Nun Puts the US Intel Community to Shame Over “Stage-Managed” Syria Footage By Mahdi Darius Nazemroaya, September 24, 2013

Syria: Fabricating Chemical Lies. Who is Behind the East Ghouta Attacks? By Prof Michel Chossudovsky, September 17, 2013

The Sellstrom Report: The United Nations’ Syria Inspector Shills for NATO and Israel By Yoichi Shimatsu, September 18, 2013

The Syria Chemical Weapons Attack: Human Rights Watch is Manipulating the Facts By Richard Lightbown, September 24, 2013

Saudi Arabia’s “Chemical Bandar” behind the Chemical Attacks in Syria? By Mahdi Darius Nazemroaya, September 06, 2013

Syria: Controversy surrounding MintPress Chemical Weapons Ghouta Report By Phil Greaves, September 22, 2013

Article original: The Ghouta Chemical Attacks: US-Backed False Flag? Killing Syrian Children to Justify a “Humanitarian” Military Intervention

http://www.mondialisation.ca/les-attaques-chimiques-de-la-ghouta-une-operation-sous-fausse-banniere-appuyee-par-les-etats-unis-tuer-des-enfants-syriens-pour-justifier-une-intervention-militaire-humanitaire/5352971

D’où viennent les armes chimiques en Syrie


Alors que Vladimir Poutine a déclaré le matin du 4 septembre que la Russie consentirait finalement à une intervention armée en Syrie avec le soutien de l’ONU et à condition que l’utilisation d’armes chimiques par le président Bachar el-Assad soit clairement établie, la revue en ligne Russkaïa planeta s’interroge, elle, sur la provenance de ces substances toxiques en Syrie. Analyse.

Le Général-gaz
Le Général-gaz

500 à 1000 tonnes d’armes chimiques en Syrie

Il est convenu de faire remonter la violente crise actuelle en Syrie à la date du 21 août 2013, quand les alentours de Damas ont été bombardés à coups de missiles ou projectiles emplis de la substance chimique toxique sarin. Laissons de côté les déclarations contradictoires du gouvernement syrien et des rebelles, qui s’accusent mutuellement de l’emploi d’armes chimiques. Le fait avéré est la mort extrêmement pénible de plusieurs centaines de personnes, qui a résulté de l’emploi du sarin contre la population civile. Mais d’où proviennent les armes chimiques présentes en Syrie ?

La Syrie fait partie des sept États qui n’ont pas signé la Convention de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques, et, jusqu’au dernier moment, les autorités syriennes niaient officiellement la présence d’armes chimiques dans leurs arsenaux. Ce n’est que récemment, le 23 juillet 2012, que les autorités syriennes ont pour la première fois reconnu officiellement la présence dans le pays d’armes chimiques et biologiques.

En 2000, les ressources de la Syrie en armes chimiques s’élevaient de 500 à 1000 tonnes, parmi lesquelles du sarin, du VX et des réserves d’agents létaux-vésicants.

Avant le début de la guerre civile de 2011 en Syrie, ces ressources en armes de destruction massive bénéficiaient d’une protection fiable, qui préservait de leur utilisation non sanctionnée. La situation a profondément changé lors de la guerre civile, quand une partie significative du territoire syrien s’est retrouvée sous le contrôle des rebelles.

La Russie a obtenu en décembre 2012 des autorités syriennes la concentration des ressources d’armes chimiques en trois lieux : sur la base de la 155è brigade de la 4e division, sur la montagne Kalmoun, en banlieue de Damas ; à Doummar – à cinq kilomètres de Damas ; ainsi que sur la base aérienne d’El-Safir, à l’ouest d’Alep.

Les premières informations sur la fabrication et la conservation d’armes de destruction massive en Syrie sont apparues dans les années 1960. Et c’est la France qui, au départ, se tenait derrière le programme de leur fabrication.

Les fournisseurs

La France a signé en 1969 avec la Syrie un accord de collaboration scientifique. À l’époque, avec l’aide des Français, un centre de recherche a été crée en Syrie. Il s’agissait, selon les services secrets occidentaux, d’une agence étatique, responsable de la conception et de la fabrication des armes de destruction massive. Dans le même temps ont été créées en Syrie, avec la collaboration de sociétés occidentales, majoritairement françaises et ouest-allemandes, des sites de productions, sous la forme d’usines pharmaceutiques.

Ensuite, l’URSS et ses alliés du camp socialiste ont rejoint la collaboration avec la Syrie pour la production d’armes chimiques. Comme le notait le Bulletin national spécial du renseignement (SNIE) américain du 15 septembre 1983, « La Syrie a reçu d’URSS et de Tchécoslovaquie des substances chimiques toxiques, de l’aide pour leur transport et un soutien dans la formation de spécialistes des armes chimiques. » Le International Handbook on Chemical Weapons Proliferation pour l’année 1991 souligne que l’URSS, dans les années 1970-80, a fourni la Syrie en ressources de défense et de décontamination chimiques.

Dans les années 1990, maigres pour la Russie, une série de spécialistes de la Fédération se sont mis à vendre leurs connaissances et matériaux pour la production d’armes chimiques à tous ceux qui étaient prêts à offrir de l’argent en échange. Selon les données du Centre de recherches stratégiques et internationales (CSIS), l’entreprise syrienne Sema a reçu de la Russie, en mai 1992, un chargement de 45 tonnes de triméthylphosphite – un des composants indispensables à la fabrication d’armes neuro-paralytiques.

En 1996, l’hebdomadaire Defense News annonçait que, selon une information en provenance d’Israël, des scientifiques de la Fédération de Russie aidaient la Syrie à créer des armes chimiques et bactériologiques ; et le journal Jerusalem Post, citant des sources dans l’espionnage, écrivait que la Syrie possédait du gaz neuro-paralytique VX dans sa version russe.

Avant le début de la guerre civile, dans les villes syriennes de El-Safir, Khama, Homs, Lattaquié et Palmyre, fonctionnaient pas moins de cinq usines de fabrication d’armes chimiques, où étaient produits les gaz toxiques sarin, tabun, ypérite (moutarde) et VХ.

Le « Général-gaz »

Aujourd’hui, le FSB russe et l’espionnage extérieur israélien Mossad ont mis en place une collaboration pour la protection contre les attaques terroristes dans les deux pays. En témoignent les actions concertées de ces services spéciaux pour la prévention des fuites d’armes chimiques et bactériologiques hors des laboratoires secrets de l’ex-URSS, avec lesquels, au cours de ces dernières années, se trouvait invariablement associé le nom du célèbre scientifique russe Kountsevitch, baptisé le « Général-gaz ».

Son nom a surgi la première fois en 1995, lié à des opérations illégales de vente à la Syrie de technologies et matériaux pour la production d’armes chimiques.

Le service de presse du ministère de l’intérieur pour Moscou et sa région diffusait en 1995 une information selon laquelle « un groupe de personnes, au nombre desquelles l’académicien Anatoly Kountsevitch, est à l’origine du transfert dans un pays du Proche Orient de 800 kg d’un composant qui, associé à une technologie précise, aurait pu être utilisé pour la fabrication de ressources toxiques. » Le transport illégal d’encore cinq tonnes d’une substance chimique « à destination double » a été empêché par les forces du contre-espionnage au début de l’année 1994. Selon les informations du FSB, Kountsevitch était également impliqué dans la tentative de transfert de ces substances. En septembre 1995, alors qu’il travaillait comme directeur du Centre d’écotoxicométrie de l’Académie russe des Sciences, il a été accusé de contrebande et frappé d’une interdiction de sortie du territoire.

Comme le notait à l’époque Kommersant, « Les services secrets russes ont indirectement reconnu la possibilité d’une sortie illégale hors de Russie d’armes chimiques de guerre et d’agents hautement actifs à destination double. Par ses possibles conséquences, c’est un événement tout à fait comparable à l’aveu par la Russie de l’existence d’une contrebande de matériaux nucléaires. »

Les informations sur l’implication de Kountsevitch dans le transfert à la Syrie de technologies et composants d’armes chimiques ont été plus d’une fois confirmées au cours des années suivantes. Ainsi la revue Jane’s Intelligence Review mentionnait-elle, en 1998, les craintes d’Israël concernant un possible transfert à la Syrie par un des directeurs du programme russe de conception des AMD, le général Kountsevitch, de technologies de production d’armes chimiques à action neuro-paralytique, à la toxicité très élevée et résistantes aux ressources habituelles de défense.

L’ex-agent du Mossad Michael Ross, dans ses mémoires The Volunteer, raconte comment il a appris, en 1999, que le général Kountsevitch s’apprêtait à vendre à la Syrie une technologie de missiles balistiques équipés d’ogives avec armes chimiques, similaires aux Р-17М (Scud-C) : « Dans les cercles de l’espionnage, on savait qu’il faisait commerce de technologies d’armes chimiques de la période soviétique ».

Selon toute vraisemblance, cette transaction portant sur la vente à la Syrie de technologies de missiles balistiques équipés d’ogives avec armes chimiques s’est déroulée avec succès. Meir Dagan, qui dirigeait alors le Mossad et s’est plus d’une fois rendu à Moscou pour s’entretenir avec ses collègues du FSB, en a fait état en 2004.

En témoigne encore l’explosion, le 26 juillet 2007, d’un entrepôt d’armes à proximité d’Alep, qui avait coûté la vie à 15 Syriens au moins. SI les autorités syriennes avaient déclaré que l’explosion n’était aucunement liée aux armes chimiques, la revue américaine Jane’s Defence Weekly écrivait alors, cependant, que l’explosion résultait d’une tentative, par des soldats syriens et iraniens, d’équiper un missile Р-17 d’une ogive remplie de gaz ypérite.

Tous ces événements, du reste, ont eu lieu sans la participation du général Kountsevitch. Ce dernier est en effet mort d’un infarctus début mai 2002, à bord d’un avion, lors d’une mission en Syrie. Dans certains médias de pays musulmans, des rumeurs ont couru sur une possible implication du Mossad dans la mort de Kountsevitch.

Il y a tout lieu de croire que la Syrie, après 2002, a cessé de produire des ressources toxiques – elle avait assez de ses réserves existantes. Peut-on exclure l’hypothèse d’un transfert des ces armes chimiques dans les mains des islamistes ? – c’est déjà à la communauté internationale d’en décider.

Traduit par

http://www.lecourrierderussie.com/2013/09/04/ou-viennent-armes-chimiques-syrie/?utm_source=LCDR&utm_medium=relatedpost

Sergueï Lavrov : « La résolution adoptée sur la Syrie ne permet pas la moindre ambiguïté »


Après deux ans de désaccords et de débats, le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement adopté, le 27 septembre, une « résolution historique » sur la Syrie. À l’origine de cette initiative : la proposition de la Fédération de Russie pour l’établissement d’un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, dans le but de les détruire. Juste après le vote au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est confié au correspondant de Kommersant : il explique comment les partenaires de la Russie ont tenté de revenir sur les accords passés, et ce qui pourrait menacer le bon déroulement du processus de désarmement en Syrie.

GA pm

Kommersant : Le secrétaire d’État américain John Kerry a qualifié l’accord sur la Syrie de « résolution historique », tandis que le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius déclarait que « le Conseil de sécurité légitimait enfin son existence ». Que pensez-vous de ces jugements ?

Sergueï Lavrov : Nous nous efforçons, quant à nous, de ne pas interpréter les décisions prises : celles-ci parlent d’elles-mêmes. Et toute personne normalement constituée le comprendra en en prenant connaissance. Vous savez, c’est une tradition, en diplomatie : après l’obtention d’un consensus, chacun commente ce qui lui semble nécessaire.

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait nous aussi, en soulignant dans notre intervention que la résolution adoptée ne se référait pas à l’article 7 [de la Charte de l’ONU. L’article 7 est celui qui justifie l’emploi de la force, ndlr]. C’était là que résidait le principal enjeu, et la résolution adoptée ne permet pas la moindre ambiguïté.

Nous avons également souligné que les dirigeants syriens avaient rejoint de leur propre gré la Convention pour l’interdiction des armes chimiques. Et peu importe ce qui les y a poussés. D’aucuns affirment qu’ils l’ont fait sous la menace des frappes, mais cela ne m’intéresse pas – c’est le résultat qui compte. Le gouvernement syrien a demandé à appliquer cette convention plus tôt que ce que le protocole exige : non au bout d’un mois, comme c’est le cas d’habitude, mais immédiatement. Et il a en pratique, avant de devenir formellement membre de la Convention et plus tôt que la date butoir, présenté un rapport sur son arsenal chimique. C’est le président [Vladimir Poutine, ndlr], après sa rencontre avec Barack Obama à Saint-Pétersbourg, qui a tout fait pour rendre possible ces processus : désamorcer, placer sous contrôle international et finalement détruire les armes chimiques encore existantes dans le monde.

Il tenait également du principe, pour nous, que le Conseil de sécurité nomme des responsables pour les procédures de destruction des armes chimiques, notamment pour assurer la sécurité des personnes qui travailleront sur place. Cette responsabilité repose avant tout sur le gouvernement syrien, puisqu’il est le premier garant de la sécurité sur le territoire de son État. Cependant, cela relève aussi de la responsabilité de l’opposition : elle devra prendre part à tous les processus qui se dérouleront sur les territoires qu’elle contrôle.

Autre point important : la résolution précise que les armes chimiques ne doivent en aucun cas passer aux mains d’acteurs non-gouvernementaux, c’est-à-dire précisément de l’opposition syrienne et de ses troupes. Les États voisins de la Syrie ont attiré l’attention générale : toute tentative d’utiliser leurs territoires pour ravitailler l’opposition en armes chimiques serait inadmissible.

Quant à dire que cette résolution contraint tel ou tel à faire ceci ou cela ou qu’elle signe un réveil du Conseil de sécurité : c’est faire plaisir à la conjoncture. Ceux qui énoncent ce genre d’interprétations partent probablement du fait que leur opinion publique souhaite entendre telle ou telle appréciation de la situation. Ou encore qu’une partie de l’opinion doit être persuadée que les représentants du pouvoir exécutif ont fait ce qu’il fallait.

Je considère tout cela avec philosophie. L’important – et je ne me lasserai pas de le répéter – est que la résolution adoptée correspond totalement aux accords qui ont été négociés avec John Kerry à Genève [du 12 au 14 septembre, ndlr]. Ces accords stipulaient que c’est l’Organisation pour la destruction des armes chimiques (OIAC) qui serait la structure dirigeante pour la mise en œuvre des missions de transfert de contrôle, d’inventaire et de détermination des moyens de destruction des arsenaux chimiques syriens. Cette structure a pris sa décision – une décision strictement professionnelle [sur la Syrie, ndlr] – quelques heures seulement avant le vote au conseil de sécurité de l’ONU.

Kommersant : Mais comment se fait-il qu’après trois jours de négociations-marathon à Genève, où vous sembliez vous être entendus sur à peu près tout avec M. Kerry, il vous ait encore fallu deux semaines pour régler ces mêmes points ?

Sergueï Lavrov : On touche ici à deux aspects. Premièrement, ce que nous avons réglé à Genève ne constituait pas un document juridique aux termes contrôlés, ces termes habituellement employés dans les décisions officielles des organisations internationales. La langue de Genève, même si elle s’approchait au maximum de cette formulation, nécessitait d’être détaillée.

Deuxièmement, nos partenaires américains ont tenté – et ce serait un péché que de le cacher – de tout de même revenir sur l’accord et au fameux article 7. Les négociations ont ainsi pris un peu plus de temps. Au final, je suis content que nous soyons restés fidèles à l’accord genevois, dont la signification est cruciale.

Kommersant : Pourtant, la résolution évoque tout de même les conséquences d’éventuelles infractions.

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons écrit que toute infraction, commise par n’importe laquelle des parties – gouvernement ou groupes d’opposition – devrait, après une enquête soigneuse, être rapportée au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela concerne aussi, que Dieu nous en préserve, l’emploi d’armes chimiques, quelles qu’elles soient. Si nous sommes tout à fait certains qu’une des parties a commis une infraction ou fait usage d’armes chimiques, nous serons alors prêts à prendre une décision en vertu de l’article 7. C’est inscrit dans nos obligations. Mais nous n’achèterons rien les yeux fermés : comme quand on a tenté, lors de l’épisode du 21 août [les bombardements sur Damas, ndlr], de nous faire admettre qu’il était parfaitement clair pour tous que l’affaire était signée de la main du gouvernement.

Kommersant : Les États-Unis assurent pourtant détenir « des milliers de preuves ».

Sergueï Lavrov : On ne nous en a présenté aucune. Alors que nous avons présenté, nous, à l’inverse, des preuves (obtenues par nos canaux, notamment provenant des Syriens et de sources indépendantes) qui conduisent à la conclusion que l’affaire est bien signée de l’opposition. Et nous soupçonnons sérieusement que ce genre de tentatives seront encore à l’œuvre.

Kommersant : Des tentatives de provocation ?

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons souligné, en réunion des cinq membres permanents de Conseil de sécurité avec le secrétaire général de l’ONU ainsi qu’en séance du Conseil de sécurité lui-même, que les États qui sponsorisent l’opposition sur les plans politique, financier et militaire (en lui fournissant des armes) portent la responsabilité de cette opposition. Ce sont eux qui répondent du fait qu’elle ne tente pas de mettre la main sur de quelconques réserves d’armes chimiques, ne cherche pas à s’en procurer à l’extérieur ni ne s’efforce d’organiser une provocation à l’intérieur de la Syrie afin d’en rejeter la faute sur le gouvernement, ce qui provoquerait la colère universelle et, par là-même, des frappes sur la Syrie. Il me semble que nous sommes sur la voie juste.

Kommersant : Quelles sont les actions à entreprendre pour passer directement à la destruction des armes chimiques ? On a déjà entendu dire que les premiers inspecteurs de l’OIAC se rendraient en Syrie dès le 1er octobre. 

Sergueï Lavrov : Effectivement. Un premier groupe de 10-12 inspecteurs se rendra en Syrie en qualité de quartiermeister. Ils devront déterminer où se baser et comment travailler. Sur place, ils établiront le contact avec le gouvernement syrien, qui a déjà désigné la personne responsable qui sera chargée de les aider. Les inspecteurs sont en possession de la liste de sites [du programme militaire chimique, ndlr] présentée par le gouvernement syrien. La liste a été reconnue satisfaisante, mais les inspecteurs pourront voir surgir des questions supplémentaires. Les Syriens y répondront.

Ensuite, les inspecteurs décideront du personnel supplémentaire qui sera chargé de pénétrer sur les sites. Il est extrêmement important d’assurer la sécurité de ce groupe. Ce sont avant tout les forces de l’ordre syrienne qui s’en occuperont. Mais la résolution exige aussi des choses de l’opposition : il faut, sur les territoires attenants aux districts qu’elle contrôle, qu’elle ne crée pas de menace pour la sécurité et la vie des inspecteurs.

Kommersant : Quand saura-t-on où et comment les armes chimiques seront détruites ?

Sergueï Lavrov : Ce sera aux professionnels d’en décider. Il faut qu’ils voient les choses de leurs propres yeux et déterminent quelles substances toxiques peuvent être anéanties sur place, et ce qu’il faut pour le faire. Il est possible que les Syriens détiennent la puissance nécessaire, bien que j’en doute. Il existe la possibilité – et on y fera certainement appel – d’utiliser des dispositifs mobiles pour détruire certaines substances toxiques précises. Les États-Unis, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays, possèdent ce genre de dispositifs.

En outre, l’accord genevois et la résolution du Conseil de sécurité mentionnent la possibilité de transférer une partie des substances toxiques afin de les détruire à l’étranger. Il était très important de fixer ce point dans la résolution, étant donné que la Convention pour la destruction des armes chimiques n’envisage pas cette possibilité. Selon la Convention, en effet, les armes doivent être détruites sur le territoire des pays qui les ont produites et qui les possèdent. Mais désormais, nous avons tous les choix. Les inspecteurs professionnels se rendront compte sur place de la façon dont il faudra combiner ces possibilités.

Kommersant : Un certain nombre de pays ont déjà annoncé qu’ils étaient prêts à soutenir financièrement l’opération de destruction des armes chimiques syriennes.

Sergueï Lavrov : Oui, il faudra évidemment de l’argent.

Kommersant : La Russie est-elle prête, elle aussi, à y allouer une certaine somme ?

Sergueï Lavrov : La décision du conseil exécutif de l’OIAC confie au directeur général de la structure la mission d’élaborer la partie financière de toute l’opération. C’est une charge nouvelle qui pèse sur l’OIAC, et il faudra, évidemment, de l’argent. Cet argent n’a pas été prévu au budget, les événements se sont enchaînés avec une extrême rapidité. La décision du conseil exécutif contient également un appel aux États, pour des dons volontaires. Je pense que la Fédération de Russie participera financièrement, dans tous les cas, à tout cela. Mais le plus important, c’est que nous participerons aussi, avec notre personnel, à l’activité d’inspection et à toute autre forme de présence internationale qui pourra être proposée par le secrétaire général de l’ONU.

Traduit par

Al-Assad à Rai News 24 : On fera que la Syrie soit beaucoup mieux qu’avant


bashar-al-assad

Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé à la chaîne italienne /Rai News 24/ que l’objectif essentiel de l’Etat syrien est de se défaire des terroristes et de leur idéologie, précisant qu’e la Syrie sera beaucoup mieux qu’avant la crise.

Le président al-Assad a indiqué que la plupart des pays européens n’ont pas la capacité de jouer un rôle dans le règlement de la crise en Syrie vu qu’ils ne possèdent pas les facteurs qui leur assurent le succès dans ce rôle.

Le président al-Assad a affirmé que la Syrie s’engage à la résolution du Conseil de Sécurité sur les armes chimiques sans aucune réserve, précisant que le rôle de la Syrie se limite à présenter des données et de faciliter les procédures de la destruction des armes chimiques.

Le président al-Assad a indiqué que la solution politique est une partie très importante de la crise mais avec l’existence du terrorisme cette solution ne pourrait pas régler tous les problèmes. « En dépit de cela, il faut poursuivre l’action politique », a-t-il insisté.

Le président al-Assad a affirmé que le dialogue politique est très important pour discuter de l’avenir de la Syrie et du régime politique, appelant à arrêter la violence, le trafic des armes, l’infiltration des terroristes et le soutien financier y apporté pour assurer le succès de la solution politique.

Le président al-Assad a estimé que les personnes armées ne sont pas une opposition mais des terroristes, étant donné que l’opposition est une entité politique, un programme politique… une vision politique… C’est l’opposition. « Les armes, la destruction et l’assassinat ne sont pas opposition mais un terrorisme, comme le définissaient tous les pays du monde », a-t-il ajouté. « On mènera des discussions avec tout parti au sein de l’opposition, mais en ce qui concerne les groupes armés, aussitôt qu’ils jetteraient leurs armes, on serait prêt à discuter toute question avec eux à l’instar des autres citoyens », a-t-il indiqué, précisant qu’on ne pas négocier, par exemples, des organisations affiliées à Al-Qaëda, des terroristes ou bien des personnes qui réclament l’intervention étrangère ou militaire en Syrie.

A une question s’il planifie pour assister personnellement à la conférence de Genève, le président al-Assad a répondu qu’on doit être prêt en tant que gouvernement mais on ne peut pas déterminer qui va présider la délégation syrienne, vu que la conférence n’est pas claire jusqu’ici ainsi que les critères qui la régissent.

A une question s’il accepte l’idée de l’existence des forces de désengagement internationales pour la réalisation de la stabilité en Syrie, le président al-Assad a indiqué : « On parle en Syrie de gangs qui existent partout en Syrie et à l’intérieur de toute ville alors, si on a accepté cette idée, qui est inacceptable pour nous, où ces forces seront placées, les gangs se trouvent partout et ils se composent de terroristes qu’on doit combattre et non pas les isoler.

Le président al-Assad a, en outre, fait noter que la plupart des pays européens ont adopté la ligne américaine suivie dans le traitement avec les différents pays, depuis l’accession au pouvoir de Geroge Bush il y plus de dix ans.

Il a souligné que la Syrie accueille favorablement tout rôle des pays qui désirent aider les Syriens, mais les pays européens ne possèdent pas les facteurs qui les rendent capables d’assurer le succès de ce rôle ou d’être compétents et efficaces dans ce rôle.

A une question sur le contact téléphonique entre le président américain Barak Obama et son homologue iranien Hassan Rohani et si le changement de l’équilibre dans la région aura ses effets sur ce qui se déroule en Syrie, le président al-Assad a indiqué que l’Iran est un allié de la Syrie. « Nous avons confiance en les Iraniens qui, comme tout autre pays dans le monde, n’ont pas confiance en les Américains. Je crois qu’un certain nombre d’alliés de l’Amérique n’ont pas confiance en les administrations américaines… Mais si les Américains sont sincères dans ce rapprochement, je crois que les résultats seront positifs en ce qui concerne les différentes questions et non seulement la crise syrienne, ce qui aura ses retombées sur tous les problèmes dans la région », a-t-il indiqué.

Le président al-Assad a nié l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques, précisant avoir des preuves sur l’usage par les gangs de ces armes. « Pourquoi l’armée utilise de telles armes alors qu’elle réalise une progression sur terre tandis qu’elle ne les avait pas utilisées tout le long de deux ans et demi où l’armée avait fait face à des conditions très difficiles dans différentes régions en Syrie », s’est-il interrogé.

Questionné sur la possibilité de l’utilisation de l’arme chimique sans l’autorisation des autorités syriennes, le président al-Assad a qualifié d’ « incroyable » une telle action, soulignant que l’usage de l’arme chimique est une opération très compliquée et il y a des mesures très strictes de point de vue technique.

Au sujet de l’usage de l’atrocité contre toute forme de l’opposition au début de la crise en Syrie, le président al-Assad a souligné que le gouvernement a traité la situation conformément à la constitution « C’est de notre devoir de lutter contre les terroristes. Dès la première semaine de la crise, il y avait des victimes parmi l’armée et la police ».

Et le président de poursuivre : « si l’on parlé des erreurs commises sur le terrain, cela se produit partout dans le monde. En Grande Bretagne, la police a tiré le feu, il y quelques années, et tué un jeune brésilien par erreur ».

20130929-185722

Il a tenu à souligner que le jugement sur les erreurs commises se fera après la fin de la crise où les personnes pourront nous critiquer sur une base objective et méthodologique et non pas arbitraire.

Questionné sur la possibilité de quitter le pouvoir contre le rétablissement de la stabilité en Syrie, le président al-Assad a dit: « Si le fait de quitter le poste rendra la situation meilleure, ma réponse sera tout simplement et sans hésitation, je le fait, mais la situation sera-t-elle meilleure?.

El le président de poursuivre: « En ce qui concerne le poste du président, les urnes sont le seul moyen qui reflète l’opinion du peuple syrien à l’égard de la personne qui le désire. Pour moi, je respecte le désire du peuple syrien ».

Passant à la réforme en Syrie, Il a fait noter que la Syrie avait connu un progrès, rapide ou lent, dans ce sens depuis l’année 2000, ajoutant qu’il y avait des obstacles extérieurs qui avaient entravé cette réforme tels que l’Intifada en Palestine qui avait affecté tous les pays arabes, l’échec du processus de paix et les événements du 11 septembre. « Damas avait payé le prix des événements du 11 septembre », a-t-il estimé.

Il a rappelé à cet effet qu’il y avait une période de réconciliation artificielle ou un rapprochement entre la Syrie et l’Occident entre les années 2008 et 2011. « J’ai dit artificielle, car cette période était sous la supervision des Américains. Les Occidentaux n’étaient pas autonomes », a-t-il clarifié.

Le président al-Assad a affirmé que pour réaliser une réforme radicale, l’on a besoin d’un climat adéquat aux niveaux économique, politique et idéologique.

Il a, à ce propos, indiqué que la Syrie a besoin de réformes sans lesquelles rien ne pourrait se réaliser. »la réforme est l’axe essentiel pour faire une Syrie mieux. Cela ne signifie que je serai l’espoir des pays étrangers ou Occidentaux, mais l’espoir de tous les Syriens », a-t-il conclu.

L.W. R.B.

http://www.palestine-solidarite.org/interview.Bachar_al-Assad.290913.htm

Question au Premier Ministre sur la Syrie : Le gouvernement a t-il présenté un faux à la représentation nationale ?


Tribune libre Byblos

Le comité Valmy recherche un député susceptible de briser l’omerta en posant cette question au 1er Ministre. Quand le gouvernement viole la loi en tentant d’obtenir un consensus du Parlement au moyen d’un faux document dans le seul but d’entraîner la France dans un conflit au bénéfice des auteurs du crime qu’on prétend combattre, les députés sont face à une responsabilité historique : doivent-ils se coucher et accepter honteusement cette manipulation, ou, au contraire, demander des comptes, laver l’honneur de la République, et mettre sous la tutelle des élus de la Nation ce gouvernement qui a fait la démonstration de son irresponsabilité ?

jean_marc_ayrault2septembre-2013Monsieur le Premier Ministre,

Le 2 septembre dernier, avant le débat à l’Assemblée nationale visant à obtenir un consensus sur une intervention militaire en Syrie, vous rendiez public un document déclassifié des services DRM et DGSE, document censé établir la preuve que l’armée régulière syrienne serait l’utilisatrice des armes chimiques contre le peuple syrien, le 21 août 2013.

Les lecteurs de ce document ne pouvaient qu’être frappés par l’absence de fait précis et la médiocrité de son contenu : après une présentation scolaire laborieuse de l’histoire de l’armement syrien, l’auteur pense pouvoir deviner l’identité des criminels de la seule nature des armes… Comme si toutes les utilisateurs de six coups étaient américains et russes les utilisateurs de Kalachnikov !

De l’affirmation non étayée que seule l’armée régulière serait en capacité technique de manipuler de telles armes, la représentation nationale devait conclure comme un seul homme à la responsabilité du gouvernement syrien. Pourtant, seuls les « rebelles » avaient intérêt à fournir le prétexte requis par le président Obama pour intervenir militairement. Par ailleurs, ce document occultait la présence d’éléments non syriens parmi les « rebelles », dont certains étaient armés, formés et épaulés par de nombreux services étrangers capables de leur fournir la capacité d’utiliser des armes chimiques, ce qui ruinait le raisonnement précité.

Depuis le renoncement des États-Unis à l’attaque contre la Syrie, aucun service occidental et anti-syrien n’a été capable d’apporter la moindre preuve tangible de la responsabilité du gouvernement syrien dans les drames du 21 août. A l’inverse, nombre de documents, de témoignages et de faits incontestables tendent à établir la culpabilité d’éléments de la rébellion.

Sans un salvateur vote à la Chambre des Communes britannique, suivi d’un accord russo-américain, la France aurait été entraînée dans une agression militaire aux risques incalculables, très certainement pour soutenir les utilisateurs des armes chimiques, sur la seule foi de ce document.

Nous découvrons maintenant que ce document [1] présenté comme émanant des services secrets français porte la signature électronique de M. Sacha MANDEL [2] (« smandel »)et semble bien, en réalité, avoir été concocté par ce conseiller en Communication du Ministre de la Défense.

L ’introduction précise que « Ce document est constitué de renseignements déclassifiés issus des sources propres françaises. Il repose également sur l’analyse technique approfondie des sources ouvertes réalisée par nos services. » Force est de constater qu’aucun avis de Commission Consultative du secret de la défense nationale n’a été publié au Journal Officiel, seule preuve de déclassification légale de renseignements. [3] La Commission n’a donc pas été saisie, la procédure [4] n’a donc pas été respectée.

( « le ministre ne peut déclassifier sans avoir préalablement demandé cet avis, même s’il est favorable à la demande. » [5]) L’introduction du document étant mensongère, la question se pose : ces « renseignements déclassifiés » n’existent t-il que dans l’imagination d’un communicant du ministère de la Défense ?

De quel droit le gouvernement prétent-il présenter aux parlementaires des renseignements déclassifiés sans qu’aucune procédure de dé-classification n’ait existé ? Quelle est la véritable origine de ces pseudo « renseignements déclassifiés » sur la base desquels il fallait déclencher de toute urgence un conflit au conséquences planétaires ?

Pouvez-vous, monsieur le Premier Ministre, désigner le véritable auteur de ce document ?

S’agit-il de M. Sacha MANDEL, responsable en communication de M. le Drian ou des services de renseignement, dont la DGSE qui a vu la prise de fonction d’un nouveau directeur [6] la veille de la parution de ce document ?

S’il s’agit de M. Mandel, les services précités ont-ils accepté d’en porter malgré tout la responsabilité ?

S’il s’agit des services officiels, pourquoi M. Mandel n’a t-il pas démenti ? Et dans ce cas, des sanctions ont-elles été prises ? Les services ont-ils été appelé à fournir des renseignements de meilleure qualité, au minimum pour que la France ne se trouve pas entraînée dans un conflit en se trompant d’adversaire, sur la base de renseignements erronés ?

