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Syrie : En prévision des élections présidentielles de 2014, l’Occident cherche les voix des « électeurs syriens déplacés » !


Par Nasser Charara

ElectionsEuropeenes_VoteBureauLa carte de l’option militaire est tombée des mains des ennemis occidentaux et régionaux du Président Bachar al-Assad, déterminés à l’éliminer du pouvoir dans l’espoir évident de détruire l’État syrien comme ce fut le cas pour tant d’autres États avant lui. Mais pour Washington reste une autre option ; celle de l’éliminer politiquement lors des prochaines élections présidentielles prévues en 2014, à condition de pouvoir compter sur l’ « électeur syrien déplacé » plongé dans l’environnement pro-opposition de divers pays, bien obligés de souffrir l’accueil de la « diaspora syrienne » qu’ils continuent à encourager…

Avant de vous livrer la traduction de l’article de M. Charara traitant de ce sujet, j’aimerais raconter une petite histoire à tous ces politiciens qui se justifient en prétendant vouloir sauver le « Liban ami » des griffes de la « Syrie ennemie ». Elle m’est revenue en mémoire lorsque j’ai lu la liste des membres du dernier né des « clubs de calomniateurs » apparemment chargé de cette besogne de détournement de l’électorat syrien à l’étranger, sous l’égide de Madame Elizabeth Guigou en personne. En quoi notre ex-ministre de la Justice est-elle directement concernée par la destruction de la Syrie ? Mystère !?

En bref, une réunion débat a été organisée le 1er Octobre à l’Assemblée nationale pour soi-disant « Soutenir le peuple syrien… Faire entendre les voix de la Syrie libre… Faire entendre la voix de l’opposition démocratique en Syrie… » ! Les liens [1] et [2] donnent la liste de ces valeureux démocrates qui appellent à frapper leur patrie ou tentent de mettre en échec les attendus de la Conférence de Genève 2, parmi lesquels une animatrice d’une prétendue « radio libre syrienne Rozana » émettant de Paris. Rozana !!! Une fois la surprise passée, l’on se dit qu’elle porte bien son nom.

En effet, à l’époque de l’occupation ottomane, un navire chargé à Izmir s’est dirigé vers la ville de Beyrouth avec pour seul objectif d’inonder son marché de denrées de première nécessité, notamment alimentaires, vendues à très bas prix pour en étrangler l’économie. Cette invasion surprise aurait pu être catastrophique pour les commerçants de Beyrouth, si la « Chambre de commerce d’Alep » n’avait envoyé ses délégués pour acheter, au plus haut prix, leurs marchandises devenues invendables et à la limite de la péremption [3]. Ensuite, c’est par camions entiers que ces denrées prirent la route vers les villes syriennes… Le navire prédateur ottoman était surnommé « Rozana » !

Depuis, Rozana est aussi le titre de l’une des chansons les plus populaires au Liban et en Syrie. Elle a été écrite en reconnaissance de la solidarité des commerçants d’Alep pour leurs frères beyrouthins. M. Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France en Syrie devant honorer de sa présence ce club de calomniateurs, n’a pas pu ne pas l’entendre au décours de l’une ou l’autre des nombreuses soirées chaleureuses où il était reçu en ami.

Écoutez cette version originale de l’incomparable Sabah Fakhri, devenue l’un des symboles d’Alep, aujourd’hui détruite par les bons soins des néo-ottomans avec l’approbation du gouvernement français [4]. Puis, écoutez cette deuxième version moderne interprétée par une citoyenne arménienne [5], alors que les Syriens arméniens déplacés en Arménie ont fui une guerre, peut-être pour une autre… [6].Merci. [NdT].

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Une sorte de guerre froide règne au sein des relations internationales quant à la question de la candidature du Président Bachar al-Assad pour un nouveau mandat en 2014. En effet, depuis le début des événements en Syrie, les prétendus « Amis du peuple syrien » font une fixation sur sa destitution ; ceci, après avoir échoué à modifier ses positions selon l’agenda formulé par l’ancien secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, lors de leur célèbre rencontre en 2003.

Nombre de conversations entre diplomates indiquent que suite à l’échec de l’option militaire pour l’écarter du pouvoir comme le voulait la théorie de Robert Ford, ex-ambassadeur des USA à Damas, Washington se dirige aujourd’hui vers une nouvelle option consistant à le renverser politiquement, soit en l’empêchant de se porter candidat aux élections présidentielles prévues en 2014, soit en mobilisant tous les moyens qui pourraient les lui faire perdre si l’Occident n’arrivait pas à empêcher la tenue de ces élections avec Bachar Al-Assad comme candidat.

Ce n’est plus un secret pour personne que la Russie, l’Iran et les Etats-Unis sont divisés sur cette candidature mais, jusqu’à présent, beaucoup ignoraient que Washington et ses alliés occidentaux et arabes cherchent à dépasser cet obstacle en travaillant secrètement et de concert, au sein de leurs « salles d’opération » respectives, à échafauder des plans susceptibles de leur garantir la défaite du Président syrien au cas où ces élections auraient lieu.

Sondages occidentaux payés avec l’argent du Qatar

L’année dernière, la « Fondation du Qatar » supervisée par Cheikha Mozah, l’épouse de l’ex-Émir, a commandé une enquête d’opinion ciblant les résultats probables d’une élection présidentielle « libre » en Syrie. À remarquer que c’est une entreprise et une équipe US qui ont été chargées de cette enquête, et que le sondage devait porter sur deux échantillons de citoyens syriens : les électeurs de l’intérieur de la Syrie, et les électeurs de l’extérieur de la Syrie déplacés ou réfugiés dans les pays du Golfe, d’Afrique, et dans les États du Levant.

Le sondage avait montré que 54 % des Syriens de l’intérieur étaient pour la candidature du Président Al-Assad et son maintien pour un nouveau mandat, alors que 46% étaient contre. En revanche, 83% des Syriens déplacés dans les pays du Golfe, 93% de ceux déplacés en Afrique, et 64% de ceux déplacés dans les pays du Levant étaient contre.

