Archives du mot-clé Damas

Syrie : Nouveau plan d’attaque contre Damas ?


Tribune de Byblos

Terroriste-NetanyahouSous le titre « Les maîtres espions se réunissent pour discuter de la Syrie » et la plume de David Ignatius [1], le Washington Post nous apprenait le 19 février que des chefs des Services de renseignement, arabes et occidentaux, s’étaient réunis à Washington, en un conclave de deux jours, la semaine dernière ; autrement dit, parallèlement à la tenue de la deuxième session de la Conférence de Genève 2 pour la paix en Syrie… Il n’y avait là que du beau monde venant de Turquie, du Qatar, de la Jordanie et d’autres puissances régionales « qui ont soutenu » les terroristes massacrant la Syrie et les Syriens, mais qu’il qualifie – comme il se doit – de « rebelles » ! Ceci, nous dit-il, sous les bons auspices du prince Mohammed Bin Nayef, ministre saoudien de l’intérieur, censé remplacer le prince Bandar Bin Sultan et coordonner « la politique de lutte contre le terrorisme du royaume » ; fonction qui le met en étroite liaison avec la CIA et d’autres Services de renseignement occidentaux. Lire la suite Syrie : Nouveau plan d’attaque contre Damas ?

Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !


La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
Le 6 Janvier 2013, le Président Bachar al-Assad formulait sa « solution politique » et celle du gouvernement syrien [1] pour la résolution d’une « crise » dont le monde entier reconnait, aujourd’hui, les aspects mensongers ayant conduit à une terrible souffrance du peuple syrien, à des milliers de morts, à la destruction d’une grande partie du pays, dans une guerre « par procuration » qui n’a respecté ni les morts, ni les vivants. Lire la suite Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !

Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne


msjwz23v-1377934534Va-t-on enfin dépasser les tabous et appeler les choses par leur nom ? L’histoire de la guerre de Syrie nous a été présentée sous différentes formes successives, chaque narration venant faire oublier la précédente. Lire la suite Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne

Urgent: victoire strategique syrienne au sud de Damas


20131107-170626Flash ! L’armée syrienne a réussi a capturer Sbeina au sud Damas dans cadre l’opération bouclier, après 8 jours de combats et une avancée sur trois axes terrestres.

70 % des capacités de l’ASL détruites.

http://strategika51.wordpress.com/

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Selon l’agence SANA,  » Des unités de l’armée ont pris le contrôle de nombre de localités dans la banlieue de Damas, dont Ghazal et Sbeineh al-Kubra et al-Soughra après avoir éliminé les derniers rassemblements des terroristes.

Un commandant sur le terrain a souligné, dans une déclaration à la correspondante de Sana, que la prise par l’armée desdites localités constitue « une réalisation stratégique pour en finir avec les terroristes dans al-Ghouta est et ouest et rétablir la sécurité et la stabilité dans la zone d’al-Hajar al-Aswad ».

Il a souligné que l’élimination des rassemblements des terroristes à Sbeineh signifie le contrôle de la base arrière des terroristes qui l’utilisait dans le trafic des armes et des munitions et l’infiltration dans al-Ghoutah est.

Selon le commandant, les opérations de l’armée à Sbeineh, qui ont duré neuf jours, ont abouti à la liquidation d’un grand nombre de terroristes, à la destruction de leurs repaires. L’armée a désamorcé aussi des dizaines d’engins explosifs et de mines plantés par des terroristes. »

http://sana.sy/fra/338/2013/11/07/511171.htm

La Syrie a changé


La couverture médiatique de la guerre en Syrie ne porte que sur les actions militaires, humanitaires et diplomatiques. Elle laisse de côté la profonde transformation du pays. Pourtant, on ne survit pas à cet océan de violence sans changer profondément. De Damas, où il vit depuis deux ans, Thierry Meyssan décrit cette évolution.

Damas, la plus vieille ville habitée du monde
Damas, la plus vieille ville habitée du monde

De passage à Damas, l’envoyé spécial des secrétaires généraux de la Ligue arabe et de l’Onu, Lakhdar Brahimi, a présenté « son » projet de conférence de paix, Genève 2. Une conférence dont l’objectif serait de mettre fin à la « guerre civile ». Cette terminologie reprend l’analyse d’un camp contre un autre, de ceux qui affirment que ce conflit est une suite logique du « printemps arabe », contre ceux qui soutiennent qu’il a été fabriqué, alimenté et manipulé de l’extérieur.

La guerre selon l’opposition armée

Pour les Occidentaux et la majorité de la Coalition nationale, la Syrie vit une révolution. Son peuple s’est soulevé contre une dictature et aspire à vivre dans une démocratie comme aux États-Unis. Cependant cette vision des choses est démentie par le Conseil de coopération du Golfe, le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre. Pour eux, le problème n’est pas celui de la liberté, mais de la personnalité de Bachar el-Assad. Ils se contenteraient de conserver les mêmes institutions si le président acceptait de laisser sa place à un de ses vice-présidents. Toutefois, cette version est à son tour démentie par les combattants sur le terrain, pour qui le problème n’est pas la personnalité du président, mais la tolérance qu’il incarne. Leur but est d’instaurer un régime de type wahhabite où les minorités religieuses seraient soit soumises, soit détruites, et où la Constitution serait remplacée par la Charia.

La liberté d’expression

Au début, lorsque des snipers tuaient des gens, on disait que c’était des tireurs du régime qui cherchaient à imposer la peur. Lorsque des voitures explosaient, on disait que c’était une attaque perpétrée par les services secrets sous faux drapeau. Lorsque un gigantesque attentat a tué les membres du Conseil de sécurité, on accusait Bachar el-Assad d’avoir éliminé ses rivaux. Aujourd’hui, plus personne n’a de doute : ces crimes étaient l’œuvre des jihadistes et ils ne cessent d’en commettre.

Au début, il y avait la loi d’urgence. Depuis 1963, les manifestations étaient interdites. Les journalistes étrangers ne pouvaient entrer qu’au compte-goutte et leurs activités étaient étroitement surveillées. Aujourd’hui, la loi d’urgence a été levée. Il n’y a toujours que peu de manifestations parce qu’on craint des attentats terroristes. Les journalistes étrangers sont nombreux à Damas. Ils évoluent librement sans aucune surveillance. La plupart continuent pourtant à raconter que le pays est une horrible dictature. On les laisse faire en espérant qu’ils se lasseront de mentir lorsque leurs gouvernements cesseront de prêcher le « renversement du régime ».

Au début, les Syriens ne regardaient pas les chaînes de télévision nationales. Ils les considéraient comme de la propagande et leur préféraient Al-Jazeera. Ils suivaient ainsi en direct les exploits des « révolutionnaires » et les crimes de la « dictature ». Mais avec le temps, ils se sont trouvés confrontés directement aux événements. Ils ont vu par eux-mêmes les atrocités des peudos-révolutionnaires et, souvent, ils n’ont dû leur salut qu’à l’armée nationale. Aujourd’hui, les gens regardent beaucoup plus les télévisions nationales, qui sont plus nombreuses, et surtout une chaîne libano-irakienne, Al-Mayadeen, qui a récupéré l’auditoire d’Al-Jazeera dans l’ensemble du monde arabe et qui développe un point de vue nationaliste ouvert.

La liberté de conscience

Au début, l’opposition armée se disait pluri-confessionnelle. Des personnes issues de minorités religieuses la soutenaient. Puis, il y eut les tribunaux islamiques qui condamnèrent à mort et égorgèrent les « mauvais » sunnites, « traîtres » à leur communauté ; les alaouites et les chiites, torturés en public ; et les chrétiens expulsés de leurs maisons. Aujourd’hui, chacun à compris que l’on est toujours hérétique lorsque l’on est jugé par des « purs », des takfiristes.

Alors que des intellectuels affirment que la Syrie a été détruite et qu’il faut la redéfinir, les gens savent ce qu’elle est et sont souvent prêts à mourir pour elle. Il y a dix ans, chaque famille avait un adolescent qu’elle tentait de faire échapper au service militaire. Seuls les pauvres envisageaient de faire carrière sous les drapeaux. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes s’engagent dans l’armée et leurs aînés dans les milices populaires. Tous défendent la Syrie éternelle où se côtoient différentes communautés religieuses, ils vénèrent ensemble le même Dieu lorsqu’ils en ont un.

Au cours du conflit, beaucoup de Syriens ont eux-mêmes évolué. Au début, ils observaient majoritairement les événements en se tenant à l’écart, la plupart affirmant ne se reconnaître dans aucun camp. Après deux ans et demi de terribles souffrances, chacun de ceux qui sont restés dans le pays a dû choisir pour survivre. La guerre n’est plus qu’une tentative des puissances coloniales de souffler sur les braises de l’obscurantisme pour brûler la civilisation.

La liberté politique

Pour moi, qui connait la Syrie depuis une dizaine d’années et vit à Damas depuis deux ans, je mesure à quel point le pays a changé. Il y a dix ans, chacun racontait à voix basse les problèmes qu’il avait rencontré avec les mukhabarats, qui se mêlaient de tout et de n’importe quoi. Dans ce pays, dont le Golan est occupé par Israël, les services secrets avaient en effet acquis un pouvoir extravagant. Pourtant, ils n’ont rien vu et rien su de la préparation de la guerre, des tunnels que l’on creusait et des armes que l’on importait. Aujourd’hui, un grand nombre d’officiers corrompus s’est enfui à l’étranger, les mukhabarats se sont recentrés sur leur mission de défense de la patrie et seuls les jihadistes ont à s’en plaindre.

Il y a dix ans, le parti Baas était constitutionnellement le leader de la nation. Il était seul autorisé à présenter des candidats aux élections, mais il n’était déjà plus un parti de masse. Les institutions s’éloignaient progressivement des citoyens. Aujourd’hui, on a du mal à suivre la naissance des partis politiques tant ils sont nombreux. Chacun peut se présenter aux élections et les gagner. Seule l’opposition « démocratique » a, depuis Paris et Istanbul, décidé de les boycotter plutôt que de les perdre.

Il y a dix ans, on ne parlait pas de politique dans les cafés, seulement à la maison avec les gens que l’on connaissait. Aujourd’hui, tout le monde parle politique, partout, dans les zones contrôlées par le gouvernement et jamais dans celles contrôlées par l’opposition armée.

Où est la dictature ? Où est la démocratie ?

Réactions de classe

La guerre, c’est aussi un conflit de classe. Les riches, qui disposent d’avoirs à l’étranger, sont partis lorsque Damas a été attaqué. Ils aimaient leur pays, mais surtout protégeaient leurs vies et leurs biens.
Les bourgeois étaient terrorisés. Ils payaient l’impôt « révolutionnaire » lorsqu’on les insurgés l’exigeaient, et affirmaient soutenir l’État lorsque l’armée les questionnait. Inquiets, ils attendaient le départ du président El-Assad qu’Al-Jazeera annonçait comme imminent. Ils ne sont sortis de leur angoisse que lorsque les États-Unis ont renoncé à bombarder le pays. Aujourd’hui, ils ne songent qu’à se racheter en finançant les associations des familles de martyrs.
Le petit peuple savait lui, depuis le départ, ce qu’il en était. Il y avait ceux qui voyaient dans la guerre un moyen de se venger de leurs conditions économiques, et ceux qui voulaient défendre la liberté de conscience et la gratuité des services publics.

Les États-Unis et Israël, la France et le Royaume-Uni, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, qui ont livré cette guerre secrète et qui l’ont perdue, n’anticipaient pas ce résultat : pour survivre, la Syrie a libéré ses énergies et a retrouvé sa liberté.

Si la conférence de Genève 2 se tient, les grandes puissances ne pourront rien y décider. Le prochain gouvernement ne sera pas le fruit d’un arrangement diplomatique. Le seul pouvoir de la conférence sera de proposer une solution qui ne pourra être appliquée qu’après avoir été ratifiée par un référendum populaire.

Cette guerre a saigné la Syrie, dont la moitié des villes et des infrastructures ont été détruites pour satisfaire les appétits et les fantasmes des puissances occidentales et du Golfe. Si quelque chose de positif devait surgir de Genève 2, ce serait le financement de la reconstruction par ceux qui ont fait souffrir le pays.

Source
Al-Watan (Syrie)

http://www.voltairenet.org/article180790.html

Interview de Bashar al-Assad par CBS News (texte complet en français)


US-SYRIA-CONFLICT-ASSADTraduction à partir d’une retranscription de l’interview accordée par le Président syrien Bashar al-Assad au journaliste Charlie Rose, de la chaîne de télévision étatsunien CBS

DAMAS (Sana) – 9 Septembre 2013

Charlie Rose : Monsieur le Président, je vous remercie beaucoup pour cette occasion de vous parler à un moment très important parce que le président des États-Unis s’adressera à la nation cette semaine et, comme vous le savez, une conversation importante se déroule à Washington et des événements importants se déroulent ici dans votre pays. Vous attendez-vous à un raid aérien ?

Président al-Assad : Tant que les Etats-Unis ne respectent pas le droit international et foulent aux pieds la Charte des Nations Unies, nous avons à craindre que n’importe quelle administration – pas seulement celle-ci – fasse n’importe quoi. Selon les mensonges que nous avons entendus au cours des deux dernières semaines, de hauts responsables de l’administration américaine, nous devons nous attendre au pire.

Charlie Rose : Êtes-vous prêts ?

Président al-Assad : Nous avons vécu dans des conditions difficiles au cours des deux dernières années et demi, et nous nous préparons à toute éventualité. Mais ce n’est pas parce que vous êtes prêt que les choses s’amélioreront ; Elles s’aggraveront avec toute frappe ou guerre stupide.

Charlie Rose : Que voulez-vous dire par s’aggraveront ?

Président al-Assad : Elles s’aggraveront en raison des répercussions, parce que personne ne peut dire quelles seront les répercussions d’une première frappe. Nous ne parlons pas simplement de la Syrie, mais d’une région, et de régions plus vastes. Une région interconnectée, entremêlée, appelez ça comme vous voulez ; si vous frappez à un endroit, il faut s’attendre à des répercussions ailleurs sous différentes formes et d’une manière inattendue.

Charlie Rose : Vous voulez dire que si frappe il y a, il y aura des répercussions contre les États-Unis par vos amis d’autres pays comme l’Iran ou le Hezbollah ou d’autres ?

Président al-Assad : Comme je l’ai dit, cela peut prendre différentes formes : directe et indirecte. Directe lorsque les gens, ou les gouvernements, cherchent à se venger. Indirecte lorsque vous obtenez une instabilité et la propagation du terrorisme dans toute la région, ce qui aura un effet direct sur l’Occident.

Charlie Rose : Avez-vous eu des conversations avec la Russie, l’Iran ou le Hezbollah sur la façon de se venger ?

Président al-Assad : Nous ne discutons pas de cette question en tant que gouvernement, mais nous discutons des répercussions, ce qui est plus important parce que parfois les répercussions peuvent être plus dévastatrices que la frappe elle-même. Une frappe américaine ne produira pas autant de destructions en Syrie que celles déjà produites par les terroristes ; mais parfois les conséquences peuvent être bien supérieures à la frappe elle-même.

Charlie Rose : Mais certains ont laissé entendre que ça pourrait faire pencher la balance en faveur des rebelles et d’aboutir au renversement de votre gouvernement.

Président al-Assad : Exactement. Toute frappe serait aussi un soutien direct à l’émanation d’Al -Qaïda appelée Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et la Syrie. Vous avez raison. Ce serait un soutien direct.

Charlie Rose : A propos de la guerre chimique. Parlons de ça. Approuvez-vous l’usage d’armes chimiques, l’utilisation de produits chimiques mortels ? Pensez-vous que ce soit un outil approprié pour faire la guerre ?

Président al-Assad : Nous sommes contre toute destruction massive, les armes de destruction massive, qu’elles soient chimiques ou nucléaires.

Charlie Rose : Vous êtes donc contre l’utilisation d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Oui, mais pas seulement moi. En tant qu’État, en tant que gouvernement, en 2001, nous avons proposé à l’Organisation des Nations Unies de désactiver ou de détruire toutes les armes de destruction massive au Moyen-Orient et les Etats-Unis se sont opposés à cette proposition. C’est notre conviction et notre politique.

Charlie Rose : Mais vous n’êtes pas signataire de l’accord sur les armes chimiques.

Président al-Assad : Pas encore.

Charlie Rose : Pourquoi pas ?

Président al-Assad : parce qu’Israël possède des armes de destruction massive et n’a pas signé, et Israël occupe notre territoire. Nous avons parlé du Moyen-Orient, et non pas la Syrie ou d’Israël ; l’accord doit être global.

Charlie Rose : Pensez-vous que la guerre chimique soit équivalente à la guerre nucléaire ?

Président al-Assad : Je ne sais pas. Aucune des deux n’a été tentée.

Charlie Rose : Mais vous êtes un chef de l’Etat, et vous comprenez les conséquences des armes de destruction massive.

Président al-Assad : Techniquement, elles ne sont pas les mêmes, mais moralement, c’est la même chose.

Charlie Rose : Du point de vue morale, c’est la même chose.

Président al-Assad : C’est la même chose, car en définitif, tuer c’est tuer. Massacrer, c’est massacrer. Parfois, vous pouvez tuer des dizaines de milliers ou des centaines de milliers de gens avec des armes très rudimentaires.

Charlie Rose : Alors pourquoi avez-vous un tel stock d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Nous ne discutons pas de cette question en public parce que nous n’avons jamais dit que nous en avions, et nous n’avons jamais dit que nous n’en avions pas. C’est une question syrienne, c’est une question militaire, nous n’en discutons jamais en public avec quiconque.

Charlie Rose : Voici ce qu’on peut lire dans le New York Times ce matin : les dirigeants syriens ont constitué une des plus grandes réserves au monde d’armes chimiques avec l’aide de l’Union soviétique et de l’Iran, ainsi que des fournisseurs d’Europe occidentale, et même une poignée de sociétés américaines. Selon des câbles diplomatiques américains et les dossiers de renseignement déclassifiés, vous avez amassé une des plus grandes réserves d’armes chimiques au monde.

Président al-Assad : En avoir ou ne pas en avoir est une possibilité, mais se fier aux dires des médias est absurde, ou se fier à certains rapports des services de renseignement est absurde et cela a été prouvé lorsqu’ils ont envahi l’Irak il y a dix ans et qu’ils ont dit « L’Irak a des stocks d’armes de destruction massive » et il a été prouvé après l’invasion que c’était faux, c’était une fraude. Donc, on ne peut se fier à ce qui est écrit dans un magazine. Mais j’ai dit que c’est quelque chose dont nous ne discutons pas avec n’importe qui.

Charlie Rose : Vous acceptez que le monde croie que vous avez un stock d’armes chimiques ?

Président al-Assad : Qui ?

Charlie Rose : Le monde. Les Etats-Unis et d’autres puissances qui ont également dit que vous avez des armes chimiques.

Président al-Assad : Il ne s’agit pas de ce qu’ils croient, il s’agit de la réalité telle qu’elle est, et de cette réalité, si nous en possédons ou pas, nous n’allons pas à en discuter.

Charlie Rose : En parlant de la réalité, que s’est-il réellement passé le 21 Août ? Qu’est-il arrivé à votre avis ?

Président al-Assad : Nous ne sommes pas présents dans la zone où l’attaque chimique présumée a eu lieu. J’ai dit présumée. Nous ne sommes pas sûrs qu’il se soit passé quelque chose.

Charlie Rose : Même à ce jour, vous n’êtes pas sûr que les armes chimiques – même si vous avez vu la vidéo, même si vous avez vu les corps, même si vos propres fonctionnaires ont été sur place.

Président al-Assad : Je n’ai pas fini. Nos soldats dans une autre zone ont été attaqués chimiquement. Nos soldats – ils sont allés à l’hôpital se faire soigner à cause des armes chimiques, mais dans la région où ils ont dit que le gouvernement a utilisé des armes chimiques, nous n’avions que des vidéos et des photos et des allégations. Nous ne sommes pas présents là-bas, nos forces, nos policiers, nos institutions n’y sont pas. Comment pouvez-vous parler de ce qui s’est passé, si vous n’avez pas de preuve ? Nous ne sommes pas comme l’administration américaine, nous ne sommes pas l’administration ou le gouvernement des médias sociaux. Nous sommes un gouvernement qui traite avec la réalité. Lorsque nous aurons des preuves, nous le ferons savoir.

Charlie Rose : Eh bien, comme vous le savez, le secrétaire Kerry a dit que les preuves existent et qu’ils ont vu des roquettes tirées à partir d’une région contrôlée par vos forces vers une région contrôlée par les rebelles. Ils ont des preuves à partir de photos satellites. Ils ont la preuve d’un message qui a été intercepté sur les armes chimiques, et peu après, il y a eu d’autres messages interceptés, alors le secrétaire Kerry a présenté ce qu’il considère comme des preuves incontestables.