Enfin, en prétendant que ce document essentiel émanait des services DRM et DGSE, qu’il contenait des « renseignements déclassifiés », le gouvernement a t-il présenté un faux à la représentation nationale ?

Notes

[1] –Document sur le site du Premier Ministre

[2] –Organisation du cabinet du ministre de la Défense

[3] –CODE DE LA DÉFENSE : Commission consultative du secret de la défense nationale

[4] –Rapport de la CCSDN, procédure page 73

[5] –« Secret Défense » sur le site du Secrétariat Général pour l’Administration

[6] –Décret du 22 août 2013 portant nomination d’un directeur à la direction générale de la sécurité extérieure – M. BIGOT (Christophe)

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3940

Mère Agnès : Les enfants de l’attaque chimique ont été anesthésiés !


mother-agnes-mariam-de-la-croixLa mère Agnès-Marie de la Croix a assuré que les enfants qui ont été filmés dans le massacre aux armes chimiques dans la région de Ghouta en Syrie sont toujours vivants mais qu’ils ont été anesthésiés.

« Les habitants de la province de Lattaquié m’ont informée avoir vu leurs enfants dans les vidéos sur la Ghouta, filmées par les miliciens armés », a-t-elle dit dans une interview avec la chaine de télévision al-Mayadeen.

Accompagnant l’équipe des inspecteurs des Nations Unies dans leur deuxième visite à Damas, Mère Agnès explique que « le premier motif de son action était au début humanitaire, et la veille de l’attaque chimique dans la Ghouta nous étions à Damas. Nous avons vu de nos propres yeux ce qui a eu lieu à Maadamiya.

 morts_gaz

Donc, s’il y avait eu des morts, des victimes et des blessés, on aurait remarqué ceci immédiatement. Mais cette nuit, aucun mouvement inhabituel n’a été enregistré. Les gens ici sont tous des voisins et se connaissent. Les habitants de la Ghouta qui se sont déplacés vers Damas n’ont pas été paniqués par un événement de cette ampleur, surtout que les informations de presse ont fait état de 1400 morts et de 10000 blessés dans une petite zone. Nous n’avons pas entendu non plus les ambulances. Tout était calme cette nuit ».

« Telles étaient mes premières remarques, et lors de mon voyage en Malaisie, j’ai été en contact permanent avec les habitants de Lattaquié. Le 4 aout, les groupes armés ont ravagé 11 villages dans la province de Lattaquié.

Les médias occidentaux ont parlé d’une avancée de l’opposition syrienne, alors qu’un véritable carnage avait eu lieu. Nous avions dressé des listes comprenant les martyrs de la province de Lattaquié et les disparus. Les groupes armés avaient kidnappé 115 personnes dont 65 enfants de moins de 15 ans. Au cours de mon voyage, j’ai appris que des parents de la province de Lattaquié ont reconnu des enfants enlevés de la même région qui sont apparus dans les images diffusées sur les victimes des armes chimiques présumées dans la Ghouta.

Les Américains ont choisi 13 films parmi les vidéos présentées par les groupes armés et les ont qualifiés de surs.

Et Mère Agnès d’ajouter : « J’étais en contact avec des journalistes allemands, je leur avais dit que je suis incapable de déterminer la date et le lieu de chaque film. Ils m’ont envoyée une liste de 43 films dont les premières vidéos. Ma surprise était grande à la vue des mêmes enfants repris dans au moins quatre ou cinq vidéos. Je me suis dit que ce qui se passe est anormal.

 enfants_tues

Quand je me suis approfondie dans l’étude de toutes les vidéos sur des attaques chimiques présumées, je me demandais à chaque fois : d’où cherchent-ils tous ces enfants ? Où sont leurs parents ? Est-ce possible qu’une mère abandonne ses enfants ? Il est normal qu’un ou deux enfants disparaissent, mais perdre ce grand nombre d’enfants ceci suscite des interrogations ».

« Toutefois, j’ai une bonne nouvelle : les enfants étaient anesthésiés, la preuve en est que tous les enfants étaient calmes à l’exception d’un enfant qui pleurait. On aurait administré à ces enfants plusieurs types d’anesthésiants pour donner l’impression qu’ils sont morts. Quant aux jeunes tués, je pense qu’ils sont des éléments des groupes armés qui ont joué le rôle de comparse ».

« S’ils étaient morts, on aurait vu ce nombre élevé de victimes enterrés dans les tranchées énormes creusées pour contenir entre 300 à 400 dépouilles. Mais seules 8 corps y ont été enterrés. Nous n’avons pas vu ceux qui enterrent. S’il y avait vraiment 1500 corps, où seraient-ils alors ? ».

Mère Agnès révèle à la chaine al-Mayadeen qu’une équipe internationale baptisée « l’équipe du 21 aout », et regroupant des experts allemands, français, italiens, canadiens et américains a été formée pour dresser une liste chronologique des événements entre 1h55 et 4h00 du matin. Ce timing suscite plusieurs interrogations. Il est impossible que toutes les dépouilles aient été transportées aux morgues le même jour, surtout qu’on parlait de milliers de victimes.

Nous sommes de plus en plus convaincus que ces vidéos n’ont pas été filmées le 21 aout. Elles ont été postées sur internet en ce jour et ceci nécessite plus de preuves ».

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3937

Comble de l’ironie !


Tribune libre Béatrice Doinette

199199985Les pays «arabes» ont osé élever leurs têtes pour oser proposer à l’Agence internationale de l’Energie atomique. Bien entendu, il ne faut pas trop rêver ; cette proposition a été rejetée par l’Agence en question.

Le texte a été rejeté par 51 votes contre, 43 pour, et 32 abstentions. Israël, considérée comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, n’a jamais admis détenir l’arme atomique et n’est pas signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Le régime sioniste est «membre» de l’AIEA, mais ses installations ne sont pas soumises aux inspections de l’Agence, à l’exception d’un petit site de recherche.

La résolution discutée au cours de cette réunion annuelle de l’agence onusienne exprime «des inquiétudes concernant les capacités nucléaires israéliennes et appelle Israël à adhérer au TNP (…)».Notons bien l’euphémisme quand il s’agit d’Israël. Même les mots sont choisis pour ne pas irriter les éternelles victimes de la «shoah». Rappelons également, qu’en 2009, la même résolution avait été adoptée, puis rejetée en 2010 après d’intenses efforts diplomatiques de la part des pays occidentaux. Sympathie oblige !

Et pourtant, se basant sur de simples présomptions, ces mêmes pays occidentaux n’ont cessé de harceler l’Iran, soupçonné de vouloir développer l’arme nucléaire sous couvert de son programme civil, notamment via ses activités d’enrichissement d’uranium qui ont fortement augmenté ces dix dernières années.

Pour les pays arabes, il semble «que le seul problème devant être discuté est Israël, et non pas les grandes quantités d’armes chimiques détenues par la Syrie ou le défi que pose la volonté de l’Iran de se doter d’armes nucléaires», a déclaré Daniel Danieli, premier conseiller de l’ambassade d’Israël à Vienne. Voilà une belle diversion pour mieux noyer le poisson. Ainsi, si l’AIEA s’oppose à toute résolution visant le régime sioniste, en revanche, l’Organisation d’Interdiction d’armes chimiques (OIAC) va demander l’aide de 7 Israéliens pour les enrôler dans le cadre de l’équipe chargée de démanteler l’armement chimique syrien.

C’est le site syrien Syria Truth qui a révélé cette information, à la base d’une source proche du Secrétariat Technique de l’OIAC. «En fonction de l’accord russo-américain, lié à cette affaire, et au mode d’action de l’organisation, celle-ci peut demander l’aide d’experts israéliens, quoique Israël n’est pas membre dans l’organisation, à condition de détenir d’autres nationalités qu’il est permis d’admettre sur le sol syrien», a signalé cette source. Autrement dit, en faisant participer ces «experts» israéliens à cette mission, certains observateurs s’attendent à ce que le cours des inspections soit entaché de scandales, pire que ce qui s’était passé en Irak, où les agents des services de renseignements américains et israéliens récoltaient des informations pour le compte de leurs pays et non des Nations Unies. Comble de l’ironie !

Chérif Abdedaïm

http://cherif.dailybarid.com/?p=2592

Les missiles de gaz « n’ont pas été vendus à la Syrie » – Robert Fisk


Inspecteurs des Nations Unies dans les faubourgs de Damas
Inspecteurs des Nations Unies dans les faubourgs de Damas

Alors que le régime de Bahar al-Assad à Damas a nié toute responsabilité dans les tirs d’obus de gaz sarin qui ont tué près de 1400 Syriens dans la banlieue de Ghouta le 21 août, l’information circule maintenant dans Damas, que la nouvelle « preuve » de la Russie à propos de l’attaque, comprend les dates d’exportation des obus utilisés et – plus important encore – la liste des pays auxquels ils ont été vendues.

Ces obus ont apparemment été fabriqués en Union soviétique en 1967 et vendus par Moscou à trois pays arabes : le Yémen , l’Égypte et la Libye du colonel Mouammar Kadhafi. Ces informations ne peuvent être encore vérifiées par des documents, et Vladimir Poutine n’a pas révélé les raisons pour lesquelles il avait déclaré à Barack Obama qu’il savait que l’armée d’Assad n’avait pas tiré les roquettes de gaz sarin. Mais si l’information est exacte – et l’on croit qu’elle vient directement de Moscou – la Russie n’a jamais vendu ce lot particulier de munitions chimiques en Syrie.

Depuis la chute de Kadhafi en 2011, de grandes quantités d’armes de fabrication soviétique abandonnées sont tombées dans les mains de groupes rebelles et d’insurgés affiliés à Al-Qaïda. Beaucoup de ces armes ont été retrouvées au Mali, certaines en Algérie et une grande quantité dans le Sinaï. Les Syriens ont depuis longtemps affirmé qu’une quantité importante d’armes de fabrication soviétique avait fait son chemin à partir de la Libye jusqu’aux rebelles dans la guerre civile syrienne, avec l’aide du Qatar – qui avait soutenu les rebelles libyens contre Kadhafi et qui finance aujourd’hui les livraisons d’armes aux insurgés syriens.

Il ne fait aucun doute que la Syrie dispose d’un arsenal d’armes chimiques considérable. Ni que les stocks syriens contiennent de grandes quantités de gaz sarin dans des roquettes de 122mm. Mais si les Russes ont en effet été en mesure d’identifier les types d’obus précis à partir des fragments trouvés dans Ghouta – et si ceux-ci appartiennent à des munitions qui n’ont jamais exportées vers la Syrie – le régime d’Assad va pouvoir se vanter que son innocence a été prouvée.

Dans un pays – en fait un monde – où la propagande est plus influente que la vérité, découvrir l’origine des produits chimiques qui ont asphyxié tant de Syriens il y a un mois est une enquête journalistique périlleuse. Les reporters qui envoient des dépêches depuis les zones tenues par les rebelles sont accusés par le régime d’Assad de pactiser avec les terroristes. quant aux journalistes qui sont du côté des lignes de front du gouvernement la Syrie, ils sont régulièrement accusés de relayer la propagande du régime. Et même si le régime d’Assad n’était pas responsable de l’attaque du 21 août, ses forces ont commis des crimes de guerre en abondance au cours des deux dernières années. La torture, les massacres, les bombardements de cibles civiles ont depuis longtemps été établis.

Néanmoins, il faut dire aussi que de sérieux doutes sont exprimés par les organisations internationales, les Nations Unies et d’autres à Damas sur le fait que les obus de gaz sarin ont été tirés par l’armée d’Assad. Bien que ces employés internationaux ne peuvent donner leur identité, certains d’entre eux étaient à Damas le 21 août et ont posé une série de questions auxquelles on n’a pas encore fourni de réponse. Pourquoi, par exemple, la Syrie attendrait-elle que les inspecteurs de l’ONU soient confortablement installés à Damas le 18 août avant d’utiliser le gaz sarin à peine deux jours plus tard – et seulement à 7 kilomètres de l’hôtel où les inspecteurs venaient de descendre ? Ayant ainsi présenté à l’ONU des preuves de l’utilisation de gaz sarin – les inspecteurs étant rapidement sur place – le régime d’Assad, s’il était coupable, se serait certainement rendu compte qu’une attaque militaire serait organisée par les nations occidentales.

Toujours est-il que la Syrie est maintenant en train de perdre la totalité de ses défenses chimiques si stratégiques contre l’arme nucléaire israélienne – et cela uniquement parce que le régime voulait tirer sept roquettes vieilles de près un demi-siècle sur une banlieue rebelle (s’il faut en croire les pouvoirs occidentaux) où seulement 300 des 1400 victimes (s’il faut en croire les rebelles) étaient des combattants. Comme une ONG occidentale le disait hier : « si Assad voulait vraiment utiliser le gaz sarin, pourquoi, pour l’amour de Dieu, a-t-il attendu pendant deux ans, et en plus quand l’ONU était sur le terrain pour enquêter ? »

Les Russes, bien sûr, ont apporté des démentis similaires de la responsabilité d’Assad pour les précédentes attaques au gaz sarin. Quand au moins 26 Syriens sont morts d’empoisonnement au gaz innervant à Khan al-Assal, le 19 mars – une des raisons pour lesquelles les inspecteurs de l’ONU ont été dépêchés en Syrie le mois dernier – Moscou avait également accusé les rebelles d’en porter la responsabilité. Les Russes ont ensuite présenté à l’ONU un rapport de 100 pages contenant leurs « preuves ». Toutefois, comme le témoignage de M. Poutine sur les attaques du 21 août, il n’a pas été rendu public.

Un témoin qui se trouvait avec les troupes de la 4e division de l’armée syrienne le 21 août – un ancien officier des forces spéciales considéré comme une source fiable – a déclaré n’avoir vu aucune trace que des missiles portant du gaz aient été tirés, alors qu’il était même dans l’une des banlieues, Moadamiya, qui était une cible pour le gaz sarin. Il se souvient des soldats exprimant des inquiétudes quand ils ont vu les premières images sur YouTube de civils en état de suffocation – pas par sympathie, mais parce qu’ils craignaient d’avoir à se battre au milieu de nuages ​​empoisonnés.

« Il faudrait peut- être aller au-delà des théories du complot et dire que le gouvernement n’était pas impliqué, » a déclaré un journaliste syrien la semaine dernière. « Mais nous sommes sûrs que les rebelles ont obtenu du gaz sarin. Ils auraient eu cependant besoin des étrangers pour leur apprendre à tirer. Ou alors il y a une ’troisième force’ que nous ne connaissons pas ? Si l’Occident avait besoin d’un prétexte pour attaquer la Syrie, ils l’ont trouvé au bon moment, au bon endroit , et devant les inspecteurs des Nations Unies. »

* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

http://www.independent.co.uk/voices…
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar

Poutine ouvre le débat sur l’arme nucléaire israélienne


В.Путин на заседании дискуссионного клуба "Валдай"Le président russe, Vladimir Poutine, a fait un pas en avant pour défendre la position de son pays par rapport à la crise syrienne, et a introduit dans le débat, hier, une nouvelle dimension, celle du nucléaire israélien. S’exprimant lors d’une rencontre avec des experts russes et internationaux à Valdaï (nord-ouest de la Russie), le chef du Kremlin a souhaité «rappeler» que l’arsenal chimique de la Syrie était apparu comme une «alternative» à l’arme nucléaire israélienne, ajoutant qu’Israël n’avait «pas besoin» de cette arme.

«Je ne peux pas assurer à 100% que nous réussirons à mener à son terme le plan de démantèlement des armes chimiques syriennes, mais tout ce que nous avons vu ces derniers jours inspire confiance sur le fait que c’est possible et que ce sera le cas», a déclaré M. Poutine. «La Syrie s’est dite prête à adhérer, et se considère déjà comme adhérente de la convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques», a-t-il souligné, en saluant ces «pas concrets» de Damas.

M. Poutine a par ailleurs qualifié de «provocation habile» l’attaque chimique commise le 21 août près de la capitale syrienne. «Nous avons toutes les raisons de croire que c’est une provocation habile», a déclaré M. Poutine, en affirmant notamment que de vieux obus de fabrication soviétique, qui ne sont plus utilisés par l’armée syrienne, figuraient dans ce dossier.

« Nous n’avons en Syrie aucun intérêt particulier pour lequel nous essayons d’y maintenir le gouvernement en place », a souligné le chef de l’Etat russe, ajoutant qu’en s’ingérant dans la situation autour de la Syrie, la Russie s’appliquait tout simplement à affirmer les principes du droit international.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déjà promis mercredi que la Russie transmettrait au Conseil de sécurité de l’Onu des preuves fournies par Damas de cette «provocation» qui visait selon lui à susciter des frappes occidentales.

Par ailleurs, le premier vice-directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) Sergueï Smirnov, a déclaré qu’entre 300 et 400 mercenaires russes combattent en Syrie dans les rangs de l’insurrection. « Nous estimons que 300 à 400 personnes ont quitté le territoire de notre pays pour s’y rendre (en Syrie) et elles finiront par rentrer. Cela représente, naturellement, un grand danger », a indiqué le responsable.

Mercredi, le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, avait affirmé que 130 français combattent dans les rangs des extrémistes syriens, soulignant que leur retour en France était une source d’inquiétude en raison du danger potentiel qu’ils peuvent représenter.

Ces mises en garde interviennent alors qu’Al-Qaïda a lancé une vaste offensive en Syrie pour prendre le contrôle de zones tenues par les rebelles syriens (Voir Mediarama numéro 425).

Sur un autre plan, le navire amiral de la Flotte russe de la mer Noire, le croiseur lance-missiles Moskva, a pris le commandement de l’escadre russe déployée en Méditerranée, a annoncé vendredi aux journalistes le porte-parole de la Flotte de la mer Noire, le capitaine de vaisseau Viatcheslav Troukhatchev.

« Après avoir achevé sa mission en Atlantique […] le croiseur Moskva est arrivé au point où il devait rencontrer les bâtiments de l’escadre russe déployée dans l’est de la Méditerranée. A l’heure actuelle, le croiseur abrite l’état-major du commandement opérationnel de l’escadre qui regroupe des navires relevant des flottes de la mer Noire, de la Baltique et du Pacifique », a déclaré le porte-parole.

Cliquer pour accéder à mediarama-426.pdf

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?


Tribune libre Byblos

ban-ki-moonÀ la suite de la publication du rapport de la Mission des Nations Unies sur les attaques à l’arme chimique du 21 août dans la Ghouta orientale, le Secrétaire général Ban Ki-moon, a insinué que le gouvernement syrien était coupable, sans l’accuser ouvertement :

« C’est l’utilisation prouvée d’armes chimiques contre des civils la plus significative depuis celle de Saddam Hussein à Halabja en 1988. La communauté internationale s’est engagée à empêcher qu’une telle horreur ne se reproduise et pourtant, elle s’est reproduite …  »

(Ban Ki-moon ne mentionne toutefois pas que l’attaque d’Halabja 1988 a été soutenue par la CIA, ce que confirme la publication de documents récemment déclassifiés.)

La note introductive du rapport de la Mission de l’ONU affirme :

« Le Secrétaire général condamne fermement l’utilisation d’armes chimiques et estime que cet acte est un crime de guerre et une violation grave du Protocole de 1925 concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de méthodes de guerre employant des moyens bactériologiques, et autres règles pertinentes du droit international coutumier.

La communauté internationale a une responsabilité morale de demander des comptes aux responsables et de veiller à ce que les armes chimiques ne puissent jamais réapparaître comme instrument de guerre. » (Rapport d’enquête du Secrétaire général de l’ONU sur les armes chimiques. New York, 16 Septembre, 2013)

Dans le rapport de la Mission des Nations Unies, on ne mentionne nulle part qui sont les auteurs des attaques chimiques. La Mission avait pour consigne de ne pas faire de déclarations à ce sujet.

La Mission de l’ONU était cependant tout à fait consciente que des crimes contre l’humanité avaient été commis et que les rebelles d’Al-Qaïda soutenus par les États-Unis étaient en possession d’armes chimiques.

Selon CNN, les rebelles ont été formés pour l’utilisation d’armes chimiques par des conseillers militaires occidentaux. Une mission précédente de l’ONU a confirmé que les rebelles étaient en possession du gaz sarin.

Visiblement, la mission a reçu l’ordre de « la fermer ». Selon le Secrétaire général Ban Ki-moon, « [c]‘est aux autres de poursuivre cette affaire afin de déterminer qui est responsable. Nous aurons tous nos propres opinions sur cela. »

Alors que le Secrétaire général Ban Ki-moon n’a pas confirmé qui était responsable des attaques chimiques, les médias occidentaux se sont activés, accusant le gouvernement de Bachar Al-Assad.

Selon l’ambassadrice étasunienne à l’ONU Samantha Powers, « les détails techniques indiquent clairement que seul le régime aurait pu perpétrer cette attaque aux armes chimiques ».

Le ministre des Affaires étrangères de la Russie a répondu :

« Nous voulons une évaluation professionnelle objective des événements du 21 août. Nous avons de sérieuses raisons de croire qu’il s’agissait d’une provocation […] Toutefois, la vérité doit être établie et ce sera un test pour les futurs travaux du Conseil de sécurité. »

L’autre rapport : « Les attaques chimiques dans la Ghouta orientale utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie »

A la veille de la publication du rapport de la Mission de l’ONU, l’Équipe de soutien international pour Mussalaha en Syrie (ISTEAMS) publiait son rapport préliminaire intitulé Les attaques chimiques dans l’est de la Ghouta utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie.

Sous la direction de Mère Agnès Mariam, l’équipe d’ISTEAMS, établie à Genève, a travaillé sous les auspices de l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’homme. ISTEAMS a également collaboré avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, auquel bon nombre de ses conclusions ont été soumises.

Ironie amère du sort, ce rapport détaillé, documentant la mort d’enfants innocents dans la Ghouta orientale, n’a été reconnu ni par les médias occidentaux, ni par les gouvernements des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Rapport préliminaire d’ISTEAMS)

Le rapport d’ISTEAMS révèle comment les vies d’enfants innocents ont été utilisées dans le cadre d’un événement visiblement mis en scène :

« Nous avons décidé d’examiner minutieusement ces vidéos dès que certaines familles dont les enfants ont été enlevés nous ont contactés pour nous informer qu’ils y avaient reconnu les enfants parmi ceux présentés comme victimes des attaques chimiques de la Ghouta orientale […]

Notre première préoccupation était le sort des enfants que nous voyons dans les images. Ces anges sont toujours seul entre les mains d’hommes qui semblent être des éléments de groupes armés. Les enfants décédés sont sans leur famille et ne sont pas identifiés, et ce jusqu’à ce qu’ils soient enveloppés dans des linceuls blancs pour l’enterrement. De plus, notre étude souligne sans aucun doute que les petits corps ont été manipulé et disposé de manière théâtrale afin de figurer dans la vidéo.

Si les images étudiées ont été éditées et publiées dans le but de présenter des éléments de preuve pour accuser l’État syrien d’avoir perpétré les attaques chimiques dans la Ghouta orientale, nos découvertes incriminent les éditeurs et les acteurs pour avoir falsifié les faits en tuant et en manipulant des enfants non identifiés . […]

Nous voulons ainsi faire connaître cette utilisation criminelle d’enfants dans la propagande politique sur les attaques aux armes chimiques dans la Ghouta orientale.

Nous présentons ce travail à d’éminents chefs spirituels, chefs d’État, députés, acteurs humanitaires et à toute personne ayant à cœur la vérité et la justice et souhaitant que ceux qui sont responsables de mauvaises actions rendent des comptes comme il se doit. »

Pour lire le rapport complet en PDF cliquez ici   (PDF lourd, long téléchargement, en anglais)

Bien que le rapport d’ISTEAMS ne précise pas qui était derrière les massacres d’enfants innocents, il confirme que les vidéos publiées le 21 août, y compris ceux présentés le 5 Septembre à la Commission des relations étrangères du Sénat étasunien, ont été délibérément manipulées, et que les cadavres d’enfants ont été déplacés d’un endroit à un autre dans le cadre d’un événement mis en scène.

Des photographies d’enfants morts en Égypte lors du massacre de Rabia al-Adawiyya au Caire ont également été utilisées et présentées dans la vidéo comme des photos d’enfants syriens.

Les corps de ces mêmes enfants apparaissent dans différentes images associées à différents endroits : que les mêmes enfants se trouvent dans des villes différentes suggère que les photos faisaient partie d’une mise en scène : « les mêmes enfants ont été placés dans une autre pièce dans une autre ville. »

L’étude d‘ISTEAMS démontre ceci : la tragédie de la Ghouta orientale a été mise en scène, soigneusement planifiée, et « les forces rebelles de l’opposition » appuyées par les États-Unis étaient impliquées.

Ces vidéos ont été utilisées comme preuves par le Comité du Sénat étasunien sur les relations étrangères dans l’élaboration de sa résolution en faveur de frappes punitives à l’encontre de la Syrie. (Comité sénatorial des Relations étrangères, résolution 2021 sur la Syrie , le 5 septembre 2013). Le sénateur John McCain est un membre clé de ce comité et il est connu pour avoir eu des contacts avec les dirigeants des rebelles affiliés à Al-Qaïda.

La résolution 2021 du Comité sénatorial (se référant aux vidéos) parle de « preuves claires et convaincantes ». Pour reprendre John Kerry dans sa déclaration devant le Comité sénatorial : « Les images [dans les vidéos] de ce jour-là sont répugnantes. Et à mon avis, le monde ne peut pas ignorer l’inhumanité et l’horreur de cet acte. »

Cependant, ces images faisaient partie d’une opération diabolique consistant à déclencher des atrocités, y compris le meurtre d’enfants innocents, puis à utiliser les images de ces atrocités à des fins de propagande.

Qui était derrière ce projet criminel?

Michel Chossudovsky

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?

Syrie : repli stratégique ou débandade ?


AA-9fd0d-4f403Ce mardi 17 septembre 2013, ni la Syrie ni la guerre punitive ne font plus recette. Même le rapport tant attendu des experts des Nations Unies relatif à l’utilisation d’armes chimiques le 21 août dernier dans la Ghouta de Damas, est passé à l’as 1. Il faut dire que ses conclusions étaient connues d’avance et, sauf à se prétendre ministre des Affaires étrangères comme M. Fabius, nul n’attendait de ce document la moindre révélation. Surtout pas quant à l’origine des tirs – s’ils ont jamais eu lieu – qui décimèrent des malheureux étrangement homogène quant à leur âge et à leur sexe (il suffit de se reporter aux vidéos disponibles sur la Toile pour constater cette déconcertante anomalie – voir également Rivarol n°3107). Un fait divers, les tueurs fous de Washington – sortis des rangs de la Marine ! – font aujourd’hui la Une de l’information. Un fait divers, ou un clou, chasse l’autre.

Une diversion utile voire nécessaire pour faire oublier le dégonflage d’une guerre voulue mais impossible à conduire dans les circonstances présentes… ce qui ne signifie pas que le parti des éradicateurs ait définitivement renoncé. Non point ! Les « agendas » sont là – et parlons plus volontiers à propos de l’Exécutif américain de “cahier des charges » – or tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, ils devront être suivis et remplis. Répétons-le, nous reculons pour mieux sauter. Le Proche-Orient est un baril de poudre et d’aucuns s’emploient assidûment à battre le briquet pour en allumer la mèche. Ce n’est au demeurant, pas d’une mais d’une douzaine d’attaques à l’arme chimique – sans parler les multiples tueries ayant fait l’objet de tentatives d’instrumentation à des fins d’embrasement général – dont il été jusqu’ici question sur le théâtre des opérations syrien de l’actuelle et tacite guerre mondiale. Mais, las, la mayonnaise n’étant pas parvenue à prendre, il faudra recommencer… « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse et le repolissez ;
ajoutez quelquefois, et souvent effacez » [Nicolas Boileau 1636/1711].

Gageons que pour faire monter les enchères, le prochain acte de terrorisme chimique pourrait avoir lieu en Israël. Il ne s’agit pas tout à fait d’une hypothèse gratuite, mais d’un scénario sérieusement évoqué par quelques experts ès coups tordus 2. De toute façon le feu couve, les djihadistes d’al-Nosra (entendez les mercenaires recrutés et payés par notre allié saoudien), tout comme « l’opposition démocratique » (celle des Frères musulmans syriens), refusent et dénoncent les accords Kerry/Lavrov. Dans le même temps les Turcs [AFP16sept13] abattent un hélicoptère syrien qui aurait « violé leur espace aérien » (! ?)… tandis que M. Fabius veut pour sa part réinterpréter les termes de l’accord russo-américain en exigeant des « frappes automatiques » en cas de non respects des clauses contraignantes relative au calendrier de désarmement chimique de la Syrie.

Sur ce point le sieur Ban Ki-moon déjà cité, fait presque de la surenchère – sans toute fois parler précisément des frappes – en demandant « instamment au Conseil de Sécurité une Résolution claire… placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Lequel chapitre prévoit effectivement des sanctions pouvant aller jusqu’à l’usage de la force dans le cas où un pays ne respecterait pas une décision du dit Conseil. De là à pressentir que le processus diplomatique – qui a suscité tant d’espoirs et fait pousser un ouf de soulagement à la planète toute entière – s’achemine à grande vitesse vers le fond de l’impasse, le pas est tôt franchi. Car enfin pour négocier, il faut deux choses indispensables : de la bonne foi et de la bonne volonté. Resterait d’ailleurs à savoir si la guerre de Syrie aurait jamais eu lieu et se serait aussi longtemps prolongée si ces deux traits de caractère avaient prédominé dans la classe des petits maîtres de la politique occidentale ? Chacun apportera à la question la réponse de son choix, au reste la clef du problème est là, et bien là.

Ce pourquoi in fine nous devons nous garder de pavoiser à l’instar de ceux qui vont trop vite en besogne et affichent une fâcheuse tendance à prendre leurs désirs pour des réalités. Nous pensons à tous ceux qui voient dans la reculade de Washington – et accessoirement dans le largage du pitre élyséen – l’occasion de se réjouir bruyamment : « les russes expulsent de facto les américains de leur plus forte zone d’influence sans avoir tiré un seul coup de feu, qui plus est en les humiliant de façon historique et en les transformant en parias diplomatiques » ! N’est-ce pas cependant quelque peu excessif au regard du fil réel des événements ?

Ne conclurons pas pour autant en misant à fonds perdus sur les tocards qui nous gouvernent – sachant que le pouvoir véritable se trouve derrière le rideau – et particulièrement sur celui qui fait « la guerre sans l’aimer »… le premier président oscarisé « Noble de la Paix » avant même d’être entré en fonctions. N’est-ce pas merveilleux ? Finalement nous devrions pouvoir dormir sur nos deux oreilles puis que dans le Meilleur des Mondes orwellien possible «  la Paix c’est la guerre  » et vice vers. Ah les beaux jours à venir !

Léon Camus

Syrie… La guerre en perspectives

Le spectre des frappes américaines – la France comptant pour du beurre – en Syrie semble temporairement s’éloigner mais la menace existe toujours, et immanquablement ce cauchemar reviendra hanter nos mauvais rêves éveillés. Le parti de la guerre, dont on constate chaque jours à quel point qu’il détient le monopole quasi absolu de la presse occidentale, reste encore trop puissant pour renoncer maintenant… même si son emprise sur les représentations nationales – élus et classes dirigeantes – semblent s’amoindrir notamment sous l’effet d’une réprobation voire d’une hostilité de l’opinion qui s’affirment de plus en plus à travers les « réseaux sociaux », la presse samizdat et la contre-culture de la Toile.

Il n’existe à ce jour aucune preuve tangible de la responsabilité du pouvoir syrien dans l’attaque chimique du 21 août à la Ghouta, culpabilité qui était censée légitimer des frappes coalisées contre Damas. S’il en existait, elles seraient déjà sur la table et le fameux « rapport » de l’Onu – désespérément muet sur cette question cruciale – n’aurait pas manqué de les mettre en avant. À défaut de preuve, les meutes médiatiques ont donc donné de la voix. Et les folliculaires sont montés en première ligne sur le front de la « guerre morale », succédané de la guerre juste des années 2000. Croisade qui a pris son plein essor avec les Printemps arabes et le recours systématique depuis 2003, dans les guerres d’agression, du « droit d’ingérence humanitaire ».