Cette première enquête a été suivie par d’autres sondages non publiés, commandés auprès de sociétés françaises et étatsuniennes, et toujours financés avec l’argent arabe. Ces sondages auraient montré sensiblement les mêmes résultats : plus de 50% des Syriens de l’intérieur étaient favorables à Al-Assad, et plus de 60% des Syriens déplacés à l’étranger étaient défavorables.

Ces pourcentages sont fondamentalement très importants, car ils ont poussé Washington à insister sur deux questions particulières dans son approche de la crise syrienne : empêcher Al-Assad de se porter candidat en 2014 de peur qu’il ne gagne les élections sur la base de ces chiffres considérés fiables, et poursuivre une politique encourageant les pays voisins de la Syrie à accueillir encore plus de déplacés syriens. Politique justifiée par des considérations humanitaires mais, en réalité, liée au fait que la coalition anti-Assad a été obligée d’accepter la solution politique qui implique des élections présidentielles avec sa participation. Dans ce cas, le « meilleur électeur » pour renverser Al-Assad devient « l’électeur déplacé » !

D’autre part, ces sociétés de sondage occidentales estimant que 83% des Syriens résidant dans les pays du Golfe et que 68% des Syriens résidant dans les pays du Levant s’opposeraient à cette réélection, cela explique l’insistance de Washington pour que le Liban ouvre ses frontières à tous les Syriens sans aucune restriction… Les USA cherchent donc à augmenter au plus haut ces chiffres d’opposants de sorte que le moment venu, les réfugiés syriens représentent le bloc capable de démentir les prévisions de victoire de Bachar Al-Assad. La Turquie et la Jordanie refusant de recevoir davantage de réfugiés pour des raisons de sécurité intérieure, le Liban reste le seul pays susceptible de leur permettre d’atteindre cet objectif.

Ainsi, l’un des plans actuellement avancés par les USA, en prévision de la Conférence de Genève 2 et de la « transition politique par la mise en place d’un organe de gouvernement transitoire », serait d’imposer un accord octroyant aux réfugiés le droit de voter à partir de l’étranger et d’organiser les bureaux de vote dans les pays où ils résident. Mais Damas insistera pour que le vote ait lieu en territoire syrien et s’il faut une supervision internationale, elle sera syrienne et internationale à la fois !

Ceci, parce que le conflit est désormais essentiellement centré sur le climat dans lequel les réfugiés devront voter. Il est certain que la plupart des pays qui accueillent un nombre significatif de réfugiés syriens sont hostiles à Al-Assad, en particulier les pays du Golfe et la Turquie qui travaillent à sa défaite. En outre, les réfugiés en Jordanie et au Liban sont volontairement poussés à s’installer dans les zones où l’environnement politique est défavorable au gouvernement syrien et qui sont ouvertement impliquées dans le soutien de l’opposition syrienne.

D’ailleurs, le Premier ministre libanais Najib Mikati a déclaré, en public et en présence de diplomates, que le flux des Syriens vers le Liban était traité en dehors des normes internationales régissant l’accueil des réfugiés. Un diplomate aurait rétorqué : « D’après les déclarations de M. Mikati, il est clair que cette manière de traiter le flux entrant de réfugiés n’est pas innocente ! ».

Washington et ses alliés réalisent parfaitement que le climat politico-électoral en Syrie s’oriente de plus en plus en faveur du régime actuel, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas compter sur les électeurs syriens à domicile. La meilleure preuve en est que le Dollar a chuté de 50% par rapport à la Livre syrienne depuis que Washington a retiré sa menace de frappe aérienne sur la Syrie [le Dollar est passé de 300 Livres syriennes à 150]. La lecture politique de ce fait, entre autres faits, indique que l’élite urbaine syrienne, majoritairement sunnite, est soulagée maintenant que la menace du renversement du gouvernement par la force s’est dissipée, et considère que le retour partiel à la stabilité est dû à la continuité et à la solidité du gouvernement qui s’est imposé sur la scène internationale.

Par conséquent, si le « meilleur électeur » anti-Assad est le « l’électeur déplacé », reste un électeur encore meilleur ; celui qui appartient à un bloc plus important qu’il n’est plus possible de manipuler pour le pousser à voter contre un nouveau mandat du Président syrien. Un bloc fondé sur une base sociale large et plurielle qui n’a qu’un seul ennemi ; à savoir, « le substitut inconnu » et le « terrorisme » qui promet à la Syrie le destin de l’Afghanistan, de la Libye, et de Irak.

La force d’Al-Assad vient de l’intérieur

Il est donc clair que la théorie de la destitution du Président syrien consiste désormais à créer un « levier électoral » à l’extérieur du territoire syrien pour qu’il vote en chœur avec son environnement pro-opposition. Mais d’autres facteurs sont à prendre en compte.

L’un des facteurs principaux relève du fait que de larges zones du territoire syrien sont sous contrôle direct ou indirect du dit État Islamique d’Irak et du Levant [EIIL], du Front al-Nosra ou d’autres groupes de terroristes radicaux pour lesquels voter ou participer à des élections est interdit par la religion ! Par conséquent, il est probable que le jour du scrutin en Syrie, l’EIIL puisse commettre contre les bureaux de vote le même genre d’attentats-suicides sanglants qu’en Irak ; cela aurait une incidence sur le taux de participation dans les zones tenues par les terroristes.

Un autre facteur qu’il faut appréhender est qu’Al-Assad risque de se retrouver le seul candidat « pro-stabilité » contre plusieurs candidats représentant l’inverse. De plus, il sera facile pour des pays comme la Turquie, l’Arabie saoudite, la France, et les Etats-Unis de se mettre d’accord sur un seul candidat anti-Assad pour éviter la dispersion des voix de l’opposition ; ceci, si ces pays arrivent à faire en sorte que les opposants votent à partir de leurs territoires respectifs ou de pays sur lesquels ils exercent leur influence. Certaines sources rapportent que Riyad prêche pour des élections à deux tours parce que cela servirait justement à s’entendre sur un candidat unique anti-Assad, une fois que nombre de candidats de l’opposition auront été éliminés au premier tour.

