Archives du mot-clé John Kerry

USA – Intensification des préparatifs de guerre contre la Chine


2013-01-02usa-chine-pacifique-armee2_0Pater Symonds

La visite à Beijing du ministre américain des Affaires étrangères John Kerry vendredi dernier, est la dernière étape en date du « pivot vers l’Asie » provocateur du gouvernement Obama, dont le but est de saper l’influence chinoise et de renforcer les forces militaires et les alliances américaines en préparation de la guerre. Ayant délibérément attisé de dangereux points chauds en Asie au cours des quatre dernières années, les États-Unis tentent de profiter de leur avantage, quelles qu’en soient les conséquences. Lire la suite USA – Intensification des préparatifs de guerre contre la Chine

Général russe: La Russie en état de guerre !


Leonid-IvashovDans un entretien publié le 10 février sur km.ru, le général russe Leonid Ivashov, ancien chef du bureau des affaires étrangères du ministère russe de la Défense et actuellement président de l’Académie des études géopolitiques, lance une mise en garde claire et précise les conséquences dramatiques pouvant découler de la crise ukrainienne : Lire la suite Général russe: La Russie en état de guerre !

Israël, le petit boycott qui monte, qui monte…


soda-BoycottDivers événements survenus ces derniers temps indiquent que le boycott d’Israël commence à gagner du terrain. Dans les esprits mais aussi en pratique. Ce qui inquiète Tel Aviv au plus haut point…

La passe d’armes en dit long sur la nervosité qui habite les dirigeants israéliens. Lors d’une Conférence sur la sécurité qui s’est tenue samedi 1er février à Munich, le secrétaire d’État américain John Kerry a, au détour d’une longue intervention, prononcé ces quelques phrases : « (…) pour Israël, il y a une campagne de déligitimation qui s’intensifie et prend de l’ampleur. Les gens y sont sensibles. On parle de boycott et d’autres choses de ce type. Allons-nous vers une amélioration avec tout ça ? » Lire la suite Israël, le petit boycott qui monte, qui monte…

John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien


0,,17338132_401,00Pauvre Kerry. Un des secrétaires d’état le plus dynamique des administrations américaines depuis Henry Kissinger accusé par le ministre de la Défense israélien, Moshé Yaalon, de ne rien comprendre au conflit israélo-palestinien.

« Le secrétaire d’Etat John Kerry – qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme – ne peut rien m’apprendre sur le conflit avec les Palestiniens », a assené M. Yaalon selon le quotidien Yediot Aharonot. Lire la suite John Kerry ne comprend rien au conflit israélo-palestinien

La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein


Norman-black-shirtLe Secrétaire d’Etat américain John Kerry était à nouveau au Moyen-Orient cette semaine, menant des entretiens intensifs avec des responsables Israéliens et Palestiniens et d’autres acteurs régionaux. Il a été largement rapporté que son objectif est de parvenir à un « accord-cadre » comme prélude à un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Lire la suite La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein

Obama prône la levée des barrières dans le commerce avec la Russie


200128481Le président américain Barack Obama s’est prononcé pour la promotion de la coopération avec la Russie dans plusieurs domaines, notamment le commerce, la sécurité et la société civile, a annoncé vendredi la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Caitlin Hayden. Lire la suite Obama prône la levée des barrières dans le commerce avec la Russie

Appelez ça coloscopie, tarte à la crème, soupe d’asperges, mais ne l’appelez pas intervention humanitaire !


merci-monsieur-le-missile-600Quelle nouvelle entourloupe nous prépare Washington en décidant d’abandonner le projet d’évincer Bachar Al-Assad et de faire copain copain avec l’Iran ? Que peut-on espérer d’une nation qui, depuis la livraison de dégénérés européens Lire la suite Appelez ça coloscopie, tarte à la crème, soupe d’asperges, mais ne l’appelez pas intervention humanitaire !

Comment se reconfigurent les alliances politico-militaires au Moyen-Orient


Sur fond de redéploiement des forces militaires américaines au Moyen-Orient vers le Pacifique occidental pour contrecarrer la Chine, les dirigeants régionaux lâchés par les  américains font et défont des alliances, dont certaines étaient considérées comme contre nature, il y a deux décennies. Lire la suite Comment se reconfigurent les alliances politico-militaires au Moyen-Orient

Syrie : Nouveaux slogans de paix pour mieux continuer la guerre


559988-syrian-opposition-chief-jarba-speaks-at-a-news-conference-in-londonLa rencontre de ceux qui s’appellent ‘’les amis de la Syrie’’ à Londres a débouché sur un communiqué final dont le contenu montre toutes les intentions belliqueuses de ses participants. Le groupe, formé de 11 pays, les Etats-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Jordanie et l’Arabie saoudite, remet sur le tapis des velléités ‘’de changement de régime’’  et brandit à nouveau l’option militaire (sous-entendu : intervention étrangère). Il n’y a donc rien de changé au programme.  On remarquera au passage que le programme reste aussi le même pour l’Egypte avec ou sans Morsi.

Parallèlement, on entend des discours lénifiants de John Kerry nous assurant qu’il « n’y a pas de solutions militaires » en Syrie, en même temps que des groupes de combat dits modérés, ceux qui bénéficient officiellement de toute l’aide militaire extérieure, réclament encore plus d’armes et de soutien.

Pas de solutions militaires ? Peut-être bien que si. Ce slogan repris par les uns et les autres ne vise qu’à essayer de stopper l’action de l’Armée syrienne qui est en train de bousculer les mercenaires sur le terrain. L’armée syrienne tient la victoire au bout du fusil, mais les Etats-Unis et ses alliés se comportent comme si c’était eux qui détenaient la victoire et Bachar Al Assad le vaincu. Ils se préparent déjà à agir en vainqueurs à Genève, dictant leurs conditions, partageant le pays comme ils le souhaitent. Pour l’instant la coalition est incapable d’envisager les choses autrement, mais elle n’a aucun moyen d’inverser la situation en sa faveur. La seule solution qui lui reste est d’épuiser l’armée syrienne, pour pouvoir valider l’idée qu’il n’y a ni gagnant, ni perdant. Avec de tels objectifs la conférence de Genève 2 n’est pas pour demain.

Il ne reste à l’armée syrienne qu’à tenir bon en toute lucidité et, si possible, écraser l’ennemi. La solution serait alors militaire.

Avic

Vie et mort du monde unipolaire


AA-2-9516bL’Empire américain est-il entré dans un inexorable déclin ? À ceux qui sans hésiter répondent oui, nous répondrons laconiquement « ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué » et surtout prenons garde « de ne pas prendre nos désirs pour des réalité » en un mot n’allons pas trop vite en besogne. Cela en dépit des revirements diplomatiques sur le front syrien ou eu égard à l’actuel blocage budgétaire qui pourrait conduire l’Amérique le 17 octobre à se trouver en cessation de paiement. Certains veulent, à n’en pas douter, la peau de Roger Rabbit alias Barak Obama, ce qui n’a rien à voir avec la richesse matérielle réelle et les multiples ressources du génie américain et de ses oligarchies dominantes aguerries par vingt siècles et plus de gouvernance, en Orient et en Occident, à l’ombre des princes.

Perdre des batailles n’est pas perdre la guerre, et certes, si le déclin du dieu dollar est selon toute apparence bien amorcé, ceux qui dansent déjà sur son cadavre peuvent-ils dire quelle monnaie serait susceptible de lui succéder aujourd’hui ? L’€uro en crise ? Le Yen Japonais, le Franc Suisse ? Le Yuan chinois 1 ? Un panier de monnaies adossées à l’étalon or revenu en force comme beaucoup l’espèrent et le désirent ?

En fait rien de tel pour le moment ne se dessine à l’horizon, cela même si la Chine populaire a signé des accords avec la Russie, le Japon, l’Indonésie et le Brésil pour facturer leurs échanges commerciaux dans leur propre monnaie et non plus en billets verts. Enfin et à ce propos, nous ne ferons pas le catalogue des tentatives avortées pour échapper à l’emprise du dollar dans les transactions pétrolières… mal en à pris à ceux qui ont voulu s’en émanciper, l’Irak, la Libye… quant au petit Bahreïn 2, il est très rapidement rentré dans le rang. Enfin l’Iran, qui un temps s’est essayé partiellement à l’€uro, donne à présent tous les signes extérieurs d’une certaine volonté de soumission 3. Il est vrai que les politiques de sanction portent leurs fruits amers et qu’elles ont mis le pays quasiment à genoux. À ce stade résister devient somme toute suicidaire, mieux vaut louvoyer, ce à quoi va s’employer la nouvelle équipe dirigeante iranienne en multipliant les gages de bonne volonté… Téhéran ne vient-il pas d’annuler sa conférence annuelle “antisioniste” [New Horizon Conference] prévue début décembre qui devait rassembler des intellectuels dissidents européens et américains… pour ne pas fâcher John Kerry et les intérêts extra américains qu’il représente plus ou moins bien ?

Pessimisme et/ou lucidité ?

Ce pourquoi, sans faire preuve d’un pessimisme excessif – mot d’usage courant pour désigner un réalisme lucide – ou d’une dérisoire obstination prospectiviste, il n’est pas absurde d’écrire qu’avec ou sans conflit ouvert, l’Iran est destiné à réintégrer – peu ou prou – la dévorante “mondialisation” dont il a voulu se tenir à l’écart. La globalisation est une sorte de “trou noir” qui a vocation à engloutir de proche en proche peuples et nations. Processus se traduisant par une laminante normalisation culturelle, autrement désignable sous le vocable de gangrène libérale-libertaire, soubassement politique et a-moral du monothéisme New Age, celui du Marché… Idolâtrie qu’accompagne inéluctablement les bouleversement sociétaux et culturels dont la Vieille Europe se trouve actuellement la tragique victime. Aussi n’est-ce pas « bégayer » que d’annoncer que le chemin des concessions conduit assez souvent à la “concession à perpétuité”, autrement dit à la tombe.

Beaucoup salue le démantèlement de l’arsenal chimique syrien comme une grand victoire, celle de la paix contre les forces de dislocations et de haine visiblement à l’œuvre dans ce pays martyre. Oui da ! Une authentique victoire diplomatique qui a permis d’éviter d’un cheveu, une conflagration majeure au Levant, voire une guerre mondiale. Nul n’en doute et il ne s’agit ici ni de catastrophisme et encore moins d’emphase. Car c’est bien ce que les observateurs les plus autorisés ont dit et répété sur un ton accentué de soulagement, avant et après le jour critique du 31 août ! Ceux qui comme votre serviteur, ont annoncé la guerre ne se sont pas trompés, seuls un ensemble de facteurs contre indicatifs ont fait, à la dernière seconde, pencher la balance du poids d’une plume blanche. Celle qui, dans l’Égypte ancienne, faisait tomber les âmes d’un côté ou de l’autre de la porte des enfers.

Des esprits éminents penchent du côté d’un optimisme prématuré

Je me garderais bien de dire que les optimistes sont des niais. Primo parce que cela dépasserait ma pensée, et de loin. Secundo parce que les pessimistes sont assez souvent des optimistes repentis. De ceusses auxquels l’expérience a enseigné que le pire est plus fréquent et plus probable que le meilleur. Qu’au fond l’état d’abondance n’est pas la norme mais l’exception. Que la dureté de la matière, la faim et la guerre sont des états normaux inhérents à la nature des choses et de l’homme, en un mot “naturels”. Parmi ces têtes pensantes qui inclinent à la béatitude nous avons choisi Israël Adam Shamir 4, personnage d’exception s’il en est, pour qui « l’hégémonie américaine, c’est fini. La bête est maîtrisée. Nous avons passé le Cap de Bonne Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde à la croisée des chemins a pris le bon virage. C’était un moment aussi risqué que lors de la crise des missiles à Cuba en 1962. Il y avait de fortes chances de déclencher la guerre totale… Le risque était immense : la Syrie allait se retrouver détruite comme la Libye ; une attaque israélo-américaine sur l’Iran devenait inévitable ; la chrétienté orientale perdait son berceau ; l’Europe se voyait envahie de millions de réfugiés supplémentaires ».

Et puis « souvenons-nous de la chute du Mur de Berlin… Deux ans plus tard, il n’y avait plus d’Union soviétique. Notre mémoire voit tout cela en raccourci, comme une seule et courte séquence. Tout cela avait pris un certain temps ». Or, après un vote aussi négatif qu’inattendu du Parlement anglais « le président Obama a… rengainé son colt » et s’est défaussé de la « patate chaude en la refilant au Congrès américain… Or le Congrès ne voulait pas entrer en guerre, une guerre aux conséquences imprévisibles »… « La proposition russe d’en finir avec les armes chimiques de la Syrie permettait au président Obama de sauver la face ». Et depuis « Le président Obama a eu un entretien [téléphonique] avec le nouveau président iranien, ce qui ne pouvait que peiner Tel-Aviv. Les rebelles de l’Armée syrienne libre ont décidé de discuter avec Assad au bout de deux ans, et leur délégation est arrivée sans encombre à Damas, laissant les extrémistes islamistes le bec dans l’eau » !

La Troisième Guerre mondiale a bien failli avoir lieu

Pourtant « la Troisième Guerre mondiale a bien failli avoir lieu, comme le souhaitaient les banksters. Ils ont trop de dettes. Si les Tomahawks avaient touché leur but… ils auraient pu en profiter pour effacer leurs dettes. Des millions de gens auraient péri, mais des milliards de dollars seraient sains et saufs dans les caves de JP Morgan et de Goldman Sachs… ».

Or, nonobstant le fait que « les É-U aient à Moscou encouragé les Pussy Riots, les gay parades dans le but de faire passer Poutine pour un dictateur, un ennemi des libertés et un homophobe dans les medias occidentaux et dans les media russes tenus par l’oligarchie »… Nonobstant le fait que « le soutien de la Russie à la Syrie ait été critiqué, ridiculisé et présenté comme un acte brutal de déni d’humanité alors que les magnats de la presse occidentale affirmaient que la Russie finirait par laisser tomber la Syrie… [alors que] la Russie n’a jamais eu l’intention de lâcher la Syrie : les chrétiens orthodoxes syriens mettaient toute leur confiance dans Poutine [durablement ulcéré par le sort de la Serbie orthodoxes en 1999]… L’Église a soutenu les efforts de Poutine : pas seulement l’église russe, mais les catholiques et les orthodoxes ensemble se sont élevés contre la campagne yankee parce que les rebelles soutenus par les É-U massacraient les chrétiens… les églises de Jérusalem et d’Antioche ont fait de même. Et le pape a quasiment menacé d’excommunication Hollande, et la menace voilée a troublé le président français. De sorte que Poutine a bénéficié d’un double soutien : celui des patriarches orthodoxes et celui du pape : c’est un cas de bénédiction double extrêmement rare »… En vérité du quasi jamais vu, tant l’antipathie, la défiance voire l’hostilité restent fortes entre les Églises d’Orient et d’Occident. Byzance au moment de tomber n’a-t-elle pas obéi au mot d’ordre « le turban plutôt que la tiare » ?

« Géopolitiquement parlant, la guerre se rapprochait d’ailleurs beaucoup trop des frontières russes… mais la Chine a aussi envoyé ses navires de guerre en Méditerranée ». Finalement, en dépit de tous les mensonges et les chausse-trappes tendues aux divers partis de la vérité « cette mésaventure a réglé son compte à l’hégémonie, à la suprématie et à l’exceptionnalisme américains. Fini “la Destinée manifeste” des É-U »… Cependant «  le futur proche s’annonce turbulent mais il n’y a plus d’issue fatale ». Le ciel entende Shamir !

Au-delà de tout vision irénique

Bref tout cela est bel et bon et les éléments collectés par Israël Shamir sont impressionnants de bon sens. En effet la volte-face de la Maison-Blanche ressemble bien – vu de loin – à une déroute, militaire et diplomatique… mais il faut raison garder et recourir aux bilans de l’histoire pour juger du présent à leur aune ? Après tout le reflux du Vietnam n’a pas non plus été spécialement glorieux et pourtant la puissance américaine n’a depuis cessé de croître grâce certes à la suprématie du dollar, mais pas seulement. La capacité à manipuler l’argent, l’ingénierie financière, science subtile et crépusculaire, à la marge de la vérité et du mensonge, ont tenu une place éminente. Et le savoir faire en ce domaine des virulentes oligarchies anglo-américaines y sont aussi pour beaucoup ! Tout comme la capacité de l’Amérique à drainer les cerveaux du monde entier, ce qui lui a permis de maintenir jusqu’à présent une importante avance, notamment en matière d’armements, vis-à-vis de ses concurrents et rivaux… ce que l’on nomme habituellement le “fossé technologique”.

La débâcle vietnamienne pour négociée qu’elle ait été eut dû avoir un autre retentissement. Il n’en a rien été, l’Amérique hollywoodienne pour faire oublier ses déboires en Asie des moussons, au moment où le conflit vietnamien prenait un tour tragique, partait à la conquête de Séléné le 24 déc. 1968… où nul ne devrait, ou ne pourra remettre les pieds avant vingt ou tente ans… comprenne qui pourra ?! Du grand art puisque la planète toute entière eut les yeux fixé sur le ciel au lieu de les avoirs braqués justement sur l’Asie et ses “grands cimetières sous la Lune”. Indéniablement l’Amérique domine et maîtrise l’imaginaire collectif du genre humain. Maîtrise que n’entame guère – ou presque pas – la fuite au petit jour – au sens propre – de ses derniers contingents évacués d’Irak à la cloche de bois… idem pour le futur retrait final d’Afghanistan en 2014 qui ne s’annonce pas non plus des plus joyeux.

