Archives du mot-clé Crise

Dette souveraine, politique de la FED et immobilier


Proposé par Foxhound

US-ECONOMY-BANK-RATE-DECISION-FILESCe post complète, le post consacré aux risques sur la dette souveraine (http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/08/17/la-dette-souveraine-nouvelle-priorite-et-sujet-dinquietude-de-la-fed/). Il tente d’expliquer pourquoi l’immobilier est pour le Trésor tout aussi dangereux que le financement de la dette souveraine. La dette souveraine et les risques sur les actifs des GSE Fannie mae, Freddie mac et Ginnie mae ne faisant au final qu’une seule dette.La fin de la soi-disant reprise est clairement actée. Je renvoie à deux post récents pour prendre une vue d’ensemble de la situation de l’économie américaine ; http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/08/09/l%e2%80%99impasse-americaine-croissance-fictive-sortie-de-crise-improbable-pib-2006-t-2-2010/ Lire la suite Dette souveraine, politique de la FED et immobilier

« L’Europe peut crouler en 2014 », selon un ancien consultant du patron du FMI


9evro_krh kollaj« L’Europe peut crouler en 2014 » – tel est le pronostic, fait dans l’interview à l’édition allemande Der Spiegel par Barry Eichengreen, professeur de l’économie et de la politologie à l’Université de Californie à Berkeley. Son ancienne fonction de consultant du patron du FMI donne du poids supplémentaire à son avis. Lire la suite « L’Europe peut crouler en 2014 », selon un ancien consultant du patron du FMI

En France, une personne s’immole par le feu tous les 15 jours


immolation-700x393Si l’immolation du jeune Tunisien Mohamed Bouazizi en décembre 2010 conduit à l’embrasement du pays et à la chute de Ben Ali, il n’en est rien en France. Pourtant, selon une enquête menée par le photographe Samuel Bollendorff et la journaliste Olivia Colo, un français s’immole tous les 15 jours dans un espace public. Lire la suite En France, une personne s’immole par le feu tous les 15 jours

Espagne : à cause de la crise, un aéroport mis en vente à 100 millions d’euros


Airport_Ciudad_RealA vendre : aéroport de province en Espagne, avec piste d’atterrissage de 4 km, terminal conçu pour 10 millions de voyageurs par an, tour de contrôle de 50 mètres, centre visiteurs, parc industriel, vaste parking et accès immédiat à l’autoroute, état neuf. Prix : 100 millions d’euros. Ce pourrait être l’annonce de la Lire la suite Espagne : à cause de la crise, un aéroport mis en vente à 100 millions d’euros

L’Europe dans un tunnel…


madrid 2Cette photo, sensée montrer les conséquences des mesures de rigueur adoptées par le gouvernement espagnol, a été prise sous un tunnel routier à Madrid. Les autres pays d’Europe ne sont pourtant pas mieux lotis.

Les grands froids arrivent et, comme chaque année, nous allons comptabiliser les morts parmi les sans-abris. La première victime a déjà été annoncée Samedi à Marseille, et on n’est même pas encore en hiver.

froid-sdf_930620_scalewidth_630En attendant que nos gouvernements règlent brillamment les problèmes économiques liés à une crise qu’ils disent être derrière nous (ne riez pas), nous pouvons, à notre niveau, peut-être sauver quelques vies, juste en regardant autour de nous dans la rue et en sortant de l’indifférence générale qui  prévaut aujourd’hui. Combien de gens passent à côté d’un SDF allongé par terre sans même jeter un seul regard sur cette forme immobile qui pourrait tout aussi bien être un cadavre ?

Un-SDF-retrouve-mort-a-ParisJuste un peu moins d’indifférence serait bien plus efficace que toutes les mesures sociales de nos gouvernants.

M’inspirant de mon amie Delvina, je n’ai pas pu m’empêcher de vous mettre cette vidéo :

Avic

Al-Assad à Rai News 24 : On fera que la Syrie soit beaucoup mieux qu’avant


bashar-al-assad

Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé à la chaîne italienne /Rai News 24/ que l’objectif essentiel de l’Etat syrien est de se défaire des terroristes et de leur idéologie, précisant qu’e la Syrie sera beaucoup mieux qu’avant la crise.

Le président al-Assad a indiqué que la plupart des pays européens n’ont pas la capacité de jouer un rôle dans le règlement de la crise en Syrie vu qu’ils ne possèdent pas les facteurs qui leur assurent le succès dans ce rôle.

