Archives du mot-clé Constitution

AL MOURADIA : Maison de maître cherche tailleur pour une constitution personnalisée


Tribune libre SERAGHNI LAID

el-mouradia« Les hommes ont inventé l’Etat pour ne plus obéir à l’homme » G.Burdeau. (1)
La société suite à son évolution s’est retrouvée devant une complexité de rapports entre les individus rendant ainsi la présence d’une autorité morale indispensable pour réglementer ces rapports. L’État est né. Il est le creuset où se concentre la puissance opposable à tous. En lui obéissant, l’homme se croit se libérer de l’homme. Pour éviter l’autoritarisme sans limite des gouvernants et l’obéissance asservissante des gouvernés les rapports entre eux doivent impérativement être définis par un texte émanant de la volonté populaire et fondateur de l’État. C’est la Constitution qui doit:

1-      Garantir à chacun le respect de ses droits : Elle est nécessaire pour garantir les droits fondamentaux des citoyens en posant par exemple le principe de l’égalité des citoyens devant la loi et le suffrage universel, source de la légitimité….

2-      Définir les différents organes de l’État selon le principe de la séparation des pouvoirs ; législatif, exécutif et judiciaire tout en réglant les rapports entre eux et fixant la répartition des compétences sur l’ensemble du territoire.

3-      Garantir la conformité à la constitution et au principe défini par elle des règles de droits (lois et règlements), produits des différents pouvoirs composant l’État.

 

1- CHAQUE PRESIDENT SE TAILLE UNE CONSTITUTION.

L’absence dès le 5 juillet 1962 d’une volonté politique qui restitue avec fidélité les aspirations du peuple Algérien a induit l’institutionnalisation d’un pouvoir sans partage. Il manquait à l’Algérie une personnalité semblable à John Dickinson. (3)

Le résultat est qu’en 50 ans d’indépendance, l’Algérie a changé à 7 reprises sa constitution soit une constitution nouvelle ou amendée tous les 7 ans.

02-4932-ahmed-benbellaToutes les constitutions algériennes ont un dénominateur commun. Elles consacrent l’emprise du Chef de l ’État sur toutes les institutions en le dotant d’impressionnants pouvoirs. Il est à souligner que tous les présidents de la République sont des militaires. (Ben Bella est adjudant de l’armée française et les 4 autres sont issus de l’ALN)

• Ben Bella et la Constitution de 1963 : après le recouvrement de la souveraineté nationale, Ben Bella, Secrétaire général du Parti Front de libération nationale (FLN), présente lui-même dans une salle de cinéma « l’Afrique » la constitution aux seuls cadres du FLN, en dehors de toute participation de l’Assemblée. Avant d’être élu Président de la République, il s’est taillé une constitution qui consacre la primauté du Parti sur une assemblée soumise. Au départ, l’institutionnalisation d’un pouvoir central où l’hégémonie du chef de l’État se fait sentir. Il fut président de la République, Secrétaire général du FLN, ministre de défense nationale et législateur par voie d’ordonnance. Usant de l’article 59, il prend « les mesures exceptionnelles » pour gouverner, il affichera un monocratisme notoire avec une personnalisation à outrance du pouvoir. Il semble rejoindre Napoléon III qui disait « que la constitution doit être comme un vêtement qui, pour être bien fait ne doit aller qu’à un seul homme ». (3)

le cinéma l'Afrique
le cinéma l’Afrique

• Boumediene et la constitution de 1976 : H. Boumediene fait adopter le 27 juin 1976 par referendum une charte nationale (4) qui servira de base à la rédaction de la constitution. Elle consacre le socialisme comme « technique de modernisation » et l’islam comme « source de personnalité algérienne ». La constitution qu’il fit adopter le 22 novembre 1976 annonce dans son article 6 « la charte nationale est la source fondamentale de la politique de la nation et des lois de l’État. ».
Le socialisme « spécifique » qu’il voulait à l’Algérie avec des monopoles de l’État dans toutes les sphères a enfanté un capitalisme d’État. S’inspirant du bonapartisme il verrouille tout droit à l’’expression et à l’opposition.

• Chadli Ben Djeddid et la constitution 1989: Après les événements d’octobre 1988, C. Ben Djeddid entame une réforme constitutionnelle. La constitution de février 1989 institue l’ouverture politique et le multipartisme mettant fin au système du parti unique. L’article 40 de la nouvelle constitution, en son alinéa 1er stipule que « le droit de créer des associations à caractère politique est reconnu » et fait l’impasse sur le nombre de mandats à assumer par le Président de la république. L’abandon de la référence à l’option socialisme est définitif.

