Archives du mot-clé Irak

Les sanctions, c’est de l’arnaque !


Tribune libre Résistance

iran-sanctio07fc-a2d53Par une dépêche de l’IRIB, l’agence de presse iranienne, on apprend qu’en 1967, l’Iran, alors dirigé par le shah, avait acheté des armes aux Britanniques. Une grosse commande quand même puisqu’elle portait sur 1.500 chars d’assaut et 250 véhicules blindés. Tout est en règle, tout est payé, les armes vont être livrées. Lire la suite Les sanctions, c’est de l’arnaque !

Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !


__366287-01-08_76_840764_highresPour cacher un mensonge, il faut mentir et mentir encore. Le dernier en date consiste à faire croire que ce ne sont pas les soldats de l’Armée nationale syrienne qui se sacrifient face au terrorisme de DAECH [Acronyme de l’État Islamique en Irak et en Syrie ; ou EIIL], la faction terroriste la plus infernale que le monde ait connu, mais le Front islamique [1] ! Lire la suite Syrie : Lexique de la terreur en prévision de Genève II !

Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique


3464325_3_c08a_l-attaque-chimique-a-la-ghouta-constitue-le_f245354428a128cdcf60f6b23678eb9bNouvel accès de « conspirationnisme » ou scoop retentissant ? L’article de Seymour Hersh, vétéran du journalisme d’investigation américain, publié dimanche 8 décembre par la London Review of Books tend à réécrire l’histoire, déjà passablement énigmatique, de l’intervention américaine avortée en Syrie. Le journaliste qui, en 2004, avait contribué à révéler le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, accuse l’administration Obama d’avoir manipulé les informations concernant l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la Ghouta, près de Damas, pour justifier des frappes militaires contre le régime Assad. Lire la suite Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique

Quel est le véritable programme de l’état policier américain? – Paul Craig Roberts


982829Dans ma dernière chronique, j’ai souligné qu’il était important pour les citoyens américains d’exiger de savoir quels sont les vrais programmes qui sont derrière les guerres qu’ont choisi de faire les régimes de Bush et d’Obama. Ce sont des guerres majeures à long terme d’une durée de deux à trois fois celle de la Seconde Guerre mondiale.

Forbes rapporte que un million de soldats américains ont été blessés en Irak et en Afghanistan. http://www.forbes.com/sites/rebeccaruiz/2013/11/04/report-a-million-veterans-injured-in-iraq-afghanistan-wars/

RT rapporte que le coût du maintien de chaque soldat américain en Afghanistan a augmenté de 1,3 million de dollars à 2,1 millions de dollars par soldat. http://rt.com/usa/us-afghanistan-pentagon-troops-budget-721/

Matthew J. Nasuti rapporte dans Kabul Press qu’il a coûté aux contribuables 50 millions de dollars pour tuer un soldat taliban. Cela signifie qu’il a coûté 1 milliard de dollars pour tuer 20 combattants talibans. http://kabulpress.org/my/spip.php?article32304 C’est une guerre qui ne peut être gagnée qu’au prix de la faillite totale des États-Unis.

Joseph Stiglitz et Linda Bilmes ont estimé que les dépenses déjà réalisées et les coûts futurs déjà engagés dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak se montent au moins à $ 6 trillons.

En d’autres termes, c’est le coût de ces deux guerres qui expliquent l’explosion de la dette publique américaine et les problèmes économiques et politiques associés à cette dette importante.

Qu’a gagné l’Amérique en échange de  $ 6 trillons et un million de soldats blessés, dont beaucoup très sévèrement?

En Irak, il y a maintenant un régime islamiste chiite allié à l’Iran à la place d’un régime laïc sunnite qui était un ennemi de l’Iran, le nouveau aussi dictatorial que l’ancien, qui préside sur les ruines de la guerre, au milieu d’une violence permanente aussi élevée que pendant la tentative d’occupation américaine, et des malformations congénitales abominables dues à des substances toxiques associées à l’invasion et à l’occupation américaine.

En Afghanistan, il y a des talibans invaincus et apparemment invincibles et un trafic de drogue ravivé qui inonde le monde occidental.

La cerise sur ces « succès » de Bush et Obama sont des demandes de partout dans le monde que les Américains et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair rendent des comptes sur leurs crimes de guerre. Certes, la réputation de Washington a chuté à la suite de ces deux guerres. Il n’y a plus aucun gouvernement de par le monde qui soit assez crédule pour croire un seul mot de ce que dit Washington.

Ce sont des coûts énormes pour des guerres pour lesquelles nous n’avons aucune explication.

Les régimes Bush / Obama ont mis au point diverses histoires de couverture: une «guerre contre le terrorisme», «Nous devons les tuer là-bas avant qu’ils ne viennent ici», «armes de destruction massive », « vengeance pour le 11/9 », « Oussama ben Laden » (qui est mort de ses maladies en Décembre 2001, comme ça a été largement rapporté à l’époque).

Aucune de ces explications n’est viable. Ni les talibans ni Saddam Hussein n’ont été engagés dans le terrorisme aux États-Unis. Comme les inspecteurs en désarmement en avaient informé le régime de Bush, il n’y avait pas d’ADM en Irak. Envahir les pays musulmans et massacrer des civils sont plus susceptibles de créer des terroristes plutôt que de les supprimer. Selon l’histoire officielle, les pirates de l’air du 11/9 et Oussama ben Laden étaient Saoudiens, pas Afghans ou Irakiens. Pourtant, ce n’était pas l’Arabie saoudite qui a été envahie.

La démocratie et un gouvernement responsable n’existent tout simplement pas lorsque le pouvoir exécutif peut amener un pays à la guerre au nom d’agendas secrets opérant derrière des histoires de couverture qui sont des mensonges transparents.

Il est tout aussi important de poser ces mêmes questions au sujet du programme de l’état policier américain. Pourquoi Bush et Obama ont-ils supprimé la protection de la loi comme bouclier pour le peuple pour la transformer en une arme dans les mains de l’exécutif? Comment les Américains sont-ils plus en sécurité en se débarrassant de leurs libertés civiles? La détention illimitée et sans application normale de la loi sont les maîtres mots de l’Etat tyrannique. Ils sont le terrorisme, pas une protection contre le terrorisme. Pourquoi toutes les communications de chaque Américain et apparemment les communications de la plupart des autres personnes dans le monde, y compris les alliés européens les plus fidèles de Washington, sont susceptibles d’être interceptées et stockées dans une gigantesque base de données de l’état policier? Comment cela protège-t-il les Américains contre les terroristes?

Pourquoi est-il nécessaire pour Washington d’attaquer la liberté de la presse et d’expression, de fouler aux pieds la loi qui protège les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, de criminaliser la dissidence et les manifestations, et de menacer des journalistes tels que Julian Assange, Glenn Greenwald et le journaliste de Fox News James Rosen ? http://www.nytimes.com/2013/05/22/opinion/another-chilling-leak-investigation.html?_r=0

Comment le fait de garder les citoyens dans l’ignorance des crimes de leur gouvernement peut-il les mettre à l’abri des terroristes?

Ces persécutions des diseurs de vérité n’ont rien à voir avec la «sécurité nationale» et le fait de «mettre les américains à l’abri des terroristes. » Le seul but de ces persécutions est de protéger le pouvoir exécutif contre la révélation de ses crimes. Certains des crimes de Washington sont si horribles que la Cour pénale internationale prononcerait une condamnation à mort si les coupables pouvaient être traduits en justice. Un gouvernement qui va détruire les protections constitutionnelles de la liberté d’expression et de la liberté de la presse afin d’empêcher que ses actions criminelles ne soient divulguées est un gouvernement tyrannique.

On hésite à poser ces questions et même à faire les remarques les plus évidentes de peur non seulement d’être mis sur une liste de surveillance et d’être sous le coup d’une accusation ou une autre, mais aussi par crainte que ces questions puissent provoquer un false flag qui pourrait servir à justifier l’état policier qui a été mis en place.

C’est peut-être ce qu’a été l’attentat du marathon de Boston. Les déclarations du gouvernement ont pris le pas sur la preuve de la culpabilité des deux frères. Il n’y a rien de nouveau dans la manière dont le gouvernement piège des boucs émissaires. Ce qui est nouveau et sans précédent c’est le verrouillage de Boston et sa banlieue, l’apparition de 10.000 soldats lourdement armés et des chars pour patrouiller dans les rues et fouiller sans mandat les maisons des citoyens, tout cela au nom de la protection du public contre un enfant blessé de 19 ans.

Non seulement rien de ce genre n’est jamais arrivé aux États-Unis, mais aussi ce n’aurait pas pu être organisé sous l’impulsion du moment. Ça devait déjà être en place, en attente pour l’événement. Ce fut un galop d’essai pour ce qui est à venir.

Les américains ignorants, les conservateurs du type « la loi et l’ordre», particulièrement crédules, n’ont même aucune idée sur la militarisation de leur police locale. J’ai regardé les forces de police locale s’entrainer dans des clubs de tir. Les policiers ont appris à tirer d’abord non pas une fois mais plusieurs fois, pour protéger leurs vies en premier à tout prix, et non pas à risquer leur vie en posant des questions. C’est pourquoi un gamin de 13 ans avec le fusil jouet a été mis en pièces. Un interrogatoire aurait révélé qu’il s’agissait d’une arme-jouet, mais interroger le « suspect » aurait pu mettre en danger les précieux policiers qui sont formés pour ne prendre aucun risque.

La police opère de la même manière que le pouvoir de tuer présidentiel d’Obama : assassiner d’abord, puis créer un dossier contre la victime.

En d’autres termes, cher citoyen américain, votre vie ne vaut rien, mais les policiers que vous payez, non seulement n’ont aucun compte à rendre, mais aussi leurs vies ont une valeur inestimable. Si vous vous faites tuer dans l’exercice de leur fonction, ce n’est pas une grosse affaire. Mais ne blessez pas un policier voyou dans un acte de légitime défense. Je veux dire, qui pensez-vous que vous êtes, une sorte d’américain mythique, libre avec des droits ?

Traduction Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/11/13/real-agenda-american-police-state-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120 Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Le Moyen-Orient en voie de balkanisation


15 avril 2013 - Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes
15 avril 2013 – Des insurgés irakiens ont déployé une série d’attentats à la voiture piégée en Irak, faisant au moins 55 victimes

Les eaux chaudes du Golfe paraissent paisibles à l’endroit où je suis assis, à Doha, mais cette tranquillité ne reflète guère les conflits que cette région continue de générer. L’euphorie du soit-disant printemps arabe est révolue depuis longtemps, et ce qui subsiste est une région dans une phase transitoire pleine de risques. Personne ne peut voir ce à quoi l’avenir va ressembler, mais les éventualités sont nombreuses, et peut-être tragiques.

Au cours de mes nombreuses visites dans la région, je n’ai jamais ressenti une telle difficulté à imaginer l’avenir, alors que les lignes d’affrontements se sont affirmées comme jamais auparavant. Des gouvernements , des intellectuels, des communautés religieuses ou autres se regroupent de part et d’autres des nombreuses lignes de fracture. Cela se produit à divers degrés, dans tout le Moyen-Orient, selon le lieu du conflit.

Certains pays sont directement engloutis dans des conflits sanglants et qui vont durer – qu’il s’agisse de révolutions perdues comme en Égypte ou de soulèvements transformés en une guerre civile des plus destructrices comme en Syrie. Inversement, ceux qui sont pour l’instant épargnés par les affres de la guerre sont très impliqués dans le financement des divers protagonistes, envoyant des armes, formant des combattants et lançant des campagnes médiatiques en faveur d’un parti contre l’autre. L’objectivité des médias n’a jamais été aussi inexistante, même en termes relatifs.

Pourtant, dans certains cas , les lignes ne sont pas tracées avec beaucoup de certitude non plus. Dans les rangs de l’opposition syrienne au régime baasiste de Damas, les groupes sont trop nombreux pour être comptés et leurs propres alliances changent à une rapidité que les médias semblent peu remarquer ou sont peu soucieux de signaler. Nous parlons arbitrairement d’une « opposition » , mais en réalité il n’y a pas de programme politique ou militaire véritablement unificateur, qu’il s’agisse du Conseil militaire suprême, du Conseil national de la Syrie ou de la Coalition nationale syrienne.

Dans une carte interactive, mise en forme par Al Jazeera et qui reprend surtout ce qui semble être des conclusions un peu hâtives, le Conseil militaire « affirme qu’il commande à environ 900 groupes et à un total d’au moins 300 000 combattants ».

Il est facile de prétendre avoir un pouvoir effectif sur tous ces groupes, mais de nombreux autres fonctionnent selon leurs propres agendas, ou sont unifiés sous différentes plates-formes militaires sans aucune allégeance à une structure politique, qu’elle vienne d’Istanbul ou d’ailleurs.

Il est facile toutefois d’associer l’idée d’un conflit perpétuel avec la soi-disant violence inhérente au Moyen-Orient. Pendant près de deux décennies, nombreux sont ceux qui avaient prévenu que l’intervention militaire américaine en Irak finirait par « déstabiliser » la région tout entière. Le terme « déstabiliser » était bien sûr tout à fait à propos, et Israël a fait plus que sa part pour déstabiliser plusieurs pays, occuper les uns et détruire les autres. Mais les perspectives de déstabilisation politique étaient encore beaucoup plus inquiétantes lorsque c’est le pays le plus puissant au monde qui investit une grande partie de ses forces et ressources financières pour faire le sale boulot.

En 1990-91, puis à nouveau en 2003, et une fois de plus en 2006, l’Irak a été utilisé comme un immense champ d’expérimentation pour la guerre, pour le « state building » et la guerre civile sous patronage américain. La région n’avait jamais connu une telle division pouvant se transformer en lignes de séparation sectaire comme il est advenu par la suite. Le discours qui accompagnait la guerre américaine était sans aucun complexe totalement sectaire. Il modifia l’un des paysages politiques les plus complexes dans le monde en l’espace de quelques semaines, en se basant sur un modèle imaginé par des « experts » vivant à Washington et avec peu d’expérience de la vie réelle. Non seulement l’Irak a été mis en lambeaux, mais il a été remodelé à plusieurs reprises pour être mis en conformité avec la compréhension historique inepte qui est celle des États-Unis.

