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Syrie / Genève 2 : Nous sommes venus vous mettre face à vos responsabilités !


Tribune de Byblos

Walid al-MouallemÀ lire la presse française officielle de cette fin de semaine, nous sommes en droit de nous demander si « l’échec consommé », ou encore le « fiasco », de la Conférence internationale dite de Genève 2, concerne uniquement la Syrie. Il est clair, que ces courageux journalistes, qui se sont présentés en grand nombre à Montreux, n’ont pas cherché à savoir le contenu de l’intervention du chef de la délégation de la République arabe syrienne, M. Walid al-Mouallem, et si jamais ils ont fait cet effort, ils n’ont rien voulu entendre. Une fois de plus ! Lire la suite Syrie / Genève 2 : Nous sommes venus vous mettre face à vos responsabilités !

Turquie: Notre ami en prison


par ANDRE Vltchek

Notre ami Serkan Koc a été arrêté …

Nous ne savions pas quand c’est arrivé. Pas sûr de l’époque, des circonstances … Notre interprète et traducteur, notre ami Levent, nous a écrit un e-mail; très bref, très simple …

Notre univers s’est effondré, pour plusieurs brèves mais substantielles secondes, et nos épaules se sont affaissées, et nous avons senti une douleur quelque part profondément à l’intérieur.

Serkan n’est pas seulement un ami, il est un documentariste turc courageux, l’un des plus prolifiques dans cette partie du monde.

Il a fait des dizaines de films sur l’injustice, sur l’impérialisme et sur l’alliance entre l’Occident et la Turquie dans l’entrainement de «l’opposition» syrienne sur le territoire turc, en particulier autour de la ville frontalière de Hatay.

Il a suivi les mouvements des combattants étrangers, il est allé partout en Syrie pour suivre «l’opposition», des «camps de réfugiés» jusque dans les villes syriennes et les champs de bataille.

Les manifestants à Istanbul.
Les manifestants à Istanbul.

Serkan travaille pour la chaîne de télévision Ulusal. Ulusal signifie «National», mais ce n’est pas un de ces médias d’état ​​ou «officiels» – c’est de la vraie opposition, tout comme sa sœur en version imprimée, Aydenlik. En fait, lors d’une visite de Hilary Clinton à Ankara, des rumeurs ont circulé qu’elle faisait ouvertement du lobbying avec le gouvernement en place pour arrêter à la fois Aydenlik et Ulusal.

Pourquoi?

La réponse est simple: les deux médias se positionnent fermement pour des idéaux patriotiques, les principes sociaux et socialistes, et pour une philosophie anti-impérialiste déterminée. Pendant des années, ils ont dénoncé le rôle de la Turquie dans la déstabilisation de la Syrie voisine, pendant des décennies, ils se sont opposés à l’hébergement des militaires de l’OTAN et des bases aériennes. Pendant des années, ils se sont opposés au capitalisme sauvage qui est arrivé en même temps que l’administration actuelle.

Pendant des jours et des nuits, sans relâche, des gens comme Serkan Koc ont monté des films, s’engageant au niveau le plus élevé du journalisme d’investigation, luttant pour une meilleure Turquie et un monde meilleur.

Dans le cas de Serkan, son travail était étroitement lié à son partenariat avec sa femme, Beste, son indéniable seconde moitié, mais aussi son partenaire de travail acharné. C’est en pensant à tous les deux que nous écrivons ces mots, le présent rapport, et cet appel!

Mais quelle principale irritation Serkan Koc a-t-il causée? Qu’est-ce qui a bien pu outrager le gouvernement de la Turquie à ce point?

« Maintenant, malheureusement Tayyip Erdogan est devenu notre premier ministre, et il a reçu une mission de la part des Etats-Unis d’Amérique », nous a expliqué récemment Serkan Koc, à Crista et moi, alors que nous travaillions sur le film documentaire, la Turquie entre l’Est et l’Ouest pour la chaîne de télévision latino-américaine Telesur. Nous étions assis dans le bureau de Serkan, au cœur d’Istanbul. « L’objectif était ‘’le projet du Grand Moyen-Orient des Etats-Unis « , visant à changer les frontières des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et Erdogan a été porté au pouvoir exactement en tant que co-président de ce projet du Grand Moyen-Orient ».

Et Serkan a poursuivi:

«Afin d’accomplir cette mission il avait à faire quelques sérieuses manœuvres; donner l’impression qu’il est contre Israël et contre les Etats-Unis, pour la bonne raison qu’un dirigeant qui est du côté d’Israël et des Etats-Unis ne pouvait pas réussir cette mission au Moyen-Orient. Maintenant, le gouvernement du Tayyip Erdogan est fini. Le gouvernement Erdogan Tayyip va maintenant vers le bas de la colline, à partir de maintenant jusqu’à la fin.  »

Naturellement, ce n’est pas quelque chose, pas une rhétorique que Tayyip Erdogan aime entendre. Et sa colère, sa fureur, sa vindicte peuvent souvent être au vitriol.

Maintenant, il y a déjà des centaines de patriotes, des généraux militaires, et d’intellectuels turcs dans les prisons, dans tout le pays. Beaucoup d’entre eux sont détenus ou en attente de procès, à la prison de haute sécurité notoire de Silivri, sur la rive européenne de la Turquie, à environ 60 kilomètres d’Istanbul.

Leur «crime» est qu’ils se sont opposés à l’étroite alliance turque avec l’OTAN et avec les Etats-Unis. Bien sûr, il y avait d’autres questions «liées», mais la critique de l’OTAN et de l’alliance avec l’Occident étaient les principaux «péchés».

Ce n’est pas seulement le «péril rouge» (écrivains, journalistes et autres intellectuels) qui sont confrontés à de lourdes sentences, mais même quelques-uns des éminents chefs militaires, comme le général d’armée aérienne 4 étoiles Bilgin Balanli qui, comme nous l’avons appris par sa fille Burcu Balanli, était sur le point de devenir commandant en chef de l’armée de l’air turque, avant d’être arrêté et jeté dans un cachot. Ou comme Ahmet Yavuz, le major-général 2 étoiles, qui est actuellement détenu à Silivri.

Zeynep Isik, directeur de « Avcilar Ataturkist Thought », et membre éminent du Parti des travailleurs, nous a expliqué juste en face de la prison de Silivri:

«Ces arrestations, ces opérations … nous ne pensons pas que ce soit quelque chose que la Turquie a fait de son propre chef, il y a de solides évidences et des preuves pour soutenir cette affirmation. Il s’agit d’une opération effectuée par les Etats-Unis contre les intellectuels turcs, et en particulier contre les forces armées turques « .

Bien sûr, la Turquie est désormais un allié essentiel des Etats-Unis et de l’Europe, au Moyen-Orient, aux côtés d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Et en tant que tel, il est constamment encouragé de «l’extérieur» pour freiner son opposition, pour intimider sa dissidence. Toutes les arrestations massives, les procès de masse et d’autres mesures oppressives rencontrent très peu de critiques de la presse grand public occidentale, un scénario d’engagement étonnamment similaire  à celui adopté à l’égard d’autres proches alliés dans le monde, tels que l’Indonésie et Israël.

«Parler de l’actuel gouvernement, le gouvernement répressif … on doit le voir comme un gouvernement plutôt de type chef unique d’une organisation politique, sans aucune transparence en son sein. Et le leader n’accepte aucun défi, aucune critique, il dirige le parti politique, l’AKP, comme si c’était sa propre entreprise « , selon E. Ahmet Tonak – Professeur d’économie à l’Université de Bilgi d’Istanbul – qui a partagé ses réflexions sous et hors caméra, pour notre film documentaire.

Protestations dans Gezi Park.
Protestations dans Gezi Park.

Les récents combats sur le parc Gezi que le gouvernement a tenté de «privatiser» et transformer en un lieu commercial, a tourné à la violence. Des milliers ont été blessés, des centaines ont été arrêtés. Il est vite devenu évident que la lutte n’est pas sur le petit coin de verdure au milieu de la ville tentaculaire, c’est sur le système politique et économique lui-même, et sur l’alliance de la Turquie avec l’Occident. Beaucoup de citoyens turcs ont déjà perdu confiance dans la démocratie représentative, comme nous l’ont expliqué le Professeur E. Ahmet Tonak et beaucoup d’autres.

