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Angela Merkel esquisse l’Internet européen


Angela Merkel n’a donc toujours pas digéré l’espionnage de son téléphone portable par la National Security Agency (NSA). En visite à Paris mercredi dans le cadre du 16e conseil des ministres franco-allemand, la chancelière allemande a levé un coin du voile sur ses propositions de bâtir un Internet européen. Un ouvrage qu’elle entend mener de front avec le président François Hollande. Il vise sans détour à extirper les Européens de l’hégémonie américaine sur le réseau. Du moins sur le papier. Car, en pratique, le projet semble très utopique autant sur le plan politique que sur celui des infra­structures. Lire la suite Angela Merkel esquisse l’Internet européen

La guerre secrète des Etats-Unis dans 134 pays


346157_Special_Operations_forces_La croissance des Opérations Spéciales

Nick Turse  – TomDispatch.com

Ils agissent dans la splendeur verte de la vision nocturne dans le Sud-ouest Asiatique et guettent dans les jungles d’Amérique du Sud. Arrachent[i] des hommes de leur foyer au Maghreb et tirent[ii] contre des militants fortement armés dans la Corne de l’Afrique. Ils sentent l’écume salée quand ils volent au ras des vagues dans le turquoise des Caraïbe et le bleu intense du Pacifique ; Ils mènent à bien des missions dans la chaleur étouffante des déserts du Moyen Orient et dans la Scandinavie glaciale[iii]. L’administration Obama a entrepris une guerre secrète sur toute la planète[iv] dont l’amplitude n’a jusqu’ici jamais été complétement révélée. Lire la suite La guerre secrète des Etats-Unis dans 134 pays

Edward Snowden et la théorie des dominos


Domino-Chain-ReactionEst-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé. Lire la suite Edward Snowden et la théorie des dominos

Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie


SNOWDENPar Barton Gellman

MOSCOU – La voix familière au bout du fil, à l’hôtel, est allée droit au but. « Quelle heure dit votre montre, exactement? » demanda-t-il. Il vérifia l’heure avec la sienne et décrivit un lieu de rencontre. « Je vous vois là-bas, » dit-il. Lire la suite Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie

Les lanceurs d’alerte


ellsberg-manning-snowdenLes lanceurs d’alerte ont le vent en poupe. Depuis l’affaire Edward Snowden, ils sont devenus les héros populaires des temps modernes, des sortes de Zorro ou de Robin des Bois, adulés du peuple et pourchassés par les autorités. A chaque époque ses  Sheriffs de Nottingham et ses sergents Garcia.  L’essentiel est que les héros s’insurgent contre l’ordre établi, le pouvoir contre lequel  le peuple éprouve généralement un sentiment d’impuissance. Lire la suite Les lanceurs d’alerte

DASSAULT AVIATION : Le Brésil choisit Saab, nouvelle déconvenue pour le Rafale


d98_1253BRASILIA, 18 décembre (Reuters) – Le Brésil a annoncé mercredi qu’il avait choisi d’équiper son armée de l’air avec les chasseurs Gripen NG construits par Saab au détriment des avions proposés par le Français Dassault et l’Américain Boeing.

Malgré une visite de François Hollande au Brésil la semaine dernière, il s’agit là d’une nouvelle déconvenue pour Dassault Aviation qui n’est toujours pas parvenu à vendre le Rafale hors de France. Lire la suite DASSAULT AVIATION : Le Brésil choisit Saab, nouvelle déconvenue pour le Rafale

Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique


3464325_3_c08a_l-attaque-chimique-a-la-ghouta-constitue-le_f245354428a128cdcf60f6b23678eb9bNouvel accès de « conspirationnisme » ou scoop retentissant ? L’article de Seymour Hersh, vétéran du journalisme d’investigation américain, publié dimanche 8 décembre par la London Review of Books tend à réécrire l’histoire, déjà passablement énigmatique, de l’intervention américaine avortée en Syrie. Le journaliste qui, en 2004, avait contribué à révéler le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, accuse l’administration Obama d’avoir manipulé les informations concernant l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la Ghouta, près de Damas, pour justifier des frappes militaires contre le régime Assad. Lire la suite Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique

NSA: le gouvernement français aurait passé un accord secret


Five-eyesSelon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, un accord secret de collaboration sur la surveillance du nom de code « Lustre » aurait été signé par la France avec les Etats-Unis et quatre autres puissances.

La « Five eyes alliance »: la France participerait au système Echelon anglo-saxon constitué de cinq nations.

TV5 Monde, 27.10.2013, Par Pascal Hérard

De nouveaux documents d’Edward Snowden démontreraient, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, que la France serait engagée dans une vaste collaboration de surveillance, du nom de code « Lustre », avec ceux que l’on nomme les « Five Eyes », acteurs du programme d’écoutes planétaire Echelon: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle Zélande.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA dans l’émission « Internationales » de TV5Monde ce 27 octobre 2013 a déclaré qu’elle « espère bien qu’on se défend, qu’on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres« , puis expliqué qu’ »un grand pays comme la France doit aussi avoir un outil », et de conclure: « on n’est pas dépourvus en la matière ».

nicole-bricq-au-sujet-de-la-nsaVidéo TV5: [Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA]

Discours contradictoires?

Madame Bricq condamne les écoutes illégales entre partenaires alliés, mais estime logique et normal que de l’espionnage s’opère en matière d’intelligence économique. La ministre admet que la France est en pointe dans ces pratiques: les révélations du Süddeutsche Zeitung semblent démontrer, si elles se révèlent exactes, que la France est en plus un acteur privilégié de la surveillance mondiale et qui collabore avec ceux-là même qu’elle dénonce du bout des lèvres aujourd’hui, les Etats-Unis. Ce qui pourrait expliquer la prudence du chef de l’Etat français pour condamner trop fermement les pratiques de la NSA. Et confirmerait une thèse de Bernard Huygues qui déclarait sur le site de TV5Monde il y a quelques jours: « on peut aussi penser que si la France s’énervait trop fortement pour ensuite être prise la main dans le pot de confiture avec des révélations sur ses propres systèmes de surveillances illégaux, ce serait très ennuyeux… »

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Etats-Unis-2013/p-26618-NSA-le-gouvernement-francais-aurait-passe-un-accord-secret.htm

Sommes-nous encore libres ?


Tribune libre Résistance

stasi3J’ai écrit cet article pour Résistance depuis mon ordinateur, puis l’ai mis en ligne sur le site. Un certain nombre de webmestres l’ont également reçu et peut-être ont-ils fait la même chose que moi. Nos lecteurs respectifs ont pu lire cet article le lendemain. Quelqu’un cependant l’a lu avant eux, ou était tout du moins en mesure de le faire. Ce n’était pas ni un membre de Résistance, ni les webmestres qui en ont été destinataires. Je ne connais pas ce quelqu’un. Il ne vit certainement pas en Franc. Il opère loin d’ici, au-delà de l’océan… Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas recherché et je paie mes impôts. Bref, je suis un citoyen lambda. Mais ce quelqu’un sait tout de moi. Il sait à qui je téléphone parce qu’il a accès à mes données sur mon smartphone. Il sait à qui j’écris et surtout ce que j’écris, car il est capable de surveiller tous mes mouvements sur Internet. Il prend note de mes achats en ligne, consigne tout et scrute mes mouvements sur mon compte bancaire de telle sorte qu’il sait ce que je gagne. Mon patrimoine n’a aucun secret pour lui.

L’utilisation de Facebook lui facilite grandement la tâche. Parce que l’internaute met sa vie à nu sur le plus grand réseau social du monde. Il nous renseigne sur son cercle d’amis, publie des photos amusantes, insolites, et parfois intimes, sans se rendre compte qu’un jour, tout ceci pourrait un jour se retourner contre lui. Il ne se doute pas que ce qui est posté sur Facebook ne peut être supprimé, même lorsque ses contacts ou le quidam n’y ont pas accès. Toutes ses informations restent gravées dans une énorme mémoire, suspendues en quelque sorte sur un nuage virtuel qu’il ne peut atteindre. Il perd ainsi le contrôle de son passé et du présent.

Certains se remémoreront immanquablement la Vie des autres, film dans lequel la Stasi surveillait dans le Berlin des années quatre-vingt les intellectuels soupçonnés de critiquer le régime d’Erich Honecker. Le parallèle avec l’URSS, la Chine et tous les pays supposés autoritaires ou dictatoriaux sera rapidement fait. On leur oppose notre culture démocratique et la liberté. Les lois sont d’ailleurs censées nous préserver de toute intrusion. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ne proclame-t-il pas le droit de toute personne au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance » ?

Les révélations faites par l’ancien employé de la CIA et de la NSA Edward Snowden sont pourtant inquiétantes. Microsoft, Google, Apple, Yahoo, BlackBerry, Facebook, etc., collaborent, de leur plein gré ou sous la contrainte, avec la National Security Agency (NSA), la super agence des services secrets étasuniens, lui octroyant un accès privilégié à leurs données. Un peu comme si un étranger avait accès à une porte secrète de votre maison sans que vous n’en déteniez les clefs…

Aujourd’hui, un agent secret n’aurait plus besoin d’allumer mon ordinateur et de télécharger mon disque dur. Le processus est en grande partie automatique. De temps à autre et à mon insu, mes données peuvent être collectées et transmises je ne sais où. Ce qui est remarquable, c’est que tout cela se produit dans les pays qui ne sont apparemment pas totalitaires. Ces derniers se revendiquent au contraire tous de la démocratie. Pourtant, ces faits s’inscrivent dans un processus aux conséquences potentiellement désastreuses.

Le 11 Septembre en a été l’acte fondateur. Capitalisant sur le choc provoqué par les attentats dans les opinions internationales, la lutte contre le terrorisme a permis de justifier la plupart des actions menées par les États-Unis. Les menaces terroristes qu’on brandit à dessein permettent de renforcer les structures de contrôle de la population. Nous ne savons pas aujourd’hui ce que la NSA, le FBI ou  la CIA ont pu faire de nos informations personnelles, ce qui, dans un État de droit, relève de l’inconcevable. Les conséquences de ce paradoxe sont colossales. Notre intimité est désormais mise à nu et partagée par autrui sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Plus personne ne pourra désormais se sentir totalement en sécurité. Sommes-nous tout simplement encore libres ?

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-sommes-nous-encore-libres-120836680.html

Devoir de mémoire – Espionnage – NSA – Snowden : Les positions de Valls , Fabius et 김정숙


7762291652_fleur-pellerin-un-systeme-mis-en-place-par-le-precedent-pouvoirA l’heure ou les ministres du gouvernement Français surjouent dans la course à l’indignation face aux  » révélations  » sur l’espionnage contre la France pratiqué par la NSA  il est bon de rappeller leurs positions au moment ou Edward Snowden s’est enfui des Etats-Unis.

Manuel Carlos Valls :

1-  » La France n’a pas reçu de demande d’asile de la part d’Edward Snowden et si c’était le cas je n’y serais pas favorable«   » Obama a dit qu’il donnerait des explications. Je les ai demandées et nous avons besoin de ces explications. Il faut être prudent. S’il y avait des caméras à l’ambassade de France à Washington ce serait très grave. Nous n’avons pas besoin d’espionner des pays amis. Si les Etats-Unis nous espionnent ce serait grave, il faudrait qu’il cesse « . [ lien ]

2- Dans une entrevue à The Heritage lors d’une visite aux Etats-Unis Manuel Carlos Valls s’est montré admiratif du système mis en place par la NSA et a souhaité la mise en place d’un dispositif législatif comparable au Patriot Act aux Etats-Unis.

he sounded kind of envious of the agency. Rather than being severely critical of U.S. intelligence operations, he said he wished France had more capabilities like the United States—both in terms of the ability to intercept critical terrorist communications and to protect individual privacy through parliamentary and judicial oversight.  [ lien vers article ]

Nota : Un de mes amis vient de trouver le surnom de  » serpillère de fer  » pour Manuel Carlos Valls. Je le trouve particulièrement adapté !

Laurent Fabius-Mortimer   :  

Ce sont les services du MAE Français qui ont refusé le survol du territoire Français par l’avion du Président Bolivien Evo Morales en raison d’un soupçon sur la présence éventuelle d’Edward Snowden à bord . [ lien vers article ]

Kim Jong-suk 김정숙 

김정숙  a confirmé que la France a bien reçu une demande d’asile de la part d’Edward Snowden tout comme Reshat Dibrani et sa smala . [ lien ]

Sur le principe de l’espionnage liui-même , 김정숙 a déclaré :

« Il faut distinguer deux choses: il y a l’affaire d’espionnage de l’Union européenne et des postes diplomatiques et ça, ce n’est pas vraiment la première fois que ça arrive dans l’Histoire. Même si ce n’est pas vraiment un acte amical de la part d’une puissance amie, ce n’est pas une nouveauté »  « Nous avons toujours considéré qu’internet était un bien commun, un cheval de Troie – regardez les Printemps arabes – de la liberté d’expression et aujourd’hui on voit que certains pays, qui sont des pays qui défendent la liberté d’expression, la liberté d’opinion, sont peut-être des utilisateurs à des fins, au contraire, de surveillance généralisée. C’est ce qui est très choquant, si c’est prouvé. Ne nous précipitons pas, attendons les explications des Américains »  [ lien ]

http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-devoir-de-memoire-espionnage-nsa-snowden-les-positions-de-valls-fabius-et-120747409.html

Hollande et Merkel tentent d’éteindre l’incendie du scandale NSA


7prism123a123_10François Hollande et Angela Merkel ont tenté vendredi de désamorcer la crise provoquée par les accusations d’espionnage des services américains en Europe en proposant de bâtir une nouvelle relation de confiance avec les Etats-Unis.

L’initiative franco-allemande vise à définir d’ici à la fin de l’année un code de bonne conduite et de coopération entre les services de renseignement américains et ceux des pays européens qui rejoindront cette démarche.

« Connaître le passé, fixer un cadre de relations pour l’avenir et en terminer avec les mécanismes de surveillance qui ne sont pas maîtrisés », a résumé lors d’une conférence de presse le président français.

Cette initiative intervient au moment où la multiplication des accusations visant la National Security Agency (NSA), y compris sur le téléphone portable d’Angela Merkel selon les autorités allemandes, tournent à la crise diplomatique.

Cette nouvelle ère de coopération sera mise à l’épreuve dès lundi avec la visite d’une délégation d’élus du Parlement européen à Washington pour recueillir des éclaircissements sur les allégations d’espionnage.

Les dirigeants de l’Union européenne s’étaient relayés jeudi durant la première journée du sommet pour condamner les pratiques de leur allié américain.

Ils ont voulu adopter un ton plus apaisé vendredi.

« La chose essentielle que nous avons approuvée, c’est de regarder vers l’avenir et d’essayer d’éviter ce genre de situation dans le futur », a déclaré l’actuelle présidente du Conseil des ministres, la Lituanienne Dalia Grybauskaite.