L’Irak continue de souffrir , même après que les États-Unis aient prétendument retiré leur armée. Des milliers de personnes ont péri en Irak ces derniers mois, les victimes appartenant à une communauté religieuse ou à une autre.

Mais le mal irakien est devenu une maladie régionale. Et comme les États-Unis quand ils envahirent des pays souverains et réorganisèrent les frontières politiques, des groupes comme l’État islamique d’Irak et Al -Sham (ISIS) sont actifs partout où ils trouvent matière à l’être, sans aucun respect pour les frontières géographiques.

Formée en Irak en 2006 comme une plate-forme pour les différents groupes jihadistes comme Al-Qaïda en Irak, l’ISIS a été un élément puissant de la terrible guerre qui sévit en Syrie. Le groupe semble avoir peu de problème pour circuler librement et trouver des ressources. Pire encore, dans certaines parties de la Syrie, il gère de fait une économie relativement stable qui lui donne une meilleure position que les groupes syriens locaux.

Ces groupes n’aurait jamais vu le jour en Irak et se seraient encore moins déplacés avec une telle aisance d’un pays à l’autre, s’il n’y avait pas eu l’invasion américaine. Ils fonctionnent comme des armées privées, réparties en petits groupes de combattants aguerris qui sont capables de trouver leur chemin à travers les frontières et de prendre le contrôle de communautés entières. Al-Qaïda, un groupe que l’on connaissait à peine il y a 12 ans – est devenu partie prenante de l’avenir de l’ensemble des pays du Moyen-Orient.

Quant aux pays qui ne subissent pas le type de bouleversement que connaissent la Syrie et l’Irak, ils ont toutefois compris qu’il était trop tard pour jouer le rôle du spectateur.

Il s’agit d’une guerre tous azimuts qui est en train de se déployer, et il n’est plus temps de rester au bord.

D’inquiétantes prévisions peuvent être faites sur l’évolution de toute la carte de la région, et seuls quelques pays semblent en être épargnés.

Le récent article de Robin Wright dans le New York Times, « Imaginer une nouvelle carte du Moyen-Orient », est une spéculation typique produite par les élites politiques et les médias américains sur le Moyen-Orient. Ils ont appliqué ce type de spéculation avec application avant et après l’ invasion américaine de l’Irak, où ils ont sculpté les pays arabe de façon à se conformer aux intérêts américains, divisant et ré-assemblant. Cette fois, cependant, les perspectives sont terriblement sérieuses et réelles. Tous les principaux acteurs, même s’ils dont en apparence opposés l’un à l’autre, peuvent contribuer à ces possibles redistributions. Selon Wright, il se pourrait non seulement que certains pays diminuent de taille, mais aussi que certains des territoires découpés s’assemblent avec d’autres territoires séparés de pays voisins .

Même « des cités-États – oasis de multiples identités comme Bagdad, des enclaves surarmées comme Misrata, la troisième ville de Libye, ou des zones homogènes comme Jabal Al-druze dans le sud de la Syrie – pourraient faire un retour, même si ce n’est que techniquement à l’intérieur des pays, » écrit-il. L’illustration info-graphique accompagnant l’article était intitulée : « Comment 5 pays pourrait devenir 14 ».

Quelle que soit l’évolution des évènements, la prédiction est elle-même révélatrice de la nature changeante des conflits au Moyen-Orient, où ce sont les pays entiers qui sont désormais mêlés à la guerre. Les nouvelles lignes de bataille sont aujourd’hui sectaires, portant les symptômes de la guerre civile implacable qui règne en Irak. En fait, les acteurs sont toujours plus ou moins les mêmes, sauf que le « jeu » a désormais été étendu de façon à dépasser les frontières poreuses de l’Irak et à être transposé vers des espaces beaucoup plus vastes où les militants ont la main haute.

Vues d’ici, les eaux chaudes du Golfe paraissent calmes, mais c’est un calme trompeur …

* Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14121

L’Irak depuis l’intervention étasunienne : une décennie mortifère


Tribune libre Résistance

IRAQ-US-WAR-MASSIVE RE-CROPDix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.

Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.

Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.

Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu’elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l’enlèvement n’entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/

Syrie : L’administration US crée les conditions favorables au terrorisme ! par Bachar al-Assad


Le Président syrien a accordé une longue entrevue d’environ 2 heures à la chaîne Al-Mayadeen dans la soirée du 21 Octobre. Il a été interrogé par son Directeur, M. Ghassan Ben Jedo. Voici la traduction de certains points essentiels abordés dans la première partie, en réponse aux questions posées.

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bachar-el-assadCe qui s’est passé en Syrie est complètement différent de ce qui a eu lieu en Tunisie ou en Égypte, ne serait-ce que par la férocité de la guerre médiatique, par l’afflux de terroristes venus des quatre coins de la planète toujours soutenus financièrement et militairement, par la coalition de pays occidentaux et régionaux pour porter atteinte à son État… La crise syrienne est passée par des étapes. La première fut celle des manifestations où des individus armés ont tiré sur des manifestants et des forces de police. Ce n’est que six mois après, et alors que ces individus n’avaient pas réussi à « renverser le régime », que s’est concrétisée l’idée de créer et de renforcer les bandes armées terroristes venues de l’étranger. Actuellement nous sommes confrontés à Al-Qaïda et à ses multiples ramifications telles que l’État islamique en Irak et au Levant [EIIL], le Front Al-Nosra, etc. Nous sommes donc en état de guerre contre des terroristes.

Il est normal que différents courants d’opposition existent en Syrie. Mais l’opposition repose sur une formation politique interne qui a une base populaire et un programme politique clair. Elle ne peut dépendre de l’étranger, ni avoir recours à des mercenaires armés, et doit refuser toutes les formes  d’interventions étrangères politique ou militaire ; auquel cas elle relève de l’insurrection armée ou du terrorisme.

Il est évident que l’ingérence de l’extérieur s’appuie sur un dysfonctionnement intérieur. Si tel n’était pas le cas nous n’en serions pas là. C’est pourquoi il est essentiel que nous parlions de notre propre responsabilité en tant que Syriens, car lorsque vous ouvrez votre porte aux voleurs vous êtes quelque part responsables de ce qui vous arrive.

Nombre de propositions ont été avancées au nom de l’opposition et de la réforme, mais vous devez distinguer entre celles qui cherchent sincèrement à réformer et celles qui obéissent à d’autres objectifs inavoués.

Il est de notoriété publique que la Syrie subit des  pressions et des menaces depuis des décennies, y inclus la période qualifiée d’« ouverture à l’Occident », et qu’elle est ciblée à cause de ses prises de position stratégiques – connues de tous – par des pays qui ne possèdent aucun  des attributs de la démocratie.

Dire que la Syrie vit dans un environnement laïc n’implique pas que nous niions l’existence de foyers extrémistes préexistants sur le terrain, mais ces foyers ont considérablement évolué depuis les guerres contre l’Afghanistan et l’Irak. Nous nous sommes opposés à ces guerres en prévenant qu’elles mèneraient à la propagation de ces foyers – encore circonscrits – dans toute la région. La crise syrienne est venue leur servir d’incubateur de croissance.

Les guerres US ont contribué à l’expansion du terrorisme

Suite aux opérations terroristes des Frères Musulmans en Syrie – dans les années 1970 et 1980 – nous avions soulevé la question de la lutte contre le terrorisme, mais personne n’avait voulu en tenir compte. Il n’empêche que lorsque le monde a commencé à s’inquiéter du terrorisme nous n’avons pas hésité à nous allier avec tous les pays qui ont décidé de le combattre, y compris les États-Unis, sans pour autant être en parfait accord avec les moyens mis en œuvre pour ce faire. Ceci, car les États-Unis traitent la guerre contre le terrorisme comme s’il s’agissait d’un  jeu vidéo sur ordinateur : vous frappez l’ennemi dès qu’il se pointe sur votre écran et dix autres apparaissent… L’approche devrait être nécessairement plus globale.

Lorsque vous soutenez le chaos, vous soutenez le terrorisme. Lorsque vous attaquez un État qui combat le terrorisme, vous créez les conditions favorables à l’épanouissement des groupes terroristes. C’est le cas de la politique des USA, de certains pays européens et aussi de certains pays arabes et régionaux. Ils ont contribué intentionnellement ou non à amener Al-Qaïda en Syrie.

Vous me demandez si nous sommes prêts à coopérer avec les États- Unis. Ce n’est pas exclu à partir du moment où nous pouvons travailler dans le cadre de nos intérêts réciproques. Mais l’administration US est fondamentalement égoïste et ne coopère avec quiconque que dans la perspective de ses propres intérêts. Une fois son but atteint, vous n’êtes plus rien. C’est l’évidence même compte tenu de ses relations avec ses ex-alliés comme, par exemple, Pervez Musharraf ou le Shah d’Iran… Par conséquent, celui qui parle de la loyauté de cette administration est dans l’illusion, et ce qui est encore plus illusoire est de penser qu’elle pourrait se soucier  des intérêts des États arabes.

Certes, les États-Unis sont une superpuissance qui influe sur le cours des évènements dans le monde. Coopérer avec eux sur la base d’intérêts communs est normal, mais il est excessivement dangereux de travailler à servir leurs seuls intérêts, et c’est ce qu’ils finissent par exiger.

Nous avons clairement dit et répété que nous n’utilisons pas le terrorisme pour servir nos intérêts pour la bonne raison que nous le considérons comme une bête venimeuse qui finit par vous mordre la peau, une fois que vous l’avez mise dans votre poche. Non, nous n’avons jamais soutenu le terrorisme. Oui, nous nous sommes opposés à la guerre contre l’Irak, mais nous n’y avons pas soutenu les terroristes comme certains le prétendent. La Syrie leur servait de couloir de passage après la traversée clandestine de nos frontières. Nous avons travaillé à les en empêcher mais nous n’avons pas totalement réussi. Et c’est ainsi que le terrorisme s’est vite dirigé vers la Syrie dès le début de la crise. Nous sommes parfaitement conscients que le combat contre le terrorisme n’est pas uniquement une affaire de frontières, mais se mène à l’intérieur du pays aussi bien en Syrie qu’en Irak.

De la guerre du Koweit à la guerre de l’Irak

En Irak, la Résistance est une chose et le Terrorisme en est une autre. Nous constatons que les terroristes d’Al-Qaïda n’y ont jamais mené une seule opération contre les États-Unis et que toutes leurs opérations sont toujours de nature sectaire. C’est la Résistance irakienne qui a lutté contre l’occupation US et c’est elle que nous avons « politiquement » soutenue, sans qu’elle ne nous en demande plus.

Les États-Unis ont tenté de pousser la Syrie à être partie prenante de leur campagne contre l’Irak, usant du bâton et de la carotte. Au minimum, ils ont exigé notre silence, notre position ayant été très claire au sommet de Charm el-Cheikh en Mars 2003, sommet manifestement organisé pour créer une atmosphère propice à leur guerre programmée contre ce pays. Par la suite, la Syrie a dû payer le prix de son opposition à cette guerre.

Alors que les Arabes témoignaient de leur allégeance aux États-Unis, Colin Powell est venu nous trouver pour s’enorgueillir de la manière dont les USA étaient entrés en Irak en quelques semaines et nous exposer la « Loi » censée demander des comptes à la Syrie ; cette Syrie qui n’avait plus un seul ami en ce monde, mise à part cette visite dont il nous gratifiait ! Mais pour autant, nous devions répondre à plusieurs demandes :

  • La première : expulser de Syrie toutes les factions palestiniennes vers n’importe où dans le monde. Nous lui avions répondu que lorsque nous expulsons une personne c’est pour la rapatrier et que dans ce cas précis il faudrait qu’il nous dise si le rapatriement était possible.
  • La deuxième : cesser toute relation avec le Hezbollah et toute forme de soutien à la Résistance libanaise.
  • La troisième, et c’était la plus dangereuse : refuser l’entrée en Syrie à tous les talents scientifiques irakiens, ce qui explique les opérations d’assassinats qui ont visé de nombreux scientifiques en Irak, alors que la Syrie les a accueillis et leur a créé des postes dans ses universités.

Ensuite, il nous a été proposé que les États-Unis lancent le « processus de paix ». Nous avons rappelé que la Syrie avait déjà entendu ce discours lorsqu’elle a participé à la guerre de libération du Koweït et qu’ils se sont dérobés à leurs obligations. Par conséquent, nous considérons que toute promesse des États-Unis est illusoire, car ils n’ont jamais rien fait pour la réussite du processus de paix.

La politique syrienne est celle de ses institutions et reflète les intérêts du peuple syrien. En tant qu’État arabe, nous avons toujours été confrontés à un ensemble de mauvais choix, notre politique consistant à opter pour le moins mauvais. Ce faisant, nous ne nous opposions pas aux intérêts des États-Unis mais nous défendions nos propres intérêts ; notamment dans la phase de la guerre contre l’Irak, que nous avions jugé potentiellement annonciatrice de la propagation du terrorisme et de la partition du pays avec évidemment des effets néfastes sur la Syrie..

Le Président Hafez al-Assad n’a pas coopéré avec les États-Unis au Koweït pour les soutenir alors qu’ils avaient juste besoin d’une couverture arabe, mais pour la libération du Koweït. Sa position était claire, fondée sur l’idée qu’il n’est pas possible qu’un pays arabe occupe un autre pays arabe et qu’il ne fallait pas compromettre les relations futures entre eux.

La coopération avec les États-Unis

Nous avons, nous-mêmes, coopéré avec les services de renseignement des USA dans la lutte contre le terrorisme conformément à nos intérêts. Nous avons aussi coopéré au processus de paix à l’échelon ministériel. La politique syrienne est souple et le fait de défendre ses intérêts légitimes ne signifie pas entêtement.

Le Président Jacques Chirac

Après l’entrée des forces américaines à Bagdad et étant donné que le monde témoignait de son allégeance aux États-Unis, M. Jacques Chirac a estimé que le moment était venu de modifier sa politique à leur égard. Pensant disposer de la carte syrienne, il nous a rendu visite pour nous informer que le Président Bush avait dit que j’étais un « malfaisant » et qu’il fallait que la Syrie et le Président syrien pensent à se protéger de sa grande colère. Ceci dit, il nous a demandé de coopérer au processus de paix avant de nous soumettre « la feuille de route » correspondante. Nous n’avions répondu ni positivement ni négativement ; entre autre, au motif que cette feuille de route ne mettait l’accent que sur le volet palestinien alors que nous étions concernés par la libération du Golan et donc par le « volet syrien ». Suite à notre non-réponse, M. Jacques Chirac a changé radicalement la politique française et a commencé à agir contre la Syrie dès 2004. En accord avec Georges Bush, il a travaillé à faire pression sur la Syrie et à la résolution onusienne pour le retrait de la Syrie du Liban [Résolution 1559] et à tous les événements visant l’État syrien qui ont suivi.

