Archives du mot-clé Genève II

LABBAYK YA BASHAR. Syrie: appel pour que le président al-Assad se représente


Tribune de Djerrad Amar

bachar-al-assadGenève II débute aujourd’hui. Alors que la délégation officielle syrienne a passé des moments très difficiles pour atteindre Montreux, en Suisse, avec notamment l’interdiction du survol de l’espace aérien français, un mouvement de soutien au président Assad vient d’être lancé: « Labbayk Ya Bashar », « Nous répondons à ton appel Bashar « . Allez-y Bachar ! les Syriens et les amis de la Syrie soutiennent votre probable et future candidature à l’élection présidentielle syrienne prochaine. Lire la suite LABBAYK YA BASHAR. Syrie: appel pour que le président al-Assad se représente

Préparer Genève 2


UN Geneva Office and Flags 2A la conférence de Genève II, ce sera l’apothéose du cynisme de la réal-politique. Au nom de l’intérêt général, tous les protagonistes vont tenter de faire comme s’il ne s’était rien passé en Syrie. Trois ans de guerre, des dizaines de milliers de morts ? Oubliez cela. Il y a avant tout un pays à reconstruire, avec tous ses contrats juteux qui feront l’objet d’âpres combats entre les loups qui apparaîtront comme des hommes de paix dont la seule préoccupation est le bien-être des syriens. Lire la suite Préparer Genève 2

« L’armée irakienne achèvera la mission d’Assad « !!


610310-des-soldats-irakiens-a-un-checkpoint-a-l-est-de-bagdad-le-10-janvier-2014Selon l’analyste syrien en affaire stratégique, Hassan Hassan a une analyse bien précise du conflit qui se déroule dans les déserts d’Al Anbar : « l’armée irakienne est en train d’achever une mission que l’armée syrienne a commencée , une mission destinée à extirper le fléau terroriste ».  » il est impossible de séparer ce qui se passe en Irak des événements syriens  » l’analyste Hassan ne croit guère aux bisbilles et aux pseudo tensions entre Riyad et Washington :  » c’est une divergence de façade. car aussi bien les saoudiens que les américains agissent constamment dans le sens d’une consolidation des liens mutuels et il est impensable que Riyad puisse ou veuille un jour s’affranchir du joug des Etats Unis. Lire la suite « L’armée irakienne achèvera la mission d’Assad « !!

Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !


__366287-01-08_76_840764_highresPour cacher un mensonge, il faut mentir et mentir encore. Le dernier en date consiste à faire croire que ce ne sont pas les soldats de l’Armée nationale syrienne qui se sacrifient face au terrorisme de DAECH [Acronyme de l’État Islamique en Irak et en Syrie ; ou EIIL], la faction terroriste la plus infernale que le monde ait connu, mais le Front islamique [1] ! Lire la suite Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !

Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!


U.S. Secretary of State Kerry and Russian Foreign Minister Lavrov speak, following meetings regarding Syria, at a news conference in GenevaLa Syrie a signé avec une entreprise russe « Soyuzneftegaz » un contrat de prospection pétrolière et gazière dans les eaux territoriales syriennes.

Les analystes des questions énergétiques  prévoient qu’il est possible de déceler du gaz naturel et du pétrole dans cette région, située à l’Est de la Méditerranée, a écrit, Lire la suite Genève II : la carte gazière Assad/Poutine!!

Genève II : comment Poutine compte neutraliser Riyad?


Poutinr-le-roi-AbdallahSelon l’analyste arabe de renom Amin Hatit, le maintien d’Assad au pouvoir et celui de l’Etat syrien , le démantèlement des milices armées en Syrie et au Liban dont Al Nosra et l’EIIL constituraient les principaux axes de la conférence de Genève II devant se tenir le 22 janvier. :  » à quelques encablures des pourparlers de Genève II et alors que l’opposition anti Assad vient de demander à la Russie de l’aider à créer une grande délégation pour pouvoir avoir une présence efficace aux pourparlers , Lire la suite Genève II : comment Poutine compte neutraliser Riyad?

Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Syrie-Iran-Arabie. Nouvel ordre mondial


Tribune libre Byblos

carte-moyen-orient-frLes informations en provenance de mes contacts en Syrie et au Liban confirment mes analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent entraînant de nouveaux rapports de forces qui s’exercent sur de nouveaux points d’appui.

Le « pivotement » américain vers l’Asie, s’il est exagéré par certains n’en est pas moins réel. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentés à des fins stratégiques.

L’Iran retrouvera prochainement sa place géostratégique essentielle dans la région, avec la « modération » dans les relations internationales prônée par le Président Rohani dans son discours aux Nations Unies fin septembre. Plusieurs pays l’ont compris qui cherchent à se rapprocher de Téhéran, comme la Turquie et même le Qatar et l’Arabie.

L’islam politique vit son chant du cygne : ce sont des musulmans sincères qui ont renversé Morsi en Egypte le 30 juin dernier. Les Frères Musulmans, organisation longtemps souterraine dans les états arabes, qui a remporté toutes les élections car elle était la seule structurée depuis longtemps et a disposé de puissants moyens financiers des pays du Golfe, est l’expression politique de cette idéologie qui proposait de gouverner au nom de la charia. Ils ont prouvé leur incompétence et leur incapacité à répondre aux aspirations des peuples et à gérer des états modernes : la Tunisie les rejette, de même que l’Egypte et le chaos libyen finira par en faire de même. Les musulmans veulent vivre selon leur foi mais entendent être en harmonie avec le « village mondial ». (Expression de René Girard)

Dans les bouleversements politiques et sociaux du monde arabe, les chrétiens qui étaient présents sur ces terres six siècles avant l’islam, ont un rôle essentiel à jouer pour la cohésion sociale des populations et seront un facteur important des réconciliations nationales partout où des drames ont eu lieu. Les rapprochements entre Patriarches orientaux et Imams dans les pays en crise montrent que les appels du Pape François à l’union des fidèles chrétiens et musulmans répondent à un besoin vital et sont entendus par les populations comme par les dirigeants. Par leurs positions en dehors des rivalités internes aux musulmans, mais profondément patriotes et ancrés dans la vie des pays arabes, ils sont un catalyseur d’harmonie entre les différentes ethnies et confessions de ces pays souvent très composites, notamment la Syrie.

Les islamistes takfiristes restent nombreux, encore soutenus par l’Arabie Séoudite pour les détourner de menacer le royaume des Séoud désormais menacé dans son existence même. Ce sera la tâche la plus ardue d’en finir avec eux après la solution négociée de la crise syrienne. Avec le revirement du Qatar qui cherche à se rapprocher de la Syrie de Bachar el Assad, on assiste à l’isolement des positions séoudiennes et israéliennes. Les deux pays ont d’ailleurs compris qu’ils n’étaient plus les alliés indéfectibles des Etats-Unis qui attendent d’eux des changements de position.

La destruction du stock d’armes chimiques syriennes, constitué pour répondre aux armes de destructions massives israéliennes, notamment nucléaires, biologiques et chimiques, met Tel Aviv en position délicate face aux initiatives pour un PO débarrassé de ces menaces.

L’Arabie est menacée par des dissensions internes à la famille régnante et des irrédentismes qui déboucheraient en une partition possible en trois parties, le nord avec la Jordanie et les Palestiniens, le centre avec le sud du Yémen de l’Hadramaout à la mer, et l’est chiite et pétrolier.

Le terrorisme islamiste international pourra être éradiqué quand il aura perdu ses commanditaires et soutiens, d’autant plus qu’il représente aux yeux des musulmans sincères un véritable blasphème de l’interprétation du Coran. Simultanément au changement de stratégie américaine dans la région, l’Arabie Séoudite va devoir mettre un terme à sa croisade sunnite contre un axe chiite centré sur l’Iran et appuyé sur l’Iraq, la Syrie et le Liban. Il semble d’ailleurs que la brouille avec les Etats-Unis sur la question syrienne amène la monarchie à revoir ses fondamentaux, comme en attestent des visites récentes en Iran. Son refus d’occuper le siège où elle avait été élue à l’AG de l’ONU est à la fois un signe de son irritation et de sa prise de conscience des nouveaux rapports de force dans la région.