Le président al-Assad a affirmé que la Syrie s’engage à la résolution du Conseil de Sécurité sur les armes chimiques sans aucune réserve, précisant que le rôle de la Syrie se limite à présenter des données et de faciliter les procédures de la destruction des armes chimiques.

Le président al-Assad a indiqué que la solution politique est une partie très importante de la crise mais avec l’existence du terrorisme cette solution ne pourrait pas régler tous les problèmes. « En dépit de cela, il faut poursuivre l’action politique », a-t-il insisté.

Le président al-Assad a affirmé que le dialogue politique est très important pour discuter de l’avenir de la Syrie et du régime politique, appelant à arrêter la violence, le trafic des armes, l’infiltration des terroristes et le soutien financier y apporté pour assurer le succès de la solution politique.

Le président al-Assad a estimé que les personnes armées ne sont pas une opposition mais des terroristes, étant donné que l’opposition est une entité politique, un programme politique… une vision politique… C’est l’opposition. « Les armes, la destruction et l’assassinat ne sont pas opposition mais un terrorisme, comme le définissaient tous les pays du monde », a-t-il ajouté. « On mènera des discussions avec tout parti au sein de l’opposition, mais en ce qui concerne les groupes armés, aussitôt qu’ils jetteraient leurs armes, on serait prêt à discuter toute question avec eux à l’instar des autres citoyens », a-t-il indiqué, précisant qu’on ne pas négocier, par exemples, des organisations affiliées à Al-Qaëda, des terroristes ou bien des personnes qui réclament l’intervention étrangère ou militaire en Syrie.

A une question s’il planifie pour assister personnellement à la conférence de Genève, le président al-Assad a répondu qu’on doit être prêt en tant que gouvernement mais on ne peut pas déterminer qui va présider la délégation syrienne, vu que la conférence n’est pas claire jusqu’ici ainsi que les critères qui la régissent.

A une question s’il accepte l’idée de l’existence des forces de désengagement internationales pour la réalisation de la stabilité en Syrie, le président al-Assad a indiqué : « On parle en Syrie de gangs qui existent partout en Syrie et à l’intérieur de toute ville alors, si on a accepté cette idée, qui est inacceptable pour nous, où ces forces seront placées, les gangs se trouvent partout et ils se composent de terroristes qu’on doit combattre et non pas les isoler.

Le président al-Assad a, en outre, fait noter que la plupart des pays européens ont adopté la ligne américaine suivie dans le traitement avec les différents pays, depuis l’accession au pouvoir de Geroge Bush il y plus de dix ans.

Il a souligné que la Syrie accueille favorablement tout rôle des pays qui désirent aider les Syriens, mais les pays européens ne possèdent pas les facteurs qui les rendent capables d’assurer le succès de ce rôle ou d’être compétents et efficaces dans ce rôle.

A une question sur le contact téléphonique entre le président américain Barak Obama et son homologue iranien Hassan Rohani et si le changement de l’équilibre dans la région aura ses effets sur ce qui se déroule en Syrie, le président al-Assad a indiqué que l’Iran est un allié de la Syrie. « Nous avons confiance en les Iraniens qui, comme tout autre pays dans le monde, n’ont pas confiance en les Américains. Je crois qu’un certain nombre d’alliés de l’Amérique n’ont pas confiance en les administrations américaines… Mais si les Américains sont sincères dans ce rapprochement, je crois que les résultats seront positifs en ce qui concerne les différentes questions et non seulement la crise syrienne, ce qui aura ses retombées sur tous les problèmes dans la région », a-t-il indiqué.

Le président al-Assad a nié l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques, précisant avoir des preuves sur l’usage par les gangs de ces armes. « Pourquoi l’armée utilise de telles armes alors qu’elle réalise une progression sur terre tandis qu’elle ne les avait pas utilisées tout le long de deux ans et demi où l’armée avait fait face à des conditions très difficiles dans différentes régions en Syrie », s’est-il interrogé.

Questionné sur la possibilité de l’utilisation de l’arme chimique sans l’autorisation des autorités syriennes, le président al-Assad a qualifié d’ « incroyable » une telle action, soulignant que l’usage de l’arme chimique est une opération très compliquée et il y a des mesures très strictes de point de vue technique.

Au sujet de l’usage de l’atrocité contre toute forme de l’opposition au début de la crise en Syrie, le président al-Assad a souligné que le gouvernement a traité la situation conformément à la constitution « C’est de notre devoir de lutter contre les terroristes. Dès la première semaine de la crise, il y avait des victimes parmi l’armée et la police ».