Une chaîne de télévision pour les « minorités »

Des rapports récents indiquent que dans le cadre des préparatifs électoraux du camp anti-Assad, une figure marquante de l’opposition syrienne envisage – à la demande de l’Arabie saoudite et de la France – de mettre en place un réseau de télévision par satellite destiné à ceux qu’elles considèrent comme des « minorités » en Syrie et au Moyen-Orient. L’objectif serait d’attirer un plus grand nombre de voix chrétiennes et kurdes, et surtout de contrer le discours du Vatican soucieux de l’avenir des chrétiens en Syrie et au Moyen-Orient depuis le soi-disant printemps arabe.

Nasser Charara

04/10/2013

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : Al-Akhbar [Liban]

http://www.al-akhbar.com/node/192615

Notes :

[1] Invitation à la réunion débat à l’Assemblée nationale : les voix de la Syrie libre !

http://www.inscription-facile.com/form/cxtHEwA8PqT362KRDCne

[2] Le blog de Philippe Baumel

http://www.philippebaumel.fr/Reunion-debat-Les-voix-de-la-Syrie

Extrait de l’invitation justifiée, entre autres, par l’’administration « des zones soustraites au contrôle du pouvoir ». Autrement dit les fameuses « zones libérées » par les zombies assassins et voleurs de pétrole vendu à bas prix dans le Nord de la Syrie… qui ont peut-être échappé au contrôle de leurs commanditaires. Mais ça, Monsieur Baumel s’en fiche. Il est dans le vent et prétend amener le progrès là où on ne l’a pas attendu :

« La politique de fermeté prônée par le Président de la République à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, qui n’a pas hésité à lancer des attaques au gaz massives contre les populations civiles, a favorisé la mise au point d’un plan de contrôle de ses armes chimiques, négociée à Genève entre les Russes et les Américains. Sans la menace d’un recours à la force, qui a convaincu Moscou de faire pression sur Damas et de renouer le dialogue avec Washington, ce plan redeviendra vite lettre morte, comme les accords précédents. Sans préjuger de ses chances de réussite dans un pays à feu et à sang, force est de constater que le dictateur a résolument repris les bombardements et les massacres, les arrestations et les tortures.

Aucune solution politique ne saurait prévaloir si elle ne prend pas en compte les aspirations du peuple syrien et les souffrances qu’il endure depuis deux ans et demi dans sa quête de liberté. Il faut aider l’opposition démocratique syrienne à se faire entendre davantage. Luttant pied à pied contre les apologues de la répression et les fanatiques du djihad, elle s’efforce malgré tout de défendre et d’administrer les zones soustraites au contrôle du pouvoir, en tentant de tracer les perspectives d’une société de tolérance et de progrès en Syrie. Ses appels à l’aide peuvent-ils être ignorés ? »

[3] As-Safir du 27/09/2013 : La dette morale des Beyrouthins envers Alep…

http://www.assafir.com/Article.aspx?ArticleId=2636&EditionId=2576&ChannelId=62249#.Uk_3575OLSc

[4] Rozana : version interprétée par Sabah Fakhri dans Alep

[5] Rozana : version moderne interprétée par Lena Chemamian

« Que Dieu punisse Rozana pour ce qu’elle nous a fait…

Vous qui partez pour Alep, mon amour s’en est allé avec vous…

Sous les raisins que vous transportez, des pommes… »

[6] AFP : L’Azerbaïdjan accuse l’Arménie d’installer des réfugiés syriens au Nagorny Karabakh

http://www.lorientlejour.com/article/835827/lazerbaidjan-accuse-larmenie-dinstaller-des-refugies-syriens-au-nagorny-karabakh-.html

Monsieur Nasser Charara est analyste politique et journaliste libanais.

Reprise de la guerre médiatique contre le Zimbabwe et Mugabe


mugabeNon le Zimbabwe ne s’apprête pas « à livrer de l’uranium à l’Iran » !
Et non le Mossad n’a pas « truqué les dernières élections au Zimbabwe pour faire gagner Mugabe » …

Je traitais précisément hier dans un éditorial de la valeur des infos diffusées par les médias de l’OTAN (1) à propos de la Syrie.
L’actualité me donne à nouveau, cette fois à propos du Zimbabwe, l’occasion de disséquer les mediamensonges des presstitutes au service de Washington.

Zimbabwe_ahmadinejad_MugabeLe président Mugabe vient de gagner les élections générales et présidentielles au Zimbawe par un K.O. technique (2) sans appel. Les observateurs de l’Union Africaine et de la SADC témoignent qu’il a gagné sans fraude dans des élections libres et ouvertes. Malgré les cris d’orfraie des ONG pro-occidentales et de leurs maîtres de Washington et Bruxelles.

L’Occident doit donc reprendre à toute vitesse la sale guerre contre le régime du président Mugabe. Il s’agit de reprendre la déstabilisation du pays, de délégitimer ses institutions et surtout de relancer la guerre économique via la reprise des sanctions contre Harare.

Moins de huit jours après la victoire de Mugabe, voilà donc la guerre médiatique contre lui qui reprend. En catastrophe par une salve de médiamensonges.

PREMIER MEDIAMENSONGE :
« HARARE S’APPRETE A LIVRER DE L’URANIUM A L’IRAN »

Le Zimbabwe n’a signé aucun contrat de vente d’uranium à l’Iran, a affirmé ce dimanche le ministre zimbabwéen des Mines, démentant une information du quotidien britannique The Times. « C’est de la fiction, le gouvernement iranien ou personne en Iran ne m’a jamais demandé de concession minière », a déclaré à l’AFP le ministre des Mines Obert Mpofu. « Ils n’ont jamais demandé de concession pour extraire de l’uranium ou d’autres minerais », a-t-il insisté.
Ajoutant sans discussion : « Le pays n’extrait pas d’uranium » !
Chimanikire-_Gift« Si Chimanikire a parlé au reporter du Times d’un accord pour exporter de l’uranium en Iran, c’était peut-être un rêve », a-t-il ironisé.

