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« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial » par Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur


Tribune libre Byblos

FR MG ENTRETIEN MICHEL RAIM

Nous vivons actuellement un moment historique majeur, d’une importance sans doute comparable à la chute de l’Union Soviétique. Entraînant la dissolution du bloc communiste et ayant pour effet immédiat d’instaurer l’hégémonie sans partage de l’Amérique et de ses alliés occidentaux, la disparition de l’URSS allait amener plus de vingt ans de malheur et d’extrême injustice pour le reste de la planète.

L’évènement qui a dominé le récent Sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, fruit d’une gestation de deux ans dans le sillage de la crise syrienne, referme cette parenthèse dramatique. Confirmant la renaissance de la Russie et l’émergence du bloc des BRICS à direction russo-chinoise, il symbolise la recomposition de la vie internationale sur de nouvelles bases : le « moment unipolaire américain », qui consacrait le triomphe des « grandes démocraties » et de leur « économie de marché », est terminé. C’est le glas qui sonne pour la plus grande escroquerie politique de l’ère contemporaine : la « communauté internationale » franco-anglo-américaine est agonisante.

Le double accord conclu entre la Russie et l’Amérique au sujet de la Syrie est l’acte fondateur de cette mutation. Le Mur de Berlin apparaissait comme le symbole du triomphe du « monde libre » et de « la fin de l’Histoire ». En cet automne 2013, c’est le mur de l’arrogance qui a été brisé, le ci-devant « Axe du Bien » apparaissant dans toute sa splendeur, sur fond de soleil couchant. Loin d’être finie, l’Histoire continue.

C’est une belle leçon de diplomatie qu’a prodiguée la Russie (soutenue sans défaillance par la Chine, par ses autres partenaires « BRICS » comme le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, mais aussi par une bonne partie du monde) en réussissant à faire prévaloir la légalité internationale et les grands principes onusiens contre les partisans de l’ingérence à tout va. Ne nous y trompons pas : pendant quelques jours, le monde a bel et bien frôlé la catastrophe et la guerre mondiale. Que Russes et Américains se soient mis d’accord sur le principe d’une solution politique et diplomatique ne peut que réjouir les gens de bonne volonté qui prônent et espèrent depuis de longs mois l’amorce d’un processus de négociation en Syrie. En espérant que la dynamique de paix sera contagieuse…

Il convient bien entendu de saluer la « Syrie réelle », c’est-à-dire tous ceux qui ont misé une fois pour toutes sur le dialogue pour mettre un terme à la guerre universelle à laquelle est confronté leur pays. C’est en effet grâce à leur détermination et leur lucidité que la mère de notre civilisation a pu résister – résiste toujours – aux terribles épreuves infligées par ses « faux frères » d’Orient et ses « faux amis » d’Occident : plus de 100 000 morts, huit millions de réfugiés et déplacés, soit un Syrien sur trois, plus de la moitié du pays en ruines, y compris la ville martyre d’Alep, capitale économique livrée au pillage, les infrastructures dévastées, écoles et hôpitaux inclus, des zones entières à la merci de combattants d’un autre âge. Sans oublier des millions et des millions de vies brisées…La communauté internationale, l’universelle, celle qui représente la majeure partie de la planète, ne sera-t-elle pas fondée à demander des comptes à ceux qui entretiennent, en notre nom par-dessus le marché, cette entreprise de massacre et de destruction, comme jadis en Irak et naguère en Libye ?

Certes, voir la grise mine de quelques « amis » bien connus du peuple syrien devant une perspective de solution pacifique a de quoi nous réjouir, mais nous ne pouvons dissimuler notre tristesse et notre colère de voir la France brader ses intérêts nationaux, ruiner son crédit moral en affirmant une préférence marquée pour le mauvais côté de l’Histoire. A l’heure où les uns et les autres se félicitent de voir la raison l’emporter et redisent leur engagement en faveur d’une issue politique négociée en Syrie, la France ne manifeste pas un enthousiasme délirant – c’est un euphémisme – pour l’option de la paix et du droit, dont la diplomatie russe s’est faite le symbole.

On aurait plutôt, jusqu’ici, l’impression qu’elle choisit de se retrancher dans le camp de la guerre en compagnie des financeurs du djihad. Pourquoi a-t-elle tant tenu à court-circuiter le Conseil de Sécurité dont elle est l’un des membres permanents et pourquoi, se plaçant dans une logique d’ingérence, a-t-elle mis tant de constance à bafouer les principes du droit onusien dont elle se réclamait. Quel dommage et quel ravage !

