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Ce que l’Elysée n’osera jamais faire : Des Juifs antisionistes reçus à la chancellerie allemande!


Tribune libre Almutanabi Jasmin

naturei-kartaLes choses bougent tout doucement, trop sans doute, mais elles bougent.

On apprend ainsi qu’un cadre de la chancellerie allemande a récemment rencontré des militants antisionistes de l’organisation juive ulltra-orthodoxe Naturei Karta, la même organisation qui s’était associée à l’humoriste Dieudonné, à Yahia Gouasmi et Alain Soral dans la liste antisioniste.

A mon avis, les Allemands qui connaissent la réalité de la position sioniste à l’époque de l’arrivée au pouvoir de Hitler sont plus nombreux que d’aucuns le pensent. Lire la suite Ce que l’Elysée n’osera jamais faire : Des Juifs antisionistes reçus à la chancellerie allemande!

Interview de Shulamit Aloni, ex-ministre israelienne


Shulamit Aloni« C’est une combine que nous utilisons toujours. Quand quelqu’un, en Europe, critique Israël, alors nous sortons « l’Holocauste ». Quand les gens dans ce pays [USA] critiquent Israël, alors ils sont « antisémites »…  »

Entretien avec Erich Priebke, ex-officier nazi


NDLR : cet entretien de Erich Priebke consiste en un témoignage historique d’un des derniers témoins directs de la deuxième guerre mondiale, du nazisme et de Adolf Hitler. En cela il est d’un grand intérêt pour qui est attaché à l’analyse historique objective, celle qui consiste à étudier les témoignages des deux camps, s’affranchissant d’un manichéisme aussi peu scientifique que crédible. Cependant, la loi Gayssot du 13 juillet 1990 interdit en France de contester certains faits historiques qui sont donc désormais établis par la loi. Les contrevenants seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Or, dans l’entretien suivant qui ne devait être diffusé qu’après sa mort, M. Erich Priebke s’est naturellement peu inquiété de ces problèmes juridiques. Dès lors nous avons censuré par des astérisques (***) les passages enfreignant la loi Gayssot afin de nous y conformer.

900462899Erich Priebke est mort le vendredi 11 octobre 2013 à Rome, à l’âge de 100 ans. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut capitaine de la Sicherheitspolizei allemande (police de sûreté). Enfui en Argentine après la guerre, il avait été retrouvé et arrêté en 1994, puis condamné à la perpétuité en Italie en 1998 pour le massacre des Fosses adréatines à Rome en mars 1944. Hier, le journal britannique International Business Times a mis en ligne une interview réalisée quelques mois avant sa mort.

 

Entretien donné fin juillet 2013 par Erich Priebke, quelques jours avant son 100e anniversaire

Q. — M. Priebke, il y a quelques années vous avez déclaré que vous ne reniiez pas votre passé. Aujourd’hui où vous avez 100 ans, pensez-vous toujours ainsi ?

R. — Oui.

Q. — Qu’entendez-vous exactement par cela ?

R. — Que j’ai choisi d’être moi-même.

Q. — Par conséquent encore aujourd’hui vous vous sentez nazi ?

R. — La fidélité à son passé, c’est une question de convictions. Il s’agit de ma façon de voir le monde, de mes idéaux, de ce que nous Allemands nous appelons la Weltanschauung [façon de voir le monde] et c’est aussi une question d’amour propre et d’honneur. La politique est une autre affaire. Le national-socialisme a disparu avec sa défaite et de toute façon il n’aurait aujourd’hui aucune possibilité de revenir.

Q. — Cette vision du monde dont vous parlez, l’antisémitisme en fait-il partie ?

R. — Si vos questions ont pour but de connaître la vérité il va falloir abandonner les lieux communs : critiquer quelqu’un ne signifie pas qu’on veuille le détruire. En Allemagne, dès le tout début des années 1900 on critiquait ouvertement le comportement des juifs. Le fait que les juifs aient accumulé entre leurs mains un immense pouvoir économique, et en conséquence politique, alors qu’ils représentaient une partie absolument infime de la population mondiale était considéré comme injuste. Il est un fait qu’encore aujourd’hui, si nous prenons les mille personnes les plus riches et puissantes du monde, il nous faut constater qu’une partie notable d’entre eux sont des juifs, banquiers ou actionnaires de sociétés multinationales. Puis en Allemagne, en particulier après la défaite de la première guerre mondiale et l’injustice des traités de Versailles, les immigrations juives de l’Est européen avaient provoqué de véritables désastres, avec l’accumulation en quelques années de capitaux immenses de la part de ces immigrés, pendant que dans la République de Weimar la majeure partie du peuple allemand vivait dans une extrême pauvreté. Dans ce climat les usuriers s’enrichissaient et le sentiment de frustration à l’égard des juifs croissait.

Q. — Une vieille histoire dit que les juifs pratiquaient l’usure qui était admise par leur religion, alors qu’elle était interdite aux chrétiens. Qu’y a-t-il de vrai, d’après vous ?

R. — En fait, ce n’est certainement pas une idée qui m’est personnelle. Il suffit de lire Shakespeare et Dostoïevsky pour comprendre que de tels problèmes avec les juifs ont effectivement existé au cours de l’histoire, depuis Venise jusqu’à Saint-Pétersbourg. Ceci ne veut absolument pas dire que les seuls usuriers à l’époque étaient des juifs. J’ai fait mienne une phrase du poète Ezra Pound : « Entre un voleur juif et un voleur aryen je ne vois aucune différence ».

Q. — Pour toutes ces raisons, vous justifiez l’antisémitisme ?

R. — Non, écoutez, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas chez les juifs des gens bien. Je le répète : l’antisémitisme veut dire haine, haine indiscriminée. Et moi, même au cours de ces dernières années de ma persécution, moi qui suis vieux, privé de liberté, j’ai toujours refusé la haine. Je n’ai jamais voulu haïr même ceux qui me haïssaient. Je parle seulement de droit à la critique et j’en explique les motifs. Et je vous dirai de plus : il ne faut pas oublier que, en raison de leurs raisons religieuses particulières, une grande partie des juifs se considéraient supérieurs à tous les autres êtres humains. Ils s’identifiaient au « Peuple élu » de la Bible.

Q. — Hitler aussi disait de la race aryenne qu’elle était supérieure.

R. — Oui, Hitler s’est laissé allé lui aussi à recourir à cette idée équivoque de supériorité. Ce fut là une des causes d’erreurs sans retour. Considérez toutefois qu’un certain racisme était la norme dans ces années-là, non seulement au niveau des mentalités populaires mais aussi au niveau des gouvernements et du système juridique. Les Américains, après avoir déporté les populations africaines et avoir été esclavagistes, continuaient à être racistes, et en réalité ils faisaient de la discrimination contre les Noirs. Les premières lois, dites raciales, d’Hitler ne limitaient pas les droits des juifs plus que n’étaient limités les droits des Noirs dans divers Etats des USA. Il en était de même pour les populations indiennes de la part des Anglais et des Français, qui ne se sont pas comportés tellement différemment avec ce qu’on appelle les sujets de leurs colonies. Et ne parlons pas du traitement que subissaient à l’époque les minorités ethniques de l’ex-URSS.

Q. — Et ensuite comment les choses se sont-elles aggravées en Allemagne, d’après vous ?

R. — Le conflit s’est radicalisé, il a empiré. Les juifs allemands, américains, anglais et la communauté juive mondiale d’un côté, contre l’Allemagne de l’autre. Naturellement, les juifs allemands se sont retrouvés dans une situation toujours plus difficile. La décision qui fut prise ensuite de promulguer des lois très dures rendit la vie vraiment difficile aux juifs en Allemagne. Ensuite, en novembre 1938, un juif, un certain Grynszpan, pour protester contre l’Allemagne, a tué en France un conseiller de notre ambassade, Ernst von Rath. S’ensuivit la fameuse « Nuit de cristal ». A travers le Reich des groupes de manifestants ont brisé les vitrines de magasins appartenant à des juifs. C’est à partir de ce moment que les juifs furent considérés seulement et uniquement comme des ennemis. Hitler, après avoir gagné les élections, les avait, dans un premier temps, encouragés de multiples façons à quitter l’Allemagne. Par la suite, dans le climat de forte méfiance à l’égard des juifs allemands, causé par la guerre et le boycott et en raison du conflit ouvert contre les plus importantes organisations juives mondiales, il les enferma dans des camps, en tant qu’ennemis. Il est certain que pour beaucoup de familles, qui souvent n’avaient rien à se reprocher, ce fut désastreux.