Une notion ancienne née de la guerre du Biafra – 1967/1970 – mais reprise à la fin des années quatre-vingt-dix par le bon Dr Kouchner et Rony Brauman, fondateurs de l’Ong Médecins sans frontières, tout deux chauds partisans de l’intervention armée contre la Syrie loyaliste. Les mêmes puritains du démocratisme qui dénonçaient il y a peu en Égypte la déposition du Frère Morsi par l’armé comme une illégalité majeure. Bref les contradictions n’ont jamais gêné les idéologues ni les médiacrates grâce auxquels nous venons d’assister à une formidable séquence d’acrobaties manipulatoires… de celles qui enchantent les spectateurs lucides que nous nous efforçons d’être. C’est en effet une ahurissante opération d’enfumage que nous venons de vivre ces derniers jours et en direct sous la forme d’une tentative caractérisée de « viol des foules par la propagande », selon la formule sans équivoque du franco-soviétique Serge Tchakotine [1883/1973]. Viol presque accompli, à quelques heures près, mais aussitôt suivi d’une débandade générale à laquelle M. Hollande n’a toujours manifestement rien compris

« Tu mens comme à la radio »… adage populaire soviétique

La propagande consiste – rappelons-le – à tétaniser toute pensée individuelle par un pression psychologique intense exercée sur l’opinion. La répétition inlassable du même message formant le principe de base de tout conditionnement mental. Pratiquée aujourd’hui avec une capacité de nuisance surmultipliée par les nouveaux médias audiovisuels et télématiques, sa puissance perverse n’est évidemment plus à démontrer… d’autant que le terme même de « propagande » a disparu du vocabulaire [principe de la novlangue, faire disparaître les mots pour effacer la réalité]. Il n’est donc pas inutile d’en rappeler les trois premiers principes : premièrement « plus c’est gros, mieux ça marche ». Le coup de l’attaque chimique sans preuve aucune en est ici une illustration exemplaire. Ensuite – deuxième principe – il s’agit de marteler ad nauseam deux ou trois slogans mécaniques suscitant une réaction émotionnelle jusqu’à ce que le « dernier des arriérés mentaux l’ait parfaitement assimilé ». Procédure utilisée avec l’instrumentation du faux massacre de Timisoara en Roumanie, de Račak au Kossovo et bien d’autres, telles les couveuses du Koweït, ceci afin porter en conclusion des accusations à vocation létales 3.

Troisième principe, le plus pernicieux, finalisant les deux premiers : ceux-ci fabriquent des hordes d’idiots utiles, des désinformés qui deviennent à leur tour des désinformateurs tout en créant un phénomène d’unanimisme – ou de conformisme – qui entraîne l’ensemble de l’opinion, ou en tout cas la sidère ! À ce stade, impossible d’aller contre une opinion commune universellement partagée. Ainsi se crée des polices de l’esprit auto engendrées et auto-entretenues. Prière de ne pas aller alors à contre sens de l’opinion dominante sauf à se faire écharper ou, à tout le moins, à s’exposer à de sévères déboires. Ainsi en France, quelques rares politiques s’étant risqués à marquer leur opposition aux frappes, et à ce titre jugés trop tièdes par la police de la pensée, de la promotion de la vertu et de la proscription du vice, se sont vus traiter de « munichois », un comble ! Rien, nous le voyons, n’arrête la propagande de guerre ses excès les plus vils, surtout lorsqu’elle ne dit pas son nom. Reste que l’information circule, volens nolens, à flots continus sur la Toile et que les mensonges perdent tendanciellement du terrain.

Pourquoi l’Amérique dite démocratique voulait-elle foudroyer la Syrie ?

Les médias non seulement mentent ouvertement mais pire, ils ne disent pas tout, ils mentent en fait par omission ce qui représentent en gros 70% de leur activité. Or, à l’évidence Washington éprouve l’amère sentiment de la défaite. En un mot, les dirigeants américains sont bien forcé de constater que l’influence que l’Amérique exerçait en Orient, s’essouffle dangereusement, qu’elle perd du terrain en Syrie dans une interminable guerre multi fronts. Guerre où les États-Unis sont indirectement engagés depuis 2011 derrière l’écran de la sous-traitance locale et régionale : schématiquement, les Frères musulmans en Égypte, en Tunisie et au Maroc, Otan en Libye, Français au Mali, Wahhabites qataris et séoudiens associés aux “musulmans modérés” du Turc Erdogan en Syrie, tous dûment pilotés et armés par le Pentagone associé au Département d’État. Ne parle-t-on pas de « diplomatie armée » à propos du Département d’État ?

Certes l’Amérique d’Obama et de Wall Street ne veut ni ne peut perdre la face. Car cet avant-goût de défaite stratégique en Syrie acquiert subrepticement, dans la conjoncture actuelle, une dimension mondiale. Mise en perspective sur deux décennies, le manque-à-gagner syrien prend un singulier relief. Car il vient conclure une longue série de revers et de déboires : en Libye (symbolisé en septembre 2012 par l’assassinat de l’ambassadeur Christopher Stevens dans un bâtiment consulaire théoriquement ultra protégé), ou bien en Égypte avec l’élimination brutale (de ses alliés) les Frères musulmans, en Turquie où l’instabilité du pouvoir apparaît en plein lumière. En fin de mécomptes, la guerre en Syrie qui pourrait devenir – selon toute vraisemblance – le point de bascule fatal. Soit le « point culminant », au sens de Clausewitz, à partir duquel les courbes et tendances commencent à s’inverser. Dit Autrement, tous les efforts que les É-U y déploient actuellement semblent désormais ne plus devoir produire que des effets de plus en plus inverses aux buts recherchés.

La guerre en Syrie revêt donc actuellement le visage d’une première « bataille d’arrêt » d’envergure dans la vaste trajectoire conflictuelle qui se dessine depuis la fin de l’Union soviétique en 1991 entre la Fédération de Russie et les Administrations américaines successives. Confrontation froide qui se solde – en lieu et place des régimes attendus de la Terre promise démocratique – d’une installation pérenne du chaos en Afghanistan, au Waziristân (Zones tribales du Pakistan), en Irak, en Libye, au Yémen, en Somalie, au Sud Soudan, et cætera.

Rapportée à la Région du Proche Orient, la perspective insupportable d’une défaite géopolitique pour Washington s’inscrit de surcroît dans une relative absence d’intérêts vitaux à défendre… notons à ce sujet que l’exploitation des gisements de schistes bitumineux sur le territoire américain devraient en principe réduire la dépendance des É-U aux hydrocarbures du Golfe. Hormis, les intérêts – déclarés sécuritaires – des très encombrants et turbulents alliés locaux – Israël pour ne pas le nommer ou l’Arabie wahhabite – dont il faut bien admettre que l’insignifiance géopolitique apparente domine ou surplombe encore et toujours les décisions de la Maison Blanche ainsi que les réflexions des thinks tanks washingtoniens. Il est par conséquent totalement exclu d’imaginer la fin de cette trajectoire conflictuelle quelle que soit l’issue de la guerre de Syrie. Et parmi les issues possible, il en est une que nous ne pouvons ne pas retenir : celle justement du retour en force d’une menace de frappes balistiques.

De quelles frappes anti régime était-il question ?

Le terme de « frappes », dont abuse le réductionnisme politique et propagandiste, laisse supposer qu’il suffit de presser sur un bouton pour régler l’affaire. Rien de plus dangereusement erroné. On notera qu’a priori, sur un plan strictement militaire, l’annonce très à l’avance de tirs de missiles de croisière et des bombardements ciblés – et les retarder de jour en jour – constitue une véritable hérésie parce que cela en amoindrit largement la portée et en affaiblit l’efficacité, surtout si l’on entend pratiquer la « frappe de décapitation  » 4. Ne serait-ce qu’en donnant aux futurs bombardés toute latitude pour prendre les contre-mesures adaptées. En outre ajouter des délais aux délais instille – dans les états-majors et l’opinion – un doute déplorable quant à la volonté réelle d’agir. C’est bien ce qui s’est passé récemment en dépit de la logorrhée des gens de presse qui s’égosillent à crier victoire là où la reculade est patente.

Toujours concernant les « frappes », le mot joue psychologiquement sur la perception d’une surpuissance militaire telle qu’elle interdirait automatiquement toute forme de réaction. Rien de plus faux également. La toute puissance de la machine militaire américaine n’a nullement empêché une débâcle finale, et littéralement une fuite au petit matin blême, quand les dernières troupes exfiltrées d’Irak ont franchi la frontière koweïtienne… Fuite désastreuse d’Irak et débâcle en Afghanistan, pas de quoi pavoiser. Dans les deux cas la toute puissante Amérique [Mighty America] s’est trouvée « disqualifiée » dans des conflits asymétriques qu’elle s’est montrée piteusement incapable de gérer. Souvenons nous de Scott Ritter ex agent de la CIA et du Mossad, ancien membre de l’équipe d’enquête des Nation Unies [UNSCOM], qui avait pronostiqué dès 2003 que les Américains quitteraient la Mésopotamie « la queue entre les jambes ». c’est chose faite. Une prédiction au demeurant inscrite dans le code génétique et le mode opératoire imprégnés d’hybris [démesure] des idéologues de Washington et de l’Establishment néoconservateur.

À l’heure actuelle, en ce qui concerne l’auteur des frappes annoncées – mais non encore consommées – la situation se présente sous un jour nouveau… beaucoup plus redoutable que dans les guerres précédentes car il se trouve face à une armée syrienne qui résiste ! De l’inédit, car contre toute attente et depuis plus de deux ans et demi, l’armée de conscription d’El-Assad tient bon et supporte tous les assauts lancés contre elle. Après deux ans et demi de combat la rébellion n’occupe pas plus de 40% du territoire malgré les milliards investis par les monarchies wahhabites et les dizaines de milliers de combattants djihadistes qui convergent de tous les horizons du Dar al-Islam. Cette résistance représente pour les États-Unis une véritable première dans l’histoire récente. Ceux-ci n’ont en effet jamais rencontré depuis le Vietnam [1954/1975] de véritables adversaires… pas plus Milosevic que Saddam, pas plus le régime de Mollah Omar que le Chamelier fou. La constante stratégique veut en effet que la guerre au XXe siècle finissant et XXIe commençant, se soit toujours faite du fort au faible. Et quand le faible à l’outrecuidance de résister et de rendre les coups, il est derechef qualifié de « terroriste » et, horresco referens, de « déloyal » !

En ce qui concerne la Syrie, l’armée yankee est pour l’heure en situation d’aveuglement face à un adversaire parfaitement aguerri par deux cruelles années de combats incessants. Aveugle singulièrement en ce qui regarde les intentions exacte des forces syriennes et de leur commandement politique : faire le gros dos ou réagir violemment et dans quelles proportions. Une cécité plus grande encore pour ce qui de leurs capacités réelles de défense et de rétorsion. Le président Bachar a ainsi prévenus que les acteurs d’un conflit élargi sont potentiellement multiples et qu’ils comprennent d’incontrôlables organisations non gouvernementales pouvant s’attaquer de leur seule initiative aux intérêts américains et occidentaux, et fort loin du théâtre officiel des opérations. Propos repris par Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, qui de son côté, en cas de frappes sur la Syrie, a prédit une « explosion de terrorisme dans la région ». Déclaration à prendre au sérieux quand on voit l’intensification de la guerre inter-communautaire en Irak où les morts se comptent par centaines chaque semaine.

La guerre en proie au principe quantique d’incertitude

Mais qui veut frapper doit s’attendre – quand même – à une contre-frappe, étant entendu la réponse ne se situe pas forcément sur le même plan, et peut le cas échéant consister en des actions plus inattendues, touchant n’importe quel point de vulnérabilité de l’attaquant… et celui-ci d’évidence n’en manque pas !

In fine, la supériorité technique des États-Unis est aussi un des aspects les plus tenaces de son mythe, parce qu’elle n’a de réalité vrai que dans la mesure où l’adversaire n’est pas à sa hauteur ou de sa force… toujours et uniquement dans le cas normal d’un conflit « asymétrique » ! Précisément dans le cas syrien, la suprématie air/mer/espace/cyberzone des forces américaines apparaît hélas comme triplement menacée. Elle l’est d’abord par l’indéniable compétence de l’armée syrienne loyaliste tenant avec brio face aux actions combinées particulièrement vicieuses des services spéciaux occidentaux [israélo-anglo-américains, turcs, français et séoudiens] en appui logistique et à l’encadrement – jusque sur le terrain – des rebelles et des mercenaires recrutés dans toutes les banlieues du quart-monde.

Supériorité également remis en cause par la jeu de la Russie qui fait, peu ou prou, directement ou indirectement, partager à la Syrie de ses propres avancées en matière d’armement… même si a contrario, pour créer un climat favorable à une désescalade, Moscou a annoncé la suspension de ses livraisons à Damas de systèmes de défense anti-aérienne hypersoniques S300. Des engins auxquels les forces américaines ne se sont jamais trouvées confrontées… pas plus qu’aux redoutables missiles antinavires Yakhont de dernière génération. Un degré d’incertitude jamais atteint qui a indéniablement freiné les ardeurs d’un Pentagone déjà peu chaud à l’idée de s’engager dans une confrontation – même très limitée dans le temps – pouvant déboucher sur un détestable inconnu, tel une nouvelle guerre régionale à nouveau ingérable.

Imaginons un instant les conséquences géopolitiques que pourraient, ou auraient pu entraîner des frappes – aussi « contrôlées » aient-elles été – compte tenu du fait que le régime syrien bénéficie de soutiens internationaux ouvertement déclarés… et accessoirement d’autres plus ou moins implicites. La Chine et l’Inde font peut parler d’elles, elles n’en sont pas moins présentes et actives sous la surface des apparences. Ce soutien – implicite – englobe d’ailleurs une grande partie des pays émergeants, c’est ce qu’a dévoilé le G20 au cours duquel une nette ligne de démarcation s’est dessinée entre un bloc occidentaliste sur la défensive – pour ne pas parler de désarroi – face à quatre milliards d’hommes qui commencent à contester un ordre mondial à présent dépassé. Un monde unipolaire obsolète que la suprématie du dieu dollar et des armes américaines leur imposaient jusqu’alors. Or qui ne voit que ces deux dimensions de la puissance tutélaire sont à présent plus que battues en brèche ? Lâchés par leurs opinions de plus en plus réticentes à gober les mégas mensonges de l’armée supplétive des médiacrates – qui n’osent même plus invoquer la « Communauté internationale » en renfort de leurs bobards – le camp oligarchique des tenants de la guerre se retrouve peu à peu très isolé. À tel point que M. Hollande – et son personnel de maison – se découvre seul et à poil hors de la tranchée. Et ce n’est pas le pitoyable exercice télévisuel du dimanche 15 septembre qui démentira ce triste constat !

Défis insurmontables auxquels les stratèges américains doivent faire face

En résumé, ceux qui ont en charge la mise en œuvre de frappes éventuelles –c’est-à-dire qui portent aussi la responsabilité de leurs conséquences – se trouvent en situation de devoir « gérer » contradictoirement plusieurs contraintes : primo l’incertitude stratégique qui vient d’être évoquée ; deusio, convaincre le politique qu’aucun résultat militaire ou politique n’est acquis à l’avance. Bref que tout opération de « punition » est profondément est intrinsèquement aléatoire…même en termes de communication. Qu’il s’agisse de décapiter l’état syrien (honni), de soulager la pression pesant sur ses alliés combattants soit les bandes rebelles dites “libres”, ou encore de mettre à terre les infrastructures vitales au régime. Pour mémoire en Yougoslavie ce sont les centrales électriques civiles qui furent traitées à la bombe au graphite, ce qui constituait un authentique crime de guerre dont les Nations Unies ne se sont pas émues pour autant ni le moins du monde. Équivalent des tirs d’artillerie destinés à préparer (naguère) le terrain, ces frappes auraient été – ou seront – comme toute frappe massive faiblement discriminée ; en un mot, en infiniment moins précises que ne l’affirme les dépliants commerciaux des marchands d’armes. Elles devraient ou pourraient occasionner un grand de victimes que la morale occidentale s’empressera de passer par pertes et profits à l’instar des centaines de milliers de victimes irakiennes des nobles guerres à « zéro mort » (chez l’agresseur) de 1991 et 2033 et de leurs terribles séquelles humaines.

Bref, les tirs de missiles devraient être évidemment coordonnés avec une contre-offensive généralisée des rebelles, ceux-là mêmes qui n’admettent par principe aucune forme de négociations, pas plus que le dernier compromis de Genève Lavrov/Kerry relatif au désarmement chimique de la Syrie. La guerre si elle a lieu, maintenant ou plus tard, promet par conséquent d’être missilière d’abord, et immanquablement néolithique ensuite. Ce qu’elle est déjà avec ses massacres à l’arme blanche, des fanatiques qui dévorent les viscères des ennemis tombés, les viols systématiques de chrétiennes ou leur mariage forcé… Grand avantage, cette guerre doperait l’industrie de l’armement et de la recherche par le renouvellement des réserves et l’adaptation aux ripostes d’en face !

En attendant la suite…

Quel que soit le niveau de succès apparent des frappes à venir – si elles surviennent quelque jour – et dans le cas où le dirigeant visé était effectivement éliminé, leur effet majeur se mesurera d’abord au plan international par une profonde vague de haine anti-américaine et anti-occidentale. Prévaudra également le sentiment qu’il n’existe plus aucune barrière pour contenir l’iniquité des puissances de l’Ouest, et surtout pas celle de la légalité internationale, pour être protégé d’un éventuel « renvoi à l’âge de pierre » (Cf. le plan Morgenthau, Secrétaire au Trésor de Roosevelt, qui en 1944, entendait appliquer cette doctrine humaniste à l’Allemagne vaincue et accessoirement à la France reconfigurée dans sa version mérovingienne), comme ce fut très explicitement prévu et exécuté pour l’Irak, tout comme de facto pour la Libye, l’Afghanistan… Ce contexte d’anarchie internationale suscitera des choix et positions antagonistes de la part des peuples du Proche orient qui d’une façon ou d’une autre nous en ferons payer le prix. Souvenons-nous du rude « choc pétrolier » de 1973, suite et conséquence immédiate de la Guerre d’Octobre, dite Guerre de Kippour.

Au niveau des politiques, cette perception sera encore plus forte dans la mesure où la chute éventuelle du régime syrien sera interprétée comme préfigurant celle d’autres régimes… accessoirement algérien et plus sûrement iranien. Puis la mise en ébullition du Caucase et de l’Asie centrale en usant de l’arme islamiste – tchétchène certes, mais pas seulement – en vue d’atteindre au cœur, un jour proche ou lointain, le régime russe… lequel énerve tout particulièrement, et depuis des lustres, les anciens refuznik soviétiques reconvertis dans les Fonds spéculatifs [hedge funds] grâce auxquels ils se sont taillés de bonnes places au soleil dans les cimaises de l’élite américaine. Il s’agira aussi d’atteindre le régime chinois, tant qu’à faire, qui est déjà officiellement, et depuis longtemps, inscrit au rang d’ennemi principal.

Par voie de conséquence rien n’empêchera plus une coagulation accélérée d’alliances destinée à neutraliser une menace atlantiste devenue permanente et ne laissant aucune autre alternative. Par trois fois au XX° siècle l’Europe et le monde ont connu des phénomènes comparables – fruits pourris de l’inconséquence des gouvernements de l’époque – qui poussèrent les Nations occidentales à s’entre-tuer allègrement. L’effet géopolitique de frappes contre la Syrie précipitera immanquablement la constitution de cette bipolarité évoquée plus haut, dans le contexte d’une mutation globale qui opposera le monde dominant d’hier à celui émergeant de demain. Rien de ceci ne relève d’une hypothétique prévision. Il s’agit du scénario le plus probable, ni plus, ni moins. Bien sûr, la guerre universelle ne sera pas nécessairement au rendez-vous, les moyens et les voies non militaires de “containment“ [encerclement, endiguement] seront en premier lieu privilégiés. Parce que la rationalité n’est pas tout à fait absente du calcul politique – au grand dam il est vrai des idéologues – nul n’ignore que les conflits armés ouverts ne sont plus aujourd’hui contrôlables au-delà d’une certaine intensité ou d’une certaine ampleur géographique. À éviter donc autant que faire se peut, et c’est là le cas de figure auquel nous venons d’assister : le schéma des « frappes » comportaient trop d’incertitudes et les Russes se sont montrés trop présents à proximité de l’éventuel champ de bataille, le Pentagone l’a donc emporté – pour le moment – sur le Département d’État, relais des groupes de pression et des oligarchies activistes.

Quand la main gauche veut ignorer ce que fricote la main droite

Finalement n’oublions pas que les États-Unis sont encore une grande Nation. Il existe assurément en son sein nombre d’esprits lucides, conscients des implications et des conséquences d’engagements armés sans nécessité ni fondements réels. Ce n’est pas El-Assad l’agresseur, n’est-ce pas ? De profondes dissensions se sont faites jour à l’occasion de cette veillée d’armes planétaires au sein de la classe politique américaine, Démocrates et Républicains confondus, à telle enseigne que si le Congrès était actuellement consulté, il s’opposerait certainement à toute intervention contre Damas. Sinon pourquoi en avoir repoussé le vote ? Un vote par ailleurs non nécessaire mais qu’Obama, peu sûr de ses arrières, tenait à engranger pour justifier son futur Prix « Nobel de la Guerre » !

Par bien des aspects, l’actuelle crise syrienne rappelle celle des missiles de Cuba au cours de laquelle le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, par une savante manœuvre sur fond d’une effrayante montée aux extrêmes – la confrontation nucléaire finale fut quelques heures durant à l’ordre du jour – finit par concéder au président Kennedy une apparente victoire morale et politique. Alors que les Soviétiques semblait céder en retirant sans barguigne leurs missiles nucléaires de Cuba, sans bruit les États-Unis retirait de leur côté leurs missiles pointés sur l’URSS depuis la frontière nord de la Turquie. Jamais pourtant les médias de l’époque n’évoquèrent cet aspect – aussi déterminant que capital – du dénouement de la crise. À ce stade on pourrait même aller jusqu’à imaginer que les missiles soviétiques ne furent déployés à Cuba que pour permettre et d’aboutir à ce résultat, c’est-à-dire au retrait des vecteurs américains à moyenne portée… Maintenant, seule l’histoire diplomatique nous dira – peut-être et beaucoup plus tard – ce que recouvre aujourd’hui la volte face de l’Amérique dans le dossier faisandé des armes chimiques de Damas. Dans le domaine des relations internationales, seuls les rapports de puissance et la subtilité des joueurs déterminent la configuration des champs de force… C’est finalement ce qui ne s’aperçoit pas, ce dont nul ne parle qui se révèle surdéterminant, véritablement décisif dans la répartition des rôle et le travail souterrain des tensions architectoniques à l’œuvre dans la décomposition et la reconfiguration des blocs et ensembles géopolitiques.

L. Trusk & L. Camus

Notes

(1) Le fil des événements. Menaces de frappes imminentes, à la suite du massacre de la Ghouta, lequel a été attribué sans discussion possible par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France au gouvernement syrien, tandis qu’a contrario la Russie et l’Iran l’attribuait à l’opposition armée. « Crime de guerre » – selon le terme employé par le Secrétaire général de Nations Unies, Ban Ki-moon – les armes chimiques existent très vraisemblablement encore dans les arsenaux des États-Unis, de la Russie et d’Israël malgré l’engagement pris à les avoir détruites à l’échéance de 2007. En 1997 la Convention internationale sur les armes chimiques en prohibait de façon définitive l’usage de ce type d’arme (voir le Protocole d’interdiction de 1925), ce qui eut dû impliquer, normalement, la destruction des réserves existantes. Subsisteraient aujourd’hui quelque 5 500 tonnes d’armes chimiques aux É-U (soit six fois les quantités estimées en Syrie) et 21 500 en Russie. Idem pour Israël où règne l’opacité la plus totale, l’État hébreu ayant signé mais non ratifié la Convention internationale. Ceci expliquant cela, l’Égypte n’a pas non plus signé la dite Convention. La crise se désamorce brutalement avec le volte-face spectaculaire du président Obama le samedi 7 septembre alors que la France a – selon toute vraisemblance – déjà transmis à ses forces des ordres de frappes.

(2) Israël sonne le tocsin et distribue à ses populations des masque à gaz. l’information et met un peu plus d’huile sur le feu en diffusant l’information suivant laquelle Damas selon «  a] [il n’est pas écrit aurait] fourni une tonne de gaz [innervant] VX au Hezbollah, le groupe terroriste chi’ite libanais  ». Transfert qui aurait eu lieu «  en plein milieu des pourparlers, censés imposer le placement des ADM syriennes sous contrôle international en vue de leur hypothétique destruction  ». Ajoutons qu’aux dires de l’un des chefs de l’Armée syrienne libre « les armes chimiques sont en train d’être réparties entre l’Irak et le Liban »[timesofisrael.com13spt13].

(3) Le grand théoricien du conditionnement « publicitaire » des foules aura été Gustave Le Bon [1831/1931], physicien (l’un des découvreurs de la conversion énergie/matière cf. « L’évolution de la matière » 1905) et génial psychosociologue (« Psychologie des foules » 1895 et « Psychologie du socialisme » 1898), repris et pillé par le neveu de Freud, Edward Bernays » [1891/1995], notamment in « Propaganda » 1928, et ultimement par Serge Moscovici in « L’Âge des foules : un traité historique de psychologie des masses » 1981.

(4) Des tentatives de frappes de décapitation furent couronnées de peu de succès : ainsi en 2003 l’offensive contre l’Irak débutait par l’opération « Décapitation » visant le Raïs Saddam Hussein. Un avion furtif F-114 larguait le 20 avril à l’aube quatre bombes EGBU-27 d’une tonne chacune, guidées par GPS sur le palais présidentiel à Bagdad. Quelques jours auparavant, le 9 avril, Saddam Hussein devant commémorer la naissance du parti Baas dans le quartier Al Mansour, l’information transmise à Tel-Aviv, 45 minutes après Pentagone dépêchait sur place un bombardier B1 protégé par des F16 à 15 heure, heure locale, l’appareil largua 4 bombes JDAM guidées par satellite de 906 Kg chacune. Sans résultat.

http://www.geopolintel.fr/article729.html

Interview de Bashar al-Assad par CBS News (texte complet en français)


US-SYRIA-CONFLICT-ASSADTraduction à partir d’une retranscription de l’interview accordée par le Président syrien Bashar al-Assad au journaliste Charlie Rose, de la chaîne de télévision étatsunien CBS

DAMAS (Sana) – 9 Septembre 2013

Charlie Rose : Monsieur le Président, je vous remercie beaucoup pour cette occasion de vous parler à un moment très important parce que le président des États-Unis s’adressera à la nation cette semaine et, comme vous le savez, une conversation importante se déroule à Washington et des événements importants se déroulent ici dans votre pays. Vous attendez-vous à un raid aérien ?

Président al-Assad : Tant que les Etats-Unis ne respectent pas le droit international et foulent aux pieds la Charte des Nations Unies, nous avons à craindre que n’importe quelle administration – pas seulement celle-ci – fasse n’importe quoi. Selon les mensonges que nous avons entendus au cours des deux dernières semaines, de hauts responsables de l’administration américaine, nous devons nous attendre au pire.

Charlie Rose : Êtes-vous prêts ?

Président al-Assad : Nous avons vécu dans des conditions difficiles au cours des deux dernières années et demi, et nous nous préparons à toute éventualité. Mais ce n’est pas parce que vous êtes prêt que les choses s’amélioreront ; Elles s’aggraveront avec toute frappe ou guerre stupide.

Charlie Rose : Que voulez-vous dire par s’aggraveront ?

Président al-Assad : Elles s’aggraveront en raison des répercussions, parce que personne ne peut dire quelles seront les répercussions d’une première frappe. Nous ne parlons pas simplement de la Syrie, mais d’une région, et de régions plus vastes. Une région interconnectée, entremêlée, appelez ça comme vous voulez ; si vous frappez à un endroit, il faut s’attendre à des répercussions ailleurs sous différentes formes et d’une manière inattendue.

Charlie Rose : Vous voulez dire que si frappe il y a, il y aura des répercussions contre les États-Unis par vos amis d’autres pays comme l’Iran ou le Hezbollah ou d’autres ?

Président al-Assad : Comme je l’ai dit, cela peut prendre différentes formes : directe et indirecte. Directe lorsque les gens, ou les gouvernements, cherchent à se venger. Indirecte lorsque vous obtenez une instabilité et la propagation du terrorisme dans toute la région, ce qui aura un effet direct sur l’Occident.

Charlie Rose : Avez-vous eu des conversations avec la Russie, l’Iran ou le Hezbollah sur la façon de se venger ?

Président al-Assad : Nous ne discutons pas de cette question en tant que gouvernement, mais nous discutons des répercussions, ce qui est plus important parce que parfois les répercussions peuvent être plus dévastatrices que la frappe elle-même. Une frappe américaine ne produira pas autant de destructions en Syrie que celles déjà produites par les terroristes ; mais parfois les conséquences peuvent être bien supérieures à la frappe elle-même.

Charlie Rose : Mais certains ont laissé entendre que ça pourrait faire pencher la balance en faveur des rebelles et d’aboutir au renversement de votre gouvernement.

Président al-Assad : Exactement. Toute frappe serait aussi un soutien direct à l’émanation d’Al -Qaïda appelée Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et la Syrie. Vous avez raison. Ce serait un soutien direct.

Charlie Rose : A propos de la guerre chimique. Parlons de ça. Approuvez-vous l’usage d’armes chimiques, l’utilisation de produits chimiques mortels ? Pensez-vous que ce soit un outil approprié pour faire la guerre ?

Président al-Assad : Nous sommes contre toute destruction massive, les armes de destruction massive, qu’elles soient chimiques ou nucléaires.

Charlie Rose : Vous êtes donc contre l’utilisation d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Oui, mais pas seulement moi. En tant qu’État, en tant que gouvernement, en 2001, nous avons proposé à l’Organisation des Nations Unies de désactiver ou de détruire toutes les armes de destruction massive au Moyen-Orient et les Etats-Unis se sont opposés à cette proposition. C’est notre conviction et notre politique.

Charlie Rose : Mais vous n’êtes pas signataire de l’accord sur les armes chimiques.

Président al-Assad : Pas encore.

Charlie Rose : Pourquoi pas ?

Président al-Assad : parce qu’Israël possède des armes de destruction massive et n’a pas signé, et Israël occupe notre territoire. Nous avons parlé du Moyen-Orient, et non pas la Syrie ou d’Israël ; l’accord doit être global.

Charlie Rose : Pensez-vous que la guerre chimique soit équivalente à la guerre nucléaire ?

Président al-Assad : Je ne sais pas. Aucune des deux n’a été tentée.

Charlie Rose : Mais vous êtes un chef de l’Etat, et vous comprenez les conséquences des armes de destruction massive.

Président al-Assad : Techniquement, elles ne sont pas les mêmes, mais moralement, c’est la même chose.

Charlie Rose : Du point de vue morale, c’est la même chose.

Président al-Assad : C’est la même chose, car en définitif, tuer c’est tuer. Massacrer, c’est massacrer. Parfois, vous pouvez tuer des dizaines de milliers ou des centaines de milliers de gens avec des armes très rudimentaires.

Charlie Rose : Alors pourquoi avez-vous un tel stock d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Nous ne discutons pas de cette question en public parce que nous n’avons jamais dit que nous en avions, et nous n’avons jamais dit que nous n’en avions pas. C’est une question syrienne, c’est une question militaire, nous n’en discutons jamais en public avec quiconque.

Charlie Rose : Voici ce qu’on peut lire dans le New York Times ce matin : les dirigeants syriens ont constitué une des plus grandes réserves au monde d’armes chimiques avec l’aide de l’Union soviétique et de l’Iran, ainsi que des fournisseurs d’Europe occidentale, et même une poignée de sociétés américaines. Selon des câbles diplomatiques américains et les dossiers de renseignement déclassifiés, vous avez amassé une des plus grandes réserves d’armes chimiques au monde.

Président al-Assad : En avoir ou ne pas en avoir est une possibilité, mais se fier aux dires des médias est absurde, ou se fier à certains rapports des services de renseignement est absurde et cela a été prouvé lorsqu’ils ont envahi l’Irak il y a dix ans et qu’ils ont dit « L’Irak a des stocks d’armes de destruction massive » et il a été prouvé après l’invasion que c’était faux, c’était une fraude. Donc, on ne peut se fier à ce qui est écrit dans un magazine. Mais j’ai dit que c’est quelque chose dont nous ne discutons pas avec n’importe qui.

Charlie Rose : Vous acceptez que le monde croie que vous avez un stock d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Qui ?

Charlie Rose : Le monde. Les Etats-Unis et d’autres puissances qui ont également dit que vous avez des armes chimiques.

Président al-Assad : Il ne s’agit pas de ce qu’ils croient, il s’agit de la réalité telle qu’elle est, et de cette réalité, si nous en possédons ou pas, nous n’allons pas à en discuter.