Président al-Assad : Non, il a présenté sa confiance et ses convictions. Ce n’est pas une question de confiance, c’est une question de preuve. Les Russes ont des preuves qui démontrent tout à fait le contraire, que les missiles ont été lancés à partir d’une région contrôlée par les rebelles. Cela me rappelle – ce que Kerry a dit – sur le gros mensonge que Collin Powell a prononcé devant le monde entier sur des photos satellites et les ADM en Irak avant d’aller à la guerre. Il a dit « voici notre preuve. » En fait, il a fait un faux témoignage. Dans le cas présent, Kerry n’a même pas présenté une preuve. Il a dit « nous avons la preuve » et il n’a rien présenté. Pas encore, rien à ce jour, pas un seul élément de preuve.

Charlie Rose : Avez-vous des remords pour ces cadavres, ces gens. On dit qu’il y en aurait au moins 1000, peut-être 1400, qui se trouvaient à Ghouta orientale, et qui sont morts ?

Président al-Assad : Nous ressentons la douleur pour chaque victime syrienne.

Charlie Rose : Qu’en est-il des victimes de cet assaut par arme chimique ?

Président al-Assad : Mourir, c’est mourir, tuer, c’est tuer, un crime est un crime. Lorsque vous ressentez une douleur, vous ressentez la douleur des familles des victimes dans votre pays, que ce soit une seule personne tuée ou cent ou mille. C’est une perte, c’est un crime, c’est une question morale. Nous avons de la famille avec qui nous nous asseyons, de la famille qui aimait ses proches. Il ne s’agit pas de la façon dont ils ont été tués, il s’agit du fait qu’ils sont morts maintenant, c’est cela qui est mauvais.

Charlie Rose : Mais y a-t-il eu des remords ou de la tristesse au nom du peuple syrien pour ce qui s’est passé ?

Président al-Assad : Je pense que c’est la tristesse qui prévaut maintenant en Syrie. Nous ne ressentons rien d’autre que de la tristesse parce que nous avons ces morts tous les jours, que ce soit par des produits chimiques ou par tout autre moyen. Peu importe comment. Nous vivons avec tous les jours.

Charlie Rose : Mais c’était un acte sans discernement, et des enfants ont été tués, et les gens qui ont dit au revoir à leurs enfants le matin ne les ont pas revus et ne le reverrons jamais, à Ghouta.

Président al-Assad : C’est le cas chaque jour en Syrie, c’est pourquoi il faut arrêter le massacre. C’est pourquoi nous devons arrêter le massacre. Mais que voulez-vous dire par « sans discernement » ?

Charlie Rose : Eh bien, le fait que la guerre chimique est aveugle quant aux victimes, elle tue des innocents aussi bien que des combattants.

Président al-Assad : Oui, mais vous ne parlez pas de preuves, vous ne parlez pas de faits mais d’allégations. Donc, nous ne sommes pas sûrs que des armes chimiques ont été utilisées et qui les a utilisées. Nous ne pouvons pas parler de choses virtuelles, nous devons parler de faits.

Charlie Rose : On dit que votre gouvernement a retardé les observateurs des Nations Unies de se rendre à Ghouta et que vous avez refusé et retardé la Croix-Rouge, puis le Croissant-Rouge d’y aller pour faire des observations et aider.

Président al-Assad : C’est le contraire qui s’est produit, c’est votre gouvernement qui a retardé parce que nous avons demandé une délégation en Mars 2013, lorsque la première attaque a eu lieu à Alep, dans le nord de la Syrie, ils ont retardé jusqu’à quelques jours avant al-Ghouta quand ils ont envoyé l’équipe, et l’équipe elle-même a déclaré dans son rapport qu’elle a pu faire tout ce qu’elle voulait. Il n’y avait pas un seul obstacle.

Charlie Rose : Mais ils ont dit qu’ils ont été retardés pour y arriver, qu’ils voulaient être là plus tôt.

Président al-Assad : Non, non, non. Il y avait un conflit, il y avait des combats, des tirs. C’est tout. Nous ne les avons pas empêché d’aller où que ce soit. C’est nous qui leur avons demandé de venir, pourquoi les aurions-nous retardés ? Même si vous voulez prendre la version américaine, ils disent que nous avons employé des armes chimiques le jour même où l’équipe, ou l’équipe d’enquête, est arrivée en Syrie. Est-ce logique ? Ce n’est pas logique. Même si un pays ou armée voulait utiliser cette arme, ils auraient attendu quelques jours jusqu’à ce que l’équipe ait achevé ses travaux. Ce n’est pas logique, toute cette histoire ne tient même pas debout.

Charlie Rose : Nous allons y revenir. Si ce n’est pas votre gouvernement qui l’a fait, malgré les preuves ?

Président al-Assad : Il faut être sur place pour obtenir des preuves, comme lorsque cela s’est produit à Alep et que nous avons obtenu des preuves. Et parce que les États-Unis n’ont pas envoyé d’équipe, nous avons envoyé les preuves aux Russes.

Charlie Rose : Mais ne voulez-vous pas connaître la réponse, si vous n’acceptez pas les preuves présentées à ce jour, à la question de savoir qui a fait ça ?

Président al-Assad : La question est de savoir qui a lancé des produits chimiques le même jour sur nos soldats. C’est la même question. Techniquement, ce n’est pas les soldats. Les soldats ne lancent pas des missiles sur eux-mêmes. Donc, c’est soit les rebelles, soit les terroristes, soit un tiers. Nous n’avons pas encore la moindre idée. Nous devons être sur place pour recueillir les preuves, alors nous pourrons donner une réponse.

Charlie Rose : Eh bien, on avance l’argument que les rebelles n’ont pas la capacité d’utiliser des armes chimiques, ils n’ont pas les roquettes et ils n’ont pas la fourniture d’armes chimiques que vous avez, ils n’ont donc pas pu le faire.

Président al-Assad : Tout d’abord, ils ont des fusées, et ils les lancent sur Damas depuis des mois.

Charlie Rose : Ont-ils des armes chimiques ?

Président al-Assad : Des roquettes en général. Premièrement, ils ont les moyens. Deuxièmement, le gaz sarin dont on parle ces dernières semaines est un gaz très primitif. Vous pouvez en fabriquer dans une arrière-cour, c’est un gaz très primitif. Ce n’est donc pas quelque chose de compliqué.

Charlie Rose : Mais ce n’était pas primitif. Il s’agissait d’une utilisation terrible d’armes chimiques.

Président al-Assad : Troisièmement, ils l’ont employé à Alep, dans le nord de la Syrie. Quatrièmement, il y a une vidéo sur YouTube où les terroristes font clairement des essais sur un lapin et tuent le lapin et disent : « voilà comment nous allons tuer le peuple syrien ». Cinquièmement, il y a une nouvelle vidéo sur une de ces femmes qu’ils considèrent comme rebelle ou combattante et qui a travaillé avec les terroristes et qui dit : « ils ne nous disent pas comment utiliser les armes chimiques » et une de ces armes a explosé dans un des tunnels et tué douze personnes. C’est ce qu’elle a dit. Ce sont les éléments de preuve dont nous disposons. Quoi qu’il en soit, c’est celui qui accuse qui doit apporter les preuves. Les Etats-Unis ont accusé la Syrie, et si vous accusez vous devez apporter la preuve, avant tout. Nous devrons trouver des preuves lorsque nous serons sur place.

Charlie Rose : Quelle preuve serait suffisante à vos yeux ?

Président al-Assad : Par exemple, à Alep, nous avons mis la main sur le missile lui-même, et le matériel, et des échantillons de sable, de terre, et des échantillons de sang.

Charlie Rose : Mais on avance l’argument que vos forces ont bombardé Ghouta peu de temps après, avec l’intention de faire disparaître les preuves.

Président al-Assad : Comment un bombardement pourrait-il faire disparaître les preuves ? Techniquement, ça ne marche pas. Comment ? Pour être franc, c’est stupide, c’est très stupide.

Charlie Rose : Mais vous reconnaissez les bombardements ?

Président al-Assad : Bien sûr, il y avait un combat. Cela arrive tous les jours, il y en peut-être un en ce moment même. Mais, parlons de… nous avons des indications, permettez-moi de terminer ce point, car comment peut-on utiliser des ADM alors que vos troupes sont à seulement 100 mètres de là ? Est-ce logique ? Cela n’arrive pas. On ne peut pas les utiliser ainsi. Toute personne qui n’est pas militaire le sait. Pourquoi employer des armes chimiques pendant que vous avancez ? L’année dernière fut une année beaucoup plus difficile pour nous que cette année, et nous n’en avons pas utilisé.

Charlie Rose : Il y a cette question aussi : si ce n’est pas vous, est-ce que cela veut dire que vous n’avez pas le contrôle de vos propres armes chimiques et que peut-être sont-elles tombées entre les mains d’autres personnes qui pourraient vouloir les utiliser ?

Président al-Assad : D’abord, cela implique que nous avons effectivement des armes chimiques. Ensuite, cela implique qu’elles ont été employées. Nous ne pouvons donc pas répondre à cette question avant de répondre à la première partie et la deuxième partie. Troisièmement, admettons qu’un pays ou une armée possède une telle arme ; ce type d’arme ne peut pas être employée par l’infanterie, par exemple, ou par n’importe qui. Ce type d’arme doit être employée par des unités spécialisées, et ne peut donc pas être mise entre n’importe quelles mains.

Charlie Rose : Eh bien, c’est exactement de ça qu’il s’agit.

Président al-Assad : Et sous un contrôle centralisé.

Charlie Rose : Ah, donc vous dites que si, en fait, votre gouvernement l’avait fait, vous auriez été au courant et vous l’auriez approuvé.

Président al-Assad : Je parle d’un cas en général.

Charlie Rose : En général, vous dites que si, en fait, c’est bien arrivé, j’aurais été au courant et je l’aurais approuvé. C’est ça la nature du pouvoir centralisé.

Président al-Assad : En règle générale, dans tous les pays, oui. Je parle des règles générales, parce que je ne peux pas discuter ce point en détail avec vous sans dire ce que nous possédons et ce que nous ne possédons pas, et c’est un sujet que je ne vais pas aborder, comme je le disais au tout début, parce qu’il s’agit d’une question militaire qui ne peut pas être discutée.

Charlie Rose : Avez-vous des doutes sur l’article du New York Times que je viens de vous lire, qui affirme que vous auriez un stock d’armes chimiques ? Vous ne le niez pas.

Président al-Assad : Non, nous ne disons ni oui ni non, car tant que cette question est classifiée, on ne peut pas en parler.

Charlie Rose : Les Etats-Unis sont prêts à lancer une attaque contre votre pays parce qu’ils croient que les armes chimiques sont si odieuses, que celui qui les utilise franchit une ligne rouge et que, par conséquent, dans ce cas, il faut leur donner une bonne leçon de sorte à ne pas recommencer.

Président al-Assad : Quelle ligne rouge ? Qui l’a dessinée ?

Charlie Rose : Le Président dit que ce n’est pas seulement lui, que le monde entier l’a tracée par leur révulsion contre l’emploi d’armes chimiques, que le monde entier a tracé cette ligne rouge.

Président al-Assad : Pas le monde entier, car c’est Obama qui a tracé cette ligne, et Obama peut tracer des lignes pour lui-même et pour son pays, pas pour les autres pays. Nous avons nos propres lignes rouges, comme notre souveraineté, notre indépendance. Et si vous voulez parler de lignes rouges dans le monde, les États-Unis ont utilisé l’uranium appauvri en Irak, Israël a utilisé du phosphore blanc à Gaza, et personne n’a rien dit. Où sont les lignes rouges ? Nous ne voyons pas de lignes rouges. Ce sont des lignes rouges politiques.

Charlie Rose : Le président est prêt à frapper, et peut-être qu’il va obtenir l’autorisation du Congrès, ou non. La question alors est : seriez-vous disposés à renoncer aux armes chimiques si cela empêchait le Président d’autoriser une frappe ? Est-ce un accord que vous accepteriez ?

Président al-Assad : Encore une fois, vous impliquez sans cesse que nous possédons des armes chimiques.

Charlie Rose : Je suis bien obligé, parce que c’est l’hypothèse du Président. C’est son hypothèse, et c’est lui qui ordonnera les frappes.

Président al-Assad : C’est son problème à lui, s’il a une hypothèse. Mais pour nous, en Syrie, nous avons des principes. Nous ferions n’importe quoi pour éviter à la région une nouvelle guerre folle. Il ne s’agit pas seulement de la Syrie, car cela ne fera que commencer en Syrie.

Charlie Rose : Vous feriez n’importe quoi pour empêcher la région de connaître une nouvelle guerre folle ?

Président al-Assad : La région, oui.

Charlie Rose : Réalisez-vous les conséquences pour vous s’il y a une frappe ?

Président al-Assad : Il ne s’agit pas de moi. Il s’agit de la région.

Charlie Rose : Il s’agit de votre pays, il s’agit de votre peuple.

Président al-Assad : Evidemment, mon pays et moi, nous faisons partie de cette région, nous ne sommes pas isolés. Nous ne pouvons pas discuter uniquement de la Syrie ou de moi, il faut le faire dans un cadre, dans un ensemble, dans une globalité. C’est ainsi qu’il faut l’aborder.

Charlie Rose : Certains se demandent pourquoi le feriez-vous ? C’est une chose stupide à faire, si vous vous attirez une frappe sur la tête en utilisant des armes chimiques. D’autres disent que vous le feriez parce que vous êtes désespéré, ou selon une autre version, parce que vous voulez faire peur, parce que ce sont des armes terribles et si quelqu’un sait que vous en possédez, et plus précisément vos adversaires en Syrie, les rebelles, alors vous avez réussi votre coup et qu’ils vivront dans la peur, et que, par conséquent, le Président doit faire quelque chose.

Président al-Assad : Vous ne pouvez pas être désespéré lorsque votre armée progresse. Cela aurait dû se produire – en admettant que cette présomption est correcte et correspond à la réalité – vous employez de telles armes lorsque vous êtes dans une situation désespérée. Notre position est bien meilleure qu’avant. Donc, ce n’est pas correct.

Charlie Rose : Vous pensez que vous êtes en train de gagner la guerre.

Président al-Assad : « gagner » est un mot subjectif, mais nous progressons. C’est le mot juste, parce que pour certaines personnes, on gagne lorsque la partie est terminée.

Charlie Rose : Certains disent que si vous êtes en train de gagner, c’est en raison de l’aide que vous avez récemment obtenue de l’Iran et du Hezbollah et des fournitures supplémentaires obtenues. Des gens à l’extérieur de la Syrie qui vous soutiennent contre les rebelles.

Président al-Assad : l’Iran n’a pas de soldats en Syrie, alors comment l’Iran pourrait-il m’aider ?

Charlie Rose : Par des fournitures, des armes ?

Président al-Assad : Tout ça, c’était avant la crise. Nous avons toujours eu ce type de coopération.

Charlie Rose : le Hezbollah, les combattants du Hezbollah sont venus ici.

Président al-Assad : les combattants du Hezbollah sont sur les frontières avec le Liban, où les terroristes les ont attaqués. Sur les frontières avec le Liban, c’est là que le Hezbollah a riposté, et c’est là que nous avons une coopération, et c’est une bonne chose.

Charlie Rose : les forces du Hezbollah sont aujourd’hui en Syrie ?

Président al-Assad : Sur la zone frontière avec le Liban où ils veulent se protéger et coopérer avec nous, mais ils ne sont pas dans toute la Syrie. Ils ne peuvent pas être dans toute la Syrie de toute façon, pour de nombreuses raisons, mais ils sont sur les frontières.

Charlie Rose : Quels conseils recevez-vous des Russes ?

Président al-Assad : A quel sujet ?

Charlie Rose : A propos de cette guerre, sur la façon de mettre fin à cette guerre.

Président al-Assad : tous les amis de la Syrie cherchent une solution pacifique, et nous en sommes convaincus. On nous donne ce conseil, mais même sans ce conseil, nous en sommes convaincus.

Charlie Rose : Avez-vous un plan pour mettre fin à la guerre ?

Président al-Assad : Bien sûr.

Charlie Rose : Laquelle ?

Président al-Assad : Au tout début, il était entièrement politique. Quand vous avez ces terroristes, la première partie de ce plan qui est politique doit commencer par l’arrêt de la contrebande de terroristes venant de l’étranger, l’arrêt du soutien logistique, de l’argent, tous les types de soutien qui parviennent à ces terroristes. C’est la première partie. Deuxièmement, nous pouvons avoir un dialogue national où les différentes parties syriennes s’assoient et discutent de l’avenir de la Syrie. Troisièmement, vous pouvez avoir un gouvernement intérimaire ou un gouvernement de transition. Ensuite, vous avez des élections, des élections parlementaires, des élections présidentielles.

Charlie Rose : Mais la question est : voulez-vous rencontrer les rebelles aujourd’hui pour discuter d’un règlement négocié ?

Président al-Assad : Dans l’initiative que nous avons publié au début de cette année, nous avons dit toutes les parties, sans exception, pourvu qu’elles déposent leurs armes.

Charlie Rose : Vous rencontrerez les rebelles et tous ceux qui se battent contre vous s’ils abandonnent leurs armes ?

Président al-Assad : Aucun problème.

Charlie Rose : Alors ils vont dire : « vous ne déposez pas vos armes, pourquoi devrions-nous déposer les nôtres ? »

Président al-Assad : Est-ce qu’un gouvernement renonce à ses armes ? Avez-vous déjà entendu parler de ça avant ?

Charlie Rose : Non, mais les rebelles normalement n’abandonnent pas leurs armes pendant des négociations, ils ne le font qu’après un succès…

Président al-Assad : L’armement du gouvernement est un armement légal. Toute autre armement est illégal. Alors, comment pouvez-vous les comparer ? C’est complètement différent.

Charlie Rose : Il y a un débat intense en cours sur toutes ces questions qui sont abordées à Washington, et s’il y a bien une frappe, elle émanera de la décision des États-Unis de le faire. Qu’aimeriez-vous dire, au cours de cette semaine très importante, à l’Amérique, et à Washington, au peuple américain, aux membres du Congrès, au président des États-Unis ?

Président al-Assad : Je pense que la partie la plus importante est, disons, le peuple américain, mais les sondages montrent que la majorité aujourd’hui ne veut pas d’une guerre, où que ce soit, pas seulement contre la Syrie. Mais le Congrès va voter à ce sujet dans quelques jours, et je pense que le Congrès est élu par les gens, il représente le peuple, et travaille dans son intérêt. La première question qu’ils doivent se poser est : qu’est-ce que les guerres ont rapporté à l’Amérique, depuis celle contre le Vietnam et jusqu’à présent ? Rien. Aucun gain politique, aucun gain économique, une mauvaise image. La crédibilité des États-Unis est au plus bas de tous les temps. Cette guerre est donc contre l’intérêt des États-Unis. Pourquoi ? Tout d’abord, cette guerre va soutenir Al-Qaïda et les mêmes personnes qui ont tué des Américains au cours du 11 Septembre. La deuxième chose que nous voulons dire au Congrès, c’est qu’ils demandent, et nous attendons d’eux qu’ils le demandent au gouvernement, les preuves sur l’emploi d’armes chimiques et les accusations qui ont été portées.

Je ne dirai rien au président ou à tout autre fonctionnaire, parce que nous sommes déçus par leur comportement récent, parce que nous nous attendions à une administration différente de celle de Bush. Ils adoptent la même doctrine avec différents accessoires. C’est tout. Donc, si nous voulons espérer quelque chose de cette administration, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais le contraire, que de dire « nous n’avons pas de preuves », et que « nous devons obéir au droit international », que « nous devons retourner au Conseil de sécurité et devant les Nations Unies ».

Charlie Rose : La question demeure : que pouvez-vous dire au Président qui croit que des armes chimiques ont été employées par votre gouvernement, que cela ne se reproduira plus.

Président al-Assad : Je lui dirai très simplement : présentez ce que vous avez comme preuves au public, soyez transparent.

Charlie Rose : Et s’il le fait ? S’il présente des preuves ?

Président al-Assad : C’est là où nous pourrons en discuter, mais il ne les a pas. Il ne les a pas présentées parce qu’il n’en a pas, Kerry n’en a pas. Personne dans votre administration n’en a. S’ils en avaient, ils les auraient présentées aux médias dès le premier jour.

Charlie Rose : Ils les ont présentées au Congrès.

Président al-Assad : Rien. Rien n’a été présenté.

Charlie Rose : Ils ont montré au Congrès ce qu’ils avaient, et les éléments de preuve dont ils disposent, des messages interceptés par satellite, etc.

Président al-Assad : Rien n’a été présenté jusqu’à présent…

Charlie Rose : Ils les ont présentées au Congrès, monsieur.

Président al-Assad : Vous êtes journaliste. Obtenez ces preuves et montrez-les au public dans votre pays.

Charlie Rose : Ils les présentent aux représentants du public. Ils ne montrent pas leurs preuves et leurs actions et leurs plans à un cercle restreint. Ils les montrent aux représentants du peuple qui voteront sur une autorisation de frappe, et s’ils ne trouvent pas les preuves suffisantes…

Président al-Assad : Tout d’abord, nous avons le précédent de Collin Powell, il y a dix ans, quand il a montré des preuves, elles étaient fausses, c’était une invention. Première chose. Deuxièmement, vous voulez me faire croire aux données fournies par les Américains et ne voulez pas que je croie aux données dont nous disposons nous-mêmes. Nous vivons ici, c’est notre réalité.