En réalité les Etats-Unis ne font qu’accompagner l’évolution du monde comme Chuck Hagel l’avait annoncé avant même sa prise de fonction de Secrétaire d’état à la Défense (voir PJ).

L’Occident dirigé par l’Amérique a fait croire, grâce à un énorme budget de communication, qu’il représentait le bien et la justice et qu’il avait le soutien de la majorité des peuples pour ses aventures guerrières. Mais lors des menaces de frappes occidentales contre la Syrie fin août-début septembre derniers, qu’en réalité Obama n’avait proférées que pour lâcher du lest aux groupes de pression américains, alors qu’il y était hostile au fond de lui en raison des conséquences catastrophiques qu’elles auraient entraînées, et que son Etat-Major connaissait, cette coalition guerrière « occidentale » ne représentait que 800 millions d’habitants, non consultés d’ailleurs sauf les Britanniques qui s’y étaient opposés, contre les quelques 6 milliards du reste du monde soutenant la Russie et la Chine. On sait les artifices qu’il a utilisés pour retarder la décision et ensuite s’engouffrer dans la proposition russe de destruction du stock d’armes chimiques de la Syrie. Simultanément, cette proposition acceptée avec soulagement entérinait la reconnaissance de Bachar el Assad comme Président d’une Syrie chargée de la faire appliquer jusqu’à son terme.

La réunion de la conférence de Genève II pour régler la crise est désormais inéluctable, quelles que soient les manœuvres de ceux qui y sont hostiles comme l’Arabie, et le plus intelligent est de s’en accommoder.

Les organisations rebelles civiles qui s’y opposent ne représentent que quelques poignées de Syriens déracinés et les militaires, comme les brigades Liwad al Tawhidi, Ahrar al Cham, Souqour al Cham sont des organisations terroristes composées majoritairement d’étrangers qui combattent pour un état islamique mondial et n’ont aucune identité syrienne. Les forces de l’Armée Syrienne Libre sont devenues insignifiantes ou ont fait allégeance aux djihadistes, quand elles n’ont pas déposé les armes ou rejoint les forces régulières syriennes.

Quant aux Kurdes, l’Armée syrienne leur a donné la responsabilité de tenir leurs régions et ils s’en acquittent au prix de pertes sévères contre les djihadistes mais ils prennent le dessus de plus en plus.

Simultanément le dossier iranien sera également bouclé, peut-être même avant le syrien qui demande du temps pour régler le sort des takfiristes fanatiques qui sévissent sur le terrain. La reconstruction de la Syrie demandera du temps et beaucoup d’argent, de nombreuses infrastructures ayant été détruites. Mais il n’y a pas de solution sans Bachar et les Américains le savent, même si John Kerry est obligé, lui aussi, de lâcher du lest par des déclarations hostiles ou ambiguës.

Le Liban multiconfessionnel, fragilisé par son voisinage de la Syrie d’où il reçoit plus d’un million de réfugiés de toutes confessions n’a toujours pas de gouvernement pérenne du fait des désaccords attisés par les appuis étrangers des parties prenantes. Cependant les structures étatiques comme l’Armée et la police restent cohérentes et accomplissent leur tâche malgré les difficultés. L’alliance, sans doute majoritaire dans le pays, entre les chrétiens du CPL du général Aoun, le Hezbollah composé principalement de chiites mais pas exclusivement, et le parti Amal de Nabih Berri reste la force politique dominante qui a soutenu le régime en place à Damas Habitués des discussions de diwan pour trouver des compromis, les dirigeants des grandes familles analysent les situations au regard de leurs alliances extérieures et, fins observateurs, ils semblent avoir admis que le régime syrien sortirait vainqueur de la crise et en tirent les conséquences ; le chef druze Walid Joumblatt a récemment apporté son soutien à Nabih Berri pour la formation d’un gouvernement, signe qu’une issue pourrait s’ouvrir, d’autant plus que l’Arabie pourrait la souhaiter aussi et le faire savoir à ses alliés locaux, le chrétien Samir Geagea et le sunnite Saad Hariri.