Le Times citait en effet hier samedi le vice-ministre zimbabwéen des Mines sortant, Gift Chimanikire, selon lequel « le pays aurait signé un protocole d’accord avec l’Iran prévoyant la livraison de l’uranium nécessaire pour se doter d’un armement nucléaire ». Et l’AFP ajoutait : « L’accord aurait été signé l’an dernier, alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions à l’Iran, soupçonnant Téhéran de vouloir mettre au point une bombe atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil ».

On voit ici précisément ça que valent les infos des médias de l’OTAN : infos bidonnées, témoignage inventés de toutes pièces, médiamensonges assénés avec culot.

mugabe_brthdayLa motivation du faux : fournir prétexte à la reprise des sanctions contre Harare. Le Zimbabwe est en effet toujours sous le coup de sanctions internationales visant une dizaine de personnalités dont le président Robert Mugabe, qui a été réélu le 31 juillet pour un nouveau mandat de cinq ans. Mugabe a aussi publiquement soutenu le programme nucléaire – civil – iranien.

Gift Chimanikire – qui fait partie de l’opposition avec qui M. Mugabe cohabitait depuis quatre ans, tandis qu’Obert Mpofu appartient au camp présidentiel – a lui-même dû reconnaître que l’article du Times était biaisé, selon l’hebdomadaire gouvernemental Sunday Mail. « Aucune licence (d’exploitation minière) n’a été délivrée. Je n’ai jamais dit une chose aussi stupide. (…) Nous faisons des prospections et nous n’exploitons pas d’uranium au Zimbabwe », a-t-il déclaré, selon l’hebdomadaire dominical.

Le journaliste du Times « pensait vendre son journal en écrivant des mensonges, et c’est une histoire spéculative et dangereuse. Il a juste montré une mentalité typique visant à dire des choses négatives sur le Zimbabwe », a-t-il ajouté.

DEUXIEME MEDIAMENSONGE :
« LE MOSSAD DERRIERE LA REELECTION DE MUGABE »

Zimbabwe_Mugabe_ ChavezUn deuxième médiamensonges court le net depuis 48h, et ce n’est pas un hasard. Une «société israélienne » aurait « organisé en sous-main le scrutin, connue en Afrique subsaharienne pour être proche du Mossad», via une « fraude électorale à grande échelle ».

Témoins de ces accusations … le candidat perdant – qui est celui des USA, de Londres, de l’UE, de l’OTAN … – Tsvangirai. Et une ONG, le Zimbabwe Election Support Network (ZESN), et Projects Nasini, un think tank sud-africain, tous deux proches de l’opposition et pro-occidentale.

Mugabe_KadhafiDeux questions :
– Pourquoi les observateurs de l’UA font-ils des observations inverses ?
« Les élections, compte tenu des circonstances, se sont bien passées et il n’y a pas de raison de les annuler », dit Bernard Membe, chef de la mission d’observation de la SADC (la Communauté de développement d’Afrique australe). « Une élection dans l’ensemble libre, honnête et crédible », ajoute Olusegun Obasanjo (ex-président nigérian), chef de la mission d’observation de l’UA …
– Et pourquoi le Mossad aiderait-il à la victoire de Mugabe, bête noire de l’Occident, soutien de la Cause palestinienne, de Kadhafi (3) ou de Chavez ? Et grand ami de l’Iran précisément …
Car l’Iran, et le médiamensonge frappe Téhéran aussi par la bande, est aussi la victime de cette campagne.

On voit tout de suite le sérieux de ces accusations.

LE ROLE DES OFFICINES ISRAELIENNES ET AMERICAINES

Derrière ces fausses infos on retrouve le plus souvent des officines américaines ou israéliennes – comme DEBKA ou le MEMRI, proches de Tsahal -, machines à désinformer. Et on retrouve aussi, hélas, la légèreté de « journalistes » amateurs et de blogs « non mainstream », mal formés, prêts à tout pour un titre choc ou un éphémère « scoop » bidon. Et qui répercutent de telles insanités.

debkaLe passé aurait pourtant dû les rendre plus prudents. Un exemple, lamentable, vient à l’esprit. En plein assaut de l’OTAN contre la Jamahiriya libyenne, en février-mars 2011, ces désinformateurs pathologiques avaient lancé un «scoop» : « Kadhafi avait engagé des mercenaires israéliens » (sic). Effet démobilisateur au plus grand profit de l’OTAN. C’était le temps où ces analystes foireux saluaient le «printemps arabe» et la «révolution des masses arabes» (resic), avant de retourner leurs vestes sous la pression de leur public. Derrière ce médiamensonge, déjà DEBKA … Et un Mossad qui armait discrètement le CNT à Benghazi et soutenait l’offensive médiatiquo-diplomatique du sioniste BHL.

L’information occidentale c’est l’empire du mensonge. Et pour contrer cette politique systématique du médiamensonge, il n’y a qu’une seule arme : la vérité. Même si elle est brutale, dérangeante ou (momentanément) impopulaire. « Seule la vérité est révolutionnaire » disait Lénine.

Contre le Système, ses médias aux ordres, ses presstitutes, son mur de l’argent et du silence contre ses ennemis, il faut une véritable information révolutionnaire !

Luc MICHEL

Il y a eu des élections au Mali… et même un second tour


Commentaire de Bernard Cuny

Ibrahim-Boubacar-Keita-mali« Grand succès de la démocratie malienne » claironnent nos perruches et perroquets médiatiques assistés de leurs « spécialistes » en plateau, arguant du « fort taux de participation » « au premier tour » de…Moins de 50 % !… Et mettant sur le compte du désintérêt des « électeurs », le vainqueur étant assuré, et du « mauvais temps », un taux de participation encore inférieur « au second tour »…

Certes, la présence d’ « observateurs » de l’ « UE » et de l’armée française « garantit la validité des résultats »…Mais, à ma connaissance, nous n’avons pas droit à de tels « observateurs » lors de nos votations, en « France »…Le candidat ou l’électeur malien serait-il à ce point méprisable et suspect de fraude ?…

Notons enfin qu’il faut un certain courage aux maliens abstentionnistes pour s’abstenir de voter, alors que les listes électorales sont sans aucun doute à la disposition de l’armée d’occupation…Mais il vrai que c’est la présence d’une « Qaïda » multiformes, pratiquement dans tous les pays des anciennes AOF et AEF, qui « justifie » la présence des troupes françaises…N’est-ce pas ?..

