Archives du mot-clé BRICS

Libye : faisons le point deux ans plus tard…


Tribune libre Béatrice Doinette

Deux ans après l’attaque confuse de l’OTAN contre l’Etat libyen qui a mis un terme à la vie de milliers de personnes (pour les libérer de Kadhafi !), qui a détruit une bonne partie du pays et a mis fin à la Libye en tant qu’Etat, on découvre enfin les contre-vérités débitées par les ennemis étrangers du pays. (1) Quelles étaient les vraies raisons derrière l’assassinat de Khadafi ? Quel rôle a-t-il joué Israel ? Et enfin, qu’est-il arrivé au pétrole libyen ? Lire la suite Libye : faisons le point deux ans plus tard…

Les BRICS veulent en finir avec l’extrémisme des marchés financiers.


Brics-carteDepuis la crise financière mondiale en 2008 la récession n’a pas disparu. L’écart entre les riches et les pauvres a continué de se creuser et la sécurité mondiale s’est affaiblie car les problèmes centraux n’ont pas été réglés, écrit jeudi le quotidien RBC Daily.

Aujourd’hui le monde a besoin d’un nouveau consensus. Notre époque exige des institutions différentes de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le groupe de travail pour l’élaboration de l’architecture financière internationale s’est récemment réuni à Washington dans le cadre de la réunion annuelle du Conseil d’administration du FMI et du Groupe de la Banque mondiale. Cette rencontre rassemble les représentants des ministères des Finances et des banques centrales des pays du G8 et les experts des organisations financières mondiales.

L’utilité de cette réunion soulève de sérieux doutes : il est évident qu’aujourd’hui, les décisions amenées à influer sur notre planète ne peuvent plus être prises qu’à New York ou à Washington.

La Banque mondiale, le FMI et l’OMC ont été créés après la Seconde guerre mondiale dans le cadre des Accords de Bretton Woods. Leur mission : assurer la stabilité économique mondiale. Mais depuis les années 1970 ces institutions ont commencé à pencher idéologiquement pour la l’extrémisme des marchés et l’ordre néocolonialiste. Cette politique est en partie responsable de la crise de 2008.

Au niveau supranational le changement de l’architecture financière mondiale revient aujourd’hui aux pays des Brics. Leur influence est en train de croître et ces pays s’arment avec une économie intégrée, au lieu de suivre le fondamentalisme économique de washingtonien.

L’ancienne structure financière post-Bretton Woods est déjà en train de changer. Les économies émergentes ont des traditions philosophiques qui diffèrent de celles du G8. Elles s’orientent davantage vers la société et le collectif et pour elles, les investissements dans l’infrastructure et le financement du commerce réel sont les bases d’un développement stable. La mondialisation y est compensée par le sens de la famille, de l’identité, et de l’appartenance ethnique.

Les Brics ont déjà conclu des accords commerciaux bilatéraux en marge de l’OMC, établissant les prix des marchandises sans dépasser les limites des paniers monétaires mixtes. Cela change radicalement tous les accords et ententes économiques que le monde a longtemps considéré comme acquis.

Aujourd’hui les Brics établissent une feuille de route pour une nouvelle banque de développement, un fonds de stabilisation et un mécanisme pour régler les litiges commerciaux qui pourraient remplir les fonctions dévolues actuellement à la BM, au FMI et à l’OMC – et travailler en parallèle.

On pourrait s’attendre à ce que la banque de développement des Brics propose des crédits non soumis à conditions mais à des taux d’intérêts supérieurs – c’est-à-dire adopter une approche plus commerciale. De plus, elle pourrait financer des projets dans les domaines où la BM n’intervient pas comme le biocarburant ou l’énergie nucléaire. La prochaine étape logique serait la création d’un fonds de stabilisation des Brics comme alternative au FMI, ce qui pourrait nécessiter l’instauration d’une nouvelle monnaie mondiale de réserve. Il est évident que les pays des Brics cherchent à devenir moins dépendants du dollar US.

Les dirigeants des Brics croient en l’avenir des opérations marchandes entre les cinq pays qui composent le groupe, menées avec leur propre monnaie – une idée apprécié par d’autres pays émergents. Dans deux accords signés par les banques de développement du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, il est dit que les crédits pour les transactions marchandes entre ces pays seraient attribués en devise locale. La procédure simplifiée de conversion des devises propose une véritable alternative au dollar américain comme monnaie de règlement.

Il ne s’agit pas de la suppression intégrale de l’ancienne architecture financière de Bretton Woods mais plutôt de la création d’une nouvelle structure parallèle à l’ancienne. A terme, les pays pourront choisir quelle architecture convient davantage à leurs propres plans de reconstruction et de rénovation.

Mikhail Koutouzov 

RIA Novosti.

Chine/Etats-Unis : le duel tourne à l’affrontement monétaire


dette-20usa-20chine▪ Samedi 13 octobre, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua sous la plume de Liu Chang, critiquait vertement les débordements de l’Amérique depuis que Bretton Woods avait fait du dollar une monnaie “aussi bonne que l’or”. L’article fustige l’ingérence des Etats-Unis dans les politiques intérieures de tous leurs partenaires économiques, les interventions militaires directes ou indirectes pour imposer la Pax Americana et une politique monétaire au détriment de l’équilibre économique mondial.

Le pamphlet est très sévère
“Alors que le gouvernement américain veut faire croire au monde qu’il est le champion de la morale, de manière plus ou moins couverte, il torture les prisonniers de guerre, cible des civils avec des attaques de drones et espionne les leaders politiques et économiques dans le monde. Sous ce qui est réputé être la Pax Americana, nous n’avons pas réussi à trouver un monde où les Etats-Unis chercheraient à éviter la violence et les conflits, à réduire la pauvreté et les déplacements de population et feraient leur possible pour apporter une vraie paix durable.

Au lieu d’honorer leurs devoirs en tant que nation dominante et responsable, l’egocentrique Washington a abusé de son statut de super-puissance, introduit encore plus de chaos dans le monde en diffusant des risques financiers à l’international, a été l’instigatrice de tensions régionales… et a lancé des guerres injustifiées sous des prétextes fallacieux basés sur un tissu de mensonges avérés.

Le résultat est que le monde est encore en train de chercher comment s’extirper d’un désastre économique dû à la voracité des élites de Wall Street, alors que les meurtres et les bombes sont le quotidien du peuple irakien des années après que Washington s’est vanté de l’avoir libéré du joug d’un tyran. Plus récemment, la division bipartite itérative de Washington sur le budget fédéral et le plafond de la dette met en danger ses partenaires économiques surchargés de valeurs en dollar et une communauté internationale très angoissée.

Il faut mettre un terme à ces jours d’inquiétude, où la destinée de tous est entre les mains d’une nation hypocrite et un nouvel ordre mondial doit être mis en place pour que toutes les nations, pauvres ou riches, petites ou grandes, puissent voir leurs intérêts primordiaux respectés et protégés sur un pied d’égalité.

Dans ce but, plusieurs pierres angulaires doivent être posées pour construire ce monde désaméricanisé.

Pour commencer, toutes les nations doivent se plier aux principes de base des lois internationales, ce qui inclut le respect de la souveraineté et cesser de se mêler des affaires domestiques des autres.

Les économies émergentes et les pays en développement ont besoin de faire entendre leur voix dans les institutions financières internationales, ce qui inclut la Banque mondiale et le fond monétaire international, de façon à mieux refléter les transformations du paysage économique et politique actuel.

Ce qui induit une réforme-clé : la mise en place d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, qui doit être créée pour remplacer le dollar américain, afin que la communauté internationale puisse être tenue à l’écart des désordres politiques intérieurs des Etats-Unis. Ces bouleversements n’ont pas pour but d’écarter complètement les Etats-Unis, ce qui serait impossible, mais plutôt d’encourager Washington à jouer un rôle plus constructif.”

▪ Le processus est en marche. Dernier exemple en date : la Chine a pesé de tout son poids aux côtés de la Russie pour empêcher l’intervention américaine en Syrie. Les Américains ont plié.

