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Sfeira libérée – Mais si cela recommençait demain en Syrie ?


p7ah08jNous le pressentons. Le Moyen-Orient reviendra à la Une de l’actualité dans quelques semaines. La « guerre juste » de l’Occident contre Bachar el Assad n’aurait-elle été que reportée ou suspendue ? Les armes circulent de plus belle, les services spéciaux aussi et en particulier le Mossad. Il suffit de regarder une carte des positions navales (forces américaines et russes) en Méditerranée pour comprendre qu’on n’a jamais été aussi près d’un conflit. Et puis, ce matin, il y a Sfeira…

sfe_couv_statue_du_christ_au_mont_des_chérubins.La ville de Sfeira, au sud-est d’Alep, a été libérée par l’Armée arabe syrienne et les unités de la défense nationale légitimiste. On saluera demain le courage des volontaires syriens et de cette armée régulière héroïque alors que toute la communauté internationale les décrivait comme des monstres. Ces derniers mois, les groupes armés rebelles avaient massé à Sfeira d’importantes troupes, les unités les mieux équipées. On y trouvait le Front al-Nosra et l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, affiliés à Al-Qaïda, Liwaa al-Islam, dirigé par Zahran Allouche, l’homme de Bandar Ben Sultan en Syrie, Ahrar al-Cham, et un conseil militaire local rattaché à l’Armée syrienne libre. Ces groupes jouissaient de lignes de ravitaillement ouvertes vers la frontière avec la Turquie, d’où étaient acheminées armes, munitions, argents et renforts de combattants venus parfois de l’étranger. Mais tout cela ne les a pas empêché de perdre Sfeira.

Or, Sfeira est un nœud stratégique important commandant l’accès à la région sud-est d’Alep ; elle est située non loin de l’aéroport international d’Alep et de l’aéroport militaire de Koueirès ; elle est proche de la région d’Al-Bab, qui commande l’accès à Alep et constitue donc un point d’équilibre décisif à l’intérieur d’Alep et de sa province, car elle est située non loin des industries de la défense et de la route d’approvisionnement, qui relie Alep à la province de Hama.

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Pour toutes ces raisons, la libération de Sfeira était vitale pour l’armée régulière de Syrie. Elle ne manquera pas d’avoir rapidement des répercussions sur les équilibres militaires dans le pays et sur les réactions occidentales en coulisses. L’avancée rapide de l’armée syrienne de ces derniers jours est en tout cas la preuve vivante de ses hautes capacités et de sa solidité morale. Elle confirme, aussi, le changement des Syriens, qui rejettent les exactions des groupes extrémistes, déchirés par des luttes intestines.

sfe syrie_diviseeL’apparition de profondes divergences entre l’Arabie Saoudite d’un côté, le Qatar et la Turquie de l’autre, est un signe supplémentaire de l’échec de la guerre contre la Syrie. Les groupes armés qui combattent l’Etat syrien, n’ont jamais été que des façades instrumentalisées par les puissances étrangères de l’Otan, elles-même poussées par Israël qui veut émietter ce pays. Israël a bombardé la semaine dernière un entrepôt de missiles russes sur le sol syrien. L’Etat hébreu  viole systématiquement l’espace aérien syrien sans que personne  ne s’en offusque de même que très régulièrement pour ne pas dire quotidiennement, le territoire de Gaza aujourd’hui privé d’électricité est quadrillé par des drones de surveillance.

Pourquoi autant d’acharnement contre la Syrie ?

