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Avec Poutine à la tête de la Russie, l’Europe a raison d’être mal à l’aise


199960574Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch  aurait signé un accord avec la Russie, selon des sources anonymes relayées par l’éditeur du magazine britannique The Economist Edward Lucas. Lire la suite Avec Poutine à la tête de la Russie, l’Europe a raison d’être mal à l’aise

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

Syrie : le message US à l’Iran?


obama-ahmadinejadLes Russes ont transmis aux Iraniens le message de John Kerry…

… selon lequel Washington a décidé de changer de cap au sujet de la crise syrienne. Tandis que la Russie, l’Iran, l’Egypte et une partie de l’opposition syrienne soutiennent l’idée de l’organisation de la conférence internationale de Genève II, avec la coordination des Etats-Unis, il y a un autre groupe de pays dirigé par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite qui semble être prêt à tout faire pour entraver la tenue de cette conférence internationale sur le règlement de la crise en Syrie. Les pays européens et une partie de l’opposition syrienne préfèrent aussi que cette conférence n’ait pas lieu.

La réussite de la conférence de Genève II n’aura qu’un résultat très concret : le dialogue syro-syrien entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et l’opposition. Entre-temps, il paraît que les dirigeants iraniens ont reçu de la Russie un message concernant la position de Washington par rapport à la crise syrienne : les Russes ont informé les Iraniens que la Maison Blanche a décidé de changer de cap par rapport à la crise en Syrie. C’est le message que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a reçu de la part du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 7 mai à Moscou. Selon des sources bien informées, Kerry aurait dit à Lavrov que les Etats-Unis ont accepté la participation de la République islamique d’Iran à la conférence internationale de Genève II sur le règlement de la crise syrienne, malgré l’opposition des pays comme l’Arabie saoudite.

Les victoires successives de l’armée syrienne dans son combat contre les terroristes pourraient avoir un effet direct sur la décision de la Maison Blanche de réviser sa position vis-à-vis de la Syrie. En outre, il y a des indices qui laissent deviner qu’une nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie pourrait entraîner cette fois-ci une vive réaction de Damas.

Ces évolutions ont amené le Qatar à essayer de reconstruire les ponts brisés entre Doha et Téhéran. L’Iran n’a pas encore accepté la demande de l’Emir du Qatar de visiter Téhéran, mais il paraît que l’échec du Qatar dans son jeu politique autour de la crise syrienne plaît aux dirigeants iraniens. Ces derniers s’attendent à ce que le Qatar joue un rôle régional proportionnel à son potentiel géopolitique. Une autorité qatarie qui a requis l’anonymat a déclaré qu’en réponse de sa demande de visiter Téhéran, l’Emir du Qatar a reçu un message écrit de la part des dirigeants iraniens qui a mis en garde contre toute tentative de Doha de jouer un rôle régional improportionnel à son potentiel géopolitique. Cette source indique que lorsque l’Emir du Qatar a reçu ce message, il n’a rien dit. Cependant, il paraît que les Qataris sont prêts maintenant d’écouter davantage les autres acteurs régionaux.

Quant à la Turquie, les dirigeants de ce pays ont pris une position tellement radicale contre le gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’il est très difficile maintenant de trouver un mécanisme pour un nouveau rapprochement entre Ankara et Damas. Les hautes autorités turques ont ouvertement parlé de la nécessité du renversement du gouvernement syrien. Mais bientôt, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu sera obligé de s’occuper de nouveau du dossier syrien, mais cette fois-ci dans le sens d’un rapprochement avec Damas. Ainsi, contrairement aux souhaits du Premier ministre Recep Tayyib Erdogan, Davutoglu sera obligé d’annoncer le changement de la position de la Turquie par rapport à la crise syrienne.

http://french.irib.ir/analyses/item/258652-syrie-le-message-des-russes-semble-rassurer-t%C3%A9h%C3%A9ran