« RÉSOUDRE LES PROBLÈMES »

Si le Conseil européen n’a officiellement que « pris note » de l’initiative franco-allemande, certains dirigeants, comme le Premier ministre belge Elio Di Rupo, ont dit qu’ils participeraient au dialogue avec les Etats-Unis.

« Il ne s’agit pas de créer plus de problèmes qu’il n’en existe mais de résoudre les problèmes », a expliqué le dirigeant socialiste interrogé sur la position des défenseurs d’une ligne plus dure envers le gouvernement américain.

« Il ne s’agit pas de faire monter la pression inutilement », a-t-il déclaré face à ceux qui protestent contre la présumée timidité de l’Union européenne.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, est quant à lui partisan d' »une pause » dans les négociations sur un accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis en cas d’espionnage avéré.

D’autres parlementaires européens ont jugé vendredi l’initiative franco-allemande insuffisante et pourraient faire remonter la tension à la faveur de nouvelles révélations.

François Hollande a prévenu que le filon était loin d’être épuisé au vu de la masse de documents en possession de l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

La France, a-t-il dit, a ainsi « plusieurs pistes » pour les responsables de l’attaque informatique qui a visé l’Elysée en mai 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Le Monde a publié vendredi un document émanant de la NSA qui fixe les grandes lignes de ce que l’agence devait dire aux deux hauts responsables français qui lui ont rendu visite le 12 avril dernier pour lui demander des explications.

Ce document dit que la France soupçonne la NSA d’être responsable de l’attaque, ce que l’agence réfute.

Mais les Etats-Unis ont « volontairement évité de demander » aux services israéliens s’ils étaient mêlés à cet épisode d’espionnage, poursuit le document, introduisant un doute sur l’éventuelle responsabilité d’Israël.

« Le Monde évoque à partir des documents qui sont à sa disposition plusieurs pistes », a dit vendredi François Hollande. « Nous aussi, nous avons plusieurs pistes. »

par Julien Ponthus

Avec Charlie Dunmore, édité par Yves Clarisse

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE99O06T20131025?sp=true

Avec des amis américains, la France n’a pas besoin d’ennemis!!


FrenchAncien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet* décrypte pour Le Figaro les pratiques d’espionnage de l’Agencenationale de la sécurité américaine (NSA) à travers le monde.

Êtes-vous surpris par l’envergure quasi industrielle de l’espionnage effectué par la NSA?

Alain JUILLET– Même si les responsables politiques ont toujours eu du mal à croire que nos alliés puissent se livrer à de telles pratiques, les
experts de la sécurité et du renseignement savent depuis longtemps que les Américains écoutent qui ils veulent. La seule grande surprise, c’est l’ampleur colossale du pillage mis au jour même si les récentes protestations d’Angela Merkel après des espionnages similaires en Allemagne ou celles de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui a même annulé un voyage aux États-Unis, en disent long sur l’échelle planétaire des interceptions.

Qui est visé?
Tous ceux qui peuvent représenter une menace, voire une simple concurrence. Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, qui ne constitue qu’une petite partie de leur activité, nos «amis» américains peuvent aussi écouter des politiques travaillant au siège de l’OCDE, de la communauté européenne à Bruxelles mais aussi à l’Élysée ou Matignon.

Les morceaux de choix restent toutefois les entreprises stratégiques liées en particulier à la Défense, au spatial, à l’aéronautique mais aussi à la
pharmacie et au pétrole. En général, les systèmes de protection des réseaux bloquent les attaques classiques, mais celles dont on soupçonne la NSAsont ultra-perfectionnées, facilitées par l’aide active des sociétés US telles que Facebook ou Microsoft. Il est toujours plus facile de visiter un
appartement quand on dispose de plans…

Plus de 70 millions de données captées en un mois… Comment trier puis traiter les informations intéressantes?

C’est à la fois simple et vertigineux: la masse des données interceptées est stockée dans la mémoire monstrueuse de serveurs «big data». Ensuite, des logiciels en balaient le contenu grâce à des mots clefs, des numéros de téléphone et des adresses mails considérées comme suspectes ou intéressantes. Des analystes à leur tour font de précieuses synthèses sur telle ou telle stratégie entrepreneuriale. Il y a quinze ans déjà, la compagnie Raytheon, spécialisée dans les systèmes électroniques, avait ainsi raflé le marché de l’équipement en réseau du bassin amazonien à la surprise générale alors que le français Thompson était favori en termes de prix et de produits. Les US avaient branché leur système d’écoute «Échelon» pour piéger les conversations entre les négociateurs au Brésil et la maison mère à Paris. À ce jeu trouble, un récent rapport de la société Mandiant montre que seuls les Chinois disposent d’un savoir-faire un peu analogue. Comment réagir face à cette menace?

En faisant preuve de moins de naïveté dans ce monde ultra-concurrentiel. Trop de nos cadres dirigeants envoient encore depuis leurs ordinateurs non sécurisés des mails sensibles sans imaginer qu’ils sont lus à distance. Et il a fallu attendre le mois dernier pour que les services du premier
ministre adressent une circulaire aux directeurs de cabinet de ministères régaliens pour que les hauts fonctionnaires utilisent des téléphones portables chiffrés pour crypter les conversations confidentielles. Cette mesure a été déclenchée en plein scandale de l’affaire Prism révélée par Edward Snowden. Sans lui, personne n’aurait jamais su officiellement.

Aujourd’hui, il est temps de changer en profondeur nos habitudes et d’adapter notre cadre légal à la hauteur des enjeux. Par exemple, que peut faire le législateur face aux États-Unis qui écoutent même les journalistes? Pour  l’instant, hélas, pas grand-chose.

* Ancien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet
préside le Club des directeurs de sécurité des entreprises et l’Académie de
l’intelligence économique.

http://french.irib.ir/info/international/item/279851-avec-des-amis-am%C3%A9ricains,-la-france-n-a-pas-besoin-d-ennemis

Pourquoi Moscou ne peut plus perdre la bataille diplomatique


186510338L’article de Vladimir Poutine publié hier dans le New York Times….[A Plea for Caution From Russia Voir plus bas en fr]… et la réponse malveillante d’une « source de l’administration Obama » font penser à une chose qui est passée inaperçue dans le tourbillon des événements autour de la Syrie. A savoir, comment la diplomatie de Moscou concernant la Syrie a réussi à placer la Russie dans une situation forcément gagnante ?

En général tous les commentateurs pointent du doigt les erreurs commises sur un dossier – ici comment Obama s’est retrouvé dans une situation où, quoi qu’il fasse, tout ira mal.Peu d’observateurs, par contre, s’intéressent à l’analyse des succès. C’est bien dommage car cette démarche peut être très utile.

La fausse joie de la Maison blanche

L’article de Poutine déploie des idées assez habituelles pour le lecteur russe, mais qui avaient du mal à parvenir jusqu’aux Américains et même aux Européens. Aujourd’hui c’est chose faite.Et voici ce que répond une « source anonyme de la Maison blanche » à la publication du président russe : « Poutine a fait une proposition et désormais c’est sa zone de responsabilité. Il s’est totalement impliqué dans le désarmement de la Syrie et… il doit faire ce qu’il a promis ». Rappelons qu’il est question de l’initiative russe de placer sous contrôle les armes chimiques syriennes, en coopération avec les USA et avec l’accord de la Syrie.

On ne peut en fait pas se réjouir aussi sincèrement de voir Poutine se retrouver dans la même situation qu’Obama. Car cette source a tort sur toute la ligne : la position de la Russie est complètement différente. Elle est, en fait, sans précédent. Quoi que fasse la Russie sur le plan syrien ou moyen-oriental, elle ne peut plus perdre. Bien que dans certaines situations elle n’ait rien à gagner. C’est de l’art.

Supposons qu’Obama et quelques uns de ses amis refusent d’évoquer la Syrie et continuent de préparer leur attaque qui, comme ils le savent pertinemment, est inutile mais pourrait entraîner de lourdes conséquences. Dans ce cas la Russie ne perdrait rien. Et en supposant qu’elle joue « contre » les USA ou les Européens en cherchant à les affaiblir, elle serait vraiment gagnante.

Pour le contraste, voici la situation diplomatique inverse, dans laquelle il est impossible de gagner. Elle ne concerne pas Obama, qui avait promis d’attaquer la Syrie si les autorités locales utilisaient l’arme chimique, et qui aurait découvert qu’en réalité ce n’est pas du tout le gouvernement syrien qui en avait fait usage. Je fais allusion à la Russie et Edward Snowden, qui a passé plus d’un mois dans la zone de transit de Cheremetievo. Voilà une situation où il était impossible de gagner. Le remettre aux Américains ? La Russie serait devenue la risée du monde entier, sans parler du fait que cela est contraire à la législation nationale. Le laisser entrer en Russie (ce qui s’est produit) ? Moscou n’en avait pas besoin et les Américains se voyaient forcés d’aller au conflit avec le Kremlin.

Une chose est réconfortante. L’affaire Snowden s’est simplement produite. Tandis que les bases de la position gagnante russe sur la Syrie ont été posées depuis des années. Le succès vient souvent d’une politique réfléchie et pas d’actes convulsifs.

Prévoir le succès à long terme

Il est encore possible de retrouver aujourd’hui sur internet les appréciations méprisantes des « experts » russes disant que Moscou avait mal réagi au début du Printemps arabe. Ces « experts » s’indignaient : comment peut-on s’accrocher au passé, aux régimes militaires et aux dictateurs obsolètes ? Bien sûr selon eux, il fallait immédiatement se reprendre et commencer à se lier d’amitié avec les nouvelles forces vives de la région, même s’il s’agissait des Frères musulmans. On ne sait jamais, ils pourraient pardonner ! Nicolas Ier se comportait de la même manière et luttait contre toutes les révolutions en Europe : on sait comment il a fini !

Mais à l’époque de Nicolas les révolutions n’étaient pas des processus dirigés, qui plus est par les technologies actuelles, utilisées pour faire sortir dans la rue une foule qui ignore même à qui tout cela profite.

En fait, la Russie n’a pas échoué sur ce plan. En revanche la situation qui a débuté en 2010-2011 était bien sans précédent et les débats, à l’origine, visaient à comprendre pourquoi les « occidentalistes » utilisaient leurs technologies informatiques pour renverser des régimes amis. Puis on a découvert que personne n’avait le monopole de ces technologies, que les initiateurs n’étaient pas les « occidentalistes » mais les « orientalistes » qui avait senti l’affaiblissement des USA et de l’Europe.

Et au final certains pays arabes, qui veulent « remettre les choses au clair » avec les Iraniens, les Syriens et d’autres régimes indésirables comme celui de Kadhafi en Libye, utilisent l’Occident prétendu tout-puissant comme une « call girl », pour bombarder telle cible et s’en aller. Moscou ne s’est pas retrouvé dans une telle situation et ce n’est certainement pas une perte.

Il ne faut pas non plus oublier la Libye : à la veille de l’opération libyenne au printemps-été 2011 la Russie avait cédé aux arguments des USA et des ses alliés en ne bloquant pas la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte avait ensuite été utilisé de manière perfide pour justifier l’opération militaire de l’Otan, au grand bonheur des « reconstructeurs arabes du Moyen-Orient ». C’était une défaite pour la Russie, au moins morale. Mais elle a servi de leçon.

Voyons aujourd’hui qui la Russie a en face d’elle. Moscou ne se bat pas au Moyen-Orient contre les USA ou l’Europe – c’est désormais clair. Elle se bat pour le droit international mais aussi pour que son application corresponde à la disposition réelle des forces dans le monde. Elle n’a pas besoin d’aider Obama à s’embrouiller davantage dans sa politique au Moyen-Orient.

Imaginez que l’opération américaine commence en Syrie et qu’il devienne soudainement impossible d’ignorer que l’attaque chimique dans la banlieue de Damas du 21 août a été perpétrée par l’opposition syrienne… Moscou, avec son attitude actuelle, sauve en quelque sorte Obama d’une situation insupportable. Parce que la Russie n’a pas besoin de sa défaite. Elle le préfère sympathique et heureux.

Selon un journaliste du NYT, « Poutine a soudainement fait de l’ombre à Obama en tant que leader mondial dictant l’ordre du jour de la crise syrienne. Il a réaffirmé les intérêts de la Russie dans la région, où ils avaient été marginalisés après l’effondrement de l’URSS ».

Après tout, on ne peut pas être toujours au service des autres – il faut bien parfois s’occuper de soi-même. Mais je le répète, les racines du succès russe d’aujourd’hui ont été plantées en

2010-2011, lorsque chaque pays a décidé comment il réagirait au Printemps arabe.

Dmitri Kossyrev

http://fr.rian.ru/discussion/20130913/199293279.html

La déclaration d’Obama sur l’attaque contre la Syrie pousse les russes à des mesures radicales


En 2013, la Chine est en passe de devenir la première économie mondiale et, ayant de vastes ressources financières, cherche à transférer rapidement la technologie militaire, afin de modifier l’équilibre des forces en Asie du Sud et de supprimer le monopole américain dans sa zone d’intérêt économique. Lire la suite La déclaration d’Obama sur l’attaque contre la Syrie pousse les russes à des mesures radicales

La Russie peut-elle éviter l’arrogance post-soviétique, à l’américaine ?


000_nic2005111516368.siA en juger par les apparences, beaucoup s’accordent à dire que les russes viennent de Vénus et les américains de Mars. Certains voudraient aller encore plus loin, sans doute, et dire qu’ils sont originaires de deux systèmes solaires distincts.

Les anciens ennemis de la guerre froide échangent régulièrement des piques sur tout, de la qualité des cuisses de poulet à la question du système de défense antimissile américain en Europe de l’Est. Cependant, malgré les échecs occasionnels de la réinitialisation des relations Russie-États-Unis – considérablement aggravée ces derniers temps par Edward Snowden enfermé dans un aéroport de Moscou – les deux superpuissances nucléaires partagent certaines similitudes marquées.

Les deux pays ont, par exemple, acquis des poches extrêmement profondes pour la poursuite de leurs objectifs de politique étrangère. La Russie, après être passée par 70 ans de communisme marxiste, jouit aujourd’hui d’une manne financière, car elle tient les rouages ​​de l’économie mondiale graissée par le pétrole et le gaz. Bien que l’abondance en Russie des ressources naturelles tombées du ciel pourrait finalement se retourner contre elle, actuellement, elle contribue à entreprendre un grand nombre d’initiatives ambitieuses pour le pays.

Les États-Unis, en revanche, possèdent le plus gigantesque appareil à faire de l’argent que le monde ait jamais vu, populairement connu sous la dénomination Système de la réserve fédérale. Cela donne à l’Amérique la possibilité de créer de l’argent à partir de rien, ce qui à son tour donne à l’Oncle Sam la capacité d’agir sur la scène mondiale comme un étudiant de première année après une cuite pendant les vacances d’été. Grâce à cette philosophie de l’argent facile, Washington détient aujourd’hui quelque 900 bases militaires à travers le monde, tout en lançant une série d’offensives militaires douteuses, notamment les débâcles désastreuses de l’Irak et de l’Afghanistan.

