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Assassinat des deux journalistes français : Fabius ne dit pas la vérité


Deux-journalistes-francais-enleves-et-tues_article_landscape_pm_v8Que s’est-il passé à Kidal, au Mali ? Chaque jour une nouvelle version  vient nous raconter comment les deux journalistes de RFI ont été assassinés.  Tués par balles ? Egorgés ? Par qui ?

La version officielle soutient qu’ils ont été tués par balles par des terroristes. En annonçant cette version, Laurent Fabius se croit obligé de donner des détails. Il aurait mieux fait de s’en tenir à un discours laconique, car ses explications ne tiennent pas la route. Revoyons les différents points de ce drame.

D’après Laurent Fabius, « Ils ont été tués par balles par les groupes terroristes que nous combattons ». Il fait ainsi taire les rumeurs selon lesquels les deux journalistes ont été égorgés. Il rajoute « Les assassins, ce sont ceux que nous combattons, c’est-à-dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui refusent les élections (…) Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été kidnappés par un petit commando et emmenés hors de Kidal. Leurs corps ont été retrouvés à 12 km (…) à quelques mètres de la voiture fermée à clé, il n’y avait aucun impact de balle sur la voiture. ».

Ceci nécessite plusieurs commentaires. Il parle d’un groupe terroriste. Quel groupe terroriste ? A moins de croire que les terroristes sont des gens qui, chaque matin en se levant, cherchent quelle action ils pourraient bien faire pour enquiquiner le monde, on peut supposer qu’ils sont animés par quelque motif pour kidnapper deux journalistes  français. Les otages auraient pu servir de monnaie d’échange soit en argent sonnant et trébuchant, soit de moyen de pression sur Paris. Mais nos terroristes, au lieu de préserver leur trésor, préfèrent le détruire en exécutant leurs otages. Où est la logique ? A moins que le but initial ne fût juste le plaisir d’exécuter des français. Là non plus, ça ne tient pas, car des français au Mali, il y en a des tas, et ils n’ont pas tous des gardes du corps.

Laurent Fabius parle encore de « terroristes qui refusent la démocratie et les élections ». Quelles élections ? Elles ont déjà eu lieu et, personne, au Mali, ne songe un seul instant à les remettre en cause car tout le monde sait que ce n’est là qu’une pure formalité afin de désigner et mettre en place une administration pour gérer le pays selon une certaine norme. Mais cette sortie de Fabius est sensée nous montrer la monstruosité des acteurs du drame.

Fabius va encore plus loin dans son scénario. Il dit que « Leurs corps ont été retrouvés à 12 km (…) à quelques mètres de la voiture fermée à clé, il n’y avait aucun impact de balle sur la voiture. ». On se croirait en plein film hollywoodien, où des malfaiteurs changent de voiture pour égarer les poursuivants.  Voilà des ravisseurs qui demandent délicatement à leurs futures victimes de descendre de voiture (sans doute pour ne pas abimer les sièges), puis, tranquillement, les abattent de deux balles pour l’un et trois balles pour l’autre, ensuite referment la voiture à clé (il faut croire que le désert est infesté de voleurs de voitures), et ensuite partent  aussitôt dans une autre voiture en laissant la première sur place. M. Fabius ne sait manifestement pas ce que vaut une voiture, une 4X4 de surcroit, en Afrique, où les R5, R12 ou R21 font encore fureur.

Tout est faux dans les explications de Fabius. Dans ces cas-là, que fait-on ? On essaie de chercher ses réponses soi-même, avec le risque de tomber sur toutes les rumeurs qui circulent ici et là sur Internet et de se raccrocher à la plus plausible.