Charlie Rose : Quelles sont vos données ?

Président al-Assad : Que les rebelles ou les terroristes ont utilisé les armes chimiques dans le nord d’Alep, il y a cinq mois.

Charlie Rose : Et le 21 Août ?

Président al-Assad : Non, non, non. C’était avant. Le 21, une nouvelle fois ils les ont employées contre nos soldats dans une région que nous contrôlons, et nos soldats sont allés à l’hôpital, vous pouvez les voir si vous voulez.

Charlie Rose : Mais Ghouta n’est pas contrôlée par vos forces, elle est contrôlée par les forces rebelles. La zone où l’attaque a eu lieu est contrôlée par les forces rebelles.

Président al-Assad : Et s’ils ont des stocks qui ont explosé à cause du bombardement ? Et s’ils ont lancé le missile par erreur sur eux-mêmes ?

Charlie Rose : Passons maintenant à la question d’une éventuelle frappe, que j’ai déjà abordée. Vous avez été prévenu à l’avance. Vous êtes-vous préparés, en déplaçant des cibles potentielles, avez-vous déplacé des cibles au sein de la population civile, toutes les choses que vous auriez faites si vous aviez le temps de les faire et que vous aviez été clairement avertis de la possibilité ?

Président al-Assad : La Syrie est en état de guerre depuis que son territoire a été occupé il y a plus de quarante ans, et la nature des frontières en Syrie implique que la majeure partie de l’armée se trouve dans les zones habitées, la plupart des centres sont dans des zones habitées. Vous trouverez difficilement une base militaire dans les zones éloignées des villes sauf s’il s’agit d’un aéroport ou quelque chose comme ça, mais la plupart des bases militaires ou des centres se trouvent dans des zones habitées.

Charlie Rose : Y’aura-t-il des attaques contre les bases américaines au Moyen-Orient, en cas de frappe aérienne ?

Président al-Assad : Vous devez vous attendre tout. Pas nécessairement de la part du gouvernement. Les gouvernements ne sont pas les seuls acteurs dans cette région. Vous avez différentes parties, différentes factions, vous avez des idéologies différentes, vous avez de tout dans cette région maintenant. Il faut donc s’attendre à tout.

Charlie Rose : Dites-moi ce que vous entendez par « s’attendre à tout. »

Président al-Assad : Attendez-vous à n’importe quelle action.

Charlie Rose : Y compris la guerre chimique ?

Président al-Assad : Cela dépend. Si les rebelles ou les terroristes dans cette région ou tout autre groupe en possèdent, cela pourrait se produire, je ne sais pas. Je ne suis pas un devin pour vous dire ce qui va se passer.

Charlie Rose : Mais nous aimerions en savoir plus, je pense que le Président voudrait savoir, le peuple américain aimerait savoir. S’il y a une attaque, quelles pourraient être les répercussions et qui pourrait être engagé dans ces répercussions ?

Président al-Assad : Bon, avant le 11 Septembre, dans mes discussions avec de nombreux responsables des États-Unis, certains d’entre eux sont membres du Congrès, j’avais l’habitude de dire que « ne traitez pas avec les terroristes comme dans un jeu. » C’est une autre histoire. Vous allez en payer le prix si vous n’êtes pas prudents avec les terroristes. Nous avons dit que vous alliez subir des répercussions à cause de votre manière erronée de traiter avec eux, de traiter le terrorisme, mais personne ne s’attendait au 11 Septembre. On ne peut donc pas prévoir. Il est difficile pour quiconque de vous dire ce qui va se passer. C’est une région où tout est au bord de l’explosion. Vous devez vous attendre à tout.

Charlie Rose : Parlons de la guerre aujourd’hui. Cent mille personnes tuées. Un million de réfugiés. Un pays détruit. Assumez-vous une certaine responsabilité pour cela ?

Président al-Assad : Cela dépend de la décision que j’ai prise. Dès le premier jour, j’ai pris la décision en tant que président de défendre mon pays. Alors, qui a tué, ça c’est une autre question. En fait, les terroristes ont tué nos gens depuis le début de cette crise, il y a deux ans et demi, et le peuple syrien voulait que le gouvernement et les institutions de l’Etat et de l’armée et de la police le défende, et c’est ce qui s’est passé. Nous parlons donc de la responsabilité, ma responsabilité selon la Constitution syrienne, qui dit que nous devons nous défendre.

Charlie Rose : Monsieur le Président, vous dites constamment « ce sont des terroristes. » La plupart des gens observent les rebelles et disent qu’Al-Qaïda et d’autres forces étrangères à la Syrie ne représentent plus que 15 ou 20 pour cent des forces sur le terrain. Les autres 80 % sont des Syriens, sont des transfuges de votre gouvernement, et des transfuges de votre armée. Ce sont des gens qui sont Syriens et qui croient que leur pays ne doit pas être dirigé par un dictateur, ne devrait pas être géré par une famille, et qui veulent un gouvernement différent dans leur pays. C’est 80% des personnes qui se battent contre vous, pas des terroristes.

Président al-Assad : Nous n’avons pas dit que 80%, par exemple, ou la majorité ou la grande majorité, sont des étrangers. Nous avons dit que la grande majorité sont Al-Qaïda ou une des filiales d’Al-Qaïda dans cette région. Quand on parle d’Al-Qaïda, peu importe qu’il soit syrien ou américain ou européen ou africain. Al-Qaïda a une idéologie et obéit à la même direction, que ce soit en Afghanistan ou en Syrie ou en Irak. C’est ça la question. Vous avez des dizaines de milliers d’étrangers, c’est certainement vrai. Nous les combattons sur le terrain et nous le savons.

Charlie Rose : Mais c’est 15 ou 20 % du total. De combien parlons-nous ?

Président al-Assad : Personne ne le sait parce que quand ils sont tués, ils n’ont pas de pièce d’identité. Vous regardez leurs visages, on dirait des étrangers, mais d’où viennent-ils ? Il est difficile de faire une estimation précise, mais certainement la majorité sont Al-Qaïda. C’est cela qui nous préoccupe, pas leur nationalité. Que ce soit Al-Qaïda syrien, ou pakistanais ou saoudien, quelle est la différence ? Quelle importance ? La chose la plus importante est que la majorité sont Al-Qaïda. Nous n’avons jamais dit que la majorité n’était pas des Syriens, mais nous avons dit que la minorité est ce qu’ils appellent « l’armée syrienne libre ». C’est ce que nous avons dit.

Charlie Rose : Croyez-vous que ça devient une guerre de religion ?

Président al-Assad : Cela a commencé en partie comme une guerre sectaire dans certaines zones, mais maintenant, ce n’est pas le cas, parce que quand vous parlez de guerre sectaire ou guerre de religion, il faut une ligne très nette entre les sectes et les religions en Syrie selon la géographie et la démographie, ce que nous n’avons pas. Donc, ce n’est pas une guerre religieuse, mais Al-Qaïda utilise toujours les religions, l’islam en fait, comme un prétexte et comme couverture et comme un manteau pour leurs guerres et leur terrorisme et leurs mise à mort et les décapitations et ainsi de suite.

Charlie Rose : Pourquoi cette guerre dure-t-elle depuis deux ans et demi ?

Président al-Assad : En raison de l’ingérence extérieure, car il s’agit d’un programme de l’extérieur pris en charge par, ou disons dirigée par, les Etats-Unis, l’Occident, les pays des pétrodollars, principalement l’Arabie Saoudite, et avant c’était le Qatar et la Turquie. C’est pourquoi elle dure depuis deux ans et demi.

Charlie Rose : Mais que font-ils, ces pays vous avez cités ?

Président al-Assad : Ils ont des objectifs différents. Pour l’Occident, il s’agit de saper les positions syriennes. Pour les pays des pétrodollars comme l’Arabie Saoudite, ils pensent que porter atteinte à la Syrie va saper l’Iran sur une base sectaire. Pour la Turquie, ils pensent que si les Frères musulmans contrôlent le reste de la région, ils seront très à l’aise, ils seront très heureux, ils feront en sorte que leur avenir politique soit garanti. Ils ont donc des plans et des objectifs différents.

Charlie Rose : Mais en même temps, comme je le disais, vous avez utilisé le Hezbollah et obtenu le soutien de l’Iran, de la Russie. Alors, qu’est-ce qui se passe ici. Est-ce une sorte de guerre qui n’existe que grâce aux soutiens des deux côtés ?

Président al-Assad : C’est de la coopération, je ne sais pas ce que vous entendez par soutien. Nous avons une coopération avec des pays depuis des décennies. Pourquoi parler de cette coopération aujourd’hui ?

Charlie Rose : Alors dites-le moi, qu’est-ce que vous recevez de l’Iran ?

Président al-Assad : Un soutien politique. Nous avons des accords avec de nombreux pays, dont l’Iran, dont la Russie, y compris avec d’autres pays sur différentes choses, y compris l’armement. C’est de la coopération comme toute coopération entre deux pays, ce qui est normal. Ce n’est pas lié à la crise. Vous n’appelez pas ça un soutien, parce que vous payez pour ce que vous obtenez. Ainsi, on ne peut pas l’appeler un soutien, c’est une coopération. Appelez ça comme vous voulez, mais le mot « soutien » n’est pas correct. De la Russie par exemple, nous recevons un soutien politique, ce qui est différent de la coopération. Nous avons une coopération depuis 60 ans maintenant, mais actuellement nous avons un soutien politique.

Charlie Rose : Eh bien, les Russes ont dit qu’ils vous soutenaient, mais au-delà d’une coopération politique. Je veux dire par là qu’ils ont des traités signés avec la Syrie.

Président al-Assad : Exactement.

Charlie Rose : Et ils fournissent toutes sortes d’armes défensives.

Président al-Assad : Vous avez dit traités, et un fonctionnaire russe a dit, nous n’avons pas d’accord… de contrats à respecter, et ces contrats sont comme pour n’importe quel pays, vous achetez de l’armement, vous achetez ce que vous voulez.

Charlie Rose : Mais croyez-vous que cela est devenu un conflit entre sunnites et chiites ?

Président al-Assad : Non, pas encore. C’est ce que les Saoudiens ont en tête, et c’est dans l’esprit des Wahhabites.

Charlie Rose : Et dans l’esprit des Iraniens ?

Président al-Assad : Non, non, en fait ils font le contraire. Ils ont essayé d’ouvrir des voies avec les Saoudiens, avec de nombreuses autres entités islamiques dans la région afin de parler de la société islamique, et non pas de sociétés sunnites et chiites.

Charlie Rose : Y a-t-il eu un moment pour vous, quand vous avez vu le printemps arabe approcher la Syrie, où vous vous êtes dit « J’ai vu ce qui s’est passé en Libye, j’ai vu ce qui s’est passé en Tunisie, j’ai vu ce qui s’est passé en Egypte, ça ne va pas arriver à Bachar al-Assad. Je me battrai contre quiconque qui essaie de renverser mon régime avec tout ce que j’ai. »

Président al-Assad : Non, pour une raison : parce que la première question que je me pose est : ai-je le soutien du peuple ou non. C’est la première question que je me suis posée en tant que président. Si je n’ai pas le soutien du peuple, s’il y a le soi-disant « printemps arabe » – ce n’est pas le printemps, de toute façon – mais que ce soit le cas ou pas, sans le soutien du peuple, il faut abandonner, il faut partir. Avec le soutien du peuple, quelles que soient les circonstances, il faut rester. C’est votre devoir, vous devez aider les gens, il faut servir le peuple.

Charlie Rose : Quand vous dites « soutien du peuple », certaines pointent du doigt la Syrie et disent qu’une secte minoritaire alaouite contrôle une population majoritairement sunnite, et parlent de « dictature », et qu’ils peuvent le faire grâce à la puissance de leurs propres instruments de pouvoir. C’est de ça dont vous bénéficiez, pas de l’appui du peuple, dans cette guerre entre Syriens.

Président al-Assad : Aujourd’hui, ça fait deux ans et demi, d’accord ? Deux ans et demi et la Syrie résiste encore aux Etats-Unis, à l’Occident, à l’Arabie saoudite, aux pays les plus riches de la région, y compris la Turquie, et, compte tenu de ce que votre question implique que même la grande majorité ou la majorité de la population syrienne serait contre moi, comment puis-je encore résister ? Suis-je un surhumain ou Superman, ce n’est pas le cas !

Charlie Rose : Ou vous avez une armée puissante.

Président al-Assad : L’armée est issue du peuple, elle n’est pas composée de robots. Elle est faite de gens.

Charlie Rose : Vous n’êtes sûrement pas en train de suggérer que cette armée n’est pas à vos ordres et aux ordres de votre famille.

Président al-Assad : Qu’entendez-vous par « aux ordres de la famille ?

Charlie Rose : La volonté de votre famille. Votre frère est dans l’armée. L’armée a été… tout observateur de la Syrie estime que c’est un pays contrôlé par votre famille et contrôlé par les Alaouites qui sont vos alliés. C’est ça le contrôle.

Président al-Assad : Si c’était le cas – ce que vous dites – nous n’aurions pas résisté pendant deux ans et demi. Nous aurions vu l’armée se désintégrer, et se désintégrer l’ensemble de l’institution de l’État, nous aurions assisté à une désintégration de la Syrie, si tel était le cas. Ce serait intolérable en Syrie. Je parle de la réaction normale de la population. Si ce n’est pas une armée nationale, elle ne peut pas bénéficier de l’appui, et si elle n’a pas le soutien de chaque secte, elle ne peut pas faire son travail, et accomplir les progrès récents. Elle ne peut pas. L’armée d’une famille ne mène pas une guerre nationale.

Charlie Rose : Certains diront que vous n’avez pas eu ce soutien, car en fait les rebelles gagnaient avant que vous n’obteniez le soutien du Hezbollah et un soutien plus large des Iraniens, que vous étiez en train de perdre et puis ils sont venus et vous ont donné du cou de main et vous avez pu au moins commencer à gagner, à obtenir au moins un match nul.

Président al-Assad : Non, le contexte est incorrect, parce que parler de gagner ou de perdre, c’est comme si vous parliez de deux armées qui s’affrontent, ce qui n’est pas le cas. Ce sont des gangs, en provenance de l’étranger pour infiltrer les zones habitées, tuer les gens, prendre leurs maisons, et tirer sur l’armée. L’armée ne peut pas faire la même chose, et l’armée n’est pas présente partout.

Charlie Rose : Mais ils contrôlent une grande partie de votre pays.

Président al-Assad : Non, ils sont allés partout où l’armée était absente, et l’armée y est allée pour nettoyer la zone et les chasser. Ils n’attaquent pas l’armée dans une zone que l’armée a occupé et reprise. C’est complètement différent, ce n’est pas correct, ou ce n’est pas précisément ce que vous dites. C’est donc complètement différent. Ce que l’armée est en train de faire est de nettoyer de ces zones, et l’indication que l’armée est forte, c’est qu’elle progresse dans ce domaine. Elle n’est jamais allée à un endroit sans pouvoir y entrer – c’est une indication. Comment cette armée pourrait le faire si c’était l’armée d’une famille ou l’armée d’une secte ? Qu’en est-il du reste du pays qui soutient le gouvernement ? Ce n’est pas réaliste, ça n’arrive pas. Sinon, tout le pays s’effondrerait.

Charlie Rose : Un petit point sur l’implication américaine ici. Le Président a été beaucoup critiqué parce qu’il n’a pas accordé plus de soutien aux rebelles. Comme vous le savez, il y a eu une dispute entre ses propres conseillers, de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, du directeur de la CIA David Petraeus, le Département de la Défense, Leon Penetta, secrétaire à la Défense, et d’autres, qu’il aurait du aider les rebelles il y a deux ans, et que nous serions dans une situation très différente, et donc que le Président n’a pas suffisamment apporté de soutien aux rebelles, de l’avis de beaucoup de gens. Et il y a des critiques selon qui lorsque la décision a été récemment prise d’apporter ce soutien, ce soutien n’est pas parvenu aux rebelles parce qu’il y a une inquiétude quant à la composition de la rébellion.

Président al-Assad : Si l’administration américaine veut soutenir Al- Qaïda – allez-y. C’est ce que nous leur dirions, allez-y et soutenez Al-Qaïda, mais ne parlez pas de rebelles ou d’armée syrienne libre. La majorité des combattants sont désormais Al-Qaïda. Si vous souhaitez les soutenir, vous soutenez Al- Qaïda, vous créez le chaos dans la région, et si cette région n’est pas stable, le monde entier ne pourra pas l’être.

Charlie Rose : Sauf votre respect, monsieur, la plupart des gens ne croient pas que la majorité des forces soient Al-Qaïda. Oui, il y a un certain nombre de gens qui sont affiliés à Al-Qaïda et qui sont ici et qui souscrivent aux principes d’Al-Qaïda, mais ce n’est pas la majorité des forces, comme vous le savez. Vous savez que la composition qui se battent contre votre régime diffère selon les régions en Syrie.

Président al-Assad : Les responsables américains doivent apprendre à composer avec la réalité. Pourquoi les Etats-Unis échouent-ils dans la plupart de leurs guerres ? Parce que leurs guerres reposent toujours sur des informations erronées. Alors, qu’ils le croient ou non, c’est la réalité. Je dois être très clair et très honnête. Je ne vais pas leur demander de croire s’ils ne veulent pas croire. C’est la réalité, je vous dis la réalité de notre pays. Nous vivons ici, nous savons ce qui se passe, et ils doivent écouter les gens d’ici. Ils ne peuvent pas écouter uniquement leurs médias ou leurs centres de recherche. Ils ne vivent pas ici, personne ne vit ici à part nous. Donc, c’est la réalité. S’ils veulent croire, c’est bien, ça va les aider à comprendre la région et à mieux réussir dans leur politique.

Charlie Rose : Beaucoup de gens pensent que ce n’est pas une situation tenable, que cette guerre ne peut pas continuer, parce que le coût pour la Syrie est trop élevé. Trop de morts – une centaine de milliers et ça continue, un trop grand nombre de réfugiés, trop de destructions, l’âme d’un pays en danger. Si c’était pour le bien du pays, seriez-vous prêt à quitter le pouvoir ?

Président al-Assad : Cela dépend de la relation entre mon poste et le conflit. Nous ne pouvons pas discuter juste pour dire que je dois démissionner. Démissionner, pourquoi, et quel est le résultat attendu ? Ca c’est la première chose. Ensuite, quand vous êtes au milieu d’une tempête, quitter votre pays simplement parce que vous devez le quitter sans aucun motif raisonnable, cela signifie que vous abandonnez votre pays et ça c’est une trahison.

Charlie Rose : Vous dites que ce serait une trahison pour vous de quitter le pouvoir à cause de vos devoirs envers le pays ?

Président al-Assad : Sauf si le peuple le demande.

Charlie Rose : Comment le sauriez-vous ?

Président al-Assad : Par les deux ans et demi de résistance. Sans le soutien du peuple, on ne résiste pas pendant deux ans et demi. Regardez les autres pays, regardez ce qui s’est passé en Libye, en Tunisie et en Egypte.

Charlie Rose : Vous êtes inquiet à ce sujet, de ce qui est arrivé à Kadhafi ?

Président al-Assad : Non, nous sommes inquiets que les rebelles prennent le contrôle dans de nombreux pays, et regardez les résultats. Êtes-vous satisfait en tant qu’Américain ? Quels sont les résultats ? Rien. Très mauvais – rien de bon.

Charlie Rose : Il y avait un rapport récemment dont vous avez parlé, ou un de vos représentants en a parlé, une sorte d’accord dans lequel vous et votre famille quitteraient le pays si on vous garantissait un sauf-conduit, si vous étiez assurés qu’il n’y aurait aucune poursuite pénale. Vous êtes au courant de ces rapports ?

Président al-Assad : Nous avons reçu de telles garanties dès le premier jour de la crise.

Charlie Rose : En raison de vos actes ?

Président al-Assad : Non, en raison des objectifs politiques dont j’ai parlé. Pour certains, je devais partir, tout simplemen. Ils ont donc dit « nous avons toutes les garanties si vous voulez partir, et tout l’argent et tout ce que vous voulez. » Bien sûr, il suffit de l’ignorer.

Charlie Rose : On vous a donc offert cette possibilité ?

Président al-Assad : Oui, mais il ne s’agit pas de moi, encore une fois, ce combat n’est pas mon combat, ce n’est pas la lutte du gouvernement, c’est la lutte du pays, du peuple syrien. C’est ainsi que nous voyons les choses. Il ne s’agit pas de moi.

Charlie Rose : Il ne s’agit pas de vous ?

Président al-Assad : Il s’agit de tous les Syriens.

Charlie Rose : Comment finira cette guerre ? Quelle est la fin de partie ?

Président al-Assad : C’est très simple, une fois que les pays occidentaux cessent de soutenir les terroristes et de faire pression sur les pays marionnettes et serviles tels que l’Arabie saoudite et la Turquie et d’autres, il n’y aura plus de problème en Syrie. Il sera résolu facilement, parce que ces combattants, la partie syrienne dont vous parlez, a perdu son terreau naturel dans la société syrienne – ils n’ont plus de terreau, c’est pourquoi ils doivent en chercher à l’étranger. Ils ont besoin d’argent de l’étranger, ils ont besoin de soutien moral et un soutien politique à l’étranger. Ils n’ont pas de base, pas de terreau. Ainsi, en arrêtant la contrebande, on règle les problèmes.

