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Obama prépare la guerre sainte Tomahawk – Pepe Escobar


Missile tomahawk
Missile tomahawk

La doctrine  » responsabilité de protéger » ( »responsibility to protect » : R2P) invoquée pour légitimer la guerre en la Libye en 2011 vient de se métamorphoser en  » responsabilité d’attaquer » ( »responsibility to attack » : R2A) en Syrie. Tout simplement parce que l’administration Obama le dit.

Dimanche, la Maison Blanche a dit qu’il avait » très peu de doute » que le gouvernement Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre ses propres citoyens. Lundi, le secrétaire d’Etat John Kerry fait monter la barre à  » indéniable » – et accuse Assad  »d’obscénité morale ».

Donc, quand les Etats-Unis ont bombardé Fallujah avec du phosphore blanc à la fin de 2004, ils ne faisaient que la morale. Et quand les Etats-Unis a aidé Saddam Hussein à gazer les iraniens en 1988, ils faisaient également la morale.

L’administration Obama a décrété que Assad a permis aux inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU de venir en Syrie, et pour célébrer leur arrivée a déclenché une attaque avec des armes chimiques principalement contre des femmes et des enfants à seulement 15 kilomètres de l’hôtel des inspecteurs. Si vous ne le croyez pas, vous souscrivez à une théorie du complot.

La preuve? Qui se soucie de preuve? L’offre d’accès pour les inspecteurs d’Assad est venue  » trop tard ». De toute façon, l’équipe de l’ONU est seulement chargé de déterminer si des armes chimiques ont été déployés – mais pas par qui, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Pour ce qui concerne l’administration Obama et le Premier ministre britannique David  »d’Arabie’’ Cameron – soutenu par le barrage de missiles des médias – cela n’a pas d’importance ;  » la ligne rouge » d’Obama a été franchie par Assad, point. Washington et Londres sont en mode guerre-ouverte pour rejeter tout fait contredisant la décision. La Novlangue – du type R2A – est la règle. Si tout cela ressemble à Irak 2.0 c’est parce que c’est Irak 2.0. Le temps d’adapter les faits autour de la ligne d’action – le temps pour des armes de supercherie massive – et c’est reparti.

L’axe israélo-saoudien

La fenêtre d’opportunité pour la guerre c’est maintenant. Les forces d’Assad ont gagné de Qusayr à Homs ; elles ont rejeté les résidus  » rebelles » hors de la périphérie de Damas ; elles se sont déployées autour de Der’ah pour contre-attaquer les  » rebelles » entrainés par la CIA équipés d’armes de pointe qui traversent la frontière syro-jordanienne, et elles ont organisé une poussée pour expulser les  » rebelles » et les djihadistes de la banlieue d’Alep.

Maintenant, Israël et l’Arabie Saoudite sont oh tellement excitée parce qu’ils obtiennent exactement ce dont ils rêvent juste par la bonne vieille méthode de la magouille. Tel Aviv a même télégraphié comment il voulait que ça se passe : ce lundi, le quotidien Yedioth Ahronoth a titré avec » Sur la manière d’attaquer » et a même imprimé l’ordre idéal de bataille. (Voir photo)

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Il y a quelques mois, même AMAN, la Direction du renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) a conclu que Assad n’était pas assez fou pour traverser la » ligne rouge » d’Obama sur les armes chimiques. Du coup, ils en sont arrivés au concept de » deux lignes rouges imbriquées », la deuxième ligne étant la perte de contrôle par le gouvernement syrien  »  de ses dépôts d’armes chimiques et des sites de production ». AMAN a ensuite proposé différentes stratégies à Washington, de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne à la saisie effective des armes (ce qui implique une attaque au sol).

Actuellement, on est revenu à l’option numéro un – frappes aériennes sur les dépôts d’armes chimiques. Comme si les Etats-Unis – et Israël – avaient à la minute près des renseignements sur l’endroit exact où elles se trouvent.

