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Les navires de guerre chinois au large de Long Island


le-porte-ac3a9ronefs-chinois-liaoningPar Norman POLLACK

Flash! Président Xi, de Chine, dans une déclaration faite dans Foreign Affairs, a annoncé sa stratégie Atlantique attendue depuis longtemps, dans laquelle un groupe de combat de gros porte-avions sillonneront les eaux de Portsmouth à Charleston, prévue pour débuter dès la signature d’un traité de sécurité mutuelle avec les Bermudes, où les porte-avions sont actuellement à quai, avec des bombardiers à long rayon d’action dotés de capacités nucléaires. Ce «pivot», qui a nécessité des moyens militaires importants et des initiatives diplomatiques (y compris l’offre de manœuvres conjointes), présente un nouveau cadre de pénétration régional et de concept géopolitique, et est le résultat de réunions ultrasecrètes des conseillers de sécurité nationale de Xi avec la crème des experts du renseignement issus des services de renseignement,  le NSA et la CIA chinois, organismes qui ont reçu carte blanche par le président pour agir dans le cadre de sa doctrine de guerre permanente. Certains experts de la défense chinois sont sceptiques en ce sens qu’ils préfèreraient une confrontation plus directe plutôt que le résultat d’une politique de confinement largement interprétable, point de vue avec  lequel le président lui-même se trouve en accord. Mais toutes les parties de l’establishment civilo-militaire sont d’accord pour dire qu’une posture de guerre est bonne, et peut-être nécessaire, tant pour assurer la conformité interne que de fournir un stimulus économique pour éviter la stagnation et conjurer la récession. Xi a beaucoup de chances  d’avoir un organe parlementaire complaisant avec lequel travailler, patriotique et réactionnaire dans l’âme, entièrement soumis aux politiques d’intervention, d’assassinats ciblés, d’espionnage domestique, laxiste quant à la non-existence de protocole réglementaire pour favoriser les monopoles, surtout, peut-être, une capacité –encore un  peu rudimentaire – d’avoir une vision de la contre-révolution universelle à géométrie variable, en commençant déjà par mettre les Etats-Unis au pas, c’est-à dire leur faire  accepter le leadership et l’orientation de la Chine dans les affaires mondiales.

Cela vous semble familier? J’ai simplement pris la stratégie d’Obama  pour le Pacifique et inversé l’imagerie pour suggérer, plutôt, ce que les Etats-Unis ont fait à l’égard de la Chine, vis-à-vis de laquelle une attitude conflictuelle aux niveaux  militaire, diplomatique, économique et idéologique, tout en un, a été adoptée par les Etats-Unis pour la contenir, l’isoler, et, dans la mesure où elle est considérée comme une formation étatiste, la libérer, de sorte qu’elle sera libre de profiter des fruits du capitalisme à l’américaine, ce qui se traduira, en terme grandiose, par l’expression « l’interventionnisme humanitaire libéral ». La spécialité d’Obama, qui combine les politiques de  « guerre juste » de Brennan, la rhétorique de Rhodes, la nouvelle vitrine interventionniste avec les nominations de Rice et de Power, l’élargissement de la mission et de la juridiction de la CIA, c’est, sans vergogne, la domination mondiale, comme par droit divin, ou à tout le moins, la preuve auto-confirmée de l’Exceptionnalisme Américain, couplé avec une cuillerée d’armement nucléaire modernisé et l’utilisation des forces paramilitaires (JSOC : Joint Special Operations Command) à l’appui du système.

La domination mondiale n’est pas nécessairement de type hitlérien, difficilement concevable pour le lauréat du Prix du Nobel de la paix, même si des choses étranges se sont produites. Malgré tous les efforts pour comprendre la psychologie d’Obama, il a à ce jour, et de façon experte, réussi à se dérober à l’analyse. Mais nous avons un dossier, non pas, comme ses partisans espèrent, un faisceau de contradictions que l’on peut facilement passer à la trappe (par exemple, l’obstructionnisme républicain), mais une direction unitaire: pro-intervention, pro-riches, anti-environnement, anti-régulation, et, si son dossier sur l’allégement de l’hypothèque, la création d’emplois, et, en général, le réseau de sécurité sociale est une indication, on peut rajouter anti-pauvres, anti-ouvriers, tous confondus, un élitisme assez méprisable imprégné de valeurs militaro-autoritaires de la hiérarchie sociale et économique et un fondamentalisme de marché puriste qui reflète l’accumulation sans entrave des richesse. Ce noble ensemble de vertus doit être défendu à tout prix, non seulement contre la Chine, mais aussi contre les citoyens américains à l’intérieur, et pour Obama, la meilleure défense, après la puissance militaire, est le secret du gouvernement. Pas de domination à la Hitler, donc, mais une auto-pacification intérieure. Comment? Une technique consiste à créer les conditions pour que le corps politique suspecte tout ce qui est radical (pas nécessairement le collectivisme marxiste, mais tout simplement, la remise en cause de l’autorité, que ce soit sur la politique de guerre ou les passe-droit des compagnies pétrolières, et la liste est longue…).

