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Bilan financier de l’Etat fédéral et de l’économie américaine : les apparences sont trompeuses


Tribune de Foxhound

Chat-ApparenceNous faisons une courte infographie sur la dette fédérale et le rôle qu’elle joue dans la croissance américaine. Nous avons établi nos calculs sur la base de diverses sources américaines afin de montrer que les présentations officielles doivent être prises avec prudence.  Une réflexion critique, utilisant les données disponibles, modifie le discours lénifiant tenu sur la consolidation de la reprise en cours et le recul de l’endettement public américain. Lire la suite Bilan financier de l’Etat fédéral et de l’économie américaine : les apparences sont trompeuses

Obama veut son 35ème


Tribune libre

b52-bombSauf probable omission, la Syrie occuperait, si par malheur cela se produisait, la 35e place sur la liste des pays bombardés par les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce qui exclut de cette liste le Japon qui a reçu deux bombes atomiques lancées par les avions américains en 1945. C’était alors la guerre. Puis vint la paix, mais les aviateurs de l’armée américaine n’ont pas chômé.

Partis de leurs porte-avions ou de leurs propres bases ou de celles de l’Otan, les bombardiers ont gardé l’air pour pouvoir tapisser de bombes à tout moment les pays récalcitrants à la volonté hégémonique de la Maison-Blanche, guidée par les intérêts économiques au profit de quelques magnats du pétrole ou d’un minerai indispensables à leurs activités. Mais pour tout le monde, les Etats-Unis étaient, et restent à ce jour pour les crédules et naïfs qui veulent bien encore les croire, motivés par la défense du monde libre et l’instauration de la démocratie.

A ce titre, ils ont bombardé, entre autres, la Chine, puis la Corée, le Guatemala, et Cuba, le Congo, le Vietnam et ainsi de suite jusqu’à la Libye en 2011. Trente-quatre pays. Avec le recul, le prétexte fallacieux apparaît nettement et, pourtant, il y en a qui avalent toujours les mêmes couleuvres sur la lutte contre les dictateurs et pour la démocratie qui serait le moteur des interventions américaines hors de leurs frontières.

Prenons le Guatemala, en 1954, la ressemblance avec l’affaire syrienne d’aujourd’hui est frappante. Pour forcer le président Arbenz à partir, les Etats-Unis ont bombardé le Guatemala et aidé en hommes et en matériel des groupes de «rebelles» qui n’arrivaient pas par leurs propres forces à faire tomber le gouvernement. Le président Arbenz a été contraint de fuir et le pays a été dirigé ensuite par une dictature à la solde des Etats-Unis. Résultat : l’aviation américaine a permis l’installation d’une dictature au Guatemala.

L’histoire dramatique du Vietnam est connue, c’est au cours de cette période que les B-52 se sont fait connaître de l’opinion publique mondiale en lâchant leurs bombes et leurs produits chimiques sur une population qui combattait pour la liberté et l’indépendance. Ce fut un lamentable échec pour les Américains obligés de fuir devant les combattants vietnamiens. L’image des GI’s défaits, accrochés aux échelles des hélicoptères venus les aider à fuir, est encore dans les mémoires.

L’Algérie et la Tunisie auraient dû figurer sur la liste des pays bombardés par les Etats-Unis. Ce sont leurs avions, pilotés par des militaires français, qui ont arrosé de napalm les moudjahidine algériens et ce sont aussi des avions américains qui ont servi à frapper Sakiet Sidi Youcef pour punir le peuple tunisien de l’aide qu’il apportait à notre Armée de libération nationale. Qui accorderait le moindre crédit aux paroles d’Obama et Kerry sur la démocratie pour couvrir des crimes de guerre ?

