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Mise en ligne de la première partie du documentaire « 11-Septembre : Le Nouveau Pearl Harbor »


11-Septembre-Le-Nouveau-Pearl-Harbor-1_3Ce nouveau documentaire exceptionnel en 3 parties du réalisateur Massimo Mazzucco devrait enterrer une bonne fois pour toutes la thèse officielle. Il répond également à nos détracteurs régulièrement invités dans les médias et dont les arguments peuvent sembler convaincants … pour celui qui ne prend pas le temps de les étudier.

Nous vous présentons aujourd’hui la première partie de ce documentaire, doublée en français.

L’intégralité du documentaire sera prochainement accessible gratuitement, et également disponible dans un « coffret 3 DVD ». Vous pouvez d’ores et déjà pré-commander ce coffret dans notre boutique.


MazzuccoReOpen911 : Bonjour Massimo, pouvez-vous vous présenter ?
Massimo Mazzucco : Je m’appelle Massimo Mazzucco, je suis réalisateur et scénariste. Je suis également responsable d’un site italien de News, luogocomune.net, qui est né en 2004 autour de la recherche sur les attentats du 11-Septembre. Ensuite, les années passant, le thème s’est élargi à tout ce qui concerne les « grandes conspirations » de l’Histoire : de l’assassinat de John F. Kennedy à Big Pharma, de l’économie globale aux questions sur l’environnement.
Je crois que le plus important, ce n’est pas le sujet dont on parle, mais la façon d’en parler : si l’on utilise une approche analytique, basée exclusivement sur des faits documentés, on peut parler de n’importe quel sujet sans peur d’être démenti. Si au contraire on adopte un comportement dogmatique et basé sur la croyance, en disant « tout le monde sait bien que… », c’est le meilleur moyen de traiter de manière erronée même l’argument le plus solide et véridique.
R911 : Encore un autre film sur le 11/9 ? Quelle est la particularité de votre film par rapport aux autres (Loose Change, Zéro, etc.) ?
MM : J’avais moi-même déjà fait un documentaire sur le 11-Septembre (Inganno globale, ou « L’arnaque globale » en français), sur la même longueur d’onde que Loose Change ou Zéro et beaucoup d’autres, où j’énumérais toutes les incohérences et les omissions de la version officielle. Mais ce film est différent, car pour la première fois, il synthétise en les confrontant  l’une après l’autreles positions du Mouvement pour la vérité et toutes les réponses de nos détracteurs, ceux que l’on appelle débunkers. Autrement dit, le public a enfin la possibilité de confronter les thèses entre elles et de se faire sa propre opinion sur ce qui s’est réellement produit le 11 septembre 2001.
R911 : A-t-on des éléments nouveaux sur le 11/9 ?
MM : Il y a eu beaucoup d’éléments nouveaux ces dernières années. L’un des plus importants a certainement été la publication en 2008 du Rapport du NIST sur l’effondrement du Bâtiment 7. En effet, ce document a paradoxalement fourni les preuves nécessaires pour démontrer que la version officielle fausse. Ce rapport du NIST reconnait en effet que le Bâtiment 7 s’est effondré en chute libre sur plus d’un tiers de son effondrement complet, et admet donc de manière implicite qu’il s’agit d’une démolition contrôlée (il n’existe pas au monde d’autre moyen connu pour atteindre une accélération en chute libre lors de l’effondrement d’un immeuble, que par l’utilisation d’explosifs).
J’ai à mon tour découvert certains points intéressants lors de mes recherches documentaires pour le film, mais cela, je préfère que vous le découvriez en visionnant le film en ligne.
R911 : À quel public s’adresse ce film ?
MM : Le film s’adresse avant tout à un public large, qui ne connait pas forcément grand-chose du 11-Septembre. Cela signifie – malheureusement – 99 % de la population mondiale. Cela dit, et comme suggéré plus haut, les chercheurs et les experts du 11/9 peuvent également être intéressés par certaines nouveautés que j’apporte au débat.
R911 : Vous parlez de « 10 ans de débat sur le 11-Septembre ». Mais il n’y a jamais vraiment eu de débat, les questions gênantes sont toujours évitées, n’est-ce pas ?