De l’illusion d’une libération par serval…


mali-Soldats-francais-GaoDe l’illusion d’une libération par serval a l’aboutissement d’un service pour le chaos total. Chronique d’une élection pipée

A Bamako courent de folles rumeurs sur les millions de cartes de vote éditées en surplus (?!!!), dans la plus grande opacité, par le pouvoir intérimaire, au moment où des électeurs potentiels du même nombre sont privés de leurs droits constitutionnels par défaut de Nina (la carte d’électeur).

Pis, à seulement 4 jours du 1er tour de l’élection présidentielle, des militaires aux ordres du capitaine Sanogo auraient pillé des stocks de cartes de vote aux fins d’utilisation frauduleuse en faveur du « candidat des militaires ».

Les jeux semblent faits !

Les élus sont connus d’avance et les élections présidentielles du Mali du 28 juillet 2013, censées restaurer l’ordre républicain et constitutionnel, passeront dans les annales comme la plus grande mascarade de l’histoire politique de la France-Afrique, pourtant riche en événements de ce genre.

Que le peuple du Mali se le tienne pour dit : Serval lui sera fatal !

Que le peuple français le sache : l’opération menée à grands frais au Mali, en son nom et pour son idéal, n’est décidément qu’un énorme leurre qui finira par modifier durablement les sentiments et attitudes des Maliens à l’endroit de la France et des Français !

A. Le tiercé gagnant

Sauf rebondissement, le tiercé gagnant dans l’ordre est le suivant : Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), président, Soumeylou Boubèye Maïga, Premier ministre, et le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef d’état-major occulte de l’armée en dépit de son grade de capitaine.

Le choix peut surprendre mais répond à une logique de prédation :

– IBK n’est pas JFK. Vieux cacique de la vie politique malienne, Ibrahim Boubacar Kéita a été pendant 6 ans Premier ministre du président Alpha Omar Konaré, puis président, pendant 5 ans, de l’Assemblée nationale sous le dernier président Amadou Toumani Touré (ATT). Autant le dire tout de suite, ce n’est pas un perdreau de l’année. Plus que tout, toutefois, au-delà de son expérience et sa capacité manœuvrière de survie dans le marigot, sa qualité transcendantale qui s’impose à tous et l’impose d’emblée comme le meilleur futur président, sa martingale en somme, est son statut de vice-président de l’Internationale socialiste, le parti de François Hollande, le vainqueur de la bataille du Mali.

– Soumeylou Maïga, ancien ministre des Affaires étrangères du planqué de Dakar et ancien directeur général des services secrets du Mali, lui, sera Premier ministre, en raison de sa sensibilité pro-algérienne. Un retour d’ascenseur en somme pour un pays qui a autorisé le survol de son territoire par l’aviation française durant l’opération Serval (janvier 2013), aidé les services français à localiser la sépulture de l’otage français Philippe Verdon tué par ses ravisseurs dans le désert, enfin, dernier et non le moindre des éléments, garant, à la demande du MNLA, des futurs accords entre le gouvernement malien et ses contestataires.

– Amadou Aya Sanogo : le responsable majeur de ce désastre national, sera maintenu à son poste, moyennant une vague repentance balbutiée hâtivement à ses compatriotes au début de la campagne électorale, tel un rescapé de la mort. Maintenu à son poste au même grade de capitaine, investi néanmoins de la fonction de chef d’état-major occulte de l’armée malienne en reconstruction.

B. IBK versus Soumaïla Cissé, un remake des compétitions électorales françaises

Le scénario prévoit même un 2e tour électoral mettant en compétition IBK et Soumaïla Cissé, en un remake des compétitions électorales françaises en ce qu’il opposera IBK, le poulain socialiste, à un ancien cadre supérieur des entreprises françaises, notamment Air Liquide et Pechiney, Soumaïla Cissé, qui passe pour bénéficier des sympathies de la droite française.

Un arrangement scellant la réconciliation entre les anciens frères ennemis de l’Adéma (Alliance pour la démocratie au Mali), l’ossature politique des deux précédents mandats présidentielles (Alpha Oumar Konaré et ATT), aurait été conclu sous l’égide du président intérimaire Dioncounda Traoré.

Il prévoirait d’exclure de la phase finale du processus électoral, Modibo Sidibé, le dernier Premier ministre d’ATT, ainsi que Cheik Modibo Diarra, le spécialiste malien de la Nasa, dont le retour aux affaires signerait la mort politique du putschiste Sanogo. Modibo Sidibé a, en effet, été interpellé à deux reprises par la junte militaire et le scientifique, beau fils de l’ancien dictateur Moussa Traoré, a été évincé sans ménagement de ses fonctions de premier ministre durant la phase intérimaire.

C. 27 candidats dont une femme, Mme Haïdara dite Chato, au titre de la parité

Cisse-ChatoVingt-sept candidats postulent à la magistrature suprême malienne, dont une femme, diversité oblige, non pas Aminata Dramane Traoré, l’ancienne ministre de la Culture du Mali, interdite de séjour en France pour cause d’hostilité à Serval, mais une candidate inattendue, Mme Haïdara née Cissé Aïchata dite Chato, députée de Bourem originaire du Nord du Mali, ancienne camarade de travail au sein de la compagnie Air Afrique d’Edith Bongo, fille de Sassou Nguessou et épouse de l’ancien président gabonais Omar Bongo, mais surtout ancienne confidente de deux présidents africains, ATT du Mali et Sassou Nguessou du Congo Brazza, qui disposerait d’une force de dissuasion par les secrets d’alcôve qu’elle détiendrait.

