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Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique


3464325_3_c08a_l-attaque-chimique-a-la-ghouta-constitue-le_f245354428a128cdcf60f6b23678eb9bNouvel accès de « conspirationnisme » ou scoop retentissant ? L’article de Seymour Hersh, vétéran du journalisme d’investigation américain, publié dimanche 8 décembre par la London Review of Books tend à réécrire l’histoire, déjà passablement énigmatique, de l’intervention américaine avortée en Syrie. Le journaliste qui, en 2004, avait contribué à révéler le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, accuse l’administration Obama d’avoir manipulé les informations concernant l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la Ghouta, près de Damas, pour justifier des frappes militaires contre le régime Assad. Lire la suite Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique

Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne


msjwz23v-1377934534Va-t-on enfin dépasser les tabous et appeler les choses par leur nom ? L’histoire de la guerre de Syrie nous a été présentée sous différentes formes successives, chaque narration venant faire oublier la précédente. Lire la suite Guerre de Syrie : une guerre israélo-syrienne

Mère Agnès : Les enfants de l’attaque chimique ont été anesthésiés !


mother-agnes-mariam-de-la-croixLa mère Agnès-Marie de la Croix a assuré que les enfants qui ont été filmés dans le massacre aux armes chimiques dans la région de Ghouta en Syrie sont toujours vivants mais qu’ils ont été anesthésiés.

« Les habitants de la province de Lattaquié m’ont informée avoir vu leurs enfants dans les vidéos sur la Ghouta, filmées par les miliciens armés », a-t-elle dit dans une interview avec la chaine de télévision al-Mayadeen.

Accompagnant l’équipe des inspecteurs des Nations Unies dans leur deuxième visite à Damas, Mère Agnès explique que « le premier motif de son action était au début humanitaire, et la veille de l’attaque chimique dans la Ghouta nous étions à Damas. Nous avons vu de nos propres yeux ce qui a eu lieu à Maadamiya.

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Donc, s’il y avait eu des morts, des victimes et des blessés, on aurait remarqué ceci immédiatement. Mais cette nuit, aucun mouvement inhabituel n’a été enregistré. Les gens ici sont tous des voisins et se connaissent. Les habitants de la Ghouta qui se sont déplacés vers Damas n’ont pas été paniqués par un événement de cette ampleur, surtout que les informations de presse ont fait état de 1400 morts et de 10000 blessés dans une petite zone. Nous n’avons pas entendu non plus les ambulances. Tout était calme cette nuit ».

« Telles étaient mes premières remarques, et lors de mon voyage en Malaisie, j’ai été en contact permanent avec les habitants de Lattaquié. Le 4 aout, les groupes armés ont ravagé 11 villages dans la province de Lattaquié.

Les médias occidentaux ont parlé d’une avancée de l’opposition syrienne, alors qu’un véritable carnage avait eu lieu. Nous avions dressé des listes comprenant les martyrs de la province de Lattaquié et les disparus. Les groupes armés avaient kidnappé 115 personnes dont 65 enfants de moins de 15 ans. Au cours de mon voyage, j’ai appris que des parents de la province de Lattaquié ont reconnu des enfants enlevés de la même région qui sont apparus dans les images diffusées sur les victimes des armes chimiques présumées dans la Ghouta.

Les Américains ont choisi 13 films parmi les vidéos présentées par les groupes armés et les ont qualifiés de surs.

Et Mère Agnès d’ajouter : « J’étais en contact avec des journalistes allemands, je leur avais dit que je suis incapable de déterminer la date et le lieu de chaque film. Ils m’ont envoyée une liste de 43 films dont les premières vidéos. Ma surprise était grande à la vue des mêmes enfants repris dans au moins quatre ou cinq vidéos. Je me suis dit que ce qui se passe est anormal.

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Quand je me suis approfondie dans l’étude de toutes les vidéos sur des attaques chimiques présumées, je me demandais à chaque fois : d’où cherchent-ils tous ces enfants ? Où sont leurs parents ? Est-ce possible qu’une mère abandonne ses enfants ? Il est normal qu’un ou deux enfants disparaissent, mais perdre ce grand nombre d’enfants ceci suscite des interrogations ».

« Toutefois, j’ai une bonne nouvelle : les enfants étaient anesthésiés, la preuve en est que tous les enfants étaient calmes à l’exception d’un enfant qui pleurait. On aurait administré à ces enfants plusieurs types d’anesthésiants pour donner l’impression qu’ils sont morts. Quant aux jeunes tués, je pense qu’ils sont des éléments des groupes armés qui ont joué le rôle de comparse ».

« S’ils étaient morts, on aurait vu ce nombre élevé de victimes enterrés dans les tranchées énormes creusées pour contenir entre 300 à 400 dépouilles. Mais seules 8 corps y ont été enterrés. Nous n’avons pas vu ceux qui enterrent. S’il y avait vraiment 1500 corps, où seraient-ils alors ? ».

Mère Agnès révèle à la chaine al-Mayadeen qu’une équipe internationale baptisée « l’équipe du 21 aout », et regroupant des experts allemands, français, italiens, canadiens et américains a été formée pour dresser une liste chronologique des événements entre 1h55 et 4h00 du matin. Ce timing suscite plusieurs interrogations. Il est impossible que toutes les dépouilles aient été transportées aux morgues le même jour, surtout qu’on parlait de milliers de victimes.

Nous sommes de plus en plus convaincus que ces vidéos n’ont pas été filmées le 21 aout. Elles ont été postées sur internet en ce jour et ceci nécessite plus de preuves ».

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3937

Bandar bin Sultan, prince des terroristes


namvar20130920045433940Bandar bin Sultan est le directeur général de l’Agence du renseignement saoudien. À ce titre, il a acquis une réputation bien méritée comme le « Prince des terroristes. »

Selon le Wall Street Journal, Bandar est à la tête des forces rebelles qui tentent de renverser le gouvernement syrien. De nombreux analystes considèrent Bandar comme le suspect N° 1 dans ce qui semble être un false flag, l’attaque à l’arme chimique dans al-Ghouta.

Adam Entous du Wall Street Journal affirme que le prince Bandar et son agence saoudienne de renseignement ont fabriqué des « preuves » que le gouvernement syrien avait utilisé du gaz sarin, et ce avant l’attaque d’Al-Ghouta.

Entous déclare lors d’une interview à Democracy Now: « l’agence de renseignement de Bandar a conclu que les armes chimiques ont été utilisées à petite échelle par le régime. Peu après, les Britanniques et les Français ont adopté la même conclusion. Il a fallu en fait attendre jusqu’en Juin pour que les agences de renseignement américaines arrivent à cette conclusion ».

En d’autres termes, Bandar a utilisé son argent, son influence, et son réseau pour s’assurer que « les renseignements s’adapteraient à la politique » – tout comme Bush l’avait fait avec les prétendues armes de destruction massive irakiennes en 2003.

Comment Bandar a-t-il convaincu les agences de renseignement occidentales d’accepter ses allégations extrêmement douteuses sur l’utilisation du gaz sarin par Assad ? Bandar a trouvé un Syrien qui avait été exposé au gaz sarin et l’a mis dans un avion pour l’Angleterre pour y subir des tests. Après que les tests sur la victime syrienne se furent révélés positifs pour le sarin, Bandar a poussé ses collègues de renseignement occidentaux à accepter la conclusion, loin d’être évidente, que Assad doit en avoir été responsable.

Selon Entous: « Ce que les Britanniques ont trouvé quand ils ont fait le test, c’est que ce Syrien avait été exposé au gaz sarin, et les services de renseignement américains, britanniques et français croient que seul le régime syrien en possède ».

Mais les services de renseignement américains, britanniques et français croient-ils vraiment que Bandar – qui est à la tête de centaines de milliards de dollars et d’un réseau sophistiqué d’opérateurs clandestins et de tueurs – ne pouvait pas avoir empoisonné la victime syrienne lui-même ? Évidemment que si, ils ne sont pas si naïfs. Les renseignements occidentaux sont complices de la tentative de Bandar d’impliquer Assad dans l’utilisation du gaz sarin. Ils cherchaient un prétexte pour attaquer la Syrie, et Bandar le leur a donné.

Puis, quand l’énorme attaque au sarin a frappé al-Ghouta le 21 Août, les observateurs avertis ont immédiatement soupçonné une attaque sous fausse bannière par les forces de Bandar. Selon les correspondants de l’Associated Press Moyen-Orient, Dale Gavlak et Yahya Ababneh: « … de nombreux entretiens avec des médecins, des habitants de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, une image différente (du récit des médias mainstream occidentaux) émerge. Beaucoup croient que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et sont responsables de l’attaque au gaz mortel ».

Une preuve supplémentaire que c’est  le prince terroriste qui a orchestré l’attentat contre al-Ghouta a émergé quand VoltaireNet.org a révélé que les photos d’enfants morts n’étaient pas ce qu’elles paraissaient être:

« Suite à la diffusion des images, distribuées par l’Armée syrienne libre et reprises par les services états-uniens et français, du massacre de la ghouta, des familles alaouites de Lattaquié ont porté plainte pour assassinats.

Certaines des vidéos ont été réalisées et postées sur YouTube avant l’événement qu’elles décrivent.

On peut y voir des enfants étouffer d’une intoxication chimique qui ne peut être du gaz sarin (ce gaz provoque de la bave jaune et non pas blanche).

Les enfants ne correspondent pas à un échantillon de population : ils ont presque tous le même âge et ont les cheveux clairs. Ils ne sont pas accompagnés par leur famille en deuil.

Il s’agit en fait d’enfants enlevés par des djihadistes, deux semaines auparavant dans des villages alaouites aux environs de Lattaquié, à 200 kms de la ghouta.