Les débuts de la guerre ouverte

Des armes circulaient en Syrie depuis la guerre en Irak et ont été utilisées dès les premiers jours des événements. Beaucoup d’innocents sont tombés pendant les six premiers mois, mais ce n’est qu’une fois que les images d’individus armés ont commencé à être publiées que la guerre est devenue ouverte. Les Frères Musulmans ont fini par reconnaître que tout ceci était arrivé avec la coopération de l’étranger. Pendant deux années, le Qatar a soutenu et financé les « bandes armées », tandis que la Turquie s’est chargée de leur logistique. Depuis, c’est l’Arabie saoudite qui est entrée en ligne et tout dernièrement la Jordanie.

Les Frères Musulmans

L’une des causes de ce à quoi nous assistons aujourd’hui vient du dérèglement de la relation entre l’arabité et l’Islam. Les premiers à avoir créé cette brèche, dans les années cinquante, sont les Frères Musulmans. Le travail pour la propagation de la foi est important, mais doit être séparé des concepts de l’État et de la politique.

En Syrie existe une opposition syrienne qui s’exprime publiquement sans être poursuivie. Les poursuites concernent essentiellement certains éléments des Frères Musulmans, lesquels sont considérés par la Loi syrienne et l’État syrien comme une organisation terroriste devenue encore plus terroriste que jamais. Nous avons déjà dialogué avec eux suite aux événements des années quatre-vingt, ils ont prouvé qu’ils ne sont pas honnêtes. Malgré cela, nous avons poursuivi le dialogue avec certains d’entre eux, qui sont maintenant délivrés de leur emprise politique. Par conséquent, nous n’avons aucun problème pour dialoguer avec n’importe quelle organisation qui dépose les armes, qui cesse d’acheminer des éléments armés vers notre territoire, et qui arrête de conspirer avec l’étranger.

Depuis les années cinquante, notre expérience des Frères musulmans est une succession interminable de terrorisme. Elle est à ajouter à un autre aspect purement juridique qui interdit les partis fondés sur des bases religieuses ou ethniques, ceci pour des raisons liées à la diversité du peuple syrien. Une vision comparable à celle des Frères Musulmans pourrait tout simplement mener à la dislocation de la Syrie.

Les prétendues désertions de masse

Parler de « désertion » suppose que les désertions aient concerné des institutions, ce qui n’est pas le cas. Il s’agit plutôt d’individus qui ont pris la fuite. Nous pensons que beaucoup ont fui en situation de peur ou à cause des menaces. D’ailleurs, un grand nombre d’entre eux ont décidé de revenir et nous les avons accueillis favorablement. Certains ont repris leur travail au sein des institutions étatiques, d’autres ont rejoint l’Armée nationale, d’autres se sont contentés de l’aider sans s’engager sur le terrain, et d’autres sont tombés sur le champ d’honneur. Tous ceux-là n’ont donc plus eu peur pour leur propre vie.

L’Initiative russe

Concernant « l’Initiative russe pour le désarmement chimique » et la prétendue « panique » qui nous aurait poussé à l’accepter avec « précipitation », le délai entre la déclaration de John Kerry et celle du ministre syrien des Affaires étrangères était d’une heure au grand maximum ; ce qui signifie que l’initiative avait été préparée à l’avance. Il n’y a donc pas de quoi broder sur notre précipitation. Comment aurais-je pu prendre la décision d’accepter les termes d’une telle initiative sur un sujet aussi important et aussi stratégique en si peu de temps et alors qu’un grand nombre de diplomates syriens étaient à l’étranger ? Ce, d’autant plus que John Kerry nous a offert une semaine de délai et que nous aurions pu nous accorder quelques jours de réflexion… C’est plutôt la manière dont John Kerry a abordé le problème qui suggère qu’il ne s’attendait pas à ce que la Syrie accepte l’Initiative russe et qu’il était loin d’imaginer que nous l’avions étudiée et qu’elle avait été préparée bien avant la date de son annonce.

Dire que c’est la solution chimique qui a fait que  les États-Unis ont annulé leur guerre dénote une naïveté ou une étroitesse de vue, parce que les États-Unis sont un État agressif qui peut tous les jours inventer n’importe que prétexte pour justifier la guerre ; comme cela s’est passé pour l’Irak avec Colin Powell et son gros mensonge sur les armes de destruction massive. Autrement dit, si jamais vous pensiez sauver votre peau en acceptant cette initiative, sachez que rien n’empêche les États-Unis de vous inventer un autre prétexte pour relancer les préparatifs de guerre à un quelconque moment plus tard.

Par ailleurs, moins d’une quinzaine de jours avant l’Initiative russe, des amis nous avaient informés de la date et de l’heure précise d’une attaque qui devait avoir lieu le lendemain matin. Nous nous sommes préparés, mais elle n’a pas eu lieu ! Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que si nous devions paniquer c’est avant l’annonce de cette initiative plutôt qu’après.

Enfin,  la Syrie a interrompu la production d’armes chimiques en 1997. Depuis, elle était prête à abandonner ce type d’armement, mais a gardé cette carte pour le moment opportun. Ce moment est arrivé !

La Conférence de Genève 2

À l’heure actuelle, nous n’avons pas de date officielle de l’éventuelle tenue de cette conférence et il n’y a pas de facteurs qui pourraient aider à sa réussite, si nous voulons qu’elle réussisse ! Beaucoup de questions restent en suspens. Quelles seront les forces en présence ? Quelle est leur relation avec le peuple syrien pour que nous puissions discuter ensemble ? Représentent-elles le peuple syrien, une partie du peuple syrien, ou bien la force qui les a fabriquées ? Ont-elles des bases électorales claires en Syrie ? Comment se peut-il que certaines forces prétendent représenter le peuple syrien alors qu’elles vivent à l’étranger et disent contrôler 70 % du territoire syrien sans oser se rendre en Syrie ? La solution doit être une solution syrienne et non la solution étrangère d’une question syrienne. Il nous faut donc connaître les composantes de cette conférence avant d’émettre des réserves sur sa réussite ou son échec.

La solution devra être syrienne et être acceptée par le peuple syrien, que l’étranger l’accepte ou la refuse. De même, la reconnaissance des représentants du peuple syrien, à cette conférence, revient au peuple lui-même. Autrement dit, toute reconnaissance venue de l’étranger ne nous concerne pas. La question ne revient pas à se demander si la conférence aura ou n’aura pas lieu. La question fondamentale est de savoir si cette conférence peut réussir au cas où elle aurait lieu. La Syrie y participera sans conditions lorsqu’elle se tiendra.

Par ailleurs, si cette conférence comporte des décisions débouchant sur l’arrêt du financement des terroristes, le problème syrien sera résolu. À partir du moment où les terroristes ne seront plus fournis en armes et en argent et ne seront plus aidés pour rejoindre le territoire syrien, il n’y aura plus de problème pour résoudre la question syrienne qui n’est pas aussi compliquée qu’on le prétend. Les complications  viennent de l’extérieur de la Syrie, non de l’intérieur. Les complications viennent d’une ingérence étrangère qui nourrit le feu de l’incendie.

M. Lakhdar Brahimi

Ce que nous attendons de M. Brahimi est qu’il se contente de rester dans le cadre de sa mission de médiateur, nécessairement neutre, dans une situation de dialogue entre différentes forces qui se battent sur le terrain sans se charger de missions dictées par d’autres États. Ses deux premières visites en Syrie n’ont pas dépassé le cadre du dialogue et non, il ne m’a fait aucune offre. En revanche, lors de sa troisième visite fin 2012, il a tenté de me convaincre qu’il était nécessaire que je ne me présente pas aux élections présidentielles de 2014. Ma réponse fut très claire : c’est une question qui concerne les Syriens et qui n’admet aucune discussion avec un non-Syrien ! Maintenant puisque vous me demandez si son initiative était dictée de l’étranger, je vous réponds que c’est à lui qu’il faudrait poser cette question.

Ceci dit, votre supposition n’est pas improbable étant donné que les États-Unis et d’autres États ennemis de la Syrie formulent toujours l’idée qui veut que je ne sois pas candidat aux prochaines élections. C’est en effet une étonnante coïncidence que M. Brahimi avance les mêmes propositions mises en avant par ces États… Nous espérons que lors de sa prochaine visite que vous venez d’évoquer, il ne dépassera pas les limites de sa mission.

Dr Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

21/10/ 2013

Traduction : Mouna Alno-Nakhal

Source : vidéo / Présidence de la République arabe syrienne

La résistance contre-attaque


parlement irakien
parlement irakien

Dans une guerre, on ne peut rester indéfiniment en position défensive. Il faut bien, à un moment ou à un autre, tenter de se dégager par des contre-offensives. C’est ce que semble vouloir faire le camp des amis de la Syrie. En effet, L’Irak veut demander à l’ONU des sanctions contre l’Arabie saoudite pour son soutien du terrorisme en Syrie et dans le monde. C’est ce qu’a déclaré mercredi à RIA Novosti un représentant de la coalition majoritaire du parlement irakien, Kazim Al-Shamri.

Il y a peu de chances de voir un jour des sanctions votées au Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’Arabie Saoudite, mais la démarche est d’une importance capitale. Il s’agit là d’utiliser la méthodologie habituelle de l’Occident contre elle, c’est-à-dire la menace permanente de sanctions. Outre le fait que cela mettra un peu plus en exergue leur politique de deux poids deux mesures et l’illégalité des sanctions unilatérales, cette démarche montrera aussi qu’aucun pays, fût-il  un protégé de l’oncle Sam, n’est plus à l’abri de ces menaces de sanctions qui, jusqu’ici, n’étaient brandies que contre les ennemis de l’Occident.

Ça promet quelques nuits d’insomnie à Ban Ki Moon.

Avic

Un général français : «François Hollande nous manipule»


Tribune libre Djerrad Amar

Hollande-ArméeDans une analyse, le général français Dominique Delawarde, ancien chef du bureau situation-renseignement-guerre électronique de l’état-major interarmes de planification opérationnelle en région parisienne, rejoint le clan des opposants à une frappe militaire contre la Syrie en mettant en cause les accusations formulées par les services de renseignement français contre le régime syrien, seul responsable, selon eux, d’avoir gazé la population. Pour lui, il n’y a aucun doute : les preuves présentées par le Premier ministre aux députés ne sont «ni convaincantes ni crédibles».

Le militaire français rappelle, à cet effet, la présentation du général Colin Powell aux Nations unies de «fausses preuves indubitables» établies par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. «Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas», affirme-t-il.

Pour cet ancien officier, l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad «est une affirmation absurde et ne tient pas la route». Selon lui, le président syrien n’aurait jamais pris un tel risque, sachant qu’une intervention occidentale suivrait de facto. «Il (Bachar Al-Assad) possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangères ?» se demande-t-il, dubitatif.

Ce «massacre», continue le militaire dans son analyse, ne profite qu’aux deux autres parties en cause dans cette affaire. «D’abord aux opposants à Bachar El-Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie. Ensuite, aux Etats-uniens et aux Franco-Britanniques qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire), en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar Al-Assad», a-t-il expliqué.

Pour corroborer son argumentation, le général Delawarde rappelle des précédents de ce genre de manipulation dans la ville roumaine de Timisoara, en décembre 1989, où les médias avaient repris pendant plusieurs semaines la fausse information d’un prétendu «massacre» de 4 600 personnes juste pour faire tomber Nicolae Ceausescu. «Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants», a-t-il révélé.

Le général Dominique Delawarde conteste les renseignements français, selon lesquels les rebelles syriens «n’ont pas le savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz». «C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires», a-t-il avancé.

Fustigeant la politique étrangère française en faveur d’une intervention militaire en Syrie pour faire respecter, selon elle, les conventions de Genève, le général Delawarde s’est demandé pourquoi la France n’a pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en 2009 : «Il y avait, lors du massacre de Gaza, 1 300 morts, bien réels ceux-là, dont 900 civils et 300 enfants. L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève (…) Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?» s’est-il encore demandé, en concluant avec ironie : «Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que plus c’est énorme, plus ça passe. Mais, là, la ficelle est un peu grosse.»

Mohamed El-Ghazi

http://www.algeriepatriotique.com/article/un-general-francais-francois-hollande-nous-manipule

 

Irak : la guerre la plus « humaine » de l’histoire


Tribune libre Résistance

1544352812L’Armée-État d’Israël se bat pour la démocratie et « une proposition de paix totale » contre les Palestiniens et les Libanais. Ses guerres, chacun le sait, lui sont imposées et ne sont que « légitime défense ». En 2003 en Iraq, les États-Unis d’Amérique étaient guidés par les mêmes nobles objectifs… Retour sur la « guerre la plus humaine de l’histoire ».

Ils nommèrent l’opération « Spectre et effroi ». Motivations : détruire les armes de destruction massive, montrer la connexion du régime avec Al Qaïda, instaurer la démocratie. Ils ont fait tout faux. Erreur. Dès le début, ils savaient que tout était faux.

Trois années d’invasion-occupation plus tard, qu’est-ce que l’Irak sinon une infinie flaque… de sang, un corps déchiqueté sur un interminable champ de ruines ? Un pays où se ramassent à la pelle des corps qui n’en sont plus, et où la nuit venue dansent, au rythme des Top 50 des bouquets satellites dans des campements-supermarchés retranchés, cent quarante mille « boys » bourrés, c’est selon, de préjugés, de mépris, d’arrogance, d’ignorance crasse, de bonne conscience, d’alcool et de drogues ? On leur a dit, dès le début : « Vous êtes là pour libérer l’Irak. Vous menez un combat pour la naissance d’un pays. »

Pauvre Mésopotamie, te faire naître, toi qui les as mis au monde.