La dernière en date parle même de bavure de l’armée française, selon le journal algérien El Watan qui rapporte des récits de témoins oculaires de l’évènement. Selon ces témoins, les deux journalistes auraient été enlevés à la sortie de leur rendez-vous avec un des notables du MNLA de Kidal. A 27 km de la ville, le véhicule s’est arrêté et tous ses occupants en sont sortis. C’est alors qu’un hélicoptère a surgi pour arroser tout le monde, tuant aussi bien les terroristes que  les journalistes. Cette version, si elle était vraie, se rapprocherait de celle de Fabius. Mais un problème se pose. Il est difficile d’imaginer un hélicoptère de l’armée française tirer dans le tas, sachant que des otages pourraient être tués. On a beau faire partie de l’OTAN, l’armée française n’est pas l’armée des Etats-Unis, qui est capable de tout détruire en espérant que sa cible se trouvera parmi les victimes. Pour avoir tiré dans le tas, il faut que l’équipage de l’hélicoptère en ait reçu l’ordre.

Nous aurons certainement d’autres révélations dans les jours à venir, mais quelles qu’elles soient, nous sommes au moins sûr d’une chose : cela ne s’est  pas passé comme le dit M. Fabius. Et s’il ment, c’est qu’il ne veut pas que la vérité se sache.  Avant que cette affaire ne soit enterrée et oubliée, les terroristes du Sahel finiront bien par se réveiller et envoyer une revendication en bonne et due forme à un journal local pour rassurer tout le monde ?

Avic

Des agents secrets sont infiltrés dans les médias (et tout le monde s’en fout)


« Officiellement, la DGSE est la seule à compter dans ses rangs des agents sous couverture insérés dans la vie civile, parmi lesquels des journalistes employés dans les grands médias. »

L’espion du Président, Didier Hassoux, Christophe Labbé et Olivia Recassens, 2012

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Dimanche, la presse écrite et audiovisuelle de l’Hexagone a relayé les conclusions d’une note déclassifiée du renseignement à propos des « preuves » de l’implication du régime syrien dans l’usage de l’arme chimique contre les « rebelles » et la population civile.

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Ce document (disponible sur plusieurs sites dont celui du CRIF) est une synthèse élaborée conjointement par la DGSE (services secrets extérieurs) et la DRM (direction du renseignement militaire).

A-t-on vu, depuis 48 heures, des débats audiovisuels ou lu des éditoriaux mettant en doute la véracité du document? Presque aucun. Il faut se rendre sur les réseaux sociaux, les blogs militants ou les sites alternatifs pour découvrir des analyses ou des opinions relatives aux failles argumentaires de cette note officielle.

Une double légende continue pourtant d’avoir la vie dure : la presse française est plutôt « de gauche » et la gauche est naturellement encline à l’antimilitarisme. L’apathie des journalistes hexagonaux face aux « preuves » des services de la Défense pour justifier une intervention militaire en Syrie démontre qu’il n’en est rien.

Comment l’expliquer? Au-delà de l’esprit moutonnier des uns et de l’indifférence des autres, une troisième cause permet d’éclairer une telle attitude démissionnaire chez bon nombre de journalistes censés s’ériger en contre-pouvoir.

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Paru en janvier 2012,  L’espion du Président -ouvrage consacré à l’ex-directeur de la DCRI- confirma un secret de polichinelle : les services secrets français, aussi bien extérieurs (DGSE) qu’intérieurs (DCRI), emploient des agents déguisés en journalistes infiltrés au sein des grands médias hexagonaux. Leur mission? Espionner leurs camarades en train d’enquêter et, si besoin, intervenir pour désinformer l’opinion publique sur des sujets relatifs aux enjeux de la sécurité nationale. Les services peuvent également financer la formation professionnelle d’un futur journaliste comme le confirma Jean Guisnel dans son ouvrage consacré à l’histoire de la DGSE. Enfin, certains journalistes déjà en poste peuvent être sollicités pour des missions ponctuelles et sous couvert de patriotisme et/ou de paiements en liquide.