« Avec les manifestations du parc Gezi nous avons vu qu’il y avait un très grand malaise social dans notre société», a déclaré Osman Erbil – directeur général adjoint du TGB (Parti des Travailleurs), qui a été arrêté le même jour que notre ami Serkan Koc. « Et l’une des raisons de ce malaise social, c’est que les politiques du gouvernement de l’AKP interdisent les libertés et coopèrent avec l’impérialisme. Le but de tout cela – s’assurer que la Turquie ne développera pas son propre parcours indépendant « .

Prison de Silivri.
Prison de Silivri.

Et pourtant, la société s’est révoltée. Elle s’est soulevée, et est allée aux barricades. Les gens, jeunes et vieux, se sont battus avec la police anti-émeute.

Certains sont morts et d’autres ont été blessés, et il y a ceux qui ont disparu.

Lorsque nous travaillions sur notre documentaire, Crista s’écriait souvent: «Comment se fait-il que eux ils osent, tandis que les Indonésiens n’osent pas? »

Et pour répondre à sa question rhétorique, il faut rappeler les paroles de Noam Chomsky, qui, quand nous parlions de la Turquie dans un dialogue que nous avions eu, lui et moi, l’an dernier au MIT (un dialogue qui sera bientôt publié sous forme de livre et sortira comme film), avait déclaré avec un large sourire : «les intellectuels turcs sont uniques! Je ne connais personne d’autres comme eux, nulle part dans le monde.  »

Chomsky avait parlé de défi, de courage et de désobéissance civile.

Il y avait aussi quelque chose de plus dans l’air autour de Gezi Park, alors même que la fumée toxique des gaz lacrymogènes montait lentement vers le ciel : il y avait de l’espoir et de l’optimisme, un signe clair que le peuple de Turquie, beaucoup d’entre eux, croient encore que si l’on se bat pour un monde meilleur, si l’on est courageux et déterminé, le monde meilleur est possible.

Serkan Koc a lutté courageusement pendant de nombreuses années, des décennies. Lui et son épouse Beste ont combattu, tout comme des centaines d’autres, des milliers d’autres, et maintenant des millions.

Je ne sais pas ce qui lui est arrivé après l’arrestation. Certains disent qu’il a été libéré après deux jours. Je l’espère. Il est notre ami. Un homme que nous respectons. Nous ne parlons pas la même langue, et quand Crista et moi avions travaillé avec lui à Istanbul, nous avions dû utiliser un interprète.

Taksim Square - la police avant l’action.
Taksim Square – la police avant l’action.

Mais ayant vu la façon dont ils travaillaient et la détermination qui émanait d’eux, nous étions certains que tant Serkan que Beste auraient donné le meilleur d’eux-mêmes, leur vie, pour améliorer le monde grâce à leur travail acharné. Nous nous sommes sentis inspirés par eux, comme par tant de gens dans leur pays.

Serkan devrait être libre. Et il ne devrait jamais être de nouveau arrêté. Et la Turquie doit être libre, et ne plus jamais être asservie sous une dépendance impérialiste vicieuse.

Et puis, qui sait, un jour peut-être, nous pourrions revenir dans cette ville merveilleuse, Istanbul, et s’y sentir chez soi, au lieu de braver les jets d’eau provenant des citernes des canons à eau, au lieu d’étouffer empoisonné avec des gaz lacrymogènes.

Nous viendrons, mais seulement si notre ami Serkan est libre!

Andre Vltchek est un romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des dizaines de pays. Son roman acclamé par la critique politique révolutionnaire Point of No Return est maintenant réédité et disponible. Océanie est son livre sur l’impérialisme occidental dans le Pacifique Sud. Son livre provocateur sur post-Suharto en Indonésie et le modèle de marché fondamentaliste est appelé « Indonésie – L’archipel de la peur « (Pluton). Il vient de terminer un long métrage documentaire «Gambit Rwanda » sur l’histoire du Rwanda et le pillage de la RD Congo. Après avoir vécu de nombreuses années en Amérique latine et en Océanie, Vltchek réside et travaille actuellement en Asie de l’Est et en Afrique. Il peut être atteint à travers son site web .

Photos par Crista Priscilla.

Crista Priscilla est une réalisatrice et écrivain indonésienne.

Traduction : Avic

Le Sultan de Turquie déplore la chute du pharaon


Par MK Bhadrakumar
Turkey's PM and leader of ruling AKP Erdogan and Egypt's President Mursi greet the audience during the AKP congress in AnkaraLe coup d’Etat militaire en Egypte a exposé au grand jour le double langage sans scrupules des  Etats arabes sunnites du Golfe persique, de l’Union européenne et des États-Unis.

Le seul pays qui a pris une bonne position claire dès le départ est la Turquie, ce qui laisse présager de nouvelles lignes de fracture dans la politique du Moyen-Orient.

Les oligarchies autocratiques du Golfe Persique se sont précipitées pour célébrer le renversement du gouvernement élu sous Mohamed Morsi par l’armée égyptienne. De l’Arabie saoudite Le roi Abdallah a dépêché son câble de félicitations au Caire dans les heures qui ont suivi l’annonce de l’éviction de Morsi.

Le sentiment de jubilation est palpable que les Frères musulmans, fer de lance de l’agitation populaires contre les régimes du golfe Persique, ont perdu le pouvoir en Egypte. Pour une fois, la politique réelle l’emporte, dépassant la présentation selon laquelle le conflit sectaire sunnite-chiite constitue le problème numéro un du Moyen-Orient aujourd’hui.

En ce qui concerne le les dirigeants européens et américains, ils ont peur d’appeler le coup par son vrai nom, parce que, sinon,  leurs propres lois pourraient les empêcher de garder des relations normales avec chef de l’armée, le général égyptien Abdel-Fattah El-Sissi.

Traiter avec le régime de Sissi au Caire est une nécessité absolue pour la stratégie régionale des Etats-Unis parce que la sécurité d’Israël est impliquée. En menaçant de «suspendre» l’aide militaire, l’administration Obama espère garder Sissi en laisse serrée.

La boussole d’Erdogan

Ainsi, il a été laissé à la Turquie d’appeler un chat un chat. Juste au moment où le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan faisait l’objet de critiques occidentales pour ses tendances autocratiques, il prend la parole à la tribune pour défendre la cause de la démocratie libérale en Egypte.

Les déclarations d’Ankara ont été une condamnation sans appel du coup d’Etat en Egypte. Le Ministre des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a dit,

 »Un leader qui est venu [au pouvoir], avec le soutien du peuple ne peut être enlevé que par les élections. Il est inacceptable que des dirigeants démocratiquement élus, pour quelque raison que ce soit, soient renversés par des moyens illégaux, même un coup d’état … La Turquie se tiendra aux côtés du peuple égyptien. »

L’un des vice-présidents et le porte-parole du parti de la justice et du développement [AKP] Huseyin Celik a dit sans ambages:

 »Je maudis le sale coup d’état en Egypte. J’espère que les larges masses qui ont porté Morsi au pouvoir, vont défendre leurs votes … il faut saluer l’attitude inflexible de Morsi. Le sang sera versé s’il y a des affrontements entre les supporters de Morsi d’un côté et les militaires et les anti-Morsi de l’autre … Pourtant, nous ne disons pas que Morsi et ses partisans doivent simplement avaler ce coup d’état. »

Erdogan lui-même a pris un peu de hauteur pour ridiculiser le double standard de l’Union européenne. Il a demandé,

 »N’est-ce pas l’Occident qui se place toujours du côté de la démocratie et fait des efforts pour mettre en œuvre la démocratie dans les pays? Ceci est un test sur la sincérité de l’Occident et il a encore raté ce test. Il n’’existe pas de «coup d’État démocratique». L’Union européenne a une fois de plus bafoué ses propres valeurs en n’appelant pas le coup d’état de l’armée, un coup d’état … Morsi a fait des erreurs, il peut faire des erreurs. Y a-t-il quelqu’un qui n’a pas fait une erreur? »

Sans aucun doute, c’est le moment le plus subtile de  M. Erdogan sur la scène politique du Moyen-Orient musulman. Pourtant, en politicien doué, pourquoi fait-il cela? Quels sont ses calculs?