Voici un extrait d’une interview de Michel Raimbaud (ancien ambassadeur de France et professeur au centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris) qui vient éclairer ce bouleversement géopolitique :

“Nous vivons actuellement un moment historique majeur, d’une importance sans doute comparable à la chute de l’Union soviétique. Entraînant la dissolution du bloc communiste et ayant pour effet immédiat d’instaurer l’hégémonie sans partage de l’Amérique et de ses alliés occidentaux, la disparition de l’URSS allait amener plus de vingt ans de malheur et d’extrême injustice pour le reste de la planète.

L’événement qui a dominé le récent Sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, fruit d’une gestation de deux ans dans le sillage de la crise syrienne, referme cette parenthèse dramatique. Confirmant la renaissance de la Russie et l’émergence du bloc des BRICS à direction russo-chinoise, il symbolise la recomposition de la vie internationale sur de nouvelles bases : le ‘moment unipolaire américain’, qui consacrait le triomphe des ‘grandes démocraties’ et de leur ‘économie de marché’, est terminé. C’est le glas qui sonne pour la plus grande escroquerie politique de l’ère contemporaine : la ‘communauté internationale’ franco-anglo-américaine est agonisante.

Le double accord conclu entre la Russie et l’Amérique au sujet de la Syrie est l’acte fondateur de cette mutation. Le Mur de Berlin apparaissait comme le symbole du triomphe du ‘monde libre’ et de ‘la fin de l’Histoire’. En cet automne 2013, c’est le mur de l’arrogance qui a été brisé, le ci-devant ‘Axe du Bien’ apparaissant dans toute sa splendeur, sur fond de soleil couchant.

Loin d’être finie, l’Histoire continue.

C’est une belle leçon de diplomatie qu’a prodiguée la Russie (soutenue sans défaillance par la Chine, par ses autres partenaires BRICS comme le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, mais aussi par une bonne partie du monde) en réussissant à faire prévaloir la légalité internationale et les grands principes onusiens contre les partisans de l’ingérence à tout va.

Ne nous y trompons pas : pendant quelques jours, le monde a bel et bien frôlé la catastrophe et la guerre mondiale. Que Russes et Américains se soient mis d’accord sur le principe d’une solution politique et diplomatique ne peut que réjouir les gens de bonne volonté”

Vous assistez en ce moment même à un changement majeur qui restera dans l’Histoire.

Ce changement va être monétaire, comme je l’ai longuement décrit dans l’Histoire de l’Argent, dont le sous-titre est ‘l’or, l’argent et la réforme monétaire’.

Souhaitons que cette révolution se passe avec le moins de violence possible. Il est néanmoins à craindre que l’effondrement d’un système basé sur l’asservissement des peuples par la dette soit très douloureux pour les finances de chacun. L’or et l’argent physiques font partie des planches de salut qui sont offertes à ceux qui auront été assez clairvoyants pour anticiper cette période de troubles à venir et la Renaissance qui suivra.

Cyrille Jubert

http://la-chronique-agora.com/chine-etats-unis-duel-tourne-a-laffrontement-monetaire/

L’Iran espère adhérer au groupe des BRICS


120620_brics_g20L’Iran cherche à rejoindre les BRICS afin de contourner les  sanctions imposées par les américains qui ont paralysé l’économie du pays basée sur l’exportation du pétrole.

L’Iran, qui continue de jouir d’une relation relativement confortable avec les pays BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – en dépit d’une récession économique grave, a été à la recherche d’opportunités à travers le monde afin d’accroître ses ressources pétrolières, le centre névralgique de l’économie du pays.

« L’Iran soutient le groupe BRICS et est prête à l’adhésion et à sa présence dans le fonds du BRICS », a déclaré le vice-ministre de l’Economie iranien Behrouz Alishiri.

Alishiri s’exprimait peu de temps après une rencontre bilatérale avec son homologue brésilien. De hauts responsables des deux pays ont été en pourparlers en marge de la réunion annuelle du Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

Défiant les Etats-Unis sur les sanctions, le groupe BRICS est également considéré comme favorable à l’Iran sur son programme nucléaire controversé.

Lors du dernier sommet du groupe BRICS en Mars 2013, celui-ci a exprimé son inquiétude sur la position de Washington sur les activités nucléaires de l’Iran.

« Nous sommes préoccupés par les menaces d’action militaire ainsi que les sanctions unilatérales, et nous espérons que toutes les questions en suspens relatives au programme nucléaire de l’Iran seront résolues grâce à des discussions et des moyens diplomatiques. Nous pensons qu’il n’y a pas d’alternative à une solution négociée à la question nucléaire iranienne et reconnaissons le droit de l’Iran à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire en conformité avec ses obligations internationales « , ont déclaré les dirigeants du BRICS après le sommet.

Compte tenu des liens étroits entre l’Iran et les pays du BRICS, son éventuelle adhésion au groupe a le potentiel pour rééquilibrer l’équation politique à travers les continents, d’autant plus que l’Iran est sous la nouvelle direction modérée de Hassan Rohani.

Parmi les nations du BRICS, l’Iran jouit également d’une relation chaleureuse avec l’Inde, malgré les récents hoquets sur les exportations de pétrole.

Comme beaucoup d’autres pays latino-américains, les liens de l’Iran avec le Brésil sont également très forts.

Par ailleurs, l’Iran et la Russie ont conclu des accords nucléaires car Moscou reste un fervent partisan du droit de Téhéran à enrichir de l’uranium à des fins pacifiques.

Vasudevan Sridharan

Traduction Avic

http://www.ibtimes.co.uk/articles/513640/20131014/iran-sanctions-brics-oil-tehran-nuclear-programme.htm

« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial » par Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur


Tribune libre Byblos

FR MG ENTRETIEN MICHEL RAIM

Nous vivons actuellement un moment historique majeur, d’une importance sans doute comparable à la chute de l’Union Soviétique. Entraînant la dissolution du bloc communiste et ayant pour effet immédiat d’instaurer l’hégémonie sans partage de l’Amérique et de ses alliés occidentaux, la disparition de l’URSS allait amener plus de vingt ans de malheur et d’extrême injustice pour le reste de la planète.

L’évènement qui a dominé le récent Sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, fruit d’une gestation de deux ans dans le sillage de la crise syrienne, referme cette parenthèse dramatique. Confirmant la renaissance de la Russie et l’émergence du bloc des BRICS à direction russo-chinoise, il symbolise la recomposition de la vie internationale sur de nouvelles bases : le « moment unipolaire américain », qui consacrait le triomphe des « grandes démocraties » et de leur « économie de marché », est terminé. C’est le glas qui sonne pour la plus grande escroquerie politique de l’ère contemporaine : la « communauté internationale » franco-anglo-américaine est agonisante.

Le double accord conclu entre la Russie et l’Amérique au sujet de la Syrie est l’acte fondateur de cette mutation. Le Mur de Berlin apparaissait comme le symbole du triomphe du « monde libre » et de « la fin de l’Histoire ». En cet automne 2013, c’est le mur de l’arrogance qui a été brisé, le ci-devant « Axe du Bien » apparaissant dans toute sa splendeur, sur fond de soleil couchant. Loin d’être finie, l’Histoire continue.

C’est une belle leçon de diplomatie qu’a prodiguée la Russie (soutenue sans défaillance par la Chine, par ses autres partenaires « BRICS » comme le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, mais aussi par une bonne partie du monde) en réussissant à faire prévaloir la légalité internationale et les grands principes onusiens contre les partisans de l’ingérence à tout va. Ne nous y trompons pas : pendant quelques jours, le monde a bel et bien frôlé la catastrophe et la guerre mondiale. Que Russes et Américains se soient mis d’accord sur le principe d’une solution politique et diplomatique ne peut que réjouir les gens de bonne volonté qui prônent et espèrent depuis de longs mois l’amorce d’un processus de négociation en Syrie. En espérant que la dynamique de paix sera contagieuse…

Il convient bien entendu de saluer la « Syrie réelle », c’est-à-dire tous ceux qui ont misé une fois pour toutes sur le dialogue pour mettre un terme à la guerre universelle à laquelle est confronté leur pays. C’est en effet grâce à leur détermination et leur lucidité que la mère de notre civilisation a pu résister – résiste toujours – aux terribles épreuves infligées par ses « faux frères » d’Orient et ses « faux amis » d’Occident : plus de 100 000 morts, huit millions de réfugiés et déplacés, soit un Syrien sur trois, plus de la moitié du pays en ruines, y compris la ville martyre d’Alep, capitale économique livrée au pillage, les infrastructures dévastées, écoles et hôpitaux inclus, des zones entières à la merci de combattants d’un autre âge. Sans oublier des millions et des millions de vies brisées…La communauté internationale, l’universelle, celle qui représente la majeure partie de la planète, ne sera-t-elle pas fondée à demander des comptes à ceux qui entretiennent, en notre nom par-dessus le marché, cette entreprise de massacre et de destruction, comme jadis en Irak et naguère en Libye ?