En conséquence de quoi nous persistons, quant à nous, dans la prudence et le scepticisme éclairé par l’histoire, une histoire qui parfois se répète, parfois bégaie… à l’instar de l’auteur qui se répète, signe et persiste dans le pessimisme … dans l’espoir sincère de se tromper il est vrai ! Une Histoire qui en effet parfois innove de façon totalement inattendue, mutante, parce que nous n’avons pas su percevoir l’accumulation des causes qui allaient engendrer une révolution, un retournement de situation, soit un “saut qualitatif” ! À ce titre quand Shamir nous annonce préemptoirement que « les É-U vont perdre leurs droits à tirer leurs revenus de la planche à billets. Le dollar cessera de servir de monnaie de réserve au monde entier », nous n’acquiescerons que du bout des lèvres, parce que la bête n’est pas morte, qu’elle n’a pas encore poussé son ultime râle, ni surtout dit son dernier mot.

La bête n’est pas morte, loin s’en faut

Car autant l’effondrement de l’empire soviétique pouvait s’expliquer a priori ou a posteriori, par l’enchaînement logique des événements (national catholicisme polonais, bourbier afghan, Initiative de défense stratégique américaine [Guerre des étoiles], front terrifiant de Tchernobyl ayant mobilisé plus de 400 000 hommes, et cætera), autant la chute de l’Amérique, qui a plutôt bien encaissée le Krach de 2008 justement grâce à son industrie florissante de la fausse monnaie et de la planche à billet, tient bon. Fluctuat nec mergitur.

À part ces tueries – spontanées ou mises en scène, comme à Boston vraisemblablement – qui émaillent le morne quotidien des classes laborieuses, qui aperçoit à l’horizon la montée d’un “Printemps américain” ? Les gaz de schiste extraits des déserts du Nevada et d’ailleurs, vont doper l’économie dit-on en diminuant la note et la dépendance énergétique vis-à-vis des pays producteurs aussi difficiles ou incertains que le Vénézuela ou le Nigéria. De même nous pouvons gager que les divers filons liés à l’économie verte, durable, compensée carbone et les innombrables manipulations financières auxquelles elle donne lieu, vont relancer la machine – déjà crachotante à l’époque – mieux que ne l’a jamais fait la reconstruction du Koweït après 1991.

Au bout du compte, contrairement à ce que pense Shamir, l’Amérique ne désarmera pas, d’abord parce que les guerres, même perdues lamentablement, sont des terrains de jeu et d’essai pour les industries de l’armement et un moyen de faire progresser les matériels. Sans guerre pas de progrès ! Sans la guerre contre le Reich allemand l’aviation civile et la planète entière n’en seraient pas là où nous en sommes arrivés actuellement : pas de radar, pas de propulsion à réaction, pas de conquête dans les prochaines décennies à venir !

Bien entendu Shamir a bien noté et compris que l’Amérique n’agit pas seulement en raison d’une banale hybris [ὕϐρις démesure égotiste inspirée par l’orgueil et la vanité], mais en raison du sentiment eschatologique de son “élection”… « l’Amérique, le pays de l’Ancien Testament, s’est construite sur la théologie judaïque de l’exceptionnalisme, sur la notion de peuple élu » nous rappelle-t-il. Un “exceptionnalisme” qu’a explicitement revendiqué Barak Obama au lendemain du jour où la France s’apprêtait à jeter nos maigres forces aériennes dans la bataille pour la grandeur d’Israël et la plus grande joie des Likoudniki de Washington et Tel-Aviv. Shamir encore : « l’Europe traverse une phase aigue d’apostasie et de rejet du Christ, tandis que la Russie est toujours profondément chrétienne. Ses églises sont pleines, on se souhaite Joyeux Noël et Joyeuses Pâques les uns aux autres, il n’y a pas de morne saison. La Russie est un pays du Nouveau Testament. Or le rejet de l’exceptionnalisme, c’est-à-dire de la notion de peuple élu, est le fondement même de la chrétienté ».

Nous ne sommes pas encore tirés d’affaire

Nous ne conclurons pas en disant que l’affaire syrienne est loin d’être close. La France contre toute légalité internationale et contre sa propre loi interne, entend poursuivre et accentuer ses livraisons d’armes à ces rebelles et terroristes qui ravagent la Syrie. Alors que La résolution 2118 du Conseil de Sécurité 5 – votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le vendredi 27 Septembre 2013 – rend comptable de la situation sur le terrain les organisations et des États agresseurs, de toutes tentatives d’exploitation et de livraison, notamment d’armes chimiques, aux insurgés, tandis que les lois pénales françaises interdisent formellement toute fourniture d’armes ou d’argent à des organisations terroristes. Double dispositif que M. Fabius, ministre des Affaires étrangères hexagonales, s’apprête, avec la bénédiction du fantoche élyséen, à piétiner allègrement : le 7 octobre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite officielle en Arabie saoudite, se concertait avec le régime wahhabite en vue de renforcer conjointement « l’opposition [doux euphémisme désignant les tueurs d’al-Nosra] et l’Armée syrienne libre » [AFP7oct13]. M. Le Drian après avoir été reçu par le roi Abdallah, s’est prévalu d’une « grande convergence de vue sur la situation régionale… Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale syrienne et l’état-major du général Idriss…Nous soutenons la coalition à la fois militairement et sur les plans humanitaire et politique ». Tout en soutenant avec une belle hypocrisie « qu’il n’y a pas de solution militaire en Syrie ». Alors pourquoi est-il nécessaire de renforcer militairement une « coalition », au demeurant inexistante en raison de ses divisions et de ses luttes intestines, puisque de toutes façons ces gens sont destinés à faire de la figuration dans les prochaines négociations russo-américaines dites Genève II 6.

Une sale guerre et un dossier qui suppure de tous les côtés. Au Liban, le patriarche maronite Béchara Raï s’adressant à une délégation de chrétiens et de musulmans préoccupée du sort des réfugiés syriens, mission conduite par l’évêque de Troyes Marc Stinger, a durement stigmatisé l’Occident complice des crimes qui se commettent en Syrie dans l’indifférence générale quant à leurs causes réelles . « Aucun effort international ne doit être épargné, et cet Occident qui, jusqu’à peu, appelait à l’envoi d’armes en Syrie doit élever la voix et demander aujourd’hui que la paix y soit rétablie… On est en train de déraciner un peuple, de détruire une civilisation islamo-chrétienne bâtie en commun au long de quatorze siècles de coexistence. Voilà en fait l’objectif hypocrite de cette guerre : vider le Machrek [le Levant] de sa civilisation et le maintenir en état de guerre permanente à des fins politiques et économiques ». Ajoutons à des fins idéologiques et suprématistes, et le tableau sera complet.

Léon Camus

Notes

(1) La Chine est à l’heure actuelle le premier producteur d’or dans le monde et talonne les États-Unis premier détenteur mondial avec des réserves estimées à 4000 T. Pékin reste cependant muet quant au niveau précis de ses propres réserves, cela d’autant que les centaines de tonnes d’or extrait chaque année ne sont ni vendues ni exportées – production en 2012 : 323 tonnes avec une progression de 12% l’an – alors que la Chine continue à importer massivement du métal jaune voulant à terme y adosser le Yuan pour en faire une monnaie de change internationale… à l’image du dollar, du yen ou de l’euro.

(2) Comme le Qatar qui renoncé à toute souveraineté monétaire et adopté de facto une parité fixe avec le dollar américain, le Bahreïn après avoir abandonné le projet d’une monnaie adossée à l’or, s’est sagement résolu à indexer de la même façon sa monnaie sur le billet vert. Kadhafi, guide de la Jamahiriya libyenne avait conçu peu avant sa chute, un ambitieux projet de dinar-or. Une monnaie émise par une organisation supranationale au service des États du Grand Maghreb, devant, afin de resserrer leurs liens commerciaux avec la Chine et la Russie, leur permettre de s’émanciper du $ et de l’€. Une velléité assez semblable avait effleuré le Raïs Saddam Hussein avant que les Yanks et leurs supplétifs ne lui fassent la peau.

(3) La politique d’ouverture du Président Rohani trouve déjà ses limites au sein même de l’appareil dirigeant iranien : n’a-t-il pas été en partie désavoué par le Guide suprême à son retour de New-York au lendemain de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies ? Le 5 oct. le Guide Ali Khamenei commentait cet épisode historique en ces termes : « Une partie de ce qui s’est passé lors du voyage à New-York était déplacée … bien que nous fassions confiance à nos responsables » ? Voyage au cours duquel eut lieu un échange téléphonique d’un quart d’heure, le 30 septembre, avec le président Obama… le premier depuis trois décennies, la Révolution islamique et la prise d’assaut de l’ambassade américaine le 4 nov. 1979. Contact oral que les Gardiens de la révolution devaient qualifier le 2oct. « d’erreur tactique ». De son côté le général Amir-Ali Hadjizadeh, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens [sepahnews.com] précisait « qu’un contact et un sourire ne peuvent faire oublier l’hostilité foncière des États-Unis [à l’égard de l’Iran] depuis un demi siècle ».

(4) Israël Shamir « Notre Cap de Bonne Espérance » traduit par Maria Poumier [israelshamir.net]. Lire de l’auteur, converti apparemment sincère à l’Église orthodoxe comme accomplissement de sa judéité, « Pardès », essai cabaliste de haute volée sur les rapports du christianisme et du judaïsme. Éditions « Entre la plume et l’enclume » 2003.

(5) Amin Hoteit « La résolution 2118 passée au crible de la réalité » [comite-valmy.org1eroct13].

(6) Pourquoi ne pas entrer dans les vues d’un État qui a généreusement confirmé à notre ministre VRP « l’entrée en vigueur effective à compter de ce lundi 14 oct. d’un contrat d’un montant d’1,3 milliard de dollars » destiné à la modernisation de quatre frégates et deux pétroliers-ravitailleurs séoudiens ? Les bons comptes ne font-ils pas les bons amis ? D’autres contrats sont par ailleurs en cours de négociations intéressant la défense antiaérienne séoudienne. Un projet d’environ 2 milliards d’€ porte sur la fourniture de missiles sol-air Crotale de dernière génération produits par le groupe Thales. Ainsi depuis son entrée en fonctions en mai 2012, le ministre d’une armée dite nationale – désormais fantomatique en raison des coupes budgétaires – aura effectué trois visites de pure courtoisie au royaume de l’omnipotente charia !

http://www.geopolintel.fr/article751.html

Syrie : Pas de chapitre VII !


 

« Le P3 ! »
« Le P3 ! »

Brèves remarques sur la Conférence conjointe de Mrs Laurent Fabius, John Kerry et William Hague, le 16 Septembre 2013 à Paris  [1] :

  • Les USA s’escriment à convaincre ceux qu’ils ont compromis dans leur planification de la guerre, au point de leur faire perdre la face, qu’ils ne les ont pas d’ores et déjà vendus sur la table des négociations avec la Russie : en premier lieu les Français, puis les Saoudiens et les Turcs.
  • Il est clair que la réaction de la prétendue « opposition syrienne » est le dernier des soucis de M. Kerry. C’est non sans une certaine confusion qu’il répond à la question les concernant par ce qui se résumerait à dire : « Ils se plaignaient des armes chimiques. Nous les avons rassurés. Que demander de plus ? Ils n’ont plus qu’à venir à la table des négociations. La seule solution passe par le dialogue ».
  • Mais M. Kerry est obligé de mentir et de laisser ses alliés aller dans le mur.
  • Il leur dit que le texte de l’accord conclu à Genève mentionne la soumission du processus de « désarmement » au chapitre VII  de la charte des Nations Unies, alors qu’il s’agit d’une résolution ordinaire du Conseil de sécurité qui stipule l’adhésion de la Syrie à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques [OIAC] et qui invite à abandonner les options militaires [2] et à se rendre à la Conférence de Genève II pour discuter d’une solution politique ; l’éventuel recours au chapitre VII consistant en une promesse « orale » avancée par la Russie en cas de manquement de l’une quelconque des parties syriennes au bout d’une année de coopération avec l’OIAC.
  • M. Kerry ment et il mentira de plus en plus, jusqu’à ce que ses alliés découvrent qu’il n’y a pas de chapitre VII et que ce n’est plus la peine d’en faire un drame.
  • L’Arabie saoudite peut continuer à se lamenter. La Turquie peut continuer à gémir.  Une occasion a été ratée et la Syrie en est sortie plus forte encore !

Nasser Kandil

17/ 09/2013

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : New Orient News

http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=112716#sthash.tTMfdmdA.dpuf

Notes :

[1] Conférence de presse conjointe de Laurent Fabius, John Kerry et William Hague (16 septembre 2013)

http://www.dailymotion.com/video/x14st4q_conference-de-presse-conjointe-de-laurent-fabius-john-kerry-et-william-hague-16-septembre-2013_news

[2] Syrie : L’initiative russe ? Oui… mais pas à sens unique !

http://www.mondialisation.ca/syrie-si-linitiative-netait-venue-de-la-russie-nous-naurions-pas-travaille-en-vue-de-la-signature-de-la-convention-sur-linterdiction-des-armes-chimiques/5349746

Monsieur Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de Top News-nasser-kandil.

Syrie : Si l’initiative n’était venue de la Russie, nous n’aurions pas travaillé en vue de la signature de la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques » Par Bachar al-Assad


Entretien accordé par le Président Bachar Al-Assad à Russia 24

 Interview Assad

Russia 24 : Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir accordé cet entretien à Russia 24. Pourquoi la Syrie a-t-elle accepté, si vite, l’ « Initiative russe » et donc de soumettre ses armes chimiques au contrôle international ?

La Syrie a soumis, il y a plus d’une dizaine d’années, une proposition à l’Organisation des Nations Unies ayant pour but de débarrasser le Moyen-Orient des armes de destruction massive [ADM]. Ceci parce que c’est une région instable… une « région de guerres » depuis des décennies, voire des siècles… la vider de toutes les armes non conventionnelles contribuerait à la stabiliser. À l’époque, les États-Unis avaient fait obstacle à cette proposition. C’est donc pour nous « un principe » de ne pas croire que les armes de destruction massive au Moyen-Orient soient une chose positive. Nous pensons tout à fait le contraire dans la mesure où nous cherchons depuis toujours la stabilité et la paix. Ceci est le premier aspect.

Un deuxième aspect concerne la situation actuelle. Il est indéniable que la Syrie, en tant qu’État, pense avant tout à s’épargner à elle-même et aux pays de la région « une nouvelle folie » que certains partisans des guerres, aux États-Unis, voudraient voir enflammer notre région ; alors que nous payons encore aujourd’hui le prix d’autres guerres menées par les Etats-Unis, tant en Afghanistan si loin de la Syrie qu’en Irak si proche. Nous sommes convaincus que toute guerre menée contre la Syrie sera une guerre dévastatrice qui entrainera la région dans une série de turbulences et de problèmes pour des décennies et, peut-être, pour des générations à venir.

Le troisième aspect concerne l’initiative russe elle-même. C’est certainement le plus important et c’est évidemment ce qui nous a conduit à aller dans cette direction. Si cette initiative n’était pas venue de la Russie, la Syrie aurait difficilement pu avancer dans ce sens. Notre relation avec la Russie est « une relation de confiance » qui s’est particulièrement renforcée durant cette crise qui dure depuis bientôt deux ans et demi, au cours desquels elle a prouvé sa capacité à comprendre ce qui se passe dans la région, sa crédibilité, et aussi qu’elle est une grande puissance sur laquelle on peut compter…

Telles sont les raisons qui ont poussé la Syrie à travailler en vue de la signature de la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques ».

Russia 24 : Cependant, le président Barack Obama et le secrétaire d’Etat John Kerry ont déclaré que la Syrie n’avait accepté cette initiative et donc la soumission de ses armes chimiques à un contrôle international qu’en raison de la menace de frappes aériennes. Est-ce vrai ?

Si nous revenions quelques semaines en arrière, avant cette dernière menace de frappes aériennes… Les menaces des USA ne tournaient pas autour de ce « désarmement », mais plutôt autour d’une frappe dirigée contre la Syrie dans un contexte d’allégations, répandues par l’administration US, à propos de l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta de Damas. Non ce n’est pas vrai de dire que les USA nous menaçaient pour que nous abandonnions nos armes chimiques. Ce qui est vrai est qu’ils ne se sont saisis de ce sujet qu’après le dernier G20 qui s’est réuni à Moscou, pas avant.

Je répète donc ce que je viens de dire. Ce qui nous a amené à avancer dans ce sens c’est l’initiative russe, elle-même, et les discussions que nous avons eues avec les responsables russes sur ce sujet. Je tiens à souligner une fois encore que si cette initiative n’était pas venue de la Russie, il aurait été absolument impossible de discuter de ce sujet avec n’importe quel autre pays.

Tout ceci est une sorte de propagande voulue par les USA, parce que Kerry, son administration, et peut-être même Obama veulent toujours apparaître tel le vainqueur qui menace et qui obtient… Mais peu nous importe, car la question fondamentale dans cette affaire porte sur les convictions de la  Syrie et le rôle de la Russie.

Russia 24 : Nous avons appris, hier soir, que la Russie avait informé les USA sur les étapes nécessaires à l’application du projet de mise sous contrôle international des armes chimiques. Voudriez-vous nous parler des procédures envisagées et dont vous avez certainement discutées ?

Certainement. Dans les prochains jours, la Syrie adressera les courriers et documents techniques, nécessaires à la signature de l’accord, aux Nations Unies et à l’ « Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ». L’accord comprend plusieurs aspects dont l’interdiction de fabrication, de stockage et évidemment d’utilisation… Je crois qu’une fois la Convention signée elle ne prendra effet qu’environ un mois plus tard. La Syrie devra alors fournir l’inventaire de ses stocks à l’Organisation… Il s’agit d’un ensemble de procédures routinières que nous allons suivre.