Sans doute, Erdogan espère redorer son image et sa réputation de démocrate, qui a été ternie ces derniers temps suite à la manière dont le gouvernement a géré les protestations populaires en Turquie. Il expose le fait que ses détracteurs occidentaux sont des hommes creux.

Deuxièmement, il réaffirme sur un plan idéologique que la démocratie et l’islam sont compatibles. Cela a une résonance dans la vie politique turque. Troisièmement, Morsi a été un proche ami et un allié de M. Erdogan.

Dans le même temps, M. Erdogan a lancé une vigoureuse campagne diplomatique pour « annuler » le coup d’état de l’Egypte. La suggestion d’Ankara est qu’il n’y a pas besoin d’un gouvernement intérimaire et que des élections immédiates devraient être tenues.

Malheureusement, comme l’a rapporté le journal Hurriyet, la Turquie s’est retrouvée seule et sa «profonde déception est venue de ses alliés arabes de premier plan, à savoir l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont été les premiers à féliciter le nouveau leadership de la transition et l’armée qui a mené le coup d’état.  »

Néanmoins, Erdogan va persister dans sa campagne. Il sait qu’il va ‘attacher la sympathie pan-islamiste au Moyen-Orient et, dans le processus, va également consolider sa base politique en Turquie au cours de l’année électorale cruciale qui se profile. Erdogan veut se placer bien au-dessus de ceux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Turquie, lui prêchent les vertus de la démocratie.

L’évaluation turque, c’est que le coup d’état est à la croisée des chemins  et que ce n’est qu’une question de temps avant que l’opinion publique égyptienne ne commence à militer contre la junte, ce qui rend le retour des Frères Musulmans presque inévitable.

La détermination du sultan

Tissée dans tout cela, c’est la dimension critique à l’égard de la politique en Turquie, qui a été dans un état d’effervescence et s’apprête à emménager dans des eaux inexplorées dans les prochains mois, alors que le pays se dirige vers une transition politique très sensible l’année prochaine qui aura une incidence énorme pour l’avenir de l’AKP et, bien sûr, sur la propre carrière politique tumultueuse de M. Erdogan.

Les protestations en Turquie menacent de se transformer en une confrontation entre les «laïcs» et les islamistes et il y a aussi l’omniprésence de l’armée qui prétend être le garde prétorienne de l’Etat.

Erdogan reste le maître de sa maison, mais les mauvaises herbes croissent sous ses pieds. Le fossé entre lui et le président Abdullah Gul, qui nourrit des ambitions de rester pour un second mandat en tant que président, s’élargit et il y a des rumeurs que Gul travaille sur un réalignement politique qui divise l’AKP et crée une large coalition anti-Erdogan.

En effet, Gul a pris une position très différente de Erdogan à propos des protestations en Turquie, se distinguant comme un homme modéré et raisonnable prêts à tolérer la dissidence. Ses remarques sur le coup d’Etat en Egypte font écho à Obama et l’UE.

Qu’il suffise de dire, du point de vue de l’un des protagonistes externes qui pourraient être impliqués dans le «changement de régime» en Egypte directement ou indirectement – Etats-Unis, Israël, l’UE et l’Arabie saoudite, principalement – Gul fait une figure beaucoup plus agréable aujourd’hui comme le capitaine du navire turc.

Mais Erdogan, d’un autre côté, ne se pliera pas comme Beckam. Son surnom en tant que milieu de terrain était «Imam Beckenbauer» – une allusion à la star du football allemand Franz Beckenbauer. Et aujourd’hui, il est aussi le sultan. Par-dessus tout, il pourrait tout aussi bien presque appeler bluff le coup d’Etat égyptien.

Sans aucun doute, la déclaration retentissante en Iran lundi condamnant l’armée égyptienne et dénonçant l’implication occidentale et israélienne dans le coup d’État renforce la position d’Erdogan. Alors qu’il semblait être un militant solitaire jusqu’ici, la décision de Téhéran de se joindre à Erdogan change la donne.

Les deux principales puissances régionales du Moyen-Orient ont ouvertement défié la junte militaire en Egypte. Cela aura un impact profond sur la soi-disant rue arabe. Il sera difficile de résister à une plate-forme turco-iranien, en termes géopolitiques, pour les amateurs de coups d’état arabes – l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, principalement.

Pour Israël aussi, le sentiment de jubilation peut s’avérer de courte durée. Le meilleur espoir d’Israël est que le coup d’Etat en Egypte divise les musulmans du Moyen-Orient, mais selon toute vraisemblance, ironiquement, il pourrait finir par unifier les forces de l’islamisme dans la région.

Ainsi, le lundi, encore une fois, l’ampleur alarmante de la violence déchaînée par l’armée sur la Fraternité a incité le Parti Nusra, le parti salafiste soutenu par l’Arabie saoudite, à se distancier du gouvernement intérimaire.

C’est la première fissure majeure à apparaître dans la phalange d’éléments disparates qui composent le putsch anti-Morsi.

De manière significative, le chef libéral très respecté Mohamed ElBaradei, qui représente le Tamarod (le mouvement rebelle qui a mené les manifestations sur la place Tahrir) a également appelé à une « enquête indépendante » pour se pencher sur la violence. Il a peut-être sonné une voix dissidente.

La junte militaire n’a pas été en mesure de concocter un gouvernement provisoire crédible à ce jour. En plus de tout cela, les Frères Musulmans affichent un tel cran pour résister à la prise de pouvoir par les militaires que cela a pris tout le monde par surprise.

De toute évidence, la Fraternité n’a pas l’intention de rester sur le pavé pendant 85 autres années avant de reconquérir le pouvoir politique.

Tout cela pointe vers une forte possibilité que la position adoptée par la Turquie (et l’Iran) peut être justifiée en fin de compte. Ces derniers frémissements ne ferait que renforcer la détermination du sultan et le renforcer dans l’idée qu’il est bien du ‘’bon côté de  l’histoire « .

Traduction : Avic

MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes comprenant celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

 http://www.atimes.com/

Les nouveaux  »printemps arabes » : Où sont les russes et les chinois ?


APTOPIX Pakistan US Prophet FilmDepuis quelques semaines, personne ne comprend plus rien aux bouleversements en cours au Moyen-Orient. Sur 10 analystes, il y en a 5 qui avancent une hypothèse et 5 autres qui avancent une hypothèse exactement contraire, toutes étant étayées par des arguments solides. La vérité c’est qu’ils sont perdus. Rien ne colle vraiment à 100%, et aucune de leur logique ne tient la route jusqu’au bout.

Si on récapitule tous ces événements, certains points clé échappent à la compréhension si l’on se réfère à la grille de lecture dont nous disposons et à ce que nous savons aujourd’hui. Que savons-nous ? Depuis deux ans, la Syrie fait l’objet d’une agression délibérée de la part de l’Empire. Pour la mener à bien, une coalition a été créée de toute pièce, puis équipée et entraînée par le même Empire. L’Empire, c’est bien sûr l’OTAN + Israël + les satellites du golfe. La coalition, quant à elle, est composée de mercenaires issus pour la plupart des mouvements extrémistes du monde musulman. Leur recrutement et leur financement n’est plus un mystère pour personne.

Nous savons également que cette coalition est très mal en point en ce moment, tant du point de vue politique (ça l’a toujours été) que du point de vue militaire. Récemment, Morsi et les Frères Musulmans d’Egypte, qui affichaient jusqu’ici une attitude plutôt floue vis à vis de la Syrie, se sont déclarés ouvertement, de manière beaucoup agressive, pour la rébellion syrienne armée.

Ça c’est ce que nous savons.

Quels sont les faits ?

Depuis quelques temps, il se passe, au Moyen-Orient, beaucoup de choses qui touchent les protagonistes de ce conflit syrien. On a d’abord vu une sorte de printemps turc dont on a encore du mal à comprendre la vraie teneur. Après deux ans d’acharnement anti-Assad, en première ligne, Erdogan se retrouve soudain avec des problèmes internes, certes prévisibles, mais ressemblant de manière suspecte à toutes ces  »révolutions colorées » dirigées de l’extérieur. Et, de fait, le rapprochement a été très vite fait, et les pourquoi n’ont pas eu trop de mal à trouver leurs réponses, tellement le dossier Erdogan était chargé.

