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Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Les européens convoquent les ambassadeurs américains…Pour leur dire quoi ?


Hollande-MerkelSnowden continue à nous régaler avec un spectacle comique digne d’un Dieudonné. A chacune de ses révélations on assiste à un ballet loufoque parmi les gouvernants européens. C’est à celui qui sera le plus surpris, le plus indigné et celui qui aura la réaction la plus ferme vis-à-vis de l’administration étatsunienne. Ces réactions vont de « s’il vous plait, Mr Obama, vous ne pouvez pas nous espionner un peu plus discrètement ? », à « ce n’est pas gentil d’espionner un ami », lourdes de menaces.

Obama a déjà répondu à Merkel, lui assurant qu’elle n’était plus écoutée. Cela veut-il dire qu’on sait déjà tout ce qu’on devait savoir sur elle, et qu’il n’y a pas lieu de continuer les écoutes ? Hollande aussi s’est cru obligé d’appeler Obama, qui a dû lui répondre à peu près la même chose qu’à Angela Merkel.

Mais, devant l’ampleur des révélations, ces réactions timides pourraient passer pour de la faiblesse. Il fallait faire un peu plus de bruit pour être un indigné crédible. Alors on convoque les ambassadeurs pour des protestations officielles. Avec un grand tapage médiatique comme il sait si bien le faire, Laurent Fabius convoque Mr Charles H. Rivkin, ambassadeur américain à Paris. Nous pouvons aisément deviner ce qu’ils se sont dit, comme si nous y étions.

– Bonjour Laurent, comment ça va ?

– Hi Charles. Bof, pas très fort, tu t’en doutes bien.

– Oui, je sais. Nos amis reculent de partout. L’armée de Assad leur mène la vie dure. Pourtant Bandar fait du bon boulot. Mais tu prends les choses trop à cœur, n’y penses plus. Vous, au moins, vous avez le Mali ; vous pouvez faire ce que vous voulez. Il suffit que Bandar fasse un peu bouger ses hommes, et vous rappliquez. Nous c’est différent. Poutine nous marque à la culotte. Dès qu’on bouge le petit doigt, c’est ‘’le droit international’’ par-ci, ‘’tenir vos engagements’’ par-là, les temps changent.

– Mon pauvre Charles… Nous aussi, nous sommes victimes de ce malfaisant de Poutine. Il faut dire qu’il commence à nous les briser menu, menu.  Depuis qu’il a récupéré Snowden, chaque fois que les choses semblent se tasser, il lui fait sortir une nouvelle révélation, rien que pour nous enquiquiner, pour ne pas dire plus. Ça va durer encore longtemps ?

– Ne t’inquiète pas, je t’ai emmené la réponse que tu dois fournir à la presse. C’est à peu près la même que pour les autres capitales. Bon, c’est pas tout ça, faut que j’y aille. Je dirai que tu m’as remis une lettre de protestation, que nous sommes désolés, et que nos relations, qui datent de La Fayette, etc, etc…

A quand les prochaines révélations de Snowden qui les feront à nouveau danser ?

Avic

Bandar bin Sultan, prince des terroristes


namvar20130920045433940Bandar bin Sultan est le directeur général de l’Agence du renseignement saoudien. À ce titre, il a acquis une réputation bien méritée comme le « Prince des terroristes. »

Selon le Wall Street Journal, Bandar est à la tête des forces rebelles qui tentent de renverser le gouvernement syrien. De nombreux analystes considèrent Bandar comme le suspect N° 1 dans ce qui semble être un false flag, l’attaque à l’arme chimique dans al-Ghouta.

Adam Entous du Wall Street Journal affirme que le prince Bandar et son agence saoudienne de renseignement ont fabriqué des « preuves » que le gouvernement syrien avait utilisé du gaz sarin, et ce avant l’attaque d’Al-Ghouta.

Entous déclare lors d’une interview à Democracy Now: « l’agence de renseignement de Bandar a conclu que les armes chimiques ont été utilisées à petite échelle par le régime. Peu après, les Britanniques et les Français ont adopté la même conclusion. Il a fallu en fait attendre jusqu’en Juin pour que les agences de renseignement américaines arrivent à cette conclusion ».

En d’autres termes, Bandar a utilisé son argent, son influence, et son réseau pour s’assurer que « les renseignements s’adapteraient à la politique » – tout comme Bush l’avait fait avec les prétendues armes de destruction massive irakiennes en 2003.

Comment Bandar a-t-il convaincu les agences de renseignement occidentales d’accepter ses allégations extrêmement douteuses sur l’utilisation du gaz sarin par Assad ? Bandar a trouvé un Syrien qui avait été exposé au gaz sarin et l’a mis dans un avion pour l’Angleterre pour y subir des tests. Après que les tests sur la victime syrienne se furent révélés positifs pour le sarin, Bandar a poussé ses collègues de renseignement occidentaux à accepter la conclusion, loin d’être évidente, que Assad doit en avoir été responsable.

Selon Entous: « Ce que les Britanniques ont trouvé quand ils ont fait le test, c’est que ce Syrien avait été exposé au gaz sarin, et les services de renseignement américains, britanniques et français croient que seul le régime syrien en possède ».

Mais les services de renseignement américains, britanniques et français croient-ils vraiment que Bandar – qui est à la tête de centaines de milliards de dollars et d’un réseau sophistiqué d’opérateurs clandestins et de tueurs – ne pouvait pas avoir empoisonné la victime syrienne lui-même ? Évidemment que si, ils ne sont pas si naïfs. Les renseignements occidentaux sont complices de la tentative de Bandar d’impliquer Assad dans l’utilisation du gaz sarin. Ils cherchaient un prétexte pour attaquer la Syrie, et Bandar le leur a donné.

Puis, quand l’énorme attaque au sarin a frappé al-Ghouta le 21 Août, les observateurs avertis ont immédiatement soupçonné une attaque sous fausse bannière par les forces de Bandar. Selon les correspondants de l’Associated Press Moyen-Orient, Dale Gavlak et Yahya Ababneh: « … de nombreux entretiens avec des médecins, des habitants de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, une image différente (du récit des médias mainstream occidentaux) émerge. Beaucoup croient que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et sont responsables de l’attaque au gaz mortel ».

Une preuve supplémentaire que c’est  le prince terroriste qui a orchestré l’attentat contre al-Ghouta a émergé quand VoltaireNet.org a révélé que les photos d’enfants morts n’étaient pas ce qu’elles paraissaient être:

« Suite à la diffusion des images, distribuées par l’Armée syrienne libre et reprises par les services états-uniens et français, du massacre de la ghouta, des familles alaouites de Lattaquié ont porté plainte pour assassinats.

