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Le yuan dépasse l’euro dans les échanges commerciaux


dollar-yuan-livre-euroLa monnaie nationale chinoise est devenue en octobre la deuxième devise la plus échangée au monde, dépassant ainsi l’euro, a annoncé l’organisation internationale des services financiers, le SWIFT, ce mardi 3 décembre. Lire la suite Le yuan dépasse l’euro dans les échanges commerciaux

Discours de Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde – I – Qui est Edward Snowden ?


A la Conférence Annuelle du Socialisme à Chicago la nuit dernière, Glenn Greenwald prononça un discours dans lequel il a relaté comment il avait été contacté et rencontré Edward Snowden la première fois. Il a parlé de sa surprise de le voir si jeune et comment sa détermination et  sa conviction pour divulguer les fonctionnements internes de la NSA lui avaient inspiré le courage de publier les documents qui lui seraient transmis lors des trois ou quatre mois qui suivirent.

Greenwald décrit comment les révélations sur la NSA ont non seulement exposé les Etats-Unis en tant qu’état sous surveillance mais aborde aussi la corruption  et le pourrissement moral de l’establishment du journalisme dans ce pays. Il a également laissé à l’auditoire le message qu’il ne fallait pas craindre le “climat de peur” que le gouvernement américain souhaite imposer à ceux qui osent défier son pouvoir. Ce qui suit est la transcription de son discours après une introduction et un préliminaire au cours duquel il rendit hommage à Jeremy Scahill qui venait de le presenter à l’auditoire. Puis, après quelques réflexions, il décida de s’assoir sur une chaise pour le discours qui suit.

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Qui est Edward Snowden ?

… J’ai été contacté par Edward Snowden il y a de ça plusieurs mois. Il m’a contacté par mails. Il ne disait pas son nom. Il ne disait pas grand chose. Il disait simplement qu’il avait des documents qu’il pensait pourraient m‘intéresser ce qui devait devenir par la suite le plus grand euphémisme de la décennie. Mais il ne me disait pas grand chose le concernant et plusieurs mois ont passé parce que nous parlions d’un système de code et d’autres choses et ce n’est que lorsqu’il est arrivé à Hong Kong avec les documents qu’on a commencé à avoir des discussions substantielles à propos de lui, de ce qu’il faisait et quel genre de documents il avait. Et j’ai passé de nombreuses heures à discuter en ligne avec lui à Hong Kong mais j’ignorais, son nom. Je ne connaissais rien de son parcours, son âge, ni même où il travaillait. Et il essayait de me faire venir à Hong Kong pour lui parler et avant que je fasse ça, faire la moitié du tour du monde en avion, je voulais des garanties que ça en valait vraiment la peine, qu’il y avait une substance derrière ce qu’il disait. Donc il m’a envoyé un hors d’oeuvre, comme lorsque vous avez un chien, vous lui présentez un biscuit sous le nez pour le faire aller là où vous voulez qu’il aille. C’est ce qu’il a fait pour m’amener à Hong Kong.  Ces documents, même si ce n’était qu’un petit échantillon, étaient les choses les plus extraordinaires que j’avais jamais vues.  Je me souviens qu’après avoir lu les deux premières pages, j’étais littéralement étourdi, étourdi par une sorte d’extase et d’euphorie par rapport à ce qu’il avait en sa possession. Et comme la plupart d’entre nous lorsque nous communiquons exclusivement en ligne avec quelqu’un, j’ai commencé à former une sorte d’impression mentale de qui il était. J’étais plutôt certain qu’il était plus âgé, voire même la soixantaine. Qu’il était comme un cadre bureaucrate à l’intérieur d’une des agences d’état de la sécurité nationale, plutôt grisonnant et approchant la fin de sa carrière. Et la raison pour laquelle je pensais cela c’est qu’il avait à l’évidence un accès assez haut placé à des documents top secrets. Il avait aussi une vision incroyablement pénétrante et mûrement réfléchie sur la nature de l’appareil de sécurité nationale ainsi que sur sa propre relation avec cet appareil si bien que je me suis dit que ça voulait dire qu’il avait dû réfléchir à tout cela et interagir avec ces éléments sur une période de nombreuses années. Mais la vraie raison pour laquelle je pensais qu’il avait cet âge, approchant de la retraite, peut-être même approchant la fin de sa vie, c’est qu’il soulignait, et ce dès nos premiers contacts, le fait qu’il savait pertinemment que ce qu’il faisait allait pour l’essentiel bouleverser sa vie et probablement la détruire. Qu’il y avait de grandes chances, voire même inévitables,  qu’il atterrisse probablement en prison, si ce n’est pire. Ou du moins, qu’il devrait fuir pour le reste de sa vie l’état le plus puissant du monde. Je n’y ai pas pensé consciemment, mais je pense que j’ai tacitement assumé que quiconque envisageait de faire un sacrifice de sa vie de cette ampleur était probablement quelqu’un qui avait pas mal souffert et était proche de la fin pour accumuler autant de bravoure.

