Archives du mot-clé Kerry

La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

Ukraine: Moscou met en garde les USA


6de6b595ef7113f84cbfaa58f1b005b8_XLMoscou a mis en garde les Etats-Unis contre toute ingérence dans les événements en cours en Ukraine, a indiqué samedi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, annonçant qu’il venait d’en parler avec son homologue américain John Kerry en marge de la conférence de paix sur la Syrie à  Montreux. Lire la suite Ukraine: Moscou met en garde les USA

Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !


La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
La délégation syrienne à Montreux [Genève 2]
Le 6 Janvier 2013, le Président Bachar al-Assad formulait sa « solution politique » et celle du gouvernement syrien [1] pour la résolution d’une « crise » dont le monde entier reconnait, aujourd’hui, les aspects mensongers ayant conduit à une terrible souffrance du peuple syrien, à des milliers de morts, à la destruction d’une grande partie du pays, dans une guerre « par procuration » qui n’a respecté ni les morts, ni les vivants. Lire la suite Bye bye Genève, bonjour Damas 1 !

Les Clinton vont-ils saboter le rapprochement US/Iran ? FRANKLIN LAMB


4611720-quand-les-clinton-volent-au-secours-d-obamaIls le feront, s’ils le peuvent, et en se liguant avec le lobby sioniste américain, ils le pourraient. Ce dernier est actuellement désireux de financer et de promouvoir le nouveau projet de Clinton, selon des sources de La Nouvelle-Orléans proches du conseiller politique James Carville, un vétéran de trois campagnes présidentielles des Clinton et deux d’Obama. Carville a publiquement juré récemment, alors qu’il était de sortie pour boire un verre avec des copains dans son bar préféré dans le quartier français, qu’il en avait fini avec le « proxénétisme pour les Clinton. » Mieux, il en était venu à « vraiment admirer l’actuel président ». Lire la suite Les Clinton vont-ils saboter le rapprochement US/Iran ? FRANKLIN LAMB

Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Syrie : Bandar Sultan démis de ses fonctions!!


Crises_Kerry_POSelon les sources bien informées en Syrie, le secrétaire d’état Kerry a refusé au cours de sa récente visite en Arabie saoudite de rencontrer le chef du renseignement saoudien, Bandar Sultan dont les récents propos laissaient supposer une révision des relations saoudo-américaines.

Selon le journal libanais AsSafir, John Kerry s’est refusé de rencontrer Bandar et s’est contenté de s’entretenir avec le roi Abdellah et son homologue saoudien Saoud al Fayçal. Sultan a récemment menacé de rompre toute coopération sécuritaire avec Washington en réaction à la décision de Washington de ne pas attaquer militairement la Syrie. Une vague anti Bandar sillonne d’ailleurs les agences de renseignement US où le prince jouit d’une grande notoriété!! Ces agences critiquent Bandar pour sa stratégie  en Syrie , la qualifiant de  » idiote » :  » c’est une stratégie qui consiste à soutenir les groupes terroristes dont Al Qaida , soit des groupes qui menacent les intérêts américains ».

La présence de Bandar s’est transformé en un réel défi dans les relations saoudo-américaines et le dossier syrien semble désormais déchoir entre les mains du roi Abdellah et du ministre des AE, Fayçal. Kerry s’est rendu à Riyad pour apaiser les tensions entre Washington et Riyad

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/281958-kerry-refuse-de-rencontrer-bandar-sultan

Kerry/Fayçal : les dessous d’une rencontre houleuse!


561182_john-kerry-accueilli-par-le-prince-faycal-a-son-arrivee-le-3-mars-2013-a-ryadSelon le journal syrien Al Watan, la rencontre qui a eu lieu il y deux jours entre Kerry et son homologue saoudien à Paris a été loin d’être cordiale!

 » une rencontre stérile qui n’a débouché sur aucun accord , fait remarquer Al Watan.  » Kerry et sa délégation ont presque claqué la porte en exprimant leur mécontentement des plans saoudiens et des conditions posées par Riyad pour une participation de la coalition des opposants syriens aux pourparlers de Genève II ».

Selon les sources consultées par Al Watan, Kerry aurait demandé à Saoud al Fayçal d’exiger à la coalition des opposants syriens d’assister à Genève II et débattre de l’avenir de la Syrie avec le régime Assad. Or Fayçal s’est opposé à cette demande exigeant à Kerry des garanties concernant le départ d’Assad du pouvoir.

En réponse à cette demande, le secrétaire Kerry aurait insisté sur le fait que Genève II se tiendra sans aucune pré condition puisque Washington a donné des garanties  à Moscou de presser l’opposition anti Assad pour qu’elle participe aux pourparlers suivant le cadre et la formule convenue ».

A ce stade du récit, Al Watan décrit la colère de Fayçal qui  » se serait mis à menacer Kerry lui demandant de soutenir Riyad et sa position sous peine de voir les saoudiens réduire le niveau de leurs relations avec Washington »!! cette sortie de Fayçal aurait été visiblement la goutte qui a fait déborder la vase . Kerry , perdant sa patience face, aurait quitté la salle avant qu’un quelconque accord intervienne entre les deux parties. avant de quitter la salle, Kerry aurait signalé à la partie saoudienne que le temps ne joue pas en faveur de l’opposition mais plutôt en faveur de l’armée arabe syrienne .

Kerry ne serait pas allé non plus par quatre chemin pour « fustiger » les politiques saoudienne de soutien  » au terrorisme » !! sur fond de ces constat, estiment de nombreux analystes, Genève II aura du mal à se tenir puisque Riyad pose ses conditions et empêche la coalition de Jabra d’y participer.

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/280070-kerry-fay%C3%A7al-les-dessous-d-une-rencontre-houleuse

Sergueï Lavrov : « La résolution adoptée sur la Syrie ne permet pas la moindre ambiguïté »


Après deux ans de désaccords et de débats, le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement adopté, le 27 septembre, une « résolution historique » sur la Syrie. À l’origine de cette initiative : la proposition de la Fédération de Russie pour l’établissement d’un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, dans le but de les détruire. Juste après le vote au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est confié au correspondant de Kommersant : il explique comment les partenaires de la Russie ont tenté de revenir sur les accords passés, et ce qui pourrait menacer le bon déroulement du processus de désarmement en Syrie.

GA pm

Kommersant : Le secrétaire d’État américain John Kerry a qualifié l’accord sur la Syrie de « résolution historique », tandis que le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius déclarait que « le Conseil de sécurité légitimait enfin son existence ». Que pensez-vous de ces jugements ?

Sergueï Lavrov : Nous nous efforçons, quant à nous, de ne pas interpréter les décisions prises : celles-ci parlent d’elles-mêmes. Et toute personne normalement constituée le comprendra en en prenant connaissance. Vous savez, c’est une tradition, en diplomatie : après l’obtention d’un consensus, chacun commente ce qui lui semble nécessaire.

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait nous aussi, en soulignant dans notre intervention que la résolution adoptée ne se référait pas à l’article 7 [de la Charte de l’ONU. L’article 7 est celui qui justifie l’emploi de la force, ndlr]. C’était là que résidait le principal enjeu, et la résolution adoptée ne permet pas la moindre ambiguïté.

Nous avons également souligné que les dirigeants syriens avaient rejoint de leur propre gré la Convention pour l’interdiction des armes chimiques. Et peu importe ce qui les y a poussés. D’aucuns affirment qu’ils l’ont fait sous la menace des frappes, mais cela ne m’intéresse pas – c’est le résultat qui compte. Le gouvernement syrien a demandé à appliquer cette convention plus tôt que ce que le protocole exige : non au bout d’un mois, comme c’est le cas d’habitude, mais immédiatement. Et il a en pratique, avant de devenir formellement membre de la Convention et plus tôt que la date butoir, présenté un rapport sur son arsenal chimique. C’est le président [Vladimir Poutine, ndlr], après sa rencontre avec Barack Obama à Saint-Pétersbourg, qui a tout fait pour rendre possible ces processus : désamorcer, placer sous contrôle international et finalement détruire les armes chimiques encore existantes dans le monde.

Il tenait également du principe, pour nous, que le Conseil de sécurité nomme des responsables pour les procédures de destruction des armes chimiques, notamment pour assurer la sécurité des personnes qui travailleront sur place. Cette responsabilité repose avant tout sur le gouvernement syrien, puisqu’il est le premier garant de la sécurité sur le territoire de son État. Cependant, cela relève aussi de la responsabilité de l’opposition : elle devra prendre part à tous les processus qui se dérouleront sur les territoires qu’elle contrôle.

Autre point important : la résolution précise que les armes chimiques ne doivent en aucun cas passer aux mains d’acteurs non-gouvernementaux, c’est-à-dire précisément de l’opposition syrienne et de ses troupes. Les États voisins de la Syrie ont attiré l’attention générale : toute tentative d’utiliser leurs territoires pour ravitailler l’opposition en armes chimiques serait inadmissible.

Quant à dire que cette résolution contraint tel ou tel à faire ceci ou cela ou qu’elle signe un réveil du Conseil de sécurité : c’est faire plaisir à la conjoncture. Ceux qui énoncent ce genre d’interprétations partent probablement du fait que leur opinion publique souhaite entendre telle ou telle appréciation de la situation. Ou encore qu’une partie de l’opinion doit être persuadée que les représentants du pouvoir exécutif ont fait ce qu’il fallait.

Je considère tout cela avec philosophie. L’important – et je ne me lasserai pas de le répéter – est que la résolution adoptée correspond totalement aux accords qui ont été négociés avec John Kerry à Genève [du 12 au 14 septembre, ndlr]. Ces accords stipulaient que c’est l’Organisation pour la destruction des armes chimiques (OIAC) qui serait la structure dirigeante pour la mise en œuvre des missions de transfert de contrôle, d’inventaire et de détermination des moyens de destruction des arsenaux chimiques syriens. Cette structure a pris sa décision – une décision strictement professionnelle [sur la Syrie, ndlr] – quelques heures seulement avant le vote au conseil de sécurité de l’ONU.

Kommersant : Mais comment se fait-il qu’après trois jours de négociations-marathon à Genève, où vous sembliez vous être entendus sur à peu près tout avec M. Kerry, il vous ait encore fallu deux semaines pour régler ces mêmes points ?

Sergueï Lavrov : On touche ici à deux aspects. Premièrement, ce que nous avons réglé à Genève ne constituait pas un document juridique aux termes contrôlés, ces termes habituellement employés dans les décisions officielles des organisations internationales. La langue de Genève, même si elle s’approchait au maximum de cette formulation, nécessitait d’être détaillée.

Deuxièmement, nos partenaires américains ont tenté – et ce serait un péché que de le cacher – de tout de même revenir sur l’accord et au fameux article 7. Les négociations ont ainsi pris un peu plus de temps. Au final, je suis content que nous soyons restés fidèles à l’accord genevois, dont la signification est cruciale.