Certaines des vidéos ont été réalisées et postées sur YouTube avant l’événement qu’elles décrivent.

On peut y voir des enfants étouffer d’une intoxication chimique qui ne peut être du gaz sarin (ce gaz provoque de la bave jaune et non pas blanche).

Les enfants ne correspondent pas à un échantillon de population : ils ont presque tous le même âge et ont les cheveux clairs. Ils ne sont pas accompagnés par leur famille en deuil.

Il s’agit en fait d’enfants enlevés par des djihadistes, deux semaines auparavant dans des villages alaouites aux environs de Lattaquié, à 200 kms de la ghouta.

Contrairement aux affirmations de l’Armée syrienne libre et des services occidentaux, les seules victimes identifiées du massacre de la ghouta sont donc issues de familles soutenant le gouvernement syrien. Les personnes qui posent dans les vidéos en s’indignant des « crimes de Bachar el-Assad » sont en réalité leurs assassins ».

Le prince terroriste Bandar peut-il vraiment, froidement, kidnapper des enfants, les assassiner, puis les présenter morts comme les victimes présumées de ses ennemis ? En un mot: Oui.

L’impudence de Bandar ne connaît pas de limites. Le chef dissolue des « terroristes islamiques radicaux » a effectivement eu l’audace de menacer le président russe Vladimir Poutine d’une attaque terroriste pendant les Jeux olympiques d’hiver si Poutine n’arrêtait pas son soutien au gouvernement syrien ! Bandar a affirmé qu’il avait le soutien total du gouvernement américain dans la prestation de ses offres de pots de vin et ses menaces terroristes contre le président Poutine.

Bandar, un intime de la famille du crime Bush qui l’appelle affectueusement « Bandar Bush », semble également avoir été impliqué dans les attentats sous fausse bannière du 9/11. Regardons quelques-uns des éléments de preuves – certes circonstanciels- qui relient Bandar au 9/11.

Sur les prétendus 19 pirates, 15 étaient saoudiens. Des sources de la CIA ont confirmé le témoignage de Michael Springman, l’ancien chef du Bureau américain des visas à Djeddah, au sujet des saoudiens « pirates de l’air ». C’étaient des agents de la CIA, sans doute en relation avec les services de renseignements saoudiens, qui étaient arrivés en Amérique avec des « Snitch visas » de la CIA. Ce sont des visas spéciaux que la CIA offrait comme récompense aux Saoudiens qui espionnaient pour les États-Unis. (Les services de renseignements saoudiens sont si étroitement liés à la CIA qu’il est difficile de dire où finit l’un et où commence l’autre.)

Pendant leur séjour aux Etats-Unis, les présumés futurs pirates de l’air du 9/11 ont vécu une vie de rêve. Ils se sont entraînés dans des installations militaires américaines sécurisées, dont Pensacola Naval Air Station, où Mohamed Atta était un fêtard, un habitué du club des officiers, et Maxwell Air Force Base, en Alabama. Deux des pirates présumés ont reçu des chèques de manière régulière totalisant des dizaines de milliers de dollars de Prince Bandar et de son épouse, par le biais d’Omar Al Bayoumi du réseau des services de renseignement américano-saoudiens.

Immédiatement après le 11/9, tout le trafic aérien aux États-Unis avait été stoppé. Les seuls avions autorisés à voler furent des jets privés spéciaux que Bush et Cheney mirent à disposition pour embarquer Bandar, ainsi que des membres de la famille Ben Laden et d’autres suspects saoudiens, pour les sortir du pays avant qu’ils ne puissent être interrogés par le FBI.

L’évidence montre que le prince Bandar a été le chef des opérations d’Al-Qaïda, la base de données de la CIA de ses légions arabes de combattants moudjahidin, depuis la guerre d’Afghanistan des années 1980. Ce sont ces combattants d’Al-Qaïda soutenus par la CIA et par le Mossad que commande Bandar aujourd’hui en Syrie.

En bref, c’est Bandar Bush, Prince des terroristes – et non le gentil dupe Oussama Ben Laden, ou l’idéologue criard al-Zawahiri – qui a toujours été le véritable commandant de l’opération de renseignement occidental connue sous le nom « Al-Qaïda ».

Dr Kevin Barrett

Traduction : Avic

http://www.presstv.ir/detail/2013/09/20/324951/bandar-bin-sultan-prince-of-terrorists/

Dark Bandar en difficultés


Episode_5_Darth_VaderPas assez dur ! Trop mou ! Criminel amateur !

Ainsi pensent certains des nombreux princes du désert saoudiens de leur cousin le prince Dark Bandar Ben Sultan. Ils lui reprochent de ne pas en avoir fait assez et portent plainte contre lui.

Qu’aurait-il pu faire de plus ? Il a recruté tout ce que la terre pouvait porter de dégénérés. Il les a armés jusqu’aux dents et les a poussés aux crimes les plus abominables. Il a éliminé les plus timorés et remplacé par les plus féroces. Il a soudoyé, menacé et, peut-être, fait chanter. Il a même failli y laisser la vie. Rien n’y a fait. Quand ça veut pas, ça veut pas.

Les princes saoudiens accusent Bandar de n’avoir pas fait égorger assez de syriens et d’avoir échoué à déclencher l’intervention extérieure, quel qu’en ait été le prix. 17 d’entre eux ont signé une plainte contre lui auprès du bureau du roi.  Au-delà de la sempiternelle lutte interne pour le pouvoir, il semble que les saoudiens sont plus affectés par cet échec que les américains. Qui manipule qui ? Est-ce Washington qui utilise l’Arabie Saoudite, ou l’inverse ? A moins qu’ils ne soient eux-mêmes que des outils au même titre que la Turquie, et le Qatar maintenant hors-jeux.

Avic

Obama prépare la guerre sainte Tomahawk – Pepe Escobar


Missile tomahawk
Missile tomahawk

La doctrine  » responsabilité de protéger » ( »responsibility to protect » : R2P) invoquée pour légitimer la guerre en la Libye en 2011 vient de se métamorphoser en  » responsabilité d’attaquer » ( »responsibility to attack » : R2A) en Syrie. Tout simplement parce que l’administration Obama le dit.

Dimanche, la Maison Blanche a dit qu’il avait » très peu de doute » que le gouvernement Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre ses propres citoyens. Lundi, le secrétaire d’Etat John Kerry fait monter la barre à  » indéniable » – et accuse Assad  »d’obscénité morale ».

Donc, quand les Etats-Unis ont bombardé Fallujah avec du phosphore blanc à la fin de 2004, ils ne faisaient que la morale. Et quand les Etats-Unis a aidé Saddam Hussein à gazer les iraniens en 1988, ils faisaient également la morale.