• Liamine Zéroual et la constitution de 1996: La constitution de 1996 augmente considérablement les pouvoirs du président de la république même si elle a le mérite de prévoir l’alternance au pouvoir par la limitation des mandats à deux quinquennats. Elle tend à fermer le champ politique à l’opposition en y introduisant un organe qui n’est qu’un frein à toute tentative législative contraire « aux souhaits » du régime. Le Conseil de la nation dont un tiers de ses membres est désigné par le président de la république. Ces membres se croient détenteurs d’une légitimité exclusive semblable à une forme d’’aristocratie.

• Bouteflika et les révisions de la constitution de 1996 :
Depuis son élection en avril 1999, Bouteflika ne cesse de critiquer la constitution dans le cadre de laquelle il avait accepté de se faire adouber par la haute hiérarchie de la muette. Il estime « que la constitution actuelle ne garantit pas la séparation des pouvoirs, ne permet pas de mettre fin aux interférences entre les prérogatives des institutions ainsi que l’amalgame entre le régime parlementaire et le régime présidentiel » (5). Loin de faire adopter une constitution qui « protège le peuple contre le gouvernement ».(6) Cherchant à rester au pouvoir, il ambitionne la confection d’une loi fondamentale qui lui permet d’exhausser ses volontés.
En moins d’une dizaine d’années après son élection, le Président Bouteflika a procédé deux fois à la modification de la constitution en 2002 et 2008.
• Amendement constitutionnel de 2002 : La révision de la constitution de 1996 a introduit seulement Tamazight comme langue nationale.
• Amendement constitutionnel de 2008 : Bouteflika efface purement et simplement le principe de l’alternance au pouvoir, opte pour une présidence à vie et fait que devient le centre du pouvoir. Il renforce les pouvoirs du Chef de l ’État en transformant la fonction du Chef de gouvernement en premier ministre. Il légifère concurremment au parlement par voie d’ordonnances pendant les périodes d’intersessions de l’Assemblée. Les prérogatives dévolues à la fonction du président sont exorbitantes. Les pouvoirs législatif et juridique sont inféodés au pouvoir. L’abus de recours aux ordonnances présidentielles le confirme ne laissant aucunes prérogatives aux parlementaires.
Sur la validation du projet de révision constitutionnelle par le seul vote du parlement, Ahmed Ouyahia répond « un choix souverain et la contrainte des délais ». (6).
Il faut se souvenir comme l’avait souligné Mostefa Lacheraf qu’avec toutes les révisions constitutionnelles « On s’obstine à relancer sur le marché politique des vieilles élites corrompues, usées et discréditées » (7). Le pouvoir réel est entre une gérontocratie ayant acquis de véritables intérêts au point d’être capable pouvoir paralyser le pays. Un affairisme d’État à visage découvert.
2- DES MAITRES TAILLEURS POUR EL MOURADIA:

Le président Bouteflika entame son mandat par une réplique fracassante à une journaliste française en 1999 « Sachez madame que j’ai 3 cm sur votre Napoléon ». Donc il doit surpasser l’empereur en matière de prérogatives notamment le droit à l’expression et à l’opposition.

1450115_10153381304525324_1489593002_nL’élaboration de l’avant-projet d’une nouvelle constitution est confiée à 5 « experts » inconnus et non spécialistes en droit constitutionnel. Ils sont tous des commis de l’État et perçoivent leur salaire et leurs privilèges de l’État. « Ces experts en droit avaient en réalité une mission technique. Il s’agissait de confectionner un habillage juridique à une mouture d’une nouvelle constitution faite ailleurs » (8). Il s’agit de confectionner un habit sur mesure pour une seule personne.
Tel un empereur, il devrait instruire les « experts » en leur faisant apprendre ce que Napoléon Bonaparte (9) pensait de la constitution « Il faut qu’une constitution soit obscure. Elle doit être faite pour ne pas gêner l’action du gouvernement ». Par gouvernement il entend président de la république.

Ces fonctionnaires vont s’atteler à préparer un projet de constitution qui sera obscure, statique et moins flexible:

• Obscure, elle ne doit pas gêner l’action du président. Elle limiterait le contrôle des pouvoirs, dicterait le fonctionnement de la justice, prévoirait un système électoral qui garantit le changement de l’ancien en nouveau, restreindrait les droits et élargir les devoirs des citoyens.