Certes, voir la grise mine de quelques « amis » bien connus du peuple syrien devant une perspective de solution pacifique a de quoi nous réjouir, mais nous ne pouvons dissimuler notre tristesse et notre colère de voir la France brader ses intérêts nationaux, ruiner son crédit moral en affirmant une préférence marquée pour le mauvais côté de l’Histoire. A l’heure où les uns et les autres se félicitent de voir la raison l’emporter et redisent leur engagement en faveur d’une issue politique négociée en Syrie, la France ne manifeste pas un enthousiasme délirant – c’est un euphémisme – pour l’option de la paix et du droit, dont la diplomatie russe s’est faite le symbole.

On aurait plutôt, jusqu’ici, l’impression qu’elle choisit de se retrancher dans le camp de la guerre en compagnie des financeurs du djihad. Pourquoi a-t-elle tant tenu à court-circuiter le Conseil de Sécurité dont elle est l’un des membres permanents et pourquoi, se plaçant dans une logique d’ingérence, a-t-elle mis tant de constance à bafouer les principes du droit onusien dont elle se réclamait. Quel dommage et quel ravage !

Le gouvernement français fait grand cas des votes du Congrès américain et bon marché de l’opinion majoritaire des Français. Il a grand tort. Sa politique est aussi injuste qu’immorale et la part de culpabilité qui est la sienne dans l’atroce tragédie syrienne n’a d’égale que son écrasante responsabilité dans notre enfermement et notre terrible humiliation. Pesant mes mots (comme un ministre bien connu qui pourtant rate toutes les occasions de se taire), je souhaite plein succès à ce Genève II que les vrais amis de la Syrie appellent de leurs voeux : il est grand temps que la voix de la diplomatie se substitue au fracas des armes, que la stabilité et la paix reviennent en Syrie.

Et puis, faut-il rappeler l’évidence ? C’est aux Syriens et à eux seuls qu’il appartient de décider de leur destin en toute souveraineté et en toute indépendance. Les dirigeants étrangers, de Paris ou de Washington, de Riyad ou d’Ankara, n’ont aucune légitimité pour le faire à leur place, et il leur faut un fabuleux toupet pour établir des « feuilles de route » concernant l’avenir ou la reconstruction d’un pays qu’ils auront tout fait pour anéantir.

drapeaux_france_et_syrieMichel Raimbaud, ex-Ambassadeur (à la retraite)
Membre de la Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3973

Kenya : futur point d’entrée de la Chine en Afrique pour supplanter le dollar ?


Uhuru.Kenyatta.Kenya.China.Business.Forum_405294978Simple coïncidence  ? Alors que le Kenya vient d’être le théâtre d’une attaque terroriste particulièrement meurtrière et que les dessous de l’affaire pourraient réserver quelques surprises, précisons que Nairobi est en train de remettre en cause la suprématie du dollar, en se tournant tout particulièrement vers le yuan chinois.

Le Kenya souhaiterait en effet prochainement héberger une chambre de compensation pour la devise de l’Empire du Milieu au sein de sa Banque centrale; ce qui, le cas échéant – serait une première sur le continent africain. Même si Pékin envahit pas à pas l’Afrique du Nord au sud.

Certes, un tel rapprochement ne devrait pas éclipser totalement la monnaie américaine, mais n’est pas vu d’un très bon oeil du côté de Washington, alors que même le gouvernement doit faire face une nouvelle fois à un mur budgétaire.

A l’heure actuelle, les opérations en monnaie chinoise sont peu répandues parmi les gestionnaires africains, les traders étant attachés dans tous les sens du terme à la flexibilité du billet vert.
Si les Africains peuvent d’ores et déjà obtenir des cotations de leurs devises par rapport au yuan, une chambre de compensation permettrait de mettre fin à l’obligation de règlements en dollars, réduisant parallèlement les coûts et accélérant les transactions.

Via une telle opération, le Kenya deviendrait symboliquement la passerelle entre le monde des affaires du continent africain avec la Chine, l’empereur économique de l’Asie, même si lés débuts demeurent modestes.
De tels types d’échanges seraient également les premiers réalisés en dehors du continent asiatique.

Mais la concurrence pourrait d’ores et déjà faire rage sur le continent africain, alors notamment que le Nigéria détient des réserves en yuan.

L’Afrique du Sud a par ailleurs été évoquée comme un hôte potentiel de la chambre de compensation, des officiels ayant toutefois affirmé qu’un tel plan n’était pas envisagé.

En août dernier, le ministre kenyan des Finances Henry Rotich laissait ainsi entendre que la proposition du gouvernement kenyan consistait avant tout de démontrer l’ampleur du marché financier du Kenya …. et de rendre le projet attractif … tout en favorisant la confiance des marchés et investisseurs.

Une situation désormais grandement remise en cause par l’attaque terroriste survenue il y a quelques jours à Westgate.

« Nous considérons comme très positif ce projet de chambre de compensation, et je pense qu’il est très important pour le Kenya de mettre en place un centre financier sur son territoire en vue de traiter la monnaie chinoise », indiquait quant à lui l’ambassadeur de Chine au Kenya, Liu Guangyuan, le mercredi 18 septembre à Nairobi, soit quelques heures avant l’assaut meurtrier du centre commercial.

china-kenya-guardC’est en août dernier, que la volonté de Nairobi avait été affichée au grand jour, le Président kenyan Uhuru Kenyatta ayant fait son offre au cours d’une visite à Pékin cet été.

Rappelons que la Chine s’est d’ores et déjà accordé avec le Japon en vue d’établir une convertibilité directe yen-yuan en transaction bilatérale.
Des études sont menées parallèlement au sein du groupe des BRICS en vue de revoir la suprématie du dollar et de l’euro sur le marché international.
Le Kenya pourrait devenir une des premières régions du monde à l’expérimenter. De quoi fâcher certains ….

Sources : Reuters, legriot.info

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com

L’Internet des BRICS pourrait mettre fin au Réseau contrôlé par les Etats-Unis


e1bc67e6c1378c002bb40703e309187c_articleLe bloc des BRICS est sur le point de créer un nouveau système qui garantit l’accès à Internet simple et bon marché à des millions de personnes. De cette façon, pourrait être mis fin à l’hégémonie des Etats Unis d’Amérique (EUA) sur le Réseau.

Il s’appelle BRICS Cable et se présente comme une infrastructure alternative dans un monde qui se trouve au milieu d’importants défis économiques. Car actuellement, les pays du BRICS sont connectés entre eux à travers des centres de télécommunications situés en Europe et aux Etats-Unis, ce qui implique des coûts élevés pour eux.

Il s’agit d’un système formé par des câbles de fibre optique de 34 000 kilomètres de long, avec une capacité de 12,8 terabits par seconde, qui unira la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil (c’est-à-dire, les BRICS), avec les Etats-Unis par Miami. Sa finalité sera de garantir à des millions de personnes un accès à Internet facile et bon marché.

De la même manière, il offrira un accès immédiat aux pays du bloc aux 21 pays africains et permettra que ces nations aient accès aux économies des BRICS.

Les étapes de planification et de faisabilité ont commencé en mars 2011, peu de mois après l’acceptation de l’Afrique du Sud dans le bloc économique, et on estime que le système entrera en fonctionnement à partir du deuxième semestre 2014.

« Le public en général ne connaît pas la majeure partie du plan des BRICS. Cependant, il est très réel et extrêmement efficace », affirme le site Web Planet Infowars.

En fait, signale le site Web, des investisseurs du monde entier ont déjà montré leur intérêt dans ce projet sans précédents.

Depuis qu’on sait que la NSA a intercepté les communications de Latinoaméricaines, et qu’elle a espionné le groupe pétrolier brésilien Petrobras et les citoyens qui ont confié données personnelles à des compagnies comme Facebook et Google, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a ordonné une série de mesures pour combattre l’espionnage des Etats-Unis d’Amérique. Initiatives qui s’ajouteraient à celle de cette nouvelle infrastructure.