Quand je suis arrivé à Hong Kong et que je l’ai rencontré pour la première fois, je me suis trouvé désorienté et dans une confusion complète comme jamais je ne l’avais été dans ma vie. Non seulement il n’avait pas soixante-cinq ans, il avait vingt-neuf ans mais il avait l’air beaucoup plus jeune. Et donc, lorsque nous sommes allés dans sa chambre d’hôtel pour commencer à lui poser des questions (Laura Poitras, la caméraman, et moi-même) ce que je voulais comprendre par dessus tout était ce qui l’avait poussé à faire ce choix extraordinaire, d’une part parce que je ne voulais pas faire partie d’un évènement qui allait détruire la vie de quelqu’un si cette personne n’était pas complètement lucide et rationnelle vis à vis de la décision qu’elle était en train de prendre, mais aussi parce que je voulais vraiment comprendre, juste par curiosité personnelle, ce qui poussait quelqu’un qui a  toute la vie devant lui, qui vivait  en couple depuis un certain temps dans un cadre des plus désirables à Hawaï, dans un emploi stable relativement bien payé, à tout jeter ainsi pour devenir instantanément un fugitif et un individu qui allait probablement passer le reste de sa vie dans une cage. Plus je lui parlais, plus je comprenais et plus j’étais,dépassé et plus cela devenait une expérience formatrice pour moi et pour le reste de ma vie parce que ce qu’il me disait encore et toujours, de plusieurs façons, et toujours avec une attitude si pure et passionnée que je n’ai jamais douté un seul instant de son authenticité, est qu’il y avait dans la vie des choses plus importantes que le confort matériel, que la stabilité d’un emploi, ou bien que juste essayer de prolonger sa vie le plus longtemps possible. Ce qu’il n’a eu de cesse de me dire, c’est qu’il ne jugeait pas sa vie à l’aune de ce qu’il pensait de lui mais par les actions qu’il prenait à la poursuite de ces convictions. Lorsque je lui ai demandé comment il en était arrivé au point de vouloir prendre le risque qu’il savait qu’il prenait, il m’a répondu qu’il cherchait depuis longtemps un chef de file, quelqu’un qui arriverait et réglerait ces problèmes. Et puis un jour, il s’est aperrcu que ça ne servait à rien d’attendre, qu’être un chef de file, c’est s’engager soi-même d’abord et donner l’exemple aux autres.  Ce qu’il disait au final, c’est qu’il ne  voulait pas vivre dans un monde où le gouvernement US se permettait ces extraordinaires envahissements pour construire un système ayant pour objectif la destruction de toute vie privée individuelle, qu’il ne voulait pas vivre dans un  tel monde, et qu’il ne pouvait, en bonne conscience, juste regarder et permettre que cela se passe ainsi, sachant qu’il avait le pouvoir d’aider à ce que cela s’arrête.

La chose la plus frappante pour moi à ce sujet, je suis resté onze jours consécutifs avec lui, alors qu’il était toujours un inconnu parce que nous n’avions pas encore divulgué son identité, et je le regardais suivre les débats sur CNN, NBC ou MSNBC ou les autres chaines du monde  entier pour voir ce qu’il avait essayé de provoquer par les actions qu’il avait prises. Et je l’ai vu aussi une fois qu’on avait révélé qu’il était l’homme le plus recherché du monde, que les officiels de Washington l’appelaient un traître, voulaient sa tête. Ce qui était ahurissant et continue à l’être encore maintenant, c’est qu’il n’y avait en lui aucun un soupçon de remords, de regrets, ou de peur.  C’était un individu complètent en paix avec le choix qu’il avait fait parce que ce choix qu’il avait fait était tellement incroyablement puissant, j’étais incroyablement inspiré d’être à côté de quelqu’un qui avait atteint un tel degré de tranquillité parce qu’il était tellement convaincu d’avoir fait ce qui était juste et son courage, sa passion m’infectèrent au point que j’ai juré que quoi que je fasse dans la vie avec cette histoire et au delà, j’allais dédier ma vie à faire justice à l’incroyable acte de sacrifice personnel qu’Edward Snowden a accompli. Et cette énergie, je le constatais alors, infecta tout le monde au Guardian, qui est une organisation médiatique assez grande, et je suis la dernière personne à faire l’éloge d’une organisation médiatique, même une pour laquelle je travaille, surtout une pour laquelle je travaille. Pourtant j’ai vu depuis quatre semaines, les rédacteurs du Guardian, les rédacteurs en chef qui ont dirigé le Guardian depuis des années, s’engager dans un journalisme intrépide et courageux en ignorant jour après jour le climat de terreur et les menaces dun gouvernement US et en disant nous allons continuer à publier toute information que nous pensons devoir publier pour le bien commun.