Q. — Par conséquent, pour vous, il faut rechercher chez les juifs eux-mêmes la cause de ce qui leur est arrivé ?

R. — La cause est à rechercher un peu de tous les côtés. Chez les Alliés, aussi, qui déclenchèrent la seconde guerre mondiale contre l’Allemagne, à la suite de l’invasion de la Pologne, pour revendiquer des territoires où la forte communauté allemande était soumise à d’incessantes vexations. C’étaient des territoires qui avaient été placés par le Traité de Versailles sous le contrôle de l’Etat polonais nouveau-né. Contre la Russie de Staline et l’invasion de cette dernière dans le reste de la Pologne, personne n’a bougé le petit doigt. Mieux : à la fin du conflit, qui avait pris naissance officiellement pour défendre précisément indépendance de la Pologne contre les Allemands, on fit cadeau à Staline, sans façon, de tout l’Est européen, Pologne comprise.

Q. — Donc, toute politique mise à part, vous épousez les thèses historiques révisionnistes ?

R. — Je ne comprends pas bien ce qu’on entend par révisionnisme. Si nous parlons du procès de Nuremberg de 1945, alors je peux vous dire que ce fut une chose incroyable, une grande mise en scène créée exprès pour déshumaniser le peuple allemand et ses chefs aux yeux de l’opinion publique mondiale. Pour s’acharner sur le vaincu mis désormais dans l’impossibilité de se défendre.

Q. — Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

R. — Que peut-on dire d’un prétendu tribunal qui juge seulement les crimes des vaincus et non ceux des vainqueurs ; où le vainqueur est en même temps accusateur public, juge et partie lésée et où les articles du délit ont été spécialement créés après la constatation des faits, autrement dit pour condamner rétroactivement ? Le président américain Kennedy lui-même a condamné ce procès en le qualifiant de chose « dégoûtante » en ce que « les principes de la constitution américaine avaient été violés pour punir un adversaire vaincu ».

Q. — Si vous voulez dire que le délit de crime contre l’humanité qui a permis de condamner à Nuremberg n’existait pas avant d’être invoqué par ce tribunal international, cela veut dire en tout cas que les accusations concernaient des faits quand même terribles.

R. — A Nuremberg, les Allemands furent accusés du massacre de Katyn, et puis en 1990 Gorbatchev reconnut que c’étaient eux, les accusateurs russes, qui avaient tué les vingt mille officiers polonais par une balle dans la nuque dans la forêt de Katyn. En 1992, le président russe Eltsine produisit également le document original contenant l’ordre signé de Staline. Les Allemands furent aussi accusés d’avoir fait du savon à partir des juifs. Des échantillons de ce savon aboutirent dans les musées des USA, en Israël et dans d’autres pays. Il fallut attendre 1990 pour qu’un professeur de l’Université de Jérusalem étudie les échantillons et finisse par admettre qu’il s’agissait d’une escroquerie.

Q. — Oui, mais les camps de concentration ne sont pas une invention des juges de Nuremberg.

R. — Dans ces années terribles de guerre, enfermer dans des Lager (en italien ce sont les camps de concentration) les populations civiles qui présentent un danger pour la sécurité nationale était une chose normale. Dans le dernier conflit mondial les Russes en ont fait autant, tout comme les USA. Ces derniers en particulier avec les citoyens américains d’origine orientale.

Q. — Toutefois, en Amérique, dans les camps de concentration pour les populations d’ethnie japonaise il n’y avait pas de chambres à gaz ?

R. — Comme je l’ai dit, à Nuremberg on **** une infinité d’accusations. Pour ce qui concerne le fait que dans les camps de concentration il y avait des chambres à gaz, nous attendons **** *** *****. Dans les camps, les détenus travaillaient. Beaucoup de détenus sortaient du Lager pour travailler et rentraient le soir. Le besoin de main-d’œuvre pendant la guerre **** ****** avec la possibilité qu’au même moment il y ait eu, dans quelque point du camp, des files de personnes se rendant à ** ****** ** ****. L’activité d’une chambre à gaz est envahissante, mortelle, et même à l’extérieur elle est terriblement dangereuse. L’idée d’envoyer à la mort des millions de personnes de cette manière, dans le lieu même où vivent et travaillent d’autres personnes sans que ces dernières s’aperçoivent de quoi que ce soit, c’est de la folie, **** ***** ****** ***** ******* ***** ******.

Q. — Mais vous, quand avez-vous entendu parler pour la première fois du projet d’extermination des juifs et des chambres à gaz ?

R. — La première fois que j’ai entendu des choses pareilles la guerre était finie et je me trouvais dans un camp de concentration anglais, j’étais avec Walter Rauff. Nous sommes restés tous les deux pantois. Nous ne pouvions absolument pas croire des choses aussi horribles : des chambres à gaz pour exterminer des hommes, des femmes et des enfants ! Pendant des jours nous en avons parlé entre nous, avec le colonel Rauff et d’autres collègues. Nous avions beau avoir été tous des SS, chacun d’entre nous à son niveau à une position particulière dans l’appareil national-socialiste, mais jamais des choses pareilles n’étaient parvenues à nos oreilles. Imaginez que, des années et des années plus tard, j’ai appris que mon ami et supérieur Walter Rauff, qui avait aussi partagé avec moi des morceaux de pain dur dans le camp de concentration, avait été accusé d’être l’inventeur d’un fantomatique camion à gaz ! On ne peut pas croire à des choses de ce genre quand on a connu Walter Rauff.

Q. — Et tous les témoignages de l’existence des chambres à gaz ?

R. — Dans les camps on n’a jamais ***** *** ****** ** ****, **** celle construite après la guerre par les Américains à Dachau. Il ****** *** de témoignages fiables sur le plan judiciaire ou historique à propos des ****** ** **** ; à commencer par ceux de certains des derniers commandants et responsables de camp, comme par exemple celui du plus connu des commandants d’Auschwitz, Rudolf Höss. Outre les grandes contradictions de son témoignage, il fut torturé avant de déposer à Nuremberg et, après son témoignage, sur l’ordre des Russes on le fit taire pour de bon en le pendant. Pour ces témoins, considérés comme précieux par les vainqueurs, les violences physiques et morales qu’on leur infligea en cas de manque de complaisance étaient insupportables ; ainsi que les menaces de vengeance sur les membres de leur famille. Je sais, par expérience personnelle en prison et celle de mes collègues, comment les vainqueurs parvenaient à extorquer, dans les camps de concentration, des confessions aux prisonniers, qui souvent ne connaissaient même pas l’anglais. Et puis, le traitement réservé aux prisonniers dans les camps russes de la Sibérie était connu, on signait alors n’importe quel type d’aveux demandé ; un point c’est tout.

Q. — Donc pour vous ces millions de morts sont une invention ?

R. — Moi j’ai connu personnellement les Lager. La dernière fois que je suis allé à Mauthausen, c’était en 1944 pour interroger le fils de Badoglio, Mario, sur l’ordre d’Hitler. J’ai tourné dans ce camp de long en large pendant deux jours. Il y avait d’immenses cuisines en fonction pour les internés et il y avait aussi à l’intérieur du camp un bordel pour leurs exigences. Pas de ******** ** *****. Malheureusement tellement de gens sont morts dans les camps mais pas en vertu d’une volonté de tuer : la guerre, les dures conditions de vie, la faim, l’absence de soins adéquats ont tourné au désastre. Mais ces tragédies des civils, elles étaient à l’ordre du jour non seulement dans les camps mais dans toute l’Allemagne, et principalement à cause des bombardements sans discernement des villes.

