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IIème Sommet de la CELAC à La Havane : retour en force de « l’équilibre du monde » de Bolívar et de Martí


CUBA-CELAC-SUMMITÉtape décisive dans la construction d’un monde multipolaire, le 2ème sommet des 33 chefs de gouvernement de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (Celac) vient de se dérouler à La Havane les 28 et 29 janvier 2014.

La CELAC, qui rassemble 600 millions d’habitants, a commencé ses travaux en 2011 sous l’impulsion du Venezuela bolivarien; elle est l’aboutissement des efforts des présidents Lula et Chavez pour accélérer l’unité politique et sociale des latino-américains, jusque là freinée par une OEA basée à Washington et instrumentalisée par les États-Unis. (1) Lire la suite IIème Sommet de la CELAC à La Havane : retour en force de « l’équilibre du monde » de Bolívar et de Martí

Pour en finir avec le mythe de Kennedy


Tribune libre Béatrice Doinette

JF KennedyLe 22 novembre prochain marquera le 50ème anniversaire de l’assassinat de J.F. Kennedy et il fait peu de doutes que nos formateurs d’opinion y trouveront l’occasion de nous rappeler tout le bien qu’il faut penser de ce « héros » de l’Occident.

Pourtant, il ne suffit pas d’avoir été assassiné (par qui ?) pour entrer dans l’Histoire par la grande porte. Ce pur produit du système élitaire américain s’est en effet distingué par des décisions qui font de sa présidence une calamité pour les peuples du monde… Lire la suite Pour en finir avec le mythe de Kennedy

« Dissidents »


original_Dissident_48d36ff5971bdLiu Xiaobo est chinois. Il a publié des ouvrages et donné des interviews dans lesquels il affirme que la colonisation occidentale a fait beaucoup de bien à la Chine, qu’il faudrait maintenant trois cents ans de colonisation occidentale en Chine pour rattraper Hong-Kong, et que l’intervention militaire en Irak a été une excellente chose car elle a rétabli la démocratie dans ce pays – ce qui lui a logiquement valu le prix Nobel de la paix en 2010. Il est actuellement emprisonné pour subversion. C’est un dissident. C’est un héros. Nos grands médias et nos hérauts des Droits de l’Homme, comme BHL ou Glucksmann, ont protesté à de nombreuses reprises contre son incarcération.

Gilberto Martinez est cubain. En 2003, avec soixante-quatorze autres compatriotes, il a été jugé, condamné et emprisonné pour avoir rencontré à plusieurs reprises James Cason, chargé d’affaires étasunien à La Havane, et discuté avec lui du renversement du pouvoir en place à Cuba, pour en établir un autre, qui conviendrait mieux à Georges Bush. C’est un dissident. C’est un héros. Nos grands médias et nos hérauts des Droits de l’Homme, comme Robert Ménard, ex-président de Reporters Sans Frontières, ont protesté vigoureusement contre son incarcération, comme contre celle des soixante-quatorze autres Cubains.

De même, tous ceux qui, pendant la guerre froide, fuyaient les pays socialistes – par exemple en se réfugiant dans des ambassades occidentales – étaient des dissidents, donc des héros, loués par nos grands médias et intellectuels amis des Droits de l’Homme.

Edward Snowden est étasunien. Il a transmis à la presse des preuves que la National Security Agency espionnait les messageries électroniques du monde entier sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Poursuivi par les autorités de son pays pour trahison, il s’est réfugié fin juin à l’aéroport de Moscou, où il a demandé l’asile politique à l’Équateur, pays ami de Cuba. Ce n’est pas un dissident. C’est un « lanceur d’alerte ». Nos médias l’aiment bien, mais ils ne protestent pas franchement contre ce qui lui arrive. BHL, Glucksmann et Ménard n’ont rien à dire sur lui.

Bradley Manning est étasunien aussi. C’est un soldat. Il a transmis à Wikileaks des informations sur les exactions de l’armée étasunienne en Irak et en Afghanistan. Il risque 136 ans de prison. Ce n’est pas un dissident. Mais alors, qu’est-ce ? Le Monde.fr interroge ses lecteurs : « Bradley Manning : traître ou héros ? » BHL, Glucksmann et Ménard semblent ignorer son existence.

À la lumière de ces quatre exemples simples, on peut construire la vraie définition du mot « dissident ». La définition actuellement donnée par les dictionnaires est en gros : « qui se sépare à cause d’une opposition au système politique en place », et l’emploi du mot par les intellectuels et médias défenseurs des Droits de l’Homme sous-entend clairement que ledit système politique est « totalitaire ». Aujourd’hui, il devient clair qu’un dissident, c’est quelqu’un qui s’oppose au système politique de son pays pour soutenir celui des États-Unis. En revanche, quelqu’un qui s’oppose au système politique des États-Unis ne peut pas être un dissident.