La Maison des Saoud avait également télégraphié ses désirs – après que le prince Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, ait été nommé par le roi Abdallah d’Arabie comme chef des renseignements généraux. La dureté d’Abdullah s’explique par sa mère et deux de ses épouses venant d’une tribu sunnite ultra-conservatrice et influente en Syrie. Quant à Bandar Bush, il a plus de longévité que Rambo ou Terminator ; il est de retour dans le même rôle qu’il avait joué dans le djihad afghan des années 1980, quand il était l’homme-de-la-situation pour aider la CIA à militariser les ‘’combattants de la liberté du président Ronald Reagan  ».

La Jordanie – une fiction d’un pays totalement dépendant des Saoudiens – a facilement été manipulée pour devenir un centre d’opération de guerre  » secrète ». Et sous la responsabilité de qui ? Pas moins que le jeune demi-frère de Bandar, le vice-conseiller à la sécurité nationale, Salman bin Sultan, également connu sous le nom » mini-Bandar ». On peut parler d’une version arabe de Dr Evil and Mini Me.

Pourtant, il y a plus d’hommes de la CIA que de Saoudiens dans le front jordanien.

L’importance de ce rapport ne peut pas être assez exagérée. Il a d’abord été divulgué par le journal libanais Al-Safir ( version en Français ) C’est toute la stratégie de Bandar, dévoilée lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, déjà signalé par Asia Times Online. Après avoir essayé – pendant quatre heures – de convaincre Poutine de laisser tomber la Syrie, Bandar est catégorique: » l’option militaire est inévitable ».

Un mélange de Kosovo et de Libye et le tour est joué!

L’ancien président Bill Clinton a refait surface avec un timing parfait pour comparer les options d’Obama en Syrie au jihad de Reagan en Afghanistan. Bubba avait raison en termes de positionnement du rôle de Bandar. Mais il avait dû sniffé quelque chose s’il avait pensé en termes de conséquences – qui comprennent tout, depuis les talibans jusqu’à cette entité mythique, » Al-Qaïda ». Bon, au moins al-Qaida est déjà actif en Syrie, ils n’ont pas besoin de l’inventer.

Quant à cette bande d’amateurs qui entourent Obama – y compris les groupies du R2P comme Susan Rice, et le nouvel ambassadeur aux Nations Unies Samantha Power, tous des faucons libéraux, suceurs du Kosovo, et de la Libye en prime – préconise que c’est le modèle idéal pour la Syrie, le R2P par des frappes aériennes (illégale). Dans la foulée, le New York Times tel un perroquet répercute déjà frénétiquement l’idée.

Les faits sont, bien sûr, absent du narratif – y compris l’explosion de l’ambassade chinoise à Belgrade (un remix en Syrie avec l’ambassade de Russie, et être à la veille d’une guerre avec la Russie ?).

La Syrie n’a rien à voir avec les Balkans. Il s’agit d’une guerre civile. On peut dire que la majeure partie de la population urbaine syrienne, pas le campagnard, soutient Damas – à cause du méprisable comportement des  » rebelles » dans les lieux qu’ils contrôlent, et la majorité absolue veut une solution politique, comme dans la conférence de Genève 2 maintenant presque totalement torpillée.

Le régime jordanien – inondant le sud de la Syrie avec des mercenaires lourdement militarisés – est un remix de ce que la CIA et les Saoudiens ont fait pour AfPak (Afghanistan-Pakistan), et les seuls gagnants seront les djihadistes de Jabhat al-Nusra. Quant à la solution israélienne pour Obama – bombardements aveugles des dépôts d’armes chimiques -elle va certainement entraîner des dommages collatéraux terribles, parce que le R2A tue encore plus de civils.

Les perspectives restent sombres. Putain, une autre coalition des bonnes volontés ; Washington a déjà les caniches britanniques et français dans le sac, et le plein soutien – en toute sécurité douillette – des démocratiques pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe, du laquais jordanien et de la puissance nucléaire israélienne. C’est ce qui passe pour être la  » communauté internationale » à l’âge de la novlangue.

Les Britanniques ont déjà lourdement insisté sur le fait qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire ; qui se soucie que nous fassions un Irak 2.0 ? Pour le Parti de la guerre, le fait que le chef de la Joint Chiefs of Staff le général Martin Dempsey ait déclaré que les  » rebelles » syriens pourraient ne pas promouvoir les intérêts des États-Unis semble être hors de propos.