Q. — Par conséquent vous minimisez la tragédie des juifs : l’Holocauste ?

R. — Il ne s’agit pas de minimiser, une tragédie est une tragédie. S’il y a un problème, c’est celui de la vérité historique. Les vainqueurs du second conflit mondial avaient intérêt à ce qu’on ne leur demande pas de rendre compte de leurs crimes. Ils avaient rasé des villes allemandes entières où il n’y avait pas un soldat, et ce pour tuer des femmes, des enfants et des vieillards et ainsi affaiblir la volonté de combattre de leur ennemi. C’est ce qui est arrivé à Hambourg, à Lübeck, à Berlin, à Dresde et à tant d’autres villes. Ils profitaient de la supériorité de leurs bombardiers pour tuer impunément et avec une cruauté folle les civils. Puis c’est arrivé à la population de Tokyo et, finalement, avec les bombes atomiques, aux civils de Nagasaki et d’Hiroshima. Pour cette raison il était nécessaire d’inventer des crimes spéciaux commis par l’Allemagne et de les colporter suffisamment pour présenter les Allemands comme des créatures maléfiques et autres non-sens : des sujets de romans d’horreur sur lesquels Hollywood a tourné des centaines de films. D’ailleurs, depuis lors la méthode des vainqueurs de la deuxième guerre mondiale n’a pas beaucoup changé : à les entendre ils exportent la démocratie à l’aide de ces prétendues missions de la paix contre les canailles, ils décrivent des terroristes qui ont commis des actes toujours monstrueux, indicibles. Mais dans la pratique ils attaquent surtout au moyen de leur aviation ceux qui ne se soumettent pas. Ils massacrent les militaires et les civils qui n’ont pas les moyens de se défendre. Finalement, d’une intervention humanitaire à l’autre dans divers pays, ils placent, sur les fauteuils des gouvernements, des marionnettes qui servent leurs intérêts économiques et politiques.

Q. — Mais alors certaines de ces preuves inattaquables comme les films et les photographies des camps, comment les expliquez-vous ?

R. — Ces films sont une preuve supplémentaire de la ********. Presque tous proviennent du camp de Bergen-Belsen. C’est un camp où les autorités allemandes envoyaient les internés des autres camps qui étaient inaptes au travail. Il y avait à l’intérieur un secteur pour convalescents. Rien que cela en dit long sur la volonté des Allemands d’assassiner : il semble étrange que, en temps de guerre, on mette en place une structure pour accueillir ceux qu’on voulait gazer. Les bombardements de 1945 ont laissé ce camp dénué de vivres, d’eau et de médicaments. Une épidémie de typhus s’est répandue qui a causé des milliers de malades et de morts. Ces films datent de ces faits, lorsque le camp de réfugiés de Bergen Belsen, dévasté par l’épidémie, en avril 1945, était alors entre les mains des Alliés. Les scènes furent tournées exprès, à des fins de propagande, par le metteur en scène anglais Hitchcock, le maître de l’horreur. Il est affreux de voir le cynisme, l’absence de tout sens d’humanité avec lesquels encore aujourd’hui on spécule sur ces images. En les projetant pendant des années sur les écrans de télévision, accompagnées de fonds musicaux angoissants, on a trompé le public en associant, avec une ruse impitoyable, ces scènes terribles *** ******* *** ****, alors qu’elles n’avaient aucun rapport. Un ****** !

Q. — D’après vous, le motif de toutes ces ***** serait, de la part des vainqueurs, de couvrir leurs crimes ?

R. — Dans un premier temps il en fut ainsi. Un scénario identique à celui de Nuremberg fut inventé aussi par le général McArthur au Japon avec le procès de Tokyo. Pour pendre les accusés ils imaginèrent d’autres histoires et d’autres crimes. Pour criminaliser les Japonais qui avaient été victimes de la bombe atomique, ils allèrent à l’époque jusqu’à inventer des accusations de cannibalisme.

Q. — Pourquoi « dans un premier temps » ?

R. — Parce que par la suite la littérature sur l’Holocauste fut utilisée principalement par l’Etat d’Israël pour deux raisons. La première est bien expliquée par un écrivain juif fils de déportés : Norman Finkelstein. Dans son livre L’Industrie de l’Holocauste, il explique comment cette industrie a rapporté, à travers une campagne de revendications, des milliards d’indemnisations dans les caisses des institutions juives et dans celle de l’Etat d’Isaël. Finkelstein parle d’un « véritable racket d’extorsions ». Pour ce qui concerne le second point, l’écrivain Sergio Romano, qui n’est certes pas un révisionniste, explique qu’après la « guerre du Liban », l’Etat d’Israël a compris qu’en augmentant et en mettant l’accent sur l’aspect dramatique de la « littérature sur l’Holocauste » cela lui aurait procuré des avantages dans son contentieux territorial avec les Arabes et « une sorte de semi-immunité diplomatique ».

Q. — Dans le monde entier on parle de l’Holocauste comme d’extermination, mais vous, vous avez des doutes ou vous le niez carrément ?

R. — Les moyens de propagande de ceux qui aujourd’hui détiennent le pouvoir mondial sont inextinguibles. Au travers d’une sous-culture historique créée spécialement et divulguée par la télévision et le cinéma, on a manipulé les consciences en travaillant sur les émotions. En particulier les jeunes générations, à commencer par l’école, ont été soumises à un lavage de cerveaux, abreuvées d’histoires macabres pour assujettir leur liberté de jugement. Comme je vous l’ai dit, voilà 70 ans que nous attendons les preuves de ces méfaits que conteste le peuple allemand. Les historiens n’ont pas trouvé le moindre document qui concernerait *** ******* *** **** : pas un ordre écrit, pas un compte rendu ou un avis de la part d’une institution allemande, pas un rapport d’un employé. Rien de rien. En l’absence de document, les juges de Nuremberg ont considéré comme acquis que le projet qui s’intitulait « Solution finale du problème juif » à l’étude dans le Reich, qui évaluait les possibilités territoriales permettant d’éloigner les juifs de l’Allemagne et par la suite des territoires occupés, y compris la possibilité de transfert à Madagascar, était un code secret de couverture qui signifiait leur extermination. *** ******* ! En pleine guerre, alors que nous étions encore vainqueurs aussi bien en Afrique qu’en Russie, les juifs, qui avaient été en un premier temps simplement encouragés, furent poussés, à la fin 1941, de toutes sortes de façons à quitter l’Allemagne de manière indépendante. Ce n’est que deux ans après le commencement de la guerre que commencèrent les mesures restreignant leur liberté.

Q. — Admettons que l’on découvre les preuves dont vous parlez. Je veux dire un document signé d’Hitler ou d’un autre dignitaire. Quelle serait votre position ?

R. — Ma réponse serait celle d’une condamnation décisive de faits de ce genre. Tous les actes de violence indiscriminée contre des communautés, sans même tenir compte des responsabilités individuelles, sont inacceptables, et absolument condamnables. Ce qui est arrivé aux Indiens d’Amérique, aux koulaks en Russie, aux Italiens enfouis dans les fosses en Istrie, aux Arméniens en Turquie, aux prisonniers allemands dans les camps de concentration américains en Allemagne et en France, comme dans les camps russes, les premiers qu’on a laissés mourir de faim volontairement par la volonté du président Eisenhower, les seconds par celle de Staline. Ces deux chefs d’Etat n’ont volontairement pas respecté la convention de Genève pour sévir jusqu’à la tragédie. Tous ces épisodes, je le répète, sont à condamner sans restriction, y compris les persécutions faites par des Allemands au détriment de juifs ; qui ont indubitablement eu lieu. Mais les vraies, non celles qui ont été inventées par la propagande.

Q. — Vous admettez donc la possibilité que ces preuves, qui auraient échappé à une éventuelle destruction pratiquée par les Allemands à la fin du conflit, pourraient un jour survenir ?