En l’absence d’état solide, la fragilité du Liban tient à la présence armée forte du Hezbollah, au nom de la résistance à Israël, simultanément avec celle des milices sunnites présentes officiellement pour certaines ou dans les camps palestiniens, qui en sortent pour combattre en Syrie voisine ou dans la région de Tripoli au Nord, faisant déjà plusieurs dizaines de morts, soldats et civils. Ce mélange est dangereux et pourrait exploser dramatiquement si les djihadistes venaient à quitter la Syrie pour attaquer le Hezbollah au Liban. Des menaces sérieuses sont d’ailleurs annoncées sur la FINUL au Sud contre les soldats occidentaux, dont les Français.

La France a tout intérêt à reprendre langue diplomatiquement avec un régime qui sortira vainqueur d’une crise tragique et à utiliser les liens d’amitié qui demeurent malgré tout entre Syriens et Français, ancrés dans des échanges culturels anciens, en dépit des affrontements qui les ont aussi émaillés.

Elle aurait aussi tout intérêt à se rapprocher de la Russie dont la diplomatie toute en finesse a montré son efficacité. La Russie va marquer des points dans le règlement de ce conflit parce qu’elle a su offrir une porte de sortie honorable à la grande Amérique dans une crise où elle s’était embourbée.

Elle défend ses intérêts stratégiques mais aussi tactiques car de nombreux djihadistes sont des combattants tchétchènes qui se retourneront contre elle s’ils le peuvent.

La Turquie, la Jordanie, l’Arabie Séoudite seront les perdants à divers égards du règlement de la crise, de même qu’Israël. Sans doute ces états sauront-ils trouver une nouvelle posture pour limiter les dégâts avec opportunisme et s’adapter aux nouveaux équilibres du monde. Il faut s’attendre que la Chine nouera ou développera des liens avec les pays de la région, elle qui propose des investissements en échange de la fourniture de l’énergie dont elle a besoin pour sa croissance toujours forte.

Alain Corvez

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4025

Kerry/Fayçal : les dessous d’une rencontre houleuse!


561182_john-kerry-accueilli-par-le-prince-faycal-a-son-arrivee-le-3-mars-2013-a-ryadSelon le journal syrien Al Watan, la rencontre qui a eu lieu il y deux jours entre Kerry et son homologue saoudien à Paris a été loin d’être cordiale!

 » une rencontre stérile qui n’a débouché sur aucun accord , fait remarquer Al Watan.  » Kerry et sa délégation ont presque claqué la porte en exprimant leur mécontentement des plans saoudiens et des conditions posées par Riyad pour une participation de la coalition des opposants syriens aux pourparlers de Genève II ».

Selon les sources consultées par Al Watan, Kerry aurait demandé à Saoud al Fayçal d’exiger à la coalition des opposants syriens d’assister à Genève II et débattre de l’avenir de la Syrie avec le régime Assad. Or Fayçal s’est opposé à cette demande exigeant à Kerry des garanties concernant le départ d’Assad du pouvoir.

En réponse à cette demande, le secrétaire Kerry aurait insisté sur le fait que Genève II se tiendra sans aucune pré condition puisque Washington a donné des garanties  à Moscou de presser l’opposition anti Assad pour qu’elle participe aux pourparlers suivant le cadre et la formule convenue ».

A ce stade du récit, Al Watan décrit la colère de Fayçal qui  » se serait mis à menacer Kerry lui demandant de soutenir Riyad et sa position sous peine de voir les saoudiens réduire le niveau de leurs relations avec Washington »!! cette sortie de Fayçal aurait été visiblement la goutte qui a fait déborder la vase . Kerry , perdant sa patience face, aurait quitté la salle avant qu’un quelconque accord intervienne entre les deux parties. avant de quitter la salle, Kerry aurait signalé à la partie saoudienne que le temps ne joue pas en faveur de l’opposition mais plutôt en faveur de l’armée arabe syrienne .