Contrairement aux affirmations de l’Armée syrienne libre et des services occidentaux, les seules victimes identifiées du massacre de la ghouta sont donc issues de familles soutenant le gouvernement syrien. Les personnes qui posent dans les vidéos en s’indignant des « crimes de Bachar el-Assad » sont en réalité leurs assassins ».

Le prince terroriste Bandar peut-il vraiment, froidement, kidnapper des enfants, les assassiner, puis les présenter morts comme les victimes présumées de ses ennemis ? En un mot: Oui.

L’impudence de Bandar ne connaît pas de limites. Le chef dissolue des « terroristes islamiques radicaux » a effectivement eu l’audace de menacer le président russe Vladimir Poutine d’une attaque terroriste pendant les Jeux olympiques d’hiver si Poutine n’arrêtait pas son soutien au gouvernement syrien ! Bandar a affirmé qu’il avait le soutien total du gouvernement américain dans la prestation de ses offres de pots de vin et ses menaces terroristes contre le président Poutine.

Bandar, un intime de la famille du crime Bush qui l’appelle affectueusement « Bandar Bush », semble également avoir été impliqué dans les attentats sous fausse bannière du 9/11. Regardons quelques-uns des éléments de preuves – certes circonstanciels- qui relient Bandar au 9/11.

Sur les prétendus 19 pirates, 15 étaient saoudiens. Des sources de la CIA ont confirmé le témoignage de Michael Springman, l’ancien chef du Bureau américain des visas à Djeddah, au sujet des saoudiens « pirates de l’air ». C’étaient des agents de la CIA, sans doute en relation avec les services de renseignements saoudiens, qui étaient arrivés en Amérique avec des « Snitch visas » de la CIA. Ce sont des visas spéciaux que la CIA offrait comme récompense aux Saoudiens qui espionnaient pour les États-Unis. (Les services de renseignements saoudiens sont si étroitement liés à la CIA qu’il est difficile de dire où finit l’un et où commence l’autre.)

Pendant leur séjour aux Etats-Unis, les présumés futurs pirates de l’air du 9/11 ont vécu une vie de rêve. Ils se sont entraînés dans des installations militaires américaines sécurisées, dont Pensacola Naval Air Station, où Mohamed Atta était un fêtard, un habitué du club des officiers, et Maxwell Air Force Base, en Alabama. Deux des pirates présumés ont reçu des chèques de manière régulière totalisant des dizaines de milliers de dollars de Prince Bandar et de son épouse, par le biais d’Omar Al Bayoumi du réseau des services de renseignement américano-saoudiens.

Immédiatement après le 11/9, tout le trafic aérien aux États-Unis avait été stoppé. Les seuls avions autorisés à voler furent des jets privés spéciaux que Bush et Cheney mirent à disposition pour embarquer Bandar, ainsi que des membres de la famille Ben Laden et d’autres suspects saoudiens, pour les sortir du pays avant qu’ils ne puissent être interrogés par le FBI.

L’évidence montre que le prince Bandar a été le chef des opérations d’Al-Qaïda, la base de données de la CIA de ses légions arabes de combattants moudjahidin, depuis la guerre d’Afghanistan des années 1980. Ce sont ces combattants d’Al-Qaïda soutenus par la CIA et par le Mossad que commande Bandar aujourd’hui en Syrie.

En bref, c’est Bandar Bush, Prince des terroristes – et non le gentil dupe Oussama Ben Laden, ou l’idéologue criard al-Zawahiri – qui a toujours été le véritable commandant de l’opération de renseignement occidental connue sous le nom « Al-Qaïda ».

Dr Kevin Barrett

Traduction : Avic

http://www.presstv.ir/detail/2013/09/20/324951/bandar-bin-sultan-prince-of-terrorists/

Les missiles de gaz « n’ont pas été vendus à la Syrie » – Robert Fisk


Inspecteurs des Nations Unies dans les faubourgs de Damas
Inspecteurs des Nations Unies dans les faubourgs de Damas

Alors que le régime de Bahar al-Assad à Damas a nié toute responsabilité dans les tirs d’obus de gaz sarin qui ont tué près de 1400 Syriens dans la banlieue de Ghouta le 21 août, l’information circule maintenant dans Damas, que la nouvelle « preuve » de la Russie à propos de l’attaque, comprend les dates d’exportation des obus utilisés et – plus important encore – la liste des pays auxquels ils ont été vendues.

Ces obus ont apparemment été fabriqués en Union soviétique en 1967 et vendus par Moscou à trois pays arabes : le Yémen , l’Égypte et la Libye du colonel Mouammar Kadhafi. Ces informations ne peuvent être encore vérifiées par des documents, et Vladimir Poutine n’a pas révélé les raisons pour lesquelles il avait déclaré à Barack Obama qu’il savait que l’armée d’Assad n’avait pas tiré les roquettes de gaz sarin. Mais si l’information est exacte – et l’on croit qu’elle vient directement de Moscou – la Russie n’a jamais vendu ce lot particulier de munitions chimiques en Syrie.

Depuis la chute de Kadhafi en 2011, de grandes quantités d’armes de fabrication soviétique abandonnées sont tombées dans les mains de groupes rebelles et d’insurgés affiliés à Al-Qaïda. Beaucoup de ces armes ont été retrouvées au Mali, certaines en Algérie et une grande quantité dans le Sinaï. Les Syriens ont depuis longtemps affirmé qu’une quantité importante d’armes de fabrication soviétique avait fait son chemin à partir de la Libye jusqu’aux rebelles dans la guerre civile syrienne, avec l’aide du Qatar – qui avait soutenu les rebelles libyens contre Kadhafi et qui finance aujourd’hui les livraisons d’armes aux insurgés syriens.

Il ne fait aucun doute que la Syrie dispose d’un arsenal d’armes chimiques considérable. Ni que les stocks syriens contiennent de grandes quantités de gaz sarin dans des roquettes de 122mm. Mais si les Russes ont en effet été en mesure d’identifier les types d’obus précis à partir des fragments trouvés dans Ghouta – et si ceux-ci appartiennent à des munitions qui n’ont jamais exportées vers la Syrie – le régime d’Assad va pouvoir se vanter que son innocence a été prouvée.

Dans un pays – en fait un monde – où la propagande est plus influente que la vérité, découvrir l’origine des produits chimiques qui ont asphyxié tant de Syriens il y a un mois est une enquête journalistique périlleuse. Les reporters qui envoient des dépêches depuis les zones tenues par les rebelles sont accusés par le régime d’Assad de pactiser avec les terroristes. quant aux journalistes qui sont du côté des lignes de front du gouvernement la Syrie, ils sont régulièrement accusés de relayer la propagande du régime. Et même si le régime d’Assad n’était pas responsable de l’attaque du 21 août, ses forces ont commis des crimes de guerre en abondance au cours des deux dernières années. La torture, les massacres, les bombardements de cibles civiles ont depuis longtemps été établis.

Néanmoins, il faut dire aussi que de sérieux doutes sont exprimés par les organisations internationales, les Nations Unies et d’autres à Damas sur le fait que les obus de gaz sarin ont été tirés par l’armée d’Assad. Bien que ces employés internationaux ne peuvent donner leur identité, certains d’entre eux étaient à Damas le 21 août et ont posé une série de questions auxquelles on n’a pas encore fourni de réponse. Pourquoi, par exemple, la Syrie attendrait-elle que les inspecteurs de l’ONU soient confortablement installés à Damas le 18 août avant d’utiliser le gaz sarin à peine deux jours plus tard – et seulement à 7 kilomètres de l’hôtel où les inspecteurs venaient de descendre ? Ayant ainsi présenté à l’ONU des preuves de l’utilisation de gaz sarin – les inspecteurs étant rapidement sur place – le régime d’Assad, s’il était coupable, se serait certainement rendu compte qu’une attaque militaire serait organisée par les nations occidentales.

Toujours est-il que la Syrie est maintenant en train de perdre la totalité de ses défenses chimiques si stratégiques contre l’arme nucléaire israélienne – et cela uniquement parce que le régime voulait tirer sept roquettes vieilles de près un demi-siècle sur une banlieue rebelle (s’il faut en croire les pouvoirs occidentaux) où seulement 300 des 1400 victimes (s’il faut en croire les rebelles) étaient des combattants. Comme une ONG occidentale le disait hier : « si Assad voulait vraiment utiliser le gaz sarin, pourquoi, pour l’amour de Dieu, a-t-il attendu pendant deux ans, et en plus quand l’ONU était sur le terrain pour enquêter ? »

Les Russes, bien sûr, ont apporté des démentis similaires de la responsabilité d’Assad pour les précédentes attaques au gaz sarin. Quand au moins 26 Syriens sont morts d’empoisonnement au gaz innervant à Khan al-Assal, le 19 mars – une des raisons pour lesquelles les inspecteurs de l’ONU ont été dépêchés en Syrie le mois dernier – Moscou avait également accusé les rebelles d’en porter la responsabilité. Les Russes ont ensuite présenté à l’ONU un rapport de 100 pages contenant leurs « preuves ». Toutefois, comme le témoignage de M. Poutine sur les attaques du 21 août, il n’a pas été rendu public.

Un témoin qui se trouvait avec les troupes de la 4e division de l’armée syrienne le 21 août – un ancien officier des forces spéciales considéré comme une source fiable – a déclaré n’avoir vu aucune trace que des missiles portant du gaz aient été tirés, alors qu’il était même dans l’une des banlieues, Moadamiya, qui était une cible pour le gaz sarin. Il se souvient des soldats exprimant des inquiétudes quand ils ont vu les premières images sur YouTube de civils en état de suffocation – pas par sympathie, mais parce qu’ils craignaient d’avoir à se battre au milieu de nuages ​​empoisonnés.