Charlie Rose : Oui, mais en même temps, comme je l’ai déjà dit, vous avez le soutien de l’étranger. Il y a ceux qui disent que vous ne seriez pas en mesure de survivre sans le soutien de la Russie et de l’Iran. Votre gouvernement ne serait pas en mesure de survivre.

Président al-Assad : Non, ce n’est pas moi, je n’ai pas de soutien. Pas moi, mais toute la Syrie. Chaque accord est conclu entre toutes les classes et tous les secteurs de la Syrie ; gouvernement, population, commerce, militaire, culturel, tout, c’est comme la coopération entre votre pays et tout autre pays dans le monde. C’est la même coopération. Il ne s’agit pas de moi, ce n’est pas un soutien de crise.

Charlie Rose : Je voulais dire votre gouvernement. Vous dites que les rebelles ne survivent que parce qu’ils ont le soutien de l’Arabie saoudite et de la Turquie et des Etats-Unis et du Qatar peut-être, et je dis que vous ne survivez que parce que vous avez le soutien de la Russie et de l’Iran et du Hezbollah.

Président al-Assad : Non, l’aide extérieure ne pourra jamais remplacer le soutien intérieur, jamais, c’est certain. Et l’exemple que nous devons examiner de près, c’est l’Egypte et la Tunisie. Ils ont tout le soutien de l’Occident et du Golfe et de la plupart des pays du monde. Quand ils n’ont pas eu le soutien à l’intérieur de leur pays, ils n’ont pu tenir plus de – combien ? – trois semaines. Donc, la seule raison pour laquelle nous sommes ici depuis deux ans et demi, c’est parce que nous avons le soutien interne, l’appui du peuple. Alors tout soutien extérieur, si vous voulez appeler ça du soutien alors employons ce terme, c’est… comment dire… ça vient en plus, mais ce n’est pas sur cette base là qu’il faut s’appuyer, pas plus qu’en Syrie.

Charlie Rose : Vous et moi avons parlé de cela auparavant, nous nous souvenons de Hama et votre père, Hafez al Assad. Il a … impitoyablement… entrepris l’élimination des Frères musulmans. Etes-vous simplement en train d’imiter votre père ?

Président al-Assad : Je ne sais pas ce que vous entendez par impitoyablement, je n’ai jamais entendu parler d’une guerre douce. Avez-vous déjà entendu parler d’une guerre douce ? Il n’y a pas de guerre douce. La guerre est la guerre. Toute guerre est impitoyable. Quand vous combattez les terroristes, vous vous battez comme dans n’importe quelle autre guerre.

Charlie Rose : Alors, les leçons que vous avez apprises ici sont les leçons que vous avez apprises de votre père et de ce qu’il a fait à Hama, qui, dit-on, vous a influencé considérablement en termes de votre perception du devoir.

Président al-Assad : Question : que feriez-vous en tant qu’Américain si les terroristes envahissent votre pays d’un peu partout et commencent à tuer des dizaines de milliers d’Américains ?

Charlie Rose : Vous les appelez des terroristes, mais en fait il s’agit d’une révolution populaire, c’est ce que les gens croient, contrairement à vous, qui fait partie du printemps arabe qui a influencé d’autres pays.

Président al-Assad : la Revolution doit être être syrienne, elle ne peut pas être importée de l’étranger.

Charlie Rose : Elle n’a pas commencé de l’étranger, elle a commencé ici.

Président al-Assad : Ce que vous ne savez pas, c’est que ceux qui l’ont commencée ici soutiennent désormais le gouvernement. Ce que vous ne savez pas en tant qu’Américain, vous ne le savez pas en tant que journaliste. C’est pourquoi parler de ce qui s’est passé au tout début est complètement différent de ce qui se passe actuellement – ce n’est pas la même chose. Il y a une grande dynamique, les choses évoluent de jour en jour. C’est une image complètement différente. Ces gens qui voulaient la révolution coopèrent désormais avec nous.

Charlie Rose : Je vous le demande encore une fois, est-ce qu’en fait vous êtes le fils de votre père et croyez-vous que la seule façon de chasser les gens est de les éliminer comme votre père l’a fait ?

Président al-Assad : Pour être indépendant ? Oui. Pour lutter contre les terroristes ? Oui. Pour défendre le peuple syrien et le pays ? Oui.

Charlie Rose : Quand je vous ai interviewé pour la première fois, il était question de Bashar al-Assad… qui représentait l’espoir, la réforme. Ce n’est plus ce qu’ils disent.

Président al-Assad : Qui ?

Charlie Rose : Les gens qui écrivent sur vous, les gens qui parlent de vous, les gens qui analysent la Syrie et votre régime.

Président al-Assad : Exactement. L’espoir d’un Américain diffère de celui d’un Syrien. Selon moi, je dois être l’espoir de la Syrie, pas l’espoir de quelqu’un d’autre, pas l’espoir d’un américain, ni d’un français, ni de quelqu’un d’autre. Je suis président pour aider le peuple syrien. Donc, cette question doit être posée du point de vue syrien. S’il y a eu ou non des changements relatifs à cet espoir, c’est au peuple syrien qu’il faut poser la question, et à personne d’autre.

Charlie Rose : Mais maintenant, ils vous qualifient – ce sont leurs propres termes – de boucher. On vous compare aux pires dictateurs que le monde a jamais connus. L’emploi d’armes qui vont au-delà de la guerre. Tout ce qu’on peut dire de mal sur un dictateur, ils sont en train de le dire sur vous.

Président al-Assad : Tout d’abord, lorsque vous avez un médecin qui doit amputer une jambe pour sauver un patient de la gangrène, on ne l’appelle pas un boucher, on l’appelle un médecin, et on le remercie de sauver des vies. Quand vous avez le terrorisme, vous avez une guerre. Quand vous avez une guerre, vous avez toujours des victimes innocentes qui pourraient être les victimes de n’importe quelle guerre. Nous n’avons donc pas à discuter de l’image en Occident avant de discuter de l’image en Syrie. C’est ça la question.

Charlie Rose : Ce n’est pas seulement l’Occident. Je veux dire que c’est l’Est et le Moyen-Orient, et je veux dire, vous savez, le monde entier a le regard braqué sur la Syrie. Nous avons vu des atrocités des deux côtés, mais du votre aussi. Ils ont vu la brutalité d’un dictateur qui, disent-ils, vous classe dans la catégorie des pires.

Président al-Assad : Nous devons donc permettre aux terroristes de venir tuer des Syriens et détruire le pays beaucoup, beaucoup plus. C’est comme ça qu’on devient un bon président ? C’est ce que vous laissez entendre.

Charlie Rose : Mais vous ne pouvez pas admettre l’idée qu’il y a une opposition à votre gouvernement à l’intérieur de la Syrie. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas imaginer.

Président al-Assad : D’avoir une opposition ? Nous l’avons, et vous pouvez aller les rencontrer. Nous avons certains d’entre eux au sein du gouvernement, nous avons certains d’entre eux hors du gouvernement. Ils sont l’opposition. Elle existe.

Charlie Rose : Je parle de ceux qui se battent contre vous.

Président al-Assad : L’opposition est différente du terrorisme. L’opposition est un mouvement politique. L’opposition ne veut pas prendre les armes et tuer des gens et tout détruire. Les gens à Los Angeles dans les années 90 [émeutes violentes – NdT] – vous les appelez des rebelles ou l’opposition ? Comment les Britanniques ont-ils appelés les rebelles d’il y a moins de deux ans à Londres ? Les ont-ils appelés opposition ou rebelles ? Pourquoi devrions-nous les appeler opposition ? Ce sont des rebelles. Ce ne sont même pas des rebelles, ce sont des coupeurs de têtes. Une opposition qui s’oppose à un pays ou gouvernement avec des décapitations ? En faisant des barbecues avec des têtes ? En mangeant le cœur de leurs victimes ? C’est une opposition, ça ? Qu’est-ce que vous appelez les gens qui ont attaqué les deux tours, le 11 Septembre ? L’opposition ? Même s’ils ne sont pas Américains, je le sais, mais il me semble que l’un d’entre eux avait la nationalité américaine. Ce sont pour vous des opposants ou des terroristes ? Pourquoi devriez-vous utiliser un terme aux États-Unis et en Angleterre et peut-être dans d’autres pays et utiliser un autre terme en Syrie ? Il s’agit d’un double standard que nous n’acceptons pas.

Charlie Rose : Un jour je vous ai demandé ce que vous craignez le plus et vous avez répondu la fin de la Syrie en tant qu’état laïc. Est-ce déjà le cas ?

Président al-Assad : D’après ce que nous avons vu récemment dans les zones contrôlées par les terroristes, où ils interdisent aux gens d’aller à l’école, interdisent aux jeunes hommes de raser leurs barbes, et où les femmes doivent être couvertes de la tête aux pieds, bref, là où ils vivent à la manière des Talibans en Afghanistan, totalement avec le même mode de vie, à échéance, oui, il y a de quoi être inquiet. Parce que l’État laïque doit refléter la société laïque, et cette société laïque, avec le temps, si vous ne vous débarrassez pas de ces terroristes et ces extrémistes et du mode de vie wahhabite, bien sûr, celle-ci exercera une influence sur les nouvelles générations et celles à venir. Donc, nous ne nions pas sa présence, nous sommes toujours un état laïc, mais avec le temps, cette laïcité sera érodée.

Charlie Rose : Monsieur le Président, je vous remercie de nous avoir permis d’avoir cette conversation à propos de la Syrie et de la guerre qui y règne ainsi que de l’avenir du pays. Je vous remercie.

Président al-Assad : Je vous remercie d’être venu en Syrie.

Traduction « charlie, t’es pas un peu lourdaud des fois ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement plus de fautes et de coquilles que d’habitude eu égard à la longueur de ce truc.

Version corrigée, 18/9 11h00

EN COMPLEMENT

vidéo VO : http://www.cbsnews.com/8301-505263_162-57601924/assad-u.s-does-not-hav…

Retranscription en anglais : http://sana.sy/eng/21/2013/09/10/501729.htm

http://www.legrandsoir.info/interview-de-bashar-al-assad-par-cbs-news-texte-complet-en-francais.html

Les dessous du tir des deux missiles en Méditerranée


missile_syrie_zoom945Une source diplomatique éminente a révélé que « la guerre américaine contre la Syrie a commencé et a terminé au moment du tir des deux missiles balistiques qui sont tombés dans la mer » ! Selon le quotidien libanais assafir, citant cette haute source, « les deux missiles ont été lancés par les forces américaines d’une base militaire de l’OTAN en Espagne.

Ils ont été détectés par les radars russes immédiatement. Les batteries de défense russe les ont confrontés. Un missile a explosé en l’air alors que l’autre a été dérouté et est tombé ensuite en mer ».

Et la source d’ajouter : « Le communiqué publié par le ministère russe de la défense sur la détection de deux missiles balistiques lancés en direction de la Méditerranée a négligé de souligner deux informations : le lieu du tir des missiles, et leur interception ». Pourquoi ? Parce qu’immédiatement après cette opération militaire, la direction des renseignements russes a contacté les renseignements américains pour les informer que « frapper Damas équivaut à frapper Moscou et nous avons omis la phrase de l’interception des deux missiles du communiqué que nous avons publié pour sauvegarder les relations bilatérales et pour ne pas provoquer plus d’escalade. Pour cette raison, vous devez revoir rapidement votre politique et vos intentions envers la crise syrienne et vous devez réaliser qu’il vous est impossible d’éliminer notre présence en Méditerranée ».

« Cette confrontation directe non annoncée entre Moscou et Washington a augmenté la confusion de l’administration d’Obama qui est devenue plus convaincue que la partie russe est prête à aller jusqu’à la fin en ce qui concerne la cause syrienne, et a montré que seule une initiative russe pourra sauver la face de l’administration US et que la volonté de la Russie décidera de la paix ou de la guerre en Syrie ».

La même source a poursuivi : « Après qu’Israël a démenti sa connaissance au sujet du tir des missiles dans son premier communiqué, Washington a demandé de Tel Aviv de revendiquer les tirs des missiles pour la sauver de cette position, surtout que ce tir était le signal de lancement de l’offensive
contre la Syrie. Il était prévu que le Président américain participe au sommet du G-20 pour mener des négociations sur le sort du président syrien Bachar el-Assad ».

« Après la confrontation balistique entre les Etats-Unis et la Russie, Moscou a augmenté ses experts militaires en Syrie, et a multiplié ses pièces militaires et ses navires pour renforcer sa présence militaire en Méditerranée, et a choisi d’annoncer son initiative sur la fin de l’offensive contre la Syrie après le sommet du G-20.  Cette décision a été prise suite à des réunions avec la partie syrienne qui a donné son accord sur la proposition russe de placer les armes chimiques sous contrôle international et d’adhérer à la convention de la non-prolifération d’armes chimiques ».

« Les premiers résultats de la confrontation balistique américano-russe furent le vote de la chambre des communes britannique sur le refus de participer à la guerre en Syrie, une décision qui a été suivie par des positions eurpéennes, notamment la position de la chancelière allemande Angela Merkel », a encore révélé ladite source.

source: assafir / AlManar

 

L’armée syrienne a la capacité de repousser les vagues de Tomahawks lancés par le américains. Partie 2/2


Aucune réaction des batteries de missiles et de l’artillerie AA de l’armée syrienne ne peut être minimisée, même si les missiles de croisière Tomahawk sont presque invisibles sur leur radar.

Le dispositif de combat semble échelonné dans le territoire par secteurs et alignements distincts. Lire la suite L’armée syrienne a la capacité de repousser les vagues de Tomahawks lancés par le américains. Partie 2/2

Un message de l’Union des journalistes syriens pour la paix dans le monde


Lumieres-pour-la-Paix-Sophy-Rotbard1-400x299République Arabe Syrienne, le 9 septembre 2013

Depuis environ 30 mois, la Syrie a été exposée à une attaque féroce menée par Takfiri terrorisme international et financé par les Etats régionaux et arabes, sous la supervision des grandes nations qui alimentent la crise dans le pays et déjouent les efforts politiques pour favoriser le dialogue et la construction de la démocratie . Malheureusement, ces mêmes nations soutiennent le terrorisme takfiri.

Le mercredi le 21 d’août 2013, le monde a reçu les nouvelles disant qu’une attaque chimique avait été lancée dans la campagne de Damas. Le gouvernement syrien a, à maintes reprises, appelé à une enquête internationale et scientifique soutenu par les Nations Unies des faits et les accusations à son égard.  Alors que les Etats-Unis, l’Angleterre , la France et d’autres pays ont été prompts à blâmer, sans aucune enquête ou de preuve , le gouvernement syrien de mener à bien cet avertissement d’attaque, en notant qu’une ligne rouge a été franchie et que l’action militaire était sur la table » sanctionner le gouvernement syrien, même sans mandat de l’ONU.

Ce n’est pas nouveau que la récente administration américaine est parsemée d’exemples d’opérations sous faux pavillons , carrément des mensonges et les distorsions de la réalité pour mener à bien leurs projets politiques et des aventures militaires. Le monde a été témoin de comment la récente administration américaine a menti sur les armes irakiennes de destruction massive pour cautionner l’invasion de l’Irak en 2003 et l’assassinat d’innocents qui suit et la destruction de la société. Et, plus récemment, nous pourrions encore voir comment les Etats-Unis ont trompé l’ONU lorsque le gouvernement américain a utilisé la résolution 1973 (la création de zone d’exclusion aérienne et l’utilisation de «  tous les moyens nécessaires » pour protéger les civils en Libye ) pour réaliser le changement de régime en Libye. L’usage de la force en Irak et la Libye a subi des conséquences terribles et il n’y a eu aucune sécurité, la stabilité ou à l’amélioration des conditions de vie dans la région.

Nous, les journalistes de Syrie, disons que l’agression américaine n’est qu’une violation flagrante de la légalité internationale, Charte des Nations Unies et de l’irrespect flagrant de toutes les lois et conventions internationales. Nous affirmons que la Syrie a le droit à l’auto- défense et le commandement militaire est de définir la manière de représailles sur l’agression possible. Nous avons , également , affirmé que le prétexte américain de défendre le peuple est exposé à tous, affirmant que les Etats-Unis et tous ceux qui voudraient prendre part à toute agression, ce qui entraînerait la mort de milliers d’innocents  doivent être tenus pour responsables. Nous n’appelons pas à la guerre. Nous appelons à la paix. Les enquêteurs de l’ONU doivent prendre leur temps pour parvenir à des résultats scientifiques très loin des interventions politiques.

Les journalistes sont des messagers de paix.

Nous avons besoin de votre solidarité

Pour arrêter l’attaque prévue

Pour rechercher une solution pacifique à notre crise par Genève 2 parrainée par l’ONU

Pour fournir de l’aide pour les personnes qui avaient été contraintes de quitter leurs maisons à cause de la guerre terroriste lancée sur l’état

Pour arrêter le rôle des médias destructrice dans le but d’avoir fomenté le terrorisme en Syrie et d’incitation à l’extrémisme

Oeuvrons ensemble pour la sécurité et la paix selon les règles du droit et de l’éthique . Il doit être noté que le peuple de Syrie a une grande civilisation et ils attendent avec impatience de bâtir un avenir sur les bases de la démocratie, de paix et de fraternité instigateur d’une stabilité mondiale

Chadie Nassere

Directeur de Cabinet de le president de l’UJ

E-mail: Rambookstore@hotmail.com

N’hésitez pas à me contacter

Illustration : Lumières pour la Paix

source : http://artsenik.artblog.fr/318983/Lumieres-pour-la-Paix-image-numerique-Sophy-Rotbard/

via  http://www.mondialisation.ca/un-message-de-lunion-des-journalistes-syriens-pour-la-paix-dans-le-monde/5348919

Syrie : une carte révélatrice


Cliquer sur la carte pour agrandir
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J’avais suggéré dans un article précédent que les vrais buts de guerre contre la Syrie étaient la Syrie elle-même. Tous les autres objectifs annoncés à grand renfort d’analyses pertinentes et souvent par les agresseurs eux-mêmes sont de la poudre aux yeux. Et pour cause. Aucun agresseur au monde, ni maintenant, ni au cours de l’Histoire, ne va attaquer l’ennemi en annonçant clairement pourquoi il le fait et comment il va s’y prendre. La Syrie serait-elle une exception dans l’Histoire de l’humanité ? Je ne le crois pas.

Aujourd’hui, la question syrienne est ramenée à quelque chose de fort simple : y aura-t-il une intervention extérieure et quelles en seront les conséquences. Tout le reste n’a plus cours. Adieu les considérations sur Al-Qaïda et la guerre contre le terrorisme. Exit le printemps arabe et la chute des ‘’dictateurs’’. Même l’Egypte, pourtant encore en pleine ébullition, rejoint dans l’oubli la révolte turque. En fait nous revenons au point de départ d’il y a deux ans et demi en Syrie, avec ses fondamentaux de base : On veut la Syrie et Bachar Al Assad doit céder la place de lui-même ou il en sera délogé.

Pourquoi ? Passons en revue toutes les raisons qu’on nous donne.

– L’Iran, d’abord. La guerre contre la Syrie serait pour priver l’Iran d’un allié. C’est ce qui nous est soufflé. Le premier souffleur est bien sûr Israël. C’est aussi Israël qui menace l’Iran. C’est toujours Israël qui fait capoter les négociations pour le nucléaire iranien, ce nucléaire militaire qui n’existe que dans les discours entretenus par les autorités israéliennes. Les embargos sont suggérés par Israël et ses alliés sont régulièrement poussés à en inventer d’autres. Pourquoi tout ça ? On sait qu’Israël peut envoyer quelques coucous déposer leurs œufs sur quelques cibles, mais pas d’envahir l’Iran. Il en est de même pour les Etats-Unis. Ils le savent, tout le monde le sait et même nous, nous le savons. Puisque nous le savons, pourquoi croyons-nous le contraire, à chaque fois que le sujet revient sur le tapis ? Mystère. Personne n’attaquera l’Iran. Le nucléaire iranien n’est pas un problème, pas plus que le nucléaire pakistanais (bien réel celui-là) qui est pourtant entre les mains de musulmans, dans un pays islamique qui grouille de talibans. La bombe iranienne n’est évoquée que pour justifier les embargos, d’une part et, d’autre part créer un ennemi artificiel pour détourner les regards. En outre, avec les embargos, on espère affaiblir le soutien que pourrait apporter l’Iran à celui qui est vraiment visé.