Et le président de poursuivre : « si l’on parlé des erreurs commises sur le terrain, cela se produit partout dans le monde. En Grande Bretagne, la police a tiré le feu, il y quelques années, et tué un jeune brésilien par erreur ».

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Il a tenu à souligner que le jugement sur les erreurs commises se fera après la fin de la crise où les personnes pourront nous critiquer sur une base objective et méthodologique et non pas arbitraire.

Questionné sur la possibilité de quitter le pouvoir contre le rétablissement de la stabilité en Syrie, le président al-Assad a dit: « Si le fait de quitter le poste rendra la situation meilleure, ma réponse sera tout simplement et sans hésitation, je le fait, mais la situation sera-t-elle meilleure?.

El le président de poursuivre: « En ce qui concerne le poste du président, les urnes sont le seul moyen qui reflète l’opinion du peuple syrien à l’égard de la personne qui le désire. Pour moi, je respecte le désire du peuple syrien ».

Passant à la réforme en Syrie, Il a fait noter que la Syrie avait connu un progrès, rapide ou lent, dans ce sens depuis l’année 2000, ajoutant qu’il y avait des obstacles extérieurs qui avaient entravé cette réforme tels que l’Intifada en Palestine qui avait affecté tous les pays arabes, l’échec du processus de paix et les événements du 11 septembre. « Damas avait payé le prix des événements du 11 septembre », a-t-il estimé.

Il a rappelé à cet effet qu’il y avait une période de réconciliation artificielle ou un rapprochement entre la Syrie et l’Occident entre les années 2008 et 2011. « J’ai dit artificielle, car cette période était sous la supervision des Américains. Les Occidentaux n’étaient pas autonomes », a-t-il clarifié.

Le président al-Assad a affirmé que pour réaliser une réforme radicale, l’on a besoin d’un climat adéquat aux niveaux économique, politique et idéologique.

Il a, à ce propos, indiqué que la Syrie a besoin de réformes sans lesquelles rien ne pourrait se réaliser. »la réforme est l’axe essentiel pour faire une Syrie mieux. Cela ne signifie que je serai l’espoir des pays étrangers ou Occidentaux, mais l’espoir de tous les Syriens », a-t-il conclu.

L.W. R.B.

http://www.palestine-solidarite.org/interview.Bachar_al-Assad.290913.htm

Préparez vos mouchoirs…


Banques-PiègeL’oligarchie financière mondiale va bientôt vous rincer, et ce n’est pas un hasard, c’est un attentat financier longuement préparé. Quand les foules repues de tittytainment comprendront, il ne sera plus temps de faire le deuil de sa ruine, elle sera largement consommée et universelle !

La crise financière des subprimes n’était que le détonateur de la bombe financière qui arrive… les affaires de corruptions en cours, c’est la partie visible de l’iceberg, en fait la démocratie est un costume sur mesure que se sont offert les financiers rastaquouères, ou tous ceux qui sont élus sont a vendre… pour mémoire les récents scandales des députés européens prêts à se prostituer avec n’importe quels groupes financiers, sur un simple coup de fil !

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/03/des-d%C3%A9put%C3…

Tout ces « zélus » ont voté votre ruine:

Il n’est plus temps de parler de rendements, d’investissements……………………..ils ont déjà voté que vous devez tout perdre. Rassurez vous, quand vous serez en slip , il vous restera encore votre peau a sauver………………………..C’est là que vous comprendrez combien ils vous estiment, rendez vous en 2014, et dites vous que les vrais maitres du jeu pensent que vous êtes trop nombreux.

Denissto

Taxe sociale : Imaginer un revenu garanti pour tous


Foule-1Inventer une autre vie, d’autres rapports sociaux, peut sembler hors de propos en période de crise. L’exercice n’a pourtant jamais été aussi nécessaire. En Europe, en Amérique latine, en Asie, l’idée d’un droit au revenu inconditionnel fait son chemin.

On travaille, et, grâce à ce travail, on perçoit de l’argent. Une telle logique est si bien ancrée dans les esprits que la perspective d’instaurer un revenu inconditionnel, c’est-à-dire de verser à chacun une somme mensuelle suffisante pour lui permettre de vivre, indépendamment de son activité rémunérée, apparaît comme une aberration. Nous sommes encore persuadés de devoir arracher à une nature aride et ingrate les moyens de notre subsistance individuelle ; or la réalité est bien différente.