Kommersant : Pourtant, la résolution évoque tout de même les conséquences d’éventuelles infractions.

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons écrit que toute infraction, commise par n’importe laquelle des parties – gouvernement ou groupes d’opposition – devrait, après une enquête soigneuse, être rapportée au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela concerne aussi, que Dieu nous en préserve, l’emploi d’armes chimiques, quelles qu’elles soient. Si nous sommes tout à fait certains qu’une des parties a commis une infraction ou fait usage d’armes chimiques, nous serons alors prêts à prendre une décision en vertu de l’article 7. C’est inscrit dans nos obligations. Mais nous n’achèterons rien les yeux fermés : comme quand on a tenté, lors de l’épisode du 21 août [les bombardements sur Damas, ndlr], de nous faire admettre qu’il était parfaitement clair pour tous que l’affaire était signée de la main du gouvernement.

Kommersant : Les États-Unis assurent pourtant détenir « des milliers de preuves ».

Sergueï Lavrov : On ne nous en a présenté aucune. Alors que nous avons présenté, nous, à l’inverse, des preuves (obtenues par nos canaux, notamment provenant des Syriens et de sources indépendantes) qui conduisent à la conclusion que l’affaire est bien signée de l’opposition. Et nous soupçonnons sérieusement que ce genre de tentatives seront encore à l’œuvre.

Kommersant : Des tentatives de provocation ?

Sergueï Lavrov : Oui. Nous avons souligné, en réunion des cinq membres permanents de Conseil de sécurité avec le secrétaire général de l’ONU ainsi qu’en séance du Conseil de sécurité lui-même, que les États qui sponsorisent l’opposition sur les plans politique, financier et militaire (en lui fournissant des armes) portent la responsabilité de cette opposition. Ce sont eux qui répondent du fait qu’elle ne tente pas de mettre la main sur de quelconques réserves d’armes chimiques, ne cherche pas à s’en procurer à l’extérieur ni ne s’efforce d’organiser une provocation à l’intérieur de la Syrie afin d’en rejeter la faute sur le gouvernement, ce qui provoquerait la colère universelle et, par là-même, des frappes sur la Syrie. Il me semble que nous sommes sur la voie juste.

Kommersant : Quelles sont les actions à entreprendre pour passer directement à la destruction des armes chimiques ? On a déjà entendu dire que les premiers inspecteurs de l’OIAC se rendraient en Syrie dès le 1er octobre. 

Sergueï Lavrov : Effectivement. Un premier groupe de 10-12 inspecteurs se rendra en Syrie en qualité de quartiermeister. Ils devront déterminer où se baser et comment travailler. Sur place, ils établiront le contact avec le gouvernement syrien, qui a déjà désigné la personne responsable qui sera chargée de les aider. Les inspecteurs sont en possession de la liste de sites [du programme militaire chimique, ndlr] présentée par le gouvernement syrien. La liste a été reconnue satisfaisante, mais les inspecteurs pourront voir surgir des questions supplémentaires. Les Syriens y répondront.

Ensuite, les inspecteurs décideront du personnel supplémentaire qui sera chargé de pénétrer sur les sites. Il est extrêmement important d’assurer la sécurité de ce groupe. Ce sont avant tout les forces de l’ordre syrienne qui s’en occuperont. Mais la résolution exige aussi des choses de l’opposition : il faut, sur les territoires attenants aux districts qu’elle contrôle, qu’elle ne crée pas de menace pour la sécurité et la vie des inspecteurs.

Kommersant : Quand saura-t-on où et comment les armes chimiques seront détruites ?

Sergueï Lavrov : Ce sera aux professionnels d’en décider. Il faut qu’ils voient les choses de leurs propres yeux et déterminent quelles substances toxiques peuvent être anéanties sur place, et ce qu’il faut pour le faire. Il est possible que les Syriens détiennent la puissance nécessaire, bien que j’en doute. Il existe la possibilité – et on y fera certainement appel – d’utiliser des dispositifs mobiles pour détruire certaines substances toxiques précises. Les États-Unis, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays, possèdent ce genre de dispositifs.

En outre, l’accord genevois et la résolution du Conseil de sécurité mentionnent la possibilité de transférer une partie des substances toxiques afin de les détruire à l’étranger. Il était très important de fixer ce point dans la résolution, étant donné que la Convention pour la destruction des armes chimiques n’envisage pas cette possibilité. Selon la Convention, en effet, les armes doivent être détruites sur le territoire des pays qui les ont produites et qui les possèdent. Mais désormais, nous avons tous les choix. Les inspecteurs professionnels se rendront compte sur place de la façon dont il faudra combiner ces possibilités.

Kommersant : Un certain nombre de pays ont déjà annoncé qu’ils étaient prêts à soutenir financièrement l’opération de destruction des armes chimiques syriennes.

Sergueï Lavrov : Oui, il faudra évidemment de l’argent.

Kommersant : La Russie est-elle prête, elle aussi, à y allouer une certaine somme ?

Sergueï Lavrov : La décision du conseil exécutif de l’OIAC confie au directeur général de la structure la mission d’élaborer la partie financière de toute l’opération. C’est une charge nouvelle qui pèse sur l’OIAC, et il faudra, évidemment, de l’argent. Cet argent n’a pas été prévu au budget, les événements se sont enchaînés avec une extrême rapidité. La décision du conseil exécutif contient également un appel aux États, pour des dons volontaires. Je pense que la Fédération de Russie participera financièrement, dans tous les cas, à tout cela. Mais le plus important, c’est que nous participerons aussi, avec notre personnel, à l’activité d’inspection et à toute autre forme de présence internationale qui pourra être proposée par le secrétaire général de l’ONU.

Traduit par

Syrie : les lobbies orchestrent le jeu occidental


aipacChassés par la porte, ils reviennent toujours par la fenêtre. Les bellicistes reviennent à la charge.

On a vu comment Poutine a repêché Obama au bord de la noyade. Pas à pas, le président américain s’est vu mener en douceur et sans vagues vers une guerre qu’il a été à deux doigts de déclencher. Le sabotage poutinien semblait avoir réussi, sinon à éliminer les risques d’une 3ème Guerre Mondiale, au moins à enrayer la machine infernale. Les appels de la Maison Blanches au congrès n’auraient rien empêché à terme. Il a fallu démonter la construction guerrière basée sur l’utilisation des armes chimiques. La ‘’gaffe’’ de Kerry tombait à point nommé pour créer une situation dont il fallait tenir compte.

Après le cafouillage de Kerry où il apparaissait comme un grand nigaud qu’il n’est sûrement pas, on a assisté au déchainement de la fureur du camp des va-t’en-guerre qui tous, sans exception, n’ont qu’un dieu, Israël, et comme donneurs d’ordre, l’AIPAC. Tous leurs espoirs de guerre tombaient brutalement à l’eau, et l’on voyait mal comment ils allaient s’y prendre pour raviver la flamme guerrière. La diplomatie semblait définitivement prendre le pas sur l’option militaire.

L’illusion aura été de courte durée. La contre-attaque avait été relancée dès le début, mais personne n’y avait accordé vraiment d’importance, à cause de son origine, le couple Hollande-Fabius. En effet, pendant que les néocons américains se remettaient de leur déroute, la mission de relancer la machine avait été confiée au couple français, aidé par les britanniques. Ils ont commencé doucement d’abord, par une proposition timide d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité. Puis de manière plus ferme, ils ont demandé une résolution englobant l’article VII. Et enfin, de manière plus insistante, ils ont réclamé à cors et à cris une résolution contraignante, toujours avec le fameux article VII. Cette hargne et cet entêtement n’étaient en rien destinés à faire pression sur les russes ou les chinois dont ils connaissent fort bien les positions. Elles étaient plutôt destinées à relancer le processus de guerre et à mettre la pression sur la Maison Blanche elle-même. Le camp sioniste français, malgré les tentatives de marginalisation dont il a fait l’objet par le Kremlin et la Maison Blanche, est en train de réussir son coup. L’administration américaine tend de plus en plus à épouser l’idée d’une résolution contraignante, et cela d’autant plus facilement qu’elle sait que ni Moscou, ni Pékin ne fléchiront et qu’elle ne prend donc pas de risques. La victoire française (drôle de victoire !) tendra à complexifier les discussions et éloigner les solutions. C’est exactement ce dont ont besoin les va-t’en-guerre, pour le moment, avant de reprendre l’offensive.

On a tendance à regarder les lobbies sionistes comme des entités séparées. Ils ressemblent plutôt à des corps d’armée au sein d’une même armée, se portant secours  en cas de difficultés. Même si ce sont les Etats-Unis qui donnent le la, tous les hommes de pouvoir de l’Occident sont gérés par la même armée. Non seulement ils subissent les mêmes pressions, ils exercent aussi les uns sur les autres des pressions mutuelles provenant de leurs corps d’armée respectifs.

Pour ce qui concerne la Syrie, il semble que l’on cherche, par tous les moyens, à mettre en place une autre ‘’ligne rouge’’, la première ayant avorté.  En clair, il faut trouver un autre prétexte. N’est-ce pas Bernard Kouchner qui a malencontreusement lâché le mot ? Malheureusement, pour avancer dans leurs plans, le prétexte n’a pas besoin d’être convaincant. Il leur suffit de croire qu’il l’est.

Avic

Syrie : un bombardement de clichés !


robert_fisk-article-854a4Robert FISK

Peut-être enverrons-nous des missiles… Mais le bombardement de clichés est lui, bien réel – d’assez mauvaise qualité pour ne faire de mal à personne, sauf à ceux qui les envoient. Vraiment, qui donc prépare d’aussi mauvais scripts pour Kerry ? Il était question « d’isolationnisme dans un fauteuil » . Pourquoi un fauteuil ? Et qui donc était la cible de cette étrange référence à l’isolationnisme américain post-première guerre mondiale ?

Kerry essayait-il de présenter Obama comme un Roosevelt après le « jour d’infamie » de 1941 ( là, un véritable non-cliché de ce vieux Franklin D) ? Puis – rappelé par le chef de la majorité Eric Cantor – nous avons eu notre vieil ami « l’État qui sponsor le terrorisme » de l’époque de Saddam. Pas étonnant qu’un ministre britannique ait confondu Assad avec le dictateur irakien assassiné. Et il suffit d’écouter ce qui vient de Kerry : « Ce n’est pas le moment d’être spectateurs d’un massacre. Ni notre pays ni notre conscience ne peuvent se permettre le coût de silence. » Ouais, quel figure de style, les gars : spectateurs+massacre, le pays+conscience+coût.

