Archives du mot-clé Commission européenne

Quand l’Europe s’est-elle fourvoyée ?


traites-europeensQuand l’Amérique du Sud nous donne des leçons…tout à fait pertinentes.

Aujourd’hui, le même constat s’applique à l’Europe. Les diagnostics divergent : tandis que certains s’indignent de la paresse des peuples du Sud qui, corrompus par la sieste et l’air méditerranéen, vivraient au-dessus de leurs moyens – un discours que nous avons tant entendu ici en Amérique latine, et depuis si longtemps –, d’autres mettent en cause la rigidité de la banque centrale allemande (la Bundesbank) qui, via la « troïka » (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international), imposerait ses vues à l’ensemble des économies. Pour autant, les solutions proposées ne se distinguent qu’à la marge. Et, quel que soit le chemin emprunté, la pilule sera difficile à avaler, car tout le monde s’accorde sur un point : l’Europe s’est fourvoyée. Lire la suite Quand l’Europe s’est-elle fourvoyée ?

L’Union Monétaire Européenne a été mal baptisée


Tribune de Caro

8717015554_868f317700_cL’ironie et l’hypocrisie du premier discours parlementaire d’Angela Merkel pour son troisième mandat seraient à en couper le souffle s’il n’avait pas été prononcé dans le cadre de son plan d’action ‘Tout pour l’Allemagne’.

Je vous prie de bien vouloir considérer l’extrait de l’article Chancellor Urges Reforms to Preserve Euro Lire la suite L’Union Monétaire Européenne a été mal baptisée

Bruxelles renonce à la traçabilité pour ne pas fâcher les USA


Et on ne doit pas être en colère en lisant cela? Mais pour qui roule l’Europe? Pas pour les citoyens qu’elle est censée protéger en tout cas!

US-VS-EUROPELa Commission européenne a proposé mercredi d’interdire le clonage animal à but alimentaire dans l’UE. Mais elle a renoncé à bannir la vente de viande ou de lait des descendants des animaux clonés pour ne pas indisposer ses partenaires commerciaux, notamment américains. Lire la suite Bruxelles renonce à la traçabilité pour ne pas fâcher les USA

Premier effet ‘’Snowden’’ : Bruxelles obligé de réagir


Espionage USPendant que Edward Snowden cherche des solutions pour sa survie, la bombe qu’il a lancé il y a quelques jours commence tout juste à produire ses effets. La Commission européenne vient, en effet, de demander aux Etats-Unis de lui fournir « des explications » sur leurs programmes d’espionnage des communications dans une lettre adressée au secrétaire américain à la Justice, Eric Holder.

L’auteur de la lettre, la commissaire européenne en charge de la Justice, Viviane Reding, évoque même la possibilité de réévaluer ‘’la relation transatlantique à la lumière des réponses’’.

Se peut-il que l’Union européenne ne fut au courant de rien concernant les divers programmes d’espionnage américains et la volonté de Washington de surveiller tout ce qui se passe dans le monde ? Ils auront du mal à nous le faire avaler.  On pourrait tout juste leur accorder une petite dose de naïveté  qui peut leur faire croire que cette surveillance ne les concerne pas, puisqu’ils sont alliés. Mais alors, on ne pourrait qu’être consterné devant tant de méconnaissance des réalités géopolitiques qui touchent à l’Amérique. Mais  tant de naïveté est peu crédible. D’autant moins que les Etats-Unis n’arrêtent pas de faire pression sur l’Europe pour pouvoir accéder ouvertement et officiellement à toutes les bases de données concernant les citoyens européens.

Ce qui semble le plus probable, c’est que devant les révélations de Washington Post et The Guardian, deux mastodontes du milieu médiatique, les responsables de Bruxelles ne peuvent pas rester silencieux. Ne rien dire serait marquer une complicité évidente avec l’administration Obama. Que l’Europe joue les innocents ou qu’elle soit sincère, n’a finalement que peu d’importance. Ce qui l’est en revanche, c’est que, par sa réaction, les révélations d’Edward Snowden ont acquis une dimension supplémentaire qui pourrait légitimer les protestations internationales (les vraies protestations, et non les demandes timides et apeurées d’explications de la Commission Européenne).