Le gouvernement français fait grand cas des votes du Congrès américain et bon marché de l’opinion majoritaire des Français. Il a grand tort. Sa politique est aussi injuste qu’immorale et la part de culpabilité qui est la sienne dans l’atroce tragédie syrienne n’a d’égale que son écrasante responsabilité dans notre enfermement et notre terrible humiliation. Pesant mes mots (comme un ministre bien connu qui pourtant rate toutes les occasions de se taire), je souhaite plein succès à ce Genève II que les vrais amis de la Syrie appellent de leurs voeux : il est grand temps que la voix de la diplomatie se substitue au fracas des armes, que la stabilité et la paix reviennent en Syrie.

Et puis, faut-il rappeler l’évidence ? C’est aux Syriens et à eux seuls qu’il appartient de décider de leur destin en toute souveraineté et en toute indépendance. Les dirigeants étrangers, de Paris ou de Washington, de Riyad ou d’Ankara, n’ont aucune légitimité pour le faire à leur place, et il leur faut un fabuleux toupet pour établir des « feuilles de route » concernant l’avenir ou la reconstruction d’un pays qu’ils auront tout fait pour anéantir.

drapeaux_france_et_syrieMichel Raimbaud, ex-Ambassadeur (à la retraite)
Membre de la Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3973

Poutine, Xi discutent de coopération technologique militaire


199494978Le sommet annuel de l’APEC a gagné la stature d’un forum de consultations politiques et, à Bali, cette année, il est particulièrement intéressant dans le contexte du ralentissement de la croissance chinoise, les retombées de la paralysie administrative du gouvernement américain, les conflits régionaux, les litiges maritimes, les négociations d’accords de partenariat Trans-Pacifique, la stratégie de rééquilibrage États-Unis, etc.

Un «bilatéral» qui ressort, c’est la rencontre du président russe Vladimir Poutine avec son homologue chinois Xi Jinping. La fréquence de leurs réunions augmente. Xi a choisi la Russie pour sa première visite officielle à l’étranger après son accession à la  présidence de la Chine. Le mois dernier, Xi et Poutine ont participé à deux événements en même temps – G20 à Saint-Pétersbourg et le sommet de l’OTSC à Bichkek.

La transcription des déclarations d’ouverture à la réunion de Bali mérite une lecture attentive. Poutine a fait remarquer que la coordination sino-russe sur les questions internationales est « payante ». C’est une remarque tout en nuances de ce que Poutine a désigné comme les «questions syriennes ».

En effet, il implique la coordination sino-russe au Conseil de sécurité de l’ONU, qui a finalement amené les puissances occidentales – Etats-Unis, Royaume-Uni et la France – à se pencher sur la question syrienne.

Xi en a convenu avec Vladimir Poutine et a également mentionné la Syrie, mais, ce qui est assez intéressant, il a introduit en parenthèse le problème de Corée du Nord, où Xi dit que la Chine et la Russie ont des « positions identiques ou similaires ». En effet, Pékin compte sur le soutien réciproque de Moscou au Conseil de sécurité de l’ONU sur le problème nord-coréen.

Xi a ostensiblement manifesté son intérêt de voir la Russie jouer un « rôle important » dans la région Asie-Pacifique et dans « l’intensification » de la coopération russo-chinoise. Il a fait part de l’acceptation de la Chine à la proposition russe pour célébrer ensemble le 70e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, qui, dans l’estimation de Pékin a une certaine résonance avec le militarisme perçue du point de vue du Japon. La Russie et la Chine ont des préoccupations communes sur le déploiement du système de défense antimissile des États-Unis au Japon .

Tant Poutine que Xi ont mis l’accent sur la coopération dans « certains domaines très sensibles » (Poutine) tel que la technologie militaire. Du point de vue indien, c’est d’un intérêt particulier.

Mais alors, comme on dit, ce qui est bon pour l’un est bon pour l’autre. Il semble qu’il se passera un certain temps avant que le partenariat américano-indien, qui en est à ses débuts, ait un impact sur la coopération sino-russe en matière de technologie militaire, que Moscou avait toujours freinée.

Bien sûr, la Chine a énormément à gagner si elle accède à la technologie militaire de la Russie. Cependant, à la lumière de la déclaration conjointe sur la coopération de défense de l’Inde et des États-Unis le 28 Septembre 2013 publié à Washington lors de la visite du Premier ministre Manmohan Singh, comment l’Inde pourrait-elle alors avoir des brûlures d’estomac?