– L’énergie. La guerre contre la Syrie et, de manière générale, toutes les luttes dans cette partie du monde, seraient pour la maîtrise de l’énergie et le pillage des ressources. Il faut être frappé d’amnésie pour gober ça.  Il faudrait juste rappeler que l’occident a déjà fait ce qu’il fallait et les guerres qu’il fallait pour ça. Nul besoin d’autres guerres pour avoir ce qu’ils ont déjà. Non seulement leurs compagnies sont présentes partout et en bonne place, mais ce sont elles qui dictent les règles et les prix de ce qu’ils vendent et de ce qu’ils achètent via des entités qu’ils ont créées. Alors, guerre de pillage, en Syrie ? Piller quoi ? Les ressources énormes de la Méditerranée orientale ? Il n’y a pas que la Syrie qui est concernée par ces ressources qui, en passant, n’ont pas encore vu le jour.

– Les Gazoducs. La Syrie serait le passage obligé de tous les gazoducs venant du golfe. Il suffit de regarder une carte pour voir que ce n’est pas tout à fait vrai. En outre, on se rappelle que pour la guerre d’Afghanistan, il avait été soufflé que l’une de ses vraies causes serait une histoire de gazoducs. On a vu ce qu’il en était. Des analystes spécialisés dans ce domaine nous ont montré des tracés compliqués de gazoducs existants et potentiels pour acheminer l’énergie vers l’Europe. Il suffit de les regarder pour voir tout de suite que la Syrie n’est pas centrale, même si elle est importante.

– l’Axe de la résistance. C’est le dernier argument que l’on donne, mais vite évacué car la Syrie ne serait qu’un appoint à celui que l’on a défini comme ennemi : L’Iran et son prolongement armé, le Hezbollah. La boucle est bouclée. Circulez, il n’y a rien à voir. Les problèmes géopolitiques du Moyen-Orient et du monde arabe ne sont que cela, présentés, décortiqués, analysés et commentés dans tous les médias du monde.

Pour faire oublier l’essentiel.

Un problème vieux de plus de 60 ans dont il faudra bien sortir un jour. Le problème palestinien. La seule solution pour le régler apparait être, aux yeux de ceux qui organisent ce chaos, le remodelage, non plus du Grand Moyen-Orient, mais de la Syrie, la Jordanie, de la Palestine (dont Israël), et peut-être de l’Egypte. Remodelée, la région offrirait aux palestiniens une terre et Israël pourrait s’étendre jusqu’au Jourdain. Aux yeux d’Israël et de ceux qui sont derrière lui, cela se fera, Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce qui explique que la colonisation ne s’est jamais arrêtée, et ne s’arrêtera pas. Pour eux c’est une expansion naturelle pour quelque chose d’inéluctable.

Dès lors beaucoup d’évènements s’expliquent, y compris certaines alliances contre nature. Et, par-dessus tout, le printemps arabe prend tout son sens.

En observant la carte ci-dessus, on constate que tous les navires de guerre occidentaux sont situés loin des côtes syriennes, se mettant hors de portée des missiles de l’armée syrienne. Pour leur sécurité, il fallait donc qu’il n’y ait aucun allié potentiel de la Syrie dans le secteur, et cet allié aurait très bien pu être Mouammar Kadhafi.  Il fallait éliminer ce risque. Avant de s’en prendre à la Libye, on fait dégager des amis, complices, par des pseudo-révoltes. En Tunisie, on oublie trop souvent, comme toujours, les snipers qui ont mis le feu aux poudres, et qui ont été exfiltrés très vite. Avec l’effervescence médiatisée des foules tunisiennes et égyptiennes, c’était tout le peuple arabe qui était censé se révolter contre des ‘’dictateurs’’ qui hier encore étaient considérés comme des amis et des modérés. Ca n’étonne personne que les islamistes qui ont pris le pouvoir en Tunisie soient financés par le Qatar, et que dans le même temps, la victime de ces qatari, Ben Ali, soit hébergé dans des palais des mille et une nuit au Qatar.

Une fois que la mayonnaise a bien pris dans les esprits, il pouvait donc sembler naturel que les libyens suivent cette tendance arabe en voulant se débarrasser, eux aussi, de ‘’leur dictateur’’.

Si cette hypothèse est exacte, tout ce cinéma a dû être planifié depuis très longtemps en vue de la guerre contre la Syrie. La guerre de Libye nous a été présentée comme une guerre de pillage des ressources du pays. On constate simplement que ce sont toujours les mêmes compagnies pétrolières qui sont sur place, qui continuent à faire exactement ce qu’elles faisaient avant la guerre. S’il y a eu quelques remaniements contractuels, l’essentiel n’a pas bougé. Avaient-ils besoin de piller ce qui leur était offert par négociations ? Tout le monde a constaté que Kadhafi était prêt à négocier sur tout avec l’occident et était prêt à tous les compromis, ce qui fit qu’il ne vit rien venir de la part de ceux qui, eux, suivaient un agenda très précis.

D’après ce que nous constatons aujourd’hui, dans une sorte de timing parfait, tous les évènements qui se sont déroulés dans le monde arabe ressemblent fort à une préparation de ce que va faire Obama, c’est-à-dire attaquer la Syrie. Ce que nous voyons dans la carte ci-dessus ne pouvait être possible que sans Kadhafi sur les flancs.

Avec cette hypothèse, on comprend aussi pourquoi la Libye était si importante pour Bernard Henri Lévy et Israël. Tripoli n’aurait été qu’une étape sur le chemin de Damas.

Avic

Des rebelles syriens ont admis qu’ils étaient responsables de l’attaque chimique du 21 août


2250340L’incident du 21 août dernier où des armes chimiques ont fait entre 355 et 1300 morts dans la banlieue Est de Damas aurait été produit par des rebelles syriens selon le très crédible journaliste Dale Gavlak, correspondant au Moyen-Orient pour l’Associated Press depuis deux décennies.
 
Les puissances occidentales ont blâmé les forces de Bachar al-Assad, mais selon les témoignages recueillis par Gavlak, cette attaque serait en fait le résultat d’une mauvaise manipulation d’armes chimiques fournies par
 
l’Arabie Saoudite!
 
Selon le journaliste de l’Associated Press [probablement pour peu de temps encore], de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, prétendent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de l’attentat chimique mortel.
 
Les rebelles ont dit à Gavlak qu’ils n’ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait.  Il semble que les armes devaient initialement être données à Al Qaïda et au groupe Front al-Nosra [un groupe djihadiste de rebelles armés].
 
Un militant de l’opposition a dit au journaliste qu’ils étaient très curieux au sujet de ces armes et que malheureusement certains d’entre eux ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions.  Un autre combattant, une femme, a ajouté que le groupe de rebelles ne savaient pas de quel type d’armes il s’agissait ni comment les utiliser.
 
Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition, a également dit à Gavlak: « Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu’on lui avait demandé de garder des armes. »  Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d’autres étaient comme une énorme bouteille de gaz.  Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha.  Selon le père, les armes ont explosé à l’intérieur d’un tunnel, tuant 12 rebelles.
 
Plus d’une douzaine de rebelles ont été interrogés et ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.  
 
Si cette histoire est exacte, elle pourrait rendre complètement invalide l’attaque des États-Unis sur la Syrie.
 
Le rôle présumé de l’Arabie Saoudite dans la fourniture d’armes aux rebelles n’est pas une surprise étant donné les révélations plus tôt cette semaine à l’effet que les Saoudiens ont menacé la Russie d’attaques terroristes aux Jeux olympiques d’hiver à Sotchi l’an prochain, à moins qu’ils n’abandonnent leur soutien au président syrien.
 
Le journal Telegraph a rapporté que le prince Bandar aurait dit à Vladimir Poutine que les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par eux (Saoudiens).
 
 
Sources:
 

Markale III et Račak II en Syrie


Tribune libre Byblos

413746-bankimoonLe secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon rappelle les inspecteurs en Syrie alors qu’ils n’ont pas effectué le travail pour lequel ils avaient été appelés et mandatés, mais qu’ils ont par contre visité d’autres lieux, ce qui laissera libre cours aux interprétations partiales si la publication de leur rapport est interdite par le veto d’une grande puissance (comme le rapport de l’ONU sur Markale II qui confirmait les observations de l’armée française alors en charge de Sarajevo et annonçait les confessions ultérieures du général Sefer Halilović puis du président Alija Izetbegović).

Pour mémoire, cette mission d’inspection avait été réclamée par le gouvernement syrien après l’attaque chimique du 19 mars par les islamistes à Khan Al-Assal (près d’Alep) et a dû être reportée lorsque certains membres du conseil de sécurité de l’ONU ont exigé qu’elle aille ailleurs, en l’occurrence près de Damas où les islamistes prétendaient entretemps que le gouvernement aurait utilisé une arme chimique le 12 ou le 13 avril, ce qui n’a jamais été prouvé.

Début juillet la Russie a remis un rapport au secrétariat général de l’ONU, respectant toutes les normes de la convention de contrôle, et établissant indiscutablement (grâce aux relevés balistiques) que ce sont bien les islamistes qui ont tiré des obus chimiques près d’Alep le 19 mars.

Le gouvernement syrien ayant finalement accepté que la mission d’inspection appelée pour enquêter sur l’attaque du 19 mars enquête aussi sur l’attaque prétendue du 12 ou 13 avril, les inspecteurs de l’ONU sont arrivés à Damas le 18 août pour commencer à travailler le 19, mais dès le 20 août les islamistes ont diffusé des vidéos d’une nouvelle attaque « chimique » à la Ghouta (banlieue de Damas) orientale, dont ils ont ensuite prétendu qu’elle avait eu lieu le 21 août au matin (coïncidant avec une vraie contre-attaque conventionnelle de l’armée), permettant aux puissances pro-islamistes d’exiger que les inspecteurs aillent là en se détournant de leurs missions principale (attaque du 19 mars) et secondaire (attaque prétendue d’avril).

En libérant progressivement la zone des islamistes, l’armée syrienne a découvert le 24 août à Jobar un dépôt d’armes et laboratoire chimique clandestin incluant des masques à gaz et des ingrédients chimiques précurseurs provenant d’Arabie Séoudite.

Rappelant au début la mission des inspecteurs, le gouvernement syrien a rapidement décidé (le 25 août) d’accepter qu’ils aillent d’abord à la Ghouta avant d’aller à Khan Al-Assal. Un calendrier de visites a alors été établi entre le ministre syrien des affaires étrangères Wallid Mouallem (dernier ministre chrétien non abattu par les islamistes) et le haut représentant de l’ONU pour le désarmement Angela Kane. De leur côté les islamistes ont tiré deux obus de mortier vers l’hôtel des inspecteurs lundi 26 août, puis ont accueilli à la Ghouta leurs voitures blanches de l’ONU marquées « UN » à l’arme automatique, les obligeant à faire demi-tour pour revenir discrètement en voitures banalisées.

Parallèlement l’envoyé spécial de l’ONU (et émissaire de la Ligue Arabe) en Syrie Lakhdar Brahimi a déclaré en conférence de presse, le 28 août, que contrairement à ce que prétend certaine presse, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni n’ont présenté aucune preuve de la prétendue culpabilité gouvernementale dans une attaque chimique près de Damas le 21 août.

Le rappel anticipé des inspecteurs de l’ONU par le secrétaire général démontre une fois de plus que celui-ci ne travaille pas pour les Nations Unies ou leur assemblée générale mais pour le pays qui l’a mis en place.

Il démontre aussi que l’envoi de cette mission était biaisé et partial. Son rapport ne peut être qu’incomplet puisqu’il ne portera pas sur l’incident chimique principal, qui avait motivé sa venue, et s’il n’est pas suffisamment mensonger il ne sera pas diffusé. Le gouvernement syrien a-t-il eu tort d’accepter la modification du mandat initial de cette mission ? C’est difficile à dire car si les inspecteurs n’étaient pas venus cela aurait été utilisé contre la Syrie. Mais il doit absolument protester contre l’interruption des inspections et le rappel prématuré des inspecteurs, qui violent le calendrier de visite, tronquent la mission d’inspection, dévoient son rapport et le transforment finalement en un réquisitoire unilatéral, anti-gouvernemental et pro-islamiste.

Les méthodes de la poignée de pays qui manipulent certaines instances de l’ONU à des fins belliqueuses n’ont pas changé depuis vingt ans.

Delenda Carthago

http://www.stratediplo.blogspot.fr/

 

Des experts militaires expliquent pourquoi les Etats-Unis hésitent à s’engager dans le conflit syrien


Tribune libre Zorro Montmartre

3466397_7_29ce_barack-obama-descend-de-marine-one_c0f5d513586da187e8ca9a37b409a07bAlors qu’on s’attendait à une attaque dans la nuit de jeudi à vendredi, l’intervention militaire des Etats-Unis et de la France est, semble-t-il, reportée. Finalement, rien ne se fera avant de connaître les conclusions de la commission d’enquête de l’ONU sur les circonstances dans lesquelles l’arme chimique aurait été utilisée.

La parole est maintenant surtout aux spécialistes qui tentent d’éclairer l’opinion sur une guerre annoncée mais incertaine quant à son déroulement, à son issue et à ses conséquences immédiates et lointaines. A ce propos, des experts militaires algériens joints par Algeriepatriotique sont d’avis que les Etats-Unis n’interviendront directement dans le conflit en Syrie qu’en fonction de deux hypothèses qu’ils ont dû retenir. Il s’agirait pour eux de continuer par d’autres moyens, c’est-à-dire les frappes aériennes, après qu’ils eurent échoué à provoquer le soulèvement d’une partie de la population syrienne contre son gouvernement, malgré l’appui considérable en armes, argent et logistique fournis par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. La seconde hypothèse serait que les Etats-Unis sont sûrs de l’implication d’Al-Assad dans l’utilisation du gaz sarin dans les combats contre les rebelles à Damas – ce qui serait, pour le moins, déplorable – mais dans ce cas, ils doivent, pour légitimer leur action, en apporter les preuves irréfutables. Or, à ce jour, c’est loin d’être le cas.

Mais quel que soit le cas de figure, les Syriens n’ont pas les capacités de dissuader les armées occidentales d’intervenir militairement, font observer nos interlocuteurs. Ils rappellent que l’armée syrienne est totalement divisée et cette division trouve son prolongement dans la population. Comment se passeront les choses sur le terrain des opérations si les Etats-Unis décident de frapper ? Nos interlocuteurs estiment que les Américains procéderont auparavant à des brouillages intensifs à l’aide de systèmes qui ont constamment évolué et qui sont maintenant efficaces. Ils n’enverront ni avions ni troupes. Ils satureront le ciel en tirant plusieurs missiles sur un même objectif.

Pour ce qui est des Syriens, s’ils disposent de missiles balistiques, les cibles les plus appropriées pour eux seraient indirectes. Ils lanceraient leurs missiles sur l’Arabie Saoudite. Ceci se justifie, selon nos sources, par le fait que c’est là que se trouvent les intérêts américains. L’armée syrienne pourrait aussi cibler la Turquie qui abrite des bases américaines. Nos sources n’excluent pas l’éventualité que la Syrie puisse également, en vue d’enflammer la région, créer le désordre dans les pays arabes qui lui sont hostiles et qui sont proches géographiquement. Beaucoup dépendra, enfin, de la posture qu’adoptera la Russie de Poutine. Va-t-elle réagir ne serait-ce que par la dissuasion ? Sinon, estiment nos sources, cela constituerait pour ce pays un camouflet pire que celui de la baie des Cochons. C’est pour cette raison que l’idée de l’attaque d’une cible telle que l’Arabie Saoudite peut être envisagée comme un facteur dissuasif, estiment nos sources. On comprend, concluent ces experts, pourquoi les Etats-Unis et leurs alliés traînent les pieds dans leur projet d’intervenir contre la Syrie.
Karim Bouali

http://algeriepatriotique.com/article/des-experts-militaires-expliquent-pourquoi-les-etats-unis-hesitent-s-engager-dans-le-conflit

Le one man show occidental


Theatre_Show_by_geo_tographyÇa devient vraiment risible. Depuis quelques jours on nage dans le surréel. Nous y avions pourtant cru à leur guerre imminente et, peut-être même y  croyons-nous encore. Il vaut mieux d’ailleurs, car devant un tel degré de psychopathie, tout est possible, même l’irrationnel.

Résumons.

-L’histoire commence par le sacrifice (ou l’immolation, au choix) de plusieurs enfants. Les scènes que le monde entier a vues peuvent très bien avoir été montées, mais il n’en reste pas moins que ces enfants ont reçu des traitements particulièrement agressifs.

– Ensuite les cris et les indignations devant l’acte que l’on vient de commettre, cris et indignations directement proportionnels au degré d’ignominie, d’horreur et de barbarie voulu et rendu dans la mise en scène.

– Après les premières gesticulations, suivent les rencontres, les consultations et les coups de téléphones, le tout relayé, à la virgule près, par les médias.

– Puis la fatwa tombe. Tel Moïse du haut du mont Sinaï, Obama décrète qu’il faut, qu’il est nécessaire, même obligatoire d’attaquer la Syrie. Le dieu de la morale et de l’humanité l’ordonne. Lui, pauvre Obama, ne peut qu’obéir. Les foudres de la colère divine tomberont donc sur Damas et balaieront tous ceux qui ont fauté. Lui, Obama, pleure déjà les morts qu’il causera, mais, en tant que bras armée divin, ne faiblira pas pour accomplir la haute mission qui lui a été confiée.

On peut appliquer ce résumé à tout ce qu’on a déjà vu avec l’Irak, la Libye et même au temps du pape Innocent III ou antérieurement. Les discours sont peu ou prou les mêmes. Les résultats aussi.

Ce qu’il y a de nouveau – et c’est là que ça devient du n’importe quoi – c’est que dans le scénario on comptait sur les répliques et les réactions de l’adversaire. L’adversaire s’avère très vite être, non pas la Syrie à qui on a attribué le rôle de simple enjeu, mais la Russie et peut-être aussi la Chine. Devant tant de gesticulation, tant de menaces, allant jusqu’à donner les détails de ce qui va se passer, leurs réactions ne sauraient se faire attendre.

Or les réactions se font attendre. Ne se rendent-ils pas compte que nous sommes au bord d’une 3ème guerre mondiale ? Ils sont inconscients ou quoi ? Puisqu’ils ne réagissent pas, nous allons leur écrire des réactions menaçantes qu’ils auraient pu avoir et les rajouter au scénario, pour que la suite de l’histoire ait de la cohérence. Malgré cela, toujours pas de réaction. Ou plutôt une seule réaction depuis le début, sous forme de conseil, du style : attention petit, tu vas te faire mal. Tant la Chine que la Russie, n’ont eu de cesse de prévenir ; « faites gaffe, c’est dangereux ce que vous faites. Ça va vous retomber sur la gueule ».

Que faire devant tant d’inertie ? Sans répliques en face, comment avancer dans son texte de manière cohérente? On avait tout prévu, sauf la non réplique. Mais il faut avancer quand même. Ce sont les aléas du direct.

Il avait dû être prévu qu’au moment où le drame serait à son comble et tous les nerfs à vif, on fasse des propositions pour faire baisser la tension. Mais de tension, il n’y en a pas plus que d’habitude. Les seules tensions que l’on observe sont du côté des populations de ceux qui ont écrit le script. Tant pis. Avançons quand même. Cela nous est rapporté par (devinez qui) Debka. Le bras armé du dieu de la morale et de l’humanité, Barack Obama  » vient de  reporter les frappes qu’il projette de lancer contre la Syrie dans l’espoir de trouver un accord secret avec les Russes« . Toujours selon Debka,  » la Maison Blanche a commencé depuis mercredi soir des manœuvres destinées à acheter du temps et à reporter des frappes militaires contre la Syrie… Obama semble déterminé  à attaquer la Syrie mais déploie tous ses efforts pour offrir à Kerry un peu plus de temps de façon à ce qu’il puisse rencontrer Lavrov et tenter de trouver un accord sur la Syrie« . L’accord qu’envisage le secrétaire d’Etat Kerry d’imposer à la Russie se formule, selon Debka, de la manière suivante :  » Les Etats Unis sont prêts à baisser le niveau de leurs frappes militaires contre la Syrie et rendre ces frappes aussi faibles que possibles si les Russes acceptent ce que les Américains veulent dans le cadre des négociations de Genève II « .

Du délire. On joue et on se répond à soi-même faute de partenaire. Un one man show. Pour la Maison Blanche, les russes ont tellement eu peur et ont eu tellement de sueurs froides qu’ils sont mûrs pour obéir au dictat qu’on leur imposera. Après avoir vu ce dont l’Occident était capable, avec description à l’appui par les journaux israéliens, ils sont genou à terre. Ils ne peuvent que reconnaître leur déroute, devant le monde entier qui en a été le témoin.

C’est un navet. Mais ceux qui ont concocté ce scénario sont tellement habitués à voir des navets hollywoodiens faire un tabac qu’ils croient vraiment que c’est convaincant. Espérons seulement que le script s’arrête là, car sinon, dieu seul sait quels délires mortels nous préparent ces cerveaux malades.

Avic

Attaques chimiques : L’ONU sape les déclarations américaines et britaniques


masque_carteL’ONU a contredit les allégations des dirigeants américains et britanniques selon lesquels les preuves de l’attaque chimique présumée contre les deux Ghouta de Damas peuvent être détruites.