Si vous parlez à Edward Snowden et vous lui demandez, comme je l’ai fait, ce qu’il l’a inspiré, il parle d’autres individus qui se sont engagés courageusement dans une situation similaire, comme Bradley Manning ou ce vendeur tunisien qui s’est immolé et a déclenché une des plus grandes révolutions démocratiques de ces quatre ou cinq derniers siècles. Ce dont j’ai commencé à me rendre compte à propos de tout cela, c’est deux choses.  Premièrement, le courage est contagieux. Si vous faites un acte courageux en tant qu’individu, vous changerez littéralement le monde, parce que vous allez affecter les gens de votre entourage immédiat qui ensuite affecteront d’autres puis ceux-la encore d’autres.  Vous ne devriez jamais douter de votre capacité à changer les choses. L’autre chose dont je me suis rendu compte,  ce que vous êtes  en tant qu’individu ou ce que représentent, en terme de pouvoir, les institutions que vous défiez, tout cela  n’a aucune importance. M. Snowden n’a jamais eu son bac. Ses parents travaillent pour le gouvernement fédéral. Il a grandi dans un milieu modeste de la classe moyenne au sein d’une communauté militaire en Virginie  Il a rejoint l’Armée US parce qu’il pensait que la guerre en Irak était noble. C’est quelqu’un qui a zéro privilège, zéro pouvoir, zéro position, zéro prestige, et pourtant, lui tout seul, a littéralement changé le monde… une des choses que j’ai réalisées assez tôt est que non seulement lui mais aussi toutes les personnes qui auraient à faire quelque chose dans la publication de ces articles, nous allions être attaqués  et diabolisés de la manière que Jeremy a décrite. On voit toutes sortes d’attaques sur lui qui sont absurdes et contraires à la réalité. On entend des   affirmations de la part de psychologues de salon du genre qu’il serait narcissique. Je ne suis même pas sûr qu’ils sachent ce que cela veut dire, mais c’est devenu le scénario qu’ils récitent tous. C’est quelqu’un qui aurait pu vendre ces documents à des services de renseignement pour des millions et passer le reste de sa vie secrètement enrichi au delà de ses rêves les plus fous et il n’a rien fait de tout cela. Au contraire, il s’est mis en avant et est devenu une cible pour le bien de nous tous. Ou alors ils essaient de remettre en question ses motivations et disent que c’est quelqu’un qui cherche la célébrité, ou une “pute pour la célébrité” qui est leur phrase préférée en ce moment.  J’ai passé ces trois dernières semaines à me faire harceler par les plus ridicules stars des médias des US qui sont complètement désespérés pour obtenir un entretien avec Edward Snowden et le mettre dans leur émission quotidienne. Il aurait pu être une des personnes les plus célèbres dans le monde. Il est bien plus du genre reclus que “pute pour la célébrité”. Il a refusé toutes ces propositions d’entretien parce que sa vraie motivation pour faire ce qu’il a fait est exactement ce qu’il a dit, c’est, non pas se rendre célèbre, mais de rendre compte aux gens des Etats-unis et du monde de ce qui est en train de leur être fait en secret par le gouvernement US. La raison pour laquelle c’est toujours une habitude pour les gens comme Edward Snowden d’être diabolisées, la raison pour laquelle il est important de leur attribuer une maladie psychologique, comme ils l’ont fait avec Bradley Manning, comme ils essaient de faire avec tous les déclencheurs d’alerte, comme ils l’ont fait avec Daniel Ellsberg, c’est parce qu’ils savent précisément ce que j’ai dit, que le courage est contagieux. Et qu’il va être un exemple pour d’autres gens qui vont venir donner l’alerte sur le devant de la scène en ce qui concerne la tromperie, l’illégalité et la corruption des choses  qu’ils font dans l’ombre. Ils ont besoin de faire un exemple négatif pour que cela ne se reproduise pas et c’est la raison pour laquelle les gens comme Edward Snowden sont diabolises et attaqués et c’est pourquoi c’est à chacun de nous qu’il revient de le défendre pour le maintenir comme le noble exemple qu’il est et pour qu’il ait une juste reconnaissance. Voilà les choses sur lesquelles j’ai personnellement ouvert les yeux dans cette affaire et je suis sûr que je n’ai pas encore réfléchi à toutes les implications et je continuerai à le faire dans le temps. Mais j’ai une certitude c’est que cette expérience sera une expéience formatrice pour moi et pour des millions de gens dans le monde entier et par bien des manières.