De plus en plus, le gouvernement Obama fait l’amalgame entre radicalisme et terrorisme. Son atout est d’insuffler aux américains une psychologie de guerre qui permet non seulement la «guerre contre le terrorisme», mais aussi sa stratégie pour le Pacifique et une plus grande présence militaire dans la région. La Chine est terriblement importante pour les objectifs de l’Amérique. Comme au temps de Dulles dans toute sa splendeur, Obama fait un retour en arrière, la Chine étant le défi suprême pour une Amérique éprise de liberté, une référence indirecte au terrorisme conçu comme étant générique et toujours latent. Il ne peut en être autrement, car sinon comment préparer les américains à une politique de ligne dure qui pourrait aboutir à un conflit? En gardant à l’esprit que l’on a une raison pour lier la politique chinoise des Etats-Unis avec la généralisation de la surveillance, et en corollaire, une large pratique de classement à outrance des documents gouvernementaux ; dans les deux cas, un fléchissement impérial de sa politique musclée servira à notifier partout à cors et à cris que les États-Unis ont une place permanente au sommet de la pyramide des puissances mondiales. Dans un sens, à l’intérieur des Etats-Unis, ces manœuvres  psychologiques et idéologiques ne sont pas nécessaires, parce que peu d’Américains critiquent l’hégémonie et les entreprises de leur gouvernement dans le monde. Mais pourquoi prendre des risques? Ainsi, la surveillance est très en vogue, moins pour empêcher une résurgence des mouvements radicaux, que pour favoriser l’internalisation de la conformité (c’est à dire, la discipline sociale).

Les récentes réunions Xi-Obama à Sunnylands était une pièce de théâtre social, une rencontre pro forma qui, en particulier sur la question de la cyberguerre, ne pouvait pas aboutir à des accords alors que, ce jour-là, devait être révélée la cyberguerre d’Obama contre son propre peuple. Nous savons maintenant, si nous ne le savions déjà, qu’il n’a pas facilement honte. Les assassinats ciblés? Rien. Les Budgets de mammouth  pour la défense. Idem. Guantanamo? Que dalle. Disparités extrêmes de richesse et de pouvoir en Amérique? Pas un mot. Mais quand il faut aborder la question de l’affirmation de la Chine dans les affaires internationales, alors que les États-Unis reposent sur un système mondial de bases militaires, restent engagés dans des interventions militaires, ont leur flotte au large des côtes  chinoises ou dans les environs, cela exige beaucoup de cynisme, totalement transparent pour les chinois, qui ne peuvent qu’admirer sa chutzpah. Les États-Unis vont persister dans leur exigence pour la prééminence mondiale, mais la structure du monde est en train de se métamorphoser en un système multipolaire, une décentralisation de la puissance, dans lequel la Chine est une menace à l’hégémonie américaine, mais on peut vivre avec, et qui apparaît être du goût de la Chine, parce que, en l’absence de la suprématie unilatérale américaine régissant le commerce international et l’investissement, la Chine est capable, comme actuellement en Afrique et en Amérique latine, de chercher son propre bien-être – tout comme la Russie, le Japon, l’Union européenne, le Brésil et les pays du Tiers-Monde qui entreprennent leur propre modernisation et industrialisation. L’Amérique dit « NON! » à la marche irrésistible de l’Histoire, et, malgré le militarisme, ou peut-être à cause de cela, est en danger d’être laissée pour compte. Plus d’interventions, plus de surveillance, en fin de compte, plus de « retour du bâton », dans lequel les voix des dépossédés et des victimes seront entendues.

Norman Pollack est l’auteur de The Populist Response to Industrial America” (Harvard) and “The Just Polity” (Illinois), Guggenheim Fellow, et professeur émérite d’histoire, Michigan State University.

Traduction : Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

La Chine se rebiffe. La guerre de la communication a-t-elle commencé ?


Préparez-vous aux futurs mensonges des Etats-Unis. A diffuser le plus largement possible.

cartes-de-la-chine-et-etats-unis-dans-une-3d-avec-le-drapeauUne fois encore, en évoquant les cyber-menaces, les Etats-Unis ont, sans raisons valables, pointé la Chine du doigt. Le 6 mai, le ministère américain de la Défense a publié son « Rapport annuel 2013 sur les activités militaires et le développement de la sécurité liés à la Chine », désignant le Gouvernement et l’armée chinoises comme étant directement à la source des attaques subies par les systèmes informatiques industriels ou gouvernementaux des Etats-Unis.

Depuis l’année dernière, les institutions de recherche, les médias, les entreprises des Etats-Unis, ne cessent de faire du battage sur la « théorie de la menace chinoise sur le réseau », et les États-Unis ont mis en place des barrières commerciales et sur les investissements, essayant de ternir l’image de la Chine et de saper son environnement de développement.