Washington a déjà ce qu’il faut pour que les Saints Tomahawks commencent à voler; 384 d’entre eux sont déjà positionnés dans la Méditerranée orientale. Des bombardiers B-1 peuvent être déployées à partir de de la base aérienne Al Udeid au Qatar. Et les bombes anti-bunker feront certainement partie du film.

Ce qui se passera ensuite exige des boules de cristal concentriques – des tirs de Tomahawks aux tirs de barrage par frappes aériennes, en passant par des opérations spéciales de commandos au sol, ou une campagne soutenue par l’aviation et qui dure des mois. Dans sa longue interview à Izvestia (version française), Assad donne l’impression qu’il pense que Obama  bluffe.

Ce qui est certain, c’est que la Syrie ne sera pas  » du gâteau » comme la Libye ; même affaibli sur tous les fronts, le colonel Kadhafi a résisté pendant huit longs mois après que l’OTAN ait commencé ses bombardements humanitaires. La Syrie a une armée fatiguée mais toujours forte de 200.000; des tas d’armes soviétiques et russes ; de très bons systèmes antiaériens, et le plein soutien des experts de la guerre asymétrique que sont l’Iran et le Hezbollah. Sans parler de la Russie, qui a juste besoin de transmettre quelques batteries de défense anti-aérienne S-300 et de relayer les renseignements.

Donc habituez-vous à la façon dont fonctionnent les relations internationales à l’ère de la novlangue. L’armée du général Abdel Fattah al-Sisi en Egypte peut tuer des centaines de ses propres citoyens qui protestaient contre un coup d’Etat militaire. Washington s’en fout – puisque le coup d’Etat n’est pas un coup d’État et le bain de sang n’est pas un bain de sang.

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est exactement passé dans la saga des armes chimiques près de Damas. Mais c’est le prétexte à une nouvelle guerre américaine – quelques jours seulement avant un sommet du G20 organisé par Poutine à Saint-Pétersbourg. Saint Tomahawk ! R2A, c’est parti !

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270813.html

Syrie: un autre crime de guerre occidental en préparation – Paul Craig Roberts


David-Cameron-Barack-Obama-Francois-HollandeMise à jour

Les criminels de guerre de Washington et d’autres capitales occidentales sont déterminés à maintenir leur mensonge selon lequel le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. Ayant échoué dans les efforts visant à intimider les inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU en Syrie, Washington a exigé que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon retire ces inspecteurs avant qu’ils puissent évaluer la preuve et faire leur rapport. Le Secrétaire général de l’ONU s’est élevé contre les criminels de guerre de Washington et a rejeté leur demande. Cependant, comme avec l’Irak, la décision de Washington de commettre une agression contre la Syrie ne se fonde pas sur des faits. http://rt.com/op-edge/syria-un-war-investigation-006/

Les gouvernements américain et britannique n’ont révélé aucune des «preuves concluantes» qu’ils prétendent avoir démontrant que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. En écoutant leurs voix, en observant leur langage corporel, et en les regardant dans les yeux, il est tout à fait évident que John Kerry et ses marionnettes britanniques et allemandes mentent de manière éhontée. C’est une situation bien plus honteuse que les énormes mensonges que l’ancien Secrétaire d’Etat Colin Powell a commis à l’ONU sur les armes irakiennes de destruction massive. Colin Powell affirme qu’il a été trompé par la Maison Blanche et ne savait pas qu’il mentait. Kerry et les marionnettes britanniques, françaises et allemandes savent très bien qu’ils mentent.

Le visage que l’Occident présente au monde est celui d’un menteur impudent.
Washington et ses gouvernements fantoches britanniques et français sont prêts à encore une fois révéler leur criminalité. L’image de l’Occident en tant que criminel de guerre n’est pas une image de propagande créée par les ennemis de l’Occident, mais le portrait que l’Occident a peint de lui-même.