Article paru le 28 juin 2013, http://niqnaq.wordpress.com/2013/06/30/i-shall-be-interested-to-see-whether-the-right-wing-conspiromaniacs-are-still-claiming-all-this-is-a-limited-hang-out-by-the-cia/

(http://www.youtube.com/user/WeAreManyMedia)

 

Traduction : Pierre MILLE

Texte intégral : A la Conférence Annuelle du Socialisme

 

Un nouveau départ sans le masque moralisateur de Washington – Paul Craig Roberts


NSA carte du mondeIl est difficile de comprendre tout le ramdam que Washington et ses putains médias font sur Edward Snowden. Nous savions depuis longtemps que la National Security Agency (NSA)  espionnait pendant des années, sans mandat, les communications des Américains et de personnes à travers le monde. Les photos du gigantesque immeuble de la NSA dans le Utah, construit dans le but de stocker les communications interceptées dans le monde, ont été publiées à plusieurs reprises.

Il n’est pas évident, pour une personne ordinaire, de voir que ce que Snowden a révélé,  William Binney et d’autres dénonciateurs l’ont déjà révélé. Peut-être que la différence est que Snowden a fourni des documents qui le prouvent, brisant ainsi la capacité de Washington à nier les faits avec ses mensonges habituels.

Quelle que soit la raison du baratin de Washington, cela ne fait certainement aucun bien au gouvernement américain. Beaucoup plus intéressant que les révélations de Snowden est la décision prise par les gouvernements d’autres pays pour protéger un diseur-de-vérité sur la Stasi de Washington.

Hong Kong a gardé le secret sur la localisation de Snowden de sorte qu’une opération secrète amerikaine* ou un drone n’ont pas pu être envoyés pour  l’assassiner. Hong Kong a déclaré à Washington que ses documents fournis pour l’extradition de Snowden n’étaient pas en règle et ils ont permis à Snowden de partir pour Moscou.

Le gouvernement chinois n’a pas interféré avec le départ de Snowden.

Le gouvernement russe a dit qu’il n’avait aucune objection à ce que Snowden ait un vol de correspondance à Moscou.

Le Ministre des Affaires étrangères de l’Équateur, Ricardo Patino, a répondu aux menaces de Washington avec une déclaration disant que le gouvernement équatorien mettait les droits de l’homme au-dessus des intérêts de Washington. Le Ministre des Affaires étrangères Patino a déclaré que Snowden a servi l’humanité en révélant que la Stasi de Washington violait les droits de «chaque citoyen du monde. » Snowden a simplement trahi « certaines élites qui sont au pouvoir dans un pays donné», alors que Washington a trahi le monde entier.

Avec Hong Kong, la Chine, la Russie, l’Equateur et Cuba refusant d’obéir aux ordres de la Stasi, Washington est en train de se débattre dans une duperie totale de lui-même et de ses médias prostitués.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry a émis des mises en garde à tour de bras. Il a menacé la Russie, la Chine, l’Equateur et tous les pays qui ont facilité et encouragé la fuite de Snowden de la Stasi de Washington. Ceux qui n’obéissent pas aux ordres de Washington, a déclaré Kerry, subiront des impacts négatifs dans leur relation avec les Etats-Unis.

Quelle stupidité de la part de Kerry. Voici un gars qui était autrefois pour la paix, mais qui a été transformé par la NSA ayant espionné ses affaires personnelles en un atout pour la NSA. Essayez de réaliser l’extraordinaire arrogance et l’orgueil contenus dans la menace de Kerry contre la Chine, la Russie et d’autres pays, disant qu’ils vont souffrir de mauvaises relations avec les Etats-Unis. Kerry dit que ‘’l’Amerika’’ n’a pas à se préoccuper que «le peuple indispensable » ait de mauvaises relations avec d’autres pays, mais plutôt que c’est à ces pays de se préoccuper des mauvaises relations qu’ils auraient avec le «pays indispensable». Que d’arrogance dans cette attitude que le gouvernement des États-Unis présente au monde.