Autre curiosité de la campagne, Oumar Mariko, candidat communiste, seul candidat à jouir d’une audience certaine dans le Nord du Mali, a été interdit de faire campagne dans cette zone sous contrôle militaire français, de crainte que ses harangues ne mettent en route un mouvement de protestation contre la présence militaire française au Mali.

Sous cape, il se murmure que la chancellerie française à Bamako s’active pour dissuader les opposants de contester les résultats de ce simulacre électoral, contre arguments sonnants et trébuchants : le remboursement des frais électoraux, particulièrement la caution de dix millions de F CFA bonifiés d’une prime au silence.

Au Parti socialiste, les divergences sur la question malienne sont tues. Le secteur international du PS est entravé, notamment sur les questions africaines, au bénéfice du cabinet de Harlem Désir qui semble avoir confié cette tâche de façon officieuse à Corinne Bord, laquelle travaille en étroite collaboration avec Thomas Melonio.

Cette situation est loin de faire l’unanimité au sein du parti où l’on pointe les conséquences de ces élections bâclées sous la pression de la communauté internationale avec ces possibles conséquences sur le Niger, la réhabilitation d’Idriss Deby que Serval a provoqué, de même résultant du rôle ambigüe du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, ainsi que la gestion du contentieux de Kidal et du MNLA, qui a demandé à l’Algérie de garantir les futurs accords conclus avec le pouvoir central à Bamako. Autant de signes qui marquent le retour en grâce de la Francafrique et la non prise en compte de l’avis de la diaspora sur les questions politiques.

D. Le Ravec et les failles du système électoral

La prochaine élection présidentielle malienne ignorera des millions de Maliennes et Maliens pourtant désireux d’y prendre part à travers leur vote.

La totalité des habitants de plus de 400 localités où il n’y a pas eu de Ravec (Recensement administratif à vocation d’état-civil) constitue le premier lot de ces millions de laissés-pour-compte. Ne voteront pas également les centaines de milliers de jeunes majeurs (18 et 19 ans) non-inscrits pour manque de leurs données biométriques, les réfugiés dans les camps et exilés, et aussi les centaines de milliers de personnes recensées, mais omises sur la liste des électeurs pour des raisons encore inconnues et inexpliquées.

Cependant, à Bamako courent de folles rumeurs sur les millions de cartes de vote éditées en surplus (?!!!), dans la plus grande opacité, par le pouvoir intérimaire, au moment où des électeurs potentiels du même nombre sont privées de leurs droits constitutionnels par défaut de Nina (la carte d’électeur)

Pis, à seulement 7 jours du 1er tour de l’élection présidentielle, des militaires aux ordres du capitaine Sanogo auraient pillé des stocks de cartes de vote aux fins d’utilisation frauduleuse en faveur du « candidat des militaires ».

Le mécontentement populaire est réel et justifié en ce que les luttes pour les droits et les libertés en Afrique sont indissociables des combats pour la paix et la justice dans le monde, contre le racisme et toutes formes de discriminations. Elles sont parties intégrantes des grands mouvements universels d’émancipation et d’égalité des peuples. La justice, la paix et la liberté devront, sans condition, s’installer en Afrique et s’y pérenniser. Il y va de la crédibilité des institutions internationales.

Don de l’Union européenne au Mali, à hauteur de 48 milliards de F CFA à sa réalisation, le Ravec devrait permettre de fiabiliser l’état-civil au Mali. Mais sa mise en œuvre (la prise des empreintes digitales des dix doigts de la main notamment), a suscité des interrogations quant à sa finalité, notamment sur le fait s’il ne s’agissait pas d’une opération détournée de contrôle de l’émigration clandestine à destination de l’Europe.

E. Cheikh Chérif Haïdara, le Nasrallah du Mali

Au-delà des suspicions, sur fond de compétition électorale, est engagée une sourde lutte d’influence entre les deux grandes branches de l’islam – conséquence de la talibanisation du Sahel.

– L’imam Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali, une organisation sunnite chargée de la gestion des imams, qui passe pour bénéficier du soutien financier des pétromonarchies du Golfe, prônerait le vote utile en faveur d’IBK, le candidat de la France, par solidarité sectaire d’abord, au nom de la stabilité du pays ensuite. Son mot d’ordre est relayé à travers l’association Sabati-2012 (Sabati signifie stabilité).

– Cheikh Chérif Haïdara, le contrepoint chiite de l’imam Dicko, prône la stricte séparation de la religion de l’Etat. L’imam chiite préside la formation « Ançar Eddine » (les partisans de la religion), une association existant au Mali depuis un quart de siècle, mais dont le nom a été usurpé par les djihadistes pro-Qatar, lors de leur intrusion armée dans le septentrion malien.

Le chiisme est ultra minoritaire au Mali, mais son chef spirituel souvent désigné comme le « Hassan Nasrallah du Mali », par allusion au chef du Hezbollah, jouit d’un prestige certain en ce qu’il est la seule personnalité malienne capable de remplir un stade de 25 000 places.

F. Le Malien responsable au premier chef de ses maux

La fin du Mali, en tant qu’Etat moderne né en 1960, est intervenue en janvier 2013, 53 ans après l’indépendance formelle, lors de la défaite de Konna face aux jihadistes, donnant un formidable prétexte à la France de revenir en sauveur par la grande porte pour faire du Mali, la plus grande plateforme opérationnelle militaire de l’Afrique occidentale.

Les maux du Mali sont à rechercher dans le Mali lui-même.

« La force du Mali résidait dans sa capacité à transiger. Jusqu’à la caricature. Pouvoir s’asseoir et parler. A chercher à partager, même quand il n’y a rien à partager. Même quand il n’y a plus rien à partager.… Peuple de légende mais aussi de trahison, pratiquant l’esclavage, le Mandingue a ouvert la voie de la colonisation à l’homme blanc, en trahissant Samory Touré, l’adversaire pendant 17 ans des Français… Le Mandingue a été construit par la guerre, et c’est la guerre qui le détruira », ainsi parle Youssouf Tata Cissé, l’universitaire octogénaire malien, auteur d’une œuvre en 16 tomes « Les Grands gestes du Mali » (éditions Karthala).

