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L’effroyable imposture impériale en Afrique


Francois-Hollande-est-au-Mali« Les jihadistes n’auraient pas fait régner la terreur dans le nord du Mali si Nicolas Sarkozy et un certain Bernard-Henri Lévy n’avaient mis la Libye à feu et à sang, en faisant fi des tragiques conséquences ». C’est l’intellectuelle malienne Aminata Traoré, également ancienne ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, qui s’exprime ainsi, dans un livre qu’elle cosigne avec  l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, très judicieusement intitulé « La gloire des imposteurs » (éditions Philippe Rey). Lire la suite L’effroyable imposture impériale en Afrique

Françafrique. Richard Attias : nouveau Monsieur Afrique


Tribune libre  Diouf Mali

richard_attias_new_york_forum_africa-600x402A la surprise générale, Macky Sall, président du Sénégal, a annoncé la désignation de Richard Attias pour assurer la communication relative à la prochaine édition du sommet de l’Organisation internationale de la Lire la suite Françafrique. Richard Attias : nouveau Monsieur Afrique

Le Mali à l’heure du butin….


francois-hollande-ibrahim-boubacar-keita-ibk-jean-yves-le-drian-yamina-benguiguiNous avons gagné cette guerre » a dit le président français, François Hollande, lors de l’investiture du nouveau président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). A sa décharge, on peut dire qu’on gagne les guerres qu’on peut et, quand on y arrive, on peut se permettre de le dire haut et fort, tant cela réconforte un ego particulièrement éprouvé, après avoir été cavalièrement éconduit malgré ses assiduités par le président des Etats-Unis, à propos de la Syrie.

De plus, là, il est le seul des dirigeants atlantistes à parader. Pourquoi n’en aurait-il pas profité. Surtout quand ce gain a une signification beaucoup plus large que la débandade de quelques bandes de desperados. Car désormais, il est le maître des lieux et ne s’empêche pas de le dire. « Nous conserverons ici les effectifs nécessaires, mais surtout autour du Mali, pour aider les forces africaines à juguler toute menace ». Que pouvait-il espérer de plus que cette perspective d’un possible retour triomphal, sous sa houlette, de la Françafrique sur des terres qui lui sont disputées et qui semblent devoir lui revenir.

Désormais, c’est sous légalité internationale et satisfecit des autorités maliennes que les troupes françaises sont à demeure, pour garantir que rien ne se fera qui soit contraire aux intérêts bien compris de la puissance tutélaire par la grâce d’une « libération » du Mali du « péril terroriste ». Derrière, il y a une « aide » économique qui va suivre et marquer les « bonnes intentions » exprimées avant, pendant et après l’intervention militaire.

Jusqu’ici, même le peuple malien a l’air de manifester de la reconnaissance. Tout va donc pour le mieux. Jusqu’à quand, nul ne sait pour la durée. Mais il est certain que tôt ou tard, il faudra que les choses soient remises à plat. Après que, encore fois, il soit goûté aux bienfaits de ce type de mansuétude qui fera tout pour qu’en matière de développement il sera uniquement question de celui des multinationales, qui sont d’ores et déjà prêtes à pomper les richesses qui s’offrent à elles.

Sur un autre plan, toujours en termes de retour du Mali dans le giron de la France, c’est la présence très remarquée et très significative de Mohamed VI, venu dans les bagages du président français lui aussi fêter la « victoire ». Cela ne pouvait pas ne pas se produire. Le Makhzen est un incontournable symbole de l’influence hexagonale, dans la région, et un modèle d’allégeance sans borne au fait colonial. Pour la galerie, il serait venu apporter son assistance au gouvernement malien. Et il l’a apportée. Enfin, celle qu’il a pu, sachant le sort économique et social qui est réservé aux populations marocaine et sahraouie. Le royaume va former 500 imams maliens et installer un « hôpital temporaire de campagne », à Bamako, où des médecins marocains vont soigner gratuitement « tous ceux qui le souhaiteront ». La satisfaction du roi a été d’avoir été gratifiée de la non-invitation du président du Front Polisario, premier pas supposé vers le retrait de la reconnaissance malienne de la république sahraouie, sous les prescriptions évidentes de François Hollande. En attendant d’autres modifications dans la gestion des positions maliennes.

Par Ahmed Halfaoui

http://french.irib.ir/info/afrique2/item/276884-le-mali-%C3%A0-l-heure-du-butin

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre


prix_houphouet_boigny_hollande_274801403François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu- le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs « [amis de la France » qui entoureront le Président français.

