Archives du mot-clé coup d’état

Le saviez-vous? beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial à la France


20040221francafrique14 pays africains forcés par la France à payer l’impôt colonial pour les avantages de l’esclavage et de la colonisation

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance ! Lire la suite Le saviez-vous? beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial à la France

Le chaos centrafricain en quelques lignes


Armée-Francaise-BanguiQui l’eut cru ? Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian vient d’annoncer une prolongation « vraisemblable » du mandat des forces françaises en Centrafrique par l’ONU au-delà de la période des six mois prévus. A mon avis, ils devraient arrêter de se casser la tête à faire des prévisions, quand on sait qu’ils sont installés pour longtemps et l’ont toujours été depuis l’indépendance de ce pauvre pays. Lire la suite Le chaos centrafricain en quelques lignes

Espagne : intervention militaire programmée contre « la rébellion catalane »


catalunyaUne nouvelle plus qu’alarmante ! L’Espagne subit en ce moment même un coup d’état institutionnel mené par l’extrême-droite politique, religieuse et les plus hautes sphères de l’armée, alors qu’un inquiétant mouvement néonazi grandissant pratique, de manière toujours plus décomplexée, de plus en plus d’interventions de plus en plus violentes contre des mouvements de gauche ou des lieux d’occupation, centre sociaux et culturels  (et occupent des villages ou des régions en territoires conquis) – comme cela se produit de plus en plus régulièrement aussi dans l’Est et le Nord de l’Europe – souvent sous l’œil bienveillant de la police ou en son absence programmée. Lire la suite Espagne : intervention militaire programmée contre « la rébellion catalane »

Nouveau type de coup d’état étatsunien


Anti government protests in UkraineQue se passait-il quand un régime ne reflétait pas tout à fait les intérêts des Etats-Unis ? Ils organisaient une opposition  et un coup d’état militaire s’en suivait pour mettre un de leurs agents à la tête du pays. C’était propre, direct et ça avait l’avantage de présenter les chefs d’état de ces pays comme des gens qui, décidément, ne comprendront jamais rien à la démocratie et qui peuvent être déposés comme on veut, quand on veut avec bonne conscience. La France était passée maître dans l’art de ce type de coups d’état en Afrique pendant que les Etats-Unis régissaient l’Amérique Latine de la même manière. Lire la suite Nouveau type de coup d’état étatsunien

France : tentative de Coup d’Etat mise en échec par le sénat


Tribune de Caro

code-pénaloucivil01Il y a quelques semaines , je publiais un billet d’humeur  : Joyeux Noel , Aurevoir Monsieur le Député  ..

Ce billet concernait les dénis de démocratie auxquels nous assistons  continuellement et l’inutilité grandissante du Parlement  qui est désormais plus concerné par les faits divers que par la gouvernance économique sur laquelle il n’a plus le droit d’intervenir  par ordre de l’Europe  . Toutes les informations et les sources se trouvent dans l’article en question, donc je ne les recite pas ici .  Lire la suite France : tentative de Coup d’Etat mise en échec par le sénat

Juifs de France, réveillez-vous !!! Votre pays est en danger


56a528_f6b45411ce81357791b0b6bb68fa7126.jpg_1024N’est-il pas temps de comprendre enfin que l’on se sert de vous, comme ça a été le cas depuis toujours ? Voici un peu plus d’un siècle que vous êtes instrumentalisés par un groupe oligarchique qui n’a de passion et de foi que dans ses intérêts, vous  faisant parfois payer le prix fort pour renforcer ses plans. Il n’est pas besoin de décortiquer l’Histoire pour constater cette vérité tout au long de cette période. Lire la suite Juifs de France, réveillez-vous !!! Votre pays est en danger

Révolution roumaine : victoire de la révolte à Timisoara ou séparation de la Transylvanie de la Roumanie?


J’insiste beaucoup en ce moment, grâce à notre ami Valentin Vasilescu, sur les évènements qui se sont déroulés en Roumanie en décembre 1989 et qui ont été cruciaux pour l’Europe de l’Est dans son ensemble.

Pourquoi cette insistance ? Parce que plusieurs autres pays ont par la suite été mangés à la sauce roumaine, exactement de la même façon et peut-être même avec les mêmes personnes, et que savoir en détail ce qui s’est passé permettra d’enrayer la machine. Lire la suite Révolution roumaine : victoire de la révolte à Timisoara ou séparation de la Transylvanie de la Roumanie?

Règlement de comptes au Mali : le général Sanogo arrêté et écroué


1451383_476802699099867_1786393074_n_1_426453600Après tout hold-up réussi, deux choses s’imposent : faire le partage des fruits du larcin, et  procéder au nettoyage de manière à ne pas être pris.

Le hold-up malien n’échappe pas à la règle. On se rappelle que Sanogo, alors capitaine, avait organisé en mars 2012 un coup d’état pour destituer Amadou Toumani Touré. Lire la suite Règlement de comptes au Mali : le général Sanogo arrêté et écroué

République centrafricaine : Agonie silencieuse


République centrafricaine : Agonie silencieuse

seleka-rcaDeux cent trente mille déplacés internes, soixante-deux mille réfugiés dans les pays voisins… Depuis le coup d’Etat du 24 mars 2013, la Centrafrique, autrefois enfant chérie des présidents français, s’enfonce dans le chaos. Les exactions se multiplient à Bangui. Les cris d’alarme lancés durant l’été par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies semblent enfin tirer les chancelleries de leur torpeur.

Mi-septembre 2013, les partisans du président François Bozizé, renversé par un coup d’Etat le 24 mars, lancent une offensive militaire à Bossangoa, dans le nord-ouest de la République centrafricaine (RCA). Ils affirment vouloir reprendre le contrôle du pays, tombé aux mains de la Seleka, une coalition de mouvements rebelles venus du nord (1). Cent personnes auraient péri dans l’attaque. Depuis mars, les combats ont fait des centaines de victimes et provoqué une vaste crise humanitaire affectant plus d’un million d’habitants. Pays pauvre –cent quatre-vingtième en 2013 au classement du Programme des Nations unies pour le développement–, la RCA ne dispose pas de ressources stratégiques. Mais, désormais, c’est l’effondrement de l’Etat tout entier qui se profile, avec à la clé l’apparition d’un vaste territoire d’instabilité et de non-droit en plein cœur du continent, aux frontières de grands voisins explosifs, République démocratique du Congo (RDC), Tchad, Ouganda et Soudan, et au carrefour de l’islam et de la chrétienté.

Des membres de la Seleka
Des membres de la Seleka

Silence radio. En mars 2013, les appels à l’aide désespérés de M. Bozizé ne reçoivent, pour la première fois, aucune réponse. La Seleka, maintenue aux portes de Bangui depuis novembre 201l, vient de fondre sur la capitale. Mieux équipée, plus organisée, avec environ quatre mille combattants, sa puissance militaire est supérieure à celle des Forces armées centrafricaines (FACA) sans formation, sans moyen logistique, et même… sans armes. Sur les cinq mille soldats réguliers, trois mille seulement disposeraient d’un fusil, les autres se voyant cantonnés au rôle de sapeurs-pompiers. Seuls les huit cents hommes de la garde présidentielle semblent en mesure de s’op-poser à l’attaque rebelle. Mais ces soldats, redoutés pour avoir renversé le président Ange-Félix Patassé au profit de M. Bozizé en 2003, sont rapidement dépassés, après un court combat dans le nord de la capitale.

Le chef de l’Etat trouve à peine le temps de fuir : il franchit l’Oubangui pour se réfugier en RDC. De leur côté, les soldats africains de la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac), envoyée en interposition par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) en 2008, et les six cents Français du détachement « Boali », déployé pour protéger les ressortissants lors du coup d’Etat de 2003, restent l’arme au pied. Alors qu’en mars 2007 une opération parachutiste française, appuyée par des éléments tchadiens, avait chassé les rebelles de Birao près de la frontière soudanaise (2), cette fois Paris et N’Djamena semblent avoir abandonné leur allié.

Tombée aux mains de la Seleka, Bangui est aussitôt le théâtre de pillages et d’exactions, souvent dirigés contre tout individu suspecté d’avoir soutenu le président déchu. Les locaux de l’Organisation des Nations unies (ONU), notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), sont dévalisés. Etrangement, l’ambassade de France se contente de mesures minimales pour protéger les mille deux cents expatriés, alors qu’ils sont directement menacés.

Présents depuis l’indépendance en vertu d’un accord de défense, les parachutistes et marsouins français restent cantonnés dans leur camp de Mpoko. Il est vrai que les risques d’une intervention sont très nombreux : la Seleka se révèle un patchwork de factions politiques de toutes origines. Ainsi on y repère des rebelles tchadiens du colonel Aboud Moussa Mackaye, des janjawids soudanais échappés du conflit au Darfour, des troupes venues du nord, dont le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) –une coalition créée en 2006 dans le nord du pays par des partisans de M. Patassé, des déçus de M. Bozizé et des soldats en déshérence.

M. Michel Djotodia, musulman du Nord, culturellement proche du Soudan et chef de l’UFDR, est désigné chef de l’Etat par acclamation, et placé à la tête d’un Conseil national de transition (CNT) créé ad hoc. Sans grande légitimité populaire à Bangui, la Seleka fait preuve d’ouverture en accueillant au sein du CNT des membres de l’opposition et de l’ancien gouvernement, et en maintenant M. Nicolas Tiangaye au poste de premier ministre. Ce dernier –une figure de la défense des droits de l’homme– avait été nommé à l’issue des accords de Libreville (Gabon) de janvier 2013 entre la Seleka et le gouvernement de M. Bozizé.

Pourtant, malgré ces signes apaisants, une autre réalité s’impose sur tout le territoire : les soldats de la Seleka font régner la terreur sous divers prétextes, dont le désarmement de la population. Des cas de haine religieuse sont apparus. Les ex-rebelles importent avec eux l’islam du Nord dans un Sud majoritairement catholique. En prêtant serment, le 18 août 2013, M. Djotodia est ainsi devenu le premier président musulman du pays. Mais en cette fin d’été, les incidents et meurtres se sont multipliés dans la capitale. Le 7 septembre, la conquête de Bossangoa par les partisans de M. Bozizé, qui s’en prenaient aux musulmans soutiens du pouvoir, a provoqué des batailles à répétition et une répression antichrétienne meurtrière par la Seleka.

La Centrafrique se trouve au point mort. La mécanique instable des micro-échanges vivriers qui tissent jour après jour la survie de la plupart des quatre millions cinq cent mille Centrafricains est grippée par l’insécurité. De son côté, échaudée par les événements du printemps, l’ONU n’a redéployé qu’une partie de son dispositif. Le 14 septembre, M. Djotodia annonce même la dissolution de la Seleka sans préciser qui contrôlera ses quinze mille hommes. Renforcés par l’enrôlement de toutes sortes de supplétifs armés (3), les « seigneurs de la guerre » n’ont que faire d’un fantomatique pouvoir central.