• Statique, elle ne s’adapte qu’à une seule personne, aux défis non pas de la nation mais « du guide sauveur » et mieux organiser la vie de l’entourage restreint.

• Moins flexible, elle aura une courte longévité.

Ces experts doivent doit donner le moyen juridique « au guide de la nation » pour pouvoir changer sans scrupule et de manière dictatoriale la constitution pour prolonger son mandat et parachever son programme qui propulsera la société dans les bas des tableaux ou même éliminer démocratiquement ses adversaires politiques voire introniser, contre le peuple non encore mûr, tout candidat qui poursuit le chemin.

Les mercenaires juridiques toujours disponibles pour le travail cynique de justifier l’impensable et tordre le cou à la raison.

A la place de ces « experts » je proposerais une constitution très simple pleine de sagesse africaine. Il s’agit de la plus vieille constitution républicaine au monde, Kourougan Fouka, la constitution de l’empire du Mali. (1235 à 1645). (10) Elle n’a pas été amendée ni modifiée depuis plus de quatre siècles.

Une remarque s’impose. Tous les présidents qui ont élaboré, amendé ou révisé la constitution n’ont pas terminé leur mandat présidentiel.
SERAGHNI Laid.
…………………………………………………………………………………………………………………………

Référence :
1- G.Burdeau : (1905-1988). Universitaire français, agrégé en droit public, il est l’auteur de travaux sur le droit constitutionnel et de sciences politiques. Il enseigna à l’université Paris 2. Il fut dés l’origine directrice scientifique de l’encyclopeadia.
2- John Dickinson : (1732-1808) : Avocat et politique américain, il fut une grande figure de la révolution américaine, impliqué dans chaque débat de 1765 à 1789.En 1777 ; il écrit l’essentiel des articles de la « confédération », premier texte constitutionnel du pays avant d’être remplacé par la constitution.
3- Napoléon III : Napoléon Bonaparte : Ne le 20 avril 1808 à Ajaccio et mort le 9 septembre 1879, il est le premier président de la république française élu au suffrage universel et dernier empereur de France.
4- La charte nationale : Adoptée le 27 juin 1975 par referendum, la charte nationale est un ensemble de textes traitants de différents aspects de la vie quotidienne et de la vie politique algérienne.
5- Al Watan du 12 mai 2008.
6- Ronald Reagan : Ne le 6 février 1911 à Tempico ( Illinois) et mort le 5 juin 2004 à Los Angelés, est le 40 ème président des Etats-Unis de 1981 à 1989.
7- Liberté du 13 novembre 2008.
8- Mostefa Lacheraf : (1917-2007). Écrivain, sociologue, historien et politique algérien. Al Watan du 30 aout1993.
9- Le Soir d’Algérie du 10 juin 2013.
10- http://afrolegends.com/2012/09/13/kouroukan-fouga-la-constitution-de-lempire-du-mali-la-plus-vieille-constitution-republicaine-au-monde/
Mots clés : Benbella, Boumèdienne, Bendjeddid, Zéroual, Bouteflika, Napoléon, Reagan, constitution, John Dickinson, G.Burdeau, Mostefa Lacheraf, Kourougan Fouka, FLN, Al Mouradia, Algérie.

COMMISSION CHARGEE DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION :

1- Président : Azzouz Kerdoun, Il est titulaire d’un doctorat en droit public de l’Université de Montpellier., il est professeur de l’enseignement supérieur titulaire à l’Université Mohamed Mentouri et directeur de laboratoire d’études et de recherches sur le Maghreb et la méditerranée et directeur de recherche. Il enseigne le droit de l’environnement. Il est méconnu du milieu écologiste de la région.

2- Bouzid Lazhari : Doctorant en droit international, Il est membre du Conseil de la Nation. Il était membre de la commission nationale chargée de la rédaction de la Constitution de 1996. Sénateur de 1997 à 2013. De 2003-2004 ; il était membre de la commission chargée de rédiger le programme de la campagne électorale de Bouteflika. En 2005, il a été nommé président de la commission en charge de la révision de la Constitution, la loi électorale, et les lois sur les partis. En septembre 2012, il a été réélu au siège de l’ONU pour un second mandat de quatre ans au comité des droits de l’homme de l’ONU.