Ici nous avons un Secrétaire d’Etat américain, perdu dans l’illusion avec le reste de Washington. Un pays qui est en faillite, un pays qui a permis à ses entreprises de détruire son économie en déplaçant les meilleurs emplois à l’étranger, un pays dont l’avenir est entre les mains de la presse, un pays qui, après onze années de combat a été incapable de vaincre quelques milliers de talibans légèrement armés, menace désormais la Russie et la Chine. Dieu nous sauve des imbéciles absolus qui composent notre gouvernement.

Le monde se réjouit de l’humiliation de Washington par Hong Kong. Une simple ville-Etat a fait un doigt d’honneur à Washington. Dans sa déclaration officielle, Hong Kong détourné l’attention de Snowden pour la focaliser sur son message et a demandé au gouvernement américain de s’expliquer sur le piratage illégal des systèmes d’information de Hong Kong.

Le journal d’Etat de la Chine, le Quotidien du Peuple, a écrit: «Les États-Unis sont passés d’un modèle de droits de l’homme à celui d’un espion de la vie privée, pour devenir le manipulateur du pouvoir centralisé sur l’Internet international, et l’envahisseur fou des réseaux d’autres pays. . . Le monde se souviendra d’Edward Snowden. C’est sa témérité qui a arraché le masque moralisateur de Washington « .

Le journal chinois Global Times, une filiale du Quotidien du peuple, ont accusé Washington d’attaquer « un jeune idéaliste qui a exposé les scandales sinistres du gouvernement américain. » Au lieu de s’excuser « Washington exhibe ses muscles en essayant de contrôler toute la situation. »

L’agence officielle de presse chinoise Xinhua a indiqué que les révélations de Snowden avaient placé « Washington dans une situation vraiment délicate. Ils démontrent que les Etats-Unis, qui tente depuis longtemps de jouer les innocents en se présentant comme une victime de cyber-attaques, s’est révélé être le plus grand voyou de notre époque ».

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a précisé que la sympathie de la Russie est avec Snowden, pas avec l’état Stasi amerikain. Le Médiateur pour les droits de l’homme Vladimir Loukine, a déclaré qu’il n’était pas réaliste de s’attendre à ce que le gouvernement russe viole le droit pour saisir un passager en transit qui n’était pas entré en Russie et n’était pas sur le sol russe. Gayane Chichakyan de RT a indiqué que Washington est en train de faire tout son possible pour détourner l’attention de révélations de Snowden qui « montrent que les États-Unis ont menti et ont fait le même que ce qu’ils accusent la Chine de faire. »

L’Equateur dit que le traître est Washington, pas Snowden.

Les cris de cochon qu’on égorge du directeur de la NSA – « Edward Snowden a causé des dommages irréversibles aux Etats-Unis », rivalisent avec les hurlements obligeant des membres de la Chambre et du Sénat, eux-mêmes victimes de l’espionnage de la NSA, comme le fut le directeur de la CIA qui avait été forcé de démissionner pour une histoire d’amour. La NSA est en position de faire chanter tout le monde à la Chambre et au Sénat, à la Maison Blanche elle-même, dans toutes les sociétés, les universités, les médias, chaque organisation, à l’intérieur comme à l’étranger, qui a quelque chose à cacher. Vous pouvez dire qui est victime d’un chantage par l’intensité de ses hurlements, comme ceux de Dianne Feinstein (D, CA) et Mike Rogers (R, MI). Avec un peu de chance, un patriote fuitera ce que la NSA a sur Feinstein et Rogers, qui trainent probablement chacun quelques casseroles.

Le gouvernement de gangster de Washington qui a tout à cacher est maintenant entre les mains de la NSA et est aux ordres. La prétention que ‘’l’Amerika’’ est une démocratie responsable devant le peuple a volé en éclat. Les États-Unis sont gérés par et pour la NSA. Le Congrès et la Maison Blanche sont des marionnettes de la NSA.