Si des gaz neurotoxiques ont bien été utilisés mercredi près de Damas, les inspecteurs de l’ONU devraient facilement pouvoir en trouver des traces et les identifier à condition de pouvoir prélever des échantillons sur le site de l’attaque présumée et sur les victimes, assurent des experts interrogés par l’AFP.
« Ca ne devrait pas poser de problème, surtout si ce sont des molécules de type sarin ou des choses connues », estime Pascal Klintz, toxicologue et expert médico-légal français.
« Si les inspecteurs de l’ONU font des prélèvements corrects, de sang, d’urine, dans les tissus gras où ça se fixe, et également sur les vêtements, il n’y aura aucune difficulté analytique à faire ce genre d’investigations, même avec des délais particulièrement longs », assure-t-il à l’AFP.
Même cinq jours après l’attaque présumée, « il y a de bonnes chances de trouver du sarin et ses dérivés dans le sol, des munitions explosées et des fluides corporels comme le sang et l’urine », renchérit le Dr Alastair Hay, spécialiste en toxicologie de l’Université britannique de Leeds.

« Chez certains individus qui ont été sévèrement intoxiqués, on peut encore trouver des traces de sarin jusqu’à six semaines après l’exposition », affirme le Dr Hay, qui étudie les effets des armes chimiques depuis plus de trente ans.
« Dans l’environnement, la marge est encore bien plus importante. Lors d’une enquête que j’ai menée au Kurdistan irakien, nous avons trouvé, quatre ans après, du gaz moutarde, du gaz neurotoxique et leurs dérivés dans le sol prélevé à l’endroit où les munitions avaient explosé », insiste l’expert britannique.

Tout dépendra donc de la latitude dont bénéficieront les experts internationaux en Syrie pour mener leurs investigations.
« S’ils ont librement accès à la zone, et qu’ils peuvent y faire ce qu’ils veulent, je pense qu’ils ont de bonnes chances de trouver des preuves qui nous permettront de mieux comprendre ce qui s’est passé », juge aussi Ralf Trapp, consultant indépendant qui fut de 1998 à 2006 expert à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de La Haye.
Pour lui, l’idéal serait que les enquêteurs de l’ONU puissent découvrir dans les cratères laissés par les explosion des fragments de munitions, qui leur permettraient non seulement de déterminer si elles contenaient des agents chimiques mais aussi de quel arsenal elles peuvent provenir.
« S’il s’agit de missiles ou de bombes d’aviation, la responsabilité du gouvernement syrien sera clairement engagée. S’il s’agit d’obus de mortier, il faudra essayer de déterminer la trajectoire des obus et savoir qui tenait la position (gouvernement ou rebelles), d’où ont été lancés les obus », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et biologiques et chercheur à la Fondation de la recherche stratégique.

Trop tard ?

Dimanche, Damas venait à peine de donner son feu vert pour l’enquête onusienne que des responsables américains et britanniques s’étaient relayés pour saper d’avance les résultats de l’enquête onusienne.

S’exprimant pour l’AFP, un responsable américain qui n’a pas été identifié a dit que le feu vert de Damas arrive « trop tard pour être crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d’autres actes délibérés ces cinq derniers jours ».

Même son de cloche de la part du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, qui sans tarder, a déclaré que ces preuves « pourraient avoir été détruites ».
« D’autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d’autres peuvent avoir été trafiquées », a-t-il prétendu.
La France a évité une telle bêtise et son ministre français s’est contenté de répéter que l’attaque chimique ne faisait aucun doute.

Les mensonges de l’Irak

POur sa part, Téhéran a rappelé par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Abbas Araghchi les mensonges qui ont précédé la guerre contre l’Irak en 2003.
« L’opinion publique n’a pas oublié les mensonges à propos des armes de destruction massive en Irak et ne permettra pas que de telles accusations fausses aboutissent à un autre drame humanitaire », a-t-il dit selon l’agence Isna, estimant que l’Iran juge dangereux de parler de l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie.
« Alors que la région a besoin de calme, parler d’une attaque militaire contre la Syrie, de plus sans l’autorisation du Conseil de sécurité (de l’ONU), est très dangereux et peut créer des tensions », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l’agence Isna.
« Toute mauvaise interprétation de la situation en Syrie mènera toute la région dans une situation compliquée et dangereuse avec des conséquences pour tous les pays de la région », a-t-il ajouté, assurant que « le règlement de la crise en Syrie ne peut se faire par des moyens militaires. Le dialogue et l’entente politique pour une solution pacifique est la seule voie ».

Des tirs contre les inspecteurs

Sur le terrain, alors qu’ils se rendaient sur le site présumé de l’attaque, les enquêteurs onusiens ont essuyé des tirs.
« Le premier véhicule de l’équipe d’enquête sur les armes chimiques a été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés », a déclaré un porte-parole de l’ONU Martin Nesirky dans un communiqué, ne faisant état d’aucun blessé.

« La voiture n’étant plus utilisable, (les enquêteurs) sont retournés sains et saufs au point de contrôle tenu par le gouvernement », a-t-il précisé, ajoutant que l’équipe retournerait dans la zone « après avoir changé de véhicule », a-t-il ajouté.
Les membres de la mission de l’ONU avaient quitté plus tôt leur hôtel de Damas à bord d’un convoi de cinq voitures, escorté des services de sécurité syriens en direction de la  banlieue de Damas tenue par les rebelles.

Damas assure que ce sont les rebelles qui ont tiré sur les inspecteurs.

« Les membres de l’équipe des Nations unies (…) ont essuyé des tirs des groupes terroristes armés alors qu’ils entraient dans la région de la Moadamiyat al-Cham », au sud-ouest de Damas, a indiqué la télévision d’Etat.
La télévision, qui citait un responsable syrien sous couvert de l’anonymat, a précisé que les services de sécurité « avaient escorté (les inspecteurs) jusqu’au site contrôlé par ces groupes ».
« Le gouvernement syrien fait assumer aux groupes terroristes la responsabilité de la sécurité et de l’intégrité physique des membres de l’ONU et la garantie qu’ils rentrent sains et saufs », poursuit la chaîne.

Almanar

Syrie : L’honneur perdue du Figaro!!, par Luc Michel


Capture-d’écran-2013-01-28-à-09.04.05Après la campagne de propagande des rebelles sur la soi-disant…. utilisation par l’Armée arabe syrienne (armée gouvernementale) d’armes chimiques dans la région de Damas et la reprise sans même l’emploi du conditionnel par les médias des pays de l’OTAN de ces affirmations sans preuves aucunes (des allégations, surtout venant du camps opposé, ne sont aucunement une preuve), nous avons eu le droit à la 2eme étape de ce mensonge répété à la manière de Goeblels : « Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit »

Des vidéos invérifiables et des « échantillons » prélevés par les rebelles eux-mêmes, concernant les « preuves » de l’utilisation d’armes chimiques dans la région de Damas, ont été « révélés » et diffusés sans recherches, sans recoupements, sans donner la parole à l’autre camps, qui ne peut avoir son mot à dire car diabolisé, exclu et criminalisé.

L’engagement partisan des journalistes occidentaux les éloigne tout autant de l’éthique journalistique censée les guider dans leur travail mais les rapprochent du Tribunal pour complicité ou à tout du moins soutien au terrorisme.

Les « journalistes » des pays de l’OTAN n’ont donc même plus besoin d’être « embeded » pour suivre les recommandations de l’OTAN, ils le font d’eux-mêmes pour la plupart ou sous commande pour certains.

En effet, pour éviter que l’on ne se pose trop de questions concernant cette « information » sur l’utilisation d’armes chimiques (1), voici une nouvelle étape de cette campagne de propagande. On « lâche » une nouvelle « information ».

Le coup d’envoi a été lancé par Le Figaro dans un article (2) du 22 août dernier qui affirme que des groupes de rebelles formés en Jordanie par des forces américaines et israéliennes seraient entrés en Syrie il y a quelques jours et avanceraient vers Damas : « A la faveur de l’été, leurs protégés auraient commencé à bousculer des bataillons syriens dans le sud du pays, en approchant de la capitale. «Leur poussée se ferait désormais sentir jusque dans la Ghouta, où les formations de l’ASL étaient déjà à l’œuvre, mais sans réellement pouvoir faire la différence aux abords de la forteresse damascène», explique David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). »

 « Cette poussée pourrait, selon Le Figaro, expliquer que le régime syrien ait eu recours à des armes chimiques dans la banlieue de la capitale syrienne », précise France24, la chaîne néo-conservatrice du Quai d’Orsay.

 Nous y voilà ! Un nouvel article pour expliquer que cette histoire semble bien plus compliquée et qu’il faut regarder avec une distance plus intelligente ce dossier et non partir au quart de tour comme Fabius, ministre français des affaires étrangères, qui émet des déclarations guerrières et propose de violer le droit international pour faire plaisir à ses amis néo-conservateurs US, israéliens et saoudiens ?

Non ! Un article pour répéter plus encore le mensonge et rendre ainsi légitime l’intervention militaire tant souhaitée par tous ces docteurs Folamour qui n’ayant point été rassasiés par les massacres qu’ils ont commis ou approuvés en Libye, veulent leur ration syrienne.

On pourrait me répliquer que cela est mon avis et que celui du journaliste du Figaro en est un autre et que cela se vaut. Oui sauf que … Sauf que les faits relatés par Isabelle Lasserre, auteur de cet article, sont faux ! Elle affirme que ce serait ces groupes de mercenaires entraînés depuis des mois en Jordanie par Israël, les forces US et de l’OTAN qui « auraient commencé à bousculer des bataillons syriens dans le sud du pays, en approchant de la capitale ».

Alors au delà du fait qu’elle confirme le soutien militaire de plusieurs états contre un autre état sans déclaration de guerre, ce qui relève du Tribunal Pénal International, si promptement mis en avant contre les pays africains et maintenant les pays arabes mais sans jamais se pencher sur les agissements du principal pilier des interventions guerrières de part le monde de ces 20 dernières années, nous avons ici le cœur du mensonge.

Car pour que son article commandé colle avec la réalité, elle déforme les faits à sa convenance. Elle ne parle NI du fait que cette « attaque chimique » soit survenue le premier jour de la Mission d’enquête de l’ONU à Damas, NI de la campagne militaire de l’Armée arabe syrienne engagée depuis plusieurs jours précisément dans cette partie du Rif de Damas par plus de 30.000 hommes (3) afin de la nettoyer intégralement des groupes islamo-terroristes qui y pillent, tuent, violent et y sèment la terreur avec la bénédiction des media qui n’en parlant pas s’en font les complices.

Par exemple, ils parlent des enlèvements seulement quand des journalistes en sont victimes. Mais sans préciser que ce sont les groupes islamo-terroristes qui en sont les coupables (4). Ils taisent même les témoignages de leurs confrères quand ceux-ci arrivent à échapper à leurs tortionnaires. Aparté terminé !

Dans les guerres sales de l’OTAN, tout est possible. Les bombardements font toujours des morts (5). Mais cette campagne sent le montage et la manipulation à plein nez. Les media occidentaux qui après la première guerre d’Irak avaient, pour certains, commencé à faire leur examen de conscience, après la 2eme guerre d’Irak, après la Libye et maintenant avec la Syrie achèvent de sombrer dans le discrédit auprès des gens raisonnés et informés.

Bien sûr, ils continuent leur job de désinformation ; la puissance des TV est encore effective sur les masses. Mais à l’heure d’Internet la vérité n’attend plus des années pour refaire surface. C’est immédiat.

Je rappellerai donc une fois encore qu’à la Libération en 1944-45 en France, il y eu aussi des journalistes jugés et exécutés pour collaboration. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets ? Le futur nous le dira. A bon entendeurs !

FB

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(1) Car si cela est avéré, la vraie question serait alors « qui » a fait cela ?

Lire : http://www.syria-committees.org/syria-committees-armes-chimiques-en-syrie-une-provocation-anti-assad-de-lasl-made-in-nato/

(2) Article du Figaro du 22.08.2013 : http://www.lefigaro.fr/international/2013/08/22/01003-20130822ARTFIG00438-syrie-l-operation-anti-assad-a-commence.php

(3) L’ARMEE SYRIENNE NETTOYE LE RIF DE DAMAS DES TERRORISTES DE L’ASL par PCN-TV : http://www.syria-committees.org/pcn-tv-larmee-syrienne-nettoye-le-rif-de-damas-des-terroristes-de-lasl/

(4) http://www.syria-committees.org/syria-committees-larroseur-arose-un-journaliste-temoigne-de-lenfer-djihadiste-en-syrie/

(5) Mais pour les médias de l’OTAN, seules les guerres occidentales sont des « guerres propres ».

 

Source : http://french.irib.ir/analyses/item/271752-syrie-l-honneur-perdue-du-figaro-,-par-luc-michel

Décryptage de la propagande occidentale depuis Damas par Ayssar Midani


maxresdefaultDepuis les attaques à l’arme chimique du 21 août dernier dans la banlieue Est de Damas et qui a fait entre 355 et 1300 morts, les gouvernements et appareils médiatiques des pays occidentaux pointent tous du doigt le régime syrien.

Si le Président français François Hollande pense que « tout conduit » [1] à croire que Bachar est le responsable, son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius n’émet aucun doute quant à l’implication du régime syrien. L’administration Obama a quant à elle déjà déployé en mer Méditerranée ses navires de guerre, armés de missiles « Tomahawk » [2].

Devant toute cette agitation anti-Bachar, nous avons assisté coup-sur-coup à la découverte par l’armée syrienne de tunnels appartenant aux rebelles, possédant des matières premières pour la fabrication de bombes chimiques, des masques à gaz et des antidotes. La Russie, quant à elle, a délivré au Conseil de Sécurité de l’ONU des images satellitaires montrant que les deux missiles avaient été tirés à partir de zones sous contrôle des rebelles [3].

Mais qu’importe ! Laurent Fabius et Bernard-Henry Levy [4] continuent d’affirmer que c’est le régime syrien qui en est le responsable, et qu’il est temps de recourir à la force, sans prendre en compte le véto – presque probable – des russes et des chinois.

Pour plus de détails, le Cercle des Volontaires s’est entretenu avec Ayssar Midani, membre et fondatrice du Comité de Coordination pour la Défense de la Syrie, et qui se trouve actuellement à Damas.

Voici l’entretien réalisé hier, samedi 24 août :

 

E.I.Anass et Jonathan Moadab, pour le Cercle des Volontaires

Sources :

[1]http://www.lalibre.be/actu/international/hollande-tout-conduit-a-penser-que-damas-est-responsable-de-l-attaque-chimique-5218dbbf35707ef67ad96301
[2]http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/24/la-marine-americaine-renforce-sa-presence-en-mediterranee_3465825_3222.html
[3]http://www.politique-actu.com/osons/syrie-massacre-chimique-ghouta-russie-fournit-preuves-satelittes-nations-unies-auteurs-massacre/830549/
[4] http://www.youtube.com/watch?v=cQgt2KagyPU

 

Source : https://www.cercledesvolontaires.fr/2013/08/25/attaque-a-larme-chimique-en-syrie-ayssar-midani-decrypte-la-propagande-occidentale-depuis-damas/

L’Occident contre-attaque en Syrie – MK Bhadrakumar


Ake Sellstrom-Ban Ki MoonLa coïncidence ne pouvait pas être plus révélatrice. A peine les inspecteurs de l’ONU pour les armes chimiques sont arrivés à Damas – dans les 72 heures, en fait – les figures de l’opposition syrienne basée à Istanbul, en Turquie, ont affirmé que jusqu’à 1.400 personnes ont été tuées dans des attaques d’armes chimiques par les forces gouvernementales dans les environs de la capitale syrienne mercredi matin.

Le blitzkrieg médiatique a été aussi impressionnant – des conférences de presse, des présentations vidéo de militants de l’opposition, des «avis d’expert» dans les capitales occidentales et des réactions instantanées par les politiciens occidentaux.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Union européenne et la Ligue arabe sont parmi ceux qui ont réclamé une action urgente.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu rapidement une réunion à huis clos pour examiner l’accusation contre le gouvernement syrien. Sans surprise, le gouvernement syrien a catégoriquement réfuté l’accusation l’appelant ‘’sale’’ guerre médiatique, qui reflétait « l’hystérie, la débâcle et la panne » des rebelles qui ont subi une série de défaites militaires dévastatrices dans les derniers jours et semaines.

Faire toute la lumière

Quel est le but du jeu ? Un indice essentiel réside dans la nomination de l’expert suédois Ake Sellstrom à la tête de l’équipe des Nations Unies qui a atterri à Damas il y a trois jours. Sellstrom a fait partie du groupe des inspecteurs d’armes de l’ONU en Irak.

Reuters a cité Sellstrom soutenant la demande que les attaques présumées dans la banlieue de Damas doivent être étudiées et il a même évoqué un plan d’action. Sellstrom a suggéré,

Elle [la revendication de l’opposition syrienne] ressemble à quelque chose qui doit être examinée. Cela dépendra de savoir si un Etat membre de l’ONU ira au secrétaire général et lui dira que nous devrions nous pencher sur cet événement. Nous sommes sur place.

Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a sauté sur l’excellente idée de Sellstrom et a dit:

Je demande au gouvernement syrien de permettre un accès immédiat à la région pour l’équipe de l’ONU chargée actuellement de l’enquête sur de précédentes accusations d’utilisation d’armes chimiques … Le Royaume-Uni soulèvera cette question au Conseil de sécurité de l’ONU.

La France a souscrit en un rien de temps. Le président François Hollande a aussi estimé que les accusations « exigent une vérification et une confirmation » et Paris demanderait à l’ONU d’aller sur le site « pour faire toute la lumière » sur les accusations. L’Allemagne acquiesça.

Le ministère turc des Affaires étrangères avait une déclaration complète déjà prête, qui dit : Ankara est «profondément préoccupée» et l’équipe d’inspecteurs de l’ONU déjà en Syrie « doit enquêter sur les accusations en question et présenter ses conclusions » au Conseil de sécurité.

Fait intéressant, la déclaration tant attendue de la Maison Blanche à Washington s’est avérée être une approbation de la demande européenne et turque – évitant de de confirmer l’incident, mais ajoutant qu’il travaillait à recueillir des informations supplémentaires, tout en exigeant :

Il y a aujourd’hui, au moment où nous parlons, sur le terrain en Syrie, une équipe des Nations Unies spécialisée dans les enquêtes sur l’utilisation des armes chimiques. Donc, nous allons donner à cette équipe l’occasion d’étudier ce qui s’est exactement passé et d’aller au fond des choses de façon à ce que nous puissions demander des comptes à ceux qui en ont été responsables.

En effet, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies a eu lieu à New York. Le conseil n’a pas demandé explicitement une enquête de l’ONU mais a convenu que la «clarté» était nécessaire et a salué les appels du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour une enquête rapide par l’équipe de Sellstrom.

Dans les mots de l’ambassadrice de l’Argentine Cristina Perceval, actuellement présidente du Conseil de sécurité, il y a une « forte inquiétude parmi les membres du Conseil » sur les accusations, et «un sentiment général selon lequel il doit y avoir des éclaircissements sur ce qui s’est passé» et que la situation est à suivre attentivement ».

Pendant ce temps, le porte-parole de M. Ban a déclaré aux journalistes à New York que Sellstrom est déjà « en discussions avec le gouvernement syrien sur toutes les questions relatives à l’utilisation présumée d’armes chimiques, y compris ce dernier incident rapporté ».

Le loup dans la bergerie

En somme, l’équipe d’inspection de l’ONU dont le mandat est d’être en Syrie jusqu’à 14 jours – comme convenu entre le gouvernement syrien et l’ONU – « avec une extension possible » pour vérifier les accusations d’emploi d’armes chimiques à Khan al-Assal et deux autres sites restés secrets pourrait bien voir son mandat renforcé.

Si c’est le cas, cela devient un coup diplomatique pour les puissances occidentales et leurs alliés du Moyen-Orient qui ont constamment cherché une certaine forme d’intervention de l’ONU en Syrie.

En substance, Sellstrom pourrait bien être sur une mission ouverte maintenant puisque l’opposition syrienne s’efforcera de faire de nouvelles accusations dans d’autres endroits en Syrie. Plus important, Sellstrom pourra, à un moment, avancer insidieusement, sur la pointe des pieds vers les stocks d’armes chimiques du régime Bachar Al-Assad.

De toute évidence, le loup est entré dans la bergerie de Bachar. Sellstrom va maintenant commencer à déposer des rapports à Ban, que celui-ci sera tenu de porter à la connaissance du Conseil de sécurité ce qui, à son tour, pourrait se traduire par l’ouverture d’un dossier syrien à New York, que l’Occident avait toujours voulu.

Qu’est-ce que tout cela va donner ? Trois choses émergent. Un, l’élan de succès étourdissant de l’armée syrienne sur les rebelles va presque certainement se ralentir. Le régime syrien devra tourner son attention vers la bataille diplomatique à venir.

