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Le loup a réussi à entrer dans la bergerie


Msc_2009-Friday,_16.00_-_19.00_Uhr-Dett_006_ElBaradeiLa première marche vers la présidence de l’Egypte vient d’être franchie. Mohamed ElBaradei, à l’affût depuis la première révolution égyptienne, vient enfin de franchir la première étape, non sans mal. Il vient d’être nommé vice-président par le nouveau président égyptien par intérim Adli Mansour.

Ce n’est certes pas le poste que briguait ElBaradei, mais c’est mieux que rien, surtout si, en plus de ce poste qui a dû être spécialement créé juste pour lui faire une petite place, il occupe aussi le poste clé de ministre des affaires étrangères. C’est énorme. Malgré les vents contraires, son équipe, grâce au puissant lobbying dont elle dispose, a fait du bon travail.

En effet, aussitôt après le coup-d’état-non-coup-d’état égyptien, tout son staff s’est mis à l’œuvre, remuant ciel et terre – en terre étrangère bien sûr, puisque tout ce qui se passera en Egypte pour les jours prochains se décidera désormais en terre étrangère – pour placer enfin leur héros, l’homme fort du Front de salut national (FSN) à la tête du pays. Mais voilà, les autres partis n’en veulent pas de ElBaradei. Ni le parti salafiste Al-Nour, ni  le Parti Liberté et Justice (PLJ) et apparemment, pas même les égyptiens ne veulent de l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tout prix Nobel de la Paix qu’il soit.

Mais ElBaradei est un pion essentiel dans l’échiquier pour les Etats-Unis et Israël. C’est le pion idéal. Malgré ses allégeances actuelles, il passe pour un ‘’résistant’’ qui a su, par le passé, tenir tête à l’empire. Et puis, rien de tel qu’un Prix Nobel pour tenir lieu de blanc-seing.

M. ElBaradei aurait voulu être président par intérim, tremplin idéal pour se succéder à lui-même quand des ‘’élections’’ surviendront. L’impatience, due peut-être à l’âge (car les années passent vite), le poussait à forcer le destin. Mais voilà qu’il est obligé de procéder par étape. Le fait même qu’il ait réussi cette première étape montre que la machine est en route et qu’elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin.  Il est dans la place, et pour longtemps, car les puissances sur lesquels il s’appuie sont, justement de vraies puissances, à l’intérieur-même du système.

Et c’est bien ça qui est inquiétant. Si ces puissances (Maison Blanche, AIPAC, quelques groupes du Congrès et du Sénat américain) arrivent à placer leur homme, c’est que l’Egypte n’a de ‘’pays arabe’’ que sa position géographique.  Cela voudrait dire que l’Egypte de Gamal Abdel Nasser n’est plus et qu’elle n’est plus que l’escorteur du porte-avions Israël. Les égyptiens pourront faire toutes les révolutions qu’ils voudront, ce ne seront, même si elles étaient réelles,  que des ‘’occupy’’ vite canalisées et récupérées.

Pauvre Egypte. Qu’ils soient laïcs, salafistes ou frères musulmans, ils sont tous récupérables et déjà récupérés.  Comme partout, finalement, où le monde politique n’est qu’un jeu de rôle.  A chaque changement il y a une sorte de casting où chaque candidat doit montrer ses capacités à remplir les conditions du rôle pour être éligible. Habituellement on se vent à celui qui met le meilleur prix ; ici c’est l’acheteur qui achète au plus offrant. Quand on n’a pas grand-chose à offrir, comme c’est le cas pour l’Egypte, il ne reste plus qu’à se vendre soi-même et son pays avec.

Avic

Le Sultan de Turquie déplore la chute du pharaon


Par MK Bhadrakumar
Turkey's PM and leader of ruling AKP Erdogan and Egypt's President Mursi greet the audience during the AKP congress in AnkaraLe coup d’Etat militaire en Egypte a exposé au grand jour le double langage sans scrupules des  Etats arabes sunnites du Golfe persique, de l’Union européenne et des États-Unis.

Le seul pays qui a pris une bonne position claire dès le départ est la Turquie, ce qui laisse présager de nouvelles lignes de fracture dans la politique du Moyen-Orient.

Les oligarchies autocratiques du Golfe Persique se sont précipitées pour célébrer le renversement du gouvernement élu sous Mohamed Morsi par l’armée égyptienne. De l’Arabie saoudite Le roi Abdallah a dépêché son câble de félicitations au Caire dans les heures qui ont suivi l’annonce de l’éviction de Morsi.