3- Mekamcha El Ghaouti : Il été Ministre de la justice et Garde des Sceaux de1998 à 1999.

4- Abderrzak zouina : Il a été membre du Conseil Constitutionnel de 1995 à 1998.

5- Fouzia Ben Badis : professeur de droit à l’université de Constantine elle est membre du conseil de la Nation depuis 2008.

Etats-Unis: une chance sur 1 624 297 pour qu’un Américain soit un terroriste


american-terroristPar Mac Slavo sur Shtf Plan.com

Avec littéralement des milliards de dollars dépensés et une Constitution supplantée par des mesures législatives, comme le National Defense Authorization Act et le Patriot Act, on croirait que les Etats-Unis d’Amérique font équipe avec les terroristes.

La National Security Agency, pour sa part, se construit des centres de données massives capables non seulement d’intercepter, mais aussi d’analyser et d’archiver chaque communication numérique dans le pays sous le prétexte de garantir la sûreté et la sécurité du peuple américain.

Avec tout cet argent dépensé, toute cette surveillance, toutes les restrictions pesant sur le peuple américain, on ne peut s’empêcher de se demander: de combien de terroristes parlons-nous ici?

Selon une nouvelle analyse présentée en infographie ci-dessous, pas tant que ça.

Pour une population de 258 458 870 Américains en âge d’être un terroriste potentiel (18 ans ou plus), il y a une moyenne de 20,7 attaques terroristes en Amérique par an. Si nous supposons que chaque attaque implique 20 personnes, il y a environ 414 terroristes en Amérique pour une année donnée.

Cela signifie que le pourcentage de la population en Amérique susceptible d’être un terroristes est de  0,00016%, soit environ  un Américain  sur 1 624 297.

Nous ne suggérons pas que le terrorisme n’existe pas, mais étant donné qu’un Américain sur  1000 a fait l’objet en 2010 d’une bavure policière allant d’usage de la force excessive au meurtre en passant par l’agression sexuelle et l’arrestation arbitraire, peut-être que  le gouvernement devrait s’appliquer la surveillance à elle-même , plutôt que que sur les 99,9% d’Américains qui ne veulent rien d’autre  que d’être laissés tranquilles.

Les statistiques sont claires à cet égard: le danger représenté par  les agents du gouvernement qui terrorisent le peuple américain est beaucoup plus probable que celui d’un terroriste voyou.

Source: The Shtf Plan.com

http://www.blogapares.com/etats-unis-chance-1-624-297-quun-americain-soit-terroriste/

 

Barack Obama: vers la destitution ?


Destitution ObamaAlors qu’une intervention militaire se prépare contre la Syrie, aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger la destitution de Barack Obama.

L’affaire de Benghazi, la politique d’assassinats ciblés par drone, les écoutes de la NSA, le départ en guerre contre la Libye et demain la guerre qui s’annonce contre la Syrie, les sujets ne manquent pas pour destituer un président qui est à la dérive.

En tout cas, le sujet est sur la table comme le rappellent les mises en garde du sénateur républicain Tom Coburn de l’Oklahoma, qui ont provoqué une avalanche de commentaires dans toute la presse américaine.

Coburn, pourtant un ami d’Obama, a affirmé sans en préciser les raisons que le Barack Obama « s’approche dangereusement de la destitution » et qu’on se dirige vers une « nouvelle crise constitutionnelle »,

En guise de réponse, l’un des proches collaborateurs d’Obama, David Axelrod, a ironisé que le débat sur la destitution est devenu « une sorte de virus ayant infecté nos milieux politiques et qui doit vraiment être maîtrisé ».

Coburn, est un sénateur républicain respecté qui n’a rien d’un conservateur. Il avait signé, avec le démocrate Phil Angelides, le rapport d’enquête de la Commission d’enquête du Congrès de 2011 sur les cause de la crise financière de 2007-2008, qui avait conclu que l’abrogation de la Loi Glass-Steagall avait joué un rôle majeur en éliminant les principales régulations bancaires.

La sortie aujourd’hui du livre Impeachable Offenses : The Case for Removing Barack Obama From Office, d’Aaron Klein, animateur radio conservateur et auteur à succès, et Brenda J. Elliott, ne fera rien non plus pour éliminer le « virus de la destitution ».

Klein affirme que 100 000 copies du livre, qui présente la liste des délits commis par l’administration Obama et qui sont susceptibles de provoquer la destitution, ont été vendues avant sa sortie aujourd’hui.