Mais, il doit être clair pour tous que ceci ne se fera pas à sens unique. Il n’est pas question de se dire : « la Syrie a signé… la Syrie s’est exécutée… l’affaire est terminée ! ». La question est nécessairement à double sens et dépend en premier lieu des USA, qui devront abandonner leurs politiques agressives envers la Syrie et répondre aux conditions de l’initiative russe. Lorsque nous constaterons que les Etats-Unis se sont vraiment orientés dans la direction de la stabilité de cette région, lorsqu’ils auront cessé de menacer et d’œuvrer pour la guerre et même d’envoyer des armes aux terroristes ; nous pourrons envisager d’aller jusqu’au bout des procédures et vers la phase finale de l’accord.

Ce n’est donc pas une action à sens unique ! En même temps, le rôle principal reviendra à l’État russe, parce qu’il n’y aucune confiance ni aucun contact entre nous et les USA. La Russie est actuellement le seul pays capable de tenir ce rôle.

Russia 24 : Si l’initiative russe est finalement adoptée, quelle sera la représentation internationale que la République arabe syrienne acceptera comme observatrice, étant donné que la situation n’est pas classique ?

Nous pensons qu’il est logique que ce rôle revienne à l’ « Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ». Elle seule en a les compétences et les experts en la matière, et c’est elle qui supervise l’application de cette Convention dans tous les pays du monde.

Russia 24 : Mais nous savons tous qu’Israël a signé la « Convention sur l’interdiction des armes chimiques », mais ne l’a jamais ratifiée. La Syrie exigera-t-elle qu’Israël aille jusqu’au bout du processus ?

Lorsque nous avons lancé notre projet d’élimination des ADM comme je l’ai dit tout à l’heure, l’une des raisons de son obstruction par les États-Unis était de permettre à Israël de posséder de telles armes. Puisque nous souhaitons tous la stabilité au Moyen-Orient, tous les pays doivent se conformer aux conventions qui les interdisent à commencer par Israël qui possède des armes nucléaires, chimiques, bactériologiques et tous les types d’ADM. Nous devons continuer à travailler dans ce sens pour qu’aucun État n’en possède ; ce qui pourra peut être épargner de futures guerres dévastatrices et très coûteuses non seulement à notre région mais aussi au monde entier.

Russia 24 : La Syrie va soumettre ses armes chimiques au contrôle de la communauté internationale, mais nous savons que des experts russes ont confirmé l’utilisation d’une substance chimique toxique près d’Alep par des éléments des groupes terroristes extrémistes. Qu’en pensez-vous ? Et que proposez-vous pour protéger les peuples de Syrie et des pays voisins de ces groupes qui pourraient recommencer ce genre d’attaque ?

L’incident que vous mentionnez s’est produit en Mars dernier, lorsque les terroristes ont tiré des missiles chargés de produits chimiques toxiques sur les civils de Khan al-Assal à Alep faisant des dizaines de victimes. Suite à cela, nous avions invité les Nations Unies à déléguer une commission d’experts pour enquêter et se documenter sur les responsables.

C’est parce qu’il était clair que cette attaque était l’œuvre des terroristes que les Etats-Unis ont empêché la venue de ces experts. Nous avons alors travaillé avec des experts russes, auxquels nous avons confié tous les éléments de preuve en notre possession. Ils ont démontré que l’attaque était bien l’œuvre des terroristes sévissant dans le Nord de la Syrie.

Maintenant nous devons faire en sorte que ces experts en armes chimiques, qui ont quitté il y a près d’une semaine, reviennent en Syrie pour poursuivre l’application de l’accord que nous avions mutuellement signé lors de leur précédent séjour et qui stipule de mener des enquêtes dans un certain nombre de nos régions, en particulier à Khan al-Assal. Il nous faut sérieusement enquêter sur la nature des substances toxiques utilisées, sur ceux qui les ont utilisées et, plus important encore, sur les États qui les ont livrées aux terroristes pour ensuite arriver à leur demander des comptes !

Russia 24 : Monsieur le Président, pouvez-vous nous rassurer ? Est-il possible de confisquer ces produits toxiques aux mains des terroristes ? Est-ce réalisable ?

Cela implique de savoir qui sont les pays en relation avec les terroristes. Tous les États affirment qu’ils n’ont rien à voir avec eux. En fait, nous savons que l’Occident a déclaré qu’il leur avait fourni ce qu’il a qualifié de « soutien logistique »… de matériel militaire « non létal »… ou de matériel dit « humanitaire » !

La réalité est que l’Occident et certain pays de la région, tels la Turquie, l’Arabie saoudite, et précédemment le Qatar, ont une relation directe avec les terroristes et leur fournissent toutes sortes d’armes. Nous sommes convaincus que l’un des ces pays leur a livré ces armes chimiques.

Ces pays sont évidemment supposés pouvoir stopper leurs livraisons, mais certains terroristes n’obéissent à personne et à partir du moment où ils sont armés et peuvent s’adonner aux destructions ils ne se sentent redevables à qui que ce soit, même à ceux qui les ont soutenus en armes et en argent !

Russia 24 : Monsieur le Président, certains médias US ont dit que des officiers de l’Armée arabe syrienne vous ont demandé, à maintes reprises, de leur permettre d’utiliser des armes chimiques contre « l’opposition armée » ; ce que vous auriez refusé, mais qu’ils ont quand même utilisé des substances toxiques individuellement et de leur propre chef. Est-ce vrai ?

Cela fait partie de la propagande des USA, notoirement connus pour ne pas hésiter à utiliser toutes sortes de mensonges qui justifieraient leurs guerres. Ce dernier mensonge nous rappelle celui de Colin Powell et de l’administration de George W. Bush, lorsqu’il y a un peu plus de dix ans ils ont prétendu apporter la preuve que Saddam Hussein fabriquait des ADM pour légitimer leur invasion de l’Irak et qu’il s’est avéré, par la suite, qu’ils avaient menti sur toute la ligne et notamment sur les ADM !

Premièrement, il n’a jamais été question d’utiliser les armes chimiques en Syrie par qui que ce soit ! Deuxièmement, ce type d’armes ne peut être utilisé par l’infanterie ou toute autre troupe, mais nécessite des unités spécialisées et formées à sa manipulation. Ce mensonge est illogique et non crédible.

Russia 24 : Monsieur le Président, dernièrement des preuves présentées comme sûres indiscutables ont été présentées devant les membres du Congrès américain. Des vidéos confirmeraient la version US selon laquelle l’Armée nationale syrienne aurait bel et bien utilisé des armes chimiques dans la Ghouta est. Que pouvez-nous dire à ce sujet ?

Ils n’ont fourni aucune preuve ni au Congrès, ni aux médias, ni à leur population, ni à l’un quelconque des autres États du monde, dont la Russie avec laquelle ils sont pourtant en dialogue permanent. Tout ce qu’ils racontent fait partie de la propagande US.

La logique de la situation veut que vous n’utilisiez pas des ADM à quelques centaines de mètres de vos troupes ou de vos zones résidentielles, car cela signifie la mort pour des dizaines de milliers de vos soldats et citoyens. Vous n’avez pas à utiliser des ADM alors même que vous progressez considérablement sur le terrain en usant de vos armes conventionnelles.

Toutes ces allégations sont loin d’être convaincantes d’où la situation délicate de l’administration US actuelle, encore plus difficile que celle de la précédente, car moins douée pour le mensonge que l’administration sous George W. Bush. L’administration précédente mentait mais savait comment convaincre une partie du monde de ses mensonges, alors que l’administration actuelle n’a même pas réussi à en convaincre ses alliés ! Toutes ces allégations ne sont désormais d’aucune importance car, je le répète, illogiques et non crédibles.

Russia 24 : Monsieur le Président, une dernière question que je ne peux éviter de poser puisqu’elle touche à la sécurité et à la protection de tous. Certains spécialistes russes et certains médias ont dit que des terroristes pourraient lancer des attaques chimiques contre Israël à partir de zones contrôlées par le gouvernement syrien. Pouvez-vous, en tant que Commandant en chef de l’Armée et des Forces armées, nous confirmer ces informations ?

Puisque nous sommes certains que des substances chimiques toxiques ont été livrées aux terroristes, avant d’être utilisées contre nos soldats et notre population civile en Syrie ; cela signifie que le matériel est disponible.

D’autre part, nous savons tous que ces groupes terroristes, ou ceux qui les dirigent, voulaient la frappe US sur la Syrie et, qu’avant cela, ils ont travaillé à faire intervenir Israël dans la crise syrienne. Il n’est donc absolument pas improbable que ce discours soit propagé pour atteindre ces mêmes objectifs.

En effet, une guerre régionale rendrait la situation encore plus chaotique. Plus de chaos ouvrirait naturellement la voie aux terroristes pour encore plus de vandalisme et de destructions. Cette menace est donc un véritable défi car les terroristes sont maintenant en possession de substances chimiques toxiques… Il y a encore des pays qui continuent à leur en fournir !

Russia 24 : Merci M. le président pour nous avoir accordé cet entretien.

Une fois encore, je vous remercie d’être venu en Syrie et je remercie Russia 24.

Dr Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

12/09/2013

Texte transcrit et traduit par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo de la Présidence de la République arabe syrienne / You Tube

http://www.youtube.com/watch?v=8RmTKvsgvp4

Autre source : Top News nasser-kandil,[Sana étant inaccessible]

http://www.topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php?sms_id=55217

 

 

Le gouvernement américain se révèle au monde comme une bande de criminels de guerre et de menteurs – Paul Craig Roberts


Obama_cabinet_meetingLe public américain a-t-il la force de caractère pour faire face au fait que le gouvernement américain apparaît aux yeux du monde entier comme une bande de criminels de guerre qui mentent à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche? Le Congrès et le public américain vont-ils gober le mensonge de la Maison Blanche selon lequel ils doivent soutenir des criminels de guerre et des menteurs ou «L’Amérique perdra la face»?

Les mensonges du régime Obama sont si transparents et si flagrants que le prudent et diplomatique président russe Poutine a perdu sa patience et a dit ce que nous savions tous déjà : John Kerry est un menteur. M. Poutine a déclaré : « Ce fut très désagréable et surprenant pour moi. Nous leur parlons [les Américains], et nous supposons qu’ils sont des gens honnêtes, mais il [Kerry] ment et il sait qu’il ment. C’est triste.  »
http://www.informationclearinghouse.info/article36117.htm

Lorsque le secrétaire d’État Colin Powell a été envoyé par le régime criminel de Bush pour mentir à l’ONU, Powell et son chef de cabinet affirment que Powell ne savait pas qu’il mentait. Il n’est jamais venu à l’idée du Secrétaire d’État que la Maison Blanche puisse l’envoyer à l’ONU pour déclencher une guerre qui a tué, mutilé, et dépossédé des millions d’Irakiens sur la base de mensonges totaux.

Le méprisable John Kerry sait qu’il ment. Voici la secrétaire d’Etat américain, et Obama, le président fantoche, mentant sciemment au monde. Il n’y a pas une once d’intégrité au sein du gouvernement américain. Aucun respect pour la vérité, la justice, la morale ou la vie humaine. Voici deux personnes si diaboliques qu’ils veulent répéter en Syrie ce que le criminel de guerre Bush a fait en Irak.

Comment le peuple américain et ses représentants au Congrès peuvent-ils tolérer ces criminels extraordinaires ? Pourquoi Obama et John Kerry ne sont-ils pas destitués ? Le régime Obama a toutes les caractéristiques de l’Allemagne nazie et de la Stasi de l’Allemagne communiste, sauf que le régime Obama est pire. Il espionne le monde entier et ment là-dessus. Il est pleinement engagé dans le meurtre de personnes dans sept pays, un déchaînement meurtrier que même Hitler n’a pas tenté.

Il sera bientôt décidé  de savoir si le régime criminel d’Obama peut acheter la collaboration du Congrès et les États marionnettes européens pour un crime de guerre transparent. La décision déterminera le sort du monde.

Quant aux faits, le rapport publié à l’ONU par le gouvernement russe conclut que les armes utilisées dans les attaques chimiques en Syrie sont semblables aux armes qui se trouvent entre les mains d’al-Nusra et sont différentes des armes que l’on sait que la Syrie possède.
http://www.informationclearinghouse.info/article36116.htm

Le régime Obama n’a livré aucune preuve à l’ONU. C’est parce que le régime criminel n’en a aucune, et a juste monté des contes de fées.

Si le régime Obama avait la moindre preuve, elle aurait été fournie au Premier ministre britannique David Cameron pour lui permettre d’obtenir le vote du Parlement. En l’absence de preuve, Cameron a dû admettre devant le Parlement qu’il n’en avait aucune, mais seulement la conviction que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques. Le Parlement a dit à la marionnette de Washington que les Britanniques n’allaient pas à la guerre sur la base de la croyance sans fondement du premier ministre.

Le peuple américain et le reste du monde vont-ils  juste rester là, à sucer leur pouce, pendant qu’un nouvel Etat nazi est en train de se former à Washington?

Le Congrès doit voter contre la guerre et faire comprendre à Obama que s’il défie le pouvoir constitutionnel du Congrès, il sera destitué.

Si le Congrès américain est trop corrompu ou incompétent pour faire son devoir, le reste du monde doit rejoindre le Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Russie et déclarer que l’agression militaire unilatérale par le gouvernement américain est un crime de guerre, et que le gouvernement criminel de guerre américain va être isolé dans la communauté internationale. Tout membre de ce gouvernement pris en train de voyager à l’étranger sera arrêté et remis à la Haye pour y être jugé.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/05/the-us-government-stands-revealed-to-the-world-as-a-collection-of-war-criminals-and-liars/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Obama prépare la guerre sainte Tomahawk – Pepe Escobar


Missile tomahawk
Missile tomahawk

La doctrine  » responsabilité de protéger » ( »responsibility to protect » : R2P) invoquée pour légitimer la guerre en la Libye en 2011 vient de se métamorphoser en  » responsabilité d’attaquer » ( »responsibility to attack » : R2A) en Syrie. Tout simplement parce que l’administration Obama le dit.

Dimanche, la Maison Blanche a dit qu’il avait » très peu de doute » que le gouvernement Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre ses propres citoyens. Lundi, le secrétaire d’Etat John Kerry fait monter la barre à  » indéniable » – et accuse Assad  »d’obscénité morale ».

Donc, quand les Etats-Unis ont bombardé Fallujah avec du phosphore blanc à la fin de 2004, ils ne faisaient que la morale. Et quand les Etats-Unis a aidé Saddam Hussein à gazer les iraniens en 1988, ils faisaient également la morale.

L’administration Obama a décrété que Assad a permis aux inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU de venir en Syrie, et pour célébrer leur arrivée a déclenché une attaque avec des armes chimiques principalement contre des femmes et des enfants à seulement 15 kilomètres de l’hôtel des inspecteurs. Si vous ne le croyez pas, vous souscrivez à une théorie du complot.

La preuve? Qui se soucie de preuve? L’offre d’accès pour les inspecteurs d’Assad est venue  » trop tard ». De toute façon, l’équipe de l’ONU est seulement chargé de déterminer si des armes chimiques ont été déployés – mais pas par qui, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Pour ce qui concerne l’administration Obama et le Premier ministre britannique David  »d’Arabie’’ Cameron – soutenu par le barrage de missiles des médias – cela n’a pas d’importance ;  » la ligne rouge » d’Obama a été franchie par Assad, point. Washington et Londres sont en mode guerre-ouverte pour rejeter tout fait contredisant la décision. La Novlangue – du type R2A – est la règle. Si tout cela ressemble à Irak 2.0 c’est parce que c’est Irak 2.0. Le temps d’adapter les faits autour de la ligne d’action – le temps pour des armes de supercherie massive – et c’est reparti.

L’axe israélo-saoudien

La fenêtre d’opportunité pour la guerre c’est maintenant. Les forces d’Assad ont gagné de Qusayr à Homs ; elles ont rejeté les résidus  » rebelles » hors de la périphérie de Damas ; elles se sont déployées autour de Der’ah pour contre-attaquer les  » rebelles » entrainés par la CIA équipés d’armes de pointe qui traversent la frontière syro-jordanienne, et elles ont organisé une poussée pour expulser les  » rebelles » et les djihadistes de la banlieue d’Alep.

Maintenant, Israël et l’Arabie Saoudite sont oh tellement excitée parce qu’ils obtiennent exactement ce dont ils rêvent juste par la bonne vieille méthode de la magouille. Tel Aviv a même télégraphié comment il voulait que ça se passe : ce lundi, le quotidien Yedioth Ahronoth a titré avec » Sur la manière d’attaquer » et a même imprimé l’ordre idéal de bataille. (Voir photo)

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Il y a quelques mois, même AMAN, la Direction du renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) a conclu que Assad n’était pas assez fou pour traverser la » ligne rouge » d’Obama sur les armes chimiques. Du coup, ils en sont arrivés au concept de » deux lignes rouges imbriquées », la deuxième ligne étant la perte de contrôle par le gouvernement syrien  »  de ses dépôts d’armes chimiques et des sites de production ». AMAN a ensuite proposé différentes stratégies à Washington, de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne à la saisie effective des armes (ce qui implique une attaque au sol).

Actuellement, on est revenu à l’option numéro un – frappes aériennes sur les dépôts d’armes chimiques. Comme si les Etats-Unis – et Israël – avaient à la minute près des renseignements sur l’endroit exact où elles se trouvent.

La Maison des Saoud avait également télégraphié ses désirs – après que le prince Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, ait été nommé par le roi Abdallah d’Arabie comme chef des renseignements généraux. La dureté d’Abdullah s’explique par sa mère et deux de ses épouses venant d’une tribu sunnite ultra-conservatrice et influente en Syrie. Quant à Bandar Bush, il a plus de longévité que Rambo ou Terminator ; il est de retour dans le même rôle qu’il avait joué dans le djihad afghan des années 1980, quand il était l’homme-de-la-situation pour aider la CIA à militariser les ‘’combattants de la liberté du président Ronald Reagan  ».