D’ailleurs à quoi bon ? En dehors de la capitale, l’Etat n’existe plus. Suivant les régions, cet effondrement ne date pas d’hier. En 2013, ce pays, plus étendu que la France, voit la majorité de son territoire dénué de toute infrastructure. A l’exception de celles qui vivent aux abords de Bangui, les populations sont livrées à elles-mêmes, y compris pour se protéger de toutes sortes de prédateurs armés, comme les coupeurs de route (zaraguinas) venus du Cameroun… Très peu d’écoles, quasiment pas de routes, des services de santé embryonnaires, pas d’énergie, des fonctionnaires souvent impayés dans un contexte de corruption généralisée.

Ainsi, à mille cinq cents kilomètres, à la frontière du Tchad et du Soudan, les habitants de Birao, isolés par l’absence de route, n’ont absolument aucun échange avec la capitale. Cette région de la Vakaga a toujours tenu lieu de base arrière des rebellions nationales. Mais le reste du territoire est à peine plus équipé, et les hordes de la Seleka trouvent là un terrain propice à leur prédation. Les Nations unies relèvent deux cent trente mille déplacés internes, soixante-deux mille réfugiés en RDC et au Cameroun, et cinq cent mille personnes en situation de détresse alimentaire. Les bailleurs de fond ne se précipitent pas : les « appels de fonds consolidés » d’OCHA ne sont financés qu’à 30 %. L’oubli du pays est manifeste, symptôme tragique de son absence d’intérêt, y compris dans le champ humanitaire. Car la Centrafrique reste un cas de « basse intensité » : pas de massacres à grande échelle, pas d’embrasement total, pas de famine généralisée. Le malheur du pays demeure à l’image de son poids économique : négligeable.

Pour la France, cette indifférence est neuve. Depuis l’époque de l’Oubangui- Chari, la discrétion du pays avait aidé à dissimuler les enjeux tricolores locaux (diplomatiques, stratégiques et industriels). Mais le gel pour deux ans de l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma, annoncé par Areva en novembre 2011 (4), a provisoirement libéré la France de ses intérêts immédiats sur place. Les maîtres locaux peuvent changer, ils se satisferont toujours des redevances minières le moment venu. Si les perspectives d’exploitation des forêts du Sud sont connues, l’enjeu industriel du moment est le pétrole de Gordil, à la frontière tchadienne, mais le gisement a été concédé en 2012 aux Chinois de la China National Petroleum Corporation (CNPC). Le reste des échanges économiques entre les deux pays est infime. Au moins sur un plan officiel, car la Centrafrique est le pays de tous les trafics. Sa déliquescence entretenue a favorisé l’extraction de pierres, de minerais et l’exportation d’ivoire hors de tout contrôle. Il en est de même pour les marchés du bois et de l’hévéa, concédés à des individus en mal d’aventures tropicales, généralement français, dans une logique de « comptoir ». Quant à la dimension stratégique de la RCA, les nouveaux moyens de projection et la redéfinition de la politique française de la région font désormais largement préférer le Gabon. Les deux bases historiques de Bouar et Bangui, camps de base de toutes les opérations équatoriales postindépendances (Rwanda, RDC, Tchad, Congo), ont été abandonnées en 1998.

Sur le plan diplomatique, la situation apparaît tout aussi sombre. Aucun des « amis » de M. Bozizé (France, Tchad, Afrique du Sud, Ouganda) ne lui est venu en aide, et la « communauté internationale » a brillé par son silence. Il est vrai que la France est, depuis janvier 2013, engagée sur un autre terrain africain, le Mali. Pourtant, l’armée tricolore a toujours façonné la vie politique de la Centrafrique en plaçant ses protégés, quitte parfois à les destituer par la suite. Le « lâchage » de M. Bozizé ne s’accompagne pas d’une once d’intérêt pour l’avenir du pays. Au Mali, Paris a tout fait pour donner un cadre légal à la transition, en obtenant, par le truchement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), la nomi nation de M. Dioncounda Traoré, président par intérim, avant d’imposer les élections de juillet 2013. Rien de tout cela pour la Centrafrique, si ce n’est un blanc-seing accordé à la médiation de la Ceeac, menée par les présidents Idriss Déby (Tchad) et Denis Sassou Nguesso (République du Congo), dans le dos de l’Union africaine. A la tête de régimes autoritaires, les deux chefs d’Etat sont des alliés historiques de Paris.

Le président tchadien fut l’un des instigateurs de la prise de pouvoir de M. Bozizé en 2003 et pendant dix ans son principal soutien régional en alimentant de ses troupes les forces d’interposition locales, dont celles de la Fomac. Pourtant, la reconnaissance de la légitimité de la Seleka, alors même que des rebelles tchadiens auraient été le fer de lance de l’assaut sur Bangui, traduit la montée en puissance de M. Déby. En outre, en participant à la guerre malienne aux cotés des Français et en s’imposant comme un interlocuteur majeur en RCA, celui-ci se positionne comme le grand leader de la sous-région. Il redore ainsi son blason terni par la pluie de critiques que lui adressent les défenseurs des droits humains. Bien entendu, M. Bozizé, réfugié à Paris, a beau jeu de rappeler qu’il a été élu « démocratiquement » et qu’il reviendra au pouvoir… Mais la page semble tournée. En reconnaissant le CNT dès le mois de juin 2013, puis en dressant un calendrier de retour à la démocratie avec l’instauration d’élections dans dix-huit mois, la Ceeac entérine le coup d’Etat.

Cependant, à la mi-juillet 2013, les rapports de la mission conjointe de l’Union européenne et de l’ONU, dirigée par Mme Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la coopération et aux affaires humanitaires, et Mme Valerie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires, ainsi que les déclarations du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, le général sénégalais Babacar Gaye, commencent à secouer les chancelleries. L’Union africaine annonce le remplacement, d’ici la fin de l’année, de la Fomac par la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), dotée cette fois de trois mille six cents hommes (5). De son côté, Mme Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale (CPI), fait part, le 7 août, de « sa préoccupation pour les crimes perpétrés en RCA ».

Le 23 août, alors que la tension internationale monte à propos d’une intervention militaire en Syrie, Paris semble se réveiller. Après avoir reçu les représentants d’associations mobilisées à Bangui, le président François Hollande insiste sur « la nécessité absolue de rétablir la sécurité pour l’accès de l’aide humanitaire aux populations » et annonce son intention de saisir le Conseil de sécurité fin septembre. Une prise de position face au désastre humanitaire en cours, contenant en filigrane le danger de « somalisation » du pays. La RCA est d’ores et déjà un immense territoire hors de tout contrôle. Faudra-t-il se satisfaire de voir s’installer au centre de l’Afrique un no man’s land supplémentaire, livré à toutes sortes de groupes extrémistes, religieux ou émanations de puissances étrangères, trouvant là un espace de repli ? De Boko Haram à l’Armée de résistance du Seigneur (6), sans omettre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), les prétendants sont légion…

Vincent MUNIÉ

(1) L’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de M. Michel Djotodia, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de M. Abdoulaye Miskine, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) de M. Abdoulaye Hissène et la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK) de M. Mohamed Moussa Dhaffane.

(2) Lire « En Centrafrique, stratégie française et enjeux régionaux », Le Monde diplomatique, février 2008.

(3) Dont une estimation de trois mille cinq cents enfants-soldats selon l’OCHA, 6 septembre 2013.

(4) A la suite de la chute des cours consécutive à la catastrophe de Fukushima.

(5) Depuis quinze ans, la RCA connaît la présence de forces d’interposition aux acronymes labyrinthiques, d’origines multilatérales diverses, mais bien souvent inoffensives : Minurca, Fomuc, Fomac, Eufor, Micopax et Misca.

(6) Lord’s Resistance Army (LRA) de M. Joseph Kony, issue de l’Ouganda, et installée de longue date dans l’est du pays.

http://www.interet-general.info/spip.php?article18834

Et maintenant, un message de la part de nos sponsors (saoudiens) – Pepe Escobar


532999-capture-d-ecran-du-chef-de-l-armee-egyptienne-le-general-abdel-fattah-al-sissi-le-3-juillet-2013-au-Il est là, le nouveau pharaon d’Egypte, Pinochet Sisi, plein d’insignes / gloire . Les sous-titres sont superflus. C’est la remise des Oscar pour le général Abdel Fattah al-Sisi. Il a remercié ses sponsors / producteurs. Quand il cite «l’Arabie saoudite » la salle est en délire. Quand il mentionne [le roi] « Abdullah » la salle est en délire.

Quelle performance. Un biopic transparaît. Il rêve déjà de Jack Nicholson jouant son personnage à l’écran. Notez le sourire d’autosatisfaction, tellement il est confiant d’avoir dupé les légions de «progressistes» arabes – des gauchistes laïcs aux Nasséristes – en leur faisant croire qu’il défend les intérêts du « peuple égyptien » sans cesse invoqué.

Notez la « Lutte contre le terrorisme » en haut à gauche du petit écran. Voici Sisi comme Deubeulyou – en mode Mission accomplie. Qui se soucie que l’Egypte ait été réduite en un état totalement en faillite (et en sang) ? Qui se soucie des manchettes terribles –  » des activistes du Sinaï exécutent 25 policiers égyptiens» rivalisant avec «la Junte étouffe 38 détenus dans un car de police»? Il a remporté la «guerre contre le terrorisme» – en tant que nouvelle tête du serpent, un serpent qui n’était jamais parti.

Prenez place et profitez du spectacle. Le clou du spectacle est que l’ancienne tête du serpent pourrait être libérée dans les prochaines 24 heures. Pour le plus grand bonheur de la Maison des Saoud, qui l’aimait comme un des siens, les charmeurs de serpents sont sur le point de libérer Hosni Moubarak. «Printemps arabe? » – On peut facilement imaginer l’ancienne tête du serpent murmurant. « Ne me faites pas rire. » Et il ne fera pas – au moins en public. Ce «printemps arabe», cette invention Google, n’est jamais arrivée. Vous pouvez tous rentrer chez vous maintenant – et y rester. Le serpent va vous protéger et défendre les intérêts du « peuple égyptien ». Mais rappelez-vous, si vous êtes contre nous, vous êtes un terroriste. Et nous viendrons vous chercher.