Kerry ne serait pas allé non plus par quatre chemin pour « fustiger » les politiques saoudienne de soutien  » au terrorisme » !! sur fond de ces constat, estiment de nombreux analystes, Genève II aura du mal à se tenir puisque Riyad pose ses conditions et empêche la coalition de Jabra d’y participer.

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/280070-kerry-fay%C3%A7al-les-dessous-d-une-rencontre-houleuse

Conflit au Moyen-Orient: les Marines débarquent à Aqaba


Учение по высадке воздушного и морского десантов в ПриморьеL’armée syrienne composée majoritairement de sunnites, appuyée par le Hezbollah libanais, un mouvement chiite mais qui a tenu à n’envoyer en Syrie que ses éléments sunnites et chrétiens,  ont réussi à contrôler le site hautement stratégique d’Al-Qussayr, occupé par les rebelles durant 18 mois.

Il aura fallu un peu plus de trois semaines pour venir à bout du quartier général de la rébellion dans cette localité relevant du gouvernorat de Homs. « Celui qui contrôle Al-Qussayr contrôle la Syrie centrale ». La colline surplombant ce site, Kadesh, est connue pour avoir été l’un des premiers champs de bataille au monde, notamment la première bataille documentée de l’histoire entre les Hittites et les égyptiens du Pharaon Ramses II aux environs de 1274 avant J.C.  C’est à l’issue de cette bataille entre les deux superpuissances de l’époque que fut signé le premier Traité de paix connu.

D’après différentes sources, le Hezbollah libanais aurait perdu 90 éléments dans les combats d’Al-Qussayr. D’après des sources proches de ce mouvement, des éléments des forces spéciales israéliennes ont brièvement combattu à l’intérieur de l’enceinte de l’aérodrome de Dabaa, repris par l’armée syrienne après de très durs combats.

Les pertes rebelles s’élèveraient quant à elles à plus de 1700. Près de 5000 rebelles se sont transformés en civils en quelques heures. Plus de 800 combattants étrangers ont été capturés.

Indubitablement, la victoire de l’armée syrienne à Al-Qussayr  après trois semaines d’assaut-opération qualifiée par Moscou comme une opération anti-terroriste-conforte la position de Damas en vue d’eventuelles négociations de paix dans le cadre de la Conférence de Genève II.  Cette nouvelle donne agite la France et le Royaume-Uni, pressés par Doha et Ryad de tout faire pour déclarer un franchissement de « ligne rouge ». C’est à dire le déclenchement d’une intervention militaire internationale contre la Syrie en vue d’abattre son régime. D’où les gesticulations médiatiques et officielles sur de prétendues « preuves physiologiques » et autres « échantillons rapportés par des journalistes d’un champs de bataille situé à moins de 400 m du centre-ville de Damas »…Si le pouvoir syrien a donné son accord de principe pour participer à la Conférence, l’opposition, très divisée par le jeu d’influences étrangères, n’arrive pas à adopter une position commune sur la question.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus lucides et plus objectifs que Paris et Londres ont une toute autre approche. Sous couvert d’un exercice militaire dénommé « Eager Lion », des éléments du 24e corps expéditionnaire des Marines ont débarqué au port jordanien d’Aqaba (extrême Sud) en provenance du port israélien d’Eilat. Les Marines ont formé une colonne blindée qui a pris la route vers le Nord de la Jordanie. En parallèle, des avions de combat F-16 et des batteries de missiles antimissile Patriot sont en train d’être déployés dans le royaume Hachémite après avoir été déployés en Turquie méridionale. Pour des raisons de politique intérieure,  Amman fait tout son possible pour passer sous silence ses préparatifs.

Un soulèvement a eu lieu dans la ville jordanienne de Maan près de la frontière avec la Syrie après l’assassinat de deux citoyens par des étrangers armés. La population s’en est pris aux rebelles syriens entraînés par les forces occidentales, mais certaines sources évoquent des mercenaires travaillant pour des sociétés privées.

Des batteries de missiles Patriot américains sont désormais déployées en Israël (où l’on fait de moins en moins confiance au très coûteux projet d’Iron Dome), en Jordanie et en Turquie. Soit au Sud-Ouest au Sud et au Nord de la Syrie.