MM : Quand je parle de débat, je pense à l’affrontement qui a eu lieu sur Internet entre le Mouvement pour la vérité sur le 11/9 et les débunkers partout dans le monde, depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui. Notre souhait est que tôt ou tard, ce débat puisse atteindre les grands médias, dans les différents pays, et c’est précisément pour cela que j’ai fait ce film. Pour mettre à disposition toute la documentation la plus solide et crédible que je suis parvenu à rassembler, afin que cela soit utilisé si le débat parvient au niveau mainstream.
En réalité, il y a déjà eu différentes émissions (en Italie, en Allemagne, en France, etc.) qui ont fait semblant d’affronter de manière équilibrée les thèses opposées à la version officielle du 11/9. Mais ces émissions n’ont jamais été honnêtes, leur but n’était pas de chercher la vérité, c’était exactement le contraire : ces émissions sont faites pour rendre les idées du public encore plus confuses, dès que celui-ci commence à se poser des questions sérieuses sur des problèmes importants comme celui du 11/9. (D’abord ils se moquent de vous, ensuite ils vous attaquent…).
R911 : En effet, on retrouve toujours les mêmes techniques télévisuelles dans différents pays.
MM : Bien sûr. Si vous y prêtez attention, ces débats sont souvent extrêmement brefs, et les participants sont bien trop nombreux : de cette façon, chacun parle au maximum trois ou quatre fois, et on ne peut rien en tirer de définitif, ce qui est précisément le but de ces émissions : faire voir qu’ « on en parle » (car en réalité, ils sont obligés de le faire, vu la curiosité croissante du public à ce moment-là), sans pour autant courir le risque d’arriver à des conclusions incertaines.Ces situations finissent ainsi par favoriser systématiquement les débunkers, dont l’objectif est justement de brouiller les idées dans la tête des spectateurs, et non pas de les éclaircir. En France par exemple, il y a eu « l’objet du scandale » qui a consacré plusieurs émissions au sujet du 11-Septembre. On y a vu votre débunker national Jérôme Quirant qui a toujours eu la part du lion, car il est facile de passer à la télé et de dire « les complotistes n’ont jamais sorti la moindre preuve contre la version officielle », lorsque les autres n’ont pratiquement pas de temps à disposition pour les démentir, et qu’en plus ils ne sont pas forcément bien préparés pour le faire.
R911 : De toute façon, la bataille est déséquilibrée au départ. Avez-vous une solution à proposer ?
Après de longues années de bataille, à la radio, à la télévision et sur Internet, j’ai compris que la seule façon d’être convaincant dans une confrontation de ce genre, c’était de poser dès le début une question précise aux débunkers, qui place immédiatement le cadre et empêche toute échappatoire.
Si par exemple vous dites : « On voit des éjections de matière (squibs) sur les côtés des Tours Jumelles pendant leur effondrement, » Quirant vous répond, « ces squibs sont dus à la pression de l’air causée par la chute des étages supérieurs. » Et il n’est pas possible de renchérir, le conducteur du débat a déjà passé la parole à quelqu’un d’autre.
Si au contraire vous dites : « On voit des squibs sur les côtés des Tours Jumelles qui ne peuvent pas être causés par la pression de l’air puisqu’ils ont lieu 20 ou 40 étages sous la ligne d’effondrement, et qui ne proviennent pas non plus du transfert d’air dans les cages d’ascenseur et les escaliers, à cause de telle et telle raison… », alors là, il a beaucoup plus de mal à répondre, il hésite, et vous gagnez le 1er set 6-0.
R911 : Vous voulez dire, exclure les échappatoires et les réponses faciles dès l’énoncé de la question ?
MM : Exactement. Si vous dites : « Ils ont retrouvé des débris du vol UA 93 à 12 km du lieu de l’impact, » Quirant va répondre « il s’agit de morceaux de papier ou d’objets très légers emportés par le vent, » et il vous sera très difficile d’y revenir de manière efficace.