Nous allons décider de ne pas décider

Les producteurs de l’épopée égyptienne sont aussi ravis que leur star. Quel grand succès au box-office. Qui se soucie que Caniche-land – comme dans l’Union européenne – convienne d’une réunion «d’urgence» ce mercredi pour peut-être « suspendre son aide » au Glorieux Sisi? Qui se soucie de ce que le Congrès américain soit tenté de suivre le même chemin? [1]

Imaginez la scène, avec des éclats de rire dans la tanière des producteurs à Riyad. Pour l’administration Obama ce fut – et reste – un coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, même si ça marchait comme un coup d’Etat et on en parlait comme un coup d’Etat. Mais les impératifs catégoriques ne s’appliquent pas ici. Alors le congrès décide qu’il ne va pas dire si c’est un coup ou non. Et l’administration Obama décide de ne rien dire de ce qu’il pourrait décider – ce qui « reprogramme » le tout.

Quelle que soit la non-décision prise, les producteurs s’en foutent. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, l’éternel Saud al-Faisal, a déjà promis que les producteurs et les autres coproducteurs du Conseil de Coopération du Golfe – comme dans les Émirats arabes unis – seront heureux de combler et peut-être même de doubler toute l’aide qui sera perdue par la glorieuse tête de l’ serpent Sisi.

Le New York Times a bataillé dur pour donner l’impression que Washington avait une emprise pour influencer le glorieux Sisi – et les producteurs – contre le lancement du coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat. [2] C’est éminemment risible (éclats de rires au repaire des producteurs à Riyad). La seule pépite dans le rapport est que la Maison des Saoud, les Émirats arabes unis et Israël ont frénétiquement incité, soutenu et fait du lobbying pour le coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat; Je l’avais  déjà signalé dans Asia Times Online.

Oups, Israël ; le glorieux Sisi ne pouvaient pas remercier ce producteur particulier dans son discours d’acceptation de l’Oscar. Comment pouvez-vous justifier cela à la rue arabe – que nous sommes les serviteurs des occupants de la Palestine? En ce qui concerne les Israéliens, ils s’en fichent; Sisi est «l’un d’entre eux », ils sont toujours « en contact étroit », et il ne ferait jamais rien pour annuler les accords de Camp David.

Sunny, I love you

L’administration Obama a sous-traité sa politique au Moyen-Orient à la Maison des Saoud à ses risques et périls. Quoi que dise le roi « Retour du mort vivant » Abdullah, ça marche. En fait, non ; quoi que fasse ‘’Retour de l’espion invisible’’,  Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush qui a spectaculairement refait surface, fonctionne. La beauté du coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, et du discours d’acceptation de Sisi, c’est que Bandar, praticien éminent des arts sombres, n’est même pas mentionné.

Et pourtant, ce fut Bandar Bush qui, dans sa réunion récente de quatre heures avec le président Poutine, n’a pas obtenu ce qu’il voulait en Syrie ; mais il a obtenu ce qu’il voulait en Egypte. Le joueur d’échec Poutine a de suite vu l’ouverture, après tout, la confrérie des Frères Musulmans est un anathème à la fois pour la maison des Saoud et pour le Kremlin. Et s’il n’y a plus “d’aide” américaine à la junte de Sisi, – comme dans : nous vous donnons plus d ‘argent comme cela vous pouvez encore plus acheter nos armes – il n’y a plus rien qui empêche l‘industrie d’armement russe de remplir le vide créé.

Rien de tout cela bien entendu ne fera partir la crise tragique syrienne. Pendant le ramadan, ce fut Bandar Bush qui organisa l’acquisition silencieuse d’au moins 50 millions de dollars d’armes d’Israël, qui furent immédiatement envoyées dans le filet des gangs de mercenaires salafistes, djihadistes, soutenus par la maison des Saoud. Ceci après que Bandar Bush ait renforcé le bras du gouvernement Obama pour se débarrasser des Qataris – qui payaient les factures des frères musulmans en Egypte – et le laisser reprendre le djihad en Syrie.

Bandar a le vent en poupe. Il est maintenant à la tête d’un “djihad total” très ambitieux, d’une stratégie à trois volets en Syrie, en Irak et au Liban, manipulant le même vieux dada de la maison des Saoud de la haine sectaire, excitant les sunnites contre les “apostats” chiites, avec une grande emphase sur les attentats à la voiture piégée dans des zones civiles, comme l’a montré l’attentat très récent de la banlieue sud de Beyrouth Zahiyeh.

Ceci est une franchise de longue haleine avec beaucoup de suites en stock. Pour l’instant, il est au sommet du box-office en Egypte. Mais il pourrait bien y avoir un problème. Le mouvement Tamarod, qui a collecté 22 millions de signatures qui ont menées aux manifestations de masse créant l’ouverture pour le coup d’état qui n’en est pas un, demande maintenant non seulement l’annulation de “l’aide” américaine, mais aussi celles des accords de Camp David. [3]

Maintenant c’est une autre bombe – le cœur du problème tant que  les Etats-Unis et Israël sont concernés. Et si Tamarod arrive une fois de plus à obtenir 22 millions ou plus de signatures, ce qui est fort possible étant donné que l’absolue majorité des Egyptiens ne veulent pas de cette “paix” avec Israël ? Le glorieux Sisi aura-t-il le courage de déplaire à ses producteurs israéliens ? Bandar lui donnera-t-il le feu vert ? Le gouvernement Obama instaurera-t-il une “zone d’exclusion aérienne” au-dessus du Caire ?

Alors que le monde attache une myriade de ceintures de sécurité devant les tempêtes qui s’annoncent, les nouvelles en provenance de la Maison blanche sont quant à elles apaisantes. Il y a un nouveau membre dans la famille, un chiot nommé Sunny. Alors imaginez la famille chantant à table, à l’unisson: “ Dark days are gone/ bright days are here/ my Sunny one shines so sincere ». Coupez… Plan sur Sisi/Jack Nicholson dans toute sa splendeur: « Heeeeeere’s Johnny! »

Remarques:
1. administration Obama suspend tranquillement aide militaire à l’Egypte, mulls de coup d’Etat »- rapport , Russia Today, le 20 Août 2013.
2. Comment américaine espère une affaire en Egypte ont été minés , le New York Times, 17 Août 2013.
3. la campagne rebelle de l’Égypte lance une pétition pour annuler l’aide américaine, traité de paix entre Israël , Ahram en ligne, le 18 Août 2013.

Pepe Escobar

Traduction : Avic
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-05-200813.html

Le nouvel Axe du Mal – Pepe Escobar


Dotz29.10.12-1J’ai fait valoir que ce qui vient de se passer en Egypte est un bain de sang qui n’est pas un bain de sang, mené par une junte militaire responsable d’un coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, sous couvert d’une «guerre contre le terrorisme » en Egypte. Pourtant, ce gambit novlangue – qui pourrait facilement avoir été écrit à la Maison Blanche – n’est qu’une partie du tableau.

Au milieu d’un épais brouillard de déclarations et de programmes concurrents, un fait surprenant se démarque. Un sondage il y a seulement 10 jours par le Centre égyptien pour les études sur les médias et l’opinion publique avait déjà montré que 69% des égyptiens étaient contre le coup d’Etat militaire du 3 Juillet orchestré par le Pinochet-esque Abdel Fattah al-Sisi.

Ainsi, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang ne peut absolument pas être considéré comme légitime – à moins d’une coterie privilégiée des Moubarakistes (la soi-disant fulool), un bouquet d’oligarques corrompus et « l’État profond» contrôlé par l’armée égyptienne.

Le gouvernement des Frères musulmans (FM) dirigé par Mohamed Morsi a peut-être été tout à fait incompétent – en essayant de réécrire la constitution égyptienne, favorisant les fondamentalistes purs et durs, et s’avilissant en courbettes devant le Fonds monétaire international. Mais il ne faut pas oublier le fait que cela a été couplé avec un sabotage permanent, tous azimuts par « l’état profond ».

Il est vrai que l’Egypte était – et reste – au bord de l’effondrement économique, le bain de sang qui n’est pas un bain de sang n’a fait que suivre le changement des signataires des chèques, le Qatar remplacé par l’Arabie Saoudite (et les Emirats arabes unis). Comme Spengler a démontré sur ce site (voir déplace de la guerre civile de l’islam en Egypte , Asia Times Online, 8 Juillet 2013), l’Egypte restera une république bananière sans les bananes et dépendante des étrangers pour tout, même pour manger. Le désastre économique ne va pas disparaître- le ressentiment cosmique des FM, non plus.

Le gagnant, en l’état, est l’axe Maison des Saoud / Israël / Pentagone. Comment ont-ils réussi ?

En cas de doute, appelez Bandar

En théorie, Washington avait gardé le contrôle  (relatif)  à la fois des FM et de l’Armée de Sisi. Ainsi, en surface c’est une situation gagnant-gagnant. Dans l’essentiel, les faucons de Washington sont pro-armée de Sisi, tandis que les «impérialistes libéraux» sont pro-FM; la couverture parfaite, parce que les FM sont islamiques, indigènes, populistes, économiquement libéraux, ils veulent travailler avec le Fonds monétaire international, et n’ont pas menacé Israël.

Les FM n’étaient pas exactement un problème, ni pour Washington ni pour Tel-Aviv, après tout alliés de l’ambitieux Qatar qui était là comme un tampon. La politique étrangère du Qatar, comme chacun sait, se résume à faire le supporter des FM partout.

Aussi Morsi a dû avoir franchi une ligne rouge assez grave. Cela pourrait avoir été son appel aux sunnites Egyptiens à se joindre au jihad contre le gouvernement Bachar al-Assad en Syrie (même si c’est officiellement en phase avec la politique de « Assad doit partir » de Barack Obama). On pourrait dire que c’est sa poussée à installer une sorte de paradis djihadiste du Sinaï jusqu’à Gaza. Le Sinaï, à toutes fins pratiques, est géré par Israël. Alors, ça pointe vers un feu vert pour le coup d’état à la fois du Pentagone et de Tel-Aviv.

Tel-Aviv est totalement à l’aise avec l’Armée de Sisi et les supporters saoudiens de la junte militaire. La seule chose qui compte pour Israël est que l’armée Sisi fera respecter les accords de Camp David. Les FM, d’un autre côté, pourraient entretenir d’autres idées dans un proche avenir.

Pour la Maison des Saoud, en revanche, cela n’a jamais été une situation gagnant-gagnant. Les FM au pouvoir en Egypte étaient un anathème. Dans ce triangle fatidique – Washington, Tel Aviv et Riyad – ce qui reste à établir c’est de savoir qui a été le plus rusé dans ce jeu de dupes.