La Jordanie – une fiction d’un pays totalement dépendant des Saoudiens – a facilement été manipulée pour devenir un centre d’opération de guerre  » secrète ». Et sous la responsabilité de qui ? Pas moins que le jeune demi-frère de Bandar, le vice-conseiller à la sécurité nationale, Salman bin Sultan, également connu sous le nom » mini-Bandar ». On peut parler d’une version arabe de Dr Evil and Mini Me.

Pourtant, il y a plus d’hommes de la CIA que de Saoudiens dans le front jordanien.

L’importance de ce rapport ne peut pas être assez exagérée. Il a d’abord été divulgué par le journal libanais Al-Safir ( version en Français ) C’est toute la stratégie de Bandar, dévoilée lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, déjà signalé par Asia Times Online. Après avoir essayé – pendant quatre heures – de convaincre Poutine de laisser tomber la Syrie, Bandar est catégorique: » l’option militaire est inévitable ».

Un mélange de Kosovo et de Libye et le tour est joué!

L’ancien président Bill Clinton a refait surface avec un timing parfait pour comparer les options d’Obama en Syrie au jihad de Reagan en Afghanistan. Bubba avait raison en termes de positionnement du rôle de Bandar. Mais il avait dû sniffé quelque chose s’il avait pensé en termes de conséquences – qui comprennent tout, depuis les talibans jusqu’à cette entité mythique, » Al-Qaïda ». Bon, au moins al-Qaida est déjà actif en Syrie, ils n’ont pas besoin de l’inventer.

Quant à cette bande d’amateurs qui entourent Obama – y compris les groupies du R2P comme Susan Rice, et le nouvel ambassadeur aux Nations Unies Samantha Power, tous des faucons libéraux, suceurs du Kosovo, et de la Libye en prime – préconise que c’est le modèle idéal pour la Syrie, le R2P par des frappes aériennes (illégale). Dans la foulée, le New York Times tel un perroquet répercute déjà frénétiquement l’idée.

Les faits sont, bien sûr, absent du narratif – y compris l’explosion de l’ambassade chinoise à Belgrade (un remix en Syrie avec l’ambassade de Russie, et être à la veille d’une guerre avec la Russie ?).

La Syrie n’a rien à voir avec les Balkans. Il s’agit d’une guerre civile. On peut dire que la majeure partie de la population urbaine syrienne, pas le campagnard, soutient Damas – à cause du méprisable comportement des  » rebelles » dans les lieux qu’ils contrôlent, et la majorité absolue veut une solution politique, comme dans la conférence de Genève 2 maintenant presque totalement torpillée.

Le régime jordanien – inondant le sud de la Syrie avec des mercenaires lourdement militarisés – est un remix de ce que la CIA et les Saoudiens ont fait pour AfPak (Afghanistan-Pakistan), et les seuls gagnants seront les djihadistes de Jabhat al-Nusra. Quant à la solution israélienne pour Obama – bombardements aveugles des dépôts d’armes chimiques -elle va certainement entraîner des dommages collatéraux terribles, parce que le R2A tue encore plus de civils.

Les perspectives restent sombres. Putain, une autre coalition des bonnes volontés ; Washington a déjà les caniches britanniques et français dans le sac, et le plein soutien – en toute sécurité douillette – des démocratiques pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe, du laquais jordanien et de la puissance nucléaire israélienne. C’est ce qui passe pour être la  » communauté internationale » à l’âge de la novlangue.

Les Britanniques ont déjà lourdement insisté sur le fait qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’est nécessaire ; qui se soucie que nous fassions un Irak 2.0 ? Pour le Parti de la guerre, le fait que le chef de la Joint Chiefs of Staff le général Martin Dempsey ait déclaré que les  » rebelles » syriens pourraient ne pas promouvoir les intérêts des États-Unis semble être hors de propos.

Washington a déjà ce qu’il faut pour que les Saints Tomahawks commencent à voler; 384 d’entre eux sont déjà positionnés dans la Méditerranée orientale. Des bombardiers B-1 peuvent être déployées à partir de de la base aérienne Al Udeid au Qatar. Et les bombes anti-bunker feront certainement partie du film.

Ce qui se passera ensuite exige des boules de cristal concentriques – des tirs de Tomahawks aux tirs de barrage par frappes aériennes, en passant par des opérations spéciales de commandos au sol, ou une campagne soutenue par l’aviation et qui dure des mois. Dans sa longue interview à Izvestia (version française), Assad donne l’impression qu’il pense que Obama  bluffe.

Ce qui est certain, c’est que la Syrie ne sera pas  » du gâteau » comme la Libye ; même affaibli sur tous les fronts, le colonel Kadhafi a résisté pendant huit longs mois après que l’OTAN ait commencé ses bombardements humanitaires. La Syrie a une armée fatiguée mais toujours forte de 200.000; des tas d’armes soviétiques et russes ; de très bons systèmes antiaériens, et le plein soutien des experts de la guerre asymétrique que sont l’Iran et le Hezbollah. Sans parler de la Russie, qui a juste besoin de transmettre quelques batteries de défense anti-aérienne S-300 et de relayer les renseignements.

Donc habituez-vous à la façon dont fonctionnent les relations internationales à l’ère de la novlangue. L’armée du général Abdel Fattah al-Sisi en Egypte peut tuer des centaines de ses propres citoyens qui protestaient contre un coup d’Etat militaire. Washington s’en fout – puisque le coup d’Etat n’est pas un coup d’État et le bain de sang n’est pas un bain de sang.

Personne ne sait avec certitude ce qui s’est exactement passé dans la saga des armes chimiques près de Damas. Mais c’est le prétexte à une nouvelle guerre américaine – quelques jours seulement avant un sommet du G20 organisé par Poutine à Saint-Pétersbourg. Saint Tomahawk ! R2A, c’est parti !

Pepe Escobar

Traduction : Avic

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-270813.html

Le grand perdant des évènements égyptiens


la-libre-circulation-des-personnes-sera-desormais-possible-entre-l-egypte-et-la-bande-de-gaza-au-niveau-de-rafah-afp-said-khatibPendant que les FM égyptiens envahissent les places et les mosquées, que les militaires de Morsi répriment dans le sang et que des mercenaires du Sinaï font tout pour attirer la vindicte par des actes terroristes et tentent désespérément de se faire assimiler aux FM (ce qui est allègrement fait par certains), le monde autour continue son bonhomme de chemin, comme si cette agitation meurtrière égyptienne n’était rien d’autre … que de l’agitation.

En Syrie, il n’y a aucun impact. Pourtant, on parle bien de l’Egypte, l’un des principaux pays arabes et du Proche-Orient. On aurait pu croire que le moindre éternuement dans le pays des pharaons aurait eu des répercussions dans toute la région et dans le monde arabe. On se souvient de l’arrivée de Morsi au pouvoir. On allait voir ce qu’on allait voir, selon ce qu’il allait faire ou dire. Il n’a eu aucun effet sur la Syrie. Les choses se passaient ailleurs, avec d’autres protagonistes. La situation à Gaza et en Palestine n’a pas bougé d’un iota.  Morsi a été une parenthèse.

Nous voilà revenu à la case départ, mais avec un maximum de bruits, trop de bruit, pourrait-on dire, savamment orchestré, semble-t-il. Qu’est-ce qui change avec cette nouvelle situation ? Pour la Syrie, rien. Bachar Al Assad continue son combat, appuyé par les mêmes alliés, contre les mêmes mercenaires avec leurs ‘’Allah Akbar’’ pour les vidéos, eux-mêmes avec leurs mêmes appuis à peine remaniés mais avec les mêmes commanditaires. Pour l’Iran, rien de changé, non plus, malgré un changement de président. Pour l’ensemble des monarchies du Golfe, seul le chéquier a changé de mains. Mais ça c’était déjà là un peu avant ce qui se passe aujourd’hui en Egypte.

Puisque rien n’a changé ou presque, à quoi rime tout ce boucan autour d’un général encore inconnu il y a un mois et des frères musulmans que l’on fait mine de découvrir (après Caroline Fourest et BHL) alors qu’ils sont là depuis près d’un siècle ? Diversion ou manipulation ? Il n’y a jamais de boucan médiatique gratuit, surtout dans cette partie du monde. Et l’on constate que si les évènements n’ont aucune conséquence sur la région, le tapage, lui, en a.

Tout tend à donner une confirmation à une campagne qui a commencé il y a longtemps, campagne axée sur le ‘’danger islamiste’’. Qu’ils soient armés de bombes, de ceintures d’explosifs, de fatwas meurtrières et souvent biscornues, de désirs soudains de charia, ils ont tout fait pour nous montrer de quoi ils étaient capables. Qui, en dehors de ceux qui l’organisent, ne dénoncerait pas cette barbarie ? En la condamnant les manipulateurs s’arrangent pour que cette condamnation déborde sur tous ceux qui, de près ou de loin ont un rapport quelconque avec ces gens. Même pays, même race, même religion, etc… tout en prenant soin de dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame.

Et, effectivement, chez ces manipulateurs, il n’y a pas d’amalgame. Ce ne sont pas les musulmans qui sont vraiment visés. Il n’est même pas sûr que l’Islam, en tant que religion soit en cause. A-t-on jamais entendu parler des religions de l’Emir du Qatar ou du Roi Abdallah d’Arabie, pourtant gardien des lieux saints musulmans ? A-t-on vu mentionner une seule fois dans les médias la religion de Mahmoud Abbas ? On pourrait presque penser, d’après les portraits que l’on nous en fait, qu’ils sont laïcs ou même athées. A croire aussi qu’il y a des palestiniens non musulmans (les gentils, quoique un peu turbulents parfois), ceux de Cisjordanie, et les islamistes de Gaza, qui sont gouvernés par de méchants islamistes parce que frères musulmans. Il se trouve que la résistance palestinienne se trouve principalement à Gaza, même si elle a pu souvent servir de prétexte et même d’outil pour les desseins d’Israël. Voici donc le Hamas redevenu islamiste parce que frère musulman. Si les problèmes égyptiens se répandaient jusqu’à Gaza, les gazaouis auront du souci à se faire. Ils seront tous assimilés à des islamistes, donc terroristes. N’est-ce pas ce qu’a toujours martelé Israël depuis des années, en chœur avec nos salonards de Paris ?

Pendant ce temps, John Kerry organise les négociations israélo-palestiniennes, comme si rien ne se passait à côté. Négocier quoi au juste ? Personne au monde ne croit en ces négociations, ni même ne voit sur quoi elles peuvent porter. On voit juste que cette mise en scène coïncide avec les évènements égyptiens qui comportent eux-mêmes plusieurs volets synchronisés, le tout dans une sorte de symphonie moyen-orientale dans laquelle la Palestine et les palestiniens tiennent une place centrale. Si le Hamas paie les pots cassés de la révolte égyptienne, que deviendra Gaza ? Quel lièvre John Kerry nous sortira-t-il alors de son chapeau pour faire avancer les choses ?

Si nous n’attendons rien des négociations, nous savons aussi que Kerry ne fait pas tous ces va-et-vient juste pour faire du tourisme. Tous ces millions et toutes ces énergies ne sont pas dépensés pour le plaisir, sans compter tout le temps consacré aux diverses rencontres. Il y a bien des recherches de solutions, mais toujours avec Israël comme centre de toute solution. Le remodelage du grand Moyen-Orient, avec toutes ses aventures guerrières mortelles, en fait certainement partie. Ne cherche-t-on pas à reproduire le vieux slogan : ‘’Une terre sans peuple pour un peuple sans terre’’, mais cette fois à l’envers ? Le peuple sans terre serait, cette fois, les palestiniens. La terre sans peuple pourrait être le Sinaï, à défaut de ne pouvoir être une partie de la Syrie remodelée. Cela a marché une fois, pourquoi pas une deuxième fois ?

En attendant, quels que soient les projets et objectifs des acteurs de la région, il y en a un qui doit se sentir mal à l’aise dans ses souliers, le Hamas. D’un côté, il perd un soutien de poids par la disparition des FM en Egypte, et de l’autre, il se retrouve à nouveau assimilé de facto à des terroristes actifs purs et durs du style de ceux qui sévissent en Syrie. Et pour bien l’étayer, on va rappeler les aventures de Khaled Mechaal. Le brouillage cacophonique fera le reste. Et les gazaouis dans tout ça ? Nous ne devrions pas tarder à savoir ce qu’on leur réserve. N’est-ce pas Mister Kerry ?

Avic

John Kerry devrait être traité pour ce qu’il est : un escroc ! Robert Fisk


Kerry n’est pas simplement de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien.

JKerry_IsraelJohn Kerry n’a-t-il pas de honte ? D’abord, il câline les Palestiniens et les Israéliens jusqu’à pouvoir annoncer la reprise d’un « processus de paix » auquel les Palestiniens n’accordent aucune confiance et dont les Israéliens ne veulent pas. Alors qu’Israël annonce qu’il va construire 1200 nouveaux logements pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre palestinienne occupée, Kerry explique maintenant aux Palestiniens – ceux qui sont occupés et en position de faiblesse – que le temps jouent contre eux s’ils veulent un État à eux.

Toute autre « homme d’État » impliqué dans tout autre conflit, qui dirait à un peuple occupé que s’il ne fait pas la paix avec ses occupants, il se ferait encore voler encore plus de sa terre, serait considéré comme un paria, un escroc, un criminel. Mais non. John Kerry annonce que les colonies juives illégales – ou « implantations » comme il aime à les appeler et comme le fait la presse complaisante avec Israël – sont « illégitimes ». Je crois qu’il voulait dire dans sa tête « illégales ». Mais ce n’est pas grave. Au cours des 10 premières années du « processus » d’Oslo, le nombre d’Israéliens installés sur des terres volées aux Palestiniens a doublé pour atteindre 400 000. Pas étonnant que Kerry murmura à propos de la dernière annonce de vols de terres par Israël, que c’était « dans une certaine mesure [sic] prévu ».

Bien sûr que ça l’était ! Israël a pris le dessus sur les trouillardes administrations américaines depuis des décennies, ignorant l’embarras de Washington qui se tortille à chaque fois qu’Israël s’accapare des terres sur les propriétés d’autrui. Les accords d’Oslo, rappelez-vous, prévoyaient une période de cinq ans durant laquelle les Israéliens et Palestiniens s’abstiendraient de prendre « toutes les mesures unilatérales qui pourraient préjuger du résultat des négociations ». Israël a tout simplement ignoré cela. Comme il le fait toujours. Et qu’est-ce que Kerry conseille aux Palestiniens ? Qu’ils ne devraient pas « réagir négativement » !

C’est absurde. Kerry doit savoir – comme l’ONU et l’UE le savent – qu’il n’y a pas la moindre chance d’une « Palestine » existant comme un État, parce que les Israéliens ont déjà volé trop de terres en Cisjordanie. Quiconque se promène dans les territoires occupés se rend compte à la fois (sauf si on est politiquement aveugle) qu’il y a autant de chance de construire un État en Cisjordanie – dont la carte des colonies et des zones non colonisées ressemble au pare-brise fracassé d’une voiture – que de voir le retour de l’Empire ottoman.

Et Kerry ? C’est un homme dont chaque déclaration doit être affublée su mot « sic ». Prenez, par exemple : « Nous savions [sic] qu’il y allait y avoir une poursuite de certaines [sic] constructions [sic] dans certains endroits [sic], et je pense que les Palestiniens comprennent cela. » Je suppose qu’il doit y avoir un « sic » après « comprennent » aussi. Et puis Kerry nous dit que « cela » – il parle du vol des terres – « souligne, en fait [sic nouveau], l’importance de se rendre à la table [des négociations] … rapidement ». En d’autres termes, faites dès aujourd’hui ce qu’on vous dit, ou nous allons laisser les Israéliens vous arracher encore plus de terres. Dans le monde normal, cela s’appelle du chantage…

Puis vint le mensonge ultime : que la « question des colonies » sera « mieux résolue en résolvant le problème de la sécurité et des frontières ». Une profonde idiotie ! Les colonies – ou établissements, comme Kerry qualifient ces vols – ne sont pas décidées par Israël en raison de la « sécurité » ou des « frontières », mais parce que la droite israélienne, qui continue de dominer l’administration Netanyahu, veut la terre pour elle-même . Certains Israéliens ne sont pas de cet avis. Ils voient la bassesse de ces vols de terres et les condamnent. Ils méritent la paix et la sécurité que le monde leur souhaite, mais ils ne l’obtiendront pas avec la colonisation, et ils le savent.

Et Kerry n’est pas de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien. Et les Palestiniens – « mis en cage, enfermés » – ont appris à se taire et à prendre ce qu’on voulait bien leur laisser. Et ils recevront quelques petits morceaux. Vingt-six prisonniers âgés seront remis aujourd’hui en liberté. Des miettes pour Abbas et ses joyeux drilles. Mais plus de colonies pour Israël, un pays qui n’a pas encore dit à John Kerry – ni à nous – où se trouvait sa frontière orientale. Sur l’ancienne « ligne verte »de 1967 ? Le long de « la ligne » de colonies à l’est de Jérusalem ? Ou le fleuve Jourdain ? Mais pour Kerry, c’est « vite, vite, vite ». Réservez vos places dès maintenant, ou ce sera bientôt à guichets fermés. Quel est le prix pour une « Palestine » ?

* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

 The Independent – Vous pouvez consulter cet article à : http://www.independent.co.uk/voices…

Traduction : Info-Palestine.eu

La démocratie militaire


Tribune libre MARSEILLEALBATROS

Général SisiLes Etats-Unis étaient dans une fausse ambiguïté sur la situation en Egypte et le secrétaire d’Etat américain l’a levée au Pakistan en déclarant que l’armée est intervenue pour rétablir la démocratie. Le propos suscite la controverse aux Etats-Unis mêmes où certains remarquent que John Kerry a choisi de faire sa déclaration dans un pays où, au nom de leurs intérêts, les Américains se sont accommodés, voire ont soutenu les intrusions de l’armée en politique.