L’administration Obama a décrété que Assad a permis aux inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU de venir en Syrie, et pour célébrer leur arrivée a déclenché une attaque avec des armes chimiques principalement contre des femmes et des enfants à seulement 15 kilomètres de l’hôtel des inspecteurs. Si vous ne le croyez pas, vous souscrivez à une théorie du complot.

La preuve? Qui se soucie de preuve? L’offre d’accès pour les inspecteurs d’Assad est venue  » trop tard ». De toute façon, l’équipe de l’ONU est seulement chargé de déterminer si des armes chimiques ont été déployés – mais pas par qui, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Pour ce qui concerne l’administration Obama et le Premier ministre britannique David  »d’Arabie’’ Cameron – soutenu par le barrage de missiles des médias – cela n’a pas d’importance ;  » la ligne rouge » d’Obama a été franchie par Assad, point. Washington et Londres sont en mode guerre-ouverte pour rejeter tout fait contredisant la décision. La Novlangue – du type R2A – est la règle. Si tout cela ressemble à Irak 2.0 c’est parce que c’est Irak 2.0. Le temps d’adapter les faits autour de la ligne d’action – le temps pour des armes de supercherie massive – et c’est reparti.

L’axe israélo-saoudien

La fenêtre d’opportunité pour la guerre c’est maintenant. Les forces d’Assad ont gagné de Qusayr à Homs ; elles ont rejeté les résidus  » rebelles » hors de la périphérie de Damas ; elles se sont déployées autour de Der’ah pour contre-attaquer les  » rebelles » entrainés par la CIA équipés d’armes de pointe qui traversent la frontière syro-jordanienne, et elles ont organisé une poussée pour expulser les  » rebelles » et les djihadistes de la banlieue d’Alep.

Maintenant, Israël et l’Arabie Saoudite sont oh tellement excitée parce qu’ils obtiennent exactement ce dont ils rêvent juste par la bonne vieille méthode de la magouille. Tel Aviv a même télégraphié comment il voulait que ça se passe : ce lundi, le quotidien Yedioth Ahronoth a titré avec » Sur la manière d’attaquer » et a même imprimé l’ordre idéal de bataille. (Voir photo)

pepe270813

Il y a quelques mois, même AMAN, la Direction du renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) a conclu que Assad n’était pas assez fou pour traverser la » ligne rouge » d’Obama sur les armes chimiques. Du coup, ils en sont arrivés au concept de » deux lignes rouges imbriquées », la deuxième ligne étant la perte de contrôle par le gouvernement syrien  »  de ses dépôts d’armes chimiques et des sites de production ». AMAN a ensuite proposé différentes stratégies à Washington, de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne à la saisie effective des armes (ce qui implique une attaque au sol).

Actuellement, on est revenu à l’option numéro un – frappes aériennes sur les dépôts d’armes chimiques. Comme si les Etats-Unis – et Israël – avaient à la minute près des renseignements sur l’endroit exact où elles se trouvent.

La Maison des Saoud avait également télégraphié ses désirs – après que le prince Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, ait été nommé par le roi Abdallah d’Arabie comme chef des renseignements généraux. La dureté d’Abdullah s’explique par sa mère et deux de ses épouses venant d’une tribu sunnite ultra-conservatrice et influente en Syrie. Quant à Bandar Bush, il a plus de longévité que Rambo ou Terminator ; il est de retour dans le même rôle qu’il avait joué dans le djihad afghan des années 1980, quand il était l’homme-de-la-situation pour aider la CIA à militariser les ‘’combattants de la liberté du président Ronald Reagan  ».

La Jordanie – une fiction d’un pays totalement dépendant des Saoudiens – a facilement été manipulée pour devenir un centre d’opération de guerre  » secrète ». Et sous la responsabilité de qui ? Pas moins que le jeune demi-frère de Bandar, le vice-conseiller à la sécurité nationale, Salman bin Sultan, également connu sous le nom » mini-Bandar ». On peut parler d’une version arabe de Dr Evil and Mini Me.

Pourtant, il y a plus d’hommes de la CIA que de Saoudiens dans le front jordanien.

L’importance de ce rapport ne peut pas être assez exagérée. Il a d’abord été divulgué par le journal libanais Al-Safir ( version en Français ) C’est toute la stratégie de Bandar, dévoilée lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, déjà signalé par Asia Times Online. Après avoir essayé – pendant quatre heures – de convaincre Poutine de laisser tomber la Syrie, Bandar est catégorique: » l’option militaire est inévitable ».

Un mélange de Kosovo et de Libye et le tour est joué!

L’ancien président Bill Clinton a refait surface avec un timing parfait pour comparer les options d’Obama en Syrie au jihad de Reagan en Afghanistan. Bubba avait raison en termes de positionnement du rôle de Bandar. Mais il avait dû sniffé quelque chose s’il avait pensé en termes de conséquences – qui comprennent tout, depuis les talibans jusqu’à cette entité mythique, » Al-Qaïda ». Bon, au moins al-Qaida est déjà actif en Syrie, ils n’ont pas besoin de l’inventer.

Quant à cette bande d’amateurs qui entourent Obama – y compris les groupies du R2P comme Susan Rice, et le nouvel ambassadeur aux Nations Unies Samantha Power, tous des faucons libéraux, suceurs du Kosovo, et de la Libye en prime – préconise que c’est le modèle idéal pour la Syrie, le R2P par des frappes aériennes (illégale). Dans la foulée, le New York Times tel un perroquet répercute déjà frénétiquement l’idée.

Les faits sont, bien sûr, absent du narratif – y compris l’explosion de l’ambassade chinoise à Belgrade (un remix en Syrie avec l’ambassade de Russie, et être à la veille d’une guerre avec la Russie ?).

La Syrie n’a rien à voir avec les Balkans. Il s’agit d’une guerre civile. On peut dire que la majeure partie de la population urbaine syrienne, pas le campagnard, soutient Damas – à cause du méprisable comportement des  » rebelles » dans les lieux qu’ils contrôlent, et la majorité absolue veut une solution politique, comme dans la conférence de Genève 2 maintenant presque totalement torpillée.

Le régime jordanien – inondant le sud de la Syrie avec des mercenaires lourdement militarisés – est un remix de ce que la CIA et les Saoudiens ont fait pour AfPak (Afghanistan-Pakistan), et les seuls gagnants seront les djihadistes de Jabhat al-Nusra. Quant à la solution israélienne pour Obama – bombardements aveugles des dépôts d’armes chimiques -elle va certainement entraîner des dommages collatéraux terribles, parce que le R2A tue encore plus de civils.