Hormis leurs employeurs, nul ne sait leur nombre ou leur identité. Il arrive qu’au détour de la parution d’un ouvrage de révélations, certains noms puissent fuiter. Tel fut le cas de Jean-Pierre Van Geirt, ex-journaliste à TF1, qui fut « outé » par l’ancien directeur des Renseignements généraux. D’autres peuvent choisir de faire eux-mêmes leur coming out comme ce fut le cas, en avril, de Patrick Denaud, ex-correspondant de guerre.

L’enjeu de la question est évident en temps de guerre : si la France décide d’attaquer la Syrie, l’opinion publique peut être sciemment la cible d’une désinformation afin d’assurer la propagande qui accompagne toute manoeuvre militaire de grande ampleur. Quand la DGSE publie un document relayé par des médias dans lesquels sont déjà installés certains de ses agents (déguisés en journalistes), il devient nécessaire, au regard de la manifestation de la vérité et de l’intérêt général, de mettre en doute les tenants et aboutissants de cette opération de communication.

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Evidemment, de nombreux journalistes n’ont guère besoin d’être rémunérés par les services secrets pour, le cas échéant, être instrumentalisés, rendre des services ponctuels ou, plus largement, fermer les yeux en cas de désinformation fomentée par leurs encadrants dans les rédactions. La précarité croissante du métier contribue à l’autocensure et à l’anesthésie de l’esprit critique.

Voilà pourquoi la grande presse n’a pas jugé nécessaire de s’attarder sur la signification et les conséquences de la nomination par François Hollande de Christophe Bigot, devenu directeur de la stratégie à la DGSE à la date du 1er septembre. La coïncidence est savoureuse : cet ex-ambassadeur en Israël, admirateur du purificateur ethnique David Ben Gourion et proche de la classe politique de Tel-Aviv, commence ses fonctions alors que la France est sur le point d’entrer en guerre contre la Syrie, un pays dont -précisément- le clan Netanyahu guette ardemment (depuis 1996) un changement de régime. Et sa venue ne manquera pas de contribuer à renforcer l’étroite coopération occulte, tissée depuis les années 50 et décrite par l’historien Yvonnick Denoël, des services secrets français et israéliens.

Christophe Bigot (à droite) avec Shimon Peres et Jacques Attali
Christophe Bigot (à droite) avec Shimon Peres et Jacques Attali

Voilà pourquoi la DGSE et la DCRI ne devraient pas rencontrer des difficultés pour tenter de modeler l’opinion publique à travers leurs agents infiltrés dans les rédactions de l’Hexagone.  Sans compter la docilité de ces véritables journalistes, plus nombreux que ces agents secrets sous couverture, qui sont toujours prêts à se laisser griser en jouant au « petit soldat » de l’ombre.

A titre d’illustration, un journal de la presse régionale a ainsi, selon toute vraisemblance, rendu service au nouveau directeur de la DGSE. En avril, j’ai rédigé sur Oumma un bref portrait de l’intéressé : Bernard Bajolet. J’y rappelais notamment une petite anecdote : le big boss des services secrets jouait au tric-trac avec Bachar El-Assad dans sa jeunesse. Pour donner à voir l’aura du personnage, j’avais inséré une vidéo de Bernard Bajolet, capturée par La Presse de Vesoul. A l’instar d’un aristocrate, le châtelain exposait ses jolies fontaines et laissait entendre qu’il était ravi d’avoir acquis sa propriété cossue dans la région. Rien de scandaleux, a priori.

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Pourtant, j’ai récemment découvert -en consultant l’article sur Oumma- que cette vidéo, mise en ligne par La Presse de Vesoul en décembre, avait été effacée depuis la publication de mon papier. Quelqu’un à la DGSE a obtenu, directement sur Dailymotion ou via l’entremise du quotidien régional, le retrait sans explication de cette vidéo.

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Il n’y avait aucun risque à l’égard de la vie ou de la réputation de Bernard Bajolet. Si l’homme est effectivement discret, des photos de son visage circulent sur Internet et sa domiciliation dans les environs de Vesoul est aisément identifiable.

Peu importe : le zèle d’un haut-fonctionnaire de la DGSE a fait disparaître une vidéo bénigne du Net.