sfe 581074_756862334340860_172181391_nIls en veulent au laïcisme du parti Baas, à la tolérance des Chrétiens à Damas ? Une statue grandiose du Christ qui vient de s’élever au mont des Chérubins ne risque pas d’arranger les choses. La sculpture se dresse à 27 km de Damas. C’est un monument de bronze qui représente le Sauveur bénissant et  culmine à 32 m en étant visible depuis le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. Samir Al-Gadban, directeur de la fondation Saint-Paul et Saint-Georges qui a pris une part directe à l’érection de la statue, explique : « Le projet fut initié en 2005 et béni par le Bienheureux Ignace IV, alors patriarche d’Antioche et de tout l’Orient. La sculpture est l’image de la Parousie. Le Christ bénissant foule le serpent qui personnifie le mal. A sa droite se tient Adam et Eve et, à sa gauche, la tête baissée. Plusieurs emplacements étaient proposés pour le groupe sculptural mais le patriarche d’Antioche avait finalement choisi le mont des Chérubins. On sait que les Chérubins sont un symbole puisé dans l’Ancien Testament. Il est utilisé dans la religion chrétienne et n’est pas nié par l’islam. » Ce projet a pris 8 ans. « C’était une opération extrêmement compliquée parce que toutes les routes étaient bloquées et il était impossible d’acheminer le matériel dans la montagne. Une partie du terrain était contrôlée par les insurgés et une autre par l’armée syrienne. Il fallait obtenir l’accord de l’ensemble des parties afin qu’elles laissent passer les équipements techniques. Nous avons finalement obtenu gain de cause et convenu qu’aucun coup de feu ne serait tiré pendant l’opération de montage. En effet, aucune des parties n’a tiré pendant les trois jours qu’a duré l’opération.» La sculpture a reçu le nom de « Je suis venu pour sauver le monde».

C’est aussi ce que disent les Etats-Unis quand ils interviennent, sur fond de mélodies guerrières et en brandissant la nouvelle théologie mondialiste, celle de la Déclaration Universelle des Droits de 1948.

Michel Lhomme

http://www.metamag.fr/metamag-1662-SFEIRA-LIBEREE.html

Qui fomente la guerre civile en Egypte ?


714632-soldats-egyptiens-pris-position-caireLe massacre de plus de 50 personnes lors d’une manifestation, lundi, en faveur du président égyptien évincé, Morsi, au Caire a beaucoup choqué, à juste titre, tant en Egypte qu’ à l’étranger. Les éléments pro-Morsi en ont porté la responsabilité sur les forces militaires, tandis que les militaires affirmaient qu’ils avaient été attaqués avec des balles réelles. Alors que les accusations étaient lancées de part et d’autre, un nouvel aspect de cette histoire était en train d’émerger- la présence d’une troisième force, à savoir les tireurs d’élite postés sur les toits tirant sur les deux côtés du conflit. Cette révélation soulève de sérieuses questions quant à la véritable nature du conflit en Egypte et les similitudes troublantes entre ces incidents avec d’autres semblables en Syrie, en Thaïlande et ailleurs.

Le massacre du Caire

Alors que des milliers de personnes sont rassemblées près du siège de la Garde Républicaine où beaucoup croient que l’armée égyptienne détient l’ancien président Morsi, des violences ont éclaté, tuant au moins 51 personnes et en blessant des centaines. L’incident sanglant a marqué une transition claire d’un conflit purement politique à une éventuelle guerre civile.

Selon des responsables militaires, des « terroristes » pro-Morsi ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment, provoquant ainsi une réaction violente de la part des forces militaires pour se défendre. Le colonel Ahmad Mohammad Ali, un porte-parole de l’armée égyptienne a affirmé que le personnel de police a été attaqué alors qu’il tentait de sécuriser la zone. Il a noté que, «Ils étaient sur ​​le toit des bâtiments … ils ont tantôt tiré, tantôt lancé des objets … ils tiraient à balles réelles et les militaires ont dû se défendre. » les commentaires du colonel Ali ont été repris par la plupart des grands médias en Egypte qui sont largement contrôlées par les forces favorables à l’armée et l’ancien régime de Moubarak. Cependant, les Frères musulmans et d’autres forces pro-Morsi brossent un tableau très différent.

Une déclaration sur le site web du parti Liberté et Justice des Frères musulmans accuse naturellement les forces militaires égyptiennes de tuer délibérément ceux qu’il décrit comme «manifestants pacifiques qui rejettent le coup d’Etat militaire et demandent la réintégration de leur président élu Mohamed Morsi. » Du point de vue des islamistes, le massacre, ainsi que le coup d’état lui-même, étaient une attaque directe non seulement contre les Frères musulmans, mais contre la démocratie elle-même. En outre, les meurtres semblent avoir créé un précédent, instituant que les éléments islamistes n’ont aucun recours en Égypte autre que la violence.