Si au lieu de cela, vous dites dès le début : « Expliquez-moi comment il est possible que des débris du vol UA93 – et il ne s’agit pas seulement de papier, mais de morceaux solides, comme le dit CNN – ont été retrouvés à 12 km de l’impact, un jour où il ne soufflait qu’une légère brise, » il restera sans réponse, ou hésitera, et vous gagnez le 2e set 6-0 également.
Comme disait Sun Tzu, « Si tu connais ton adversaire, tu as déjà à moitié gagné la bataille ».
C’est une simple question de dialectique : plus votre question est précise et soignée, plus le débunker sera obligé de reconnaitre qu’il n’existe pas de réponse valide. C’est pour cela que mon film dure presque 5 heures : j’ai dû prendre chacun des arguments et 1) le présenter en détail pour ceux qui ne le connaissent pas, 2) faire entendre les réponses des débunkers sur ce sujet particulier, et 3) expliquer au spectateur pourquoi ces réponses ne sont pas valables.
Et pour que cela soit clair dans mon documentaire, j’ai posé une question précise et fondée sur les critères décrits ci-dessus à la fin de chaque sujet traité. Le but ultime est de démontrer qu’en réalité, les débunkers, malgré ce qu’ils disent, n’ont aucune réponse valide à faire valoir pour maintenir debout la version officielle sur le 11-Septembre.
Tout cela a nécessité un travail minutieux, souvent ennuyeux (il n’est pas particulièrement excitant de devoir expliquer que l’air du 70e étage ne peut pas faire exploser une fenêtre au 40e), mais il fallait absolument le faire, pour sortir du blocage que les débunkers ont réussi à créer grâce à la masse énorme de mensonges qu’ils nous ont racontés.
Rappelez-vous qu’en 2004-2005, il n’y avait que le mensonge de la version officielle qu’il fallait démasquer. Aujourd’hui, nous avons affaire à deux couches bien distinctes de mensonges, qu’il faut décortiquer, l’un couvrant l’autre : la première couche reste celle de la version officielle, tandis que la deuxième est constituée des dizaines de mensonges que les débunkers ont inventés pendant toutes ces années pour pouvoir continuer à couvrir le mensonge initial.
R911 : Pourquoi ce rapprochement avec Pearl Harbor ?
MM : Le film est en premier lieu destiné à un public américain. C’est à eux de résoudre, au niveau psychologique, la question du 11/9, et tant qu’ils n’y seront pas parvenus, le problème restera inchangé dans le reste du monde.
J’ai donc choisi ce parallèle avec Pearl Harbor parce que pour eux, cet épisode a eu une signification énorme du point de vue psychologique. En commençant le film par les 12 parallèles entre Pearl Harbor et le 11-Septembre, je cherche à montrer aux Américains la façon dont les mêmes mécanismes se sont répétés en 2001, espérant ainsi que cela les aide à accepter cette vérité gênante – d’alors comme d’aujourd’hui.
R911 : Malgré sa longueur (presque 5 heures), certains arguments forts ne sont pas du tout abordés dans votre film : nanothermite, pistage des terroristes par la CIA et par le FBI, pages censurées dans les rapports sur l’implication de l’Arabie Saoudite et du Pakistan, piste israélienne, hospitalisation de Ben Laden et rencontre avec la CIA juste avant le 11/9, etc. Pourquoi ? Est-ce uniquement une question de place, ou bien estimez-vous ces arguments moins convaincants ?
MM : Mis à part l’introduction plutôt de type « historique », mon film s’intéresse exclusivement au débat sur les faits du 11-Septembre. Le plus important pour moi, est de démontrer au-delà de tout doute raisonnable que la version officielle des faits de cette journée est fondamentalement fausse. Il est parfaitement inutile de dire que Ben Laden a été hospitalisé en urgence à Karachi le soir du 10 septembre, amené directement par les agents de l’ISI (services secrets pakistanais – NdT) quand les gens pensent encore que ce sont les impacts des avions qui ont provoqué l’effondrement des Tours Jumelles.
La première information ne se combine pas à la seconde, et reste suspendue en l’air, car le public ne sait pas quoi en faire. « D’accord, se dit le spectateur, Ben Laden a eu besoin en urgence d’une dialyse. Mais ça veut dire que c’est quelqu’un d’autre qui a dirigé les opérations à sa place le lendemain. »
