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Les services secrets américains auraient-ils été en rapport avec l’arrestation de Jean Moulin ?


960x426-ctContrairement à ce que croit pouvoir penser le commun des mortels, il n’y a jamais eu la moindre devinette en ce qui concerne le principal responsable de l’arrestation de Jean Moulin à Caluire le 21 juin 1943… Lire la suite Les services secrets américains auraient-ils été en rapport avec l’arrestation de Jean Moulin ?

Iran : les néo-conservateurs américains et français sur la même longueur d’onde


Tribune libre Béatrice Doinette
LAURENT FABIUS EN ISRAËLLes négociateurs français maintiennent leur ligne intransigeante dans la négociation sur les détails de la mise en œuvre de l’accord intérimaire de Genève sur le programme nucléaire iranien.

Entre « néo-cons » américains et français, la lune de miel continue. Mark Dubowitz et Reuel Marc Gerecht, deux experts de la Foundation for Defense of Democracies, un des repaires néo-conservateurs de Washington, ont été reçus cette semaine au ministère français des affaires étrangères par Jacques Audibert, Lire la suite Iran : les néo-conservateurs américains et français sur la même longueur d’onde

Laurent Fabius : nouveau Ministre des Affaires Etrangères d’Israël ?


f130825ffmis06Les négociations de Genève sur le nucléaire iranien se sont terminées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. A qui la faute ? Laurent Fabius.

Quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ? Elle a tout à gagner dans la normalisation des relations avec l’Iran. Même si elle a déjà beaucoup perdu à cause de son hostilité difficilement justifiable vis-à-vis de l’Iran, le statu quo ne peut qu’aggraver ses pertes. Alors, qu’est-ce qui anime  Laurent Fabius ?

Depuis quelques semaines, Benyamin Netanyahou se démène comme un beau diable pour donner ses directives à ses négociateurs, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, menaçant, amadouant, usant même peut-être du chantage, pour faire capoter les pourparlers. Il l’a dit lui-même ouvertement, qu’Israël ferait tout pour convaincre les grandes puissances de ne pas conclure un accord avec Téhéran et qu’il ne reconnaîtrait aucun accord. La seule décision acceptable pour lui, concernant Téhéran, est un renforcement des sanctions.

Selon Maariv, « Israël est furieux contre l’administration américaine en raison de son interaction avec le gouvernement iranien, si bien que les messages rassurants de Barack Obama destinés à Benyamin Netanyahou ne sont même pas arrivés à le soulager ». Comme un gamin capricieux, Netanyahou serait donc  en train de faire un caca nerveux qui ne pourra se calmer qu’avec au moins une petite sanction supplémentaire contre l’Iran. La chaîne dix de la télévision israélienne insiste :  « Le régime sioniste est en colère vis-à-vis de Barack Obama car celui-ci fait pression sur les membres du groupe 5+1 pour qu’ils parviennent à un accord avec Téhéran, décrit comme un mauvais accord  par le quotidien  Israël Al-Youm ». Tenons-nous-le pour dit. Netanyahou n’est pas content.

Malgré l’échec des négociations, sa fureur reste intacte. Selon les médias israéliens, l’équipe de Netanyahou reste sur le qui-vive et reste vigilante contre les ‘’manœuvres’’ de Barack Obama, en gardant sous contrôle la France et l’Allemagne.

Sachant tout cela, on pourrait logiquement penser que l’échec de Genève  est le résultat des manœuvres israéliennes et que les manœuvres Fabiusiennes rencontrent point par point les vœux de Netanyahou.

Eh bien non. La chaîne de télévision Al-Mayadine révèle que les tergiversations de la France dans le processus des discussions de Genève sont faites sous la pression de l’Arabie saoudite. La chaîne dix de la télévision israélienne précise « C’est l’Arabie saoudite qui a contraint la France à empêcher l’obtention d’un accord pendant les négociations de Genève car la France entretient de vastes relations commerciales avec l’Arabie saoudite ».