Un Marine américain du 1er bataillon, 8e Marines, Compagnie Bravo lance une missile antichar FMG-148 Javelin  au Mirage Patrol base, Musa Qala district, province de Helmand, le 8 Février 2011. (AFP Photo / Dmitry Kostyukov)
Un Marine américain du 1er bataillon, 8e Marines, Compagnie Bravo lance une missile antichar FMG-148 Javelin au Mirage Patrol base, Musa Qala district, province de Helmand, le 8 Février 2011. (AFP Photo / Dmitry Kostyukov)

Pendant ce temps, l’exemple historique de l’Empire romain, qui finalement s’est effondré à cause de ses excès  impérialistes, ne suffit pas à convaincre les Etats-Unis de modifier leur comportement. Chaque puissance mondiale estime que l’histoire se répète, mais seulement pour les autres. L’Amérique n’est pas seulement la nation exceptionnelle choisie, c’est la grande exception aux règles du développement mondial. Elle peut imposer sa volonté unilatéralement sur une planète sans méfiance sous prétexte (ruse?) du terrorisme mondial, elle peut soumettre des Etats souverains et leurs citoyens à la Cour sans loi de la guerre des drones, ainsi qu’au système de surveillance permanent, il peut exercer son idée de la liberté et de la démocratie sur les peuples étrangers, alors même que ses propres citoyens sont écrasés par les corporations lobbyistes au Congrès.

Étant donné les conquêtes et les contradictions de «l’hyperpuissance» américaine, c’est peut-être le bon moment pour se demander si la Russie peut aussi être la proie de l’exceptionnalisme post-soviétique. Va-t-elle finalement poursuivre ses intérêts nationaux quel qu’en soit le coût pour elle-même et les autres ? Après tout, après huit années de la présidence de Poutine, la Russie se classe désormais comme la 6ème plus grande économie du monde en termes de PIB. Elle a les espèces sonnantes et trébuchantes pour faire avancer ses initiatives mondiales.

Naturellement, la Russie, ainsi que d’autres pays, ne place pas beaucoup de foi dans les initiatives mondiales des États-Unis. Malgré tous les discours sur une réinitialisation des relations russo-américaines (Reset), Washington a dévoilé ses cartes quand il a refusé de coopérer avec la Russie sur le système de défense antimissile américain, solidement positionné à seulement quelques kilomètres de la frontière russe. Dans le même temps, les États-Unis tentent de contraindre la Russie de réduire son arsenal nucléaire. On pardonnera aux russes de penser que la réinitialisation n’était rien de plus qu’un stratagème astucieux pour faire baisser sa garde à la Russie (missiles nucléaires) pendant que dans le même temps, l’Amérique est en train de lever son bouclier. Voilà pour la réinitialisation.

Néanmoins, en tant qu’Américain regardant son pays imprimer de l’argent à partir de rien pour financer un empire mondial, il me semble que la meilleure stratégie pour la Russie n’est pas de faire des dépenses colossales pour essayer de suivre le rythme du Goliath mondial. La Russie a déjà tenté une telle chose dans les années 1980 pendant la guerre de 10 ans contre les moudjahidines en Afghanistan, le fameux « cimetière des empires’’, que peut-être un jour des historiens considèreront comme le lieu qui a également conduit à la chute de l’Amérique.

Sauf si la Russie estime que cela vaut vraiment la peine de détruire sa monnaie dans un effort pour étaler ses morceaux de bravoure militaire dans le monde, la meilleure stratégie, semble-t-il, est de jouer à un jeu de ‘’wait-and-see’’. L’Amérique hyper-dépensière ne peut durer éternellement, et quand le château de cartes s’effondrera enfin, ce qui est inévitable, alors le monde pourra enfin profiter d’un moment de paix véritable.

Robert Bridge

Traduction : Avic

http://rt.com/op-edge/us-russia-reset-snowden-288/

Evo Morales propose de créer l’OTAN bolivarienne pour se défendre face à l’impérialisme


evo-morales-habla-de-hugo-chavezLors du séminaire sur la sécurité et la défense de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques), qui s’est tenu fin juillet à Cuba, Evo Morales a proposé la création d’une OTAN bolivarienne pour se défendre face à l’impérialisme.

Par ailleurs, les représentants de l’armée du Venezuela, de Cuba, de l’Equateur, de la Bolivie et du Nicaragua ont souscrit un mémorandum pour soutenir et développer l’école militaire de l’ALBA.

Rappelons qu’Evo Morales a été victime d’un incident diplomatique sans précédent dans l’histoire des relations internationales : son avion a été interdit de survol par plusieurs pays d’Europe de l’ouest, dont la France, car les USA recherchaient activement Edward Snowden, et le soupçonnaient d’être dans l’avion présidentiel bolivien (voir notre article Pour quoi allons-nous passer dorénavant ?).

Depuis, Evo Morales s’est fendu d’une tribune, « Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe », dans Le Monde Diplomatique d’août 2013 (actuellement en kiosque). Dans celle-ci, il fustige les gouvernements complices des USA : « Voici donc des gouvernements qui ont perdu jusqu’à la capacité de se reconnaître comme colonisés, et qui tentent de protéger la réputation de leur maître. Qui dit empire dit colonies. Ayant opté pour l’obéissance aux ordres qu’on leur donnait, certains pays européens ont confirmé leur statut de pays soumis. »

Raphaël Berland

Vlad le Cogneur vs Obama la Mauviette – Par Pepe Escobar


Faites un plan ; puis faire un autre plan. Les deux ne fonctionneront pas.
Bertolt Brecht

Poutine-Obama02Cela devient ridicule. Le président des États-Unis (POTUS) a hurlé et crié parce qu’il voulait qu’on lui rende son espion (Edward Snowden). Snowden, en accord avec les lois russes, a obtenu l’asile temporaire. La Maison Blanche a été «déçue».

Donc POTUS a snobé le sommet bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou qui coïncide avec le G20 à Saint-Pétersbourg au début de Septembre. Le Kremlin a également été «déçu».

Poutine a envoyé un télégramme à George « Dubya » Bush – lui souhaitant un prompt rétablissement de son intervention cardiaque. [1] POTUS est allé à un talk-show américain et déclaré que la Russie avait tendance à « glisser de nouveau dans la pensée de la guerre froide et une mentalité de guerre froide».

La distanciation brechtienne nous dit que le mot  « ridicule » ne commence même pas à le décrire. La mentalité de la guerre froide est effectivement imprégnée dans les gènes de Beltway (NDT : Washington) – du Capitole jusqu’au Pentagone. En ce qui concerne le POTUS, il a agi comme un dilettante diplomatique au mieux. « Yes, We Can» s’est transformé en «Yes, We Scan » et maintenant c’est « Yes, We Scorn» (Oui, Nous Méprisons). Cela peut s’appliquer aux différents caniches d’élevage européen, mais ça ne colle pas à Vlad le Cogneur.

La Maison Blanche a justifié sa décision par le « manque de progrès » sur tout, dont la défense antimissile, le contrôle des armements, le commerce et les relations commerciales, les questions de sécurité mondiale, les droits de l’homme et de la société civile. N’importe quoi ; tout cela c’était parce qu’un POTUS impuissant a été empêché de mener sa guerre contre les lanceurs d’alerte. Le conseiller des affaires étrangères de M. Poutine, Iouri Ouchakov, était plus proche de la vérité quand il a dit: «Les États-Unis ne sont pas prêts à construire des relations sur un pied d’égalité. »

Vlad le Cogneur peut sentir une mauviette de proportions Carter-esques comme un ours polaire chassant le phoque. Il a rapidement évalué la façon dont l’administration Obama a réduit en cendres sa crédibilité déjà fragile sur deux fronts en même temps ; à cause de l’ampleur du complexe orwellien / Panopticon détaillé par les fuites de Snowden, et à cause de la façon dont il a été impitoyablement pourchassé.

Ajoutant quelques clous dans le cercueil de médias mainstream, le New York Times a publié un éditorial – sans doute «suggéré» par la Maison Blanche – justifiant l’annulation du sommet, en disant: « M. Poutine est un leader répressif et arrogant qui traite son peuple avec mépris « . [2] Ouais ; et c’est Blanche-Neige qui est à la Maison Blanche.

Tous à bord du Transsibérien

La colère d’adolescent du POTUS n’a rien à voir avec la guerre froide. Pour commencer, les États-Unis et la Russie sont interdépendants sur un vaste éventail de questions. Au moins en théorie, certains adultes vont en discuter à Washington ce week-end, car le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou rencontreront le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le patron du Pentagone Chuck Hagel.

Vlad n’a qu’un mot à dire pour transformer le déjà humiliant retrait d’Afghanistan des forces  US / OTAN – qui se sont fait botter le cul par une bande de Pachtounes avec de fausses Kalachnikovs – en un désastre cataclysmique.

Vlad peut subtilement calibrer le soutien de la Russie pour Bachar al-Assad en Syrie – en particulier après que le chef des renseignements saoudien, le prince Bandar « Bush » bin Sultan lui ait rendu visite à Moscou et lui aurait offert d’acheter plein d’armes russes tant que la Russie pourra continuer. [3] Poutine n’a pas été impressionné. Pourtant, Bandar n’aurait pas fait ces propositions sans « consultation » avec ses maîtres américains.

Vlad peut offrir beaucoup de soutien extra diplomatique à la nouvelle présidence de Rouhani en Iran – y compris, surtout, de nouvelles ventes d’armes, et consolider la position de Téhéran à d’éventuelles négociations avec Washington.

Dans le Caucase, Vlad a le vent en poupe. La Géorgie montre bien moins d’antagonisme envers Moscou. Et dans Pipelineistan, la Russie a influencé la décision de l’Azerbaïdjan de privilégier le Trans-Adriatic Pipeline (TAP) sur le Nabucco Ouest perpétuellement condamné, et a immédiatement entrepris de consolider la coopération énergétique entre la société azerbaïdjanaise SOCAR et la société russe Rosneft. La Géorgie et l’Azerbaïdjan sont considérés comme de proverbiaux «loyaux» alliés américains.

En Europe, chaque pilote de bateau de croisière sur le Rhin connaît le partenariat stratégique entre la Russie et l’Allemagne. Concernant les négociations sur les transactions de gaz naturel avec l’Italie, la France ou la Pologne, par exemple, le jeu russe est d’obtenir des contrats à long terme avec beaucoup de réductions de prix et des régimes fiscaux.

En Europe centrale et orientale Vlad a aussi – quoi d’autre – le vent en poupe, avec la Russie achetant quantités d’actifs stratégiques de transport des usines, de l’industrie chimique.

Puis il y a la pièce maîtresse, cruciale, le Transsibérien. J’ai fait le Transsibérien deux fois, en hiver, au début des années 1990, puis plus tard dans le courant des années 1990, c’est un enfer de voyage. A l’époque c’était surtout des russes pauvres achetant tout ce qui bouge en Chine et le rusé chinois vendant tout ce qu’il pouvait en Russie. Aujourd’hui, il n’est question que de fret lourd. Le Transsibérien déplace pas moins de 120 millions de tonnes de fret par an ; c’est au moins 13% du trafic de conteneurs entre l’Europe et l’Asie. La Russie investit dans une extension de 17 milliards de US $ et rajoute 55 millions de tonnes supplémentaires de capacité de chargement.

Ajoutez à cela le triplement de la capacité des terminaux de la côte du Pacifique de la Russie en 2020, l’expansion du port de Saint-Pétersbourg; Siemens fournit 675 locomotives électriques de fret supplémentaire dans le cadre d’un accord de 3,2 milliards de dollars.

Le jeu russe ici est d’augmenter ses exportations de produits bruts par tous les moyens disponibles. Au moins 250.000 barils de pétrole par jour sont acheminés de la Russie vers l’Asie. La mise à niveau du Transsibérien fera des merveilles pour les échanges Europe-Asie. Via le Transsibérien, les produits asiatiques arrivent en Europe en 10 jours ; par mer, de la Corée du Sud ou du Japon jusqu’en Allemagne, c’est au moins 28 jours. Pas étonnant que le Japon et la Corée du Sud sont de grands fans du Transsibérien. Et d’un point de vue européen, rien ne vaut la voie du Transsibérien moins chère, plus rapide vers l’Asie.

Complètement paumé

Guerre froide? Cela fait partie de la nostalgie business. Avec une Europe comateuse; les multiples frictions entre l’Europe et les Etats-Unis, Pékin regardant à l’intérieur pour tenter de résoudre le casse-tête du peaufinage de son modèle de développement et une administration Obama paralysée, Moscou a identifié l’ouverture parfaite et s’est engagé sans retenue dans l’expansion commerciale stratégique.

L’ignorance de l’administration Obama – pour ne pas mentionner le Think Tankland américain  – ne peut pas être surestimée. Personne dans le Beltway ne parle de la politique russe – en dehors de diaboliser Poutine. Ce qui convient tout à fait à Vlad le Cogneur, il est occupé à construire avec soin une nouvelle réalité stratégique, non seulement dans la périphérie de l’Europe, mais au cœur aussi. La Russie est de retour – avec éclat.

Dans ce grand schéma des choses, la dérive vers un environnement post-post guerre froide, l’affaire Snowden n’est qu’une pièce du puzzle. Et c’est ici que le personnel reflète parfaitement la politique. Vlad le Cogneur sait exactement ce qu’il fait – alors que Obama la Mauviette ressemble à un cerf pris dans les phares d’une locomotive Transsibérien.

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Vlad et Momo

1. In wishing Bush well, Putin has message for Obama, Reuters, August 8, 2013.
2. What’s the Point of a Summit?, The New York Times, August 7, 2013.
3. Saudi offers Russia deal to scale back Assad support – sources, Reuters, August 7, 2013.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-090813.html

«Goulag électronique globalisé» ? Yes we must !


aptopix-nsa-phone-records-big-data-photo-gallery.jpeg-1280x960Il y a comme cela des moments où le religieux ose renouer avec son essence révolutionnaire en éclairant le débat séculier avec toute la clairvoyance d’une inspiration venue «d’en-haut». L’archiprêtre de l’Eglise orthodoxe russe, Vsevolod Chaplin, s’est ainsi félicité de l’asile politique accordé par Moscou à l’ex-agent de la CIA Edward Snowden, soulignant que ses révélations sur le fameux programme de surveillance de la NSA, allait «aider à empêcher la mise en place d’un goulag électronique globalisé» («help prevent the establishment of a global electronic prison camp»). Mais le Système n’a pas dit son dernier mot et, alors qu’Obama met son veto aux auditions anti-NSA, tout notre petit monde-libre s’est mis au garde-à-vous ordonné par Washington pour une énième alerte terroriste globale à grand spectacle. The show must go on, et le «goulag électronique globalisé» aussi.