R. — Je vous ai déjà dit que certains faits doivent absolument être condamnés. Par conséquent en raisonnant par l’absurde si nous devions trouver demain des preuves sur *** ******** *** *****, la condamnation de choses aussi horribles, de celui qui les a voulues et de qui les a utilisées pour tuer, devrait être sans discussion et totale. Vous voyez, j’ai appris que dans la vie les surprises peuvent ne jamais finir. Mais dans ce cas précis, je crois pouvoir exclure la chose avec certitude parce que pendant presque soixante ans les documents allemands, séquestrés par les vainqueurs de la guerre, ont été examinés et évalués par des centaines et des centaines de chercheurs, si bien que ce qui n’a pas émergé à ce jour pourra difficilement émerger à l’avenir. Pour une autre raison je dois considérer la chose comme extrêmement improbable et je vous explique pourquoi : alors que la guerre était déjà bien engagée, nos adversaires ont commencé à insinuer des soupçons sur des activités homicides dans les Lager. Je parle de la déclaration interalliée de décembre 1942, dans laquelle on parlait généralement de crimes barbares de l’Allemagne contre les juifs et on prévoyait la punition des coupables. Puis, à la fin de 1943, j’ai appris qu’il ne s’agissait pas de propagande de guerre générale, mais qu’en réalité nos ennemis pensaient fabriquer de fausses preuves de ces crimes. La première nouvelle me fut donnée par mon compagnon de cours, un grand ami, le capitaine Paul Reinicke, qui passait ses journées en contact avec le numéro deux du gouvernement allemand, le Reichsmarschall Göring : il était son chef d’escorte. La dernière fois que je l’ai vu je lui ai fait part de ce projet de véritables falsifications. Göring était furibond du fait qu’il considérait ces mystifications comme infamantes aux yeux du monde entier. Précisément Göring, avant de se suicider, contesta violemment devant le tribunal de Nuremberg la production de preuves falsifiées. Un autre signe me fut donné par le chef de la police Ernst Kaltenbrunner, l’homme qui avait remplacé Heydrich après sa mort et qui fut ensuite envoyé à la potence à la suite du verdict de Nuremberg. Je l’ai vu vers la fin de la guerre pour lui rapporter les informations recueillies sur la trahison du roi Victor Emmanuel. Il m’indiqua que les futurs vainqueurs étaient déjà à l’œuvre pour construire de fausses preuves de crimes de guerre et autres atrocités qu’ils auraient inventées sur les Lager comme preuves de la cruauté allemande. Ils se mettaient déjà d’accord sur les détails sur la façon de mettre en scène un procès spécial pour les vaincus. Mais surtout j’ai rencontré en août 1944 le collaborateur direct du général Kaltenbrunner, chef de la Gestapo, le général Heinrich Müller. Grâce à lui j’avais réussi à fréquenter le cours des élèves officiers. Je lui devais beaucoup et il m’avait pris en affection. Il était venu à Rome pour résoudre un problème personnel de mon commandant, le colonel Herbert Kappler. A cette époque, la cinquième armée américaine était sur le point de percer à Cassino, les Russes avançaient vers l’Allemagne. La guerre était déjà inexorablement perdue. Ce soir-là il me demanda de l’accompagner à son hôtel. Comme il y avait entre nous un minimum de confiance, je me permis de lui demander des détails importants sur la question. Il me dit que, grâce à l’espionnage, il avait eu la confirmation que l’ennemi, dans l’attente de la victoire finale, était en train d’essayer de fabriquer les preuves de nos crimes pour mettre en place un procès spectaculaire de criminalisation de l’Allemagne une fois vaincue. Il avait des nouvelles précises et il était sérieusement inquiet. Il soutenait qu’il ne fallait pas se fier à ces gens parce qu’ils n’avaient ni sens de l’honneur ni scrupules. J’étais jeune alors et je n’accordai pas le juste poids à ses paroles mais les choses, en fait, se passèrent exactement comme le général Müller m’avait dit. Voilà les hommes, les dignitaires qui, selon ce qu’on raconte aujourd’hui, auraient imaginé et organisé **** ***** ***** ** ***** ***** **** ** *** ****** ! Je trouverais cela ridicule s’il ne s’agissait pas de faits tragiques. C’est pourquoi, lorsque les Américains, en 2003, ont agressé l’Irak sous prétexte qu’il possédait des « armes de destruction massive », avec tant de faux serments prêtés devant le conseil de sécurité de l’ONU par le secrétaire d’Etat Powell, alors que c’était eux précisément qui avaient été les seuls à les utiliser dans la guerre, je me suis dit : rien de nouveau !

Q. — Vous-même, qui êtes citoyen allemand, savez-vous que des lois en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse punissent de prison celui qui nie l’Holocauste ?

R. — Oui, les pouvoirs forts mondiaux les ont imposées et sous peu les imposeront aussi en Italie. La ruse ce sera en fait de faire croire aux gens que celui qui, par exemple, s’oppose au colonialisme israélien ou au sionisme en Palestine est antisémite ; que celui qui se permet de critiquer les juifs est toujours et de toute façon antisémite ; que celui qui ose réclamer les preuves de l’existence de ces chambres à gaz dans les camps de concentration, c’est comme s’il approuvait l’idée d’exterminer les juifs. Il s’agit d’une falsification éhontée. Ces lois démontrent justement la peur que la vérité vienne à la surface. Visiblement on redoute qu’après la campagne de propagande à base d’émotions, les historiens ne s’interrogent sur les preuves, les chercheurs ne se rendent compte des mystifications. Ces lois vont justement ouvrir les yeux à qui croit encore à la liberté de pensée et à l’importance de l’indépendance de la recherche historique. Il est évident que pour ce que j’ai dit je pourrais être poursuivi, ma situation pourrait certainement empirer mais je devais raconter les choses telles qu’elles se sont réellement passées, le courage de la sincérité était un devoir à l’égard de mon pays, une contribution, à l’occasion de mes cent ans, à la rédemption et à la dignité de mon peuple.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-avec-Erich-Priebke-ex-officier-nazi-20692.html

L’Iran et l’holocauste


amanpour_2683889bAvant d’être jugé, jaugé, apprécié ou honni, tout nouveau président iranien doit passer le test de l’holocauste. C’est le test actuellement en cours pour Hassan Rohani. Test délicat où il est interdit de botter en touche. Il est interdit de dire ‘’je ne sais pas’’. Nul n’est censé ignorer ce qu’est l’holocauste. Dire ‘’je ne suis pas spécialiste’’ ou ‘’je ne suis pas historien’’ ? Mauvaise réponse. Cela sera perçu comme une tentative d’évitement. Il est obligatoire de se prononcer, immédiatement et sans détour. Si le nouveau président dit que des problèmes plus urgents et plus vitaux le préoccupent avant toute chose, cela veut dire que le nouvel arrivant n’a pas la moindre étincelle d’humanisme pour pouvoir s’occuper des problèmes humains de son peuple. Quoi de plus important, en effet, que le problème humain soulevé par ce symbole, au-dessus de tous les symboles, l’holocauste que Dieu, Yahvé ou Allah nous a mis sur notre route pour nous guider dans toutes nos actions ?

Une bonne fois pour toute il faudra que les dirigeants iraniens, et le monde aussi, intègrent l’idée que ‘’l’holocauste est unique, n’a pas de précédents, n’as pas d’équivalent actuel et ne sera jamais égalé’’. Il serait bon que tout le monde sur terre puisse se le répéter comme une sourate du Coran. C’est la seule profession de foi qui vaille aujourd’hui.

Apparemment, Rohani n’a pas tout à fait réussi son examen. Comme son prédécesseur Ahmadinejad, il a condamné tout crime contre les humains. M. Rohani, ne sait-il pas que ses examinateurs s’en foutent des crimes contre l’humanité ? En refusant de se plier au rituel exigé quand on aborde la question de l’holocauste il se classe automatiquement parmi les négateurs de la Vérité Universelle, base de toute humanité. Comment peut-on, dès lors faire confiance à ce type d’individus qui arborent ouvertement leur négation de la notion la plus élémentaire de l’humain ? Comment pourrait-on les croire, alors qu’ils dénient le droit d’exister à ceux qui ne pourront jamais se remettre de cette ignominie qu’est l’holocauste ? Car enfin, ne nous voilons pas la face, ne pas reconnaître l’holocauste, c’est le nier. Et le nier c’est nier tous les droits qui en découlent, dont le droit à l’existence d’un pauvre petit état qui cherche désespérément à récupérer et à protéger ses terres qui lui ont été données par Dieu et l’Holocauste.