Si je comprends bien, c’est Netanyahou qui jure ses grands dieux que, lui vivant, aucun accord ne se fera, qui menace de tout casser, et c’est le roi Abdallah d’Arabie qui, ému par le gros chagrin de Bibi, convoque Laurent Fabius au nom de ses bonnes relations commerciales avec la France, pour lui intimer l’ordre de consoler le petit désespéré en lui redonnant son jouet.  Mais dites-moi, quelle est la capitale d’Israël ? Tel-Aviv, Jérusalem ou Ryad ? Pourquoi, dès qu’il s’agit d’Israël, tout le monde est atteint de strabisme ? Il est la cause de tout ce qui se passe dans la région, et pourtant tout le monde regarde à côté, avec des discours savants et des analyses aussi sophistiquées qu’alembiquées, incluant jusqu’au prix du pétrole, rendant ce petit état invisible comme par magie. Israël passe son temps à se plaindre, à dénoncer, à tempêter et à menacer. Mais dès que ses menaces sont mises à exécution, c’est quelqu’un d’autre qui en est l’auteur, jamais Israël lui-même, à croire que chacun s’empresse d’offrir ses services  pour éviter au peuple élu d’avoir à se salir les mains.

Ainsi, Netanyahou  remue ciel et terre pour saboter les négociations avec l’Iran, l’annonce à grands cris, mais en cas de succès on louche chez les voisins pour chercher le responsable du sabotage. Et bien sûr, on trouve toujours. Pourtant, le seul fait que Fabius soit impliqué dans l’échec des pourparlers devrait être une indication. Les boucs émissaires habituels, le Qatar naguère et l’Arabie Saoudite aujourd’hui, ont bon dos.  Laurent Fabius, pour lequel les intérêts d’Israël  priment sur tout, a fait exactement ce qu’aurait fait Netanyahou s’il avait été lui-même à Genève. Il a taclé ses alliés, ignoré les intérêts de la France, et cela juste parce que Benjamin Netanyahou ne veut pas entendre parler d’une solution de paix. Le pire dans tout ça, c’est que Laurent Fabius se comporte comme le vrai président, François Hollande n’étant qu’un suiveur obéissant qui n’aurait été mis à la tête de la France que pour lui servir de caution, puisque les français ne l’auraient jamais porté au sommet à cause de son passé au sujet du sang contaminé.

Ancien premier ministre, véritable président, ministre des affaires étrangères en France et en Israël, ne pourrait-il pas, de temps en temps, travailler pour les intérêts français, ou au moins faire semblant ? Trop d’arrogance peut coûter cher.

Avic

Sergueï Lavrov : « La résolution adoptée sur la Syrie ne permet pas la moindre ambiguïté »


Après deux ans de désaccords et de débats, le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement adopté, le 27 septembre, une « résolution historique » sur la Syrie. À l’origine de cette initiative : la proposition de la Fédération de Russie pour l’établissement d’un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, dans le but de les détruire. Juste après le vote au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est confié au correspondant de Kommersant : il explique comment les partenaires de la Russie ont tenté de revenir sur les accords passés, et ce qui pourrait menacer le bon déroulement du processus de désarmement en Syrie.

GA pm

Kommersant : Le secrétaire d’État américain John Kerry a qualifié l’accord sur la Syrie de « résolution historique », tandis que le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius déclarait que « le Conseil de sécurité légitimait enfin son existence ». Que pensez-vous de ces jugements ?

Sergueï Lavrov : Nous nous efforçons, quant à nous, de ne pas interpréter les décisions prises : celles-ci parlent d’elles-mêmes. Et toute personne normalement constituée le comprendra en en prenant connaissance. Vous savez, c’est une tradition, en diplomatie : après l’obtention d’un consensus, chacun commente ce qui lui semble nécessaire.

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait nous aussi, en soulignant dans notre intervention que la résolution adoptée ne se référait pas à l’article 7 [de la Charte de l’ONU. L’article 7 est celui qui justifie l’emploi de la force, ndlr]. C’était là que résidait le principal enjeu, et la résolution adoptée ne permet pas la moindre ambiguïté.