Peu après, on assistait à l’incroyable et soudaine destitution de l’émir du Qatar Cheikh Hamad au profit de son fils, suivie presque immédiatement par la disgrâce du boosteur idéologique des djihadistes : le cheikh Quardawi. Tout le monde a vu la main de Washington derrière cette révolution de palais. Parallèlement à ce changement de régime, d’autres événements, passés presque inaperçus se déroulaient chez les voisins. En Arabie Saoudite on annonçait l’incroyable mandat d’arrêt lancé contre le prince saoudien, ancien vice-ministre de la Défense : Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz. Au Bahrein c’était le Premier ministre qui était en difficulté.

Et maintenant, c’est l’Egypte. Après tout juste un an de présidence, Morsi et les frères Musulmans sont éjectés du pouvoir, avec une sorte de chasse aux sorcières à la clé, et ce, juste après leur engagement plus ferme dans le camp anti-Assad. Quelles que soient les motivations des égyptiens pour vouloir se libérer des Frères Musulmans, on n’a pas pu s’empêcher de constater que leur nouvelle révolution était calquée sur le modèle déjà connu des autres  »révolutions colorées », donc organisée et dirigée par une tête pensante.Et bien sûr, comme on ne prête qu’aux riches, tous les regards se sont tournés vers l’Ouest.

C’est bien beau tout cela, mais si on met tous les éléments ensemble, ça ne colle pas, et tout le monde en est conscient.En résumé, ce sont tous les alliés objectifs de fraîche (Morsi) et longue (Erdogan) date qui subissent des secousses révolutionnaires. Il semblerait même que d’autres alliés, en Tunisie et en Libye, soient sur le qui-vive. Question : pourquoi Washington fomenterait-il des révolutions ici et là qui, en fin de compte, sont en tout néfastes à sa politique moyen-orientale, et dont la Syrie, pour ne prendre qu’elle, est le premier bénéficiaire ?

Rien qu’à poser cette question, on a tout de suite envie de loucher vers une autre direction, vers l’Est par exemple. Il est vrai qu’aucun élément ou indice ne nous permet de voir une main russe, iranienne ou chinoise dans tout ça. Mais tout semble s’agencer dans le sens des intérêts de ce camp. Hasard ? Peut-être. Mais trop de hasard qui s’emboîte si parfaitement est troublant.

Avic

Et de 4 ! Est-ce vraiment Bachar Al-Assad qui doit partir ?


QATAR-POLITICS-SUCCESSION-FILESIl y a deux ans, ils s’étaient tous donné le mot en forgeant un slogan à placer dans chaque discours, à chaque apparition publique, dans tous les contextes même les plus anachroniques : ’’Bachar Al-Assad doit partir’’. A force de le répéter, ils avaient fini par croire en la force et la magie de leur formule. Après deux ans d’acharnement et de ’’Bachar Al-Assad doit partir’’, l’Homme est toujours là, plus présent et plus solide que jamais. Je crois entendre la Voix de Robert Lamoureux disant : ‘’Et le canard était toujours vivant !’’. Tout brûle, tout se délite, tout dégringole et tout fout le camp, sauf pour Assad.

D’abord il y a eu le couple Sarko-Juppé, les créateurs de l’effet médiatique des ‘’amis de la Syrie’’. Exit Juppé. Exit Sarkozy.

Ensuite ce fut la féroce Hillary Clinton, qui espérait jouir, à nouveau, d’un autre spectacle de lynchage comme celui de Kadhafi qu’elle avait délicieusement dégusté. Out Hillary.

Et maintenant c’est le tour de Cheikh Hamad du Qatar qui vient d’abdiquer en faveur de son fils de 33 ans, Tamin. Il avait pourtant été zélé. Qu’a-t-il fait pour mériter son licenciement ? A-t-il eu la grosse tête ? Il aurait dû savoir qu’avec ces gens-là, un serviteur reste un serviteur. Un serviteur ne prend pas, on lui donne. Dommage pour lui qu’il ne connaisse pas notre blog dans lequel nous le mettions en garde, notamment dans cet article : A vendre : Très beau pays, bien situé…

Qui reste-il ? Erdogan ? Il a failli précéder Hamad. Mais, avec déjà les pieds sur les starting-blocks, le vieux renard a retourné et sa veste et son pantalon, et il ne serait pas étonnant, s’il arrive à éteindre l’incendie qui fait rage chez lui, qu’il devienne le plus grand fan de Bachar Al-Assad.

Il ne reste, finalement, que les deux indécrottables tandems, Hollande-Fabius d’un côté, Cameron-Hague de l’autre.  Mais on peut parier que, dans 5 ou 6 ans, Al-Assad sera reçu à Londres ou à Paris en visite officielle par leurs successeurs respectifs.

Et puis il y a le nouveau venu, le roi Abdallah de Jordanie. On ne peut que lui donner ce petit conseil : « ne t’en mêle pas, petit. Regarde autour de toi et tires-en les conséquences si tu ne veux pas avoir à faire tes cartons pour Londres ».

Finalement le slogan ‘’Bachar Al-Assad doit partir’’ n’est pas payant. Il est même dangereux pour ceux qui l’utilisent. D’ailleurs, ceux qui restent, bien qu’ils désirent  ardemment le départ d’Assad, n’osent plus utiliser leur formule magique. Superstition ?

Avic

Genève II: Est-ce pour préparer la paix?


Tribune libre de DJERRAD Amar

Geneve-2Chaque jour qui passe sur le terrain des combats, en Syrie, révèle que la guerre contre ce pays n’est pas ce que l’on rabâche depuis plus de 2 années, à savoir «un soulèvement populaire spontané » contre ses dirigeants pour recouvrer sa dignité et sa liberté, mais bien d’un complot pour déstabiliser cet État, considéré gênant les objectifs et les visées impérialistes dans la région.

Pour ce faire, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Qatar, la Turquie, l’Arabie Saoudites et Israël ont engagé tous les moyens pour permettre aux groupes armés affublés «thouar» (révolutionnaires) – la plupart mercenaires islamistes – pour mener une guerre, sans merci, contre l’État syrien et renverser son gouvernement, dans le but d’affaiblir l’axe de résistance, en admettant pour cela les pires atrocités.

Par l’origine diverse des groupes armés islamistes, hier «terroristes», métamorphosés , aujourd’hui, momentanément «révolutionnaires» rétribués sous la fausse bannière «djihadistes» ; par la provenance de l’armement en leur possession ; par les objectifs visés ; par les agissements et les réactions des pays manipulateurs engagés, il est indéniable que cela obéit à un plan réfléchi, destiné à instaurer le chaos sur une géographie déterminée, pour ensuite recomposer selon les désidératas et objectifs prévus. Ce projet américain est consacré dans ce qui est appelé le «Grand Moyen-Orient» auquel est intégré le projet israélien dit «Yinon» destiné à assurer la supériorité d’Israël.

Deux années de guerre, de destructions de toutes natures, de sanctions et de pressions – contre un État souverain où tous les moyens illégaux, même les plus immoraux et abjects, ont été utilisés – n’ont pas permis de venir à bout d’un peuple résistant, d’une armée forte et unie. Deux années sans voir l’effondrement prévu malgré les sommes colossales engagées par les bailleurs arabes vassaux ainsi que la formidable guerre médiatique soutenues par d’éminents hommes de cultes, corrompus, chargés de l’endoctrinement des masses musulmanes par la religion. L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées.

Depuis les derniers développements avec la récupération d’Al Quseir et de sa banlieue – localité hautement stratégique pour les planificateurs américano-sionistes qui devait aboutir à la prise de Damas – par l’armée syrienne des mains des «insurgés», tous les calculs ont été bouleversés et les objectifs compromis. Avec cette récupération surprise, suite à une offensive ‘éclair’ et décisive, de cette petite ville où se sont solidement concentrées les forces  »wahabo-takfiristes », on annonce déjà des échecs sur d’autres fronts. Cette bataille d’Al Quseir a été particulièrement déterminante par l’appui, à la frontière libanaise, des éléments du Hezbollah qui n’ont laissé, aux groupes armés, aucune possibilité d’infiltration, d’exfiltration ou d’approvisionnement. Une assistance inattendue qui a été condamnée par la…Ligue arabe. L’autre élément est que l’armée syrienne a su se convertir, en la circonstance, en une redoutable force contre-guérilla.

