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À propos de la situation en Syrie


Tribune libre Résistance

USD-en-feuTout laisse à penser que l’agression lancée contre la Syrie par l’empire étasunien, ses vassaux français et britannique, et des pays arabes félons, va finalement échouer. C’est un fait nouveau. En effet, depuis la chute du mur de Berlin, les agressions de l’Empire avaient atteint l’essentiel de leurs objectifs : détruire l’État agressé et n’y laisser que chaos et désolation. C’est ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Lire la suite À propos de la situation en Syrie

Sfeira libérée – Mais si cela recommençait demain en Syrie ?


p7ah08jNous le pressentons. Le Moyen-Orient reviendra à la Une de l’actualité dans quelques semaines. La « guerre juste » de l’Occident contre Bachar el Assad n’aurait-elle été que reportée ou suspendue ? Les armes circulent de plus belle, les services spéciaux aussi et en particulier le Mossad. Il suffit de regarder une carte des positions navales (forces américaines et russes) en Méditerranée pour comprendre qu’on n’a jamais été aussi près d’un conflit. Et puis, ce matin, il y a Sfeira…

sfe_couv_statue_du_christ_au_mont_des_chérubins.La ville de Sfeira, au sud-est d’Alep, a été libérée par l’Armée arabe syrienne et les unités de la défense nationale légitimiste. On saluera demain le courage des volontaires syriens et de cette armée régulière héroïque alors que toute la communauté internationale les décrivait comme des monstres. Ces derniers mois, les groupes armés rebelles avaient massé à Sfeira d’importantes troupes, les unités les mieux équipées. On y trouvait le Front al-Nosra et l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, affiliés à Al-Qaïda, Liwaa al-Islam, dirigé par Zahran Allouche, l’homme de Bandar Ben Sultan en Syrie, Ahrar al-Cham, et un conseil militaire local rattaché à l’Armée syrienne libre. Ces groupes jouissaient de lignes de ravitaillement ouvertes vers la frontière avec la Turquie, d’où étaient acheminées armes, munitions, argents et renforts de combattants venus parfois de l’étranger. Mais tout cela ne les a pas empêché de perdre Sfeira.

Or, Sfeira est un nœud stratégique important commandant l’accès à la région sud-est d’Alep ; elle est située non loin de l’aéroport international d’Alep et de l’aéroport militaire de Koueirès ; elle est proche de la région d’Al-Bab, qui commande l’accès à Alep et constitue donc un point d’équilibre décisif à l’intérieur d’Alep et de sa province, car elle est située non loin des industries de la défense et de la route d’approvisionnement, qui relie Alep à la province de Hama.

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Pour toutes ces raisons, la libération de Sfeira était vitale pour l’armée régulière de Syrie. Elle ne manquera pas d’avoir rapidement des répercussions sur les équilibres militaires dans le pays et sur les réactions occidentales en coulisses. L’avancée rapide de l’armée syrienne de ces derniers jours est en tout cas la preuve vivante de ses hautes capacités et de sa solidité morale. Elle confirme, aussi, le changement des Syriens, qui rejettent les exactions des groupes extrémistes, déchirés par des luttes intestines.

sfe syrie_diviseeL’apparition de profondes divergences entre l’Arabie Saoudite d’un côté, le Qatar et la Turquie de l’autre, est un signe supplémentaire de l’échec de la guerre contre la Syrie. Les groupes armés qui combattent l’Etat syrien, n’ont jamais été que des façades instrumentalisées par les puissances étrangères de l’Otan, elles-même poussées par Israël qui veut émietter ce pays. Israël a bombardé la semaine dernière un entrepôt de missiles russes sur le sol syrien. L’Etat hébreu  viole systématiquement l’espace aérien syrien sans que personne  ne s’en offusque de même que très régulièrement pour ne pas dire quotidiennement, le territoire de Gaza aujourd’hui privé d’électricité est quadrillé par des drones de surveillance.