Nous avons également souligné que les dirigeants syriens avaient rejoint de leur propre gré la Convention pour l’interdiction des armes chimiques. Et peu importe ce qui les y a poussés. D’aucuns affirment qu’ils l’ont fait sous la menace des frappes, mais cela ne m’intéresse pas – c’est le résultat qui compte. Le gouvernement syrien a demandé à appliquer cette convention plus tôt que ce que le protocole exige : non au bout d’un mois, comme c’est le cas d’habitude, mais immédiatement. Et il a en pratique, avant de devenir formellement membre de la Convention et plus tôt que la date butoir, présenté un rapport sur son arsenal chimique. C’est le président [Vladimir Poutine, ndlr], après sa rencontre avec Barack Obama à Saint-Pétersbourg, qui a tout fait pour rendre possible ces processus : désamorcer, placer sous contrôle international et finalement détruire les armes chimiques encore existantes dans le monde.

Il tenait également du principe, pour nous, que le Conseil de sécurité nomme des responsables pour les procédures de destruction des armes chimiques, notamment pour assurer la sécurité des personnes qui travailleront sur place. Cette responsabilité repose avant tout sur le gouvernement syrien, puisqu’il est le premier garant de la sécurité sur le territoire de son État. Cependant, cela relève aussi de la responsabilité de l’opposition : elle devra prendre part à tous les processus qui se dérouleront sur les territoires qu’elle contrôle.

Autre point important : la résolution précise que les armes chimiques ne doivent en aucun cas passer aux mains d’acteurs non-gouvernementaux, c’est-à-dire précisément de l’opposition syrienne et de ses troupes. Les États voisins de la Syrie ont attiré l’attention générale : toute tentative d’utiliser leurs territoires pour ravitailler l’opposition en armes chimiques serait inadmissible.

Quant à dire que cette résolution contraint tel ou tel à faire ceci ou cela ou qu’elle signe un réveil du Conseil de sécurité : c’est faire plaisir à la conjoncture. Ceux qui énoncent ce genre d’interprétations partent probablement du fait que leur opinion publique souhaite entendre telle ou telle appréciation de la situation. Ou encore qu’une partie de l’opinion doit être persuadée que les représentants du pouvoir exécutif ont fait ce qu’il fallait.

Je considère tout cela avec philosophie. L’important – et je ne me lasserai pas de le répéter – est que la résolution adoptée correspond totalement aux accords qui ont été négociés avec John Kerry à Genève [du 12 au 14 septembre, ndlr]. Ces accords stipulaient que c’est l’Organisation pour la destruction des armes chimiques (OIAC) qui serait la structure dirigeante pour la mise en œuvre des missions de transfert de contrôle, d’inventaire et de détermination des moyens de destruction des arsenaux chimiques syriens. Cette structure a pris sa décision – une décision strictement professionnelle [sur la Syrie, ndlr] – quelques heures seulement avant le vote au conseil de sécurité de l’ONU.

Kommersant : Mais comment se fait-il qu’après trois jours de négociations-marathon à Genève, où vous sembliez vous être entendus sur à peu près tout avec M. Kerry, il vous ait encore fallu deux semaines pour régler ces mêmes points ?

Sergueï Lavrov : On touche ici à deux aspects. Premièrement, ce que nous avons réglé à Genève ne constituait pas un document juridique aux termes contrôlés, ces termes habituellement employés dans les décisions officielles des organisations internationales. La langue de Genève, même si elle s’approchait au maximum de cette formulation, nécessitait d’être détaillée.

Deuxièmement, nos partenaires américains ont tenté – et ce serait un péché que de le cacher – de tout de même revenir sur l’accord et au fameux article 7. Les négociations ont ainsi pris un peu plus de temps. Au final, je suis content que nous soyons restés fidèles à l’accord genevois, dont la signification est cruciale.

Kommersant : Pourtant, la résolution évoque tout de même les conséquences d’éventuelles infractions.

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons écrit que toute infraction, commise par n’importe laquelle des parties – gouvernement ou groupes d’opposition – devrait, après une enquête soigneuse, être rapportée au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela concerne aussi, que Dieu nous en préserve, l’emploi d’armes chimiques, quelles qu’elles soient. Si nous sommes tout à fait certains qu’une des parties a commis une infraction ou fait usage d’armes chimiques, nous serons alors prêts à prendre une décision en vertu de l’article 7. C’est inscrit dans nos obligations. Mais nous n’achèterons rien les yeux fermés : comme quand on a tenté, lors de l’épisode du 21 août [les bombardements sur Damas, ndlr], de nous faire admettre qu’il était parfaitement clair pour tous que l’affaire était signée de la main du gouvernement.