C’est là que s’intègre l’acte de l’Incroyable Disparition du Qatar. La montée et la (soudaine) disparition du Qatar des projecteurs de la politique étrangère est strictement liée à l’absence de leadership actuel dans le cœur de ce qui s’est auto-défini comme « l’arc d’instabilité» du Pentagone. Le Qatar était, au mieux, un extra dans un blockbuster – compte tenu des dérives de yo-yo de l’administration Obama et que la Russie et la Chine ne font que jouer un jeu d’attente.

Cheikh Hamad al-Thani, l’émir qui a fini par se destituer lui-même, est clairement allé trop loin, non seulement en Syrie mais aussi en Irak ; il ne finançait pas seulement les filiales FM mais aussi les djihadistes purs et durs à travers le désert. Il n’y a pas de preuve concluante parce que personne, ni à Doha ni à Washington ne parle, mais l’émir a certainement été «invité» à se déposer lui-même. Et ce n’est pas par accident si les «rebelles» syriens ont été entièrement pris en charge par la Maison des Saoud, via Bandar Bush, alias le prince Bandar bin Sultan qui a spectaculairement refait surface.

Ainsi, les gagnants une fois de plus étaient les Saoudiens – alors que l’administration Obama calculait que les FM et la nébuleuse al-Qaïda disparaîtraient dans l’oubli en Syrie. Cela reste à voir ; il est possible que l’Egypte à partir de maintenant puisse attirer un grand nombre de djihadistes de Syrie. Encore, ils resteraient dans la région MOAN (Moyen-Orient-Afrique du Nord).

Quant à Sisi, il a été assez intelligent pour saisir le thème «terrorisme» et à titre préventif assimiler les FM avec Al-Qaeda en Egypte, ouvrant ainsi la scène pour le bain de sang qui n’est pas un bain de sang. Dans le fond on peut dire que l’administration Obama a en fait sous-traité la majeure partie de sa politique au Moyen-Orient à la Maison des Saoud.

Choisissez votre axe

Deux jours seulement avant le bain de sang qui n’est pas un bain de sang, le chef d’état-major interarmées, le général Martin Dempsey était en Israël en compagnie du général Benny Gantz, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, discutant des proverbiales « menaces qui pourraient provenir de la région – pour le monde et pour nous – et comment nous pouvons continuer à travailler ensemble pour rendre nos deux pays plus sûrs ». Il est impensable qu’ils n’aient pas discuté de la façon dont ils bénéficieraient de bain de sang qui n’est pas un bain de sang qui se prépare.

Au même moment, le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon annonçait pompeusement un nouvel « axe du mal », l’Iran, la Syrie et le Liban. Cela implique Téhéran, Damas et, de manière significative, Beyrouth dans son ensemble (pas seulement les chiites prédominant dans les banlieues sud). Ya’alon a explicitement dit à Dempsey : il leur est « interdit » de gagner la guerre civile en Syrie.

Considérant que la CIA elle-même a jugé que la guerre civile en Syrie était la « plus grande menace » pour la sécurité nationale américaine dans le cas où des groupes style Al-Qaïda et leurs copies prendraient le relais dans une éventuelle situation post-Assad, et qu’en même temps Washington est extrêmement réticent à arrêter « de piloter les évènement en sous-main », on peut penser qu’Israël pourrait être tenté de préparer une autre invasion du Liban. Le toujours vigilent Sheikh Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a déjà parlé de cette possibilité.

Ensuite, Dempsey est allé en Jordanie – qui abrite déjà près de 1000 soldats américains, des F-16 avec leurs équipages, et un éventail de missiles Patriot. Le discours officiel est que le Pentagone veut aider Amman avec « les techniques de contrôle des frontières », usant de ces acronymes favoris du Pentagone, ISR («intelligence, surveillance et reconnaissance»).

Ce n’est qu’un discours. Dempsey est surtout allé surveiller la progression du récent lot de missiles anti-chars, acheté par – qui d’autre – les Saoudiens et fournis par la CIA, via la Jordanie, pour (en théorie) ceux qui ont été sélectionnés comme « bons rebelles » dans le sud de la Syrie. Ces «rebelles», en passant, ont été formés par les forces spéciales américaines à l’intérieur de la Jordanie. Évidemment, Damas va préparer une Contre-attaque à cette offensive de l’axe américain / saoudien / jordanien.

Choisissez votre mal

Il ne reste pratiquement plus aucune «crédibilité américaine» au Moyen-Orient – à l’exception des entités fantoches comme la Jordanie et les élites sélectionnées dans le golfe féodal, ce royaume «démocratique» de la corruption, des mercenaires et des prolétariats importés traités comme du bétail.

Ca n’aide guère que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ait recommandé Robert Ford, l’ancien ambassadeur américain en Syrie, comme le prochain ambassadeur américain en Egypte.

La perception est tout. Tous ceux qui ont une opinion éclairée dans le Moyen-Orient identifient immédiatement Ford comme un sinistre animateur d’escadrons de la mort. Son CV avant la Syrie – où il a légitimé les «rebelles» – est imbattable; acolyte du sinistre John Negroponte dans la promotion de l ‘«option Salvador» en Irak en 2004. « L’Option Salvador » est un code pour les escadrons de la mort parrainés par les Etats-Unis, une tactique appliquée la première fois au Salvador (par Negroponte) dans les années 1980 (provoquant au moins 75.000 morts), mais avec des origines profondes en Amérique latine à la fin des années 1960  et durant les années 1970.

Sisi va continuer à jouer son jeu en fonction de son propre plan directeur – renforcer le mythe de la narration que l’armée égyptienne défend la nation et ses institutions alors qu’elle défend ses immenses privilèges socio-économiques. Oubliez la gouvernance civile. Et oubliez toute possibilité de parti – ou mouvement – politique indépendant en Egypte.

Quant à Washington, FM ou «État profond», et même une guerre civile en Égypte – des arabes tuant des arabes, diviser pour mieux régner ad infinitum – c’est très bien, tant qu’il n’y a pas de menace pour Israël.

Avec Israël peut-être en train de ruminer une autre invasion du Liban ; le « processus de paix » de Kerry comme excuse pour plus de colonies en Palestine; Bandar Bush de retour pour pratiquer ses sombres menées ; Compromettre toute solution possible au dossier nucléaire iranien ; l’Égypte dans la guerre civile; la Syrie et l’Irak aussi en train de saigner à mort, ce qui reste est la prolifération certifiée de toutes sortes d’axes, et toutes sortes de mal.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-160813.html

«Un bain de sang qui n’est pas un bain de sang»: Pourquoi l’Egypte est condamnée – Pepe Escobar


Des égyptiens en deuil près de corps enveloppés dans des linceuls dans une mosquée du Caire – le 15 Août 2013 (AFP Photo / Mahmoud Khaled)
Des égyptiens en deuil près de corps enveloppés dans des linceuls dans une mosquée du Caire – le 15 Août 2013 (AFP Photo / Mahmoud Khaled)

Le ‘’bain de sang qui n’est pas un bain de sang‘’ égyptien a montré que les forces de répression féroce et la corruption règnent en maître, tandis que des intérêts étrangers – la Maison des Saoud, Israël et le Pentagone – soutiennent la stratégie impitoyable de l’armée.

Stop. Regardez les photos. Regardez bien ces dizaines de corps alignés dans une morgue de fortune. Comment peut-on justifier cet effroyable bain de sang en Egypte ? Faites votre choix. Soit c’est remix égyptien de la place Tiananmen, soit c’est un bain de sang qui n’est pas un bain de sang, menée par les dirigeants du coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat, dans le but de lutter contre la «terreur».

Ce n’était certainement pas une opération de dispersion de foule – comme pour les «dispersions» de Occupy Wall Street par le New York Police Department. Comme l’a twitté un journaliste de Sky, c’était plutôt comme « un assaut militaire de grande ampleur en grande partie sur des civils non armés», en utilisant tout, des bulldozers jusqu’au gaz lacrymogène et les snipers.

Ainsi, les chiffres de tués sans discernement – avec des estimations croisées allant de quelques centaines (le «gouvernement intérimaire») à au moins 4500 (les frères musulmans), dont au moins quatre journalistes et Asmaa, âgée de 17 ans, fille d’une haute personnalité politique des Frères musulmans, Mohamed El Beltagy.

El Beltagy, juste avant d’être arrêté, a déclaré,  «Si vous ne prenez pas les rues, il [le général Abdul-Fattah al-Sisi, le leader du coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat et qui a nommé le gouvernement provisoire] fera ressembler le pays à la Syrie « .

Faux. Sisi n’est pas Bachar al-Assad. Ne vous attendez pas à des appels passionnés des occidentaux pour des «frappes ciblées» ou une zone d’exclusion aérienne au-dessus l’Egypte. Il pourrait être un dictateur militaire tuant son propre peuple. Mais il est un de « nos » salauds.

C’est ce que nous disons qui compte

Etudions les réactions. Les caniches léthargiques de l’Union Européenne ont appelé à la « retenue » et ont décrit tout cela comme « extrêmement préoccupant. » Une déclaration de la Maison Blanche a demandé au gouvernement intérimaire de « respecter les droits humains » – qu’on peut sans doute interpréter comme les droits de l’Homme appliqués à Manning / Snowden / le ‘’dronage’’ des écoles du Pakistan et du Yémen.

Cette excuse pathétique pour un diplomate, le Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, est plutôt fade, pour le moins : «L’Égypte est un partenaire important pour l’OTAN à travers le Dialogue méditerranéen. ». Traduction : la seule chose qui nous importe vraiment, c’est que les arabes fassent ce que nous leur disons.

 

Un homme pleure penché sur un des nombreux corps allongés dans une morgue de fortune après que les forces de sécurité égyptiennes aient attaqué deux gros camps de protestation dans les places Rabaa Al-Adawiya et Al-Nahda, où les partisans du président déchu Mohamed Morsi campaient au Caire , le 14 Août, 2013 (AFP Photo / Mosaab El-Shamy)
Un homme pleure penché sur un des nombreux corps allongés dans une morgue de fortune après que les forces de sécurité égyptiennes aient attaqué deux gros camps de protestation dans les places Rabaa Al-Adawiya et Al-Nahda, où les partisans du président déchu Mohamed Morsi campaient au Caire , le 14 Août, 2013 (AFP Photo / Mosaab El-Shamy)

Dépouillé de toute rhétorique – indignée ou autre – le point clé est que Washington ne coupera pas son aide annuelle de 1,3 milliards de dollars à l’armée de Sisi, quoi qu’il arrive. Wily Sisi a déclaré une «guerre contre le terrorisme». Le Pentagone est derrière elle. Et l’administration Obama suit – bon gré mal gré.