Pourquoi autant d’acharnement contre la Syrie ?

sfe 581074_756862334340860_172181391_nIls en veulent au laïcisme du parti Baas, à la tolérance des Chrétiens à Damas ? Une statue grandiose du Christ qui vient de s’élever au mont des Chérubins ne risque pas d’arranger les choses. La sculpture se dresse à 27 km de Damas. C’est un monument de bronze qui représente le Sauveur bénissant et  culmine à 32 m en étant visible depuis le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. Samir Al-Gadban, directeur de la fondation Saint-Paul et Saint-Georges qui a pris une part directe à l’érection de la statue, explique : « Le projet fut initié en 2005 et béni par le Bienheureux Ignace IV, alors patriarche d’Antioche et de tout l’Orient. La sculpture est l’image de la Parousie. Le Christ bénissant foule le serpent qui personnifie le mal. A sa droite se tient Adam et Eve et, à sa gauche, la tête baissée. Plusieurs emplacements étaient proposés pour le groupe sculptural mais le patriarche d’Antioche avait finalement choisi le mont des Chérubins. On sait que les Chérubins sont un symbole puisé dans l’Ancien Testament. Il est utilisé dans la religion chrétienne et n’est pas nié par l’islam. » Ce projet a pris 8 ans. « C’était une opération extrêmement compliquée parce que toutes les routes étaient bloquées et il était impossible d’acheminer le matériel dans la montagne. Une partie du terrain était contrôlée par les insurgés et une autre par l’armée syrienne. Il fallait obtenir l’accord de l’ensemble des parties afin qu’elles laissent passer les équipements techniques. Nous avons finalement obtenu gain de cause et convenu qu’aucun coup de feu ne serait tiré pendant l’opération de montage. En effet, aucune des parties n’a tiré pendant les trois jours qu’a duré l’opération.» La sculpture a reçu le nom de « Je suis venu pour sauver le monde».

C’est aussi ce que disent les Etats-Unis quand ils interviennent, sur fond de mélodies guerrières et en brandissant la nouvelle théologie mondialiste, celle de la Déclaration Universelle des Droits de 1948.

Michel Lhomme

http://www.metamag.fr/metamag-1662-SFEIRA-LIBEREE.html

Syrie-Iran-Arabie. Nouvel ordre mondial


Tribune libre Byblos

carte-moyen-orient-frLes informations en provenance de mes contacts en Syrie et au Liban confirment mes analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent entraînant de nouveaux rapports de forces qui s’exercent sur de nouveaux points d’appui.

Le « pivotement » américain vers l’Asie, s’il est exagéré par certains n’en est pas moins réel. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentés à des fins stratégiques.

L’Iran retrouvera prochainement sa place géostratégique essentielle dans la région, avec la « modération » dans les relations internationales prônée par le Président Rohani dans son discours aux Nations Unies fin septembre. Plusieurs pays l’ont compris qui cherchent à se rapprocher de Téhéran, comme la Turquie et même le Qatar et l’Arabie.

L’islam politique vit son chant du cygne : ce sont des musulmans sincères qui ont renversé Morsi en Egypte le 30 juin dernier. Les Frères Musulmans, organisation longtemps souterraine dans les états arabes, qui a remporté toutes les élections car elle était la seule structurée depuis longtemps et a disposé de puissants moyens financiers des pays du Golfe, est l’expression politique de cette idéologie qui proposait de gouverner au nom de la charia. Ils ont prouvé leur incompétence et leur incapacité à répondre aux aspirations des peuples et à gérer des états modernes : la Tunisie les rejette, de même que l’Egypte et le chaos libyen finira par en faire de même. Les musulmans veulent vivre selon leur foi mais entendent être en harmonie avec le « village mondial ». (Expression de René Girard)