C’est dire combien l’entente et la cordialité sont vitales pour le Mali et indispensables pour son unité nationale !

La jeunesse malienne, en connaissance de cause, s’impliquera ou pas, mais le FNC aura prévenu et depuis fort longtemps !

Aujourd’hui, seul un électorat conscient et authentiquement patriotique pourra déjouer les plans diaboliques ourdis à l’encontre du peuple malien. Mais de cela, l’histoire nous édifiera !

Pour la coordination FNC

L’indicateur du renouveau

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=11808

Elections en Iran : premières réactions occidentales


Le nouveau président iranien : Cheikh Hassan Rohani
Le nouveau président iranien : Cheikh Hassan Rohani

Avec 50,7% des voix dès le premier tour, le cheikh Hassan Rohani vient d’être élu Président de la République Islamique d’Iran, démentant tous les pronostics. Est-ce la naissance d’une nouvelle ère  pour l’Iran ? Sachant que la réalité du pouvoir reste entre les mains du guide suprême, l’Ayatollah Seyed Ali Khamenei, on pourrait se dire que seule la forme changera.

C’est justement dans cette forme que se forgent les relations internationales. En témoignent les premières réactions  occidentales. Le discours a déjà pris d’autres colorations que la rhétorique habituelle, et ce, avant même de savoir ce que fera ou ne fera pas le nouveau président. C’est dire dans quelle impasse s’était enfermé le discours diplomatique dès qu’il s’agit de l’Iran.

L’Italie a déjà fait savoir son désir d’établir des relations bilatérales avec l’Iran. Le ministre italien des Affaires étrangères, Emma Bonino, a déclaré dans un communiqué publié Samedi, que « L’Italie espère que, avec le nouveau gouvernement du président iranien (Hassan) Rohani, il sera possible de travailler à développer les relations bilatérales et de commencer sans délai, une nouvelle ère de compréhension et de dialogue constructif entre l’Iran et la communauté internationale« .

Bonino a également manifesté sa satisfaction pour la ‘’la mise en œuvre de l’élection présidentielle en Iran.« 

Un autre poids lourd de l’occident n’est pas en reste. Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a également salué l’élection de Rohani comme un vote pour « une politique étrangère constructive. »  

« Nous espérons que la nouvelle administration du pays collabore dans ce sens afin de trouver des solutions sur les questions internationales et régionales« , a ajouté M. Westerwelle.

Plus tôt, des responsables d’autres pays ont également félicité Rohani pour sa victoire dans l’élection du 14 Juin.

Qui l’eut cru ? Israël ne serait donc  plus la seule démocratie du Moyen-Orient ? Il a suffi de présenter le nouveau président comme un réformateur, un modéré, pour que le discours change. En quoi pourra-t-il réformer quoi que ce soit sur le plan international sans la bénédiction du chef suprême ? Ils sont forts ces iraniens !

Avic

Et le gagnant est … Khamenei


article_candidatsiranRien ne sera laissé au hasard – pas même l’allusion à une vague de protestation verte.

En 2009, 475 candidats se sont inscrits pour la présidence de l’Iran. Seulement quatre ont été approuvées par le Conseil des Gardiens – le sélectif et tout-puissant comité clérical. Cette année, pas moins de 686 inscrits pour les prochaines élections du 14 juin. Huit ont été approuvées.

Parmi eux, on ne trouvera pas les deux qui sont vraiment controversé ; l’ancien président Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, alias « Le Requin » – essentiellement un conservateur pragmatique – et Esfandiar Rahim Mashaei, conseiller et bras droit du président sortant Mahmoud Ahmadinejad sont tous les deux mis hors course.

Ceux qui restent en lice ne sont pas des personnages que l’on pourrait qualifier d’exceptionnels; un ancien vice-président, Mohammad Reza Aref ; un ancien chef de la sécurité nationale, Hassan Rohani ; un ancien ministre des Télécommunications, Mohammad Gharazi ; le secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité Nationale iranienne, Saeed Jalili ; le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Qalibaf ; le conseiller en  politique étrangère du guide suprême l’ayatollah Khamenei, Ali Akbar Velayati ; le secrétaire du Conseil de discernement, Mohsen Rezaei ; et le porte-parole du Parlement, Gholam-Ali Haddad-Adel.

Mais ils se lisent comme un bottin mondain des ultimes initiés de la République islamique – les soi-disant «principe-istes».

Le Requin hors de l’eau

Selon le ministère de l’Intérieur, le Requin a été éliminé en raison de son âge avancé (78 ans). Pas tout à fait. Le Requin a été écarté parce qu’il était le champion des modérés en course – et avait déjà drainé l’appui de la plupart des réformistes (exclus).

Mashaei a été exclu parce qu’il représenterait une continuation d’Ahmadinejad – soutenu par un bon nombre des ministres d’Ahmadinejad et bénéficiant d’une machine politique populiste formidable qui séduit encore la campagne de l’Iran et les pauvres en milieu urbain. Il aurait approfondi la voie d’Ahmadinejad vers un exécutif indépendant. Il ne pouvait en être question – pour l’instant. Ni Rafsandjani, ni Mashaei ne peut, en théorie, faire appel. Mais le Guide suprême en personne pourrait leur donner un coup de main. C’est peu probable, néanmoins.

Rafsandjani a attendu le dernier jour, le 11 mai, pour s’inscrire comme candidat potentiel. L’ancien président Khatami – du  fameux «dialogue des civilisations» – ne s’est pas enregistré, et avait annoncé, la veille, son soutien à Rafsandjani. On peut imaginer la sonnette d’alarme chez le chef suprême.

Le Requin a été récemment confirmé en tant que président du puissant Conseil de discernement  – qui supervise le gouvernement (Khamenei occupait ce poste quand l’ayatollah Khomeiny était encore en vie). On pourrait l’interpréter comme une sorte de lot de consolation.