Kommersant : Les États-Unis assurent pourtant détenir « des milliers de preuves ».

Sergueï Lavrov : On ne nous en a présenté aucune. Alors que nous avons présenté, nous, à l’inverse, des preuves (obtenues par nos canaux, notamment provenant des Syriens et de sources indépendantes) qui conduisent à la conclusion que l’affaire est bien signée de l’opposition. Et nous soupçonnons sérieusement que ce genre de tentatives seront encore à l’œuvre.

Kommersant : Des tentatives de provocation ?

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons souligné, en réunion des cinq membres permanents de Conseil de sécurité avec le secrétaire général de l’ONU ainsi qu’en séance du Conseil de sécurité lui-même, que les États qui sponsorisent l’opposition sur les plans politique, financier et militaire (en lui fournissant des armes) portent la responsabilité de cette opposition. Ce sont eux qui répondent du fait qu’elle ne tente pas de mettre la main sur de quelconques réserves d’armes chimiques, ne cherche pas à s’en procurer à l’extérieur ni ne s’efforce d’organiser une provocation à l’intérieur de la Syrie afin d’en rejeter la faute sur le gouvernement, ce qui provoquerait la colère universelle et, par là-même, des frappes sur la Syrie. Il me semble que nous sommes sur la voie juste.

Kommersant : Quelles sont les actions à entreprendre pour passer directement à la destruction des armes chimiques ? On a déjà entendu dire que les premiers inspecteurs de l’OIAC se rendraient en Syrie dès le 1er octobre. 

Sergueï Lavrov : Effectivement. Un premier groupe de 10-12 inspecteurs se rendra en Syrie en qualité de quartiermeister. Ils devront déterminer où se baser et comment travailler. Sur place, ils établiront le contact avec le gouvernement syrien, qui a déjà désigné la personne responsable qui sera chargée de les aider. Les inspecteurs sont en possession de la liste de sites [du programme militaire chimique, ndlr] présentée par le gouvernement syrien. La liste a été reconnue satisfaisante, mais les inspecteurs pourront voir surgir des questions supplémentaires. Les Syriens y répondront.

Ensuite, les inspecteurs décideront du personnel supplémentaire qui sera chargé de pénétrer sur les sites. Il est extrêmement important d’assurer la sécurité de ce groupe. Ce sont avant tout les forces de l’ordre syrienne qui s’en occuperont. Mais la résolution exige aussi des choses de l’opposition : il faut, sur les territoires attenants aux districts qu’elle contrôle, qu’elle ne crée pas de menace pour la sécurité et la vie des inspecteurs.

Kommersant : Quand saura-t-on où et comment les armes chimiques seront détruites ?

Sergueï Lavrov : Ce sera aux professionnels d’en décider. Il faut qu’ils voient les choses de leurs propres yeux et déterminent quelles substances toxiques peuvent être anéanties sur place, et ce qu’il faut pour le faire. Il est possible que les Syriens détiennent la puissance nécessaire, bien que j’en doute. Il existe la possibilité – et on y fera certainement appel – d’utiliser des dispositifs mobiles pour détruire certaines substances toxiques précises. Les États-Unis, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays, possèdent ce genre de dispositifs.

En outre, l’accord genevois et la résolution du Conseil de sécurité mentionnent la possibilité de transférer une partie des substances toxiques afin de les détruire à l’étranger. Il était très important de fixer ce point dans la résolution, étant donné que la Convention pour la destruction des armes chimiques n’envisage pas cette possibilité. Selon la Convention, en effet, les armes doivent être détruites sur le territoire des pays qui les ont produites et qui les possèdent. Mais désormais, nous avons tous les choix. Les inspecteurs professionnels se rendront compte sur place de la façon dont il faudra combiner ces possibilités.

Kommersant : Un certain nombre de pays ont déjà annoncé qu’ils étaient prêts à soutenir financièrement l’opération de destruction des armes chimiques syriennes.

Sergueï Lavrov : Oui, il faudra évidemment de l’argent.

Kommersant : La Russie est-elle prête, elle aussi, à y allouer une certaine somme ?