Charlie Rose : En parlant de la réalité, que s’est-il réellement passé le 21 Août ? Qu’est-il arrivé à votre avis ?

Président al-Assad : Nous ne sommes pas présents dans la zone où l’attaque chimique présumée a eu lieu. J’ai dit présumée. Nous ne sommes pas sûrs qu’il se soit passé quelque chose.

Charlie Rose : Même à ce jour, vous n’êtes pas sûr que les armes chimiques – même si vous avez vu la vidéo, même si vous avez vu les corps, même si vos propres fonctionnaires ont été sur place.

Président al-Assad : Je n’ai pas fini. Nos soldats dans une autre zone ont été attaqués chimiquement. Nos soldats – ils sont allés à l’hôpital se faire soigner à cause des armes chimiques, mais dans la région où ils ont dit que le gouvernement a utilisé des armes chimiques, nous n’avions que des vidéos et des photos et des allégations. Nous ne sommes pas présents là-bas, nos forces, nos policiers, nos institutions n’y sont pas. Comment pouvez-vous parler de ce qui s’est passé, si vous n’avez pas de preuve ? Nous ne sommes pas comme l’administration américaine, nous ne sommes pas l’administration ou le gouvernement des médias sociaux. Nous sommes un gouvernement qui traite avec la réalité. Lorsque nous aurons des preuves, nous le ferons savoir.

Charlie Rose : Eh bien, comme vous le savez, le secrétaire Kerry a dit que les preuves existent et qu’ils ont vu des roquettes tirées à partir d’une région contrôlée par vos forces vers une région contrôlée par les rebelles. Ils ont des preuves à partir de photos satellites. Ils ont la preuve d’un message qui a été intercepté sur les armes chimiques, et peu après, il y a eu d’autres messages interceptés, alors le secrétaire Kerry a présenté ce qu’il considère comme des preuves incontestables.

Président al-Assad : Non, il a présenté sa confiance et ses convictions. Ce n’est pas une question de confiance, c’est une question de preuve. Les Russes ont des preuves qui démontrent tout à fait le contraire, que les missiles ont été lancés à partir d’une région contrôlée par les rebelles. Cela me rappelle – ce que Kerry a dit – sur le gros mensonge que Collin Powell a prononcé devant le monde entier sur des photos satellites et les ADM en Irak avant d’aller à la guerre. Il a dit « voici notre preuve. » En fait, il a fait un faux témoignage. Dans le cas présent, Kerry n’a même pas présenté une preuve. Il a dit « nous avons la preuve » et il n’a rien présenté. Pas encore, rien à ce jour, pas un seul élément de preuve.

Charlie Rose : Avez-vous des remords pour ces cadavres, ces gens. On dit qu’il y en aurait au moins 1000, peut-être 1400, qui se trouvaient à Ghouta orientale, et qui sont morts ?

Président al-Assad : Nous ressentons la douleur pour chaque victime syrienne.

Charlie Rose : Qu’en est-il des victimes de cet assaut par arme chimique ?

Président al-Assad : Mourir, c’est mourir, tuer, c’est tuer, un crime est un crime. Lorsque vous ressentez une douleur, vous ressentez la douleur des familles des victimes dans votre pays, que ce soit une seule personne tuée ou cent ou mille. C’est une perte, c’est un crime, c’est une question morale. Nous avons de la famille avec qui nous nous asseyons, de la famille qui aimait ses proches. Il ne s’agit pas de la façon dont ils ont été tués, il s’agit du fait qu’ils sont morts maintenant, c’est cela qui est mauvais.

Charlie Rose : Mais y a-t-il eu des remords ou de la tristesse au nom du peuple syrien pour ce qui s’est passé ?

Président al-Assad : Je pense que c’est la tristesse qui prévaut maintenant en Syrie. Nous ne ressentons rien d’autre que de la tristesse parce que nous avons ces morts tous les jours, que ce soit par des produits chimiques ou par tout autre moyen. Peu importe comment. Nous vivons avec tous les jours.

Charlie Rose : Mais c’était un acte sans discernement, et des enfants ont été tués, et les gens qui ont dit au revoir à leurs enfants le matin ne les ont pas revus et ne le reverrons jamais, à Ghouta.

Président al-Assad : C’est le cas chaque jour en Syrie, c’est pourquoi il faut arrêter le massacre. C’est pourquoi nous devons arrêter le massacre. Mais que voulez-vous dire par « sans discernement » ?

Charlie Rose : Eh bien, le fait que la guerre chimique est aveugle quant aux victimes, elle tue des innocents aussi bien que des combattants.

Président al-Assad : Oui, mais vous ne parlez pas de preuves, vous ne parlez pas de faits mais d’allégations. Donc, nous ne sommes pas sûrs que des armes chimiques ont été utilisées et qui les a utilisées. Nous ne pouvons pas parler de choses virtuelles, nous devons parler de faits.

Charlie Rose : On dit que votre gouvernement a retardé les observateurs des Nations Unies de se rendre à Ghouta et que vous avez refusé et retardé la Croix-Rouge, puis le Croissant-Rouge d’y aller pour faire des observations et aider.

Président al-Assad : C’est le contraire qui s’est produit, c’est votre gouvernement qui a retardé parce que nous avons demandé une délégation en Mars 2013, lorsque la première attaque a eu lieu à Alep, dans le nord de la Syrie, ils ont retardé jusqu’à quelques jours avant al-Ghouta quand ils ont envoyé l’équipe, et l’équipe elle-même a déclaré dans son rapport qu’elle a pu faire tout ce qu’elle voulait. Il n’y avait pas un seul obstacle.

Charlie Rose : Mais ils ont dit qu’ils ont été retardés pour y arriver, qu’ils voulaient être là plus tôt.

Président al-Assad : Non, non, non. Il y avait un conflit, il y avait des combats, des tirs. C’est tout. Nous ne les avons pas empêché d’aller où que ce soit. C’est nous qui leur avons demandé de venir, pourquoi les aurions-nous retardés ? Même si vous voulez prendre la version américaine, ils disent que nous avons employé des armes chimiques le jour même où l’équipe, ou l’équipe d’enquête, est arrivée en Syrie. Est-ce logique ? Ce n’est pas logique. Même si un pays ou armée voulait utiliser cette arme, ils auraient attendu quelques jours jusqu’à ce que l’équipe ait achevé ses travaux. Ce n’est pas logique, toute cette histoire ne tient même pas debout.

Charlie Rose : Nous allons y revenir. Si ce n’est pas votre gouvernement qui l’a fait, malgré les preuves ?

Président al-Assad : Il faut être sur place pour obtenir des preuves, comme lorsque cela s’est produit à Alep et que nous avons obtenu des preuves. Et parce que les États-Unis n’ont pas envoyé d’équipe, nous avons envoyé les preuves aux Russes.

Charlie Rose : Mais ne voulez-vous pas connaître la réponse, si vous n’acceptez pas les preuves présentées à ce jour, à la question de savoir qui a fait ça ?

Président al-Assad : La question est de savoir qui a lancé des produits chimiques le même jour sur nos soldats. C’est la même question. Techniquement, ce n’est pas les soldats. Les soldats ne lancent pas des missiles sur eux-mêmes. Donc, c’est soit les rebelles, soit les terroristes, soit un tiers. Nous n’avons pas encore la moindre idée. Nous devons être sur place pour recueillir les preuves, alors nous pourrons donner une réponse.

Charlie Rose : Eh bien, on avance l’argument que les rebelles n’ont pas la capacité d’utiliser des armes chimiques, ils n’ont pas les roquettes et ils n’ont pas la fourniture d’armes chimiques que vous avez, ils n’ont donc pas pu le faire.

Président al-Assad : Tout d’abord, ils ont des fusées, et ils les lancent sur Damas depuis des mois.

Charlie Rose : Ont-ils des armes chimiques ?

Président al-Assad : Des roquettes en général. Premièrement, ils ont les moyens. Deuxièmement, le gaz sarin dont on parle ces dernières semaines est un gaz très primitif. Vous pouvez en fabriquer dans une arrière-cour, c’est un gaz très primitif. Ce n’est donc pas quelque chose de compliqué.

Charlie Rose : Mais ce n’était pas primitif. Il s’agissait d’une utilisation terrible d’armes chimiques.

Président al-Assad : Troisièmement, ils l’ont employé à Alep, dans le nord de la Syrie. Quatrièmement, il y a une vidéo sur YouTube où les terroristes font clairement des essais sur un lapin et tuent le lapin et disent : « voilà comment nous allons tuer le peuple syrien ». Cinquièmement, il y a une nouvelle vidéo sur une de ces femmes qu’ils considèrent comme rebelle ou combattante et qui a travaillé avec les terroristes et qui dit : « ils ne nous disent pas comment utiliser les armes chimiques » et une de ces armes a explosé dans un des tunnels et tué douze personnes. C’est ce qu’elle a dit. Ce sont les éléments de preuve dont nous disposons. Quoi qu’il en soit, c’est celui qui accuse qui doit apporter les preuves. Les Etats-Unis ont accusé la Syrie, et si vous accusez vous devez apporter la preuve, avant tout. Nous devrons trouver des preuves lorsque nous serons sur place.

Charlie Rose : Quelle preuve serait suffisante à vos yeux ?

Président al-Assad : Par exemple, à Alep, nous avons mis la main sur le missile lui-même, et le matériel, et des échantillons de sable, de terre, et des échantillons de sang.

Charlie Rose : Mais on avance l’argument que vos forces ont bombardé Ghouta peu de temps après, avec l’intention de faire disparaître les preuves.

Président al-Assad : Comment un bombardement pourrait-il faire disparaître les preuves ? Techniquement, ça ne marche pas. Comment ? Pour être franc, c’est stupide, c’est très stupide.

Charlie Rose : Mais vous reconnaissez les bombardements ?

Président al-Assad : Bien sûr, il y avait un combat. Cela arrive tous les jours, il y en peut-être un en ce moment même. Mais, parlons de… nous avons des indications, permettez-moi de terminer ce point, car comment peut-on utiliser des ADM alors que vos troupes sont à seulement 100 mètres de là ? Est-ce logique ? Cela n’arrive pas. On ne peut pas les utiliser ainsi. Toute personne qui n’est pas militaire le sait. Pourquoi employer des armes chimiques pendant que vous avancez ? L’année dernière fut une année beaucoup plus difficile pour nous que cette année, et nous n’en avons pas utilisé.

Charlie Rose : Il y a cette question aussi : si ce n’est pas vous, est-ce que cela veut dire que vous n’avez pas le contrôle de vos propres armes chimiques et que peut-être sont-elles tombées entre les mains d’autres personnes qui pourraient vouloir les utiliser ?

Président al-Assad : D’abord, cela implique que nous avons effectivement des armes chimiques. Ensuite, cela implique qu’elles ont été employées. Nous ne pouvons donc pas répondre à cette question avant de répondre à la première partie et la deuxième partie. Troisièmement, admettons qu’un pays ou une armée possède une telle arme ; ce type d’arme ne peut pas être employée par l’infanterie, par exemple, ou par n’importe qui. Ce type d’arme doit être employée par des unités spécialisées, et ne peut donc pas être mise entre n’importe quelles mains.

Charlie Rose : Eh bien, c’est exactement de ça qu’il s’agit.

Président al-Assad : Et sous un contrôle centralisé.

Charlie Rose : Ah, donc vous dites que si, en fait, votre gouvernement l’avait fait, vous auriez été au courant et vous l’auriez approuvé.

Président al-Assad : Je parle d’un cas en général.

Charlie Rose : En général, vous dites que si, en fait, c’est bien arrivé, j’aurais été au courant et je l’aurais approuvé. C’est ça la nature du pouvoir centralisé.

Président al-Assad : En règle générale, dans tous les pays, oui. Je parle des règles générales, parce que je ne peux pas discuter ce point en détail avec vous sans dire ce que nous possédons et ce que nous ne possédons pas, et c’est un sujet que je ne vais pas aborder, comme je le disais au tout début, parce qu’il s’agit d’une question militaire qui ne peut pas être discutée.

Charlie Rose : Avez-vous des doutes sur l’article du New York Times que je viens de vous lire, qui affirme que vous auriez un stock d’armes chimiques ? Vous ne le niez pas.

Président al-Assad : Non, nous ne disons ni oui ni non, car tant que cette question est classifiée, on ne peut pas en parler.

Charlie Rose : Les Etats-Unis sont prêts à lancer une attaque contre votre pays parce qu’ils croient que les armes chimiques sont si odieuses, que celui qui les utilise franchit une ligne rouge et que, par conséquent, dans ce cas, il faut leur donner une bonne leçon de sorte à ne pas recommencer.

Président al-Assad : Quelle ligne rouge ? Qui l’a dessinée ?

Charlie Rose : Le Président dit que ce n’est pas seulement lui, que le monde entier l’a tracée par leur révulsion contre l’emploi d’armes chimiques, que le monde entier a tracé cette ligne rouge.

Président al-Assad : Pas le monde entier, car c’est Obama qui a tracé cette ligne, et Obama peut tracer des lignes pour lui-même et pour son pays, pas pour les autres pays. Nous avons nos propres lignes rouges, comme notre souveraineté, notre indépendance. Et si vous voulez parler de lignes rouges dans le monde, les États-Unis ont utilisé l’uranium appauvri en Irak, Israël a utilisé du phosphore blanc à Gaza, et personne n’a rien dit. Où sont les lignes rouges ? Nous ne voyons pas de lignes rouges. Ce sont des lignes rouges politiques.

Charlie Rose : Le président est prêt à frapper, et peut-être qu’il va obtenir l’autorisation du Congrès, ou non. La question alors est : seriez-vous disposés à renoncer aux armes chimiques si cela empêchait le Président d’autoriser une frappe ? Est-ce un accord que vous accepteriez ?

Président al-Assad : Encore une fois, vous impliquez sans cesse que nous possédons des armes chimiques.

Charlie Rose : Je suis bien obligé, parce que c’est l’hypothèse du Président. C’est son hypothèse, et c’est lui qui ordonnera les frappes.

Président al-Assad : C’est son problème à lui, s’il a une hypothèse. Mais pour nous, en Syrie, nous avons des principes. Nous ferions n’importe quoi pour éviter à la région une nouvelle guerre folle. Il ne s’agit pas seulement de la Syrie, car cela ne fera que commencer en Syrie.

Charlie Rose : Vous feriez n’importe quoi pour empêcher la région de connaître une nouvelle guerre folle ?

Président al-Assad : La région, oui.

Charlie Rose : Réalisez-vous les conséquences pour vous s’il y a une frappe ?

Président al-Assad : Il ne s’agit pas de moi. Il s’agit de la région.

Charlie Rose : Il s’agit de votre pays, il s’agit de votre peuple.

Président al-Assad : Evidemment, mon pays et moi, nous faisons partie de cette région, nous ne sommes pas isolés. Nous ne pouvons pas discuter uniquement de la Syrie ou de moi, il faut le faire dans un cadre, dans un ensemble, dans une globalité. C’est ainsi qu’il faut l’aborder.

Charlie Rose : Certains se demandent pourquoi le feriez-vous ? C’est une chose stupide à faire, si vous vous attirez une frappe sur la tête en utilisant des armes chimiques. D’autres disent que vous le feriez parce que vous êtes désespéré, ou selon une autre version, parce que vous voulez faire peur, parce que ce sont des armes terribles et si quelqu’un sait que vous en possédez, et plus précisément vos adversaires en Syrie, les rebelles, alors vous avez réussi votre coup et qu’ils vivront dans la peur, et que, par conséquent, le Président doit faire quelque chose.

Président al-Assad : Vous ne pouvez pas être désespéré lorsque votre armée progresse. Cela aurait dû se produire – en admettant que cette présomption est correcte et correspond à la réalité – vous employez de telles armes lorsque vous êtes dans une situation désespérée. Notre position est bien meilleure qu’avant. Donc, ce n’est pas correct.

Charlie Rose : Vous pensez que vous êtes en train de gagner la guerre.

Président al-Assad : « gagner » est un mot subjectif, mais nous progressons. C’est le mot juste, parce que pour certaines personnes, on gagne lorsque la partie est terminée.

Charlie Rose : Certains disent que si vous êtes en train de gagner, c’est en raison de l’aide que vous avez récemment obtenue de l’Iran et du Hezbollah et des fournitures supplémentaires obtenues. Des gens à l’extérieur de la Syrie qui vous soutiennent contre les rebelles.

Président al-Assad : l’Iran n’a pas de soldats en Syrie, alors comment l’Iran pourrait-il m’aider ?

Charlie Rose : Par des fournitures, des armes ?

Président al-Assad : Tout ça, c’était avant la crise. Nous avons toujours eu ce type de coopération.

Charlie Rose : le Hezbollah, les combattants du Hezbollah sont venus ici.

Président al-Assad : les combattants du Hezbollah sont sur les frontières avec le Liban, où les terroristes les ont attaqués. Sur les frontières avec le Liban, c’est là que le Hezbollah a riposté, et c’est là que nous avons une coopération, et c’est une bonne chose.

Charlie Rose : les forces du Hezbollah sont aujourd’hui en Syrie ?

Président al-Assad : Sur la zone frontière avec le Liban où ils veulent se protéger et coopérer avec nous, mais ils ne sont pas dans toute la Syrie. Ils ne peuvent pas être dans toute la Syrie de toute façon, pour de nombreuses raisons, mais ils sont sur les frontières.

Charlie Rose : Quels conseils recevez-vous des Russes ?

Président al-Assad : A quel sujet ?

Charlie Rose : A propos de cette guerre, sur la façon de mettre fin à cette guerre.

Président al-Assad : tous les amis de la Syrie cherchent une solution pacifique, et nous en sommes convaincus. On nous donne ce conseil, mais même sans ce conseil, nous en sommes convaincus.

Charlie Rose : Avez-vous un plan pour mettre fin à la guerre ?

Président al-Assad : Bien sûr.

Charlie Rose : Laquelle ?

Président al-Assad : Au tout début, il était entièrement politique. Quand vous avez ces terroristes, la première partie de ce plan qui est politique doit commencer par l’arrêt de la contrebande de terroristes venant de l’étranger, l’arrêt du soutien logistique, de l’argent, tous les types de soutien qui parviennent à ces terroristes. C’est la première partie. Deuxièmement, nous pouvons avoir un dialogue national où les différentes parties syriennes s’assoient et discutent de l’avenir de la Syrie. Troisièmement, vous pouvez avoir un gouvernement intérimaire ou un gouvernement de transition. Ensuite, vous avez des élections, des élections parlementaires, des élections présidentielles.

Charlie Rose : Mais la question est : voulez-vous rencontrer les rebelles aujourd’hui pour discuter d’un règlement négocié ?

Président al-Assad : Dans l’initiative que nous avons publié au début de cette année, nous avons dit toutes les parties, sans exception, pourvu qu’elles déposent leurs armes.

Charlie Rose : Vous rencontrerez les rebelles et tous ceux qui se battent contre vous s’ils abandonnent leurs armes ?

Président al-Assad : Aucun problème.

Charlie Rose : Alors ils vont dire : « vous ne déposez pas vos armes, pourquoi devrions-nous déposer les nôtres ? »

Président al-Assad : Est-ce qu’un gouvernement renonce à ses armes ? Avez-vous déjà entendu parler de ça avant ?

Charlie Rose : Non, mais les rebelles normalement n’abandonnent pas leurs armes pendant des négociations, ils ne le font qu’après un succès…

Président al-Assad : L’armement du gouvernement est un armement légal. Toute autre armement est illégal. Alors, comment pouvez-vous les comparer ? C’est complètement différent.

Charlie Rose : Il y a un débat intense en cours sur toutes ces questions qui sont abordées à Washington, et s’il y a bien une frappe, elle émanera de la décision des États-Unis de le faire. Qu’aimeriez-vous dire, au cours de cette semaine très importante, à l’Amérique, et à Washington, au peuple américain, aux membres du Congrès, au président des États-Unis ?

Président al-Assad : Je pense que la partie la plus importante est, disons, le peuple américain, mais les sondages montrent que la majorité aujourd’hui ne veut pas d’une guerre, où que ce soit, pas seulement contre la Syrie. Mais le Congrès va voter à ce sujet dans quelques jours, et je pense que le Congrès est élu par les gens, il représente le peuple, et travaille dans son intérêt. La première question qu’ils doivent se poser est : qu’est-ce que les guerres ont rapporté à l’Amérique, depuis celle contre le Vietnam et jusqu’à présent ? Rien. Aucun gain politique, aucun gain économique, une mauvaise image. La crédibilité des États-Unis est au plus bas de tous les temps. Cette guerre est donc contre l’intérêt des États-Unis. Pourquoi ? Tout d’abord, cette guerre va soutenir Al-Qaïda et les mêmes personnes qui ont tué des Américains au cours du 11 Septembre. La deuxième chose que nous voulons dire au Congrès, c’est qu’ils demandent, et nous attendons d’eux qu’ils le demandent au gouvernement, les preuves sur l’emploi d’armes chimiques et les accusations qui ont été portées.

Je ne dirai rien au président ou à tout autre fonctionnaire, parce que nous sommes déçus par leur comportement récent, parce que nous nous attendions à une administration différente de celle de Bush. Ils adoptent la même doctrine avec différents accessoires. C’est tout. Donc, si nous voulons espérer quelque chose de cette administration, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais le contraire, que de dire « nous n’avons pas de preuves », et que « nous devons obéir au droit international », que « nous devons retourner au Conseil de sécurité et devant les Nations Unies ».

Charlie Rose : La question demeure : que pouvez-vous dire au Président qui croit que des armes chimiques ont été employées par votre gouvernement, que cela ne se reproduira plus.

Président al-Assad : Je lui dirai très simplement : présentez ce que vous avez comme preuves au public, soyez transparent.

Charlie Rose : Et s’il le fait ? S’il présente des preuves ?

Président al-Assad : C’est là où nous pourrons en discuter, mais il ne les a pas. Il ne les a pas présentées parce qu’il n’en a pas, Kerry n’en a pas. Personne dans votre administration n’en a. S’ils en avaient, ils les auraient présentées aux médias dès le premier jour.

Charlie Rose : Ils les ont présentées au Congrès.

Président al-Assad : Rien. Rien n’a été présenté.

Charlie Rose : Ils ont montré au Congrès ce qu’ils avaient, et les éléments de preuve dont ils disposent, des messages interceptés par satellite, etc.

Président al-Assad : Rien n’a été présenté jusqu’à présent…

Charlie Rose : Ils les ont présentées au Congrès, monsieur.

Président al-Assad : Vous êtes journaliste. Obtenez ces preuves et montrez-les au public dans votre pays.

Charlie Rose : Ils les présentent aux représentants du public. Ils ne montrent pas leurs preuves et leurs actions et leurs plans à un cercle restreint. Ils les montrent aux représentants du peuple qui voteront sur une autorisation de frappe, et s’ils ne trouvent pas les preuves suffisantes…

Président al-Assad : Tout d’abord, nous avons le précédent de Collin Powell, il y a dix ans, quand il a montré des preuves, elles étaient fausses, c’était une invention. Première chose. Deuxièmement, vous voulez me faire croire aux données fournies par les Américains et ne voulez pas que je croie aux données dont nous disposons nous-mêmes. Nous vivons ici, c’est notre réalité.

Charlie Rose : Quelles sont vos données ?

Président al-Assad : Que les rebelles ou les terroristes ont utilisé les armes chimiques dans le nord d’Alep, il y a cinq mois.

Charlie Rose : Et le 21 Août ?

Président al-Assad : Non, non, non. C’était avant. Le 21, une nouvelle fois ils les ont employées contre nos soldats dans une région que nous contrôlons, et nos soldats sont allés à l’hôpital, vous pouvez les voir si vous voulez.

Charlie Rose : Mais Ghouta n’est pas contrôlée par vos forces, elle est contrôlée par les forces rebelles. La zone où l’attaque a eu lieu est contrôlée par les forces rebelles.

Président al-Assad : Et s’ils ont des stocks qui ont explosé à cause du bombardement ? Et s’ils ont lancé le missile par erreur sur eux-mêmes ?

Charlie Rose : Passons maintenant à la question d’une éventuelle frappe, que j’ai déjà abordée. Vous avez été prévenu à l’avance. Vous êtes-vous préparés, en déplaçant des cibles potentielles, avez-vous déplacé des cibles au sein de la population civile, toutes les choses que vous auriez faites si vous aviez le temps de les faire et que vous aviez été clairement avertis de la possibilité ?

Président al-Assad : La Syrie est en état de guerre depuis que son territoire a été occupé il y a plus de quarante ans, et la nature des frontières en Syrie implique que la majeure partie de l’armée se trouve dans les zones habitées, la plupart des centres sont dans des zones habitées. Vous trouverez difficilement une base militaire dans les zones éloignées des villes sauf s’il s’agit d’un aéroport ou quelque chose comme ça, mais la plupart des bases militaires ou des centres se trouvent dans des zones habitées.

Charlie Rose : Y’aura-t-il des attaques contre les bases américaines au Moyen-Orient, en cas de frappe aérienne ?

Président al-Assad : Vous devez vous attendre tout. Pas nécessairement de la part du gouvernement. Les gouvernements ne sont pas les seuls acteurs dans cette région. Vous avez différentes parties, différentes factions, vous avez des idéologies différentes, vous avez de tout dans cette région maintenant. Il faut donc s’attendre à tout.

Charlie Rose : Dites-moi ce que vous entendez par « s’attendre à tout. »

Président al-Assad : Attendez-vous à n’importe quelle action.

Charlie Rose : Y compris la guerre chimique ?

Président al-Assad : Cela dépend. Si les rebelles ou les terroristes dans cette région ou tout autre groupe en possèdent, cela pourrait se produire, je ne sais pas. Je ne suis pas un devin pour vous dire ce qui va se passer.

Charlie Rose : Mais nous aimerions en savoir plus, je pense que le Président voudrait savoir, le peuple américain aimerait savoir. S’il y a une attaque, quelles pourraient être les répercussions et qui pourrait être engagé dans ces répercussions ?

Président al-Assad : Bon, avant le 11 Septembre, dans mes discussions avec de nombreux responsables des États-Unis, certains d’entre eux sont membres du Congrès, j’avais l’habitude de dire que « ne traitez pas avec les terroristes comme dans un jeu. » C’est une autre histoire. Vous allez en payer le prix si vous n’êtes pas prudents avec les terroristes. Nous avons dit que vous alliez subir des répercussions à cause de votre manière erronée de traiter avec eux, de traiter le terrorisme, mais personne ne s’attendait au 11 Septembre. On ne peut donc pas prévoir. Il est difficile pour quiconque de vous dire ce qui va se passer. C’est une région où tout est au bord de l’explosion. Vous devez vous attendre à tout.

Charlie Rose : Parlons de la guerre aujourd’hui. Cent mille personnes tuées. Un million de réfugiés. Un pays détruit. Assumez-vous une certaine responsabilité pour cela ?

Président al-Assad : Cela dépend de la décision que j’ai prise. Dès le premier jour, j’ai pris la décision en tant que président de défendre mon pays. Alors, qui a tué, ça c’est une autre question. En fait, les terroristes ont tué nos gens depuis le début de cette crise, il y a deux ans et demi, et le peuple syrien voulait que le gouvernement et les institutions de l’Etat et de l’armée et de la police le défende, et c’est ce qui s’est passé. Nous parlons donc de la responsabilité, ma responsabilité selon la Constitution syrienne, qui dit que nous devons nous défendre.

Charlie Rose : Monsieur le Président, vous dites constamment « ce sont des terroristes. » La plupart des gens observent les rebelles et disent qu’Al-Qaïda et d’autres forces étrangères à la Syrie ne représentent plus que 15 ou 20 pour cent des forces sur le terrain. Les autres 80 % sont des Syriens, sont des transfuges de votre gouvernement, et des transfuges de votre armée. Ce sont des gens qui sont Syriens et qui croient que leur pays ne doit pas être dirigé par un dictateur, ne devrait pas être géré par une famille, et qui veulent un gouvernement différent dans leur pays. C’est 80% des personnes qui se battent contre vous, pas des terroristes.

Président al-Assad : Nous n’avons pas dit que 80%, par exemple, ou la majorité ou la grande majorité, sont des étrangers. Nous avons dit que la grande majorité sont Al-Qaïda ou une des filiales d’Al-Qaïda dans cette région. Quand on parle d’Al-Qaïda, peu importe qu’il soit syrien ou américain ou européen ou africain. Al-Qaïda a une idéologie et obéit à la même direction, que ce soit en Afghanistan ou en Syrie ou en Irak. C’est ça la question. Vous avez des dizaines de milliers d’étrangers, c’est certainement vrai. Nous les combattons sur le terrain et nous le savons.

Charlie Rose : Mais c’est 15 ou 20 % du total. De combien parlons-nous ?

Président al-Assad : Personne ne le sait parce que quand ils sont tués, ils n’ont pas de pièce d’identité. Vous regardez leurs visages, on dirait des étrangers, mais d’où viennent-ils ? Il est difficile de faire une estimation précise, mais certainement la majorité sont Al-Qaïda. C’est cela qui nous préoccupe, pas leur nationalité. Que ce soit Al-Qaïda syrien, ou pakistanais ou saoudien, quelle est la différence ? Quelle importance ? La chose la plus importante est que la majorité sont Al-Qaïda. Nous n’avons jamais dit que la majorité n’était pas des Syriens, mais nous avons dit que la minorité est ce qu’ils appellent « l’armée syrienne libre ». C’est ce que nous avons dit.

Charlie Rose : Croyez-vous que ça devient une guerre de religion ?

Président al-Assad : Cela a commencé en partie comme une guerre sectaire dans certaines zones, mais maintenant, ce n’est pas le cas, parce que quand vous parlez de guerre sectaire ou guerre de religion, il faut une ligne très nette entre les sectes et les religions en Syrie selon la géographie et la démographie, ce que nous n’avons pas. Donc, ce n’est pas une guerre religieuse, mais Al-Qaïda utilise toujours les religions, l’islam en fait, comme un prétexte et comme couverture et comme un manteau pour leurs guerres et leur terrorisme et leurs mise à mort et les décapitations et ainsi de suite.

Charlie Rose : Pourquoi cette guerre dure-t-elle depuis deux ans et demi ?

Président al-Assad : En raison de l’ingérence extérieure, car il s’agit d’un programme de l’extérieur pris en charge par, ou disons dirigée par, les Etats-Unis, l’Occident, les pays des pétrodollars, principalement l’Arabie Saoudite, et avant c’était le Qatar et la Turquie. C’est pourquoi elle dure depuis deux ans et demi.

Charlie Rose : Mais que font-ils, ces pays vous avez cités ?

Président al-Assad : Ils ont des objectifs différents. Pour l’Occident, il s’agit de saper les positions syriennes. Pour les pays des pétrodollars comme l’Arabie Saoudite, ils pensent que porter atteinte à la Syrie va saper l’Iran sur une base sectaire. Pour la Turquie, ils pensent que si les Frères musulmans contrôlent le reste de la région, ils seront très à l’aise, ils seront très heureux, ils feront en sorte que leur avenir politique soit garanti. Ils ont donc des plans et des objectifs différents.

Charlie Rose : Mais en même temps, comme je le disais, vous avez utilisé le Hezbollah et obtenu le soutien de l’Iran, de la Russie. Alors, qu’est-ce qui se passe ici. Est-ce une sorte de guerre qui n’existe que grâce aux soutiens des deux côtés ?

Président al-Assad : C’est de la coopération, je ne sais pas ce que vous entendez par soutien. Nous avons une coopération avec des pays depuis des décennies. Pourquoi parler de cette coopération aujourd’hui ?

Charlie Rose : Alors dites-le moi, qu’est-ce que vous recevez de l’Iran ?

Président al-Assad : Un soutien politique. Nous avons des accords avec de nombreux pays, dont l’Iran, dont la Russie, y compris avec d’autres pays sur différentes choses, y compris l’armement. C’est de la coopération comme toute coopération entre deux pays, ce qui est normal. Ce n’est pas lié à la crise. Vous n’appelez pas ça un soutien, parce que vous payez pour ce que vous obtenez. Ainsi, on ne peut pas l’appeler un soutien, c’est une coopération. Appelez ça comme vous voulez, mais le mot « soutien » n’est pas correct. De la Russie par exemple, nous recevons un soutien politique, ce qui est différent de la coopération. Nous avons une coopération depuis 60 ans maintenant, mais actuellement nous avons un soutien politique.

Charlie Rose : Eh bien, les Russes ont dit qu’ils vous soutenaient, mais au-delà d’une coopération politique. Je veux dire par là qu’ils ont des traités signés avec la Syrie.

Président al-Assad : Exactement.

Charlie Rose : Et ils fournissent toutes sortes d’armes défensives.