La déclaration américano-indienne souligne, «Les États-Unis et l’Inde partagent des intérêts communs de sécurité et chacun place l’autre au même niveau que ses partenaires les plus proches. » C’est bien au-delà de ce que disent Poutine ou Xi lors de leur réunion à Bali concernant la coordination russo-chinoise.

M K Bhadrakumar

Traduction Avic

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2013/10/08/putin-xi-moot-military-technology-cooperation/

Hollande : Ma guerre, je veux ma guerre !


François Hollande veut sa guerre. Il a donc tenté de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours.

Par Charles Sannat.

photo_1361956317054-4-0Notre généralissime Président veut sa guerre. Je crois même qu’il ne pense plus qu’à ça le matin en se rasant.

Hystérie guerrière

J’ai beaucoup aimé les dernières déclarations de François Hollande. Tout d’abord sur l’interview d’Assad dans Le Figaro qui semble avoir particulièrement agacé notre très grand chef de guerre. D’après une dépêche de l’AFP, Hollande reproche au Figaro l’interview d’Assad en déclarant, lors d’une conférence de presse au G20, « qu’on ne remerciera jamais assez Le Figaro pour son sens civique que d’avoir permis à l’opinion française d’être éclairée par l’interview de ce dictateur. Maintenant, nous savons qu’il veut liquider son opposition, a dit ironiquement François Hollande ».

Toujours fâché après ces journaux qui semblent essayer de faire leur travail, il a enfoncé le clou en disant que la « différence entre une dictature et une démocratie, c’est que dans une démocratie un dictateur peut s’exprimer dans un journal, y compris pour insulter ses dirigeants, proférer des mensonges, notamment sur le chimique, laissant croire qu’il ne disposait pas de stock, et menacer le peuple français, avait-il déclaré ». C’est avec cette dialectique de haute précision que, d’ici quelques jours, tous les sceptiques sur cette guerre seront certainement qualifiés de soutien à la dictature.

D’ailleurs, je suis tout de même surpris que personne ne relève que dans le mécanisme des engagements militaires français, les décisions reviennent uniquement à un seul homme. Si notre pays est attaqué, nous devons pouvoir nous défendre de façon immédiate et c’est l’esprit de nos institutions. Si nous sommes attaqués…

Mais lorsque nous sommes la puissance attaquante, peut-être serait-il souhaitable que, je ne sais pas moi, par exemple il y ait au moins un vote de l’Assemblée nationale… Et puis tiens, tant qu’on y est, comme déclarer la guerre c’est quand même quelque chose d’un peu sérieux, en tout cas aussi sérieux qu’une modification de la Constitution, nous pourrions aussi envisager de n’attaquer un pays qu’avec une majorité des deux tiers… (ce qui veut dire au moins que l’opposition doit aussi être d’accord !).

Bref, on se roule par terre, enfin, lui pas moi. Personnellement, les motifs de cette guerre ne me semblent pas convaincants. Pourtant, pour nos placements, c’est sans aucun doute une excellente idée puisque ce sera bon pour l’or…

Transformer le G20 en ONU bis !

J’ai été assez estomaqué de voir la mauvaise foi du généralissime essayant de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours. Vous savez, l’ONU c’est cet espèce de machin regroupant tous les pays du monde. Dans les années 90, nous avons fait une grande erreur stratégique. Je vous explique.

Après la guerre froide et la chute du mur de Berlin, l’empire soviétique a disparu et ce qui en restait a traversé des crises économiques épouvantables auxquelles nous autres, occidentaux, avons participé avec amour et détermination avec l’aide des bons conseils du FMI et l’aide sympathique du gouvernement Eltsine corrompu jusqu’à la moelle. Résultat : entre une Chine inexistante et une Russie aux ordres, faire passer les décisions occidentales à l’ONU était une simple formalité. Ainsi, durant presque 20 ans, toutes les décisions ou aventures guerrières occidentales étaient parées des vertus du « droit international ».