Bien entendu, John Kerry a pris soin de dire que les violences subies par les manifestants sont «inacceptables» et que cela «n’est pas rétablir la démocratie». Mais c’est une exception de forme à un soutien de fond qui n’a rien de surprenant. Même si les Américains avaient des lignes de contact avec les Frères musulmans, l’armée égyptienne est l’allié stratégique par excellence, celui qui veille à ce que l’ordre géopolitique ne soit pas perturbé. Et à ce que Camp David soit respecté. Les Israéliens, eux, ont demandé publiquement et sans doute par des voies plus informelles à ce que les Américains ne la jouent pas trop «principe». Et au fond, ils ne la jouaient pas. En s’abstenant de parler de «coup d’Etat», ils ont choisi les militaires contre la démocratie.

Les médias qui parlent d’embarras américain se trompent clairement. Israël le sait, toute démocratisation dans un pays comme l’Egypte aboutira inéluctablement à une remise en question de Camp David et à un rapport très différent aux Palestiniens. Quand l’armée égyptienne intervient et reprend le peu de pouvoir qu’elle avait concédé, c’est Camp David qui est encore plus protégé. Quant aux Palestiniens, il suffit, pour ceux qui ont le cœur à ça, de se brancher les «télés mille collines» d’Egypte pour prendre la mesure de la campagne haineuse et raciste qui est menée contre eux. Quand un processus démocratique échoue – et en Egypte il ne peut être question de démocratie quand une moitié d’Egyptiens est traitée déjà en «terroriste -, Israël, la «prétendue seule démocratie au Proche-Orient», est tranquille. Et ce n’est pas exagéré de reproduire la fameuse formule «ce qui est bon pour General Motors est bon pour les Etats-Unis» en disant que pour l’establishment de Washington, «ce qui est bon pour Israël est bon pour les Etats-Unis».

Washington en soutenant la démocratie du général Sissi a cependant pris la précaution de faire savoir que le droit de manifester doit être respecté. Ce n’est pas tout à fait inutile au moment où le pouvoir égyptien a des velléités d’en découdre en désignant les espaces où les pro-Morsi organisent leur sit-in de «menaces à la sécurité nationale». Mais il faut en convenir, John Kerry n’a fait que confirmer un choix d’intérêt qui a été déjà fait par l’administration américaine. Il n’y avait aucun embarras, il y avait juste une gestion de la communication à faire. Désormais avec les déclarations de John Kerry on n’est plus dans le faux-semblant. L’intérêt prime. Washington devra cependant s’en souvenir : elle n’a pas, une fois de plus, de leçon de démocratie à donner. Même si du haut de sa surpuissance Washington pense qu’elle peut faire passer au monde entier l’idée biscornue qu’il suffit d’être l’ami des Américains pour bénéficier du label de démocratie. Sissi l’est, Sissi est donc démocrate. C’est court et c’est américain.

par M. Saadoune

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5186217

Le loup, l’agneau et le tiers – par Uri Avnery


2013628172937_samaa_tvQuand vous avez un conflit entre deux parties, la façon de le résoudre est claire : mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec une solution raisonnable et acceptable pour tous les deux.

Par exemple, un conflit entre un loup et un agneau. Mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec …

Hé, attendez une minute. Le loup en sort. Mais où est passé l’agneau?

Si vous avez un conflit entre deux parties telles qu’un loup et un agneau, vous devez disposer d’un tiers dans la chambre, juste pour s’assurer que la Partie 1 ne va pas prendre la Partie 2 pour son dîner, au cours des négociations.

L’équilibre des forces entre Israël et l’Autorité palestinienne est comme celle entre un loup et un agneau. Dans presque tous les domaines – économique, militaire, politique – Israël dispose d’un vaste avantage.

C’est une réalité. Il appartient à la tierce partie de la rééquilibrer en quelque sorte.

Peut-elle le faire ? Le fera-t-elle ?

J’ai toujours aimé John Kerry. Il dégage un air d’honnêteté, de sincérité, qui semble réel. Ses efforts obstinés forcent le respect. L’annonce cette semaine qu’il a enfin fini par atteindre ne serait-ce même que la première étape des négociations entre les parties peut donner lieu à l’optimisme.

Comme Mao a dit: une marche de mille kilomètres commence par un premier pas.

Les parties ont convenu d’une réunion des délégués pour travailler sur les détails préliminaires. Elle devrait avoir lieu la semaine prochaine à Washington. Jusqu’ici ça va.

La première question est: qui sera la troisième personne? Des fuites ont divulgué que le principal candidat pour cette tâche délicate est Martin Indyk, un vétéran ancien officier du Département d’Etat.

C’est un choix problématique. Indyk est juif et très impliqué dans les activités juives et sionistes. Il est né en Angleterre et a grandi en Australie. Il a servi deux fois comme ambassadeur américain en Israël.

Les Israéliens de droite s’opposent à lui parce qu’il est actif dans les institutions israéliennes de gauche. Il est membre du conseil d’administration du New Israel Fund, qui apporte un soutien financier aux organisations pacifistes modérées israéliennes et est diabolisé par ceux de l’extrême droite autour de Binyamin Netanyahu.

Les Palestiniens peuvent se demander si parmi les 300 millions de citoyens américains il n’y a pas un seul non-Juif qui pourrait gérer ce travail. Depuis de nombreuses années maintenant, il s’est trouvé que presque tous les responsables américains qui se sont occupés du problème israélo-arabe ont été des Juifs. Et la quasi-totalité d’entre eux sont par la suite devenus des pontes dans des think-tanks et autres organisations sionistes.

Si les Etats-Unis avait été appelé à arbitrer les négociations entre, disons, l’Egypte et l’Ethiopie, auraient-ils nommé un Éthiopien-américain?

J’ai rencontré plusieurs fois Indyk, généralement à des réceptions diplomatiques (pas celles de l’ambassade des États-Unis, auxquelles je n’ai pas été invité.) Une fois je lui ai envoyé une lettre en rapport avec son nom.

L’histoire de Indyk est bien connue de tous ceux qui sont versés dans le folklore juif. Elle a été racontée par un rabbin juif très influent, Nachman de Braslaw (1772-1811), qui a de nombreux adeptes, encore aujourd’hui en Israël.

Il était une fois un prince qui souffrait de l’illusion qu’il était un Indyk (dinde en yiddish -. A partir de l’hébreu pour poule indienne). Il s’asseyait nu sous une table et ne mangeait que les miettes qu’on lui jetait.

Après que tous les médecins aient échoué à le guérir, un rabbin sage prit l’affaire en main. Il ôta ses vêtements, s’assit nu sous la table et commença lui aussi à agir comme un Indyk. Étape par étape, il finit par convaincre le prince qu’un Indyk peut porter des vêtements, manger de la nourriture normale et, à la fin, s’asseoir à table au lieu d’être en dessous. De cette façon, le prince fut guéri.

Certains pourraient dire que cette histoire a une incidence directe sur son travail futur, si c’est bien lui qui est choisi. Deux Indyks nus sont maintenant sous la table, et son travail sera de les amener à s’asseoir à la table et parler sérieusement de paix.

Il est vrai que les Palestiniens sont habitués à avoir des miettes qui leur sont jetées, mais maintenant ils peuvent exiger de la vraie nourriture.

Les chances pour les négociations de paix peuvent être évaluées par l’atmosphère qui règne des deux côtés, la terminologie qu’ils utilisent et les discussions internes qu’ils mènent.

Ce n’est pas très encourageant.

En Israël, presque personne n’utilise le mot «paix». Même Tzipi Livni, qui sera en charge de la négociation du côté israélien, parle seulement d’un «accord sur le statut final» qui «mettrait un terme au conflit», mais pas de la fin de l’occupation.

La plupart des Israéliens dédaignent totalement l’évènement, estimant que l’unique but de Netanyahou et de Mahmoud Abbas est d’avorter les négociations de manière à mettre la responsabilité sur l’autre côté. La plupart des Palestiniens pensent la même chose. La paix n’est certainement pas dans l’air.

Toutefois, un sondage réalisé cette semaine a montré que la grande majorité des Israéliens – 55 à 25 (ou, en pourcentage, 69% contre 31%) – voteraient lors d’un référendum pour un accord de paix obtenu par le Premier ministre. Je n’ai jamais eu aucun doute à ce sujet.

L’idée d’organiser un référendum sur un accord de paix est maintenant préconisée par la droite et rejetée par la gauche. Je suis pour. Sans une solide majorité, il serait, dans tous les cas, presque impossible pour un gouvernement de retirer les colonies. Et je crois que tout accord concret accepté par une direction palestinienne crédible et recommandée par les États-Unis recevra un retentissant «Oui» à un référendum.

La plupart des experts disent qu’Israël ne devrait pas s’efforcer de chercher un accord définitif, mais plutôt un accord plus modeste «provisoire». Ils citent le vieil adage juif: «Celui qui veut attraper trop n’attrape rien. »

Excusez-moi de ne pas être d’accord…

Tout d’abord, il y a le dicton qui dit que vous ne pouvez pas traverser un abîme en deux sauts. Pas d’arrêt en plein milieu. Nous avions cité ce dicton à Yitzhak Rabin après Oslo.

L’erreur fatale de l’accord d’Oslo était que tout était provisoire. Le but final n’était pas indiqué. Pour les Palestiniens, il était clair que l’objectif était la mise en place de l’État de Palestine dans tous les territoires occupés, y compris Jérusalem-Est. Pour le côté israélien, ce n’était pas clair du tout. En l’absence d’un accord à ce sujet, chaque étape intermédiaire devenait un point de discorde. Si vous voulez aller en train de Paris à Berlin, les gares intermédiaires sont différentes de celles situées sur le chemin de Madrid.

Oslo a abandonné sa pauvre âme quelque part le long du chemin avec les querelles sans fin sur le «passage sécurisé» entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, le « troisième retrait » et autres.

La seule façon de procéder est tout d’abord de parvenir à un accord sur les « questions fondamentales ». Ceci peut être mis en œuvre sur un certain temps – bien que je ne recommanderais pas ça non plus.

La paix israélo-palestinienne est un grand pas dans l’histoire des deux peuples. Si nous avons le courage de la faire, faisons-la, bon Dieu, au lieu de traînailler en pleurnicheries.

Pour l’instant, la grande énigme est: qu’est-ce que Kerry a promis à chaque côté en secret?

La méthode semble bonne. Puisque les deux côtés ne pouvaient s’entendre sur rien, et que chacun exigeait que l’autre entame les négociations «sans conditions préalables» tout en posant beaucoup de conditions préalables lui-même, Kerry a choisi une voie différente.

Il s’est basé sur une logique simple : dans le triangle américano-israélo-palestinien, la quasi-totalité des décisions devront être prises à deux pour un. Dans la pratique, chaque côté a besoin du soutien américain pour obtenir que ses demandes soient acceptées.

Ainsi, au lieu d’essayer de réaliser l’impossible – accord israélo-palestinien sur la base des négociations – l’Amérique a donné à chaque côté la promesse de l’appuyer sur certains points.

Par exemple, en guise de supposition : une promesse que les Etats-Unis soutiendront les Palestiniens sur la question des frontières. La frontière sera basée sur la Ligne verte, avec des échanges de territoires raisonnables. En plus, le gel des colonies, tandis que les négociations continuent. D’autre part, les Etats-Unis soutiendront Israël sur la définition d’Israël en tant qu’Etat «juif» et sur le (non-) retour des réfugiés palestiniens.

Dans le passé, les Etats-Unis ont failli à de telles promesses sans rougir. Par exemple, avant la réunion de Camp David, le président Bill Clinton a donné à Yasser Arafat une promesse solide qu’il condamnera tout côté qui faillira. (Étant donné que la réunion a été organisée sans la moindre préparation, l’échec était prévisible). Après la conférence, Clinton accusa carrément – et à tort – Arafat de toutes les responsabilités, un acte vil de l’opportunisme politique, conçu pour aider sa femme à se faire élire à New York.

En dépit de ces expériences, M. Abbas a mis sa confiance dans Kerry. Il semble que Kerry a le don d’inspirer une telle confiance. Espérons qu’il ne va pas la gaspiller.

Donc, avec ou sans une dinde pour empêcher le loup de dévorer l’agneau, et en dépit de toutes les déceptions passées, espérons que cette fois de véritables négociations se dérouleront et mèneront vers la paix. L’alternative est trop triste à envisager.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/07/26/the-wolf-the-lamb-and-the-third-party/

Venezuela : « tolérance zéro devant les agressions des gringos »


Nicolas-MaduroLe Venezuela rompt le dialogue avec les Etats-Unis

Les conséquences de l’affaire Snowden et des propos de l’ambassadrice américaine à l’ONU à l’encontre du Venezuela ont poussé Caracas à mettre fin à un début de normalisation diplomatique entre les deux pays.

Les déclarations faites mercredi par Samantha Power, nommée par le président Barack Obama ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, à propos du Venezuela, ont achevé ce processus de dialogue. Celle-ci a affirmé devant le Sénat américain que si sa nomination était confirmée, elle lutterait contre « la répression » au Venezuela. Des propos que le département d’Etat américain a approuvé par la suite.

Changement de ton américain

« Je confirme que je déclare terminées toutes les conversations entamées au Guatemala avec (le secrétaire d’Etat américain) John Kerry », a déclaré samedi le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’une cérémonie de promotions militaires dans l’ouest du Venezuela. « Ses opinions irrespectueuses ont été avalisées et soutenues par le département d’Etat, ce qui contredit le ton et le contenu de ce qui avait été exprimé par le secrétaire d’Etat » John Kerry au Guatemala, a déploré de son côté le ministère vénézuélien.

Cette tentative de rapprochement avait débuté en juin dernier, avec une rencontre entre le nouveau secrétaire d’Etat John Kerry et le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua en marge d’un sommet de l’Organisation des Etats américains (OEA) au Guatemala. « Nous nous sommes mis d’accord pour instaurer un dialogue permanent », avait alors déclaré John Kerry, alors que les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010, mais ont des chargés d’affaires.

Pressions de Washington

Cette tentative de dialogue avait déjà été mise à mal par les conséquences de l’affaire Snowden. Le Venezuela fait partie des pays qui ont proposé l’asile politique à l’ex consultant en informatique de la NSA qui a révélé l’étendue de l’espionnage américain des télécommunications et de l’Internet. Washington avait averti qu’il aurait « de graves difficultés » dans ses relations avec tout pays qui accueillerait Edward Snowden, qui réside actuellement en zone internationale à l’aéroport de Moscou. Le président Maduro a déclaré samedi que le chef de la diplomatie vénézuélienne avait reçu de nombreux appels de M. Kerry au sujet de l’affaire Snowden. Mais « nous ne sommes pas sensibles aux pressions. »

Toutes ces péripéties ont conduit Nicolas Maduro à affirmer: « Je confirme ma politique de tolérance zéro devant les agressions des gringos contre le Venezuela. Je ne supporterai pas une agression de plus, qu’elle soit verbale, politique ou diplomatique. Ca suffit. » Malgré ses relations difficiles avec Washington, le Venezuela continue d’exporter 900.000 barils de pétrole par jour vers les Etats-Unis, qui sont son premier partenaire commercial.

http://www.humanite.fr/monde/le-venezuela-rompt-le-dialogue-avec-les-etats-unis-546270

Le Sphinx de l’Egypte regarde vers la Syrie


Par MK Bhadrakumar

sphinxIl semble de plus en plus que la résolution du puzzle égyptien va nous emmener tous en Syrie. Dans quelle mesure le coup d’état de l’armée en Egypte réinitialise la géopolitique du Moyen-Orient, ou, à l’inverse, constitue lui-même le début d’un changement tectonique dans toute la région qui va se dérouler au fil du temps – c’est la grande question.

Les événements en cascade cette semaine indiquent que ce pourrait bien être le cas. Pour sûr, même selon les normes du Moyen-Orient, la semaine passée a été extraordinaire.

Il y a eu une forte expression du soutien des Etats-Unis et ses alliés du Golfe Persique à l’armée égyptienne, fournissant la base politique pour une répression brutale par la junte sur les Frères musulmans, avec des implications pour le «printemps arabe» dans son ensemble.

L’ouverture de la Russie à la junte à un tel point peut venir comme une surprise, mais elle fait partie intégrante de la stratégie russe en Syrie et le scepticisme russe du «printemps arabe».

L’isolement du Qatar, de la Turquie et de l’Iran sur l’échiquier régional a été accentué, tout au long de la semaine dernière, par la junte au Caire déniant à ces pays leurs prétentions à être arbitres ou faiseurs d’opinion dans les affaires intérieures de l’Egypte. Il se trouve que ces trois pays ont été profondément impliqués dans la situation syrienne aussi.

Pendant ce temps, l’ouverture d’Israël à accepter la paix russe sur le plateau du Golan ne pouvait pas revenir à la surface cette semaine sans acquiescement – ou même l’approbation – des Etats-Unis et le timing dans les changements à la tête tant du parti Baas de Syrie que de la Coalition nationale syrienne pouvaient être plus qu’une coïncidence.

Il y a un fond à tout cela, que l’on a tendance à oublier au milieu de la cacophonie du coup d’Etat en Egypte – La triomphale victoire de Hassan Rouhani à l’élection présidentielle iranienne et la promesse d’un dégel imminent dans les relations saoudo-iraniennes.

Un événement déterminant

Si l’on doit identifier un événement déterminant dans ce flot torrentiel d’événements dans la politique régionale, ce doit être la visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry en Arabie saoudite le 25 Juin, qui a été incorporée dans une tournée régionale du Moyen-Orient et était une initiative diplomatique sur la Syrie.

Avec le recul, il apparaît maintenant que le coup d’État au ralenti en Egypte était bien en cours à cette époque en fin Juin et les États-Unis étaient déjà en profonde consultation avec les dirigeants militaires au Caire au sujet d’une transition politique en Egypte. Sans aucun doute, les entretiens de Kerry avec les dirigeants saoudiens ne pouvaient ignorer l’orage qui se préparait en Egypte.