Les perspectives restent sombres. Putain, une autre coalition des bonnes volontés ; Washington a déjà les caniches britanniques et français dans le sac, et le plein soutien – en toute sécurité douillette – des démocratiques pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe, du laquais jordanien et de la puissance nucléaire israélienne. C’est ce qui passe pour être la  » communauté internationale » à l’âge de la novlangue.

Les Britanniques ont déjà lourdement insisté sur le fait qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire ; qui se soucie que nous fassions un Irak 2.0 ? Pour le Parti de la guerre, le fait que le chef de la Joint Chiefs of Staff le général Martin Dempsey ait déclaré que les  » rebelles » syriens pourraient ne pas promouvoir les intérêts des États-Unis semble être hors de propos.

Washington a déjà ce qu’il faut pour que les Saints Tomahawks commencent à voler; 384 d’entre eux sont déjà positionnés dans la Méditerranée orientale. Des bombardiers B-1 peuvent être déployées à partir de de la base aérienne Al Udeid au Qatar. Et les bombes anti-bunker feront certainement partie du film.

Ce qui se passera ensuite exige des boules de cristal concentriques – des tirs de Tomahawks aux tirs de barrage par frappes aériennes, en passant par des opérations spéciales de commandos au sol, ou une campagne soutenue par l’aviation et qui dure des mois. Dans sa longue interview à Izvestia (version française), Assad donne l’impression qu’il pense que Obama  bluffe.

Ce qui est certain, c’est que la Syrie ne sera pas  » du gâteau » comme la Libye ; même affaibli sur tous les fronts, le colonel Kadhafi a résisté pendant huit longs mois après que l’OTAN ait commencé ses bombardements humanitaires. La Syrie a une armée fatiguée mais toujours forte de 200.000; des tas d’armes soviétiques et russes ; de très bons systèmes antiaériens, et le plein soutien des experts de la guerre asymétrique que sont l’Iran et le Hezbollah. Sans parler de la Russie, qui a juste besoin de transmettre quelques batteries de défense anti-aérienne S-300 et de relayer les renseignements.

Donc habituez-vous à la façon dont fonctionnent les relations internationales à l’ère de la novlangue. L’armée du général Abdel Fattah al-Sisi en Egypte peut tuer des centaines de ses propres citoyens qui protestaient contre un coup d’Etat militaire. Washington s’en fout – puisque le coup d’Etat n’est pas un coup d’État et le bain de sang n’est pas un bain de sang.

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est exactement passé dans la saga des armes chimiques près de Damas. Mais c’est le prétexte à une nouvelle guerre américaine – quelques jours seulement avant un sommet du G20 organisé par Poutine à Saint-Pétersbourg. Saint Tomahawk ! R2A, c’est parti !

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270813.html

Dangereuse montée aux extrêmes au Moyen-Orient


Tribune libre Byblos

fr-moyen-orientEn confiant depuis juin dernier la conduite de la guerre en Syrie à l’Arabie Saoudite – en remplacement du Qatar, viré pour incompétence –, le Bloc occidental a aussi opté pour la surenchère sanglante. Massacres dans les villages alaouites autour de Lattaquié ; vraie-fausse attaque chimique pour tenter de justifier l’intervention du Bloc au  moment où ses mercenaires s’essoufflent : l’accélération est phénoménale. Mais elle déborde désormais sur le Liban voisin. Après l’attentat perpétré dans la banlieue chiite de Beyrouth il y a une semaine, une nouvelle attaque a frappé hier les sunnites à Tripoli, dans le nord du pays. La stratégie est cousue de fil blanc. Il s’agit de précipiter le Pays du Cèdre dans une nouvelle guerre confessionnelle pour «fixer» le Hezbollah, soutien de Damas.

La sanglante empreinte des Saoud en Syrie…
Le Bloc atlantiste semble avoir joué sa dernière carte en confiant la gestion de la guerre en Syrie à la Maison des Saoud. Matrice du terrorisme international islamiste, le Royaume sait qu’il n’a pas droit à l’erreur et a immédiatement donné le ton.
Dans les environs de Lattaquié, des villages entiers d’Alaouites ont récemment été massacrés dans un déferlement d’horreurs soigneusement ignorée par la presse-Système. L’idée est simple : susciter les désertions en faisant comprendre aux officiers de l’armée syrienne que tant qu’ils combattront sur le front, leurs familles seront décimées à l’arrière.
Ces massacres sont d’ailleurs survenus au lendemain d’une visite du chef des Renseignements saoudiens, Bandar ben Sultan, à Moscou, où il était venu proposer des contrats mirifiques à Poutine en échange de son lâchage de Bachar el-Assad. Le Prince avait été éconduit par le chef du Kremlin, et la riposte ne s’est donc pas faite attendre.

…et au Liban désormais
Nos sources au Liban pensent que c’est encore l’Arabie Saoudite qui est l’inspiratrice du récent attentat qui a frappé la banlieue sud de Beyrouth, pour punir le Hezbollah d’avoir participé à la bataille de Qousseir aux côtés de l’armée syrienne.
Et à l’heure où nous écrivons ces lignes, un nouvel attentat a frappé cette fois Tripoli, dans le nord du Pays. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’une politique de déstabilisation est à l’œuvre au Liban pour faire éclater une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites. La stratégie est cousue de fil blanc.
«Un coup chez les Chiites, un coup chez les Sunnites : maintenant qu’ils ont un mandat des Américains, les Saoudiens se lâchent», nous confie une source de haut niveau à Beyrouth.» Et d’ajouter : « Il ne faut pas non plus sous-estimer le fait qu’au-delà du mandat américain en Syrie, les Saoudiens ont leur propre agenda dans la région (1)

Deadline en 2014 ?
Pour l’heure, la Syrie – et par ricochet le Liban donc – résiste tant que faire se peut à l’assaut de coupe-jarrets islamistes, mais aussi des mercenaires encadrés par des commandos jordaniens, israéliens et américains désormais. C’est que le temps presse, car il semble qu’une deadline ait été fixée à Riyad qui doit impérativement réussir à renverser le régime syrien avant l’élection présidentielle de 2014.
Les attentats perpétrés au Liban et le récent montage d’une vraie-fausse attaque chimique abracadabrantesque dans les environs de Damas attestent de cette accélération.
– Au passage, notons notre effarement de constater à quel point la presse-Système militante a perdu tout sens critique en relayant cette information sans le moindre scepticisme. Car de deux choses l’une, soit on est d’une parfaite mauvaise foi, soit on est complètement con, pour croire une seule seconde que le régime syrien va lancer une attaque chimique dans les faubourgs de Damas alors qu’il est en train de gagner sur tous les fronts et que les enquêteurs de l’ONU sont sur place –.