« Il faudrait peut- être aller au-delà des théories du complot et dire que le gouvernement n’était pas impliqué, » a déclaré un journaliste syrien la semaine dernière. « Mais nous sommes sûrs que les rebelles ont obtenu du gaz sarin. Ils auraient eu cependant besoin des étrangers pour leur apprendre à tirer. Ou alors il y a une ’troisième force’ que nous ne connaissons pas ? Si l’Occident avait besoin d’un prétexte pour attaquer la Syrie, ils l’ont trouvé au bon moment, au bon endroit , et devant les inspecteurs des Nations Unies. »

* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

http://www.independent.co.uk/voices…
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?


Tribune libre Byblos

ban-ki-moonÀ la suite de la publication du rapport de la Mission des Nations Unies sur les attaques à l’arme chimique du 21 août dans la Ghouta orientale, le Secrétaire général Ban Ki-moon, a insinué que le gouvernement syrien était coupable, sans l’accuser ouvertement :

« C’est l’utilisation prouvée d’armes chimiques contre des civils la plus significative depuis celle de Saddam Hussein à Halabja en 1988. La communauté internationale s’est engagée à empêcher qu’une telle horreur ne se reproduise et pourtant, elle s’est reproduite …  »

(Ban Ki-moon ne mentionne toutefois pas que l’attaque d’Halabja 1988 a été soutenue par la CIA, ce que confirme la publication de documents récemment déclassifiés.)

La note introductive du rapport de la Mission de l’ONU affirme :

« Le Secrétaire général condamne fermement l’utilisation d’armes chimiques et estime que cet acte est un crime de guerre et une violation grave du Protocole de 1925 concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de méthodes de guerre employant des moyens bactériologiques, et autres règles pertinentes du droit international coutumier.

La communauté internationale a une responsabilité morale de demander des comptes aux responsables et de veiller à ce que les armes chimiques ne puissent jamais réapparaître comme instrument de guerre. » (Rapport d’enquête du Secrétaire général de l’ONU sur les armes chimiques. New York, 16 Septembre, 2013)

Dans le rapport de la Mission des Nations Unies, on ne mentionne nulle part qui sont les auteurs des attaques chimiques. La Mission avait pour consigne de ne pas faire de déclarations à ce sujet.

La Mission de l’ONU était cependant tout à fait consciente que des crimes contre l’humanité avaient été commis et que les rebelles d’Al-Qaïda soutenus par les États-Unis étaient en possession d’armes chimiques.

Selon CNN, les rebelles ont été formés pour l’utilisation d’armes chimiques par des conseillers militaires occidentaux. Une mission précédente de l’ONU a confirmé que les rebelles étaient en possession du gaz sarin.

Visiblement, la mission a reçu l’ordre de « la fermer ». Selon le Secrétaire général Ban Ki-moon, « [c]‘est aux autres de poursuivre cette affaire afin de déterminer qui est responsable. Nous aurons tous nos propres opinions sur cela. »

Alors que le Secrétaire général Ban Ki-moon n’a pas confirmé qui était responsable des attaques chimiques, les médias occidentaux se sont activés, accusant le gouvernement de Bachar Al-Assad.

Selon l’ambassadrice étasunienne à l’ONU Samantha Powers, « les détails techniques indiquent clairement que seul le régime aurait pu perpétrer cette attaque aux armes chimiques ».

Le ministre des Affaires étrangères de la Russie a répondu :

« Nous voulons une évaluation professionnelle objective des événements du 21 août. Nous avons de sérieuses raisons de croire qu’il s’agissait d’une provocation […] Toutefois, la vérité doit être établie et ce sera un test pour les futurs travaux du Conseil de sécurité. »

L’autre rapport : « Les attaques chimiques dans la Ghouta orientale utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie »

A la veille de la publication du rapport de la Mission de l’ONU, l’Équipe de soutien international pour Mussalaha en Syrie (ISTEAMS) publiait son rapport préliminaire intitulé Les attaques chimiques dans l’est de la Ghouta utilisées pour justifier une intervention militaire en Syrie.

Sous la direction de Mère Agnès Mariam, l’équipe d’ISTEAMS, établie à Genève, a travaillé sous les auspices de l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’homme. ISTEAMS a également collaboré avec le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, auquel bon nombre de ses conclusions ont été soumises.

Ironie amère du sort, ce rapport détaillé, documentant la mort d’enfants innocents dans la Ghouta orientale, n’a été reconnu ni par les médias occidentaux, ni par les gouvernements des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Rapport préliminaire d’ISTEAMS)

Le rapport d’ISTEAMS révèle comment les vies d’enfants innocents ont été utilisées dans le cadre d’un événement visiblement mis en scène :

« Nous avons décidé d’examiner minutieusement ces vidéos dès que certaines familles dont les enfants ont été enlevés nous ont contactés pour nous informer qu’ils y avaient reconnu les enfants parmi ceux présentés comme victimes des attaques chimiques de la Ghouta orientale […]

Notre première préoccupation était le sort des enfants que nous voyons dans les images. Ces anges sont toujours seul entre les mains d’hommes qui semblent être des éléments de groupes armés. Les enfants décédés sont sans leur famille et ne sont pas identifiés, et ce jusqu’à ce qu’ils soient enveloppés dans des linceuls blancs pour l’enterrement. De plus, notre étude souligne sans aucun doute que les petits corps ont été manipulé et disposé de manière théâtrale afin de figurer dans la vidéo.

Si les images étudiées ont été éditées et publiées dans le but de présenter des éléments de preuve pour accuser l’État syrien d’avoir perpétré les attaques chimiques dans la Ghouta orientale, nos découvertes incriminent les éditeurs et les acteurs pour avoir falsifié les faits en tuant et en manipulant des enfants non identifiés . […]

Nous voulons ainsi faire connaître cette utilisation criminelle d’enfants dans la propagande politique sur les attaques aux armes chimiques dans la Ghouta orientale.

Nous présentons ce travail à d’éminents chefs spirituels, chefs d’État, députés, acteurs humanitaires et à toute personne ayant à cœur la vérité et la justice et souhaitant que ceux qui sont responsables de mauvaises actions rendent des comptes comme il se doit. »

Pour lire le rapport complet en PDF cliquez ici   (PDF lourd, long téléchargement, en anglais)

Bien que le rapport d’ISTEAMS ne précise pas qui était derrière les massacres d’enfants innocents, il confirme que les vidéos publiées le 21 août, y compris ceux présentés le 5 Septembre à la Commission des relations étrangères du Sénat étasunien, ont été délibérément manipulées, et que les cadavres d’enfants ont été déplacés d’un endroit à un autre dans le cadre d’un événement mis en scène.

Des photographies d’enfants morts en Égypte lors du massacre de Rabia al-Adawiyya au Caire ont également été utilisées et présentées dans la vidéo comme des photos d’enfants syriens.

Les corps de ces mêmes enfants apparaissent dans différentes images associées à différents endroits : que les mêmes enfants se trouvent dans des villes différentes suggère que les photos faisaient partie d’une mise en scène : « les mêmes enfants ont été placés dans une autre pièce dans une autre ville. »

L’étude d‘ISTEAMS démontre ceci : la tragédie de la Ghouta orientale a été mise en scène, soigneusement planifiée, et « les forces rebelles de l’opposition » appuyées par les États-Unis étaient impliquées.

Ces vidéos ont été utilisées comme preuves par le Comité du Sénat étasunien sur les relations étrangères dans l’élaboration de sa résolution en faveur de frappes punitives à l’encontre de la Syrie. (Comité sénatorial des Relations étrangères, résolution 2021 sur la Syrie , le 5 septembre 2013). Le sénateur John McCain est un membre clé de ce comité et il est connu pour avoir eu des contacts avec les dirigeants des rebelles affiliés à Al-Qaïda.

La résolution 2021 du Comité sénatorial (se référant aux vidéos) parle de « preuves claires et convaincantes ». Pour reprendre John Kerry dans sa déclaration devant le Comité sénatorial : « Les images [dans les vidéos] de ce jour-là sont répugnantes. Et à mon avis, le monde ne peut pas ignorer l’inhumanité et l’horreur de cet acte. »

Cependant, ces images faisaient partie d’une opération diabolique consistant à déclencher des atrocités, y compris le meurtre d’enfants innocents, puis à utiliser les images de ces atrocités à des fins de propagande.

Qui était derrière ce projet criminel?

Michel Chossudovsky

Syrie: Fabrication de « mensonges chimiques ». Qui est derrière les attentats de la Ghouta?

Syrie : repli stratégique ou débandade ?


AA-9fd0d-4f403Ce mardi 17 septembre 2013, ni la Syrie ni la guerre punitive ne font plus recette. Même le rapport tant attendu des experts des Nations Unies relatif à l’utilisation d’armes chimiques le 21 août dernier dans la Ghouta de Damas, est passé à l’as 1. Il faut dire que ses conclusions étaient connues d’avance et, sauf à se prétendre ministre des Affaires étrangères comme M. Fabius, nul n’attendait de ce document la moindre révélation. Surtout pas quant à l’origine des tirs – s’ils ont jamais eu lieu – qui décimèrent des malheureux étrangement homogène quant à leur âge et à leur sexe (il suffit de se reporter aux vidéos disponibles sur la Toile pour constater cette déconcertante anomalie – voir également Rivarol n°3107). Un fait divers, les tueurs fous de Washington – sortis des rangs de la Marine ! – font aujourd’hui la Une de l’information. Un fait divers, ou un clou, chasse l’autre.