Sergueï Lavrov : La décision du conseil exécutif de l’OIAC confie au directeur général de la structure la mission d’élaborer la partie financière de toute l’opération. C’est une charge nouvelle qui pèse sur l’OIAC, et il faudra, évidemment, de l’argent. Cet argent n’a pas été prévu au budget, les événements se sont enchaînés avec une extrême rapidité. La décision du conseil exécutif contient également un appel aux États, pour des dons volontaires. Je pense que la Fédération de Russie participera financièrement, dans tous les cas, à tout cela. Mais le plus important, c’est que nous participerons aussi, avec notre personnel, à l’activité d’inspection et à toute autre forme de présence internationale qui pourra être proposée par le secrétaire général de l’ONU.

Traduit par

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?


Tribune libre Byblos

ban-ki-moonÀ la suite de la publication du rapport de la Mission des Nations Unies sur les attaques à l’arme chimique du 21 août dans la Ghouta orientale, le Secrétaire général Ban Ki-moon, a insinué que le gouvernement syrien était coupable, sans l’accuser ouvertement :

« C’est l’utilisation prouvée d’armes chimiques contre des civils la plus significative depuis celle de Saddam Hussein à Halabja en 1988. La communauté internationale s’est engagée à empêcher qu’une telle horreur ne se reproduise et pourtant, elle s’est reproduite …  »

(Ban Ki-moon ne mentionne toutefois pas que l’attaque d’Halabja 1988 a été soutenue par la CIA, ce que confirme la publication de documents récemment déclassifiés.)

La note introductive du rapport de la Mission de l’ONU affirme :

« Le Secrétaire général condamne fermement l’utilisation d’armes chimiques et estime que cet acte est un crime de guerre et une violation grave du Protocole de 1925 concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de méthodes de guerre employant des moyens bactériologiques, et autres règles pertinentes du droit international coutumier.

La communauté internationale a une responsabilité morale de demander des comptes aux responsables et de veiller à ce que les armes chimiques ne puissent jamais réapparaître comme instrument de guerre. » (Rapport d’enquête du Secrétaire général de l’ONU sur les armes chimiques. New York, 16 Septembre, 2013)

Dans le rapport de la Mission des Nations Unies, on ne mentionne nulle part qui sont les auteurs des attaques chimiques. La Mission avait pour consigne de ne pas faire de déclarations à ce sujet.

La Mission de l’ONU était cependant tout à fait consciente que des crimes contre l’humanité avaient été commis et que les rebelles d’Al-Qaïda soutenus par les États-Unis étaient en possession d’armes chimiques.

Selon CNN, les rebelles ont été formés pour l’utilisation d’armes chimiques par des conseillers militaires occidentaux. Une mission précédente de l’ONU a confirmé que les rebelles étaient en possession du gaz sarin.

Visiblement, la mission a reçu l’ordre de « la fermer ». Selon le Secrétaire général Ban Ki-moon, « [c]‘est aux autres de poursuivre cette affaire afin de déterminer qui est responsable. Nous aurons tous nos propres opinions sur cela. »

Alors que le Secrétaire général Ban Ki-moon n’a pas confirmé qui était responsable des attaques chimiques, les médias occidentaux se sont activés, accusant le gouvernement de Bachar Al-Assad.

Selon l’ambassadrice étasunienne à l’ONU Samantha Powers, « les détails techniques indiquent clairement que seul le régime aurait pu perpétrer cette attaque aux armes chimiques ».

Le ministre des Affaires étrangères de la Russie a répondu :

« Nous voulons une évaluation professionnelle objective des événements du 21 août. Nous avons de sérieuses raisons de croire qu’il s’agissait d’une provocation […] Toutefois, la vérité doit être établie et ce sera un test pour les futurs travaux du Conseil de sécurité. »

L’autre rapport : « Les attaques chimiques dans la Ghouta orientale utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie »

A la veille de la publication du rapport de la Mission de l’ONU, l’Équipe de soutien international pour Mussalaha en Syrie (ISTEAMS) publiait son rapport préliminaire intitulé Les attaques chimiques dans l’est de la Ghouta utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie.

Sous la direction de Mère Agnès Mariam, l’équipe d’ISTEAMS, établie à Genève, a travaillé sous les auspices de l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’homme. ISTEAMS a également collaboré avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, auquel bon nombre de ses conclusions ont été soumises.