Dans les bouleversements politiques et sociaux du monde arabe, les chrétiens qui étaient présents sur ces terres six siècles avant l’islam, ont un rôle essentiel à jouer pour la cohésion sociale des populations et seront un facteur important des réconciliations nationales partout où des drames ont eu lieu. Les rapprochements entre Patriarches orientaux et Imams dans les pays en crise montrent que les appels du Pape François à l’union des fidèles chrétiens et musulmans répondent à un besoin vital et sont entendus par les populations comme par les dirigeants. Par leurs positions en dehors des rivalités internes aux musulmans, mais profondément patriotes et ancrés dans la vie des pays arabes, ils sont un catalyseur d’harmonie entre les différentes ethnies et confessions de ces pays souvent très composites, notamment la Syrie.

Les islamistes takfiristes restent nombreux, encore soutenus par l’Arabie Séoudite pour les détourner de menacer le royaume des Séoud désormais menacé dans son existence même. Ce sera la tâche la plus ardue d’en finir avec eux après la solution négociée de la crise syrienne. Avec le revirement du Qatar qui cherche à se rapprocher de la Syrie de Bachar el Assad, on assiste à l’isolement des positions séoudiennes et israéliennes. Les deux pays ont d’ailleurs compris qu’ils n’étaient plus les alliés indéfectibles des Etats-Unis qui attendent d’eux des changements de position.

La destruction du stock d’armes chimiques syriennes, constitué pour répondre aux armes de destructions massives israéliennes, notamment nucléaires, biologiques et chimiques, met Tel Aviv en position délicate face aux initiatives pour un PO débarrassé de ces menaces.

L’Arabie est menacée par des dissensions internes à la famille régnante et des irrédentismes qui déboucheraient en une partition possible en trois parties, le nord avec la Jordanie et les Palestiniens, le centre avec le sud du Yémen de l’Hadramaout à la mer, et l’est chiite et pétrolier.

Le terrorisme islamiste international pourra être éradiqué quand il aura perdu ses commanditaires et soutiens, d’autant plus qu’il représente aux yeux des musulmans sincères un véritable blasphème de l’interprétation du Coran. Simultanément au changement de stratégie américaine dans la région, l’Arabie Séoudite va devoir mettre un terme à sa croisade sunnite contre un axe chiite centré sur l’Iran et appuyé sur l’Iraq, la Syrie et le Liban. Il semble d’ailleurs que la brouille avec les Etats-Unis sur la question syrienne amène la monarchie à revoir ses fondamentaux, comme en attestent des visites récentes en Iran. Son refus d’occuper le siège où elle avait été élue à l’AG de l’ONU est à la fois un signe de son irritation et de sa prise de conscience des nouveaux rapports de force dans la région.

En réalité les Etats-Unis ne font qu’accompagner l’évolution du monde comme Chuck Hagel l’avait annoncé avant même sa prise de fonction de Secrétaire d’état à la Défense (voir PJ).

L’Occident dirigé par l’Amérique a fait croire, grâce à un énorme budget de communication, qu’il représentait le bien et la justice et qu’il avait le soutien de la majorité des peuples pour ses aventures guerrières. Mais lors des menaces de frappes occidentales contre la Syrie fin août-début septembre derniers, qu’en réalité Obama n’avait proférées que pour lâcher du lest aux groupes de pression américains, alors qu’il y était hostile au fond de lui en raison des conséquences catastrophiques qu’elles auraient entraînées, et que son Etat-Major connaissait, cette coalition guerrière « occidentale » ne représentait que 800 millions d’habitants, non consultés d’ailleurs sauf les Britanniques qui s’y étaient opposés, contre les quelques 6 milliards du reste du monde soutenant la Russie et la Chine. On sait les artifices qu’il a utilisés pour retarder la décision et ensuite s’engouffrer dans la proposition russe de destruction du stock d’armes chimiques de la Syrie. Simultanément, cette proposition acceptée avec soulagement entérinait la reconnaissance de Bachar el Assad comme Président d’une Syrie chargée de la faire appliquer jusqu’à son terme.