Maintenant, voyons qui est en révolte. Comme on pouvait s’y attendre, le Qatar a condamné, après tout, le Qatar finançait la présidence Morsi. Le Front d’action islamique, la branche politique des Frères musulmans en Jordanie, a encouragé les Egyptiens à maintenir la protestation pour « déjouer le complot » de l’ancien régime – c’est- dire les Moubarakistes sans Moubarak.

La Turquie – qui soutient également les Frères musulmans – a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et la Ligue arabe à agir rapidement pour empêcher un «massacre», comme si l’ONU et la Ligue arabe contrôlée par l’Arabie allaient interrompre leurs coûteux déjeuners de trois heures de long pour faire quelque chose.

L’Iran – à juste titre – a mis en garde contre le risque de guerre civile. Cela ne signifie pas que Téhéran soutient aveuglément les Frères musulmans – surtout après que Morsi ait incité les Egyptiens à se joindre au jihad contre Assad en Syrie. Ce que Téhéran a noté c’est que la guerre civile a déjà commencé.

Ecraser l’adversaire

Le jeu des accusations réciproques battait son plein. Le bain de sang qui n’est pas un bain de sang s’est produit alors que le « gouvernement » nommé par Sisi avait promis qu’il s’engagerait dans une « transition » soutenue par l’armée et politiquement ouverte à tous.

Pourtant, après six semaines de manifestations dénonçant le « coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat », le gouvernement intérimaire en a eu marre et a changé de discours et a décidé de ne faire aucun prisonnier.

Selon les meilleures analyses des médias égyptiens informés, le vice-Premier ministre Ziad Baha Eldin et le vice-président aux Affaires étrangères, Mohamed ElBaradei, ont voulu y aller doucement avec les manifestants, alors que le ministre de l’Intérieur le général Mohammad Ibrahim Mustafa et le ministre de la Défense – Sisi lui-même – ont voulu y aller à la médiévale.

La première étape a consisté à titre préventif à accuser les Frères musulmans de l’effusion de sang – tout comme les Frères musulmans avaient accusé Jemaah Islamiyah pour le déploiement de kalachnikovs et pour avoir brûlé  des églises et des commissariats de police.

Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)
Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)

Une des principales raisons pour lancer le «bain de sang qui n’est pas un bain de sang », ce mercredi était une tentative par les Frères musulmans de marcher sur le tant redouté ministère de l’Intérieur. L’inflexible Ibrahim Mustafa ne l’entendait pas de cette oreille.

Les larbins de Sisi avaient nommé 25 gouverneurs de province, dont 19 généraux, dans un timing parfait pour «récompenser» les militaires  du niveau supérieur et ainsi raffermir «l’État profond» égyptien, ou l’état ​​policier, en réalité. Et pour couronner le «bain de sang qui n’est pas un bain de sang », les larbins de Sisi ont décrété la loi martiale pendant un mois. Dans ces circonstances, la démission du chouchou de l’Occident ElBaradei ne fera pas perdre le sommeil à Sisi.

L’esprit original de la place Tahrir est maintenant mort et enterré, comme l’a souligné la Yéménite miraculeusement non ciblée par les drones d’Obama, la Nobel de la paix, Tawakkul Karman.

La question clé est de savoir qui bénéficie d’une Egypte hyper-polarisée, avec une guerre civile opposant des Frères musulmans fondamentalistes bien organisés à l ‘«Etat profond» contrôlé par l’armée.

Les deux options sont tout aussi répugnantes (sans parler de compétence). Pourtant, les gagnants locaux sont facilement identifiables: la contre-révolution, parmi les Moubarakistes purs et durs, un groupe d’oligarques corrompus, et la plus grande partie de l’état profond lui-même.

Situation de répressions féroces, de corruption. Et de domination étrangère (comme en Arabie Saoudite, qui paye maintenant la plupart des factures, aux côtés des Émirats arabes unis).

Au niveau international, les grands gagnants sont l’Arabie saoudite (remplaçant le Qatar), Israël (parce que l’armée égyptienne est encore plus docile que les frères musulmans), et – bien sûr – le Pentagone, le proxénète de l’armée égyptienne. Personne, nulle part dans la Voie Lactée ne peut prétendre que cet axe, Maison des Saoud / Israël / Pentagone, est «bon pour le peuple égyptien ».

Sheikh Al-Torture est notre homme

Un bref récapitulatif est nécessaire. En 2011, l’administration Obama n’a jamais dit: « Moubarak doit partir » jusqu’à la dernière minute. Hilary Clinton voulait une « transition » dirigée par l’agent de la CIA et espion en chef Omar Suleiman – largement connu à la place Tahrir sous le nom « Cheikh al-Torture ».

Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)
Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)

Puis une blague intérieure à Washington disait que l’administration Obama allait joyeusement devenir une pom-pom girl des Frères musulmans (alliés avec le Qatar). Maintenant, comme un yo-yo, l’administration Obama met tout son poids pour renverser le narratif, qui devient – la «loyale» armée égyptienne a courageusement éliminé les « terroristes » Frères musulmans pour «protéger la révolution».

Il n’y a jamais eu de révolution pour commencer ; la tête du serpent (Moubarak) avait disparu, mais le serpent est resté bien vivant. Maintenant, nous avons un nouveau serpent, le même que l’ancien serpent. Et en plus, il est plus facile de vendre à la galerie des  mal informés l’équation : Frères musulmans = al-Qaïda.

Le Pentagone supremo Chuck Hagel a été scotché au téléphone avec Sisi pendant que le « coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat » du 3 Juillet avait lieu. Le Pentagone voudrait nous faire croire que Sisi a promis à Hagel  qu’il pourrait prendre les choses en main en un clin d’œil. Pratiquement 100% de Washington était d’accord. D’où le mot d’ordre officiel de Washington du « coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat. » Tim Kaine de Virginie, de la Commission des relations étrangères du Sénat, a même vanté les démocraties modèles, les EAU et la Jordanie, dans leur enthousiasme pour le «coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat ».

Il est essentiel de voir quels sont les cinq pays qui ont explicitement approuvé le « coup d’Etat qui n’est pas un coup d’Etat. » Quatre d’entre eux sont des pétromonarchies CCG (membres du Conseil de coopération du Golfe, également connu sous le nom de Club Contre-révolutionnaire du Golfe) : L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Bahreïn. Et le cinquième, c’est cette petite monarchie, la Jordanie, que le CCG veut annexer au Golfe.

Encore plus pathétique que les soi-disant libéraux égyptiens, certains gauchistes, certains nassériens et les progressistes qui vont avec, défendant la soif de sang de Sisi, a été la volte-face de Mahmoud Badr, le fondateur de Tamarrod – le mouvement qui a dirigé les manifestations massives qui ont conduit à l’éviction de Morsi. En 2012, il fustigeait l’Arabie Saoudite. Après le coup d’état, il se prosterna en leur honneur. Au moins, il sait qui paie les factures.

Et puis il y a Ahmed al-Tayeb, le grand imam d’Al-Azhar, le Vatican de l’islam sunnite. Il a dit, « Al-Azhar … ne savait rien des méthodes utilisées pour la dispersion des manifestations, sauf par la voie des médias. » N’importe quoi, il a à plusieurs reprises fait l’éloge Sisi.

Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)
Une femme égyptienne pleure sur le corps de sa fille enveloppée dans des linceuls dans une mosquée au Caire le 15 Août 2013 (AFP Photo / KHALED DESOUKI)

N’hésitez pas à admirer mes cils

Il n’y a pas d’autre façon de le dire, du point de vue de Washington, les Arabes peuvent se tuer les uns les autres jusqu’au dernier, que ce soit les sunnites contre les chiites, les jihadistes contre les laïcs, les paysans contre les citadins et les Égyptiens contre les Egyptiens. La seule chose qui importe c’est les accords de Camp David, et personne n’est autorisé à contrarier Israël.

Donc, il est normal que les sbires de Sisi en bottes demandent à Israël de garder ses drones près de la frontière, car ils en ont besoin pour poursuivre leur «guerre contre le terrorisme » dans le Sinaï. À toutes fins pratiques, Israël s’exécute au Sinaï.

Mais ensuite il y a l’annulation d’une livraison de F-16 à l’armée de Sisi. Dans la vraie vie, chaque vente d’armes US dans l’ensemble du Moyen-Orient doit avoir l’«autorisation» d’Israël. Donc, il se pourrait peut-être qu’Israël – pour le moment – n’est pas tout à fait sûr de jusqu’où Sisi peut vraiment aller.

Il est très instructif de lire ce que pense Sisi de la «démocratie» – comme cela a été démontré quand il était à l’ école de guerre américaine . C’est fondamentalement un islamiste – mais surtout il aspire au pouvoir. Et les Frères musulmans se dressent sur son chemin. Donc, ils doivent être éliminés.

« La «guerre contre le terrorisme » de Sisi est sans aucun doute un succès retentissant en tant que coup médiatique pour légitimer sa course pour un mandat populaire. Il essaie de se présenter comme le nouveau Nasser. Il est Sisi le Sauveur, entouré d’un tas de groupies. Un chroniqueur a écrit dans Al-Masry Al-Youm que Sisi n’a même pas besoin d’émettre un ordre, il suffit de « juste de battre des cils ». La campagne ‘’Sisi-président’’ est déjà commencée.

Quiconque est familier avec les dictateurs d’opérette latino-américains soutenus par les États-Unis dans les années 1970 est capable d’en repérer un. Ce n’est pas le Sauveur. Ce n’est rien de plus qu’un Al-Sisi-nator – le glorieux souverain de pacotille de ce que mon collègue Spengler a carrément défini comme une république bananière sans les bananes.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://rt.com/op-edge/egypt-protests-terror-muslim-brotherhood-526/

Et ça repart !


Tribune libre Chérif Abdedaïm

printemps-arabe_1Fin 2011, les forces maléfiques s’enorgueillirent en miroitant le mirage « révolutionnaires » aux pauvres populaces et en les félicitant d’avoir mené de véritables « révolutions » en Tunisie, en Egypte et en Libye. Mais voilà, la réalité qui revient au galop avec un vrai revers des pseudo-révolutions arabes.

Les marionnettes mises en place par les Occidentaux n’ont pas su mener les missions qui leur ont été imparties, les revendications auxquelles aspiraient les populations n’ont pas été satisfaites et bien entendu, on retourne à la case de départ avec cette fois-ci , le coup de starter égyptien et le « coup d’Etat » qui a mis à l’écart le leader des frères musulmans Mohamed Morsi.

Et c’est donc le coup d’envoi d’une guerre civile aux lendemains incertains.