Si on ne commence pas par lui expliquer que « les opérations » sont un énorme mensonge, le spectateur ne saura pas quoi faire des informations de type « politique ». Il faut d’abord lui apporter un ensemble solide d’arguments sur lequel il peut s’appuyer, et seulement ensuite dresser le cadre complet.
C’est pour cela que j’avais fait un premier film sur le 11/9, Inganno globale, qui traitait exclusivement des faits du 11-Septembre, tandis que j’avais rassemblé les informations « politiques » ou « historiques » dans un deuxième film intitulé Il nuovo secolo americano (Le nouveau siècle américain).
Sinon, l’esprit du spectateur explose sous la masse d’informations qui sont en conflit les unes avec les autres, et cela finit par déclencher le mécanisme du refus psychologique.
R911 : Et pour les autres sujets non traités ?
MM : En ce qui concerne les éléments sur les attentats à proprement parler, comme la thermite, c’est un choix stratégique qui porte sur la dynamique du débat. Notre rôle est de poser les questions, nous ne devons pas fournir les réponses. À partir du moment où nous proposons une réponse – aussi valide soit-elle – au sujet du 11/9, le débunker va immédiatement retourner contre nous le poids de la preuve et n’aura plus qu’à attendre.
Si par exemple vous dites « Ils ont utilisé de la thermite », il va répondre « démontrez-le », et vous vous retrouvez en une minute à devoir défendre la crédibilité d’une certaine publication par rapport à une autre, alors que c’est à lui de défendre la version officielle.
Peu importe que vous aillez raison ou tort, que vos arguments soient valides ou pas. Pire : nous savons pertinemment que nos arguments sont tout à fait valables, mais nous ne sommes pas devant un tribunal, où il faut présenter les preuves à un jury attentif et – en théorie – impartial. Nous sommes ici face à un public générique, peu informé et mentalement paresseux, qui est beaucoup plus sensible aux émotions qu’à la rigueur de la logique. Ce qui prévaut, en fin de compte, c’est d’éviter que le point d’interrogation ne porte sur ce que nous disons, et concerne au contraire ce que soutient le débunker.
C’est là encore une simple question de dialectique, dans laquelle la charge de la preuve est un élément décisif dans l’issue du débat.
Regardez ce que cela a coûté à Meyssan – et à tout le Mouvement d’ailleurs – d’avoir choisi de dire « c’est un missile qui a frappé le Pentagone. » Depuis ce jour-là, il n’y a pas une seule émission télé ou un seul documentaire au monde qui n’ait pas profité de cette affirmation en disant : « Les complotistes soutiennent que c’est un missile qui a percuté le Pentagone. Mais ça ne peut pas être vrai parce que ceci, cela, des centaines de témoins ont vu un Boeing, bla-bla… ».
D’un seul coup, ce ne sont plus les débunkers qui doivent expliquer ce qui a frappé le Pentagone, c’est nous qui sommes mis dans la position de devoir démontrer que c’est un missile (ou bien qu’ils ont utilisé de la thermite dans les Tours Jumelles, ou que certains terroristes sont encore vivants, etc.).
R911 : Pourtant dans le film, vous offrez certaines réponses au public, par exemple en suggérant que les avions étaient en réalité des drones, ou quand vous dites que les passagers ont été obligés de passer leurs appels téléphoniques depuis le sol.
MM : En effet, mais je ne le fais que dans certains cas extrêmes, lorsque par ma narration, je place intentionnellement le spectateur dans une situation de « cul-de-sac logique ». Si je lui dis 1) « les présumés pirates de l’air n’étaient pas en mesure de piloter les avions de la manière dont ils ont été pilotés, » et 2) « aucun pilote civil ne laisserait ou ne ferait s’écraser son avion contre un immeuble plein de monde, » le spectateur se retrouve alors dans une situation de blocage logique et se dit : mais alors, qui était aux commandes des avions ? »
À ce stade, je dois lui proposer au moins une solution plausible, si je veux rester crédible. Mais j’essaie de le faire avec les précautions d’usage, en évitant d’affirmer que c’est la seule solution possible.
