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Vers la mort d’Israël ? De plus en plus de colons quittent la Palestine


2145003707La durée d’Israël en Palestine est essentiellement due à l’idée qu’il était menacé de toute part et qu’il vivait dans une insécurité permanente. D’un autre côté, pour attirer les colons, l’état hébreu fait croire à tous les juifs du monde qu’ils sont partout en danger et que le seul endroit où ils soient en sécurité est la Palestine. Par manque d’informations, il était possible, il y a encore dix ans, de ne pas voir cette contradiction. Mais c’est fini tout ça. Les gens savent que quand une roquette tombe quelque part, il y a bien plus de chance que ce soit plus près de Tel Aviv que de New York, Paris ou Londres. Ils savent également que si un pays est susceptible de recevoir des ripostes  pour avoir effectué des raids contre un voisin c’est plus probablement Israël que tout autre pays dans le monde. Lire la suite Vers la mort d’Israël ? De plus en plus de colons quittent la Palestine

Quand une certaine presse accumule les points de Godwin


pointgodwinIl fallait s’y attendre. L’accord de Genève entre les 5+1 et l’Iran au sujet du nucléaire iranien ne plait pas à tout le monde, surtout pas à Netanyahou et ses affidés. On peut comprendre qu’Israël soit dépité de voir Lire la suite Quand une certaine presse accumule les points de Godwin

Breaking the silence : d’anciens soldats israéliens racontent


Aidez ces jeunes à se faire entendre. Parlez de leur mouvement autour de vous.Les grands changements se font presque toujours de l’intérieur.
Avic

soldats-israéliensTsahal est une armée de conscription. Le service national est obligatoire pour tous les citoyens, hommes et femmes. L’appel sous les drapeaux peut durer jusqu’à trente mois pour les jeunes filles et jusqu’à trente-six mois pour les jeunes garçons. Pour ces derniers, la loi prévoit qu’ils peuvent être appelés à intégrer par la suite le service de réserve à des fins précises, dont l’entraînement en vue d’un état d’urgence, le maintien de la discipline et l’exécution de tâches opérationnelles. Les périodes de réserve peuvent être prolongées si l’état d’urgence est déclaré ou dans certaines conditions particulières.

La plupart des jeunes appelés subissent durant les huit premiers mois de leur service un entraînement très difficile avant de servir, un M-16 en main, dans les territoires occupés. Pour eux, le service militaire ne relève pas seulement du devoir vis-à-vis de l’État d’Israël. C’est aussi un devoir religieux. N’oublions pas que les conscrits sont très majoritairement juifs, les citoyens d’autres religions n’étant pas tenus de servir dans l’armée. Mais ces jeunes appelés ne reviennent parfois jamais totalement indemnes de leur service national. Après le stress des missions à risques et de l’Intifada, certains vont s’éclater en Inde ou en Thaïlande à la recherche de paradis artificiels, se perdant parfois en route… quand d’autres s’occupent de façon plus constructive.

L’association Breaking the silence est composée d’anciens soldats qui n’arrivent pas à vivre avec le poids du mal qu’ils ont infligé aux populations palestiniennes dans les territoires occupés, et qui cherchent un peu de paix intérieure en racontant ce qu’ils ont fait. Des visites guidées sur les lieux mêmes des combats sont même effectuées en autocars à partir de Jérusalem ;  à l’intérieur du véhicule, quarante touristes occidentaux, le chauffeur et l’ex-soldat qui montre les lieux exacts où il opérait. Certains n’hésitent pas à aller à Hébron, malgré les violences perpétrées par les colons israéliens au centre-ville, là où se trouve le tombeau d’Ibrahim (Abraham pour les chrétiens).

La peur et le dégoût se dessinent dans les récits de ces ex-soldats. Les jeunes de 20 ans préfèreraient fréquenter les plages de Tel-Aviv ou aller à l’université plutôt que de se retrouver à blesser d’autres personnes. Pourtant, ils l’ont fait. On leur a enseigné que les musulmans étaient dangereux et qu’ils pouvaient mettre en danger la sécurité d’Israël. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils se retrouvent, à Hébron ou ailleurs, à surveiller les terres que les colons fanatiques arrachent illégalement aux Palestiniens. L’un de ces anciens conscrits a raconté que la bataille médiatique faisait rage… même en temps de paix. Dans un jargon propre à Tsahal, on parle d’attaque « terroriste » lorsque les Arabes sont aux prises avec les Israéliens, mais il s’agit de « litiges » lorsque les colons s’attaquent à ces mêmes Arabes. Israël est plus que jamais le pays des deux poids, deux mesures.

Mais ces jeunes Israéliens de l’association Breaking the silence espèrent changer les choses… Ils ont pourtant fort à faire face à l’actuelle classe politique et aux mentalités de la société israélienne. Beaucoup de ces ex-conscrits sont en effet considérés comme des traîtres, voire comme des lâches, y compris par leurs propres familles. Mais ils sont peut-être les seuls en Israël à pouvoir dire « shalom » sans se renier.

