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L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe


Tribune de Byblos

MAE-Arabie-SaouditePrise dans son obsession de la « menace iranienne », qui l’a conduite à adopter une attitude belliciste vis-à-vis de la Syrie, l’Arabie Saoudite se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, perturbant sérieusement l’environnement politique d’ores et déjà délicat dans le monde arabe. Elle déclenche ce que George Joffé, chercheur au Centre d’Études Internationales de l’Université de Cambridge, qualifiait le 30 décembre dernier de « seconde guerre froide arabe », la première étant celle menée depuis les années 1960 par l’Arabie Saoudite contre le panarabisme égyptien de Gamal Abdel Nasser. Lire la suite L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe

La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

La farce démocratique égyptienne


Tribune libre –  Pierre MILLE

Mohamed-MorsiLe 30 juin 2012, Mohammed Morsi prit le pouvoir en tant que successeur de Moubarak. A l’occasion du 1er anniversaire des élections quand cet entretien a eu lieu, des affrontements sanglants sont survenus dans le pays. Samir Amin, philosophe et économiste égyptien, directeur du Forum du Tiers Monde à Dakar, parle de l’année passée en Egypte avec les Frères au pouvoir, interrogé par Giuseppe Acconica.

Acconcia : Que pensez-vous de la campagne de manifestations Tamarod?

Samir Amin : La campagne  pour la demission de Morsi est magnifique. Des millions de gens ont signé leurs noms après avoir mûrement réfléchi à la question : quelque chose que les médias grand public internationaux ont complètement ignorée. Ils représentent la majorité des électeurs mais ils n’ont aucune voix. Les Frères Musulmans ont le pouvoir et aiment à penser qu’ils contrôlent 100% des voix.  C’est ainsi qu’ils ont placé leurs membres dans tous les secteurs publics. Leur façon de gérer le pays provient d’une sorte de capitalisme de connivences qui ne laisse aucune place à des figures de l’opposition ou à des technocrates qui même sous le regime de Moubarak avait un peu de pouvoir.

Acconcia : Cela se passe lors de la pire crise économique depuis des décennies.

Samir Amin : C’est plus qu’une crise économique. Les islamistes n’ont que des réponses ultra-libérales à donner à la crise : ils ont remplacé la clique de bourgeois capitalistes qui étaient les amis de Moubarak par des hommes d’affaires réactionnaires. De plus, leur but est  tout simplement de vendre tout le secteur public. Les frères sont détestés par les égyptiens parce qu’ils continuent les mêmes politques que leur prédécesseur.

Acconcia: Peut-être pire encore dans le cas du projet de loi de finance islamique?

Samir Amin : C’est du vol que de metre un prix de vente dérisoire sur des biens qui valent des miiliards de dollars. Il ne s’agit pas des privatisations habituelles que les régimes réactionnaires affectionnent, vendre des biens au prix du marché. C’est une fraude pure et simple, bien plus qu’une privatisation.

Acconcia: Si on se rappelle les étapes de l’année passée avec les Fréres au pouvoir : Morsi a gagné au bout de 8 jours d’incertitude qui ont abouti à l’élimination du nassériste Hamdin Sabbah, au premier tour. Les élections de 2012 ont-elles fait l’objet de manipulations?

Samir Amin : Il y a eu une fraude électorale massive. Hamdin Sabbahi aurait pu passer pour un deuxième tour, mais l’ambassade américaine ne voulait pas. Les observateurs européens ont écouté leurs collègues américains et regardé de l’autre côté pour ne pas voir la fraude en question. De plus, les cinq millions de votes pour Sabbahi étaient parfaitement honnêtes et le fruit d’une grande motivation. D’un autre côté, les cinq millions de votes pour Morsi proviennent du segment le plus misérable de la population, dénuée de conscience politique : le vote de gens que l’on peut acheter pour un peu de pain et un verre de lait.

Acconcia : Diriez-vous que les heurts les plus violents entre la présidence et les manifestants ont eu lieu en novembre dernier comme conséquence du décret présidentiel qui a étendu les pouvoir de Morsi?