Kamel Moulfi

http://algeriepatriotique.com

Liste des pays bombardés par les Etats-Unis sous prétexte d’y établir «la démocratie»

1. Chine 1945-1946
2. Corée 1950-1953
3. Chine 1950-1953
4. Guatemala 1954
5. Indonésie 1958
6. Cuba 1959-1960
7. Guatemala 1960
8. Congo belge 1964
9. Guatemala 1964
10. République dominicaine 1965-1966
11. Pérou 1965
12. Laos 1964-1973
13. Vietnam 1961-1973
14. Cambodge 1969-1970
15. Guatemala 1967-1969
16. Liban 1982-1984
17. Grenade 1983-1984
18. Libye 1986
19. El Salvador 1981-1992
20. Nicaragua 1981-1990
21. Iran 1987-1988
22. Libye 1989
23. Panama 1989-1990
24. Iraq 1991
25. Koweït 1991
26. Somalie 1992-1994
27. Bosnie 1995
28. Iran 1998
29. Soudan 1998
30. Afghanistan 1998
31. Serbie 1999
32. Afghanistan 2001
33. Iraq 2003
34. Libye 2011
35. ???

Le gouvernement américain se révèle au monde comme une bande de criminels de guerre et de menteurs – Paul Craig Roberts


Obama_cabinet_meetingLe public américain a-t-il la force de caractère pour faire face au fait que le gouvernement américain apparaît aux yeux du monde entier comme une bande de criminels de guerre qui mentent à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche? Le Congrès et le public américain vont-ils gober le mensonge de la Maison Blanche selon lequel ils doivent soutenir des criminels de guerre et des menteurs ou «L’Amérique perdra la face»?

Les mensonges du régime Obama sont si transparents et si flagrants que le prudent et diplomatique président russe Poutine a perdu sa patience et a dit ce que nous savions tous déjà : John Kerry est un menteur. M. Poutine a déclaré : « Ce fut très désagréable et surprenant pour moi. Nous leur parlons [les Américains], et nous supposons qu’ils sont des gens honnêtes, mais il [Kerry] ment et il sait qu’il ment. C’est triste.  »
http://www.informationclearinghouse.info/article36117.htm

Lorsque le secrétaire d’État Colin Powell a été envoyé par le régime criminel de Bush pour mentir à l’ONU, Powell et son chef de cabinet affirment que Powell ne savait pas qu’il mentait. Il n’est jamais venu à l’idée du Secrétaire d’État que la Maison Blanche puisse l’envoyer à l’ONU pour déclencher une guerre qui a tué, mutilé, et dépossédé des millions d’Irakiens sur la base de mensonges totaux.

Le méprisable John Kerry sait qu’il ment. Voici la secrétaire d’Etat américain, et Obama, le président fantoche, mentant sciemment au monde. Il n’y a pas une once d’intégrité au sein du gouvernement américain. Aucun respect pour la vérité, la justice, la morale ou la vie humaine. Voici deux personnes si diaboliques qu’ils veulent répéter en Syrie ce que le criminel de guerre Bush a fait en Irak.

Comment le peuple américain et ses représentants au Congrès peuvent-ils tolérer ces criminels extraordinaires ? Pourquoi Obama et John Kerry ne sont-ils pas destitués ? Le régime Obama a toutes les caractéristiques de l’Allemagne nazie et de la Stasi de l’Allemagne communiste, sauf que le régime Obama est pire. Il espionne le monde entier et ment là-dessus. Il est pleinement engagé dans le meurtre de personnes dans sept pays, un déchaînement meurtrier que même Hitler n’a pas tenté.

Il sera bientôt décidé  de savoir si le régime criminel d’Obama peut acheter la collaboration du Congrès et les États marionnettes européens pour un crime de guerre transparent. La décision déterminera le sort du monde.

Quant aux faits, le rapport publié à l’ONU par le gouvernement russe conclut que les armes utilisées dans les attaques chimiques en Syrie sont semblables aux armes qui se trouvent entre les mains d’al-Nusra et sont différentes des armes que l’on sait que la Syrie possède.
http://www.informationclearinghouse.info/article36116.htm

Le régime Obama n’a livré aucune preuve à l’ONU. C’est parce que le régime criminel n’en a aucune, et a juste monté des contes de fées.