Mais, me direz-vous, quid de Gilberto Martinez et des autres dissidents Cubains libérés en  2011, partis vivre en Espagne, et qui cherchent maintenant à retourner à Cuba tellement la vie en Espagne est insupportable ? Pour eux il faudrait inventer un nouveau mot. Re-sident ? Ac-sident ? Désoc-sident ? J’ai demandé à BHL et Glucksmann ce qu’ils en pensent, mais ils n’ont pas l’air au courant…

Didas Kalos

http://www.resistance-politique.fr/

Snowden à Moscou par Israël Shamir


edward_snowden_zoom945Au milieu de son bref été, Moscou est frais et calme. Les trottoirs sont envahis par les tables des bistrots, les clients sont là, joyeux, et les encombrements diminuent quelque peu du fait des vacances. Le seul danger pour les hommes, ce sont les minijupes étourdissantes.

Dans quelques jours au plus tard, les charmes et les tentations de la ville seront à la portée d’Edward Snowden, qui va recevoir sa carte de réfugié lui permettant de marauder librement à travers toutes les Russies et de se familiariser avec les habitants.

Ce sera là un dépaysement bienvenu après l’aéroport international de Seremetyevo, où il a été longtemps relégué. C’est un vaste aéroport, et il y a là des malheureux, principalement des réfugiés sans papiers, qui y passent dix ans ou plus, en transit. On a cru un moment que notre héros serait retenu à jamais dans ces limbes. Les Russes et l’intrépide Snowden se regardaient en chiens de faïence, en maintenant les distances, jusqu’au moment où ils ont brisé la glace. Snowden est parvenu à rencontrer quelques représentants du public russe: des membres du Parlement (la douma, en russe), des militants pour les droits humains, des avocats prestigieux.

Il leur a rappelé qu’il « était habilité à fouiller dans tous vos échanges, à lire vos messages et à entreprendre des poursuites, jusqu’à changer le destin des gens, sans avoir à se justifier. » Il a invoqué la Constitution US qui est constamment bafouée par les hommes de l’ombre, dans la mesure où celle-ci « interdit tous les systèmes de surveillance massifs et invasifs ». Il a rejeté très justement la ruse légale des tribunaux secrets d’Obama, car aucun secret ne saurait blanchir ce qui est impur. Il a rappelé le principe de Nuremberg: « les citoyens ont le devoir de violer les lois de leur pays pour  empêcher des crimes contre la paix et contre l’humanité ». Et ce système de surveillance totale est certainement un crime contre l’humanité, la pierre d’angle du régime implacable qu’ils projettent d’implanter sur toute la planète. Lorsque cette déclaration a été interrompue par les haut-parleurs annonçant mécaniquement  un vol imminent, il a eu un sourire exquis pour dire: « j’ai entendu cela si souvent pendant toute cette semaine ».

Les Russes l’ont adoré; ils se sont mis à le voir d’un autre œil, comme je le prévoyais quand j’ai lancé un appel pour cette rencontre dans les pages du principal quotidien russe, le KP  (Komsomolskaya Pravda). Et maintenant nous apprenons que les Russes ont décidé de lui donner le statut de réfugié et de lui garantir toute liberté de mouvement.

Pourquoi ont-ils hésité si longtemps?

Snowden est un Américain, et les Américains, comme les Anglais, ont de forts préjugés contre la Russie, leur ennemi commun pendant la Guerre froide. Pour eux, c’est le pays du Goulag et du KGB. Les deux menaces se sont évanouies il y a plusieurs dizaines d’années, mais les traditions résistent, parfois sans fin. D’ailleurs le Goulag et le KGB n’étaient guère que des versions modernisées du knout des Tsars et de l’affreux régime des serfs au XIX° siècle, qui peut fort bien être remis à jour par la nouvelle mafia d’État brutale, telle que l’a mise à jour Luke Harding. Pour un Américain moyen, il est pratiquement impossible d’envisager un rapprochement avec la Russie. Surtout pour un Américain qui servait dans les rangs de la CIA et de la NSA, comme c’était le cas de Snowden. Et lui estimait que s’il choisissait d’embrasser la Russie, il perdrait son statut de lanceur d’alerte et serait considéré comme un agent ennemi, ce qui n’était pas du tout la même catégorie.

La même chose était arrivée à Julian Assange, en fait. Quand il fut proposé au créateur de Wikileaks de trouver refuge en Russie (ce qui techniquement était possible), il remit la proposition à plus tard, traîna des pieds et resta en Angleterre, se montrant de fait incapable de franchir le grand fossé qui sépare l’Ouest de l’Est, l’Orient de l’Occident.

Snowden ne cherchait pas à se retrouver sous les projecteurs, bien au contraire. Il souhaitait mettre un terme aux crimes commis par la NSA au nom du peuple américain, ni plus ni moins. Il espérait devenir une nouvelle Gorge Profonde, dont l’identité ne serait jamais révélée. Ses premières révélations importantes, il les avait faites par correspondance; il avait pris un avion pour Hong Kong parce que c’est une ville qu’il connaît bien, il parle couramment chinois, et projetait de rentrer ensuite chez lui à Hawaï. Il apparaît que c’est le Guardian (anglais) qui l’a poussé à révéler son identité. Même à ce stade il se croyait encore en sécurité, parce que Hong Kong relève de l’autorité souveraine de la Chine, et la Chine est un État puissant, qu’on ne bouscule pas facilement.