Décryptage d’en-haut
Dans notre fameux monde-libre, on peut désormais mesurer l’importance d’une information au black-out dont elle fait l’objet par les rampants de la presse-Système. Et à cet égard, la prise de position de l’Eglise orthodoxe russe doit donc absolument retenir toute notre attention puisqu’elle n’a été reprise par aucun «grand» média du Bloc atlantiste.
Que nous dit Vsevolod Chaplin ?
Tout d’abord, il salue à raison «l’indépendance» dont a fait preuve la Russie en offrant l’asile politique à Edward Snowden sans céder aux menaces de Washington. Indépendance à laquelle ont par ailleurs renoncé les caniches européens comme nous le savons.
L’ecclésiastique russe relève ensuite que les révélations de Snowden confirment l’existence d’un problème pernicieux discuté par les chrétiens orthodoxes «depuis de nombreuses années» : à savoir l’émergence d’une nouvelle forme de totalitarisme à travers la mise en place «d’un camp de prisonniers électronique mondial».
Et Vsevolod Chaplin de décrire ensuite le processus avec une grande lucidité: «D’abord, ils rendent les personnes dépendantes de moyens de communication très pratiques. (…) Les propriétaires économiques et politiques de ces services en retirent alors un énorme et terrifiant pouvoir dont ils ne résistent pas à faire usage pour contrôler les individus. (…) Un tel contrôle s’avérera finalement beaucoup plus strict que celui de tous les systèmes totalitaires connus du XXe siècle.»

Pavlov au Vatican
La déclaration de l’archiprêtre est intéressante à plus d’un titre.
L’Eglise orthodoxe est en effet une institution qui peut se prévaloir d’un poids considérable en Russie, et sa prise de position renforce donc la position de Poutine au point qu’elle limite d’autant sa marge de manœuvre en lui interdisant tout retour en arrière.
On peut en déduire au premier chef que dans l’affaire Snowden, la crise entre Moscou et Washington ira à son terme.
Accessoirement, cette prise de position de l’Eglise orthodoxe questionne inévitablement la position du Vatican dont le silence est assourdissant sur un dossier qui engage pourtant le devenir de la société humaine.
L’Eglise de Rome n’a en effet pas soufflé mot sur le risque de dérive totalitaire du Système que le scandale PRISM a mis en lumière.
Les réflexes pavloviens semblent donc avoir la vie dure au Vatican, décidément trop habitué à faire profil bas devant les puissants.
Dieu reconnaîtra les siens.

The Show must go on
Et pendant ce temps-là, juché sur son risible prix Nobel de la Paix, Barak Obama défend quant à lui bec et ongles l’établissement du «goulag électronique globalisé».
Fin juillet, il a été jusqu’à mettre son veto à des auditions anti-NSA devant la Chambre des représentants. Bref, le bonhomme tente de verrouiller le débat quelques jours seulement après qu’une loi anti-NSA ait été rejetée de justesse au Congrès.
Mais le boulet n’est pas passé loin.
Et pour mieux enfoncer le clou, quoi de mieux qu’une bonne vieille alerte terroriste globale. Du gros et du lourd on vous le dit, avec fermetures de consulats et d’ambassades sur tous les points chauds de la planète of course. D’ailleurs, on a même la transcription de l’email intercepté par la NSA et qui a mis le feu aux poudres… Du lourd on vous dit. De quoi convaincre certainement tous les récalcitrants que, bien sûr, le «goulag électronique globalisé» est plus que jamais nécessaire et vertueux pour sauver notre indépassable way of life.
Le truc est tellement énorme qu’on en rirait presque, si l’on n’avait pas à craindre une éventuelle opération sous false-flag, avec hélas de vrais morts à la clé, pour crédibiliser la farce.

Post scriptum I, Hiroshima for ever
Hors la farce justement, le 6 août marque un terrible anniversaire. Il y a 68 ans jour pour jour, alors que le Japon était à genoux, les Etats-Unis ont ordonné sans justifications militaires le largage d’une bombe atomique sur la ville d’Hiroshima.
L’explosion est programmée à 600 mètres du sol pour produire le maximum de destruction possible. La  bombe explose à la verticale d’un hôpital.
75 000 civils, femmes et enfants compris, sont instantanément carbonisés. Dans les semaines qui suivent, plus de 50 000 personnes trouvent la mort. Le nombre total de victimes s‘élèvent finalement à environ 250 000.
Trois jours après Hiroshima, c’est au tour de Nagasaki d’être sauvagement martyrisée par le feu nucléaire étasunien avec 40 000 morts supplémentaires à la clé.
Victoire.
A l’heure de notre alerte terroriste globale à grand spectacle, nos pensées vont donc aux victimes civiles et non-combattantes des deux pires attaques terroristes jamais survenues dans l’Histoire.

Post scriptum II, espoir pour la Syrie ?
Durant deux ans, le Bloc atlantiste a mandaté le Qatar pour gérer la logistique et le financement de la guerre menée contre le régime de Damas. Mais devant l’incapacité de Doha à faire chuter Bachar el-Assad ou même à marquer des points décisifs malgré les dizaines de milliers de morts, les Américains ont viré l’émirat du dossier pour refiler la patate chaude à Riyad.
Résultat, l’homme des américains dans le Royaume saoudien, Bandar ben Sultan himself, est désormais en charge du dossier. Or ce dernier vient de rendre une visite assez inattendue à Vladimir Poutine.
De là à imaginer qu’une deal entre Washington et Moscou est à l’étude sur le dossier syrien, il n’y a qu’un pas.
Et devinez qui se retrouverait alors couillon ?
Un indice : ça commence par U et ça finit par E..

Source : http://www.entrefilets.com/goulag%20electronique%20global.html#sthash.XDluqh5b.dpuf

 

Opération terreur, qui lance l’alarme


Tribune libre Belhassen Mounir

20130804102808890Pendant qu’il joue au golf, le président Obama est tenu constamment informé : l’énième alarme terrorisme a sonné. D’un instant à l’autre la fantomatique Al Qaida peut attaquer des objectifs reliés aux intérêts étasuniens, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’état d’alerte se déclenche pour les citoyens étasuniens en voyage à l’étranger. De nombreuses ambassades USA sont temporairement fermées, tandis que les marines sont prêts à intervenir depuis Sigonella pour protéger celles qui sont en Europe méridionale.

Le mérite de cette opportune alarme revient à la Communauté d’intelligence. Elle est formée de 17 organisations fédérales. En plus de la CIA on y trouve la DIA (Agence d’intelligence de la défense), mais chaque secteur des forces armées –armée, aéronautique, marine, corps des marines- a son propre service secret. Comme l’ont aussi le Département d’état et celui de la sécurité de la patrie. Parmi ces services, en dure compétition entre eux pour s’accaparer appuis politiques et fonds fédéraux, il y a l’Agence pour la sécurité nationale. Celle-ci est spécialisée dans les interceptions téléphoniques et informatiques (celles qui auraient permis de découvrir le dernier complot terroriste), à travers lesquelles sont espionnés non seulement les ennemis mais aussi les amis des Etats-Unis, comme le confirme le « datagate » suscité par les révélations de l’ex-contractuel Edward Snowden.

En dix années l’Agence a accru d’un tiers son personnel civil et militaire en le portant à 33mille personnes, elle a doublé son budget et plus que triplé ses compagnies privées sous-traitantes, en les augmentant de 150 à 500. Son quartier général à Fort Meade (Maryland), déjà plus grand que le Pentagone, est sur le point d’être amplifié de 50%. Sont en même temps développés ses autres centres, chacun ayant son propre domaine d’intervention. Le centre qui est au Texas espionne l’Amérique centrale et méridionale ; celui de Georgie, le Moyen-Orient ; celui des Iles Hawaï, les pays de la façade pacifique, y compris Russie et Chine ; celui en Australie, toute l’Asie. Le centre en Angleterre (dont le personnel va être augmenté d’un tiers, à 2 500 personnes) espionne l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Et dans l’Utah on vient à peine de construire un nouveau centre pour la cyber guerre, c’est-à-dire pour les attaques contre les réseaux informatiques d’autres pays.

Mais la guerre dans laquelle est spécialisée l’Agence n’est pas qu’informatique. L’agence indique au Commandement des opérations spéciales, qui opère dans plus de 70 pays avec environ 70mille spécialistes de la guerre, et à d’autres unités spécialisées pour des opérations couvertes, quelles sont les personnes retenues comme dangereuses pour les Etats-Unis, à éliminer par des attaques de drones et des actions de commandos. A travers un réseau informatique crypté spécial, le Real Time Regional Gateway, l’Agence fournit aux chefs des forces armées et des services secrets la liste des « objectifs » et toutes les informations permettant de les trouver et de les abattre avec des drones ou des commandos. Elle dispose dans ce but des technologies les plus avancées, parmi lesquelles celle qui permet de localiser quelqu’un par son téléphone portable même quand il est éteint. Ces « actions létales ciblées » -souligne le président Obama (23 mai)- sont « légales » puisqu’elles « font partie d’une guerre juste, menée par autodéfense ». En font aussi partie les opérations psychologiques, renommées « Military Information Support Operations », conduites par des unités spéciales pour « influencer l’opinion publique internationale pour qu’elle soutienne les intérêts et les plans militaires étasuniens ».
Comme l’alarme terrorisme actuelle (à laquelle pourrait succéder quelque attentat signé Al Qaida), pour montrer que les USA sont sous attaque et ont ainsi le droit à l’ « autodéfense ».

Manlio Dinucci

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130806/manip2pg/14/manip2pz/344109/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

« Dissidents »


original_Dissident_48d36ff5971bdLiu Xiaobo est chinois. Il a publié des ouvrages et donné des interviews dans lesquels il affirme que la colonisation occidentale a fait beaucoup de bien à la Chine, qu’il faudrait maintenant trois cents ans de colonisation occidentale en Chine pour rattraper Hong-Kong, et que l’intervention militaire en Irak a été une excellente chose car elle a rétabli la démocratie dans ce pays – ce qui lui a logiquement valu le prix Nobel de la paix en 2010. Il est actuellement emprisonné pour subversion. C’est un dissident. C’est un héros. Nos grands médias et nos hérauts des Droits de l’Homme, comme BHL ou Glucksmann, ont protesté à de nombreuses reprises contre son incarcération.

Gilberto Martinez est cubain. En 2003, avec soixante-quatorze autres compatriotes, il a été jugé, condamné et emprisonné pour avoir rencontré à plusieurs reprises James Cason, chargé d’affaires étasunien à La Havane, et discuté avec lui du renversement du pouvoir en place à Cuba, pour en établir un autre, qui conviendrait mieux à Georges Bush. C’est un dissident. C’est un héros. Nos grands médias et nos hérauts des Droits de l’Homme, comme Robert Ménard, ex-président de Reporters Sans Frontières, ont protesté vigoureusement contre son incarcération, comme contre celle des soixante-quatorze autres Cubains.

De même, tous ceux qui, pendant la guerre froide, fuyaient les pays socialistes – par exemple en se réfugiant dans des ambassades occidentales – étaient des dissidents, donc des héros, loués par nos grands médias et intellectuels amis des Droits de l’Homme.

Edward Snowden est étasunien. Il a transmis à la presse des preuves que la National Security Agency espionnait les messageries électroniques du monde entier sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Poursuivi par les autorités de son pays pour trahison, il s’est réfugié fin juin à l’aéroport de Moscou, où il a demandé l’asile politique à l’Équateur, pays ami de Cuba. Ce n’est pas un dissident. C’est un « lanceur d’alerte ». Nos médias l’aiment bien, mais ils ne protestent pas franchement contre ce qui lui arrive. BHL, Glucksmann et Ménard n’ont rien à dire sur lui.

Bradley Manning est étasunien aussi. C’est un soldat. Il a transmis à Wikileaks des informations sur les exactions de l’armée étasunienne en Irak et en Afghanistan. Il risque 136 ans de prison. Ce n’est pas un dissident. Mais alors, qu’est-ce ? Le Monde.fr interroge ses lecteurs : « Bradley Manning : traître ou héros ? » BHL, Glucksmann et Ménard semblent ignorer son existence.

À la lumière de ces quatre exemples simples, on peut construire la vraie définition du mot « dissident ». La définition actuellement donnée par les dictionnaires est en gros : « qui se sépare à cause d’une opposition au système politique en place », et l’emploi du mot par les intellectuels et médias défenseurs des Droits de l’Homme sous-entend clairement que ledit système politique est « totalitaire ». Aujourd’hui, il devient clair qu’un dissident, c’est quelqu’un qui s’oppose au système politique de son pays pour soutenir celui des États-Unis. En revanche, quelqu’un qui s’oppose au système politique des États-Unis ne peut pas être un dissident.

Mais, me direz-vous, quid de Gilberto Martinez et des autres dissidents Cubains libérés en  2011, partis vivre en Espagne, et qui cherchent maintenant à retourner à Cuba tellement la vie en Espagne est insupportable ? Pour eux il faudrait inventer un nouveau mot. Re-sident ? Ac-sident ? Désoc-sident ? J’ai demandé à BHL et Glucksmann ce qu’ils en pensent, mais ils n’ont pas l’air au courant…

Didas Kalos

http://www.resistance-politique.fr/

Bradley Manning lynché par le gouvernement américain


manning-lynched-by-us-government.siLe verdict de Manning était prédéterminé, et le procès-spectacle dans un tribunal bidon – un remix américain post-moderne de la Chine dans les années 1960 pendant la Révolution culturelle – vient de nous être offert, signé et scellé.

Le président des États-Unis (POTUS) avait déjà dit qu’il était coupable. Les médias traditionnels américains avaient crié pendant trois ans qu’il était coupable. Maintenant, le gouvernement américain – qui criminalise Manning sur la base de « mauvaises intentions » – vient de montrer que l’enfer est promis à quiconque ose révéler les crimes de guerre américains, qui, par définition, sont non punissables.

Comme s’il y avait besoin de preuves supplémentaires sur le « brillant » avenir qui attend Edward Snowden – juste au tout début de la pathétique lettre du procureur général américain Eric Holder promettant que Snowden ne serait pas torturé s’il était extradé aux États-Unis.

Et, trait d’ironie jeté encore une fois par l’Ange de l’Histoire, Bradley Manning a été déclaré coupable de pas moins de 19 chefs d’accusation par un juge du Pentagone juste à côté de Spy Central, le quartier général du NSA à Fort Meade, dans le Maryland.

Vous êtes au lit avec al-Qaïda

Manning est de l’Oklahoma – tout comme la légende de la musique JJ Cale, décédé il y a quelques jours. C’était sa décision d’avoir sa cause entendue non pas par un panel de jurés militaires – plus proche de l’Inquisition espagnole – mais par un seul juge militaire qui préside, le colonel Denise Lind.