Les résultats d’Al Quseir sur le plan militaire et tactique, avec ses effets ravageurs sur les autres groupes, ont créé un climat de défaite, une situation d’impasse mettant les groupes armés dans un état de déroute et les commanditaires dans une profonde confusion. C’est donc bien les résultats sur le terrain des combats qui dictent ou imposent la nature des changements.

Il ne restait que l’annonce par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut l’ultime round pour sceller cet encombrant et dangereux dossier par la voie politique, malgré l’agitation et les élucubrations des autres protagonistes qui soutiennent une solution militaire.

Tant que l’on pouvait encore financer et remplacer les groupes anéantis, tant que l’on disposait encore de ‘cartes’ de pressions politiques et économiques, tant que les étapes du Plan tracé avançaient, il n’était pas envisageable de négocier quoi que ce soit. Avec la bataille d’Al Quseir, qui avait bouleversé, les données les commanditaires étaient contraints, dans la précipitation, d’adopter une série de manœuvres aussi insensées que dangereuses. Dès que les principaux groupes armés, que domine Al Nosra, ont été laminés ou réduits, il ne restait aux stratèges américano-sionistes et leurs suppôts arabo-monarchiques que de présenter du «réchauffé» en rabâchant les mensonges éculés, sans preuve voire sans conviction, ou tenter d’autres diversions et agissements dans l’espoir de disposer d’arguments et de moyens de pression consistants lors cette Conférence dite de «Genève II». Mais le reste du monde connait ces manœuvres, s’en méfie, les réprouve.

Voyant leurs plans foirer, on réitère la fallacieuse histoire de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques que réfute Carla del Ponté en affirmant que ce sont les groupes armés qui les ont utilisés contre l’armée syrienne et les civils. Même la demande syrienne d’une enquête, in- situ, de l’ONU a été capotée par les EU qui voulaient l’étendre à tous les endroits de stockage éventuels de ce genre d’armes. En dépit de toutes les preuves filmées montrant des scènes de préparation de ces armes par les groupes armés, rien n’y fait, les EU accusent l’armée syrienne en concoctant un autre plan de communication sur les armes chimiques depuis la Jordanie en le faisant coïncider avec les exercices militaires en préparation dans ce pays. La France a été chargée par le biais du journal «Le Monde» de lancer la propagande, d’en fournir les éléments de preuves, même inconsistantes, pour en faire un motif d’intervention militaire extérieure. La Russie rejette ces accusations d’utilisation d’armes chimiques par les troupes gouvernementales syriennes, mais annonce par Poutine, en conférence de presse, lors du sommet du G8 à Lough Erne (Irlande du Nord), que son pays était prêt à participer à la vérification des cas d’utilisation de ces armes en Syrie et à soumettre les résultats au Conseil de Sécurité.

On tente aussi de relancer le projet illégal et dangereux d’une zone d’exclusion aérienne depuis la frontière jordanienne cette fois, qui serait de 40 km, pour permettre, en fait, de recomposer les groupes anéantis, faciliter l’acheminement des armes et des ravitaillements. Ce ‘no-fly zone’, qui coûterait 50 millions de dollars/jour, sera non seulement une violation d’un pays souverain, s’il ne passe pas par le Conseil de sécurité, mais est de nature à enflammer la région, car la Syrie sera en droit de riposter à toute violation de son territoire et son espace aérien sera très risqué aux pilotes qui s’y aventureront surtout si elle dispose des redoutables missiles S300, en plus de son arsenal offensif.

On relance, tambour battant, le désir d’armer les groupes avec des armes modernes comme si les armes utilisées, jusque-là, venaient du néant ! La question qui les effraye est le risque de voir ces armes se retournent contre eux une fois le problème de la Syrie réglé dans les deux cas de figure. De ce fait, classer ‘Al Nosra’ organisation terroriste était le seul moyen de faire éliminer cet encombrant groupe. L’autre crainte est de voir aussi ces armes récupérées par l’armée syrienne comme toutes celles laissées par les groupes éliminés.

 

Au même moment, au vu des difficultés à recruter, on fait organiser, en Égypte, une conférence des oulémas musulmans à leur tête Al Qaradhaoui pour, essentiellement, lancer un appel demandant aux musulmans du monde de venir faire le Djihad en Syrie contre le «régime de Bachar» ; chose qui n’a jamais été faite contre le régime sioniste d’Israël qui ne cesse depuis plus de 60 ans de spolier et d’assassiner les palestiniens. Ce projet d’armer et condamné par la Russie qui y voit une volonté de poursuivre les tueries et donc contraire au but de la Conférence qui veut instaurer la paix. La Russie réfute le pendant fait avec sa livraison d’armes défensives qui obéissent, selon elle, à des contrats légaux avec un gouvernement légitime, telles les batteries antimissiles russes S-300 qui ne peuvent pas servir à réprimer l’opposition armée.

Toutes ces agitations et gesticulations ne seraient pas apparues s’il n’y avait pas domination par l’armée syrienne du terrain des combats. Lorsque les groupes armés occupaient des pans entiers de territoire, imposant leurs lois en martyrisant les populations, détruisant les infrastructures économiques, sociales et culturelles, foulaient des pieds les lois internationales et la morale, l’Occident encourageait en espérant la généralisation du chaos sur toute la Syrie pour le projeter à tous les États de l’axe de la résistance avec en ligne de mire l’Iran, mais lorsque la situation s’est renversée par la reprise en main des choses par l’armée syrienne avec risque d’anéantissement de toute la stratégie tracée pour ce Moyen-Orient, le voilà exhiber les «lois internationales» pour faire condamner la Syrie de crimes de guerre non avérés ou commis par leurs hommes pour en accuser l’adversaire.

La Conférence dite de « Genève II » a pour but de trouver une solution politique à la crise syrienne que soutiennent de nombreux pays. S’y présenter sans éléments de pression serait absurde. D’où l’activisme de l’Occident à vouloir s’y présenter forts d’arguments leurs permettant de soutirer un maximum de dividendes. Ce qui explique qu’en même temps les Américains s’activent, parallèlement, à vouloir armer plus et mieux les «rebelles» et à instaurer une zone d’exclusion aérienne. Ce contraste ne peut que viser à éloigner l’échéance de la Conférence dans l’espoir, sans aucun doute, de gagner du temps afin de glaner des cartes de pression politique plus avantageuses, via leurs troupes. Un certain Driss Salim, du commandement de l’ASL, aurait promis de défaire les forces armées syriennes en… six mois si l’Occident lui fournit les armes nécessaires. Les Américains n’étant pas dupes, il est fort probable que leur Plan prévoit une option plus handicapante visant à éterniser la présence des terroristes à l’intérieur et autour de la Syrie en créant un foyer permanent prêt à en faire usage à tout moment et ce, à défaut de la victoire immédiate souhaitée.

Nous avons donc, après plus de deux ans :

– Une Syrie engagée dans une guerre sanglante contre une «rébellion» hétéroclite composée de milliers d’éléments étrangers soutenus militairement et financièrement par une coalition de pays impérialistes pro-sionistes, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite appuyés par des ONG affidées et des milieux religieux musulmans sectaires.

– Une domination de l’armée syrienne sur le terrain des combats et des groupes armés, composés de plusieurs nationalités, en débandade.

– Un camp agresseur dans une grande confusion et indécis qui veut armer, pour «équilibrer les forces» dit-il, des groupes dont il craint qu’ils se retournent contre lui tout en spéculant sur une intervention militaire directe hasardeuse.

– Une Turquie d’Erdogan qui se retrouve dans la situation de «l’arroseur-arrosé» qui n’arrive plus à finir sa mission de déstabilisation de la Syrie.