Président al-Assad : Vous avez dit traités, et un fonctionnaire russe a dit, nous n’avons pas d’accord… de contrats à respecter, et ces contrats sont comme pour n’importe quel pays, vous achetez de l’armement, vous achetez ce que vous voulez.

Charlie Rose : Mais croyez-vous que cela est devenu un conflit entre sunnites et chiites ?

Président al-Assad : Non, pas encore. C’est ce que les Saoudiens ont en tête, et c’est dans l’esprit des Wahhabites.

Charlie Rose : Et dans l’esprit des Iraniens ?

Président al-Assad : Non, non, en fait ils font le contraire. Ils ont essayé d’ouvrir des voies avec les Saoudiens, avec de nombreuses autres entités islamiques dans la région afin de parler de la société islamique, et non pas de sociétés sunnites et chiites.

Charlie Rose : Y a-t-il eu un moment pour vous, quand vous avez vu le printemps arabe approcher la Syrie, où vous vous êtes dit « J’ai vu ce qui s’est passé en Libye, j’ai vu ce qui s’est passé en Tunisie, j’ai vu ce qui s’est passé en Egypte, ça ne va pas arriver à Bachar al-Assad. Je me battrai contre quiconque qui essaie de renverser mon régime avec tout ce que j’ai. »

Président al-Assad : Non, pour une raison : parce que la première question que je me pose est : ai-je le soutien du peuple ou non. C’est la première question que je me suis posée en tant que président. Si je n’ai pas le soutien du peuple, s’il y a le soi-disant « printemps arabe » – ce n’est pas le printemps, de toute façon – mais que ce soit le cas ou pas, sans le soutien du peuple, il faut abandonner, il faut partir. Avec le soutien du peuple, quelles que soient les circonstances, il faut rester. C’est votre devoir, vous devez aider les gens, il faut servir le peuple.

Charlie Rose : Quand vous dites « soutien du peuple », certaines pointent du doigt la Syrie et disent qu’une secte minoritaire alaouite contrôle une population majoritairement sunnite, et parlent de « dictature », et qu’ils peuvent le faire grâce à la puissance de leurs propres instruments de pouvoir. C’est de ça dont vous bénéficiez, pas de l’appui du peuple, dans cette guerre entre Syriens.

Président al-Assad : Aujourd’hui, ça fait deux ans et demi, d’accord ? Deux ans et demi et la Syrie résiste encore aux Etats-Unis, à l’Occident, à l’Arabie saoudite, aux pays les plus riches de la région, y compris la Turquie, et, compte tenu de ce que votre question implique que même la grande majorité ou la majorité de la population syrienne serait contre moi, comment puis-je encore résister ? Suis-je un surhumain ou Superman, ce n’est pas le cas !

Charlie Rose : Ou vous avez une armée puissante.

Président al-Assad : L’armée est issue du peuple, elle n’est pas composée de robots. Elle est faite de gens.

Charlie Rose : Vous n’êtes sûrement pas en train de suggérer que cette armée n’est pas à vos ordres et aux ordres de votre famille.

Président al-Assad : Qu’entendez-vous par « aux ordres de la famille ?

Charlie Rose : La volonté de votre famille. Votre frère est dans l’armée. L’armée a été… tout observateur de la Syrie estime que c’est un pays contrôlé par votre famille et contrôlé par les Alaouites qui sont vos alliés. C’est ça le contrôle.

Président al-Assad : Si c’était le cas – ce que vous dites – nous n’aurions pas résisté pendant deux ans et demi. Nous aurions vu l’armée se désintégrer, et se désintégrer l’ensemble de l’institution de l’État, nous aurions assisté à une désintégration de la Syrie, si tel était le cas. Ce serait intolérable en Syrie. Je parle de la réaction normale de la population. Si ce n’est pas une armée nationale, elle ne peut pas bénéficier de l’appui, et si elle n’a pas le soutien de chaque secte, elle ne peut pas faire son travail, et accomplir les progrès récents. Elle ne peut pas. L’armée d’une famille ne mène pas une guerre nationale.

Charlie Rose : Certains diront que vous n’avez pas eu ce soutien, car en fait les rebelles gagnaient avant que vous n’obteniez le soutien du Hezbollah et un soutien plus large des Iraniens, que vous étiez en train de perdre et puis ils sont venus et vous ont donné du cou de main et vous avez pu au moins commencer à gagner, à obtenir au moins un match nul.

Président al-Assad : Non, le contexte est incorrect, parce que parler de gagner ou de perdre, c’est comme si vous parliez de deux armées qui s’affrontent, ce qui n’est pas le cas. Ce sont des gangs, en provenance de l’étranger pour infiltrer les zones habitées, tuer les gens, prendre leurs maisons, et tirer sur l’armée. L’armée ne peut pas faire la même chose, et l’armée n’est pas présente partout.

Charlie Rose : Mais ils contrôlent une grande partie de votre pays.

Président al-Assad : Non, ils sont allés partout où l’armée était absente, et l’armée y est allée pour nettoyer la zone et les chasser. Ils n’attaquent pas l’armée dans une zone que l’armée a occupé et reprise. C’est complètement différent, ce n’est pas correct, ou ce n’est pas précisément ce que vous dites. C’est donc complètement différent. Ce que l’armée est en train de faire est de nettoyer de ces zones, et l’indication que l’armée est forte, c’est qu’elle progresse dans ce domaine. Elle n’est jamais allée à un endroit sans pouvoir y entrer – c’est une indication. Comment cette armée pourrait le faire si c’était l’armée d’une famille ou l’armée d’une secte ? Qu’en est-il du reste du pays qui soutient le gouvernement ? Ce n’est pas réaliste, ça n’arrive pas. Sinon, tout le pays s’effondrerait.

Charlie Rose : Un petit point sur l’implication américaine ici. Le Président a été beaucoup critiqué parce qu’il n’a pas accordé plus de soutien aux rebelles. Comme vous le savez, il y a eu une dispute entre ses propres conseillers, de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, du directeur de la CIA David Petraeus, le Département de la Défense, Leon Penetta, secrétaire à la Défense, et d’autres, qu’il aurait du aider les rebelles il y a deux ans, et que nous serions dans une situation très différente, et donc que le Président n’a pas suffisamment apporté de soutien aux rebelles, de l’avis de beaucoup de gens. Et il y a des critiques selon qui lorsque la décision a été récemment prise d’apporter ce soutien, ce soutien n’est pas parvenu aux rebelles parce qu’il y a une inquiétude quant à la composition de la rébellion.

Président al-Assad : Si l’administration américaine veut soutenir Al- Qaïda – allez-y. C’est ce que nous leur dirions, allez-y et soutenez Al-Qaïda, mais ne parlez pas de rebelles ou d’armée syrienne libre. La majorité des combattants sont désormais Al-Qaïda. Si vous souhaitez les soutenir, vous soutenez Al- Qaïda, vous créez le chaos dans la région, et si cette région n’est pas stable, le monde entier ne pourra pas l’être.

Charlie Rose : Sauf votre respect, monsieur, la plupart des gens ne croient pas que la majorité des forces soient Al-Qaïda. Oui, il y a un certain nombre de gens qui sont affiliés à Al-Qaïda et qui sont ici et qui souscrivent aux principes d’Al-Qaïda, mais ce n’est pas la majorité des forces, comme vous le savez. Vous savez que la composition qui se battent contre votre régime diffère selon les régions en Syrie.

Président al-Assad : Les responsables américains doivent apprendre à composer avec la réalité. Pourquoi les Etats-Unis échouent-ils dans la plupart de leurs guerres ? Parce que leurs guerres reposent toujours sur des informations erronées. Alors, qu’ils le croient ou non, c’est la réalité. Je dois être très clair et très honnête. Je ne vais pas leur demander de croire s’ils ne veulent pas croire. C’est la réalité, je vous dis la réalité de notre pays. Nous vivons ici, nous savons ce qui se passe, et ils doivent écouter les gens d’ici. Ils ne peuvent pas écouter uniquement leurs médias ou leurs centres de recherche. Ils ne vivent pas ici, personne ne vit ici à part nous. Donc, c’est la réalité. S’ils veulent croire, c’est bien, ça va les aider à comprendre la région et à mieux réussir dans leur politique.

Charlie Rose : Beaucoup de gens pensent que ce n’est pas une situation tenable, que cette guerre ne peut pas continuer, parce que le coût pour la Syrie est trop élevé. Trop de morts – une centaine de milliers et ça continue, un trop grand nombre de réfugiés, trop de destructions, l’âme d’un pays en danger. Si c’était pour le bien du pays, seriez-vous prêt à quitter le pouvoir ?

Président al-Assad : Cela dépend de la relation entre mon poste et le conflit. Nous ne pouvons pas discuter juste pour dire que je dois démissionner. Démissionner, pourquoi, et quel est le résultat attendu ? Ca c’est la première chose. Ensuite, quand vous êtes au milieu d’une tempête, quitter votre pays simplement parce que vous devez le quitter sans aucun motif raisonnable, cela signifie que vous abandonnez votre pays et ça c’est une trahison.

Charlie Rose : Vous dites que ce serait une trahison pour vous de quitter le pouvoir à cause de vos devoirs envers le pays ?

Président al-Assad : Sauf si le peuple le demande.

Charlie Rose : Comment le sauriez-vous ?

Président al-Assad : Par les deux ans et demi de résistance. Sans le soutien du peuple, on ne résiste pas pendant deux ans et demi. Regardez les autres pays, regardez ce qui s’est passé en Libye, en Tunisie et en Egypte.

Charlie Rose : Vous êtes inquiet à ce sujet, de ce qui est arrivé à Kadhafi ?

Président al-Assad : Non, nous sommes inquiets que les rebelles prennent le contrôle dans de nombreux pays, et regardez les résultats. Êtes-vous satisfait en tant qu’Américain ? Quels sont les résultats ? Rien. Très mauvais – rien de bon.

Charlie Rose : Il y avait un rapport récemment dont vous avez parlé, ou un de vos représentants en a parlé, une sorte d’accord dans lequel vous et votre famille quitteraient le pays si on vous garantissait un sauf-conduit, si vous étiez assurés qu’il n’y aurait aucune poursuite pénale. Vous êtes au courant de ces rapports ?

Président al-Assad : Nous avons reçu de telles garanties dès le premier jour de la crise.

Charlie Rose : En raison de vos actes ?

Président al-Assad : Non, en raison des objectifs politiques dont j’ai parlé. Pour certains, je devais partir, tout simplemen. Ils ont donc dit « nous avons toutes les garanties si vous voulez partir, et tout l’argent et tout ce que vous voulez. » Bien sûr, il suffit de l’ignorer.

Charlie Rose : On vous a donc offert cette possibilité ?

Président al-Assad : Oui, mais il ne s’agit pas de moi, encore une fois, ce combat n’est pas mon combat, ce n’est pas la lutte du gouvernement, c’est la lutte du pays, du peuple syrien. C’est ainsi que nous voyons les choses. Il ne s’agit pas de moi.

Charlie Rose : Il ne s’agit pas de vous ?

Président al-Assad : Il s’agit de tous les Syriens.

Charlie Rose : Comment finira cette guerre ? Quelle est la fin de partie ?

Président al-Assad : C’est très simple, une fois que les pays occidentaux cessent de soutenir les terroristes et de faire pression sur les pays marionnettes et serviles tels que l’Arabie saoudite et la Turquie et d’autres, il n’y aura plus de problème en Syrie. Il sera résolu facilement, parce que ces combattants, la partie syrienne dont vous parlez, a perdu son terreau naturel dans la société syrienne – ils n’ont plus de terreau, c’est pourquoi ils doivent en chercher à l’étranger. Ils ont besoin d’argent de l’étranger, ils ont besoin de soutien moral et un soutien politique à l’étranger. Ils n’ont pas de base, pas de terreau. Ainsi, en arrêtant la contrebande, on règle les problèmes.

Charlie Rose : Oui, mais en même temps, comme je l’ai déjà dit, vous avez le soutien de l’étranger. Il y a ceux qui disent que vous ne seriez pas en mesure de survivre sans le soutien de la Russie et de l’Iran. Votre gouvernement ne serait pas en mesure de survivre.

Président al-Assad : Non, ce n’est pas moi, je n’ai pas de soutien. Pas moi, mais toute la Syrie. Chaque accord est conclu entre toutes les classes et tous les secteurs de la Syrie ; gouvernement, population, commerce, militaire, culturel, tout, c’est comme la coopération entre votre pays et tout autre pays dans le monde. C’est la même coopération. Il ne s’agit pas de moi, ce n’est pas un soutien de crise.

Charlie Rose : Je voulais dire votre gouvernement. Vous dites que les rebelles ne survivent que parce qu’ils ont le soutien de l’Arabie saoudite et de la Turquie et des Etats-Unis et du Qatar peut-être, et je dis que vous ne survivez que parce que vous avez le soutien de la Russie et de l’Iran et du Hezbollah.

Président al-Assad : Non, l’aide extérieure ne pourra jamais remplacer le soutien intérieur, jamais, c’est certain. Et l’exemple que nous devons examiner de près, c’est l’Egypte et la Tunisie. Ils ont tout le soutien de l’Occident et du Golfe et de la plupart des pays du monde. Quand ils n’ont pas eu le soutien à l’intérieur de leur pays, ils n’ont pu tenir plus de – combien ? – trois semaines. Donc, la seule raison pour laquelle nous sommes ici depuis deux ans et demi, c’est parce que nous avons le soutien interne, l’appui du peuple. Alors tout soutien extérieur, si vous voulez appeler ça du soutien alors employons ce terme, c’est… comment dire… ça vient en plus, mais ce n’est pas sur cette base là qu’il faut s’appuyer, pas plus qu’en Syrie.

Charlie Rose : Vous et moi avons parlé de cela auparavant, nous nous souvenons de Hama et votre père, Hafez al Assad. Il a … impitoyablement… entrepris l’élimination des Frères musulmans. Etes-vous simplement en train d’imiter votre père ?

Président al-Assad : Je ne sais pas ce que vous entendez par impitoyablement, je n’ai jamais entendu parler d’une guerre douce. Avez-vous déjà entendu parler d’une guerre douce ? Il n’y a pas de guerre douce. La guerre est la guerre. Toute guerre est impitoyable. Quand vous combattez les terroristes, vous vous battez comme dans n’importe quelle autre guerre.

Charlie Rose : Alors, les leçons que vous avez apprises ici sont les leçons que vous avez apprises de votre père et de ce qu’il a fait à Hama, qui, dit-on, vous a influencé considérablement en termes de votre perception du devoir.

Président al-Assad : Question : que feriez-vous en tant qu’Américain si les terroristes envahissent votre pays d’un peu partout et commencent à tuer des dizaines de milliers d’Américains ?

Charlie Rose : Vous les appelez des terroristes, mais en fait il s’agit d’une révolution populaire, c’est ce que les gens croient, contrairement à vous, qui fait partie du printemps arabe qui a influencé d’autres pays.

Président al-Assad : la Revolution doit être être syrienne, elle ne peut pas être importée de l’étranger.

Charlie Rose : Elle n’a pas commencé de l’étranger, elle a commencé ici.

Président al-Assad : Ce que vous ne savez pas, c’est que ceux qui l’ont commencée ici soutiennent désormais le gouvernement. Ce que vous ne savez pas en tant qu’Américain, vous ne le savez pas en tant que journaliste. C’est pourquoi parler de ce qui s’est passé au tout début est complètement différent de ce qui se passe actuellement – ce n’est pas la même chose. Il y a une grande dynamique, les choses évoluent de jour en jour. C’est une image complètement différente. Ces gens qui voulaient la révolution coopèrent désormais avec nous.

Charlie Rose : Je vous le demande encore une fois, est-ce qu’en fait vous êtes le fils de votre père et croyez-vous que la seule façon de chasser les gens est de les éliminer comme votre père l’a fait ?

Président al-Assad : Pour être indépendant ? Oui. Pour lutter contre les terroristes ? Oui. Pour défendre le peuple syrien et le pays ? Oui.

Charlie Rose : Quand je vous ai interviewé pour la première fois, il était question de Bashar al-Assad… qui représentait l’espoir, la réforme. Ce n’est plus ce qu’ils disent.

Président al-Assad : Qui ?

Charlie Rose : Les gens qui écrivent sur vous, les gens qui parlent de vous, les gens qui analysent la Syrie et votre régime.

Président al-Assad : Exactement. L’espoir d’un Américain diffère de celui d’un Syrien. Selon moi, je dois être l’espoir de la Syrie, pas l’espoir de quelqu’un d’autre, pas l’espoir d’un américain, ni d’un français, ni de quelqu’un d’autre. Je suis président pour aider le peuple syrien. Donc, cette question doit être posée du point de vue syrien. S’il y a eu ou non des changements relatifs à cet espoir, c’est au peuple syrien qu’il faut poser la question, et à personne d’autre.

Charlie Rose : Mais maintenant, ils vous qualifient – ce sont leurs propres termes – de boucher. On vous compare aux pires dictateurs que le monde a jamais connus. L’emploi d’armes qui vont au-delà de la guerre. Tout ce qu’on peut dire de mal sur un dictateur, ils sont en train de le dire sur vous.

Président al-Assad : Tout d’abord, lorsque vous avez un médecin qui doit amputer une jambe pour sauver un patient de la gangrène, on ne l’appelle pas un boucher, on l’appelle un médecin, et on le remercie de sauver des vies. Quand vous avez le terrorisme, vous avez une guerre. Quand vous avez une guerre, vous avez toujours des victimes innocentes qui pourraient être les victimes de n’importe quelle guerre. Nous n’avons donc pas à discuter de l’image en Occident avant de discuter de l’image en Syrie. C’est ça la question.

Charlie Rose : Ce n’est pas seulement l’Occident. Je veux dire que c’est l’Est et le Moyen-Orient, et je veux dire, vous savez, le monde entier a le regard braqué sur la Syrie. Nous avons vu des atrocités des deux côtés, mais du votre aussi. Ils ont vu la brutalité d’un dictateur qui, disent-ils, vous classe dans la catégorie des pires.

Président al-Assad : Nous devons donc permettre aux terroristes de venir tuer des Syriens et détruire le pays beaucoup, beaucoup plus. C’est comme ça qu’on devient un bon président ? C’est ce que vous laissez entendre.

Charlie Rose : Mais vous ne pouvez pas admettre l’idée qu’il y a une opposition à votre gouvernement à l’intérieur de la Syrie. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas imaginer.

Président al-Assad : D’avoir une opposition ? Nous l’avons, et vous pouvez aller les rencontrer. Nous avons certains d’entre eux au sein du gouvernement, nous avons certains d’entre eux hors du gouvernement. Ils sont l’opposition. Elle existe.

Charlie Rose : Je parle de ceux qui se battent contre vous.

Président al-Assad : L’opposition est différente du terrorisme. L’opposition est un mouvement politique. L’opposition ne veut pas prendre les armes et tuer des gens et tout détruire. Les gens à Los Angeles dans les années 90 [émeutes violentes – NdT] – vous les appelez des rebelles ou l’opposition ? Comment les Britanniques ont-ils appelés les rebelles d’il y a moins de deux ans à Londres ? Les ont-ils appelés opposition ou rebelles ? Pourquoi devrions-nous les appeler opposition ? Ce sont des rebelles. Ce ne sont même pas des rebelles, ce sont des coupeurs de têtes. Une opposition qui s’oppose à un pays ou gouvernement avec des décapitations ? En faisant des barbecues avec des têtes ? En mangeant le cœur de leurs victimes ? C’est une opposition, ça ? Qu’est-ce que vous appelez les gens qui ont attaqué les deux tours, le 11 Septembre ? L’opposition ? Même s’ils ne sont pas Américains, je le sais, mais il me semble que l’un d’entre eux avait la nationalité américaine. Ce sont pour vous des opposants ou des terroristes ? Pourquoi devriez-vous utiliser un terme aux États-Unis et en Angleterre et peut-être dans d’autres pays et utiliser un autre terme en Syrie ? Il s’agit d’un double standard que nous n’acceptons pas.

Charlie Rose : Un jour je vous ai demandé ce que vous craignez le plus et vous avez répondu la fin de la Syrie en tant qu’état laïc. Est-ce déjà le cas ?

Président al-Assad : D’après ce que nous avons vu récemment dans les zones contrôlées par les terroristes, où ils interdisent aux gens d’aller à l’école, interdisent aux jeunes hommes de raser leurs barbes, et où les femmes doivent être couvertes de la tête aux pieds, bref, là où ils vivent à la manière des Talibans en Afghanistan, totalement avec le même mode de vie, à échéance, oui, il y a de quoi être inquiet. Parce que l’État laïque doit refléter la société laïque, et cette société laïque, avec le temps, si vous ne vous débarrassez pas de ces terroristes et ces extrémistes et du mode de vie wahhabite, bien sûr, celle-ci exercera une influence sur les nouvelles générations et celles à venir. Donc, nous ne nions pas sa présence, nous sommes toujours un état laïc, mais avec le temps, cette laïcité sera érodée.

Charlie Rose : Monsieur le Président, je vous remercie de nous avoir permis d’avoir cette conversation à propos de la Syrie et de la guerre qui y règne ainsi que de l’avenir du pays. Je vous remercie.

Président al-Assad : Je vous remercie d’être venu en Syrie.

Traduction « charlie, t’es pas un peu lourdaud des fois ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement plus de fautes et de coquilles que d’habitude eu égard à la longueur de ce truc.

Version corrigée, 18/9 11h00

EN COMPLEMENT

vidéo VO : http://www.cbsnews.com/8301-505263_162-57601924/assad-u.s-does-not-hav…

Retranscription en anglais : http://sana.sy/eng/21/2013/09/10/501729.htm

http://www.legrandsoir.info/interview-de-bashar-al-assad-par-cbs-news-texte-complet-en-francais.html

Une note « ultra-secrète » des services secrets français… signée Sacha Mandel


Top-SecretVoici ce que l’on apprend sous la plume d’Emmanuel Ratier à la lecture de Faits & Documents n°362 (du 15 au 30 septembre 2013) :

Agent d’influence. Ceux qui se sont donné la peine de lire le document (super-hyper-top-secret) « déclassifié » des services secrets français (DGSE) et de la Direction du renseignement militaire (DRM), censé justifier une intervention militaire française en Syrie, ont dû être frappés par la médiocrité de son contenu : aucun fait précis, ramassis de racontars, suppositions, affirmations péremptoires, conclusions tirées par les cheveux, etc. Un seul exemple :

« Le régime a ensuite conduit des frappes terrestres et aériennes importantes sur les zones des attaques. Il s’est attaché à retarder l’arrivée des inspecteurs pendant plusieurs jours. Ces éléments confirment une claire volonté de destructions des preuves a posteriori. De plus, des militaires ont déclenché des incendies, qui visaient probablement à purifier l’atmosphère grâce au mouvement d’air généré. »

Un délire quand on connaît comment fonctionne le gaz sarin et la manière dont il se fixe.

Même le site de gauche Rue 89 indique :

« La lecture du document apporte des hypothèses plausibles, mais de preuves, point, et un vrai mélange des genres. »

Un document qui rappelle surtout les élucubrations américaines sur les fantasmatiques défenses souterraines de Saddam Hussein en Irak ou les armes de destruction massives jamais découvertes… En clair, les spécialistes des questions de défense ont eu rapidement la certitude que ce salmigondis n’émanait pas de la DGSE ou de la DRM mais avait été rédigé pour la presse aux ordres. Il suffit d’aller (tellement les services de Matignon sont nuls en matière informatique) dans les propriétés du document pour constater qu’il émane d’un certain « smandel », derrière lequel il est aisé d’identifier Sacha Mandel (photo ci-dessus).

2013-09-15_130402-97a8fCe Sacha Mandel est sans nul doute le conseiller presse de Jean-Yves Le Drian… et un ancien d’Euro RSCG, disciple de Stéphane Fouks, le « spin doctor » français, spécialiste des manipulations politiques, qui a toujours fait équipe (depuis l’université) avec l’ancien grand maître du Grand Orient de France Alain Bauer et l’actuel ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

Né le 19 mars 1983, Sacha Mandel détient une licence d’histoire, une maîtrise de sciences politiques et un master professionnel de sciences politiques (Paris I, 2006). Il a débuté comme rédacteur au sein de la rédaction française de Radio Chine International & CCTV (2004-2005), la radio chinoise officielle (ex-Radio Pékin) et la télévision officielle chinoise, dont tous les directeurs appartiennent au bureau politique du parti communiste chinois. Un épisode qui ne figure généralement pas dans son CV. Entré à l’agence de communication Euro-RSCG, qui a longtemps géré toute la communication de Dominique Strauss-Kahn et de nombreux dirigeants socialistes (cf. portrait détaillé de Stéphane Fouks, expert dans l’art de « diffuser des éléments de langage » en général faux, dans Faits & Documents n° 357), il a été directeur conseil au sein du pôle « influence » de l’agence. En 2012, il « accompagne (NDA : par qui était-il payé ?) Jean-Yves Le Drian au cours de la campagne socialiste pour la présidence » (Actu Défense, 30 mai 2013). Tout naturellement, il devient son « conseiller pour la communication et les relations avec la presse ».

En réalité, son pouvoir est nettement plus étendu que l’intitulé de ses fonctions :

« Dans les faits, la réalité est très différente et la communication de la Défense est assurée par le seul et unique conseiller en communication du ministre, Sacha Mandel. Lequel est le point d’accès unique aux collaborateurs civils ou militaires du ministre, auxquels l’accès direct a été coupé. À Philippe Germain comme à tous les personnels de la DICoD [1]. Ce qui est particulièrement malvenu, à l’égard de fonctionnaires ayant en charge les relations institutionnelles de la Défense avec, entre autres, la presse française et étrangère. »

(Le Point, 7 janvier 2013)

Actu Défense précise même :

« Sacha Mandel […] a participé au pilotage des dossiers clefs. Départ d’Afghanistan, entrée en guerre au Mali, puis lancement du Livre blanc : il a fallu convaincre à la fois l’opinion publique et les militaires eux-mêmes. »

C’est donc cet « espion contrarié » et professionnel de la communication qui s’est chargé de rédiger la fameuse note ultra-secrète… La prochaine fois, pour être vraiment au cinéma, il serait plus simple de confier l’écriture du scénario de guerre à Josée Dayan.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Une-note-ultra-secrete-des-services-secrets-francais-signee-Sacha-Mandel-20175.html

Pourquoi Moscou ne peut plus perdre la bataille diplomatique


186510338L’article de Vladimir Poutine publié hier dans le New York Times….[A Plea for Caution From Russia Voir plus bas en fr]… et la réponse malveillante d’une « source de l’administration Obama » font penser à une chose qui est passée inaperçue dans le tourbillon des événements autour de la Syrie. A savoir, comment la diplomatie de Moscou concernant la Syrie a réussi à placer la Russie dans une situation forcément gagnante ?

En général tous les commentateurs pointent du doigt les erreurs commises sur un dossier – ici comment Obama s’est retrouvé dans une situation où, quoi qu’il fasse, tout ira mal.Peu d’observateurs, par contre, s’intéressent à l’analyse des succès. C’est bien dommage car cette démarche peut être très utile.

La fausse joie de la Maison blanche

L’article de Poutine déploie des idées assez habituelles pour le lecteur russe, mais qui avaient du mal à parvenir jusqu’aux Américains et même aux Européens. Aujourd’hui c’est chose faite.Et voici ce que répond une « source anonyme de la Maison blanche » à la publication du président russe : « Poutine a fait une proposition et désormais c’est sa zone de responsabilité. Il s’est totalement impliqué dans le désarmement de la Syrie et… il doit faire ce qu’il a promis ». Rappelons qu’il est question de l’initiative russe de placer sous contrôle les armes chimiques syriennes, en coopération avec les USA et avec l’accord de la Syrie.

On ne peut en fait pas se réjouir aussi sincèrement de voir Poutine se retrouver dans la même situation qu’Obama. Car cette source a tort sur toute la ligne : la position de la Russie est complètement différente. Elle est, en fait, sans précédent. Quoi que fasse la Russie sur le plan syrien ou moyen-oriental, elle ne peut plus perdre. Bien que dans certaines situations elle n’ait rien à gagner. C’est de l’art.

Supposons qu’Obama et quelques uns de ses amis refusent d’évoquer la Syrie et continuent de préparer leur attaque qui, comme ils le savent pertinemment, est inutile mais pourrait entraîner de lourdes conséquences. Dans ce cas la Russie ne perdrait rien. Et en supposant qu’elle joue « contre » les USA ou les Européens en cherchant à les affaiblir, elle serait vraiment gagnante.

Pour le contraste, voici la situation diplomatique inverse, dans laquelle il est impossible de gagner. Elle ne concerne pas Obama, qui avait promis d’attaquer la Syrie si les autorités locales utilisaient l’arme chimique, et qui aurait découvert qu’en réalité ce n’est pas du tout le gouvernement syrien qui en avait fait usage. Je fais allusion à la Russie et Edward Snowden, qui a passé plus d’un mois dans la zone de transit de Cheremetievo. Voilà une situation où il était impossible de gagner. Le remettre aux Américains ? La Russie serait devenue la risée du monde entier, sans parler du fait que cela est contraire à la législation nationale. Le laisser entrer en Russie (ce qui s’est produit) ? Moscou n’en avait pas besoin et les Américains se voyaient forcés d’aller au conflit avec le Kremlin.

Une chose est réconfortante. L’affaire Snowden s’est simplement produite. Tandis que les bases de la position gagnante russe sur la Syrie ont été posées depuis des années. Le succès vient souvent d’une politique réfléchie et pas d’actes convulsifs.

Prévoir le succès à long terme

Il est encore possible de retrouver aujourd’hui sur internet les appréciations méprisantes des « experts » russes disant que Moscou avait mal réagi au début du Printemps arabe. Ces « experts » s’indignaient : comment peut-on s’accrocher au passé, aux régimes militaires et aux dictateurs obsolètes ? Bien sûr selon eux, il fallait immédiatement se reprendre et commencer à se lier d’amitié avec les nouvelles forces vives de la région, même s’il s’agissait des Frères musulmans. On ne sait jamais, ils pourraient pardonner ! Nicolas Ier se comportait de la même manière et luttait contre toutes les révolutions en Europe : on sait comment il a fini !

Mais à l’époque de Nicolas les révolutions n’étaient pas des processus dirigés, qui plus est par les technologies actuelles, utilisées pour faire sortir dans la rue une foule qui ignore même à qui tout cela profite.

En fait, la Russie n’a pas échoué sur ce plan. En revanche la situation qui a débuté en 2010-2011 était bien sans précédent et les débats, à l’origine, visaient à comprendre pourquoi les « occidentalistes » utilisaient leurs technologies informatiques pour renverser des régimes amis. Puis on a découvert que personne n’avait le monopole de ces technologies, que les initiateurs n’étaient pas les « occidentalistes » mais les « orientalistes » qui avait senti l’affaiblissement des USA et de l’Europe.

Et au final certains pays arabes, qui veulent « remettre les choses au clair » avec les Iraniens, les Syriens et d’autres régimes indésirables comme celui de Kadhafi en Libye, utilisent l’Occident prétendu tout-puissant comme une « call girl », pour bombarder telle cible et s’en aller. Moscou ne s’est pas retrouvé dans une telle situation et ce n’est certainement pas une perte.

Il ne faut pas non plus oublier la Libye : à la veille de l’opération libyenne au printemps-été 2011 la Russie avait cédé aux arguments des USA et des ses alliés en ne bloquant pas la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte avait ensuite été utilisé de manière perfide pour justifier l’opération militaire de l’Otan, au grand bonheur des « reconstructeurs arabes du Moyen-Orient ». C’était une défaite pour la Russie, au moins morale. Mais elle a servi de leçon.

Voyons aujourd’hui qui la Russie a en face d’elle. Moscou ne se bat pas au Moyen-Orient contre les USA ou l’Europe – c’est désormais clair. Elle se bat pour le droit international mais aussi pour que son application corresponde à la disposition réelle des forces dans le monde. Elle n’a pas besoin d’aider Obama à s’embrouiller davantage dans sa politique au Moyen-Orient.

Imaginez que l’opération américaine commence en Syrie et qu’il devienne soudainement impossible d’ignorer que l’attaque chimique dans la banlieue de Damas du 21 août a été perpétrée par l’opposition syrienne… Moscou, avec son attitude actuelle, sauve en quelque sorte Obama d’une situation insupportable. Parce que la Russie n’a pas besoin de sa défaite. Elle le préfère sympathique et heureux.

Selon un journaliste du NYT, « Poutine a soudainement fait de l’ombre à Obama en tant que leader mondial dictant l’ordre du jour de la crise syrienne. Il a réaffirmé les intérêts de la Russie dans la région, où ils avaient été marginalisés après l’effondrement de l’URSS ».