Ce n’était pas tout à fait une bonne idée – puisque Lind s’est vue offrir une carotte pour manier le bâton, sous la forme d’une promotion à la Cour d’appel de l’armée américaine après le procès-spectacle.

Sans surprise, les procureurs du Pentagone ont définis Manning comme un «traître», un hacker et un anarchiste (oui, les hackers et les anarchistes sont des criminels pires que les djihadistes d’Al-Qaïda, après tout, ils sont « nos » alliés en Syrie).

Le procès-spectacle avait une empreinte kafkaïenne tout au long de son déroulement. Le Pentagone a tout d’abord refusé de communiquer des documents judiciaires. Lind avait mis au point une nouvelle pratique de torture par la lecture pendant des heures des déclarations absconses. Ce n’est que sous la menace d’un procès par les médias dans un tribunal civil, que le Pentagone a commencé à sortir avec réticence le curieux document – évidemment expurgé au maximum.

La seule accusation qui s’appliquerait à Manning est la divulgation non autorisée d’informations classifiées. Tout le reste est une farce.

La défense de Manning a fait valoir qu’il était un lanceur d’alerte légitime, il n’avait jamais eu l’intention de provoquer une fuite de renseignements dans le but d’aider l’ennemi. Pourtant, Lind a rejeté une demande des avocats de Manning d’abandonner la charge. Elle argue que Manning, en tant qu’analyste du renseignement de bas niveau, avait appris que la publication d’informations secrètes risquerait de nuire à la sécurité nationale américaine. Le gouvernement américain a été catégorique : Manning savait qu’il aidait Al-Qaïda quand il a publié plus de 700.000 documents à WikiLeaks.

Lind a même modifié les charges, alors que le procès était terminé, pour satisfaire le gouvernement américain. Les médias traditionnels américains étaient trop occupés pour s’en apercevoir, se délectant du scandale de la course à la Mairie de New York.

Le fait que Manning ait été déclaré non coupable d’avoir aidé l’ennemi le laisse encore coupable sur pas moins de 19 chefs d’accusation, y compris « d’avoir été la cause, par malveillance, de la publication sur internet de renseignements appartenant au gouvernement américain » – assez pour éventuellement lui garantir des décennies d’emprisonnement (militaire), jusqu’au 22ème siècle.

Après la sentence, tout dépendra du major-général Jeffrey Buchanan – le nouveau commandant du district militaire de Washington. Il examinera le cas – et, en théorie, a le pouvoir de réduire la peine globale de Manning. Il n’est pas recommandé de retenir son souffle.

L’ennemi, c’est vous

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, est dans le vrai quand il déclare vendredi que si Manning a été reconnu coupable d’avoir aidé l’ennemi ce serait «la fin de la sécurité nationale du journalisme aux États-Unis. »
Pourtant, le gouvernement américain et le Pentagone, dans leur campagne visant à criminaliser le journalisme d’investigation, vont continuer à n’emprisonner aucun journaliste tant à l’intérieur (ce seront plutôt Manning et Snowden) qu’à l’extérieur (comme avec WikiLeaks et le travail de Glenn Greenwald).

La logique circulaire infernale du gouvernement américain veut que la publication des informations sur Internet signifie espionnage. Donc, si l’ennemi va sur Internet, vous êtes en train d’aider l’ennemi. Manning est reconnu non coupable d’avoir aidé l’ennemi mais surtout coupable de tout le reste, tel est le message – traduit en décennies dans une prison militaire.

Le verdict ne change pas non plus le fait que tout est un  «secret» militaire ou de sécurité nationale «profond»  si le complexe militaro-industriel-de surveillance le décide ainsi. Cela s’intègre totalement à la logique de la guerre sans fin du Pentagone – qui est en fait la même que la guerre  mondiale contre le terrorisme (GWOT : Global War on Terror) de 2001-2002, codifiée en 2002 dans la doctrine du Full Spectrum Dominance du Pentagone (dont la NSA couvre surtout la sphère du cyberespace), le tout brillamment rebaptisé par Tom Engelhardt : guerre mondiale contre vous (GWOY : Global War on You).

C’est le Paradis de la Paranoïa : une guerre sans fin avec des ennemis rôdant partout. Le continuum Bush-Obama est la vraie star de ce show ; avec la nouvelle guerre contre le terrorisme qui n’est pas une guerre contre le terrorisme – tout comme le coup d’Etat militaire en Egypte n’est pas un coup d’Etat militaire – le gouvernement Obama a déjà poursuivi plus de lanceurs d’alerte que toutes les autres administrations américaines réunies.

Pendant ce temps, même les ours polaires de l’Arctique savent que Donald Rumsfeld a institutionnalisé la torture en Irak ; que le Pentagone a tué un nombre incalculable de civils dans ce qu’il a  auto-défini comme «arc d’instabilité » ; que le Pentagone n’a jamais reconnu les dommages collatéraux (pour ne pas dire assassinats collatéraux) ; et que l’absolu majorité des prisonniers de Guantanamo sont totalement innocents.

Même si le gouvernement américain et le Pentagone ont jeté Manning dans une variante du ‘’ puits et le pendule’’ d’Edgar Allan Poe, ils ne seraient jamais capables de cacher l’ampleur de leurs crimes de guerre. Assange est confiné dans une ambassade, Snowden dans un aéroport et Manning dans une cellule de prison. Mais ne vous méprenez pas, ce sont les maîtres de l’Univers qui ont peur, très peur. Peur de quiconque a une conscience; peur de vous; peur du monde entier.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

Source : http://rt.com/

Le désespoir du comportement occidental et l’exemple sud-américain pour l’Afrique


h_50902207.jpg.1000x297x1Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.

Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu’on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu’est l’UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu’on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’illégalité est la nouvelle norme – Paul Craig Roberts


Big brother-ObamaDans de nombreux d’articles et dans mon dernier livre “The Failure of Laissez Faire Capitalism and the Economic Dissolution of the West”, j’ai montré que la crise de la dette souveraine européenne est en train d’être utilisée pour mettre fin à la souveraineté des pays qui sont membres de l’UE. Il n’y a aucun doute que cela soit vrai, mais la souveraineté des états membres de l’UE n’est que nominale. Bien que les nations individuelles gardent toujours une certaine “souveraineté” vis à vis du gouvernement de l’UE, elles sont néanmoins toutes sous la coupe de Washington, comme vient une fois de plus le démontrer la récente action illégale et hostile prise par la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche par ordre de Washington, à l’encontre de l’avion transportant le président bolivien Evo Morales.

Revenant de Moscou pour renter en Bolivie, l’avion de Morales s’est vu refuser le survol de leur territoire et l’autorisation de refaire le plein de carburant par les marionnettes de Washington que sont la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal et a dû atterrir en Autriche, où l’avion présidentiel fut soumis à une fouille de recherche d’Edward Snowden. Ceci est une démonstration de force de Washington pour kidnapper Snowden de l’avion présidentiel bolivien, en total défi de la loi internationale afin aussi pour apprendre à tous ces petits tels que Morales que l’indépendance vis à vis des ordres de Washington n’est pas permise.

Les états marionnettes européens se sont pliés à cette extraordinaires violation de la loi diplomatique et internationale, en dépit du fait que chacun de ces pays soit irrité que Washington espionne en toute impunité leurs gouvernements, leurs diplomates et leurs citoyens. Leur façon de remercier Snowden dont les révélations leur ont permis de savoir que Washington enregistrait  chacune de leur communication, fut d’aider Washington à capturer Snowden.

Ceci nous montre ce qu’il reste encore de moralité, d’honneur et d’intégrité dans la civilisation occidentale: Zéro

Snowden a informé les pays du monde que leurs communications n’ont plus aucune indépendance ni de caractère privée pour les yeux et les oreilles de Washington. L’orgueil et l’arrogance de Washington sont choquants. Aucun pays ne s’est encore levé contre Washington pour offrir l’asile politique à Snowden (NDT : le texte a été écrit avant les annonces du Venezuela et du Nicaragua). Le président équatorien Correa a été intimidé et Washington lui a tapé sur les doigts pour que Correa retire sa proposition d’asile à Snowden. Pour la Chine et la Russie, les cibles favorites de Washington concernant la diabolisation pour les droits de l’Homme, donner l’asile à Snowden aurait été un triomphe propagandiste, mais aucun de ces deux pays n’a voulu faire face aux inévitables confrontations que les représailles de Washington auraient causées.

Bref, les gouvernements des pays du monde veulent bien plus l’argent de Washington et ses bonne grâces que la vérité, l’intégrité ou même leur indépendance.

Les interventions sordides de Washington contre Snowden et Morales donnent au monde une autre chance de demander des comptes à Washington avant que sa suffisance et son arrogance ne forcent le monde à choisir entre accepter l’hégémonie américaine ou la 3ème guerre mondiale. Les pays, divisés entre eux et s’agrippant au fric et aux faveurs ne font en fait que permettre à Washington d’établir que quoi qu’il fasse est légitime . L’illégalité de Washington est en train de s’installer comme étant la nouvelle norme.

Il est peu probable que les gouvernements sud-américains se lèvent ensemble contre l’affront de Washington(NDT : écrit avant la réunion de l’UNASUR). Quelques uns de ces pays sont dirigés par des réformateurs qui représentent le peuple au lieu des élites riches alliées de Washington, mais la plupart d’entre eux préfèrent des relations calmes avec Washington et les élites locales. Les Sud-Américains pensent que Washington réussira à renverser les réformateurs comme cela a été fait dans le passé.

En Europe les manchettes de presse sont du style: “La surveillance de la NSA menace les accords de libre échange de l’Union Européenne” et “Merkel demande des explications”. Les protestations sont une gesticulation nécessaire pour le public de la part des marionnettes et seront comprises comme telles par Washington. Le gouvernement français dit que les pourparlers sur le commerce devraient être temporairement suspendus “pour quelques semaines afin d’éviter toute controverse”. D’un autre côté, le gouvernement allemand dit: “Nous voulons ces accords de libre-échange et nous voulons négocier maintenant”. En d’autres termes, ce que Merkel décrit comme “une attitude de guerre froide inacceptable” est acceptable tant que l’Allemagne a ses accords de libre-échange.

La convoitise de l’argent de Washington aveugle l’Europe sur les véritables conséquences de ces accords de libre-échange. Ce que ces accords feront ce sera de faire tomber les économie européennes sous l’hégémonie de l’économie de Washington. L’accord est fait pour éloigner l’Europe de tout commerce avec la Russie, tout comme le traité de partenariat trans-pacifique est conçu pour éloigner les pays asiatiques de la Chine et les plier à des relations structurées étatsuniennes. Ces accords ont très peu à voir avec le libre-échange et tout à voir avec l’hégémonie américaine.

Ces accords de “libre-échange” obligeront les “partenaires” européens et asiatiques à soutenir le dollar. En effet, il est possible que le dollar supplante l’Euro et les monnaies asiatiques et deviennent l’unité monétaire des “partenaires”. De cette façon, Washington peut institutionnaliser le dollar et le protéger contre les conséquences néfastes de la planche à billets qui est utilisée pour renforcer la solvabilité des banques “too big to fail ” et pour financer les déficits sans fin du budget fédéral.
Traduction : Avic

source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/07/05/lawlessness-is-the-new-normal-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Les présidents d’Amérique Latine font bloc, réclament excuses et explications après l’affront à la Bolivie


51d6299c7e95eC’est en Bolivie que s’est tenue la réunion en urgence des membres de l’organisation régionale Unasur après le grave incident qui a marqué le voyage de retour du Président Evo Morales depuis Moscou, dont les dommages sont encore mal mesurés par les pays européens concernés.

Les gouvernements de la région « exigent » des pays européens concernés –France , Espagne, Italie, Portugal « qu’ils expliquent les raisons de la décision d’empêcher le survol de leur territoire par l’avion du président bolivien Morales ». C’est ce qu’il ressort de la “Declaración de Cochabamba”, à la suite de la réunion de mercredi 4 juillet, à laquelle participaient les présidents d’ Argentine, Cristina Fernández de Kirchner, de Bolivie, Evo Morales, d’Equateur , Rafael Correa, du Surinam, Desiré Delano Bouterse, d’ Uruguay, José Mujica, et du Venezuela, Nicolás Maduro. Le Brésil étant représenté par le ministre, Eduardo dos Santos, le Chili, Pérou, Colombie par leurs ambassadeurs en Bolivie.

La Déclaration dénonce « la flagrante violation de tous les traités internationaux qui régissent la cohabitation pacifique, solidarité et coopération » entre les Etats, ce qui « constitue un acte insolite, inamical et hostile » . Il s’agit d’un « fait illicite qui affecte la liberté de circulation et de déplacement d’un chef d’Etat et de sa délégation officielle », poursuit le texte qui affirme que « l’inacceptable restriction de liberté de Morales, le convertissant virtuellement en un otage, constitue une violation des droits non seulement vis-à-vis du peuple bolivien mais des peuples et de tous les pays d’Amérique Latine , et marque un précédent dangereux dans le domaine du droit international en vigueur ».

La Déclaration demande aussi que les quatre pays concernés « présentent des excuses publiques correspondant à la gravité des faits survenus ».

Elle fait suite à la lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, par le gouvernement bolivien demandant d’ empêcher que cette affaire soit un « précédent néfaste qui pourrait affecter d’autres chef d’Etat et mettre en danger la cohabitation pacifique entre Etats ». La qualifiant de « violation flagrante au droit international » .

Avant le sommet, les présidents Kirchner , Morales, Correa et Maduro ont pris la parole lors d’une manifestation publique devant la foule, dénonçant l’attitude des gouvernements européens impliqués dans cette affaire, dénonçant des vieux relents de colonialisme, d’impérialisme, d’arrogance ….

Cette réaction est à l’aune de la colère soulevée dans plusieurs pays latino-américains, et plus que la colère les dommages engendrés par cette affaire. Tout ceci est sans doute mal mesuré par les pays européens qui en sont à l’origine , par mépris ou ignorance, comme le montrent les excuses embarrassées et finalement assez légères vue la situation, du ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius à son homologue bolivien faisant « part des regrets de la France suite au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l’autorisation de survol du territoire par l’avion du Président. »

Alors même que Cristina Kirchner , a bien traduit le sentiment général de l’Amérique latine, « une humiliation à une nation sœur et au continent », et aussi un coup de butoir dans la diplomatie et le droit international, lourd de conséquences : « Cette violation des textes des Nations Unies , qui provoque un degré d’insécurité juridique très grave » a t-elle souligné. « Cela est d’autant plus significatif qu’il s’agit d’ un chef d’Etat, parce s’ils font ce genre de choses avec un chef d’Etat connu de tout le monde, qui a accès à la presse, que peut-il arriver à un citoyen lambda du monde, que personne ne connaît , il peut lui arriver des choses terribles ».