Si le régime Obama avait la moindre preuve, elle aurait été fournie au Premier ministre britannique David Cameron pour lui permettre d’obtenir le vote du Parlement. En l’absence de preuve, Cameron a dû admettre devant le Parlement qu’il n’en avait aucune, mais seulement la conviction que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques. Le Parlement a dit à la marionnette de Washington que les Britanniques n’allaient pas à la guerre sur la base de la croyance sans fondement du premier ministre.

Le peuple américain et le reste du monde vont-ils  juste rester là, à sucer leur pouce, pendant qu’un nouvel Etat nazi est en train de se former à Washington?

Le Congrès doit voter contre la guerre et faire comprendre à Obama que s’il défie le pouvoir constitutionnel du Congrès, il sera destitué.

Si le Congrès américain est trop corrompu ou incompétent pour faire son devoir, le reste du monde doit rejoindre le Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Russie et déclarer que l’agression militaire unilatérale par le gouvernement américain est un crime de guerre, et que le gouvernement criminel de guerre américain va être isolé dans la communauté internationale. Tout membre de ce gouvernement pris en train de voyager à l’étranger sera arrêté et remis à la Haye pour y être jugé.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/05/the-us-government-stands-revealed-to-the-world-as-a-collection-of-war-criminals-and-liars/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Obama sait-il qu’il se bat aux côtés d’Al-Qaïda ? Robert Fisk


Son staff devrait lui rappeler le bilan de de la dernière attaque américaine contre la Syrie en Décembre 1983. Témoignage de Robert Fisk.

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Si Barack Obama décide d’attaquer le régime syrien, il aura fait en sorte -pour la première fois de l’Histoire- que les Etats- Unis soient du même bord qu’Al-Qaïda.

Les hommes qui ont tué des milliers de personnes, le 11 septembre, combattront aux côtés de la nation dont ils ont assassinés si cruellement les innocents, il y a presque 12 ans. C’est tout un exploit pour Obama, Cameron, Hollande et les autres mini-chefs de guerre.

Bien sûr que ceci ne sera pas crié haut et fort par le Pentagone ou la Maison Blanche – ni, je suppose, par Al-Qaïda – qui tentent de détruire Bachar. Il en est de même du Front al-Nosra, affilié à cette organisation. Cette affaire soulève quelques possibilités intéressantes.

Peut-être que les Américains devraient demander à Al-Qaïda de l’aider sur le plan du renseignement- après tout, elle est présente sur le terrain, là où les Américains n’ont aucun intérêt à aller.

Et peut-être qu’Al-Qaïda pourrait offrir des informations à un pays qui prétend que les hommes les plus recherchés du monde sont, justement, les partisans d’Al-Qaïda, et non pas les Syriens.

Cela donnera lieu, évidemment, à des situations ironiques. Alors que les Américains frappent Al-Qaïda avec des drones au Yémen et au Pakistan – avec, bien entendu, le lot habituel de victimes civiles- ils fourniront en même temps à cette organisation un soutien face à ses ennemis en Syrie.

Vous pouvez parier votre dernier dollar que la cible des Américains en Syrie ne pas sera Al-Qaïda ou al-Nosra.

Et notre Premier ministre va applaudir tout ce que font les Américains. Les attentats de Londres semblent avoir disparu de sa mémoire.

En Irak, nous sommes allés en guerre sur la base de mensonges proférés par des faussaires et des escrocs. Aujourd’hui, c’est la guerre sur YouTube.

Cela ne signifie pas que les images terribles des civils syriens gazés sont fausses. Cela veut dire que toute preuve contraire va être supprimée.

Par exemple, personne ne va s’intéresser à des rumeurs persistantes à Beyrouth au sujet de trois membres du Hezbollah -qui combat aux côtés des troupes gouvernementales à Damas- qui ont apparemment été frappés par le même gaz, le même jour, dans des tunnels.

Ils sont actuellement traités dans un hôpital de Beyrouth. Donc, si les forces gouvernementales syriennes ont utilisé du gaz toxique, comment se fait-il que des hommes du Hezbollah ont, eux aussi, été touchés?