Samir Amin : Morsi a démarré par quelques semaines de rhétorique démagogique promettant d’écouter les autres mouvances électorales. Après cela, il est devenu rapidement évident que le Président était une marionnette  entre les mains des pays du Golfe qui tiraient les ficelles en cachette. Il était devenu un simple instrument de la volonté du murshid, Mohammad Badie, guide suprême des Frères Musulmans.

Acconcia : Le soutien aux palestiniens a été terminé aussi?

Samir Amin : les Frères Musulmans égyptiens soutiennent Israël, tout comme les pays du Golfe et le Qatar. Ils ont toujours adopté un discours anti sioniste mais c’était juste une tromperie à long terme. L’émir du Qatar, par exemple, est habitué à dire des choses puis à faire l’opposé étant donné l’absence totale d’opinion publique. Maintenant l’Egypte  soutient la pire faction des opposants en Syrie à l’instar de la plupart des puissances occidentales réactionnaires. Le résultat final est que la majorité des armes occidentales fournies aux rebelles est utilisée pour financer le pire résultat en Syrie.

Acconcia : Est-ce pour cela que Morsi a soutenu la création d’une zone franche au Sinaï, pour favoriser les relations économiques avec Israël?

Samir Amin : C’est une grande perte pour l’Egypte. Les effets de la nouvelle zone franche ne seront pas l’industrialisation telle qu’on nous le laisse l’imaginer mais la mise en œuvre d’une gigantesque fraude fiscale. Cela va renforcer les petites mafias et le démantèlement du secteur public. En fin de compte, les frères vont accepter toutes les conditions de l’IMF et les prêts attendus seront en conséquence débloquer malgré le fait que la corruption et les scandales financiers se soient propagés dans tout le pays.

Acconcia : Donc comment voyez-vous l’acceptation de la Constitution telle qu’elle a été rédigée par les Frères Musulmans en décembre dernier?

Samir Amin : C’est la dictature de la majorité. Toutefois, les juges ont affiché une très forte résistance et une lutte sans précédent contre la ratification des résultats du référendum constitutionnel.  Mais il est clair que le but ultime de Liberté et Justice est de construire une théocratie sur le modèle iranien.

Acconcia : Pour conclure,  n’y a-t-il rien à garder de cette année sous le gouvernement Morsi?

Samir Amin : le prolétariat analphabète est facilement manipulé et a fortiori n’obtiendrait pas grand-chose d’un bouleversement suite au renversement de Morsi. De plus, la division qu’entretiennent les Frères Musulmans avec l’armée qui reste dans les coulisses prête à intervenir, est pleine d’ambiguïtés. Le personnel militaire, en tant que classe, est corrompu; une corruption garantie par l’aide américaine, et cette classe est soigneusement composée des différentes classes, divisée en courants politiques dont beaucoup d’entre eux sont proches des Frères et des Salafistes. Cependant, avec des élections normales, et avec une période de préparation démocratique, les Frères seront battus. Mais si ce n’est pas le cas, alors en octobre il y aura un climat plus répressif et le vote sera manipulé par une falsification massive comme la dernière fois.

Traduction : Pierre MILLE

Syrie Guerre Du Gaz : Assad Obstacle Au Gazoduc Qatar Turquie


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Dans sa boulimie d’investissements/retours sur investissements et ses velléités dominatrices comme premier producteur exportateur mondial de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) le Qatar a déjà misé plus de 3 milliards de $ sur le djihad takfiriste pour renverser le président syrien Bashar al Assad seul obstacle à la mise en route du gazoduc Qatar Turquie dont la partie turque est déjà prête à recevoir le gaz qatari pour l’acheminer en Europe de l’Ouest connecté au Nabucco.