Une diversion utile voire nécessaire pour faire oublier le dégonflage d’une guerre voulue mais impossible à conduire dans les circonstances présentes… ce qui ne signifie pas que le parti des éradicateurs ait définitivement renoncé. Non point ! Les « agendas » sont là – et parlons plus volontiers à propos de l’Exécutif américain de “cahier des charges » – or tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, ils devront être suivis et remplis. Répétons-le, nous reculons pour mieux sauter. Le Proche-Orient est un baril de poudre et d’aucuns s’emploient assidûment à battre le briquet pour en allumer la mèche. Ce n’est au demeurant, pas d’une mais d’une douzaine d’attaques à l’arme chimique – sans parler les multiples tueries ayant fait l’objet de tentatives d’instrumentation à des fins d’embrasement général – dont il été jusqu’ici question sur le théâtre des opérations syrien de l’actuelle et tacite guerre mondiale. Mais, las, la mayonnaise n’étant pas parvenue à prendre, il faudra recommencer… « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse et le repolissez ;
ajoutez quelquefois, et souvent effacez » [Nicolas Boileau 1636/1711].

Gageons que pour faire monter les enchères, le prochain acte de terrorisme chimique pourrait avoir lieu en Israël. Il ne s’agit pas tout à fait d’une hypothèse gratuite, mais d’un scénario sérieusement évoqué par quelques experts ès coups tordus 2. De toute façon le feu couve, les djihadistes d’al-Nosra (entendez les mercenaires recrutés et payés par notre allié saoudien), tout comme « l’opposition démocratique » (celle des Frères musulmans syriens), refusent et dénoncent les accords Kerry/Lavrov. Dans le même temps les Turcs [AFP16sept13] abattent un hélicoptère syrien qui aurait « violé leur espace aérien » (! ?)… tandis que M. Fabius veut pour sa part réinterpréter les termes de l’accord russo-américain en exigeant des « frappes automatiques » en cas de non respects des clauses contraignantes relative au calendrier de désarmement chimique de la Syrie.

Sur ce point le sieur Ban Ki-moon déjà cité, fait presque de la surenchère – sans toute fois parler précisément des frappes – en demandant « instamment au Conseil de Sécurité une Résolution claire… placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Lequel chapitre prévoit effectivement des sanctions pouvant aller jusqu’à l’usage de la force dans le cas où un pays ne respecterait pas une décision du dit Conseil. De là à pressentir que le processus diplomatique – qui a suscité tant d’espoirs et fait pousser un ouf de soulagement à la planète toute entière – s’achemine à grande vitesse vers le fond de l’impasse, le pas est tôt franchi. Car enfin pour négocier, il faut deux choses indispensables : de la bonne foi et de la bonne volonté. Resterait d’ailleurs à savoir si la guerre de Syrie aurait jamais eu lieu et se serait aussi longtemps prolongée si ces deux traits de caractère avaient prédominé dans la classe des petits maîtres de la politique occidentale ? Chacun apportera à la question la réponse de son choix, au reste la clef du problème est là, et bien là.

Ce pourquoi in fine nous devons nous garder de pavoiser à l’instar de ceux qui vont trop vite en besogne et affichent une fâcheuse tendance à prendre leurs désirs pour des réalités. Nous pensons à tous ceux qui voient dans la reculade de Washington – et accessoirement dans le largage du pitre élyséen – l’occasion de se réjouir bruyamment : « les russes expulsent de facto les américains de leur plus forte zone d’influence sans avoir tiré un seul coup de feu, qui plus est en les humiliant de façon historique et en les transformant en parias diplomatiques » ! N’est-ce pas cependant quelque peu excessif au regard du fil réel des événements ?

Ne conclurons pas pour autant en misant à fonds perdus sur les tocards qui nous gouvernent – sachant que le pouvoir véritable se trouve derrière le rideau – et particulièrement sur celui qui fait « la guerre sans l’aimer »… le premier président oscarisé « Noble de la Paix » avant même d’être entré en fonctions. N’est-ce pas merveilleux ? Finalement nous devrions pouvoir dormir sur nos deux oreilles puis que dans le Meilleur des Mondes orwellien possible «  la Paix c’est la guerre  » et vice vers. Ah les beaux jours à venir !

Léon Camus

Syrie… La guerre en perspectives

Le spectre des frappes américaines – la France comptant pour du beurre – en Syrie semble temporairement s’éloigner mais la menace existe toujours, et immanquablement ce cauchemar reviendra hanter nos mauvais rêves éveillés. Le parti de la guerre, dont on constate chaque jours à quel point qu’il détient le monopole quasi absolu de la presse occidentale, reste encore trop puissant pour renoncer maintenant… même si son emprise sur les représentations nationales – élus et classes dirigeantes – semblent s’amoindrir notamment sous l’effet d’une réprobation voire d’une hostilité de l’opinion qui s’affirment de plus en plus à travers les « réseaux sociaux », la presse samizdat et la contre-culture de la Toile.

Il n’existe à ce jour aucune preuve tangible de la responsabilité du pouvoir syrien dans l’attaque chimique du 21 août à la Ghouta, culpabilité qui était censée légitimer des frappes coalisées contre Damas. S’il en existait, elles seraient déjà sur la table et le fameux « rapport » de l’Onu – désespérément muet sur cette question cruciale – n’aurait pas manqué de les mettre en avant. À défaut de preuve, les meutes médiatiques ont donc donné de la voix. Et les folliculaires sont montés en première ligne sur le front de la « guerre morale », succédané de la guerre juste des années 2000. Croisade qui a pris son plein essor avec les Printemps arabes et le recours systématique depuis 2003, dans les guerres d’agression, du « droit d’ingérence humanitaire ».

Une notion ancienne née de la guerre du Biafra – 1967/1970 – mais reprise à la fin des années quatre-vingt-dix par le bon Dr Kouchner et Rony Brauman, fondateurs de l’Ong Médecins sans frontières, tout deux chauds partisans de l’intervention armée contre la Syrie loyaliste. Les mêmes puritains du démocratisme qui dénonçaient il y a peu en Égypte la déposition du Frère Morsi par l’armé comme une illégalité majeure. Bref les contradictions n’ont jamais gêné les idéologues ni les médiacrates grâce auxquels nous venons d’assister à une formidable séquence d’acrobaties manipulatoires… de celles qui enchantent les spectateurs lucides que nous nous efforçons d’être. C’est en effet une ahurissante opération d’enfumage que nous venons de vivre ces derniers jours et en direct sous la forme d’une tentative caractérisée de « viol des foules par la propagande », selon la formule sans équivoque du franco-soviétique Serge Tchakotine [1883/1973]. Viol presque accompli, à quelques heures près, mais aussitôt suivi d’une débandade générale à laquelle M. Hollande n’a toujours manifestement rien compris

« Tu mens comme à la radio »… adage populaire soviétique

La propagande consiste – rappelons-le – à tétaniser toute pensée individuelle par un pression psychologique intense exercée sur l’opinion. La répétition inlassable du même message formant le principe de base de tout conditionnement mental. Pratiquée aujourd’hui avec une capacité de nuisance surmultipliée par les nouveaux médias audiovisuels et télématiques, sa puissance perverse n’est évidemment plus à démontrer… d’autant que le terme même de « propagande » a disparu du vocabulaire [principe de la novlangue, faire disparaître les mots pour effacer la réalité]. Il n’est donc pas inutile d’en rappeler les trois premiers principes : premièrement « plus c’est gros, mieux ça marche ». Le coup de l’attaque chimique sans preuve aucune en est ici une illustration exemplaire. Ensuite – deuxième principe – il s’agit de marteler ad nauseam deux ou trois slogans mécaniques suscitant une réaction émotionnelle jusqu’à ce que le « dernier des arriérés mentaux l’ait parfaitement assimilé ». Procédure utilisée avec l’instrumentation du faux massacre de Timisoara en Roumanie, de Račak au Kossovo et bien d’autres, telles les couveuses du Koweït, ceci afin porter en conclusion des accusations à vocation létales 3.

Troisième principe, le plus pernicieux, finalisant les deux premiers : ceux-ci fabriquent des hordes d’idiots utiles, des désinformés qui deviennent à leur tour des désinformateurs tout en créant un phénomène d’unanimisme – ou de conformisme – qui entraîne l’ensemble de l’opinion, ou en tout cas la sidère ! À ce stade, impossible d’aller contre une opinion commune universellement partagée. Ainsi se crée des polices de l’esprit auto engendrées et auto-entretenues. Prière de ne pas aller alors à contre sens de l’opinion dominante sauf à se faire écharper ou, à tout le moins, à s’exposer à de sévères déboires. Ainsi en France, quelques rares politiques s’étant risqués à marquer leur opposition aux frappes, et à ce titre jugés trop tièdes par la police de la pensée, de la promotion de la vertu et de la proscription du vice, se sont vus traiter de « munichois », un comble ! Rien, nous le voyons, n’arrête la propagande de guerre ses excès les plus vils, surtout lorsqu’elle ne dit pas son nom. Reste que l’information circule, volens nolens, à flots continus sur la Toile et que les mensonges perdent tendanciellement du terrain.

Pourquoi l’Amérique dite démocratique voulait-elle foudroyer la Syrie ?

Les médias non seulement mentent ouvertement mais pire, ils ne disent pas tout, ils mentent en fait par omission ce qui représentent en gros 70% de leur activité. Or, à l’évidence Washington éprouve l’amère sentiment de la défaite. En un mot, les dirigeants américains sont bien forcé de constater que l’influence que l’Amérique exerçait en Orient, s’essouffle dangereusement, qu’elle perd du terrain en Syrie dans une interminable guerre multi fronts. Guerre où les États-Unis sont indirectement engagés depuis 2011 derrière l’écran de la sous-traitance locale et régionale : schématiquement, les Frères musulmans en Égypte, en Tunisie et au Maroc, Otan en Libye, Français au Mali, Wahhabites qataris et séoudiens associés aux “musulmans modérés” du Turc Erdogan en Syrie, tous dûment pilotés et armés par le Pentagone associé au Département d’État. Ne parle-t-on pas de « diplomatie armée » à propos du Département d’État ?