Et puisque nous parlons de la mémoire institutionnelle, lequel de nos hommes d’Etat sait ce qui s’est passé la dernière fois que les Américains ont attaqué l’armée syrienne? Je parie qu’ils ne s’en souviennent pas.

Eh bien, cela s’est passé au Liban, lorsque l’aviation américaine a décidé de bombarder des missiles syriens dans la vallée de la Bekaa, le 4 décembre 1983. Je m’en souviens très bien parce que j’étais ici, au Liban.

Un bombardier américain A-6 a été touché par un missile Strela syrien –de fabrication russe, naturellement. Il s’est écrasé dans la Bekaa et le pilote, Mark Lange, a été tué, son co-pilote, Robert Goodman, a été fait prisonnier et jeté en prison à Damas.

Jesse Jackson a dû se rendre en Syrie pour le récupérer un mois plus tard. Un autre avion américain -un A-7 cette fois- a également été touché par des tirs syriens, mais le pilote a réussi à s’éjecter en Méditerranée, où il a été retrouvé par un bateau de pêche libanais. Son avion a été détruit.

Bien sûr, on nous dit que cette guerre sera de courte durée, quelques jours tout au plus. C’est ce que Obama aime croire. Mais pensez à l’Iran. Pensez au Hezbollah. Je suppose que si Obama va aller de l’avant, il devra courir… courir.

Robert Fisk

http://mediaramalb.wordpress.com/

Source originale : The Independent

La menace au Yémen est une pure fabrication selon le diplomate français Gilles Gauthier


Par : Silvia Cattori

embassade
Barack Obama et le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi le 1er août 2013 à la Maison Blanche.

Au sujet de la menace terroriste présentée par les États-Unis comme imminente au Yémen et des fermetures d’ambassades occidentales, M. Gilles Gauthier (*), ancien ambassadeur de France au Yémen, a déclaré sur les ondes de France Culture, que les dirigeants européens se sont couverts de ridicule.

Au journaliste (1) qui demandait si les éléments qui ont permis aux États-Unis de faire état d’une menace imminente au Yémen étaient crédibles et si la fermeture des ambassades et l’évacuation des ressortissants américains ne servaient pas à justifier les écoutes généralisées dénoncées par Edward Snowden M. Gilles Gauthier a répondu : « Je voulais d’abord vous dire que j’ai beaucoup aimé votre présentation (2) parce que depuis quelques jours je suis ahuri par la présentation des événements […] touchant le Yémen par tous les médias. Effectivement on a un événement totalement fabriqué ; une communication américaine qui devient un événement […] et à ce moment-là tout le monde commence à s’affoler […]. Je crois qu’il y a un emballement ; c’est-à-dire que nos chancelleries à nous, nos dirigeants européens, sont pris dans le mouvement, ne savent plus trop ce qu’ils font et ils suivent et ils ferment aussi les ambassades […]. C’est un peu dérisoire tout ça…Je suis très content que votre radio, votre émission remette un peu les choses d’aplomb… ».
[…]
« J’étais ambassadeur au Yémen jusqu’à il y a 3 ans ; et j’y suis retourné au mois de janvier […] Il y avait eu un moment où le mouvement d’Al-Qaïda avait entièrement contrôlé une assez importante région proche d’Aden. Depuis, le président yéménite a réussi très intelligemment à la récupérer entièrement. On n’en a pas beaucoup parlé ; c’était un événement positif. […] Les Américains avec leurs drones ne sont pas capables de faire ça. Cela a été fait en coopération avec le président et les tribus du sud. Du coup les gens d’Al-Qaïda se sont trouvés dispersés […] Donc effectivement il y a un danger de ce type… pour les Américains, mais ils sont en danger aussi à cause de leur politique… »
Gilles_Gauthier_texteÀ la question de savoir si la méthode des États-Unis – l’usage des drones pour combattre le terrorisme – n’est pas contre-productive et si on ne crée pas du terrorisme avec les drones, Obama étant sur la même ligne que Georges Bush junior, Gilles Gauthier a répondu : « Bien sûr, la politique des drones est une façon de fabriquer les terroristes […] Oui c’est dommage, c’est regrettable. Il (Obama) est totalement sur la même ligne ; il l’a même accentuée […] ; les États-Unis, un pays qui a des valeurs démocratiques, sont totalement en dehors de tout droit international ; l’usage des drones en dehors des situations de guerre […] les opérations de guerre sur un territoire étranger, sont une monstruosité. […] Le Yémen n’est pas les États-Unis ; ils n’ont aucun accord militaire officiel qui les autorise à faire cela ; ils sont dans un cadre tout à fait illégitime qui peut être qualifié d’opération terroriste […] ce sont des opérations qui n’entrent dans le cadre d’aucune légitimité internationale. »