R911 : N’avez-vous pas le sentiment que plus les arguments du Mouvement pour la vérité sur le 11/9 sont solides, moins nous obtenons de réponses ?
MM : Voilà une observation extrêmement pertinente et importante. C’est malheureusement le cas : plus les preuves deviennent convaincantes, et plus les journalistes nous évitent. Mais c’est pourtant la seule voie possible pour parvenir un jour à diffuser au niveau mainstream les informations que nous avons. Nous sommes obligés de passer par eux.
Et pour y parvenir, notre stratégie doit être extrêmement précise, pour quiconque serait tenté d’aller parler du 11/9 à la télévision : n’utilisez jamais ces preuves pour mettre les responsables de l’émission le dos au mur.
Par exemple, il aurait été formidable de voir Kassovitz et Bigard clouer le bec aux débunkers avec une question précise – comme celles citées plus haut -, mais il aurait été catastrophique de pousser dans le coin du ring le conducteur de l’émission avec le même genre de question.
R911 : Vous voulez dire, préservez les journalistes malgré leur silence quasi généralisé jusqu’à présent ?
MM : Il faut faire cet effort. Rappelons-nous toujours que la télévision vit de l’audience, et qu’elle est constamment à la recherche de nouveaux sujets à présenter au public. C’est pour cela que certaines chaines sont souvent tentées de programmer des sujets brûlants, mais d’un intérêt certain – comme le 11-Septembre – pourvu qu’ils aient la garantie de sortir indemnes de la rencontre, et que leur image soit sauvegardée. Par conséquent si nous adoptons un ton agressif vis-à-vis des journalistes, et que nous les accusons directement de vouloir ignorer certaines preuves éclatantes, ils continueront de nous fuir toujours plus, pour ne pas avoir à répondre à cette accusation.
Si au contraire nous leur offrons la possibilité, d’une part de présenter des arguments correctement documentés et tout à fait défendables, et que de l’autre, plutôt que de les pointer du doigt, nous le fassions contre ceux qui défendent ouvertement la version officielle, tôt ou tard, la tentation (économique) de montrer des thèses toujours plus solides et convaincantes sur le 11/9 réussira à prévaloir sur leur peur de se « griller » au niveau de leur image.
Les médias mainstream s’appellent ainsi pour une raison bien précise : parce qu’ils reflètent la position de la pensée mainstream, c’est-à-dire, de la majorité de la population, à un moment donné de l’histoire. En réalité, ils la reflètent autant qu’ils l’influencent. D’une part les médias savent très bien jusqu’où ils peuvent aller sans susciter de réactions négatives chez le spectateur, et de l’autre, ils essaient de déplacer cette limite toujours plus loin, mètre après mètre, car ils savent que c’est le meilleur moyen d’augmenter leurs taux d’audience.
R911 : N’y a-t-il pas de toute façon ce que certains appellent « une barrière psychologique quasiment infranchissable » ?
MM : En effet, comme nous le savons, les questions les plus importantes qui tournent autour du 11-Septembre ne concernent finalement pas vraiment les faits du 11/9, mais relèvent davantage de la psychologie humaine. Envisager la possibilité d’une complicité de responsables hauts placés dans l’administration US signifie admettre que nous ne pouvons plus nous fier à nos gouvernants, et bien que pour certains cela soit déjà une vérité acquise, pour la grande majorité des gens (dans la pensée mainstream) cela reste un énorme problème à affronter. Il faut donc y aller calmement, sans brusquer personne et sans chercher à imposer nos thèses aux autres. Le problème n’est pas d’avoir raison aujourd’hui, mais d’arriver à communiquer au grand public les informations utiles qui lui permettent de tirer seul ses conclusions, quand il se sentira prêt à le faire.
Naturellement, plus tôt cela se produira, et mieux ce sera pour tout le monde. C’est pour cette raison que je remercie d’ores et déjà tous ceux qui aideront à faire connaitre ce film dans votre pays.
R911 : Merci Massimo.
MM : Merci à vous.
Propos recueillis par GeantVert, le 10 septembre 2013