Ces derniers jours, l’Egypte traverse une profonde crise politique. Le président Mohamed Morsi a été écarté du pouvoir le 3 juillet par l’armée après des manifestations de grande ampleur réclamant son départ. Il a été placé en résidence surveillée dans un site militaire sans aucune décision judiciaire. Le parquet général du pays examine plusieurs plaintes de particuliers contre Mohammed Morsi pour « espionnage », « incitation au meurtre de manifestants » et « mauvaise gestion économique ».

Chaque jour qui passe nous amène donc son lot macabre. Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, au cours des affrontements opposant les manifestants aux policiers égyptiens sur la place Rabia al-Adawiya du Caire on a dénombré environ 120 morts et près de 4.500 blessés, a annoncé le site internet des Frères musulmans se référant au médecin en chef de l’hôpital déployé sur place.
Le mouvement islamiste a qualifié de massacre les événements de la place Rabia al-Adawiya, lieu de rassemblement permanent des partisans du président déchu Mohamed Morsi. Selon les Frères musulmans, les réseaux Internet et de téléphonie étaient coupés dans les quartiers attenants à la place de Rabia al-Adawiya, il était impossible d’appeler les secours.
Aussi, des manifestations importantes d’adversaires et partisans du président déchu Mohamed Morsi se sont tenues vendredi dans plusieurs villes égyptiennes. Selon les militaires, près de 35 millions de personnes sont descendues dans la rue. Des affrontements ont éclaté tard dans la nuit. Des combats de rue les plus acharnés ont opposé manifestants et policiers à Alexandrie et au Caire.
Le ministère égyptien de l’Intérieur affirme n’avoir utilisé que des gaz lacrymogènes et rejette la responsabilité de l’emploi des armes à feu sur des civils.

En Tunisie, après l’assassinat de l’opposant Mohamed brahmi, le pays renoue avec une violence allant crescendo. Dans la capitale de la Tunisie, une voiture piégée a explosé près d’un poste de police samedi dernier. Selon la police, l’explosion n’a pas fait des victimes, en endommageant plusieurs voitures et brisant les vitres des maisons avoisinantes. L’explosion s’est produite plusieurs heures avant les funérailles du chef de l’opposition Mohamed Brahmi, qui a été tué jeudi dernier.
Les autorités ont déclaré qu’Al -Qaïda est responsable de sa mort. Ah, l’éternelle Al Qaïda !
Aussi, dans la ville de Gafsa, l’un des participants à des actions anti-gouvernementales a été tué, en devenant ainsi la première victime des émeutes, qui ont commencé après le meurtre du député de l’opposition, Mohamed Brahmi.
Mohamed Mufli (45 ans) a péri lorsque la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. La cause de la mort de l’homme n’est pas déclarée.

En Libye, des milliers de personnes sont descendues dans les rues des plus grandes villes de Libye samedi dernier pour dénoncer la responsabilité des forces politiques du pays dans le chaos et persistant dans le pays et la situation de la criminalité en nette progression.
Ces manifestations ont éclaté après le meurtre de l’avocat Abdulsalam al-Mismarin vendredi dernier. Ce dernier était pourtant parmi les premiers opposant à Kadhafi. Ce dernier à été assassiné à la sortie de la prière du vendredi. Ses assassins lui ont placé deux balles dont l’une en plein cœur.
Et la raison ? Selon toute vraisemblance, il a payé le prix de son opposition aux frères musulmans qui, selon lui, ne devraient pas faire partie du CNT. Cet acte a incité des centaines de manifestants à Benghazi, à réclamer la démission du nouveau pouvoir, l’accusant de fricoter avec les islamistes. A Benghazi, les manifestants ont brûlé le siège des Frères musulmans, à savoir le Parti de la justice et de la construction (JCP), deuxième parti avec le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée législative de la Libye. La foule a également saccagé le siège de l’Alliance nationale des forces libérales (NFA), le plus grand parti à l’Assemblée législative.
A Tripoli, un grand rassemblement a eu lieu à la Place Verte, que les renégats nomment désormais « place des martyrs ». L’Occident a détruit la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste en connaissance de cause, hélas, avec l’aval de ses propres enfants, qui en payent le prix aujourd’hui…Ils disaient vouloir la liberté, la justice et la démocratie. Ils ont hérité de la haine, la mort et la pauvreté. Leurs « sauveurs » d’hier, pompent toujours le pétrole et le gaz…

Dans cette atmosphère signalons également qu’à Benghazi, les habitants se sont barricadés chez eux. Les gardiens de prison sont tétanisés. Une foule nombreuse, après avoir détruit le siège des Frères musulmans, a pris d’assaut la prison de Koyfiya où, elle a libéré plus de 1000 prisonniers. Ce qui va jeter davantage de l’huile sur le feu.

C’est cela la « révolution » !

Article publié sur la Nouvelle République

Egypte : vers un avenir de plus en plus sanglant – Par Robert Fisk


v2-egypt1-EPAAlors que la foule des pauvres se rassemble en soutien de Mohamed Morsi, les bien-nantis marchent derrière les images de leur général. Des centaines de milliers soutiennent le coup d’Etat – juste comme beaucoup ne le font pas.

Des centaines de milliers de personnes se sont rendues hier autour de la mosquée de Rabaa au Caire pour protester contre le coup d’Etat en Egypte, tandis que des centaines de milliers d’autres se déversaient dans la place Tahrir pour soutenir leur général favori , Abdel Fattah El-Sisi, qui a organisé le ‘’coup-d’état-que-nous-ne-devons-surtout-pas-appeler-coup-d’état’’.

Grotesque, sans précédent, bizarre. Appelez ça comme vous voulez. Mais, d’un côté, les hélicoptères plongeant joyeusement au-dessus Tahrir, et de l’autre, la ligne de la police anti-émeute avec leurs casques à visière et les troupes debout en face des barricades des Frères Musulmans, deux histoires différentes. Les journalistes ne devraient pas être des marchands de malheur, mais les choses n’avaient pas l’air trop bonnes au Caire hier soir.

La chose la plus triste – le plus tragique, si vous voulez -, c’est que les foules dans Nasr City, à proximité de la route de l’aéroport où se situe la mosquée, étaient aussi gaies et accueillantes que les masses dans Tahrir qui considèrent leurs homologues comme des «terroristes» plutôt que des partisans de Mohamed Morsi, le Président légalement et démocratiquement élu de l’Egypte qui a été renversé par l’armée il y a trois semaines. Les dizaines de milliers d’Egyptiens traversant les ponts sur le Nil ou transpirant sous une chaleur de 40°C sur la route de l’aéroport étaient aussi heureux que s’ils se rendaient à un match de football.

Mais la gaieté s’arrête là. Les Frères musulmans, hommes et femmes, avaient amené des photos de Morsi et avaient peint des étoiles de David sur la caserne militaire près de la mosquée. Ils avaient empilé des milliers de sacs de sable autour de leur campement de tentes et des tas de pierres à lancer à tous ceux qui essaient de les déplacer. Mais les soldats sur la route – eux aussi, il faut le dire, gais et très amicaux – tenaient des armes automatiques à côté de véhicules blindés français et de fabrication américaine, et des matraques en bois, et étaient flanqués de policiers en uniformes noirs de mauvaise qualité.

Il semblait qu’ils n’étaient qu’à quelques heures du moment où ils allaient charger les frères musulmans, et peu importe combien d’hommes barbus étaient en train de lire le Coran sur la chaussée – ce qu’ils étaient effectivement en train de faire – et il était difficile d’imaginer les heures qui allaient venir autrement que mortelles.

Un point qui se distingue – et ce n’est peut-être pas à la mode de dire ça -, c’est que les partisans des Frères musulmans étaient généralement pauvres et avaient l’air pauvres dans leurs abayas sales et sandales en plastique. Certains des manifestants de la place Tahrir, qui étaient vraiment révolutionnaires contre Moubarak en 2011, ont paradé sur les ponts du Nil brandissant des affiches du général al-Sisi. Et il faut dire, aussi douloureux que cela puisse être, que la vue de gens bien nantis brandissant la photo d’un général en lunettes de soleil – quoique merveilleux et très démocratique général – était profondément déprimante. Qu’est-il vraiment arrivé à la révolution du 25 Janvier 2011?

«Nous aimons les soldats, mais nous n’avons pas besoin du général », a crié une femme en foulard près de la mosquée Rabaa, mais Sisi est maintenant un visage bien connu, l’homme qui va faire revenir l’Egypte dans sa véritable voie révolutionnaire, si vous pouvez oublier pour le moment que le premier président réellement élu dans l’histoire égyptienne moderne est probablement incarcéré dans une de ces baraques que nous longeons si allègrement sur ​​la route de l’aéroport.

Mais l’Egypte a besoin d’un gouvernement. En revenant de Nasr City pour me rendre au centre du Caire, ce soir, ma voiture a été bloquée dans un embouteillage parce que les familles rivales se battaient dans une fusillade à travers l’autoroute. Environ 1.000 Cairotes s’y étaient joints en jetant des pierres à partir d’une passerelle. Deux miles plus loin, une femme d’âge moyen avait été traînée par une moto et était allongée, souffrante, sur la chaussée. Bon nombre de conducteurs qui l’ont vue ont continué leur chemin, le nez de leurs familles pressé contre la vitre pendant que cette dame gisait bras et jambes écartés sur l’autoroute dans sa robe noire. Le proche avenir se présente mal.

Traduction Avic

Par Robert Fisk

http://www.independent.co.uk/news/world/africa/robert-fisk-on-egypt-as-impoverished-crowds-gather-in-support-of-mohamed-morsi-the-wellheeled-march-behind-their-images-of-the-general-8734453.html

Coup d’Etat – Paul Craig Roberts


Georges W. ObamaLe peuple américain a subi un coup d’Etat, mais ils hésitent à le reconnaître. Le régime qui gouverne à Washington aujourd’hui manque de légitimité constitutionnelle et juridique. Les américains sont gouvernés par des usurpateurs qui prétendent que le pouvoir exécutif est au-dessus de la loi et que la Constitution américaine est un simple «bout de papier».

Un gouvernement inconstitutionnel est un gouvernement illégitime. Le serment d’allégeance exige la défense de la Constitution « contre tous les ennemis, extérieurs et intérieurs. » Comme les pères fondateurs l’ont clairement montré, le principal ennemi de la Constitution est le gouvernement lui-même. Le pouvoir n’aime pas être lié et enchaîné et œuvre constamment à se libérer des contraintes.

La base du régime de Washington n’est rien d’autre qu’un pouvoir usurpé. Le régime Obama, comme le Régime de Bush / Cheney, n’a aucune légitimité. Les américains sont opprimés par des décisions d’un gouvernement illégitime, non pas  par la loi et la Constitution, mais par le mensonge et la force brute. Les membres du gouvernement voient la Constitution américaine comme une « chaîne qui lie nos mains. »

Le régime d’apartheid sud-africain était plus légitime que le régime à Washington. Le régime d’apartheid israélien en Palestine est plus légitime. Les talibans sont plus légitimes. Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein étaient plus légitimes.