Si l’on est capable, au sommet de l’Etat, de faire censurer une vidéo inoffensive produite par un journal local, il devient dès lors aisément imaginable que des moyens de pression plus considérables soient déployés pour dissimuler des informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale. Ou, plus exactement, à l’image de nos dirigeants.

Addendum 08/09: le quotidien britannique The Guardian a consacré aujourd’hui un article à propos de l’histoire des journalistes-espions au Royaume-Uni et de l’incidence de ce double emploi sur la présentation politico-médiatique en cours du dossier syrien.

http://hichamhamza.wordpress.com/2013/09/03/dgse-journalistes-syrie/

Un message de l’Union des journalistes syriens pour la paix dans le monde


Lumieres-pour-la-Paix-Sophy-Rotbard1-400x299République Arabe Syrienne, le 9 septembre 2013

Depuis environ 30 mois, la Syrie a été exposée à une attaque féroce menée par Takfiri terrorisme international et financé par les Etats régionaux et arabes, sous la supervision des grandes nations qui alimentent la crise dans le pays et déjouent les efforts politiques pour favoriser le dialogue et la construction de la démocratie . Malheureusement, ces mêmes nations soutiennent le terrorisme takfiri.

Le mercredi le 21 d’août 2013, le monde a reçu les nouvelles disant qu’une attaque chimique avait été lancée dans la campagne de Damas. Le gouvernement syrien a, à maintes reprises, appelé à une enquête internationale et scientifique soutenu par les Nations Unies des faits et les accusations à son égard.  Alors que les Etats-Unis, l’Angleterre , la France et d’autres pays ont été prompts à blâmer, sans aucune enquête ou de preuve , le gouvernement syrien de mener à bien cet avertissement d’attaque, en notant qu’une ligne rouge a été franchie et que l’action militaire était sur la table » sanctionner le gouvernement syrien, même sans mandat de l’ONU.

Ce n’est pas nouveau que la récente administration américaine est parsemée d’exemples d’opérations sous faux pavillons , carrément des mensonges et les distorsions de la réalité pour mener à bien leurs projets politiques et des aventures militaires. Le monde a été témoin de comment la récente administration américaine a menti sur les armes irakiennes de destruction massive pour cautionner l’invasion de l’Irak en 2003 et l’assassinat d’innocents qui suit et la destruction de la société. Et, plus récemment, nous pourrions encore voir comment les Etats-Unis ont trompé l’ONU lorsque le gouvernement américain a utilisé la résolution 1973 (la création de zone d’exclusion aérienne et l’utilisation de «  tous les moyens nécessaires » pour protéger les civils en Libye ) pour réaliser le changement de régime en Libye. L’usage de la force en Irak et la Libye a subi des conséquences terribles et il n’y a eu aucune sécurité, la stabilité ou à l’amélioration des conditions de vie dans la région.

Nous, les journalistes de Syrie, disons que l’agression américaine n’est qu’une violation flagrante de la légalité internationale, Charte des Nations Unies et de l’irrespect flagrant de toutes les lois et conventions internationales. Nous affirmons que la Syrie a le droit à l’auto- défense et le commandement militaire est de définir la manière de représailles sur l’agression possible. Nous avons , également , affirmé que le prétexte américain de défendre le peuple est exposé à tous, affirmant que les Etats-Unis et tous ceux qui voudraient prendre part à toute agression, ce qui entraînerait la mort de milliers d’innocents  doivent être tenus pour responsables. Nous n’appelons pas à la guerre. Nous appelons à la paix. Les enquêteurs de l’ONU doivent prendre leur temps pour parvenir à des résultats scientifiques très loin des interventions politiques.

Les journalistes sont des messagers de paix.