Arrêtons d’appeler la NSA, Agence de sécurité nationale. De toute évidence, la NSA est une menace pour la sécurité de chaque personne dans le monde entier. Appelons la NSA ce qu’elle est vraiment, Agence Nationale de la Stasi, le plus grand ensemble Gestapiste  de l’histoire humaine. Vous pouvez prendre pour acquis que chaque média putain, chaque prostitué du gouvernement, tous les ignorants brandisseurs- de-drapeaux qui déclarent que Snowden est un traître, est soit un de ceux qui ont subi le lavage de cerveau, soit une victime du chantage. Ils sont les protecteurs de la tyrannie de la NSA. Ils sont nos ennemis.

Le monde est devenu de plus en plus malade de Washington, et ce pour une longue période. L’intimidation, le flot constant de mensonges, les guerres et les destructions gratuites ont détruit l’image médiatisée par Washington des Etats-Unis comme une «lumière pour le monde. » Le monde voit les États-Unis comme la peste sur le monde.

Après les révélations de Snowden, le magazine le plus important de l’Allemagne, Der Spiegel, a titré: «Le totalitarisme mou d’Obama: l’Europe doit se protéger contre l’Amérique. » La première phrase de l’article pose la question: «Barack Obama est-il un ami? Les révélations sur le vaste programme d’espionnage de son gouvernement appellent à en douter. L’Union européenne doit protéger le continent de la portée de l’Amérique toute-puissance ».

Der Spiegel poursuit: «Nous sommes surveillés. Tout le temps et partout. Et ce sont les Américains qui nous observent. Mardi, le chef du système de surveillance le plus vaste et le plus global jamais inventé vient nous rendre visite. Si Barack Obama est notre ami, alors nous n’avons pas vraiment besoin d’être terriblement inquiet au sujet de nos ennemis « .

Il y a peu de doute que le ministre de l’Intérieur allemand, Hans Peter Friedrich, ait ses secrets détenus par les espions du NSA. Friedrich s’est précipité à la défense de la NSA, déclarant: «. Ce n’est pas la façon dont on traite des amis » Comme le montre clairement Der Spiegel, le ministre ne faisait pas référence « au fait que nos amis transatlantiques nous espionnent. Il  voulait plutôt parler de la critique de cet espionnage. La réaction de Friedrich n’est paradoxale qu’en surface et peut être expliquée en regardant les réalités géopolitiques. Les États-Unis sont, pour le moment, la seule puissance mondiale et en tant que telle, ils sont le seul État véritablement souverain dans l’existence. Tous les autres sont dépendants, soit comme ennemis ou soit comme alliés. Et parce que la plupart préfèrent être des alliés, les politiciens -Allemands inclus, préfèrent sourire et supporter.  »

Il est extraordinaire que la publication la plus importante en Allemagne ait reconnu que le gouvernement allemand est une marionnette de Washington.

Der Spiegel affirme: « Les citoyens allemands devraient pouvoir s’attendre à ce que leur gouvernement les protège de l’espionnage des gouvernements étrangers. Mais le ministre allemand de l’Intérieur dit plutôt: « Nous sommes reconnaissants pour l’excellente coopération avec les services secrets américains ». Friedrich n’a même pas essayé de dissimuler son incompétence sur la question de la surveillance. «Tout ce que nous savons à ce sujet, nous l’avons appris par les médias », dit-il. Le chef de l’agence de renseignement intérieure du pays, Hans-Georg Maassen, n’était pas plus éclairé. «Je ne sais rien à ce sujet », dit-il. Et la ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger était aussi apparemment dans l’obscurité. «Ces rapports sont extrêmement troublants », dit-elle. Avec tout le respect que nous leur devons :  Ce sont ces gens qui sont censés protéger nos droits? Si ce n’était pas si effrayant, ce serait absurde.  »

Pour les crétins Amerikains qui disent: «Je ne fais rien de mal, je m’en fous s’ils espionnent, » Der Spiegal écrit qu’un « être humain surveillé n’est pas libre ». » Nous avons atteint le point où nous, « américains libres’’ avons à apprendre de nos marionnettes allemandes que nous ne sommes pas libres.

Ici, le lire par vous-même : http://www.spiegel.de/international/world/europe-must-stand-up-to-american-cyber-snooping-a-906250.html

L’Allemagne d’aujourd’hui est un nouveau pays, lavé de son passé par la guerre et la défaite. La Russie est aussi un pays nouveau qui a émergé des cendres d’une idéologie irréaliste. L’espoir réside toujours avec ces pays qui ont le plus expérimentés le mal au sein du gouvernement. Si l’Allemagne devait se débarrasser de son suzerain amerikain et sortait de l’OTAN, le pouvoir amerikain en Europe s’effondrerait. Si l’Allemagne et la Russie devaient s’unir pour la défense de la vérité et de droits de l’homme, l’Europe et le monde aurait un nouveau départ.