Aux iraniens, on ne leur demande pourtant pas grand-chose. On leur demande juste de faire leur profession de foi, comme tout le monde. Ça ne mange pas de pain puisque, en reconnaissant l’holocauste, ils reconnaissent implicitement que les allemands, avec la complicité active des autres pays d’Europe ont commis des crimes contre l’humanité. Ces crimes étant imprescriptibles, cela veut dire que la France, l’Allemagne, la Pologne, la Belgique, et bien d’autres pays en Europe, sont encore et resteront à jamais des pays criminels. C’est tout bénef pour la résistance des iraniens contre l’arrogance occidentale. Il eut même été possible, s’ils n’avaient été si obtus, de profiter des compensations que l’Europe doit fournir pour soulager sa conscience d’avoir meurtri l’humanité, et pour faire oublier sa responsabilité dans le Grand Crime Fondateur (qu’il est par ailleurs interdit d’oublier…).

Mais l’Iran résiste. C’est le seul endroit au monde où la doctrine de l’holocauste n’arrive pas à pénétrer. Il a fallu des siècles pour convertir les peuples au judaïsme et aux religions qui en ont découlé (le Christianisme et l’Islam). Combien de temps faudra-t-il pour les convertir à l’holocauste ?

Avic

Shlomo Sand a-t-il vraiment cessé d’être juif ?


Shlomo Sand1Le dernier livre de Sand, Comment j’ai cessé d’être juif, (traduit de l’hébreu) ​​est un témoignage tragique fait par un juif israélien moralement éveillé, qui vient de réaliser que son existence spirituelle, culturelle et politique est contaminée par l’exclusivisme judéo-centrique et est alimentée par le racisme ethnocentrique. Shlomo Sand décide de cesser d’être juif – mais a-t-il réussi ?

Sand, comme nous le savons tous, est un merveilleux écrivain, plein d’esprit, innovateur, poétique et fluide, sa voix est personnelle, parfois drôle, parfois sarcastique et toujours vraiment pessimiste.

L’écriture de Sand est érudite, profonde, réfléchie et imaginative. Néanmoins, son érudition est à peu près limitée à la pensée libérale française ainsi qu’à la théorie postmoderniste. Le résultat est décevant par moment. Comment j’ai cessé d’être juif est un texte « politiquement correct », saturé d’interminables mises en garde insérées afin de dissocier l’auteur de toute affiliation possible avec quelqu’un qui pourrait être considéré comme un ennemi du pouvoir juif, critique de la politique identitaire juive ou un opposant de l’historicité dominante de l’Holocauste.

« Je n’écris pas pour les antisémites, je les considère comme totalement ignorants ou comme des personnes qui souffrent d’une maladie incurable » (p. 21), écrit l’auteur qui prétend être humaniste, universaliste et loin de l’exclusivisme juif [1]. Tout cela semble très juif pour moi. Quand il s’agit de l’Holocauste, Sand utilise la même tactique et réussit d’une certaine manière à perdre tout esprit et manière scientifique. Les nazis sont des « bêtes », leur montée au pouvoir métaphoriquement décrite comme une « bête se réveillant de sa tanière ». Je m’attendais à ce qu’un historien de premier plan et ancien juif ait dépassé ces sortes de clichés banals.

Sand écrit sur la politique identitaire et est sensible à la complexité de ce sujet. Il affirme avec force que le nationalisme est une « invention », mais, pour une raison quelconque, il attribut des qualités judiciaires à l’identité et aux politiques concernées. Peut-être Sand ne réalise pas que la politique identitaire est en fait une forme d’identification – elle est là pour remplacer l’authenticité. Par exemple, le sionisme est né comme une tentative de remplacer l’orientation juive authentique par un sens imaginaire d’appartenance nationale – l’identité israélienne est une collection de signifiants installés pour faire croire aux juifs qu’ils ont un passé, un présent et un futur. L’identité est fondamentalement un jeu d’identifiants symboliques qui évoquent un sentiment de collectivisme. Si vous percez votre oreille droite, vous devenez un membre du club, si vous arborez un keffieh vous devenez un militant de la solidarité, si vous parvenez à prononcer quelques phrases israéliennes toutes faites vous pourriez devenir un sioniste. Toutes ces identités manquent de profondeurs authentiques.

Little Britain, une comédie de la BBC, nous fournit un aperçu inestimable de tout cela. Daffyd Thomas (le seul gay du village) présente une large gamme d’identifiants symboliques homosexuels sans jamais être engagé dans un seul rapport homosexuel. Ainsi Daffyd, bien que s’identifiant – politiquement, socialement et culturellement – en tant que gay, se garde de l’expérience authentique élémentaire homosexuelle.

Sand comprend que la politique identitaire juive est creuse, mais il semble ne pas comprendre que toutes les politiques identitaires sont creuses. Au contraire, le nationalisme, qu’il méprise de toute évidence – le lien avec son sol, son patrimoine, sa culture, sa langue, le paysage, la poésie – est réellement une expérience purificatrice. Bien que le nationalisme puisse être une invention comme Sand et d’autres le maintiennent, il est cependant une expérience enrichissante intrinsèquement authentique. Comme nous le savons tous, les sentiments patriotiques nationaux sont souvent suicidaires – et il y a une raison à cela – parce que parfois ils réussissent à intégrer l’homme, le sol et le sacrifice dans un état d’unification spirituelle.

Sur une note plus légère, la lecture de l’écriture poétique de Sand en hébreu est pour moi, un ancien juif et ancien israélien, une expérience vraiment authentique qui me rapproche de mes racines, ma terre oubliée et son paysage décoloré, ma langue maternelle ou, devrai-je simplement dire, de mon Être. Ce qui me connecte à la prose de Sand, ce n’est pas l’« identité » ou la politique, mais plutôt l’« israélité », ce discours nationaliste concret qui a maturé en poésie hébraïque, patriotisme, idéologie, jargon, un rêve et une tragédie à suivre. Quelque part, je crois que Sand comprend ce point puisqu’il mentionne les mêmes genres de sentiments à la fin du livre. Je crois aussi que la propension de Sand au pessimisme prend racine dans sa réalisation de s’être lui-même fait voler de cette israélité qui était jadis sa maison.

Sand se rend compte que le voyage sioniste a pris fin et que « le sécularisme israélien » est voué à l’échec. D’un point de vue éthique et universel, Israël est dans une impasse. Pourtant, il n’arrive toujours pas à comprendre qu’Israël n’est qu’une partie du problème. De plus en plus de penseurs regardent maintenant Israël comme un simple symptôme de la politique identitaire juive. De plus en plus de commentateurs prennent conscience d’un continuum tribal idéologique et spirituel entre Israël, le sionisme, les soi-disant juifs antisionistes et la gauche en général. Ce n’est plus un secret pour personne que, comme les sionistes, les juifs « antisionistes » investissent la majeure partie de leur énergie politique à courir après les soi-disant « antisémites » – ceux qui analysent la politique israélienne et sioniste dans le contexte de la culture et de la philosophie juive.

Néanmoins, l’éveil moral est un processus lent, plutôt qu’un changement de perspective rapide et il est intéressant de voir comment les rencontres de Sand avec des juifs antisionistes l’ont conduit à adopter la même critique que celle que j’exprime dans Quel Juif errant ?

« Il y en a quelques-uns qui se définissent eux-mêmes comme juifs laïcs, ils tentent de protester, soit collectivement, soit seuls, contre l’occupation et la ségrégation (Israélienne). À juste titre, ils saisissent que ces politiques menacent d’apporter de la judéo-phobie qui pourrait identifier tous les juifs comme une race distincte et confondre juifs et sionistes. »

Cependant, Sand continue : « Leur désir de faire partie d’une identité ethnique juive tout en n’étant pas capable de la remplir avec du contenu culturel positif rend leur tactique, dans le meilleur des cas, éphémère, qui manque de poids et d’avenir politique, et dans le pire des cas, soutenant indirectement le sens du (judéo) tribalisme. » (p. 145)

Sand détecte ici clairement un élément de malhonnêteté intellectuelle inhérent à la « gauche » juive en général et antisioniste en particulier. Il continue : « Si ceux qui se considèrent juifs antisionistes, malgré le fait qu’ils ne sont jamais allés en Israël, ne sont pas familiers avec la langue (hébreu) ​​et étranger à la culture (israélienne), insistent sur le droit de critiquer Israël, les pro-sionistes ne devraient-ils pas bénéficier d’un privilège unique (similaire) pour déterminer l’avenir d’Israël ? » (p. 146). Sand a évidemment raison ici, mais son point de vue pourrait être poussé encore plus loin : si les juifs antisionistes jouissent d’un privilège en raison de leur origine ethnique « unique », ils affirment en fait qu’Israël est l’État juif et en font même leur propre État. Quand un groupe de juifs justes critiquent « en tant que juifs » l’État juif et au nom de leur judéité, paradoxalement, ils affirment qu’Israël est en effet l’État juif tout en affirmant simultanément leur propre « élection » et privilège en tant que juifs.