Capitaine Martin

8 mai 1945 : Un témoin raconte ses atroces souvenirs d’enfant


Tribune libre de Djerrad Amar
APS ( in Sétif-info)
 
Idir_setif1-640x320Le moudjahid Mohamed Azzouz, alors étudiant à la zaouïa Hamlaouia de Teleghma, avait 13 ans pendant les massacres du 8 mai 1945 qu’il a vécus auprès des siens à Beni Aziz, au nord-est de Sétif, où 373 personnes périrent ce jour-là, des hommes valides, mais aussi des vieillards, des femmes et des enfants.
« Notre engagement effectif date de ces terribles évènements qui furent insoutenables pour un témoin encore enfant », raconte Mohamed Azzouz que tout le monde, à Béni Aziz, considère comme la mémoire vivante du mouvement national et de la lutte de libération nationale dans cette région.
Ils seront neuf années plus tard quatre de la famille Azzouz à prendre les armes dès le déclenchement de la Révolution. Le père de Mohamed Azzouz et ses deux frères sont tombés au champ d’honneur.
La population, exsangue par l’effort de guerre qui lui a été imposée, était en proie à la famine et au désespoir.
Les cheptels et les réserves de grains ont été réquisitionnés pour l’armée coloniale, alors que les « indigènes » à qui l’on demandait tout, sans rien avoir en contrepartie, sinon des promesses mensongères, vivaient pour la plupart « hors de l’économie monétaire », affirme le vieux moudjahid comme pour couper court aux multiples supputations sur « les causes de ce drame ».
« Nous ne voulions pas nous laisser faire ».
Sétif-INA-MMohamed Azzouz se souvient aussi que beaucoup parmi ceux que les colons appelaient les « bicots », soumis en mai 1945 à un véritable génocide après avoir été spoliés de leurs terres durant plus d’un siècle, n’entendaient pas se laisser faire.
C’est ainsi que des Algériens, excédés par tant de souffrance, de privations et d’exactions, décidèrent de faire payer aux garde-forestiers européens l’atrocité des forces coloniales.
Si Mohamed raconte que Cheikh Tayeb Belhadj avait refusé qu’on éliminât ces garde-forestiers devant chez lui, son fils Abdelhamid exerçant lui-même ce métier.
« C’était un nommé Meroudj, de Fedj M’zala (Ferdjioua, à Mila, ndlr), qui les a amenés du côté de Arb el Oued, avec mon cousin Cheikh Larbi Azzouz qui, condamné à perpétuité, ne sera libéré qu’à l’indépendance », se rappelle ce témoin.
Lorsque l’administrateur d’Ain El Kebira fut tué, Bougdoura, son chauffeur, avait ouvert les portes de son bureau et les gens se sont saisis des fusils qui s’y trouvaient, se remémore ce moudjahid. Amar Bensettar avait pris un mousqueton. Il tire sur les soldats de l’armée coloniale qui arrivent du côté de Benzeghrir. Ces derniers ripostent en bombardant les mechtas et les douars.
La maison de Hadda Azzouz est sur le point d’être brûlée. Elle proteste parce que son fils est militaire, mais finit par être fusillée au pied d’un arbre, tandis que Mabrouk est égorgé et jeté sous le pont.
« J’ai vu ces scènes avec mes yeux d’enfant », dit-il, les yeux dans le vague, avant d’ajouter, après un long silence : « je comprenais néanmoins, malgré mes 13 ans, que beaucoup parmi les gens de Beni Aziz et des régions environnantes voulaient, par ces actions de Fida, exprimer leur révolte devant l’injustice et les massacres perpétrés par l’armée française et ses sbires ».
Massacres, famine, dysenterie et des dizaines d’orphelins.
emeutes_setifLes massacres, mais aussi les privations et la famine étaient légion comme le prouve le cas de H’mama Sbaiaâ qui vient de s’éteindre à Beni Aziz à l’âge de 86 ans, et dont le mari, militant, a été tué le 8 mai 1945. Elle perdra deux garçons, Tahar et Fodil, morts de faim et de dysenterie, relate Mohamed Azzouz.
Ce sont en tout 38 orphelins de Beni Aziz qui seront adoptés par des familles algériennes, en Oranie notamment, et parmi eux, le troisième enfant de H’mama, Ammar Sbaiaâ, rencontré à Béni Aziz où il est venu enterrer sa maman.
Mohamed Azzouz avait assisté, au début du mois de juillet 1945, au simulacre de la « reddition de la population musulmane », organisée de force à Tachouda, non loin de Beni Aziz où les habitants d’Arbaoun, de Serdj El Ghoul et d’Ain Sebt avaient été rassemblés.
« J’étais venu avec mon père », raconte Si Mohamed. Les soldats français étaient alignés le long de la route, menaçants. Une Traction était venue de Constantine, peut-être un général, il portait une rosette sur le revers de sa vareuse. Il y avait aussi le Caïd Mokhtar Benhabylès qui criait : Je vous ai dit ne pas ramener les enfants ! ».
Les gens alignés en rang ont été obligés de prier en direction de l’ouest avant d’être contraints d’insulter les dirigeants des AML (Amis du manifeste et de la liberté). Le Caïd lui-même y fut obligé par un européen, selon M. Azzouz.
Une fois libérés, raconte encore ce témoin dont les souvenirs n’ont pas pris une ride depuis 68 ans, « nous sommes descendus vers l’oued. Il y avait 14 corps jetés là, entamés par les chacals. Arrivées devant la ferme du Caïd, ces malheureuses personnes étaient tellement assoiffées que pas une seule goutte d’eau n’est restée au fond du bassin qui servait d’abreuvoir ».
« Une soif sans commune mesure, toutefois, avec la soif de liberté qui donnera naissance, neuf années plus tard, à la Révolution », conclut Mohamed Azzouz.