Sauf que depuis l’énorme mensonge de la guerre en Irak, suivi du tout aussi grand mensonge pour l’intervention en Libye, sans oublier qu’entre-temps la Chine s’est réveillée et que la Russie s’est reprise en main sous l’égide de « l’horrible dictateur » Poutine, l’ONU n’est plus la chambre d’enregistrement des pays membres de l’OTAN, d’où la ridicule tentative ce week-end de remplacer la légitimité de l’ONU par celle du G20… où, tenez-vous bien, 11 pays sur 20 sont pour l’intervention, ce qui nous fait, vous en conviendrez, qu’une toute petite majorité, mais on fait passer l’idée à l’opinion publique française que cette guerre est juste, normale comme notre président et surtout qu’elle est morale en rentrant dans le cadre de l’onction du « droit international », or rien n’est plus faux tant que l’ONU n’a pas donné son accord plein et entier, ce qui risque de s’avérer impossible.

Onze pays du G20 veulent une « réponse forte » au sujet de la Syrie

Voici ce que dit la dépêche reprise par le site Romandie (agence de presse suisse parfaitement officielle) : « Onze pays présents au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg ont appelé vendredi dans un communiqué à une « réponse internationale forte » suite à l’usage d’armes chimiques en Syrie. Berlin demande aussi la tenue d’une conférence européenne sur les réfugiés syriens ». (C’est vrai qu’il y a un vrai problème autour des réfugiés syriens avec ou sans gaz, ils sont des centaines de milliers à fuir la guerre).

« L’Australie, le Canada, la France, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Espagne (qui n’est pas formellement membre mais invité permanent du G20), la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis sont signataires de cet appel qui a été diffusé par la Maison Blanche au terme du sommet de Saint-Pétersbourg. » Normalement, à ce stade, vous aurez compris que le point commun entre toutes ces nations est l’allégeance commune à l’OTAN.

Et le blabla moralisateur se poursuit : « Nous condamnons dans les termes les plus fermes l’horrible attaque par des armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, qui a coûté la vie à tant d’hommes, de femmes et d’enfants », écrivent ces pays. « Les preuves mettent clairement en évidence la responsabilité du gouvernement syrien dans cette attaque. Nous appelons à une réponse internationale forte à cette grave violation des règles et des valeurs en vigueur dans le monde, afin d’envoyer un message clair pour que ce genre d’atrocités ne se répète pas. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en porter la responsabilité. »

Pendant ce temps, une frappe de l’OTAN tue 10 civils mais proprement !

Ce qui est rigolo dans les fils d’actualité des agences de presse, c’est que c’est un fil où toutes les nouvelles défilent… Les bonnes, en général plutôt les mauvaises et parfois les trucs dont on n’a rien à faire comme le fait que Britney Spears soit enceinte (c’est un exemple hein… ne m’accusez pas de diffuser de fausses informations !). Tandis que nous jouons aux pères la morale sur le dossier syrien, nous massacrons en toute impunité – notamment en Afghanistan – des civils mais comme nous sommes des gens sérieux, nous le faisons proprement. Et puis nous ne risquons rien puisque nous sommes les plus forts.

ASADABAD (Afghanistan) – Au moins dix civils ont été tués samedi dans l’est de l’Afghanistan par une frappe aérienne de l’OTAN visant des insurgés talibans, ont annoncé dimanche de hauts responsables locaux.

En plus des victimes civiles, cette frappe a également tué quatre rebelles talibans, a indiqué un chef de la police locale, Abdul Haseeb Sayedkhil. Interrogée à ce propos, la Force internationale de l’OTAN en Afghanistan (Isaf) a fait état de la mort de dix insurgés, sans confirmer la mort de civils.

Oh, vous savez, 10 civils de plus ou de moins, vous n’allez pas nous en faire un pataquès tout de même. D’accord, c’est presque tous les jours et ce, depuis 2001… Et alors ? Il vous faut bien de l’essence pour faire le plein de votre bagnole et le tout à pas trop cher histoire de ne pas étouffer toute croissance économique. Soyons réaliste ! L’American Dream a un prix qui doit être payé par les autres (c’est pareil avec le dollar, « notre monnaie mais votre problème », comme l’ont toujours expliqué nos grands amis les Américains).

Et voilà comment va le monde en ce mardi 10 septembre 2013, oscillant entre « Guerre et Paix », entre effondrement économique et reprise de la croissance, un monde de paradoxes illustrant probablement un monde ancien en train de se finir et probablement dans la souffrance humaine comme ce fut à chaque fois le cas dans l’histoire de l’humanité. Si notre technologie a évolué, nos âmes, elles, n’ont pas beaucoup changé.