Un nouveau départ est désespérément nécessaire. Chris Floyd explique précisément ce qui se passe, quelque chose que vous n’entendrez jamais des médias presstitués. Lisez-le pendant qu’il est encore possible de le faire : http://www.globalresearch.ca/follow-the-money-the-secret-heart-of-the-secret-state-the-deeper-implications-of-the-snowden-revelations/5340132

Il y aurait de l’espoir si les Américains pouvaient se débarrasser de leur lavage de cerveau, suivre l’exemple de Debra Sweet et d’autres, et se lever pour Edward Snowden et contre l’Etat Stasi. http://www.opednews.com/populum/printer_friendly.php?content = a & id = 167695

Traduction : Avic

Source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/06/25/a-new-beginning-without-washingtons-sanctimonious-mask-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

*Amérika : mot intentionnellement  utilisé par Paul Creg Roberts, au lieu de America.

URGENT – Edward Snowden arrive à Moscou


Edward Snowden MoscouEdward Snowden qui a dévoilé les activités des services spéciaux américains, a pris un avion Hong-Kong- Moscou, selon Ria Novosti.

On se croirait en pleine guerre froide avec ses transfuges, ses réfugiés dans les ambassades, et même ses goulags. Sauf que cette fois c’est l’inverse. Les persécuteurs et les goulags sont à l’Ouest.

Avic

 

Pourquoi Édouard Snowden a-t-il choisi Hong Kong ?


hong_kong_nightBeaucoup de monde dans les médias américains se demande pourquoi le plus célèbre dénonciateur de l’Amérique, âgé de 29 ans, Edward Snowden, est allé se planquer dans la ville-État de Hong Kong, appartenant à part entière à la République populaire de Chine, pour y chercher refuge, même temporaire.

Hong Kong a un traité d’extradition avec les Etats-Unis, disent-ils. Et comme pour la Chine, qui contrôle les affaires internationales de la Région administrative spéciale de Hong Kong, tout en lui accordant l’autonomie locale pour régir ses affaires internes, ses dirigeants « ne veulent pas irriter les Etats-Unis » à un moment où l’économie chinoise marque le pas.

Ces gens n’ont pas beaucoup de compréhension de Hong Kong ou de la Chine.

En tant que quelqu’un qui a passé près de sept ans en Chine et à Hong Kong, permettez-moi de présenter mes réflexions sur les raisons qui ont poussé Snowden, de toute évidence un homme très avisé en dépit de son manque d’éducation universitaire, à faire ce choix.

Tout d’abord, oubliez le traité d’extradition de Hong Kong. Quand il s’agit de décider si une personne doit être extradée, en particulier pour un crime politique, par opposition à un simple meurtre ou braquage de banque, la décision sera prise à Pékin, pas dans une salle d’audience de Hong Kong. Deuxièmement, Hong Kong a une longue histoire de fournisseur d’asile aux dissidents – même à des dissidents recherchés par le gouvernement chinois. Ça avait été le cas, par exemple, de l’activiste du mouvement ouvrier chinois Han Dongfang, qui avait fait l’objet d’un coup de filet massif après les manifestations de Tiananmen, mais qui avait réussi à s’enfuir à Hong Kong avant la rétrocession de la place par la Grande-Bretagne à la Chine, et qui continue toujours de surveiller les conflits de travail et les protestations ouvrières à partir de son domicile sur l’île Lamma de Hong Kong. Hong Kong a aussi une population très favorable aux valeurs démocratiques – certainement bien plus que la majorité des citoyens américains. Les habitants de Hong Kong peuvent ne pas accorder trop d’importance à la situation de Snowden pour le moment, mais si les Etats-Unis devaient rechercher activement à l’extrader, je suis convaincu que toute la ville se soulèverait pour le soutenir, y compris les médias locaux.

Quant à la Chine, alors que l’affaire soulevée par Snowden est en cours – l’exposition d’un programme d’espionnage orwellien ciblant le peuple américain et géré par l’ultrasecrète NSA – ce n’est certainement pas une affaire dont le gouvernement chinois aimerait discuter étant donné leur propre société verrouillée. Vous pouvez parier que les gens du Bureau de la Propagande à Pékin, et dans le cercle intime du gouvernement, se frottent les mains avec allégresse à la fois à cause de l’embarras incroyable provoqué par l’hypocrisie des Etats-Unis mise en lumière par leur hôte Snowden, et aussi à cause de la mine de renseignements de sécurité qu’il a en sa possession, et qu’ils peuvent peut-être l’amener à divulguer s’ils le traitent bien.