Le sentiment de jubilation est palpable que les Frères musulmans, fer de lance de l’agitation populaires contre les régimes du golfe Persique, ont perdu le pouvoir en Egypte. Pour une fois, la politique réelle l’emporte, dépassant la présentation selon laquelle le conflit sectaire sunnite-chiite constitue le problème numéro un du Moyen-Orient aujourd’hui.

En ce qui concerne le les dirigeants européens et américains, ils ont peur d’appeler le coup par son vrai nom, parce que, sinon,  leurs propres lois pourraient les empêcher de garder des relations normales avec chef de l’armée, le général égyptien Abdel-Fattah El-Sissi.

Traiter avec le régime de Sissi au Caire est une nécessité absolue pour la stratégie régionale des Etats-Unis parce que la sécurité d’Israël est impliquée. En menaçant de «suspendre» l’aide militaire, l’administration Obama espère garder Sissi en laisse serrée.

La boussole d’Erdogan

Ainsi, il a été laissé à la Turquie d’appeler un chat un chat. Juste au moment où le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan faisait l’objet de critiques occidentales pour ses tendances autocratiques, il prend la parole à la tribune pour défendre la cause de la démocratie libérale en Egypte.

Les déclarations d’Ankara ont été une condamnation sans appel du coup d’Etat en Egypte. Le Ministre des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a dit,

 »Un leader qui est venu [au pouvoir], avec le soutien du peuple ne peut être enlevé que par les élections. Il est inacceptable que des dirigeants démocratiquement élus, pour quelque raison que ce soit, soient renversés par des moyens illégaux, même un coup d’état … La Turquie se tiendra aux côtés du peuple égyptien. »

L’un des vice-présidents et le porte-parole du parti de la justice et du développement [AKP] Huseyin Celik a dit sans ambages:

 »Je maudis le sale coup d’état en Egypte. J’espère que les larges masses qui ont porté Morsi au pouvoir, vont défendre leurs votes … il faut saluer l’attitude inflexible de Morsi. Le sang sera versé s’il y a des affrontements entre les supporters de Morsi d’un côté et les militaires et les anti-Morsi de l’autre … Pourtant, nous ne disons pas que Morsi et ses partisans doivent simplement avaler ce coup d’état. »

Erdogan lui-même a pris un peu de hauteur pour ridiculiser le double standard de l’Union européenne. Il a demandé,

 »N’est-ce pas l’Occident qui se place toujours du côté de la démocratie et fait des efforts pour mettre en œuvre la démocratie dans les pays? Ceci est un test sur la sincérité de l’Occident et il a encore raté ce test. Il n’’existe pas de «coup d’État démocratique». L’Union européenne a une fois de plus bafoué ses propres valeurs en n’appelant pas le coup d’état de l’armée, un coup d’état … Morsi a fait des erreurs, il peut faire des erreurs. Y a-t-il quelqu’un qui n’a pas fait une erreur? »

Sans aucun doute, c’est le moment le plus subtile de  M. Erdogan sur la scène politique du Moyen-Orient musulman. Pourtant, en politicien doué, pourquoi fait-il cela? Quels sont ses calculs?

Sans doute, Erdogan espère redorer son image et sa réputation de démocrate, qui a été ternie ces derniers temps suite à la manière dont le gouvernement a géré les protestations populaires en Turquie. Il expose le fait que ses détracteurs occidentaux sont des hommes creux.

Deuxièmement, il réaffirme sur un plan idéologique que la démocratie et l’islam sont compatibles. Cela a une résonance dans la vie politique turque. Troisièmement, Morsi a été un proche ami et un allié de M. Erdogan.

Dans le même temps, M. Erdogan a lancé une vigoureuse campagne diplomatique pour « annuler » le coup d’état de l’Egypte. La suggestion d’Ankara est qu’il n’y a pas besoin d’un gouvernement intérimaire et que des élections immédiates devraient être tenues.

Malheureusement, comme l’a rapporté le journal Hurriyet, la Turquie s’est retrouvée seule et sa «profonde déception est venue de ses alliés arabes de premier plan, à savoir l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont été les premiers à féliciter le nouveau leadership de la transition et l’armée qui a mené le coup d’état.  »

Néanmoins, Erdogan va persister dans sa campagne. Il sait qu’il va ‘attacher la sympathie pan-islamiste au Moyen-Orient et, dans le processus, va également consolider sa base politique en Turquie au cours de l’année électorale cruciale qui se profile. Erdogan veut se placer bien au-dessus de ceux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Turquie, lui prêchent les vertus de la démocratie.