Les Chinois ont mis à profit les révélations de Snowden pour contrecarrer les accusations américaines d’espionnage électronique, mais ils n’allaient pas mettre à mal leurs relations avec les US pour ses beaux yeux, et ils se sont débarrassés de la patate chaude. Geste final délicat, ils ont eu la courtoisie de lui donner 24 heures pour déguerpir. Il était bien obligé de décamper, et il a sauté dans un vol d’Aéroflot pour Moscou en compagnie de Sarah Harrison, une exquise  lady anglaise qui fait partie du comité directeur de Wikileaks.

Snowden a donc atterri à Moscou, mais n’avait jamais envisagé de demander asile à la Russie. Pour lui, c’était juste une étape vers un pays neutre, l’Islande ou le Venezuela, bref,  quelque part en Occident. Il prévoyait de s’envoler vers La Havane et d’y changer d’avion pour Caracas. Il n’avait pas réalisé que l’État profond aux US a le bras fort long, et qu’il était bien décidé à s’emparer de sa personne et à lui appliquer un châtiment exemplaire.

Au début, les Américains ont exercé des pressions énormes sur Cuba pour que l’escale lui soit refusée. Ils ont menacé Cuba d’un débarquement assorti de blocus complet, et Castro a demandé à Snowden de se chercher un autre itinéraire. Il n’y a qu’Aeroflot qui aurait pu sortir Snowden de Russie, et sa ligne passe forcément par La Havane. D’où l’échec du premier projet.

Le sommet gazier qui se tenait à Moscou lui offrait  une autre issue de secours: il y avait là les présidents  de la Bolivie et du Venezuela, qui étaient venus pour la conférence dans leurs avions privés capables de faire ce long vol. Le président bolivien Evo Morales était parti le premier; son avion a été forcé d’atterrir, et fouillé, ce qui constitue un précédent historique inédit jusqu’alors. Ceci a servi d’avertissement pour le président Nicolas Maduro, qui quittait bientôt Moscou sans embarquer Snowden.

Ce fut une découverte pour Ed Snowden: il a appris à ses dépens qu’il n’y a qu’un pays au monde qui soit hors d’atteinte de l’oncle Sam. Il n’y a qu’un pays qui soit une véritable alternative à l’Empire, le seul pays que ni les bataillons de la Navy ni les drones d’Obama ne bombarderont, le seul pays dont les avions ne peuvent pas être arraisonnés et fouillés. Il était donc prêt à chercher l’entente avec les Russes; il a renouvelé sa demande d’asile provisoire, qui va probablement  lui être accordée.

Les Russes aussi ont hésité. Ils n’avaient pas envie d’irriter les US, ils étaient conscients que Snowden n’avait pas cherché à se rapprocher d’eux, et s’était juste retrouvé piégé lors d’une escale. C’était la patate chaude, et bien des gens étaient convaincus qu’il vaut mieux suivre l’exemple chinois, et l’envoyer ailleurs.

Le lobby US a tout mis en branle pour le faire extrader. Il y avait des militants pour les droits de l’homme et des membres d’ONG parmi les employés du Département d’Etat. Les Américains mettent ces gens et ces organisation en avant, comme leur cinquième colonne.

Lyudmila Alexeeva  en est un exemple en Russie; c’était une dissidente anti soviétique, elle a obtenu la nationalité américaine, elle est revenue en Russie et a repris sa bataille pour les droits humains et contre l’État russe. Elle crie sur les toits que Snowden est un traître, ne le voit nullement comme un lanceur d’alerte ou un défenseur des droits humains. Et il devrait être renvoyé aux USA, a-t-elle averti. D’autres dissidents notoires  et combattants contre le régime de Poutine ont applaudi, et se sont démasqués, apparaissant sous leur vrai jour.

Il y avait aussi quelques  siloviki qui étaient contre Snowden. Ce sont des membres et ex-membres de la communauté des services secrets russes, qui ont endossé le concept de convergence entre services de sécurité, et ont collaboré avec les Américains et d’autres services, en particulier ceux d’Israël. Ils ont dit que la loyauté envers le service auquel on appartient est la vertu la plus importante, et qu’un traître ne saurait être cru. Ils ont souri devant les révélations de Snoden en disant qu’ils savaient tout ça depuis longtemps. Ils ont dit qu’on ne saurait prendre au sérieux son désaccord avec Washington. C’est également la ligne défendue par Konstantin Remchukov, important patron de média, le propriétaire de la  Nezavisimaya Gazeta, qui en a rajouté, traitant Snowden d’espion chinois.

Enfin, on a entendu les conspirationnistes croasser que Snowden est un cheval de Troie, envoyé pour forcer les portes des secrets d’État russes. C’était de fait un agent double de la CIA, arguent-ils. Pas du tout, c’est un agent du Mossad, concluent d’autres encore. Et rendez-le donc aux Américains, assènent-ils. C’est bien là la pierre de touche qui a mis en lumière nombre d’agents américains, qu’ils passent pour des défenseurs des droits humains ou pour d’aussi fallacieux membres des services de sécurité.