L’Occident en train de perdre le Moyen-Orient
Il faut replacer cette inflation de violences dans la vertueuse tentative de remodelage du Moyen-Orient voulue par Washington et ces zélateurs.
Et c’est peu dire que tous les pays qui ont eu le malheur d’être secouru par l’Occident se sont retrouvés ruinés, dévastés, livrés à une violence sans fin.
Aux guerres mafieuses lancées en Afghanistan et en Irak sous prétexte de croisade post-11 Septembre, ont succédé l’offensive généralisée contre les Chiites et la lamentable tentative de prise de contrôle du Printemps arabe. Résultat : l’Irak, l’Afghanistan et la Lybie agonisent, la Syrie baigne dans son sang et le Liban se bat pour ne pas être emporté dans la guerre voisine.
Du côté de l’Egypte, la rupture est également consommée avec Washington et Paris. Partout, de Kaboul à Bagdad, en passant par Beyrouth, Tripoli, Téhéran, Damas ou Le Caire, la rue rejette désormais la narrative occidentale et il n’y a plus guère que les proconsuls payés par le Bloc pour lui trouver encore quelques vertus.

La perte de l’Egypte
«Obama a d’abord soutenu Moubarak et a voulu ensuite nous imposer les Frères musulmans. Mais qu’est-ce qu’il croyait, qu’on allait accepter de passer d’un régime de fous à un autre parce-que ça arrange les Etats-Unis? Et pourquoi l’Europe nous menace ? Vous trouvez qu’on ne mérite pas mieux que des fanatiques menteurs et incompétents pour nous diriger?»
Ce coup de gueule d’un ami cairote hier, musulman pieu mais adversaire acharné des Frères musulmans, nous semble bien résumer l’amertume qu’ont suscitées au Caire les condamnations – forcément outrées –, de capitales occidentales – forcément vertueuses –, suite au «massacre» perpétré par l’armée égyptienne pour briser l’insurrection des Frères musulmans le 14 août dernier.
Chez les révolutionnaires de la première heure au Caire, la (re)prise de de contrôle du pays par l’armée est donc perçue comme une étape nécessaire d’une révolution toujours en marche.
Bien sûr, le processus est par nature dangereux, et comme nous le relevions dans notre précédente brève, le Conseil suprême de forces armées égyptien, le Scaf, devra jouer les équilibristes pour établir une feuille de route convaincante vers un retour du pouvoir civil, tout en évitant de se faire «pénétrer» par des saoudiens ou des israéliens toujours en embuscade.
Reste que Washington et Paris, donc l’UE, sont désormais hors-jeu de l’équation égyptienne, ce qui représente sans aucun doute un événement majeur pour la région.

La catastrophe générale est en marche
Le tableau qui se dessine est donc celui d’une catastrophe générale à venir pour l’Occident au Moyen-Orient :
– L’Irak passe lentement mais sûrement dans le giron iranien ;
– L’Afghanistan est en bonne voie pour retourner aux talibans ;
– La Libye s’évapore dans les guerres tribales ;
– Malgré la surenchère saoudienne en Syrie, le régime résistera tant que la Russie et la Chine le soutiendront et, à terme, il semble bien que Washington et Paris devront se résoudre à capituler sur ce front également ;
– En Egypte, le Bloc occidental vient aussi de perdre la bataille des cœurs.
– Quant au Liban, la déstabilisation très probablement orchestrée par les alliés de Washington, et la récente inscription du Hezbollah sur la liste des groupes terroristes de l’UE, achèvent de disqualifier là encore le Bloc occidental comme interlocuteur valable au Pays du Cèdre.
Ironie de l’Histoire, dans ce tourbillon de batailles perdues, de rendez-vous ratés et de stratégies occidentales foireuses au Moyen-Orient, le seul pays qui semble devoir rester stable envers et contre tout, n’est autre que l’Iran.
Décidément, il vaut mieux avoir l’Occident pour ennemi déclaré que comme sauveur.
Et ça, le Moyen-Orient l’a désormais intégré.

(1) Pour l’Arabie Saoudite, c’est la montée en puissance chiite qu’il s’agit de briser. Depuis la révolution islamique de 1979 en effet, une compétition féroce oppose Riyad et Téhéran pour le leadership musulman. Depuis la première guerre du Golfe, jamais les pétromonarchies n’ont été plus éloignées de leurs références islamiques et leur soumission aux intérêts américains, voire israéliens, est très mal perçue par la rue arabe. Avec des positions (anti-israéliennes, anti-américaines) aux antipodes de ses voisins du Golfe, Téhéran s’affirment donc de plus en plus comme une référence religieuse plus convaincante malgré le fossé qui sépare les branches sunnites et chiites de l’Islam. Au demeurant, on constatera aussi que les pays du Golfe sont en proie à des troubles souvent liées à leurs très fortes minorités chiites, sans parler de Bahrein dont la population est à 70% chiites. Pour les puissances du Golfe, la priorité absolue est donc à la chute de l’Iran chiite, et la déstabilisation du régime chiite alaouite de Bachar al-Assad n’est là aussi qu’une étape. –

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Ce qui n’a pa été révelé de la rencontre orageuse Bandar-Poutine


PutinLe quotidien libanais asSafir a publié sur son site internet les détails de la réunion orageuse qui a eu lieu à Moscou au mois de Juillet entre le président Poutine et le chef des services de renseignements saoudiens le prince Bandar ben sultan.

La réunion qui a eu lieu le 30 juillet dans la maison de Poutine située à la périphérie de la capitale russe,  a duré quatre heures au cours de laquelle il a été question des  relations  bilatérales et d’un certain nombre de dossiers régionaux et internationaux communs.

Les relations bilatérales

Bandar a insisté sur l’importance de développer les relations bilatérales entre les deux pays, soulignant que la mise en valeur des intérêts peut fournir de grands domaines de coopération en citant comme exemples les domaines de l’économie, de l’investissement, du pétrole  et de l’armée.

«Il y a beaucoup de valeurs et de buts communs, notamment la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme dans le monde. La Russie et les Etats-Unis, l’Union européenne et les Saoudiens se rencontrent sur  la question de la promotion et de la consolidation de la paix et la sécurité internationales. La menace terroriste s’est développée suite au «printemps arabe» . Nous avons perdu des régimes et en contre partie nous avons récolté les expériences des terroristes comme  l’expérience des Frères musulmans en Egypte et celle des groupes extrémistes en Libye » a affirmé Bandar.