Devant des manifestants, le secrétaire d’État américain John Kerry s’adresse au Comité des affaires étrangères de la Chambre à propos de la Syrie

Et puis une fois de plus – comment pouvez-vous ne pas être lassé de cette soupe ? – Kerry a estimé qu’il pouvait comparer Assad à Hitler. C’est absurde. Plus de cent mille Syriens peuvent être morts dans cette guerre terrible, mais Hitler déclencha une guerre qui a tué 70 millions de personnes. Peu-être Kerry pense-t-il que Hitler est encore en vie ? L’ ancien Premier ministre israélien Menahem Begin avait fantasmé dans une lettre envoyée à Ronnie Reagan, que quand il était en train d’envahir le Liban, en 1982, il avançait en fait sur Berlin (et Arafat était bien sûr l’homme dans le bunker). Et il n’y a pas longtemps le désormais Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu nous avait déclaré que le président de l’’Iran (Mahmoud Ahmadinejad à l’époque) était « pire que Hitler ». Donc, nous allons encore une fois devoir le rappeler à tout le monde : Hitler est mort !

Et notez bien cela. Obama ne demande pas à l’Amérique d’entrer en guerre, mais de « dégrader et dissuader » la capacité d’Assad à utiliser des armes chimiques. Nous sommes allés « dégrader » dans la guerre du Golfe en 1991, puis nous l’avons à nouveau fait lorsque l’OTAN a bombardé les copains de Milosevic en Serbie (des objectifs, vous vous en souvenez peut-être, qui comprenaient une station de télévision, un train express et un hôpital). Et : « les coûts de l’inaction sont plus grands et plus graves encore » – celui-ci venant du président démocrate de la commission du Sénat, Robert Menendez. Mais est-ce que tout cela est bien sincère ? Quand Saddam a utilisé des gaz contre les Kurdes de Halabja, les États-Unis ne voyaient pas cela comme une « grave coût » pour leur nation. En effet, il a fallu attendre des années avant d’entendre une condamnation, parce que Saddam était notre bon copain à l’époque.

Mais cela ne s’arrête pas là… Nancy Pelosi parle de cette « ligne rouge » à nouveau et, bien sûr, que « toutes les options sont sur la table » – je n’ai aucune idée de qui a inventé cette vieille ânerie – mais les potentats du Moyen-Orient ne sont pas en reste. Nous avons eu Assad lui-même qui a mis en garde pour la énième fois que la « poudrière » de la région pouvait exploser, que « le chaos et l’extrémisme » pouvaient se propager. La condamnation de « l’extrémisme » est bien dans l’air du temps et devrait certainement permettre à Assad d’obtenir la citoyenneté américaine.

Puis, brusquement, apparaît – à Beyrouth – le président de la commission parlementaire iranienne pour la sécurité nationale, Alaeddin Boroujerdi, annonçant qu’une attaque américaine pourrait « embraser toute la région ». Ce qui, comme je l’ ai déjà dit, laisserait la partie belle pour le gouvernement syrien pour lancer des attaques avec des armes chimiques. Mais jusqu’à présent, nous avons dû compter sur ces fameux « agents de renseignement » pour les détails, les mêmes escrocs et abrutis qui nous parlaient des armes de destruction massive en Irak, tout en étant incapables de relever les indices qui leur crevaient les yeux dans des rapports sur leurs bureaux faisant état de19 ressortissants arabes qui prévoyaient d’envoyer des avions sur des buildings, il y a 12 ans.

Et pendant ce temps, planant au-dessus de l’horizon, il y a ce missile mystérieux qu’Israël a tiré sur la Méditerranée mardi dans un « exercice conjoint » avec les États-Unis. Ce sont les Russes qui ont révélé l’affaire, bien sûr. Mais pourquoi ce missile est-il tiré maintenant, à ce moment précis, alors que le régime syrien prévoit de recevoir des missiles de croisière lancés à travers les airs ? Il a été tiré pour évaluer les défenses antimissiles d’Israël, selon le Pentagone. Mais une défense contre qui ? Le Hezbollah ? Le Hamas ? La Syrie ? L’Iran ? Eh bien, cela prouve une chose : si Obama décide de foncer, nous aurons heureusement les Russes pour nous informer en direct. Mais s’il vous plaît, pas de clichés !

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

http://www.independent.co.uk/voices…
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar

info-palestine.net

 

Hollande : Ma guerre, je veux ma guerre !


François Hollande veut sa guerre. Il a donc tenté de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours.

Par Charles Sannat.

photo_1361956317054-4-0Notre généralissime Président veut sa guerre. Je crois même qu’il ne pense plus qu’à ça le matin en se rasant.

Hystérie guerrière

J’ai beaucoup aimé les dernières déclarations de François Hollande. Tout d’abord sur l’interview d’Assad dans Le Figaro qui semble avoir particulièrement agacé notre très grand chef de guerre. D’après une dépêche de l’AFP, Hollande reproche au Figaro l’interview d’Assad en déclarant, lors d’une conférence de presse au G20, « qu’on ne remerciera jamais assez Le Figaro pour son sens civique que d’avoir permis à l’opinion française d’être éclairée par l’interview de ce dictateur. Maintenant, nous savons qu’il veut liquider son opposition, a dit ironiquement François Hollande ».

Toujours fâché après ces journaux qui semblent essayer de faire leur travail, il a enfoncé le clou en disant que la « différence entre une dictature et une démocratie, c’est que dans une démocratie un dictateur peut s’exprimer dans un journal, y compris pour insulter ses dirigeants, proférer des mensonges, notamment sur le chimique, laissant croire qu’il ne disposait pas de stock, et menacer le peuple français, avait-il déclaré ». C’est avec cette dialectique de haute précision que, d’ici quelques jours, tous les sceptiques sur cette guerre seront certainement qualifiés de soutien à la dictature.

D’ailleurs, je suis tout de même surpris que personne ne relève que dans le mécanisme des engagements militaires français, les décisions reviennent uniquement à un seul homme. Si notre pays est attaqué, nous devons pouvoir nous défendre de façon immédiate et c’est l’esprit de nos institutions. Si nous sommes attaqués…

Mais lorsque nous sommes la puissance attaquante, peut-être serait-il souhaitable que, je ne sais pas moi, par exemple il y ait au moins un vote de l’Assemblée nationale… Et puis tiens, tant qu’on y est, comme déclarer la guerre c’est quand même quelque chose d’un peu sérieux, en tout cas aussi sérieux qu’une modification de la Constitution, nous pourrions aussi envisager de n’attaquer un pays qu’avec une majorité des deux tiers… (ce qui veut dire au moins que l’opposition doit aussi être d’accord !).

Bref, on se roule par terre, enfin, lui pas moi. Personnellement, les motifs de cette guerre ne me semblent pas convaincants. Pourtant, pour nos placements, c’est sans aucun doute une excellente idée puisque ce sera bon pour l’or…

Transformer le G20 en ONU bis !

J’ai été assez estomaqué de voir la mauvaise foi du généralissime essayant de transformer le G20 en Organisation des Nations Unies de secours. Vous savez, l’ONU c’est cet espèce de machin regroupant tous les pays du monde. Dans les années 90, nous avons fait une grande erreur stratégique. Je vous explique.

Après la guerre froide et la chute du mur de Berlin, l’empire soviétique a disparu et ce qui en restait a traversé des crises économiques épouvantables auxquelles nous autres, occidentaux, avons participé avec amour et détermination avec l’aide des bons conseils du FMI et l’aide sympathique du gouvernement Eltsine corrompu jusqu’à la moelle. Résultat : entre une Chine inexistante et une Russie aux ordres, faire passer les décisions occidentales à l’ONU était une simple formalité. Ainsi, durant presque 20 ans, toutes les décisions ou aventures guerrières occidentales étaient parées des vertus du « droit international ».

Sauf que depuis l’énorme mensonge de la guerre en Irak, suivi du tout aussi grand mensonge pour l’intervention en Libye, sans oublier qu’entre-temps la Chine s’est réveillée et que la Russie s’est reprise en main sous l’égide de « l’horrible dictateur » Poutine, l’ONU n’est plus la chambre d’enregistrement des pays membres de l’OTAN, d’où la ridicule tentative ce week-end de remplacer la légitimité de l’ONU par celle du G20… où, tenez-vous bien, 11 pays sur 20 sont pour l’intervention, ce qui nous fait, vous en conviendrez, qu’une toute petite majorité, mais on fait passer l’idée à l’opinion publique française que cette guerre est juste, normale comme notre président et surtout qu’elle est morale en rentrant dans le cadre de l’onction du « droit international », or rien n’est plus faux tant que l’ONU n’a pas donné son accord plein et entier, ce qui risque de s’avérer impossible.

Onze pays du G20 veulent une « réponse forte » au sujet de la Syrie

Voici ce que dit la dépêche reprise par le site Romandie (agence de presse suisse parfaitement officielle) : « Onze pays présents au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg ont appelé vendredi dans un communiqué à une « réponse internationale forte » suite à l’usage d’armes chimiques en Syrie. Berlin demande aussi la tenue d’une conférence européenne sur les réfugiés syriens ». (C’est vrai qu’il y a un vrai problème autour des réfugiés syriens avec ou sans gaz, ils sont des centaines de milliers à fuir la guerre).

« L’Australie, le Canada, la France, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Espagne (qui n’est pas formellement membre mais invité permanent du G20), la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis sont signataires de cet appel qui a été diffusé par la Maison Blanche au terme du sommet de Saint-Pétersbourg. » Normalement, à ce stade, vous aurez compris que le point commun entre toutes ces nations est l’allégeance commune à l’OTAN.

Et le blabla moralisateur se poursuit : « Nous condamnons dans les termes les plus fermes l’horrible attaque par des armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, qui a coûté la vie à tant d’hommes, de femmes et d’enfants », écrivent ces pays. « Les preuves mettent clairement en évidence la responsabilité du gouvernement syrien dans cette attaque. Nous appelons à une réponse internationale forte à cette grave violation des règles et des valeurs en vigueur dans le monde, afin d’envoyer un message clair pour que ce genre d’atrocités ne se répète pas. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en porter la responsabilité. »

Pendant ce temps, une frappe de l’OTAN tue 10 civils mais proprement !

Ce qui est rigolo dans les fils d’actualité des agences de presse, c’est que c’est un fil où toutes les nouvelles défilent… Les bonnes, en général plutôt les mauvaises et parfois les trucs dont on n’a rien à faire comme le fait que Britney Spears soit enceinte (c’est un exemple hein… ne m’accusez pas de diffuser de fausses informations !). Tandis que nous jouons aux pères la morale sur le dossier syrien, nous massacrons en toute impunité – notamment en Afghanistan – des civils mais comme nous sommes des gens sérieux, nous le faisons proprement. Et puis nous ne risquons rien puisque nous sommes les plus forts.

ASADABAD (Afghanistan) – Au moins dix civils ont été tués samedi dans l’est de l’Afghanistan par une frappe aérienne de l’OTAN visant des insurgés talibans, ont annoncé dimanche de hauts responsables locaux.

En plus des victimes civiles, cette frappe a également tué quatre rebelles talibans, a indiqué un chef de la police locale, Abdul Haseeb Sayedkhil. Interrogée à ce propos, la Force internationale de l’OTAN en Afghanistan (Isaf) a fait état de la mort de dix insurgés, sans confirmer la mort de civils.