Nous avons besoin de votre solidarité

Pour arrêter l’attaque prévue

Pour rechercher une solution pacifique à notre crise par Genève 2 parrainée par l’ONU

Pour fournir de l’aide pour les personnes qui avaient été contraintes de quitter leurs maisons à cause de la guerre terroriste lancée sur l’état

Pour arrêter le rôle des médias destructrice dans le but d’avoir fomenté le terrorisme en Syrie et d’incitation à l’extrémisme

Oeuvrons ensemble pour la sécurité et la paix selon les règles du droit et de l’éthique . Il doit être noté que le peuple de Syrie a une grande civilisation et ils attendent avec impatience de bâtir un avenir sur les bases de la démocratie, de paix et de fraternité instigateur d’une stabilité mondiale

Chadie Nassere

Directeur de Cabinet de le president de l’UJ

E-mail: Rambookstore@hotmail.com

N’hésitez pas à me contacter

Illustration : Lumières pour la Paix

source : http://artsenik.artblog.fr/318983/Lumieres-pour-la-Paix-image-numerique-Sophy-Rotbard/

via  http://www.mondialisation.ca/un-message-de-lunion-des-journalistes-syriens-pour-la-paix-dans-le-monde/5348919

Par ici la monnaie: journalistes arabes pour une attaque américaine en Syrie


Tribune libre mounadiloun

17010058-argent-basket-arabie-saoudite-riyalsJe vous reproduis un billet d’As’ad AbuKhalil, cet intellectuel américano-libanais qui anime le blog Angry Arab.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, As’ad AbuKhalil qui est né en 1960 au Liban est aujourd’hui professeur  de science politique à l’université de Californie. Résolument pro-palestinien et plutôt panarabe, quoique hostile aux nationalismes, il se déclare athée et dénonce fréquemment les pseudo savants musulmans qui pondent ce qu’il appelle des fatwawas sur toutes sortes de sujets fort éloignés de la vie spirituelle.

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As’ad AbuKhalil

Il est bien sûr parfaitement informé de ce qui se passe sur la scène arabe (du moins au Proche Orient) grâce à un balayage méthodique de la presse anglophone, arabophone et même francophone ainsi que grâce à tout un réseau de contacts au Proche Orient  et dans le monde. Il a bien sûr une très bonne connaissance de l’histoire de l’Orient arabe, une connaissance indispensable pour la lecture du présent.

Marxiste, il rejette aussi farouchement l’idéologie du Baath et donc l’unique régime qui s’en revendique encore. Un des rares grands hommes politiques arabes qui trouve grâce à ses yeux est le colonel égyptien Nasser même s’il  sait les limites de celui qui a porté haut les couleurs du nationalisme arabe.

Hostile au baathisme comme je l’ai dit, Il dénonce depuis des années sur son blog le régime syrien.

Mais il critique aussi fermement les mouvements d’opposition armée au régime syrien. Non pas qu’il considère que la lutte armée contre les autorités de Damas soit illégitime, mais parce qu’il estime que cette opposition armée se livre à des actes de barbarie contre des militaires prisonniers mais aussi contre des civils et que ces actes sont justifiés et suscités par un discours sectaire virulent et omniprésent dans les rangs de l’opposition armée.

Cette vision sectaire n’est bien entendu pas vraiment vendable en Occident où on se plait à représenter l’opposition syrienne (du moins la Coalition au nom à rallonge) comme engagée pour la démocratie.

Et cette image d’une opposition syrienne armée mais démocratique, face à un dictateur à peine moins cruel qu’Adolf Hitler, des journalistes arabes se chargent aussi de la véhiculer.

Selon Angry Arab, tous ces journalistes sans exception émargent auprès de la monarchie saoudienne ou du Qatar.

