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Qui est Mikhaïl Khodorkovski ?


2782617-20131220-101711-3Pour rappel et alors que  Mikhaïl Khodorkovski vient d’être libéré, un texte de William Engdahl.

William Engdahl est économiste et écrivain diplomé des université de Princeton et de Stockholm. Il publie depuis plus de 30 ans sur les questions énergétiques, la géopolitique et l’économie, et intervient dans les conférences internationales. Il est conseiller indépendant pour plusieurs grandes banques d’investissement.
www.warandpeace.ru — 31 décembre 2011 Lire la suite Qui est Mikhaïl Khodorkovski ?

Vers une guerre froide plutôt que vers une guerre mondiale !


Tribune libre Djerrad Amar

Pope John Paul II and Ronald ReaganEn Russie il y a et il y a toujours eu un camp pro-occidental, et ce, au moins depuis Pierre le Grand…Tous les dirigeants successifs du plus haut niveau au 4ème ou 5ème cercle étaient si l’on peut dire russo-centristes et plus tournés vers l’est et le sud.

La catastrophe a commencé avec le Pape polonais et le roi Fahd (succédant à Fayçal … assassiné par un neveu), instruments de Reagan, le premier pour faire craquer l’empire à partir de la Pologne catholique et le second pour le faire sombrer économiquement au moyen du prix du baril, qui a touché le fond vers la mi-année 80 à tel point qu’il suffisait à peine pour couvrir les frais de production, consécutivement à la nouvelle politique des prix appelés « net back » mise en place après l’éviction de Zaki Yamani et son remplacement par un membre de la famille royale.
(Nous avons fait les frais aussi de cette politique, dont octobre 88 (conflit réformateurs/aile dure du FLN) et tout ce qui a suivi en est la conséquence (*).
Et l’Afghanistan a été le coup de grâce.

Dès que l’empire soviétique a explosé, qui voit-on apparaître aux manettes de la nouvelle Russie arrivés dans les bagages du clochard Eltsine ?
Des chacals à la solde de la City et de Wall Street qui se sont mis à se partager les dépouilles en se tournant vers l’occident et tournant le dos à leurs anciens alliés notamment arabes qui de leur côté avaient déjà senti la nouvelle musique dès l’ère Gorbatchev.

D’où le sursaut des nationalistes russo-centristes représentés par Poutine et qui devait dans un premier temps composer avec le camp pro-occidental dont Medvedev est le pion visible au sein du pouvoir russe.

Je pense que Poutine n’est pas pour que la Russie devienne un satellite d’une autre grande puissance, il a d’autres ambitions.
Et s’il fait la preuve de sa fermeté et sa capacité à offrir un soutien solide à ses alliés potentiels contre les prédateurs, … et qu’il a définitivement pris le dessus chez lui, il y a de fortes chances que tous les anciens « alliés » ou protégés de l’URSS, y compris l’Égypte, reprennent le chemin de … Moscou.

Ce qui se passe avec la Syrie joue en sa faveur et à mon avis ce qui fait le plus enrager le trio US/GB/Fr, en plus du coup de frein à leurs plans, c’est l’évolution probable des évènements sur un plan plus large que la Syrie.

Il est plus juste de parler de guerre froide ou guerre tiède, sur le dos du monde arabe (richesses du sous-sol et position stratégique en méditerranée) que de guerre mondiale vu qu’il y a 2 puissances qui peuvent effacer 20 fois la planète et 6 ou 7 autres qui peuvent en effacer le 1/4, le 1/3 ou la moitié.
Et ça, à mon avis, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

S’il y a un théorème à tirer de tout ça, c’est celui-ci : pour les Républiques arabes, leurs intérêts et leurs souverainetés sont mieux respectés par la Russie en échange de leur non-alignement à l’ennemi de celle-ci : les monarchies arriérées, féodales, anti-démocratiques où les richesses du pays sont entre les mains de 2 douzaines de familles ne peuvent avoir pour protecteurs que des prédateurs et maquereaux qui assurent leur survie, malgré leurs vices et turpitudes qui ne dérangent en rien ces souteneurs, contre la possibilité de disposer à volonté de 90% de ces richesses.

Par Cheikh Si Mimoun

 

 

Khodorkovski, analyse d’une intoxication médiatique


khodorkovski-7Alors que la Russie est en pleine perestroïka, un jeune militant communiste, membre actif des komsomols, se reconvertit à l’économie de marché en créant en 1985 un café coopératif aux fins d’importations de cognacs bas de gamme et autres produits occidentaux manquant en Russie de l’époque.

En 1989, il fonde la première banque privée du pays (Menatep) et seulement six ans plus tard, en 1995, s’empare de la société pétrolière Ioukos au moment de la privatisation des entreprises russes. L’acquisition de Ioukos se fait de façon vraisemblablement discutable puisque les deux seuls acheteurs autorisés à entrer en lice pour cette acquisition sont des compagnies détenues majoritairement par la banque Menatep.

En 1996, on retrouve ce jeune milliardaire au sein d’un groupe formé par les sept banquiers et hommes d’affaires les plus influents de Russie. Ces derniers vont en utilisant leur très forte influence dans la sphère publique russe (économie, médias…) soutenir et permettre la réélection de Boris Eltsine contre son opposant communiste Guennadi Ziouganov.

En 2001, le jeune et riche Mikhaïl Khodorkovski semble promis aux plus hautes destinées. Il lance l’Open Russia Fondation, une ONG destinée à influer sur la vie politique russe et qui ne masque pas les orientations politiques libérales, civiques et pro-occidentales de son fondateur. L’ORF, membre du réseau des sociétés ouvertes (Open Society) de Georges Soros, se présente comme une première pierre dans la lutte contre la corruption et afin de faire de la Russie un soi disant pays européen. L’ORF tient sa réunion de lancement aux Etats-Unis le 18 septembre 2002. Au cote de Mikhaïl Khodorkovski, siègent au board de l’ORF, par exemple, Henry Kissinger, Arthur Hartman (ancien ambassadeur américain en France et en union soviétique) ou encore Lord Jacob Rothschild. Ce dernier sera du reste fait légataire des actifs de Ioukos par Mikhaïl Khodorkovski au moment de son arrestation.