Oh, vous savez, 10 civils de plus ou de moins, vous n’allez pas nous en faire un pataquès tout de même. D’accord, c’est presque tous les jours et ce, depuis 2001… Et alors ? Il vous faut bien de l’essence pour faire le plein de votre bagnole et le tout à pas trop cher histoire de ne pas étouffer toute croissance économique. Soyons réaliste ! L’American Dream a un prix qui doit être payé par les autres (c’est pareil avec le dollar, « notre monnaie mais votre problème », comme l’ont toujours expliqué nos grands amis les Américains).

Et voilà comment va le monde en ce mardi 10 septembre 2013, oscillant entre « Guerre et Paix », entre effondrement économique et reprise de la croissance, un monde de paradoxes illustrant probablement un monde ancien en train de se finir et probablement dans la souffrance humaine comme ce fut à chaque fois le cas dans l’histoire de l’humanité. Si notre technologie a évolué, nos âmes, elles, n’ont pas beaucoup changé.

Charles Sannat

http://www.contrepoints.org/

Pourquoi Obama et Kerry ont-ils un tel besoin désespéré de déclencher une nouvelle guerre? Paul Craig Roberts


Un gouvernement de zombies

obama_zombie2_1Quel est l’agenda réel?

Pourquoi le régime Obama a désespérément besoin de commettre un crime de guerre, malgré les mises en garde faites à l’idiot de la Maison Blanche il y a deux jours par les pays les plus importants du monde lors du Sommet du G20?

Quel intérêt puissant pousse l’idiot de la Maison Blanche à agir en dehors de la loi, en dehors de la volonté du peuple américain, en dehors des avertissements de la communauté internationale?

Le régime Obama a admis, comme le Premier ministre britannique, David Cameron, a dû le faire, que l’on n’a aucune preuve concluante que le gouvernement Assad en Syrie ait utilisé des armes chimiques. Malgré cela, Obama a envoyé le méprisable John Kerry pour convaincre le public et le Congrès sur la base de vidéos, qu’Assad a utilisé des armes chimiques « contre son propre peuple. »

Ce que montrent les vidéos c’est la mort et la souffrance. Les vidéos ne montrent pas qui a fait ça. La cause du régime Obama est inexistante. Elle ne repose sur rien qui indique une responsabilité. Ce ne sont que des allégations sans fondement.

Quel genre de personne dépravée plongerait le monde dans la guerre en ne se basant absolument sur rien d’autre que des allégations sans fondement?

Les deux pires menteurs du monde, Obama et Kerry, disent que c’est Assad qui l’a fait, mais ils admettent qu’ils ne peuvent pas le prouver. C’est ce qu’ils veulent croire, parce qu’ils veulent que ce soit vrai. Le mensonge sert leurs objectifs cachés.

Si Obama et Kerry disaient au public les véritables raisons pour lesquelles ils veulent attaquer la Syrie, ils seraient démis de leurs fonctions.

Le monde entier est au bord d’une guerre, dont les conséquences sont inconnues, pour la simple raison que deux personnes haut placées, dépourvues de toute intégrité, manquant d’intelligence et de compassion, sont déterminées à servir un petit groupe de fauteurs de guerre qui constituent le gouvernement fou et meurtrier d’Israël, et ses haineux agents néo-conservateurs musulmans, qui constituent une cinquième colonne à l’intérieur du régime Obama.

Le gouvernement russe a remis à l’ONU des preuves qui démontrent de façon concluante que c’est Al-Nusra, constitué d’envahisseurs affiliés à Al-Qaïda qui est responsable de l’attaque. Il y a aussi une preuve concluante que les «rebelles» ont des armes chimiques. En outre, un journaliste très apprécié a rapporté, en utilisant des citations directes et les noms des combattants d’al-Nusra, que les armes chimiques ont été données à al-Nusra par l’Arabie saoudite sans instructions d’utilisation appropriées, et qu’une explosion accidentelle est survenue avant qu’al-Nusra ne puisse utiliser les armes fournies par l’Arabie pour un coup monté contre le gouvernement Assad.

Quoi qu’il en soit, les décès ont été causés, c’est malheureux, mais il n’y en a pas plus que les décès qu’Obama a causés en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Somalie, au Pakistan, au Yémen, en Egypte et en Syrie. Les décès prouvés dont Obama est responsable sont sans commune mesure avec les décès non prouvés que Barack Obama attribué gratuitement à Assad.

Ce qui est incontestable c’est que les décès des syriens ne se produisent que parce que Washington a lancé l’invasion de la Syrie par des forces extérieures similaires à celles que Washington a utilisées contre la Libye. Quelle que soit la manière dont ces décès surviennent, ils sont le résultat de l’action du régime criminel d’Obama. Si ce régime n’avait pas cherché à renverser le gouvernement syrien, il n’y aurait pas eu de décès par armes chimiques ou par tout autre moyen. C’est une guerre lancée par Washington, Israël, la cinquième colonne de néoconservateur d’Israël à l’intérieur de l’Amérique et de la Maison Blanche, et les médias occidentaux en captivité qui sont achetés et payés par le lobby pro-israélien.

Assad n’a pas commencé la guerre. Le gouvernement syrien a été attaqué par des forces extérieures envoyées par Washington et Israël.

Assad a bien plus de soutien public en Syrie que n’en ont Obama aux États-Unis, Cameron au Royaume-Uni, Hollande en France, Merkel en Allemagne, et Netanyahu en Israël.

L’idiot de la Maison Blanche ne cesse de répéter sa déclaration absurde, comme une poupée parlante désarticulée, que l’usage, non prouvé, par Assad « d’armes chimiques est une menace pour la sécurité mondiale. »

Cher lecteur, qui, outre l’idiot de la Maison Blanche peut être si incroyablement stupide pour croire que la Syrie est une menace pour la sécurité mondiale?

Si la Syrie est une «menace pour la sécurité mondiale », comme l’Irak était une «menace pour la sécurité du monde», comme l’Iran est accusé d’être une «menace pour la sécurité du monde », quel genre de superpuissance est l’Amérique ? Jusqu’à quel niveau doit descendre le QI, quelle déficience mentale doit frapper le public pour qu’il gobe ces allégations absurdes et hystériques ?

Retournons les déclarations de l’idiot Obama. Pourquoi la menace pour la sécurité mondiale ne serait pas l’attaque de la Syrie par Obama ? Il n’a aucune autorité pour attaquer la Syrie. C’est simplement parce qu’il le veut et juste parce qu’il a diabolisé Assad avec des mensonges sans fin, et juste parce qu’il est la marionnette totale du gouvernement fou d’Israël et de son conseiller néoconservateur à la sécurité nationale, en fait un agent israélien, et juste parce que le ministère de la Propagande, y compris le NPR, répète tous les mensonges d’Obama comme des vérités.

N’y a-t-il pas une menace pour la sécurité internationale quand une superpuissance peut, sur un coup de tête, diaboliser un leader et un pays et enclencher la destruction massive, comme les États-Unis l’ont fait sept fois au cours des douze dernières années ? Il y a des millions de victimes innocentes mais diabolisées de « l’indispensable, exceptionnel USA», la  «lumière du monde. »

Oubliez les médias américains, qui ne sont que le ministère de la propagande pour le lobby israélien. Ce que les membres du Congrès et le peuple américain doivent se poser comme question, c’est de savoir pourquoi Obama à la Maison Blanche ne représente que le lobby pro-israélien?

Personne ne soutient une attaque contre la Syrie, sauf le lobby pro-israélien.

Pourquoi Obama va ajouter encore un autre crime de guerre dans le palmarès de Washington de ces 12 dernières années ? Ce n’était pas assez d’avoir détruit les vies et les perspectives de millions de personnes en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie, au Pakistan, au Yémen et en Egypte ? Pourquoi tuer et détruire les perspectives de vie d’encore plus de millions de personnes en Syrie et d’autres pays dans lesquels la guerre d’Obama pourrait se propager ?

Peut-être que la réponse est que Obama, Kerry, et le fou Netanyahou et sa cinquième colonne de néoconservateurs sont des zombies.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/08/the-rule-of-zombies-why-are-obama-and-kerry-so-desperate-to-start-a-new-war-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Israël traîne le monde dans la gadoue


Tribune libre SAID

PALESTINE_2Les Palestiniens sont sans doute partis à Washington sans se faire trop d’illusions. Cependant, après la nouvelle provocation d’Israël, la question est inévitable. D’aucuns se demandent en fait, pourquoi l’Autorité palestinienne a-t-elle accepté de revenir s’asseoir autour d’une table avec les Israéliens – après trois années de boycott – alors que les choses n’ont pas évolué d’un iota? La question est également pertinente si l’on excipe du fait qu’Israël (les dirigeants israéliens) n’a jamais caché qu’il n’était pas prêt à céder sur aucun des principaux points qui configurent le contentieux israélo-palestinien: les frontières, la colonisation et les constructions de logements, le retour des réfugiés.

Depuis l’accord d’Oslo de 1993 – qui s’est avéré être un accord de dupes – les négociations entre Israël et les Palestiniens ont eu pour seule finalité, non point d’assurer la paix et la concorde entre deux peuples, mais de faire gagner du temps à l’Etat hébreu. Cela se vérifie encore par une reprise à tout le moins aventureuse de négociations solidement coincées dans l’impasse où les ont égarées les oukases israéliens. Israël qui n’accepte de conseils de personne ne manque pas en revanche d’imposer son diktat à ses «amis» ou présumés ennemis.

Pour dire que la reprise des négociations israélo-palestiniennes sont déjà mortes avant même que d’être amorcées. Le coup de grâce a été donné, dimanche dernier, par le ministre israélien du Logement, l’ultranationaliste religieux Uri Ariel. En marge de l’annonce faite le même jour de la publication d’un appel d’offres pour la construction d’un millier de logements dans les colonies en territoires palestiniens occupés celui-ci a dit – allusion aux critiques internationales considérant illégales la colonisation -«aucun pays au monde n’accepte de diktats d’autres pays sur les endroits où il peut construire ou pas» ajoutant «nous allons continuer de mettre des appartements sur le marché et de construire partout dans le pays». Quel pays? Israël? Les territoires palestiniens occupés sont-ils le «pays» auquel il se réfère? Si c’est le cas, à quoi rimerait alors le cirque de la reprise de «négociations» annoncées en grande pompe, alors que celles-ci n’ont pas bougé depuis 20 ans?

Les déclarations du ministre israélien et l’annonce de l’appel d’offres interviennent à quarante-huit heures du retour à Washington des négociateurs palestiniens et israéliens. Si ces développements ont pour but de faire capoter les négociations, voire provoquer leur rupture de la part des Palestiniens, alors que font ces derniers dans la capitale US? Qu’en disent les parrains américains du processus de paix, qui n’ont pas réagi à la nouvelle provocation israélienne? Et ce n’est pas la première fois que cela a lieu. Il y a deux ans, Israël avait lancé un appel d’offres à la construction de logements à Jérusalem-Est occupée en pleine visite du vice-président états-uniens, Joe Biden.