Le journal britannique The Independant a rapporté qu’au cours du dernier week-end, Obama, Cameron et Hollande ont convenu de lancer des attaques de missiles de croisière contre le gouvernement syrien dans les deux semaines à venir, malgré l’absence de toute autorisation de l’ONU et malgré l’absence de tout élément de preuve en faveur des allégations de Washington selon lesquelles le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre « ses rebelles » largement soutenus par les forces extérieures américaines, cherchant à renverser le gouvernement syrien.

En effet, une des raisons de la course à la guerre est d’empêcher l’inspection de l’ONU dont Washington sait qu’elle pourrait réfuter ses allégations et éventuellement l’impliquer dans l’attaque sous faux drapeau effectuée par les «rebelles», qui ont réuni un grand nombre d’enfants dans un endroit pour y être assassinés chimiquement pour ensuite en coller la responsabilité au gouvernement syrien.

Une autre raison de la course à la guerre, c’est que Cameron, le Premier ministre britannique, veut précipiter la guerre avant que le Parlement britannique ne puisse le bloquer et l’empêcher de fournir une couverture pour les crimes de guerre d’Obama, de la même manière que Tony Blair avait assuré la couverture de George W. Bush, ce dont il a été dûment récompensé. Qu’est-ce qu’il en a à faire, Cameron, de la vie des syriens quand il peut quitter ses fonctions avec une fortune de 50 millions $ qui l’attendent à bras ouverts ?

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/syria-un-weapons-inspectors-attacked-as-they-try-to-enter-poison-gas-attack-site-8784435.html

Le gouvernement syrien, sachant qu’il n’est pas responsable de l’incident des armes chimiques, a accepté que l’ONU envoie des inspecteurs d’armes chimiques pour déterminer la substance et le vecteur utilisés. Cependant, Washington a déclaré qu’il était «trop tard» pour les inspecteurs de l’ONU et accepte la déclaration intéressée des « rebelles » affiliés à Al-Qaïda accusant le gouvernement syrien d’avoir attaqué des civils avec des produits chimiques. http://news.antiwar.com/2013/08/25/obama-administration-accepts-rebels-account-on-syria-prepares-for-war/ . Voir aussi http://news.antiwar.com/2013/08/25/syria-accepts-un-inspectors-us-spurns-call-as-too-late/

Dans une tentative pour empêcher les inspecteurs de produits chimiques des Nations Unies qui sont arrivés sur place de faire leur travail, ces derniers ont essuyé des tirs de snipers sur le territoire détenu par les  « rebelles » et ont été forcés de quitter le site ; mais un rapport ultérieur de RT affirme qu’ils sont retournés sur le site pour effectuer leur inspection. http://rt.com/news/un-chemical-oservers-shot-000/

Le gouvernement britannique corrompu a déclaré que la Syrie peut être attaquée sans autorisation de l’ONU, tout comme la Serbie et la Libye ont été attaquées militairement sans autorisation de l’ONU. En d’autres termes, les démocraties occidentales ont déjà établi des précédents pour violer le droit international. « Le droit international? Nous n’avons pas besoin de droit international puant » L’Occident ne connaît qu’une seule règle: la Force prime le Droit. Tant que l’Occident a la Force, l’Occident a le Droit.

Dans une réponse à l’information que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se préparent à attaquer la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré qu’une telle action unilatérale est une «violation grave du droit international», et que la violation n’était pas seulement d’ordre juridique, mais aussi une violation de l’éthique et de la morale. Lavrov a évoqué les mensonges et la tromperie utilisés par l’Occident pour justifier ses violations graves du droit international dans les attaques militaires contre la Serbie, l’Irak et la Libye et la façon dont le gouvernement américain a utilisé des actions préventives pour saper tout espoir pour un règlement pacifique en Irak, en Libye et en Syrie.

Une fois de plus, Washington a anticipé pour saper tout espoir de règlement pacifique. En annonçant la prochaine attaque, les Etats-Unis ont détruit toute incitation pour les «rebelles» à participer aux pourparlers de paix avec le gouvernement syrien. Au moment où ces pourparlers allaient avoir lieu, les «rebelles» n’ont désormais plus aucune incitation à y participer, puisque les militaires de l’Occident viennent à leur secours.