Chavez-15

par Estelle Leroy-Debiasi

http://www.elcorreo.eu.org/Les-presidents-d-Amerique-Latine-font-bloc-face-a-l-affront-a-la-Bolivie-reclament

L’arrogance de Washington a-t-elle défait son empire? – Paul Craig Roberts


obceasarPersonne n’aime un tyran, et les marionnettes de l’OTAN de Washington ont été victimes d’intimidation depuis six décennies. Les Premiers ministres britanniques, les chanceliers allemands et les présidents français doivent se mettre au garde-à-vous et dire « à vos ordres chef ».

Ils le détestent tous, mais ils aiment l’argent de Washington; ils se prostituent et prostituent leur pays pour l’argent de Washington. Même une personne de la stature de Winston Churchill devait être bien vu par Washington afin de faire payer ses factures et les factures de son pays.

Mais ce que les dirigeants européens vendus sont en trains de constater c’est que Washington ne paie pas assez pour la prostitution qu’elle réclame. Un an hors de son bureau Tony Blair valait 35 millions de dollars. Mais ce n’est pas suffisant pour avoir Blair sur la liste d’attente pour les yachts de 200 pieds de 50 millions de dollars, d’avoir un chalet à Gstaad, un appartement de luxe de 50 millions de dollars à Paris et à New York, et un avion privé pour faire la navette entre les deux, ou porter au poignet une montre Franck Muller de 736,000 $, signer son nom avec un stylo Mont Blanc à 700,000 $ incrusté de pierres précieuses, et boire 10.000 $ de « martinis on the rock » (gin ou vodka versé sur un diamant) à l’Hôtel Algonquin de New York.

Dans un monde dans lequel chaque membre du Forbes Four Hundred est un milliardaire ou multi-milliardaire, 35.000.000 $ c’est tout simplement insignifiant. En 2006, le gestionnaire d’un hedge fund a été payé 1,7 milliards de dollars pour une année de vol. 25 autres ont été payés 575 000 000 $ pour leurs compétences dans le front-running trade (NDT : négoce de titres avant que la caisse de pension ne négocie elle-même ces titres). 35 millions de dollars est sans doute le budget annuel pour leurs employés de maison.

Les Britanniques semblent se contenter de leur rôle en tant que laquais favori de Washington, mais la France et l’Allemagne n’ont pas apprécié ce rôle. Le dernier vrai chef de la France, le général de Gaulle, n’aurait rien à faire avec Washington et avait refusé d’adhérer à l’OTAN. L’Allemagne, démembrée avec l’Allemagne de l’Est occupée par les Soviétiques, n’avait pas le choix. La gratitude des Allemands au président Reagan pour leur unification a entraîné l’Allemagne réunifiée à tomber sous l’hégémonie de Washington.

Toutefois, si les nouvelles provenant de Berlin sont exactes, l’Allemagne en a assez. Le catalyseur a été les révélations de Edward Snowden selon lesquelles Washington espionne tout le monde, y compris ses alliés, l’Allemagne et l’UE en particulier. En outre, Washington utilise la Grande-Bretagne comme cheval de Troie au sein de l’UE comme un espion de secours au cas où le NSA manquerait quelque chose.

Selon les rapports de presse, les gouvernements allemand, français et de l’UE sont bouleversés d’apprendre que leur extrême soumission à Washington ne les a pas protégés, eux et leurs citoyens, contre l’espionnage. Les voilà se battant dans les guerres de Washington dans le lointain Afghanistan, dont le sort ne les concerne en aucune manière, et tout ce que Washington trouve à faire, c’est de les embarrasser en espionnant la vie privée de leurs citoyens.

Qui le gouvernement Merkel représente-t-il, se demandent les Allemands, les Allemands ou la NSA? Pourquoi le gouvernement Merkel fait-il des courbettes à Washington? La prochaine question sera: «qu’est-ce que les espions de Washington ont sur Merkel? »

Avec le gouvernement allemand mis sur la sellette par la trahison de Washington, les manchettes sont: «L’Allemagne est prête à demander des comptes aux services de renseignement du Royaume-Uni et des Etats-Unis sur les opérations d’écoute. »

Rien d’étonnant à ce que Washington et ses putains médias détestent Edward Snowden. « Un porte-parole du Procureur fédéral [allemand] a déclaré que le bureau se préparait à porter des accusations contre« les services de renseignement britanniques et américains. À la lumière de l’affaire Snowden, ce serait merveilleux si l’Allemagne émettait des mandats d’arrêt et que Washington et Londres refusent d’extrader leurs NSA et agents d’espionnage britanniques qui ont violé toutes les lois et toutes les confiances.

Le ministre de la Justice allemande, Sabine Leutheusser-Schnarrenburger, a exigé une « explication immédiate » pour savoir pourquoi Washington appliquait à l’Allemagne des politiques « qui rappellent les actions contre les ennemis pendant la guerre froide. »

Le président français a déclaré que la France ne coopérera plus avec Washington sur quelque question que ce soit tant que la France n’a pas reçu des «assurances complètes» que Washington cessera de l’espionner.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, et le commissaire européen à la Justice, Viviane Reding, ont demandé à Washington de répondre aux révélations de Snowden l’accusant d’avoir trahi ses propres alliés.

La question qu’il faut se poser est: toutes ces protestations de la part des hommes politiques qui sont, de manière presque certaine, à la solde de Washington, sont-elles sincères, ou sont-elles juste des protestations pour la galerie pour calmer les populations nationales européennes qui ont été trahies par leurs élus? Pourquoi le président français et le ministre de la Justice allemand pensent-ils que les assurances de Washington signifient quelque chose? Quand, de mémoire d’homme, Washington a-t-il dit la vérité sur quoi que ce soit? Quand l’assurance de Washington a-t-elle signifié quelque chose?

Le golfe du Tonkin? Les armes irakiennes de destruction massive? Les armes nucléaires iraniennes? L’attaque au gaz sarin d’Assad? Les  »attentats terroristes » orchestrés par le FBI? Il est un fait avéré que le gouvernement américain ment à chaque fois qu’il ouvre la bouche. Comparé à Washington, Staline, Hitler, Tojo, Mao, Castro, Chavez et Pol Pot étaient véridiques.

La réponse de Washington aux demandes d’explication de l’Europe est : «Nous allons discuter de ces questions de manière bilatérale avec les États membres de l’UE », mais « nous n’allons pas commenter publiquement les présumées activités de renseignement spécifiques. »

Vous savez ce que cela signifie. Bilatérale signifie que Washington va parler avec chaque pays de l’UE séparément, en utilisant les informations que la NSA a obtenues pour faire chanter chaque plaignant dans le silence. Alors que l’Union européenne pourrait ainsi tenir tête à Washington, séparément les pays peuvent être intimidés et se voir offrir plus d’argent ou des menaces, les amours illicites seront révélés pour les faire taire. Washington parie sur son pouvoir d’intimider les différents pays par la menace d’isolement et d’être ainsi coupé des sources de l’argent. Si les pays de l’UE acceptent les explications bilatéralles secrètes de la part de Washington, l’affaire se termine et l’espionnage sur l’Europe continuera pendant que Washington et les politiciens européens nieront que l’espionnage continue.

A présent, le monde entier doit savoir que Washington n’est pas seulement sans foi ni loi, mais aussi totalement hors de contrôle, se complaisant dans l’arrogance et l’orgueil, entraîné par des désirs d’hégémonie sur le monde entier. Washington est tellement paranoïaque et méfiant qu’il ne fait même pas confiance à ses propres citoyens ou aux gouvernements de marionnettes européens qu’il a achetés et payés.

Washington est le seul gouvernement qui ait jamais utilisé des armes nucléaires, et il s’en est servi contre un gouvernement défait qui tentait de se rendre. Aujourd’hui la folie à Washington est bien pire. Les Conseils de prise de décision sont pleins de néoconservateurs fous va-t-en guerre, comme la conseillère pour la sécurité nationale, Susan Rice, une menace pour l’humanité.Les think tanks de Washington et les médias sont surreprésentés par les néoconservateurs comme William Kristol qui veut savoir « A quoi bon les armes nucléaires si vous ne pouvez pas les utiliser? »

Les politiciens européens louches et les médias qui ont pris l’argent de Washington prévu pour leur propre sécurité économique, ont trahi la sécurité du monde entier. En permettant l’hégémonie de Washington, ils ont déchaîné son arrogance. Cette arrogance menace désormais non seulement l’indépendance de tous les pays, mais la vie sur terre.

Au lieu de rencontrer Washington seul unilatéralement, les pays européens devraient se serrer les coudes. Après tout, il est supposé y avoir une UE. S’il y a une UE, Washington devrait répondre à l’UE, pas à ses parties constituantes individuellement, dont aucune ne peut résister à l’intimidation et la corruption de Washington.

Si la guerre thermonucléaire doit être évitée et la vie continuer sur la terre, l’Europe doit dissoudre l’OTAN. L’OTAN a été créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Son but était d’empêcher la puissante Armée rouge, qui a battu l’Allemagne nazie, d’envahir toute l’Europe occidentale.

L’Union soviétique s’est effondrée en 1991, il y a 22 ans. Pourtant, l’OTAN existe toujours. En outre, à l’encontre des intentions du président Reagan, l’OTAN s’est élargi. L’OTAN inclut désormais les anciens éléments constitutifs de l’Empire soviétique, comme l’Europe de l’Est et d’anciens éléments constitutifs de l’Union soviétique elle-même, comme la Géorgie, le gouvernement qui a été acheté et payé par Washington. Les ONG financées par Washington pourraient même faire tomber l’Ukraine dans son giron.

Poussée par Washington, la Géorgie a lancé une guerre contre la Russie d’aujourd’hui, dont les forces supérieures en ont terminé rapidement. De l’avis de beaucoup, le gouvernement russe a montré beaucoup trop de tolérance à son ennemi vaincu, qui est en train d’être réarmé par Washington et encouragé vers de nouvelles aventures militaires. Washington travaille à faire de la Géorgie, située en Asie entre les mers Noire et Caspienne, un membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. L’adhésion à l’OTAN ferait de la Géorgie un protectorat de Washington et de ses marionnettes de l’OTAN. Washington estime qu’avec cette élévation de la Géorgie, la Russie acceptera les agressions géorgiennes afin d’éviter la guerre avec les Etats-Unis et l’OTAN.

La Chine, également, a été étonnamment trompée par Washington, et au lieu de rendre la pareille, elle l’a pris en douceur. Cette magnanimité de la part de la Chine a été mal interprétée par Washington et a été prise pour de la peur. La peur que Washington imagine inspirer à la Chine au point de la faire trembler dans ses bottes a encouragé Washington à encercler la Chine avec de nouvelles bases navales, aériennes et terrestres. Le fait que nombreuses sont les bases de Washington dans le Pacifique et la mer de Chine du Sud, Washington lui-même est un ICBM non enregistré par la racaille ignorante qui gère l’Amerika. Submergé par son orgueil, Washington menace toute vie sur terre.

Traduction : Avic

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/07/01/has-washingtons-arrogance-undone-its-empire-paul-craig-roberts/

Jusqu’où ira la lâcheté des européens ? L’avion de Evo Morales détourné par couardise


Avion SnowdenC’est tout simplement inouï. L’avion du président bolivien Evo Morales a été contraint mardi d’atterrir à Vienne, en Autriche, à son retour de Moscou. Les espaces aériens français et portugais lui ont été interdits, selon le ministre bolivien des Affaires étrangères.

Et pourquoi ? Parce que, d’après les autorités portugaises et françaises, les aéroports des deux pays avaient, le même jour, la même heure, des problèmes techniques. C’est pas beau ça ?

La vérité, c’est qu’une rumeur voulant qu’Edward Snowden soit à bord de l’avion présidentiel a couru pendant quelques heures. Ca a suffi pour qu’ils fassent dans leur froc. Couards, on savait qu’ils l’étaient. Lâches et incapables d’assumer leurs décisions, on le savait aussi, mais pas au point de mentir avec des énormités invoquant un problème technique global et simultané dans tout le ciel européen.

La Bolivie a finalement démenti la présence de l’Américain dans l’avion du président Morales. Il a du s’étouffer de rire, le président Bolivien. Que faire d’autre, devant tant de… je ne trouve pas mes mots.

Il n’y a pas que la France et le Portugal. L’Autriche, comme pour s’excuser d’avoir accepté l’atterrissage,  annonce par son ministère des Affaires étrangères, que les autorités autrichiennes « ignoraient » pour quelle raison le chef de l’État bolivien avait atterri à Vienne. Prudence, n’est-ce pas ? La Norvège, qui a reçu une demande d’asile de Snowden invoque un problème de procédure pour ne pas accéder à la demande. La Pologne, quant à elle, affirme bien avoir reçu une demande, mais, Ô misère de misère ! elle ne remplit pas les conditions. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, rajoute même que « si c’était le cas, je ne ferais pas de recommandation positive ». En voilà au moins un qui est couard mais pas lâche.

Est-il donc si terrible, le grand ami américain ? D’ailleurs, peut-on appeler ami quelqu’un qui nous fait flipper au point d’en perdre nos repères et notre honneur ?

Seul le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a estimé mardi que Snowden « mérite la protection du monde ». « Il n’a pas encore demandé la nôtre. Quand il le fera, nous donnerons notre réponse », a-t-il ajouté, interrogé par Reuters à Moscou. Digne héritier de Chavez.

Avic

Discours de Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde – II – Révélation inédite


A la Conférence Annuelle du Socialisme à Chicago la nuit dernière, Glenn Greenwald prononça un discours dans lequel il a relaté comment il avait été contacté et rencontré Edward Snowden la première fois. Il a parlé de sa surprise de le voir si jeune et comment sa détermination et  sa conviction pour divulguer les fonctionnements internes de la NSA lui avaient inspiré le courage de publier les documents qui lui seraient transmis lors des trois ou quatre mois qui suivirent.

Greenwald décrit comment les révélations sur la NSA ont non seulement exposé les Etats-Unis en tant qu’état sous surveillance mais aborde aussi la corruption  et le pourrissement moral de l’establishment du journalisme dans ce pays. Il a également laissé à l’auditoire le message qu’il ne fallait pas craindre le “climat de peur” que le gouvernement américain souhaite imposer à ceux qui osent défier son pouvoir. Ce qui suit est la transcription de son discours après une introduction et un préiminaire au cours duquel il rendit hommage à Jeremy Scahill qui venait de le présenter à l’auditoire. Puis, après quelques réflexions, il décida de s’assoir sur une chaise pour le discours qui suit.