Malgré les différences entre ces factions opposées, il y a un dénominateur commun entre eux – les deux s’accusent mutuellement d’incitation à la violence qui pourrait conduire à une déstabilisation totale du pays. Toutefois, ici, il est essentiel de noter que la plupart des meurtres de lundi a été le fait de snipers inconnus postés sur les toits, comme le montre cette vidéo.

Bien que les tireurs d’élite semblent être vêtus d’uniformes militaires, leur véritable identité demeure incertaine. Parce qu’il est impossible de vérifier exactement qui étaient les tireurs d’élite, et pour qui ils travaillent, il est essentiel de plutôt examiner leurs possibles motivations ou l’absence de celles-ci.

L’armée a affirmé à plusieurs reprises qu’ils avaient été attaqués et que la réponse était purement défensive. Toutefois, cela ne peut vraiment expliquer la présence de snipers sur les toits, qui n’est pas une simple attitude défensive. A l’inverse, l’accusation portée par les Frères musulmans et leurs partisans selon laquelle les tireurs d’élite ne pouvaient être que de l’armée égyptienne, ne semble pas compatible avec les circonstances politiques, ni les faits sur le terrain.

Tout d’abord, il convient de noter que l’armée n’a rien à gagner et tout à perdre à utiliser une telle tactique. Ayant pris le pouvoir dans ce qui ne peut qu’être considéré comme l’un des plus ‘’populaires coups d’état » (l’expression n’est pas de moi) dans l’histoire moderne, ils avaient déjà la majorité du pays et l’opinion mondiale de leur côté. Il n’y a eu aucune condamnation dans le monde de leurs actions, au contraire, les gouvernements semblaient unanimes pour «regarder vers l’avant» et «appeler à la stabilité », simple langage codé pour le soutien tacite. Ainsi, avec le monde qui regarde l’Egypte, scrutant attentivement chaque mouvement des militaires et de l’opposition laïque, quels intérêts pourraient-ils bien avoir de semer un tel chaos? Naturellement, ils n’ont rien à y gagner. En plus de cela, la notion que les snipers militaires égyptiens tireraient sur leurs camarades est un peu trop tirée par les cheveux, pour dire le moins.

Deuxièmement, les Frères musulmans et leurs partisans ont certainement compris l’impossibilité de combattre l’armée dans les rues. Quelle que soit la nature des armes qu’ils prétendent avoir (bouteilles, pierres, armes légères) ce n’est certainement pas assez pour avoir un impact significatif sur l’armée. L’idée que ces manifestants ont tenté de «prendre d’assaut» le siège de la Garde républicaine semble risible. Bien que la foule soit principalement composée de fervents partisans du président déchu Morsi, c’était toujours des égyptiens ordinaires, et non des militants salafistes ou une formation de ce genre.

Il semblerait donc qu’aucun des côtés n’en tire vraiment de bénéfices ou n’ait la capacité de faire ce dont l’accuse la partie adverse. Cela devrait alors soulever la question la plus cruciale de toutes … si les snipers n’appartiennent à aucun des deux camps, alors qui sont-ils exactement ? Il semblerait que la seule conclusion logique serait que les tireurs d’élite étaient de quelque tierce partie encore inconnue dont l’intérêt n’était pas de prendre parti, mais de veiller à ce que les affrontements et les meurtres violents s’installent afin d’attiser les tensions et fomenter la guerre civile. Les observateurs avisés noteront que nous avons déjà vu ce scénario, plus récemment en Syrie.