(*) Après plusieurs postes au Liban, en Tunisie, en Algérie, au Bahreïn et en Égypte, Gilles Gauthier devient ambassadeur de France au Yémen en octobre 2006.

(1) Lors de l’émission « Les Matins d’été » de France Culture, du 8 août.
(2) Nous avions nous aussi été agréablement surpris par l’honnêteté du journaliste

Source: http://webmailpro1d.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&;IDMSG=132231&check=&SORTBY=1

« Bien sûr, la politique des drones est une façon de fabriquer les terroristes. » Gilles Gauthier

Ben Laden – Les habitants d’Abbottabad: « Tout est faux, rien ne s’est passé »


2107669_photo-non-datee-d-oussama-ben-ladenOussama Ben Laden est officiellement mort le 2 mai 2011 dans une opération des forces spéciales américaines à Abbottabad contre la résidence où celui-ci avait trouvé refuge. Pour certains, la thèse officielle n’a pas suffisamment de preuves.

Dans un reportage de la BBC, Orla Guerin a interviewé des douzaines de personnes qui ont insisté en disant que Ben Laden n’a pas vécu dans le complexe, aucun d’eux n’ayant jamais été témoin de sa présence ou de rumeurs voulant qu’il ait été là pendant les 5 années où Obama a dit que Ben Laden était un résident de cette ville.

Voici ce que dit le reportage vidéo, publié le 9 mai 2011:

« Une image que la Maison Blanche veut que le monde voit: apparemment un Oussama Ben Laden décoiffé et affaibli qui se regarde lui-même à la télévision. La vidéo a été éditée par le Pentagone et publiée sans son audio. Il affirme que c’est l’une des 5 vidéos retrouvées dans le complexe de Ben Laden. L’image a été en première page des informations au Pakistan aujourd’hui, mais à Abbottabad, où il a rencontré sa mort, il y a beaucoup de scepticisme. »

[Le vendeur de journaux]: « Tout est faux, rien ne s’est passé » dit Mohammad, qui a vendu des journaux ici pendant 50 ans.

Shabeer dit que c’est un cas d’erreur et d’identité. Il affirme que l’homme sur la photo est son voisin.

[Un habitant]: « Son nom est Akhbar Han, il est propriétaire de la maison qu’ils prétendent avoir été celle de Ben Laden. Je le connais très bien. »

Si l’intention a été de prévenir des dangers, cela n’a pas marché ici.

[Un autre habitant]: « Cette photo n’est pas Oussama. »

[Un autre habitant]: « C’est très suspect et fait avec une technologie avancée. »

[Olga Guerin]: « Fait avec un ordinateur? »

[Réponse de l’habitant]: « Oui, fait avec un ordinateur. »

Après avoir maintenant parlé à plus de 50 personnes sur le marché, un seul croit que l’homme dans la vidéo qui regarde la télé était en effet Oussama Ben Laden. Les gens disent ici que les Américains n’ont rien prouvé du tout, ils n’ont pas montré le corps mort de Ben Laden. Beaucoup ne croient pas que le leader d’Al Qaïda vivait ici ou qu’il ait été tué ici.