Bourses étudiantes, congés parentaux, pensions de retraite, allocations familiales, indemnités de chômage, régime français des intermittents du spectacle, minima sociaux : autant de prestations qui ont en commun de découpler revenu et travail. Si insuffisants, si attaqués que puissent être tous ces dispositifs, ils montrent que le revenu garanti est une utopie « déjà là ». En Allemagne, le revenu de la population ne provient directement du travail qu’à hauteur de 41 %, signalent Daniel Häni et Enno Schmidt dans leur film Le Revenu de base (2008) (1). En France, en 2005, il dépendait à 30 % de la redistribution (allocations diverses) : « Malgré tous les discours idéologiques, malgré la liquidation de l’Etat-providence, vilipendé par les néolibéraux, la part des prélèvements obligatoires est montée inexorablement sous les présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy (2) ». Et il ne serait pas très difficile de déplacer encore le curseur pour s’employer à ce que chacun soit à l’abri du besoin.

La première conséquence d’un revenu de base étant de faire disparaître le chômage comme problème –à la fois question de société et source d’angoisse individuelle–, on économiserait, pour commencer, les sommes engagées dans la poursuite de l’objectif officiel du plein-emploi. Plus rien ne justifierait les cadeaux faits aux entreprises pour les inciter à embaucher. Rappelons que les politiques d’exonération ou de réduction des cotisations sociales menées à cet effet sont passées de 1,9 milliard d’euros en 1992 à 30,7 milliards en 2008 (3). Ou encore qu’en 1989 le groupe sudcoréen Daewoo avait reçu 35 millions d’euros pour bâtir en Lorraine trois usines qu’il allait fermer en 2002, laissant mille personnes sur le carreau… Par ailleurs, le revenu garanti étant universel et inconditionnel –il est versé à tous, pauvres et riches, ces derniers le remboursant par l’impôt–, des économies seraient réalisées en supprimant tout le travail administratif lié à la surveillance des bénéficiaires de l’aide sociale, discutable du fait de son caractère humiliant, intrusif et moralisateur (4).

Mais précisons bien de quoi l’on parle exactement. Une mesure prônée, dans les années 1960, par des économistes aussi différents que James Tobin –également à l’origine du projet de taxation des transactions financières– et le libéral Milton Friedman a en effet de quoi inspirer la perplexité. Ce grand écart subsiste aujourd’hui : en France, le revenu garanti promu par Mme Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate) n’est pas le même que celui défendu par M. Yves Cochet (écologiste) ou par le Mouvement Utopia, transversal aux Verts et au Parti de gauche.

D’un montant trop faible pour que l’on puisse se passer d’emploi, le revenu de base des libéraux fonctionne comme une subvention aux entreprises, et s’inscrit dans une logique de démantèlement de la protection sociale : c’est la perspective de l’impôt négatif de Friedman. Dans ses versions de gauche, au contraire, il doit être suffisant pour permettre de vivre –même si la définition de ce « suffisant » pose, on s’en doute, des questions épineuses. Et on ne le conçoit pas sans une défense conjointe des services publics et des prestations sociales (retraites, allocations-chômage ou assurance-maladie), ainsi que de certaines aides sociales. On s’entend également sur quelques autres caractéristiques : il devrait être versé mensuellement à chaque individu, de la naissance à la mort (les mineurs touchant un montant plus faible que les adultes), et non à chaque foyer ; aucune condition ni contrepartie ne serait exigée ; et il serait cumulable avec les revenus d’un travail.

Ainsi, chacun pourrait choisir ce qu’il souhaite faire de sa vie : soit continuer de travailler, soit conserver la jouissance de son temps en se contentant d’un niveau de consommation modeste, soit alterner. Les périodes hors emploi ne seraient plus suspectes, puisque le travail rémunéré cesserait d’être la seule forme reconnue d’activité. Ceux qui choisiraient de vivre du revenu garanti pourraient se consacrer pleinement à des tâches qui les passionnent et/ou qui leur semblent socialement utiles, seuls ou à plusieurs.