Les forces gouvernementales ont remporté des succès dans les champs de bataille clés tels que dans les régions centrales et côtières de Homs et Lattaquié et la banlieue de Damas. Le général Rahim Safavi Yahya, l’influent aide militaire du Guide suprême iranien Ali Khamenei, venait juste d’affirmer ce mercredi à Téhéran que  » les terroristes [syriens] ont été presque vaincus du point de vue militaire. » Savafi avait ajouté,

Ce qui reste c’est la conférence de Genève 2. D’un côté, il y aura les Etats-Unis, Israël, la France, l’Angleterre, la Turquie et certains pays arabes, qui ont soutenu l’opposition. En raison de ses problèmes intérieurs, la Turquie a maintenant réalisé son erreur stratégique et a quitté le front. L’Arabie saoudite fait face à son projet en Egypte. Le reste du front est présent mais vaincu.

Mais de l’autre côté de ce front, il y a la Russie, la Chine et l’Iran, qui ont aidé la Syrie. Bien sûr, l’Iran et le Hezbollah libanais ont assisté la Syrie politiquement et internationalement comme ils soutiennent la restauration de la paix, la stabilité et la tranquillité en Syrie.

Avez-Safavi a-t-il parlé un jour trop tôt? L’Iran est-il pleinement dans la boucle? Son triomphalisme est-il justifié? Les réponses vont apparaître bientôt.

En attendant, Moscou maintient un silence assourdissant sur les dernières accusations sur les armes chimiques, sans doute surpris par la vitesse de l’éclair avec laquelle les puissances occidentales et leurs alliés régionaux ont obtenu que le dossier syrien soit à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

Le Ministre des affaires étrangères russe Sergueï Viktorovitch Lavrov a eu une conversation téléphonique mercredi matin avec l’espion saoudien en chef, le prince Bandar bin Sultan al-Saoud pour «discuter de la situation en Egypte et en Syrie … [et] des relations entre les deux pays ». Bandar est un charmant sac à malices, et en tout cas, le mercredi soir, Riyad a chanté une mélodie différente, avec le ministre des Affaires étrangères Saud al-Faisal disant:

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait travailler sur une résolution claire pour mettre fin à la tragédie. Nous sommes choqués par le massacre dans les villes syriennes avec l’utilisation d’armes chimiques, qui sont interdites en vertu du droit international.

Deuxièmement. Les plaques tectoniques de la géopolitique du Moyen-Orient ont commencé à montrer quelques mouvements au cours des dernières semaines sur les développements en Egypte. Le désaccord entre les anciens alliés qui avaient jusqu’à récemment collaboré sur le projet syrien devenait trop évident pour être glissé sous le tapis.

La Turquie a commencé en critiquant ouvertement la junte égyptienne et ses supporters du Conseil de coopération du Golfe (CCG) tout en narguant l’Occident sur son projet de démocratie tant vanté dans le nouveau Moyen-Orient. Le Qatar a disparu de la ligne de front syrien. Washington ne veut toujours pas appeler le coup d’Etat égyptien par son vrai nom, alors que l’Union européenne hésite à imposer un embargo sur l’Egypte, l’Arabie saoudite menace de rattraper tout embargo occidental sur l’Egypte.

Caler une réinitialisation

Mais la partie la plus sensationnelle du réalignement est la proximité naissante entre la Russie d’une part et de l’Arabie Saoudite et ses alliés du CCG (en particulier les Emirats arabes unis), d’autre part dans leur antipathie partagée envers les Frères musulmans.

À tout le moins, la controverse sur les armes chimiques syriennes met une rupture brutale sur les mouvements naissants d’un « reset » dans les alignements politiques au Moyen-Orient. Les puissances occidentales ont cerclé les wagons, et sont en train de dire à leurs alliés arabes rétifs – l’Arabie saoudite, en particulier – de rester patients, avec le signal que le projet syrien est toujours en cours.

Le cœur du problème est que l’Occident ne peut tout simplement pas se permettre une ascendance régionale par la Russie, la Chine et l’Iran. Pas plus qu’il n’est à l’aise avec les comportements de plus en plus individualistes qu’adoptent ses alliés régionaux.

Paradoxalement, la controverse sur les armes chimiques constitue une bouée de sauvetage vitale pour la Turquie aux abois de Recep Erdogan pour sortir de son isolement aigu sur l’Egypte. Erdogan ne sait plus quoi faire face à la question kurde, qui a flambé récemment à cause du conflit syrien. Les Kurdes syriens ont frontalement dénoncé les liens secrets d’Ankara avec les affiliés d’Al-Qaïda opérant dans le nord-est à la frontière entre la Syrie et la Turquie, ce qui met Erdogan dans une situation difficile.

Une question tentante se pose, toutefois. Les puissances européennes – la Grande-Bretagne et la France en particulier – et la Turquie sont évidemment le fer de lance de la dernière controverse sur les armes chimiques. Mais quelle est la réalité de l’implication de l’administration Obama dans cette histoire et  jusqu’à quel point est-elle impliquée ?

Le chef de la Joint Chiefs of Staff, le général Martin Dempsey, a annoncé, pas plus tard que lundi que l’administration Obama est opposée à une intervention militaire, même limitée en Syrie, car il estime que les rebelles qui combattent le régime Assad ne prendront pas en compte les intérêts américains s’ils devaient s’emparer du pouvoir en ce moment.

Il a écrit avec une franchise brutale dans une lettre officielle adressée au membre du Congrès américain Eliot Engel (Démocrate – New York),

En Syrie aujourd’hui ce n’est pas de choisir entre deux parties, mais plutôt le choix d’un des nombreux côtés. C’est ma conviction que le côté que nous choisissons doit être prêt à défendre leurs intérêts et les nôtres lorsque la balance penchera en leur faveur. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas

C’est un conflit de longue durée, profondément enracinée entre plusieurs factions et les luttes violentes pour le pouvoir se poursuivront après le départ d’Assad. Nous devons évaluer l’efficacité des options militaires limitées dans ce contexte.

L’utilisation de la force militaire américaine peut changer l’équilibre militaire. Mais il ne peut pas résoudre les problèmes ethniques, religieux et tribaux sous-jacents et historiques qui alimentent ce conflit.

Dempsey a conclu que l’administration Obama est sur la bonne voie avec sa politique actuelle de se concentrer sur l’aide humanitaire et le renforcement de l’opposition modérée en Syrie, car une telle approche « représente le meilleur cadre pour une stratégie efficace Etatsunienne en Syrie ».

Dans l’ensemble, donc, la controverse sur les armes chimiques ouvre une porte de sortie de toutes sortes pour les puissances occidentales (et la Turquie) en Syrie. Les puissances occidentales ont esquivé la question de l’armement des rebelles syriens après avoir fait des promesses verbales pendant que les forces d’Assad reprenaient peu à peu le dessus militairement.

L’opposition syrienne est dans la confusion et l’homme fort de l’Egypte le général Abdel Fatteh el-Sisi a demandé à ses dirigeants qui étaient basés au Caire de déguerpir. D’autre part, les Frères Musulmans, qui dominaient l’opposition syrienne, sont sous le feu de l’artillerie saoudienne dans toute la région.

En somme, la boussole du projet  de « changement de régime » en Syrie a évolué en faveur des salafistes. Et puis nous n’en sommes qu’au début en Egypte et ce qui se passera sur les rives du Nil réécrira finalement la politique du Moyen-Orient. Dans la situation actuelle, Assad va négocier en position de force inattaquable à la table des négociations de « Genève 2 », ce qui est intenable.

C’est là que la controverse sur les armes chimiques et l’ouverture d’un dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU offre un répit pour briser l’élan de l’armée d’Assad, l’arrogance du Hezbollah et de l’Iran et la fin de la satisfaction béate sur le front de la Russie.

Est-ce un prélude à un scénario semblable à l’Irak ? Les chancelleries à Moscou, Téhéran et Pékin évalueront. Aucun doute, Sellstrom se rapproche dangereusement, sur la pointe des pieds, des stocks d’ADM de Bachar, quelque chose, que les Etats-Unis (et Israël) ont toujours voulu fixer.

La seule tâche confiée à l’inspecteur des armes Sellstrom quand il a débarqué à Damas il y a trois jours avec son équipe était d’inspecter trois sites spécifiques afin de déterminer si des armes chimiques avaient été utilisées en Syrie. Il n’avait même pas le mandat de dire qui est le responsable.

Maintenant, tout ça c’est du passé.

MK Bhadrakumar

Traduction : Avic

http://atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-220813.html

Commandos en Syrie : intox ou info ?


0427-afghanistan-commando_full_600Des bruits circulent en ce moment dans les médias concernant un commando qui serait en train de se diriger vers Damas. Il serait en route depuis la mi-août. Selon ces média, le Figaro et RTL entre autres, « un premier groupe de 300 hommes, sans doute épaulés par des commandos israéliens et jordaniens, ainsi que par des hommes de la CIA, aurait franchi la frontière le 17 août ».

S’ils ont raison, cela voudrait dire que l’armée syrienne est vraiment mal en point, et qu’une bonne partie de la Syrie est entre les mains des rebelles. Nous aurait-on menti, en déclarant tous les jours que l’armée syrienne avance ? 300 hommes armés ne passent pas inaperçus. En une semaine de déplacement ils auraient dû être repérés, à moins qu’ils n’évoluent dans un milieu ami. Même dans ce cas-là, jusqu’à preuve du contraire, le ciel syrien appartient encore aux syriens et à leur aviation. Les services de sécurité russes, syriens, voire iraniens ne dorment pas 24 heures sur 24. 300 hommes qui se déplacent dans un pays en guerre sans un seul accrochage, pendant une semaine… c’est un commando de super hommes invisibles ?

Et l’armée syrienne serait incapable d’avoir des informations que nous pouvons obtenir en un clic de souris ou en ouvrant le journal ? Peut-être que maintenant elle sait, puisque tout le monde sait. Mais malgré ça, le commando progresse inexorablement vers Damas. Quel suspens ! Damas est en danger. La vie de Bachar elle-même est en danger. Le commando n’a-t-il pas été formé par la CIA ? Epaulé par Israël ?

Pourquoi nous raconte-t-on toutes ces sottises ? Ce que nous croyons ou pas n’a aucun impact sur ce qui se passe sur le terrain. A moins que les vrais destinataires soient les autres djihadistes, ceux qui sont plus au nord et qui ont un sacré besoin de bonnes nouvelles (même fausses).

Avic

Armes chimiques en Syrie, suite… mais pas fin


11.06-masque.gaz_scalewidth_630Une attaque à l’arme chimique de plus en Syrie. Un massacre de plus. Par qui ? Pourquoi ?

Par qui, tout le monde le sait. Toute élucubration là-dessus ne peut servir qu’à des utilisations de propagande au service du pourquoi. Si au début on pouvait percevoir les raisons qui pouvaient pousser les mercenaires à utiliser les armes chimiques, aujourd’hui, on a du mal à comprendre leurs mises en scène, de plus en plus sophistiquées, par ailleurs. Si on regarde d’un peu plus près les inévitables photos et vidéos, on ne peut qu’être d’accord avec le MAE russe : Il s’agit « d’une provocation planifiée d’avance ». On a l’impression que c’est une crèche ou une école maternelle qui a été visée par le missile. A moins que la rentrée scolaire n’ait été avancée en Syrie, penchons pour la crèche, où presque tous les cadres adultes auraient été épargnés. Ou peut-être un orphelinat, puisqu’aucun parent n’est visible. De plus, les responsables du décor hospitalier manquaient certainement de moyens. Même un hôpital de brousse est mieux équipé que celui des vidéos. Pour le personnel, c’est encore pire. Tout au long des vidéos ci-dessous, l’équipe médicale passe son temps à chercher des voies veineuses, comme si leur travail se résumait à ce seul geste. Un petit massage cardiaque anachronique par-ci, une piqure intramusculaire par-là, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’images.

A supposer qu’il y ait eu une attaque à l’arme chimique (arme fournie par les sponsors, faut-il le rappeler), il est difficile d’imaginer qu’un groupe de djihadistes se réveille un beau matin et se décide à perpétrer un tel massacre, avec toutes les conséquences internationales que cela représente, Pour ce genre d’actes plus politiques que militaire, la décision ne peut venir que d’en haut, de très haut même. Il suffit de repenser aux mésaventures de l’Emir Hamad Al-Thani pour voir que personne, dans le camp des ennemis de la Syrie, ne peut outrepasser son niveau dans cette partie.

Si la décision vient de si haut, quel peut bien être son objectif ? A ce haut niveau, chaque protagoniste connait parfaitement les positions des autres et ce qui fonde ces postions. Ils savent donc tous que ni les russes, ni les chinois ne changeront leur vote au Conseil de Sécurité de l’ONU à cause d’un scénario cousu de fil blanc. Ce n’est donc pas la recherche de la bénédiction de l’ONU pour une intervention qui a motivé cette attaque.

Il est possible que ce massacre soit destiné à choquer l’opinion publique pour la faire adhérer à une intervention illégale. Mais l’expérience montre que l’opinion publique, contrairement aux apparences et malgré tout ce qu’on en dit, n’a jamais vraiment compté dans ces cas-là. L’opinion publique n’est que l’opinion des médias. Tout l’art est de faire passer les brouhahas médiatiques en pensées populaires. Ca a toujours marché. Il n’était donc pas nécessaire d’utiliser des armes chimiques pour arracher une adhésion de l’opinion à une intervention.

Il se peut également que la ‘’rébellion’’ cherche à torpiller la réunion de Genève 2. Devant la volonté apparente de l’administration Obama de coopérer avec la Russie dans ce sens, le massacre à l’arme chimique est un bon moyen de lier les mains de Washington et de l’empêcher d’entamer des négociations tant que des soupçons persistent sur la possibilité d’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne. Mais là aussi les outils pour bloquer cette rencontre ne manquent pas et sont utilisés depuis des mois.

Il y a également l’arrivée de l’équipe de l’ONU pour enquêter sur les anciennes utilisations d’armes chimiques. Le présent scénario serait alors un moyen pour embrouiller les enquêteurs en essayant de détourner leur attention sur ce nouveau cas.

En matière de tentatives de manipulation de la communauté internationale, la Syrie est un cas. Auparavant, toutes les manipulations avaient plus ou moins réussi et avaient permis de réaliser les objectifs pour lesquels elles étaient conçues, sauf en Syrie. Cette nouvelle tentative n’est peut-être qu’une intensification des moyens de manipulations, les premières n’ayant pas fonctionné. Ou cherche-t-on tout simplement à aggraver la situation pour garantir la continuation du chaos syrien ? Ainsi, malgré les victoires militaires de l’armée syrienne, la situation pourrait bien durer encore des mois. Côté djihadistes, ce n’est pas la main d’œuvre qui manque.

Si, jusqu’à présent, le temps a été l’allié de Bachar Al-Assad, cela pourrait peut-être changer à la longue. Une trop longue guerre n’est jamais bonne pour un pays. Quels que soient les buts cachés derrière les attaques à l’arme chimique, on peut déjà dire que Genève 2 n’est pas pour demain, et que les agresseurs ne sont pas prêts à baisser les bras.

Avic

Syrie : Le prince saoudien Bandar négocie à Moscou


bandar_1La visite du chef des services de renseignements saoudiens, Bandar Ben Sultan, en Russie, a attiré l’attention, surtout qu’elle est intervenue après une rupture de deux ans entre Moscou et Riyad, dans la foulée dudit printemps arabe. Les deux pays se sont affrontés diplomatiquement et sur le terrain autour de la Syrie, d’une manière indirecte, en soutenant  leurs alliés respectifs. Il va de soi que la visite de Bandar à Moscou signifie que les Saoudiens sont disposés à négocier avec les Russes. La mission du prince saoudien se limite à la sécurité et le dossier syrien est une priorité pour les deux pays. En outre, le fait d’avoir annoncé la visite, les informations qui ont filtré sur la durée de l’entretien et les commentaires russes qui l’ont qualifié de positif, sont autant d’indices qui reflètent une volonté commune de renouer les relations.

La méfiance russe à l’égard de l’Arabie saoudite ne se limite pas à la Syrie, elle s’étend aux régions musulmanes du Caucase et au Sinaï. La Russie sait que Riyad joue un rôle dans la manipulation des groupes islamistes. Mais la Syrie reste une priorité pour les deux pays, et deux ans après le début de la crise, l’Arabie saoudite n’a pas gagné son pari.

Malgré ce qui s’est passé en Egypte, les Saoudiens ont senti que l’Occident n’avait pas abandonné définitivement les Frères musulmans et que, par conséquent, le danger que constitue pour eux cette confrérie persiste. En Syrie, ils n’ont marqué aucun point, ni sur le plan militaire ni dans les domaines politique et diplomatique. Ils disposent d’informations faisant état du recul du soutien populaire aux rebelles. Cela est clairement apparu à Alep, où l’armée syrienne progresse en silence, tandis qu’à Homs et dans la campagne de Damas, elle multiplie les succès. Par ailleurs, tous les plans d’attaque contre la capitale ont échoué. Les visiteurs de Damas, aujourd’hui, réalisent que le danger a définitivement disparu. Le bruit  des combats est plus lointain comparé aux mois précédents. Il y a ensuite les répercussions de l’affrontement entre les Kurdes et le Front al-Nosra dans le Nord, l’exigence de l’Occident de frapper les extrémistes et leurs craintes de les voir revenir dans les pays occidentaux. Pour toutes ces raisons, l’Arabie saoudite a compris qu’ils n’y aucun espoirs de réaliser ses exigences, avancées pour son compte par l’opposition syrienne. Aussi, le compromis est meilleur aujourd’hui que demain. Et elle a compris, en outre, que le compromis n’aura lieu que si les Russes sont d’accord, car la priorité des Américains est la sécurité d’Israël et le succès des négociations israélo-palestiniennes.

Bandar s’est donc empressé de demander à Moscou de négocier, surtout qu’il a senti chez les Allemands, les Français et les Britanniques, à l’issue d’une tournée européenne, une grande inquiétude à l’égard des islamistes. Il n’a pas réussi à les convaincre même sur des questions simples et a senti chez eux un changement fondamental et graduel. Voilà pourquoi le prince saoudien a décidé d’ouvrir une page nouvelle avec la Russie, tout en sachant à l’avance que Moscou ne fera aucune concession après la résistance et les victoires du régime.

Par Abbas Daher

*Source : Médiarama (1/8/13)

La tête de la fitna coupée


Tribune libre de Djerrad Amar

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Tout le monde en convient : le règne des Frères musulmans en Egypte a été une succession d’erreurs. Mais leur erreur fatale est celle d’avoir convié tous les pontifes salafistes, il y a deux semaines, à déclarer le «djihad» contre les chiites et spécialement contre la Syrie.

C’est devant une foule hystérique au stade du Caire que Mohamed Morsi, qui se voyait encore au panthéon de sa puissance, décida, dans l’aveuglement absolu, de rompre les relations diplomatiques avec Damas. Ce fut, comme l’a écrit le journaliste Hassanine Haykel, «l’erreur fatale» qui décidera l’armée à mettre fin à cette mascarade, en choisissant – ou en provoquant – le moment opportun pour écarter Morsi et suspendre toutes les institutions issues des Frères musulmans.

Une source militaire égyptienne a expliqué qu’il s’agissait, pour l’armée, de défendre avant tout la sécurité nationale que la folie des Frères musulmans au pouvoir mettait sérieusement en danger, en voulant s’attaquer à la Syrie, un pays avec lequel l’Egypte des Officiers libres scella un jour une union sacrée. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le président syrien Bachar Al-Assad a été le premier chef d’Etat à se réjouir de l’intervention de l’armée en Egypte, en prédisant dans une déclaration officielle «la fin de l’islam politique».

Ce qui vient de se passer en Egypte est un événement historique qui, et c’est le plus important, ne va pas manquer d’entraîner des changements en série dans tout l’espace arabe. Il sonne le glas de ce macabre «printemps arabe» qui a été vendu aux Arabes par le petit émirat du Qatar, à travers son canal de propagande Al Jazeera et son lugubre prédicateur Youssef Al-Qaradawi et son Union mondiale des oulémas, appuyés par Ankara, Paris, Washington et Tel-Aviv, qui projetaient d’implanter des filières de la conférée islamiste dans tout les pays arabes.

Le plan avait commencé à bien marcher mais, au grand dam de ses promoteurs, il a échoué en Syrie. Moins de quinze jours après la chute du potentat Hamad Ben Khalifa au Qatar et son compradore de cousin, Hamad Ben Jassem, suivi aussitôt de l’expulsion, jamais démentie, d’Al-Qaradawi, le régime islamiste en Egypte s’effondre comme un château de cartes, sous la malédiction syrienne, qui va bientôt poursuivre la Tunisie, où un autre mouvement «rebelle», inspiré du modèle égyptien, vient de voir le jour pour faire payer à ces «maudits Frères» d’Ennahda leur pêché capital, celui d’avoir été les premiers à inviter les faux amis de la Syrie.

Par R. Mahmoudi

 

«La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens.»


Tribune libre Byblos

France : Intervention du Colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin à l’Assemblée Nationale

Questions-sur-la-crise-syrienne_article_popin« La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens. »

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire  de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

Cette affirmation est chaque jour vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères Musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans sont décidés à renverser le pouvoir par les armes,  moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à  Bachar El Assad.