Parmi ceux qui soutiennent Snowden en Russie, on trouve mon ami le poète Eduard Limonov, qui a qualifié Snowden d’annonciateur de l’effondrement du monde unipolaire. Mon journal, KP, a également embrayé. La télévision d’État a choisi une approche prudente, et n’accordait guère de poids aux découvertes de Snowden.

Le président Poutine a également joué avec précaution. Il a d’abord écarté les rumeurs envisageant la livraison de Snowden à Obama avec une formule laconique: « La Russie n’extrade personne, vers aucun Etat. » Puis il a offert l’asile à Snowden à condition qu’il cesse d’attaquer les US. C’est la condition habituelle que l’on pose aux demandeurs d’asile politique. Il a ajouté que Snowden n’accepterait probablement pas, parce qu’il veut continuer à livrer bataille, « exactement comme feu Sakharov », le célèbre dissident de l’ère soviétique. Il a aussi tenté de dissuader les Américains de poursuivre Snowden, comparant cette chasse à l’homme comme » la tonte d’un porcelet », qui déclencherait des hurlements et ne rapporterait guère de laine. La manœuvre a porté ses fruits: Snowden a accepté la condition préalable et a choisi de demander un asile provisoire en attendant que la route de l’Amérique latine s’ouvre devant lui; le président pour sa part a sauvé la face et a fait de son mieux pour éviter une bagarre avec les US et avec le puissant lobby pro-américain de Moscou. Je voudrais dire que malgré son image de macho autocrate, Poutine ne contrôle nullement les media russes libres, qui sont généralement propriété de barons tout-à-fait dévoués à l’Occident. Ses prises de position dans les débats nationaux sont à peine relayées.

Le dirigeant russe n’a pas cherché la confrontation. D’une façon générale, il ne cherche pas à semer la pagaille. Il se montre plutôt comme quelqu’un de circonspect et porté sur le conservatisme. Il préférerait probablement que Snowden s’envole sous d’autres cieux, d’autant plus que Snowden, qui est un patriote américain, ne partagerait pas les joyaux de la couronne avec les Russes. Il a fait traîner longuement son autorisation  protectrice pour que Snowden puisse rencontrer le public russe. Ce qui n’a pas empêche les Américains, tout au long de cette étape, de rajouter des listes entières de noms à la liste Magnitsky, liste secrète de Russes dont les propriétés et les comptes en banques peuvent être confisqués (« gelés » est le terme technique qu’ils utilisent). Les membres du Congrès ont pu déblatérer librement contre Poutine, et diffamer la Russie tout leur soûl. Attendez un peu, vous allez voir qu’Obama va téléphoner à Poutine ce soir et qu’il va nous renvoyer le paquet Snowden aussi sec, disait le porte-parole  de la Maison Blanche. Pendant ce temps-là, les US ont continué à échafauder leurs machinations contre la Syrie au Moyen Orient, et Israël a pu bombarder tranquillement les positions syriennes, probablement avec le soutien américain. Au lieu de lui manifester le moindre égard, Obama a essayé d’intimider Poutine. C’était une tactique erronée, et contre-productive.

Au même moment, la Russie a effectué un contrôle soudain de ses  disponibilités militaires, et n’écarte apparemment aucune option. Ce grand pays ne cherche pas la bagarre, mais ne bat pas en retraite non plus. Snowden est en sécurité ici à Moscou, où personne ne peut lui faire de mal, de sorte qu’il va pouvoir exposer devant le monde entier les crimes contre l’humanité commis par les services secrets américains. Et Moscou est un lieu de villégiature exceptionnel, particulièrement en été.

adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

source : http://www.israelshamir.net/French/Snowden-Fr.htm

Cuba ou la mondialisation de la solidarité (1/3): L’internationalisme humanitaire cubain


cuba2.pngDepuis le triomphe de la Révolution en 1959, Cuba a mis en place une politique de solidarité internationale destinée à venir en aide aux populations les plus démunies du Tiers-monde. Les résultats sont spectaculaires.

Depuis 1963 et l’envoi de la première mission médicale humanitaire en Algérie, Cuba s’est engagée à soigner les populations pauvres à travers la planète, au nom de la solidarité internationaliste. Les missions humanitaires cubaines s’étendent sur quatre continents et revêtent un caractère unique. En effet, aucune autre nation au monde, y compris les plus développées, n’a tissé un tel réseau de coopération humanitaire à travers à la planète. Ainsi, depuis le lancement de cette politique humanitaire, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays[1]. Au total, près de 100 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé environ un million de vies. Actuellement 37 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services près de 70 nations du Tiers Monde[2].

L’aide internationale cubaine s’étend à dix pays d’Amérique latine et aux régions sous-développées de la planète. En octobre 1998, l’ouragan Mitch avait ravagé l’Amérique centrale et la Caraïbe. Les chefs d’Etat de la région lancèrent un appel à la solidarité internationale. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Cuba fut la première à répondre positivement en annulant la dette du Nicaragua de 50 millions de dollars et en proposant les services de son personnel de santé[3].