La réunion de la conférence de Genève II pour régler la crise est désormais inéluctable, quelles que soient les manœuvres de ceux qui y sont hostiles comme l’Arabie, et le plus intelligent est de s’en accommoder.

Les organisations rebelles civiles qui s’y opposent ne représentent que quelques poignées de Syriens déracinés et les militaires, comme les brigades Liwad al Tawhidi, Ahrar al Cham, Souqour al Cham sont des organisations terroristes composées majoritairement d’étrangers qui combattent pour un état islamique mondial et n’ont aucune identité syrienne. Les forces de l’Armée Syrienne Libre sont devenues insignifiantes ou ont fait allégeance aux djihadistes, quand elles n’ont pas déposé les armes ou rejoint les forces régulières syriennes.

Quant aux Kurdes, l’Armée syrienne leur a donné la responsabilité de tenir leurs régions et ils s’en acquittent au prix de pertes sévères contre les djihadistes mais ils prennent le dessus de plus en plus.

Simultanément le dossier iranien sera également bouclé, peut-être même avant le syrien qui demande du temps pour régler le sort des takfiristes fanatiques qui sévissent sur le terrain. La reconstruction de la Syrie demandera du temps et beaucoup d’argent, de nombreuses infrastructures ayant été détruites. Mais il n’y a pas de solution sans Bachar et les Américains le savent, même si John Kerry est obligé, lui aussi, de lâcher du lest par des déclarations hostiles ou ambiguës.

Le Liban multiconfessionnel, fragilisé par son voisinage de la Syrie d’où il reçoit plus d’un million de réfugiés de toutes confessions n’a toujours pas de gouvernement pérenne du fait des désaccords attisés par les appuis étrangers des parties prenantes. Cependant les structures étatiques comme l’Armée et la police restent cohérentes et accomplissent leur tâche malgré les difficultés. L’alliance, sans doute majoritaire dans le pays, entre les chrétiens du CPL du général Aoun, le Hezbollah composé principalement de chiites mais pas exclusivement, et le parti Amal de Nabih Berri reste la force politique dominante qui a soutenu le régime en place à Damas Habitués des discussions de diwan pour trouver des compromis, les dirigeants des grandes familles analysent les situations au regard de leurs alliances extérieures et, fins observateurs, ils semblent avoir admis que le régime syrien sortirait vainqueur de la crise et en tirent les conséquences ; le chef druze Walid Joumblatt a récemment apporté son soutien à Nabih Berri pour la formation d’un gouvernement, signe qu’une issue pourrait s’ouvrir, d’autant plus que l’Arabie pourrait la souhaiter aussi et le faire savoir à ses alliés locaux, le chrétien Samir Geagea et le sunnite Saad Hariri.

En l’absence d’état solide, la fragilité du Liban tient à la présence armée forte du Hezbollah, au nom de la résistance à Israël, simultanément avec celle des milices sunnites présentes officiellement pour certaines ou dans les camps palestiniens, qui en sortent pour combattre en Syrie voisine ou dans la région de Tripoli au Nord, faisant déjà plusieurs dizaines de morts, soldats et civils. Ce mélange est dangereux et pourrait exploser dramatiquement si les djihadistes venaient à quitter la Syrie pour attaquer le Hezbollah au Liban. Des menaces sérieuses sont d’ailleurs annoncées sur la FINUL au Sud contre les soldats occidentaux, dont les Français.

La France a tout intérêt à reprendre langue diplomatiquement avec un régime qui sortira vainqueur d’une crise tragique et à utiliser les liens d’amitié qui demeurent malgré tout entre Syriens et Français, ancrés dans des échanges culturels anciens, en dépit des affrontements qui les ont aussi émaillés.