Pour l’association Survie, la remise de ce prix au Président français est révoltante à plusieurs titres.

En premier lieu, l’intitulé de ce prix, décerné chaque année par l’UNESCO, et l’hommage ainsi rendu à Houphouët-Boigny apparaissent tout à fait scandaleux si l’on se réfère au rôle joué par cet ancien président ivoirien dans le sabotage des projets indépendantistes et souverainistes en Afrique, la multiplication des conflits, la longévité des dictatures et dans le pillage des ressources de son propre pays, dirigé d’une main de fer pendant 30 ans.

En second lieu, la remise de ce prix au Président français, dans le contexte que connaissent le Mali et le Sahel sonne comme un étrange hommage à la guerre. Le Président français est en effet le chef militaire d’une opération massive, mobilisant un véritable arsenal offensif, lancée sans véritable mandat international, au bilan humain (victimes, prisonniers) à ce jour inconnu et dont les répercussions dans la sous-région (Niger, Algérie) et au-delà (Cameroun, Nigeria, Libye, Tchad) s’avèrent fort préoccupantes. Est-il possible à ce stade d’imaginer que cette guerre au Mali, instrumentalisée en « guerre contre le terrorisme » pour dissimuler des ambitions de puissance de la France en Afrique soit porteuse de valeurs de paix et de stabilité susceptibles d’être célébrées à l’UNESCO ?

Enfin, au moment de recevoir ce prix, François Hollande sera entouré de nombreuses personnalités africaines contestables, parmi lesquelles l’ancien président ivoirien Konan Bédié, chantre de l’ivoirité et le sénégalais Abdou Diouf, ex-garant de l’influence française au Sénégal et désormais dans tout l’espace francophone. Il sera surtout entouré par plusieurs chefs d’Etat en exercice dont la politique est marquée par la violence : Blaise Compaoré, dictateur du Burkina Faso, indirectement impliqué dans les conflits les plus sanglants d’Afrique de l’Ouest ; Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, imposé par les armes françaises ; Mohamed Ould Abdel Aziz, président putschiste de la Mauritanie ; Idriss Déby Itno, dictateur du Tchad, qui voit là une nouvelle marque de reconnaissance suite à son intervention au Mali aux côtés des forces françaises, malgré la nature de plus en plus répressive de son régime .

Devant ces chefs d’Etat « amis », François Hollande doit prononcer un discours annoncé comme « important » qui s’apparentera à un tour de chauffe, en prévision du Sommet sur la sécurité qui se tiendra à Paris en décembre. Le premier sommet « France-Afrique » d’un Président français qui a pris ses aises dans le décorum de la Françafrique.

Survie demande à l’UNESCO, de supprimer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont l’appellation est une insulte aux démocrates et pacifistes africains, et à François Hollande, peu digne de recevoir une décoration vu son passif en matière de politique africaine depuis son élection, de décliner ce prix.

 http://survie.org/

Le Mali n’est qu’un hors d’œuvre


predatorPendant que la France joue son rôle au Mali, que François Hollande récite béatement son texte et que les médias peinent à trouver un contenu à leur couverture de cette « guerre », des choses beaucoup plus importantes se passent en coulisse. En coulisse mais au vu et au su de tout le monde, car il n’est plus besoin de se cacher. Tant que les grands médias n’en parlent pas, ça n’existe pas. Et ils n’en parleront pas.

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De la Françafrique à l’Afr’ance.


Drapeau Fr

La Françafrique c’est quoi ? Des mallettes qui circulent du sud au nord vers des comptes privés ? Des cadeaux et des marchés complaisamment octroyés ? Des élections gagnées à 99% ? Des destitutions organisées lors de coups d’état décidés et mis en œuvre par les soins des « Services » français ? Des messages véhiculés par l’intermédiaire d’émissaires spéciaux style « Papa m’a dit » ou « l’Elysée veut » ? Il y a de tout cela. Mais, en même temps, la Françafrique c’est tout autre chose. Tous ces clichés, pourtant réels, c’est pour la galerie. Une façade qui lui en donne une image pittoresque mais faussée. La Françafrique est avant tout un système. Un système géopolitique particulier, ne ressemblant à aucun autre dans ce monde pourtant poly-systémique. Comme pour tous les systèmes tous ceux qui sont en son sein sont réduits à n’en être que de simples acteurs.

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