La dimension énergétique de la guerre contre le gouvernement syrien de Bahsar al Assad a été dés le début marginalisée dissimulée sous le qualificatif de « guerre civile » ou « guerre interreligieuse sunnite shi’ite ». Des millions de militants anti guerre étaient descendus dans la rue en 2003 pour tenter d’empêcher une guerre contre l’Irak de Saddam Husseim scandant partout : « pas de guerre pour le pétrole ».

La majeure partie des voix anti guerre se sont tues soutenant en Libye et maintenant en Syrie les « guerres humanitaires » (R2P) inclus les « anticapitalistes » – Français notamment- qui roulent désormais pour l’Axe Washington Tel Aviv Paris Londres Ankara Doha Ryadh.

La Syrie a des réserves pétrolières estimées en 2010 à 2 500 000 000 barils et des réserves gazières importantes. Mais surtout le territoire de la Syrie est le plus approprié pour exporter le pétrole et le gaz du Golfe Persique dont celui du Qatar mais aussi de l’Iran vers les pays d’Europe de l’Ouest gros consommateurs de ces ressources énergétiques via la Turquie.

En 2009 le Qatar et la Turquie avaient entamé des négociations avec l’Arabie Saoudite – concurrent direct du Qatar dans le financement et l’armement des takfiristes en Syrie – pour la construction d’un gazoduc Qatar Arabie Saoudite Syrie Turquie qui devait être rattaché au gazoduc Nabucco Azerbaïdjian Turquie.

Selon Oilprice.com l’Arabie Saoudite a refusé que ce gazoduc en provenance du Qatar traverse son territoire. Le tracé de ce dernier inclue donc désormais le Sud de l’Irak, la Jordanie, la Syrie, la Turquie. La partie turque du gazoduc est déjà construite prête à recevoir le gaz du Qatar.

Seule obstruction : Assad.

Le champ gazier du Qatar North Dome – 3ème plus grande réserve de gaz mondiale avec 900 mille milliards de M3 – au milieu du Golfe Persique adjacent à celui de l’Iran de South Pars constituent à eux deux la plus vaste réserve mondiale de gaz.

En 2011 le Qatar a lancé un ultimatum au président syrien Bashar al Assad pour faire passer le gazoduc Qatar Turquie sur le territoire syrien. Assad a refusé et défiant le Qatar a décidé de s’allier avec l’Iran et l’Irak pour construire un gazoduc amenant le gaz de South Pars jusqu’en Méditerranée direction les marchés européens. La déferlante takfiriste financée armée par le Qatar a submergé la Syrie.

Le Qatar veut doubler sa production et son exportation de Gaz Naturel Liquéfié. Le Qatar s’est positionné comme premier exportateur mondial de GNL et cherche donc à consolider sa domination dans ce domaine par un programme de construction visant à accroître sa production pour passer de 31 millions à 77 millions de tonnes

Le putschiste à la tête du Qatar Hamad bin Khalifa al Thani- plus pour longtemps Washington et Londres l’ont déposé et ont désigné son successeur qui doit prendre ses fonctions début Juillet – a déclaré à la suite d’entretiens avec le président turc Abdullah Gul et le premier ministre dictateur Tayyip Erdogan :

 » nous sommes pressés d’avoir ce gazoduc du Qatar à la Turquie. Nous en avons discuté dans le cadre de la coopération dans le domaine de l’énergie. Pour se faire un groupe de travail va être mis en place qui présentera rapidement des solutions concrètes. »

Erdogan à lui-même affirmé que la Turquie souhaitait établir avec le Qatar « une relation à long terme et stable » en matière énergétique. « Dans ce but je pense qu’un gazoduc Qatar Turquie résoudra la question une fois pour toute »

PipelineParmi ces solutions il y a celle de relier le gazoduc Qatar Turquie – via la Syrie – au projet de gazoduc Nabucco pour transporter le gaz provenant de l’Asie Centrale et du Moyen Orient en Europe concurrençant directement le gaz russe. Un accord de transit pour le Nabucco a déjà été signé par Erdogan et 4 premiers ministres de pays européens pour permettre une décision finale sur les investissements à faire pour réaliser ce projet soutenu par l’UE et qui vise à réduire la dépendance européenne au gaz russe. Autre gazoduc qui pourrait être relié au Nabucco celui transportant le gaz egyptien via la Jordanie et la Syrie.