Le fait est établi, Israël ne respecte personne, pas même le pays qui le porte à bout de bras, lui assure l’impunité au Conseil de sécurité de l’ONU par ses veto et par une aide financière qui se chiffre en milliards de dollars. Que dit l’ONU qui s’est défaussé de sa mission qui reste celle d’aider les peuples sous le joug colonial à recouvrer leurs droits? Que dit le Quartette pour le Proche-Orient, qui s’est surtout signalé par un mutisme coupable, se dérobant à ses responsabilités envers la paix au Proche-Orient? Que dit ladite «communauté internationale» encore une fois tétanisée par la peur de dire ses vérités à Israël fomentateur de guerre au Moyen-Orient?

Au début de ce mois, à la reprise des discussions entre Israël et les Palestiniens, nous écrivions sur ces mêmes colonnes: «Qui peut ignorer ou feindre ignorer les tenants et aboutissants d’un dossier qui interpelle les instances internationales depuis plus de six décennies? Comment croire, qui croira que les retrouvailles, entre Palestiniens et Israéliens travaillés au forceps par le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, aboutiront à plus ou moins long terme – forçons-nous à l’optimisme – à quelque chose de concret?» Nous ne croyons pas si bien dire. L’appel d’offres d’Israël pour de nouvelles constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées, montre en fait le mépris que ce pays affiche envers, outre son parrain américain, l’ONU et ladite «communauté internationale» lesquels ont démissionné face à l’arrogance de l’Etat hébreu, car assuré de l’impunité. En effet, qui osera mettre Israël face à ses devoirs et responsabilités? Impuissante face à Israël, ladite «communauté internationale» se rattrape en gonflant le torse face à l’Iran! Hélas!!

Karim MOHSEN

http://lexpressiondz.com

Etats-Unis – Nationalisme et hypocrisie : un mariage réussi


Tribune libre Béatrice Doinette

4477904-3x2-940x627Ce n’est pas facile d’être un nationaliste américain agitateur de drapeaux. En plus d’avoir à faire face à la désillusion habituelle, la colère et le mépris du monde entier suscités par les bombardements et guerres sans fin de Washington, le nationaliste est assailli par les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, qui ont révélé un flot régulier de scandales autour des droits de l’homme et des libertés civiles, des atrocités, des mensonges embarrassants et des vérités gênantes. Ceux qui croient à « l’exceptionnalisme américain » et aux « nobles intentions » ont eu du mal à maintenir leur rhétorique bannière étoilée entre les premières lueurs de l’aube et les derniers rayons du crépuscule.

Ce qui pourrait expliquer l’article du Washington Post (20 Juillet) intitulé ’’les demandeurs d’asile américains sont malheureux en Russie’’, à propos d’Edward Snowden et son projet de demander l’asile à Moscou. L’article raconte les moments prétendument misérables vécus dans l’Union soviétique par des expatriés américains et des transfuges comme Lee Harvey Oswald, les deux employés de la NSA 1960 – William Martin et Bernon Mitchell – et plusieurs autres. La formule de propagande du Post est apparemment la suivante : l’insatisfaction de la vie en Russie pour un Américain équivaut à un point en faveur des Etats-Unis : ‘’espoirs déçus d’une vie glorieuse dans le paradis des travailleurs’’ … Oswald « avait obtenu du travail dans une usine d’électronique dans la ville morne de Minsk , où l’avenir radieux ne fut pas au rendez-vous »… lit-on dans compte-rendu du Post, digne d’un cliché de la Guerre Froide. Pas vraiment de quoi s’exciter, mais un nationaliste américain sur la défensive a du mal à trouver beaucoup mieux par les temps qui courent.

Dans le même temps, l’équipe Allez USA ! marque des points en faisant connaître des violations russes actuelles des droits de l’homme et des libertés civiles, comme si la guerre froide faisait toujours rage. « Nous appelons le gouvernement russe à cesser sa campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption, et de veiller à ce que les droits de l’homme universels et les libertés fondamentales de tous ses citoyens, y compris les libertés d’expression et de réunion, sont protégés et respectés », a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche. (1)

“’Campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption” … hmmm … Est-ce que quelqu’un a entendu parler d’Edward Snowden ? Est-ce que la surveillance non-stop des citoyens n’est pas un exemple de corruption ? La Maison Blanche n’éprouve-t-elle aucune honte ? Un peu d’embarras peut-être ? Rien du tout ?

joe-mcarthy

Je rêve de voir une version moderne des audiences de l’Armée et de McCarthy de 1954, au cours desquelles Carney – ou mieux encore, Barack Obama lui-même – déverserait, les uns après les autres, mensonges et défenses écœurantes des destructions impérialistes. Et l’avocat de la commission (selon les célèbres paroles de Joseph Welch) serait finalement poussé à déclarer : « Monsieur, en voilà assez. N’avez-vous aucune décence, monsieur ? Enfin, ne vous reste-t-il aucune trace de décence ? » Un tonnerre d’applaudissements explosa parmi le public du Congrès et cet incident est largement considéré comme le début de la fin de la folie Maccarthyste.

Les politiciens américains et des personnalités des médias ont critiqué Snowden pour s’être enfui à l’étranger pour révéler les documents classifiés qu’il possédait. Pourquoi n’est-t-il pas resté aux Etats-Unis pour défendre ses actions et faire face à la justice comme un vrai homme ? demandent-ils. Oui, le jeune homme aurait dû volontairement se soumettre lui-même à l’isolement, à d’autres tortures, à la prison à vie, et même une condamnation à mort s’il voulait être pris au sérieux. Quel lâche !

Pourquoi Snowden n’a-t-il pas fait part de ses inquiétudes à travers les canaux appropriés de la NSA, plutôt que de révéler les documents, comme tout dénonciateur respectable aurait fait ? C’est la question à laquelle James Bamford, généralement considéré comme le principal écrivain sur la NSA en Amérique, a tenté de répondre, comme suit :

J’ai interviewé de nombreux dénonciateurs de la NSA, et le dénominateur commun est qu’ils se sentaient ignorés lorsqu’ils tentaient d’attirer l’attention de leurs supérieurs sur des opérations illégales ou contraires à l’éthique. Par exemple, William Binney et plusieurs autres hauts membres de la NSA ont protesté auprès de leurs supérieurs à propos des programmes de collecte de données nationaux de l’agence, et ils ont même tenté d’attirer l’attention du ministère de la justice sur ces opérations, mais ils ont été ignorés. C’est seulement ensuite que Binney m’a publiquement parlé, pour un article dans le magazine Wired. Dans une série de questions/réponses sur le site internet du Guarduan, Snowden a cité Binney comme un exemple de ’’comment les réactions excessivement sévères contre les dénonciations faites dans l’intérêt public ne font qu’augmenter l’ampleur, la portée et la compétence impliquée pour les révélations futures. Les citoyens ayant une conscience ne vont pas ignorer ces méfaits simplement parce qu’ils seront détruits pour ça : la conscience l’interdit ‘’.

Et même lorsque les dénonciateurs s’adressent aux médias, la NSA généralement nie les faits. L’Agence a nié les accusations de Binney selon qui elle obtenait toutes les métadonnées des clients de Verizon et avait accès à pratiquement tout le trafic Internet. Ce n’est que lorsque Snowden a divulgué des documents révélant le programme et montré comment fonctionne PRISM que l’agence a été contrainte d’avouer la vérité. (2)

’’Chaque pays dans le monde qui est engagé dans les affaires internationales et la sécurité nationale se livre à de nombreuses activités pour protéger sa sécurité nationale,’’ a récemment dit le secrétaire d’Etat américain John Kerry. ’’Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas inhabituel pour beaucoup de nations.’’ (3)

KERRY_Jordania

Eh bien, M. Kerry, l’antisémitisme non plus n’est pas inhabituel, on peut en trouver dans tous les pays. Pourquoi, alors, le monde condamne-t-il fermement l’Allemagne nazie ? Évidemment, pour une question d’échelle, n’est-ce pas ? C’est l’ampleur de l’invasion américaine de la vie privée qui la place dans une catégorie à part.

Kerry fait tout son possible pour minimiser l’importance des révélations de Snowden. Il voudrait nous faire croire que c’est juste des trucs de routine entre nations … « Circulez, il n’y a rien à voir. » Pourtant, cet homme est obsédé par la volonté de punir Snowden. Le 12 Juillet, quelques heures seulement après que le Venezuela a accepté de fournir l’asile politique à Snowden, Kerry a appelé personnellement le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua et aurait menacé d’intercepter tout avion du Venezuela dans l’espace aérien des Etats-Unis ou de tout autre pays de l’OTAN s’il y avait le moindre soupçon que Snowden se trouvait à bord pour se rendre à Caracas. La fermeture de l’espace aérien de tous les pays membres de l’OTAN aux vols vénézuéliens signifie éviter 26 pays en Europe et deux en Amérique du Nord. Selon ce scénario, Snowden aurait à survoler le Pacifique depuis l’Extrême-Orient de la Russie au lieu de traverser l’Atlantique.

Le secrétaire d’État a également promis d’intensifier le processus en cours d’abrogation de visas d’entrée aux États-Unis aux fonctionnaires et hommes d’affaires vénézuéliens associés au feu président Hugo Chávez. Washington va également entamer la poursuite d’éminents politiciens vénézuéliens sur des allégations de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et autres actions criminelles et Kerry a spécifiquement mentionné des noms dans sa conversation avec le ministre vénézuélien des Affaires étrangères.

Kerry a ajouté que Washington est tout à fait conscient de la dépendance du Venezuela auprès des Etats-Unis en ce qui concerne les produits pétroliers raffinés. En dépit d’être l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde, le Venezuela a besoin de plus de pétrole et de produits pétroliers qu’il ne peut produire, et achète plus d’un million de barils de produits pétroliers raffinés aux États-Unis chaque mois. Kerry a carrément averti que l’approvisionnement en carburant serait interrompu si le président Maduro continue à tendre la main au fugitif de la NSA. (4)

Wow. C’est du lourd. Un pouvoir illimité entre les mains de psychopathes. Mon propre pays me fait vraiment peur.

Et quel pays se vante plus de ses libertés présumées que les Etats-Unis ? Et de sa démocratie présumée ? De ses présumés droits civils et droits humains ? De son prétendu « exceptionnalisme » ? De son présumé tout ? Considérant tout cela, pourquoi les Etats-Unis ne seraient-ils pas tenus de les respecter à la lettre ?