Charles Sannat

http://www.contrepoints.org/

La Russie et la Chine signent un contrat de livraison de gaz russe


Nous vous l’annoncions dans l’article de Valentin Vasilescu du 3 septembre. C’est fait; la Russie et la Chine ont signé.

Le groupe russe Gazprom et la Compagnie nationale pétrolière chinoise (CNPC) ont signé un contrat de livraison de gaz russe à la Chine en marge du sommet du G20. La cérémonie s’est déroulée en présence du président chinois Xi Jinping et de son homologue russe Vladimir Poutine. Lire la suite La Russie et la Chine signent un contrat de livraison de gaz russe

Barack Obama parle, Poutine agit


Il y a des rumeurs selon lesquelles Vladimir Poutine, dans son discours d’ouverture du sommet du G20 du 5 Septembre 2013 à Saint-Pétersbourg, annoncera aux chefs d’Etat et de gouvernement présents la conclusion d’un accord avec la Chine, en vertu duquel la Russie va tripler ses exportations de produits pétroliers vers ce pays. Lire la suite Barack Obama parle, Poutine agit

L’affaire Snowden vue de Chine


snowden_hong_kong_protestation-ChineBien qu’Obama ait décommandé mercredi le sommet de Moscou qu’il devait avoir avec le président russe Vladimir Poutine avant le sommet du G20, c’est un changement relativement insignifiant. Les États-Unis ont apparemment accepté le fait que la Russie ait accordé un asile d’une année à Edward Snowden, le dénonciateur de la National Security Agency.

La Russie a impressionné le monde. Celui-ci considère le Kremlin comme le « gagnant », et la Maison-Blanche, comme la « perdante ».

Ce jugement est juste. Dans l’affaire Snowden, tous les autres pays impliqués sont des gagnants, tandis que les États-Unis sont les seuls perdants. Washington a mis en scène une bravade, mais finalement, elle n’a pas réussi à faire extrader Snowden. En revanche, Moscou a présenté ses caractéristiques nationales d’esprit de décision et d’audace et a gardé Washington à distance.

Beaucoup d’internautes chinois croient que la Chine aurait dû faire de même, mais qu’elle n’a fait preuve que d’hésitation et de faiblesse.

Si la Chine avait gardé Snowden, son attitude à l’égard des relations sino-américaines aurait grandement changé, et elle aurait dû prendre des risques liés à un tel changement.

Pourtant, la Chine a apparemment choisi de ne pas s’ingérer. Maintenant, la décision semble avoir produit de meilleurs résultats. L’hypocrisie de certaines des politiques nationales des États-Unis a été exposée, et Snowden n’a pas été extradé aux États-Unis. L’opinion internationale est cinglante envers les États-Unis et les questions de sécurité de l’information. Parallèlement, les relations sino-américaines n’ont pas été grandement affectées.

Moscou a renforcé la fermeté de son attitude diplomatique envers Washington et son statut diplomatique s’est rapproché de celui de cette dernière, alors qu’un écart existe toujours pour ce qui est de la puissance réelle des deux. Moscou est disposée à prendre la direction de l’affaire Snowden et a de l’expérience à le faire. Cela s’harmonise parfaitement avec les intérêts de Beijing.

Tout le monde sait que la concurrence entre la Chine et les États-Unis est le point crucial des relations internationales au XXIe siècle. Mais la puissance de la Chine est toujours à la traîne par rapport à celle des États-Unis. En qualité de partenaire stratégique global de la Chine, la Russie a pris l’initiative dans l’affaire Snowden et s’est placée au premier plan de la rivalité avec les États-Unis, ce qui montre la flexibilité multipolaire de la géopolitique mondiale. L’action de la Russie mérite le respect de Chine.

La Chine n’est pas disposée à s’engager dans une confrontation frontale avec les États-Unis, mais elle a déjà eu la capacité de s’unir à ceux qui peuvent limiter les abus de pouvoir des États-Unis. Nous n’avons pas confronté directement les États-Unis, et cela sert les intérêts à long terme de la diplomatie chinoise.

Cette fois-ci, Washington a mordu la poussière, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle est vraiment intimidée par Moscou. De la même manière, Washington est peu susceptible de craindre Beijing, et Beijing n’a pas besoin de craindre Washington. Beijing devrait s’inquiéter davantage de la façon de maximiser ses intérêts dans ses relations avec Washington.

Snowden peut faire plus dans un pays comme la Russie. L’affaire qui a déshonoré les États-Unis est loin d’être terminée.