Certes l’Amérique d’Obama et de Wall Street ne veut ni ne peut perdre la face. Car cet avant-goût de défaite stratégique en Syrie acquiert subrepticement, dans la conjoncture actuelle, une dimension mondiale. Mise en perspective sur deux décennies, le manque-à-gagner syrien prend un singulier relief. Car il vient conclure une longue série de revers et de déboires : en Libye (symbolisé en septembre 2012 par l’assassinat de l’ambassadeur Christopher Stevens dans un bâtiment consulaire théoriquement ultra protégé), ou bien en Égypte avec l’élimination brutale (de ses alliés) les Frères musulmans, en Turquie où l’instabilité du pouvoir apparaît en plein lumière. En fin de mécomptes, la guerre en Syrie qui pourrait devenir – selon toute vraisemblance – le point de bascule fatal. Soit le « point culminant », au sens de Clausewitz, à partir duquel les courbes et tendances commencent à s’inverser. Dit Autrement, tous les efforts que les É-U y déploient actuellement semblent désormais ne plus devoir produire que des effets de plus en plus inverses aux buts recherchés.

La guerre en Syrie revêt donc actuellement le visage d’une première « bataille d’arrêt » d’envergure dans la vaste trajectoire conflictuelle qui se dessine depuis la fin de l’Union soviétique en 1991 entre la Fédération de Russie et les Administrations américaines successives. Confrontation froide qui se solde – en lieu et place des régimes attendus de la Terre promise démocratique – d’une installation pérenne du chaos en Afghanistan, au Waziristân (Zones tribales du Pakistan), en Irak, en Libye, au Yémen, en Somalie, au Sud Soudan, et cætera.

Rapportée à la Région du Proche Orient, la perspective insupportable d’une défaite géopolitique pour Washington s’inscrit de surcroît dans une relative absence d’intérêts vitaux à défendre… notons à ce sujet que l’exploitation des gisements de schistes bitumineux sur le territoire américain devraient en principe réduire la dépendance des É-U aux hydrocarbures du Golfe. Hormis, les intérêts – déclarés sécuritaires – des très encombrants et turbulents alliés locaux – Israël pour ne pas le nommer ou l’Arabie wahhabite – dont il faut bien admettre que l’insignifiance géopolitique apparente domine ou surplombe encore et toujours les décisions de la Maison Blanche ainsi que les réflexions des thinks tanks washingtoniens. Il est par conséquent totalement exclu d’imaginer la fin de cette trajectoire conflictuelle quelle que soit l’issue de la guerre de Syrie. Et parmi les issues possible, il en est une que nous ne pouvons ne pas retenir : celle justement du retour en force d’une menace de frappes balistiques.

De quelles frappes anti régime était-il question ?

Le terme de « frappes », dont abuse le réductionnisme politique et propagandiste, laisse supposer qu’il suffit de presser sur un bouton pour régler l’affaire. Rien de plus dangereusement erroné. On notera qu’a priori, sur un plan strictement militaire, l’annonce très à l’avance de tirs de missiles de croisière et des bombardements ciblés – et les retarder de jour en jour – constitue une véritable hérésie parce que cela en amoindrit largement la portée et en affaiblit l’efficacité, surtout si l’on entend pratiquer la « frappe de décapitation  » 4. Ne serait-ce qu’en donnant aux futurs bombardés toute latitude pour prendre les contre-mesures adaptées. En outre ajouter des délais aux délais instille – dans les états-majors et l’opinion – un doute déplorable quant à la volonté réelle d’agir. C’est bien ce qui s’est passé récemment en dépit de la logorrhée des gens de presse qui s’égosillent à crier victoire là où la reculade est patente.

Toujours concernant les « frappes », le mot joue psychologiquement sur la perception d’une surpuissance militaire telle qu’elle interdirait automatiquement toute forme de réaction. Rien de plus faux également. La toute puissance de la machine militaire américaine n’a nullement empêché une débâcle finale, et littéralement une fuite au petit matin blême, quand les dernières troupes exfiltrées d’Irak ont franchi la frontière koweïtienne… Fuite désastreuse d’Irak et débâcle en Afghanistan, pas de quoi pavoiser. Dans les deux cas la toute puissante Amérique [Mighty America] s’est trouvée « disqualifiée » dans des conflits asymétriques qu’elle s’est montrée piteusement incapable de gérer. Souvenons nous de Scott Ritter ex agent de la CIA et du Mossad, ancien membre de l’équipe d’enquête des Nation Unies [UNSCOM], qui avait pronostiqué dès 2003 que les Américains quitteraient la Mésopotamie « la queue entre les jambes ». c’est chose faite. Une prédiction au demeurant inscrite dans le code génétique et le mode opératoire imprégnés d’hybris [démesure] des idéologues de Washington et de l’Establishment néoconservateur.

À l’heure actuelle, en ce qui concerne l’auteur des frappes annoncées – mais non encore consommées – la situation se présente sous un jour nouveau… beaucoup plus redoutable que dans les guerres précédentes car il se trouve face à une armée syrienne qui résiste ! De l’inédit, car contre toute attente et depuis plus de deux ans et demi, l’armée de conscription d’El-Assad tient bon et supporte tous les assauts lancés contre elle. Après deux ans et demi de combat la rébellion n’occupe pas plus de 40% du territoire malgré les milliards investis par les monarchies wahhabites et les dizaines de milliers de combattants djihadistes qui convergent de tous les horizons du Dar al-Islam. Cette résistance représente pour les États-Unis une véritable première dans l’histoire récente. Ceux-ci n’ont en effet jamais rencontré depuis le Vietnam [1954/1975] de véritables adversaires… pas plus Milosevic que Saddam, pas plus le régime de Mollah Omar que le Chamelier fou. La constante stratégique veut en effet que la guerre au XXe siècle finissant et XXIe commençant, se soit toujours faite du fort au faible. Et quand le faible à l’outrecuidance de résister et de rendre les coups, il est derechef qualifié de « terroriste » et, horresco referens, de « déloyal » !

En ce qui concerne la Syrie, l’armée yankee est pour l’heure en situation d’aveuglement face à un adversaire parfaitement aguerri par deux cruelles années de combats incessants. Aveugle singulièrement en ce qui regarde les intentions exacte des forces syriennes et de leur commandement politique : faire le gros dos ou réagir violemment et dans quelles proportions. Une cécité plus grande encore pour ce qui de leurs capacités réelles de défense et de rétorsion. Le président Bachar a ainsi prévenus que les acteurs d’un conflit élargi sont potentiellement multiples et qu’ils comprennent d’incontrôlables organisations non gouvernementales pouvant s’attaquer de leur seule initiative aux intérêts américains et occidentaux, et fort loin du théâtre officiel des opérations. Propos repris par Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, qui de son côté, en cas de frappes sur la Syrie, a prédit une « explosion de terrorisme dans la région ». Déclaration à prendre au sérieux quand on voit l’intensification de la guerre inter-communautaire en Irak où les morts se comptent par centaines chaque semaine.

La guerre en proie au principe quantique d’incertitude

Mais qui veut frapper doit s’attendre – quand même – à une contre-frappe, étant entendu la réponse ne se situe pas forcément sur le même plan, et peut le cas échéant consister en des actions plus inattendues, touchant n’importe quel point de vulnérabilité de l’attaquant… et celui-ci d’évidence n’en manque pas !

In fine, la supériorité technique des États-Unis est aussi un des aspects les plus tenaces de son mythe, parce qu’elle n’a de réalité vrai que dans la mesure où l’adversaire n’est pas à sa hauteur ou de sa force… toujours et uniquement dans le cas normal d’un conflit « asymétrique » ! Précisément dans le cas syrien, la suprématie air/mer/espace/cyberzone des forces américaines apparaît hélas comme triplement menacée. Elle l’est d’abord par l’indéniable compétence de l’armée syrienne loyaliste tenant avec brio face aux actions combinées particulièrement vicieuses des services spéciaux occidentaux [israélo-anglo-américains, turcs, français et séoudiens] en appui logistique et à l’encadrement – jusque sur le terrain – des rebelles et des mercenaires recrutés dans toutes les banlieues du quart-monde.

Supériorité également remis en cause par la jeu de la Russie qui fait, peu ou prou, directement ou indirectement, partager à la Syrie de ses propres avancées en matière d’armement… même si a contrario, pour créer un climat favorable à une désescalade, Moscou a annoncé la suspension de ses livraisons à Damas de systèmes de défense anti-aérienne hypersoniques S300. Des engins auxquels les forces américaines ne se sont jamais trouvées confrontées… pas plus qu’aux redoutables missiles antinavires Yakhont de dernière génération. Un degré d’incertitude jamais atteint qui a indéniablement freiné les ardeurs d’un Pentagone déjà peu chaud à l’idée de s’engager dans une confrontation – même très limitée dans le temps – pouvant déboucher sur un détestable inconnu, tel une nouvelle guerre régionale à nouveau ingérable.