Les précédents syrien et thaïlandais

Lors du déclenchement de la violence en Syrie en 2011, beaucoup se demandaient comment la situation sur le terrain a dégénéré si rapidement. Il semblerait, selon les rapports des médias occidentaux traditionnels, que les agents des forces de sécurité syriennes étaient tout simplement devenus fous et avaient commencé à tuer des manifestants pacifiques au hasard. Cependant, ce qui est devenu clair en quelques jours, c’est le fait que des snipers inconnus postés sur les toits dans des villes comme Deraa et Hama étaient en effet les principaux coupables. Comme on le voit dans ces vidéos ainsi que dans d’innombrables articles, la présence de tireurs embusqués sur les toits dans toute la Syrie est indéniable. Naturellement, des allégations ont été immédiatement faites pour dire  que les tireurs d’élite étaient tout simplement des forces militaires d’Assad. Or il se fait qu’aucune preuve n’a jamais été produite qui montre que les snipers initiaux étaient bien des soldats gouvernementaux.

Fait intéressant, la mission des observateurs de la Ligue arabe, elle-même ouvertement hostile au régime Assad, a noté dans son rapport de début 2012 que bon nombre des atrocités, y compris les tirs de snipers, pourrait être, de fait, attribué à des tiers, une force inconnue à l’intérieur du pays. Comme le rapport le note:

La mission a déterminé qu’il y a une entité armée qui n’est pas mentionnée dans le protocole. Ce développement sur le terrain peut sans doute être attribué à l’utilisation excessive de la force par les forces gouvernementales syriennes en réponse aux protestations qui ont eu lieu, avant le déploiement de la mission, demandant la chute du régime. Dans certaines zones, cette entité armée a réagi en attaquant les forces de sécurité syriennes et les citoyens, poussant le gouvernement à répondre à de nouvelles violences.

Le rapport confirme ce que de nombreux témoins ont dit, à savoir qu’une partie de la violence qui a éclaté au début du conflit en Syrie est imputable à cette «troisième force» qui regorge de tireurs d’élite bien entrainés et bien équipés. On pouvait s’y attendre, le rapport tente de tourner la violence de la «troisième force» comme étant purement en réponse à l’armée syrienne, mais ne fournit aucune preuve autre qu’une affirmation générique que «sans doute [la violence] doit être attribuée à l’utilisation excessive de la force par les forces gouvernementales « . Essentiellement donc, il doit être clair qu’il y avait un élément à l’intérieur de la Syrie au cours des premiers stades du conflit qui a utilisé des snipers et d’autres formes de violence et de terreur pour pousser l’opposition et le gouvernement dans une guerre à grande échelle. Il semble que cela ait bien réussi.

La Syrie n’est certainement pas le seul pays qui a connu ce genre de phénomène. En 2010, la violence a éclaté entre le gouvernement de la Thaïlande et les Chemises Rouges, partisans de l’ancien Premier ministre pro-américain Thaksin Shinawatra. Tout comme en Syrie, de mystérieux hommes armés équipés de fusils de précision, de mitrailleuses et des grenade sont apparus dans les rangs des chemises rouges et ont commencé à attaquer les troupes thaïlandaises, tuant un colonel de premier plan et six autres soldats. La tentative « d’investir » une installation militaire par les manifestants était clairement une couverture cyniquement orchestrée pour fomenter le chaos et une possible déstabilisation du pays avec l’intention d’installer le chéri de Washington, Shinawatra. Ici encore, nous voyons que les snipers et les autres, des combattants inconnus armés ont été au centre de l’incident.

Ce qui s’est passé en Thaïlande n’était pas un simple accident. Il a fallu une coordination et une planification, un financement et un soutien matériel. Cela indique que, contrairement au récit fantastique des médias dominants, ce n’était en aucun cas une simple protestation politique et ne doit pas être traitée comme telle. Au contraire, comme en Syrie, nous voyons clairement jusqu’où certains éléments sont prêts à aller pour atteindre leurs objectifs politiques.

Les détails du massacre en Egypte sont encore à venir, donc il est impossible de dire avec certitude ce qui s’est passé. Cependant, à en juger par les expériences antérieures en Syrie et en Thaïlande, on devrait avoir des réserves vis-à-vis de la narration vendue au public. Qui sont exactement ces tireurs d’élite au Caire? Qui a donné l’ordre de tirer sur les manifestants pro-Morsi et les forces militaires? Les réponses à ces questions et d’autres doivent émerger avec le temps. Heureusement, il y a encore une Egypte unie et pacifique.