Le rapport du Département américain de la Défense de cette année a changé le ton relativement prudent des déclarations officielles passées, faisant désormais des allégations sans fard contre la Chine, et passant du domaine économique au terrain politique et militaire. Il semble que le but fondamental de la chose soit pour les Etats-Unis de créer un ennemi imaginaire à leur expansion militaire en réseau afin d’obtenir un soutien financier et une base juridique internationale, pour inverser la mauvaise image internationale due aux dommages causés au cyberespace et à la paix.

Comme nous le savons tous, ce sont les États-Unis qui sont le véritable « Matrix », dont le vaste réseau d’espionnage est non seulement dirigé contre des pays jugés hostiles mais aussi contre leurs propres alliés, la collecte de renseignements portant sur les activités politiques, militaires, scientifiques, technologiques, et d’autres domaines. Au cours de ces dernières années, les Etats-Unis ont continué à renforcer leurs outils de réseau dans des buts de subversion politique contre d’autres pays. Depuis le début de l’existence du Web, les États-Unis se sont toujours préparés à la guerre en ligne, et ils sont au premier niveau mondial sur de nombreux plans.

Les Etats-Unis ont en effet été le premier pays à mettre sur pied une « cyber-armée ». Dès 1998, l’armée américaine a émis une « doctrine d’opérations conjointes en matière d’informations ». Selon les rapports, la taille actuelle de la « cyber-armée » américaine serait de plus de 50 000 personnes et elle disposerait d’un arsenal en réseau considérable, où elle pourrait choisir parmi plus de 2 000 sortes de cyber-armes.

Les États-Unis sont le premier pays à avoir considéré le cyberespace comme un champ de bataille. C’est ainsi que la « Quadrennial Defense Review » a pour la première fois mentionné en 2010 le cyberespace comme étant sur le même plan que la terre, la mer, l’air, et l’espace. En juillet 2011, le Département américain de la Défense a publié une « stratégie d’action dans le cyberespace », où le cyberespace est clairement défini comme la cinquième « zone d’action ».

Les Etats-Unis sont le premier pays au monde à avoir mis en œuvre le concept de « cyber-guerre ». Selon certains documents, l’histoire de la « cyber-guerre » aux Etats-Unis remonte à la première guerre du Golfe. En 2011, les médias américains ont dévoilé un programme de « cyber-guerre » portant le nom de code « Olympic Games ». Mais ce qui était derrière l’attaque du programme iranien d’enrichissement d’uranium par le virus Stuxnet était depuis longtemps un secret de polichinelle.

Les Etats-Unis sont le seul pays à avoir exprimé leur opposition à des règles internationales régissant le cyberespace. En 2011, la Chine, et Russie et d’autres pays ont présenté devant les Nations-Unies un « Code de conduite international de la sécurité de l’information », visant à mettre de l’ordre dans un cyberespace qui en manque particulièrement, afin d’éviter une course aux armements en réseau et une « cyber-guerre », pour promouvoir la paix et la sécurité du réseau. Si la communauté internationale s’est d’une manière générale montrée favorable à cette initiative, Les Etats-Unis se sont eux fermement opposés et se sont livrés à un blocage injustifié.

En même temps qu’ils tentent de diffuser de manière effrénée la théorie de la « menace chinoise sur le réseau », le rythme d’expansion des armes en réseau et les préparatifs de « cyber-guerre » des Etats-Unis avancent à grands pas. Même dans un contexte de réductions substantielles de leurs dépenses militaires, les États-Unis envisagent de multiplier par cinq la taille du Cyber Command, et à la date de 2014, les fonds alloués à la sécurité des réseaux américains auront fortement augmenté pour atteindre 17,7 milliards de Dollars. En mars 2013, l’OTAN a publié le « Manuel de Tallinn sur le droit international applicable au théâtre des cyber-opérations ». Ce manuel n’est pas un document officiel de l’OTAN, mais les vues qu’il exprime sont exactement les mêmes que celles du Département d’Etat des Etats-Unis ; il est évident que cela a pour but de permettre aux États-Unis de donner un vernis de légalité à la « cyber-guerre ».

À l’ère de la mondialisation et des technologies de l’information, l’impact du Web a pénétré tous les aspects de la vie des hommes. La Chine s’oppose résolument à toutes les formes d’attaques de pirates. La consolidation de la paix, la sécurité, la transparence, la coopération dans le cyberespace, est parfaitement en concordance avec les intérêts communs de tous les pays, dont la Chine et les États-Unis. Lancer des accusations sans fondement et se livrer à des spéculations exagérées ne fera que nuire aux efforts de dialogue bilatéral et à l’atmosphère entre la Chine et les Etats-Unis.
Les cyber-armes sont encore plus effrayantes que les armes nucléaires ; si jamais on ouvre la « boîte de Pandore » de la cyberguerre, le cyberespace ne connaîtra plus jamais la paix. Vouloir sans aucune raison discréditer les autres pays afin d’établir un réseau d’hégémonie militaire, c’est prendre un chemin de traverse dangereux, et cela reviendra à se tirer une balle dans le pied.

Le Quotidien du Peuple, 8 mai 2013