Car le projet mise largement sur les possibilités d’association libre qu’il ouvrirait. En 2004, deux chercheurs de l’Université catholique de Louvain ont tenté de deviner les effets produits par le revenu de base en s’intéressant aux gagnants du jeu Win For Life, équivalent belge de ce qui s’appelait en France Tac o Tac TV gagnant à vie, et qui offre un revenu mensuel. Mais l’essayiste Baptiste Mylondo relève une différence notable entre les deux situations, qui oblige à relativiser leurs conclusions : « Tandis que le bénéficiaire du revenu inconditionnel est entouré d’autres bénéficiaires, le gagnant du Loto est totalement isolé. Or la valeur du temps libre croît avec le nombre de personnes avec qui il est possible de le partager (5) ». Le revenu garanti modifierait donc considérablement à la fois le rapport au travail, le rapport au temps, le rapport à la consommation et le rapport aux autres pour un grand nombre de gens –y compris, par contagion, pour ceux qui choisiraient l’emploi salarié. Pour autant, il est certain qu’il imposerait de créer de nouveaux modes de socialisation, sans quoi il pourrait aussi favoriser un certain repli, notamment chez les femmes, qui risqueraient d’être cantonnées au foyer.

C’est aux Etats-Unis qu’est apparue, après guerre, l’idée d’un revenu de base progressiste. Initiateur en 1968, avec Paul Samuelson, John Kenneth Galbraith et mille deux cents autres économistes, d’un appel en ce sens, Tobin fait introduire son projet de demogrant dans le programme de George McGovern, dont il est le conseiller, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 1972. Avec la lourde défaite du candidat démocrate face à Richard Nixon, le projet est enterré.

Il refait surface en Europe, d’abord dans les Pays-Bas des années 1980 (6). En Belgique, un groupe de chercheurs et de syndicalistes crée en 1984, autour de l’économiste et philosophe Philippe Van Parijs, le Collectif Charles Fourier. Un colloque organisé en 1986 à l’Université catholique de Louvain donne naissance au Réseau européen pour le revenu de base (Basic Income European Network, BIEN), qui deviendra mondial (Basic Income Earth Network) en 2004. L’un de ses fondateurs, Guy Standing, économiste à l’Organisation internationale du travail (OIT), participe à l’expérience de revenu garanti lancée en 2011 en Inde.

En Allemagne, le débat a pris une vigueur particulière ces dernières années grâce à la campagne menée par Mme Susanne Wiest. Installée dans le nord du pays après avoir vécu douze ans dans une roulotte, à la fois par désir de liberté et pour économiser un loyer, MmeWiest travaillait comme assistante maternelle et peinait à joindre les deux bouts. Une réforme fiscale intégrant ses allocations familiales à son revenu imposable achève de l’exaspérer. Sa rencontre avec Häni et Schmidt, fondateurs en Suisse alémanique du réseau Initiative Grundeinkommen (« Initiative pour le revenu de base »), la convertit à leurs vues. Elle lance une pétition publique qui connaît un vif succès et qui aboutit en 2010 à un débat au Bundestag, assurant au passage une large diffusion du film de Häni et Schmidt Le Revenu de base.

En France, la revendication d’un revenu garanti s’est cristallisée lors de la fronde étudiante contre le projet de contrat d’insertion professionnelle (CIP) du gouvernement de M. Edouard Balladur, en 1994, avec la création, à Paris, du Collectif d’agitation pour un revenu garanti optimal (Cargo), bientôt intégré à Agir ensemble contre le chômage (AC !). Elle a resurgi lors du mouvement de chômeurs de l’hiver 1997-1998. A la même époque, le philosophe écologiste André Gorz se rallie à l’idée (7), qui trouve également un écho au sein du mouvement altermondialiste en cours de constitution (8). Alain Caillé, fondateur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (Mauss), en est lui aussi partisan.

Enfin, face aux attaques dont a fait l’objet à partir de 2003 leur régime d’indemnisation, certains intermittents du spectacle militent non seulement pour le maintien du dispositif, mais pour son extension à l’ensemble de la population, de façon à normaliser l’alternance de périodes chômées et de périodes travaillées. Les secondes, font-ils valoir, se nourrissent des premières et ne pourraient exister sans elles. Sa proximité avec ce combat amènera M. Christophe Girard, maire socialiste du quatrième arrondissement de Paris, à plaider à la veille du congrès de son parti, en octobre 2012, pour l’instauration progressive d’un revenu universel (9).

Auparavant, et même s’il n’en est pas resté grand-chose dans la mesure finalement votée, l’idée que la société doit à ses membres les moyens de leur subsistance avait hanté les débats parlementaires autour de la création du revenu minimum d’insertion (RMI) par le gouvernement de M. Michel Rocard, en 1988. A gauche, certains, à commencer par le rapporteur du texte, M. Jean-Michel Belorgey, contestaient le conditionnement du RMI à des « efforts d’insertion ». Et ils s’interrogeaient : peut-on parler d’un « droit » pour un revenu dont l’obtention est suspendue à un passage devant une commission, et pour lequel une contrepartie est exigée (10) ? C’est aussi le sens du slogan sans fioritures des manifestations de chômeurs, « Du fric pour vivre ! » : dans une société que ne menace aucune pénurie, chacun devrait avoir droit à une vie digne.