Et, bien sûr, le roi de l’Arabie saoudite Abdallah a été le premier chef d’État à féliciter le renversement du gouvernement des Frères musulmans, le 2 Juillet – quelques heures après le coup d’Etat qui se déroulait – comme si Riyad avait tout prévu à l’avance.

Encore une fois, l’empressement avec lequel l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont simultanément annoncé mercredi un plan d’aide de 8 milliards de dollars à l’Egypte suggère qu’un plan avait déjà été préparé en consultation avec les Etats-Unis.

Washington a divulgué à la presse, immédiatement après, que lui aussi allait continuer la livraison prévue de chasseurs  F-16 à l’armée égyptienne, ce qui signifie que malgré la posture de tergiversations de l’administration Obama, la suspension de l’aide militaire à l’Egypte était la dernière chose dans son esprit.

Curieusement, un autre leader régional qui a rapidement salué – aux côtés du roi Abdallah – l’éviction de la Confrérie du pouvoir en Egypte a été le président syrien Bachar al-Assad.

Ce n’était pas un acte isolé, non plus. Lundi, le président Assad a annoncé le remplacement de l’ensemble des dirigeants du parti Baas, avec les 16 membres qui ont été dans le haut commandement depuis 2005, pour faire place à du sang neuf. Une nouvelle génération de dirigeants, dont d’anciens diplomates, a été amenée à les remplacer. Le président du Parlement Jihad al-Laham et le Premier ministre Wael al-Halqi sont parmi eux.

Dans un entretien avec le porte-parole du parti Baath, Assad a tenté d’expliquer que les dirigeants ont été retirés du haut commandement parce qu’ils ont fait des erreurs en cours de mandat. « Quand un leader ne résout pas une série d’erreurs, ce leader doit être tenu responsable », a-t-il dit sans plus de précisions. Bien sûr, Assad continue comme secrétaire général du parti, étant le seul haut dirigeant qui n’a pas fait d’erreur.

Dans le même entretien avec l’organe du parti Baas, Assad a également renouvelé ses critiques des Frères musulmans, affirmant qu’ils « prennent avantage de la religion et l’utilisent comme un masque … et ils pensent que si vous n’êtes pas d’accord avec eux politiquement, cela signifie que vous n’êtes pas du côté de Dieu « .

Assad cherche à transmettre le message aux gens qu’il est sensible à leurs doléances sur les problèmes sociaux tels que l’inflation et la détérioration de la sécurité publique. Mais le fait demeure qu’il renforce son contrôle sur le parti au pouvoir à un moment où la situation syrienne évolue en termes politiques, compte tenu de l’impasse militaire, et tous les protagonistes – pouvoirs syriens comme à l’extérieur – anticipent l’inévitabilité d’un dialogue politique dans les prochains mois.

De même, ce qu’il faut noter, c’est que la purge du parti Baas coïncide avec un changement de direction de la coalition d’opposition nationale syrienne (SNC). Le nouveau président du SNC Ahmad Jarba est un candidat saoudo-étatsunien et a la réputation d’être un chef tribal « laïque d’esprit ».

Après l’élection de Jarba, Ghassan Hitto, le Premier ministre et homme d’affaires venant d’Amérique, qui avait bénéficié du soutien du Qatar,de la Turquie et des Etats-Unis quand il a été nommé en Mars dernier, a présenté sa démission.

En substance, les changements dans le SNC signifient – comme en Egypte – une montée en puissance de l’influence saoudienne et l’éclipse de l’axe qataro-turc. L’influence des Frères musulmans dans le SNC a également subi un revers. De toute évidence, les États-Unis soutiennent la montée en puissance de l’influence saoudienne au sein du SNC – comme c’est le cas en Egypte.

Mort de l’islamisme

Quel est le plan d’action saoudo-étatsunien ? Profitant du message du Ramadan par le roi saoudien et le prince héritier, le mercredi, l’Arabie Saoudite dit qu’elle « ne permettra pas que la religion soit exploitée par des extrémistes qui ne travaillent que pour leurs intérêts personnels, et qui nuisent à la réputation de l’islam. » Le message dit que l’Arabie saoudite « avec l’aide de Dieu, reste le défenseur de l’Islam … et continuera sur une approche centriste, modérée».

Évidemment, ce sont des piques visant les Frères musulmans dans le contexte actuel de l’Egypte et de la Syrie, et les principaux bailleurs de fonds du mouvement dans la région, à savoir, le Qatar et la Turquie.

En revanche, Assad doit trouver le message du Ramadan du roi saoudien très agréable. Il ne peut que partager le point de vue saoudien (que les Etats-Unis et la Russie partagent également) que le spectre des islamistes radicaux qui hantent le destin de son pays est la question centrale aujourd’hui.

Aucun doute que ces contre-courants dans la politique régionale ne sont pas passés inaperçus à Moscou, et ils ont incité le Kremlin à ne pas perdre plus de temps pour faire une ouverture à la junte égyptienne. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré jeudi,

« Nous espérons que toutes les initiatives [par la junte], qui sont conçues pour lancer le dialogue national, afin de stabiliser la situation et de tenir des élections libres, seront couronnés de succès. »

Lavrov a tout simplement ignoré qu’il parlait alors qu’une répression violente des Frères musulmans par l’armée égyptienne était en cours. Il a ensuite proposé que ce pourrait être le statu quo entre la Russie et l’Egypte et que, d’autre part, la priorité de la Russie réside dans l’impact des développements en Egypte sur la stabilité régionale et la politique du monde islamique. Lavrov a déclaré,

« En ce qui concerne les projets de coopération [avec l’Egypte], ces projets visent à développer la coopération entre les pays et les peuples. Leur mise en œuvre sera bénéfique pour les deux pays et leurs peuples.

Nous [la Russie] voulons que la stabilité soit assurée en Egypte et dans toute la région, ce qui crée des risques sérieux pour les relations internationales. L’Egypte est un pays clé de la région. Le développement des événements dans la région et dans le monde islamique dépendra de la situation en Egypte. »

C’est la realpolitik dans ce qui se fait de mieux. Autrement dit, sans en tirer des allégations d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Egypte, M. Lavrov a fait savoir à la nouvelle direction au Caire, et à tous les états de la région – l’Arabie saoudite, l’Iran, le Qatar, la Turquie et Israël, en particulier – et à ‘’la communauté internationale’’ dans son ensemble que la Russie est loin d’être mécontente de la tournure des événements en Egypte et de ses répercussions probables pour la sécurité et la stabilité régionales.

En théorie, Moscou, qui n’a jamais abandonné une suspicion  profondément enracinée vis à vis des frères musulmans, peut sentir le vent du changement tout à fait favorable à la poursuite de ses propres intérêts et en harmonie avec ses propres évaluations du «printemps arabe».

Pendant ce temps, le quotidien de l’establishment saoudien Asarq Al-Awsat a rapporté mercredi qu’il y avait eu une rencontre entre Lavrov et la ministre de la Justice israélienne Tzipi Livni au cours de laquelle cette dernière a indiqué qu’Israël pourrait accepter les soldats de la paix russes sous le drapeau des Nations Unies sur le plateau du Golan en échange de l’interruption par Moscou du transfert des systèmes avancés de missiles antiaériens S-300 à la Syrie.

Le président Vladimir Poutine avait proposé le mois dernier que la Russie était prête à remplacer le contingent des 380 soldats autrichiens de la Force de désengagement  des observateurs des Nations Unies au Golan qui comporte 1100 hommes.

Ni Moscou, ni Tel-Aviv n’ont contredit l’information du quotidien saoudien. Si elle est vraie, comme cela semble probable, non seulement elle est en phase avec la large étendue des développements mentionnés ci-dessus, mais elle dévoile de façon cruellement tentante un nouveau modèle d’alignements régionaux impliquant Israël et la Syrie, avec les Etats-Unis et la Russie comme parties prenantes – quelque chose d’impensable jusqu’ici.

De toute évidence, les événements en Egypte trouvent de plus en plus les États-Unis, l’Arabie saoudite, Israël et la Russie sur la même longueur d’onde. Tous ces quatre grands protagonistes sont prêts à parier que le coup d’état controversé en Egypte pourrait éventuellement stabiliser la situation dans ce pays et même renforcer la démocratie.

Tous ces protagonistes s’entendent pour dire que l’islam politique s’est avéré être le bénéficiaire importun du «printemps arabe». En effet, par l’analogie de l’Egypte, comme le laisse entendre le message du Ramadan du roi saoudien, le gros problème semble résider avant tout dans les mouvements islamistes dans la région dans son ensemble, y compris les groupes rebelles syriens.

Comme ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Zalman Shoval a résumé dans un article intitulé « Nouvelle aube sur le Nil  » dans Jerusalem Post,

« Tout bien considéré, la disparition possible de l’islamisme en tant que force politique majeure dans au moins certaines parties du monde arabe pourraient éventuellement conduire à une attitude plus laïque, terre-à-terre et moins dogmatique et intolérante de la part de nos voisins . »

Dans l’ensemble, la lutte qui nous attend en Egypte et les virages que la situation syrienne est prête à prendre dans les prochains mois ont non seulement des parallèles frappants, mais pourraient être liés entre eux.

Ambassadeur MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans, avec des postes comprenant celui d’ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001).

Traduction Avic

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

***

Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

***

Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

Un nouveau départ sans le masque moralisateur de Washington – Paul Craig Roberts


NSA carte du mondeIl est difficile de comprendre tout le ramdam que Washington et ses putains médias font sur Edward Snowden. Nous savions depuis longtemps que la National Security Agency (NSA)  espionnait pendant des années, sans mandat, les communications des Américains et de personnes à travers le monde. Les photos du gigantesque immeuble de la NSA dans le Utah, construit dans le but de stocker les communications interceptées dans le monde, ont été publiées à plusieurs reprises.

Il n’est pas évident, pour une personne ordinaire, de voir que ce que Snowden a révélé,  William Binney et d’autres dénonciateurs l’ont déjà révélé. Peut-être que la différence est que Snowden a fourni des documents qui le prouvent, brisant ainsi la capacité de Washington à nier les faits avec ses mensonges habituels.

Quelle que soit la raison du baratin de Washington, cela ne fait certainement aucun bien au gouvernement américain. Beaucoup plus intéressant que les révélations de Snowden est la décision prise par les gouvernements d’autres pays pour protéger un diseur-de-vérité sur la Stasi de Washington.

Hong Kong a gardé le secret sur la localisation de Snowden de sorte qu’une opération secrète amerikaine* ou un drone n’ont pas pu être envoyés pour  l’assassiner. Hong Kong a déclaré à Washington que ses documents fournis pour l’extradition de Snowden n’étaient pas en règle et ils ont permis à Snowden de partir pour Moscou.

Le gouvernement chinois n’a pas interféré avec le départ de Snowden.

Le gouvernement russe a dit qu’il n’avait aucune objection à ce que Snowden ait un vol de correspondance à Moscou.

Le Ministre des Affaires étrangères de l’Équateur, Ricardo Patino, a répondu aux menaces de Washington avec une déclaration disant que le gouvernement équatorien mettait les droits de l’homme au-dessus des intérêts de Washington. Le Ministre des Affaires étrangères Patino a déclaré que Snowden a servi l’humanité en révélant que la Stasi de Washington violait les droits de «chaque citoyen du monde. » Snowden a simplement trahi « certaines élites qui sont au pouvoir dans un pays donné», alors que Washington a trahi le monde entier.

Avec Hong Kong, la Chine, la Russie, l’Equateur et Cuba refusant d’obéir aux ordres de la Stasi, Washington est en train de se débattre dans une duperie totale de lui-même et de ses médias prostitués.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry a émis des mises en garde à tour de bras. Il a menacé la Russie, la Chine, l’Equateur et tous les pays qui ont facilité et encouragé la fuite de Snowden de la Stasi de Washington. Ceux qui n’obéissent pas aux ordres de Washington, a déclaré Kerry, subiront des impacts négatifs dans leur relation avec les Etats-Unis.

Quelle stupidité de la part de Kerry. Voici un gars qui était autrefois pour la paix, mais qui a été transformé par la NSA ayant espionné ses affaires personnelles en un atout pour la NSA. Essayez de réaliser l’extraordinaire arrogance et l’orgueil contenus dans la menace de Kerry contre la Chine, la Russie et d’autres pays, disant qu’ils vont souffrir de mauvaises relations avec les Etats-Unis. Kerry dit que ‘’l’Amerika’’ n’a pas à se préoccuper que «le peuple indispensable » ait de mauvaises relations avec d’autres pays, mais plutôt que c’est à ces pays de se préoccuper des mauvaises relations qu’ils auraient avec le «pays indispensable». Que d’arrogance dans cette attitude que le gouvernement des États-Unis présente au monde.

Ici nous avons un Secrétaire d’Etat américain, perdu dans l’illusion avec le reste de Washington. Un pays qui est en faillite, un pays qui a permis à ses entreprises de détruire son économie en déplaçant les meilleurs emplois à l’étranger, un pays dont l’avenir est entre les mains de la presse, un pays qui, après onze années de combat a été incapable de vaincre quelques milliers de talibans légèrement armés, menace désormais la Russie et la Chine. Dieu nous sauve des imbéciles absolus qui composent notre gouvernement.

Le monde se réjouit de l’humiliation de Washington par Hong Kong. Une simple ville-Etat a fait un doigt d’honneur à Washington. Dans sa déclaration officielle, Hong Kong détourné l’attention de Snowden pour la focaliser sur son message et a demandé au gouvernement américain de s’expliquer sur le piratage illégal des systèmes d’information de Hong Kong.

Le journal d’Etat de la Chine, le Quotidien du Peuple, a écrit: «Les États-Unis sont passés d’un modèle de droits de l’homme à celui d’un espion de la vie privée, pour devenir le manipulateur du pouvoir centralisé sur l’Internet international, et l’envahisseur fou des réseaux d’autres pays. . . Le monde se souviendra d’Edward Snowden. C’est sa témérité qui a arraché le masque moralisateur de Washington « .

Le journal chinois Global Times, une filiale du Quotidien du peuple, ont accusé Washington d’attaquer « un jeune idéaliste qui a exposé les scandales sinistres du gouvernement américain. » Au lieu de s’excuser « Washington exhibe ses muscles en essayant de contrôler toute la situation. »

L’agence officielle de presse chinoise Xinhua a indiqué que les révélations de Snowden avaient placé « Washington dans une situation vraiment délicate. Ils démontrent que les Etats-Unis, qui tente depuis longtemps de jouer les innocents en se présentant comme une victime de cyber-attaques, s’est révélé être le plus grand voyou de notre époque ».

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a précisé que la sympathie de la Russie est avec Snowden, pas avec l’état Stasi amerikain. Le Médiateur pour les droits de l’homme Vladimir Loukine, a déclaré qu’il n’était pas réaliste de s’attendre à ce que le gouvernement russe viole le droit pour saisir un passager en transit qui n’était pas entré en Russie et n’était pas sur le sol russe. Gayane Chichakyan de RT a indiqué que Washington est en train de faire tout son possible pour détourner l’attention de révélations de Snowden qui « montrent que les États-Unis ont menti et ont fait le même que ce qu’ils accusent la Chine de faire. »

L’Equateur dit que le traître est Washington, pas Snowden.

Les cris de cochon qu’on égorge du directeur de la NSA – « Edward Snowden a causé des dommages irréversibles aux Etats-Unis », rivalisent avec les hurlements obligeant des membres de la Chambre et du Sénat, eux-mêmes victimes de l’espionnage de la NSA, comme le fut le directeur de la CIA qui avait été forcé de démissionner pour une histoire d’amour. La NSA est en position de faire chanter tout le monde à la Chambre et au Sénat, à la Maison Blanche elle-même, dans toutes les sociétés, les universités, les médias, chaque organisation, à l’intérieur comme à l’étranger, qui a quelque chose à cacher. Vous pouvez dire qui est victime d’un chantage par l’intensité de ses hurlements, comme ceux de Dianne Feinstein (D, CA) et Mike Rogers (R, MI). Avec un peu de chance, un patriote fuitera ce que la NSA a sur Feinstein et Rogers, qui trainent probablement chacun quelques casseroles.

Le gouvernement de gangster de Washington qui a tout à cacher est maintenant entre les mains de la NSA et est aux ordres. La prétention que ‘’l’Amerika’’ est une démocratie responsable devant le peuple a volé en éclat. Les États-Unis sont gérés par et pour la NSA. Le Congrès et la Maison Blanche sont des marionnettes de la NSA.

Arrêtons d’appeler la NSA, Agence de sécurité nationale. De toute évidence, la NSA est une menace pour la sécurité de chaque personne dans le monde entier. Appelons la NSA ce qu’elle est vraiment, Agence Nationale de la Stasi, le plus grand ensemble Gestapiste  de l’histoire humaine. Vous pouvez prendre pour acquis que chaque média putain, chaque prostitué du gouvernement, tous les ignorants brandisseurs- de-drapeaux qui déclarent que Snowden est un traître, est soit un de ceux qui ont subi le lavage de cerveau, soit une victime du chantage. Ils sont les protecteurs de la tyrannie de la NSA. Ils sont nos ennemis.

Le monde est devenu de plus en plus malade de Washington, et ce pour une longue période. L’intimidation, le flot constant de mensonges, les guerres et les destructions gratuites ont détruit l’image médiatisée par Washington des Etats-Unis comme une «lumière pour le monde. » Le monde voit les États-Unis comme la peste sur le monde.

Après les révélations de Snowden, le magazine le plus important de l’Allemagne, Der Spiegel, a titré: «Le totalitarisme mou d’Obama: l’Europe doit se protéger contre l’Amérique. » La première phrase de l’article pose la question: «Barack Obama est-il un ami? Les révélations sur le vaste programme d’espionnage de son gouvernement appellent à en douter. L’Union européenne doit protéger le continent de la portée de l’Amérique toute-puissance ».