Il n’est pas clair où et quand les vidéos ont été réalisées. Ce soir, le président Obama a dit que Ben Laden a dû avoir une sorte de réseau de soutien au Pakistan, peut-être impliquant des gens du gouvernement, et que cela doit faire l’objet d’une enquête.

Olga Guerin, BBC News, Abbottabad

Suite de l’enquête de la BBC sur « La mort de Ben Laden« , publiée le 16 janvier 2013:

 

http://wikileaksactu.wordpress.com/2013/07/29/ben-laden-les-habitants-dabbottabad-tout-est-faux-rien-ne-sest-passe/

Obama soutient-il ElBaradei?


BaradaiSelon des sources bien informées à Washington, l’une étant un membre du Congrès dont le travail comprend comme attribut le suivi des événements politiques en Egypte, il n’a pas fallu très longtemps à Mohamed Mustafa ElBaradei, juriste de la charia, lauréat du prix Nobel, et pendant 12 ans le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) (1997-2009), pour contacter, à Washington DC, le cabinet d’avocats Patton Boggs, le 02.07.13. Cela s’est fait quand il était devenu évident que le président égyptien Mohamad Morsi pourrait bien être évincé par le Conseil suprême des Forces armées (SCAF) de l’Egypte. Le lendemain, les représentants de M. ElBaradei auraient également pris contact avec la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines qui prétend représenter les 52 plus grands des plus grands groupes juifs basés aux Etats-Unis.

ElBaradei, peut-être l’actuel favori pour remplacer son ennemi juré, Mohammad Morsi, s’est rué pour organiser certains alliés clés au Caire et à Washington pour reprendre là où sa précédente campagne présidentielle ratée avait été arrêtée, peu avant l’élection présidentielle égyptienne du 25/01/2011. Patton Boggs, le cabinet d’avocats de K Street, NW Washington DC, qui l’an dernier avait 550 avocats et 120 lobbyistes est sans doute l’entreprise la plus proche de la Maison Blanche en matière de sécurisation pour ses clients pour tout ce qu’ils veulent à partir des quelque 5000 décideurs clés du Capitole. Les presque 11.800 autres lobbyistes de Washington enregistrés au niveau fédéral (il n’y a que 300 récents depuis la présidence de Lyndon Johnson) sont loin derrière Patton Boggs en termes d’influence politique.

Le nouveau client de Patton Boggs veut que le Pentagone et la Maison Blanche fassent pression sur le Conseil Suprême des Forces armées (SCAF) de l’Egypte qui vient de déposer le président Morsi et s’arrangent pour le faire nommer président par intérim de l’Egypte en attendant des élections anticipées.

ElBaradei veut la même chose d’Israël et de son lobby américain, le premier ayant développé des relations étroites sous Morsi, similaires à celles d’avec Moubarak.

Ce que les représentants de M. ElBaradei auraient à offrir à la Maison Blanche en échange d’une aide discrète d’Obama, c’est que les accords de Camp David de 1979 dans tous ses éléments seront respectés et que, en plus, des garanties supplémentaires seront données à Israël, avec son régime sioniste d’occupation de la Palestine, qu’il lui sera accordé la primeur dans le domaine immobilier pour son ambassade. En outre, ils peuvent compter sur l’Égypte de ElBaradei pour durcir sa position sur le programme nucléaire de l’Iran avec la modification et le réajustement publics de certains de ses commentaires d’avant 2012 sur l’Iran, que la Maison Blanche et Israël avaient critiqués comme étant «trop tendres pour la République islamique ».

Israël aussi s’est vu promettre, par les agents de M. ElBaradei, une plus grande coopération avec l’Egypte en matière de sécurité qui, ils le promettent également à la Maison Blanche, ira en se renforçant. L’objectif de M. ElBaradei est de s’assurer le soutien personnel de Barack Obama lors de ses manœuvres pour l’imprimatur de la Maison Blanche pour l’élection présidentielle égyptienne qui devrait bientôt avoir lieu et avant.

Une fois de plus, l’administration Obama a été prise par surprise car l’interminable «printemps arabe» , encore à ses balbutiements, se présente plutôt mal pour les potentats installés par l’Occident sur des  »pays » créés artificiellement à la manière style Sykes-Picot.