Eric Draitser est le fondateur de StopImperialism.com . Il est analyste géopolitique indépendante basée à New York. Vous pouvez le joindre à ericdraitser@gmail.com.

Traduction : Avic

Source : http://stopimperialism.org/articles/fomenting-civil-war-in-egypt/

Voir aussi : Egypte : Et si le but était de créer une guerre civile ?

«La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens.»


Tribune libre Byblos

France : Intervention du Colonel Alain Corvez au colloque sur la Syrie du 19 juin à l’Assemblée Nationale

Questions-sur-la-crise-syrienne_article_popin« La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre Syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des Syriens. »

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire  de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

Cette affirmation est chaque jour vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères Musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans sont décidés à renverser le pouvoir par les armes,  moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à  Bachar El Assad.

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune Président Bachar El Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais  obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Egypte  fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant en mars 2011 des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.
Conscient de la gravité des évènements le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

Paradoxalement, ce sont les états les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, états qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’Armée constituée majoritairement de sunnites est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée, aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.
Les takfiristes dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.
D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques  qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multi polarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances.  Après avoir cru possible  une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

Par Colonel Alain Corvez

Israël est en train de perdre la guerre de Syrie


Frontière Syrie-IsraelCette dernière semaine, nous avons suivi les tentatives désespérées des britanniques et des français pour pousser à une intervention militaire en Syrie. C’est un secret de polichinelle que de savoir que les gouvernements britannique et français sont dominés par le lobby juif. En Grande-Bretagne, il s’agit de l’ultra sioniste Conservative Friends of Israel (CFI), qui rassemble apparemment 80% des parlementaires conservateurs britanniques comme membres de ce lobby pro-Israël. En France la situation est même encore plus grave tant le système politique dans son intégralité a été détourné par le puissant CRIF.

Juste au cas où quelqu’un ne comprenne pas pourquoi le lobby juif pousse pour une intervention immédiate en Syrie, Debka File, un site internet israélien nous donne la réponse. Apparemment, l’armée arabe syrienne gagne sur tous les fronts. Les calculs militaires et géopolitiques israéliens se sont avérés faux.

D’après Debka, “la bataille pour Damas est finie”. L’armée syrienne a virtuellement regagnée le contrôle de la ville “dans une victoire épique”. Les rebelles, en très grande partie des mercenaires, ont perdu la bataille et ne “peuvent plus faire grand-chose si non quelques tirs  sporadiques. Ils ne peuvent plus lancer de raids ni représenter une menace pour le centre de la ville, l’aéroport ou la grande base aérienne syrienne près de là. Les cargos russes et iraniens amènent constamment des matériels afin de maintenir l’armée syrienne opérationnelle, ces cargos peuvent maintenant atterrir de nouveau à Damas après des mois de siège par les rebelles.”

Mais ce n’est pas juste la capitale. Debka rapporte que “Les unités de l’armée syrienne et du Hezbollah ont resserré leur siège des poches rebelles dans le nord de la ville d’Al Qusseir, d’autres unités de l’armée syrienne ont repris la campagne autour de la ville de Hama et une troisième force combinée armée syrienne/Hezbollah a pris position autour de la ville d’Alep.”

Debka affirme que des officiers importants de l’Armée Israélienne ont critiqué le ministre de la défense Moshe Ya’alon qui “a fourvoyé” la Knesset il y a quelques jours en estimant que “Bachar Al-Assad ne contrôlait qu’environ 40% du territoire syrien.” Debka suggère que le ministre de la défense s’est appuyé sur “une fausse évaluation du renseignement et était préoccupé par le fait que les forces armées agissaient sur la base de données de renseignement erronées.” Debka insiste sur le fait que “des évaluations erronées… doivent mener à de mauvaises prises de décision.”