268327c4596fe8a00921287b2dae2a21_article630bw

 

 

RT. Moscou, le 23 septembre 2013.

Traduit de l’espagnol par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo.

La Chine part en guerre contre l’hégémonie du dollar


china_-_yuan_and_dollarsRécemment, Pékin a annoncé qu’il allait autoriser, dans une région incluant la ville de Shanghai une expérience y autorisant les entreprises et les banques, chinoises ou étrangères, à convertir librement des devises en yuans et des yuans en devises.

Et ce non seulement pour leurs opérations commerciales avec l’étranger mais aussi pour toutes leurs opérations financières. Cela constitue un pas considérable en direction de la pleine convertibilité du yuan.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut répondre successivement à deux questions.

Pourquoi Pékin a-t-il maintenu le yuan inconvertible jusqu’à ce jour ?

Depuis qu’en 1978, Pékin a abandonné le collectivisme pour revenir au capitalisme, il a opté avec succès pour une stratégie de développement mercantiliste. En clair, Pékin s’est employé à dynamiser fortement et durablement ses exportations de produits manufacturés tout en limitant le plus possible ses importations ; grâce à cela, Pékin a obtenu des excédents commerciaux colossaux et renouvelés.

Cela a contribué à la fois à une formidable dynamisation de la production et de l’emploi et à la constitution de réserves de change colossales et croissantes. Succès multidimensionnel : industriel, commercial, économique et financier. Mais si Pékin a pu renouveler de tels succès depuis 1978 et plus encore depuis 2001 (et son entrée à l’OMC), c’est parce qu’il s’est protégé. En effet, la rançon habituelle pour un pays qui marque des scores favorables en matière de commerce extérieur, c’est que sa monnaie subit de fortes pressions haussières sur le marché des changes. Si le pays considéré ne parvient pas à contrecarrer ces pressions haussières sur sa monnaie, sa monnaie s’apprécie, sa compétitivité initiale se résorbe, et in fine, son commerce extérieur risque de devenir déficitaire.

C’est pour cette raison que les pays mercantilistes se donnent les moyens de résister à cette « rançon du succès » en matière commerciale. Le plus souvent, ils décident de pratiquer des interventions de change : la banque centrale du pays se charge de vendre sa monnaie nationale contre devises pour équilibrer les achats de sa monnaie par les opérateurs étrangers. La Chine a pratiqué à très grande échelle de telles interventions depuis 1978 et plus encore depuis 2001.

C’est d’ailleurs le cumul de toutes ces opérations quotidiennes qui a constitué des réserves de change colossales au nom de la Chine : 3.000 milliards de dollars américains officiellement, 5.000 milliards en réalité (si on ajoute les réserves de Hong Kong à celles de la République populaire de Chine et si on tient compte des réserves stockées dans les Sovereign Wealth Funds à côté de celles qui sont stockées dans les banques centrales). Encore ce gonflement énorme des réserves de change de la Chine a-t-il été fortement limité par l’inconvertibilité du yuan qui prévaut en Chine depuis 1949 : les opérations financières qui ne sont pas expressément autorisées y sont interdites.

En clair, Pékin laisse entrer en Chine les flux de capitaux étrangers qui correspondent aux investissements des multinationales occidentales en joint-ventures (opérations que Pékin autorise et qu’il recherche) ; mais Pékin interdit les flux de capitaux étrangers qui correspondraient à de simples placements financiers en yuan (particulièrement ceux cherchant à spéculer sur une appréciation du yuan). Si le yuan avait été rendu très tôt convertible, on aurait sans doute eu à la fois une appréciation beaucoup plus importante du yuan contre dollar et contre euro et un gonflement encore plus important des réserves de change de la Chine, toutes choses que Pékin redoutait et refusait.

Pourquoi Pékin choisit-il désormais de rendre prochainement le yuan convertible ?

Essentiellement parce que depuis 2005 et plus nettement encore depuis 2008, Pékin multiplie les initiatives pour détrôner le dollar de son statut privilégié de monnaie du monde en sorte que ce soit sa monnaie, le yuan, qui à son tour devienne la monnaie du monde.

La Chine a déjà dépassé les Etats-Unis sur le plan industriel (1er rang pour la production manufacturière depuis 2010), sur le plan commercial (1er rang pour les exportations de produits manufacturés, avec 15,4% des exportations mondiales de produits manufacturés en 2011), sur le plan économique (le PIB officiel de la Chine en 2012 est encore inférieur de 20% à celui des Etats-Unis mais son PIB bien calculé dépasse déjà sans doute celui des Etats-Unis) et sur le plan financier (avec ses réserves de change colossales, la Chine est désormais devenue la puissance financière incontournable de la planète).

Dans sa stratégie qui vise à ravir aux Etats-Unis leur hégémonie mondiale, Pékin s’est assigné de longue date de dépasser les Etats-Unis y compris sur le plan monétaire. En clair Pékin s’efforce à ce que le yuan ravisse au dollar son statut privilégié de monnaie du monde.

Quel est l’enjeu ? Muni de sa puissance financière, Pékin marque déjà beaucoup de points face à Washington. C’est Pékin et non plus le FMI ou encore moins Washington qui se trouve désormais sollicité par les gouvernements des pays étrangers quand ils se trouvent en difficulté pour financer leur dette publique et/ou leur dette extérieure ; c’est donc Pékin et non plus Washington qui se trouve en situation de vassaliser les pays de la planète les plus affaiblis. Cela s’était déjà vérifié en 2011 quand Pékin s’était fait prier pour accorder des financements aux pays de l’Europe du sud en détresse.

Cela se vérifie aujourd’hui avec la création à l’initiative de Pékin d’un fonds de solidarité financière pour 100 milliards $ en faveur des BRICS (la Chine contribuant à ce fonds à hauteur de 44 milliards $ à elle seule). De la même façon, Pékin peut se permettre des budgets militaires qui restent très dynamiques et très ambitieux du fait qu’il dispose de réserves de change colossales et croissantes alors même que Washington, enfoncé dans une dette extérieure qui devient vertigineuse, s’est vu obligé de réduire son budget militaire en 2012/2013.

A travers ces deux exemples, on mesure déjà comment, pour s’être assuré la suprématie financière, Pékin bénéficie d’une dynamique géopolitique très favorable. Mais si à sa suprématie financière, Pékin ajoutait maintenant une suprématie monétaire, la dynamique géopolitique évoluerait plus nettement encore en sa faveur.

On oublie trop facilement le privilège dont bénéficient les Etats-Unis, celui d’émettre la monnaie du monde, la monnaie dans laquelle sont facturées et réglées les matières premières qui sont exportées sur la planète, la monnaie que les banques centrales des pays tiers acceptent d’accumuler, en bonne part parce qu’elle constitue un bon d’achat sur les matières premières.

C’est en recourant à ce privilège que les Etats-Unis ont par exemple pu financer sans ambages la guerre des étoiles (qui leur permit de défaire l’URSS) : entre 1980 et 1989, Washington n’eut pas besoin de recourir à une augmentation de la pression fiscale ; les dollars nécessaires furent émis par le système bancaire américain et les banques centrales étrangères s’empressèrent d’accumuler dans leurs caisses, ceux des dollars qui aboutissaient à l’extérieur des Etats-Unis. Washington put ainsi financer sa course aux armements sans douleur fiscale.

Et c’est à nouveau grâce à ce privilège que depuis 2008, les Etats-Unis ont pu solliciter massivement leur planche à billets de la Federal Reserve pour financer leurs énormes déficits budgétaires.

On constate ainsi les multiples avantages que les Etats-Unis retirent du statut privilégié du dollar. Cela n’échappe pas à la vigilance de Pékin. Très logiquement, dans la confrontation croissante qu’il impose aux Etats-Unis, Pékin est bien décidé à enlever aux Etats-Unis leur privilège monétaire pour se l’attribuer.

Depuis 2005 et plus encore depuis 2008, l’axe principal de son offensive consiste à disqualifier le dollar pour convaincre les banques centrales des pays tiers de délaisser le dollar et de diversifier davantage leurs réserves de change.