Der Spiegel poursuit: «Nous sommes surveillés. Tout le temps et partout. Et ce sont les Américains qui nous observent. Mardi, le chef du système de surveillance le plus vaste et le plus global jamais inventé vient nous rendre visite. Si Barack Obama est notre ami, alors nous n’avons pas vraiment besoin d’être terriblement inquiet au sujet de nos ennemis « .

Il y a peu de doute que le ministre de l’Intérieur allemand, Hans Peter Friedrich, ait ses secrets détenus par les espions du NSA. Friedrich s’est précipité à la défense de la NSA, déclarant: «. Ce n’est pas la façon dont on traite des amis » Comme le montre clairement Der Spiegel, le ministre ne faisait pas référence « au fait que nos amis transatlantiques nous espionnent. Il  voulait plutôt parler de la critique de cet espionnage. La réaction de Friedrich n’est paradoxale qu’en surface et peut être expliquée en regardant les réalités géopolitiques. Les États-Unis sont, pour le moment, la seule puissance mondiale et en tant que telle, ils sont le seul État véritablement souverain dans l’existence. Tous les autres sont dépendants, soit comme ennemis ou soit comme alliés. Et parce que la plupart préfèrent être des alliés, les politiciens -Allemands inclus, préfèrent sourire et supporter.  »

Il est extraordinaire que la publication la plus importante en Allemagne ait reconnu que le gouvernement allemand est une marionnette de Washington.

Der Spiegel affirme: « Les citoyens allemands devraient pouvoir s’attendre à ce que leur gouvernement les protège de l’espionnage des gouvernements étrangers. Mais le ministre allemand de l’Intérieur dit plutôt: « Nous sommes reconnaissants pour l’excellente coopération avec les services secrets américains ». Friedrich n’a même pas essayé de dissimuler son incompétence sur la question de la surveillance. «Tout ce que nous savons à ce sujet, nous l’avons appris par les médias », dit-il. Le chef de l’agence de renseignement intérieure du pays, Hans-Georg Maassen, n’était pas plus éclairé. «Je ne sais rien à ce sujet », dit-il. Et la ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger était aussi apparemment dans l’obscurité. «Ces rapports sont extrêmement troublants », dit-elle. Avec tout le respect que nous leur devons :  Ce sont ces gens qui sont censés protéger nos droits? Si ce n’était pas si effrayant, ce serait absurde.  »

Pour les crétins Amerikains qui disent: «Je ne fais rien de mal, je m’en fous s’ils espionnent, » Der Spiegal écrit qu’un « être humain surveillé n’est pas libre ». » Nous avons atteint le point où nous, « américains libres’’ avons à apprendre de nos marionnettes allemandes que nous ne sommes pas libres.

Ici, le lire par vous-même : http://www.spiegel.de/international/world/europe-must-stand-up-to-american-cyber-snooping-a-906250.html

L’Allemagne d’aujourd’hui est un nouveau pays, lavé de son passé par la guerre et la défaite. La Russie est aussi un pays nouveau qui a émergé des cendres d’une idéologie irréaliste. L’espoir réside toujours avec ces pays qui ont le plus expérimentés le mal au sein du gouvernement. Si l’Allemagne devait se débarrasser de son suzerain amerikain et sortait de l’OTAN, le pouvoir amerikain en Europe s’effondrerait. Si l’Allemagne et la Russie devaient s’unir pour la défense de la vérité et de droits de l’homme, l’Europe et le monde aurait un nouveau départ.

Un nouveau départ est désespérément nécessaire. Chris Floyd explique précisément ce qui se passe, quelque chose que vous n’entendrez jamais des médias presstitués. Lisez-le pendant qu’il est encore possible de le faire : http://www.globalresearch.ca/follow-the-money-the-secret-heart-of-the-secret-state-the-deeper-implications-of-the-snowden-revelations/5340132

Il y aurait de l’espoir si les Américains pouvaient se débarrasser de leur lavage de cerveau, suivre l’exemple de Debra Sweet et d’autres, et se lever pour Edward Snowden et contre l’Etat Stasi. http://www.opednews.com/populum/printer_friendly.php?content = a & id = 167695

Traduction : Avic

Source : http://www.paulcraigroberts.org/2013/06/25/a-new-beginning-without-washingtons-sanctimonious-mask-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

*Amérika : mot intentionnellement  utilisé par Paul Creg Roberts, au lieu de America.

La plus grande maladie de l’Amérique: Ses médias pressetitués


presseQuand Gerald Celente a estampillé les médias américains comme la “pressetituée”, il a fait mouche et avait parfaitement raison. La presse écrite et les médias audio-visuels sont les prostitués de Washington et du cartel des corporations. Rendre compte des véritables informations est le dernier de leurs soucis. La pressetituée est un ministère de la propagande et de la couverture des turpitudes. Ceci est vrai pour l’ensemble des médias occidentaux qui ne sont qu’un ramassis de putes achetées et dûment payées.

Il semble que chaque jour qui passe me rend témoin d’une douzaine d’autres exemples. Prenez le 31 Mai par exemple. La pressitituée rapporte que le ministre des affaires étrangères John Kerry et sa contre-partie allemande travaillent ensemble pour convaincre la Russie d’être un “parti de la paix” en Syrie en ne fournissant pas le gouvernement syrien, dont le pays a été envahi par les armes. Kerry et spécifiquement les Israéliens, ne veulent pas que la Russie délivre ses systèmes sophistiqués de défense anti-aérienne S300 à la Syrie.

Ceci fut le compte-rendu de la pressetituée concernant cette affaire. Mais la pressetituée ne fait aucune allusion au fait que cette invasion de la Syrie par des musulmans radicaux affilés à Al Qaïda a été organisée et équipée par Washington au travers de ses proxies de la région à savoir l’Arabie Saoudite et les émirats du pétrole. Les Américains suffisamment stupides pour croire ce que leur raconte leur pressetituée ne savent pas que ce ne sont pas les Syriens qui veulent renverser leur gouvernement, mais Washington, Israël et des islamistes radicaux qui objectent au gouvernement séculier non-confrontationnel syrien.

On pourrait penser que les médias américains se poseraient la question de savoir pourquoi Washington préfère t’il avoir Al Qaïda pour gouverner la Syrie plutôt qu’un gouvernement séculier non-confrontationnel. Mais ce type de question passe bien au dessus des têtes des médias américains imbéciles, ramassis de putes trop content d’engranger le fric qui leur arrive tout cuit pour les mensonges qu’ils sont requis de colporter.

Israël, à l’encontre d’un Washington qui jusqu’ici s’est caché derrière ses intermédiaires, a ouvertement commis des crimes de guerre comme définis par les procès des nazis de Nüremberg, en initiant une agression non provoqués contre la Syrie, en attaquant militairement le pays.

En rapportant la pression mise par Kerry sur Poutine, la presstituée n’a fait aucune mention du fait que la tentative soutenue par Washington de renversement du gouvernement syrien a rencontré des difficultés, ceci occasionnant une demande du président Obama au Pentagone de sortit un plan d’exclusion aérienne sur la Syrie, ce qui veut dire en accord avec le précédent libyen et les attaques américaines et de l’OTAN sur ce pays, un bis-repetita sur les forces du gouvernement syrien. Comme le système S300 est un système de défense, le plan d’Obama d’envoyer les armées de l’air occidentales ou israéliennes pour attaquer l’armée syrienne est le pourquoi Kerry met la pression sur la Russie afin que celle-ci n’honore pas son contrat de livraison des S300 à la Syrie ; système qui descendra les avions américains, israéliens et de l’OTAN s’ils passent à l’attaque.

Ceux qui pensaient que Kerry aurait pu faire une différence comme président doivent être bien désillusionnés de voir à quel point il est aussi une de ces putes va t’en guerre. En Amérique, le marketing est tout, la vérité n’est rien.

La véritable nouvelle à diffuser est que Washington essaie de convaincre Poutine d’acquiescer à ce que Washington renverse le gouvernement syrien de façon à ce que la Russie puisse être virée de sa seule base navale sur la mer Méditerrannée, rendant cette mer celle de Washington: Washington mare nostrum. La pressetituée américaine diabolise le gouvernement russe pour ne pas aider Washington à renverser le gouvernement syrien afin que Washington puisse avoir une autre victoire sur la Russie et puisse s’attaquer ensuite à l’Iran.

William Hague, la petite marionnette punk qui sert, avec l’accord de Washington, de ministre des affaires étrangères britannique et ce à la grande honte de ce que fut cette fière nation, a clarifié tout ceci lorsqu’il déclara: “Nous voulons une solution sans Assad. Nous n’acceptons pas la présence d’Assad.” Ceci est d’une incroyable hypocrisie, parce que le gouvernement syrien est bien plus respecteux des droits de l’Homme que Washington ou Londres.

Tandis que Kerry essayait de duper Poutine, le porte-parole de la Maison blanche Josh earnest a dit que la priorité immédiate du gouvernement Obama était de retirer Assad du pouvoir.

http://thehill.com/blogs/global-affairs/middle-east-north-africa/302773-white-house-no-role-for-assad-in-transitional-government  Donc pour les USA et la GB, “la paix” veut dire renverser le gouvernement syrien par la force

Pourquoi l’ONU ne proteste t’elle pas ? La réponse est que les nations et leurs représentants à l’ONU ont été achetés par Washington. Le fric parle, pas l’intégrité et la justice. L’intégrité et la justice sont affligées par la pauvreté. L’ONU appartient à l’empire du mal (NdT: Le QG de l’ONU à New York est construit sur un terrain donné par la famille Rockefeller… Rien n’est jamais “donné”.. rien n’est jamais perdu pour tout le monde…). Elle appartient à Washington (NdT: et Washington appartient aux banquiers…). L’empire américain a l’argent. Il paie pour les manchettes de journaux et pour le budget qui autorise les délégués de l’ONU à se prélasser à New York City.

Dans le monde d’aujourd’hui, l’intégrité n’a aucune valeur, mais l’argent en a une et Washington a l’argent car comme le dollar US est la monnaie de réserve mondiale, elle peut être créée en quantité suffisante pour acheter tous les gouvernements de tous les pays, incluant le notre. Après une année hors de sa fonction de premier ministre britannique, Tony Blair valait 35 millions de dollars. Regardez les richesses incroyables des Clinton. D’après des rapports de presse, le mariage de Chelsea Clinton a coûté 3,2 millions de dollars.

http://www.goingwedding.com/news_detail.asp?newsid=67

Hague a dit que la GB et la France recherchent conjointement “la levée sur l’interdiction de vendre des armes aux rebelles syriens”. Hague n’a pas expliqué comment la force d’invasion fut armée, s’il y avait une interdiction de l’armer. Mais l’imbécile heureux britannique nous a dit qui était la force d’invasion de la Syrie: “La coalition nationale syrienne”, qui consiste en l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Egypte qui est toujours une marionnette des Etats-Unis, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Turquie, l’Allemagne et l’Italie. De manière évidente, l’histoire à propos de la “rebellion syrienne” est pure invention. La Syrie est confrontée avecv une tentative de renversement de son gouvernement par les Etats-Unis et ses états marionnettes. Kerry essaie de convaincre Poutine de laisser l’Amérique renverser la Syrie.

Comme si cela n’était pas encore suffisant, toujours le 31 Mai, j’ai écouté E.J Dionne et David Brooks sur la radio publique nationale (NPR) discuter de l’état de la présidence d’Obama. Tous deux étaient très protecteurs de “notre président”. Aucun des deux ne voulaient dire les mots de “président du complexe militaro-industriel”, de “président de Wall Street”, de “président du lobby israélien”, de “président Monsanto”, de “président de l’extraction minière et de la fracture hydraulique”, non, Obama “notre président”.

Brooks et Dionne sont tombés d’accord pour dire que les médias se sont débarassés du problème de l’affaire de Benghazi et que la persécution par le fisc de membres du mouvement Tea party était sous contrôle des médias et n’était pas une menace pour Obama et sa présidence. Brooks a reconnu qu’il y avait des problèmes économiques ignorés et une pénurie de nouvelles idées. Quoi qu’il en soit, le fait évident est que sous Obama les Etats-Unis sont dans une crise constitutionnelle, très bien décrite par le Dr. Francis Boyle, professeur de droit international à l’université de l’Illinois,

http://www.informationclearinghouse.info/article35134.htm ceci ne fut pas mentionné par ces experts de la radio nationale, qui définissent eux-mêmes la pensée correcte pour leur audience nationale et les gens sont trop occupés pour y prêter une quelconque attention.

En Amérique aujourd’hui, la branche exécutive du gouvernement est en violation explicite de la constitution des Etats-Unis en faisant détenir indéfiniment ou en faisant assassiner des citoyens américains soupçonnés sans preuves par un membre qu’on ne peut plus tenir pour responsable de la branche exécutive, d’être dans une certaine mesure associés avec le terme générique mais non défini de “terrorisme”, même en tant que donnateur innocent de la cause des enfants palestiniens qui ont faim. La branche exécutive viole clairement la constitution des Etats-Unis et les lois statutaires des Etats-Unis d’Amérique contre la torture et l’espionage de ses citoyens sans mandats de justice. Le congrès ne va pas destituer le président pour ses crimes évidents et le système de justice fédéral  permet ces actes.

Le président Nixon a été chassé de ses fonctions parce qu’il avait menti au sujet de quand il eut connaissance d’un cambriolage pour lequel il n’était pas responsable. Président Clinton a été révoqué par le parlement pour avoir menti au sujet d’une affaire sexuelle qu’il avait eut avec une interne de la Maison blanche, Monica Levinski.

Le président george w. bush a emmené l’Amerique sur le sentier de la guerre avec des mensonges éhontés, tout comme le fit le président obama. Ces deux administrations sont coupables de crimes de guerre et de presque toutes les infractions possibles aux droits constitutionnel et international. Pourtant, aucun membre de la pressetituée ne voudrait mentionner le mot de révocation et le parlement ne les mettra jamais en accusation.

Il ne fait absolument aucun doute que les présidents du XXIème siècle, leurs avocats, les officiels du ministère de la justice (sic), de la CIA et de ses agents de l’ombre, ont violé loi après loi et que personne n’est sensé être responsable de ces actes. Pour la pressetituée, ceci n’est pas une affaire du tout. “La loi, la constitution ? Nous n’avons pas besoin de ces conneries de loi ou de constitution.”
Pour les pressetitués, la plus vile forme de vie sur cette planète, les putes achetées et consommées du mal, les véritables problèmes sont les chiffres des sondages, les adolescentes arrêtées pour s’être battues dans une cérémonie de fin d’école maternelle, bill Gates de Microsoft qui étend son avance d’homme le plus riche du monde de 14 millions de dollars sur le Mexicain Carlos Slim, “la gonzesse qui vaut 14 millions de dollars: Beyonce engrange.”

Crise constitutionnelle ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Je veux dire, vraiment, regardez les jambes de Beyonce. Avez-vous entendu, le dollar a augmenté aujourd’hui ?

La pressetituée n’a fait aucune enquête sur les choses importantes. Pas sur le 11 Septembre, pas sur l’accumulation du pouvoir de la branche exécutive qu’on ne peut plus contrioler, pas sur l’enterrement des droits civils, pas sur les attentats du marathon de Boston, pas sur ces guerres inexpliqueees et sans fin contre les musulmans qui n’ont pas attaqués les Etats-Unis.

La saga du marathon de Boston a atteint de nouveaux niveaux d’absurdité avec le meurtre par le FBI d’Ibrahim Todashev, qui était cuisiné pour admettre qu’il avait participé à des crimes variés. C’était un révolver, puis un couteau, puis après que la pressetituée ait dûment rapporté la fausse information qu’on lui avait balancée, ce qui pour l’insouciance du public américain était suffisante pour expliquer le meurtre de Todashev, le FBI admît finalement que la victime n’était pas armée.

Quoi qu’il en soit, il fut abattu de sept balles, dont une derrière la tête. Son père veut savoir pourquoi le FBI a assassiné son fils, mais la pressetituée elle s’en fout royalement. N’attendez aucune réponse de la part de la presse américaine et de la télévision ou de la radio nationale, une organisation qui prétend être une “radio à l’écoute” mais qui est financée par des contributions de cartels

Alors le meurtre de Todashev en guise de justice à la gestapo, pas mal non ? Où est la différence ? Une balle derrière la tête et l’Amérique est la lumière qui brille au sommet de la colline, la vitrine de la liberté et de la démocratie amenées au monde par la grâce du complexe militaro-industriel et de la sécurité au bout du canon d’un fusil ou d’un missile hellfire tiré par un de ses drones. Nous sommes gratifiés de cette propagande sans fin et insistante dans les écoles, les universités et les médias, que Washington a certainement appris de Mao et de Pol Pot. Vous les massacrez jusqu’à la soumission.

Mais çà, vous ne l’entendrez jamais venant de la pressetituée, la fange de la terre.

 

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

 

url de l’article original : http://www.paulcraigroberts.org/2013/06/02/americas-greatest-affliction-the-presstitute-media-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Syrie : le message US à l’Iran?


obama-ahmadinejadLes Russes ont transmis aux Iraniens le message de John Kerry…

… selon lequel Washington a décidé de changer de cap au sujet de la crise syrienne. Tandis que la Russie, l’Iran, l’Egypte et une partie de l’opposition syrienne soutiennent l’idée de l’organisation de la conférence internationale de Genève II, avec la coordination des Etats-Unis, il y a un autre groupe de pays dirigé par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite qui semble être prêt à tout faire pour entraver la tenue de cette conférence internationale sur le règlement de la crise en Syrie. Les pays européens et une partie de l’opposition syrienne préfèrent aussi que cette conférence n’ait pas lieu.