Au sein de la gauche radicale, le revenu garanti est cependant loin de faire l’unanimité. Avec un éventail de défenseurs aussi bigarré, il fait d’abord craindre de se retrouver en douteuse compagnie. En outre, il diffère par beaucoup d’aspects des projets habituellement portés par la gauche anticapitaliste. Compte tenu de la résistance des mentalités, l’idée aurait sans doute bien du mal à s’imposer ; mais, même si elle y parvenait, sa mise en œuvre serait loin de régler tous les problèmes. Ses promoteurs, d’ailleurs, ne le prétendent pas.

Le revenu de base vise d’abord à fournir à tous le minimum vital, que ce soit au Nord ou au Sud, où il a aussi ses partisans. On estime en général qu’il aurait pour effet de stimuler l’activité économique dans les pays en développement et de la réduire légèrement ailleurs –raison pour laquelle il intéresse les écologistes. Dans les sociétés occidentales, il offrirait la possibilité d’échapper au chômage, à la précarité, au mal-logement et à la pauvreté laborieuse, ou, pour certains salariés, à la souffrance physique et psychique subie au travail. Mais il ne mettrait pas à bas le capitalisme, et, même si certains lui associent un projet de revenu maximum (11), il ne supprimerait pas les inégalités. C’est ce que beaucoup ne manquent pas de lui reprocher. Ainsi, le communiste libertaire Claude Guillon, jugeant ce programme trop timoré, a brocardé dans un livre ce qu’il appelle le « garantisme ». Il se défend cependant de « faire du pire et de son maintien le levier de la révolte », et admet que l’on parle mieux de politique le ventre plein (12)…

Plutôt que de renverser un ordre injuste pour le remplacer par un ordre juste, le revenu de base donnerait « une impulsion culturelle », pour reprendre le sous-titre du film de Häni et Schmidt. Il apporterait à la fois une reconnaissance et un encouragement aux activités hors marché, de manière à entamer une transition dont nul ne peut prédire où elle mènerait. Et, en laissant le choix aux individus, il suppose qu’on leur fasse confiance. Certes, la gauche anticapitaliste ne partage pas la forte analyse de l’essayiste libéral Nicolas Baverez, selon laquelle, « pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance (13) ». Mais la radicalité des projets politiques qu’elle défend va souvent de pair avec une définition un peu monolithique de la « bonne vie ».

C’est précisément l’abandon de cette logique qui a séduit le militant suisse Oliver Seeger, coauteur de la version française du film Le Revenu de base. Ancien de Longo Maï, une coopérative agricole communautaire établie après 1968 dans les Alpes-de-Haute-Provence (14), il récuse, avec le recul, « ce présupposé implicite selon lequel [ses camarades et lui étaient] une avant-garde révolutionnaire, une petite élite qui se préparait pour le jour J ». Le revenu garanti, à l’inverse, permet « de laisser les gens libres, pour une fois. De ne pas penser à leur place, de ne pas leur prémâcher une idéologie qu’ils seraient condamnés à suivre ». Le changement de société serait tout sauf facile : « J’espère bien que les gens auraient mal à la tête, et au cœur, et au ventre, que tout leur métabolisme serait dérangé, s’ils devaient réfléchir à ce qu’ils ont réellement envie de faire ! Comment pourrait-il en être autrement quand, pendant des années, on est allé au turbin sans se poser de questions ? Mais j’aimerais vraiment avoir une chance de voir ce que cela pourrait donner » (15).

Une autre critique importante adressée au revenu inconditionnel concerne sa remise en question de la norme du travail. Historiquement, le mouvement ouvrier s’est organisé au sein du salariat. Il y a forgé tous ses outils de résistance à l’exploitation et y a obtenu toutes ses conquêtes, des congés payés à la protection sociale. Au point parfois d’oublier que la « disparition du salariat » figurait parmi les objectifs inscrits par la Confédération générale du travail (CGT) dans la charte d’Amiens, en 1906… En outre, pour le monde syndical et les courants politiques qui en sont proches, le travail est une source irremplaçable de dignité et de réalisation de soi. Economiste membre de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac), JeanMarie Harribey estime qu’il constitue, « qu’on le veuille ou non », un « vecteur essentiel d’intégration sociale », car il confère à l’individu « sa qualité d’homme entier, producteur et citoyen » (16).