Les partisans d’un bombardement de la Syrie par les Etats Unis : un commentaire sur leurs motivations

As’ad AbuKhalil 8 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les motivations des Arabes qui sont pour un bombardement de la Syrie par l’OTAN sont variées : ceux que vous voyez dans les médias (en Orient ou en Occident) sont tous un par un bénéficiaires d’argent saoudien ou qatari : chacune de ces personnes (y compris certains qu’on voit sur Democracy Now… croyez le ou pas) est un propagandiste rémunéré pour le compte de la famille royale saoudienne. Tous les journalistes arabes qu’on voir dans les médias américaines sont sans exception des propagandistes rémunérés pour le compte de la famille royale saoudienne (quelques uns émargent auprès de la famille royale qatarie). Vous seriez surpris de savoir combien de hauts responsables de l’opposition syrienne sont d’anciens partisans du régime. Je pensais au cas d’un universitaire libanais en France qui s’est soudainement retrouvé à soutenir l’Armée Syrienne Libre et a signé des pétitions en faveur du bombardement du Liban [Angry Arab voulait dire Syrie] par les Etats Unis. Cet homme doit être d’autant plus actif qu’il se sent coupable et – vous avez deviné – il travaille pour l’appareil de propagande saoudien. Cet homme, je viens juste de l’apprendre, avait travaillé avec Asma al-Assad et avait participé à la préparation d’une de ses visites en France.  C’est un vilain petit monde que ces gens.

http://dzmounadill.blogspot.fr/

Pourquoi les médias occidentaux n’aiment pas Poutine


Poutine IrlandeOn entend en ce moment, dans les milieux médiatiques, un bêlement général uniforme qui laisse pantois. Que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou dans les pays satellites des pays satellites, les mêmes interjections, les mêmes points d’interrogation, d’exclamation, de suspension ponctuent chaque phrase, se renvoyant, d’échos en échos, le même son comme un orchestre cherchant à s’accorder sur la même note.

Parleraient-ils de ce qui se passe en Syrie, par hasard ? Oui bien sûr. Mais, en ce moment, ce n’est pas ce qui se passe sur le terrain qui retient leur attention. La Syrie, il y a longtemps que leur partition a été écrite et en cours  d’exécution, même si la grande chevauchée victorieuse des walkyries barbues se fait attendre.

Il ne s’agit pas non plus de la Turquie. Avec Erdogan, on n’en est encore qu’au début, et trop de précipitation risquerait de tout faire capoter ; une révolution se construit pas à pas, y compris avec les médias alternatifs qui seront amenés, tôt ou tard, malgré eux, à utiliser les bons termes déjà préparés concernant  la Turquie.

Le Qatar, avec la destitution de l’émir, le Cheikh Hamad ? Ou l’Arabie Saoudite émettant un mandat d’arrêt international à l’encontre du prince Khaled Ben Sultan, ancien vice-ministre de la Défense et Chef d’Etat-Major des armées, probablement pour avoir trahi son patron en commandant des armes à la Chine ? Bof, des péripéties sans importance. Quel pays ne connait pas quelques réajustements de son gouvernement, de temps en temps ?  C’est même un signe de Démocratie. L’Iran et son nouveau président, alors ? Pas à l’ordre du jour.

Il ne reste donc plus que le sommet du G8 et… la Russie. Ah la Russie ! Ses steppes, sa toundra, ses étendues sibériennes, Michel Strogoff, les jolies russes…  Elle fait rêver, mais ça ne va pas très loin. Son dictateur, en revanche, quelle mine ! Une rédaction pourrait vivre pendant un an sans autres sujets que ceux concernant le Président russe, Vladimir Poutine. Et, de ce point de vue, Poutine est un fournisseur fiable, qui ne se prive pas pour en rajouter, pour leur assurer leur pain quotidien. Là non plus rien de nouveau.

Ce qui est nouveau et surprenant, en revanche, c’est l’étonnement, voire l’ahurissement, des médias devant la fermeté de Poutine dans les positions russes sur la Syrie. Pour eux, ce n’est même plus de la fermeté, c’est de l’entêtement.  Comme à leur habitude, par effet d’entrainement, c’est à celui qui en rajoutera le plus, qui aura le meilleur superlatif.  Un bon journaliste, s’il veut vendre son papier, ne peut pas, par exemple dire que Poutine a émis des réserves là ou son confrère aura affirmé que Poutine est resté obstinément intraitable. On est passé ainsi de la fermeté de Poutine à l’entêtement criminel en passant par diverses étapes émaillées de tous les qualificatifs négatifs dont disposent les langues humaines.