Il n’est pas surprenant que Sand soit impressionné par la contribution des penseurs progressistes et radicaux juifs. Il présente une liste de penseurs juifs qui « ont fait un effort pour s’éloigner de l’héritage moral égocentrique (juif), afin d’essayer d’adopter une morale universelle » (p. 114). Sand mentionne comme noms : comme Karl Marx, Trotski, Rosa Luxemburg, Léon Blum, Noam Chomsky et quelques autres. « Plus ces personnes étaient distantes du patrimoine religieux, plus leur affinités étaient proche de la perception humaniste et de la volonté de changer les conditions de vie de tout le monde plutôt que les leurs » (p. 115).

Contrairement à Sand, je suis moins convaincu de la motivation universaliste pure derrière ces héros progressistes du Tikkun Olam (réparation du monde). Contrairement à Sand, je suis convaincu que le « progressisme » n’est qu’un prolongement séculaire de l’« élection » juive tribale. Après tout, si vous êtes un « progressiste », quelqu’un d’autre doit être un « réactionnaire ». En d’autres termes, le progressisme est en soi un discours intolérant non-universel.

S’éloigner de la judéité pour aller vers l’universalisme véritable et authentique peut être réalisé comme l’émergence d’une sensibilité critique unique envers tous les aspects possibles du fonctionnement tribal juif. Un tel acte implique une certaine quantité de haine de soi plutôt qu’un simple mépris des juifs qui vous entourent. Sand n’en est pas encore là. Au lieu de se haïr lui-même, il perfectionne actuellement son argument contre ses voisins juifs. Dans la pratique, il est toujours engagé dans un débat tribal interne.

La politique identitaire juive est un sujet critique émergeant et je prends un peu de crédit pour un tel développement. Il y a deux ans, mon livre Quel Juif errant ? a été publié, ce qui a ouvert une boîte de Pandore. J’ai lâché un assaut critique sur la politique identitaire en général mais aussi exposé la nature trompeuse qui est intrinsèque à la pensée juive de gauche. Suite à la publication du livre, l’enfer s’est déchaîné, les sionistes, ainsi que leurs frères juifs antisionistes ont uni leurs forces dans une tentative désespérée d’arrêter le livre et de censurer mes pensées – mais ils ont échoué : le livre est devenu un best-seller, traduit dans de nombreuses langues et approuvé par certains des humanistes et des universitaires les plus importants. Plus important encore, il a rendu les juifs et leur politique (et pas seulement Israël ou le sionisme) sujets à un examen intellectuel et philosophique approfondi.

Il y a quelques mois, Judith Butler a tenté de secourir l’humanisme juif et l’identité progressiste. Mais son texte, Parting Ways – La judéité et la critique du sionisme, était assez problématique et intellectuellement malhonnête. Par conséquent, il n’a reçu aucune attention sérieuse. Tout au contraire, il traduit un manque évident de pensée humaniste et universaliste au cœur du discours de la gauche juive. Le nouveau livre de Sand est une autre tentative de traiter le sujet, mais contrairement à Butler, Sand mérite toute notre attention. Sand est un homme en transition (une qualité que je partage modestement avec lui). Sand est honnête, un superbe écrivain, familier avec l’historicité juive et, bien qu’il se trompe peut-être un peu sur certaines questions, son texte nous donne un aperçu unique de l’authentique voyage d’une âme juive pessimiste toujours poétique en quête de sens.

Retrouvez Gilad Atzmon chez Kontre Kulture :

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« Quel Juif errant ? »
de Gilad Atzmon

Notes

[1] L’exclusivisme, l’intolérance, la dialectique négative, la justice, l’inclinaison tribale, etc. Ce sujet est au cœur de mon nouveau livre. J’y reviendrai en détail.

Par Gilad Atzmon – Traduction E&R

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Shlomo-Sand-a-t-il-vraiment-cesse-d-etre-juif-20338.html

Source : gilad.co.uk

RD Congo : Le massacre d’un peuple pour le « bonheur » du monde


Tribune libre  Saïd

manager-illustration Coltan (Copier)« Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » disait Albert Einstein. La phrase résonne comme une prophétie ayant trouvé sa réalisation dans le destin d’un peuple, d’un pays : la République démocratique du Congo. Ici des souffrances indicibles sont infligées à des millions d’innocents depuis deux décennies dans un silence assourdissant des grands médias et des principaux décideurs politiques du monde. Un silence qui en rappelle un autre, il y a un peu plus d’un siècle. Entre 1885 et 1907, les Congolais furent l’objet d’un effroyable massacre à grande échelle, à l’instigation du roi des Belges de l’époque, Léopold II. L’enjeu, c’était le caoutchouc, indispensable à la fabrication des pneus. Aujourd’hui, l’enjeu s’appelle « coltan », « minerai de sang », indispensable à la fabrication de nos téléphones portables. Ainsi, sur une période d’un peu plus d’un siècle, un même peuple, les Congolais, aura subi, dans le silence de la communauté internationale, deux massacres à grande échelle (plusieurs millions de morts chacun), assimilables au crime de génocide. Dès lors, le peu d’espoir, pour les « victimes oubliées », repose sur les initiatives de quelques « indignés » çà-et-là, comme les signataires de l’« appel des 52 », récemment publié, mais sans grand bruit. Hélas…

Mains_coupees_-_femmes_violees-a84a2Un cri dans le désert ?

En effet, 52 personnalités ont lancé un appel pour la création d’un Tribunal pénal international pour la République Démocratique du Congo. Le document, signé entre autres par Rama Yade, Roselyne Bachelot, Ingrid Betancourt et Gisèle Halimi, rappelle les terribles souffrances infligées aux populations du Congo et la tragédie des femmes violées à grande échelle. Des atrocités que subissent nos « semblables », adultes et enfants, réduits au rang de simples « proies » dans la ruée meurtrière des multinationales sur les richesses du Congo. Le document des 52 personnalités interpelle au moins 5 dirigeants de la planète[1] qui, compte tenu des fonctions qu’ils exercent, peuvent tout à fait décider de mettre fin à ces horreurs, et s’assurer que les responsables des atrocités répondent de leurs actes devant des juges indépendants. Tout ce qu’on attend d’un « monde civilisé » prônant « les valeurs universelles  » des droits de l’Homme. Et pourtant…

Les « grandes impuissances »

Il y a peu de chance que l’appel des 52 produise le moindre effet. Le document est d’ailleurs en train de traverser le web comme une minuscule flamme de bougie au milieu des ténèbres et d’un silence lunaire. Parce qu’Obama, Hollande, Ban-Ki-moon, Mary Robinson, et surtout le Belge Van Rompuy et leurs entourages savent ce qui se passe. Aucun des cinq dirigeants n’a le moindre intérêt à entreprendre sérieusement des actions pour mettre un terme à la souffrance des populations du Congo et faire sanctionner les responsables des crimes. Aussi effroyable que cela puisse paraître, ces personnalités doivent être persuadées que le massacre des Congolais aujourd’hui est inévitable. Il serait impossible à la fois d’inquiéter les « machines à tuer et à violer » dans l’Est du Congo et de garantir la prospérité des économies occidentales et le confort des consommateurs, en particulier les utilisateurs des téléphones portables.

Ces appareils sont fabriqués avec du coltan[2], un minerai dont le Congo détiendrait jusqu’à 80 % des réserves mondiales. Les approvisionnements se font dans les zones d’extrême violence du Kivu (Est du Congo) et les confortables marges des multinationales ne sont assurées que si elles continuent de se procurer ces matières stratégiques à vil prix, dans des zones maintenues en situation de non-droit.

L’internationale impuissance
L’internationale impuissance

Tous coupables ?