Ahmadinejad, pour sa part, avait fait quelques allusions qui ressemblaient à du chantage – menaçant de cracher le morceau sur la corruption de la famille du chef suprême. Il lui sera difficile de revenir dans les faveurs du guide.

En supposant que le Chef suprême reste immobile, lui et ses subordonnés dans l’élite politique conservatrice courent un risque sérieux – celui de s’aliéner totalement les deux factions politiques les plus importantes de la République islamique. D’ici là, sans doute le Conseil des gardiens aura dégagé le terrain pour une victoire facile pour l’ancien commandant des Forces aériennes de la Garde Révolutionnaire et actuel maire de Téhéran, Qalibaf.

Qalibaf serait l’ultime figure politiquement correct pour ce que j’avais décrit depuis 2009 comme la dictature militaire de la mollahcratie – c’est à dire, l’emprise sur la vie institutionnelle de l’Iran par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et les religieux conservateurs, sous l’égide du réel  décideur : le Guide Suprême Khamenei.

Cet  article évoque le côté pas exactement tendre de Qalibaf. Cela, en soi, n’est pas surprenant. Infiniment plus cruciale est la question de savoir si Khamenei et les ultra-conservateurs peuvent se permettre de rester confortablement installé dans leur tour d’ivoire, alors que la situation économique interne se détériore davantage et que les l’axe vociférant arabe sunnite – largement initié par les Etats-Unis et soutenue par Israël – aboie aux portes de l’Iran.

Voter, sinon …

Lors des élections à venir, le guide suprême a cruellement besoin chiffres pour renforcer la légitimité du système. C’est pourquoi les élections municipales et rurales auront lieu pour la première fois le même jour que le scrutin présidentiel.

Pendant un temps, il semblait que Rafsanjani serait capable de rassembler toutes les oppositions. Maintenant, l’appel au boycott réformiste est amené à se développer. Mais il y a un énorme problème. Le vote en Iran est obligatoire, si vous ne votez pas, vos chances d’obtenir un emploi au sein du gouvernement ou d’une organisation semi-officielle est compromis. Cela signifie adieu à un précieux travail stable, un logement gratuit, pas de factures de services publics, des salaires décents et des avantages sociaux.

Tout le monde doit porter un livret d’identité nationale avec des timbres correspondant à chaque élection. Donc un grand nombre de jeunes scolarisés en milieu urbain, en réalité,se rendent aux urnes, mais votent blanc.

Dans les zones rurales de l’Iran, les choses sont beaucoup plus faciles pour le gouvernement. En Décembre 2011, cela s’est terminé avec beaucoup de subventions pour les biens d’équipement ménager et de l’énergie. Pour compenser la hausse de l’inflation, le gouvernement a commencé à faire des paiements directs à beaucoup de familles iraniennes – assurant ainsi son soutien dans de nombreuses provinces rurales.

Pour les ultra-conservateurs, rien n’est suffisant pour éviter une répétition de ce qui s’est passé en 2009, la vague verte, la victoire d’Ahmadinejad sur le réformiste Mir Hossein Mousavi sévèrement contestée, la colère dans les rues, d’énormes manifestations, la répression violente.

Moussavi, sa femme (l’artiste Zahra Rahnavard), et l’ancien porte-parole  du parlement Mehdi Karroubi – tous les fidèles du mouvement vert – ont été en résidence surveillée depuis les grandes manifestations de rue de Février 2011. La répression n’a pas faibli – bien au contraire (voir, par exemple, cet article dans le Guardian Cela a aussi débordé sur le camp Ahmadinejad;. Mêmes les religieux pro-Ahmadinejad ont été inquiétés ou arrêtés par les services de sécurité dans certaines provinces, et cinq sites internet pour la campagne de Mashaie ont été fermés.

Tous les VPN (réseaux privés virtuels) ont été fermées dans la myriade de cyber-cafés iraniens, et la vitesse d’Internet a été ralentie au maximum.

Même si tout ce «système de prévention» fonctionne, et même si le Guide suprême arrive à ses fins (et candidat gagnant, peut-être Qalibaf), les perspectives ne sont pas très agréable. Le titulaire du poste post-Ahmadinejad va hériter d’un paysage politique ultra-fragmenté; beaucoup de gens critiquent la gestion déplorable du gouvernement ainsi que l’effet des sanctions internationales sur leur sort ; et la même irréductible hostilité affichée par les Etats-Unis, Israël et l’axe sunnite. Suspendu à un désespoir tranquille semble être la voie populaire iranienne.

Pepe Escobar. sur Asia Times .

Traduction: Avic

Les États-Unis continuent de saper la démocratie au Venezuela


par DANIEL Kovalik

NICOLAS MADURO INVESTI AU VENEZUELAJe reviens tout juste du Venezuela où j’étais l’un des 170 observateurs internationaux venant de partout dans le monde, dont l’Inde, le Guyana, le Surinam, la Colombie, la Bolivie, le Nicaragua, l’Ecosse, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Guatemala, l’Argentine, la Corée du Sud, Sri Lanka, Ethiopie, Jamaïque, Brésil, Chili, Grèce, France, Panama et le Mexique. Lire la suite Les États-Unis continuent de saper la démocratie au Venezuela

A ROME LES URNES PAR LA GRÂCE DE JUPITER RESSUSCITENT JORG HAIDER (1)


italieBéppé, de son vrai nom Guiseppe Piero Grillo, un inconnu populiste italien fait la « une » des journaux en Europe en donnant à son Mouvement cinq étoiles ( MSS) aux dernières élections législatives italiennes 108 sièges à la Chambre des députés et 54 au Sénat. Ce blogueur, humoriste et acteur devance l’ex – commissaire européen Mario Monti, il recueille près de 26,5% des suffrages et devient le premier parti en Italie (les coalitions Bersani et Berlusconi comptent chacune 4 ou 5 partis).
Lire la suite A ROME LES URNES PAR LA GRÂCE DE JUPITER RESSUSCITENT JORG HAIDER (1)