Elle aurait aussi tout intérêt à se rapprocher de la Russie dont la diplomatie toute en finesse a montré son efficacité. La Russie va marquer des points dans le règlement de ce conflit parce qu’elle a su offrir une porte de sortie honorable à la grande Amérique dans une crise où elle s’était embourbée.

Elle défend ses intérêts stratégiques mais aussi tactiques car de nombreux djihadistes sont des combattants tchétchènes qui se retourneront contre elle s’ils le peuvent.

La Turquie, la Jordanie, l’Arabie Séoudite seront les perdants à divers égards du règlement de la crise, de même qu’Israël. Sans doute ces états sauront-ils trouver une nouvelle posture pour limiter les dégâts avec opportunisme et s’adapter aux nouveaux équilibres du monde. Il faut s’attendre que la Chine nouera ou développera des liens avec les pays de la région, elle qui propose des investissements en échange de la fourniture de l’énergie dont elle a besoin pour sa croissance toujours forte.

Alain Corvez

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4025

Monopoly des bases militaires, vers un ordre nouveau?


Obama-PoutineLa semaine dernière, une info plus que surprenante est apparue dans le mainstream médiatique russe, affirmant que la Russie avait retiré son personnel militaire de la base Syrienne de Tartous, et que les bateaux de la flotte russe de Méditerranée se ravitaillaient désormais au Liban. De plus, d’après une rumeur, la Russie aurait  pris la décision de fermer son ambassade en Syrie. Ces mesures d’urgence auraient été prises, selon les sources citées par notamment le journal russe Vedomosti (créé en 1999 suite à une initiative conjointe du Financial Times, du Wall Street Journal) afin de ne pas mettre en danger le personnel russe de la base navale de Tartous alors que la Syrie ferait face à une intensification de la guerre civile. L’information aurait été confirmée par l’hebdomadaire russe VPK, spécialisé dans la défense, dont la source aurait affirmé que cette décision était due à la «La brusque escalade du conflit en Syrie et à la recherche de ports plus sûrs».

Ces nouvelles ont beaucoup surpris les commentateurs qui suivent la situation Syrienne, alors que sur le terrain l’évolution de la situation militaire semble depuis quelques semaines être en faveur du pouvoir en place. Sur le front diplomatique, la coalition des «amis de la Syrie» reste unie politiquement et déterminée au départ de Bachar El Assad, mais l’opposition Syrienne semble morcelée, fragilisée et de plus en plus dépassée par ses éléments les plus radicaux, notamment proches de la mouvance salafiste. Cette dernière trouve aujourd’hui ses soutiens dans les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête, et bien sur auprès des Etats-Unis. Peu à peu une image a émergé de cette situation très complexe : L’Amérique poursuit son soutien historique actif (Afghanistan, Bosnie, Kosovo…) à l’Islam sunnite en contribuant à la guerre menée par Doha, Riyad et Istanbul contre le croissant chiite, un croissant chiite qui au passage parait plus que favorable aux intérêts russes et à une présence russe au moyen orient.

Trois jours après ces «nouvelles» du retrait russe de Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a en personne qualifié de «rumeurs» ces informations, en ironisant au passage sur le fait de savoir si elles émanaient du Guardian ou d’Al-Jazzera mais en les qualifiant comme «s’inscrivant dans une série de provocations et de spéculations dont le but serait la préparation de  l’opinion publique à admettre les efforts en faveur du changement du régime en Syrie». A propos de Tartous en Syrie, Sergueï Lavrov a rappelé que «L’évacuation de ce point logistique était exclue, aussi bien que l’évacuation de son personnel (…) Actuellement composé uniquement de civils, les militaires n’y étant plus basés depuis longtemps».

Alors que la guerre médiatique sur la Syrie semble s’accentuer à quelques semaines de la conférence internationale «Genève-2″, la Russie ne semble pas sur le point d’opérer un retrait de la région, ni de Méditerranée, bien au contraire. Les lecteurs de RIA-Novosti se souviennent qu’il y a quelques mois j’avais esquissé la probabilité (bien incertaine à l’époque) que Chypre devienne tôt ou tard une base militaire russe au cœur de la méditerranée orientale et à l’intérieur de l’Europe.