Tout ça pour aboutir à quelque chose de presque comique : Poutine est inconscient. Inconscient de quoi ? De la guerre à grande échelle qui se prépare ? Pas du tout. Des milliers de morts en Syrie ? Il y a longtemps que cette inconscience-là a été jetée aux oubliettes. La vraie inconscience de Poutine est toute basique, c’est celle que l’on rencontre dans les cours de récré  chez le gamin qui va faire une bêtise et qui n’a pas conscience de ce qui va lui tomber dessus. Au sommet du G8, ils sont tous unanimes : Poutine a osé tenir tête aux patrons. Vous vous rendez compte ? Il a osé. Jusqu’ici, le grand Manitou avait été magnanime, mais devant tant d’effronterie, il ne pourra plus rester les bras croisés. Et le plus agaçant, c’est l’aplomb avec lequel Poutine tient tête. Ne sait-il pas que, quand Washington parle, tout le monde doit obéir ? Ne voit-il pas que Hollande, Cameron, Merkel et tous les autres, non seulement obéissent, mais approuvent totalement leur chef ? Il devrait pourtant savoir qu’il suffit d’un claquement des doigts pour qu’il soit balayé comme fétu de paille. Si encore il y avait matière à discuter et à regimber… Demande-on des preuves à son instituteur, son professeur ou son père ? Pourtant tout a été fait : explications, persuasions, démonstrations avec vidéos à l’appui, preuves fournies par un très grand journal, toutes sortes de manœuvres amicales, rien n’y a fait. Tant de d’hermétisme dépasse l’entendement.

Cela ressemble à un gag, mais c’est ce qu’on a entendu et vu dans les grands médias tout au long de ces deux jours du sommet du G8. Le plus inouï, c’est qu’ils sont sincères. Ce ne sont pas les soldats habituels qui, à l’occasion, se transforment en agents pour fabriquer une histoire à partir de rien. Ni ceux qui, pour payer les études du petit dernier, ou tout simplement remplir le frigo, sont obligés de faire ce qu’on leur dicte de faire. Non, là il s’agit de journalistes normaux, certains plaignant presque Poutine pour son incapacité à comprendre  ou pour ce qui risque de lui tomber sur la tête. Si certains d’entre eux, à force de superlatifs  à longueur de papier, ont fini par croire réellement ce qu’ils écrivent, d’autres n’ont pas besoin de croire en quoi que ce soit. Pour ceux-là, et ils sont nombreux, une seule chose compte : on ne désobéit pas. Et surtout pas au chef des chefs, sous peine de punition immédiate. Quand on s’est soumis toute sa vie, voir une désobéissance impunie est une injustice impardonnable. Cela pourrait expliquer une grande partie de la haine anti-Poutine affichée par les médias.  Le pourquoi du comment de son attitude n’a pas d’importance. Il a désobéi et persiste à narguer tout le monde. C’est cela qui est insupportable.

Avic

Que risquent les deux journalistes d’Europe 1 disparus en Syrie ?


PHO98ef3178-cf92-11e2-9da0-78744fbfc724-805x453Des enlèvements dans un pays en guerre, ça arrive. Il ne peut y avoir de coupables que parmi les belligérants. Les deux journalistes français disparus en Syrie seraient donc, soit entre les mains de l’Armée Syrienne, soit kidnappés par les mercenaires. On voit mal comment les autorités syriennes se seraient brusquement transformées en preneurs d’otage. Mais même dans ce cas-là, on parlerait plutôt de prisonniers de guerre ou, à la rigueur, de capture d’espions. Dans ce genre de situations, les chancelleries concernées sont au courant et les tractations se font en coulisse. Cela peut prendre du temps, mais il n’y a pas de quoi paniquer, ils ne risquent pas grand-chose.  L’autre cas de figure serait que les deux reporters sont entre les mains des mercenaires. Et là, rien ne va plus. Ce serait comme si l’armée malienne enlevait des soldats français. Ou comme si les résistants français de 1944 enlevaient des journalistes ou des soldats américains. Quels buts poursuit-on quand on enlève un allié ? Et la France est plus qu’un allié. Elle fait partie de ce groupe de pays sans lesquels les kidnappeurs n’existeraient pas. Tout chez les mercenaires est géré par la France et ses amis :le financement, les armes, la logistique, et même la raison de leur combat et de leur  présence en Syrie. Alors pourquoi ?