Le Programme Intégral de Santé a alors été mis en place et élargi à d’autres continents tels que l’Afrique ou l’Asie. Le PNUD note une amélioration de tous les indicateurs de santé, notamment une baisse notable du taux de mortalité infantile, dans les régions où il est appliqué[4].

Chavezalba

Grâce à l’alliance entre Cuba et le Venezuela dans le secteur de la santé, plus de cent mille vie ont été sauvées.

 

L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)

Le premier pays bénéficiaire du capital humain cubain a logiquement été le Venezuela, grâce à l’élection de Hugo Chávez en 1998 et à la relation spéciale établie avec Cuba. L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. A cela s’ajoutent les Missions Ribas et Sucre qui ont permis à plusieurs dizaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. En 2010, 97% des enfants vénézuéliens étaient scolarisés[5]. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 300 millions de consultations dans les 4 469 centres médicaux créés depuis 1998. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. Plus de 1,7 millions de personnes ont été sauvées entre 2003 et 2011. Le taux de mortalité infantile a été réduit à moins de 10 pour mille[6]. Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé[7]. De même, selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de Gini le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités.[8]

Luis Alberto Matos, économiste expert en énergie, souligne la « coopération emblématique » entre Cuba et le Venezuela : « Qui peut nier l’immense contribution de ce pays en faveur du Venezuela dans l’amélioration des domaines de la santé, de l’agriculture et du sport, sans oublier la culture[9] ? »

Grâce à l’ALBA et au programme social lancé par le gouvernement d’Evo Morales, entre 2006 et juillet 2011, la Brigade médicale cubaine présente en Bolivie a soigné plus de 48 millions de personnes et a sauvé 49 821 vies[10]. La Bolivie a ainsi pu améliorer ses indicateurs de santé avec une baisse de la mortalité infantile de 58 pour 1000 en 2007 à 51 pour 1000 en 2009[11], soit une réduction de près de 14% en trois ans. Entre 2006 et 2009, près de 545 centres de santé ont été créés à travers le pays. Au niveau de l’éducation, la Bolivie a été déclarée territoire libre d’analphabétisme le 20 décembre 2008 par l’UNESCO avec l’alphabétisation de 824 000 personnes. Près de 1 540 établissements scolaires ont été construits. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, trois universités indigènes ont été créées. La pauvreté extrême a été réduite de 6%, passant de 37,8% à 31,8%[12].

Au Nicaragua, le programme « Yo, sí puedo » a permis à l’Unesco de déclarer le pays libre d’analphabétisme en 2009. Grâce à l’ALBA, le Nicaragua a également pu résoudre sa grave crise énergétique qui provoquait parfois des ruptures de courant 16 heures par jour. Plusieurs hôpitaux intégralement équipés ont été construits à travers le territoire national avec un accès gratuit aux soins pour toute la population, et ils fonctionnent en partie grâce à la présence du personnel médical cubain[13].

En Equateur, l’arrivée au pouvoir de Rafael Correa en 2006 a également entraîné une révolution sociale sans précédent. Ainsi, le budget de la santé est passé de 437 millions de dollars en 2006 à 3,43 milliards en 2010. Le budget de l’éducation est passé de 235 millions en 2006 à 940,7 millions en 2010. Le taux de scolarisation jusqu’au niveau du baccalauréat du quintile le plus pauvre est passé de 30% à 40% entre 2006 et 2010. La couverture du panier de la ménagère est passée de 68% à 89%. La pauvreté a baissé de 7% sur la même période au niveau national et de 13% pour les Afro-équatoriens, sortant ainsi de la pauvreté 700 000 personnes sur les 5 millions d’indigents que comptait la nation en 2006[14]. L’Equateur a prévu d’éradiquer totalement la malnutrition infantile en 2015, et de rejoindre ainsi Cuba, seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à s’être débarrassé de ce fléau selon l’UNICEF[15].

correa2L’Équateur a également bénéficié des programmes de solidarité cubaines après l’arrivée de Correa au pouvoir.

La Brigade Henry Reeve

Le 19 septembre 2005, suite à la tragédie engendrée par l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, Cuba a créé la Brigade Henry Reeve[16], un contingent médical composé de 10 000 professionnels de la santé, spécialisé dans les catastrophes naturelles. La Havane avait, à l’époque, offert à Washington d’envoyer 1 586 médecins secourir les victimes, mais s’était heurté au refus du président de l’époque George W. Bush[17].

La Brigade Henry Reeve est notamment intervenue sur plusieurs continents. Ainsi, suite au tremblement de terre qui avait ravagé le Pakistan en novembre 2005, 2 564 médecins se rendirent sur place et portèrent secours aux victimes pendant plus de huit mois. Trente-deux hôpitaux de campagne furent montés et furent ensuite offerts aux autorités sanitaires du pays. Plus de 1 800 000 patients furent soignés et 2 086 vies furent ainsi sauvées. Aucune autre nation au monde n’apporta une aide aussi importante, pas même les Etats-Unis, principal allié d’Islamabad, qui n’établirent que deux hôpitaux de campagne et restèrent sur place huit semaines[18]. Le journal britannique The Independent souligna le fait que la brigade médicale cubaine fut la première à arriver sur les lieux et la dernière à quitter le pays[19].

