Archives du mot-clé chutzpah

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

***

Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

***

Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

Les navires de guerre chinois au large de Long Island


le-porte-ac3a9ronefs-chinois-liaoningPar Norman POLLACK

Flash! Président Xi, de Chine, dans une déclaration faite dans Foreign Affairs, a annoncé sa stratégie Atlantique attendue depuis longtemps, dans laquelle un groupe de combat de gros porte-avions sillonneront les eaux de Portsmouth à Charleston, prévue pour débuter dès la signature d’un traité de sécurité mutuelle avec les Bermudes, où les porte-avions sont actuellement à quai, avec des bombardiers à long rayon d’action dotés de capacités nucléaires. Ce «pivot», qui a nécessité des moyens militaires importants et des initiatives diplomatiques (y compris l’offre de manœuvres conjointes), présente un nouveau cadre de pénétration régional et de concept géopolitique, et est le résultat de réunions ultrasecrètes des conseillers de sécurité nationale de Xi avec la crème des experts du renseignement issus des services de renseignement,  le NSA et la CIA chinois, organismes qui ont reçu carte blanche par le président pour agir dans le cadre de sa doctrine de guerre permanente. Certains experts de la défense chinois sont sceptiques en ce sens qu’ils préfèreraient une confrontation plus directe plutôt que le résultat d’une politique de confinement largement interprétable, point de vue avec  lequel le président lui-même se trouve en accord. Mais toutes les parties de l’establishment civilo-militaire sont d’accord pour dire qu’une posture de guerre est bonne, et peut-être nécessaire, tant pour assurer la conformité interne que de fournir un stimulus économique pour éviter la stagnation et conjurer la récession. Xi a beaucoup de chances  d’avoir un organe parlementaire complaisant avec lequel travailler, patriotique et réactionnaire dans l’âme, entièrement soumis aux politiques d’intervention, d’assassinats ciblés, d’espionnage domestique, laxiste quant à la non-existence de protocole réglementaire pour favoriser les monopoles, surtout, peut-être, une capacité –encore un  peu rudimentaire – d’avoir une vision de la contre-révolution universelle à géométrie variable, en commençant déjà par mettre les Etats-Unis au pas, c’est-à dire leur faire  accepter le leadership et l’orientation de la Chine dans les affaires mondiales.

Cela vous semble familier? J’ai simplement pris la stratégie d’Obama  pour le Pacifique et inversé l’imagerie pour suggérer, plutôt, ce que les Etats-Unis ont fait à l’égard de la Chine, vis-à-vis de laquelle une attitude conflictuelle aux niveaux  militaire, diplomatique, économique et idéologique, tout en un, a été adoptée par les Etats-Unis pour la contenir, l’isoler, et, dans la mesure où elle est considérée comme une formation étatiste, la libérer, de sorte qu’elle sera libre de profiter des fruits du capitalisme à l’américaine, ce qui se traduira, en terme grandiose, par l’expression « l’interventionnisme humanitaire libéral ». La spécialité d’Obama, qui combine les politiques de  « guerre juste » de Brennan, la rhétorique de Rhodes, la nouvelle vitrine interventionniste avec les nominations de Rice et de Power, l’élargissement de la mission et de la juridiction de la CIA, c’est, sans vergogne, la domination mondiale, comme par droit divin, ou à tout le moins, la preuve auto-confirmée de l’Exceptionnalisme Américain, couplé avec une cuillerée d’armement nucléaire modernisé et l’utilisation des forces paramilitaires (JSOC : Joint Special Operations Command) à l’appui du système.

La domination mondiale n’est pas nécessairement de type hitlérien, difficilement concevable pour le lauréat du Prix du Nobel de la paix, même si des choses étranges se sont produites. Malgré tous les efforts pour comprendre la psychologie d’Obama, il a à ce jour, et de façon experte, réussi à se dérober à l’analyse. Mais nous avons un dossier, non pas, comme ses partisans espèrent, un faisceau de contradictions que l’on peut facilement passer à la trappe (par exemple, l’obstructionnisme républicain), mais une direction unitaire: pro-intervention, pro-riches, anti-environnement, anti-régulation, et, si son dossier sur l’allégement de l’hypothèque, la création d’emplois, et, en général, le réseau de sécurité sociale est une indication, on peut rajouter anti-pauvres, anti-ouvriers, tous confondus, un élitisme assez méprisable imprégné de valeurs militaro-autoritaires de la hiérarchie sociale et économique et un fondamentalisme de marché puriste qui reflète l’accumulation sans entrave des richesse. Ce noble ensemble de vertus doit être défendu à tout prix, non seulement contre la Chine, mais aussi contre les citoyens américains à l’intérieur, et pour Obama, la meilleure défense, après la puissance militaire, est le secret du gouvernement. Pas de domination à la Hitler, donc, mais une auto-pacification intérieure. Comment? Une technique consiste à créer les conditions pour que le corps politique suspecte tout ce qui est radical (pas nécessairement le collectivisme marxiste, mais tout simplement, la remise en cause de l’autorité, que ce soit sur la politique de guerre ou les passe-droit des compagnies pétrolières, et la liste est longue…).