Paradoxalement, c’est pourtant la défense du travail qui motive certains partisans du revenu garanti. Ils y voient le moyen d’améliorer les conditions dans lesquelles on l’exerce, et de lever une ambiguïté fondamentale. Le « droit au travail » est inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ; mais, interrogent dans leur film Häni et Schmidt, « peut-il exister un droit à être obligé de faire quelque chose ? » Le revenu de base permettrait donc à certains salariés de ne plus l’être, et aux chômeurs qui le souhaiteraient d’occuper à nouveau un emploi. Le fait de ne pas jouer sa survie pourrait donner un plus grand pouvoir de négociation face à l’employeur, en particulier pour les tâches pénibles. Van Parijs et Yannick Vanderborght invitent également à imaginer l’atout que représenterait un revenu garanti « en cas de grève de longue durée (17) »…

Mais, par ailleurs, d’autres promoteurs de l’idée formulent bien une critique du salariat, en particulier au sein du courant décroissant (Mylondo et Utopia, notamment). La plupart des emplois, font-ils valoir, ne procurent à leurs titulaires ni l’estime de soi ni le sentiment de servir l’intérêt général, quand ils ne leur donnent pas le sentiment franchement inverse. Et, même si c’était le cas, les gains de productivité liés au progrès technique ne permettront de toute façon pas de fournir un poste à chacun. Partisan d’un salaire à vie inconditionnel financé par l’extension du système de la cotisation, Bernard Friot partage cette analyse : « Mieux vaut ne rien faire que d’être une inspectrice d’académie occupée à détricoter la fonction publique ou un ouvrier fabriquant des semences stériles pour Monsanto. » Il qualifie de « fable » le plein-emploi des « trente glorieuses », auquel il s’agirait de retourner : « N’oublions jamais que le prétendu plein-emploi des années 1960 était celui des hommes » (18).

Le courant inspiré de l’autonomie ouvrière italienne, représenté, en France, par Yann Moulier-Boutang ou par le cofondateur du Cargo Laurent Guilloteau, appuie quant à lui sa critique du salaire sur le concept de general intellect, emprunté à Karl Marx. Dans les Grundrisse, Marx prédisait qu’arriverait un moment où le savoir accumulé au fil de l’histoire par l’ensemble de la société serait le cœur de la création de valeur. Avec l’avènement de l’économie de l’immatériel, nous y sommes, affirment ses lecteurs. Et, dès lors, le capitalisme ne peut que devenir de plus en plus agressivement parasite : il ne fait plus que s’approprier des compétences développées en dehors de lui et inséparables des personnes, lesquelles, de surcroît, n’ont pas besoin de lui pour les mettre en œuvre.

L’essentiel de la production de richesses se jouerait donc en dehors de l’emploi. Entre les figures de la cigale insouciante et de la fourmi industrieuse, Moulier-Boutang en interpose une troisième, celle de l’abeille : son travail de pollinisation ne crée pas de valeur directe, mais aucune production ne pourrait exister sans lui. De même, chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie.

L’argument a l’avantage de renvoyer à leur inanité les représentations fantasmatiques, agitées par les démagogues, d’« assistés » inutiles et fainéants vivant du travail des autres. Mais en faire la justification du revenu garanti constitue un piège que Gorz avait bien vu : « On reste ainsi sur le plan de la valeur travail et du productivisme. » Or « le revenu d’existence n’a de sens que s’il n’exige ni ne rémunère rien » : il doit au contraire permettre la création « de richesses non monnayables » (19).

Nul besoin, de toute façon, d’en passer par le general intellect pour fonder en théorie l’instauration d’un revenu garanti. Dans La Justice agraire, en 1796, l’un des premiers promoteurs de l’idée, le révolutionnaire anglo-américain Thomas Paine, y voyait une juste indemnisation pour l’appropriation par quelques-uns de la terre, pourtant censée appartenir à tous…

Mona CHOLLET

source : http://www.interet-general.info/spip.php?article18545

(1) http://le-revenu-de-base.blogspot.fr

(2) Yann Moulier-Boutang, L’Abeille et l’Economiste,Carnets Nord, Paris, 2010.

(3) Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2013, annexe 5.

(4) Pôle emploi continuerait sans doute à exister, puisqu’il y aurait toujours un marché du travail, mais changerait radicalement de mission.