L’évaluation turque, c’est que le coup d’état est à la croisée des chemins  et que ce n’est qu’une question de temps avant que l’opinion publique égyptienne ne commence à militer contre la junte, ce qui rend le retour des Frères Musulmans presque inévitable.

La détermination du sultan

Tissée dans tout cela, c’est la dimension critique à l’égard de la politique en Turquie, qui a été dans un état d’effervescence et s’apprête à emménager dans des eaux inexplorées dans les prochains mois, alors que le pays se dirige vers une transition politique très sensible l’année prochaine qui aura une incidence énorme pour l’avenir de l’AKP et, bien sûr, sur la propre carrière politique tumultueuse de M. Erdogan.

Les protestations en Turquie menacent de se transformer en une confrontation entre les «laïcs» et les islamistes et il y a aussi l’omniprésence de l’armée qui prétend être le garde prétorienne de l’Etat.

Erdogan reste le maître de sa maison, mais les mauvaises herbes croissent sous ses pieds. Le fossé entre lui et le président Abdullah Gul, qui nourrit des ambitions de rester pour un second mandat en tant que président, s’élargit et il y a des rumeurs que Gul travaille sur un réalignement politique qui divise l’AKP et crée une large coalition anti-Erdogan.

En effet, Gul a pris une position très différente de Erdogan à propos des protestations en Turquie, se distinguant comme un homme modéré et raisonnable prêts à tolérer la dissidence. Ses remarques sur le coup d’Etat en Egypte font écho à Obama et l’UE.

Qu’il suffise de dire, du point de vue de l’un des protagonistes externes qui pourraient être impliqués dans le «changement de régime» en Egypte directement ou indirectement – Etats-Unis, Israël, l’UE et l’Arabie saoudite, principalement – Gul fait une figure beaucoup plus agréable aujourd’hui comme le capitaine du navire turc.

Mais Erdogan, d’un autre côté, ne se pliera pas comme Beckam. Son surnom en tant que milieu de terrain était «Imam Beckenbauer» – une allusion à la star du football allemand Franz Beckenbauer. Et aujourd’hui, il est aussi le sultan. Par-dessus tout, il pourrait tout aussi bien presque appeler bluff le coup d’Etat égyptien.

Sans aucun doute, la déclaration retentissante en Iran lundi condamnant l’armée égyptienne et dénonçant l’implication occidentale et israélienne dans le coup d’État renforce la position d’Erdogan. Alors qu’il semblait être un militant solitaire jusqu’ici, la décision de Téhéran de se joindre à Erdogan change la donne.

Les deux principales puissances régionales du Moyen-Orient ont ouvertement défié la junte militaire en Egypte. Cela aura un impact profond sur la soi-disant rue arabe. Il sera difficile de résister à une plate-forme turco-iranien, en termes géopolitiques, pour les amateurs de coups d’état arabes – l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, principalement.

Pour Israël aussi, le sentiment de jubilation peut s’avérer de courte durée. Le meilleur espoir d’Israël est que le coup d’Etat en Egypte divise les musulmans du Moyen-Orient, mais selon toute vraisemblance, ironiquement, il pourrait finir par unifier les forces de l’islamisme dans la région.

Ainsi, le lundi, encore une fois, l’ampleur alarmante de la violence déchaînée par l’armée sur la Fraternité a incité le Parti Nusra, le parti salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, à se distancier du gouvernement intérimaire.

C’est la première fissure majeure à apparaître dans la phalange d’éléments disparates qui composent le putsch anti-Morsi.

De manière significative, le chef libéral très respecté Mohamed ElBaradei, qui représente le Tamarod (le mouvement rebelle qui a mené les manifestations sur la place Tahrir) a également appelé à une « enquête indépendante » pour se pencher sur la violence. Il a peut-être sonné une voix dissidente.

La junte militaire n’a pas été en mesure de concocter un gouvernement provisoire crédible à ce jour. En plus de tout cela, les Frères Musulmans affichent un tel cran pour résister à la prise de pouvoir par les militaires que cela a pris tout le monde par surprise.

De toute évidence, la Fraternité n’a pas l’intention de rester sur le pavé pendant 85 autres années avant de reconquérir le pouvoir politique.