Aujourd’hui, après le délire métaphysique de la victoire, certains d’entre eux, de retour au pays, regardent, qui leurs jambes débitées, qui leurs bras charcutés. Ils ne pourront plus danser, mais savent qu’un jour ceux qui dansent encore dans ces camps bunkérisés subiront le même sort. D’autres, physiquement indemnes, dansent quotidiennement avec le suicide ou la détraque. C’est leur unique horizon.

D’horizon, les Irakiens n’en ont plus, alors que l’horreur d’une guerre civile interreligieuse dans laquelle aucun Dieu ne reconnaîtra les siens est déjà là. Danser. C’est aussi ce que firent, de joie démocratique, il y a trois ans devant leur écran TV, le jour où Bagdad fut prise, nombre d’intellectuels, de politiciens et autres experts en fripouilleries et bas stratagèmes politico-médiatiques. Ils ont dansé, disaient-ils, par « solidarité » pour ces pauvres Irakiens écrasés par un régime dirigé par un tyran « fou de sang et d’orgueil », avec lequel leurs puissants pays, mine de rien, ont commercé, échangé, comploté des années durant, en se souciant comme d’une guigne de la terreur, de la torture et des meurtres dont était victime l’élite progressiste et démocratique de ce pays.

Quelle issue aujourd’hui pour un peuple prisonnier d’une guerre totale entre une puissance impériale prédatrice et les terroristes de l’ordre théocratique qui, fanatisés par une idéologie infrahumaine, libèrent chaque jour leurs pulsions criminelles, au lieu de leur pays, en pulvérisant d’explosifs des dizaines de paisibles gens ? Ces danses macabres rythmées par les canons des chars démocratiques étaient les prémices, nous disaient ces esprits sérieux, de jours meilleurs, d’une ère radieuse « l’Irak est une immense chance pour les Arabes. », « Pour une fois qu’un pays arabe va devenir démocratique, il faut être optimiste ». Optimiste, la belle affaire. « …La situation demeure grave en Irak, mais je suis « optimiste ». Ainsi parlait le chorégraphe en chef de ce ballet mortifère, George W. Bush, le 22 février 2006, au lendemain de l’attentat contre le mausolée chiite de Samara.

Trois années plus tôt, ou presque, le 17 avril 2003, Richard Myers, chef d’état-major interarmes, exprimait également son optimisme lors de la chute de Bagdad : « C’est la guerre la plus humaine de « l’Histoire »». En déclarant que cette tempête de feu, de fer et de sang, de corps brûlés, démantibulés, de vies ravagées était « la guerre la plus humaine de l’Histoire », le général, probablement bon père de famille, peut-être même amateur d’opéra, de poésie et de barbecue, ne savait peut-être pas qu’il venait d’inventer l’oxymoron de la terreur absolue et du crime de guerre banalisé. Il nous disait que cette guerre est humaine, parce qu’elle est USaméricaine. Qu’USaméricaine, elle ne peut qu’être humaine.

Nous savons maintenant que chaque guerre que les USA déclencheront sera une manifestation d’humanité. Qu’importent le carnage absolu de dizaines de milliers de personnes, le déferlement et le largage de milliers de tonnes de bombes et de feu, les humiliations, les tortures, les dévastations, les destructions inouïes de violence, l’ensauvagement du quotidien, la livraison des villes et des musées aux pillards encastrés, encadrés, comme de nombreux journalistes le furent, par une armée formée pour partie de soudards et de paumés, désaffiliés pour certains, détraqués pour d’autres, et de mercenaires en quête de la « green card », que de nombreux, rappelons-nous, reçurent six pieds sous terre.

Dans cet  enfer moderneallumé par cette lâche hyper puissance, comment ne pas associer l’obscène formule du général au sort et à l’avenir disloqués du petit Ali Ismaïl. Un gamin devenu, malgré lui, la proie des médiatisations les plus infâmes, et l’objet de la compassion d’un premier ministre britannique soudain attentif aux malheurs que cette guerre à bout portant avait provoqués. L’hyper médiatisation de la bonne conscience des fauteurs de guerre passée, que faut-il retenir du malheur indicible et indélébile de cet enfant, sinon que sa vie entière sera la synthèse d’une guerre qui s’est incorporée, incrustée, cristallisée pour toujours dans son corps physique et social.

Mutilé, réduit, ce corps prothétique exprime-t-il autre chose que l’extrême « brutalisation » de cette guerre ? En ce sens, cette guerre participe pleinement à un retour à l’état de nature, à une « bestialisation », à un ensauvagement des rapports sociaux et humains.

Pendant l’agression coloniale de l’Algérie, Alexis de Tocqueville, théoricien de la démocratie et polémologue du libéralisme, déclarait : « Le second moyen en importance après l’interdiction du commerce est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire ». Si les temps et les technologies ne sont plus les mêmes, les méthodes et l’état d’esprit, à quelques nuances près, demeurent et ont encore de l’avenir.

Smaïl Hadj-Ali

http://www.resistance-politique.fr/article-irak-la-guerre-la-plus-humaine-de-l-histoire-120005553.html

Quand François Hollande disait non à la guerre !


ASSEMBLEE-POLITIQUE-HOLLANDEFrançois Hollande

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DU JEUDI 27 FÉVRIER 2003 – Débat sur l’Irak

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, la guerre peut-elle être évitée ? Telle est la terrible question qui se pose.

Face à la détermination américaine de recourir – c’est dit et répété – à bref délai à la force, face à l’inconstante volonté irakienne de désarmer, il est vrai que les chances de paix peuvent paraître faibles. A moins que l’on pense, comme nombre d’entre nous ici, que la primauté du droit, que le rôle des Nations unies, que le poids des opinions publiques peuvent l’emporter sur le déchaînement irréfléchi des armes.

Une guerre, surtout lorsqu’elle procède de la communauté internationale elle-même, est un acte grave. Elle ne peut être justifiée que par des motifs impérieux, c’est-à-dire par des dangers majeurs pour la sécurité du monde et par des violations caractérisées du droit international.

Ce furent ces raisons-là qui nous conduisirent, en 1991, à approuver une intervention militaire au nom de l’ONU en Irak, après l’invasion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein. Ce furent aussi ces considérations qui nous conduisirent à participer aux opérations du Kosovo. Ce furent également ces raisons qui, après l’abominable attentat du 11 septembre, justifièrent l’intervention des Nations unies pour renverser le régime des talibans en Afghanistan, dès lors que les liens entre ce régime et Al Qaïda étaient non seulement démontrés mais encore proclamés.

Nous sommes pour la paix. C’est notre tradition, notre volonté, notre aspiration. Mais nous avons toujours su prendre nos responsabilités en acceptant le conflit avec ses risques, chaque fois qu’il pouvait permettre de préserver la stabilité et la primauté du droit.

Or, aujourd’hui, rien ne justifie la guerre et tout commande de la prévenir, c’est-à-dire de l’empêcher.

Les conditions, nous l’avons dit, ne sont pas réunies.

Aucune preuve n’a été apportée que l’Irak possède toujours des armes de destruction massive et a les capacités de les utiliser. Les inspections ont pu reprendre leur travail. Elles obtiennent des résultats et même, cela a été dit ici, plus de résultats depuis dix ans en termes de désarmement que n’en avait eus l’intervention militaire en Irak en 1991. Les inspecteurs doivent pouvoir bénéficier du temps nécessaire. Aujourd’hui, Hans Blix a fixé le calendrier et annoncé qu’il avait besoin pour son travail de plusieurs mois encore.

Aucun lien n’a pu être établi, malgré toutes les affirmations américaines, qui n’ont jamais été avérées, entre le régime irakien et Al Qaïda.

Pourquoi faire la guerre si le désarmement par la paix avance et que le monde et les voisins de l’Irak ne sont pas aujourd’hui directement menacés ?

Comment faire comprendre aux peuples, et notamment à l’opinion arabe, que le désarmement en Irak devrait être organisé par la force quand il est entravé en Corée du Nord ou ignoré tout simplement au Pakistan, alors même que les armes concernées sont nucléaires ?

Comment faire admettre qu’une guerre serait nécessaire pour chasser un dictateur, Saddam Hussein, quand tant d’autres sont tolérés voire encouragés ou utilisés dans cette partie du monde ?

Comment faire partager l’objectif d’une intervention militaire au nom d’un respect insuffisant des résolutions de l’ONU quand des manquements sont aussi relevés au Proche-Orient, dans la totale indifférence de la seule puissance, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique, qui pourrait se faire entendre dans cette région, notamment d’Israël ?

Pourquoi, François Mitterrand le demandait déjà en 1991, deux poids, deux mesures ? Pourquoi faudrait-il faire la guerre en Irak quand ailleurs on essaie de procéder autrement ?

Nous devons poursuivre, vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, tous les efforts de désarmement par la paix.

La France a pris des initiatives, l’ONU les a approuvées, il faut marquer jusqu’au bout le refus de cette guerre dans le contexte international actuel.

La guerre, si elle se produisait, aurait bien évidemment des conséquences graves sur les populations civiles en Irak. Elle offrirait à Saddam Hussein une nouvelle occasion de créer une solidarité morbide dans le cadre d’une tragédie humaine. La guerre déstabiliserait profondément l’Irak, nous le savons, avec un risque d’éclatement et de séparatisme. Elle aurait des effets directs dans la région, avec une possible intervention turque au Kurdistan et une réaction des Iraniens dès lors que les chiites pourraient être éventuellement impliqués. Elle risquerait de renforcer les tensions entre Israéliens et Palestiniens, avec, là aussi, la tentation de passer en force. Elle accentuerait la prolifération de la menace terroriste alors que cette guerre prétend précisément la prévenir. Elle consacrerait l’unilatéralisme des Etats-Unis d’Amérique pour décider du sort du monde, c’est-à-dire de la paix ou de la guerre, en fonction des seuls critères, des seuls intérêts de la puissance principale.

Ce qui est en cause, ce n’est pas simplement le désarmement nécessaire de l’Irak, ce n’est pas simplement le renversement souhaitable de Saddam Hussein. Ce qui est en cause, c’est une conception du monde, c’est une forme de régulation des conflits internationaux, c’est le rôle des Nations unies, c’est la primauté du droit.

C’est une véritable bataille pour la paix et pour le droit qui est engagée.

Il faut croire en notre capacité de gagner cette bataille-là. On peut, on doit y arriver. C’est ce que disait Gerhard Schröder il y a deux jours.

Nous avons, monsieur le Premier ministre, suffisamment de critiques à l’encontre de notre politique économique et sociale pour, aujourd’hui, vouloir joindre tous nos efforts aux vôtres, sur cette question aussi essentielle que la paix ou la guerre, afin d’essayer de peser davantage.

La France est forte chaque fois qu’elle est unie sur une ligne claire. Dès lors que nous pouvons aujourd’hui, avec l’appui de l’opinion publique, avec une majorité de Français, défendre ensemble certaines positions, ne nous privons pas de cette chance.

Des foules considérables se sont mobilisées ces dernières semaines. Elles se sont mises en marche notamment dans les pays où les gouvernements étaient plutôt enclins à suivre les Etats-Unis d’Amérique : je pense à l’Angleterre, à l’Italie, à l’Espagne, et aux Etats-Unis mêmes.

Cette mobilisation des opinions publiques, cette prise de conscience citoyenne à l’échelle du monde constitue un atout décisif pour la période qui s’ouvre. Désormais, il s’agit de tenir bon. Le choix est, comme vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, entre une deuxième résolution à l’initiative de l’administration américaine ou le renforcement de l’action des inspecteurs du désarmement pour la paix. Toutes les initiatives doivent être prises, toutes les négociations engagées pour éviter une deuxième résolution et, si celle-ci était déposée, pour constituer une majorité qui la repousse.

Mais nous devons aussi savoir que, si nous voulons repousser cette résolution, les pressions se feront plus intenses sur les pays récalcitrants au Conseil de sécurité. Nous imaginons bien comment les manquements, même partiels, de l’Irak aux contrôles des inspecteurs pourront être utilisés. Nous savons la confusion que peuvent entretenir les Etats-Unis d’Amérique, notamment, entre le refus de la résolution et le soutien implicite de Saddam Hussein.

Si nous voulons que la résolution américaine ne soit pas adoptée, tout dépend de nous, de notre capacité de conviction, de notre détermination. La France doit prendre ses responsabilités et aller jusqu’au bout : c’est-à-dire user, le cas échéant, du droit de veto pour éviter l’aventure, la fuite en avant et le déchaînement des passions et des armes.

Monsieur le Premier ministre, le droit de veto n’est pas simplement, comme on le dit souvent, une arme de dissuasion, ni une menace, un moyen de chantage ou, pire encore, une agression. Le veto, c’est d’abord une façon de dire non à la guerre préventive. Le veto, c’est le moyen que possède la France – mais pas seulement elle – de ne pas donner une couverture légale à une intervention militaire illégitime. Le veto, c’est ne pas fournir le drapeau de l’ONU à une cause qui n’est pas celle du monde, mais celle de l’administration Bush. Le recours éventuel au veto, comprenons-le tous, est la suite logique de la position de la France, dès lors qu’elle considère sincèrement que cette guerre est inutile et dangereuse.

Certes, nous n’en sommes pas encore là. Mais le moment décisif approche, à mesure que la discussion de la résolution au Conseil de sécurité se précise. C’est pourquoi je demande, au nom des socialistes, qu’un autre débat, cette fois-ci avec vote, puisse être prévu au Parlement avant que la France n’ait à faire connaître sa décision.

Mais je le dis fermement dès à présent, exclure a priori le droit de veto, comme je l’entends parfois, c’est affaiblir la position de la France dans la négociation diplomatique qui s’engage.

On nous objectera que l’opposition de la France créerait une rupture irréversible dans nos relations avec les Etats-Unis. Mais ce ne serait pas la première fois dans notre histoire. Je me souviens du départ de la France des instances militaires de l’OTAN, en 1966, et de nos contentieux à l’occasion de la guerre du Vietman. Nous avons toujours réussi, entre alliés, à surmonter ces querelles parce que nos deux pays, cela a été dit avant moi, sont liés par leur histoire, par des dettes respectives et qu’ils partagent, heureusement, sur la liberté, les mêmes valeurs.

En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un conflit d’intérêts, ni d’un défaut de solidarité d’un allié à un maître. Nous avons dit notre horreur des attentats du 11 septembre. Il s’agit en fait, bien plus que d’une divergence sur la seule question irakienne, d’une divergence entre nous, Américains et Français, et je l’espère Européens, sur la conception du monde. Il s’agit d’une divergence sur l’utilisation de la force.