– Une Égypte de Morsi – empêtrée dans des problèmes économiques, sociaux et institutionnels – qui se permet de suggérer sa disposition à assumer le rôle de la Turquie par des signaux en coupant toute relation avec la Syrie et en affichant son intention d’impliquer son armée. Chose que les hautes instances militaires jugent irréalisables contre tout pays «frère».

– Deux puissants ‘blocs’ qui s’affrontent pour un partage d’influence et d’intérêts. L’un croyant à la force militaire pour pouvoir étendre son hégémonie et l’autre qui veut montrer que le monde n’est plus unilatéraliste et qu’il est vain d’en nier l’évidence au risque d’un conflit généralisé.

Il faut être aveugle pour ne pas voir, à travers la guerre imposée à la Syrie de l’extérieur, une volonté de tailler à la hache toutes les nations de la région pour les affaiblir, les piller, les assujettir pour des siècles de « transition démocratique ».

Djerrad Amar

 

Les troupes américaines regroupées en Jordanie après la fermeture par la Turquie des circuits de livraison d’armes US et OTAN aux rebelles syriens


Erdogan-Obama-SyrieLa décision américaine d’améliorer l’armement des rebelles syriens s’est heurtée à un revers majeur: DEBKAfile révèle que le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a appelé le président Barack Obama à Berlin le Mercredi 19 Juin, pour lui faire part de sa soudaine décision de fermer le circuit turc du transfert des armes américaines et de l’OTAN aux rebelles syriens.

Dans ce contexte, le président américain a informé le Congrès Vendredi 21 Juin, que 700 soldats américains prêts au combat resteraient en Jordanie à la fin des exercices conjoints américano-jordaniens (NDT : Eager Lion). Parmi eux il y aurait des équipes pour deux batteries de missiles anti-aériens Patriot et pour la logistique, un personnel de commandement et de communication nécessaires pour appuyer ces unités. Les États-Unis laisseront également derrière eux, à la fin des manœuvres, un escadron de 12 à 24 avions de combat F-16 à la demande de la Jordanie. Quelque 300 soldats américains étaient déjà en Jordanie depuis l’année dernière.

La décision de M. Erdogan va laisser les rebelles syriens qui combattent dans Alep pratiquement abandonnés à leur sort. La chute de Qusayr a coupé leurs livraisons d’armes en provenance du Liban. Les livraisons à travers la Jordanie ne dépassent pas le sud de la Syrie et il leur est presque impossible de se déplacer vers le nord, où les rebelles et le Hezbollah soutenu par l’armée syrienne sont enfermés dans une bataille décisive pour Alep.

Le Premier ministre turc a dit à Obama qu’il craignait les représailles de la Russie, s’il continuait de laisser des armes américaines  et de l’OTAN parvenir aux rebelles syriens.

Depuis le Sommet du G8 en Irlande du Nord la semaine dernière, Moscou a émis des condamnations quasi quotidiennes de l’Occident pour l’armement des terroristes.

Le porte-parole rebelle à Alep a affirmé, vendredi, qu’ils avaient maintenant des armes qui, selon eux, « vont changer le cours de la bataille sur le terrain. »

Des sources militaires de DEBKAfile sont fortement sceptiques sur leur capacité – même après les nouvelles livraisons – à résister à l’assaut sur ​​leurs positions dans la ville assiégée par les forces combinées de l’armée syrienne, des troupes du Hezbollah et des chiites irakiens armés. L’évaluation des services secrets qui prévaut est qu’ils seront écrasés à Alep comme ils l’ont été à Al Qusayr.
La bataille d’Al Qusayr  a été perdue après 16 jours de combat féroce; Alep devrait tomber après 40-60 jours de carnage.

Les armes que les rebelles ont reçues des États-Unis, de l’OTAN et de sources européennes ont été achetées sur les marchés internationaux – non seulement parce qu’elles sont relativement peu chères, mais aussi parce qu’elles étaient pour la plupart de fabrication russe. Les rebelles sont ainsi équipés d’armes russes pour lutter contre les armes russes utilisées par l’armée syrienne. Cela a mis Moscou plus en colère que jamais.

Jusqu’à présent, le gouvernement Erdogan a appuyé sans réserve l’opposition syrienne, leur permettant de créer des centres de commandement vitaux et des bases arrière sur le sol turc et d’envoyer des fournitures à travers la frontière aux unités de combat. Il a tiré le tapis sous leur cause et donné à Assad un sacré coup de pouce

Cette volte-face est un tremblement de terre stratégique – et pas seulement pour ce qui concerne la guerre de Syrie, mais aussi pour les États-Unis et, avec le temps, pour Israël aussi.

Il y a dix ans, M. Erdogan a fait la même manœuvre quand il a refusé aux troupes américaines le passage par la Turquie pour l’ouverture d’un second front en Irak contre Saddam Hussein.

Le président Obama a réagi en amassant en Jordanie 700 à 1000 soldats américains équipés et prêts au combat. Les intercepteurs de missiles Patriot et les avions de chasse  F-16 resteront sur place après les manœuvres conjointes aussi longtemps que la situation sécuritaire l’exigera. Selon DEBKAfile : Les manœuvres conjointes américano-jordaniennes ont été en effet brutalement écourtées au bout de deux semaines, alors qu’elles étaient prévues pour durer deux mois jusqu’à la fin de Août.

L’élargissement des perturbations liées à la guerre en Syrie est sur le point de basculer sur la Jordanie et se rapproche plus que jamais d’Israël.

Traduction : Avic

http://www.debka.com/article/23066/US-troop-buildup-in-Jordan-after-Turkey-shuts-US-NATO-arms-corridor-to-Syrian-rebels

Énorme investissement de la Russie dans la capacité de production de missiles AA à longue portée 2/2


Vladimir Poutine a estimé qu’avec la production massive des systèmes S-300 PMU2 et S-400, la Russie peut occuper un bon créneau dans le marché et compter sur elle comme un grand facteur de démolition de la suprématie américaine sur toute la planète. Dans cette optique, ce type d’arme est devenu le fer de lance de la politique russe qui vise, dans un premier temps, à libérer les musulmans du Proche et Moyen-Orient de l’influence ou des menaces de l ‘«axe du mal», représenté par la Maison Blanche, ses satellites et Israël. Lire la suite Énorme investissement de la Russie dans la capacité de production de missiles AA à longue portée 2/2

ERDOGAN demande au Président Al-Assad de l’aider à mettre fin aux MANIFESTATIONS EN ECHANGE du contrôle des frontières


51b65bc44fcc6A partir de sources SNN:

Info ou Intox ?

Un haut responsable arabe aurait délivré un message  urgent de Erdogan au président syrien Al-Assad, lui demandant d’intervenir et pour l’aider à mettre fin aux manifestations en Turquie, en échange de la promesse de fermer la frontière avec la Turquie aux combattants FSL et aux terroristes du Front Al-Nusra, de stopper la contrebande d’armes, et d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux gouvernements.

La réponse a été claire et explicite:

 » Nous n’intervenons pas dans les affaires intérieures d’un Etat, et ce qui se passe en Turquie est une affaire interne, et nous respectons les choix et les aspirations du peuple turc ».

Source : http://lunaticoutpost.com/Topic-Erdogan-asks-Assad-for-help-to-end-demonstrations

« Eager Lion » – Opération d’extraction de mercenaires islamistes de Syrie ? Partie I


Dans la guerre civile syrienne, la position de la Russie a été dès le début de ne pas s’en mêler, mais plutôt de suivre attentivement la situation grâce à des milliers d’agents sur le terrain, par l’équipement ELINT à bord des navires militaires du port de Tartous, à travers les images satellite, etc. Fondamentalement, la Russie est la seule superpuissance qui sache parfaitement tout ce qui bouge en Syrie et peut réagir efficacement. La balance de la victoire a commencé à pencher du côté du président Bachar al-Assad, avec la débâcle enregistrée par la soi-disant Armée de libération dans l’opération d’encerclement et de conquête de Damas, qui s’est terminée le 5 Février 2013. Lire la suite « Eager Lion » – Opération d’extraction de mercenaires islamistes de Syrie ? Partie I

Qui veut la tête d’Erdogan ?