La seule protection constitutionnelle que le régime Bush / Obama a laissée debout est le deuxième amendement, quelque chose d’insignifiant compte tenu de la disparité qui existe entre les armes dont dispose  Washington et ce qui est permis à l’ensemble des citoyens. Aucun citoyen ne peut se dresser avec un fusil pour se protéger ou protéger sa famille contre un des 2.700 chars du Département de la sécurité intérieure, ou contre un drone ou contre une unité de police spéciale lourdement armée dans des gilets pare-balles.

Comme les serfs dans les âges sombres, les citoyens américains peuvent être appréhendés de par l’autorité d’un inconnu dans l’appareil exécutif et jetés dans une geôle, soumis à la torture, sans qu’aucune preuve ne soit jamais présentée à un tribunal ou sans qu’aucune information les concernant ne soit fournie à leurs proches. Ou bien ils peuvent être placés, sans explication, sur une liste qui restreint leur droit de voyager par avion. Chaque communication de chaque américain, à l’exception des conversations en face-à-face dans des environnements non buggé, est interceptée et enregistrée par l’Agence nationale de la Stasi, et les phrases peuvent être raccordées bout à bout pour produire un «extrémiste intérieure».

Si jeter un citoyen américain dans un cachot est trop compliqué, le même citoyen peut tout simplement se faire sauter avec un missile Hellfire lancé depuis un drone. Aucune explication n’est nécessaire.
Pour le tyran Obama, un humain à exterminer est juste un nom dans une liste.

Le président des Etats-Unis a déclaré qu’il possédait ces droits interdits par la Constitution, et son régime les utilise pour opprimer et assassiner des citoyens américains. La revendication du président selon laquelle sa volonté est supérieure à la loi et à la Constitution est de notoriété publique. Pourtant, il n’y a aucune demande pour la destitution de l’usurpateur. Le Congrès est à plat ventre. Les serfs sont obéissants.

Parmi les personnes qui ont contribué à transformer un président démocratiquement responsable en un César il y a John Yoo, qui a été récompensé, pour sa trahison, en étant accepté comme professeur de droit à l’Université de Californie, Berkeley, à Boalt School of Law. Le collègue de Yoo dans la trahison, Jay Bybee Scott a été récompensé en étant nommé juge fédéral à la Cour d’appel américaine pour le Ninth Circuit. Nous avons maintenant un professeur de droit enseignant à Berkeley, et un juge fédéral du Ninth Circuit, qui ont décrété que le pouvoir exécutif est au-dessus de la loi.

Le coup d’Etat de l’exécutif contre l’Amérique a réussi. La question est: tiendra-t-il ? Aujourd’hui, le pouvoir exécutif est constitué de menteurs, de criminels et de traîtres. Tous les maux de la terre semblent concentrés à Washington.

La réponse de Washington aux preuves d’Edward Snowden que Washington, en violation totale du droit tant national qu’international, espionne le monde entier, a démontré à tous les pays que Washington met le plaisir de la vengeance au-dessus de la loi et des droits humains.

Sur ordre de Washington, les états marionnettes européens ont refusé l’autorisation de survol de l’avion présidentiel transportant le président bolivien Morales et forcé l’avion à atterrir en Autriche et à être fouillé. Washington pensait que Edward Snowden pourrait être à bord de l’avion. La capture de Snowden était plus importante pour Washington que le respect du droit international et de l’immunité diplomatique.

Dans combien de temps Washington ordonnera-t-il à sa marionnette britannique d’envoyer une équipe SWAT (NDT : forces spéciales d’intervention) pour extraire Julian Assange de l’ambassade de l’Equateur à Londres et le remettre à la CIA pour le supplice de la simulation de noyade ?

Le 12 Juillet, Snowden a rencontré, à l’aéroport de Moscou, des organisations de défense des droits de l’Homme venues de partout dans le monde. Il a déclaré que l’exercice illégal du pouvoir par Washington l’empêche de se rendre à l’un des trois pays latino-américains qui lui ont offert l’asile. Par conséquent, Snowden a dit qu’il acceptait les conditions du président russe Vladimir Poutine et a demandé l’asile en Russie.

Le américains insouciants et les jeunes qui ignorent le passé ne savent pas ce que cela signifie. Au cours de ma vie professionnelle, c’était la Russie soviétique qui persécutait les ‘’diseurs de vérité’’, tandis que l’Amérique leur a donné asile et a essayé de les protéger. Aujourd’hui, c’est Washington qui persécute ceux qui disent la vérité, et c’est la Russie qui les protège.

Le public américain, cette fois, n’a pas gobé le mensonge de Washington selon lequel Snowden est un traître. Les sondages montrent qu’une majorité d’Américains voient Snowden comme un lanceur d’alerte.
Ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont été touchés par les révélations de Snowden. Ce sont les éléments criminels au sein du gouvernement américain qui ont réussi un coup d’Etat contre la démocratie, la Constitution et le peuple américain qui ont été atteints. Ce sont les criminels qui ont pris le pouvoir, et non le peuple américain, qui réclament le scalp de Snowden.

Sous la tyrannie Obama, ce n’est pas seulement Snowden qui est visé pour l’extermination, mais tous les américains qui disent la vérité dans le pays. Un ancien patron du département de la sécurité intérieure, Janet Napolitano, récemment récompensé pour son service à la tyrannie par une nomination comme chancelier du système de l’Université de Californie, a dit que la sécurité intérieure avait détourné son attention de terroristes musulmans pour le porter aux « extrémistes intérieurs », un terme élastique et flou qui englobe facilement ceux qui disent la vérité comme Bradley Manning et Edward Snowden qui embarrassent le gouvernement en révélant ses crimes. Les criminels qui ont pris un pouvoir illégitime à Washington ne peuvent survivre que si la vérité peut être supprimée ou redéfinie comme une trahison.

Si les Américains acquiescent au coup d’Etat, ils se seront eux-mêmes fermement placés sous l’emprise de la tyrannie.

Traduction : Avic

source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/07/13/coup-detat-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Egypte : Et maintenant ? Les 3 indicateurs à suivre


Armée égyptienneLa deuxième révolution égyptienne a été beaucoup plus courte que la première. 4 jours. Il est vrai que Moubarak était beaucoup plus assis, et depuis plus longtemps. Il est vrai aussi que les égyptiens commencent à avoir un certain savoir faire.

En peu de temps donc, ils ont réussi – à ce qu’il semble, en tout cas – à virer leur président fraîchement élu. Et après ? On ne fait pas des révolutions que pour chasser ses dirigeants. C’est le meilleur moyen de s’en faire déposséder. On a vu comment les Frères Musulmans ont manœuvré pour récupérer la première révolution à leur compte. On se rappelle encore, au plus chaud des manifestations, les barbus très discrets qui disaient à qui voulait les entendre (c’est à dire au monde entier) : « nous ne voulons pas du pouvoir, nous voulons juste soutenir le mouvement ». On a vu ce que ça a donné.

Après Moubarak, tout le monde disait : Quel que soit celui qui le remplacera, ça ne pourra pas être pire. Ça a été pire. Aujourd’hui, la question se pose à nouveau pour l’après Morsi. Peut-il y avoir encore pire ? Pour ma part, j’aurai envie de poser la question différemment : où veut-on mener l’Egypte ? Et en arrière-fond, pourquoi ce coup d’état ?

Il s’agit bien d’un coup d’état militaire noyé dans un coup d’état militaro-populaire. Beaucoup d’indices tendent à montrer que le populaire n’était là que pour justifier le militaire. On se rappelle qu’après la première révolution, l’armée s’est retrouvée dépositaire du pouvoir, du jour au lendemain, comme si l’Egypte était destinée à avoir un super pouvoir militaire aux côtés d’un pouvoir civil secondaire. On a connu ça en Turquie. On se souvient aussi que Morsi, aussitôt après sa prise de fonction, avait contrecarré ce scénario par une sorte de coup de force.

Les militaires sont donc de retour en Egypte. Pour quoi faire ? Là est toute la question. Les mouvements populaires ont un double avantage : D’abord justifier tout ce qui en découlera, et, surtout, par leur ampleur et toute la charge médiatico-émotionnelle qu’ils véhiculent, masquer tous les détails d’un processus visant à un résultat que l’on ne constate que bien après. Les détails sont pourtant bien là, et bien visibles. Du jour au lendemain, une population anonyme sort spontanément dans la rue pour manifester son mécontentement. Chacun sort avec sa pancarte imprimée avec le slogan du moment, en anglais s’il vous plaît, qu’il avait du conserver dans son grenier au cas où. Pancarte accompagnée d’un drapeau américain, et parfois du pays, qui étaient rangés dans le même tiroir, toujours au cas où. Une fois dans la rue, chaque manifestant se retrouve au milieu d’autres manifestants qui, comme lui, avaient aussi prévu le coup et avaient prévu les mêmes pancartes, les mêmes drapeaux, les mêmes mots d’ordre, toujours en anglais qu’il ne pratiquent pas sauf en cas d’insurrection. Ça rappelle ces insurgés libyens que l’on voyait à la télé faisant le  »V » de la victoire, alors même qu’ils ne parlent pas un mot d’anglais, ne connaissant le mot victoire que dans leur langue, l’arabe dans lequel, que je sache,ce V n’a aucune signification.

Tout montre que ces révolutions ne sont pas destinées à l’intérieur, mais à un public extérieur, nous. Ne pas voir une solide organisation derrière ces mouvements c’est jouer l’autruche. Ne pas voir que cette organisation est orchestrée par des gens d’une culture différente de la masse qui manifeste, c’est être aveugle.

Aujourd’hui comme hier, on retrouve dans les mouvements de masse égyptiens les mêmes signes, parmi bien d’autres. Maintenant que la première étape semble réussie, quelle sera la suite ? N’étant pas dans le secret des dieux, nous ne pouvons qu’interpréter indirectement les signes. Dans le cas de l’Egypte, trois éléments fondamentaux sont à prendre en considération:les rapports avec Israël, les relations avec l’Iran et l’attitude vis à vis de la Syrie. En fonction de ces trois éléments, nous pouvons déjà avoir une certaine compréhension de cette révolution elle-même, et aussi en deviner les dessous. L’éclairage sur ces facteurs se fera assez rapidement car la situation en Syrie est telle qu’elle oblige tout le monde à abattre ses cartes et se positionner très clairement.

Surveillons-les donc.