D’autres députés et sénateurs républicains ont multiplié les appels à la destitution, dont le député Blake Farenthold du Texas, qui a affirmé récemment qu’il y avait suffisamment de votes à la Chambre des représentants pour destituer Obama, si une procédure dans ce sens venait à être lancée.

Des sondages récents indiquent également que la popularité d’Obama est en chute libre chez les moins de 30 ans, particulièrement sensibles aux révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillances illicites de la NSA défendus par Obama.

Un blogger du Washington Post, Ed Rogers, fait remarquer à ce sujet :

Le feu que le président est en train d’attiser en faisant fi de la loi ne peut être ignoré. Peut-être que l’ancien professeur de droit constitutionnel [post occupé par Obama à la Harvard Law School, ndlr] est allé trop loin en décidant que la Constitution est plus flexible que ce qu’il n’avait pensé.

Ainsi, la course est engagée entre l’oligarchie qui entend violer la loi pour renverser le régime d’al Assad en Syrie et provoquer une guerre mondiale, et ceux qui d’autre part entendent utiliser le droit pour faire tomber le régime hypocrite d’Obama aux Etats-Unis.

Progrès et Solidarité

Coup d’Etat – Paul Craig Roberts


Georges W. ObamaLe peuple américain a subi un coup d’Etat, mais ils hésitent à le reconnaître. Le régime qui gouverne à Washington aujourd’hui manque de légitimité constitutionnelle et juridique. Les américains sont gouvernés par des usurpateurs qui prétendent que le pouvoir exécutif est au-dessus de la loi et que la Constitution américaine est un simple «bout de papier».

Un gouvernement inconstitutionnel est un gouvernement illégitime. Le serment d’allégeance exige la défense de la Constitution « contre tous les ennemis, extérieurs et intérieurs. » Comme les pères fondateurs l’ont clairement montré, le principal ennemi de la Constitution est le gouvernement lui-même. Le pouvoir n’aime pas être lié et enchaîné et œuvre constamment à se libérer des contraintes.

La base du régime de Washington n’est rien d’autre qu’un pouvoir usurpé. Le régime Obama, comme le Régime de Bush / Cheney, n’a aucune légitimité. Les américains sont opprimés par des décisions d’un gouvernement illégitime, non pas  par la loi et la Constitution, mais par le mensonge et la force brute. Les membres du gouvernement voient la Constitution américaine comme une « chaîne qui lie nos mains. »

Le régime d’apartheid sud-africain était plus légitime que le régime à Washington. Le régime d’apartheid israélien en Palestine est plus légitime. Les talibans sont plus légitimes. Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein étaient plus légitimes.

La seule protection constitutionnelle que le régime Bush / Obama a laissée debout est le deuxième amendement, quelque chose d’insignifiant compte tenu de la disparité qui existe entre les armes dont dispose  Washington et ce qui est permis à l’ensemble des citoyens. Aucun citoyen ne peut se dresser avec un fusil pour se protéger ou protéger sa famille contre un des 2.700 chars du Département de la sécurité intérieure, ou contre un drone ou contre une unité de police spéciale lourdement armée dans des gilets pare-balles.

Comme les serfs dans les âges sombres, les citoyens américains peuvent être appréhendés de par l’autorité d’un inconnu dans l’appareil exécutif et jetés dans une geôle, soumis à la torture, sans qu’aucune preuve ne soit jamais présentée à un tribunal ou sans qu’aucune information les concernant ne soit fournie à leurs proches. Ou bien ils peuvent être placés, sans explication, sur une liste qui restreint leur droit de voyager par avion. Chaque communication de chaque américain, à l’exception des conversations en face-à-face dans des environnements non buggé, est interceptée et enregistrée par l’Agence nationale de la Stasi, et les phrases peuvent être raccordées bout à bout pour produire un «extrémiste intérieure».

Si jeter un citoyen américain dans un cachot est trop compliqué, le même citoyen peut tout simplement se faire sauter avec un missile Hellfire lancé depuis un drone. Aucune explication n’est nécessaire.
Pour le tyran Obama, un humain à exterminer est juste un nom dans une liste.