Le consommateur a besoin de son téléphone portable, toujours moins cher. Les opérateurs de la téléphonie mobile, leurs banques, les compagnies d’assurances,… et les réseaux d’hommes et de femmes politiques, tiennent fermement à leurs profits. Les usines en Chine qui fabriquent nos produits électroniques doivent continuer à fonctionner. Les dirigeants politiques et militaires du Rwanda, de l’Ouganda et de Kinshasa, malgré les millions de morts qu’ils ont sur la conscience, doivent être maintenus au pouvoir pour rassurer ce marché international de la prédation.

Seules quelques rares consciences, çà-et-là dans le monde, tentent de rappeler qu’au bout de la chaine se trouvent des enfants travaillant comme des esclaves dans des mines, ou servant de chair à canon dans les interminables combats. De petites filles (parfois de moins de 10 ans) sont arrachées à leurs familles et utilisées comme esclaves sexuelles. Des mères de famille sont violées en public, contaminées au VIH-SIDA et déshonorées à vie. Des centaines de milliers de familles[3] sont jetées dans la nature, chassées de leurs villages et condamnées à mourir à petit feu dans des camps de déplacés du Congo devenus de sordides mouroirs. C’est un système digne de l’holocauste mais les décideurs politiques des grandes puissances et les grands médias semblent résolus à s’en accommoder.

Le bilan de la tragédie des Congolais donne du vertige : 5,4 millions de morts selon l’ONG américaine International Rescue Committee[4] (IRC[5]), quasiment la seule organisation qui s’efforce de réaliser un décompte objectif des victimes de la guerre du Congo. Un bilan qui grimpe à 6,9 millions de morts selon d’autres estimations[6] (estimations du New York Time), la moitié étant des enfants.

En réalité, on ne saura jamais exactement « combien de millions de morts ». En effet, dans le « silence international » figure également le silence des pays qui auraient dû se manifester (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique…) et celui des institutions internationales (ONU, Union européenne). Ils n’ont jamais initié la moindre enquête sur l’ampleur de l’hécatombe. On a pourtant des députés, des sénateurs, des ministres,… Tous observent le plus grand abattoir du monde dans un silence à peine croyable. Un choix qui contraste avec leurs prestigieux mandats et les valeurs dont ils se réclament.

Affaiblir le Congo en tant qu’Etat et laisser faire les « massacreurs » ?

Lorsque des personnalités dans le monde s’expriment sur la tragédie du Congo, elles se « défoncent » sur les « autorités congolaises », accusées d’incompétence. Un comportement ubuesque. Car il est de notoriété publique que les « autorités congolaises » avaient été justement placées au pouvoir, de l’extérieur, en raison de leur incompétence notoire[7]. Depuis  Patrice Lumumba, on redoute que des Congolais compétents et « patriotes » accèdent au pouvoir et menacent le juteux « système de prédation ». Ainsi les dirigeants congolais actuels (nombreux sont quand-même de bonne foi) doivent passivement assister au massacre de « leur peuple » et accompagner le pillage de « leur pays ». Ils ne peuvent rien faire parce qu’ils ne doivent rien faire[8]. Ils reçoivent des ordres de l’extérieur. Les Congolais ont été dépouillés de leur souveraineté[9]

La communauté internationale préfère envoyer des ONG et des casques bleus coûtant plusieurs dizaines de fois le revenu moyen des agents locaux[10], pour des résultats parfois risibles. Il suffirait pourtant de laisser les Congolais choisir librement leurs dirigeants et commencer à rebâtir leur pays (mairies, police, armée, écoles, hôpitaux,…), parce qu’au final, il s’agit bien de « leur pays ».

Comment en est-on arrivé là ?

Ce mariage atroce entre le monde civilisé et la barbarie la plus abjecte, a pu se réaliser, et pourrait encore durer, grâce à la combinaison d’un ensemble de facteurs sûrement mieux décrits dans « Congo – Une histoire » du journaliste belge David Van Reybrouck.

Trop tôt, « le sous-sol du Congo s’avéra receler un véritable « scandale géologique[11] » (…) C’était presque trop beau pour être vrai. »[12] Le pays a ainsi, dès sa création, aiguisé les appétits des « prédateurs » de tous poils qui se ruent sur ses richesses, chaque génération à son tour.

Selon David Van Reybrouck, « Aucun pays au monde n’a eu autant de ‘chance’[13] que le Congo avec ses richesses naturelles. Ces cent cinquante dernières années, chaque fois que le marché international a exprimé une demande pressante pour une certaine matière première – l’ivoire à l’époque victorienne, le caoutchouc après l’invention du pneu gonflable, le cuivre lors de la forte expansion industrielle et militaire, l’uranium durant la guerre froide, le courant alternatif pendant la crise pétrolière des années 1970, le coltan à l’ère de la téléphonie mobile -, le Congo s’est avéré disposer de gigantesques réserves de la marchandise convoitée. Il a pu aisément répondre à la demande. »[14]

Le coltan ou le malheur de tout un peuple
Le coltan ou le malheur de tout un peuple

Le caoutchouc, les pneus et l’holocauste congolais : devoir de mémoire

Longtemps avant la catastrophe du coltan, ce fut le caoutchouc. En 1888, l’Ecossais John Boyd Dunlop invente le caoutchouc gonflable. Comme nos ingénieurs des téléphones portables, Dunlop va améliorer le confort des milliers de gens (voyageurs en Europe et en Amérique). Mais il est loin de se douter qu’il vient de déclencher un cycle de massacre qui se soldera par la mort de millions de Congolais et autant de mutilés (les mains coupées). Avant l’invention de Dunlop, les automobiles et les bicyclettes roulaient avec des roues en bois cerclées de métal. On aurait dû en rester là s’il était possible d’empêcher les inventions catastrophiques. La demande mondiale de caoutchouc explosa.

Le Congo se retrouva être le seul pays au monde disposant d’immenses réserves d’arbres à caoutchouc. Le roi des Belges Léopold II, « propriétaire » de l’Etat Indépendant du Congo (EIC) mit alors sur pied un système monstrueux pire que le Goulag. Il y a encore des survivants qui témoignent, toujours hantés par les scènes d’horreur qu’un épouvantable souverain répandit sur le Congo. Tout un pays fut transformé en un vaste camp de travail forcé. Chaque Congolais, dans un secteur donné, devait rapporter une quantité déterminée de caoutchouc. Ceux qui s’opposaient à la corvée ou n’atteignaient pas les objectifs, souvent hors de portée, étaient mutilés ou tués. Leurs familles étaient massacrées et leurs villages incendiés. Les horreurs de Léopold II dépassent l’entendement. Les soldats furent astreints de rapporter à leurs supérieurs « blancs », des têtes, des mains ou des pieds pour attester que les cartouches fournies avaient bien servi à « tuer des gens » et non du gibier. Les dérives étaient inévitables. Pour se constituer un stock de cartouches, les soldats se mirent à couper les mains des « vivants ». Selon les historiens, le règne de Léopold II coûta la vie à la moitié des habitants du Congo (entre 8 et 30 millions de victimes)[15]. Le roi des Belges amassa une immense fortune grâce au caoutchouc et l’industrie automobile prospéra… le tout sur les charniers des millions de Congolais.

Nos « ancêtres », ces héros…

Cette hécatombe et l’enrichissement qu’elle procura rappelle étrangement ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux, dans l’Est du Congo autour des minerais de sang. Mais il y a quelque chose d’étonnant dans la poursuite de la tragédie du coltan puisqu’on aurait cru qu’en un siècle, l’humanité fût suffisamment pétrie de valeurs humanistes. La Déclaration universelle des droits de l’Homme est apprise dans les écoles à chacune de nos générations.

En tout cas, la tragédie du « caoutchouc rouge » prit fin lorsque les Européens entreprirent de manifester leur indignation à l’encontre de Léopold II. Les victimes du roi n’étaient pourtant que des « Nègres » à une époque où le racisme était encore publiquement assumé. Mais à un certain seuil de cruauté, les Européens ne pouvaient plus se retenir. Ils basculèrent dans des campagnes de protestation contre le souverain belge, à l’initiative de quelques courageux anonymes comme le journaliste britannique (d’origine française) Edmund Dene Morel[16].