La semaine dernière la presse Chypriote a laissé filtrer des bruits d’un possible accord militaire Russo-chypriote donnant le droit à la flotte russe d’utiliser le port de Limassol (la ville russe de l’Ile) et aux avions russes d’utiliser la base militaire aérienne Andreas Papandreou à Paphos. Cet accord s’il se confirmait (et ce alors que le président chypriote devrait se rendre prochainement en Russie) accentuerait considérablement non seulement la présence russe dans la zone mais aussi et surtout sa capacité de projection au moyen orient, et dans ce cas à proximité de la Syrie.

Dans le même temps la Russie a annoncé le déploiement en 2015 d’une base militaire russe en Biélorussie, dans la ville de Lida, proche de la frontière polonaise, c’est-à-dire à la frontière de l’espace contrôlé  par l’alliance atlantique. La base, qui jouera un rôle essentiel dans le dispositif militaire sécuritaire de l’union Russo-biélorusse, aura pour objectif la protection de l’espace aérien biélorusse.

Au même moment, un drôle de chassé croisé s’est opéré entre russes et américains au Kirghizstan. Les autorités du pays ont voté à une écrasante majorité la loi prévoyant la fermeture de la base américaine de Manas, ouverte en 2001, étant la décision de Washington d’achever vers 2014 le retrait d’Afghanistan de l’essentiel de la Force internationale d’assistance à la sécurité. Les Etats-Unis auront jusqu’au 11 juillet 2014 pour évacuer les avions ravitailleurs et les quelque hommes encore  présents sur cet aéroport international, qui fait office de base militaire.

Presque simultanément, le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a annoncé que la Russie avait elle par contre décidé de renforcer sa base aérienne au Kirghizstan, une décision également liée au prochain retrait des forces de la coalition internationale de l’Afghanistan fin 2014. Le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou s’est également rendu sur place pour rencontrer le président kirghiz Almazbek Atambaev, et lui annoncer qu’à la fin de l’année 2013 Moscou commencerait à livrer des armes et du matériel militaire au Kirghizstan.

Alors que la militarisation de l’espace eurasiatique semble s’accélérer sous contrôle de la Russie, ce retrait des troupes américaines d’Asie centrale marque une nouvelle étape de la lutte d’influence entre les Etats-Unis et la Russie en Asie centrale pour le contrôle du Heartland. Comme prévu en décembre dernier, la Bataille pour l’Eurasie semble s’accélérer.

Pour Vadim Koziouline, du Centre PIR: «La rupture de l’accord avec Washington (sous pression russe) est probablement la plus grande victoire de Moscou en termes d’influence dans cette région d’importance stratégique depuis le début de l’opération antiterroriste des USA en Afghanistan«.

Pourtant d’autres analystes sont beaucoup plus négatifs quand à cette supposée victoire russe que semble être le retrait américain d’Asie centrale. Pour le quotidien Nezavissimaïa Gazeta les experts militaires russes sont unanimes: l’islamisation de l’Asie centrale est en cours et «les mouvements terroristes afghans sont en grande partie rejoints par des jeunes tadjiks, ouzbeks et kirghizes, plus tard identifiés par les services secrets comme leaders d’organisations islamistes à Saint-Pétersbourg et dans d’autres grandes villes russes (…) Bref, les Russes doivent réellement se préparer à une guerre sur leur territoire».

Alexandre Latsa

http://alexandrelatsa.ru/2013/07/monopoly-des-bases-militaires-vers-un-ordre-nouveau/

«La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens.»


Tribune libre Byblos

France : Intervention du Colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin à l’Assemblée Nationale

Questions-sur-la-crise-syrienne_article_popin« La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens. »

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire  de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

Cette affirmation est chaque jour vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères Musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans sont décidés à renverser le pouvoir par les armes,  moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à  Bachar El Assad.