Visite d’Obama à Berlin sur fond de tensions croissantes entre l’Allemagne et les Etats-Unis


Obama-and-MerkelConformément au protocole appliqué dans de telles circonstances, la première visite officielle en Allemagne du président américain Barack Obama est utilisée pour évoquer des souvenirs historiques et proclamer une amitié réciproque. Le fait qu’il y a 50 ans ce mois-ci, le président John F. Kennedy avait prononcé son célèbre discours « Ich bin ein Berliner » devant l’hôtel de ville de Schöneberg est exploité dans ce sens.

Cependant, derrière la façade soigneusement entretenue, les relations américano-allemandes sont loin d’être harmonieuses. Les tensions dans les sphères de l’économie et de la politique étrangère ont été aggravées par les récentes révélations de surveillance par l’Agence de renseignement américaine (National Security Agency, NSA).

Depuis sa dernière visite à Berlin à l’été 2008, l’image publique d’Obama a changé du tout au tout. A l’époque, 200.000 personnes s’étaient réunies au Tiergarten, le grand parc de Berlin, pour acclamer le candidat présidentiel démocrate dont ils espéraient qu’il mettrait un terme à la politique de guerre et de torture de son prédécesseur méprisé, George W. Bush.

Cette fois-ci, Obama devrait prendre la parole devant la porte de Brandebourg hermétiquement bouclée et devant un auditoire trié sur le volet d’à peine 4.000 personnes.

Après quatre ans et demi au pouvoir, de vastes couches de la population ne considèrent plus Obama comme porteur d’espoir mais plutôt comme un homme responsable d’un espionnage massif et illégal et de l’application de mesures violentes. Le fait que Guantanamo détient toujours 166 prisonniers sans inculpation ni procès tandis que des milliers de terroristes présumés et de civils innocents ont été tués par des drones américains en violation du droit international est gravé dans la conscience publique.

En conséquence, les organisateurs de la visite d’Obama traitent présentement les habitants de Berlin comme s’ils représentaient la population d’un pays hostile. La capitale allemande est en état de siège depuis que la famille du président y a débarqué mardi soir.

L’ensemble de l’espace aérien de Berlin et de l’aéroport de Tegel a été fermé durant l’approche d’Obama, au même titre que les rues empruntées par le convoi présidentiel durant sa traversée du centre-ville. Des voitures en stationnement et des bicyclettes attachées par une chaîne ont été enlevées par la police aux frais de leurs propriétaires. Vu que les heures de déplacement précises du président était gardées secrètes pour des raisons de sécurité, ces mesures ont duré des heures.

Certaines sections des médias et les milieux politiques officiels allemands traitent ouvertement la visite d’Obama avec méfiance et scepticisme bien que leurs réactions soient motivées par des considérations totalement différentes de celles motivant les gens ordinaires. Alors que la population s’indigne de l’attitude antidémocratique et illégale du gouvernement américain, l’élite dirigeante allemande considère de plus en plus fortement les Etats-Unis comme un rival économique et géopolitique.

C’est ce qui ressort très clairement de l’attitude du gouvernement allemand à l’égard du conflit en Syrie. Berlin et Washington collaborent étroitement pour le renversement du gouvernement de Bachar al-Assad et son remplacement par un régime fantoche. L’Allemagne joue un rôle clé dans l’organisation de l’opposition syrienne en exil en lui permettant de nouer des liens avec les milices armées à l’intérieur du pays.