On comprend dés lors l’intérêt qu’ont les dirigeants de ces deux pays -Egypte et Jordanie – à participer activement au renversement du gouvernement de Bashar al Assad. Cela vaut aussi pour la complicité de l’UE et les attitudes va-t-en guerre extrêmistes de la Grande Bretagne et de la France.

On ne le répètera jamais assez la guerre contre la Syrie du président Bahsar al Assad est une guerre pour la domination du marché des ressources énergétiques une guerre pour le gaz où chacun défend ses intérêts énergétiques soit en tant que producteur exportateur soit en tant que consommateur importateur.

Mais derrière les ambitions énergétiques du Qatar se cache aussi le maintien de l’hégémonie américaine des pétro dollars sur l’économie mondiale dont ont déjà été victimes Saddam Hussein et Muammar Khadafi.

Cette fois cependant la Russie mais aussi la Chine sont décidées à défendre leurs intérêts non seulement énergétiques mais aussi géostratégiques d’où les hésitations de Washington à lancer une guerre contre la Syrie à laquelle est hostile une grande partie de l’état major de l’armée américaine comme en témoigne la tentative récente avortée du secrétaire au département d’état John Kerry – alors même qu’il discutait hypocritement avec Moscou de la réunion d’une Conférence Genève II – de pousser Obama à prendre la décision de bombarder la Syrie. Le chef d’état major de toutes les armées américaines le Gl Martin E. Dempsey s’y est vivement opposé.

http://www.planetenonviolence.org/Syrie-Guerre-Du-Gaz-Assad-Obstacle-Au-Gazoduc-Qatar-Turquie_a3127.html

Syrie : Le fils du « Cheikh » de Bahrein tué à Qussayr


Fils cheikh BahreinLes mercenaires en Syrie ne sont pas composés que de paumés, de drogués, et de gens attirés par l’appât du gain promis par les monarchies du golfe. Il y a aussi des princes et des fils de pétro-notables, tels que ce fils du « cheikh » du Bahrein qui vient d’être tué à Qussayr, en Syrie. Notre informateur n’a pas pu nous préciser s’il s’agit du fils du roi du Bahreïn ou d’un autre Cheikh éminent.

Par les temps qui courent, la mort d’un djihadiste à Qussayr, qu’il soit prince ou gueux, n’a rien de surprenant. Ce qui frappe, en revanche, c’est que ce prince soit bahreïni. C’est curieux ce pays. Il s’y passe plein de choses, tellement de choses qu’à lui tout seul, il résume ce qu’est vraiment le printemps arabe. S’il fallait chercher quelque part ce « printemps arabe, c’est bien là-bas qu’on le trouverait. Mais justement, parce qu’une vraie révolte s’y déroule, il faut focaliser les attentions sur des révoltes factices.

Le Bahreïn ? circulez, il n’y arien à voir. Et d’ailleurs, où c’est, le Bahreïn ? Le patron, c’est un émir, un cheikh, un roi ? Bof, de toute façon c’est un roitelet soumis, donc un gentil. On ne va pas lui chercher des poux sur la tête. Il ne réprime pas, il maintient l’ordre.Il ne tire pas sur les foules, il les disperse.Il ne fait pas appel à une armée  étrangère pour écraser une révolte populaire, il cherche à éviter le chaos avec le secours d’amis amoureux de droits humains. Foutons-lui donc la paix et laissons-le régler ses problèmes qui ne sont pas simples, surtout avec l’Iran à un jet de pierre.En attendant, il envoie ses fils mourir en Syrie. On espère au moins que le roi n’aura pas l’outrecuidance de dire que le jeune prince est mort pour « la libération du peuple syrien ». Mais sait-on jamais? On en a tellement vu et entendu !

Avic

Prince djihadiste