Dans cette optique, Pékin, aidé par Moscou, a en particulier catalysé le formidable mouvement haussier sur le prix de l’or en dollar. La hausse du cours de l’once d’or de 250 à 1900 $ entre début 2001 et début 2011 était un formidable camouflet infligé au dollar : elle constituait pour Pékin un formidable argumentaire pour affirmer, devant les banques centrales des pays tiers, que le dollar ne méritait plus de rester la monnaie de réserve du monde.

La Federal Reserve et la Maison Blanche ne s’y sont pas trompées. Cette hausse de l’or devenait très embarrassante et très inquiétante pour le statut du dollar. C’est en bonne part pour cette raison que selon nous ils précipitent, plus vite qu’anticipé, le retrait progressif des Etats-Unis de la planche à billets. Les premières annonces en cette matière datent du 10 avril 2013 quand le prix de l’or était encore à 1.577 $. Dans les deux séances qui suivirent, l’or chuta de 8%. La confirmation du plan de la Federal Reserve au fil des semaines finit même par ramener le prix de l’or à 1.200 $ le 19 juin. Depuis, l’or s’est un peu renchéri mais ne parvient plus à casser durablement la barre de 1.400 $.

Pour le moment, pour avoir ainsi réussi à ramener en 30 mois le prix de l’once d’or de 1.900 à 1400 $, les autorités américaines marquent un point important contre Pékin et sont peut-être en train de mettre en échec l’offensive chinoise sur le front de l’or. Parce que la monnaie du monde constitue un enjeu décisif, la Chine contre-attaque. Puisque les Etats-Unis sont décidés à résister et à protéger le statut privilégié du dollar, Pékin se décide à jouer un atout majeur : il annonce, plus tôt qu’anticipé, un plan de passage du yuan inconvertible au yuan convertible.

Jusqu’à présent, Pékin opposait seulement l’or au dollar. Désormais, Pékin proposera aux banques centrales des pays tiers, une deuxième alternative concrète au dollar, celle du yuan convertible.

La longue bataille pour la monnaie du monde entre dans une nouvelle phase.

Antoine Brunet

IRIB

Via Cameroon Voice

L’Occident détrôné – Paul Craig Roberts


Tribune libre Byblos

BRICS_leaders_G20_2013« Le cours évolutif du progrès européen pendant ces trois cents dernières années pourrait se résumer à seulement quatre mots: égoïsme, massacres, impudeur et corruption. »
Yan Fu

Il n’a fallu que 300 ans au reste du monde pour saisir tout le mal qui se cache derrière la «civilisation occidentale», ou peut-être l’émergence de nouvelles puissances dignes de confiance pour voir l’évidence. Quiconque doute de la responsabilité de l’Amérique dans le chaos actuel devrait lire The Untold History of the United States par Oliver Stone et Peter Kuznick.

Le «nouveau siècle américain» proclamé par les néo-conservateurs a pris fin brutalement le 6 Septembre à la réunion du G20 en Russie. Les dirigeants de la plupart des peuples du monde ont dit à Obama qu’ils ne le croyaient pas et que ce serait une violation du droit international si le gouvernement américain attaquait la Syrie sans l’autorisation de l’ONU.

Poutine a dit aux dirigeants du monde réunis que l’attaque aux armes chimiques était «une provocation de la part des insurgés armés dans l’espoir d’une aide de l’extérieur, par les pays qui les ont soutenus dès le premier jour. » En d’autres termes, Israël, l’Arabie Saoudite, et Washington, l’axe du mal.

La Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Indonésie et l’Argentine ont rejoint Poutine en affirmant qu’un dirigeant qui commet une agression militaire sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU se met « en dehors de la loi. »

En d’autres termes, si vous défiez le monde, Obama, vous êtes un criminel de guerre.

Le monde entier attend de voir si le lobby pro-israélien peut pousser Obama dans le rôle du criminel de guerre. Beaucoup parient qu’Israël l’emportera sur le faible président américain, un individu dénué de tout principe. Il y a quelques dizaines d’années avant que les américains ne deviennent un troupeau de moutons, l’un des derniers résistants américains, l’amiral Tom Moorer, chef des opérations navales et de l’Etat-Major des Armées, a déclaré publiquement « qu’aucun président américain ne peut résister à Israël ». Le plus haut gradé de l’Amérique ne pouvait pas obtenir une enquête honnête sur l’attaque israélienne contre l’USS Liberty.

Nous attendrons encore longtemps avant de voir un président américain résister à Israël. Ou le congrès. Ou un média.

Le régime Obama a tenté de contrer sa défaite fracassante au sommet du G20 en forçant ses Etats fantoches à signer une déclaration commune condamnant la Syrie. Toutefois, les États fantoches ont nuancé leur position en déclarant qu’ils s’opposaient à une action militaire et attendaient le rapport de l’ONU.

La plupart des supporters achetés-et-payés d’Obama sont impuissants, sans envergure. Par exemple Obama compte le Royaume-Uni comme un des pays le soutenant, en raison de l’appui personnel du discrédité Premier ministre britannique, David Cameron, malgré le fait que celui-ci ait été désavoué par le Parlement britannique lors d’un vote qui interdit la participation britannique à un autre des crimes de guerre de Washington. Ainsi, bien que Cameron ne puisse pas amener le peuple et le gouvernement britannique avec lui, Obama compte le Royaume-Uni parmi ses partisans. De toute évidence, il s’agit d’un comptage désespéré du nombre de « pays qui le soutiennent ».

Le gouvernement fantoche turc, qui a tiré sur ses citoyens qui manifestaient pacifiquement dans les rues, sans protestation d’Obama ou du lobby pro-israélien, soutient « la responsabilité de la Syrie », mais pas la sienne, bien sûr, ni celle de Washington.

Les États fantoches du Canada et de l’Australie, des pays impuissants, n’ayant pas une once d’influence dans le monde, se sont précipités pour offrir leurs services à leur maître Washington. Le souci majeur des gouvernements Canadien et Australien est d’avoir une récompense de Washington.

Le décompte d’Obama inclut également le soutien du Japon et de la République de Corée, deux autres pays dépourvus de toute influence diplomatique et sans aucun pouvoir. Le Japon, impuissant, est sur le point d’être détruit par la catastrophe nucléaire de Fukushima, pour laquelle il n’a pas de solution. Comme les fuites radioactives se propagent dans l’aquifère sur lequel Tokyo et ses environs comptent, le Japon est confronté à la possibilité d’avoir à déménager 40 millions de personnes.

L’Arabie saoudite, impliquée dans le transfert aux rebelles d’Al-Nusra des armes chimiques utilisées dans l’attaque, soutient Washington, sachant que par ailleurs sa tyrannie est grillée. Même les néo-conservateurs menés par l’hystérique conseillère à la sécurité nationale d’Obama, Susan Rice, veulent renverser les Saoudiens.

Obama prétend également avoir le soutien de la France et de l’Allemagne. Toutefois, tant Hollande que Merkel ont indiqué clairement qu’une solution diplomatique, et non la guerre, était leur premier choix et que le résultat repose sur l’ONU.

En ce qui concerne le soutien de l’Italie et de l’Espagne, ils espèrent être récompensés avec la Réserve Fédérale qui imprimerait  assez d’argent pour renflouer leurs économies endettées afin que les deux gouvernements ne soient pas renversés par la rue pour leur acceptation du pillage de leur pays par les banksters internationaux. Comme tant d’autres gouvernements occidentaux, ceux de l’Italie et de l’Espagne, et, bien sûr, de la Grèce, soutiennent les banksters internationaux, et non leurs propres citoyens.

Le président de la Commission européenne a déclaré que l’Union européenne, en tant que pouvoir central au-dessus de la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, et l’Espagne, ne soutient pas de solution militaire à la crise syrienne. « L’Union européenne est certaine que les efforts devraient viser à un règlement politique », a déclaré José Manuel Barroso aux journalistes lors de la réunion du G20. L’UE a le pouvoir de délivrer des mandats d’arrêt contre les chefs de gouvernements de l’UE qui participent à des crimes de guerre.

Ce que cela révèle, c’est que le soutien derrière le menteur Obama est faible et limité. La capacité des pays occidentaux à dominer la politique internationale a pris fin lors de la réunion du G20. L’autorité morale de l’Occident a complètement disparu, brisée et érodée par les innombrables mensonges et des actes éhontés d’agression basés uniquement sur des mensonges et des intérêts personnels. Il ne reste rien de «l’autorité morale» de l’Occident qui n’a jamais été autre chose qu’une couverture pour l’intérêt personnel, l’assassinat, et le génocide.