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Révélation inédite…

Donc je veux passer un peu de temps pour parler de la substance des révélations et de ce que nous savons de l’état de surveillance des Etats-Unis. Et je suis quelqu’un qui a écrit sur ce sujet depuis maintenant des années. C’était en fait le sujet de cette même conférence que j’ai faite l’année dernière, et j’essaie d’analyser aujourd’hui ce que je ressens après avoir vu tous ces documents qui ont été révélés et comment tous ces secrets dévoilés montrent que cet état de surveillance est une réalité aussi menaçante et omniprésente que ce que beaucoup d’entre nous avions affirmé depuis longtemps. Et j’en reviens toujours à cette scène classique d’Annie Hall dans le film de Woody Allen dans laquelle Woody Allen fait la queue pour voir un film et il a une sorte de fantasme que nous voudrions tous voir se réaliser et qui n’arrive jamais. Derrière lui, dans la queue, il y a ce pseudo intellectuel lénifiant et pédant qui discute de manière grandiloquente des théories des médias  de Marshall Mac Luhan et Woody Allen se retourne et dit : “Vous ne savez pas de quoi vous parlez, vous n’avez rien compris à Marshall Mac Luhan.”. Et le pseudo-intellectuel dit : “Non, vous ne savez pas de quoi vous parlez.”.   Et Woody Allen ajoute : “Justement j’ai Marshall Mac Luhan ici.”. Et il va le chercher derrière cet arbre. Et Marshall Mac Luhan dit. “Je suis Marshall Mac Luhan.”.  Et il se tourne vers le type et dit : “Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Woody Allen a complètement raison en ce qui concerne mes théories.”. Et il se fait justice de la meilleure des façons. La raison pour laquelle je ressens un peu la même chose, c’est que j’ai eu tellement de débats ces dernières années. Je n’ai cessé d’écrire que le but de l’état de surveillance américain, la NSA et l’appareil de surveillance nationale tout entier sur laquelle elle est basée, est de s’assurer qu’il n’existe plus aucune vie privée humaine, non seulement aux Etats-Unis mais dans le monde. Et on n‘a cessé de me répéter que c’était une hyperbole absurde, que c’était une pensée complotiste, que la NSA est restreinte dans son activité par tous ces cadres admirables, et dans une certaine mesure, je me sens capable de dire : “Bien, vous savez, j’ai justement une énorme pile de documents secrets de la NSA ici même.”. Les problèmes concernant la surveillance et le système de surveillance qu’ils sont en train de construire sont complexes. Ils sont légalement complexes. Ils sont technologiquement complexes.   Il est difficile de les simplifier pour être assimilés par le cycle de l’information et donc je veux juste prendre un peu de temps pour parler, non pas juste des affaires, mais simplement des faits qui ont déjà été divulgués par nous, et c’est une petite fraction de ce qui est à venir, mais je pense qu’on en a déjà une vue  suffisamment clair.

Il y a deux jours, nous avons publié un document d’une petite partie de la NSA appelée Opérations des Sources Secrètes (Secret Source Opérations ou SSO), une des branches les plus secrètes de la NSA. Et il y avait un document interne de la SSO daté du 12 décembre 2012, donc fin de l’année dernière. Ce que contenait ce document, il célébrait une étape, de la manière dont on fête un anniversaire. Ce qu’il disait était ceci: félicitations à nous tous, unité de la SSO. Nous venons juste de collecter notre mille milliardième mail électronique, de métadata d’internet.  C’est mille milliards soit un trillion avec un “t”. Ce que cela signifie, c’est que chaque jour ils enregistrent des centaines de millions de mails de par le monde pour voir qui nous envoie des mails,  à qui nous en envoyons, quelle est notre adresse IP, à quel moment nous les envoyons, où nous ouvrons nos mails, quand nous les lisons, quelle est notre position géographique, et ensuite ils sont capables de reconstituer notre réseau, qui sont nos associations, quel est notre mode de vie, ce que l’on fait sur Internet, quels sont nos intérêts,  ce qui nous anime, une grande variété d’informations qu’ils sucent et aspirent, non pas à propos d’individus qu’ils pensent être coupables de terrorisme, mais au sujet d’êtres humains sans discrimination aucune. Un autre document que je ne devrais sans doute pas partager, puisqu’il n’a pas été publié, mais je vais quand même le partager avec vous, et il va bientôt être publié et donc vous l’avez en avant-première.  Cela concerne une toute nouvelle technologie qui permet à la NSA de rediriger dans ses dépôts un milliard de conversations téléphoniques cellulaires par jour, un milliard d’appels chaque jour. Ce à quoi nous avons vraiment affaire dans ce cas,  c’est un système globalisé qui empêche toute forme de communication électronique d’avoir lieu sans qu’elle soit aussi archivée et surveillée par la NSA. Cela ne veut pas dire qu’ils écoutent chaque appel. Cela signifie qu’ils archivent chaque appel et ont la capacité de les écouter à tout moment, et cela veut dire qu’ils récoltent des millions et des millions et des millions de données concernant nos appels téléphoniques et nos mails. C’est un système globalisé visant à détruire toute vie privée, et ce qui constitue une menace incroyable, c’est que tout se passe dans l’ombre, avec aucune responsabilisation, et virtuellement aucun garde-fou. Le but de cette affaire et le but de l’alerte déclenchée par Edward Snowden n’est pas de détruire particulièrement ou unilatéralement ces systèmes. Le but c’est de dire que si vous, le gouvernement américain, et les gouvernements dans le monde, voulez créer un système de surveillance dans lequel nous n’avons plus de vie privée individuelle ou sur internet, vous devriez au moins nous en informer, en le faisant publiquement pour que nous puissions décider démocratiquement quelle genre de système et dans quelle sorte de monde nous voulons vivre.

 

Article paru le 28 juin 2013, http://niqnaq.wordpress.com/2013/06/30/i-shall-be-interested-to-see-whether-the-right-wing-conspiromaniacs-are-still-claiming-all-this-is-a-limited-hang-out-by-the-cia/

(http://www.youtube.com/user/WeAreManyMedia)

 

Traduction : Pierre MILLE

Texte intégral : A la Conférence Annuelle du Socialisme

 

Discours de Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde – I – Qui est Edward Snowden ?


A la Conférence Annuelle du Socialisme à Chicago la nuit dernière, Glenn Greenwald prononça un discours dans lequel il a relaté comment il avait été contacté et rencontré Edward Snowden la première fois. Il a parlé de sa surprise de le voir si jeune et comment sa détermination et  sa conviction pour divulguer les fonctionnements internes de la NSA lui avaient inspiré le courage de publier les documents qui lui seraient transmis lors des trois ou quatre mois qui suivirent.

Greenwald décrit comment les révélations sur la NSA ont non seulement exposé les Etats-Unis en tant qu’état sous surveillance mais aborde aussi la corruption  et le pourrissement moral de l’establishment du journalisme dans ce pays. Il a également laissé à l’auditoire le message qu’il ne fallait pas craindre le “climat de peur” que le gouvernement américain souhaite imposer à ceux qui osent défier son pouvoir. Ce qui suit est la transcription de son discours après une introduction et un préliminaire au cours duquel il rendit hommage à Jeremy Scahill qui venait de le presenter à l’auditoire. Puis, après quelques réflexions, il décida de s’assoir sur une chaise pour le discours qui suit.

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Qui est Edward Snowden ?

… J’ai été contacté par Edward Snowden il y a de ça plusieurs mois. Il m’a contacté par mails. Il ne disait pas son nom. Il ne disait pas grand chose. Il disait simplement qu’il avait des documents qu’il pensait pourraient m‘intéresser ce qui devait devenir par la suite le plus grand euphémisme de la décennie. Mais il ne me disait pas grand chose le concernant et plusieurs mois ont passé parce que nous parlions d’un système de code et d’autres choses et ce n’est que lorsqu’il est arrivé à Hong Kong avec les documents qu’on a commencé à avoir des discussions substantielles à propos de lui, de ce qu’il faisait et quel genre de documents il avait. Et j’ai passé de nombreuses heures à discuter en ligne avec lui à Hong Kong mais j’ignorais, son nom. Je ne connaissais rien de son parcours, son âge, ni même où il travaillait. Et il essayait de me faire venir à Hong Kong pour lui parler et avant que je fasse ça, faire la moitié du tour du monde en avion, je voulais des garanties que ça en valait vraiment la peine, qu’il y avait une substance derrière ce qu’il disait. Donc il m’a envoyé un hors d’oeuvre, comme lorsque vous avez un chien, vous lui présentez un biscuit sous le nez pour le faire aller là où vous voulez qu’il aille. C’est ce qu’il a fait pour m’amener à Hong Kong.  Ces documents, même si ce n’était qu’un petit échantillon, étaient les choses les plus extraordinaires que j’avais jamais vues.  Je me souviens qu’après avoir lu les deux premières pages, j’étais littéralement étourdi, étourdi par une sorte d’extase et d’euphorie par rapport à ce qu’il avait en sa possession. Et comme la plupart d’entre nous lorsque nous communiquons exclusivement en ligne avec quelqu’un, j’ai commencé à former une sorte d’impression mentale de qui il était. J’étais plutôt certain qu’il était plus âgé, voire même la soixantaine. Qu’il était comme un cadre bureaucrate à l’intérieur d’une des agences d’état de la sécurité nationale, plutôt grisonnant et approchant la fin de sa carrière. Et la raison pour laquelle je pensais cela c’est qu’il avait à l’évidence un accès assez haut placé à des documents top secrets. Il avait aussi une vision incroyablement pénétrante et mûrement réfléchie sur la nature de l’appareil de sécurité nationale ainsi que sur sa propre relation avec cet appareil si bien que je me suis dit que ça voulait dire qu’il avait dû réfléchir à tout cela et interagir avec ces éléments sur une période de nombreuses années. Mais la vraie raison pour laquelle je pensais qu’il avait cet âge, approchant de la retraite, peut-être même approchant la fin de sa vie, c’est qu’il soulignait, et ce dès nos premiers contacts, le fait qu’il savait pertinemment que ce qu’il faisait allait pour l’essentiel bouleverser sa vie et probablement la détruire. Qu’il y avait de grandes chances, voire même inévitables,  qu’il atterrisse probablement en prison, si ce n’est pire. Ou du moins, qu’il devrait fuir pour le reste de sa vie l’état le plus puissant du monde. Je n’y ai pas pensé consciemment, mais je pense que j’ai tacitement assumé que quiconque envisageait de faire un sacrifice de sa vie de cette ampleur était probablement quelqu’un qui avait pas mal souffert et était proche de la fin pour accumuler autant de bravoure.

Quand je suis arrivé à Hong Kong et que je l’ai rencontré pour la première fois, je me suis trouvé désorienté et dans une confusion complète comme jamais je ne l’avais été dans ma vie. Non seulement il n’avait pas soixante-cinq ans, il avait vingt-neuf ans mais il avait l’air beaucoup plus jeune. Et donc, lorsque nous sommes allés dans sa chambre d’hôtel pour commencer à lui poser des questions (Laura Poitras, la caméraman, et moi-même) ce que je voulais comprendre par dessus tout était ce qui l’avait poussé à faire ce choix extraordinaire, d’une part parce que je ne voulais pas faire partie d’un évènement qui allait détruire la vie de quelqu’un si cette personne n’était pas complètement lucide et rationnelle vis à vis de la décision qu’elle était en train de prendre, mais aussi parce que je voulais vraiment comprendre, juste par curiosité personnelle, ce qui poussait quelqu’un qui a  toute la vie devant lui, qui vivait  en couple depuis un certain temps dans un cadre des plus désirables à Hawaï, dans un emploi stable relativement bien payé, à tout jeter ainsi pour devenir instantanément un fugitif et un individu qui allait probablement passer le reste de sa vie dans une cage. Plus je lui parlais, plus je comprenais et plus j’étais,dépassé et plus cela devenait une expérience formatrice pour moi et pour le reste de ma vie parce que ce qu’il me disait encore et toujours, de plusieurs façons, et toujours avec une attitude si pure et passionnée que je n’ai jamais douté un seul instant de son authenticité, est qu’il y avait dans la vie des choses plus importantes que le confort matériel, que la stabilité d’un emploi, ou bien que juste essayer de prolonger sa vie le plus longtemps possible. Ce qu’il n’a eu de cesse de me dire, c’est qu’il ne jugeait pas sa vie à l’aune de ce qu’il pensait de lui mais par les actions qu’il prenait à la poursuite de ces convictions. Lorsque je lui ai demandé comment il en était arrivé au point de vouloir prendre le risque qu’il savait qu’il prenait, il m’a répondu qu’il cherchait depuis longtemps un chef de file, quelqu’un qui arriverait et réglerait ces problèmes. Et puis un jour, il s’est aperrcu que ça ne servait à rien d’attendre, qu’être un chef de file, c’est s’engager soi-même d’abord et donner l’exemple aux autres.  Ce qu’il disait au final, c’est qu’il ne  voulait pas vivre dans un monde où le gouvernement US se permettait ces extraordinaires envahissements pour construire un système ayant pour objectif la destruction de toute vie privée individuelle, qu’il ne voulait pas vivre dans un  tel monde, et qu’il ne pouvait, en bonne conscience, juste regarder et permettre que cela se passe ainsi, sachant qu’il avait le pouvoir d’aider à ce que cela s’arrête.

La chose la plus frappante pour moi à ce sujet, je suis resté onze jours consécutifs avec lui, alors qu’il était toujours un inconnu parce que nous n’avions pas encore divulgué son identité, et je le regardais suivre les débats sur CNN, NBC ou MSNBC ou les autres chaines du monde  entier pour voir ce qu’il avait essayé de provoquer par les actions qu’il avait prises. Et je l’ai vu aussi une fois qu’on avait révélé qu’il était l’homme le plus recherché du monde, que les officiels de Washington l’appelaient un traître, voulaient sa tête. Ce qui était ahurissant et continue à l’être encore maintenant, c’est qu’il n’y avait en lui aucun un soupçon de remords, de regrets, ou de peur.  C’était un individu complètent en paix avec le choix qu’il avait fait parce que ce choix qu’il avait fait était tellement incroyablement puissant, j’étais incroyablement inspiré d’être à côté de quelqu’un qui avait atteint un tel degré de tranquillité parce qu’il était tellement convaincu d’avoir fait ce qui était juste et son courage, sa passion m’infectèrent au point que j’ai juré que quoi que je fasse dans la vie avec cette histoire et au delà, j’allais dédier ma vie à faire justice à l’incroyable acte de sacrifice personnel qu’Edward Snowden a accompli. Et cette énergie, je le constatais alors, infecta tout le monde au Guardian, qui est une organisation médiatique assez grande, et je suis la dernière personne à faire l’éloge d’une organisation médiatique, même une pour laquelle je travaille, surtout une pour laquelle je travaille. Pourtant j’ai vu depuis quatre semaines, les rédacteurs du Guardian, les rédacteurs en chef qui ont dirigé le Guardian depuis des années, s’engager dans un journalisme intrépide et courageux en ignorant jour après jour le climat de terreur et les menaces dun gouvernement US et en disant nous allons continuer à publier toute information que nous pensons devoir publier pour le bien commun.