Un navire russe spécialisé dans la lutte contre les submersibles est en route vers le littoral syrien. Des sous-marins inconnus ont été pris en chasse par la marine russe et des hélicoptères syriens à plusieurs reprises ce dernier mois. L’un de ses submersibles aurait même été touché.

Le conflit en Syrie a bel et bien débordé. En Irak, au Liban septentrional, en Turquie méridionale et en Jordanie. La problématique du Golan avec Israël inquiète au plus haut point Tel-Aviv, lequel ne cesse de mener des exercices militaires depuis des semaines. La guerre au Moyen-Orient est loin d’être terminée.

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Syrie : le message US à l’Iran?


obama-ahmadinejadLes Russes ont transmis aux Iraniens le message de John Kerry…

… selon lequel Washington a décidé de changer de cap au sujet de la crise syrienne. Tandis que la Russie, l’Iran, l’Egypte et une partie de l’opposition syrienne soutiennent l’idée de l’organisation de la conférence internationale de Genève II, avec la coordination des Etats-Unis, il y a un autre groupe de pays dirigé par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite qui semble être prêt à tout faire pour entraver la tenue de cette conférence internationale sur le règlement de la crise en Syrie. Les pays européens et une partie de l’opposition syrienne préfèrent aussi que cette conférence n’ait pas lieu.

La réussite de la conférence de Genève II n’aura qu’un résultat très concret : le dialogue syro-syrien entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et l’opposition. Entre-temps, il paraît que les dirigeants iraniens ont reçu de la Russie un message concernant la position de Washington par rapport à la crise syrienne : les Russes ont informé les Iraniens que la Maison Blanche a décidé de changer de cap par rapport à la crise en Syrie. C’est le message que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a reçu de la part du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 7 mai à Moscou. Selon des sources bien informées, Kerry aurait dit à Lavrov que les Etats-Unis ont accepté la participation de la République islamique d’Iran à la conférence internationale de Genève II sur le règlement de la crise syrienne, malgré l’opposition des pays comme l’Arabie saoudite.

Les victoires successives de l’armée syrienne dans son combat contre les terroristes pourraient avoir un effet direct sur la décision de la Maison Blanche de réviser sa position vis-à-vis de la Syrie. En outre, il y a des indices qui laissent deviner qu’une nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie pourrait entraîner cette fois-ci une vive réaction de Damas.

Ces évolutions ont amené le Qatar à essayer de reconstruire les ponts brisés entre Doha et Téhéran. L’Iran n’a pas encore accepté la demande de l’Emir du Qatar de visiter Téhéran, mais il paraît que l’échec du Qatar dans son jeu politique autour de la crise syrienne plaît aux dirigeants iraniens. Ces derniers s’attendent à ce que le Qatar joue un rôle régional proportionnel à son potentiel géopolitique. Une autorité qatarie qui a requis l’anonymat a déclaré qu’en réponse de sa demande de visiter Téhéran, l’Emir du Qatar a reçu un message écrit de la part des dirigeants iraniens qui a mis en garde contre toute tentative de Doha de jouer un rôle régional improportionnel à son potentiel géopolitique. Cette source indique que lorsque l’Emir du Qatar a reçu ce message, il n’a rien dit. Cependant, il paraît que les Qataris sont prêts maintenant d’écouter davantage les autres acteurs régionaux.

Quant à la Turquie, les dirigeants de ce pays ont pris une position tellement radicale contre le gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’il est très difficile maintenant de trouver un mécanisme pour un nouveau rapprochement entre Ankara et Damas. Les hautes autorités turques ont ouvertement parlé de la nécessité du renversement du gouvernement syrien. Mais bientôt, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu sera obligé de s’occuper de nouveau du dossier syrien, mais cette fois-ci dans le sens d’un rapprochement avec Damas. Ainsi, contrairement aux souhaits du Premier ministre Recep Tayyib Erdogan, Davutoglu sera obligé d’annoncer le changement de la position de la Turquie par rapport à la crise syrienne.

http://french.irib.ir/analyses/item/258652-syrie-le-message-des-russes-semble-rassurer-t%C3%A9h%C3%A9ran