Barack Obama aurait quelques doutes, selon le contact au Congrès, et les lecteurs se rappelleront probablement son éloge de Morsi après que les deux anciens professeurs d’université ont eu la chance de s’asseoir ensemble pour apprendre à se connaître. «J’aime cet homme», aurait dit Obama à certains membres de son staff. «Il pense comme moi », aurait-il ajouté ,comme son épouse Michele roulait des yeux avec un gros soupir.

Lorsque Morsi a été déposé, Obama a déploré: «Nous sommes profondément préoccupés par la décision des forces armées égyptiennes de destituer le président Morsi et de suspendre la Constitution égyptienne. J’appelle maintenant les militaires égyptiens à agir rapidement et de manière responsable pour rendre la totalité du pouvoir à un gouvernement civil démocratiquement élu dès que possible par le biais d’un processus inclusif et transparent, et d’éviter toute arrestation arbitraire du président Morsi et de ses partisans.  »

Pendant ce temps, le CSFA, sous l’impulsion de l’équipe de M. ElBaradei, était tout sucre tout miel avec Washington et ses alliés pour ce qui concerne les préoccupations exprimées par Obama. Peu de temps avant que celui qui a été désigné par le SCAF pour l’intérim ne prononce son discours, le Département d’Etat recevait une copie du texte, avec le premier paragraphe surligné, pour apaiser Obama. Les premiers mots de la déclaration du 01/07/13 de Sisi sont : «Les forces armées n’interféreront pas dans le domaine de la politique ou de la gouvernance et n’outrepasseront pas le rôle qui leur est assigné dans une démocratie, qui découle de la volonté du peuple. « Ces mots sonnent bien aussi à  »Foggy Bottom » (NDT : Ministère des Affaires Etrangères).

Pendant ce temps, les voisins arabes de l’Egypte ont exprimé leur soutien au coup d’état militaire, mais pas l’Afrique, où il a été rapporté que l’Union africaine allait suspendre l’Egypte de toutes ses activités, à la suite du changement de pouvoir inconstitutionnel.

Les discussions de Patton Boggs avec le Congrès et avec l’administration Obama ont porté, entre autres, sur les points suivants :

Le président Morsi et son gouvernement avaient plus d’un an pour montrer des progrès au peuple égyptien, avec à la fois la légitimité politique institutionnelle provenant de leurs victoires électorales et aussi un fort soutien populaire quand ils ont récupéré la totalité des pouvoirs des mains des forces armées en Juin 2012.

L’équipe de M. ElBaradei souligne que le gouvernement Morsi a lamentablement échoué et que le nouveau gouvernement, dirigé espèrent-ils par M. ElBaradei, va maintenant agir plus efficacement pour faire avancer le pays vers des institutions de gouvernance crédibles et légitimes.

La campagne de M. ElBaradei, comme l’a rapporté le New York Times dans l’édition du 04.04.13, avait également travaillé dur pour convaincre la Maison Blanche de ce qu’il appelait la nécessité d’évincer le président Morsi par la force, présentant plusieurs arguments, qui incluaient une documentation, que Morsi avait raté la transition du pays vers une démocratie inclusive et avait gaspillé une année sans avoir suivi aucun de ses engagements ni traité les problèmes:

Certains analystes du Congrès estiment que l’une des plus grandes erreurs de Morsi provient d’une politique délibérée de consensus et non pas, comme on le croit communément, de la confrontation. Il a permis à l’armée de conserver l’autonomie de sa corporation et de rester au-delà du contrôle civil. En outre, il a inclus dans son cabinet un grand nombre de figures non-Frères musulmans qui l’ont abandonné après quelques mois quand les choses se sont corsées, présentant ainsi au public l’image d’un gouvernement sur le point de s’effondrer. Certains ont suggéré que Morsi aurait dû mettre l’armée au pas aussitôt après avoir pris le pouvoir et qu’il était au sommet de sa popularité ; tout comme l’armée était à son point le plus bas dans la perception du public. Les explications sur les échecs de Morsi n’en finissaient pas.