Antérieurement, après le tsunami qui avait dévasté la région pacifique en 2004, Cuba a dépêché plusieurs missions humanitaires pour porter assistance aux victimes, souvent abandonnées par les autorités locales. Plusieurs zones rurales de Kiribati, du Sri Lanka ou du Timor Oriental dépendent encore de l’aide médicale cubaine[20]. Une école de médecine a même été inaugurée au Timor Oriental afin de former de jeunes étudiants du pays. Les Iles Salomon ainsi que la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont sollicité La Havane pour bénéficier d’une aide similaire et signer des accords de coopération[21].

Après le tremblement de terre survenu en mai 2006 à Java, en Indonésie, Cuba a également envoyé plusieurs missions médicales. Ronny Rockito, coordinateur régional indonésien pour la santé, a fait l’éloge du travail des 135 professionnels cubains qui ont installé deux hôpitaux de campagne. Selon lui, leur travail a eu un impact plus important que celui de n’importe quel autre pays. « J’apprécie les équipes médicales cubaines. Leur style est très amical et leur niveau de soins est très élevé. Tout est gratuit et il n’y a aucun soutien de la part de mon gouvernement dans cela. Nous remercions Fidel Castro. Beaucoup de villageois ont supplié les médecins cubains de rester », a-t-il souligné[22].

Le cas le plus récent et le plus emblématique de la coopération médicale cubaine concerne Haïti. Le tremblement de terre de janvier 2010, de magnitude 7, a causé de dramatiques dégâts humains et matériels[23]. Selon les autorités haïtiennes, le bilan, extrêmement lourd, a été d’au moins 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 millions de sans-abris[24]. La brigade médicale cubaine, étant sur place depuis 1998, a été la première à porter secours aux victimes et a soigné près de 40% des victimes[25].

En octobre 2010, des soldats népalais des Nations unies ont introduit par inadvertance le virus du choléra à Haïti. Selon l’ONU, l’épidémie a été découverte par l’équipe médicale cubaine du Docteur Jorge Luis Quiñones. Elle a coûté la vie à 6 600 personnes et en a infecté 476 000 autres, ce qui représente près de 5% de la population sur un total de 10 millions d’habitants. Il s’agissait du taux de choléra le plus élevé au monde selon les Nations unies. Le New York Times souligne dans un reportage le rôle-clé des médecins cubains : « La mission médicale cubaine qui a joué un rôle important dans la détection de l’épidémie est toujours présente à Haïti et reçoit chaque jour la gratitude des donateurs et des diplomates pour sa présence sur les lignes de front et pour ses efforts de reconstruction du système de santé délabré du pays[26] ».

De son côté, Paul Farmer, envoyé spécial de l’ONU, a noté qu’en décembre 2010, lorsque l’épidémie avait atteint son sommet avec un taux de mortalité sans précédent et que le monde avait les yeux rivés ailleurs, « la moitié des ONG étaient déjà parties, alors que les Cubains étaient toujours présents ». Selon le Ministère de la Santé haïtien, les médecins cubains ont sauvé plus de 76 000 personnes dans les 67 unités médicales sous leur responsabilité, avec seulement 272 décès, c’est-à-dire un taux de mortalité de 0,36%, contre un taux de 1,4% dans le reste du pays. Depuis décembre 2010, aucun décès n’est survenu chez les patients soignés par les médecins cubains[27].

 

Une politique solidaire saluée par les Nations unies

Selon le PNUD, l’aide humanitaire cubaine représente proportionnellement au PIB un pourcentage supérieur à la moyenne des 18 nations les plus développées. Le PNUD note dans un rapport que

La coopération offerte par Cuba s’inscrit dans un contexte de coopération Sud-Sud. Elle ne poursuit pas d’objectif lucratif mais elle est au contraire offerte comme l’expression d’un principe de solidarité et, dans la mesure du possible, à partir de coûts partagés. […]. Dans la quasi-totalité des cas, l’aide cubaine a été gratuite, même si à partir de 1977, avec certains pays à hauts revenus, principalement pétroliers, une coopération sous forme de compensation s’est développée. Le développement élevé atteint à Cuba dans les domaines de la santé, de l’éducation et du sport a fait que la coopération a concerné ces secteurs, bien qu’il y ait eu une participation dans d’autres branches comme la construction, la pêche et l’agriculture[28].

L’internationalisme humanitaire mis en place par Cuba démontre que la solidarité peut être un vecteur fondamental dans les relations internationales. Ainsi, une petite nation du tiers-monde aux ressources limitées, et victime d’un état de siège économique sans précédent de la part des Etats-Unis, arrive à dégager les ressources nécessaires pour venir en aide aux plus démunis et offre au monde l’exemple, comme dirait le Héros national cubain José Martí, que la Patrie peut être l’Humanité.

 Salim Lamrani

Article initialement publié en portugais :

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29161/cuba+ou+a+globalizacao+da+solidariedade+o+internacionalismo+humanitario+.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel


[1] Felipe Pérez Roque, « Discurso del canciller de Cuba en la ONU », Bohemia Digital, 9 novembre 2006.