En raison de toute la fumée, de plus en plus difficile à entretenir, qui entoure la guerre syrienne, on veut encore nous rejouer les scénarios d’enlèvements de ‘’journalistes’’. Si ce sont vraiment des journalistes, et non des agents, alors il se peut qu’ils risquent vraiment quelque chose, car on a déjà vu sacrifier bien des innocents pour crédibiliser une histoire tissée en vue de la poursuite d’un agenda. Mais il reste de fortes chances, vue la situation actuelle et les gesticulations désespérées de Paris, que ce soit un montage, car il n’y a aucune, absolument aucune raison pour que ces mercenaires kidnappent des ressortissants  du pays le plus engagé à leur côté.

Certains iront dire que c’est peut-être le Qatar qui… Foutaises. Enfumage, une fois de plus. Le Qatar est le bouc émissaire parfait chaque fois que ça coince. En réalité, il n’est que le pourvoyeur de fonds pour financer  les projets occidentaux, fonds soutirés d’ailleurs par une forme de racket du style : si tu veux la paix chez toi et notre protection, tu payes. Ayant beaucoup d’argent, il paye et croit pouvoir se positionner au niveau de ses maîtres qui lui font croire qu’il est un partenaire.

Mais la réalité est ailleurs. Cette prise d’otage survient au moment où il se passe des luttes internes au sein du bloc atlantiste. Des forces extérieures obligent les membres du bloc à prendre leurs marques pour protéger leurs intérêts propres. Ces intérêts n’étant pas à 100% identiques, les fissures apparaissent. La France a toujours été au centre de ces fissures. Quels que soient les larbins que vous mettrez à la tête du pays, la France n’aura jamais les caractéristiques d’un pays anglo-saxon. Leurs intérêts  peuvent converger, et même se confondre, mais jamais de manière durable.

On assiste, apparemment à l’une de ces fissures. La France, essaie de se rebiffer et veut rappeler aux grands, allié ou non, qu’il n’est pas question qu’elle se laisse mettre sur la touche. Alors, elle essaie, maladroitement d’utiliser l’opinion des masses en créant des situations qui sont censées mobiliser l’indignation. D’où les gaz sarin. D’où les enlèvements de journalistes. En somme, des évènements  dont les médias sont obligés de parler, même s’ils ne sont pas à 100% crédibles. Le but ? Par exemple obliger Obama, par la pression de son opinion publique à tenir compte de la voix de la France.

Bizarrement, ces mensonges éhontés, au service d’une position jusqu’au-boutiste, n’ont peut-être comme objectif que d’agir sur ‘’l’ami’’ et ‘’protecteur’’ étatsunien pour préserver le peu qui reste encore à une France qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. On a déjà vu Israël user et abuser de ce jeu pour faire pression sur ses partenaires européens et américains. Mais ce jeu pervers risque de devenir, à la longue, contreproductif. Trop de mensonges lassent. Trop de manipulation agace.

Quant aux ‘’otages’’, les autorités françaises feraient bien de faire en sorte qu’il ne leur arrive rien. Car tôt ou tard, la vérité surgira. Laurent Fabius est bien placé pour savoir que les années n’enterreront rien. Si la CPI de La Haye n’est pas faite pour eux, d’autres tribunaux seront là pour recevoir les plaintes.

Avic