Avic

Maladie du président Bouteflika : la télévison algérienne revient au 19ème siècle avec la technologie du 21ème


Tribune libre : Laid Seraghni

bouteflika« Il faut connaitre le peintre pour comprendre l’image »
Friedrich Nietzsche (1)

Après un silence de plus de 40 jours, le 12 du mois de juin 2013 à vingt heures, l’Entreprise Nationale de Télévision (ENTV) ou « l’orpheline » comme il sied aux Algériens de l’appeler, capte magistralement l’attention de tout un peuple en diffusant les premières images du Président de la République, à Paris, recevant deux hauts responsables algériens. Enfin, « les bonnes nouvelles » annoncées depuis Addis-Abeba par M. Medelci, Ministre des Affaires étrangères, arrivent.
Par ces images, les chargés de la communication d’El Mouradia espèrent que « la maladie du Président de la République A. Bouteflika, sera bientôt un mauvais souvenir » (2), vite effacé de la mémoire du peuple algérien, comme le prédisait le Premier ministre A. Sellal. Ils espèrent également montrer aux algériens que leur Président est bien vivant et qu’il est encore capable de diriger le pays. Comme le déclarait le ministre des Affaires étrangères : « au quotidien, je vous le confirme, c’est le ministre qui parle, nous recevons ses encouragements et ses directives » (3)

64_dilem_130610105311-285x300Les images sont diffusées le mercredi, vingt quatre heures après que la télévision algérienne eut fait état d’un « d’entretien qui a eu lieu en fin d’après-midi à Paris entre Bouteflika et deux hauts responsables algériens ». Tout le monde aura remarqué que les images tant attendues ressemblent à un paysage sans couleurs. Sans parler de la qualité des clichés pourtant soigneusement choisis. Le filtre s’est ingénié à nous faire passer celles montrant le chef de l’Etat sous son meilleur jour. Les plus présentables possibles. Mais A. Bouteflika apparaissant visiblement malade, ces photos suscitent des interrogations et accréditent les incertitudes sur son état de santé. Le doute ne s’est pas dissipé. La confusion et la panique de l’entourage du président en matière de communication sont confirmées.

La stratégie en matière de communication du pouvoir est fondée sur des palabres et papotages vides. La corroboration flagrante d’une communication sclérosée et défaillante est à l’image de la « bonne gouvernance » du pays très riche qui n’arrive pas à assurer des soins de haut niveau à ces citoyens.

Chaplin-Charlie-Circus-The_01-248x300A la surprise générale, avec le reportage tant attendu de la télévision algérienne, les algériens retrouvent le cinéma muet du 19éme siècle avec son héros, le célèbre britannique Charlie Chaplin, l’un des personnages les plus créatifs. Ses fantastiques films sont tournés sans le moindre son par un kinétographe (4). A cette époque, certes il n’y avait pas la parole mais il y avait la musique et des messages apparaissaient sur l’écran pour permettre au spectateur de mieux comprendre la scène. De nos jours, on peut allier aisément les images en mouvement et le son. Le pouvoir, ayant toujours considéré le peuple avec une certaine indifférence, donne plus d’importance à l’image car il pense comme Confucius (5) « que l’image vaut mille mots ». En effet, une image vaut mille mots car, sans le dire, tout le monde a vu un président malade aux gestes réduits et ne pouvant parler.

Deux vieux, qui pourraient se nommer Saïd et Nacer, suivant attentivement les informations, n’ont pu s’empêcher de réagir ainsi à ce mini-conseil des ministres tenu sous le bon regard de l’ami François.

– Nacer: Après un AVC, on lui donne du café. Veut-on qu’il parte ?
– Saïd: Ah ! tu n’as pas encore compris. Il est déjà parti d’Al Mouradia.
– Nacer : Si Abdelmalek disait tous les jours qu’avec un AVC, il arrive à suivre son emploi du temps, seconde par seconde de jour comme de nuit .
– Saïd : Ah bon ! Il travaille ? On lui a demandé de faire croire au peuple que le Président est en grande forme. Il s’accroche, par tous les moyens, à un poste qui est sur le point de se volatiliser.
– Nacer : Sellal tend une assiette au chef d’Etat-major. Il cherche à soudoyer la grande muette pour occuper Al Mouradia. Il fait semblant de lui dire que « je serais un bon serviteur ».
– Saïd : Il ne touche pas aux gâteaux. « Je suis venu voir sa santé et prendre la décision qui s’impose », semble-t-il dire intérieurement. Il est légaliste, mais… je ne peux anticiper sur la position de l’armée que certains sollicitent pour prendre ses responsabilités. Je crains que des forces occultent la convainquent d’une action.
– Nacer : Elle a affirmé son caractère républicain.
– Saïd : Une chose m’intrigue. Pourquoi met-on en avant le chef d’Etat-major et non pas Abdelkader, deuxième personnalité après le Président de la République selon la Constitution ?
– Nacer : Il y a aussi Abdelmalek.
– Saïd : Arrêtes ! Il est plus léger qu’une feuille morte au gré du vent. Une délégation de pouvoir au premier ministre est possible avec la bénédiction de l’armée.
– Nacer : Pourquoi l’armée ?
– Saïd : Dans quelques jours, il y aura la promotion au grade supérieur des militaires. Qui signera les décrets ?
– Nacer : La Constitution interdit la délégation de pouvoirs. Le conseil Constitutionnel s’opposera à cette action.
– Saïd : Le conseil Constitutionnel ? Une institution que l’on utilise quand on veut, la preuve son Président a refusé de faire réunir le Conseil pour entreprendre éventuellement la procédure légale prévue par l’article 88 de la loi fondamentale du pays relative à l’état d’empêchement du Président de la République. La Constitution a été tout le temps bafouée et violée.

Un silence et un soupir.

– Nacer : Il a tout le temps respecté la Loi fondamentale du pays.
– Saïd : ne dit-on pas chez nous quand « le taureau est à terre les couteaux sont tirés ». On peut lui reprocher d’avoir fait du français la langue officielle en prononçant son discours devant l’assemblée française dans la langue de Bugeaud et de Bigeard. C’est une grave violation du droit. L’humoriste français Vincent Roca (6) disait bien « en dehors de la langue française, il y a une seule langue que la constitution tolère : la langue de bois »
– Nacer : Et les alliées et les amis du Président et de son influent frère. Ils sont facilement accessibles par ce dernier qui leur a favorisé leurs intérêts en Algérie au détriment du pays si la presse dit vrai. Ils vont le protéger ainsi que son entourage qui, selon la presse, aurait considéré l’Algérie comme faisant partie de son patrimoine.
– Saïd : Les alliées ne sont jamais fidèles. Ils marchent avec celui qui donne le plus. Ni Abdelaziz ni son entourage ne peuvent plus donner. Le retour de manivelle peut commencer.

Un jeune qui suivait le dialogue intervient pour dire : « Il a voulu le pouvoir pour faire ce qu’il veut surtout se venger d’avoir été écarté en 1978, ce n’est pas sa faute mais celle des décideurs qui le lui ont donné »

– Nacer : Que fait le portrait du président Français ? L’Algérie qui, par milliers de chouhadas, avait recouvré son indépendance. Cinquante années après elle se retrouve sans souveraineté ou quoi ?
– Saïd : Lui qui nous avait ordonné de lever la tête « arfaa rasek ya ba. » Arrêtons, le sucre me monte. Les alliés sont comme l’oie, tu la gaves pendant des mois, elle ne te fera pas manger un jour.
– Nacer : Saïd, je constate deux choses qui n’augurent pas de beaux jours pour lui et son entourage.
– Saïd : Lesquelles ? Tu me fais peur.
1017238_389399067837902_1132173938_n-225x145 – Nacer : Il porte un peignoir noir et il est apparu après 40 jours d’absence.
– Saïd : Laissent tomber tes croyances ridicules.
– Nacer : Les gens diraient qu’il est apparu après avoir fait son deuil qui dure, selon la tradition musulmane, 40 jours.
– Saïd : Et pourquoi ce deuil que tu es le seul à voir ?
– Nacer : Ces gens diraient aussi qu’il a perdu sa femme. La Présidence.

Laid Seraghni

Des haut-gradés de l’armée française rêvent-ils d’un putsch contre le gouvernement ?


formation-initialeUne revue militaire appelle certains membres de l’armée française à renverser le gouvernement… C’est l’accusation portée par un spécialiste des questions de défense

Même si cette information ne concerne qu’une infime minorité des militaires français, la présence dans la liste de haut-gradés suspectés d’être factieux pose question.

La « Revue de l’Arsenal », publication militaire d’extrême droite, appelle des haut-gradés de l’armée française à provoquer un coup d’État en France, en 2013.  C’est sur son blog que Jean-Dominique Merchet, le journaliste le mieux informé de France sur les questions militaires a dévoilé l’information dans un billet intitulé : « Cette extrême-droite qui fantasme sur un coup d’Etat militaire. » Il y explique : « Un groupe royaliste qui se revendique du Printemps français appelle à un «coup de force» de la part d’officiers catholiques ». Galvanisés par les manifestations contre le mariage gay, à l’extrême droite « catho-tradi », certains ont manifestement envie de ne pas s’arrêter là…

Qu’apprend-on sur le blog de Jean-Dominique Merchet ? Que certains militaires, y compris au plus haut sommet de l’Etat, seraient dans une dérive factieuse. Et Jean-Dominique Merchet donne des noms. A l’origine de l’affaire, une Revue militaire intitulée la « Revue de l’Arsenal » qui, dans un article évoque « le grand mécontentement » des armées et qui contient un appel au putsch.  Autour de cette revue, gravitent des groupes extrémistes et traditionalistes : le printemps Français, Lys Noir (et le Mouvement du 6-Mai jusqu’à présent inconnu), qui se sont illustrés par leur jusqu’au boutisme dans le combat contre le mariage homosexuel.

« Ce n’est pas l’appel au putsch qui est jugé préoccupant en tant que tel, mais le fait que plusieurs officiers généraux catholiques de renom soient, pour l’occasion, présentés comme les fers de lance d’un combat contre « le cabinet franc-maçon » du ministre Jean-Yves Le Drian : Benoît Puga, chef d’état-major particulier du président de la République François Hollande, Pierre de Villiers, major général des armées, et Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris qui a quitté ses fonctions actives depuis un an », estime le Monde daté de samedi dans un article très détaillé sur le sujet.

Interrogé par la Dépêche de ce samedi, Jean-Dominique Merchet ajoute : Les militaires « qui ne sont pas dans cette mouvance me félicitent d’avoir écrit un article, mais ceux qui sont dans la mouvance du Printemps français me font la gueule. Il y a 250 000 militaires dans le pays, mais le «Lys Noir» est une infinie minorité qui cherche à avoir un impact sur les autres, car elle est très présente ».

Source: SO