(5) Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous. Précis d’utopie réaliste, Utopia, Paris, 2010.

(6) Cf.Yannick Vanderborght et Philippe Van Parijs, L’Allocation universelle, La Découverte, coll. « Repères », Paris, 2005.

(7) André Gorz, Misères du présent, richesse du possible, Galilée, Paris, 1997.

(8) Lire Jean-Paul Maréchal, « Revenu minimum ou “deuxième chèque” ? », et Ignacio Ramonet, « L’aurore », Le Monde diplomatique, respectivement mars 1993 et janvier 2000. Mais aussi Yoland Bresson, « Instaurer un revenu d’existence contre l’exclusion », Le Monde diplomatique,février 1994. Créateur en 1989 de l’Association pour l’instauration d’un revenu d’existence (AIRE), cofondateur du BIEN, Bresson est critiqué en raison du faible montant qu’il prône, et qui le classe parmi les promoteurs d’un revenu garanti « de droite ».

(9) Christophe Girard, « Ma contribution pour le congrès du PS, pour un revenu social garanti », 4 septembre 2012, www.huffingtonpost.fr

(10) Laurent Geffroy, Garantir le revenu. Histoire et actualité d’une utopie concrète, La Découverte – Mauss, coll. « Recherches », Paris, 2002.

(11) Lire Sam Pizzigati, « Plafonner les revenus, une idée américaine », Le Monde diplomatique, février 2012.

(12) Claude Guillon, Economie de la misère, La Digitale, Quimperlé, 1999.

(13) 20 Minutes, Paris, 7 octobre 2003.

(14) Lire Ingrid Carlander, « Les irréductibles de Longo Maï », Le Monde diplomatique, mars 1996.

(15) « Revenu garanti, “la première vision positive du XXIe siècle” », décembre 2010, www.peripheries.net

(16) Cité par Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous, op. cit.

(17) L’Allocation universelle, op. cit.

(18) Bernard Friot, L’Enjeu du salaire,La Dispute, coll. « Travail et salariat », Paris, 2012.

(19) André Gorz, L’Immatériel, Galilée, Paris, 2003.

« L’Espagne est officiellement insolvable: retirez votre argent tant que vous le pouvez » (FMI)


bankia_espagnoleExtrait d’un article incroyable du Telegraph, attention, âmes sensibles…

 

Je n’avais pas remarqué jusqu’à ce que quelqu’un attire mon attention dans la dernière revue financière du FMI , publiée le mois dernier, qui déclare insolvable l’Espagne. Bien sûr, il ne l’est pas dit explicitement, le FMI voulant rester discret, mais le sens y est.

Prenons le déficit budgétaire prévu,il devrait diminuer assez fortement cette année à 6,6 %.

L’an prochain, le déficit devrait être de 6,9 %, et pis encore l’année suivante. Ces résultats prennent  en compte le dernier paquet de mesures d’austérité annoncé par le gouvernement espagnol.

La situation est encore pire sur une base corrigée aussi appelée le «déficit structurel»,

Pour faire court et en vulgarisant, la dette brute des administrations publiques devrait passer de 84,1 % du PIB l’an dernier à 110,6 % en 2018. Aucune autre économie avancée détient une telle détérioration des perspectives.

Ce qui est prévu est exactement le scénario qui se passe dans toutes les faillites.

Finalement, vous devez emprunter pour payer les intérêts sur votre dette existante.

Le pacte budgétaire oblige les pays de la zone euro à réduire leurs déficits de 3 % d’ici la fin de cette année, l’Espagne, quant à elle, a reçu une prolongation. Mais avec de tels chiffres, il n’y a aucune chance que l’Espagne y parvienne un jour, même avec des plans de sauvetage.

Dans le passé, le FMI s’est rendu coupable d’être trop optimiste envers l’Espagne, à la fois sur les perspectives de croissance et sur les finances publiques, il est donc possible qu’il est encore en train de commettre une énorme erreur de calcul.

Tout cela conduit à la conclusion qu’une grande restructuration de la dette espagnole est inévitable.

Mais à la fin, l’Espagne sera insolvable.

Les créanciers seront très certainement renfloués et une confiscation des dépôts semble possible.

Je ne conseille pas de sortir votre argent à la légère, ce conseil est généralement considéré irresponsable, car risquant de provoquer une panique générale. Pourtant, en regardant les projections du FMI, c’est la seule chose de rationnelle à faire.

 

 

Damiens Lanxade pour WikiStrike

 

Source: The Telegraph