Et d’ajouter: «A titre d’exemple, je peux vous offrir une garantie de protection des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi qui aura lieu sur la mer Noire la prochaine année. Nous savons que les groupes tchétchènes menacent la sécurité des Jeux, nous les contrôlons, ils ne se rendent en Syrie  qu’après coordination avec nous. Ces groupes ne nous font pas peur. Nous les utilisons en face du régime syrien, ils n’auront  aucun rôle ou influence dans l’avenir politique de la Syrie ».

Aprés avoir remercié le prince Bandar pour sa visite et saluer le roi Abdallah, le président Poutine affirme d’un ton qui annonce déjà une mauvaise tournure de la rencontre : «Nous savons que vous soutenez les groupes terroristes tchétchènes depuis plus d’une décennie, et ce soutien vous l’avez bien exprimé en toute franchise tout juste maintenant. Et donc, je ne pense pas que nous partageons les mêmes objectifs en matière de la lutte contre le terrorisme universelle. Nous sommes intéressés par le développement de relations amicales selon des principes  clairs et nets ».

Bandar a déclaré que « la question ne se limite pas au royaume, il y a des pays qui ont dépassé leurs rôles définis , par exemple le Qatar et la Turquie ».

Il a précisé: «Nous avons dit directement aux Qataris et aux  Turcs que nous refusons leur soutien illimité aux Frères musulmans en Égypte et ailleurs. Le rôle des Turcs aujourd’hui est devenu semblable au rôle du Pakistan pendant la guerre afghane. Nous ne sommes contre les régimes extrémistes religieux : nous souhaitons  instaurer des régimes modérés dans la région. L’expérience de l’Egypte est enrichissante et il faut que la Russie la suive de prés.  Nous allons continuer à soutenir l’armée et nous allons soutenir le général Abdel Fattah al-Sisi, surtout qu’il maintient de bonnes relations avec nous . Nous vous conseillons  de rester en contact avec lui et de le soutenir. Nous sommes prêts à signer avec la Russie  des contrats d’armement dans l’intérêt de ces régimes  et surtout l’Egypte.

Coopération économique et pétrole

Le prince Bandar ben Sultan a d’abord présenté un exposé des différents domaines  de coopération potentiels entre les deux pays si un accord se réalisait sur un certain nombre de dossiers en particulier la Syrie. Il s’arrêta longuement sur le pétrole et la  coopération d’investissement: « Etudions ensemble  une stratégie russo-saoudienne commune  concernant le  pétrole. L’objectif est de se mettre d’accord sur les quantités de pétrole à produire  et le prix du baril afin de maintenir les prix du pétrole sur les marchés mondiaux stables ».

« Nous comprenons votre intérêt pour le dossier du pétrole et du gaz dans la Méditerranée depuis Israël en passant par  Chypre vers le Liban et la Syrie jusqu’à la  Russie. Nous  comprenons aussi ce que représente le pipe-line de gaz russe vers l’Europe, et nous ne sommes pas en concurrence avec vous. Nous  pouvons coopérer dans ce domaine comme dans les domaines de raffineries et de la pétrochimie. Le royaume esten mesure de fournir un énorme investissement de plusieurs milliards de dollars dans divers domaines au marché russe. Mais, il est  important de conclure une compréhension politique sur un certain nombre de dossiers, notamment la Syrie et l’Iran ».

Poutine a répondu que «  les idées avancées au sujet de la coopération en matière de pétrole et de gaz aussi en matière  d’investissement méritent une étude  de la part des ministères compétents des deux pays ».
Mais avant tout..la Syrie

Le chef des services de renseignements saoudiens  s’est longuement exprimé sur  le dossier syrien faisant valoir la position de l’Arabie depuis le premier incident en Syrie à Deraa  jusqu’à aujourd’hui: «Le régime syrien est terminé pour nous et la majorité du peuple syrien ne permettra pas à Bachar al-Assad de rester au pouvoir. La clé pour les relations entre nos deux pays réside dans la compréhension de  notre approche envers la crise syrienne. Et donc, vous devez  cesser votre soutien politique, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que votre soutien militaire et économique, et nous vous garantissons que les intérêts de la Russie en Syrie, sur la côte méditerranéenne ne seront point affectés d’un iota.  La Syrie sera dirigée par un  régime  modéré et démocratique directement parrainé par nous et qui sera tenir compte des intérêts de la Russie et de son rôle dans la région ».

Le dossier iranien

Dans le dossier iranien, Bandar a dénoncé  le rôle de l’Iran régional, en particulier en Irak, en Syrie, au Liban, en Palestine, au Yémen et à Bahreïn et dans d’autres pays, souhaitant à ce  que » les Russes comprennent que leurs intérêts et ceux des pays du Golfe sont communs face aux ambitions nucléaires de l’Iran ».

Poutine a répondu en exposant la position de la Russie envers les conséquences du  «printemps arabe»,  surtout après ce qui s’est passé en Libye: «Nous sommes très préoccupés par l’Egypte, et nous comprenons la réaction de  l’armée égyptienne, mais nous sommes très prudents envers la façon dont est gérée la crise égyptienne, car nous craignons  que l’Egypte glisse vers une guerre civile qui  serait trop coûteuse pour les Egyptiens, les Arabes et la communauté internationale. J’ai voulu faire une visite rapide en Egypte .. La question est toujours en cours de discussion ».

En ce qui concerne l’Iran, Poutine a rappelé à son hôte saoudien que « l’Iran est un voisin et que les deux pays sont liés par des relations bilatérales depuis des siècles, et donc il y a des intérêts communs et enchevêtrées depuis des siècles ».

«Nous soutenons  le dossier nucléaire iranien à des fins pacifiques et nous avons aidé les Iraniens à développer leurs sites nucléaires  dans ce sens. Bien sûr, nous allons reprendre les négociations avec eux dans le cadre du groupe des cinq plus un, et je compte rencontrer le président Hassan Rohani, en marge du sommet de l’Asie centrale et nous étudierons un grand nombre de dossiers bilatéral, régional et international.  Et je compte bien réitérer  la position russe opposée pleinement à de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU. Nous croyons que ce qui a été entrepris auparavant comme  sanctions est injuste contre l’Iran et les Iraniens et nous refusons de  répéter l’expérience ».