Tout cela pointe vers une forte possibilité que la position adoptée par la Turquie (et l’Iran) peut être justifiée en fin de compte. Ces derniers frémissements ne ferait que renforcer la détermination du sultan et le renforcer dans l’idée qu’il est bien du ‘’bon côté de  l’histoire « .

Traduction : Avic

MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes comprenant celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

 http://www.atimes.com/

Obama soutient-il ElBaradei?


BaradaiSelon des sources bien informées à Washington, l’une étant un membre du Congrès dont le travail comprend comme attribut le suivi des événements politiques en Egypte, il n’a pas fallu très longtemps à Mohamed Mustafa ElBaradei, juriste de la charia, lauréat du prix Nobel, et pendant 12 ans le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) (1997-2009), pour contacter, à Washington DC, le cabinet d’avocats Patton Boggs, le 02.07.13. Cela s’est fait quand il était devenu évident que le président égyptien Mohamad Morsi pourrait bien être évincé par le Conseil suprême des Forces armées (SCAF) de l’Egypte. Le lendemain, les représentants de M. ElBaradei auraient également pris contact avec la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines qui prétend représenter les 52 plus grands des plus grands groupes juifs basés aux Etats-Unis.

ElBaradei, peut-être l’actuel favori pour remplacer son ennemi juré, Mohammad Morsi, s’est rué pour organiser certains alliés clés au Caire et à Washington pour reprendre là où sa précédente campagne présidentielle ratée avait été arrêtée, peu avant l’élection présidentielle égyptienne du 25/01/2011. Patton Boggs, le cabinet d’avocats de K Street, NW Washington DC, qui l’an dernier avait 550 avocats et 120 lobbyistes est sans doute l’entreprise la plus proche de la Maison Blanche en matière de sécurisation pour ses clients pour tout ce qu’ils veulent à partir des quelque 5000 décideurs clés du Capitole. Les presque 11.800 autres lobbyistes de Washington enregistrés au niveau fédéral (il n’y a que 300 récents depuis la présidence de Lyndon Johnson) sont loin derrière Patton Boggs en termes d’influence politique.

Le nouveau client de Patton Boggs veut que le Pentagone et la Maison Blanche fassent pression sur le Conseil Suprême des Forces armées (SCAF) de l’Egypte qui vient de déposer le président Morsi et s’arrangent pour le faire nommer président par intérim de l’Egypte en attendant des élections anticipées.

ElBaradei veut la même chose d’Israël et de son lobby américain, le premier ayant développé des relations étroites sous Morsi, similaires à celles d’avec Moubarak.

Ce que les représentants de M. ElBaradei auraient à offrir à la Maison Blanche en échange d’une aide discrète d’Obama, c’est que les accords de Camp David de 1979 dans tous ses éléments seront respectés et que, en plus, des garanties supplémentaires seront données à Israël, avec son régime sioniste d’occupation de la Palestine, qu’il lui sera accordé la primeur dans le domaine immobilier pour son ambassade. En outre, ils peuvent compter sur l’Égypte de ElBaradei pour durcir sa position sur le programme nucléaire de l’Iran avec la modification et le réajustement publics de certains de ses commentaires d’avant 2012 sur l’Iran, que la Maison Blanche et Israël avaient critiqués comme étant «trop tendres pour la République islamique ».

Israël aussi s’est vu promettre, par les agents de M. ElBaradei, une plus grande coopération avec l’Egypte en matière de sécurité qui, ils le promettent également à la Maison Blanche, ira en se renforçant. L’objectif de M. ElBaradei est de s’assurer le soutien personnel de Barack Obama lors de ses manœuvres pour l’imprimatur de la Maison Blanche pour l’élection présidentielle égyptienne qui devrait bientôt avoir lieu et avant.

Une fois de plus, l’administration Obama a été prise par surprise car l’interminable «printemps arabe» , encore à ses balbutiements, se présente plutôt mal pour les potentats installés par l’Occident sur des  »pays » créés artificiellement à la manière style Sykes-Picot.

Barack Obama aurait quelques doutes, selon le contact au Congrès, et les lecteurs se rappelleront probablement son éloge de Morsi après que les deux anciens professeurs d’université ont eu la chance de s’asseoir ensemble pour apprendre à se connaître. «J’aime cet homme», aurait dit Obama à certains membres de son staff. «Il pense comme moi », aurait-il ajouté ,comme son épouse Michele roulait des yeux avec un gros soupir.