Dans sa conférence de presse, M. Lavrov a parlé de la façon dont les partis au pouvoir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France attisent les émotions chez les gens mal informés qui, une fois chauffés, trouveraient satisfaction dans la guerre. Ceci, bien sûr, est le moyen par lequel les Etats-Unis ont manipulé le public pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak. Mais le public américain est fatigué de la guerre, dont le but n’est jamais établi clairement, et sa suspicion augmente de jour en jour au sujet des justifications du gouvernement pour encore plus de guerres.

Un sondage Reuters / Ipsos révèle que « les Américains s’opposent fermement à l’intervention américaine dans la guerre civile en Syrie et croient que Washington devrait rester en dehors du conflit, même si les rapports selon lesquels le gouvernement de la Syrie a utilisé des produits chimiques mortels pour attaquer les civils sont confirmés ». http://news.yahoo.com/syria-war-escalates-americans-cool-u-intervention-reuters-003146054.html Pourtant Obama se moque que seulement 9 pour cent de la population soutienne son bellicisme. Comme l’a récemment déclaré l’ancien président Jimmy Carter : « L’Amérique n’a pas de démocratie qui fonctionne ». http://rt.com/usa/carter-comment-nsa-snowden-261/ Il y a un Etat policier dans lequel le pouvoir exécutif s’est placé lui-même au-dessus de toutes les lois et au-dessus de la Constitution.

Cet état policier va maintenant commettre encore un autre crime de guerre d’agression non provoquée de style nazi. A Nuremberg, les nazis ont été condamnés à mort précisément pour les actions identiques à celles commises par Obama, Cameron et Hollande. L’Occident mise sur la force, non sur le droit, pour se garder hors du box des criminels.

Les gouvernements américain, britannique et français n’ont pas expliqué pourquoi il vaut mieux que les gens, dans les guerres initiées par l’Occident, soient tués par des explosifs en uranium appauvri plutôt qu’avec des agents chimiques ou de toute autre arme. Il était évident dès le début que Obama était en train de préparer l’attaque contre le gouvernement syrien. Obama a diabolisé les armes chimiques mais pas les « anti-bunkers » nucléaires que les Etats-Unis pourraient utiliser contre l’Iran. Ensuite, Obama a tracé une ligne rouge, en disant que l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens était un si grand crime que l’Occident serait obligé d’attaquer la Syrie. Les marionnettes britanniques de Washington, William Hague et Cameron, ont juste répété cette affirmation absurde. http://rt.com/news/uk-response-without-un-backing-979/ La dernière étape dans la machination était d’orchestrer un incident chimique et d’en accuser le gouvernement syrien.

Quel est le véritable agenda de l’Occident? Telle est la question non posée et sans réponse. De toute évidence, les gouvernements américains, britanniques et français, qui ont affiché en permanence leur soutien à des régimes dictatoriaux qui répondent à leurs attentes, ne sont pas le moins du monde perturbés par les dictatures. Ils désignent Assad comme dictateur pour le diaboliser aux yeux des masses occidentales mal informés. Mais Washington, le Royaume-Uni, et la France soutiennent un certain nombre de régimes dictatoriaux, comme ceux de Bahreïn, de l’Arabie Saoudite, et maintenant la dictature militaire en Egypte qui tue impitoyablement des Egyptiens sans qu’aucun gouvernement occidental ne parle d’envahir l’Égypte parce qu’il «tue son propre peuple ».

Il est clair aussi, que la prochaine attaque occidentale sur la Syrie n’a rien à voir avec la volonté d’apporter «la liberté et la démocratie» en Syrie, pas plus que la liberté et la démocratie n’étaient les raisons des attaques contre l’Irak et la Libye, dont aucun n’a gagné la « liberté et la démocratie. »

L’attaque occidentale sur la Syrie n’est pas liée aux droits de l’homme, la justice ou l’une des causes ronflantes dont l’Occident couvre sa criminalité.