Erdogan à Moscou en Septembre

Pour ce qui est de la Turquie, Poutine a parlé de son amitié avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en déclarant: «La Turquie est aussi un voisin et nous sommes liés par des intérêts communs et nous sommes désireux de développer nos relations avec ce pays  dans divers domaines. Dans les rencontres russo-turques, nous avons procédé à un inventaire des questions dans lesquelles nous nous opposons et celles dans lesquelles nous nous entendons. Et nous avons constaté  qu’il existait beaucoup de convergence sur un grand nombre de dossiers   J’ai informé les Turcs, et je vais  répéter ma position à mon ami Erdogan, que ce qui se passe en Syrie a besoin d’une approche différente de leur part. La Syrie baigne dans un bain de sang et la Turquie n’est pas à l’abri.. Les Turcs doivent être  plus entreprenanst dans le sens de trouver une solution politique à la crise syrienne. Nous sommes convaincus qu’un règlement politique en Syrie est inévitable, il revient à eux d’alléger les  dégâts. Notre différend avec eux dans le dossier syrien est politique  et n’influence pas les autres dossiers de coopération économique et d’investissement, et, récemment, nous leur avons dit que nous sommes prêts à coopérer avec eux pour leur construire deux réacteurs nucléaires et cette question sera incluse  à l’ordre du jour lors de la visite du Premier ministre turc à Moscou en Septembre prochain ».

Poutine: Notre position envers Assad ne changera point

Dans la question syrienne, la réponse du président russe à Bandar était sans équivoque : « notre position envers le régime en Syrie ne changera jamais. Nous pensons que le régime actuel est le meilleur régime que puisse bénéficier le peuple syrien, certainement pas  un régime dévoreur de cœur.  A Genève 1 nous nous sommes mis d’accord avec les Américains sur un certain nombre de questions  et ils ont accepté. Voire la question de garder le régime syrien au pouvoir était acceptée  dans le cadre d’un certain compromis. Plus tard, ils ont décidé de se retourner contre  Genève 1 .. Dans toutes les réunions entre des experts russes et américains, nous avons  réitéré notre position, et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte reconfirmer lors de la prochaine réunion avec son homologue américain John Kerry, l’importance de faire tous les efforts possibles pour parvenir rapidement à un règlement politique afin de mettre un terme à l’effusion de sang en Syrie ».

Suite à ce discours, Bandar a mis en garde contre la mauvaise tournure des négociations qui risque d’envenimer la situation, en particulier dans la crise syrienne, regrettant que les Russes n’aient pas compris la position de l’Arabie-saoudite  en Egypte en refusant de soutenir l’armée égyptienne en dépit de leurs craintes sur l’avenir de l’Egypte.

Le chef du renseignement saoudien a conclu sur un ton belliqueux estimant que le désaccord dans le dossier syrien mène à la conclusion que «l’option militaire est inévitable  , elle est  la seule option actuellement disponible à la lumière d’un blocage d’un règlement politique, et nous croyons que la convocation à la Conférence de Genève 2 sera très difficile dans ce climat orageux».

Al Manar

Le nouvel Axe du Mal – Pepe Escobar


Dotz29.10.12-1J’ai fait valoir que ce qui vient de se passer en Egypte est un bain de sang qui n’est pas un bain de sang, mené par une junte militaire responsable d’un coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, sous couvert d’une «guerre contre le terrorisme » en Egypte. Pourtant, ce gambit novlangue – qui pourrait facilement avoir été écrit à la Maison Blanche – n’est qu’une partie du tableau.

Au milieu d’un épais brouillard de déclarations et de programmes concurrents, un fait surprenant se démarque. Un sondage il y a seulement 10 jours par le Centre égyptien pour les études sur les médias et l’opinion publique avait déjà montré que 69% des égyptiens étaient contre le coup d’Etat militaire du 3 Juillet orchestré par le Pinochet-esque Abdel Fattah al-Sisi.

Ainsi, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang ne peut absolument pas être considéré comme légitime – à moins d’une coterie privilégiée des Moubarakistes (la soi-disant fulool), un bouquet d’oligarques corrompus et « l’État profond» contrôlé par l’armée égyptienne.

Le gouvernement des Frères musulmans (FM) dirigé par Mohamed Morsi a peut-être été tout à fait incompétent – en essayant de réécrire la constitution égyptienne, favorisant les fondamentalistes purs et durs, et s’avilissant en courbettes devant le Fonds monétaire international. Mais il ne faut pas oublier le fait que cela a été couplé avec un sabotage permanent, tous azimuts par « l’état profond ».

Il est vrai que l’Egypte était – et reste – au bord de l’effondrement économique, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang n’a fait que suivre le changement des signataires des chèques, le Qatar remplacé par l’Arabie Saoudite (et les Emirats arabes unis). Comme Spengler a démontré sur ce site (voir déplace de la guerre civile de l’islam en Egypte , Asia Times Online, 8 Juillet 2013), l’Egypte restera une république bananière sans les bananes et dépendante des étrangers pour tout, même pour manger. Le désastre économique ne va pas disparaître- le ressentiment cosmique des FM, non plus.

Le gagnant, en l’état, est l’axe Maison des Saoud / Israël / Pentagone. Comment ont-ils réussi ?

En cas de doute, appelez Bandar

En théorie, Washington avait gardé le contrôle  (relatif)  à la fois des FM et de l’Armée de Sisi. Ainsi, en surface c’est une situation gagnant-gagnant. Dans l’essentiel, les faucons de Washington sont pro-armée de Sisi, tandis que les «impérialistes libéraux» sont pro-FM; la couverture parfaite, parce que les FM sont islamiques, indigènes, populistes, économiquement libéraux, ils veulent travailler avec le Fonds monétaire international, et n’ont pas menacé Israël.

Les FM n’étaient pas exactement un problème, ni pour Washington ni pour Tel-Aviv, après tout alliés de l’ambitieux Qatar qui était là comme un tampon. La politique étrangère du Qatar, comme chacun sait, se résume à faire le supporter des FM partout.

Aussi Morsi a dû avoir franchi une ligne rouge assez grave. Cela pourrait avoir été son appel aux sunnites Egyptiens à se joindre au jihad contre le gouvernement Bachar al-Assad en Syrie (même si c’est officiellement en phase avec la politique de « Assad doit partir » de Barack Obama). On pourrait dire que c’est sa poussée à installer une sorte de paradis djihadiste du Sinaï jusqu’à Gaza. Le Sinaï, à toutes fins pratiques, est géré par Israël. Alors, ça pointe vers un feu vert pour le coup d’état à la fois du Pentagone et de Tel-Aviv.

Tel-Aviv est totalement à l’aise avec l’Armée de Sisi et les supporters saoudiens de la junte militaire. La seule chose qui compte pour Israël est que l’armée Sisi fera respecter les accords de Camp David. Les FM, d’un autre côté, pourraient entretenir d’autres idées dans un proche avenir.

Pour la Maison des Saoud, en revanche, cela n’a jamais été une situation gagnant-gagnant. Les FM au pouvoir en Egypte étaient un anathème. Dans ce triangle fatidique – Washington, Tel Aviv et Riyad – ce qui reste à établir c’est de savoir qui a été le plus rusé dans ce jeu de dupes.