L’hypocrisie américaine dans sa politique étrangère se manifeste régulièrement et continuellement. Voici le président Obama, parlant récemment en Afrique du Sud au sujet de Nelson Mandela : « La lutte ici contre l’apartheid, pour la liberté, le courage moral [de Mandela] ; la transition historique de ce pays en une nation libre et démocratique a été une inspiration personnelle pour moi. Il a été une inspiration pour le monde entier – et il continue de l’être. » (5)

N.Mandela in his cell on Robben Island (revisit} 1994Comme c’est touchant. Mais aucune mention – jamais de mention par un dirigeant américain – du fait que les Etats-Unis étaient directement responsables de l’envoi de Nelson Mandela en prison pendant 28 ans. (6)

Et exigeant l’extradition de Snowden tandis que, selon le ministère russe de l’Intérieur, ’’des forces de l’ordre ont demandé à plusieurs reprises aux États-Unis par le canal d’Interpol l’extradition de criminels recherchés, mais ces demandes ne sont ni respectées ni même répondues.’’ Parmi les personnes visées se trouvent des insurgés islamistes de Tchétchénie, auxquels on a accordé l’asile aux États-Unis. (7)

L’Equateur a eu une expérience similaire avec les Etats-Unis en demandant l’extradition de plusieurs personnes accusées d’implication dans une tentative de coup d’Etat contre le président Rafael Correa. L’exemple le plus flagrant de ce double standard est celui de Luis Posada Carriles qui a orchestré l’explosion d’un avion cubain en 1976, tuant 73 civils. Il a vécu en homme libre en Floride pendant de nombreuses années, même si son extradition a été demandée par le Venezuela. Il n’est qu’un parmi des centaines de terroristes latino-américains anticastristes et d’autres qui se sont vus accorder l’asile aux États-Unis au cours des dernières années en dépit du fait d’être recherchés dans leur pays d’origine.

Les responsables américains sont capables, les jours pairs, de cracher les mots « exceptionnalisme américain » et de commettre, les jours impairs, des crimes contre l’humanité. Année après année, décennie après décennie. Mais je pense que nous pouvons tirer une certaine satisfaction, et peut-être même de l’espoir, dans ce que les responsables de la politique étrangère des États-Unis, aussi mentalement dérangés qu’ils soient, ne sont pas assez stupides pour ne pas savoir qu’ils nagent dans un océan d’hypocrisie. Voici deux exemples :

En 2004, il avait été rapporté : « Le Département d’Etat prévoit de retarder la publication d’un rapport sur les droits de l’homme qui devait sortir aujourd’hui, en partie à cause de la sensibilité sur le scandale des abus dans les prisons en Irak, ont déclaré des responsables américains. Un fonctionnaire … a dit que la publication du rapport, qui décrit les mesures prises par le gouvernement américain pour encourager le respect des droits de l’homme par d’autres nations, pourrait « nous faire paraître hypocrites ». » (8)

Et un exemple de 2007 : Chester Crocker, un membre du comité consultatif du Département d’Etat pour la promotion de la démocratie, et ancien secrétaire d’Etat adjoint, a noté : « nous devons être en mesure de faire face à l’argument selon lequel les Etats-Unis sont incohérents et hypocrites dans leur promotion de la démocratie dans le monde. Il se pourrait que ce soit vrai. » (9)

Dans ces exemples, les représentants du gouvernement semblent être un peu gênés par l’hypocrisie qui prévaut. D’autres notables de la politique étrangère semblent en être plutôt fiers.

001-0801145726-neoconr3amRobert Kagan, auteur et architecte intellectuel de longue date d’un interventionnisme qui cherche à imposer le programme néo-conservateur au monde entier, et par tous les moyens nécessaires, a déclaré que les Etats-Unis doivent refuser de se conformer à certaines conventions internationales, comme la Cour pénale internationale et l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. Les États-Unis, dit-il, « doivent défendre le contrôle des armements, mais pas toujours pour eux-mêmes. Ils doivent agir en appliquant un double standard. » (10)

Et puis nous avons Robert Cooper, un haut diplomate britannique qui était conseiller du premier ministre Tony Blair lors de la guerre en Irak. Cooper a écrit :

Le défi pour le monde postmoderne est de s’habituer à l’idée de deux poids deux mesures. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois et de sécurité coopérative ouverte. Mais lorsqu’il s’agit d’états plus arriérés comme ceux hors du continent postmoderne de l’Europe, il faut revenir aux méthodes plus rudes du passé – la force, l’attaque préventive, la tromperie, tout ce qui est nécessaire pour affronter ceux qui vivent encore dans le monde du ‘’chaque état pour soi’’ du XIXe siècle. (11)

Son expression, « chaque Etat pour soi », signifie un état qui n’est pas disposé à adhérer à l’ordre du jour de l’empire américain et de son meilleur ami voyou à Londres.

Donc, nous y voilà. Le double standard est officiellement adopté. La règle d’or de « ne pas faire à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » est désormais dépassée.

La mafia impériale, et leurs intellectuels de cour comme Kagan et Cooper, ont du mal à vendre leur vision du monde sur la base de normes juridiques, morales, éthiques ou d’équité. Alors ils décident tout simplement qu’ils ne sont pas liés par de telles normes.

Haïr l’Amérique

Voici Alan Dershowitz, éminent avocat américain, juriste, commentateur politique et fervent sioniste et partisan de l’empire, qui parle du journaliste Glenn Greenwald et de l’engagement de ce dernier aux côtés d’Edward Snowden : « Regardez, Greenwald c’est du bidon. Il est anti-américain, il aime les régimes tyranniques, et il a fait cela parce qu’il déteste l’Amérique. Cela n’avait rien à voir avec la publication d’informations. Il n’aurait jamais écrit cet article s’ils avaient publié des documents sur l’un de ses pays préférés » (12).

’’Anti-américain’’ … ’’déteste l’Amérique’’ … Que signifient ces expressions qui font partie intégrante de l’histoire politique américaine ? Que Greenwald déteste le baseball et les hot-dogs ? … Qu’il déteste les films et la musique américains ? … Qu’il déteste tous les bâtiments aux États-Unis ? Toutes les lois ? … Non, comme la plupart des « anti-Américains », Glenn Greenwald déteste la politique étrangère des Etats-Unis. Il hait toutes les horreurs et tous les mensonges employés pour couvrir toutes ces horreurs. Alors de quel américain est-il anti ?

Edward-Snowden-NSA-spy-scandalDershowitz pense sans doute que Snowden est anti-américain. Mais écoutez le jeune homme interviewé :

« L’Amérique est un pays fondamentalement bon. Il y a des gens bons, avec de bonnes valeurs, qui veulent faire de bonnes choses ».

L’intervieweur est Glenn Greenwald. (13)

“Dieu a désigné l’Amérique pour sauver le monde d’une façon qui convient à l’Amérique. Dieu a désigné Israël comme le lien de la politique américaine au Moyen-Orient et celui qui voudrait contester cette idée est a) un anti-sémite, b) un anti-améric ain, c) passé à l’ennemi, et d) un terroriste.” – John LeCarré , London Times, 15 Janvier, 2003

William Blum

http://williamblum.org/

Traduction par VD pour le Grand Soir

(1) White House Press Briefing, July 18, 2013
(2) Washington Post, June 23, 2013
(3) Reuters news agency, July 2, 2013
(4) RT television (Russia Today), July 19, 2013, citing a Spanish ABC media outlet
(5) White House press release, June 29, 2013
(6) William Blum, Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower, chapter 23
(7) Reuters, July 22, 2013
(8) Los Angeles Times, May 5, 2004
(9) Washington Post, April 17, 2007
(10) Hoover Institute, Stanford University, Policy Review, June 1, 2002
(11) The Observer (UK), April 7, 2002
(12) “Piers Morgan Live”, CNN, June 24, 2013
(13) Video of Glen Greenwald interviewing Edward Snowden (at 2:05 mark)

La démocratie militaire


Tribune libre MARSEILLEALBATROS

Général SisiLes Etats-Unis étaient dans une fausse ambiguïté sur la situation en Egypte et le secrétaire d’Etat américain l’a levée au Pakistan en déclarant que l’armée est intervenue pour rétablir la démocratie. Le propos suscite la controverse aux Etats-Unis mêmes où certains remarquent que John Kerry a choisi de faire sa déclaration dans un pays où, au nom de leurs intérêts, les Américains se sont accommodés, voire ont soutenu les intrusions de l’armée en politique.

Bien entendu, John Kerry a pris soin de dire que les violences subies par les manifestants sont «inacceptables» et que cela «n’est pas rétablir la démocratie». Mais c’est une exception de forme à un soutien de fond qui n’a rien de surprenant. Même si les Américains avaient des lignes de contact avec les Frères musulmans, l’armée égyptienne est l’allié stratégique par excellence, celui qui veille à ce que l’ordre géopolitique ne soit pas perturbé. Et à ce que Camp David soit respecté. Les Israéliens, eux, ont demandé publiquement et sans doute par des voies plus informelles à ce que les Américains ne la jouent pas trop «principe». Et au fond, ils ne la jouaient pas. En s’abstenant de parler de «coup d’Etat», ils ont choisi les militaires contre la démocratie.

Les médias qui parlent d’embarras américain se trompent clairement. Israël le sait, toute démocratisation dans un pays comme l’Egypte aboutira inéluctablement à une remise en question de Camp David et à un rapport très différent aux Palestiniens. Quand l’armée égyptienne intervient et reprend le peu de pouvoir qu’elle avait concédé, c’est Camp David qui est encore plus protégé. Quant aux Palestiniens, il suffit, pour ceux qui ont le cœur à ça, de se brancher les «télés mille collines» d’Egypte pour prendre la mesure de la campagne haineuse et raciste qui est menée contre eux. Quand un processus démocratique échoue – et en Egypte il ne peut être question de démocratie quand une moitié d’Egyptiens est traitée déjà en «terroriste -, Israël, la «prétendue seule démocratie au Proche-Orient», est tranquille. Et ce n’est pas exagéré de reproduire la fameuse formule «ce qui est bon pour General Motors est bon pour les Etats-Unis» en disant que pour l’establishment de Washington, «ce qui est bon pour Israël est bon pour les Etats-Unis».

Washington en soutenant la démocratie du général Sissi a cependant pris la précaution de faire savoir que le droit de manifester doit être respecté. Ce n’est pas tout à fait inutile au moment où le pouvoir égyptien a des velléités d’en découdre en désignant les espaces où les pro-Morsi organisent leur sit-in de «menaces à la sécurité nationale». Mais il faut en convenir, John Kerry n’a fait que confirmer un choix d’intérêt qui a été déjà fait par l’administration américaine. Il n’y avait aucun embarras, il y avait juste une gestion de la communication à faire. Désormais avec les déclarations de John Kerry on n’est plus dans le faux-semblant. L’intérêt prime. Washington devra cependant s’en souvenir : elle n’a pas, une fois de plus, de leçon de démocratie à donner. Même si du haut de sa surpuissance Washington pense qu’elle peut faire passer au monde entier l’idée biscornue qu’il suffit d’être l’ami des Américains pour bénéficier du label de démocratie. Sissi l’est, Sissi est donc démocrate. C’est court et c’est américain.

par M. Saadoune

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5186217

Le loup, l’agneau et le tiers – par Uri Avnery


2013628172937_samaa_tvQuand vous avez un conflit entre deux parties, la façon de le résoudre est claire : mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec une solution raisonnable et acceptable pour tous les deux.