Imaginons un instant les conséquences géopolitiques que pourraient, ou auraient pu entraîner des frappes – aussi « contrôlées » aient-elles été – compte tenu du fait que le régime syrien bénéficie de soutiens internationaux ouvertement déclarés… et accessoirement d’autres plus ou moins implicites. La Chine et l’Inde font peut parler d’elles, elles n’en sont pas moins présentes et actives sous la surface des apparences. Ce soutien – implicite – englobe d’ailleurs une grande partie des pays émergeants, c’est ce qu’a dévoilé le G20 au cours duquel une nette ligne de démarcation s’est dessinée entre un bloc occidentaliste sur la défensive – pour ne pas parler de désarroi – face à quatre milliards d’hommes qui commencent à contester un ordre mondial à présent dépassé. Un monde unipolaire obsolète que la suprématie du dieu dollar et des armes américaines leur imposaient jusqu’alors. Or qui ne voit que ces deux dimensions de la puissance tutélaire sont à présent plus que battues en brèche ? Lâchés par leurs opinions de plus en plus réticentes à gober les mégas mensonges de l’armée supplétive des médiacrates – qui n’osent même plus invoquer la « Communauté internationale » en renfort de leurs bobards – le camp oligarchique des tenants de la guerre se retrouve peu à peu très isolé. À tel point que M. Hollande – et son personnel de maison – se découvre seul et à poil hors de la tranchée. Et ce n’est pas le pitoyable exercice télévisuel du dimanche 15 septembre qui démentira ce triste constat !

Défis insurmontables auxquels les stratèges américains doivent faire face

En résumé, ceux qui ont en charge la mise en œuvre de frappes éventuelles –c’est-à-dire qui portent aussi la responsabilité de leurs conséquences – se trouvent en situation de devoir « gérer » contradictoirement plusieurs contraintes : primo l’incertitude stratégique qui vient d’être évoquée ; deusio, convaincre le politique qu’aucun résultat militaire ou politique n’est acquis à l’avance. Bref que tout opération de « punition » est profondément est intrinsèquement aléatoire…même en termes de communication. Qu’il s’agisse de décapiter l’état syrien (honni), de soulager la pression pesant sur ses alliés combattants soit les bandes rebelles dites “libres”, ou encore de mettre à terre les infrastructures vitales au régime. Pour mémoire en Yougoslavie ce sont les centrales électriques civiles qui furent traitées à la bombe au graphite, ce qui constituait un authentique crime de guerre dont les Nations Unies ne se sont pas émues pour autant ni le moins du monde. Équivalent des tirs d’artillerie destinés à préparer (naguère) le terrain, ces frappes auraient été – ou seront – comme toute frappe massive faiblement discriminée ; en un mot, en infiniment moins précises que ne l’affirme les dépliants commerciaux des marchands d’armes. Elles devraient ou pourraient occasionner un grand de victimes que la morale occidentale s’empressera de passer par pertes et profits à l’instar des centaines de milliers de victimes irakiennes des nobles guerres à « zéro mort » (chez l’agresseur) de 1991 et 2033 et de leurs terribles séquelles humaines.

Bref, les tirs de missiles devraient être évidemment coordonnés avec une contre-offensive généralisée des rebelles, ceux-là mêmes qui n’admettent par principe aucune forme de négociations, pas plus que le dernier compromis de Genève Lavrov/Kerry relatif au désarmement chimique de la Syrie. La guerre si elle a lieu, maintenant ou plus tard, promet par conséquent d’être missilière d’abord, et immanquablement néolithique ensuite. Ce qu’elle est déjà avec ses massacres à l’arme blanche, des fanatiques qui dévorent les viscères des ennemis tombés, les viols systématiques de chrétiennes ou leur mariage forcé… Grand avantage, cette guerre doperait l’industrie de l’armement et de la recherche par le renouvellement des réserves et l’adaptation aux ripostes d’en face !

En attendant la suite…

Quel que soit le niveau de succès apparent des frappes à venir – si elles surviennent quelque jour – et dans le cas où le dirigeant visé était effectivement éliminé, leur effet majeur se mesurera d’abord au plan international par une profonde vague de haine anti-américaine et anti-occidentale. Prévaudra également le sentiment qu’il n’existe plus aucune barrière pour contenir l’iniquité des puissances de l’Ouest, et surtout pas celle de la légalité internationale, pour être protégé d’un éventuel « renvoi à l’âge de pierre » (Cf. le plan Morgenthau, Secrétaire au Trésor de Roosevelt, qui en 1944, entendait appliquer cette doctrine humaniste à l’Allemagne vaincue et accessoirement à la France reconfigurée dans sa version mérovingienne), comme ce fut très explicitement prévu et exécuté pour l’Irak, tout comme de facto pour la Libye, l’Afghanistan… Ce contexte d’anarchie internationale suscitera des choix et positions antagonistes de la part des peuples du Proche orient qui d’une façon ou d’une autre nous en ferons payer le prix. Souvenons-nous du rude « choc pétrolier » de 1973, suite et conséquence immédiate de la Guerre d’Octobre, dite Guerre de Kippour.

Au niveau des politiques, cette perception sera encore plus forte dans la mesure où la chute éventuelle du régime syrien sera interprétée comme préfigurant celle d’autres régimes… accessoirement algérien et plus sûrement iranien. Puis la mise en ébullition du Caucase et de l’Asie centrale en usant de l’arme islamiste – tchétchène certes, mais pas seulement – en vue d’atteindre au cœur, un jour proche ou lointain, le régime russe… lequel énerve tout particulièrement, et depuis des lustres, les anciens refuznik soviétiques reconvertis dans les Fonds spéculatifs [hedge funds] grâce auxquels ils se sont taillés de bonnes places au soleil dans les cimaises de l’élite américaine. Il s’agira aussi d’atteindre le régime chinois, tant qu’à faire, qui est déjà officiellement, et depuis longtemps, inscrit au rang d’ennemi principal.

Par voie de conséquence rien n’empêchera plus une coagulation accélérée d’alliances destinée à neutraliser une menace atlantiste devenue permanente et ne laissant aucune autre alternative. Par trois fois au XX° siècle l’Europe et le monde ont connu des phénomènes comparables – fruits pourris de l’inconséquence des gouvernements de l’époque – qui poussèrent les Nations occidentales à s’entre-tuer allègrement. L’effet géopolitique de frappes contre la Syrie précipitera immanquablement la constitution de cette bipolarité évoquée plus haut, dans le contexte d’une mutation globale qui opposera le monde dominant d’hier à celui émergeant de demain. Rien de ceci ne relève d’une hypothétique prévision. Il s’agit du scénario le plus probable, ni plus, ni moins. Bien sûr, la guerre universelle ne sera pas nécessairement au rendez-vous, les moyens et les voies non militaires de “containment“ [encerclement, endiguement] seront en premier lieu privilégiés. Parce que la rationalité n’est pas tout à fait absente du calcul politique – au grand dam il est vrai des idéologues – nul n’ignore que les conflits armés ouverts ne sont plus aujourd’hui contrôlables au-delà d’une certaine intensité ou d’une certaine ampleur géographique. À éviter donc autant que faire se peut, et c’est là le cas de figure auquel nous venons d’assister : le schéma des « frappes » comportaient trop d’incertitudes et les Russes se sont montrés trop présents à proximité de l’éventuel champ de bataille, le Pentagone l’a donc emporté – pour le moment – sur le Département d’État, relais des groupes de pression et des oligarchies activistes.

Quand la main gauche veut ignorer ce que fricote la main droite

Finalement n’oublions pas que les États-Unis sont encore une grande Nation. Il existe assurément en son sein nombre d’esprits lucides, conscients des implications et des conséquences d’engagements armés sans nécessité ni fondements réels. Ce n’est pas El-Assad l’agresseur, n’est-ce pas ? De profondes dissensions se sont faites jour à l’occasion de cette veillée d’armes planétaires au sein de la classe politique américaine, Démocrates et Républicains confondus, à telle enseigne que si le Congrès était actuellement consulté, il s’opposerait certainement à toute intervention contre Damas. Sinon pourquoi en avoir repoussé le vote ? Un vote par ailleurs non nécessaire mais qu’Obama, peu sûr de ses arrières, tenait à engranger pour justifier son futur Prix « Nobel de la Guerre » !

Par bien des aspects, l’actuelle crise syrienne rappelle celle des missiles de Cuba au cours de laquelle le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, par une savante manœuvre sur fond d’une effrayante montée aux extrêmes – la confrontation nucléaire finale fut quelques heures durant à l’ordre du jour – finit par concéder au président Kennedy une apparente victoire morale et politique. Alors que les Soviétiques semblait céder en retirant sans barguigne leurs missiles nucléaires de Cuba, sans bruit les États-Unis retirait de leur côté leurs missiles pointés sur l’URSS depuis la frontière nord de la Turquie. Jamais pourtant les médias de l’époque n’évoquèrent cet aspect – aussi déterminant que capital – du dénouement de la crise. À ce stade on pourrait même aller jusqu’à imaginer que les missiles soviétiques ne furent déployés à Cuba que pour permettre et d’aboutir à ce résultat, c’est-à-dire au retrait des vecteurs américains à moyenne portée… Maintenant, seule l’histoire diplomatique nous dira – peut-être et beaucoup plus tard – ce que recouvre aujourd’hui la volte face de l’Amérique dans le dossier faisandé des armes chimiques de Damas. Dans le domaine des relations internationales, seuls les rapports de puissance et la subtilité des joueurs déterminent la configuration des champs de force… C’est finalement ce qui ne s’aperçoit pas, ce dont nul ne parle qui se révèle surdéterminant, véritablement décisif dans la répartition des rôle et le travail souterrain des tensions architectoniques à l’œuvre dans la décomposition et la reconfiguration des blocs et ensembles géopolitiques.