[2] Ibid.

[3] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[4] Ibid.

[5] Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo, « Objetivos de desarrollo del Milenio en Venezuela », 2011. http://www.pnud.org.ve/content/view/176/169/ (site consulté le 15 février 2013).

[6] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[7] Programme des Nations unies pour le Développement, Rapport sur le développement humain 2011, Nations unies, New York, 2011, p. 150. http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2011_FR_Complete.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[8] Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo, « Objetivos de desarrollo del Milenio en Venezuela », 2011. Op. cit.

[9] Fidel Ernesto Vásquez, « Petrocaribe promueve el intercambio justo y equitativo en la región », Partido Socialista Unido de Venezuela, 27 octobre 2011. http://aristobulo.psuv.org.ve/2011/10/27/canpana/petrocaribe-promueve-el-intercambio-justo-y-equitativo-en-la-region/ (site consulté le 15 février 2013).

[10] Ministerio de Relaciones Exteriores, « Alcanza la ‘Operación Milagro’ en Bolivia más de 600 000 operaciones de la vista », República de Cuba, 29 août 2011. http://www.cubaminrex.cu/Actualidad/2011/Agosto/ALCANZA.html (site consulté le 15 février 2013).

[11] Programme des Nations unies pour le Développement, « Taux de mortalité infantile chez les moins de cinq ans (pour 1000 naissances vivantes), Nations unies, 2011. http://hdrstats.undp.org/fr/indicateurs/57506.html (site consulté le 15 février 2013).

[12] Presidencia de la República, « 100 logros del Gobierno para Bolivia (2006-2009) », Estado Plurinacional de Bolivia, 2010. http://www.presidencia.gob.bo/documentos/logros100.pdf (site consulté le 15 février 2013).

[13] Mariela Pérez Valenzuela, « ALBA : la justicia de los hechos », Granma, 14 juillet 2009. http://www.granma.cubaweb.cu/secciones/alba/int/2integ32.html (site consulté le 15 février 2013).

[14] Pedro Rioseco, « Ecuador. Destacan logros de Revolución Ciudadana en cuatro años », Prensa Latina, 31 mai 2011.

[15] Presidencia de la República de Ecuador, « En 4 años, Gobierno aspira a declarar Ecuador país libre de desnutrición infantil », El Ciudadano, 27 octobre 2011. http://www.elciudadano.gov.ec/index.php?option=com_content&view=article&id=28336:en-4-anos-gobierno-aspira-declarar-a-ecuador-pais-libre-de-desnutricion-infantil&catid=40:actualidad&Itemid=63 (site consulté le 15 février 2013) ; UNICEF, Progreso para la infancia. Un balance sobre la nutrición, 2011.

[16] Citoyen étasunien devenu Brigadier-Général de l’Ejército Libertador durant la première guerre d’indépendance de Cuba entre 1868 et 1878, qui donna sa vie pour la libération de l’île.

[17] Felipe Pérez Roque, « Discurso del canciller de Cuba en la ONU », Bohemia Digital, 9 novembre 2006.

[18] Ibid.

[19] Nina Lakhani, « Cuban Medics in Haiti Put the World to Shame », The Independent, 26 décembre 2010.

[20] Cubadebate, « Presentan filme sobre cooperación cubana en el Pacífico », 10 novembre 2009.

[21] Tom Fawthrop, « Impoverished Cuba Sends Doctors Around the Globe to Help the Poor », The Syndney Morning Herald, 28 octobre 2006.

[22] Ibid.

[23] Institut national de sciences de l’univers, « Séïsme de Haïti du 12 janvier 2010 », Centre national de la recherche scientifique, 19 janvier 2010. http://www.insu.cnrs.fr/co/terre-solide/catastrophes-et-risques/seismes/seisme-de-haiti-du-12-janvier-2010 (site consulté le 15 février 2013).

[24] Radio Canada, « Le bilan grimpe à 230 000 morts », 10 février 2010. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/02/10/004-haiti_bilan.shtml (site consulté le 15 février 2013).

[25] Nina Lakhani, « Cuban Medics in Haiti Put the World to Shame », op. cit.

[26] Andrés Martínez Casares, « Cuba Tales Lead Role in Haiti’s Cholera Fight », The New York Times, 7 novembre 2011.

[27] Ibid. Voir également Cuba Debate, « Brigada Médica Cubana en Haití alcanza records mínimos de tasa de letalidad por cólera », 5 mars 2011.

[28] Programme des Nations unies pour le Développement, Investigación sobre ciencia, tecnología y desarrollo humano en Cuba, 2003, p.117-119. http://www.undp.org.cu/idh%20cuba/cap6.pdf (site consulté le 15 février 2013).

 

 

http://www.mondialisation.ca/cuba-ou-la-mondialisation-de-la-solidarite-13/5337424

Les Rothschilds veulent la banque de l’Iran


the Rothschilds lived hereEst-ce que prendre le contrôle de la Banque centrale de la République islamique d’Iran (CBI) est une des raisons principales pour que l’Iran soit la cible des pouvoirs occidentaux et israéliens ?