Nous considérons que la conception du monde qu’ont aujourd’hui les Etats-Unis est dominatrice et déstabilisatrice.

La crise irakienne est à cet égard décisive. Si elle se dénoue par la force, le processus, nous le sentons, ne s’arrêtera pas là. De nouvelles crises surgiront et il ne sera pas possible d’arrêter la stratégie américaine à l’échelle de la planète. Si, en revanche, nous obtenons que la crise irakienne se dénoue par la négociation au sein de l’ONU, c’est la communauté internationale, et pas simplement la France ou l’Europe, qui en sortira renforcée.

Certes, le rejet par le Conseil de sécurité de la résolution américaine peut ne pas décourager George Bush d’intervenir unilatéralement. Mais il sait aussi que son choix serait périlleux, pour l’ouverture même du conflit et surtout pour l’après-guerre. Comment gérer l’après-guerre dans la région sans la caution de l’ONU, sans la participation de l’Europe ?

De ce point de vue, nous avons un argument de dissuasion essentiel : les Etats-Unis ont besoin de l’ONU. Sans l’ONU, il n’est pas possible de prolonger une intervention. C’est la raison pour laquelle nous devons, au Conseil de sécurité, faire prévaloir le droit et empêcher les Etats-Unis de faire passer leur résolution.

Reste la question de Saddam Hussein.

Vouloir la paix n’est pas tolérer son régime. Saddam Hussein est un dictateur – on l’a dit et répété – de la pire espèce. Il a tué ses opposants, détourné les produits financiers de la résolution « pétrole contre nourriture », et il affame son peuple.

Il faut donc toujours donner la priorité à la pression, faire en sorte qu’il soit obligé de désarmer, soutenir l’opposition démocratique et désolidariser son peuple de ce dictateur.

Sans doute, le mieux serait qu’il parte, et même qu’il puisse être jugé par la Cour pénale internationale. Le paradoxe est que les Etats-Unis ne reconnaissent pas la Cour pénale internationale. Ils ont même signé des conventions pour assurer l’impunité de certains pays à cet égard.

Comment proclamer l’ingérence pour chasser un dictateur si, au départ, on n’affirme pas la primauté de la justice internationale pour condamner les dictateurs ? Pour nous, la paix n’est pas l’impunité. Pas plus que la guerre n’est la justice. Il faut réussir à faire la paix et à juger les responsables.

Mais la crise que nous traversons nous oblige, quelle qu’en soit l’issue, à repenser le rôle des Nations unies et l’avenir de l’Europe.

Les institutions internationales doivent être renforcées. C’est une priorité. C’est la condition indispensable pour la paix, mais aussi pour le développement, pour la stabilité financière et pour la préservation de la planète. Cela exige de compléter les traités, d’amplifier les moyens et de démocratiser le fonctionnement des institutions internationales.

Face à la stratégie américaine, qui n’est rien d’autre que le retour à l’impérialisme, à l’unilatéralisme, avec cette fois peut-être un élément personnel, presque religieux, apporté par George Bush, il convient de mettre en place un monde multipolaire. Il faut instaurer un système fondé sur le droit, qui constitue la seule protection du faible contre le fort.

La France doit promouvoir non seulement le droit international mais les institutions internationales, leur capacité d’agir. Elle doit renforcer leurs moyens et, de ce point de vue, la lutte pour une autre mondialisation est inséparable de la lutte pour la paix. C’est le même combat que lorsqu’il s’agit de fixer des règles pour la circulation des marchandises, pour la circulation des capitaux, qui doit être mené pour instaurer la paix. Nous partageons le même combat pour un autre monde, un monde de paix. De même, nous ne pouvons rester silencieux sur la question du Proche-Orient. Aucune initiative, ces derniers mois, n’a été prise. Aucune ouverture de négociation, de discussion, de dialogue n’a été encouragée. Aucune pression n’a été exercée, notamment sur le gouvernement israélien.

Là encore, monsieur le Premier ministre, la France doit jouer son rôle et pas simplement dire aux uns ou aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre.

L’Europe doit aussi être notre prochain défi. Elle sort incontestablement affaiblie de l’épreuve de ces dernières semaines. L’unanimisme de façade n’a pas résisté, les divisions ont fait du mal et la solidarité atlantique a prévalu sur la solidarité européenne. Il faut donc ouvrir, comme cela a été dit avant moi un grand débat sur l’Europe, sur le projet européen. Et ce débat doit avoir lieu aussi dans cet hémicycle.

Voulons-nous une Europe des marchés ou une Europe de la solidarité ? Voulons-nous une Europe sociale ou une Europe qui se préoccupe simplement des acteurs économiques ? Voulons-nous une Europe qui ait un projet d’ensemble de développement ou une Europe qui se protège ?

Nous devons également avoir cette discussion sur les institutions, et pas simplement sur la présidence de l’Europe, même s’il y aurait beaucoup à dire. Nous devons aller jusqu’au bout du débat sur la défense européenne et savoir ce que nous acceptons nous-mêmes de consentir comme transferts de souveraineté.

Nous devons aussi avoir un débat sur la préparation de l’élargissement. A l’évidence, nous pouvons d’ores et déjà le dire, les travaux de la Convention devront être prolongés autant qu’il le faudra. Cette Convention européenne, qui doit déboucher sur une Constitution, est un moment trop important pour que, compte tenu de ce qui se passe, nous conservions le calendrier initialement prévu.

Si nous voulons ce grand débat, nous devons respecter les positions des uns et des autres et éviter la condescendance entre Européens, celle-là même que nous reprochons aux Américains à notre endroit. Nous devons essayer de comprendre l’histoire et la géographie de nos principaux partenaires pour ne pas les traiter comme des enfants, ce qui ne serait pas la meilleure façon de les faire grandir en bonne intelligence avec nous.

Le pire serait d’esquiver le débat, de masquer nos différences, les divergences entre Européens ou entre nous. L’essentiel est sans doute de faire vivre le couple franco-allemand, mais aussi de parler et d’agir avec tous. Il faut refonder une dynamique européenne à vingt-cinq – ce sera dur – mais aussi commencer à travailler sur l’avant-garde européenne, qui peut, notamment en matière de politique étrangère et de politique de défense, permettre un saut vers une Europe plus forte et plus solidaire.

Nous avons, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, des jours difficiles devant nous. Nous vivons un moment important de l’histoire du monde, qui va au-delà de la seule question irakienne. Il s’agit aujourd’hui d’éviter non pas seulement une guerre, mais une suite de conflits suscités, au nom d’un ordre décidé unilatéralement par une seule puissance. Il s’agit non pas simplement d’empêcher les Etats-Unis d’intervenir en Irak, mais de régler, par la paix, un problème qui est posé à l’ensemble de la communauté internationale, celui du désarmement.

Il s’agit non pas uniquement d’arrêter une crise, mais de préserver la stabilité du monde. En cet instant, l’ONU doit se faire respecter. Elle joue là son avenir dans la période de l’après-guerre froide. L’Europe doit comprendre qu’elle est l’instrument d’un monde multipolaire et qu’elle ne peut pas être simplement une union agglomérant des intérêts de marché. L’Europe doit également comprendre que de sa capacité à intervenir dépend aussi la stabilité du monde. Enfin, la France doit porter son message universel, celui de la paix, du droit, de la justice internationale contre la force. Cette position, nous, les socialistes, nous voulons qu’elle soit tenue jusqu’au bout, sans relâche, sans faiblesse, sans fléchissement. Cette position, la nôtre, monsieur le Premier ministre, ne variera pas. C’est et ce sera toujours « Non à la guerre ! », et je souhaite, au plus profond de mon cœur, que ce soit aussi celle de la France.

François Hollande,
Assemblée Nationale,
Le 16 février 2003

Source : Non à la guerre !

L’Iran peut aider Obama à affiner son héritage


2013-06-05T114009Z_1_APAE9540WEZ00_RTROPTP_3_OFRWR-IRAN-NUCLEAIRE-RUSSIE-20130605Par MK Bhadrakumar

Le président Barack Obama crée un nouveau précédent dans l’histoire de l’Amérique comme puissance impérialiste. Il ne cherche pratiquement pas d’excuses avant d’ordonner une attaque militaire contre un pays souverain avec lequel les Etats-Unis ne sont pas en guerre et qui n’a pas nui aux intérêts vitaux de l’Amérique ou ses intérêts comme pays souverain, même indirectement.

L’administration Obama annonce publiquement à l’avance que cela va être une attaque militaire « limitée » de la Syrie par les États-Unis. Il est même prêt à donner un préavis du moment où l’attaque peut être prévue. Qui pourrait dire qu’Obama n’est pas un homme d’Etat plein d’humanité et de respect?

Par attaque «limitée», l’administration Obama indique qu’elle n’attaquera pas directement les stocks d’armes chimiques de la Syrie, mais seulement leur «logistique », ce qui signifie les forces aériennes syriennes et les unités de l’armée qui sont susceptibles d’être impliquées dans une attaque à l’arme chimique. En fait, n’importe qui se trouvant dans le commandement des forces armées du pays et, à plus forte raison ceux des centres de « commandement et de contrôle  » des forces armées syriennes, seront également ciblés.

En somme, le plan derrière l’attaque « limitée » est d’affaiblir les forces armées syriennes. L’objectif politique est clair. L’administration Obama insiste sur le fait que ce n’est pas un «changement de régime. » Ce que cela signifie c’est que les Etats-Unis et ses alliés espèrent que, sous une pression immense de mort et de destruction, les forces armées syriennes pourraient, enfin, commencer à remettre en question la qualité de la direction du président Bachar al-Assad, ce qui, à son tour, pourrait conduire à un coup d’Etat contre lui ; ce ne sera pas un «changement de régime» à proprement parler, mais un ‘’changement de régime’’ quand même.

L’expérience irakienne a enseigné aux Etats-Unis l’importance cruciale de maintenir intactes autant que possible les structures étatiques et les institutions – lire, les forces armées, l’appareil sécuritaire et la bureaucratie – dans un pays, même si son régime change de mains selon le désir américain.

Le risque est grand parce que dans cette situation, il y a, de manière implicite, à la fois les «connus connus» et les «inconnus inconnus» contre lesquels l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait mis en garde. Pour citer un extrait du communiqué de presse de Rumsfeld en Février 2002 :

Il y a des connus connus, il y a des choses que nous savons que nous savons. Il y a des inconnus connus, c’est-à-dire, il y a des choses que nous savons maintenant que nous ne savons pas. Mais il y a aussi des inconnus inconnus – il y a des choses que nous ne savons pas que nous ne savons pas.

Rumsfeld s’exprimait dans le contexte de l’Irak, où son pronostic était que les principaux dangers de la confrontation étaient les «inconnus inconnus», c’est à dire les menaces de Saddam, qui était complètement imprévisibles.

Inutile de dire que pour l’administration Obama, réussir à atteindre son objectif est loin d’être évident car, en Syrie,  les «connus connus » seuls sont très importants. Mais ce qui est clair dans un sens beaucoup plus large et profond ce sont les choses suivantes :

Premièrement, cette entreprise d’attaquer la Syrie est issue d’un plan directeur dont les Etats-Unis (et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) ont toujours prétendu qu’il n’existait pas. L’art de la dissimulation a été perfectionné au point ultime. Les États-Unis ont pris un brusque virage sur le chemin menant au sommet de Genève 2 sans se soucier le moins du monde des explications à fournir sur le pourquoi, tout en concluant unilatéralement sans aucune preuve concrète que le gouvernement syrien devrait être tenu pour responsable des dernières attaques d’armes chimiques près de Damas.

Deuxièmement, au moment décisif, les Etats-Unis rallient leurs alliés et forment une «coalition of the willing ». Les désaccords qui était supposés exister entre les Etats-Unis d’une part et ses alliés du Golfe Persique (et Israël)  d’autre part sur le changement de régime en Egypte était une petite guéguerre entre vendeurs dans un marché aux poissons, après tout. Lorsque le besoin s’en fait sentir et le moment venu, ils se déplacent immanquablement ensemble comme une meute de loups.

Troisièmement, les États-Unis interprètent unilatéralement le droit international et n’ont aucun scrupule à lancer des attaques militaires sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies. Alors qu’une démocratie véritable, devrait épouser les valeurs de la démocratie « inclusive », l’administration américaine agit sans prendre en considération l’opinion publique nationale. Selon les sondages d’opinion américains, pas même 10% du peuple américain ne veulent que leur pays s’implique en aucune manière dans la guerre civile en Syrie.

Quatrièmement, Obama a jeté de la poudre aux yeux de l’opinion mondiale en donnant l’impression qu’il n’y aura plus «d’Afghanistans» ni «d’Iraks » et qu’il est toujours sous le choc, à chaque fois qu’un sac mortuaire arrive de la guerre en Afghanistan et qu’il est appelé à signer la lettre de condoléances à la famille endeuillée. L’invasion américaine de l’Irak a entraîné la mort de centaines de milliers de civils innocents. Mais ça ne laisse aucune cicatrice sur la sensibilité d’Obama.

Toutefois, la leçon la plus profonde que l’on peut tirer de tout cela, alors que les Etats-Unis commencent le compte à rebours d’une attaque sur la Syrie, réside ailleurs: Pourquoi la Syrie, pourquoi pas la Corée du Nord?

La réponse est claire. Comme les analystes militaires de CNN peinent à l’expliquer, ce sera une opération militaire qui n’engendrera pas de risque de pertes américaines. L’attaque contre la Syrie aura lieu à partir de la mer bleue avec des missiles de croisière – pas même d’avions pilotés par les pilotes américains de peur qu’ils ne soient abattus.

Les analystes américains expliquent que les forces armées syriennes sont déjà débordées après deux années de combat contre les rebelles dans tout le pays. Ils font remarquer comment la Syrie n’a même pas pu enclencher des représailles contre les attaques aériennes israéliennes répétées – chose impensable il y a seulement quelques années.