L’Occident a été détruit par ses propres gouvernements, qui ont raconté trop de mensonges égoïstes, et par ses sociétés capitalistes, qui ont délocalisé les emplois et la technologie de l’Occident vers la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Brésil, privant les gouvernements occidentaux de recettes fiscales et de soutien à leurs citoyens.

Il est difficile de savoir si les citoyens de l’Ouest détestent moins leurs gouvernements corrompus que les musulmans, dont la vie et les pays ont été dévastés par l’agression occidentale, ou les citoyens des pays du Tiers Monde qui ont été appauvris et pillés par les organismes financiers prédateurs appartenant au Premier Monde.

Les gouvernements occidentaux idiots ont surestimé leur influence. Il n’y a aucune chance pour que l’hégémonie américaine, rêve fantaisiste des néo-conservateurs, s’exerce sur la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Amérique du Sud, et l’Iran. Ces pays peuvent mettre en place leur propre système de paiements et de finances international et abandonner le standard du dollar quand ils le voudront. On se demande pourquoi ils attendent. Le dollar américain est imprimé en quantités incroyables et n’est plus qualifié pour être la monnaie de réserve mondiale. Le dollar américain est au bord de la dévalorisation totale.

Le sommet du G20 a clairement indiqué que le monde ne veut plus accompagner les mensonges de l’Occident et ses méthodes meurtrières. Le monde a saisi ce qu’est l’Occident. Chaque pays comprend maintenant que les plans de sauvetage proposés par l’Occident ne sont que des mécanismes de pillage des pays sauvés et pour appauvrir le peuple.

Au 21e siècle, Washington a traité ses propres citoyens avec la même façon dont elle traite les citoyens des pays du tiers monde. Des trillions de dollars ont été distribués à une poignée de banques, alors même qu’elles jetaient des millions d’Américains hors de leurs maisons et saisissaient tous les actifs restants des familles brisées.

Les entreprises américaines ont vu leurs impôts réduits à presque rien, quelques-unes ne payant pas d’impôts du tout, alors qu’elles offraient les emplois et les carrières de millions d’Américains à des chinois et à des Indiens. Avec ces emplois sont partis le PIB américain, l’assiette fiscale, et le pouvoir économique, laissant les Américains avec d’énormes déficits budgétaires, une monnaie avilie, et des villes en faillite, comme Detroit, qui était autrefois la puissance manufacturière du monde.

Dans combien de temps Washington abattra-t-il ses propres sans-abri, ses affamés, et ses citoyens manifestant dans les rues?

Washington représente Israël et une poignée de puissants intérêts privés organisés. Il ne représente personne d’autre. Washington est un fléau pour le peuple américain et une peste pour le monde.

http://rt.com/news/g20-against-syria-strike-527/

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/07/the-west-dethroned-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120 Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Brésil – subversion : Un processus Orange est-il en cours au Brésil ?


Demonstrators march during one of the many protests around Brazil's major cities in BelemCa ne rate jamais. Où nous sommes incorrigiblement bêtes, ou il faudrait admettre que nos réactions face à certains évènements ne peuvent relever que du réflexe primaire. Voilà des décennies que l’on nous sert le même plat et nous n’arrivons toujours pas à le reconnaître et à l’identifier.

Combien y a-t-il eu de mouvements ‘’populaires’’ durant ces 30 dernières années ? Des tas. Combien parmi ces mouvements étaient manipulés ? Presque tous.  Ça devrait, quand même donner envie de réfléchir devant tout nouveau mouvement, non ? Au lieu de cela, tout le monde se précipite pour le soutenir, sans d’ailleurs en connaître plus que ce que disent les slogans, au nom d’idées fourre-tout  du style : le peuple est toujours opprimé, le ras- le-bol populaire devant les injustices, les 99% contre les 1%, etc. Personne ne se dit que quand le petit million de brésiliens dans la rue arrivera à faire sauter le pouvoir, ce sont les 1% de Wall Street qui vont se frotter les mains car ils vont pouvoir récupérer tout ce que les Chavez, les Lula avaient réussi à mettre à l’abri.

Voici deux textes qui présentent ce qui se passe au Brésil de manière légèrement différente de ce qu’on lit un peu partout en Occident, y compris dans les médias dits alternatifs.

Avic

Brésil – subversion : Un processus Orange est-il en cours au Brésil ?

Les événements en cours au Brésil ont tout d’un  » processus Orange « 
1- Les manifestations visent désormais un renversement du pouvoir présidentiel [ lien ] et de certains gouverneurs et d’ailleurs le slogan [ en Anglais ] [ lien ] est  » C’est pour beaucoup plus que 20 cents « 
2- Le processus est clairement factieux puisqu’il vise à la prise des centres du pouvoir , comme le Congrès,  par la force sur le modèle de l’attaque contre les parlements Géorgiens et Moldaves .
3- Il s’appuie principalement à SP , RJ , BR et BH sur une – autoproclamée –  » élite urbaine blanche  » mondialisée . Les manifestants sont pour la grande majorité des jeunes blancs diplomés , étudiants ou exerçant des professions libérales  . Beaucoup d’entre eux possédent d’ailleurs une voiture et n’utilisent pas les transports en commun , mettent leurs enfants dans des écoles privées et ont une sécurité sociale privée . Le caractère majoritairement  » blanc  » des  manifestations est assez intéressant alors que le Brésil s’est déclaré comme une nation métisse lors du dernier recensement . Par contraste , les forces de maintien de l’ordre apparaissent plus basanées et multicolores que les manifestants et appartiennent à une catégorie sociale moins privilégiée . Les soutiens de ces manifestants parmi la diaspora [ Berlin , Boston , Rome , Paris ,… ]  sont à la limite de la caricature d’une caricature : L’un des organisateurs à Rome de la mobilisation en France  est un étudiant en sciences de la communication de …..32 ans . Cette diaspora est selon les profils FB [ lien ]  que j’ai pu consulter exclusivement  » blanche  » ! Il y a donc bien un aspect racial dans cette  » révolte populaire  » qu’il ne faut pas éluder même si l’usage de ce terme est nié par par nos législateurs ! Le soutien Pavlovien , vertébro-rachidien même , d’une partie de la gauche Française à  ce type de manifestations n’en est que plus savoureux à apprécier . [ lien ]
4- Sur ce groupe principal viennent s’agglutiner les traditionnels casseurs constitués par les groupes et les partis Trotskystes comme le PSOL . Ce sont eux qui sont responsables des  » débordements  » parfaitement planifiés . Un rapport des services de renseignements – section P2 – de la Policia Militar de SP montre que des militants du PSOL ont recruté des « punks à chien  » pour s’attaquer aux commerces et incendier les véhicules . [ lien vers article ] Viennent s’y ajouter désormais des membres de groupuscules suprémacistes Blancs [ Rio hier soir ] . Une fois de plus on s’étonnera de cette coexistence pacifique entre Trotskystes et nervis suprémacistes Blancs !  Des manifestants interpellés à Brasilia ont reconnu avoir reçu  des sommes de R$ 30 à R$ 250 pour transporter des pneus destinés à être brûlés . [ lien ]   
5- Le mouvement  » populaire  » est désormais soutenu par la PIG – Partido da Imprensa Golpista – comme Veja .C’est la presse qui soutient l’alignement libéral ( en économie ) et Atlantiste ( en POLEXT ) du Brésil .Ces attaques dans la presse Brésilienne coïncident avec une vague d’articles hostiles à la politique économique du gouvernement Brésilien dans la presse Occidentale , FT – Beyhond BRICS -, The Economist et Le Monde . [ lien ]
Deux commentaires :
5- Dilma Rousseff fait preuve d’une cécité politique peu commune en désavouant son ministre des sports sur la necessité de réprimer par la force les manifestations  lorsque c’est nécessaire . [ lien ]
6- Des éléments de l’armée sont intervenus hier à Brasilia pour protéger la résidence présidentielle [Planalto ]  alors que les émeutiers investissaient le Congrès . [ lien ] C’est  assez savoureux quand on connait le passé de Dilma Rousseff et les processus en cours de  » mémouâre  » au Brésil cad de dénigrement de l’institution des forces armées à l’aune des  » événements  « des années 1964-1984 .[ lien ] Les ordres qui seront donnés par le général José Elito Carvalho Siqueira [ lien ] en cas de nouveaux troubles à Brasilia seront déterminants pour l’avenir politique du Brésil et la survie politique de Dilma Rousseff . A Belo Horizonte l’armée est descendue dans la rue pour assurer la sécurité des installations sportives et le bon déroulement de la Coupe des Confédérations . [ lien ] 

En tout état de cause , Dilma Rousseff ne doit pas regretter ses propos élogieux sur l’action des forces armées le 19 avril dernier ! [ lien ] [ lien ]

Photo : La réalité  » populaire   » de ces manifestations . Une étudiante Pauliste de race blanche de la classe moyenne supérieure .