L. Trusk & L. Camus

Notes

(1) Le fil des événements. Menaces de frappes imminentes, à la suite du massacre de la Ghouta, lequel a été attribué sans discussion possible par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France au gouvernement syrien, tandis qu’a contrario la Russie et l’Iran l’attribuait à l’opposition armée. « Crime de guerre » – selon le terme employé par le Secrétaire général de Nations Unies, Ban Ki-moon – les armes chimiques existent très vraisemblablement encore dans les arsenaux des États-Unis, de la Russie et d’Israël malgré l’engagement pris à les avoir détruites à l’échéance de 2007. En 1997 la Convention internationale sur les armes chimiques en prohibait de façon définitive l’usage de ce type d’arme (voir le Protocole d’interdiction de 1925), ce qui eut dû impliquer, normalement, la destruction des réserves existantes. Subsisteraient aujourd’hui quelque 5 500 tonnes d’armes chimiques aux É-U (soit six fois les quantités estimées en Syrie) et 21 500 en Russie. Idem pour Israël où règne l’opacité la plus totale, l’État hébreu ayant signé mais non ratifié la Convention internationale. Ceci expliquant cela, l’Égypte n’a pas non plus signé la dite Convention. La crise se désamorce brutalement avec le volte-face spectaculaire du président Obama le samedi 7 septembre alors que la France a – selon toute vraisemblance – déjà transmis à ses forces des ordres de frappes.

(2) Israël sonne le tocsin et distribue à ses populations des masque à gaz. l’information et met un peu plus d’huile sur le feu en diffusant l’information suivant laquelle Damas selon «  a] [il n’est pas écrit aurait] fourni une tonne de gaz [innervant] VX au Hezbollah, le groupe terroriste chi’ite libanais  ». Transfert qui aurait eu lieu «  en plein milieu des pourparlers, censés imposer le placement des ADM syriennes sous contrôle international en vue de leur hypothétique destruction  ». Ajoutons qu’aux dires de l’un des chefs de l’Armée syrienne libre « les armes chimiques sont en train d’être réparties entre l’Irak et le Liban »[timesofisrael.com13spt13].

(3) Le grand théoricien du conditionnement « publicitaire » des foules aura été Gustave Le Bon [1831/1931], physicien (l’un des découvreurs de la conversion énergie/matière cf. « L’évolution de la matière » 1905) et génial psychosociologue (« Psychologie des foules » 1895 et « Psychologie du socialisme » 1898), repris et pillé par le neveu de Freud, Edward Bernays » [1891/1995], notamment in « Propaganda » 1928, et ultimement par Serge Moscovici in « L’Âge des foules : un traité historique de psychologie des masses » 1981.

(4) Des tentatives de frappes de décapitation furent couronnées de peu de succès : ainsi en 2003 l’offensive contre l’Irak débutait par l’opération « Décapitation » visant le Raïs Saddam Hussein. Un avion furtif F-114 larguait le 20 avril à l’aube quatre bombes EGBU-27 d’une tonne chacune, guidées par GPS sur le palais présidentiel à Bagdad. Quelques jours auparavant, le 9 avril, Saddam Hussein devant commémorer la naissance du parti Baas dans le quartier Al Mansour, l’information transmise à Tel-Aviv, 45 minutes après Pentagone dépêchait sur place un bombardier B1 protégé par des F16 à 15 heure, heure locale, l’appareil largua 4 bombes JDAM guidées par satellite de 906 Kg chacune. Sans résultat.

http://www.geopolintel.fr/article729.html

Syrie : Que s’est-il vraiment passé le 21 Août dans le Ghouta de Damas ?


hqdefaultPar Bouthaina Shaaban

 À propos du 21 Août, je vais vous dire ce que le peuple syrien dit : « Ils [les prétendus révolutionnaires] ont enlevé les enfants et les villageois des environs de Lattaquié, puis les ont emmenés ici [Ghouta de Damas]. Ils les ont rassemblés en un seul endroit et ont alors utilisé les armes chimiques contre eux… ». C’est en tout cas la version des villageois de la région !

Mais pourquoi ne laissez-vous pas la Commission de l’ONU poursuivre son enquête, alors que M. Sellstrom et Mme Kane ont déclaré avoir besoin de trois semaines pour déterminer si, oui ou non, des armes chimiques ont été utilisées ?

Pourtant les pays occidentaux procèdent toujours de manière très scientifique, appliquent la loi, attendent les résultats des enquêtes… Comment se fait-il que s’agissant de notre pays, ils déclarent : « Nous croyons que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques » ? Pourquoi n’attendez-vous pas les résultats de l’enquête d’une commission neutre déléguée par l’ONU ? J’aimerais qu’on me réponde à cette question : «  Pourquoi n’attendent-ils pas ? ».

Ils prétendent vouloir ne cibler que « des armes », exactement comme ils ont prétendu cibler les armes de destruction massive en Irak. Où est le rapport concernant ces ADM en Irak ? Il a été mis sous scellé à l’ONU pour les 60 prochaines années et nul n’est autorisé à le consulter ! Ils font usage des mêmes mensonges, des mêmes fabrications, des mêmes allégations, dans le but de frapper notre pays… de frapper notre peuple !

L’Histoire de la Syrie remonte à 6 000 ans. Ni cette agression, ni aucune autre ne mettront fin à son Histoire. Notre peuple sera toujours là, bien vivant… Il défendra son pays… La Syrie sera ce que ce peuple arabe voudra qu’elle soit, non ce que  la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite voudraient en faire !

Est-ce cela leur marche vers la démocratie ? Est-ce que ce qu’ils font en Syrie est un moyen d’y parvenir ? C’est la question que je pose.

Il [le Président syrien] n’est pas soucieux de sa victoire personnelle. Son souci est que la Syrie sorte victorieuse, que le peuple syrien sorte victorieux, qu’il revive dans la sécurité, que cette vie soit encore meilleure qu’avant [la crise], qu’il invente la démocratie qui lui convient, qu’il adopte une Constitution équitable, qu’il mène ses élections… Et nous, nous sommes prêts à modifier de nouveau cette constitution. Nous sommes prêts pour les élections, pour le référendum… Nous sommes prêts à faire tout ce qui sert les intérêts du peuple syrien.

C’est une puissance occidentale qui mène l’agression contre nous. Elle est bien sûr aidée par la Turquie et, maintenant par l’Arabie saoudite, laquelle pratiquerait évidemment une démocratie à l’occidentale !? Ainsi que le Qatar !? Laissez-moi vous dire que vos alliés sont des pays qui n’ont même pas de Constitution…

Bouthaina Shaaban

05/09/2013

Texte transcrit et traduit par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo / Interview sur Sky News

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=E8BruPUCqG0

Madame Bouthaina Shaaban, est citoyenne syrienne et conseillère politique du Président Al-Assad.

 

Des rebelles syriens ont admis qu’ils étaient responsables de l’attaque chimique du 21 août


2250340L’incident du 21 août dernier où des armes chimiques ont fait entre 355 et 1300 morts dans la banlieue Est de Damas aurait été produit par des rebelles syriens selon le très crédible journaliste Dale Gavlak, correspondant au Moyen-Orient pour l’Associated Press depuis deux décennies.
 
Les puissances occidentales ont blâmé les forces de Bachar al-Assad, mais selon les témoignages recueillis par Gavlak, cette attaque serait en fait le résultat d’une mauvaise manipulation d’armes chimiques fournies par
 
l’Arabie Saoudite!
 
Selon le journaliste de l’Associated Press [probablement pour peu de temps encore], de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, prétendent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de l’attentat chimique mortel.
 
Les rebelles ont dit à Gavlak qu’ils n’ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait.  Il semble que les armes devaient initialement être données à Al Qaïda et au groupe Front al-Nosra [un groupe djihadiste de rebelles armés].
 
Un militant de l’opposition a dit au journaliste qu’ils étaient très curieux au sujet de ces armes et que malheureusement certains d’entre eux ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions.  Un autre combattant, une femme, a ajouté que le groupe de rebelles ne savaient pas de quel type d’armes il s’agissait ni comment les utiliser.
 
Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition, a également dit à Gavlak: « Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu’on lui avait demandé de garder des armes. »  Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d’autres étaient comme une énorme bouteille de gaz.  Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha.  Selon le père, les armes ont explosé à l’intérieur d’un tunnel, tuant 12 rebelles.
 
Plus d’une douzaine de rebelles ont été interrogés et ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.  
 
Si cette histoire est exacte, elle pourrait rendre complètement invalide l’attaque des États-Unis sur la Syrie.
 
Le rôle présumé de l’Arabie Saoudite dans la fourniture d’armes aux rebelles n’est pas une surprise étant donné les révélations plus tôt cette semaine à l’effet que les Saoudiens ont menacé la Russie d’attaques terroristes aux Jeux olympiques d’hiver à Sotchi l’an prochain, à moins qu’ils n’abandonnent leur soutien au président syrien.
 
Le journal Telegraph a rapporté que le prince Bandar aurait dit à Vladimir Poutine que les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par eux (Saoudiens).
 
 
Sources:
 

Markale III et Račak II en Syrie


Tribune libre Byblos

413746-bankimoonLe secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon rappelle les inspecteurs en Syrie alors qu’ils n’ont pas effectué le travail pour lequel ils avaient été appelés et mandatés, mais qu’ils ont par contre visité d’autres lieux, ce qui laissera libre cours aux interprétations partiales si la publication de leur rapport est interdite par le veto d’une grande puissance (comme le rapport de l’ONU sur Markale II qui confirmait les observations de l’armée française alors en charge de Sarajevo et annonçait les confessions ultérieures du général Sefer Halilović puis du président Alija Izetbegović).

Pour mémoire, cette mission d’inspection avait été réclamée par le gouvernement syrien après l’attaque chimique du 19 mars par les islamistes à Khan Al-Assal (près d’Alep) et a dû être reportée lorsque certains membres du conseil de sécurité de l’ONU ont exigé qu’elle aille ailleurs, en l’occurrence près de Damas où les islamistes prétendaient entretemps que le gouvernement aurait utilisé une arme chimique le 12 ou le 13 avril, ce qui n’a jamais été prouvé.

Début juillet la Russie a remis un rapport au secrétariat général de l’ONU, respectant toutes les normes de la convention de contrôle, et établissant indiscutablement (grâce aux relevés balistiques) que ce sont bien les islamistes qui ont tiré des obus chimiques près d’Alep le 19 mars.