En somme, la Syrie n’a pas de pouvoir de dissuasion. C’est là que Kim Il-sung et Kim Jong-il se sont avérés leaders visionnaires. Ils ont légué à la direction actuelle de Kim Jong-Un à Pyongyang une puissance de dissuasion qui fera que l’administration Obama pensera, pas deux fois, mais plusieurs fois avant de lancer une attaque militaire contre la Corée du Nord. C’est exactement là où le père de Bachar, Hafez al-Assad semble avoir faibli.

Maintenant, cela devient un jeu de moralité pour l’Iran. Bien sûr, le régime iranien prend très au sérieux les «fatwas» prononcées par leur chef spirituel et guide suprême de ne pas se lancer dans un programme d’armement nucléaire. Mais, est-ce la chose sage à faire ?

Après tout, nous devons être en vie avant que nous puissions penser à observer les « fatwas » – même Perses. Le fait est que l’attaque américaine imminente contre la Syrie devrait être un signal d’alarme pour le régime iranien  et l’alerter pour la lutte existentielle qui l’attend.

Comment Téhéran peut-il désormais prendre la parole d’Obama au sérieux? Seulement la semaine dernière, il est apparu selon des documents d’archives officielles américaines que le coup d’état de 1953 contre Mohamed Mossadegh était une opération de la CIA, et que les horribles attaques d’armes chimiques par les forces de Saddam Hussein ont été organisées avec les renseignements cruciaux de la CIA.

Y a-t-il quelque chose de vraiment changé sous Obama? Les dirigeants iraniens doivent réfléchir calmement et collectivement.

Quels que soient les résultats de l’attaque imminente des Etats-Unis contre la Syrie, qui aura, c’est certain, des conséquences dramatiques, Téhéran doit prendre une décision capitale pour se prémunir contre une telle agression. La seule façon d’y parvenir sera d’avoir le pouvoir de dissuasion que la Corée du Nord possède, ce qui maintient les prédateurs à distance.

L’opinion mondiale comprendra. Les humbles ont également le droit moral de se défendre – même s’ils sont loin d’hériter d’une terre que Dieu a prophétisée pour eux. Que ce soit le meilleur héritage présidentiel d’Obama – un Iran nucléaire.

Ambassadeur MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes dont celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-02-290813.html

Attaques chimiques : L’ONU sape les déclarations américaines et britaniques


masque_carteL’ONU a contredit les allégations des dirigeants américains et britanniques selon lesquels les preuves de l’attaque chimique présumée contre les deux Ghouta de Damas peuvent être détruites.

Si des gaz neurotoxiques ont bien été utilisés mercredi près de Damas, les inspecteurs de l’ONU devraient facilement pouvoir en trouver des traces et les identifier à condition de pouvoir prélever des échantillons sur le site de l’attaque présumée et sur les victimes, assurent des experts interrogés par l’AFP.
« Ca ne devrait pas poser de problème, surtout si ce sont des molécules de type sarin ou des choses connues », estime Pascal Klintz, toxicologue et expert médico-légal français.
« Si les inspecteurs de l’ONU font des prélèvements corrects, de sang, d’urine, dans les tissus gras où ça se fixe, et également sur les vêtements, il n’y aura aucune difficulté analytique à faire ce genre d’investigations, même avec des délais particulièrement longs », assure-t-il à l’AFP.
Même cinq jours après l’attaque présumée, « il y a de bonnes chances de trouver du sarin et ses dérivés dans le sol, des munitions explosées et des fluides corporels comme le sang et l’urine », renchérit le Dr Alastair Hay, spécialiste en toxicologie de l’Université britannique de Leeds.

« Chez certains individus qui ont été sévèrement intoxiqués, on peut encore trouver des traces de sarin jusqu’à six semaines après l’exposition », affirme le Dr Hay, qui étudie les effets des armes chimiques depuis plus de trente ans.
« Dans l’environnement, la marge est encore bien plus importante. Lors d’une enquête que j’ai menée au Kurdistan irakien, nous avons trouvé, quatre ans après, du gaz moutarde, du gaz neurotoxique et leurs dérivés dans le sol prélevé à l’endroit où les munitions avaient explosé », insiste l’expert britannique.

Tout dépendra donc de la latitude dont bénéficieront les experts internationaux en Syrie pour mener leurs investigations.
« S’ils ont librement accès à la zone, et qu’ils peuvent y faire ce qu’ils veulent, je pense qu’ils ont de bonnes chances de trouver des preuves qui nous permettront de mieux comprendre ce qui s’est passé », juge aussi Ralf Trapp, consultant indépendant qui fut de 1998 à 2006 expert à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de La Haye.
Pour lui, l’idéal serait que les enquêteurs de l’ONU puissent découvrir dans les cratères laissés par les explosion des fragments de munitions, qui leur permettraient non seulement de déterminer si elles contenaient des agents chimiques mais aussi de quel arsenal elles peuvent provenir.
« S’il s’agit de missiles ou de bombes d’aviation, la responsabilité du gouvernement syrien sera clairement engagée. S’il s’agit d’obus de mortier, il faudra essayer de déterminer la trajectoire des obus et savoir qui tenait la position (gouvernement ou rebelles), d’où ont été lancés les obus », explique Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et biologiques et chercheur à la Fondation de la recherche stratégique.

Trop tard ?

Dimanche, Damas venait à peine de donner son feu vert pour l’enquête onusienne que des responsables américains et britanniques s’étaient relayés pour saper d’avance les résultats de l’enquête onusienne.

S’exprimant pour l’AFP, un responsable américain qui n’a pas été identifié a dit que le feu vert de Damas arrive « trop tard pour être crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d’autres actes délibérés ces cinq derniers jours ».

Même son de cloche de la part du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, qui sans tarder, a déclaré que ces preuves « pourraient avoir été détruites ».
« D’autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d’autres peuvent avoir été trafiquées », a-t-il prétendu.
La France a évité une telle bêtise et son ministre français s’est contenté de répéter que l’attaque chimique ne faisait aucun doute.

Les mensonges de l’Irak

POur sa part, Téhéran a rappelé par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Abbas Araghchi les mensonges qui ont précédé la guerre contre l’Irak en 2003.
« L’opinion publique n’a pas oublié les mensonges à propos des armes de destruction massive en Irak et ne permettra pas que de telles accusations fausses aboutissent à un autre drame humanitaire », a-t-il dit selon l’agence Isna, estimant que l’Iran juge dangereux de parler de l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie.
« Alors que la région a besoin de calme, parler d’une attaque militaire contre la Syrie, de plus sans l’autorisation du Conseil de sécurité (de l’ONU), est très dangereux et peut créer des tensions », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l’agence Isna.
« Toute mauvaise interprétation de la situation en Syrie mènera toute la région dans une situation compliquée et dangereuse avec des conséquences pour tous les pays de la région », a-t-il ajouté, assurant que « le règlement de la crise en Syrie ne peut se faire par des moyens militaires. Le dialogue et l’entente politique pour une solution pacifique est la seule voie ».

Des tirs contre les inspecteurs

Sur le terrain, alors qu’ils se rendaient sur le site présumé de l’attaque, les enquêteurs onusiens ont essuyé des tirs.
« Le premier véhicule de l’équipe d’enquête sur les armes chimiques a été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés », a déclaré un porte-parole de l’ONU Martin Nesirky dans un communiqué, ne faisant état d’aucun blessé.

« La voiture n’étant plus utilisable, (les enquêteurs) sont retournés sains et saufs au point de contrôle tenu par le gouvernement », a-t-il précisé, ajoutant que l’équipe retournerait dans la zone « après avoir changé de véhicule », a-t-il ajouté.
Les membres de la mission de l’ONU avaient quitté plus tôt leur hôtel de Damas à bord d’un convoi de cinq voitures, escorté des services de sécurité syriens en direction de la  banlieue de Damas tenue par les rebelles.

Damas assure que ce sont les rebelles qui ont tiré sur les inspecteurs.

« Les membres de l’équipe des Nations unies (…) ont essuyé des tirs des groupes terroristes armés alors qu’ils entraient dans la région de la Moadamiyat al-Cham », au sud-ouest de Damas, a indiqué la télévision d’Etat.
La télévision, qui citait un responsable syrien sous couvert de l’anonymat, a précisé que les services de sécurité « avaient escorté (les inspecteurs) jusqu’au site contrôlé par ces groupes ».
« Le gouvernement syrien fait assumer aux groupes terroristes la responsabilité de la sécurité et de l’intégrité physique des membres de l’ONU et la garantie qu’ils rentrent sains et saufs », poursuit la chaîne.

Almanar

La guerre contre l’Iran, l’Irak et la Syrie? Pepe Escobar


iran-en-rouge1Au milieu du grondement incessant de la jungle (de Washington) au sujet d’une possible aventure militaire de l’administration d’Obama en Syrie, de nouvelles informations ont émergé. Et quelles informations en provenance du Pipelineistan.

Le tableau : le ministre irakien du Pétrole Abdelkarim al-Luaybi, le ministre du Pétrole syrien Sufian Allaw, et l’actuel ministre iranien du Pétrole par intérim Mohammad Aliabadi se sont réunis dans le port d’Assalouyeh, au sud de l’Iran, pour signer un protocole d’accord pour la construction du gazoduc Iran – Irak – Syrie, pas moins.

À Asia Times Online et aussi ailleurs j’avais affirmé que cet éventuel noyau du Pipelinestan était l’une des raisons fondamentales de la guerre par procuration en Syrie. Contre les intérêts de Washington, pour qui l’intégration de l’Iran est une abomination, le gazoduc court-circuite deux acteurs extérieurs d’une importance cruciale dans l’affaire syrienne – le premier, ‘’l’armeur’’ des rebelles, le  Qatar (en tant que producteur de gaz), et le ‘’soutien logistique’’ des rebelles, la Turquie (qui s’auto-décrit comme le carrefour privilégié de l’énergie entre l’Orient et l’Occident).

Le gazoduc de 10 milliards de dollars US, 6.000 kilomètres, est prévu pour démarrer du champ gazier de South Pars en Iran (le plus grand du monde, partagé avec le Qatar), et traverser l’Irak, la Syrie puis, finalement, le Liban. Ensuite, il pourrait passer sous la Méditerranée vers la Grèce et au-delà; être reliée au gazoduc arabe, ou en parallèle.

Avant la fin du mois d’Août, trois groupes de travail se pencheront sur les aspects complexes techniques, financiers et juridiques. Une fois que la finance sera sécurisée – et c’est loin d’être certain, compte tenu de la guerre par procuration en Syrie – le gazoduc pourrait être en ligne en 2018. Téhéran espère que l’accord final sera signé avant la fin de l’année.

L’hypothèse de travail de Téhéran, c’est qu’il sera en mesure d’exporter 250 millions de mètres cubes de gaz par jour en 2016. Lorsqu’il sera  terminé, le gazoduc sera en mesure de pomper 100 millions de mètres cubes par jour. Pour le moment, l’Irak a besoin jusqu’à 15 millions de mètres cubes par jour. En 2020, la Syrie aura besoin jusqu’à 20 millions de mètres cubes, et le Liban jusqu’à 7 millions de mètres cubes. Cela laisse encore beaucoup de gaz à l’exportation vers les clients européens.

Les européens – qui n’arrêtent pas de râler se disant les otages de Gazprom – devraient se réjouir. Au lieu de cela, une fois de plus ils se tirent une balle dans le pied.

Vous voulez la guerre? Voici la facture

Avant de passer au dernier fiasco européen, nous allons faire un mixage de ce développement du Pipelineistan avec la nouvelle «découverte» du Pentagone – par le directeur adjoint de l’Agence du renseignement de défense (DIA), David Shedd, selon lequel la guerre par procuration en Syrie peut durer  » plusieurs années «  . Si cela se produit, bye-bye le pipeline.

On se demande ce que ces ‘’assistants penseur’’ du Pentagone ont bien pu faire depuis début 2011, considérant qu’ils prédisaient la chute de Bachar al-Assad toutes les deux semaines. Maintenant, ils ont aussi «découvert» que les djihadistes du théâtre syrien appartenant au Jabhat al-Nusra et au moule d’al-Qaïda en Irak (AQI) sont, en fait, en train d’exécutent un (horrible) show. Shedd a admis qu’il y avait « au moins 1.200 » factions / gangs de « rebelles » disparates en Syrie, la plupart d’entre eux n’ayant rien à faire là.

Attestant de l’épouvantable moyenne de QI impliquée dans le débat de politique étrangère à Washington, cette information devrait être triturée pour encore justifier une autre aventure militaire à l’horizon – en particulier après que le président Barack -« Assad doit partir » – Obama ait déclaré qu’il autoriserait l’armement ‘’light’’ des «bons» rebelles uniquement. Comme si les dures lois de la guerre obéissaient à quelque bonne fée des armes quelque part là-haut dans le ciel.

Entre en scène du général Martin Dempsey, Chef d’Etat-Major des Armées. Le même jour où Téhéran, Bagdad et Damas étaient en train de parler sérieusement d’affaires d’énergie, Dempsey écrivait aux sénateurs américains de la clique belliciste des John McCain que l’entrée des États-Unis dans une nouvelle guerre conduirait à des « conséquences imprévisibles ».

Dempsey a écrit que, armer et entrainer les «bons» rebelles (à supposer que la CIA ait une idée de qui ils sont) coûterait « 500 millions de dollars par an au départ», exigerait «plusieurs centaines à plusieurs milliers de soldats» et risque d’armer, par la même occasion, les djihadistes du style Al-Qaïda , plongeant ainsi Washington, selon l’évaluation ‘’Pentagonnienne’’ de Dempsey, dans une « association involontaire avec des crimes de guerre en raison des grosses difficultés».

Dans le cas où l’administration Obama cèderait à l’option favorite des va-t-en-guerre – une zone d’exclusion aérienne – Dempsey a également déclaré que pour des frappes aériennes « limitées », il faudrait « des centaines d’avions, navires, sous-marins et d’autres moyens », pour un coût » de l’ordre du milliards « , et tout cela pour atteindre des résultats bien moindres que la « dégradation significative des capacités du régime et une augmentation des désertions du régime » espérées.

Dempsey au moins a été franc ; contrairement à Kadhafi en Libye, les forces de Bachar al-Assad ne plieront pas à cause d’une zone d’exclusion aérienne. Et ça ne changerait pas grand-chose parce que le gouvernement syrien « repose massivement sur une puissance de feu terrestre – mortiers, artillerie et missiles ». Et même une zone d’exclusion aérienne limitée- ce que l’ancienne star du Département d’État Anne-Marie Slaughter définissait par euphémisme comme un « no-kill zone » – coûterait « plus de 1 milliard de dollars par mois ». Et qui va payer pour tout cela? La Chine?