Et puis, il y a la question du concept confucéen du don et obligations réciproques. Ce n’était, j’en suis sûr, pas par hasard que Snowden a choisi le week-end où le président Obama avait organisé un sommet en Californie pour accueillir le nouveau président chinois  Xi Jinping, pour divulguer son identité en tant que dénonciateur de la NSA, au sujet du programme national d’espionnage, au Guardian et au Washington Post . Ce faisant, il a donné au président Xi un cadeau incroyable – la chance d’avoir le dessus dans ses négociations avec un Obama extrêmement embarrassé et compromis sur des questions telles que le piratage informatique chinois des entreprises américaines et des secrets du gouvernement, ainsi que le vol de propriétés intellectuelles. Car bien sûr, il est clair que la NSA est au moins aussi actif dans le piratage d’ordinateurs chinois et dans l’espionnage des communications chinoises.

Un cadeau tel que celui-là n’est pas facilement ignoré ou oublié dans la culture chinoise. Le Président Xi doit beaucoup à Snowden, et je crois qu’il va honorer cette dette en veillant à ce que Snowden soit à l’abri de toute menace qui pourrait provenir d’un gouvernement américain vindicatif ou apeuré.

Mais Snowden ne se fonde pas uniquement sur les valeurs culturelles chinoises pour se protéger.

Il a également pris soin d’envoyer un puissant message d’avertissement aux responsables américains dans un interview dans une  vidéo publique qu’il a sortie lui-même . Comme il l’a dit à l’interviewer Glenn Greenwald, « j’ai eu accès à des listes complètes de toutes les personnes travaillant à la NSA, la communauté du renseignement tout entier, et des agents infiltrés partout dans le monde ; les emplacements de chaque station, nous savons quelles sont  leurs missions et ainsi de suite. Si je ne cherchais qu’à nuire aux Etats-Unis? Vous pourriez arrêter le système de surveillance dans l’après-midi « .

Cette ligne à la fin a dû raidir dans leurs sièges les gens de Langley et du quartier général de la NSA, ou a dû les inciter à se diriger droit vers le bar pour un raide! Et en effet, il le pouvait. Et je peux même vous garantir, Snowden étant aussi futé qu’il est, qu’il a déjà pris cette information et dispersé à un certain nombre de personnes de confiance, peut-être même Greenwald, avec instructions de tout balancer sur le Web si jamais quelque chose devait lui arriver, comme par exemple son kidnapping, sa disparition ou son assassinat. Il s’agit d’une superbe police d’assurance et cela ne lui aura pas échappé. Il n’aurait pas pris la peine de dévoiler qu’il avait toutes ces informations à sa disposition s’il n’avait pas pensé qu’il pouvait avoir besoin de le faire.

Il serait relativement facile pour les barbouzes high-tech  de la NSA de tracer électroniquement Snowden pour voir s’il a vraiment téléchargé toutes ces informations ultrasecrètes et s’il peut vraiment faire sauter toute la machine d’espionnage américaine. S’ils découvrent qu’il a vraiment ces informations, il serait pratiquement intouchable.

La vraie question n’est pas de savoir ce qu’ils vont faire à Snowden. Mais plutôt ce que nous, Américains, allons faire maintenant que nous savons à quel point notre gouvernement est devenu réellement malsain et totalitaire.

Allons-nous revenir à notre train-train avec nos équipes sportives et nos programmes de télé-réalité, et oublier le fait que nous n’avons plus aucune intimité dans nos vies, que nos dirigeants élus et nos juges fonctionnent sur l’hypothèse que, s’ils sortent de la ligne, la machine fasciste de la NSA, qui travaille au service de l’élite corporative, pourra leur faire du chantage ou les détruire avec son accès à toutes leurs communications ? Ou allons-nous lever et exiger la fin de cette tyrannie high-tech au nom d’une «guerre» frauduleuse contre le terrorisme ?

Snowden s’est exilé et a renoncé à un excellent travail à Hawaï, dans l’espoir que nous allions nous lever quand nous aurons appris que notre démocratie a été détournée.

Espérons que ce ne sera pas en vain.

DAVE LINDORFF est un membre fondateur de ThisCantBeHappening! , et est un contributeur à Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion  (AK Press).

Traduction : Avic