Les médias occidentaux, et encore moins les presstitués américains, ne demandent jamais à Obama, Cameron, ou Hollande quel est le vrai agenda. Il est difficile de croire qu’il y ait un seul journaliste qui soit suffisamment stupide ou naïf pour croire que l’agenda est d’apporter «la liberté et la démocratie » à la Syrie ou de punir Assad pour avoir utilisé des armes chimiques contre des voyous meurtriers qui tentent de renverser le gouvernement syrien.

Bien sûr, la question n’aurait pas de réponse si elle était posée. Mais le fait de poser la question contribuerait à rendre le public conscient que les choses sont tout autres. A l’origine, le prétexte de Washington pour les guerres était d’assurer la sécurité des Américains contre les terroristes. Maintenant, Washington s’efforce de livrer la Syrie à des terroristes djihadistes en les aidant à renverser le gouvernement laïc et non-terroriste d’Assad. Quel est l’agenda derrière le soutien de Washington au terrorisme?

Peut-être que le but des guerres est de radicaliser les musulmans et, ainsi, déstabiliser la Russie et même la Chine. La Russie a une importante population musulmane et est bordée par les pays musulmans. Même la Chine a une certaine population musulmane. Comme la radicalisation se propage en conflits dans les deux seuls pays capables d’être un obstacle à l’hégémonie mondiale américaine, la propagande des médias occidentaux et le grand nombre d’ONG financées par les États-Unis, se présentant comme des organisations de «droits de l’Homme», peuvent être utilisés par Washington pour diaboliser les gouvernements russe et chinois pour les mesures sévères que ceux-ci prennent contre les «rebelles».

Un autre avantage de la radicalisation des musulmans est qu’elle laisse les anciens pays musulmans dans la tourmente ou des guerres civiles pour une longue durée, comme c’est actuellement le cas en Irak et en Libye, éliminant ainsi toute capacité à faire obstruction à Israël par un état organisé.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry est en train de travailler au  téléphone utilisant les pots de vin et les menaces pour faire accepter, sinon appuyer, le crime-de-guerre-en-préparation de Washington contre la Syrie.

Washington est en train de conduire le monde plus près que jamais de la guerre nucléaire, même plus que dans les périodes les plus dangereuses de la guerre froide. Quand Washington en terminera avec la Syrie, la prochaine cible sera l’Iran. La Russie et la Chine ne seront plus en mesure de se leurrer eux-mêmes sur l’existence  d’un quelconque système de droit international ou de contrainte qui puisse agir sur la criminalité de l’Occident. L’agression occidentale contraint déjà les deux pays à développer leurs forces nucléaires stratégiques et à circonscrire les ONG financées par l’Occident qui se présentent comme des «organisations des droits de l’homme», mais en réalité constituent une cinquième colonne que Washington peut utiliser pour détruire la légitimité de leurs gouvernements.

La Russie et la Chine ont été extrêmement imprudentes dans leurs relations avec les Etats-Unis. Essentiellement, l’opposition politique russe est financée par Washington. Même le gouvernement chinois est miné. Quand une société américaine ouvre une entreprise en Chine, il crée un conseil d’administration chinois dans lequel sont placés des proches des autorités politiques locales. Ces conseils créent un circuit pour les paiements qui influencent les décisions et la loyauté des membres du parti local et régional. Les États-Unis ont pénétré les universités chinoises et les milieux intellectuels. L’Université Rockefeller est active en Chine dans le cadre philanthropique des Rockefeller. Les voix dissidentes sont créées et sont déployées contre le gouvernement chinois. Les demandes de «libéralisation» peuvent ressusciter des différences régionales et ethniques et saper la cohésion du gouvernement national.

Quand la Russie et la Chine se rendront compte qu’ils sont la proie de cinquièmes colonnes américaines, qu’elles sont isolées diplomatiquement et militairement inférieures en armes,  les armes nucléaires deviendront le seul garant de leur souveraineté. Cela donne à penser que la guerre nucléaire est susceptible de mettre fin à l’humanité bien avant que les hommes ne succombent au réchauffement climatique ou à la hausse des dettes nationales.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/