Même avec Dempsey jouant au flic de  dieu et agitant la voix de la raison – quelque chose d’assez étonnant en soi, mais il a quand même été en Irak, et a vu de ses propres yeux comment on peut se prendre des coups de pied au cul par une bande d’enturbannés armés kalachnikovs d’occasion – les experts des médias américains se délectaient encore du débat interne au sein de l’administration Obama sur la « sagesse » d’une nouvelle guerre.

Regrouper les chers djihadistes

Et alors que le débat sur la «sagesse» était parti pour durer, l’Union européenne a décidé d’agir ; s’inclinant humblement devant la pression des Etats-Unis et d’Israël, l’UE – elle-même sous la pression du Royaume-Uni et des Pays-Bas – inscrivent la branche armée du Hezbollah sur liste noire comme organisation terroriste.

Le prétexte était l’attentat contre un bus transportant des Israéliens en Bulgarie en 2012. Le Hezbollah a dit qu’il n’avait rien à voir avec cela. Les enquêteurs bulgares disent catégoriquement oui d’abord, puis peut-être, et maintenant ils admettent même que la preuve des circonstances est fragile.

Donc, le prétexte est bidon. C’est l’Union européenne – après le méprisable refus de droits de survol de l’avion présidentiel bolivien – jouant une fois de plus le caniche docile, avec les Angliches et les Hollandais, essayent d’affaiblir le Hezbollah juste au moment où ce dernier confortait ses bases à la frontière syrienne / libanaise et avait en fait battu tous ces djihadistes du Jabhat al-Nusra et autres AQI.

Comme une illustration graphique de la totale ignorance de l’UE – certains diraient stupidité – la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France, en particulier, suivi par les autres, viennent de marquer comme « terroristes » l’organisation qui se bat sur le terrain en Syrie / Liban contre les djihadistes, tandis que le djihadistes eux-mêmes s’en tirent. Plus ignorant / arrogant, tu meurs.

Alors, quelle est la prochaine étape? Il ne serait pas si farfelu que ça d’imaginer l’UE, oubliant totalement le pipeline qui en fin de compte profitera à ses citoyens, émettant – sous la pression américaine – une directive pour marquer l’ensemble Iran-Irak-Syrie comme axe terroriste. Ils feraient ensuite du lobbying pour une zone d’exclusion aérienne qui s’applique à tous, et recruteraient des djihadistes de partout pour la guerre sainte contre l’axe, soutenue par une fatwa émise par le cheikh Yusuf al-Qaradawi. Mais d’abord, ils auraient besoin de l’approbation de Washington. En fait, ils pourraient même obtenir.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-04-230713.html

Un des instructeurs des rebelles syriens : G.I. Johnson, le soldat aux 2.746 morts


Avec un tel instructeur, on comprend beaucoup de choses quant à la barbarie et la sauvagerie des mercenaires se Syrie.

GI JohnsonDillard Johnson, sergent de 1ère classe qui a servi en Irak, détient le record macabre du nombre d’ennemis tués. Il raconte son histoire dans des mémoires à paraître mardi.

Le sergent Dillard Johnson publie ses mémoires sur sa participation à la guerre en Irak (ici son portrait en quatrième de couverture). Photo : DR

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui voulait devenir sergent Rock, ce personnage de Comics qui abattait des avions allemands avec son fusil-mitrailleur durant la Seconde guerre Mondiale. A 48 ans, le sergent de 1ère classe Dillard Johnson a réalisé son rêve de gosse. Il détient même le record du nombre d’ennemis tués par un soldat américain, rapporte le New York Post qui raconte son histoire.

En deux participations à la guerre en Irak, Dillard Johnson a ainsi fait pas moins de 2.746 morts. Obligé par sa hiérarchie à en tenir le compte, il a catalogué toutes ses victimes dans un journal. « C’est triste à dire mais ils sont justes de nouvelles marques au feutre », s’épanche-t-il. D’autres soldats ont peut-être été plus « efficaces » par le passé, note le journal, mais ils n’avaient pas tenu de registre : leur exploit restera donc dans l’ombre.

« Carnivore »

Pour s’y retrouver dans le sillage de cadavres que laissait derrière lui son véhicule d’assaut, l’officier Johnson avait développé une méthode infaillible : il ne comptait que les têtes. La mission s’est simplifiée lors de son deuxième passage en Irak, puisqu’il était alors tireur d’élite et tuait ses ennemis un par un. 121 au total.

Ces faits d’arme ont valu quelque 37 médailles à Dillard Johnson, ainsi qu’une balle logée en permanence dans sa jambe. « Ce n’est pas un motif d’orgueil », assure-t-il aujourd’hui, bien qu’il en ait fait un livre qui sortira mardi. Des mémoires qu’il aurait pu intituler « la mort est mon métier » mais auxquels il a préféré donner le nom de son véhicule d’assaut : « Carnivore »…

Thomas Vampouille

Washington est fou – Paul Craig Roberts


obama-tearing-constitutionAu 21e siècle la propagande vieille de deux cents ans selon laquelle les Américains contrôlent leur gouvernement a été complètement détruite. Tant l’administration Bush et les régimes d’Obama ont clairement montré que  les Américains n’ont pas la moindre influence, encore moins de contrôle, sur le gouvernement. Tant que Washington est concerné, les gens ne sont que fétus de paille.

Les sondages montrent que 65% de la population américaine s’opposent à l’intervention américaine en Syrie. Malgré cette indication claire de la volonté du peuple, le régime Obama est en train de concocter un cas de propagande pour armer encore plus les mercenaires de Washington envoyés pour renverser le gouvernement laïque syrien et pour imposer une « zone d’exclusion aérienne » sur la Syrie, qui, si l’on se réfère à la Libye,, signifie que les avions des Etats-Unis ou de l’OTAN vont attaquer l’armée syrienne au sol, servant ainsi de forces aériennes aux  mercenaires importés par Washington, pudiquement appelés «rebelles syriens. »

Washington a déclaré il y a quelque temps que la «ligne rouge» qui amènerait la Syrie sous l’attaque militaire de Washington était l’utilisation par le gouvernement Assad d’armes chimiques de destruction massive contre les mercenaires de Washington. Une fois que cette annonce a été faite, toute personne avec un cerveau savait immédiatement que Washington fabriquerait de faux renseignements certifiant que Assad avait utilisé des armes chimiques, tout comme Washington a présenté aux Nations Unies le mensonge intentionnel, par le secrétaire d’État Colin Powell que Saddam Hussein en Irak avait des armes dangereuses de destruction massive. Rappelez-vous l’image de la National Security Advisor Condi Rice de « champignon atomique sur les villes américaines? » Les mensonges propagandistes étaient les ordres du jour de Washington.

Et ils le sont toujours. Maintenant, Washington a fabriqué le faux renseignement, et le président Obama a annoncé avec un visage impassible, que Assad de Syrie a utilisé du gaz sarin à plusieurs reprises et que, entre 100 et 150 personnes « de son propre peuple », un euphémisme pour les mercenaires étrangers fournis par les Etats-Unis , ont été tués par les armes de destruction massive.

Réfléchissez à ça une minute. Aussi malheureuse que puisse être toute mort dans une guerre, peut-on appeler  100-150 décès « destruction massive » ?  Selon les estimations les plus faibles, l’invasion des mercenaires étrangers parrainés par les Etats-Unis en Syrie a coûté 93.000 vies, au regard desquelles 150 décès représentent 0,0016%. Si on arrondit vers le haut, les 150 décès de Washington reviennent à deux millièmes de un pour cent.

En d’autres termes, 99,998% des décès n’ont pas franchi la « ligne rouge ». Mais le 0.002% (arrondi) l’ont fait.

Oui, je sais. La position de Washington n’a pas de sens. Mais quand a-t-elle jamais eu un sens?

Nous allons élargir notre esprit un tout petit peu et pousser plus loin. Assad sait que Washington a fixé une « ligne rouge ». Cela a été répété maintes et maintes fois dans le but de créer dans l’esprit du public américain distrait qu’il y a un motif réel et valable pour attaquer la Syrie. Pourquoi  Assad utiliserait des armes de destruction massive interdites pour tuer une infime poignée de 100-150 mercenaires américains alors que son armée est en train de les balayer sans l’utilisation du gaz, et quand Assad sait que l’utilisation du gaz jetterait l’armée américaine contre lui ?

Comme l’a énoncé clairement le gouvernement russe, l’accusation de Washington n’est pas crédible. Aucune personne informée ne pourrait le croire. Sans doute, beaucoup d’Américains portant leur patriotisme sur leurs manches tomberont pour le dernier mensonge de Washington, mais personne d’autre dans le monde ne le fera. Même les marionnettes de l’OTAN de Washington appelant à attaquer la Syrie savent que la justification de l’attaque est un mensonge. Pour les marionnettes de l’OTAN, l’argent de Washington submerge l’intégrité, pour laquelle les récompenses sont faibles.

Les Russes le savent pertinemment que Washington ment. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a déclaré: «Le gouvernement [d’Assad], comme le dit ouvertement l’opposition, connaît un succès militaire sur le terrain. Le régime [d’Assad] n’est pas au pied du mur. Quel sens y a-t-il pour le régime d’utiliser des armes, surtout pour si peu « .

Lavrov est une personne relativement civilisée dans le rôle de diplomate principal de la Russie. Toutefois, d’autres responsables russes peuvent être plus rudes dans leur rejet des derniers mensonges flagrants de Washington. Yury Ouchakov, un collaborateur du président russe Vladimir Poutine a déclaré: « Les Américains ont essayé de nous présenter des informations sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime [de Assad], mais à vrai dire, nous avons pensé que ce n’était pas convaincant. Nous ne voudrions pas invoquer les références au [aux mensonges infâmes du] Secrétaire d’État Colin Powell [à l’ONU accusant l’Irak pour les  ADM], mais les faits ne semblent pas convaincants à nos yeux. « Aleksey Pushkov, le président de la commission des affaires étrangères de la Douma russe, va droit au but. «Les données sur l’utilisation par Assad d’armes chimiques sont fabriquées par le même établissement qui produisit les mensonges sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Obama est en train de marcher sur les pas de George W. Bush « .

Ici, en Amérique personne n’entendra jamais  parler aussi franchement de la part des médias presstitués américains.

Le double langage Orwellien est aujourd’hui la langue du gouvernement des États-Unis. Le  Secrétaire d’Etat John Kerry a accusé Assad de nuire aux «pourparlers de paix», pendant  que les Etats-Unis arment ses mercenaires syriens.

Le double langage de Washington est maintenant évident pour le monde entier. Non seulement Assad, mais aussi les Russes, les Chinois, les Iraniens, ainsi que chaque état marionnette de l’Amérique, ce qui inclut tout l’OTAN et le Japon, sont pleinement conscients que Washington est à nouveau en train de mentir comme un arracheur de dents. Les Russes, les Chinois et les Iraniens essaient d’éviter la confrontation avec Washington, car une guerre avec les armes nucléaires modernes détruirait toute vie sur la planète Terre. Ce qui est frappant, c’est que malgré 24/7 de lavage de cerveau par les presstitués, une grande majorité de la population américaine s’oppose à la guerre d’Obama contre la Syrie.

Ce sont de bonnes nouvelles. Cela signifie que plus d’Américains développent leur capacité de penser indépendamment des mensonges que Washington leur sert.

Ce que les nazis néo-conservateurs, le régime de Bush / Obama et les médias presstitués ont montré clairement, c’est  que Washington va pousser son ordre du jour de l’hégémonie du monde au point  de démarrer la Troisième Guerre mondiale, qui, bien sûr, signifie la fin de la vie sur terre.

La Russie et la Chine, l’un comme l’autre pouvant détruire les Etats-Unis, ont appris que le gouvernement américain est un menteur et qu’il n’est pas fiable. La politique « no-fly» libyenne, à laquelle la Russie et la Chine avaient souscrit s’est avérée être une attaque aérienne de l’OTAN sur l’armée libyenne de sorte que les mercenaires parrainés par la CIA puissent l’emporter.

La Russie et la Chine, ayant  appris leur leçon, protestent contre l’agression de Washington contre la Syrie que Washington prétend être une «guerre civile». Si la Syrie tombe, la Russie et la Chine savent que l’Iran est à côté.

L’Iran est le ventre de la Russie et, pour la Chine l’Iran c’est 20% de ses importations d’énergie. Les deux gouvernements russes et chinois savent que si l’Iran tombe, ils seront les suivants. Il n’y a pas d’autre explication du fait que Washington encercle la Russie avec des bases de missiles et la Chine avec des bases navales et aériennes.

La Russie et la Chine se préparent maintenant à la guerre qu’ils voient comme inévitable. La folle et démente course de Washington pour l’hégémonie mondiale mène les américains sans méfiance vers la confrontation contre deux pays possédant des bombes à hydrogène et dont la population combinée est de cinq fois la population américaine. Dans un tel conflit tout le monde meurt.

Compte tenu de la folie totale du gouvernement à Washington, si la vie humaine existe en 2020, ce sera un miracle. Toutes les inquiétudes sur l’avenir de Medicare et les déficits de la sécurité sociale n’ont pas de sens. Il n’y aura personne ici pour recueillir les bénéfices.

Addendum : Si le rapport ci-dessous à partir de RT est exact, il semble évident que les locataires ignorants et diaboliques de Washington, DC, conduisent le monde vers la troisième guerre mondiale :https://avicennesy.wordpress.com/2013/06/18/liran-va-deployer-4-000-hommes-en-syrie-alors-que-larmee-americaine-devrait-rester-en-jordanie/

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Gaz sarin en Syrie : la Maison-Blanche freine Paris


Washington réclame mardi davantage de preuves pour établir formellement que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie.

Powell-FabiusLa Maison-Blanche a affirmé mardi que davantage de preuves étaient nécessaires pour établir formellement que du gaz sarin avait été utilisé en Syrie, après que les autorités françaises eurent exprimé leur « certitude » en la matière. « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision », a déclaré le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, alors que le président américain a affirmé dans le passé que le recours à des armes chimiques de la part du régime de Damas changerait la « règle du jeu » en Syrie.