Lorsque Morsi a été déposé, Obama a déploré: «Nous sommes profondément préoccupés par la décision des forces armées égyptiennes de destituer le président Morsi et de suspendre la Constitution égyptienne. J’appelle maintenant les militaires égyptiens à agir rapidement et de manière responsable pour rendre la totalité du pouvoir à un gouvernement civil démocratiquement élu dès que possible par le biais d’un processus inclusif et transparent, et d’éviter toute arrestation arbitraire du président Morsi et de ses partisans.  »

Pendant ce temps, le CSFA, sous l’impulsion de l’équipe de M. ElBaradei, était tout sucre tout miel avec Washington et ses alliés pour ce qui concerne les préoccupations exprimées par Obama. Peu de temps avant que celui qui a été désigné par le SCAF pour l’intérim ne prononce son discours, le Département d’Etat recevait une copie du texte, avec le premier paragraphe surligné, pour apaiser Obama. Les premiers mots de la déclaration du 01/07/13 de Sisi sont : «Les forces armées n’interféreront pas dans le domaine de la politique ou de la gouvernance et n’outrepasseront pas le rôle qui leur est assigné dans une démocratie, qui découle de la volonté du peuple. « Ces mots sonnent bien aussi à  »Foggy Bottom » (NDT : Ministère des Affaires Etrangères).

Pendant ce temps, les voisins arabes de l’Egypte ont exprimé leur soutien au coup d’état militaire, mais pas l’Afrique, où il a été rapporté que l’Union africaine allait suspendre l’Egypte de toutes ses activités, à la suite du changement de pouvoir inconstitutionnel.

Les discussions de Patton Boggs avec le Congrès et avec l’administration Obama ont porté, entre autres, sur les points suivants :

Le président Morsi et son gouvernement avaient plus d’un an pour montrer des progrès au peuple égyptien, avec à la fois la légitimité politique institutionnelle provenant de leurs victoires électorales et aussi un fort soutien populaire quand ils ont récupéré la totalité des pouvoirs des mains des forces armées en Juin 2012.

L’équipe de M. ElBaradei souligne que le gouvernement Morsi a lamentablement échoué et que le nouveau gouvernement, dirigé espèrent-ils par M. ElBaradei, va maintenant agir plus efficacement pour faire avancer le pays vers des institutions de gouvernance crédibles et légitimes.

La campagne de M. ElBaradei, comme l’a rapporté le New York Times dans l’édition du 04.04.13, avait également travaillé dur pour convaincre la Maison Blanche de ce qu’il appelait la nécessité d’évincer le président Morsi par la force, présentant plusieurs arguments, qui incluaient une documentation, que Morsi avait raté la transition du pays vers une démocratie inclusive et avait gaspillé une année sans avoir suivi aucun de ses engagements ni traité les problèmes:

Certains analystes du Congrès estiment que l’une des plus grandes erreurs de Morsi provient d’une politique délibérée de consensus et non pas, comme on le croit communément, de la confrontation. Il a permis à l’armée de conserver l’autonomie de sa corporation et de rester au-delà du contrôle civil. En outre, il a inclus dans son cabinet un grand nombre de figures non-Frères musulmans qui l’ont abandonné après quelques mois quand les choses se sont corsées, présentant ainsi au public l’image d’un gouvernement sur le point de s’effondrer. Certains ont suggéré que Morsi aurait dû mettre l’armée au pas aussitôt après avoir pris le pouvoir et qu’il était au sommet de sa popularité ; tout comme l’armée était à son point le plus bas dans la perception du public. Les explications sur les échecs de Morsi n’en finissaient pas.

Ce que feront les Frères musulmans et les partisans de Mohammad Morsi dans les prochains jours à la place Tahrir et à travers l’Egypte déterminera vraisemblablement l’itinéraire et le succès final de la montée en puissance de ElBaradei.

En attendant, à compter du 05/07/13, il semble que le président Barack Obama pourrait bien aider Mohammad ElBaredei à s’introduire au palais présidentiel de l’Egypte. Si l’administration Obama y réussit, il y aura de la joie dans le parti de la victoire à Tel Aviv et à Patton Boggs où un bon nombre des invités seront presque certainement soigneusement examinés par l’AIPAC.

Franklin Lamb fait des recherches au Liban et en Syrie et est accessible c / o fplamb@gmail.com

Traduction : Avic

Source originale : http://www.counterpunch.org/2013/07/05/is-obama-back-elbaradei/