Par exemple, un conflit entre un loup et un agneau. Mettez-les dans la même pièce, laissez-les venir à bout de leurs différences et ils en sortent avec …

Hé, attendez une minute. Le loup en sort. Mais où est passé l’agneau?

Si vous avez un conflit entre deux parties telles qu’un loup et un agneau, vous devez disposer d’un tiers dans la chambre, juste pour s’assurer que la Partie 1 ne va pas prendre la Partie 2 pour son dîner, au cours des négociations.

L’équilibre des forces entre Israël et l’Autorité palestinienne est comme celle entre un loup et un agneau. Dans presque tous les domaines – économique, militaire, politique – Israël dispose d’un vaste avantage.

C’est une réalité. Il appartient à la tierce partie de la rééquilibrer en quelque sorte.

Peut-elle le faire ? Le fera-t-elle ?

J’ai toujours aimé John Kerry. Il dégage un air d’honnêteté, de sincérité, qui semble réel. Ses efforts obstinés forcent le respect. L’annonce cette semaine qu’il a enfin fini par atteindre ne serait-ce même que la première étape des négociations entre les parties peut donner lieu à l’optimisme.

Comme Mao a dit: une marche de mille kilomètres commence par un premier pas.

Les parties ont convenu d’une réunion des délégués pour travailler sur les détails préliminaires. Elle devrait avoir lieu la semaine prochaine à Washington. Jusqu’ici ça va.

La première question est: qui sera la troisième personne? Des fuites ont divulgué que le principal candidat pour cette tâche délicate est Martin Indyk, un vétéran ancien officier du Département d’Etat.

C’est un choix problématique. Indyk est juif et très impliqué dans les activités juives et sionistes. Il est né en Angleterre et a grandi en Australie. Il a servi deux fois comme ambassadeur américain en Israël.

Les Israéliens de droite s’opposent à lui parce qu’il est actif dans les institutions israéliennes de gauche. Il est membre du conseil d’administration du New Israel Fund, qui apporte un soutien financier aux organisations pacifistes modérées israéliennes et est diabolisé par ceux de l’extrême droite autour de Binyamin Netanyahu.

Les Palestiniens peuvent se demander si parmi les 300 millions de citoyens américains il n’y a pas un seul non-Juif qui pourrait gérer ce travail. Depuis de nombreuses années maintenant, il s’est trouvé que presque tous les responsables américains qui se sont occupés du problème israélo-arabe ont été des Juifs. Et la quasi-totalité d’entre eux sont par la suite devenus des pontes dans des think-tanks et autres organisations sionistes.

Si les Etats-Unis avait été appelé à arbitrer les négociations entre, disons, l’Egypte et l’Ethiopie, auraient-ils nommé un Éthiopien-américain?

J’ai rencontré plusieurs fois Indyk, généralement à des réceptions diplomatiques (pas celles de l’ambassade des États-Unis, auxquelles je n’ai pas été invité.) Une fois je lui ai envoyé une lettre en rapport avec son nom.

L’histoire de Indyk est bien connue de tous ceux qui sont versés dans le folklore juif. Elle a été racontée par un rabbin juif très influent, Nachman de Braslaw (1772-1811), qui a de nombreux adeptes, encore aujourd’hui en Israël.

Il était une fois un prince qui souffrait de l’illusion qu’il était un Indyk (dinde en yiddish -. A partir de l’hébreu pour poule indienne). Il s’asseyait nu sous une table et ne mangeait que les miettes qu’on lui jetait.

Après que tous les médecins aient échoué à le guérir, un rabbin sage prit l’affaire en main. Il ôta ses vêtements, s’assit nu sous la table et commença lui aussi à agir comme un Indyk. Étape par étape, il finit par convaincre le prince qu’un Indyk peut porter des vêtements, manger de la nourriture normale et, à la fin, s’asseoir à table au lieu d’être en dessous. De cette façon, le prince fut guéri.

Certains pourraient dire que cette histoire a une incidence directe sur son travail futur, si c’est bien lui qui est choisi. Deux Indyks nus sont maintenant sous la table, et son travail sera de les amener à s’asseoir à la table et parler sérieusement de paix.

Il est vrai que les Palestiniens sont habitués à avoir des miettes qui leur sont jetées, mais maintenant ils peuvent exiger de la vraie nourriture.

Les chances pour les négociations de paix peuvent être évaluées par l’atmosphère qui règne des deux côtés, la terminologie qu’ils utilisent et les discussions internes qu’ils mènent.

Ce n’est pas très encourageant.

En Israël, presque personne n’utilise le mot «paix». Même Tzipi Livni, qui sera en charge de la négociation du côté israélien, parle seulement d’un «accord sur le statut final» qui «mettrait un terme au conflit», mais pas de la fin de l’occupation.

La plupart des Israéliens dédaignent totalement l’évènement, estimant que l’unique but de Netanyahou et de Mahmoud Abbas est d’avorter les négociations de manière à mettre la responsabilité sur l’autre côté. La plupart des Palestiniens pensent la même chose. La paix n’est certainement pas dans l’air.

Toutefois, un sondage réalisé cette semaine a montré que la grande majorité des Israéliens – 55 à 25 (ou, en pourcentage, 69% contre 31%) – voteraient lors d’un référendum pour un accord de paix obtenu par le Premier ministre. Je n’ai jamais eu aucun doute à ce sujet.

L’idée d’organiser un référendum sur un accord de paix est maintenant préconisée par la droite et rejetée par la gauche. Je suis pour. Sans une solide majorité, il serait, dans tous les cas, presque impossible pour un gouvernement de retirer les colonies. Et je crois que tout accord concret accepté par une direction palestinienne crédible et recommandée par les États-Unis recevra un retentissant «Oui» à un référendum.

La plupart des experts disent qu’Israël ne devrait pas s’efforcer de chercher un accord définitif, mais plutôt un accord plus modeste «provisoire». Ils citent le vieil adage juif: «Celui qui veut attraper trop n’attrape rien. »

Excusez-moi de ne pas être d’accord…

Tout d’abord, il y a le dicton qui dit que vous ne pouvez pas traverser un abîme en deux sauts. Pas d’arrêt en plein milieu. Nous avions cité ce dicton à Yitzhak Rabin après Oslo.

L’erreur fatale de l’accord d’Oslo était que tout était provisoire. Le but final n’était pas indiqué. Pour les Palestiniens, il était clair que l’objectif était la mise en place de l’État de Palestine dans tous les territoires occupés, y compris Jérusalem-Est. Pour le côté israélien, ce n’était pas clair du tout. En l’absence d’un accord à ce sujet, chaque étape intermédiaire devenait un point de discorde. Si vous voulez aller en train de Paris à Berlin, les gares intermédiaires sont différentes de celles situées sur le chemin de Madrid.

Oslo a abandonné sa pauvre âme quelque part le long du chemin avec les querelles sans fin sur le «passage sécurisé» entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, le « troisième retrait » et autres.

La seule façon de procéder est tout d’abord de parvenir à un accord sur les « questions fondamentales ». Ceci peut être mis en œuvre sur un certain temps – bien que je ne recommanderais pas ça non plus.

La paix israélo-palestinienne est un grand pas dans l’histoire des deux peuples. Si nous avons le courage de la faire, faisons-la, bon Dieu, au lieu de traînailler en pleurnicheries.

Pour l’instant, la grande énigme est: qu’est-ce que Kerry a promis à chaque côté en secret?

La méthode semble bonne. Puisque les deux côtés ne pouvaient s’entendre sur rien, et que chacun exigeait que l’autre entame les négociations «sans conditions préalables» tout en posant beaucoup de conditions préalables lui-même, Kerry a choisi une voie différente.

Il s’est basé sur une logique simple : dans le triangle américano-israélo-palestinien, la quasi-totalité des décisions devront être prises à deux pour un. Dans la pratique, chaque côté a besoin du soutien américain pour obtenir que ses demandes soient acceptées.

Ainsi, au lieu d’essayer de réaliser l’impossible – accord israélo-palestinien sur la base des négociations – l’Amérique a donné à chaque côté la promesse de l’appuyer sur certains points.

Par exemple, en guise de supposition : une promesse que les Etats-Unis soutiendront les Palestiniens sur la question des frontières. La frontière sera basée sur la Ligne verte, avec des échanges de territoires raisonnables. En plus, le gel des colonies, tandis que les négociations continuent. D’autre part, les Etats-Unis soutiendront Israël sur la définition d’Israël en tant qu’Etat «juif» et sur le (non-) retour des réfugiés palestiniens.

Dans le passé, les Etats-Unis ont failli à de telles promesses sans rougir. Par exemple, avant la réunion de Camp David, le président Bill Clinton a donné à Yasser Arafat une promesse solide qu’il condamnera tout côté qui faillira. (Étant donné que la réunion a été organisée sans la moindre préparation, l’échec était prévisible). Après la conférence, Clinton accusa carrément – et à tort – Arafat de toutes les responsabilités, un acte vil de l’opportunisme politique, conçu pour aider sa femme à se faire élire à New York.

En dépit de ces expériences, M. Abbas a mis sa confiance dans Kerry. Il semble que Kerry a le don d’inspirer une telle confiance. Espérons qu’il ne va pas la gaspiller.

Donc, avec ou sans une dinde pour empêcher le loup de dévorer l’agneau, et en dépit de toutes les déceptions passées, espérons que cette fois de véritables négociations se dérouleront et mèneront vers la paix. L’alternative est trop triste à envisager.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/07/26/the-wolf-the-lamb-and-the-third-party/

Rencontrez un insurgé syrien modéré


489785_un-rebelle-syrien-dans-la-ville-septentrionale-d-alep-le-9-decembre-2012Par Pepe Escobar

Salut, mon nom est Mostafa et je serai votre insurgé modéré aujourd’hui. Je m’adresse à vous tous, car nous avons grand besoin de votre aide. Nous aurions pu créer une page Facebook, du style ‘’Nous Avons Besoin d’Armes’’ ou quelque chose comme ça, ou demander à l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme de faire une vidéo YouTube, mais je préfère parler directement à votre cœur.

Notre commandant suprême, le béni général Salim Idriss, a reconnu que nous recevions maintenant beaucoup de nouvelles armes provenant de nombreux pays arabes amis, qui nous ont aidés à « détruire plus de 90 véhicules blindés » du régime syrien. Et Amrika nous a aidés à obtenir les armes, bien sûr. Mais nous avons besoin de plus.

Votre président, M. Obama a dit au Saint roi d’Arabie Saoudite vendredi dernier qu’il s’était engagé à nous fournir un plus grand soutien. Votre secrétaire d’Etat, M. Kerry a déclaré samedi qu’il devrait y avoir un plus grand soutien pour nous « afin d’avoir un impact sur le terrain». Votre CIA a dit qu’ils feront en sorte que nous, les insurgés modérés, obtenions des armes, et non les méchants.