Après tout, on ne peut pas être toujours au service des autres – il faut bien parfois s’occuper de soi-même. Mais je le répète, les racines du succès russe d’aujourd’hui ont été plantées en

2010-2011, lorsque chaque pays a décidé comment il réagirait au Printemps arabe.

Dmitri Kossyrev

http://fr.rian.ru/discussion/20130913/199293279.html

Un général français : «François Hollande nous manipule»


Tribune libre Djerrad Amar

Hollande-ArméeDans une analyse, le général français Dominique Delawarde, ancien chef du bureau situation-renseignement-guerre électronique de l’état-major interarmes de planification opérationnelle en région parisienne, rejoint le clan des opposants à une frappe militaire contre la Syrie en mettant en cause les accusations formulées par les services de renseignement français contre le régime syrien, seul responsable, selon eux, d’avoir gazé la population. Pour lui, il n’y a aucun doute : les preuves présentées par le Premier ministre aux députés ne sont «ni convaincantes ni crédibles».

Le militaire français rappelle, à cet effet, la présentation du général Colin Powell aux Nations unies de «fausses preuves indubitables» établies par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. «Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas», affirme-t-il.

Pour cet ancien officier, l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad «est une affirmation absurde et ne tient pas la route». Selon lui, le président syrien n’aurait jamais pris un tel risque, sachant qu’une intervention occidentale suivrait de facto. «Il (Bachar Al-Assad) possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangères ?» se demande-t-il, dubitatif.

Ce «massacre», continue le militaire dans son analyse, ne profite qu’aux deux autres parties en cause dans cette affaire. «D’abord aux opposants à Bachar El-Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie. Ensuite, aux Etats-uniens et aux Franco-Britanniques qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire), en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar Al-Assad», a-t-il expliqué.

Pour corroborer son argumentation, le général Delawarde rappelle des précédents de ce genre de manipulation dans la ville roumaine de Timisoara, en décembre 1989, où les médias avaient repris pendant plusieurs semaines la fausse information d’un prétendu «massacre» de 4 600 personnes juste pour faire tomber Nicolae Ceausescu. «Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants», a-t-il révélé.

Le général Dominique Delawarde conteste les renseignements français, selon lesquels les rebelles syriens «n’ont pas le savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz». «C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires», a-t-il avancé.

Fustigeant la politique étrangère française en faveur d’une intervention militaire en Syrie pour faire respecter, selon elle, les conventions de Genève, le général Delawarde s’est demandé pourquoi la France n’a pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en 2009 : «Il y avait, lors du massacre de Gaza, 1 300 morts, bien réels ceux-là, dont 900 civils et 300 enfants. L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève (…) Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?» s’est-il encore demandé, en concluant avec ironie : «Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que plus c’est énorme, plus ça passe. Mais, là, la ficelle est un peu grosse.»

Mohamed El-Ghazi

http://www.algeriepatriotique.com/article/un-general-francais-francois-hollande-nous-manipule

 

Poutine sauve la tête d’Obama


Tribune libre Byblos

TÊTE À TÊTE ENTRE BARACK OBAMA ET VLADIMIR POUTINE SUR LA SYRIE EN MARGE DU G20L’Histoire n’est jamais avare d’ironie lorsqu’elle subit d’être écrite par des pantins. Et lorsqu’un Obama et un Hollande prétendent prendre la plume, alors on est certain d’atteindre des sommets. Et c’est bien ce qui s’est passé dans l’affaire syrienne. Nos deux compères, emportés dans leurs gesticulations bellicistes, se sont tout à coup découverts seuls au monde, désavoués par tous – hormis quelques bédouins et une poignée de salonards parisiens –, ne sachant plus que faire de leur érection martiale alors que, du côté de Washington, le Congrès s’apprêtait à porter le coup de grâce politique à Obama avec menaces de destitution à la clé. Bref, la micro-coalition des fous de guerre était partie en vrille dans les grandes largeurs. Heureusement, Poutine est arrivé avec son plan de remise des armes chimiques syriennes à l’ONU. Un plan tellement improbable, tellement cocasse, tellement opportuniste, que son acceptation immédiate par le Bloc atlantiste donne toute la mesure de la panique dans laquelle il était plongé.

Risques de suicide politique

Une fois de plus, les choses sont allées très vite.
Fin août, chacun était quasiment assuré de voir les Tomahawks US frapper Damas. Puis ce fut le lâchage britannique et la crise d’angoisse de l’hésitant Obama qui – toujours à la recherche d’un père de substitution le pauvre –, s’en est allé supplier le Congrès de lui donner sa bénédiction sur fond de crise d’hystérie redoublée.
On connaît la suite. Alors qu’un puissant élan anti-guerre était en train d’émerger aux Etats-Unis, ledit Congrès s’apprêtait à voter massivement contre l’opération, désavouant ainsi totalement un Potus de plus en plus paniqué. Car le désaveu du Congrès aurait mis Obama devant un choix impossible : soit se coucher et avouer son erreur et, donc, son impuissance ; soit attaquer malgré tout, comme il l’avait d’ailleurs suggéré, et risquer l’impeachment dont une quinzaine de membres du Congrès brandissait déjà la menace.
Dans les deux cas, un suicide politique.

D’un montage boiteux à l’autre

Heureusement donc, Poutine est arrivé.
Et sa délicieuse solution de prise de contrôle de l’arsenal chimique syrien par l’ONU vaut son pesant de génie diplomatique.
Sur le fond, la proposition de Poutine n’a aucune espèce d’importance. Il aurait tout aussi bien pu proposer une campagne de remplacement des kalachnikovs présentes en Syrie par des frondes en plastique qu’Obama aurait accepté la chose. Il ne s’agit en fait que d’un montage boiteux (rien que le processus technique pourrait prendre 10 ans) qui répond à un autre montage boiteux (la vraie-fausse attaque chimique donc, conduite pour le plus probable par les insurgés eux-mêmes).
C’est que nous sommes là dans le champ de la communication pure mais, comme chacun a pu le constater, c’est le seul champ de bataille qui compte vraiment désormais.

Moisson de bénéfices russes

Mais la question se pose : pourquoi Poutine a-t-il sauvé la présidence d’Obama plutôt que de le laisser mordre la poussière devant le Congrès ?
Sans doute d’abord parce que si le pire n’est jamais garanti, il n’est jamais impossible non plus. Et même si un vote négatif était survenu au Congrès, il y avait toujours une possibilité qu’Obama lâche ses chiens de guerre coûte que coûte, avec le risque de déclencher une guerre régionale que seuls Russes et Chinois semblent soucieux d’éviter.
Le piège dans lequel se sont enfermés les atlantistes a ainsi offert à Poutine l’occasion inespérée d’éloigner définitivement les canons atlantistes de côtes syriennes à bon compte.
Le sauvetage déguisé d’Obama offre aussi à Poutine l’opportunité de démontrer la supériorité absolue de la diplomatie russe sur les gesticulations bellicistes des Atlantistes dans l’affaire syrienne. Il permet enfin d’entériner le retour définitif aux affaires de la Russie en tant que grande puissance avec laquelle il faut compter.
En résumé, Poutine a fait la démonstration éclatante que la Russie conduisait une politique structurante à l’échelle mondiale, par opposition aux poussées hystériques et désordonnées du Bloc atlantiste.
C’est le prix concédé par Obama à Poutine pour son sauvetage politique.

Et maintenant…

Bien sûr, la psychologie des dirigeants du Bloc étant de nature bipolaire, il est clair qu’ils vont tenter de sauver la face en annonçant un redoublement de leur soutien aux bouchers d’al-Nosra et affiliés en Syrie.
De même, ils vont également tenter de manœuvrer à travers l’ONU pour décrocher une résolution légalisant des frappes au cas où Bachar ne se montrerait pas assez zélé dans la restitution de l’arsenal.
Mais il y a toutefois peu de chance que la Russie se laisse enfermer dans un tel piège. Elle a d’ailleurs d’ores et déjà jugé «inacceptable» le projet français de résolution à l’ONU, qui accuse de facto les autorités syriennes de l’attaque chimiques le 21 août près de Damas ; et Moscou devrait bien évidemment s’opposer également à tout mécanisme automatique pouvant conduire à des frappes sur la base d’éventuels manquements de Damas, manquements dont l’appréciation serait nécessairement arbitraire de la part du Bloc.
Reste donc l’hypothèse du retour, à terme, à une solution politique avec la résurrection d’un Genève-2 dont les Occidentaux n’ont jamais voulu, préférant parier sur la réussite de leur guerre d’usure en Syrie.

Nouvelles attaques chimiques ou/et nouveau virage ?

Mais un tel retour à la table des négociations résonnerait immanquablement comme un constat implacable du reflux de puissance du Bloc occidental, et le signe tangible de l’échec de sa tentative de domination à coups de flingue de la région (1). Et là, les spécialistes de la com’ du Bloc vont devoir déployer des trésors d’imagination pour permettre à ses dirigeants de passer sous les fourches caudines sans en avoir l’air…
La gymnastique est périlleuse et on ne peut pas écarter la possibilité d’un énième virage à 180 degrés du Bloc pour rallumer le pétard syrien si Obama devait réussir à infléchir les doutes du Congrès. Car comme toujours avec les errements politiques du Bloc, tout et son contraire restent possibles.
Enfin, le problème que nous avions évoqué dans une précédente brève reste posé : à savoir comment les bouchers d’al-Nosra et affiliés vont réagir à ce qu’ils interpréteront sans doute comme une trahison de leurs souteneurs occidentaux.
Le Bloc atlantiste a bel et bien ouvert une boîte de Pandore en Syrie, et il est à craindre que nous n’en ayons pas fini avec les attaques chimiques sous faux drapeau.

Post scriptum désolé

Le lecteur aura remarqué que nous n’avons rien dit de la position de la France. Mais c’est qu’il y a si peu à dire, sinon à relever la tragique insignifiance de cette posture. Le Président-Poire et son petit Fabius ressemblent de plus en plus à de mauvais acteurs de série B qui voudraient jouer aux dures, singeant maladroitement le verbe et la geste de néocons US chez qui, au moins, cette attitude belliciste paraît «naturelle».
Avec les Hollande et Fabius Brothers à la manœuvre, tout sonne faux dans cette pantomime parisienne qui risque fort d’avoir à terme de vraies conséquences pour une France ravalée au rang de faire-valoir jetable d’une administration US elle-même égarée. La valse des pantins en cinémascope donc, où des roquets d’agitent pour tenter d’écrire une Histoire qui leur file visiblement entre les pattes. Pathétique.

(1) Le Bloc atlantiste cherche depuis des années à casser l’axe de résistance chiite à sa domination au Moyen-Orient que constituent l’Iran, la Syrie, le Hezbollah libanais et, dans une certaine mesure, le Hamas palestinien (la guerre contre le Hezbollah commanditée par les Etats-Unis à Israël s’inscrivait dans cette stratégie). Mais au lieu de briser la Syrie dans une confrontation directe, coûteuse et peu populaire sur le modèle irakien, il a préféré saisir l’opportunité d’instrumentaliser la révolution syrienne en la militarisant dès son début pour plonger le pays dans la guerre civile. La tactique est peu coûteuse (puisqu’essentiellement financée par les monarchie du Golfe) mais lente et incertaine. Car en face, Russes et Chinois se sont alliés pour soutenir le régime en place, et préserver ainsi leurs intérêts stratégiques dans la région (accès à la Méditerranée; fermeture de la porte moyen-orientale aux atlantistes pour éviter une contagion et/ou un débordement vers les zones d’influences russes et chinoises). Et malgré les milliards de pétrodollars déversés dans cette opération de régime-change, les bouchers d’al-Nosra et affiliés commencent à perdre du terrain. D’où l’idée d’un coup de pouce atlantiste plus directe à la faveur de la vraie-fausse attaque chimique orchestrée le 21 août dernier.

http://www.entrefilets.com/poutine_sauve_la_tete_d_Obama.html#sthash.sW7wGQcs.dpuf

 

Syrie : Si l’initiative n’était venue de la Russie, nous n’aurions pas travaillé en vue de la signature de la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques » Par Bachar al-Assad


Entretien accordé par le Président Bachar Al-Assad à Russia 24

 Interview Assad

Russia 24 : Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir accordé cet entretien à Russia 24. Pourquoi la Syrie a-t-elle accepté, si vite, l’ « Initiative russe » et donc de soumettre ses armes chimiques au contrôle international ?

La Syrie a soumis, il y a plus d’une dizaine d’années, une proposition à l’Organisation des Nations Unies ayant pour but de débarrasser le Moyen-Orient des armes de destruction massive [ADM]. Ceci parce que c’est une région instable… une « région de guerres » depuis des décennies, voire des siècles… la vider de toutes les armes non conventionnelles contribuerait à la stabiliser. À l’époque, les États-Unis avaient fait obstacle à cette proposition. C’est donc pour nous « un principe » de ne pas croire que les armes de destruction massive au Moyen-Orient soient une chose positive. Nous pensons tout à fait le contraire dans la mesure où nous cherchons depuis toujours la stabilité et la paix. Ceci est le premier aspect.

Un deuxième aspect concerne la situation actuelle. Il est indéniable que la Syrie, en tant qu’État, pense avant tout à s’épargner à elle-même et aux pays de la région « une nouvelle folie » que certains partisans des guerres, aux États-Unis, voudraient voir enflammer notre région ; alors que nous payons encore aujourd’hui le prix d’autres guerres menées par les Etats-Unis, tant en Afghanistan si loin de la Syrie qu’en Irak si proche. Nous sommes convaincus que toute guerre menée contre la Syrie sera une guerre dévastatrice qui entrainera la région dans une série de turbulences et de problèmes pour des décennies et, peut-être, pour des générations à venir.

Le troisième aspect concerne l’initiative russe elle-même. C’est certainement le plus important et c’est évidemment ce qui nous a conduit à aller dans cette direction. Si cette initiative n’était pas venue de la Russie, la Syrie aurait difficilement pu avancer dans ce sens. Notre relation avec la Russie est « une relation de confiance » qui s’est particulièrement renforcée durant cette crise qui dure depuis bientôt deux ans et demi, au cours desquels elle a prouvé sa capacité à comprendre ce qui se passe dans la région, sa crédibilité, et aussi qu’elle est une grande puissance sur laquelle on peut compter…

Telles sont les raisons qui ont poussé la Syrie à travailler en vue de la signature de la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques ».

Russia 24 : Cependant, le président Barack Obama et le secrétaire d’Etat John Kerry ont déclaré que la Syrie n’avait accepté cette initiative et donc la soumission de ses armes chimiques à un contrôle international qu’en raison de la menace de frappes aériennes. Est-ce vrai ?

Si nous revenions quelques semaines en arrière, avant cette dernière menace de frappes aériennes… Les menaces des USA ne tournaient pas autour de ce « désarmement », mais plutôt autour d’une frappe dirigée contre la Syrie dans un contexte d’allégations, répandues par l’administration US, à propos de l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta de Damas. Non ce n’est pas vrai de dire que les USA nous menaçaient pour que nous abandonnions nos armes chimiques. Ce qui est vrai est qu’ils ne se sont saisis de ce sujet qu’après le dernier G20 qui s’est réuni à Moscou, pas avant.

Je répète donc ce que je viens de dire. Ce qui nous a amené à avancer dans ce sens c’est l’initiative russe, elle-même, et les discussions que nous avons eues avec les responsables russes sur ce sujet. Je tiens à souligner une fois encore que si cette initiative n’était pas venue de la Russie, il aurait été absolument impossible de discuter de ce sujet avec n’importe quel autre pays.

Tout ceci est une sorte de propagande voulue par les USA, parce que Kerry, son administration, et peut-être même Obama veulent toujours apparaître tel le vainqueur qui menace et qui obtient… Mais peu nous importe, car la question fondamentale dans cette affaire porte sur les convictions de la  Syrie et le rôle de la Russie.

Russia 24 : Nous avons appris, hier soir, que la Russie avait informé les USA sur les étapes nécessaires à l’application du projet de mise sous contrôle international des armes chimiques. Voudriez-vous nous parler des procédures envisagées et dont vous avez certainement discutées ?

Certainement. Dans les prochains jours, la Syrie adressera les courriers et documents techniques, nécessaires à la signature de l’accord, aux Nations Unies et à l’ « Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ». L’accord comprend plusieurs aspects dont l’interdiction de fabrication, de stockage et évidemment d’utilisation… Je crois qu’une fois la Convention signée elle ne prendra effet qu’environ un mois plus tard. La Syrie devra alors fournir l’inventaire de ses stocks à l’Organisation… Il s’agit d’un ensemble de procédures routinières que nous allons suivre.

Mais, il doit être clair pour tous que ceci ne se fera pas à sens unique. Il n’est pas question de se dire : « la Syrie a signé… la Syrie s’est exécutée… l’affaire est terminée ! ». La question est nécessairement à double sens et dépend en premier lieu des USA, qui devront abandonner leurs politiques agressives envers la Syrie et répondre aux conditions de l’initiative russe. Lorsque nous constaterons que les Etats-Unis se sont vraiment orientés dans la direction de la stabilité de cette région, lorsqu’ils auront cessé de menacer et d’œuvrer pour la guerre et même d’envoyer des armes aux terroristes ; nous pourrons envisager d’aller jusqu’au bout des procédures et vers la phase finale de l’accord.

Ce n’est donc pas une action à sens unique ! En même temps, le rôle principal reviendra à l’État russe, parce qu’il n’y aucune confiance ni aucun contact entre nous et les USA. La Russie est actuellement le seul pays capable de tenir ce rôle.

Russia 24 : Si l’initiative russe est finalement adoptée, quelle sera la représentation internationale que la République arabe syrienne acceptera comme observatrice, étant donné que la situation n’est pas classique ?

Nous pensons qu’il est logique que ce rôle revienne à l’ « Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ». Elle seule en a les compétences et les experts en la matière, et c’est elle qui supervise l’application de cette Convention dans tous les pays du monde.

Russia 24 : Mais nous savons tous qu’Israël a signé la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques », mais ne l’a jamais ratifiée. La Syrie exigera-t-elle qu’Israël aille jusqu’au bout du processus ?

Lorsque nous avons lancé notre projet d’élimination des ADM comme je l’ai dit tout à l’heure, l’une des raisons de son obstruction par les États-Unis était de permettre à Israël de posséder de telles armes. Puisque nous souhaitons tous la stabilité au Moyen-Orient, tous les pays doivent se conformer aux conventions qui les interdisent à commencer par Israël qui possède des armes nucléaires, chimiques, bactériologiques et tous les types d’ADM. Nous devons continuer à travailler dans ce sens pour qu’aucun État n’en possède ; ce qui pourra peut être épargner de futures guerres dévastatrices et très coûteuses non seulement à notre région mais aussi au monde entier.

Russia 24 : La Syrie va soumettre ses armes chimiques au contrôle de la communauté internationale, mais nous savons que des experts russes ont confirmé l’utilisation d’une substance chimique toxique près d’Alep par des éléments des groupes terroristes extrémistes. Qu’en pensez-vous ? Et que proposez-vous pour protéger les peuples de Syrie et des pays voisins de ces groupes qui pourraient recommencer ce genre d’attaque ?

L’incident que vous mentionnez s’est produit en Mars dernier, lorsque les terroristes ont tiré des missiles chargés de produits chimiques toxiques sur les civils de Khan al-Assal à Alep faisant des dizaines de victimes. Suite à cela, nous avions invité les Nations Unies à déléguer une commission d’experts pour enquêter et se documenter sur les responsables.

C’est parce qu’il était clair que cette attaque était l’œuvre des terroristes que les Etats-Unis ont empêché la venue de ces experts. Nous avons alors travaillé avec des experts russes, auxquels nous avons confié tous les éléments de preuve en notre possession. Ils ont démontré que l’attaque était bien l’œuvre des terroristes sévissant dans le Nord de la Syrie.

Maintenant nous devons faire en sorte que ces experts en armes chimiques, qui ont quitté il y a près d’une semaine, reviennent en Syrie pour poursuivre l’application de l’accord que nous avions mutuellement signé lors de leur précédent séjour et qui stipule de mener des enquêtes dans un certain nombre de nos régions, en particulier à Khan al-Assal. Il nous faut sérieusement enquêter sur la nature des substances toxiques utilisées, sur ceux qui les ont utilisées et, plus important encore, sur les États qui les ont livrées aux terroristes pour ensuite arriver à leur demander des comptes !

Russia 24 : Monsieur le Président, pouvez-vous nous rassurer ? Est-il possible de confisquer ces produits toxiques aux mains des terroristes ? Est-ce réalisable ?

Cela implique de savoir qui sont les pays en relation avec les terroristes. Tous les États affirment qu’ils n’ont rien à voir avec eux. En fait, nous savons que l’Occident a déclaré qu’il leur avait fourni ce qu’il a qualifié de « soutien logistique »… de matériel militaire « non létal »… ou de matériel dit « humanitaire » !

La réalité est que l’Occident et certain pays de la région, tels la Turquie, l’Arabie saoudite, et précédemment le Qatar, ont une relation directe avec les terroristes et leur fournissent toutes sortes d’armes. Nous sommes convaincus que l’un des ces pays leur a livré ces armes chimiques.

Ces pays sont évidemment supposés pouvoir stopper leurs livraisons, mais certains terroristes n’obéissent à personne et à partir du moment où ils sont armés et peuvent s’adonner aux destructions ils ne se sentent redevables à qui que ce soit, même à ceux qui les ont soutenus en armes et en argent !

Russia 24 : Monsieur le Président, certains médias US ont dit que des officiers de l’Armée arabe syrienne vous ont demandé, à maintes reprises, de leur permettre d’utiliser des armes chimiques contre « l’opposition armée » ; ce que vous auriez refusé, mais qu’ils ont quand même utilisé des substances toxiques individuellement et de leur propre chef. Est-ce vrai ?

Cela fait partie de la propagande des USA, notoirement connus pour ne pas hésiter à utiliser toutes sortes de mensonges qui justifieraient leurs guerres. Ce dernier mensonge nous rappelle celui de Colin Powell et de l’administration de George W. Bush, lorsqu’il y a un peu plus de dix ans ils ont prétendu apporter la preuve que Saddam Hussein fabriquait des ADM pour légitimer leur invasion de l’Irak et qu’il s’est avéré, par la suite, qu’ils avaient menti sur toute la ligne et notamment sur les ADM !

Premièrement, il n’a jamais été question d’utiliser les armes chimiques en Syrie par qui que ce soit ! Deuxièmement, ce type d’armes ne peut être utilisé par l’infanterie ou toute autre troupe, mais nécessite des unités spécialisées et formées à sa manipulation. Ce mensonge est illogique et non crédible.

Russia 24 : Monsieur le Président, dernièrement des preuves présentées comme sûres indiscutables ont été présentées devant les membres du Congrès américain. Des vidéos confirmeraient la version US selon laquelle l’Armée nationale syrienne aurait bel et bien utilisé des armes chimiques dans la Ghouta est. Que pouvez-nous dire à ce sujet ?

Ils n’ont fourni aucune preuve ni au Congrès, ni aux médias, ni à leur population, ni à l’un quelconque des autres États du monde, dont la Russie avec laquelle ils sont pourtant en dialogue permanent. Tout ce qu’ils racontent fait partie de la propagande US.

La logique de la situation veut que vous n’utilisiez pas des ADM à quelques centaines de mètres de vos troupes ou de vos zones résidentielles, car cela signifie la mort pour des dizaines de milliers de vos soldats et citoyens. Vous n’avez pas à utiliser des ADM alors même que vous progressez considérablement sur le terrain en usant de vos armes conventionnelles.

Toutes ces allégations sont loin d’être convaincantes d’où la situation délicate de l’administration US actuelle, encore plus difficile que celle de la précédente, car moins douée pour le mensonge que l’administration sous George W. Bush. L’administration précédente mentait mais savait comment convaincre une partie du monde de ses mensonges, alors que l’administration actuelle n’a même pas réussi à en convaincre ses alliés ! Toutes ces allégations ne sont désormais d’aucune importance car, je le répète, illogiques et non crédibles.

Russia 24 : Monsieur le Président, une dernière question que je ne peux éviter de poser puisqu’elle touche à la sécurité et à la protection de tous. Certains spécialistes russes et certains médias ont dit que des terroristes pourraient lancer des attaques chimiques contre Israël à partir de zones contrôlées par le gouvernement syrien. Pouvez-vous, en tant que Commandant en chef de l’Armée et des Forces armées, nous confirmer ces informations ?

Puisque nous sommes certains que des substances chimiques toxiques ont été livrées aux terroristes, avant d’être utilisées contre nos soldats et notre population civile en Syrie ; cela signifie que le matériel est disponible.

D’autre part, nous savons tous que ces groupes terroristes, ou ceux qui les dirigent, voulaient la frappe US sur la Syrie et, qu’avant cela, ils ont travaillé à faire intervenir Israël dans la crise syrienne. Il n’est donc absolument pas improbable que ce discours soit propagé pour atteindre ces mêmes objectifs.

En effet, une guerre régionale rendrait la situation encore plus chaotique. Plus de chaos ouvrirait naturellement la voie aux terroristes pour encore plus de vandalisme et de destructions. Cette menace est donc un véritable défi car les terroristes sont maintenant en possession de substances chimiques toxiques… Il y a encore des pays qui continuent à leur en fournir !

Russia 24 : Merci M. le président pour nous avoir accordé cet entretien.

Une fois encore, je vous remercie d’être venu en Syrie et je remercie Russia 24.

Dr Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

12/09/2013

Texte transcrit et traduit par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo de la Présidence de la République arabe syrienne / You Tube

http://www.youtube.com/watch?v=8RmTKvsgvp4

Autre source : Top News nasser-kandil,[Sana étant inaccessible]

http://www.topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php?sms_id=55217

 

 

Hollande : Ma guerre, je veux ma guerre !


François Hollande veut sa guerre. Il a donc tenté de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours.

Par Charles Sannat.

photo_1361956317054-4-0Notre généralissime Président veut sa guerre. Je crois même qu’il ne pense plus qu’à ça le matin en se rasant.

Hystérie guerrière

J’ai beaucoup aimé les dernières déclarations de François Hollande. Tout d’abord sur l’interview d’Assad dans Le Figaro qui semble avoir particulièrement agacé notre très grand chef de guerre. D’après une dépêche de l’AFP, Hollande reproche au Figaro l’interview d’Assad en déclarant, lors d’une conférence de presse au G20, « qu’on ne remerciera jamais assez Le Figaro pour son sens civique que d’avoir permis à l’opinion française d’être éclairée par l’interview de ce dictateur. Maintenant, nous savons qu’il veut liquider son opposition, a dit ironiquement François Hollande ».

Toujours fâché après ces journaux qui semblent essayer de faire leur travail, il a enfoncé le clou en disant que la « différence entre une dictature et une démocratie, c’est que dans une démocratie un dictateur peut s’exprimer dans un journal, y compris pour insulter ses dirigeants, proférer des mensonges, notamment sur le chimique, laissant croire qu’il ne disposait pas de stock, et menacer le peuple français, avait-il déclaré ». C’est avec cette dialectique de haute précision que, d’ici quelques jours, tous les sceptiques sur cette guerre seront certainement qualifiés de soutien à la dictature.

D’ailleurs, je suis tout de même surpris que personne ne relève que dans le mécanisme des engagements militaires français, les décisions reviennent uniquement à un seul homme. Si notre pays est attaqué, nous devons pouvoir nous défendre de façon immédiate et c’est l’esprit de nos institutions. Si nous sommes attaqués…

Mais lorsque nous sommes la puissance attaquante, peut-être serait-il souhaitable que, je ne sais pas moi, par exemple il y ait au moins un vote de l’Assemblée nationale… Et puis tiens, tant qu’on y est, comme déclarer la guerre c’est quand même quelque chose d’un peu sérieux, en tout cas aussi sérieux qu’une modification de la Constitution, nous pourrions aussi envisager de n’attaquer un pays qu’avec une majorité des deux tiers… (ce qui veut dire au moins que l’opposition doit aussi être d’accord !).

Bref, on se roule par terre, enfin, lui pas moi. Personnellement, les motifs de cette guerre ne me semblent pas convaincants. Pourtant, pour nos placements, c’est sans aucun doute une excellente idée puisque ce sera bon pour l’or…

Transformer le G20 en ONU bis !

J’ai été assez estomaqué de voir la mauvaise foi du généralissime essayant de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours. Vous savez, l’ONU c’est cet espèce de machin regroupant tous les pays du monde. Dans les années 90, nous avons fait une grande erreur stratégique. Je vous explique.

Après la guerre froide et la chute du mur de Berlin, l’empire soviétique a disparu et ce qui en restait a traversé des crises économiques épouvantables auxquelles nous autres, occidentaux, avons participé avec amour et détermination avec l’aide des bons conseils du FMI et l’aide sympathique du gouvernement Eltsine corrompu jusqu’à la moelle. Résultat : entre une Chine inexistante et une Russie aux ordres, faire passer les décisions occidentales à l’ONU était une simple formalité. Ainsi, durant presque 20 ans, toutes les décisions ou aventures guerrières occidentales étaient parées des vertus du « droit international ».

Sauf que depuis l’énorme mensonge de la guerre en Irak, suivi du tout aussi grand mensonge pour l’intervention en Libye, sans oublier qu’entre-temps la Chine s’est réveillée et que la Russie s’est reprise en main sous l’égide de « l’horrible dictateur » Poutine, l’ONU n’est plus la chambre d’enregistrement des pays membres de l’OTAN, d’où la ridicule tentative ce week-end de remplacer la légitimité de l’ONU par celle du G20… où, tenez-vous bien, 11 pays sur 20 sont pour l’intervention, ce qui nous fait, vous en conviendrez, qu’une toute petite majorité, mais on fait passer l’idée à l’opinion publique française que cette guerre est juste, normale comme notre président et surtout qu’elle est morale en rentrant dans le cadre de l’onction du « droit international », or rien n’est plus faux tant que l’ONU n’a pas donné son accord plein et entier, ce qui risque de s’avérer impossible.

Onze pays du G20 veulent une « réponse forte » au sujet de la Syrie

Voici ce que dit la dépêche reprise par le site Romandie (agence de presse suisse parfaitement officielle) : « Onze pays présents au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg ont appelé vendredi dans un communiqué à une « réponse internationale forte » suite à l’usage d’armes chimiques en Syrie. Berlin demande aussi la tenue d’une conférence européenne sur les réfugiés syriens ». (C’est vrai qu’il y a un vrai problème autour des réfugiés syriens avec ou sans gaz, ils sont des centaines de milliers à fuir la guerre).

« L’Australie, le Canada, la France, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Espagne (qui n’est pas formellement membre mais invité permanent du G20), la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis sont signataires de cet appel qui a été diffusé par la Maison Blanche au terme du sommet de Saint-Pétersbourg. » Normalement, à ce stade, vous aurez compris que le point commun entre toutes ces nations est l’allégeance commune à l’OTAN.

Et le blabla moralisateur se poursuit : « Nous condamnons dans les termes les plus fermes l’horrible attaque par des armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, qui a coûté la vie à tant d’hommes, de femmes et d’enfants », écrivent ces pays. « Les preuves mettent clairement en évidence la responsabilité du gouvernement syrien dans cette attaque. Nous appelons à une réponse internationale forte à cette grave violation des règles et des valeurs en vigueur dans le monde, afin d’envoyer un message clair pour que ce genre d’atrocités ne se répète pas. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en porter la responsabilité. »

Pendant ce temps, une frappe de l’OTAN tue 10 civils mais proprement !

Ce qui est rigolo dans les fils d’actualité des agences de presse, c’est que c’est un fil où toutes les nouvelles défilent… Les bonnes, en général plutôt les mauvaises et parfois les trucs dont on n’a rien à faire comme le fait que Britney Spears soit enceinte (c’est un exemple hein… ne m’accusez pas de diffuser de fausses informations !). Tandis que nous jouons aux pères la morale sur le dossier syrien, nous massacrons en toute impunité – notamment en Afghanistan – des civils mais comme nous sommes des gens sérieux, nous le faisons proprement. Et puis nous ne risquons rien puisque nous sommes les plus forts.

ASADABAD (Afghanistan) – Au moins dix civils ont été tués samedi dans l’est de l’Afghanistan par une frappe aérienne de l’OTAN visant des insurgés talibans, ont annoncé dimanche de hauts responsables locaux.

En plus des victimes civiles, cette frappe a également tué quatre rebelles talibans, a indiqué un chef de la police locale, Abdul Haseeb Sayedkhil. Interrogée à ce propos, la Force internationale de l’OTAN en Afghanistan (Isaf) a fait état de la mort de dix insurgés, sans confirmer la mort de civils.