Debka est clairement suffisamment courageux pour admettre que les mauvais calculs de l’armée israélienne ont sûrement mené à des conséquences désastreuses. Il rapporte “Le bombardement massif israélien d’armes iraniennes stockées près de Damas à destination du Hezbollah a prouvé un mois plus tard avoir fait bien plus de mal que de bien. Cela a donné à Bachar Al-Assad un coup de pouce plutôt que d’affaiblir sa détermination.”

Debka a évidemment raison. Il ne faut pas être un génie pour prédire qu’une attaque israélienne sur une terre arabe ne peut pas être acceptée par la rue arabe, même pas par les opposants les plus féroces d’Assad.

Debka maintient que “le renseignement se focalisant sur les mouvements militaires en Syrie, spécifiquement autour de Damas pour être certain que des systèmes de missiles et d’armement avancé ne parviennent pas au Hezbollah, a mené à un échec quant à la détection de mouvements majeurs des unités des milices du Hezbollah vers la frontière syro-israélienne.”

Israël doit maintenant faire face à une nouvelle réalité. Il fait face à un renforcement du Hezbollah provenant du Liban vers les plateaux du Golan et sa frontière avec la Syrie.

Debka conclut qu’Israël va bientôt se retrouver “face à face pour la première fois avec des unités du Hezbollah équipés d’armement lourd et de missiles se déplaçant le long de la frontière syro-israélienne et postant des miliciens en opposition aux avant-postes israéliens du Golan et des villages.”

Debka a raison de suggérer qu’au lieu “de s’affaiblir, le proxy libanais de l’Iran est en phase d’ouvrir un autre front et de forcer l’armée israélienne à s’adapter à un nouveau défi militaire venant du Golan syrien.”

Plutôt que les quotidiens Guardian de Londres ou Le Monde, c’est en fait la source israélienne Debka File qui aide à faire comprendre pourquoi les Britanniques et les Français sont si pressés d’intervenir. Une fois de plus, ils s’empressent de vouloir combattre une guerre sioniste.

Malheureusement, ce ne sont pas le Guardian ou le New York Times qui sont là pour révéler les derniers développements sur la Syrie et exposer les erreurs mortelles d’Israël. C’est bien une officine patriotique sioniste israélienne qui  nous donne la bonne analyse. Je pense en fait que cette forme de sévère autocritique qui est intriquée dans la culture israélienne, est le moyen qui permet de maintenir l’hégémonie régionale israélienne. Cette faculté d’examiner de manière critique et de désapprouver son propre commandement est quelque chose que je ne vois pas dans les médias occidentaux. Apparemment, les médias en Israël sont bien plus tolérant envers la critique que ne le sont les médias dominés par les sionistes en occident.

Gilad Atzmon’s latest book is: The Wandering Who? A Study of Jewish Identity Politics

http://www.gilad.co.uk/writings/syria-israel-is-losing-the-battle.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsance 71 ~

Alors que les sionistes se dévoilent, l’armée syrienne prête à se battre « des années »selon Damas !


Tribune libre de Djerrad Amar

partisans-de-bachar-al-assad« Face à l’agression du Front uni USA-NATO-Sionistes-Islamistes, Damas fait front !
Les « Comités de Défense » populaires appuient l’Armée arabe syrienne …
Luc MICHEL pour Syria Committees – Comités Syrie
avec PCN-SPO – SANA – AFP / 2013 03 13 /
Damas a affirmé ce mardi sa détermination à combattre les rebelles « pendant des années » si nécessaire après bientôt deux ans de conflit.
« L’armée syrienne a à sa disposition des hommes et des armes qui suffiraient à faire la guerre pendant des années pour défendre la Syrie » contre les insurgés, a affirmé le journal Al-Watan, proche du pouvoir.
Le quotidien a cependant appelé « les citoyens, chacun selon ses capacités, à défendre leurs quartiers et leurs régions comme cela s’est passé à Alep, à Hama et à Homs où les citoyens, hommes et femmes, ont pris les armes et formé des Comités de défense ». Les « Comités de Défense », qui sont des milices populaires de quartier – sur le modèle yougoslave des années 1945-70 ou cubain – sont la réponse de Damas à l’agression étrangère.