Le gouvernement syrien ayant finalement accepté que la mission d’inspection appelée pour enquêter sur l’attaque du 19 mars enquête aussi sur l’attaque prétendue du 12 ou 13 avril, les inspecteurs de l’ONU sont arrivés à Damas le 18 août pour commencer à travailler le 19, mais dès le 20 août les islamistes ont diffusé des vidéos d’une nouvelle attaque « chimique » à la Ghouta (banlieue de Damas) orientale, dont ils ont ensuite prétendu qu’elle avait eu lieu le 21 août au matin (coïncidant avec une vraie contre-attaque conventionnelle de l’armée), permettant aux puissances pro-islamistes d’exiger que les inspecteurs aillent là en se détournant de leurs missions principale (attaque du 19 mars) et secondaire (attaque prétendue d’avril).

En libérant progressivement la zone des islamistes, l’armée syrienne a découvert le 24 août à Jobar un dépôt d’armes et laboratoire chimique clandestin incluant des masques à gaz et des ingrédients chimiques précurseurs provenant d’Arabie Séoudite.

Rappelant au début la mission des inspecteurs, le gouvernement syrien a rapidement décidé (le 25 août) d’accepter qu’ils aillent d’abord à la Ghouta avant d’aller à Khan Al-Assal. Un calendrier de visites a alors été établi entre le ministre syrien des affaires étrangères Wallid Mouallem (dernier ministre chrétien non abattu par les islamistes) et le haut représentant de l’ONU pour le désarmement Angela Kane. De leur côté les islamistes ont tiré deux obus de mortier vers l’hôtel des inspecteurs lundi 26 août, puis ont accueilli à la Ghouta leurs voitures blanches de l’ONU marquées « UN » à l’arme automatique, les obligeant à faire demi-tour pour revenir discrètement en voitures banalisées.

Parallèlement l’envoyé spécial de l’ONU (et émissaire de la Ligue Arabe) en Syrie Lakhdar Brahimi a déclaré en conférence de presse, le 28 août, que contrairement à ce que prétend certaine presse, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni n’ont présenté aucune preuve de la prétendue culpabilité gouvernementale dans une attaque chimique près de Damas le 21 août.

Le rappel anticipé des inspecteurs de l’ONU par le secrétaire général démontre une fois de plus que celui-ci ne travaille pas pour les Nations Unies ou leur assemblée générale mais pour le pays qui l’a mis en place.

Il démontre aussi que l’envoi de cette mission était biaisé et partial. Son rapport ne peut être qu’incomplet puisqu’il ne portera pas sur l’incident chimique principal, qui avait motivé sa venue, et s’il n’est pas suffisamment mensonger il ne sera pas diffusé. Le gouvernement syrien a-t-il eu tort d’accepter la modification du mandat initial de cette mission ? C’est difficile à dire car si les inspecteurs n’étaient pas venus cela aurait été utilisé contre la Syrie. Mais il doit absolument protester contre l’interruption des inspections et le rappel prématuré des inspecteurs, qui violent le calendrier de visite, tronquent la mission d’inspection, dévoient son rapport et le transforment finalement en un réquisitoire unilatéral, anti-gouvernemental et pro-islamiste.

Les méthodes de la poignée de pays qui manipulent certaines instances de l’ONU à des fins belliqueuses n’ont pas changé depuis vingt ans.

Delenda Carthago

http://www.stratediplo.blogspot.fr/

 

Attaques chimiques : L’ONU sape les déclarations américaines et britaniques


masque_carteL’ONU a contredit les allégations des dirigeants américains et britanniques selon lesquels les preuves de l’attaque chimique présumée contre les deux Ghouta de Damas peuvent être détruites.

Si des gaz neurotoxiques ont bien été utilisés mercredi près de Damas, les inspecteurs de l’ONU devraient facilement pouvoir en trouver des traces et les identifier à condition de pouvoir prélever des échantillons sur le site de l’attaque présumée et sur les victimes, assurent des experts interrogés par l’AFP.
« Ca ne devrait pas poser de problème, surtout si ce sont des molécules de type sarin ou des choses connues », estime Pascal Klintz, toxicologue et expert médico-légal français.
« Si les inspecteurs de l’ONU font des prélèvements corrects, de sang, d’urine, dans les tissus gras où ça se fixe, et également sur les vêtements, il n’y aura aucune difficulté analytique à faire ce genre d’investigations, même avec des délais particulièrement longs », assure-t-il à l’AFP.
Même cinq jours après l’attaque présumée, « il y a de bonnes chances de trouver du sarin et ses dérivés dans le sol, des munitions explosées et des fluides corporels comme le sang et l’urine », renchérit le Dr Alastair Hay, spécialiste en toxicologie de l’Université britannique de Leeds.

« Chez certains individus qui ont été sévèrement intoxiqués, on peut encore trouver des traces de sarin jusqu’à six semaines après l’exposition », affirme le Dr Hay, qui étudie les effets des armes chimiques depuis plus de trente ans.
« Dans l’environnement, la marge est encore bien plus importante. Lors d’une enquête que j’ai menée au Kurdistan irakien, nous avons trouvé, quatre ans après, du gaz moutarde, du gaz neurotoxique et leurs dérivés dans le sol prélevé à l’endroit où les munitions avaient explosé », insiste l’expert britannique.

Tout dépendra donc de la latitude dont bénéficieront les experts internationaux en Syrie pour mener leurs investigations.
« S’ils ont librement accès à la zone, et qu’ils peuvent y faire ce qu’ils veulent, je pense qu’ils ont de bonnes chances de trouver des preuves qui nous permettront de mieux comprendre ce qui s’est passé », juge aussi Ralf Trapp, consultant indépendant qui fut de 1998 à 2006 expert à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de La Haye.
Pour lui, l’idéal serait que les enquêteurs de l’ONU puissent découvrir dans les cratères laissés par les explosion des fragments de munitions, qui leur permettraient non seulement de déterminer si elles contenaient des agents chimiques mais aussi de quel arsenal elles peuvent provenir.
« S’il s’agit de missiles ou de bombes d’aviation, la responsabilité du gouvernement syrien sera clairement engagée. S’il s’agit d’obus de mortier, il faudra essayer de déterminer la trajectoire des obus et savoir qui tenait la position (gouvernement ou rebelles), d’où ont été lancés les obus », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et biologiques et chercheur à la Fondation de la recherche stratégique.

Trop tard ?

Dimanche, Damas venait à peine de donner son feu vert pour l’enquête onusienne que des responsables américains et britanniques s’étaient relayés pour saper d’avance les résultats de l’enquête onusienne.

S’exprimant pour l’AFP, un responsable américain qui n’a pas été identifié a dit que le feu vert de Damas arrive « trop tard pour être crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d’autres actes délibérés ces cinq derniers jours ».

Même son de cloche de la part du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, qui sans tarder, a déclaré que ces preuves « pourraient avoir été détruites ».
« D’autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d’autres peuvent avoir été trafiquées », a-t-il prétendu.
La France a évité une telle bêtise et son ministre français s’est contenté de répéter que l’attaque chimique ne faisait aucun doute.

Les mensonges de l’Irak

POur sa part, Téhéran a rappelé par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Abbas Araghchi les mensonges qui ont précédé la guerre contre l’Irak en 2003.
« L’opinion publique n’a pas oublié les mensonges à propos des armes de destruction massive en Irak et ne permettra pas que de telles accusations fausses aboutissent à un autre drame humanitaire », a-t-il dit selon l’agence Isna, estimant que l’Iran juge dangereux de parler de l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie.
« Alors que la région a besoin de calme, parler d’une attaque militaire contre la Syrie, de plus sans l’autorisation du Conseil de sécurité (de l’ONU), est très dangereux et peut créer des tensions », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l’agence Isna.
« Toute mauvaise interprétation de la situation en Syrie mènera toute la région dans une situation compliquée et dangereuse avec des conséquences pour tous les pays de la région », a-t-il ajouté, assurant que « le règlement de la crise en Syrie ne peut se faire par des moyens militaires. Le dialogue et l’entente politique pour une solution pacifique est la seule voie ».

Des tirs contre les inspecteurs

Sur le terrain, alors qu’ils se rendaient sur le site présumé de l’attaque, les enquêteurs onusiens ont essuyé des tirs.
« Le premier véhicule de l’équipe d’enquête sur les armes chimiques a été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés », a déclaré un porte-parole de l’ONU Martin Nesirky dans un communiqué, ne faisant état d’aucun blessé.

« La voiture n’étant plus utilisable, (les enquêteurs) sont retournés sains et saufs au point de contrôle tenu par le gouvernement », a-t-il précisé, ajoutant que l’équipe retournerait dans la zone « après avoir changé de véhicule », a-t-il ajouté.
Les membres de la mission de l’ONU avaient quitté plus tôt leur hôtel de Damas à bord d’un convoi de cinq voitures, escorté des services de sécurité syriens en direction de la  banlieue de Damas tenue par les rebelles.

Damas assure que ce sont les rebelles qui ont tiré sur les inspecteurs.

« Les membres de l’équipe des Nations unies (…) ont essuyé des tirs des groupes terroristes armés alors qu’ils entraient dans la région de la Moadamiyat al-Cham », au sud-ouest de Damas, a indiqué la télévision d’Etat.
La télévision, qui citait un responsable syrien sous couvert de l’anonymat, a précisé que les services de sécurité « avaient escorté (les inspecteurs) jusqu’au site contrôlé par ces groupes ».
« Le gouvernement syrien fait assumer aux groupes terroristes la responsabilité de la sécurité et de l’intégrité physique des membres de l’ONU et la garantie qu’ils rentrent sains et saufs », poursuit la chaîne.

Almanar