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune Président Bachar El Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais  obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Egypte  fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant en mars 2011 des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.
Conscient de la gravité des évènements le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

Paradoxalement, ce sont les états les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, états qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’Armée constituée majoritairement de sunnites est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée, aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.
Les takfiristes dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.
D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques  qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multi polarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances.  Après avoir cru possible  une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

Par Colonel Alain Corvez

Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre


Robert Fisk –

Le silence des États-Unis et de l’Union Européenne équivaut à une claire approbation.

Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste - Photo : AFP/SANA
Bâtiments de la banlieue de Damas, bombardés par l’aviation sioniste – Photo : AFP/SANA

Des lumières d’incendies dans le ciel de Damas. Un autre raid israélien – « audacieux » bien sûr, pour les pro-Israéliens, et le second en deux jours – contre l’armement de Bachar al-Assad, des installations militaires et des dépôts d’armes. L’histoire est bien connue : les Israéliens voulaient empêcher une cargaison de missiles Fateh-110 de fabrication iranienne et envoyés par le gouvernement syrien, de parvenir au Hezbollah au Liban. Lire la suite Syrie : Israël entraîne les US et l’UE dans la guerre

Bachar Al Assad le rebelle


bachar-al-assad-Quelque part, il doit y avoir quelqu’un qui est en train de se livrer à des expériences sur les humains. Ces expériences viseraient à tester jusqu’où on peut remplacer le réel par le virtuel sans que les humains ne s’en rendent compte. Depuis quelques années on assiste à toutes les formes possibles de falsifications et de distorsion de la réalité ayant des conséquences concrètes sur notre vie quotidienne et même servant de base pour toutes nos décisions.  Si expérimentation il y avait, l’expérience serait concluante. Notre vie réelle peut bel et bien être basée sur du virtuel.

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Après Chavez, qui sera le nouveau « diable » ?


masque-diable

« Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont ». On entend cette formule presque à chaque enterrement. Elle est tellement utilisée qu’elle en a perdu son sens, pour ressembler à ces expressions que l’on place quand on n’a plus rien à dire. Mais, aujourd’hui, elle est pleinement vraie. Avec la disparition de Hugo Chavez, précédée de peu par celle de Stéphane Hessel,  la formule reprend son sens. Ces deux hommes avaient un point commun : un grand amour de l’humanité. Oui, ça existe. Et ça étonne certains. Ca les hérisse même, car aimer l’Homme c’est ne pas accepter qu’on lui fasse du mal. Chavez et Hessel étaient tous deux des défenseurs des plus faibles. Ils voulaient le bonheur et la liberté pour tous. A leurs yeux, la liberté est un bien et un droit universel, non pas seulement  pour les individus, mais également pour les peuples, tous les peuples.

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Syrie : l’Occident retire ses billes


Par Robert Fisk

Alep - Les destructions affectent à présent les parties les plus anciennes et les plus chargées d’histoire de la ville - Photo : AFP
Alep – Les destructions affectent à présent les parties les plus anciennes et les plus chargées d’histoire de la ville – Photo : AFP

On sent de la trahison dans l’air. Parce que – soyons francs à ce propos – quelque chose va très mal avec le récit de la guerre de Syrie. Nos seigneurs et maîtres occidentaux – aussi indignes de confiance aujourd’hui qu’ils l’étaient quand ils ont vendu la Pologne à Staline à Yalta – ont commencé à parler un peu moins de leur désir de faire disparaître Bachar al-Assad et beaucoup plus de leur crainte d’une présence corrosive d’al-Qaïda au sein des forces rebelles.