C’est là que s’intègre l’acte de l’Incroyable Disparition du Qatar. La montée et la (soudaine) disparition du Qatar des projecteurs de la politique étrangère est strictement liée à l’absence de leadership actuel dans le cœur de ce qui s’est auto-défini comme « l’arc d’instabilité» du Pentagone. Le Qatar était, au mieux, un extra dans un blockbuster – compte tenu des dérives de yo-yo de l’administration Obama et que la Russie et la Chine ne font que jouer un jeu d’attente.

Cheikh Hamad al-Thani, l’émir qui a fini par se destituer lui-même, est clairement allé trop loin, non seulement en Syrie mais aussi en Irak ; il ne finançait pas seulement les filiales FM mais aussi les djihadistes purs et durs à travers le désert. Il n’y a pas de preuve concluante parce que personne, ni à Doha ni à Washington ne parle, mais l’émir a certainement été «invité» à se déposer lui-même. Et ce n’est pas par accident si les «rebelles» syriens ont été entièrement pris en charge par la Maison des Saoud, via Bandar Bush, alias le prince Bandar bin Sultan qui a spectaculairement refait surface.

Ainsi, les gagnants une fois de plus étaient les Saoudiens – alors que l’administration Obama calculait que les FM et la nébuleuse al-Qaïda disparaîtraient dans l’oubli en Syrie. Cela reste à voir ; il est possible que l’Egypte à partir de maintenant puisse attirer un grand nombre de djihadistes de Syrie. Encore, ils resteraient dans la région MOAN (Moyen-Orient-Afrique du Nord).

Quant à Sisi, il a été assez intelligent pour saisir le thème «terrorisme» et à titre préventif assimiler les FM avec Al-Qaeda en Egypte, ouvrant ainsi la scène pour le bain de sang qui n’est pas un bain de sang. Dans le fond on peut dire que l’administration Obama a en fait sous-traité la majeure partie de sa politique au Moyen-Orient à la Maison des Saoud.

Choisissez votre axe

Deux jours seulement avant le bain de sang qui n’est pas un bain de sang, le chef d’état-major interarmées, le général Martin Dempsey était en Israël en compagnie du général Benny Gantz, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, discutant des proverbiales « menaces qui pourraient provenir de la région – pour le monde et pour nous – et comment nous pouvons continuer à travailler ensemble pour rendre nos deux pays plus sûrs ». Il est impensable qu’ils n’aient pas discuté de la façon dont ils bénéficieraient de bain de sang qui n’est pas un bain de sang qui se prépare.

Au même moment, le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon annonçait pompeusement un nouvel « axe du mal », l’Iran, la Syrie et le Liban. Cela implique Téhéran, Damas et, de manière significative, Beyrouth dans son ensemble (pas seulement les chiites prédominant dans les banlieues sud). Ya’alon a explicitement dit à Dempsey : il leur est « interdit » de gagner la guerre civile en Syrie.

Considérant que la CIA elle-même a jugé que la guerre civile en Syrie était la « plus grande menace » pour la sécurité nationale américaine dans le cas où des groupes style Al-Qaïda et leurs copies prendraient le relais dans une éventuelle situation post-Assad, et qu’en même temps Washington est extrêmement réticent à arrêter « de piloter les évènement en sous-main », on peut penser qu’Israël pourrait être tenté de préparer une autre invasion du Liban. Le toujours vigilent Sheikh Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a déjà parlé de cette possibilité.

Ensuite, Dempsey est allé en Jordanie – qui abrite déjà près de 1000 soldats américains, des F-16 avec leurs équipages, et un éventail de missiles Patriot. Le discours officiel est que le Pentagone veut aider Amman avec « les techniques de contrôle des frontières », usant de ces acronymes favoris du Pentagone, ISR («intelligence, surveillance et reconnaissance»).

Ce n’est qu’un discours. Dempsey est surtout allé surveiller la progression du récent lot de missiles anti-chars, acheté par – qui d’autre – les Saoudiens et fournis par la CIA, via la Jordanie, pour (en théorie) ceux qui ont été sélectionnés comme « bons rebelles » dans le sud de la Syrie. Ces «rebelles», en passant, ont été formés par les forces spéciales américaines à l’intérieur de la Jordanie. Évidemment, Damas va préparer une Contre-attaque à cette offensive de l’axe américain / saoudien / jordanien.

Choisissez votre mal

Il ne reste pratiquement plus aucune «crédibilité américaine» au Moyen-Orient – à l’exception des entités fantoches comme la Jordanie et les élites sélectionnées dans le golfe féodal, ce royaume «démocratique» de la corruption, des mercenaires et des prolétariats importés traités comme du bétail.

Ca n’aide guère que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ait recommandé Robert Ford, l’ancien ambassadeur américain en Syrie, comme le prochain ambassadeur américain en Egypte.

La perception est tout. Tous ceux qui ont une opinion éclairée dans le Moyen-Orient identifient immédiatement Ford comme un sinistre animateur d’escadrons de la mort. Son CV avant la Syrie – où il a légitimé les «rebelles» – est imbattable; acolyte du sinistre John Negroponte dans la promotion de l ‘«option Salvador» en Irak en 2004. « L’Option Salvador » est un code pour les escadrons de la mort parrainés par les Etats-Unis, une tactique appliquée la première fois au Salvador (par Negroponte) dans les années 1980 (provoquant au moins 75.000 morts), mais avec des origines profondes en Amérique latine à la fin des années 1960  et durant les années 1970.

Sisi va continuer à jouer son jeu en fonction de son propre plan directeur – renforcer le mythe de la narration que l’armée égyptienne défend la nation et ses institutions alors qu’elle défend ses immenses privilèges socio-économiques. Oubliez la gouvernance civile. Et oubliez toute possibilité de parti – ou mouvement – politique indépendant en Egypte.

Quant à Washington, FM ou «État profond», et même une guerre civile en Égypte – des arabes tuant des arabes, diviser pour mieux régner ad infinitum – c’est très bien, tant qu’il n’y a pas de menace pour Israël.

Avec Israël peut-être en train de ruminer une autre invasion du Liban ; le « processus de paix » de Kerry comme excuse pour plus de colonies en Palestine; Bandar Bush de retour pour pratiquer ses sombres menées ; Compromettre toute solution possible au dossier nucléaire iranien ; l’Égypte dans la guerre civile; la Syrie et l’Irak aussi en train de saigner à mort, ce qui reste est la prolifération certifiée de toutes sortes d’axes, et toutes sortes de mal.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-160813.html