Ironie amère du sort, ce rapport détaillé, documentant la mort d’enfants innocents dans la Ghouta orientale, n’a été reconnu ni par les médias occidentaux, ni par les gouvernements des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Rapport préliminaire d’ISTEAMS)

Le rapport d’ISTEAMS révèle comment les vies d’enfants innocents ont été utilisées dans le cadre d’un événement visiblement mis en scène :

« Nous avons décidé d’examiner minutieusement ces vidéos dès que certaines familles dont les enfants ont été enlevés nous ont contactés pour nous informer qu’ils y avaient reconnu les enfants parmi ceux présentés comme victimes des attaques chimiques de la Ghouta orientale […]

Notre première préoccupation était le sort des enfants que nous voyons dans les images. Ces anges sont toujours seul entre les mains d’hommes qui semblent être des éléments de groupes armés. Les enfants décédés sont sans leur famille et ne sont pas identifiés, et ce jusqu’à ce qu’ils soient enveloppés dans des linceuls blancs pour l’enterrement. De plus, notre étude souligne sans aucun doute que les petits corps ont été manipulé et disposé de manière théâtrale afin de figurer dans la vidéo.

Si les images étudiées ont été éditées et publiées dans le but de présenter des éléments de preuve pour accuser l’État syrien d’avoir perpétré les attaques chimiques dans la Ghouta orientale, nos découvertes incriminent les éditeurs et les acteurs pour avoir falsifié les faits en tuant et en manipulant des enfants non identifiés . […]

Nous voulons ainsi faire connaître cette utilisation criminelle d’enfants dans la propagande politique sur les attaques aux armes chimiques dans la Ghouta orientale.

Nous présentons ce travail à d’éminents chefs spirituels, chefs d’État, députés, acteurs humanitaires et à toute personne ayant à cœur la vérité et la justice et souhaitant que ceux qui sont responsables de mauvaises actions rendent des comptes comme il se doit. »

Pour lire le rapport complet en PDF cliquez ici   (PDF lourd, long téléchargement, en anglais)

Bien que le rapport d’ISTEAMS ne précise pas qui était derrière les massacres d’enfants innocents, il confirme que les vidéos publiées le 21 août, y compris ceux présentés le 5 Septembre à la Commission des relations étrangères du Sénat étasunien, ont été délibérément manipulées, et que les cadavres d’enfants ont été déplacés d’un endroit à un autre dans le cadre d’un événement mis en scène.

Des photographies d’enfants morts en Égypte lors du massacre de Rabia al-Adawiyya au Caire ont également été utilisées et présentées dans la vidéo comme des photos d’enfants syriens.

Les corps de ces mêmes enfants apparaissent dans différentes images associées à différents endroits : que les mêmes enfants se trouvent dans des villes différentes suggère que les photos faisaient partie d’une mise en scène : « les mêmes enfants ont été placés dans une autre pièce dans une autre ville. »

L’étude d‘ISTEAMS démontre ceci : la tragédie de la Ghouta orientale a été mise en scène, soigneusement planifiée, et « les forces rebelles de l’opposition » appuyées par les États-Unis étaient impliquées.

Ces vidéos ont été utilisées comme preuves par le Comité du Sénat étasunien sur les relations étrangères dans l’élaboration de sa résolution en faveur de frappes punitives à l’encontre de la Syrie. (Comité sénatorial des Relations étrangères, résolution 2021 sur la Syrie , le 5 septembre 2013). Le sénateur John McCain est un membre clé de ce comité et il est connu pour avoir eu des contacts avec les dirigeants des rebelles affiliés à Al-Qaïda.

La résolution 2021 du Comité sénatorial (se référant aux vidéos) parle de « preuves claires et convaincantes ». Pour reprendre John Kerry dans sa déclaration devant le Comité sénatorial : « Les images [dans les vidéos] de ce jour-là sont répugnantes. Et à mon avis, le monde ne peut pas ignorer l’inhumanité et l’horreur de cet acte. »

Cependant, ces images faisaient partie d’une opération diabolique consistant à déclencher des atrocités, y compris le meurtre d’enfants innocents, puis à utiliser les images de ces atrocités à des fins de propagande.

Qui était derrière ce projet criminel?

Michel Chossudovsky

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?