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Obama s’enlise un peu plus dans le bourbier syrien


Les troupes américaines vont-elles intervenir ?

par Shamus Cooke

obama-in-iran-syria-and-north-korea-imgL’annonce récente que les Etats-Unis allaient augmenter leur aide militaire « non-létale » aux rebelles syriens ne devrait être une surprise pour personne. Certains ont supposé que Barack Obama – ayant été démenti à maintes reprises  sur son évaluation de la stabilité du gouvernement en Syrie – allait se retirer discrètement sans faire de vagues.

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Les tensions montent entre la France et le Qatar au sujet de la guerre au Mali et de la Tunisie


Al ThaniLes tensions s’aggravent entre la France et le Qatar avec des accusations que la pétro monarchie est en train de financer et d’armer des séparatistes et des militants islamistes liés à al-Qaïda au Mali et, plus généralement, de propager l’intégrisme islamique en Afrique.

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USA : Vers l’intervention militaire directe en Syrie


par BEN SCHREINER

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Bien que le président Obama l’année dernière ait rejeté une proposition du Département d’Etat, du Pentagone et de la CIA pour armer directement les combattants rebelles syriens, son administration se rapproche une fois de plus de l’option de l’intervention directe dans la guerre syrienne.

Comme l’a rapporté le Washington Post mardi, « L’administration Obama se dirige vers un changement majeur dans sa politique syrienne, qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels que gilets pare-balles, des véhicules blindés et éventuellement une formation militaire et pourrait envoyer une aide humanitaire directe à la coalition de l’opposition politique de la Syrie.  »

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La Syrie : où en est-on ?


turquie-syrie-frontiereCa fait bientôt deux ans que le front syrien a été ouvert.  Les médias ont eu plus que leurs quotas de sang, de morts et de massacres en tous genres. Les spectateurs que nous sommes, avons fait le plein de sensations fortes arrosées d’adrénaline jusqu’à plus soif. Cette période nous a fourni tous les motifs d’indignation, de colère, de frustration et de déception. Nous avons eu aussi notre dose de joie, d’espoir, de jubilation parfois et de satisfaction admirative. Tous les jours, nous allions nous abreuver à nos sources favorites, qui chez OSDH, AFP, le Figaro, le Point, I Tété, qui chez Sana, Syria Truth, Info-Syrie, Allain Jules, chacun de ces supports s’efforçant de faire de son mieux pour nous satisfaire et nous fournir notre pain quotidien.

Deux excellentes années. Crus exceptionnels, même. Sauf pour les Syriens. Pendant que nous vociférons sur les gradins, eux ils sont dans l’arène.  Ils combattent pour leurs vies et leur survie. Et leurs vies ne tiennent qu’à un fil. Il en disparait tous les jours des dizaines, des centaines, vite évacuées de l’arène pour faire place nette et pouvoir poursuivre le combat. Show must go on.

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Le mystère Erdogan.


Erdogan-ObamaDe tous les dirigeants du monde actuel,  le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan est certainement  le plus déroutant et le plus imprévisible.

Le monde entier se souvient de sa sortie  au forum de Davos en 2009, devant  un auditoire et un Shimon Perez éberlués. Il endossait ce jour-là le costume d’un des plus grands, sinon le plus grand défenseur de la cause Palestinienne. Les relations entre la Turquie et Israël, savamment tissées au cours des années et  alors à leur apogée, se détériorèrent brutalement, et continuèrent à se dégrader au point d’en être aujourd’hui au point zéro. Du jour au lendemain, il devint le héros du monde musulman. Il fut perçu comme celui qui, peut-être, délivrera les palestiniens et brisera enfin le blocus de Gaza. Les éloges et les superlatifs n’en finissaient pas. Pour certains c’était le nouveau Nasser, pour d’autres la réincarnation de Saladin. Comme on pouvait s’y attendre, l’axe de la résistance ne fut pas en reste. Le secrétaire général du Hezbollah lui-même, Hassan Nasrallah alla jusqu’à lier les qualités morales du nouveau chevalier à son prénom, Tayyip, qui veut dire : généreux.

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