De plus en plus, le gouvernement Obama fait l’amalgame entre radicalisme et terrorisme. Son atout est d’insuffler aux américains une psychologie de guerre qui permet non seulement la «guerre contre le terrorisme», mais aussi sa stratégie pour le Pacifique et une plus grande présence militaire dans la région. La Chine est terriblement importante pour les objectifs de l’Amérique. Comme au temps de Dulles dans toute sa splendeur, Obama fait un retour en arrière, la Chine étant le défi suprême pour une Amérique éprise de liberté, une référence indirecte au terrorisme conçu comme étant générique et toujours latent. Il ne peut en être autrement, car sinon comment préparer les américains à une politique de ligne dure qui pourrait aboutir à un conflit? En gardant à l’esprit que l’on a une raison pour lier la politique chinoise des Etats-Unis avec la généralisation de la surveillance, et en corollaire, une large pratique de classement à outrance des documents gouvernementaux ; dans les deux cas, un fléchissement impérial de sa politique musclée servira à notifier partout à cors et à cris que les États-Unis ont une place permanente au sommet de la pyramide des puissances mondiales. Dans un sens, à l’intérieur des Etats-Unis, ces manœuvres  psychologiques et idéologiques ne sont pas nécessaires, parce que peu d’Américains critiquent l’hégémonie et les entreprises de leur gouvernement dans le monde. Mais pourquoi prendre des risques? Ainsi, la surveillance est très en vogue, moins pour empêcher une résurgence des mouvements radicaux, que pour favoriser l’internalisation de la conformité (c’est à dire, la discipline sociale).

Les récentes réunions Xi-Obama à Sunnylands était une pièce de théâtre social, une rencontre pro forma qui, en particulier sur la question de la cyberguerre, ne pouvait pas aboutir à des accords alors que, ce jour-là, devait être révélée la cyberguerre d’Obama contre son propre peuple. Nous savons maintenant, si nous ne le savions déjà, qu’il n’a pas facilement honte. Les assassinats ciblés? Rien. Les Budgets de mammouth  pour la défense. Idem. Guantanamo? Que dalle. Disparités extrêmes de richesse et de pouvoir en Amérique? Pas un mot. Mais quand il faut aborder la question de l’affirmation de la Chine dans les affaires internationales, alors que les États-Unis reposent sur un système mondial de bases militaires, restent engagés dans des interventions militaires, ont leur flotte au large des côtes  chinoises ou dans les environs, cela exige beaucoup de cynisme, totalement transparent pour les chinois, qui ne peuvent qu’admirer sa chutzpah. Les États-Unis vont persister dans leur exigence pour la prééminence mondiale, mais la structure du monde est en train de se métamorphoser en un système multipolaire, une décentralisation de la puissance, dans lequel la Chine est une menace à l’hégémonie américaine, mais on peut vivre avec, et qui apparaît être du goût de la Chine, parce que, en l’absence de la suprématie unilatérale américaine régissant le commerce international et l’investissement, la Chine est capable, comme actuellement en Afrique et en Amérique latine, de chercher son propre bien-être – tout comme la Russie, le Japon, l’Union européenne, le Brésil et les pays du Tiers-Monde qui entreprennent leur propre modernisation et industrialisation. L’Amérique dit « NON! » à la marche irrésistible de l’Histoire, et, malgré le militarisme, ou peut-être à cause de cela, est en danger d’être laissée pour compte. Plus d’interventions, plus de surveillance, en fin de compte, plus de « retour du bâton », dans lequel les voix des dépossédés et des victimes seront entendues.

Norman Pollack est l’auteur de The Populist Response to Industrial America” (Harvard) and “The Just Polity” (Illinois), Guggenheim Fellow, et professeur émérite d’histoire, Michigan State University.

Traduction : Avic

Source : http://www.counterpunch.org/