La réussite de la conférence de Genève II n’aura qu’un résultat très concret : le dialogue syro-syrien entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et l’opposition. Entre-temps, il paraît que les dirigeants iraniens ont reçu de la Russie un message concernant la position de Washington par rapport à la crise syrienne : les Russes ont informé les Iraniens que la Maison Blanche a décidé de changer de cap par rapport à la crise en Syrie. C’est le message que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a reçu de la part du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 7 mai à Moscou. Selon des sources bien informées, Kerry aurait dit à Lavrov que les Etats-Unis ont accepté la participation de la République islamique d’Iran à la conférence internationale de Genève II sur le règlement de la crise syrienne, malgré l’opposition des pays comme l’Arabie saoudite.

Les victoires successives de l’armée syrienne dans son combat contre les terroristes pourraient avoir un effet direct sur la décision de la Maison Blanche de réviser sa position vis-à-vis de la Syrie. En outre, il y a des indices qui laissent deviner qu’une nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie pourrait entraîner cette fois-ci une vive réaction de Damas.

Ces évolutions ont amené le Qatar à essayer de reconstruire les ponts brisés entre Doha et Téhéran. L’Iran n’a pas encore accepté la demande de l’Emir du Qatar de visiter Téhéran, mais il paraît que l’échec du Qatar dans son jeu politique autour de la crise syrienne plaît aux dirigeants iraniens. Ces derniers s’attendent à ce que le Qatar joue un rôle régional proportionnel à son potentiel géopolitique. Une autorité qatarie qui a requis l’anonymat a déclaré qu’en réponse de sa demande de visiter Téhéran, l’Emir du Qatar a reçu un message écrit de la part des dirigeants iraniens qui a mis en garde contre toute tentative de Doha de jouer un rôle régional improportionnel à son potentiel géopolitique. Cette source indique que lorsque l’Emir du Qatar a reçu ce message, il n’a rien dit. Cependant, il paraît que les Qataris sont prêts maintenant d’écouter davantage les autres acteurs régionaux.

Quant à la Turquie, les dirigeants de ce pays ont pris une position tellement radicale contre le gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’il est très difficile maintenant de trouver un mécanisme pour un nouveau rapprochement entre Ankara et Damas. Les hautes autorités turques ont ouvertement parlé de la nécessité du renversement du gouvernement syrien. Mais bientôt, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu sera obligé de s’occuper de nouveau du dossier syrien, mais cette fois-ci dans le sens d’un rapprochement avec Damas. Ainsi, contrairement aux souhaits du Premier ministre Recep Tayyib Erdogan, Davutoglu sera obligé d’annoncer le changement de la position de la Turquie par rapport à la crise syrienne.

http://french.irib.ir/analyses/item/258652-syrie-le-message-des-russes-semble-rassurer-t%C3%A9h%C3%A9ran

Le vrai faux tweet de Hind Bint Hamad Al-Thani qui dénonce les crimes de son père en Syrie


Hind Al ThaniPlusieurs sites arabes et anglais se sont relayés l’information selon laquelle Hind a critiqué les agissements criminels de son père en Syrie. Certains internautes n’y croient pas. D’autres affirment l’avoir lu dans un tweet posté par la princesse qatarie. Vraie ou fausse information ? L’analyse de Tunisie-Secret.

Hind Bint Hamad Al-Thani, la fille de la seconde épouse de cheikh Hamad, cheikha Mozah, aurait tweeté en arabe : « L’ingérence du Qatar en Syrie est un scandale dans l’histoire de l’Etat. Mon père a soutenu la révolution syrienne croyant que ce qui s’y passe est la revendication d’un peuple. Mais ce que nous observons aujourd’hui est tout le contraire. J’ai vu la vidéo diffusée par des combattants les montrant manger le cœur d’un homme. Ces images ne traduisent pas des revendications de liberté, mais des crimes commis contre le peuple syrien ».

Elle a ajouté ce passage très important qui peut nous donner une idée sur l’origine de ce tweet, sur son authenticité ainsi que sur son objectif : « Je critique l’intervention de quelques combattants Saoudiens. Qui les a autorisé à tuer et à exécuter des citoyens syriens ? J’ai également reçu une vidéo montrant un citoyen saoudien en train d’exécuter 21 citoyens syriens dont ils disent qu’ils sont des soldats. C’est ce qui transforme une révolution populaire en révolution terroriste ».

Ces propos ont été bel et bien tweeté par Hind, mais avec l’accord et sous les directives des Services secrets qataris. Comme disent les spécialistes, il s’agit pour le moment d’un « prospect test » en vue d’un repli ou désengagement qatari de la crise syrienne. Si le test s’avère concluant, Al-Jazeera se chargera de mettre en scène « l’humanisme » de la princesse et la « prise de conscience » de l’émirat qui a cru soutenir la liberté et la démocratie en Syrie…Hamad Bin Jassim Bin Jaber Al-Thani, le chef de la diplomatie qatarie, portera alors le chapeau et l’émir sera lavé de tout soupçon et présenté à l’opinion arabe comme un bon émir qui a été induit en erreur par son Premier ministre.

Ce plan est d’autant plus plausible que la victoire de l’armée syrienne sur la canaille islamo-fasciste est de plus en plus probable, et que dans ses négociations avec les Russes, John Kerry a récemment confié à son homologue Sergueï Lavrov que le Qatar a été prié de se désengager de la crise syrienne au profit exclusif de l’Arabie Saoudite. D’où la phrase dans le tweet de Hind, qui a trahi les auteurs de ce stratagème puisqu’elle accable les Saoudiens. La ficelle est bien trop grosse, même si le roi d’Arabie Saoudite est aussi impliqué dans le terrorisme wahhabite en Syrie que son cousin bédouin cheikh Hamad.

Hind Bint Hamad Al-Thani, la fille de Mozah, a beau se lamenter sur le sort des citoyens syriens qui se font dévorer le cœur, son père n’échappera pas au tribunal de l’Histoire, s’il a encore la chance d’échapper au Tribunal Pénal International pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, pas seulement en Syrie mais également en Libye. Idem pour Hamad Bin Jassim Bin Jaber Al-Thani, celui qui fait office de Premier ministre et auquel certains Américains et israéliens pensent comme successeur-putschiste de l’émir actuel.Tunisie-Secret.com

Karim Zmerli   

http://www.tunisie-secret.com/Le-vrai-faux-tweet-de-Hind-Bint-Hamad-Al-Thani-qui-denonce-les-crimes-de-son-pere-en-Syrie_a414.html

La revanche de l’ours: La Russie contre-attaque en Syrie


les-chars-sur-la-place-rouge-photo-afpLe président Vladimir Poutine de la Fédération de Russie a tracé une ligne dans le sable à propos de la Syrie, dont il est déterminé à protéger le gouvernement d’un renversement possible. L’ours russe ne s’est pas imposé de la sorte hors de ses frontières depuis la fin de la guerre froide en 1991 et réaffirmé son statut de grande puissance. Essentiellement, la Russie essaie de jouer le rôle pour la Syrie que la France a tenu avec l’Algérie dans les années 1990, en soutenant son gouvernement militaire contre des rebelles, dont la plupart sont affiliés à l’islamisme politique. La France et ses alliés ont prévalu, ce qui a coûté environ 150 000 morts. Poutine et Al-Assad peuvent-ils obtenir ce genre de victoire ?

Alors que Damas réplique aux rebelles militairement, Poutine s’est mis en action sur les scènes internationale et régionale. Le gouvernement russe a persuadé le ministre des affaires étrangères américain John Kerry de soutenir une conférence internationale sur la Syrie visant à une issue négociée. Poutine a sermoné le premier ministre israélien Netanyahou sur les attaques aériennes de son pays sur Damas, ainsi Moscou envoie des battereies anti-aériennes très sophistiquées à Damas ainsi que des missiles anti-sous-marins et d’autres types de munitions à un Assad incrédule et vient juste d’annoncer que 12 navires de guerre russes vont patrouiller la Méditerranée. Les actions russes ont sonné l’alarme à Tel Aviv et Washington et ont été louées à Damas et Téhéran.

Le régime syrien a bien roulé militairement ces dernières semaines. Il a réussi une percée sanglante dans les territoires adjacents de Damas, renforçant la capitale. Avec le soutien du Hezbollah, il a pris d’assaut la région d’AlQuseir tenue par les rebelles, près du Liban nord et une route de contrebande importante pour les rebelles et la clef de la ville centrale de Homs. Le gouvernement baathiste a besoin de conserver Homs afin que la Russie puisse continuer de renflouer la capitale par le port syrien de Latakia sur la Méditerranée. Les victoires du gouvernement syrien n’auraient pas pu être possible sans l’aide de la Russie et de l’Iran.

Régionalement, un axe Moscou-Téhéran s’est formé autour de la Syrie, qui résiste au soutien saoudien et qatari pour les rebelles. L’augmentation de la domination des forces combattantes rebelles dans le Nord par des groupes radicaux comme le front Al-Nosra, qui est ouvertement affilié à Al Qaïda, a eu pour conséquence directe une mise au ban du soutien pour la “révolution” et ce même en Arabie Saoudite. La vaste majorité des Syriens qui s’opposent au gouvernement ne sont pas des radicaux ni des fondamentalistes religieux, mais ces derniers ont le plus de victoires militaires. La caractérisation russe des rebelles comme terroristes radicaux est une forme de propagande de guerre, néanmoins elle a été effective. Les Saoudiens et les Jordaniens avaient prévu de créer un front d’opposition sud moins radicalisé vers la ville de Deraa, cette option a essuyé un sérieux revers depuis que le régime a repris la ville la semaine passée. Doha et Ryadh fulminent de la contre-offensive soutenue par les Russes.

Dans le même temps, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a réussi un coup il y a deux semaines en persuadant Kerry de soutenir une conférence internationale sur la Syrie, à laquelle à la fois le parti Baath et son gouvernement et les rebelles seraient invités, ce en vue d’un règlement négocié du conflit (Le Saint Graal de la Russie…). Cet accord a représenté une marche arrière de la part du gouvernement Obama, qui avait précisé auparavant que le départ d’Al-Assad était une condition sine qua non pour envisager une résolution, langage qui fut scrupuleusement évité par la déclaration commune Lavrov-Kerry à l’issue de leur entretien. Lavrov, un expert de l’Asie du sud et un poète joueur de guitare, parle comme si ce qui est arrivé au Yémen: une solution négocié et un gouvernement d’union nationale, serait un scenario plausible pour la Syrie. Pourtant, tant de sang ayant été versé dans ce pays, qu’une victoire militaire de l’un ou l’autre camp, semble maintenant plus réaliste.

Quand des sources du Pentagone ont fuité l’information que des explosions entendues à Damas le 5 Mai étaient en fait le résultat de raids aériens israéliens, Poutine est apparu livide. Il traça Netanyahou en visite alors à Shangaï et le villipenda au téléphone. Les deux hommes se sont rencontrés la semaine dernière à Moscou, où Poutine est supposé lui avoir lu la loi sur les émeutes. Peu de temps après, le gouvernement du Likoud a fuité au New York Times que le but avéré des raids aériens n’avaient été que d’empêcher le transfert de munitions syriennes au Hezbollah au Liban et non pas à aider le renversement du gouvernement syrien. Les Israéliens tentaient clairement de s’éviter les foudres de Moscou et voulurent envoyer un message à Damas qu’ils resteraient neutres sur l’affaire syrienne mais pas sur l’armement plus avant du Hezbollah.

Poutine, visiblement pas du tout impressionné par la clarification de Netanyahou, répondit en annonçant avec force qu’il avait envoyé à la Syrie des missiles de croisière sol-mer Yakhont et qu’il planifiait de déployer des batteries anti-aériennes sophistiquées S-300 sur le sol syrien. Le chef d’état-major américain le Général Martin Dempsey et des analystes militaires israéliens protestèrent contre ces envois russes. Bien que Netanyahou continua à dire qu’Israël continuerait à bombarder la Syrie à volonté lorsqu’il suspectera que des munitions sont envoyées au Hezbollah, Poutine a juste maintenant augmenté le risque d’une telle intervention.

Les motifs de la russie ont souvent été interprètés par les profits qu’elle réalise en vendant des armes à la Syrie, ceci remontant à l’ère de l’URSS, mais ce business est en fait assez petit. D’autres ont suggéré que le fait que la Syrie loue à la Russie le port de Tartous, seul port méditerranéen des Russes, pèse lourd dans les décisions de Moscou. En fait, le soutien de la Russie à Al-Assad fait plus partie de la réaffirmation du retour de la Russie comme grande puissance sur la scène mondiale, ayant elle aussi un pouvoir de contrôle. Poutine veut élever la Russie de la 9ème à la 5ème puissance capitaliste mondiale. Analysant l’expansion agressive américaine de l’OTAN dans les pays de l’Europe de l’Est et l’implantation de bases militaires américaines en Asie centrale, Moscou est déterminée à recouvrer son ancienne sphère d’influence. De plus, bon nombre d’analystes militaires russes voient les “révolutions colorées” comme un complot de la CIA pour renverser des gouvernements devenus moins favorables afin de piller les ressources de ces états affaiblis, une tactique qu’ils pensent menacer directement la Russie. Tracer la ligne à ne pas dépasser avec la Syrie est, à cet égard, un moyen de souligner que le régime néo-autoritaire de Poutine continuera tranquillement.

La Russie n’est qu’à 24 heures de route d’Alep, la ville la plus au nord de la Syrie. Ayant écrasé une révolte islamiste fondamentaliste à la fin du siècle dernier au Dagestan et en Tchétchénie, tout en ayant mis en place un gouvernement tchétchène amical à l’issue, Moscou est parfaitement au courant des dangers de la dissémination des mouvements radicaux musulmans dans le proche Levant. De plus, environ 14% de la population syrienne est chrétienne, beaucoup d’entre eux appartenant au culte de l’église orthodoxe qui prédomine en Russie. L’église orthodoxe est une clef constituante électorale de Poutine, s’est opposée au renversement du gouvernement baathiste syrien, vu comme un protecteur de ses coreligionnaires.

La pensée du ministère russe des affaires étrangères a été clarifiée avec son communiqué de samedi sur le ravivement de l’insurrection radicale sunnite en Irak ces dernières semaines. Se plaignant de ce qu’il appelle des attaques terroristes à Mossoul et à Bagdhad, le site internet du ministère a dit, d’après une traduction de l’Open Source Center du gouvernement américian, que “Nous sommes particulièrement concernés par la recrudescence des tensions sectaires en Irak, qui sont en train de tourner en une confrontation armée directe entre des éléments radicaux chi’ites et sunnites. Ceci est largement dû à la situation dans la pays voisin de Syrie et la dissémination des activités terroristes des militants opérants sur le sol syrien.” En d’autres termes, la Russie voit la révolution syrienne dominée par des groupes liés à Al Qaïda, comme le front Al-Nosra. Moscou voit ces évènements comme des déstabilisateurs qui ont un potentiel de radicalisation du Moyen-Orient, vu comme vulnérable aux attaques.

Le momentum des rebelles s’est considérablement amoindri ce dernier mois, alors que la riposte de Poutine a raidi et renforcé la motivation de Damas et a donné à ses forces armées le petit plus nécessaire pour regagner les territoires. Le président russe est en train de tisser une toile protectrice autour de son client, tout en mettant en échec les vents islamistes fondamentalistes wahabbites soufflant depuis la péninsule arabique. Il a aussi repoussé l’intervention opportuniste d’Israël, se préoccupant que cela pourrait déstabiliser encore plus Damas.. Dans le même temps, il a imprimé sur Washington le besoin d’une résolution négociée au conflit, une idée que le président Obama, trainant les pieds depuis longtemps à l’idée de renvoyer des troupes dans un nouveau bourbier moyen-oriental, a commencé à tolérer. L’envoi par Poutine de systèmes d’armement très puissants à l’armée syrienne, et son envoi d’une flotte russe en méditerranée par le détroit de Gibraltar, a rendu évident à tous que la grosse puissance militaire russe, sera, le cas échéant, à la disposition du régime baathiste d’Al-Assad. Le pari de Poutine sera ou ne sera pas couronné de succès, mais cela montre d’une manière indiscutable que l’ère d’une seule super-puissance et de l’unilatéralisme américain est révolue et ce en faveur d’un monde bel et bien multipolaire.

Juan Cole

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Obama s’enlise un peu plus dans le bourbier syrien


Les troupes américaines vont-elles intervenir ?

par Shamus Cooke

obama-in-iran-syria-and-north-korea-imgL’annonce récente que les Etats-Unis allaient augmenter leur aide militaire « non-létale » aux rebelles syriens ne devrait être une surprise pour personne. Certains ont supposé que Barack Obama – ayant été démenti à maintes reprises  sur son évaluation de la stabilité du gouvernement en Syrie – allait se retirer discrètement sans faire de vagues.

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USA : Vers l’intervention militaire directe en Syrie


par BEN SCHREINER

john-kerry

Bien que le président Obama l’année dernière ait rejeté une proposition du Département d’Etat, du Pentagone et de la CIA pour armer directement les combattants rebelles syriens, son administration se rapproche une fois de plus de l’option de l’intervention directe dans la guerre syrienne.

Comme l’a rapporté le Washington Post mardi, « L’administration Obama se dirige vers un changement majeur dans sa politique syrienne, qui pourrait fournir aux rebelles des équipements tels que gilets pare-balles, des véhicules blindés et éventuellement une formation militaire et pourrait envoyer une aide humanitaire directe à la coalition de l’opposition politique de la Syrie.  »

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Manœuvres américaines en vue d’armer ouvertement l’opposition Syrienne


lance_missiles_StingerDurant les préparatifs du sommet des Amis de la Syrie du 28 février à Rome, les États-Unis ont indiqué un changement de politique consistant à armer ouvertement l’opposition syrienne qui mène une guerre pour le compte des États-Unis dans le dessein de faire tomber le président syrien Bashar el-Assad.

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