Dans le même temps, la chancelière allemande Angela Merkel refuse d’armer l’opposition syrienne, comme le demande Obama. Elle craint que ceci ne mène à une détérioration des relations avec la Russie qui entretient d’étroites relations économiques avec l’Allemagne. Merkel craint aussi qu’un effondrement de l’Etat syrien et une intensification de la guerre civile sectaire n’aient d’importantes répercussions en Allemagne, en ne se traduise par une propagation du terrorisme et de la guerre civile à l’Europe.

Il convient de souligner que le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’un des principaux organes de la classe dirigeante allemande, a publié, à peine deux jours avant la visite d’Obama, une interview détaillée et exclusive avec Assad. Dans cet entretien, le dirigeant syrien apparaît non pas comme un tyran sanguinaire, mais plutôt comme un politicien bourgeois prudent. Il a dit clairement qu’il était disposé à coopérer avec les pouvoirs impérialistes et a fermement mis en garde contre les conséquences d’une politique qui mine les frontières existantes et arme les forces djihadistes.

« Le fait de redessiner les frontières dans cette région signifie retracer la carte, » a dit Assad. « Ceci produit un effet de domino que personne ne peut contrôler. Il est possible que l’une des grandes puissances entame ce processus, mais à un certain moment personne ne sera en mesure de l’arrêter. »

Il a aussi mis en garde contre le danger d’« exporter le terrorisme vers l’Europe » au cas où l’Europe armerait les forces terroristes en Syrie.

Le conflit concernant le système d’interception Prism de la NSA montre de façon évidente que l’Allemagne considère les Etats-Unis en premier lieu comme un adversaire économique. La chancelière Merkel a déclaré qu’elle soulèverait la question de la surveillance lors de ses discussions avec Obama mais son ministre de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a pris la défense du programme d’espionnage américain. Dans le journal Welt am Sonntag, Friedrich a confirmé que les services secrets allemands bénéficiaient de l’espionnage et recevaient régulièrement des informations des Etats-Unis. Selon le magazine Der Spiegel, le service de renseignement allemand envisage d’investir 100 millions d’euros et de recruter jusqu’à une centaine de nouveaux employés pour étendre sa propre surveillance d’internet.

Les réactions allemandes à la mise sur écoute par la NSA ont moins à voir avec les droits démocratiques et la défense du droit à la vie privée que la crainte d’un espionnage politique et économique. « Seuls les gens très naïfs croient que Prism concerne vraiment le terrorisme, » écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « compte tenu des milliards de données sélectionnées chaque mois. Le fait est qu’il n’y a pas un terroriste en puissance tapi derrière chaque arbre mais c’est une bonne excuse pour camoufler le bon vieil espionnage industriel. »

Jakob Augstein résume le sentiment anti-américain existant au sein des cercles dirigeants en écrivant dans sa chronique habituelle pour Spiegel Online : « Nous sommes contrôlés. A tout moment et partout. Et ce sont les Américains qui nous surveillent. Mardi, le dirigeant du plus grand et du plus complet système de surveillance jamais inventé par les hommes va arriver. Si Barack Obama est notre ami, alors nous n’avons vraiment rien à craindre de nos ennemis. »

Derrière les querelles concernant la Syrie et Prism, il y a des questions géostratégiques fondamentales. Depuis quelque temps, il existe entre les Etats-Unis et l’Allemagne de graves divergences au sujet de la politique financière. Washington et les banques américaines sont en train d’exercer des pressions massives sur Berlin pour que le gouvernement abandonne son engagement en faveur de l’austérité et injecte d’énormes quantités d’argent dans le système financier européen.

Simultanément, le tournant opéré par Obama vers l’Asie contrecarre directement les intérêts économiques de l’Allemagne qui est fortement tributaire du commerce avec la Chine.

Le 20ème siècle a fourni de multiples exemples sur la manière dont de telles tensions peuvent rapidement s’intensifier et mener à un conflit militaire.

Peter Schwarz

Article original, WSWS, paru le 19 juin 2013

http://www.mondialisation.ca/