Oh, vous savez, 10 civils de plus ou de moins, vous n’allez pas nous en faire un pataquès tout de même. D’accord, c’est presque tous les jours et ce, depuis 2001… Et alors ? Il vous faut bien de l’essence pour faire le plein de votre bagnole et le tout à pas trop cher histoire de ne pas étouffer toute croissance économique. Soyons réaliste ! L’American Dream a un prix qui doit être payé par les autres (c’est pareil avec le dollar, « notre monnaie mais votre problème », comme l’ont toujours expliqué nos grands amis les Américains).

Et voilà comment va le monde en ce mardi 10 septembre 2013, oscillant entre « Guerre et Paix », entre effondrement économique et reprise de la croissance, un monde de paradoxes illustrant probablement un monde ancien en train de se finir et probablement dans la souffrance humaine comme ce fut à chaque fois le cas dans l’histoire de l’humanité. Si notre technologie a évolué, nos âmes, elles, n’ont pas beaucoup changé.

Charles Sannat

http://www.contrepoints.org/

Pourquoi Obama et Kerry ont-ils un tel besoin désespéré de déclencher une nouvelle guerre? Paul Craig Roberts


Un gouvernement de zombies

obama_zombie2_1Quel est l’agenda réel?

Pourquoi le régime Obama a désespérément besoin de commettre un crime de guerre, malgré les mises en garde faites à l’idiot de la Maison Blanche il y a deux jours par les pays les plus importants du monde lors du Sommet du G20?

Quel intérêt puissant pousse l’idiot de la Maison Blanche à agir en dehors de la loi, en dehors de la volonté du peuple américain, en dehors des avertissements de la communauté internationale?

Le régime Obama a admis, comme le Premier ministre britannique, David Cameron, a dû le faire, que l’on n’a aucune preuve concluante que le gouvernement Assad en Syrie ait utilisé des armes chimiques. Malgré cela, Obama a envoyé le méprisable John Kerry pour convaincre le public et le Congrès sur la base de vidéos, qu’Assad a utilisé des armes chimiques « contre son propre peuple. »

Ce que montrent les vidéos c’est la mort et la souffrance. Les vidéos ne montrent pas qui a fait ça. La cause du régime Obama est inexistante. Elle ne repose sur rien qui indique une responsabilité. Ce ne sont que des allégations sans fondement.

Quel genre de personne dépravée plongerait le monde dans la guerre en ne se basant absolument sur rien d’autre que des allégations sans fondement?

Les deux pires menteurs du monde, Obama et Kerry, disent que c’est Assad qui l’a fait, mais ils admettent qu’ils ne peuvent pas le prouver. C’est ce qu’ils veulent croire, parce qu’ils veulent que ce soit vrai. Le mensonge sert leurs objectifs cachés.

Si Obama et Kerry disaient au public les véritables raisons pour lesquelles ils veulent attaquer la Syrie, ils seraient démis de leurs fonctions.

Le monde entier est au bord d’une guerre, dont les conséquences sont inconnues, pour la simple raison que deux personnes haut placées, dépourvues de toute intégrité, manquant d’intelligence et de compassion, sont déterminées à servir un petit groupe de fauteurs de guerre qui constituent le gouvernement fou et meurtrier d’Israël, et ses haineux agents néo-conservateurs musulmans, qui constituent une cinquième colonne à l’intérieur du régime Obama.

Le gouvernement russe a remis à l’ONU des preuves qui démontrent de façon concluante que c’est Al-Nusra, constitué d’envahisseurs affiliés à Al-Qaïda qui est responsable de l’attaque. Il y a aussi une preuve concluante que les «rebelles» ont des armes chimiques. En outre, un journaliste très apprécié a rapporté, en utilisant des citations directes et les noms des combattants d’al-Nusra, que les armes chimiques ont été données à al-Nusra par l’Arabie saoudite sans instructions d’utilisation appropriées, et qu’une explosion accidentelle est survenue avant qu’al-Nusra ne puisse utiliser les armes fournies par l’Arabie pour un coup monté contre le gouvernement Assad.

Quoi qu’il en soit, les décès ont été causés, c’est malheureux, mais il n’y en a pas plus que les décès qu’Obama a causés en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Somalie, au Pakistan, au Yémen, en Egypte et en Syrie. Les décès prouvés dont Obama est responsable sont sans commune mesure avec les décès non prouvés que Barack Obama attribué gratuitement à Assad.

Ce qui est incontestable c’est que les décès des syriens ne se produisent que parce que Washington a lancé l’invasion de la Syrie par des forces extérieures similaires à celles que Washington a utilisées contre la Libye. Quelle que soit la manière dont ces décès surviennent, ils sont le résultat de l’action du régime criminel d’Obama. Si ce régime n’avait pas cherché à renverser le gouvernement syrien, il n’y aurait pas eu de décès par armes chimiques ou par tout autre moyen. C’est une guerre lancée par Washington, Israël, la cinquième colonne de néoconservateur d’Israël à l’intérieur de l’Amérique et de la Maison Blanche, et les médias occidentaux en captivité qui sont achetés et payés par le lobby pro-israélien.

Assad n’a pas commencé la guerre. Le gouvernement syrien a été attaqué par des forces extérieures envoyées par Washington et Israël.

Assad a bien plus de soutien public en Syrie que n’en ont Obama aux États-Unis, Cameron au Royaume-Uni, Hollande en France, Merkel en Allemagne, et Netanyahu en Israël.

L’idiot de la Maison Blanche ne cesse de répéter sa déclaration absurde, comme une poupée parlante désarticulée, que l’usage, non prouvé, par Assad « d’armes chimiques est une menace pour la sécurité mondiale. »

Cher lecteur, qui, outre l’idiot de la Maison Blanche peut être si incroyablement stupide pour croire que la Syrie est une menace pour la sécurité mondiale?

Si la Syrie est une «menace pour la sécurité mondiale », comme l’Irak était une «menace pour la sécurité du monde», comme l’Iran est accusé d’être une «menace pour la sécurité du monde », quel genre de superpuissance est l’Amérique ? Jusqu’à quel niveau doit descendre le QI, quelle déficience mentale doit frapper le public pour qu’il gobe ces allégations absurdes et hystériques ?

Retournons les déclarations de l’idiot Obama. Pourquoi la menace pour la sécurité mondiale ne serait pas l’attaque de la Syrie par Obama ? Il n’a aucune autorité pour attaquer la Syrie. C’est simplement parce qu’il le veut et juste parce qu’il a diabolisé Assad avec des mensonges sans fin, et juste parce qu’il est la marionnette totale du gouvernement fou d’Israël et de son conseiller néoconservateur à la sécurité nationale, en fait un agent israélien, et juste parce que le ministère de la Propagande, y compris le NPR, répète tous les mensonges d’Obama comme des vérités.

N’y a-t-il pas une menace pour la sécurité internationale quand une superpuissance peut, sur un coup de tête, diaboliser un leader et un pays et enclencher la destruction massive, comme les États-Unis l’ont fait sept fois au cours des douze dernières années ? Il y a des millions de victimes innocentes mais diabolisées de « l’indispensable, exceptionnel USA», la  «lumière du monde. »

Oubliez les médias américains, qui ne sont que le ministère de la propagande pour le lobby israélien. Ce que les membres du Congrès et le peuple américain doivent se poser comme question, c’est de savoir pourquoi Obama à la Maison Blanche ne représente que le lobby pro-israélien?

Personne ne soutient une attaque contre la Syrie, sauf le lobby pro-israélien.

Pourquoi Obama va ajouter encore un autre crime de guerre dans le palmarès de Washington de ces 12 dernières années ? Ce n’était pas assez d’avoir détruit les vies et les perspectives de millions de personnes en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie, au Pakistan, au Yémen et en Egypte ? Pourquoi tuer et détruire les perspectives de vie d’encore plus de millions de personnes en Syrie et d’autres pays dans lesquels la guerre d’Obama pourrait se propager ?

Peut-être que la réponse est que Obama, Kerry, et le fou Netanyahou et sa cinquième colonne de néoconservateurs sont des zombies.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/08/the-rule-of-zombies-why-are-obama-and-kerry-so-desperate-to-start-a-new-war-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Ce n’est pas le gouvernement Assad qui a utilisé le gaz sarin


rtlinfoPierre Piccinin vient de jeter un pavé dans la marre au micro de RTL Info.be. Selon lui ,ce n’est pas l’armée Syrienne qui a utilisé les armes chimiques. Nous, nous le savions déjà. Mais le journaliste de RTL Info.be ne semblait pas le savoir. L’information est importante car Piccinin est un pro-rebelles qui avait déjà fait parler de lui en accusant Bachar Al Assad de tous les maux. De plus il se trouve en ce moment même auprès des rebelles syriens.

Cette info est un bon signe. Cela veut dire que peut-être les  Etats-Unis cherchent un moyen pour sortir de l’impasse.

Autre vidéo avec sous-titres en anglais :

Avic

Des rebelles syriens ont admis qu’ils étaient responsables de l’attaque chimique du 21 août


2250340L’incident du 21 août dernier où des armes chimiques ont fait entre 355 et 1300 morts dans la banlieue Est de Damas aurait été produit par des rebelles syriens selon le très crédible journaliste Dale Gavlak, correspondant au Moyen-Orient pour l’Associated Press depuis deux décennies.
 
Les puissances occidentales ont blâmé les forces de Bachar al-Assad, mais selon les témoignages recueillis par Gavlak, cette attaque serait en fait le résultat d’une mauvaise manipulation d’armes chimiques fournies par
 
l’Arabie Saoudite!
 
Selon le journaliste de l’Associated Press [probablement pour peu de temps encore], de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, prétendent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de l’attentat chimique mortel.
 
Les rebelles ont dit à Gavlak qu’ils n’ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait.  Il semble que les armes devaient initialement être données à Al Qaïda et au groupe Front al-Nosra [un groupe djihadiste de rebelles armés].
 
Un militant de l’opposition a dit au journaliste qu’ils étaient très curieux au sujet de ces armes et que malheureusement certains d’entre eux ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions.  Un autre combattant, une femme, a ajouté que le groupe de rebelles ne savaient pas de quel type d’armes il s’agissait ni comment les utiliser.
 
Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition, a également dit à Gavlak: « Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu’on lui avait demandé de garder des armes. »  Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d’autres étaient comme une énorme bouteille de gaz.  Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha.  Selon le père, les armes ont explosé à l’intérieur d’un tunnel, tuant 12 rebelles.
 
Plus d’une douzaine de rebelles ont été interrogés et ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.  
 
Si cette histoire est exacte, elle pourrait rendre complètement invalide l’attaque des États-Unis sur la Syrie.
 
Le rôle présumé de l’Arabie Saoudite dans la fourniture d’armes aux rebelles n’est pas une surprise étant donné les révélations plus tôt cette semaine à l’effet que les Saoudiens ont menacé la Russie d’attaques terroristes aux Jeux olympiques d’hiver à Sotchi l’an prochain, à moins qu’ils n’abandonnent leur soutien au président syrien.
 
Le journal Telegraph a rapporté que le prince Bandar aurait dit à Vladimir Poutine que les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par eux (Saoudiens).
 
 
Sources:
 

Obama prépare la guerre sainte Tomahawk – Pepe Escobar


Missile tomahawk
Missile tomahawk

La doctrine  » responsabilité de protéger » ( »responsibility to protect » : R2P) invoquée pour légitimer la guerre en la Libye en 2011 vient de se métamorphoser en  » responsabilité d’attaquer » ( »responsibility to attack » : R2A) en Syrie. Tout simplement parce que l’administration Obama le dit.

Dimanche, la Maison Blanche a dit qu’il avait » très peu de doute » que le gouvernement Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre ses propres citoyens. Lundi, le secrétaire d’Etat John Kerry fait monter la barre à  » indéniable » – et accuse Assad  »d’obscénité morale ».

Donc, quand les Etats-Unis ont bombardé Fallujah avec du phosphore blanc à la fin de 2004, ils ne faisaient que la morale. Et quand les Etats-Unis a aidé Saddam Hussein à gazer les iraniens en 1988, ils faisaient également la morale.

L’administration Obama a décrété que Assad a permis aux inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU de venir en Syrie, et pour célébrer leur arrivée a déclenché une attaque avec des armes chimiques principalement contre des femmes et des enfants à seulement 15 kilomètres de l’hôtel des inspecteurs. Si vous ne le croyez pas, vous souscrivez à une théorie du complot.

La preuve? Qui se soucie de preuve? L’offre d’accès pour les inspecteurs d’Assad est venue  » trop tard ». De toute façon, l’équipe de l’ONU est seulement chargé de déterminer si des armes chimiques ont été déployés – mais pas par qui, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Pour ce qui concerne l’administration Obama et le Premier ministre britannique David  »d’Arabie’’ Cameron – soutenu par le barrage de missiles des médias – cela n’a pas d’importance ;  » la ligne rouge » d’Obama a été franchie par Assad, point. Washington et Londres sont en mode guerre-ouverte pour rejeter tout fait contredisant la décision. La Novlangue – du type R2A – est la règle. Si tout cela ressemble à Irak 2.0 c’est parce que c’est Irak 2.0. Le temps d’adapter les faits autour de la ligne d’action – le temps pour des armes de supercherie massive – et c’est reparti.

L’axe israélo-saoudien

La fenêtre d’opportunité pour la guerre c’est maintenant. Les forces d’Assad ont gagné de Qusayr à Homs ; elles ont rejeté les résidus  » rebelles » hors de la périphérie de Damas ; elles se sont déployées autour de Der’ah pour contre-attaquer les  » rebelles » entrainés par la CIA équipés d’armes de pointe qui traversent la frontière syro-jordanienne, et elles ont organisé une poussée pour expulser les  » rebelles » et les djihadistes de la banlieue d’Alep.

Maintenant, Israël et l’Arabie Saoudite sont oh tellement excitée parce qu’ils obtiennent exactement ce dont ils rêvent juste par la bonne vieille méthode de la magouille. Tel Aviv a même télégraphié comment il voulait que ça se passe : ce lundi, le quotidien Yedioth Ahronoth a titré avec » Sur la manière d’attaquer » et a même imprimé l’ordre idéal de bataille. (Voir photo)

pepe270813

Il y a quelques mois, même AMAN, la Direction du renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) a conclu que Assad n’était pas assez fou pour traverser la » ligne rouge » d’Obama sur les armes chimiques. Du coup, ils en sont arrivés au concept de » deux lignes rouges imbriquées », la deuxième ligne étant la perte de contrôle par le gouvernement syrien  »  de ses dépôts d’armes chimiques et des sites de production ». AMAN a ensuite proposé différentes stratégies à Washington, de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne à la saisie effective des armes (ce qui implique une attaque au sol).

Actuellement, on est revenu à l’option numéro un – frappes aériennes sur les dépôts d’armes chimiques. Comme si les Etats-Unis – et Israël – avaient à la minute près des renseignements sur l’endroit exact où elles se trouvent.

La Maison des Saoud avait également télégraphié ses désirs – après que le prince Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, ait été nommé par le roi Abdallah d’Arabie comme chef des renseignements généraux. La dureté d’Abdullah s’explique par sa mère et deux de ses épouses venant d’une tribu sunnite ultra-conservatrice et influente en Syrie. Quant à Bandar Bush, il a plus de longévité que Rambo ou Terminator ; il est de retour dans le même rôle qu’il avait joué dans le djihad afghan des années 1980, quand il était l’homme-de-la-situation pour aider la CIA à militariser les ‘’combattants de la liberté du président Ronald Reagan  ».

La Jordanie – une fiction d’un pays totalement dépendant des Saoudiens – a facilement été manipulée pour devenir un centre d’opération de guerre  » secrète ». Et sous la responsabilité de qui ? Pas moins que le jeune demi-frère de Bandar, le vice-conseiller à la sécurité nationale, Salman bin Sultan, également connu sous le nom » mini-Bandar ». On peut parler d’une version arabe de Dr Evil and Mini Me.

Pourtant, il y a plus d’hommes de la CIA que de Saoudiens dans le front jordanien.

L’importance de ce rapport ne peut pas être assez exagérée. Il a d’abord été divulgué par le journal libanais Al-Safir ( version en Français ) C’est toute la stratégie de Bandar, dévoilée lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, déjà signalé par Asia Times Online. Après avoir essayé – pendant quatre heures – de convaincre Poutine de laisser tomber la Syrie, Bandar est catégorique: » l’option militaire est inévitable ».

Un mélange de Kosovo et de Libye et le tour est joué!

L’ancien président Bill Clinton a refait surface avec un timing parfait pour comparer les options d’Obama en Syrie au jihad de Reagan en Afghanistan. Bubba avait raison en termes de positionnement du rôle de Bandar. Mais il avait dû sniffé quelque chose s’il avait pensé en termes de conséquences – qui comprennent tout, depuis les talibans jusqu’à cette entité mythique, » Al-Qaïda ». Bon, au moins al-Qaida est déjà actif en Syrie, ils n’ont pas besoin de l’inventer.

Quant à cette bande d’amateurs qui entourent Obama – y compris les groupies du R2P comme Susan Rice, et le nouvel ambassadeur aux Nations Unies Samantha Power, tous des faucons libéraux, suceurs du Kosovo, et de la Libye en prime – préconise que c’est le modèle idéal pour la Syrie, le R2P par des frappes aériennes (illégale). Dans la foulée, le New York Times tel un perroquet répercute déjà frénétiquement l’idée.

Les faits sont, bien sûr, absent du narratif – y compris l’explosion de l’ambassade chinoise à Belgrade (un remix en Syrie avec l’ambassade de Russie, et être à la veille d’une guerre avec la Russie ?).

La Syrie n’a rien à voir avec les Balkans. Il s’agit d’une guerre civile. On peut dire que la majeure partie de la population urbaine syrienne, pas le campagnard, soutient Damas – à cause du méprisable comportement des  » rebelles » dans les lieux qu’ils contrôlent, et la majorité absolue veut une solution politique, comme dans la conférence de Genève 2 maintenant presque totalement torpillée.

Le régime jordanien – inondant le sud de la Syrie avec des mercenaires lourdement militarisés – est un remix de ce que la CIA et les Saoudiens ont fait pour AfPak (Afghanistan-Pakistan), et les seuls gagnants seront les djihadistes de Jabhat al-Nusra. Quant à la solution israélienne pour Obama – bombardements aveugles des dépôts d’armes chimiques -elle va certainement entraîner des dommages collatéraux terribles, parce que le R2A tue encore plus de civils.

Les perspectives restent sombres. Putain, une autre coalition des bonnes volontés ; Washington a déjà les caniches britanniques et français dans le sac, et le plein soutien – en toute sécurité douillette – des démocratiques pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe, du laquais jordanien et de la puissance nucléaire israélienne. C’est ce qui passe pour être la  » communauté internationale » à l’âge de la novlangue.

Les Britanniques ont déjà lourdement insisté sur le fait qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire ; qui se soucie que nous fassions un Irak 2.0 ? Pour le Parti de la guerre, le fait que le chef de la Joint Chiefs of Staff le général Martin Dempsey ait déclaré que les  » rebelles » syriens pourraient ne pas promouvoir les intérêts des États-Unis semble être hors de propos.

Washington a déjà ce qu’il faut pour que les Saints Tomahawks commencent à voler; 384 d’entre eux sont déjà positionnés dans la Méditerranée orientale. Des bombardiers B-1 peuvent être déployées à partir de de la base aérienne Al Udeid au Qatar. Et les bombes anti-bunker feront certainement partie du film.

Ce qui se passera ensuite exige des boules de cristal concentriques – des tirs de Tomahawks aux tirs de barrage par frappes aériennes, en passant par des opérations spéciales de commandos au sol, ou une campagne soutenue par l’aviation et qui dure des mois. Dans sa longue interview à Izvestia (version française), Assad donne l’impression qu’il pense que Obama  bluffe.

Ce qui est certain, c’est que la Syrie ne sera pas  » du gâteau » comme la Libye ; même affaibli sur tous les fronts, le colonel Kadhafi a résisté pendant huit longs mois après que l’OTAN ait commencé ses bombardements humanitaires. La Syrie a une armée fatiguée mais toujours forte de 200.000; des tas d’armes soviétiques et russes ; de très bons systèmes antiaériens, et le plein soutien des experts de la guerre asymétrique que sont l’Iran et le Hezbollah. Sans parler de la Russie, qui a juste besoin de transmettre quelques batteries de défense anti-aérienne S-300 et de relayer les renseignements.

Donc habituez-vous à la façon dont fonctionnent les relations internationales à l’ère de la novlangue. L’armée du général Abdel Fattah al-Sisi en Egypte peut tuer des centaines de ses propres citoyens qui protestaient contre un coup d’Etat militaire. Washington s’en fout – puisque le coup d’Etat n’est pas un coup d’État et le bain de sang n’est pas un bain de sang.

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est exactement passé dans la saga des armes chimiques près de Damas. Mais c’est le prétexte à une nouvelle guerre américaine – quelques jours seulement avant un sommet du G20 organisé par Poutine à Saint-Pétersbourg. Saint Tomahawk ! R2A, c’est parti !

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270813.html

l’Hubris occidentale n’a pas de limite


Photo0037_La_Bombe_Atomique_HiroshimaDans l’hystérie collective du « printemps arabe », allumé par le peuple le plus « éduqué », le plus « intelligent » et le plus « politisé » de la planète, les architectes de ce plan de démolition programmatique des Etats-Nations ont essayé d’entraîner les Syriens dans l’autodestruction de leur pays sous la revendication fallacieuse de la démocratie. N’ayant pas eu le bon général « loyal » pour dire Non à Assad, comme ce fut le cas en Tunisie et en Egypte, les démocraties occidentales ont armé et embrigadé tout ce que le monde musulman compte de criminels, de dégénérés et de fanatiques pour mener le Djihad au nom d’Allah et des droits de l’homme, deux « valeurs » qui s’accordent à merveille, comme chacun sait !

Mais le peuple syrien a résisté. Soutenu par les bédouins du Qatar,les esclavagistes d’Arabie Saoudite, les Frères musulmans de Turquie et les islamo-atlantistes de Libye et de Tunisie, ces hordes fanatisées ont commis les pires crimes en Syrie. Mais les dignes héritiers des Omeyyades n’ont pas été vaincus. Ils ont alors trouvé l’argutie mobilisatrice, comme au bon vieux temps de la croisade contre l’Irak : l’utilisation d’armes de destruction massive. Ces gladiateurs de la liberté savent pourtant que les criminels qui ont utilisé des armes chimiques sont leurs propres mercenaires islamistes et terroristes ; et c’est la raison pour laquelle ils ne veulent pas attendre les conclusions de la commission d’enquête onusienne. Ils ont décidé de frapper la Syrie pour « punir »le régime, selon l’expression du porte-parole de la Maison Noire.

Le Tunisien, l’Arabe et le musulman que je suis veux alors rappeler aux dépositaires de la conscience universelle que les pires crimes contre l’Humanité commis ces deux derniers siècles sont de leurs faits et méfaits. Que l’éradication des Indiens d’Amérique, c’est eux.Que l’esclavage, c’est eux. Que le colonialisme, c’est eux. Que la première et seconde guerre mondiale, c’est eux. Que le génocide du peuple Juif, c’est eux.Que l’arme de destruction massive par excellence, la bombe atomique lâchée sur les Japonais, c’est eux. Que le Vietnam, c’est eux. Que l’invention des armes chimiques, c’est eux. Que la première utilisation de ces armes chimiques en 1915, c’est leurs alliés Turcs contre les Arméniens (1 million 300 000 morts).Que la seconde utilisation de ces armes chimiques, c’est eux et entre eux en 1914-1918. Que la troisième utilisation de ces armes chimiques, c’est eux et entre eux en 1939-1945.

L’action militaire que les dépositaires de la conscience universelle s’apprêtent à mener contre la Syrie est du même type, de la même « morale » et de la même psychologie impérialiste et raciste que l’agression tripartite (France,Grande Bretagne, Israël) contre l’Egypte, en octobre 1956. Parce que Nasser a décidé de nationaliser la Compagnie du Canal de Suez, il a été traité « d’Hitler »et « d’apprenti-dictateur », par la même presse pharisienne qui mène contre la Syrie une campagne de désinformation digne de Goebbels, comme celle qui a été menée contre l’Irak de Saddam Hussein et qui a ramené ce grand pays « à l’âge de pierre », comme l’avait promis James Baker à mon ami Tarek Aziz. L’anglais Antony Eden, premier ministre, et le socialiste français Guy Mollet, président du Conseil, disaient que « la seule réponse à la mégalomanie de ce nouvel Hitler qui veut constituer un empire panarabe, c’est la force. Il faut renverser Nasser ». Comme les Américains ont renversé le premier ministre iranien Mossadegh en 1953 et le président du Guatemala Jacobo Arbenz une année après. Là aussi, c’était une occasion pour la France « socialiste »de punir Nasser pour son soutien à la résistance algérienne, comme, depuis deux ans, la « punition » de Bachar pour son soutien à la résistance libanaise et palestinienne.

La guerre froide a commencé il y a quelques mois et elle peut vite tourner à la guerre « chaude », ce qui serait une bouffée d’oxygène pour l’économie capitaliste et mondialiste moribonde, plus particulièrement pour l’économie virtuelle américaine. Ce qui se joue actuellement et dans les prochaines heures en Syrie, ce n’est pas l’avenir de ce peuple qui résiste de façon héroïque à l’invasion islamo-atlantiste, mais celui de l’Humanité. C’est maintenant que la Russie, la Chine et l’Inde doivent mettre fin à l’hégémonisme américaine. Le Nouvel ordre mondial né de l’implosion de l’URSS et de la chute du mur de Berlin doit disparaître au profit de la paix mondiale dans la Souveraineté des Nations. S’ils laissent faire la destruction du monde arabe par ce que la propagande occidentale appelle le « printemps arabe », il y aura par la suite un « printemps africain », ensuite un « printemps asiatique », puis un « printemps latino-américain »… Depuis Rome et depuis la Grèce antique, l’Hubris occidentale n’a pas de limite.

Mezri Haddad, philosophe et ancien Ambassadeur.

http://www.tunisie-secret.com/La-Syrie-et-l-Hubris-occidentale_a578.html

Syrie: un autre crime de guerre occidental en préparation – Paul Craig Roberts


David-Cameron-Barack-Obama-Francois-HollandeMise à jour

Les criminels de guerre de Washington et d’autres capitales occidentales sont déterminés à maintenir leur mensonge selon lequel le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. Ayant échoué dans les efforts visant à intimider les inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU en Syrie, Washington a exigé que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon retire ces inspecteurs avant qu’ils puissent évaluer la preuve et faire leur rapport. Le Secrétaire général de l’ONU s’est élevé contre les criminels de guerre de Washington et a rejeté leur demande. Cependant, comme avec l’Irak, la décision de Washington de commettre une agression contre la Syrie ne se fonde pas sur des faits. http://rt.com/op-edge/syria-un-war-investigation-006/

Les gouvernements américain et britannique n’ont révélé aucune des «preuves concluantes» qu’ils prétendent avoir démontrant que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. En écoutant leurs voix, en observant leur langage corporel, et en les regardant dans les yeux, il est tout à fait évident que John Kerry et ses marionnettes britanniques et allemandes mentent de manière éhontée. C’est une situation bien plus honteuse que les énormes mensonges que l’ancien Secrétaire d’Etat Colin Powell a commis à l’ONU sur les armes irakiennes de destruction massive. Colin Powell affirme qu’il a été trompé par la Maison Blanche et ne savait pas qu’il mentait. Kerry et les marionnettes britanniques, françaises et allemandes savent très bien qu’ils mentent.

Le visage que l’Occident présente au monde est celui d’un menteur impudent.
Washington et ses gouvernements fantoches britanniques et français sont prêts à encore une fois révéler leur criminalité. L’image de l’Occident en tant que criminel de guerre n’est pas une image de propagande créée par les ennemis de l’Occident, mais le portrait que l’Occident a peint de lui-même.

Le journal britannique The Independant a rapporté qu’au cours du dernier week-end, Obama, Cameron et Hollande ont convenu de lancer des attaques de missiles de croisière contre le gouvernement syrien dans les deux semaines à venir, malgré l’absence de toute autorisation de l’ONU et malgré l’absence de tout élément de preuve en faveur des allégations de Washington selon lesquelles le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre « ses rebelles » largement soutenus par les forces extérieures américaines, cherchant à renverser le gouvernement syrien.

En effet, une des raisons de la course à la guerre est d’empêcher l’inspection de l’ONU dont Washington sait qu’elle pourrait réfuter ses allégations et éventuellement l’impliquer dans l’attaque sous faux drapeau effectuée par les «rebelles», qui ont réuni un grand nombre d’enfants dans un endroit pour y être assassinés chimiquement pour ensuite en coller la responsabilité au gouvernement syrien.

Une autre raison de la course à la guerre, c’est que Cameron, le Premier ministre britannique, veut précipiter la guerre avant que le Parlement britannique ne puisse le bloquer et l’empêcher de fournir une couverture pour les crimes de guerre d’Obama, de la même manière que Tony Blair avait assuré la couverture de George W. Bush, ce dont il a été dûment récompensé. Qu’est-ce qu’il en a à faire, Cameron, de la vie des syriens quand il peut quitter ses fonctions avec une fortune de 50 millions $ qui l’attendent à bras ouverts ?

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/syria-un-weapons-inspectors-attacked-as-they-try-to-enter-poison-gas-attack-site-8784435.html

Le gouvernement syrien, sachant qu’il n’est pas responsable de l’incident des armes chimiques, a accepté que l’ONU envoie des inspecteurs d’armes chimiques pour déterminer la substance et le vecteur utilisés. Cependant, Washington a déclaré qu’il était «trop tard» pour les inspecteurs de l’ONU et accepte la déclaration intéressée des « rebelles » affiliés à Al-Qaïda accusant le gouvernement syrien d’avoir attaqué des civils avec des produits chimiques. http://news.antiwar.com/2013/08/25/obama-administration-accepts-rebels-account-on-syria-prepares-for-war/ . Voir aussi http://news.antiwar.com/2013/08/25/syria-accepts-un-inspectors-us-spurns-call-as-too-late/

Dans une tentative pour empêcher les inspecteurs de produits chimiques des Nations Unies qui sont arrivés sur place de faire leur travail, ces derniers ont essuyé des tirs de snipers sur le territoire détenu par les  « rebelles » et ont été forcés de quitter le site ; mais un rapport ultérieur de RT affirme qu’ils sont retournés sur le site pour effectuer leur inspection. http://rt.com/news/un-chemical-oservers-shot-000/

Le gouvernement britannique corrompu a déclaré que la Syrie peut être attaquée sans autorisation de l’ONU, tout comme la Serbie et la Libye ont été attaquées militairement sans autorisation de l’ONU. En d’autres termes, les démocraties occidentales ont déjà établi des précédents pour violer le droit international. « Le droit international? Nous n’avons pas besoin de droit international puant » L’Occident ne connaît qu’une seule règle: la Force prime le Droit. Tant que l’Occident a la Force, l’Occident a le Droit.

Dans une réponse à l’information que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se préparent à attaquer la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré qu’une telle action unilatérale est une «violation grave du droit international», et que la violation n’était pas seulement d’ordre juridique, mais aussi une violation de l’éthique et de la morale. Lavrov a évoqué les mensonges et la tromperie utilisés par l’Occident pour justifier ses violations graves du droit international dans les attaques militaires contre la Serbie, l’Irak et la Libye et la façon dont le gouvernement américain a utilisé des actions préventives pour saper tout espoir pour un règlement pacifique en Irak, en Libye et en Syrie.

Une fois de plus, Washington a anticipé pour saper tout espoir de règlement pacifique. En annonçant la prochaine attaque, les Etats-Unis ont détruit toute incitation pour les «rebelles» à participer aux pourparlers de paix avec le gouvernement syrien. Au moment où ces pourparlers allaient avoir lieu, les «rebelles» n’ont désormais plus aucune incitation à y participer, puisque les militaires de l’Occident viennent à leur secours.

Dans sa conférence de presse, M. Lavrov a parlé de la façon dont les partis au pouvoir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France attisent les émotions chez les gens mal informés qui, une fois chauffés, trouveraient satisfaction dans la guerre. Ceci, bien sûr, est le moyen par lequel les Etats-Unis ont manipulé le public pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak. Mais le public américain est fatigué de la guerre, dont le but n’est jamais établi clairement, et sa suspicion augmente de jour en jour au sujet des justifications du gouvernement pour encore plus de guerres.