Comme les tensions poussent à une guerre inéluctable avec l’Iran, il faut explorer le système bancaire de l’Iran par rapport à ses homologues américains, britanniques et israéliens.

Certains chercheurs soulignent que l’Iran est l’un des trois seuls pays dans le monde, dont la Banque centrale n’est pas sous contrôle de Rothschild.

Avant le 9-11 il y en avait sept : Afghanistan, Irak, Soudan, Libye, Cuba, la Corée du Nord et en Iran. Cependant, en 2003, l’Afghanistan et l’Irak ont été engloutis par la pieuvre de Rothschild et en 2011 le Soudan et la Libye ont également disparus. En Libye, une banque Rothschild a été créée à Benghazi alors que le pays était encore en guerre.

L’Islam interdit l’usage de l’usure, la pratique de la tarification excessive, déraisonnablement élevé et souvent interdit les taux d’interêts sur les prêts; c’est un problème majeur pour le système bancaire de Rothschild.

Il y a quelques centaines d’années l’usure était également interdite dans le monde chrétien et était même passible de mort, car elle était considérée comme de l’exploitation et de l’asservissement.

Après que la famille Rothschild ait repris la Banque d’Angleterre ils ont étendu leur contrôle bancaire dans tous les pays du monde. Leur méthode a été d’obtenir des politiciens corrompus du pays à accepter des prêts massifs, qu’ils ne pourraient jamais rembourser et donc à s’endetter auprès des Rothschild . Si un chef de file refuse d’accepter le prêt, il est souvent écarté ou assassiné. Et si cette opération échoue, des invasions peuvent suivre, et une banque Rothschild qui pratique l’usure est établie.

Les Rothschild exercent une puissante influence sur les principales agences de presse dans le monde. Par la répétition, les masses sont dupés en leur faisant croire à des histoires d’horreur sur les vilains méchants.

Les Rothschild contrôlent la Banque d’Angleterre, la réserve fédérale, la Banque centrale européenne, le FMI, la Banque mondiale et la Banque des règlements internationaux. Aussi, ils possèdent la plus grande partie de l’or dans le monde ainsi que le London Gold Exchange, qui fixe le prix de l’or chaque jour. On dit que la famille est propriétaire de plus de la moitié des richesses de la planète — estimé par le Credit Suisse à 231 milliards de dollars — et est contrôlée par Evelyn Rothschild, l’actuel chef de la famille.

Des chercheurs objectifs soutiennent que l’Iran n’est pas diabolisé parce qu’il représente une menace nucléaire, tout comme les talibans, Saddam Hussein en Irak et Kadhafi en Libye n’étaient pas une menace.

Quelle est donc la vraie raison ? Est-ce les milliards et les milliards de bénéfices provenant du pétrole ou les milliards des bénéfices de guerre ? Est-ce pour ruiner l’économie américaine, ou est-ce pour déclancher la troisième guerre mondiale ? Est-ce pour détruire les ennemis d’Israël, ou pour détruire la Banque centrale iranienne afin que personne ne puisse défier le racket de Rothschild ?

La vraie raison pourrait être l’un de ces motifs ou, pire, tous.

par Dornach

Source : http://www.moneytrendsresearch.com/rothschild-wants-irans-banks/

La France, toujours aussi aventureuse


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Que cherche la France ? Quels buts poursuit-elle dans tous ses engagements à travers le monde ? Elle est partout, et en première ligne. Elle est la première à surenchérir dès qu’il s’agit de menacer un pays, de le mettre sous embargo, ou d’y envoyer un contingent. Elle ne se contente pas seulement d’être solidaire de ses partenaires ou d’appliquer des décisions prises en commun avec eux ou à l’échelle internationale. Mais, elle se croit toujours obligée de s’approprier la cause en cours comme si elle était la première concernée. Tous les problèmes du monde deviennent les siens. Tous les litiges internationaux passent par elle. Chez les humains, un tel comportement serait considéré comme un cas psychiatrique.

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Le mystère Erdogan.


Erdogan-ObamaDe tous les dirigeants du monde actuel,  le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan est certainement  le plus déroutant et le plus imprévisible.

Le monde entier se souvient de sa sortie  au forum de Davos en 2009, devant  un auditoire et un Shimon Perez éberlués. Il endossait ce jour-là le costume d’un des plus grands, sinon le plus grand défenseur de la cause Palestinienne. Les relations entre la Turquie et Israël, savamment tissées au cours des années et  alors à leur apogée, se détériorèrent brutalement, et continuèrent à se dégrader au point d’en être aujourd’hui au point zéro. Du jour au lendemain, il devint le héros du monde musulman. Il fut perçu comme celui qui, peut-être, délivrera les palestiniens et brisera enfin le blocus de Gaza. Les éloges et les superlatifs n’en finissaient pas. Pour certains c’était le nouveau Nasser, pour d’autres la réincarnation de Saladin. Comme on pouvait s’y attendre, l’axe de la résistance ne fut pas en reste. Le secrétaire général du Hezbollah lui-même, Hassan Nasrallah alla jusqu’à lier les qualités morales du nouveau chevalier à son prénom, Tayyip, qui veut dire : généreux.

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