Turquie576773Des révolutions de couleur, des printemps révolutionnaires, on commence à en avoir l’habitude. De la mascarade de Roumanie qui a fait tomber et assassiner Ceausescu à la comédie de Damas responsable d’une guerre encore en cours, nous avons appris beaucoup de ces révolutions toutes accompagnées de leurs snipers en mission commandée et de leurs meneurs professionnels, secondés par les technologies modernes de communication. Toutes ont visé à faire tomber un régime. Avec le recul, on a toujours fini par constater que ces ‘’révolutions’’ n’avaient de révolution que le nom, et que c’était toujours les mêmes manipulateurs qui tiraient les ficelles.

Comment alors ne pas se poser des questions devant chaque nouvelle autre révolution ? Ne pas le faire c’est penser que les précédentes manipulations n’étaient que des accidents conjoncturels. Or tout le monde sait que ce n’est pas le cas. On pourrait, également penser que ces mouvements populaires ne sont dirigés que contre des ‘’dictateurs’’, c’est à dire contre des régimes non amis de l’occident.  Les évènements récents nous ont montré qu’il n’en était rien. De grands amis tels que Ben Ali ou Moubarak ont été balayés en moins de deux, alors que tout le monde pensait qu’ils disposaient de soutiens solides. Kadhafi et Al Assad aussi étaient reçus en amis peu avant de se recevoir un coup de poignard dans le dos. Que dire de ce très grand ami que fut Saddam Hussein que l’on a amicalement poussé à envahir le Koweït pour mieux l’anéantir. Certaines amitiés sont mortelles.

Dans la marche du monde, l’amitié n’a jamais été protectrice. Elle ne le sera pas plus pour Erdogan qu’elle ne l’a été pour toutes ces personnes qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec le titre de ‘’ plus grand dictateur de tous les temps’’. Fera-t-il partie du lot de ces nombreux ‘’amis’’ sacrifiés au nom des intérêts supérieurs de l’oligarchie ? Personne ne le sait encore, pour le moment. Seul l’avenir nous le dira. Mais l’on sait déjà que dans ces cas-là, l’appui des autres dirigeants mondiaux, fussent-ils  les plus puissants, ne changera rien à l’affaire. Ils pourront tout juste l’accompagner dans sa chute pour qu’elle soit moins douloureuse. On se rappelle Hosni Moubarak. On prend ici la mesure du pouvoir réel des présidents, comme s’ils n’étaient là que pour la mise en œuvre des programmes déjà décidés ailleurs et par d’autres.

Si les manifestations continuent – et elles n’ont pas l’air de vouloir se calmer, il y a de bonnes chances pour qu’Erdogan aille retrouver d’autres copains au cimetière des dictateurs, le Qatar ou éventuellement l’Arabie Saoudite, ou le bizutage risque d’être dur, vu l’appui qu’il a fourni pour la chute de certains d’entre eux. Qu’a-t-il bien pu faire pour mériter la disgrâce ? Ou peut-être, que n’a-t-il pas fait ? Lui reproche-t-on l’échec de la Syrie ? Ou d’avoir gardé deux fers au feu en maintenant des liens avec l’Iran ? Ou encore sa position vis-à-vis des gisements de gaz au large de Chypres ? On peut rajouter que beaucoup de grands projets, dans lesquels la Turquie tenait un rôle essentiel, ont capoté. C’est le cas par exemple du projet du gazoduc Nabucco, mis à mal par Gazprom, ou du projet  de percement du canal reliant la Mer de Marmara à la Mer Noire. (Voir l’article sur le remodelage de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est).

Comme souvent dans les changements de régimes, nous ne saurons rien avant de voir qui va être mis à sa place. Parfois il faut même attendre un certain temps, après les premières actions du nouvel arrivant, pour avoir une idée des causes de la destitution de l’ancien ‘’dictateur’’. En attendant, les évènements s’enchaîneront de manière logique, et personne n’aura rien vu venir. Pourtant, il existe des signes qui montrent que ces manifestations ne sont pas anodines. Outre que ce que nous savons de ce type de révolte-révolution, un autre évènement  noyé dans l’actualité turque devrait nous interpeler. Les attentats survenus il y a un mois à Reyhanli. Devant la cacophonie des déclarations, j’avais alors émis, dans un article à chaud, l’hypothèse qu’il pourrait y avoir des luttes internes au sein de l’élite turque.  Les médias n’en parlent presque plus et sont passés à autre chose : les manifestations. Les deux évènements, à moins d’un mois d’intervalle, pourraient bien être liés, ne serait-ce que parce que les révolutions et les attentats sont souvent manipulés et téléguidés. Il ne serait donc pas étonnant qu’une même main soit derrière tout ce qui se passe en Turquie.

Un autre signe, indirect celui-là, est la façon dont les médias traitent le sujet. Il est étonnant de constater comment Erdogan est subitement devenu ‘’orgueilleux’’, ‘’autoritaire’’, ‘’convaincu d’avoir été choisi par Dieu pour diriger la Turquie’’, ‘’formé dans le parti islamo-nationaliste extrémiste’’,  ‘’coupé de l’opinion, devenu incapable d’en saisir les humeurs’’, etc… Il n’est pas encore devenu un dictateur, mais le matériau est déjà en place. (Voir article Rue 89). Certains journaux insistent déjà sur le lâchage dont il a fait l’objet lors de son voyage au Maroc (où il n’a pas été reçu par le roi Mohamed VI) et en Tunisie (où il a fait face à l’hostilité de la foule). Pour faire bonne mesure, certains parlent de ‘’régime poutinien’’. Pourquoi se gêner quand on peut en avoir deux pour le prix d’un.

Quels que soient ceux qui veulent la peau d’Erdogan, ils travaillent sur du velours.  Le premier ministre turc a réussi l’exploit de se faire haïr par à peu près tout le monde, y compris par ceux qui l’adulaient et le mettaient sur un piédestal il y a à peine deux ans. S’il était submergé par la révolution, peu de gens le pleureront. Mais l’oligarchie aura gagné, encore une fois.

Avic

Rassemblement d’activistes OWS aux Etats-Unis en solidarité avec les manifestants turcs


pirhayati20130602045554543Des centaines de personnes, dont des militants du mouvement Occupy Wall Street, ont organisé une manifestation à New York pour exprimer leur soutien à des manifestations anti-gouvernementales dans la ville turque d’Istanbul.

Les manifestants se sont rassemblés à Zuccotti Park – le berceau du mouvement Occupy Wall Street dans le Lower Manhattan – le samedi et défilé sur près de 5 kilomètres (3 miles) en direction du consulat turc.

Certains des manifestants portaient des pancartes « Istanbul n’est pas seul», tandis que d’autres brandissaient le drapeau national turc.

Le mouvement Occupy Wall Street a annoncé dans un communiqué que l’événement a eu lieu dans le but d’attirer l’attention du public sur les protestataires du  parc Gezi d’Istanbul et la violente répression des manifestant qui s’en est suivie par décision de l’AKP, dirigé par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Des manifestations similaires sont prévues et auront lieu dans plusieurs grandes villes américaines, dont Austin, Boston et Chicago.

Les rassemblements de solidarité avec les manifestants turcs ont pris une dimension mondiale, et des dizaines de personnes en Belgique, en Grande-Bretagne, à Chypre et en Norvège ont protesté contre la brutalité de la police turque et des mesures brutales contre les manifestants à Istanbul.

Des manifestants égyptiens ont également l’intention d’organiser un rassemblement devant l’ambassade de Turquie au Caire dimanche soir en soutien aux manifestants à Istanbul.

Le samedi soir, environ 5.000 manifestants ont encerclé le bureau de M. Erdogan dans la municipalité de Besiktas à Istanbul, situé sur la rive européenne du détroit du Bosphore, et jeté des pierres sur le bureau, blessant au moins sept policiers.

Les forces spéciales de la police ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants.

Plus tôt dans la journée, 100.000 manifestants se sont rassemblés sur la place Taksim, exigeant que M. Erdogan démissionner et traitant le gouvernement «fasciste».

Les troubles anti-gouvernementaux ont commencé après que la police ait dispersé un sit-in organisé sur la place Taksim, le 31 mai pour protester contre la démolition de Gezi Park.