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune Président Bachar El Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais  obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Egypte  fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant en mars 2011 des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.
Conscient de la gravité des évènements le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

Paradoxalement, ce sont les états les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, états qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’Armée constituée majoritairement de sunnites est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée, aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.
Les takfiristes dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.
D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques  qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multi polarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances.  Après avoir cru possible  une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

Par Colonel Alain Corvez

Syrie : Dernier bilan des pertes des terroristes étrangers en action !


breakingnewsPlus de 6000 terroristes non syriens sont morts en combattent l’armée et l’Etat syrien.

Selon Al Manar,  » 650 d’entre eux appartiennent au groupuscule terroriste des Monafeqines !! des dizaines de rapports ont déjà été publiés sur le nombre et la nationalité des miliciens étrangers .  » les  terroristes sont de toutes les nationalités et ils viennent aussi bien de l’Orient que de l’Occident. les chiffres font état de la disparition, de la mort des  milliers de terroristes étrangers en Syrie. autant sinon plus attendent de pouvoir franchir les frontières pour venir se battre contre Assad. la plupart d’entre eux se trouvent sous la bannière d’Al Nosra. Après tant de vidéos postées sur la toile, des rapports du renseignement britannique et américain publiés, personne ne croit George Sabra, chef de la coalition de Dohad quand il dit qu’il n’y a que quelques centaines de miliciens étrangers en Syrie. les premiers chiffres ce fut Brahimi qui les a envoyés à l’ONU. et qui faisaient état de la présence de 40000 terroristes étrangers en Syrie. . 6113 terroristes étrangers sont enterrés en Syrie : beacoup de corps ont été brûlés ou ont été rapatriés via le territoire turc. les forces de l’armée arabe syrienne ont annoncé les noms des terroristes originaires de 26 pays du monde à leues pays d’origine enn voici une liste publiée avec le nom la photo et la nationalité le lieu et la date de la mort des terroristes étrangers en Syrie, liste dressée par Damas :
photorebelles
729 saoudiens
640 membres du groupuscule terroriste des Monaféqines
489 égyptiens
439 tchéchènes
435 libanais
301 afghans
291 pakistanais
263 libyens
208 irakiens
188 russes
167 turcs
117 somaliens
109 koweitiens
90 français
129 jordaniens
67 allemands
66 britanniques
53 algériens
62 tunisiens
52 yéménites
45 belges
40 ouzbeks
35 américains
30 Kosovards
21 azéris 29 qataris
13 maltais
7 mauritaniens
6 surinamiens

les terroristes tuniens évacués après la défaite de Qusseir au Liban ont affirmé sur une vidéo diffusée sur Al manar que les corps des « combattants arabes blessés et morts en Syrie comme Abou Hamza Koweiti  sont incendiés.

Sources IRIB – Al Manar

Israël est en train de perdre la guerre de Syrie


Frontière Syrie-IsraelCette dernière semaine, nous avons suivi les tentatives désespérées des britanniques et des français pour pousser à une intervention militaire en Syrie. C’est un secret de polichinelle que de savoir que les gouvernements britannique et français sont dominés par le lobby juif. En Grande-Bretagne, il s’agit de l’ultra sioniste Conservative Friends of Israel (CFI), qui rassemble apparemment 80% des parlementaires conservateurs britanniques comme membres de ce lobby pro-Israël. En France la situation est même encore plus grave tant le système politique dans son intégralité a été détourné par le puissant CRIF.

Juste au cas où quelqu’un ne comprenne pas pourquoi le lobby juif pousse pour une intervention immédiate en Syrie, Debka File, un site internet israélien nous donne la réponse. Apparemment, l’armée arabe syrienne gagne sur tous les fronts. Les calculs militaires et géopolitiques israéliens se sont avérés faux.

D’après Debka, “la bataille pour Damas est finie”. L’armée syrienne a virtuellement regagnée le contrôle de la ville “dans une victoire épique”. Les rebelles, en très grande partie des mercenaires, ont perdu la bataille et ne “peuvent plus faire grand-chose si non quelques tirs  sporadiques. Ils ne peuvent plus lancer de raids ni représenter une menace pour le centre de la ville, l’aéroport ou la grande base aérienne syrienne près de là. Les cargos russes et iraniens amènent constamment des matériels afin de maintenir l’armée syrienne opérationnelle, ces cargos peuvent maintenant atterrir de nouveau à Damas après des mois de siège par les rebelles.”

Mais ce n’est pas juste la capitale. Debka rapporte que “Les unités de l’armée syrienne et du Hezbollah ont resserré leur siège des poches rebelles dans le nord de la ville d’Al Qusseir, d’autres unités de l’armée syrienne ont repris la campagne autour de la ville de Hama et une troisième force combinée armée syrienne/Hezbollah a pris position autour de la ville d’Alep.”

Debka affirme que des officiers importants de l’Armée Israélienne ont critiqué le ministre de la défense Moshe Ya’alon qui “a fourvoyé” la Knesset il y a quelques jours en estimant que “Bachar Al-Assad ne contrôlait qu’environ 40% du territoire syrien.” Debka suggère que le ministre de la défense s’est appuyé sur “une fausse évaluation du renseignement et était préoccupé par le fait que les forces armées agissaient sur la base de données de renseignement erronées.” Debka insiste sur le fait que “des évaluations erronées… doivent mener à de mauvaises prises de décision.”

Debka est clairement suffisamment courageux pour admettre que les mauvais calculs de l’armée israélienne ont sûrement mené à des conséquences désastreuses. Il rapporte “Le bombardement massif israélien d’armes iraniennes stockées près de Damas à destination du Hezbollah a prouvé un mois plus tard avoir fait bien plus de mal que de bien. Cela a donné à Bachar Al-Assad un coup de pouce plutôt que d’affaiblir sa détermination.”

Debka a évidemment raison. Il ne faut pas être un génie pour prédire qu’une attaque israélienne sur une terre arabe ne peut pas être acceptée par la rue arabe, même pas par les opposants les plus féroces d’Assad.

Debka maintient que “le renseignement se focalisant sur les mouvements militaires en Syrie, spécifiquement autour de Damas pour être certain que des systèmes de missiles et d’armement avancé ne parviennent pas au Hezbollah, a mené à un échec quant à la détection de mouvements majeurs des unités des milices du Hezbollah vers la frontière syro-israélienne.”

Israël doit maintenant faire face à une nouvelle réalité. Il fait face à un renforcement du Hezbollah provenant du Liban vers les plateaux du Golan et sa frontière avec la Syrie.

Debka conclut qu’Israël va bientôt se retrouver “face à face pour la première fois avec des unités du Hezbollah équipés d’armement lourd et de missiles se déplaçant le long de la frontière syro-israélienne et postant des miliciens en opposition aux avant-postes israéliens du Golan et des villages.”

Debka a raison de suggérer qu’au lieu “de s’affaiblir, le proxy libanais de l’Iran est en phase d’ouvrir un autre front et de forcer l’armée israélienne à s’adapter à un nouveau défi militaire venant du Golan syrien.”

Plutôt que les quotidiens Guardian de Londres ou Le Monde, c’est en fait la source israélienne Debka File qui aide à faire comprendre pourquoi les Britanniques et les Français sont si pressés d’intervenir. Une fois de plus, ils s’empressent de vouloir combattre une guerre sioniste.

Malheureusement, ce ne sont pas le Guardian ou le New York Times qui sont là pour révéler les derniers développements sur la Syrie et exposer les erreurs mortelles d’Israël. C’est bien une officine patriotique sioniste israélienne qui  nous donne la bonne analyse. Je pense en fait que cette forme de sévère autocritique qui est intriquée dans la culture israélienne, est le moyen qui permet de maintenir l’hégémonie régionale israélienne. Cette faculté d’examiner de manière critique et de désapprouver son propre commandement est quelque chose que je ne vois pas dans les médias occidentaux. Apparemment, les médias en Israël sont bien plus tolérant envers la critique que ne le sont les médias dominés par les sionistes en occident.

Gilad Atzmon’s latest book is: The Wandering Who? A Study of Jewish Identity Politics

http://www.gilad.co.uk/writings/syria-israel-is-losing-the-battle.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsance 71 ~

Conflit au Moyen-Orient: les Marines débarquent à Aqaba


Учение по высадке воздушного и морского десантов в ПриморьеL’armée syrienne composée majoritairement de sunnites, appuyée par le Hezbollah libanais, un mouvement chiite mais qui a tenu à n’envoyer en Syrie que ses éléments sunnites et chrétiens,  ont réussi à contrôler le site hautement stratégique d’Al-Qussayr, occupé par les rebelles durant 18 mois.

Il aura fallu un peu plus de trois semaines pour venir à bout du quartier général de la rébellion dans cette localité relevant du gouvernorat de Homs. « Celui qui contrôle Al-Qussayr contrôle la Syrie centrale ». La colline surplombant ce site, Kadesh, est connue pour avoir été l’un des premiers champs de bataille au monde, notamment la première bataille documentée de l’histoire entre les Hittites et les égyptiens du Pharaon Ramses II aux environs de 1274 avant J.C.  C’est à l’issue de cette bataille entre les deux superpuissances de l’époque que fut signé le premier Traité de paix connu.

D’après différentes sources, le Hezbollah libanais aurait perdu 90 éléments dans les combats d’Al-Qussayr. D’après des sources proches de ce mouvement, des éléments des forces spéciales israéliennes ont brièvement combattu à l’intérieur de l’enceinte de l’aérodrome de Dabaa, repris par l’armée syrienne après de très durs combats.

Les pertes rebelles s’élèveraient quant à elles à plus de 1700. Près de 5000 rebelles se sont transformés en civils en quelques heures. Plus de 800 combattants étrangers ont été capturés.

Indubitablement, la victoire de l’armée syrienne à Al-Qussayr  après trois semaines d’assaut-opération qualifiée par Moscou comme une opération anti-terroriste-conforte la position de Damas en vue d’eventuelles négociations de paix dans le cadre de la Conférence de Genève II.  Cette nouvelle donne agite la France et le Royaume-Uni, pressés par Doha et Ryad de tout faire pour déclarer un franchissement de « ligne rouge ». C’est à dire le déclenchement d’une intervention militaire internationale contre la Syrie en vue d’abattre son régime. D’où les gesticulations médiatiques et officielles sur de prétendues « preuves physiologiques » et autres « échantillons rapportés par des journalistes d’un champs de bataille situé à moins de 400 m du centre-ville de Damas »…Si le pouvoir syrien a donné son accord de principe pour participer à la Conférence, l’opposition, très divisée par le jeu d’influences étrangères, n’arrive pas à adopter une position commune sur la question.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus lucides et plus objectifs que Paris et Londres ont une toute autre approche. Sous couvert d’un exercice militaire dénommé « Eager Lion », des éléments du 24e corps expéditionnaire des Marines ont débarqué au port jordanien d’Aqaba (extrême Sud) en provenance du port israélien d’Eilat. Les Marines ont formé une colonne blindée qui a pris la route vers le Nord de la Jordanie. En parallèle, des avions de combat F-16 et des batteries de missiles antimissile Patriot sont en train d’être déployés dans le royaume Hachémite après avoir été déployés en Turquie méridionale. Pour des raisons de politique intérieure,  Amman fait tout son possible pour passer sous silence ses préparatifs.

Un soulèvement a eu lieu dans la ville jordanienne de Maan près de la frontière avec la Syrie après l’assassinat de deux citoyens par des étrangers armés. La population s’en est pris aux rebelles syriens entraînés par les forces occidentales, mais certaines sources évoquent des mercenaires travaillant pour des sociétés privées.

Des batteries de missiles Patriot américains sont désormais déployées en Israël (où l’on fait de moins en moins confiance au très coûteux projet d’Iron Dome), en Jordanie et en Turquie. Soit au Sud-Ouest au Sud et au Nord de la Syrie.

Un navire russe spécialisé dans la lutte contre les submersibles est en route vers le littoral syrien. Des sous-marins inconnus ont été pris en chasse par la marine russe et des hélicoptères syriens à plusieurs reprises ce dernier mois. L’un de ses submersibles aurait même été touché.

Le conflit en Syrie a bel et bien débordé. En Irak, au Liban septentrional, en Turquie méridionale et en Jordanie. La problématique du Golan avec Israël inquiète au plus haut point Tel-Aviv, lequel ne cesse de mener des exercices militaires depuis des semaines. La guerre au Moyen-Orient est loin d’être terminée.

http://strategika51.wordpress.com/

Assad frappera-t-il vraiment «Israël»?


Tribune libre de Djerrad Amar

syrie-missileLe président syrien Bachar Assad s’est engagé de riposter militairement en cas d’une nouvelle offensive israélienne contre son pays. Il y a déjà deux jours, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait annoncé une position similaire.

Selon les informations, Damas est sérieuse dans sa mise en garde. Elle a livré un message clair aux parties concernées, notamment aux Américains : «Israël» doit penser plusieurs fois, avant de mener un nouveau raid en Syrie.

Qu’est ce qui a changé?

En premier lieu, la destruction d’envergure en Syrie, ce qui rend futile tout dégât causé par un raid israélien. Alors que si la Syrie riposte par un certain nombre de roquettes sur l’entité sioniste, le résultat serait néfaste, surtout au niveau psychologique. C’est ce qu’affirme un responsable syrien. «Nous n’avons rien à perdre alors que leurs dégâts seront de loin plus importants».

-Le front du Golan, calme depuis des décennies, sera ouvert à des parties populaires syriennes,arabes et palestiniennes, prêtes à mener des opérations contre l’ennemi.

-Toute offensive israélienne contre la Syrie, sera limitée par des contraintes et des lignes rouges à ne pas dépasser. Il n’est point permis que la frappe soit dirigée vers ce qui pourrait provoquer une guerre régionale. Sur ce, la riposte à la frappe serait plus importante que la frappe en soi, puisque les conditions de toute guerre régionale et internationale impliquent désormais l’Iran, la Russie et les États-Unis. Sachant dans ce contexte que ces derniers poursuivent leurs pourparlers en catimini avec Téhéran, dans le but de prévenir toute implication dans une guerre régionale.

-Les partenaires de la Syrie dans la bataille actuelle, notamment le Hezbollah, réalisent que toute agression israélienne les vise directement. La cessation de la livraison des armes stratégiques à la résistance y est à l’origine. Avec la participation au combat aux côtés de l’armée syrienne, toute riposte à «Israël» serait commune.

-Les missiles S-300 livrés à la Syrie, pourraient ne pas être les armes les plus importantes obtenues par Damas. Des informations quasi-confirmées affirment que la haute technologie et les armes stratégiques pourraient être utilisées dans la prochaine bataille. La Russie avait mis en garde le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, contre toute nouvelle aventure en Syrie. Elle a décidé de couvrir toute riposte syrienne. Elle l’avait clairement signifié aux Syriens, aux Américains et à l’Otan, en dépit du fait qu’elle préfère éviter l’ouverture de ce front.

-En bref, la meilleure réponse aux plans de discorde confessionnelle voulus en Syrie, serait de rediriger la boussole vers la direction initiale : la guerre avec «Israël», aussi limitée soit-elle, augmentera la sympathie arabe à l’égard de la Syrie, surtout que le climat populaire a commencé à changer dans certains pays arabes.

-Toute bataille entre «Israël» et la Syrie, embarrassera les pays gouvernés par les Frères Musulmans. Elle embarrassera de même le mouvement Hamas et l’opposition syrienne.

Si cette dernière acclame l’offensive israélienne, elle commettra une erreur. Si elle observe le silence, son mutisme sera critiqué. Et si elle affiche sa condamnation, sa position serait comprise en faveur du régime. Pour toutes ces raisons, la Syrie parait sérieuse dans sa riposte à «Israël».
Les informations en provenance du centre de la décision syrienne, confirment que l’armée syrienne et le Hezbollah ont établi des plans pour faire face à cette éventualité. En fin de compte, la recrudescence des menaces à ce titre est bénéfique à tous les niveaux.

Source : Assafir

 

Missiles S-300 en Syrie à la barbe du Mossad


Schema S-300L’entité sioniste avait affirmé que sa dernière action de bombardement de la région de Damas avait pour objectif de détruire des équipements militaires destinés au Hezbollah libanais et qui étaient susceptibles de représenter une menace pour l’entité sioniste.

Un argument qui en temps ordinaire est de nature à faire taire toute critique et exclut bien sûr toute condamnation de la part des régimes occidentaux, ceux-là même qui se prétendent « amis » de la Syrie.

Remarquez que ce sont les même qui étaient les « amis » du Liban en 2006…

Et les temps actuels sont tout sauf ordinaires puisque les dits « amis » de la Syrie considèrent qu’il est grand temps que ce pays ami change de président, même si pour cela il faut plonger le pays dans la guerre et contrevenir à la lettre et à l’esprit de la Charte des Nations Unies dont certains de ces « amis » de la Syrie sont supposés être les garants.

Et en ces temps peu ordinaires, l’entité sioniste ne s’est pas privée de signifier qu’elle était prête à frapper la Syrie à nouveau si elle estimait que sa sécurité l’exigeait .

Des menaces qui n’ont suscité qu’indifférence dans le monde des « amis » de la Syrie mais qui ont amené le gouvernement syrien à faire savoir qu’il riposterait en cas de nouvelle agression.

Des propos bien entendu jugés inadmissibles par l’entité sioniste qui est la seule à avoir le droit de se « défendre ».

Comme si un agresseur avait un droit quelconque à se défendre.

Ces derniers jours, le gouvernement sioniste a encore monté d’un ton devant les informations selon lesquelles la Russie allait fournir des missiles sol-air évolués de type S-300.

Un des chefs du gang sioniste, Benjamin Netanyahou en l’espèce, a même fait le voyage à Moscou pour expliquer à Vladimir Poutine qu’il devait s’abstenir de livrer ces engins à l’armée syrienne.

Et les terroristes sionistes ont même menacé  d’armer les ennemis de la Russie ou d’attaquer les bateaux russes qui seraient chargés d’acheminer ces missiles vers la Syrie.

Après tout, les terroristes sionistes ont assassiné  le Comte Folke Bernadotte (un de ses assassins ayant eu droit à un hommage de la part de François Hollande au moment de son trépas), bombardé l’USS Liberty, un navire de l’armée américaine, saboté dans le port de Fréjus un équipement nucléaire destiné à l’Irak (vous ne trouverez rien sur le net à ce sujet), assassiné des militants humanitaires dans un bateau battant pavillon turc etc.

Le tout dans l’impunité totale. Alors pourquoi en irait-il autrement avec les Russes?

De fait, les informations les plus contradictoires ont circulé sur la future livraison ou  non livraison de ces armes à la Syrie, certaines d’entre elles faisant état d’une gesticulation de Moscou pour se trouver en position de force dans les négociations qui semblent se profiler.

Les choses sont beaucoup plus claires aujourd’hui puisque le président Bachar al-Assad a annoncé en personne que son pays disposait désormais des fameux missiles.

Un camouflet pour les services secrets sionistes qui croyaient que ces systèmes d’armes imposants étaient encore stockés dans un hangar quelque part en Russie.

On verra si les gangsters sionistes mettent à exécution leur autre menace qui consiste à essayer de détruire ces équipements sur le sol syrien.

Même si ces missiles sont vulnérables tant qu’ils n’ont pas été mis en ordre de bataille, il est à peu près certain que non seulement ils sont (ou seront) installés par des techniciens Russes mais aussi que, compte tenu de la sophistication de systèmes qui demandent sans doute des mois de formation pour être manipulés correctement, leurs servants seront au moins pendant un temps des membres de l’armée russe.

Autant d’éléments de nature à dissuader les sionistes de bombarder les sites qui accueillent ou accueilleront ces missiles.

Les S-300 ont vocation à sanctuariser le territoire syrien contre les attaques venues du ciel. Ces missiles sont même en mesure d’interdire à l’aviation sioniste une bonne partie de son « propre » (palestinien en réalité) espace aérien .

C’est dire que Vladimir Poutine entend fixer lui-même les limites de l’ingérence militaire étrangère en Syrie.

Les sionistes se consolent en se disant qu’ils ne sont « pas une cible pour Assad« , ce qui est une manière d’essayer d’induire l’opinion en erreur car ces engins n’ont pas vocation à attaquer le territoire ennemi (ce ne sont pas des missiles sol-sol) mais à défendre le territoire syrien contre les attaques de l’aviation sioniste ou, pourquoi pas, française ou anglaise.

A ceux qui s’inquiètent de la présence des missiles par rapport aux discussions à venir sur une sortie pacifique de crise en Syrie, on rappellera aussi que ces engins sont inutiles face à une guérilla et ne peuvent gêner que ceux qui envisageraient des attaques aériennes contre la Syrie.

http://mounadil.wordpress.com/

La vraie bataille pour la Syrie, celle dont les médias ne vous parleront jamais


J’ai expliqué dans un article précédent que l’opération d’encerclement pour la conquête de Damas de Novembre 2012 au 5 Février 2013 exécutée par les rebelles, s’est terminée par une catastrophe majeure pour la soi-disant armée de libération de la Syrie. Cela a permis à l’armée nationale du président syrien Bachar al-Assad de prendre l’initiative et de déclencher l’offensive générale qui conduira irrémédiablement à la fin de la guerre civile. Lire la suite La vraie bataille pour la Syrie, celle dont les médias ne vous parleront jamais