« Il nous faut enquêter davantage », a ajouté M. Carney lors de son point de presse quotidien. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé mardi que son pays avait « la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée », sans désigner qui a été responsable de son utilisation. « Je noterai que, selon les informations françaises (…), davantage de travail reste nécessaire pour établir qui est responsable de l’utilisation (de gaz), quelles quantités ont été utilisées et recueillir davantage de détails sur les circonstances de leur utilisation », a ajouté M. Carney.

« Comme le président l’a dit, nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision, nous devons pouvoir les examiner, nous devons pouvoir les recouper avant de prendre une décision sur la base de la violation très claire que le recours à des produits chimiques représenterait de la part du régime syrien. Nous allons persévérer », a encore dit le porte-parole américain.

source

Le forcing de Fabius pour une intervention militaire en Syrie


laurent-fabiusAprès la publication par Le Monde d’un « reportage » censé apporter la « quasi preuve » que Bachar el-Assad utilise des armes chimiques, et dont tout indique qu’il a été « monté » en collusion avec le gouvernement français (*) l’offensive diplomatique de ce dernier, pour tenter à toute force d’obtenir une intervention militaire en Syrie, vient de franchir un nouveau pas.

« La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée » a déclaré le 4 juin le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué, en précisant par la suite sur France 2 qu’il ne faisait « aucun doute » que ce gaz avait été utilisé par « le régime et ses complices ». La stratégie du mensonge qui a déjà permis aux puissances de l’OTAN de bombarder la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, va-t-elle cette fois encore permettre de frapper la Syrie ?

Après avoir qualifié les mercenaires qui depuis deux ans terrorisent et martyrisent le peuple syrien de « résistants, révolutionnaires », après avoir répété « Bachar doit partir », au mépris de la volonté de son peuple qui soutient à 70% son gouvernement,  après avoir appelé l’Union européenne à armer ces mercenaires, Laurent Fabius prétend maintenant détenir des analyses de laboratoire « prouvant l’usage de gaz sarin » par l’armée regulière syrienne.

Quelle crédibilité peut-on accorder aux « preuves » que Laurent Fabius tient de deux journalistes revenus de Syrie avec des échantillons dont la « provenance » n’a pas pu être établie et dont les analyses ont été confiées au « centre de recherche du Bouchet, qui dépend de la Délégation générale de l’armement (DGA) » ?

L’ « enquête » réalisée en Syrie par Le Monde, cela saute aux yeux, est un coup monté de toute pièce. Un coup qui a impliqué des agents secrets français. Les fameuses fioles remises par la France à l’ONU constituent un enjeu capital pour la France dont la lamentable diplomatie a reçu gifle après gifle. N’importe quel État ou groupe peut en fabriquer, comme cela s’est déjà vu avec l’Irak quand Powell a brandi une fiole à l’ONU en 2003 pour justifier la guerre qui devait renverser Saddam Hussein, présenté lui aussi sous les traits du Grand Satan.

Pourquoi M. Fabius et les journalistes du Monde n’ont-ils fait aucun tapage médiatique quand, le 29 mai, la police turque avait découvert quatre kilos de gaz sarin à Adana, en Turquie, en possession de membres du front Al Nosra qui auraient avoué vouloir acheminer ce gaz sarin vers les zones de combat en Syrie ?

Pourquoi quand le 2 mai l’armée régulière syrienne a saisi deux kilo de gaz sarin dans la ville de Hama, lors d’une opération contre les « combattants armés », cela n’a-t-il pas non plus été rapporté par Le Monde ?

Les États-Unis ont réagi avec une grande prudence aux « révélations » de M. Fabius : « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision (…) Il nous faut enquêter davantage », a déclaré le porte-parole de Barack Obama.

Même prudence du côté de l’ONU qui par le passé avait couvert les mensonges et les abus des puissances qui ont conduit l’Irak et la Libye à leur perte : « Il n’est pas sûr que ces renseignements soient valides, en l’absence d’indications suffisantes sur la traçabilité des données recueillies » a prévenu Ake Sellström, chef de la mission d’enquête chargée par Ban Ki-Moon de vérifier les accusations d’emploi d’armes chimiques en Syrie.

Combien de temps M. Fabius va-t-il encore pouvoir répéter sa certitude que Bachar el-Assad « a utilisé du gaz sarin » ? Combien de temps les médias français comme Le Monde et Libération vont-ils pouvoir continuer de mentir avec lui ?

Combien de temps faudra-t-il à l’opinion publique pour comprendre que les objectifs de leur gouvernement – la France et la Grande Bretagne en tête – sont criminels et que les reporters de guerre, envoyés spéciaux, correspondants – de France télévision, Radio France, Arte, France 25 notamment – qui couvrent leur crimes sont généralement liés aux renseignements militaire et font partie d’un tout, de la machine de guerre ?

Silvia Cattori

Les Rothschilds veulent la banque de l’Iran


the Rothschilds lived hereEst-ce que prendre le contrôle de la Banque centrale de la République islamique d’Iran (CBI) est une des raisons principales pour que l’Iran soit la cible des pouvoirs occidentaux et israéliens ?

Comme les tensions poussent à une guerre inéluctable avec l’Iran, il faut explorer le système bancaire de l’Iran par rapport à ses homologues américains, britanniques et israéliens.

Certains chercheurs soulignent que l’Iran est l’un des trois seuls pays dans le monde, dont la Banque centrale n’est pas sous contrôle de Rothschild.

Avant le 9-11 il y en avait sept : Afghanistan, Irak, Soudan, Libye, Cuba, la Corée du Nord et en Iran. Cependant, en 2003, l’Afghanistan et l’Irak ont été engloutis par la pieuvre de Rothschild et en 2011 le Soudan et la Libye ont également disparus. En Libye, une banque Rothschild a été créée à Benghazi alors que le pays était encore en guerre.

L’Islam interdit l’usage de l’usure, la pratique de la tarification excessive, déraisonnablement élevé et souvent interdit les taux d’interêts sur les prêts; c’est un problème majeur pour le système bancaire de Rothschild.

Il y a quelques centaines d’années l’usure était également interdite dans le monde chrétien et était même passible de mort, car elle était considérée comme de l’exploitation et de l’asservissement.

Après que la famille Rothschild ait repris la Banque d’Angleterre ils ont étendu leur contrôle bancaire dans tous les pays du monde. Leur méthode a été d’obtenir des politiciens corrompus du pays à accepter des prêts massifs, qu’ils ne pourraient jamais rembourser et donc à s’endetter auprès des Rothschild . Si un chef de file refuse d’accepter le prêt, il est souvent écarté ou assassiné. Et si cette opération échoue, des invasions peuvent suivre, et une banque Rothschild qui pratique l’usure est établie.

Les Rothschild exercent une puissante influence sur les principales agences de presse dans le monde. Par la répétition, les masses sont dupés en leur faisant croire à des histoires d’horreur sur les vilains méchants.

Les Rothschild contrôlent la Banque d’Angleterre, la réserve fédérale, la Banque centrale européenne, le FMI, la Banque mondiale et la Banque des règlements internationaux. Aussi, ils possèdent la plus grande partie de l’or dans le monde ainsi que le London Gold Exchange, qui fixe le prix de l’or chaque jour. On dit que la famille est propriétaire de plus de la moitié des richesses de la planète — estimé par le Credit Suisse à 231 milliards de dollars — et est contrôlée par Evelyn Rothschild, l’actuel chef de la famille.

Des chercheurs objectifs soutiennent que l’Iran n’est pas diabolisé parce qu’il représente une menace nucléaire, tout comme les talibans, Saddam Hussein en Irak et Kadhafi en Libye n’étaient pas une menace.

Quelle est donc la vraie raison ? Est-ce les milliards et les milliards de bénéfices provenant du pétrole ou les milliards des bénéfices de guerre ? Est-ce pour ruiner l’économie américaine, ou est-ce pour déclancher la troisième guerre mondiale ? Est-ce pour détruire les ennemis d’Israël, ou pour détruire la Banque centrale iranienne afin que personne ne puisse défier le racket de Rothschild ?

La vraie raison pourrait être l’un de ces motifs ou, pire, tous.

par Dornach

Source : http://www.moneytrendsresearch.com/rothschild-wants-irans-banks/

La Corée du Nord dans l’oeil de l’aigle américain


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Première victime de l’«Axe du bien»

Pour comprendre et apprécier ce qui se passe à la frontière des deux Corées, il est indispensable de replacer ces événements récents dans le contexte international des douze dernières années. Deux grandes puissances s’affrontent l’une sur son déclin, hargneuse, intransigeante, vitupérant parce que se sachant en odeur de fin de règne ; la seconde tempérante, affable, amène et cherchant le compromis puisque son ascension inexorable est inscrite dans les lois de l’économie politique. Lire la suite La Corée du Nord dans l’oeil de l’aigle américain

Le chef de la CIA responsable de l’enlèvement de la journaliste Florence Aubenas?


David Petraeus visits

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Des journalistes du Guardian et le service arabe de la BBC ont mené une enquête pour un reportage de 51 minutes dans lequel ils apportent des preuves sérieuses que pendant l’occupation américaine, le général David Petraeus a utilisé des vétérans spécialisés dans la guerre «sale», appartenant aux forces d’Opérations spéciales américaines pour la création et la gestion des Unités paramilitaires irakiennes, pour des missions commandos, pour des objectifs d’assassinats et d’enlèvements, des actions non conventionnelles qui ont conduit à d’horribles actes de torture pendant l’occupation américaine par la création d’un vaste réseau de centres de détention secrets en Irak.

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Guerres et paix


can-stock-photo_csp3241618Il y a eu la guerre d’Afghanistan, suivie peu après par la guerre d’Irak. Il y a eu ensuite la guerre de côte d’Ivoire, puis celle de Libye. Aujourd’hui on a la guerre en Syrie et au Mali. Nous n’en sommes qu’au début du siècle, et pourtant, nous avons démoli et massacré autant, sinon plus, que pendant les 50 dernières années du siècle dernier. Et on nous dit que nous vivons dans une période de paix. Nous avons fini par nous persuader que nous sommes en paix depuis bientôt 70 ans. Je n’ose imaginer ce que ce sera le jour où nous ne serons plus en paix.

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Irak : dix ans après


Tuer c’est gagner.

Par Dr. Paul Craig Roberts

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19 mars 2013. Il y a dix ans aujourd’hui, le régime Bush envahissait l’Irak. On sait maintenant  que la justification de l’invasion était un paquet de mensonges orchestrés par le régime néoconservateur de Bush dans le but de tromper l’Organisation des Nations Unies et le peuple américain.

Le secrétaire d’Etat américain de l’époque, le général Colin Powell, a exprimé ses regrets d’avoir été utilisé par le régime de Bush pour tromper l’Organisation des Nations Unies avec de faux renseignements sur ce que les régimes Bush et Blair savaient être faux. Mais les ignobles médias « presstitués » ne se sont pas excusés auprès du peuple américain d’avoir servi de ministère de la propagande et du mensonge dans le régime corrompu de Bush.

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Irak : Tout ça pour rien


Agnès GRUDA

L’aviation américaine bombarde Bagdad, le 20 mars 2003
L’aviation américaine bombarde Bagdad, le 20 mars 2003

Il faisait encore nuit, à Bagdad, quand une pluie de missiles s’est abattue sur la ville, au petit matin du 20 mars 2003. Les États-Unis venaient de lancer leur guerre contre l’Irak, aidés par une poignée de pays, dont la Grande-Bretagne. Lire la suite Irak : Tout ça pour rien

Le programme des drones et le justificatif islamiste


DroneDans La Presse du mercredi 20 février, Mario Roy publie un éditorial sur le très controversé programme de drones américains qui sévissent autour du monde en toute impunité. Il évoque bien évidemment les dangers des dérapages que peut engendrer une telle situation, cette déresponsabilisation par rapport au meurtre. Mais il légitime cela en soutenant que pour les islamistes — comme si ce programme qui révolutionne l’art de la guerre n’était destiné qu’à combattre l’islamisme — il est tout à fait justifié de recourir à des bassesses comme « l’avion commercial transformé en missile, l’attentat suicide, l’égorgement télévisé ». Rien de plus simple, combattre le feu par le feu et le message ici est on ne peut plus clair : Ils tuent nos civils, tuons les leursIls attaquent nos enfants, faisons de même. Pour cette « guerre des religions » que certains aiment tant s’imaginer, la solution se trouve dans le principe biblique de la loi du Talion.

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USA : Vers l’intervention militaire directe en Syrie


par BEN SCHREINER

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Bien que le président Obama l’année dernière ait rejeté une proposition du Département d’Etat, du Pentagone et de la CIA pour armer directement les combattants rebelles syriens, son administration se rapproche une fois de plus de l’option de l’intervention directe dans la guerre syrienne.

Comme l’a rapporté le Washington Post mardi, « L’administration Obama se dirige vers un changement majeur dans sa politique syrienne, qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels que gilets pare-balles, des véhicules blindés et éventuellement une formation militaire et pourrait envoyer une aide humanitaire directe à la coalition de l’opposition politique de la Syrie.  »

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Mali : une guerre peut en cacher une autre


Hollande à Alger
Depuis Nicolas Sarkozy avec Laurent Gbagbo, Mouammar el-Kadhafi et Bachar el-Assad, la diplomatie française pratique le baiser de Judas. Ici le président François Hollande venu à Alger embrasser son homologue Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012. Trois semaines plus tard, il allumera la guerre au Mali pour enflammer l’Algérie.
©Présidence de la République

 

« L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

Durant l’attaque de la Libye, les Français et les Britanniques ont fait un large usage des islamistes pour combattre le pouvoir de Tripoli, les séparatistes de Cyrénaïque n’étant pas intéressés à renverser Mouammar el-Kadhafi une fois Benghazi indépendante. À la chute de la Jamahiriya, j’ai personnellement été témoin de la réception des dirigeants d’AQMI par des membres du Conseil national de transition à l’hôtel Corinthia, qui venait d’être sécurisé par un groupe britannique spécialisé venu exprès d’Irak. Il était évident que la prochaine cible du colonialisme occidental serait l’Algérie et qu’AQMI y jouerait un rôle, mais je ne voyais pas quel conflit pourrait être utilisé pour justifier une ingérence internationale.

Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali.

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