Plus d’un siècle après, l’inertie des descendants des mêmes Européens, pourtant plus instruits et plus sensibilisés aux valeurs humanistes, étonne. Le massacre des Congolais, peut-être, profite à bien trop de monde à la fois (consommateurs, multinationales, banques, usines chinoises, hommes politiques, journalistes (craignant d’aborder le sujet pour préserver leurs carrières)…).

Quoi qu’il en soit, les signataires de l’appel des 52 pour un Tribunal pénal international pour le Congo, préviennent, dans leur document, que les futures générations nous jugerons. Pour le confort d’un téléphone portable, qui ne sera d’ailleurs plus de service dans seulement quelques mois, nous fûmes associés à l’extermination des millions d’innocents…

Boniface MUSAVULI

 


[1] Le document interpelle Barack OBAMA, Président des États-Unis ; François HOLLANDE, Président de la République française ; BAN-Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, Herman Van ROMPUY, Président du Conseil européen, Mary ROBINSON, ancienne Présidente d’Irlande et envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU dans la région des Grands lacs.

[2] Le coltan. « Cela ne ressemblait à rien, on aurait dit du gravier noir, qui pesait très lourd, on en trouvait dans la boue mais, soudain, le monde entier en réclama. Pour le Rwanda, cette marchandise devint le principal intérêt économique du Congo. Ce qu’était le caoutchouc en 1900, le coltan le fut en 2000 : une matière première présente en grandes quantités localement (le Congo détenait, d’après les estimations, plus de 80 % des réserves mondiales) et pour laquelle se manifesta brusquement à l’échelle mondiale une demande pressante. Les téléphones portables devinrent les pneus de ce nouveau tournant de siècle. Le coltan se compose de colombite (niobium) et de tantale, deux éléments chimiques qui dans la classification périodique de Mendeleïev se situent exactement l’un au-dessus de l’autre. Tandis que le nio­bium est utilisé dans la production d’acier inoxydable pour, entre autres, les piercings, le tantale est un métal au point de fusion extrêmement élevé (près de 3 000 degrés Celsius). Il est donc par­ticulièrement adapté aux superalliages dans l’industrie de l’aéros­patiale et aux condensateurs dans le domaine de l’électronique. Il suffit d’ouvrir un quelconque téléphone portable, lecteur mp3, lecteur de DVD, ordinateur portable ou une console de jeu pour trouver à l’intérieur un labyrinthe vert sur lequel sont fixées toutes sortes d’éléments incompréhensibles. Les petites perles de cou­leur vive en forme de goutte d’eau, ce sont les condensateurs. En grattant un peu, on peut les ouvrir et on se retrouve avec un petit morceau de Congo dans la main. » D. VAN REYBROUCK, Congo – Une histoire, ACTES SUD, 2012, p. 489.

[3] Le Haut-Commissariat aux Réfugiés estime à 2.669.069 le nombre des Congolais déplacés de guerre et à 509.396 le nombre de réfugiés congolais à l’étranger. Source : http://www.unhcr.org/pages/49e45c366.html#

[4] http://www.rescue.org/sites/default… – page 16.

[5] L’ironie veut que cette ONG américaine fût créée en 1933 à la suggestion d’Albert Einstein à qui on doit cette phrase qui résonne comme une prophétie pour les victimes du Congo : « Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

[6] http://www.nytimes.com/2010/02/07/o…

[7] L’affirmation suivante du docteur Helmut Strizek me semble pertinente : « Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés américains et européens — l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte — que le Congo soit dirigé par ‘un jeune Rwandais inoffensif’, en la personne de Joseph Kabila. Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et à Kagame d’être sûr que le danger, dans la lutte contre son pouvoir dictatorial, ne viendrait pas de la République démocratique du Congo. » Pierre PEAN, Carnage – Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Éditions Fayard, 2010, p. 418.

[8] Eté 2004 : l’armée rwandaise occupe la ville de Bukavu dans l’Est du Congo et se livre à des exactions (plus de 200 femmes violées en plus d’assassinats et de pillages, notamment le pillage de la banque de Bukavu). « Le 22 juin 2004, en fin de journée, monsieur Javier Solana téléphone à Joseph Kabila. (…). Ce qui l’intéresse c’est le fait que Kabila doit rester passif devant les incursions rwandaises (…) le haut représentant de l’Union Européenne et l’ensemble des grandes puissances mettent désormais l’accent sur l’élection de Joseph Kabila en RDC. On lui recommande donc la pondération et presque l’immobilisme face à l’agression du Rwanda. Face aux exigences de la « communauté internationale » et de Javier Solana, Joseph Kabila se montre coopératif et donc rassurant. Le président congolais, désigné comme tel à la mort de Laurent-Désiré Kabila, s’aperçoit progressivement qu’il est soutenu par l’Union Européenne, que celle-ci mise déjà sur lui pour les élections présidentielles et qu’il n’est pas dans son intérêt de stigmatiser le Rwanda ou de s’opposer à Kigali. (…) Il affirme donc dans son entretien avec monsieur Solana qu’il va surmonter la crise de l’Est « avec sagesse », c’est-à-dire qu’il ne fera rien (…) » Charles ONANA, Europe, Crimes et Censure au Congo, les documents qui accusent, Ed. Duboiris, 2012, pp. 231-232.

[9] C’est ce qu’il faut comprendre, par exemple, de récents évènements dans le Kivu. L’armée congolaise, commandée par un certain colonel Mamadou Ndala, avait entrepris de reconquérir les territoires sous occupation du Rwanda dissimulé derrière l’étiquette du M23. Les soldats congolais enchaînaient des victoires prometteuses. Le pays avait l’occasion de régler définitivement la question des groupes armés, pilotés par le Rwanda et l’Ouganda, qui ravagent l’Est du Congo depuis trop longtemps. A la surprise générale, l’offensive est stoppée net sur ordre, semble-t-il, de Joseph Kabila et de la Monusco, provoquant la colère de la population de Goma contre Joseph Kabila et la Monusco. C’était le sabotage de trop. Parce que c’est le même scenario depuis deux décennies. Chaque fois que les Congolais ont l’occasion de relever la tête, ils sont sommés de renoncer, comme s’ils n’avaient plus aucun droit sur l’avenir de « leur pays ».

[10] Les 23.734 agents civils et militaires de l’ONU au Congo disposent d’un budget annuel de 1.347.588.800 $us, soit un coût mensuel par individu de 4.731,56 $us. Les 3.069 membres de la Brigade d’intervention (Résolution 2098(2013)) bénéficient d’un budget de 140.000.000 $us, soit un coût mensuel par individu de 3.801,45 $us.

Source : http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/monusco/facts.shtml . Le soldat congolais, quant à lui perçoit un salaire de misère, quand il est payé, et son montant est assez mal connu. Selon la Démocratie Chrétienne, un parti d’opposition, un colonel congolais perçoit une solde mensuelle de 80 $us tandis qu’un soldat de première classe est rétribué 65,30 $us. Source : http://democratiechretienne.org/2012/06/16/3178/.

[11] Jules Cornet, géologue belge (1865-1929) décrit le Congo comme un scandale géologique. Il semble incrédule en découvrant les immenses gisements miniers du pays surtout ceux de la région du Katanga dont il réalisa une carte détaillée.

[12] D VAN REYBROUCK, Congo – Une histoire, ACTES SUD, 2012, p. 139.

[13] Le mot « chance » n’est toutefois pas soutenable. Les richesses du Congo sont indéniablement une malédiction qui se traduit par d’indicibles horreurs au quotidien et la désespérance des victimes devant le mur international du silence.

[14] D VAN REYBROUCK, op.cit. p. 139.

[15] https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_ind%C3%A9pendant_du_Congo#Quel_bilan_.3F

[16] http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Dene_Morel

 

Une affaire qui marche : le Goulag US


 

moral-monstrosity-american-gulag.siL’ensemble pénitentiaire US s’est lentement transformé, depuis le début des années 1970, en un Prison Industrial Complex (PIC) qui s’avère être une des plus étonnantes trouvailles du Système dans la recherche d’une activité à la fois industrielle et génocidaire, – faisant passer au second plan les problématiques de la justice et de la délinquance qui, d’ordinaire, définissent la question des prisons. Lire la suite Une affaire qui marche : le Goulag US