Mais votre Congrès bloque nos armes. Ô gens du Congrès!

Ne soyez pas si mesquins ! Nous avons une telle fraternité des nations ici. Des gens venant de 29 pays différents ! OK, il y a beaucoup de salafistes, certes un peu impétueux. Mais pour nous, ce sont tous des frères. En fait, la plupart d’entre nous sont des insurgés modérés.

Vous n’aimez pas les modérés? Rappelez-vous quand vous cherchiez à parler aux talibans modérés? Maintenant, vous parlez aux talibans modérés! Et les talibans pakistanais, maintenant, sont même en train de nous envoyer leurs hommes pour nous aider! L’autre jour, ils ont déployé le grand drapeau blanc des talibans, quelque part vers la frontière turco-syrienne. Ce fut un moment béni.

Nos frères talibans viennent ici via l’Arabie saoudite. Pourquoi ne faites-vous pas comme l’Arabie ? Ils ne nous ont jamais laissé tomber ; ils se battent toujours contre ces apostats d’iraniens et de chiites. Les talibans aussi, ils savent se battre contre les apostats et les chiites. Donc, nous allons apprendre beaucoup d’eux.

Vous voyez comme c’est dur la vie d’un rebelle modéré? Non seulement nous devons combattre l’odieux dictateur de Damas, nous nous battons aussi contre les apostats chiites et nous avons même à lutter contre les terroristes! O Amrika! Les terroristes sont parmi nous aussi, tout comme ils sont parmi vous.

Je parle de ces terroristes du gang Nusra. Ils ne sont pas bons, pas « clean », comme vous dites en Amrika. Ils ont tué notre frère bien-aimé Kamam Hamami à Lattaquié! Ils ont décapité deux de nos valeureux frères et ont laissé leurs têtes dans une poubelle sur une place de Dana, dans la province d’Idlib, près de la frontière turque. Ils ont violé un garçon local. Ils ne sont pas bons.

Rappelez-vous ce gars qui a mangé le poumon – ou était-ce un rein? – d’un soldat syrien mort? Il était partout sur YouTube? Eh bien, les gens disent qu’il était l’un d’entre nous, et non un djihadiste. C’était un «modéré». OK, je l’avoue, il a peut-être dépassé les bornes, mais qui n’a jamais dépassé les bornes ? Messieurs-dames, sachez qu’il y a une guerre qui se passe ici!

S’il vous plaît, croyez-nous: nous ne sommes pas al-Qaïda, nous sommes les bons gars. Ceux d’Al-Qaïda, ils ne peuvent même pas contrôler qui est un djihadiste d’Irak et qui est un djihadiste de Syrie, ils pensent que c’est deux choses distinctes. Ici, en Syrie il y a tellement des djihadistes de tant d’endroits différents, que nous ne savons même plus pour qui ils travaillent, quel gâchis! Mais cela n’a rien à voir avec nous. Nous sommes les bons gars.

Bon, OK – il est vrai que sur le champ de bataille, nous devons parler à des gens pas si modérés que ça, et nous avons même organisé des opérations ensemble. Après tout, ils sont de meilleurs combattants que nous ne sommes. Certains ont même combattu contre vous, Amrika, dans la province d’Anbar en Irak! Et maintenant, ils sont vos amis! Mais de toute façon, si seulement nous pouvions avoir plus d’armes … Nous les virerions tout de suite d’ici ! Les renverrions au-delà de là où ils sont venus.

Nous vous le promettons, nous ferons absolument tout ce que vous nous demanderez. Nous vous promettons que chaque bataille sera documentée pour vos spécialistes – photos, YouTube, tout, nous vous ferons parvenir un dossier complet à cette salle des opérations qui se trouve en Jordanie. Ainsi, vous verrez que nous sommes vraiment, vraiment modérés. Vous pouvez même faire en sorte que votre NSA nous espionne pour vous assurer que nous sommes vraiment « clean ».

OK, tous nos glorieux bataillons célèbrent les féroces et historiques guerriers arabes sunnites. Mais après tout, ils sont nos héros. Ne célébrez-vous pas vos héros de guerre en Amrika – comme votre président Eisenhower? Donc, oui, nous sommes modérés, comme votre Eisenhower. Nous voulons juste gagner. Qui ne veut pas gagner? Vous n’aimez pas les armes à feu? N’avez-vous pas tous des armes à la maison? Nous aussi nous avons besoin d’armes – pour nous défendre. Alors, s’il vous plaît donnez, généreusement. Nous promettons que nous n’utiliserons jamais ces armes contre vous.

Je vous remercie de votre attention. Je reste votre humble serviteur, Mostafa.

Pepe Escobar

Traduction : Avic

Source : http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-160713.html

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

***

Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

***

Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

L’agression sioniste et ses objectifs insatisfaits !


Contribution de Mouna Alno-Nakhal

agression israélienne 0904Les raids aériens meurtriers contre la Syrie n’ont donc rien à voir avec les armes chimiques. Merci Madame Carla Del Ponte et peu importe les démentis des menteurs, car comme le dit un proverbe syrien : « la ficelle du mensonge est courte ! ». [NdT].
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Traiter rationnellement de la récente agression sioniste dirigée contre plusieurs sites autour de Damas implique de s’attaquer à la racine du problème et d’en extirper les véritables motivations, faute de quoi nous risquerions de nous laisser égarer et de n’en retenir que les effets strictement négatifs, voire de les exagérer. En effet, la logique voudrait que nous ayons constaté plusieurs faits essentiels dont le plus important touche à la nature même des frappes aériennes ; frappes qui devaient déclencher des explosions aussi violentes, assourdissantes, et étincelantes que possible ; pour que leurs vacarmes et leurs feux impressionnent le plus grand nombre à des milliers de kilomètres à la ronde !

Les raisons du soin particulier apporté à cette exhibition demandent de commencer par répondre à la question : « Pourquoi cette agression ? ».

1. Le leitmotiv annonciateur de la chute imminente du Président Bachar al-Assad a été permanent depuis le début et tout au long des chapitres successifs de « la guerre contre la Syrie ». Mais cet homme qui ne s’est pas contenté de fracasser les illusions de ceux qui voulaient détruire la Syrie dans les marécages du « Printemps US-sioniste » se plait, avec ce qui pourrait ressembler à de la provocation, à apparaitre de plus en plus souvent au milieu de son peuple. Cinq apparitions en public en moins d’un mois. C’est plus que ne ferait n’importe quel dirigeant d’un État de la région, et en temps de paix de surcroit ! C’est comme s’il disait : « Si votre printemps a pour objectif ma chute, je suis toujours là entouré des miens ; et si la défaite de la Syrie a pour objectif la chute du dernier rempart devant votre printemps, la Syrie est malgré tout, toujours debout, altière, ferme, résistante ! ».

2. L’entité sioniste aimerait imposer une nouvelle équation à la Syrie, sa politique se résumant essentiellement à dire : « Nous sommes en mesure d’asséner les frappes de notre choix [missiles, raids aériens, piratages] où et quand nous le voulons ; la Syrie ne pouvant qu’encaisser, s’incliner bon gré mal gré, et s’abstenir de toute riposte ». Mais cette même entité qui pouvait encore se permettre de diriger deux ou trois frappes en territoire syrien ces derniers mois, sait bien que désormais elle ne pourrait répéter l’opération sans réponse conséquente. D’ailleurs, « ceux qui sont concernés » n’ont obtenu aucun engagement de non-réponse de la part des Syriens et ont déjà été prévenus qu’en cas de nouvelle agression la réponse fusera « directement et automatiquement » !

3. Voilà plus d’un mois que l’Armée nationale syrienne a réalisé un saut à la fois qualitatif et quantitatif, allant de victoire en victoire ; ce qui a surpris l’ami et l’ennemi ! Elle a réussi à désinfecter des dizaines de régions, de villages et de quartiers. Elle a repris le contrôle total d’axes routiers et de lieux stratégiques sur l’ensemble du territoire syrien. Elle a éliminé un nombre considérable de terroristes, d’agents et de traitres inféodés à l’étranger… Il était donc devenu nécessaire de freiner son élan et de polluer ses victoires. Il était devenu urgent de déstabiliser le peuple syrien et son armée en tentant de suggérer qu’ils étaient en situation d’impuissance devant l’ennemi. Mais les opérations d’assainissement n’ont pas cessé pour autant. Elles se sont poursuivies alors que les poussières des terres bombardées n’étaient pas encore retombées. L’Armée nationale n’a pas reculé mais a continué à avancer sans jamais perdre de vue que ceux qui la combattaient sur sa terre n’étaient issus, gérés et dirigés que par des sionistes… ténacité faisant partie de la riposte à l’agression ! Quant au peuple syrien, il est devenu encore plus conscient de « la nature de cette guerre mené contre lui », et donc encore plus attaché à sa patrie, son armée et ses dirigeants.

4. Cette agression devait délivrer un quadruple message. Le premier à la Russie avant la visite programmée de M. Kerry les 7 et 8 Mai 2013 à Moscou, pour que son contenu le précède et qu’il puisse l’exploiter dans ses dures négociations politiques avec M. Lavrov. Le deuxième à la Chine où M. Netanyahu se rend aujourd’hui [6 Mai]. La troisième à l’Iran dont le ministre des Affaires étrangères est attendu dans la capitale jordanienne ce même jour. Le quatrième à Sayyed Hassan Nasrallah suite à son discours de mise en garde il y a quelques jours…

5. Enfin, cette agression accompagnée d’attaques terroristes quasi-simultanées de plusieurs points de la capitale avait aussi pour objectif de déstabiliser les comités de défense et les forces de l’ordre chargés de la défense de Damas pour semer le chaos et la confusion. Ils ont été complètement écrasés en quelques heures !

Ce sont quelques-uns des objectifs de l’attaque sioniste contre la Syrie, objectifs insatisfaits pour la plupart de par la volonté du peuple syrien et de « son » armée.

Par conséquent, il est impératif pour tous les Syriens de garder un moral d’acier, de déclarer leur confiance sans failles en leur valeureuse armée, de la soutenir sans réserve aucune dans sa guerre contre les ennemis de l’intérieur avant ceux de l’extérieur, de se rassembler autour de « son commandant » devenu l’un des symboles de la lutte nationale partout dans le monde ! Nous avons tous entendu les prises de décision des uns et des autres, mais celles que nous n’avons pas entendues sont probablement encore plus dangereuses. Il ne s’agit pas de céder aux faits accomplis souvent engendrés par les crises. Patience, confiance et solidarité sont les titres de la prochaine étape, avec la victoire au bout du chemin !

Samir al-Fazaa

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Article original : Sham Times
http://shamtimes.net/news_de.php?PartsID=1&NewsID=8235#.UYeYa6RvvTo.face