Le président des Etats-Unis a déclaré qu’il possédait ces droits interdits par la Constitution, et son régime les utilise pour opprimer et assassiner des citoyens américains. La revendication du président selon laquelle sa volonté est supérieure à la loi et à la Constitution est de notoriété publique. Pourtant, il n’y a aucune demande pour la destitution de l’usurpateur. Le Congrès est à plat ventre. Les serfs sont obéissants.

Parmi les personnes qui ont contribué à transformer un président démocratiquement responsable en un César il y a John Yoo, qui a été récompensé, pour sa trahison, en étant accepté comme professeur de droit à l’Université de Californie, Berkeley, à Boalt School of Law. Le collègue de Yoo dans la trahison, Jay Bybee Scott a été récompensé en étant nommé juge fédéral à la Cour d’appel américaine pour le Ninth Circuit. Nous avons maintenant un professeur de droit enseignant à Berkeley, et un juge fédéral du Ninth Circuit, qui ont décrété que le pouvoir exécutif est au-dessus de la loi.

Le coup d’Etat de l’exécutif contre l’Amérique a réussi. La question est: tiendra-t-il ? Aujourd’hui, le pouvoir exécutif est constitué de menteurs, de criminels et de traîtres. Tous les maux de la terre semblent concentrés à Washington.

La réponse de Washington aux preuves d’Edward Snowden que Washington, en violation totale du droit tant national qu’international, espionne le monde entier, a démontré à tous les pays que Washington met le plaisir de la vengeance au-dessus de la loi et des droits humains.

Sur ordre de Washington, les états marionnettes européens ont refusé l’autorisation de survol de l’avion présidentiel transportant le président bolivien Morales et forcé l’avion à atterrir en Autriche et à être fouillé. Washington pensait que Edward Snowden pourrait être à bord de l’avion. La capture de Snowden était plus importante pour Washington que le respect du droit international et de l’immunité diplomatique.

Dans combien de temps Washington ordonnera-t-il à sa marionnette britannique d’envoyer une équipe SWAT (NDT : forces spéciales d’intervention) pour extraire Julian Assange de l’ambassade de l’Equateur à Londres et le remettre à la CIA pour le supplice de la simulation de noyade ?

Le 12 Juillet, Snowden a rencontré, à l’aéroport de Moscou, des organisations de défense des droits de l’Homme venues de partout dans le monde. Il a déclaré que l’exercice illégal du pouvoir par Washington l’empêche de se rendre à l’un des trois pays latino-américains qui lui ont offert l’asile. Par conséquent, Snowden a dit qu’il acceptait les conditions du président russe Vladimir Poutine et a demandé l’asile en Russie.

Le américains insouciants et les jeunes qui ignorent le passé ne savent pas ce que cela signifie. Au cours de ma vie professionnelle, c’était la Russie soviétique qui persécutait les ‘’diseurs de vérité’’, tandis que l’Amérique leur a donné asile et a essayé de les protéger. Aujourd’hui, c’est Washington qui persécute ceux qui disent la vérité, et c’est la Russie qui les protège.

Le public américain, cette fois, n’a pas gobé le mensonge de Washington selon lequel Snowden est un traître. Les sondages montrent qu’une majorité d’Américains voient Snowden comme un lanceur d’alerte.
Ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont été touchés par les révélations de Snowden. Ce sont les éléments criminels au sein du gouvernement américain qui ont réussi un coup d’Etat contre la démocratie, la Constitution et le peuple américain qui ont été atteints. Ce sont les criminels qui ont pris le pouvoir, et non le peuple américain, qui réclament le scalp de Snowden.

Sous la tyrannie Obama, ce n’est pas seulement Snowden qui est visé pour l’extermination, mais tous les américains qui disent la vérité dans le pays. Un ancien patron du département de la sécurité intérieure, Janet Napolitano, récemment récompensé pour son service à la tyrannie par une nomination comme chancelier du système de l’Université de Californie, a dit que la sécurité intérieure avait détourné son attention de terroristes musulmans pour le porter aux « extrémistes intérieurs », un terme élastique et flou qui englobe facilement ceux qui disent la vérité comme Bradley Manning et Edward Snowden qui embarrassent le gouvernement en révélant ses crimes. Les criminels qui ont pris un pouvoir illégitime à Washington ne peuvent survivre que si la vérité peut être supprimée ou redéfinie comme une trahison.

Si les Américains acquiescent au coup d’Etat, ils se seront eux-mêmes fermement placés sous l’emprise de la tyrannie.

Traduction : Avic

source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/07/13/coup-detat-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/