Un sondage Reuters / Ipsos révèle que « les Américains s’opposent fermement à l’intervention américaine dans la guerre civile en Syrie et croient que Washington devrait rester en dehors du conflit, même si les rapports selon lesquels le gouvernement de la Syrie a utilisé des produits chimiques mortels pour attaquer les civils sont confirmés ». http://news.yahoo.com/syria-war-escalates-americans-cool-u-intervention-reuters-003146054.html Pourtant Obama se moque que seulement 9 pour cent de la population soutienne son bellicisme. Comme l’a récemment déclaré l’ancien président Jimmy Carter : « L’Amérique n’a pas de démocratie qui fonctionne ». http://rt.com/usa/carter-comment-nsa-snowden-261/ Il y a un Etat policier dans lequel le pouvoir exécutif s’est placé lui-même au-dessus de toutes les lois et au-dessus de la Constitution.

Cet état policier va maintenant commettre encore un autre crime de guerre d’agression non provoquée de style nazi. A Nuremberg, les nazis ont été condamnés à mort précisément pour les actions identiques à celles commises par Obama, Cameron et Hollande. L’Occident mise sur la force, non sur le droit, pour se garder hors du box des criminels.

Les gouvernements américain, britannique et français n’ont pas expliqué pourquoi il vaut mieux que les gens, dans les guerres initiées par l’Occident, soient tués par des explosifs en uranium appauvri plutôt qu’avec des agents chimiques ou de toute autre arme. Il était évident dès le début que Obama était en train de préparer l’attaque contre le gouvernement syrien. Obama a diabolisé les armes chimiques mais pas les « anti-bunkers » nucléaires que les Etats-Unis pourraient utiliser contre l’Iran. Ensuite, Obama a tracé une ligne rouge, en disant que l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens était un si grand crime que l’Occident serait obligé d’attaquer la Syrie. Les marionnettes britanniques de Washington, William Hague et Cameron, ont juste répété cette affirmation absurde. http://rt.com/news/uk-response-without-un-backing-979/ La dernière étape dans la machination était d’orchestrer un incident chimique et d’en accuser le gouvernement syrien.

Quel est le véritable agenda de l’Occident? Telle est la question non posée et sans réponse. De toute évidence, les gouvernements américains, britanniques et français, qui ont affiché en permanence leur soutien à des régimes dictatoriaux qui répondent à leurs attentes, ne sont pas le moins du monde perturbés par les dictatures. Ils désignent Assad comme dictateur pour le diaboliser aux yeux des masses occidentales mal informés. Mais Washington, le Royaume-Uni, et la France soutiennent un certain nombre de régimes dictatoriaux, comme ceux de Bahreïn, de l’Arabie Saoudite, et maintenant la dictature militaire en Egypte qui tue impitoyablement des Egyptiens sans qu’aucun gouvernement occidental ne parle d’envahir l’Égypte parce qu’il «tue son propre peuple ».

Il est clair aussi, que la prochaine attaque occidentale sur la Syrie n’a rien à voir avec la volonté d’apporter «la liberté et la démocratie» en Syrie, pas plus que la liberté et la démocratie n’étaient les raisons des attaques contre l’Irak et la Libye, dont aucun n’a gagné la « liberté et la démocratie. »

L’attaque occidentale sur la Syrie n’est pas liée aux droits de l’homme, la justice ou l’une des causes ronflantes dont l’Occident couvre sa criminalité.

Les médias occidentaux, et encore moins les presstitués américains, ne demandent jamais à Obama, Cameron, ou Hollande quel est le vrai agenda. Il est difficile de croire qu’il y ait un seul journaliste qui soit suffisamment stupide ou naïf pour croire que l’agenda est d’apporter «la liberté et la démocratie » à la Syrie ou de punir Assad pour avoir utilisé des armes chimiques contre des voyous meurtriers qui tentent de renverser le gouvernement syrien.

Bien sûr, la question n’aurait pas de réponse si elle était posée. Mais le fait de poser la question contribuerait à rendre le public conscient que les choses sont tout autres. A l’origine, le prétexte de Washington pour les guerres était d’assurer la sécurité des Américains contre les terroristes. Maintenant, Washington s’efforce de livrer la Syrie à des terroristes djihadistes en les aidant à renverser le gouvernement laïc et non-terroriste d’Assad. Quel est l’agenda derrière le soutien de Washington au terrorisme?

Peut-être que le but des guerres est de radicaliser les musulmans et, ainsi, déstabiliser la Russie et même la Chine. La Russie a une importante population musulmane et est bordée par les pays musulmans. Même la Chine a une certaine population musulmane. Comme la radicalisation se propage en conflits dans les deux seuls pays capables d’être un obstacle à l’hégémonie mondiale américaine, la propagande des médias occidentaux et le grand nombre d’ONG financées par les États-Unis, se présentant comme des organisations de «droits de l’Homme», peuvent être utilisés par Washington pour diaboliser les gouvernements russe et chinois pour les mesures sévères que ceux-ci prennent contre les «rebelles».

Un autre avantage de la radicalisation des musulmans est qu’elle laisse les anciens pays musulmans dans la tourmente ou des guerres civiles pour une longue durée, comme c’est actuellement le cas en Irak et en Libye, éliminant ainsi toute capacité à faire obstruction à Israël par un état organisé.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry est en train de travailler au  téléphone utilisant les pots de vin et les menaces pour faire accepter, sinon appuyer, le crime-de-guerre-en-préparation de Washington contre la Syrie.

Washington est en train de conduire le monde plus près que jamais de la guerre nucléaire, même plus que dans les périodes les plus dangereuses de la guerre froide. Quand Washington en terminera avec la Syrie, la prochaine cible sera l’Iran. La Russie et la Chine ne seront plus en mesure de se leurrer eux-mêmes sur l’existence  d’un quelconque système de droit international ou de contrainte qui puisse agir sur la criminalité de l’Occident. L’agression occidentale contraint déjà les deux pays à développer leurs forces nucléaires stratégiques et à circonscrire les ONG financées par l’Occident qui se présentent comme des «organisations des droits de l’homme», mais en réalité constituent une cinquième colonne que Washington peut utiliser pour détruire la légitimité de leurs gouvernements.

La Russie et la Chine ont été extrêmement imprudentes dans leurs relations avec les Etats-Unis. Essentiellement, l’opposition politique russe est financée par Washington. Même le gouvernement chinois est miné. Quand une société américaine ouvre une entreprise en Chine, il crée un conseil d’administration chinois dans lequel sont placés des proches des autorités politiques locales. Ces conseils créent un circuit pour les paiements qui influencent les décisions et la loyauté des membres du parti local et régional. Les États-Unis ont pénétré les universités chinoises et les milieux intellectuels. L’Université Rockefeller est active en Chine dans le cadre philanthropique des Rockefeller. Les voix dissidentes sont créées et sont déployées contre le gouvernement chinois. Les demandes de «libéralisation» peuvent ressusciter des différences régionales et ethniques et saper la cohésion du gouvernement national.

Quand la Russie et la Chine se rendront compte qu’ils sont la proie de cinquièmes colonnes américaines, qu’elles sont isolées diplomatiquement et militairement inférieures en armes,  les armes nucléaires deviendront le seul garant de leur souveraineté. Cela donne à penser que la guerre nucléaire est susceptible de mettre fin à l’humanité bien avant que les hommes ne succombent au réchauffement climatique ou à la hausse des dettes nationales.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, derrière un FALSE FLAG d’attaque chimique en Syrie


Jeux de guerre: Une explosion dans la ville syrienne de Homs le mois dernier. Il a été maintenant suggéré que les Etats-Unis encouragent le recours à des armes chimiques pour déclencher une intervention militaires internationales.
Jeux de guerre: Une explosion dans la ville syrienne de Homs le mois dernier. Il a été maintenant suggéré que les Etats-Unis encouragent le recours à des armes chimiques pour déclencher une intervention militaires internationales.

Les Etats-Unis derrière un «Plan pour lancer une attaque à l’arme chimique contre la Syrie et en rejeter la responsabilité sur le régime d’Assad ».

  • Fuite d’e-mails provenant d’un contractant de la défense au sujet des armes chimiques disant « l’idée a été approuvée par Washington »
  • Obama a lancé un avertissement au président syrien Bachar al-Assad le mois dernier lui disant que l’utilisation de la guerre chimique était «totalement inacceptable»

Par Louise Boyle

PUBLISHED: 14:16 EST, 29 January 2013 | UPDATED: 14:16 EST, 29 January 2013

Des fuites d’E-mails prouveraient que la Maison Blanche a donné le feu vert à une attaque aux armes chimiques en Syrie dont pourrait être accusé le régime d’Assad et ainsi déclencher l’action militaire internationale dans le pays dévasté.

Un rapport publié lundi contient un échange de courriels entre deux hauts fonctionnaires du Britam Defense, où un projet «approuvé par Washington» est révélé expliquant que le Qatar aurait financé les forces rebelles en Syrie pour utiliser des armes chimiques.

Barack Obama a dit clairement au président syrien Bachar al-Assad le mois dernier que les Etats-Unis ne toléreraient pas que la Syrie utilise des armes chimiques contre son propre peuple.

Selon Infowars.com, le mail du 25 Décembre a été envoyé par David Goulding,  directeur du développement des affaires de de Britam, et le destinataire est le fondateur de l’entreprise Philip Doughty.

On y lit :

«Phil … Nous avons une nouvelle offre. Il s’agit de la Syrie à nouveau. Les Qataris proposent une affaire intéressante et jurent que l’idée a été approuvée par Washington.

Nous aurons à livrer un CW à Homs, un g-shell d’origine soviétique de Libye similaires à ceux que Assad devrait avoir.

Ils veulent que nous déployions notre personnel ukrainiens qui doit parler le russe et faire un enregistrement vidéo.

«Franchement, je ne pense pas que c’est une bonne idée, mais les sommes proposées sont énormes. Votre avis?

Cordialement, David. »

Britam Defense n’a pas encore répondu à une demande de commentaire de MailOnline.

Fuite: Le mail aurait été envoyé par un haut fonctionnaire d’un contractant de la défense britannique concernant une attaque chimique ‘’approuvée par Washington’’ en Syrie dont pourrait être accusée le régime d'Assad.
Fuite: Le mail aurait été envoyé par un haut fonctionnaire d’un contractant de la défense britannique concernant une attaque chimique ‘’approuvée par Washington’’ en Syrie dont pourrait être accusée le régime d’Assad.

Les e-mails ont été publiés par un hacker malaisien qui a également obtenu le curriculum vitae des cadres supérieurs et des copies de passeports par le biais d’un serveur d’entreprise non protégé, selon Cyber War News.

Le profil Linkedin de Dave Goulding le décrit en tant que Directeur du développement des affaires à la Britam Defense Ltd dans le domaine de la Sécurité et des enquêtes. Le profil de Phil Doughty dans le réseau des affaires le décrit comme le chef des Operations pour Britam, les Émirats arabes unis, et de la sécurité et des enquêtes.

Le Département d’Etat américain n’a pas répondu à une demande de commentaire sur les emails présumés à MailOnline,  au jour d’aujourd’hui au moment de la publication. (NDT : 29 janvier 2013)

Cependant, l’utilisation de la guerre chimique a été soulevée lors d’une conférence de presse à Washington le 28 Janvier.

Un porte-parole a déclaré que les Etats-Unis ont rejoint la communauté internationale pour la «la mise en place de lignes rouges communes sur les conséquences de l’utilisation d’armes chimiques».

De nombreuses pertes : les familles tentent d'identifier les corps des combattants syriens abattus et jetés dans une rivière dans la ville syrienne d'Alep aujourd'hui.
De nombreuses pertes : les familles tentent d’identifier les corps des combattants syriens abattus et jetés dans une rivière dans la ville syrienne d’Alep aujourd’hui.

Une fuite sur un câble du gouvernement américain a révélé que l’armée syrienne avait plus que probablement utilisé des armes chimiques lors d’une attaque dans la ville de Homs en Décembre.

Le document, révélé dans The câble, était le résultat d’une enquête menée par Scott Frédéric Kilner, le consul général américain à Istanbul, accusant l’armée syrienne d’avoir utilisé des armes chimiques dans une attaque le 23 Décembre.

Un responsable de l’administration Obama qui a eu accès au document aurait dit : «Nous ne pouvons pas le dire avec certitude à 100 pour cent, mais les contacts syriens ont établi de façon convaincante que l’Agent 15 a été utilisé à Homs le 23 décembre.

L’enquête de M. Kilner comprenait des entretiens avec les civils, les médecins et les rebelles présents lors de l’attaque, ainsi que l’ancien général et chef du programme syrien des ADM, Mustafa al-Cheikh.

Dr. Nashwân Abu Abdo, un neurologue à Homs, est certain que des armes chimiques ont été utilisées. Il a dit à The Cable: « C’était une arme chimique, nous sommes sûrs de cela, parce que le gaz lacrymogène ne peut pas causer la mort de personnes ».

Menaces: Barack Obama a déclaré lors d'un discours le mois dernier que si la Syrie a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, ce serait «totalement inacceptable».
Menaces: Barack Obama a déclaré lors d’un discours le mois dernier que si la Syrie a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, ce serait «totalement inacceptable».

Des récits de témoins oculaires de l’enquête ont révélé qu’un char a lancé armes chimiques et que les gens qui y ont été exposés ont subi des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, délire, convulsions, et une détresse respiratoire.

Les symptômes indiquent que le composé chimique Agent-15 était responsable. La Syrie a nié avoir utilisé des armes chimiques et a dit qu’il ne l’utiliserait jamais contre ses citoyens.

S’adressant aux journalistes du Pentagone, le secrétaire à la Défense Leon Panetta a déclaré que son plus grand souci était de savoir comment les Etats-Unis et leurs alliés allaient sécuriser les sites d’armes chimiques et biologiques dispersés à travers la Syrie et de s’assurer que les composants ne se retrouvent pas dans les mauvaises mains si le régime tombait , en particulier dans des conditions violentes.

Les forces gouvernementales et les rebelles en Syrie ont tous deux été accusés par des groupes de défense des droits de l’Homme de mener une guerre brutale dans un conflit de 22 mois qui a coûté plus de 60.000 vies.

Copie en cache d’un article effacé confirmant un false flag US/UK avec des armes chimiques en Syrie

Traduction : Avic

http://web.archive.org/web/20130129213824/http://www.dailymail.co.uk/news/article-2270219/U-S-planned-launch-chemical-weapon-attack-Syria-blame-Assad.html

Les «peuples» de l’Otan contre l’intervention en Syrie


Tribune libre zorro montmartre

1237958_10151903092079236_1402232249_nLes peuples des pays membres de l’Otan s’élèvent contre la volonté affichée de leurs Etats d’intervenir en Syrie. Une pétition a été lancée en France, l’un des premiers pays à annoncer son intention de «faire quelque chose», pour que la guerre contre la Syrie soit soumise au vote du Parlement.

Les initiateurs de cette pétition expriment clairement leur opposition à toute intervention militaire contre ce pays. Leur position a été prise, assurent-ils, sur une base de données, parmi elles, des sondages réalisés par des pro-Otan. Ainsi, un sondage réalisé par Le Figaro affirme que 8 lecteurs sur 10 de ce journal sont contre toute forme d’ingérence française dans ce pays à feu et à sang, alors que 8 auditeurs sur 10 de RMC sont contre l’intervention française. L’opinion américaine n’est pas plus favorable à l’action armée contre le régime syrien. Dans un sondage réalisé ces jours-ci, 7 Américains sur 10 sont contre toute forme d’ingérence américaine en Syrie, y compris l’armement des rebelles. Selon les sondages officiels de mai, juin 2013, 80% des Allemands, 78% des Britanniques et 62% des Français sont contre toute forme d’ingérence de l’Otan en Syrie. «La situation en Syrie est confuse mais pas au point de perdre la tête comme nos médias et leurs lobbyistes», prévient-on dans le texte de la pétition. Cela tout en affirmant qu’«une écrasante majorité de citoyens de l’Otan sont contre toute forme d’ingérence militaire de l’organisation atlantiste en Syrie et pas seulement contre une ingérence au sol». «Car même si les sondages n’en parlent pas, je ne vois pas pourquoi cette subtilité de journalistes en mal de liberté infléchirait notre opinion sous la barre des 50%, alors qu’elle est massivement dépassée depuis le début et qu’elle se conforte chaque jour», ajoute-t-on, demandant ainsi aux députés de l’Assemblée française de signer cette pétition pour qu’il y ait débat et vote au Parlement.

90% contre l’intervention de l’Otan

«Monsieur le député (…), selon des sources pro-Otan, entre 90% en juin 2013 et 55% dès décembre 2011 de la population syrienne est contre l’insurrection armée des rebelles», indiquent les initiateurs de cette pétition. «Une guerre tue les peuples entre eux, pas ceux qui décident de la faire. Si la conscription existait encore en France comme en Syrie, y enverriez-vous vos enfants, comme les enfants syriens s’y rendent, quelles que soient leur religion, leur race, leur couleur ? Etes-vous un citoyen français ou un membre de réseaux inféodés à la lutte des néoconservateurs pour le contrôle du gaz mondial et pour l’élimination par la force de l’islam communiste dit chiite, non aligné sur l’Euro-Dollar ? Plus personne n’est dupe sur la toile. Et vous ?» lance-t-on sur un ton interrogatif.

Fausses preuves

Pour eux, il n’y a aucune preuve de l’utilisation par le régime syrien du gaz sarin. Ils rappellent tous les mensonges des néoconservateurs américains pour justifier l’intervention et la destruction de plusieurs pays pour maintenir leur hégémonie mondiale. «Une armée régulière de conscrits ne va pas massacrer son propre peuple», affirme-t-on, rappelant dans ce sillage les guerres menées sur la base de mensonges en Afghanistan, en Irak et tout récemment en Libye. «Le chaos humain sans fin en Afghanistan, en Irak, en Libye ne vous suffit-ils pas ? 200 Afghans expulsés de Calais et des milliers de Libyens séquestrés à Lampedusa face à des millions de réfugiés arabomusulmans disséminés dans tous les pays du Bassin méditerranéen plus pauvres que le nôtre ne vous suffisent-ils pas ?» se demande-t-on. Les initiateurs de cette pétition rappellent ainsi la décision courageuse de MM. Chirac et De Villepin le 14 février 2003.

Rebelles gangsters

«Laissons le peuple syrien s’autodéterminer. S’il y a une décision à prendre, alors cessons d’armer les forces étrangères qui s’interposent et favorisons la transition proposée par le gouvernement laïc syrien et surveillée par ses alliés», souligne-t-on encore, affirmant que la rébellion est phagocytée par les forces étrangères qui l’utilise pour semer le chaos et arriver à leurs desseins inavoués. «Le peuple syrien en a ras-le-bol de ces assassins écorcheurs gangsters. Trois Français sur quatre aussi, Monsieur le député. Pas vous ?» «Cette guerre, poursuit-on, comme en Libye, tuera encore plus de civils innocents et sèmera le chaos contre un Etat qui a demandé lui-même des inspections, qui est face à des accusations une fois de plus sans preuves juridiques défendables, qui est soutenu par des grandes puissances aussi matures que nous, et qui fait partie historiquement de la francophonie si mal en point aujourd’hui au sein de l’Otan qui a attendu deux ans en vain.» Par le vote au Parlement, les pétitionnaires veulent que le peuple syrien sache qui lui enverrait des missiles de la France.

Sonia Baker

http://algeriepatriotique.com/article/les-peuples-de-l-otan-contre-l-intervention-en-syrie

Attaques chimiques : L’ONU sape les déclarations américaines et britaniques


masque_carteL’ONU a contredit les allégations des dirigeants américains et britanniques selon lesquels les preuves de l’attaque chimique présumée contre les deux Ghouta de Damas peuvent être détruites.

Si des gaz neurotoxiques ont bien été utilisés mercredi près de Damas, les inspecteurs de l’ONU devraient facilement pouvoir en trouver des traces et les identifier à condition de pouvoir prélever des échantillons sur le site de l’attaque présumée et sur les victimes, assurent des experts interrogés par l’AFP.
« Ca ne devrait pas poser de problème, surtout si ce sont des molécules de type sarin ou des choses connues », estime Pascal Klintz, toxicologue et expert médico-légal français.
« Si les inspecteurs de l’ONU font des prélèvements corrects, de sang, d’urine, dans les tissus gras où ça se fixe, et également sur les vêtements, il n’y aura aucune difficulté analytique à faire ce genre d’investigations, même avec des délais particulièrement longs », assure-t-il à l’AFP.
Même cinq jours après l’attaque présumée, « il y a de bonnes chances de trouver du sarin et ses dérivés dans le sol, des munitions explosées et des fluides corporels comme le sang et l’urine », renchérit le Dr Alastair Hay, spécialiste en toxicologie de l’Université britannique de Leeds.

« Chez certains individus qui ont été sévèrement intoxiqués, on peut encore trouver des traces de sarin jusqu’à six semaines après l’exposition », affirme le Dr Hay, qui étudie les effets des armes chimiques depuis plus de trente ans.
« Dans l’environnement, la marge est encore bien plus importante. Lors d’une enquête que j’ai menée au Kurdistan irakien, nous avons trouvé, quatre ans après, du gaz moutarde, du gaz neurotoxique et leurs dérivés dans le sol prélevé à l’endroit où les munitions avaient explosé », insiste l’expert britannique.

Tout dépendra donc de la latitude dont bénéficieront les experts internationaux en Syrie pour mener leurs investigations.
« S’ils ont librement accès à la zone, et qu’ils peuvent y faire ce qu’ils veulent, je pense qu’ils ont de bonnes chances de trouver des preuves qui nous permettront de mieux comprendre ce qui s’est passé », juge aussi Ralf Trapp, consultant indépendant qui fut de 1998 à 2006 expert à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de La Haye.
Pour lui, l’idéal serait que les enquêteurs de l’ONU puissent découvrir dans les cratères laissés par les explosion des fragments de munitions, qui leur permettraient non seulement de déterminer si elles contenaient des agents chimiques mais aussi de quel arsenal elles peuvent provenir.
« S’il s’agit de missiles ou de bombes d’aviation, la responsabilité du gouvernement syrien sera clairement engagée. S’il s’agit d’obus de mortier, il faudra essayer de déterminer la trajectoire des obus et savoir qui tenait la position (gouvernement ou rebelles), d’où ont été lancés les obus », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et biologiques et chercheur à la Fondation de la recherche stratégique.

Trop tard ?

Dimanche, Damas venait à peine de donner son feu vert pour l’enquête onusienne que des responsables américains et britanniques s’étaient relayés pour saper d’avance les résultats de l’enquête onusienne.

S’exprimant pour l’AFP, un responsable américain qui n’a pas été identifié a dit que le feu vert de Damas arrive « trop tard pour être crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d’autres actes délibérés ces cinq derniers jours ».

Même son de cloche de la part du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, qui sans tarder, a déclaré que ces preuves « pourraient avoir été détruites ».
« D’autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d’autres peuvent avoir été trafiquées », a-t-il prétendu.
La France a évité une telle bêtise et son ministre français s’est contenté de répéter que l’attaque chimique ne faisait aucun doute.

Les mensonges de l’Irak

POur sa part, Téhéran a rappelé par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Abbas Araghchi les mensonges qui ont précédé la guerre contre l’Irak en 2003.
« L’opinion publique n’a pas oublié les mensonges à propos des armes de destruction massive en Irak et ne permettra pas que de telles accusations fausses aboutissent à un autre drame humanitaire », a-t-il dit selon l’agence Isna, estimant que l’Iran juge dangereux de parler de l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie.
« Alors que la région a besoin de calme, parler d’une attaque militaire contre la Syrie, de plus sans l’autorisation du Conseil de sécurité (de l’ONU), est très dangereux et peut créer des tensions », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l’agence Isna.
« Toute mauvaise interprétation de la situation en Syrie mènera toute la région dans une situation compliquée et dangereuse avec des conséquences pour tous les pays de la région », a-t-il ajouté, assurant que « le règlement de la crise en Syrie ne peut se faire par des moyens militaires. Le dialogue et l’entente politique pour une solution pacifique est la seule voie ».

Des tirs contre les inspecteurs

Sur le terrain, alors qu’ils se rendaient sur le site présumé de l’attaque, les enquêteurs onusiens ont essuyé des tirs.
« Le premier véhicule de l’équipe d’enquête sur les armes chimiques a été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés », a déclaré un porte-parole de l’ONU Martin Nesirky dans un communiqué, ne faisant état d’aucun blessé.

« La voiture n’étant plus utilisable, (les enquêteurs) sont retournés sains et saufs au point de contrôle tenu par le gouvernement », a-t-il précisé, ajoutant que l’équipe retournerait dans la zone « après avoir changé de véhicule », a-t-il ajouté.
Les membres de la mission de l’ONU avaient quitté plus tôt leur hôtel de Damas à bord d’un convoi de cinq voitures, escorté des services de sécurité syriens en direction de la  banlieue de Damas tenue par les rebelles.

Damas assure que ce sont les rebelles qui ont tiré sur les inspecteurs.

« Les membres de l’équipe des Nations unies (…) ont essuyé des tirs des groupes terroristes armés alors qu’ils entraient dans la région de la Moadamiyat al-Cham », au sud-ouest de Damas, a indiqué la télévision d’Etat.
La télévision, qui citait un responsable syrien sous couvert de l’anonymat, a précisé que les services de sécurité « avaient escorté (les inspecteurs) jusqu’au site contrôlé par ces groupes ».
« Le gouvernement syrien fait assumer aux groupes terroristes la responsabilité de la sécurité et de l’intégrité physique des membres de l’ONU et la garantie qu’ils rentrent sains et saufs », poursuit la chaîne.

Almanar

Michel Collon répond à RT au sujet des armes chimiques en Syrie (vidéo)


Michel Collon-RT

Interviewé par la chaîne Russia Today sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie (et par qui ?), Michel Collon expose brièvement les 5 principes de la propagande de guerre, qui permettent à chacun de repérer la désinformation, les intérêts cachés, la diabolisation de l’adversaire et le refus du débat public. Pourquoi, informés par les satellites russes qui montreraient que ce sont les rebelles qui ont employé ces armes, les Etats-Unis, la France et leurs alliés tirent leurs conclusions avant même toute enquête…

 

Michel Collon

http://www.michelcollon.info/Propagande-de-guerre-pour.html

Contre la culture du mensonge, la culture de la France !


85941492_o

Contre la culture du mensonge, la culture de France ! par Aymeric Chauprade

Une nouvelle fois, après l’Irak, la Yougoslavie et la Libye, l’Occident a recours au mensonge le plus grossier qui puisse être : l’accusation d’usage d’armes de destruction massive.

La vérité est que le régime syrien est en train de gagner la bataille contre les terroristes islamistes et qu’il n’a pas besoin d’armes chimiques pour cela. Fort du soutien de l’Iran, du Hezbollah libanais et de la Russie (soutien politique sans failles), il est en train d’écraser son opposition islamiste, minoritaire dans le pays (bien que les sunnites soient majoritaires) et cela face à une rébellion islamiste internationale qui n’a plus d’autre issue que de tenter d’impliquer la France, le Royaume-Uni et les États-Unis dans la guerre.

Il faut dénoncer avec la plus grande fermeté ce mensonge de la rébellion islamiste et son soutien par le gouvernement français, soutien qui s’apparente autant à une trahison des intérêts de la France qu’à un crime contre la paix internationale.

Plus que jamais, il devient urgent de libérer la France des forces hostiles qui se sont installées au sommet de l’État, alors même que l’immense majorité de ceux qui servent cet État, dans les échelons subalternes, sont restés loyaux à la France et au Bien commun des Français.

J’appelle donc tous les patriotes français, de droite comme de gauche, à démonter ce mensonge et à rallier le projet d’un monde multipolaire fondé sur la souveraineté des peuples et le dialogue des civilisations, projet porté avec force par le Président Poutine en Russie, et soutenu par la Chine, l’Inde, l’Iran et bien d’autres pays émergents. C’est avec le soutien de ces pays que tous les patriotes européens contribueront à l’éviction de cette oligarchie mondialiste, arrogante et cynique. Cette oligarchie financière et ses serviteurs dévoués, placés à la tête des partis de gouvernement, qui a laissé partir l’or des banques centrale américaine et européennes en Asie, qui détruit la monnaie par une politique folle de la planche à billets, qui a soumis les peuples américain et européens à un hyper-endettement ne laissant aucun espoir d’inversion, qui plonge les pays d’Europe les uns après les autres dans la banqueroute (Grèce…) pour mieux piller leurs actifs stratégiques (pétrole, gaz, or, minerais…), qui ment aux peuples sur la réalité de la situation économique, sur le déclin évident de puissance, sur la nouvelle hiérarchie mondiale. Pour survivre aux terribles bilans que finiront par dresser les peuples, cette oligarchie là semble n’avoir plus d’autre échappatoire que la guerre.

Le scénario des guerres mondiales du XXe siècle peut hélas se répéter : la même oligarchie est en train de dresser les mêmes peuples les uns contre les autres – les peuples d’Europe du Nord contre ceux du Sud mais aussi les peuples d’Europe de l’Ouest contre la Russie – toujours avec la même stratégie : promouvoir les idéologies de destruction, hier le bolchévisme et le nazisme (pour anéantir l’Europe), aujourd’hui le nihilisme gauchiste (Femen, “théorie du genre”) et l’islamisme, lequel, avec l’appui des États-Unis et de leur jouet européen (la “diplomatie” de l’Union européenne), a créé le chaos en Tunisie, en Libye, en Syrie et maintenant en Égypte.

Le temps des choix est venu. Et choisir c’est abandonner le monde idéal sans tache des adolescents. Il est en effet facile de tout condamner pour ne pas avoir à choisir, au motif d’insatisfactions idéologiques ou d’excès. Il est plus difficile d’avoir le courage de choisir son camp quand on sait que celui-ci est loin d’être exempt de tout reproche.

En Syrie comme en Égypte, il faut choisir les gouvernements patriotiques contre les islamistes. Certes ces gouvernements patriotiques répriment violemment, mais lorsqu’un pays sombre dans le chaos, c’est violence contre violence. Il suffit d’ailleurs de voir comment le Ministre Valls a fait récemment usage de la violence, de manière totalement disproportionnée, contre des familles catholiques qui manifestaient pacifiquement, pour imaginer ce qui pourrait se passer en France si l’État sombrait dans le chaos ! Mais nous savons qu’en France, depuis longtemps et bien avant le retour des socialistes, nous avons quitté l’État de droit pour entrer dans l’État du “deux poids deux mesures” (aux anciens Français, surtout quand ils sont catholiques, la sévérité implacable, aux nouveaux, l’excuse et l’impunité permanentes…).

En France, ces barrières idéologiques qui séparent encore partisans d’une économie libre sans dirigisme et partisans d’une économie libre avec dirigisme, partisans de la laïcité républicaine orthodoxe et partisans de l’identité chrétienne, devront tomber au profit de la seule réalité charnelle qui vaille le combat et l’unité : la France, sa civilisation menacée par l’islamisation et l’africanisation, son État menacé par la banqueroute, sa place dans le monde effacée par le mondialisme, sa prospérité fragilisée par la montée des économies asiatiques. Le principe de réalité devra s’imposer : sacrifier son petit parti “pur”, sa petite mouvance “idéalement conforme” à ce dont on rêve, au profit de la seule dynamique politique capable, autour d’une personnalité forte et légitime, héritière d’un demi-siècle de combat national et d’annonces visionnaires, de coaliser des forces venant d’horizons différents, de sensibilités variées, mais mues par un seul impératif : empêcher la disparition de la France dans ce qu’elle est (son identité) et dans ce qu’elle a (sa puissance économique, géopolitique, culturelle…).

C’est désormais ce principe de réalité qui commandera mes choix à venir, et qui m’amènera, sans jamais me renier, à me séparer du “monde idéal où l’on est toujours d’accord avec soi-même” pour entrer dans le monde du choix et donc aussi du sacrifice.

Le temps presse. Chaque année qui passe, la réalité démographique intérieure et extérieure atténue davantage l’espoir que la France puisse reprendre en main son destin. Il ne suffit plus de comprendre le monde et d’en dénoncer le mensonge (économique, sociétal, géopolitique…) imposé par les “troupes d’occupation mentale” (les médias), il faut passer à l’action politique! Il n’y a d’autre issue que de favoriser le plus rapidement possible le retour à un projet national, souverain, défenseur de notre identité et des valeurs qui fondent notre civilisation.

EN LIBRAIRIE LE 11 SEPTEMBRE : La dernière édition complètement révisée de “Chronique du choc des civilisations”, Aymeric Chauprade, éditions Chronique. L’atlas de référence incontournable de la dissidence géopolitique !

À propos de l’auteur

2Aymeric Chauprade

Professeur de géopolitique et Directeur de la Revue Française de géopolitique et du site http://www.realpolitik.tv est l’auteur de l’ouvrage de référence « Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire » éd. Ellipses.

Source : http://www.realpolitik.tv/2013/08/contre-la-culture-du-mensonge-la-culture-de-la-france/