Si vous parlez à Edward Snowden et vous lui demandez, comme je l’ai fait, ce qu’il l’a inspiré, il parle d’autres individus qui se sont engagés courageusement dans une situation similaire, comme Bradley Manning ou ce vendeur tunisien qui s’est immolé et a déclenché une des plus grandes révolutions démocratiques de ces quatre ou cinq derniers siècles. Ce dont j’ai commencé à me rendre compte à propos de tout cela, c’est deux choses.  Premièrement, le courage est contagieux. Si vous faites un acte courageux en tant qu’individu, vous changerez littéralement le monde, parce que vous allez affecter les gens de votre entourage immédiat qui ensuite affecteront d’autres puis ceux-la encore d’autres.  Vous ne devriez jamais douter de votre capacité à changer les choses. L’autre chose dont je me suis rendu compte,  ce que vous êtes  en tant qu’individu ou ce que représentent, en terme de pouvoir, les institutions que vous défiez, tout cela  n’a aucune importance. M. Snowden n’a jamais eu son bac. Ses parents travaillent pour le gouvernement fédéral. Il a grandi dans un milieu modeste de la classe moyenne au sein d’une communauté militaire en Virginie  Il a rejoint l’Armée US parce qu’il pensait que la guerre en Irak était noble. C’est quelqu’un qui a zéro privilège, zéro pouvoir, zéro position, zéro prestige, et pourtant, lui tout seul, a littéralement changé le monde… une des choses que j’ai réalisées assez tôt est que non seulement lui mais aussi toutes les personnes qui auraient à faire quelque chose dans la publication de ces articles, nous allions être attaqués  et diabolisés de la manière que Jeremy a décrite. On voit toutes sortes d’attaques sur lui qui sont absurdes et contraires à la réalité. On entend des   affirmations de la part de psychologues de salon du genre qu’il serait narcissique. Je ne suis même pas sûr qu’ils sachent ce que cela veut dire, mais c’est devenu le scénario qu’ils récitent tous. C’est quelqu’un qui aurait pu vendre ces documents à des services de renseignement pour des millions et passer le reste de sa vie secrètement enrichi au delà de ses rêves les plus fous et il n’a rien fait de tout cela. Au contraire, il s’est mis en avant et est devenu une cible pour le bien de nous tous. Ou alors ils essaient de remettre en question ses motivations et disent que c’est quelqu’un qui cherche la célébrité, ou une “pute pour la célébrité” qui est leur phrase préférée en ce moment.  J’ai passé ces trois dernières semaines à me faire harceler par les plus ridicules stars des médias des US qui sont complètement désespérés pour obtenir un entretien avec Edward Snowden et le mettre dans leur émission quotidienne. Il aurait pu être une des personnes les plus célèbres dans le monde. Il est bien plus du genre reclus que “pute pour la célébrité”. Il a refusé toutes ces propositions d’entretien parce que sa vraie motivation pour faire ce qu’il a fait est exactement ce qu’il a dit, c’est, non pas se rendre célèbre, mais de rendre compte aux gens des Etats-unis et du monde de ce qui est en train de leur être fait en secret par le gouvernement US. La raison pour laquelle c’est toujours une habitude pour les gens comme Edward Snowden d’être diabolisées, la raison pour laquelle il est important de leur attribuer une maladie psychologique, comme ils l’ont fait avec Bradley Manning, comme ils essaient de faire avec tous les déclencheurs d’alerte, comme ils l’ont fait avec Daniel Ellsberg, c’est parce qu’ils savent précisément ce que j’ai dit, que le courage est contagieux. Et qu’il va être un exemple pour d’autres gens qui vont venir donner l’alerte sur le devant de la scène en ce qui concerne la tromperie, l’illégalité et la corruption des choses  qu’ils font dans l’ombre. Ils ont besoin de faire un exemple négatif pour que cela ne se reproduise pas et c’est la raison pour laquelle les gens comme Edward Snowden sont diabolises et attaqués et c’est pourquoi c’est à chacun de nous qu’il revient de le défendre pour le maintenir comme le noble exemple qu’il est et pour qu’il ait une juste reconnaissance. Voilà les choses sur lesquelles j’ai personnellement ouvert les yeux dans cette affaire et je suis sûr que je n’ai pas encore réfléchi à toutes les implications et je continuerai à le faire dans le temps. Mais j’ai une certitude c’est que cette expérience sera une expéience formatrice pour moi et pour des millions de gens dans le monde entier et par bien des manières.

Article paru le 28 juin 2013, http://niqnaq.wordpress.com/2013/06/30/i-shall-be-interested-to-see-whether-the-right-wing-conspiromaniacs-are-still-claiming-all-this-is-a-limited-hang-out-by-the-cia/

(http://www.youtube.com/user/WeAreManyMedia)

 

Traduction : Pierre MILLE

Texte intégral : A la Conférence Annuelle du Socialisme

 

Dernière révélation d’Edouard Snowden


A 40 km au sud de Salt Lake City se trouve le Camp Williams, garnison et champ de tir de la Garde nationale de l’état de Utah. L’ancien aérodrome de la garnison ainsi que le terrain environnant (600 km2) a été repris par la NSA (National Security Agency) qui a commencé à construire le premier centre de traitement de données du projet CCNCI ( Community Comprehensive National Cybersecurity Initiative ), sur la base du décret secret NSPD- 54/HSPD-23, signé en Janvier 2008 par le président américain George W. Bush (Homeland Security Presidential Directive 23). Lire la suite Dernière révélation d’Edouard Snowden

Washington conduit le monde à la guerre finale – Paul Craig Roberts


star-ocean-the-last-hope-xbox-360-208« V comme Vendetta », est un film qui dépeint le mal dans une Angleterre futuriste comme un proxy du mal qui existe aujourd’hui en Amérique, et qui finit par la défaite du mal. Mais c’est un film dans lequel le héros a des super pouvoirs. Si vous n’avez pas vu ce film, vous devriez le regarder. Il pourrait vous réveiller et vous donner du courage. Les extraits ci-dessous montrent que, au moins chez certains cinéastes, le désir de liberté existe toujours.

Que le désir de liberté existe en Amérique, ça reste encore à voir. Si les Américains peuvent surmonter leur crédulité, leur lavage de cerveau permanent, leur propension à croire tous les mensonges que «leur» gouvernement leur dit, et si les Américains peuvent s’échapper de la matrice dans laquelle ils vivent, ils peuvent rétablir la moralité, la justice, la paix, la Liberté avec un grand ‘’L’’ et leurs libertés que «leur» gouvernement leur a confisquées. Il n’est pas impossible pour les américains de garder à nouveau la tête haute. Il leur suffit juste de reconnaître que «leur» gouvernement est l’ennemi de la vérité, de la justice, des droits humains et de la vie elle-même.

De simples américains ordinaires peuvent-ils triompher du mal qu’est « leur » gouvernement sans l’aide d’un super-héros ? Si les idées sont assez fortes et si les américains peuvent les comprendre, le bien peut l’emporter sur le mal qui est concentré à Washington. Ce qui se dresse entre le peuple américain et leur compréhension du mal, c’est leur crédulité.

Si le bien échoue dans sa bataille contre le mal de Washington, notre avenir sera sous le sceau de la servitude et de l’écrasement à jamais.

http://www.youtube.com/watch?v=KKvvOFIHs4k&feature=youtu.be

http://www.youtube.com/watch?v=_-gHVGOoE48

Si vous, américains, vivant dans la superpuissante Amérique n’avez pas le courage de vous lever contre le mal qu’est «votre» gouvernement, peut-être que le courage de Edward Snowden, de Bradley Manning, de Julian Assange, et du minuscule Equateur vous donnera du cœur.

Un sénateur américain du New Jersey, Robert Menendez, président démocrate de la commission sénatoriale des relations étrangères, a dit au gouvernement équatorien qu’il allait bloquer l’importation de légumes et de fleurs de l’Equateur si l’Equateur donnait asile à Edward Snowden. Le coût pour l’Equateur serait une perte de revenus d’un milliard de dollars.

La déclaration de Menendez – «Notre gouvernement ne récompensera pas des pays pour mauvaise conduite » – est ironique. Il assimile la mauvaise conduite à la protection d’un diseur-de-vérité et la bonne conduite à la trahison de ce diseur-de-vérité. La déclaration de Menendez est également un mensonge. Le gouvernement américain ne récompense que les mauvais comportements. Le gouvernement américain récompense toujours ceux qui conspirent contre les gouvernements élus de leur propre pays, les mettant en place comme dictateurs lorsque Washington renverse les gouvernements élus.

La menace de Menendez n’a pas fonctionné, mais le sénateur a réussi à porter un nouveau coup humiliant au prestige de Washington. Le président équatorien, Rafael Correa, a coiffé Menendez au poteau en annulant le pacte commercial avec les États-Unis au motif que le pacte était une menace pour la souveraineté de l’Équateur et aux principes moraux, et qu’il était utilisé par Washington pour faire chanter l’Equateur. « L’Equateur n’accepte ni pressions ni menaces de quiconque », a ajouté le ministre de la Communication  Fernando Alvarado qui a ensuite offert à Washington une aide étrangère pour lui fournir une formation aux droits de l’homme pour lutter contre la torture, les exécutions illégales et les attaques contre la vie privée des peuples.

Washington, pris la main dans le pot de confiture  dévorant la vie privée du monde entier et empêché par son orgueil de reconnaître son comportement illégal et de présenter des excuses, a ainsi cafouillé dans l’affaire Snowden dans laquelle Washington s’est causé lui-même beaucoup plus de dégâts que les révélations de Snowden. Washington a prouvé de façon concluante qu’il n’a aucun respect pour les droits humains de qui que ce soit, qu’il n’a aucun respect pour la souveraineté de quelque pays que ce soit, qu’il n’a aucun respect pour les principes moraux, en particulier ceux dont il a plein la bouche, et sur lesquels il se base pour exercer la coercition et la violence . Le reste du monde sait désormais qui est son ennemi.

Les presstitués de Washington, en l’aidant à diaboliser Snowden, Glenn Greenwald, Manning, Assange et l’Equateur, ont montré au monde que les médias américains sont dépourvus d’intégrité et que rien de ce qu’ils rapportent ne peut être cru. La presse écrite et les médias de télévision américains constituent un ministère de la propagande pour les programmes immoraux de Washington.

Le 24 Juin, la putain favorite de l’État Stasi, le Washington Post, a dénoncé par trois fois le président démocratiquement élu Rafael Correa comme « l’autocratique leader du minuscule et pauvre Équateur’’, sans se rendre compte que la rédaction n’a pas seulement démontré l’absence totale d’éthique du Washington Post mais elle a également montré au monde que si «ce minuscule et pauvre Équateur’’ est capable de résister aux menaces de Washington, donc le reste du monde aussi le peut.

Le président Correa a répondu que le Washington Post « cherche à attirer l’attention sur Snowden et sur les ‘’vilains’’ pays qui le soutiennent, nous faisant oublier les choses terribles faites contre le peuple américain et contre le monde entier qu’il dénonce. », Correa a ajouté  « l’ordre mondial de Washington n’est pas seulement injuste, il est immoral ».

La raison pour laquelle Washington déteste Correa n’a rien à voir avec Snowden. Que l’Équateur envisage l’asile pour Snowden est juste une excuse. Correa est haï, parce que dans la deuxième année de son premier mandat, il a refusé de payer la dette extérieure de 3 milliards de dollars de dollars que les régimes antérieurs corrompus et despotiques avaient contractée avec la finance internationale. La menace de défaut de Correa a forcé les gangsters de la finance internationale à réduire la dette de 60 pour cent.

Washington déteste Correa également parce qu’il a réussi à réduire le niveau élevé de pauvreté en Equateur, renforçant ainsi le soutien du public qui le rend si difficile à renverser de l’intérieur par Washington.

Encore une autre raison de la haine de Washington pour Correa, c’est parce qu’il a pris des mesures contre l’exploitation des ressources pétrolières de l’Équateur par les compagnies pétrolières multinationales et limité le montant des dépôts offshore dans les banques du pays afin de bloquer la capacité de Washington à déstabiliser le système financier de l’Equateur.

Washington déteste aussi Correa pour avoir refusé de renouveler le bail de Washington pour la base aérienne de Manta.

Essentiellement, Correa a lutté pour reprendre le contrôle du gouvernement de l’Équateur, les médias et les ressources nationales des mains de Washington et des mains de la petite élite riche alliée de Washington. C’est l’histoire de David contre Goliath.

En d’autres termes, Correa, comme Chevez du Venezuela, est l’un des rares leaders étrangers qui représente les intérêts de son propre pays plutôt que ceux de Washington.

Washington utilise les différentes ONG corrompus et le gouvernement fantoche de Colombie comme armes contre Correa et le gouvernement équatorien. Beaucoup de gens pensent que c’est seulement une question de temps avant que Washington ne réussisse à assassiner Correa.

Les patriotes américains, qui estiment qu’ils devraient être du côté de «leur» gouvernement quels que soient les faits, feraient bien de se rappeler ce qu’est le vrai patriotisme. Pour les américains, le patriotisme a toujours signifié allégeance à la Constitution, et non au gouvernement. Le serment c’est de défendre la Constitution contre les ennemis intérieurs et extérieurs. Les régimes de Bush et Obama se sont avérés être les pires ennemis de la Constitution. Il n’est pas possible pour un vrai patriote de soutenir un gouvernement qui détruit la Constitution. Les États-Unis sont la Constitution. Notre pays n’est pas le régime Obama, le régime Bush, ou quelque autre administration. Notre pays est la Constitution. La Constitution est notre pays.

Au-delà des obligations envers son propre pays, tous les êtres humains ont la responsabilité de la vie humaine elle-même. Les états marionnettes de Washington, comme les pays de l’OTAN, le Japon et la Colombie, en fournissant une couverture et un soutien aux agressions de Washington, permettent à celui-ci de mener le monde vers une troisième guerre mondiale.

La tentation de l’argent de Washington submerge facilement les caractères faibles, comme Tony Blair et David Cameron. Les gouvernements des pays de l’OTAN et d’autres Etats accommodants ne bradent pas seulement leurs propres populations en soutenant les guerres d’agression de Washington, ils bradent humanité. L’orgueil et l’arrogance de Washington grossissent au fur et à mesure qu’il est évincé pays après pays. Tôt ou tard, la Russie et la Chine, se rendront compte qu’ils sont eux-mêmes des cibles et vont tracer des lignes plus fermes. L’arrogance empêchera Washington de reconnaître les lignes, et la guerre finale sera lancée.

L’élan hégémonique de Washington est de conduire le monde à la destruction. Les peuples du monde doivent comprendre cela et forcer leurs gouvernements à cesser de permettre l’agression de Washington.

Traduction : Avic

Source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/06/28/washington-is-driving-the-world-to-the-final-war-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/