9eiyvtj5jkmvux0veoxi1v5dd

IMAGEM_NOTICIA_5

Brésil – Subversion : Des punks recrutés par le PSOL pour les manifestations .

Les manifestations qui se déroulent actuellement au Brésil dans certaines grandes cités Brésiliennes , dont São Paulo , contre l’augmentation des tarifs des transports en commun ne seraient pas si  » spontanées  » que cela , en particulier dans les affrontement avec les forces de l’ordre , les destructions de commerces et les incendies de véhicule .

Selon un rapport des services de renseignement – P2 ou les  » Renseignements Généraux  » –  de la Policia Militar le PSOLPartido Socialismo e Liberdade , une dissidence  » front de gauche «  du PT – recruterait des  » punks à chien  » pour créer des incidents au cours des manifestations , provoquer la radicalisation des manifestants et déstabiliser le maire PT Fernando Haddad et le gouverneur PSDB Geraldo Alckmin . [ lien ]

Ces actions violentes seraient aussi destinées à entrainer les forces de sécurité urbaines Brésiliennes dans le cycle de la répression .

Des agents de la section P2 infiltrés au sein des groupuscules subversifs  indiquent que le PSOL n’agirait pas en tant que parti mais que cette subversion serait le fait de militants agissant en tant qu’électrons libres .

Le rapport parle d’actions de  » guérilla urbaine  » et lie l’action ultra-violente des punks et anarchistes Brésiliens aux stratégies des black-blocs en Europe . Le rapport de la police dissocie ces actions violentes de groupuscules extrémistes du mouvement citoyen Movimento Passe Livre qui réclame une réduction des tarifs de transport de R$ 3,20 à R$ 3,00 . Le rapport signale que les  » intentions [ du mouvement ] sont sincères  » mais comme ce mouvement refuse tout leadership il permet ce genre de dérives violentes .

Il faut ici noter que le PSOL s’est associé ces dernières années aux actions subversives contre la promulgation du Code Forestier et surtout aux actions de force contre la construction de l’usine hydroélectrique de Belo-Monte . Dans le deuxième cas , l’ ABIN –  Agência Brasileira de Inteligência – a montré la présence dans le financement des organisations qui s’opposent à la construction du barrage d’entités étrangères .[ relatório de inteligência no. 251/82260, de 9 de maio de 2011] [ lien ]  [ lien ]

Il est donc tout à fait licite de se poser dés à présent la question d’un lien éventuel entre certaines puissances occidentales et les dérives violentes constatées lors des manifestations contre l’augmentation des transports urbains au Brésil .On notera ainsi  que les manifestants , mêmes les  » pacifiques  » , montrent des slogans écrits en Anglais , c’est à dire à destination du mainstream global et non pas de la population Pauliste … * Le mouvement bénéficie ainsi d’un appui de la diaspora Brésilienne qui ne cache pas le caractère politique , même dans le cadre d’un agenda de changement de régime [ lien ] , de son appui  [ lien ] Ces violences rentreraient alors dans le cadre d’une stratégie globale de déstabilisation de la candidature de Dilma Rousseff en 2014 .

Le PSOL est aussi le principal vecteur politique de la subversion LGBT au Brésil , allant jusqu’ à réclamer la prise en charge par l’état des opérations de changement de sexe et la reconnaissance de la transexualité . [ lien ]

*Os protestos na saida dos estádios seriam ainda mais interessantes se os torcedores estrangeiros (se é que tem algum estrangeiro assistindo essa mini-copa no estádio) ou a mídia desses países recebessem panfletos na língua das seleções que acabaram de jogar, contendo explicações sobre os protestos. [ commentaire d’une activiste Parisienne ]

Psol_ziraldo

 

Brésil-Manifs3

 

Manifs-Brésil1

Manifs Brésil2

 

Source : http://zebrastationpolaire.over-blog.com/

Le monde en 2030


le-monde-en-2030-selon-la-ciaTous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux Etats-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde. Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des Etats-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).

Le document confidentiel que le président Barack Obama a trouvé sur son bureau de la Maison Blanche le 21 janvier dernier lorsqu’il a entamé son second mandat vient de paraître sous le titre Global Trends 2030. Alternative Worlds (Tendances mondiales 2030 : nouveaux mondes possibles) [1]. Que nous dit-il ?

Le constat principal est : le déclin de l’Occident. Pour la première fois depuis le XVe siècle, les pays occidentaux perdent du pouvoir face à la montée des nouvelles puissances émergentes. Commence la phase finale d’un cycle de cinq siècles de domination occidentale du monde. Même si les Etats-Unis demeureront l’une des principales puissances planétaires, ils perdront leur hégémonie économique en faveur de la Chine. Ils n’exerceront plus leur « hégémonie militaire solitaire » comme ils le font depuis la fin de la Guerre froide (en 1989). Nous allons vers un monde multipolaire dans lequel les nouveaux acteurs (la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie, l’Afrique du Sud) ont vocation à constituer de solides pôles régionaux et à disputer la suprématie internationale à Washington et à ses alliés historiques (Royaume Uni, France, Allemagne, Japon). Pour avoir une idée de l’importance et de la rapidité du déclassement occidental qui s’annonce, il suffit de souligner ces chiffres : la part des pays occidentaux dans l’économie mondiale passera de 56 % aujourd’hui à 25 % en 2030… En moins de vingt ans, l’Occident perdra plus de la moitié de sa prépondérance économique… L’une des principales conséquences de cela c’est que les Etats-Unis et leurs alliés n’auront probablement plus les moyens financiers d’assumer le rôle de gendarmes du monde… De sorte que ce changement structurel (aggravé par la profonde crise économique actuelle) pourrait réussir là où l’Union soviétique et Al-Qaïda ont échoué : à savoir, l’affaiblissement durable de l’Occident.

Selon ce rapport de la CIA, la crise en Europe durera au moins une décennie, soit jusqu’en 2023… Et, toujours selon cette étude, il n’est pas certain que l’Union européenne réussira à maintenir sa cohésion. Entretemps  l’émergence de la Chine se confirme comme deuxième économie du monde qui deviendra bientôt la première. Simultanément, les autres pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud) s’installent en deuxième ligne et entrent en compétition directe avec les anciens empires dominants du groupe JAFRU (Japon, Allemagne, France, Royaume Uni).

En troisième ligne apparaissent désormais une série de puissances intermédiaires avec des démographies à la hausse et de forts taux de croissance économique, appelées à devenir également des pôles hégémoniques régionaux et avec tendance à se constituer en groupe d’influence mondiale, le CINETV (Colombie, Indonésie, Nigéria, Ethiopie, Turquie, Vietnam).

Mais d’ici à 2030, dans le Nouveau système international, quelques unes de plus grandes collectivités du monde ne seront plus des pays mais de communautés rassemblées et reliées entre elles par Internet et les réseaux sociaux. Par exemple, « Facebookland » : plus d’un milliard d’usagers… ou « Twitterland » : plus de 800 millions… Dont l’influence dans le jeux de trônes de la politique mondiale pourrait être décisif. Les structures de pouvoir vont se disséminer en raison de l’accès universel à la Toile et à l’usage des nouveaux outils numériques.

A cet égard, le rapport de la CIA annonce l’apparition de tensions entre les citoyens et certains gouvernements ; tensions que plusieurs sociologues qualifient de « post-politiques » ou « post-démocratiques »… D’un côté, la généralisation de l’accès à Internet et l’universalisation de l’usage des nouvelles technologies vont permettre aux citoyens d’élargir le champ de leurs libertés et de défier leurs représentants politiques (comme ce fut le cas lors des « printemps arabes » ou de la crise des « indignés »). Mais, en même temps, selon les auteurs du rapport, ces mêmes outils électroniques vont procurer aux gouvernements « une capacité sans précédent de surveiller leurs citoyens » [2].