Les manifestants disent que le parc, qui est un point de rassemblement traditionnel pour les rassemblements et manifestations, ainsi qu’une destination touristique populaire, est le dernier espace public vert de la ville.

Amnesty International a dénoncé la police turque pour les tactiques qu’ils ont utilisées pour contrôler les manifestations.

MP / HJL

Traduction : Avic

http://www.presstv.ir/

Le printemps turc : Erdogan, dégage ?


TURKEY-TAKSIM-CONSTRUCTION-DEMONSTRATIONLes signes d’un orage printanier s’accumulent sur la tête d’Erdoğan. Sera-t-il la première victime collatérale de la guerre en Syrie ? Car il y en aura. Trop de choses se sont passées depuis deux ans pour laisser indemne la population de la région, dans la mesure où tous les pays du Moyen-Orient ont été concernés, et leurs populations avec. Parmi tous ces pays la Turquie détient la palme  en matière d’interventions, d’imitions, de gesticulations et de vociférations. Comment peut-on croire, qu’après tout ça, la Turquie reviendrait tranquillement à la case départ, comme si rien ne s’était passé ? Les évènements qui se déroulent en ce moment à Istanbul semblent prouver que les esprits sont chauds. La répression est féroce, mais ne semble pas décourager les manifestants, qui, Samedi soir encore, affrontaient les forces de l’ordre.

Dans d’autres circonstances, on aurait dit que des manifestants pacifiques se font massacrer par les hommes de  d’Erdogan, premier Ministre turc d’un gouvernement islamiste. Ça aurait un air de déjà-vu. C’est peut-être pour cette raison que les médias nous le présentent différemment, pour ne pas nous lasser. Il reste que parmi les manifestants des slogans demandant la démission d’Erdogan fusent. A quand ‘’Erdogan dégage !’’, ou ‘’Erdogan doit partir’’ ? Attendons de voir comment il va gérer ce mouvement qui, loin de s’éteindre, semble gagner d’autres endroits du pays. Et aussi comment ses amis vont gérer leurs médias pour que ne sorte que ce qu’on ne peut empêcher de sortir.

 

Avic

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An anti-government protester sits in front of rubbish set on fire by protesters as they clash with riot police in central Ankara

Attentat de Turquie : œuvre de turcs


NEUF TURCS ARRÊTÉS À LA SUITE DE L'ATTENTAT DE REYHANLIFinalement les turcs sont des petits. Quand on a comme compagnons d’armes Israël et les Etats-Unis, on a le devoir de s’aguerrir dans le mensonge. Il est indispensable de savoir tenir contre l’évidence, et ne pas jouer les Jérôme Cahuzac. Au sujet des  attentats qui ont eu lieu Samedi dans la ville turque de Reyhanli, la première version du ministre de l’intérieur d’Erdogan semblait pourtant logique. L’ennemi à abattre n’est-il pas toujours responsable de tout ce qui survient de désagréable ? La grêle, les inondations, la famine, les catastrophes et tous les autres fléaux, ne sont-ils pas de son fait ? En toute logique, donc, le bon ministre de l’intérieur, M. Muammar Guler, attribua la responsabilité des attentats à la Syrie, comme tout le monde s’y attendait, du reste.

Quelle mouche a piqué le gouvernement turc pour avouer que les auteurs des attentats sont tous turcs, laissant planer un doute malsain sur la non culpabilité de Bachar Al Assad ? Vu le problème kurde, cet aveu oriente les regards directement vers un problème intérieur.  Doublement intérieur.

D’abord, concernant l’attentat lui-même. Six personnes, toutes de nationalité turque, sont soupçonnées d’en être les auteurs. On ne peut, évidemment, pas s’empêcher de penser à la résistance kurde. Le gouvernement turc, avec son engagement aveugle dans le problème syrien, a aggravé une situation qu’il était déjà incapable de maîtriser avant.  Le séparatisme kurde ne peut que se renforcer avec le chaos syrien, et a même intérêt à ce que ce chaos perdure.

Le deuxième volet intérieur se situe au sein même du gouvernement turc. Pendant que Davutoglu, le ministre des affaires étrangères, en visite à Berlin, essayait d’exploiter la première version et parlait déjà de « mesures de rétorsion », le vice-président du gouvernement turc, Besir Atalay, annonçait tranquillement que les coupables sont à chercher à l’intérieur même du pays. Y aurait-il un combat des chefs en Turquie ? A moins qu’il n’y ait deux camps, celui d’Erdogan pro-occidental et un autre qui serait un allié de fait de Bachar El Assad, même si on ne sait pas trop pour qui il roule.

En attendant, les attentats, dont on ne voit pas vraiment la finalité, ont causé 46 morts et 140 blessés. Comme toujours, certains se précipitent sur « l’occasion » pour accuser ceux qui ont le moins d’intérêt et qui n’ont aucun bénéfice à tirer de l’acte terroriste. Et comme souvent, pour les accusateurs, il tombe à pic. Il y a cependant une nouveauté dans ces attentats : si jusqu’ici le terrorisme a toujours été l’outil idéal pour enclencher  « des mesures de rétorsion », maintenant il peut avoir un effet boomerang et servir de munitions pour les guerres internes au sein même des appareils politiques. C’est peut-être bon signe.

Avic

Crimes sans châtiment : Révélations sur les filières terroristes de Paris


« Les noires complicités de la France »

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Avec “Crimes sans Châtiment”, l’auteur met à jour tout un système de complicités entre les dirigeants politiques français et des groupes islamistes criminels. De 1990 à 2012, de l’Algérie à la Syrie, la confrérie des Frères musulmans reçoit le soutien de Paris dans ses coups d’Etat contre les pays du Bassin méditerranéen. Entrevue de jean-Loup Izambert par Louis Dalmas (B.I. Infos, no. 185, mars 2013).

B.I. : En juin 2012 vous annonciez la parution prochaine de votre ouvrage sous le titre provisoire de “La ligne jaune”. Le titre a changé depuis. Pourquoi ?

Jean-Loup Izambert : D’abord, il m’a fallu près d’une année avant de trouver un éditeur libre et indépendant digne de ce nom sur la vingtaine qui ont reçu mon manuscrit. (1) Pendant ce temps, l’évolution de la situation internationale a montré que les dirigeants occidentaux ne se contentaient pas de franchir la ligne jaune entre la guerre et la paix.

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Pourquoi la Turquie fait-elle des affaires avec Israël ?


Turkey-israel.svgLes relations entre la Turquie et Israël sont en train de prendre un nouveau cours : la raison d’État cède désormais la place aux affaires. Après avoir rompu tout lien diplomatique à la suite de l’arraisonnement par des militaires israéliens du navire turc Navi Marmara en 2010 (l’assaut sanglant contre les militants de la mission Free Gaza qui se dirigeait vers Gaza avait fait neuf morts parmi des militants de nationalité turque), le quotidien Today’s Zaman annonçait dimanche 17 février la signature d’un accord portant sur la vente par Israël de systèmes électroniques aériens au gouvernement d’Erdoğan.

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Le mystère Erdogan.


Erdogan-ObamaDe tous les dirigeants du monde actuel,  le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan est certainement  le plus déroutant et le plus imprévisible.

Le monde entier se souvient de sa sortie  au forum de Davos en 2009, devant  un auditoire et un Shimon Perez éberlués. Il endossait ce jour-là le costume d’un des plus grands, sinon le plus grand défenseur de la cause Palestinienne. Les relations entre la Turquie et Israël, savamment tissées au cours des années et  alors à leur apogée, se détériorèrent brutalement, et continuèrent à se dégrader au point d’en être aujourd’hui au point zéro. Du jour au lendemain, il devint le héros du monde musulman. Il fut perçu comme celui qui, peut-être, délivrera les palestiniens et brisera enfin le blocus de Gaza. Les éloges et les superlatifs n’en finissaient pas. Pour certains c’était le nouveau Nasser, pour d’autres la réincarnation de Saladin. Comme on pouvait s’y attendre, l’axe de la résistance ne fut pas en reste. Le secrétaire général du Hezbollah lui-même, Hassan Nasrallah alla jusqu’à lier les qualités morales du nouveau chevalier à son prénom, Tayyip, qui veut dire : généreux.

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