Edward Snowden, le nouveau transfuge de l’Ouest près Julian Assange, peut être fier de lui. Par le passé, les transfuges de l’Est finissaient tous par obtenir des prix Nobel selon leur spécialité s’ils en avaient une, sinon celui de la Paix. On pourrait recommander aux chinois de décerner à notre nouveau dissident le Prix Confucius de la Paix. Ce ne serait que justice.

Avic

Les dangers du traité transatlantique UE-USA


eu_us_flagJeudi, le parlement européen a voté les amendements sur le projet déposé par la Commission Européenne pour négocier un accord de libre-échange transatlantique. Un accord qui révèle tout ce qui ne va pas dans cette Union Européenne, dogmatiquement néolibérale et sous influence étasunienne.
La course au moins-disant
Il faut remercier l’Humanité pour avoir publié le texte du projet de mandat de négociation de la Commission Européenne et sensibiliser l’opinion à cet accord dont on ne parle pas suffisamment, ainsi que Magali Pernin, qui a publié sa traduction en français. Vous pouvez également trouver de nombreuses informations sur la genèse et l’avancée de ce traité sur le site La théorie du tout, de Liior Chamla. Même l’ultra-fédéraliste Jean Quatremer s’est inquiété sur son blog de l’avancée de ce texte, qui donne du grain à moudre à ceux qui dénoncent « l’Europe pro-étasunienne et ultralibérale ».
Et il faut dire que c’est bien le cas. Comme d’habitude, la Commission annonce des bénéfices colossaux pour l’Europe : 119 milliards de dollars de PIB additionnel, sans que l’on comprenne bien comment, d’autant plus que les précédents traités ne semblent pas vraiment avoir soutenu notre croissance. Mais en plus, ce genre de pronostic est totalement ridicule sachant que l’euro est au moins surévalué de 15% par rapport au dollar. A quoi bon réduire des droits de douane, qui tournent entre 3 et 4%, si c’est pour être pénalisé de quatre fois plus du fait de la sous-évaluation chronique du billet vert ?
Ensuite, se pose aussi la question des normes. Cet accord représente aussi pour les Etats-Unis le moyen d’imposer à l’Europe de démanteler ses barrières contre les bovins aux hormones ou les poulets aux antibiotiques, après avoir déjà réussi à nous imposer les volailles lavées à l’acide. Mais pourquoi libéraliser le commerce si c’est pour faire reculer les normes sanitaires de notre continent ? On comprend l’intérêt mercantile des Etats-Unis, mais on ne voit pas bien l’intérêt pour les peuples européens, qui vont à la fois perdre des emplois et des ventes, mais aussi sur notre sécurité !
L’Europe étasunienne

Mais l’autre problème que pose ce nouveau traité, c’est le biais atlantiste et étasunien de cette construction européenne. Le Général de Gaulle avait bien raison de dire qu’il était le seul à vouloir construire une europe européenne. Le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne affirment que notre « défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ». A quoi bon construire l’Europe, un ensemble qui pèse économiquement aussi lourd que les Etats-Unis, si c’est pour se mettre dans leurs mains pour les questions de défense ?

Et dans la pratique, cet accord semble s’inscrire dans la droite lignée de cette vision atlantiste de l’Europe. Liior Chamla rappelait qu’en 2008, le parlement européen avait voté une résolution disant que « le partenariat transatlantique est une pierre angulaire de la politique extérieure de l’Union Européenne, ainsi que de sa politique économique globale ». Et ici, la levée des barrières sera totalement hypocrite de la part de Washington puisque rien ne sera fait pour traiter le sujet monétaire alors que la première barrière commerciale est justement la sous-évaluation du dollar…

Encore un sujet où le gouvernement semble tenir un double langage, entre un discours ferme pour les citoyens et les concessions faites par la Commission, comme le rapporte Magali Pernin. Assurément un sujet qu’il convient de suivre et qui expose tout ce qui va mal dans cette Europe.