En avril 2003, Ioukos entame une fusion avec Sibneft, une société acquise en 1996 par Boris Berezovsky et Roman Abramovich et majoritairement (à l’époque) détenue par Boris Berezovsky. A la même époque, Mikhaïl Kodorkovski siège au groupe Carlyle et mène des négociations avec des sociétés américaines (Exxon Mobil and Chevron Texaco) pour leur céder Ioukos, en clair céder des avoirs énergétiques russes, acquis de façon douteuse, à l’Amérique, c’est-à-dire à l’époque à l’adversaire stratégique et géopolitique principal du pays.

Le 25 octobre 2003, Mikhaïl Khodorkovski est arrêté à l’aéroport de Novossibirsk en Sibérie, dans le cadre d’une enquête fédérale sur des malversations financières au sein de Ioukos.

Le mainstream médiatique et intellectuel français et occidental n’a alors et depuis jamais cessé de nous marteler que Vladimir Poutine aurait arbitralement fait arrêter Mikhaïl Khodorkovski en qui il voyait un potentiel rival et surtout un homme capable de dénoncer la soit disant corruption d’état qui régnait en Russie.

Pourtant, la réalité semble assez éloignée de cette vision manichéenne de ce que l’on appelle désormais «l’affaire Khodorkovski».

Le 26 novembre 2003, des banquiers suisses portent plainte contre Khodorkovski et ses associés pour blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle, à savoir une fraude financière à grande échelle organisée via la banque Menatep, qui aurait dès 1997 ouvert un compte au sein de Clearstream et procédé à des transferts financiers massifs vers la Bank of New York.

A cette époque, la responsable de la banque de New York, Natasha Gurfinkel Kagalovsky, n’est autre que l’épouse du vice-président de la Menatep: Konstantin Kagalovsky. Ce dernier est très proche d’un autre oligarque du nom de Vladimir Goussinski, ex-monsieur média sous Eltsine et candidat d’opposition libérale chez Iabloko en 2003 avant de quitter le pays et de diriger, avec son partenaire de l’époque Konstantin Kagalovsky lui aussi en exil, une chaine de télévision ukrainienne d’opposition qui critique fortement la politique de l’actuel président Victor Ianoukovich.

Selon la journaliste Lucy Komisar, les seules opérations de blanchiment d’argent via le schéma Clearstream-Menatep se montent à au moins sept milliards de dollars provenant de Russie.

En 2005, le chef de la sécurité de la banque Menatep puis de Ioukos, Alexeï Pitchouguine, est condamné à 20 ans de réclusion pour le meurtre de Sergueï Gorine, un ancien dirigeant de la banque Menatep, et de son épouse Olga. Cette sentence est commuée en 2007 à une peine de prison à vie après qu’il ait été aussi reconnu coupable de trois autres meurtres. Toujours en 2005, Mikhaïl Khodorkovski est lui condamné à 9 ans de prison (ramenés à 8 ans en appel) pour fraude fiscale puis à 6 ans de prison supplémentaires en  2010 (ramenés à 5 ans en appel) pour vol de pétrole et blanchiment d’argent d’un montant de 23,5 milliards de dollars.

Le mainstream médiatique et intellectuel français et occidental n’a alors et depuis jamais cessé de nous présenter Khodorkovski et Platon Lebedev (son associé) comme des prisonniers politiques. En 2011 les partisans de Mikhaïl Khodorkovski affirmaient vouloir saisir la cour européenne des droits de l’homme. Amnesty International, à peu prés à la même époque, affirmera même que Khodorkovski et Lebedev sont clairement des «prisonniers d’opinion«.

Pourtant, la cour européenne des droits de l’homme vient à ce sujet de rendre la décision. Elle confirme le caractère non politique du procès, et confirme que les accusations contre les accusés sont justement fondées mais aussi que le droit des accusés à un procès équitable n’avait pas été violé. Autrement dit, il y a bien eu violation de la législation pénale et fiscale et leur condamnation est donc bien justifiée.

Cette décision va dans le sens des affirmations du président russe qui affirmait en 2010 que: «les crimes de M. Khodorkovski ont été prouvés par la justice (…) et que tout voleur doit aller en prison». Celui-ci non sans humour rappelait notamment que «Pour des crimes analogues, l’Américain Bernard Madoff a été condamné à 150 ans de prison (…) Notre justice est donc beaucoup plus libérale».

Cette décision de la cour européenne des droits de l’homme va également à l’encontre des affirmations de la très large majorité des commentateurs sur cette affaire depuis près d’une décennie. Ce jugement démontre et brise leur trop fort parti pris et leur obsessionnelle refus d’accepter qu’un quelconque opposant (ou pas) à Vladimir Poutine puisse être coupable de quoi que ce soit.

On ne peut s’empêcher, sur la forme et le traitement médiatique extérieur de l’affaire, de faire un parallèle avec l’affaire Navalny et de se dire que finalement la justice russe a bien fait de libérer le jeune bloggeur mis en examen. Cette mesure ralentira peut être  la mauvaise foi du mainstream médiatique. Elle procurera aussi un peu de sérénité à  l’élection municipale de Moscou en septembre prochain et donc à la vie politique et démocratique intérieure du pays.

http://alexandrelatsa.ru/2013/08/khodorkovski-analyse-dune-intoxication-mediatique/