« La technologie – ajoutent les analystes de Global Trends 2030 – continuera d’être le grand critère de différentiation des Etats, mais les futurs empereurs d’Internet, semblables à ceux de Google ou de Facebook, posséderont des montagnes entières de données et manipuleront en temps réel beaucoup plus d’informations que les Etats  ». C’est pourquoi la CIA recommande à l’Administration des Etats-Unis qu’elle se prépare à affronter les grandes entreprise privées qui contrôlent Internet en activant le Special Collection Service [3], un service d’intelligence ultra-secret – qui dépend conjointement de la NSA (National Security Agency) et le SCE (Service Cryptologic Elements) des forces armées – spécialisé dans la captation clandestine d’informations d’origine électro-magnétique. Si un groupe d’entreprises privées venait à contrôler la masse de données qui circule sur Internet, il pourrait conditionner le comportement d’une grande partie de la population mondiale, voire même des entités gouvernementales. La CIA craint aussi que le terrorisme djihadiste soit remplacé para un cyberterrorisme encore plus effroyable.

Le rapport prend d’autant plus au sérieux ce nouveau type de menace que, en définitive, le déclin des Etats-Unis n’a pas été provoqué par une agression extérieure mais par une cause interne : la crise économique survenue en 2008 après la faillite de la banque Lehman Brothers. Les auteurs estiment que la géopolitique contemporaine doit prendre en compte des nouveaux phénomènes qui n’ont pas forcément de caractère militaire. Car, même si les menaces militaires n’ont pas disparues (cf. les affrontements armées en Syrie, les menaces concernant l’Iran ou la récente gesticulation nucléaire de la Corée du Nord), les dangers principaux que courent aujourd’hui les sociétés sont de type non-militaire : changement climatique, conflits économiques, crime organisé, guerres électroniques, nouvelles pandémies, épuisement des ressources naturelles…

Sur ce dernier aspect, le rapport signale qu’une des ressources qui s’épuise le plus rapidement est l’eau douce. En 2030, 60 % de la population mondiale connaîtra des problèmes d’approvisionnement en eau, ce qui pourrait donner lieu à des « conflits hydriques »… Concernant les hydrocarbures, en revanche, la CIA se montre beaucoup plus optimiste que les écologistes. Grâces aux nouvelles techniques (fort polluantes) de fracturation hydraulique, l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste devrait atteindre des niveaux exceptionnels. Les Etats-Unis seraient déjà autosuffisants en gaz, et ils le seront, en 2030, en pétrole. Ce qui fait baisser ses coûts de production manufacturière et encourage la relocalisation de ses industries de main d’œuvre. Mais si les Etats-Unis – principaux importateurs mondiaux d’hydrocarbures – cessent d’importer du pétrole, les prix du baril s’effondreront. Quelles seraient alors les conséquences pour les actuels pays exportateurs ?

Dans le monde de demain, 60 % des personnes vivront, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, dans les villes. D’autre part, conséquence de la réduction accélérée de la pauvreté, les classes moyennes deviendront dominantes et le nombre de personnes qui en feront partie sera multiplié par trois passant de 1 milliard à 3 milliards. C’est une révolution colossale. Qui provoquera, entre autres conséquences, un changement général des habitudes culinaires ; notamment une augmentation de la consommation de viande à l’échelle planétaire. Ce qui va aggraver la crise environnementale. Parce qu’il faudra augmenter considérablement l‘élevage (de bovins, d’ovins, de porcs et de volailles). Et cela supposera une explosion de la consommation d’eau (pour produire les fourrages), d’énergie et de l’usage de fertilisants. Avec des dérivations négatives en termes d’effet de serre et de réchauffement global…

Le rapport prévoit également que, en 2030, les habitants de la planète seront 8,4 milliards, mais que l’augmentation démographique cessera partout à l’exception de l’Afrique. Il y aura donc un vieillissement général de la population mondiale. En revanche, la relation entre l’être humain et les « technologies prothétiques » va accélérer la mise au point de nouvelles générations de robots et l’apparition de « surhommes » capables de prouesses physiques et intellectuelles inédites.

Le futur est rarement prévisible. Il ne faut pas pour autant cesser de l’imaginer en termes de prospective. Et de nous préparer à agir face à diverses circonstances possibles dont une seule se produira. Même si (nous l’avons déjà dit) la CIA possède son propre point de vue subjectif sur la marche du monde, et que ce point de vue est conditionné par l’impératif de la défense des intérêts des Etats-Unis, ce rapport constitue un outil de travail extrêmement utile. Sa lecture nous aide à prendre conscience des rapides évolutions en cours et à réfléchir sur la possibilité, pour chacun d’entre nous, d’intervenir et d’agir pour infléchir le cours des choses. Afin de contribuer à construire un futur plus juste.

Ignacio Ramonet

Notes

[1]   http://www.dni.gov/index.php/national-intelligence-council-global-trends. Paru en français sous le titre : Le Monde en 2030 vu par la CIA, Editions des Equateurs, Paris, 2013.

[2]  Dans ce même esprit de mise en garde, lire Julian Assange (avec Jacob Appelbaum, Aandy Mûller-Maghun et Jérémie Zimmermann), Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne ; comment résister (Robert Laffont, Paris, 2013). Lire aussi : Christophe Ventura, « Julian Assange et la surveillance de masse », Mémoire des luttes, 1er février 2013. http://www.medelu.org/Julian-Assange-et-la-surveillance

[3]   http://en.wikipedia.org/wiki/Central_Security_Service

Source : Mémoire des luttes

« Le Sud émerge »


par Pepe Escobar

LesSudIl n’est pas si farfelu d’imaginer « L’Ange de l’histoire » de Walter Benjamin succomber à la tentation, et soulignant que l’heure de l’hémisphère sud est enfin venu.

Oh oui, ce sera un long, ardu et tortueux chemin. Mais si la génération Google/Facebook a besoin seulement d’un manuel détaillant l’étoffe des rêves, des épreuves et des tribulations du monde en développement au début du 21e siècle, ce serait celui-là, Vijay Prashad vient de publier The Poorer Nations : A Possible History of the Global South . (Les nations pauvres).

Lire la suite « Le Sud émerge »

Le lièvre américain et la tortue chinoise, une fable à l’échelle planétaire


Par René Naba

chine-afrique

Chine-Afrique : 1/4

Paris-Le nouveau président chinois Xi Jinping chinois a réservé à l’Afrique son premier déplacement officiel, dans une démarche symbolique qui illustre la vivacité de la rivalité sino occidentale sur le continent noir et la prépondérance que la Chine y a prise au détriment de ses deux anciens maitres, le Royaume Uni et la France, qu’elle a supplantée en deux décennies.

Lire la suite Le lièvre américain et la tortue chinoise, une fable à l’échelle planétaire

« La nouvelle ruée vers l’Afrique bat son plein »


Interview de Raf Custers

Mineurs AfriqueDepuis l’époque coloniale, ceux qui cherchent des matières premières peuvent faire ce qu’ils veulent en Afrique, pratiquement sans entrave. Après la décolonisation, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont affaibli bon nombre d’États en leur imposant des réformes structurelles. Aujourd’hui, toutefois, certains gouvernements africains tentent de résister.

Lire la suite « La nouvelle ruée vers l’Afrique bat son plein »

BRICS : un nouveau système en marche


BRICS-DurbanLes pays sous-développés n’existent plus. Cette expression qui désignait globalement les pays du Sud, a été discrètement mise au rencart, emportant avec elle toutes les connotations qu’elle renfermait.  Dans les années 80, comme pour récompenser ces pays d’avoir courageusement supporté leur ancienne dénomination et d’avoir résolument choisi le chemin du libéralisme imposé par le FMI, on décida de leur octroyer le terme « en voie de développement ». Leur situation n’avait en rien changé, pour la plupart, mais leur nouveau nom entretenait un certain espoir. Ils restaient toujours dans un tiers-monde déshérité et mal délimité, mais avec une petite lueur d’espoir au bout.

Lire la suite BRICS : un nouveau système en marche