Ce que feront les Frères musulmans et les partisans de Mohammad Morsi dans les prochains jours à la place Tahrir et à travers l’Egypte déterminera vraisemblablement l’itinéraire et le succès final de la montée en puissance de ElBaradei.

En attendant, à compter du 05/07/13, il semble que le président Barack Obama pourrait bien aider Mohammad ElBaredei à s’introduire au palais présidentiel de l’Egypte. Si l’administration Obama y réussit, il y aura de la joie dans le parti de la victoire à Tel Aviv et à Patton Boggs où un bon nombre des invités seront presque certainement soigneusement examinés par l’AIPAC.

Franklin Lamb fait des recherches au Liban et en Syrie et est accessible c / o fplamb@gmail.com

Traduction : Avic

Source originale : http://www.counterpunch.org/2013/07/05/is-obama-back-elbaradei/

Gaz sarin en Syrie : la Maison-Blanche freine Paris


Washington réclame mardi davantage de preuves pour établir formellement que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie.

Powell-FabiusLa Maison-Blanche a affirmé mardi que davantage de preuves étaient nécessaires pour établir formellement que du gaz sarin avait été utilisé en Syrie, après que les autorités françaises eurent exprimé leur « certitude » en la matière. « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision », a déclaré le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, alors que le président américain a affirmé dans le passé que le recours à des armes chimiques de la part du régime de Damas changerait la « règle du jeu » en Syrie.

« Il nous faut enquêter davantage », a ajouté M. Carney lors de son point de presse quotidien. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé mardi que son pays avait « la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée », sans désigner qui a été responsable de son utilisation. « Je noterai que, selon les informations françaises (…), davantage de travail reste nécessaire pour établir qui est responsable de l’utilisation (de gaz), quelles quantités ont été utilisées et recueillir davantage de détails sur les circonstances de leur utilisation », a ajouté M. Carney.

« Comme le président l’a dit, nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision, nous devons pouvoir les examiner, nous devons pouvoir les recouper avant de prendre une décision sur la base de la violation très claire que le recours à des produits chimiques représenterait de la part du régime syrien. Nous allons persévérer », a encore dit le porte-parole américain.

source

Que signifie «gentleman agreement» pour les gouvernements américain et Israélien?


En 2010, à l’invitation du président américain Barak Obama, Dimitri Medvedev, alors président de la Fédération de Russie, a effectué du 22 au 24 Juin, une visite officielle aux États-Unis, que la Maison Blanche considérait comme un point de départ pour de nouvelles relations avec la Russie. A cette occasion, M. Medvedev a visité le siège des géants Twitter,  Apple Inc et Cisco Systems, dans le complexe de Silicon Valley, près de San Jose, en Californie, leader mondial de la haute technologie. Lire la suite Que signifie «gentleman agreement» pour les gouvernements américain et Israélien?

Le monde en 2030


le-monde-en-2030-selon-la-ciaTous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux Etats-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde. Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des Etats-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).

Le document confidentiel que le président Barack Obama a trouvé sur son bureau de la Maison Blanche le 21 janvier dernier lorsqu’il a entamé son second mandat vient de paraître sous le titre Global Trends 2030. Alternative Worlds (Tendances mondiales 2030 : nouveaux mondes possibles) [1]. Que nous dit-il ?

Le constat principal est : le déclin de l’Occident. Pour la première fois depuis le XVe siècle, les pays occidentaux perdent du pouvoir face à la montée des nouvelles puissances émergentes. Commence la phase finale d’un cycle de cinq siècles de domination occidentale du monde. Même si les Etats-Unis demeureront l’une des principales puissances planétaires, ils perdront leur hégémonie économique en faveur de la Chine. Ils n’exerceront plus leur « hégémonie militaire solitaire » comme ils le font depuis la fin de la Guerre froide (en 1989). Nous allons vers un monde multipolaire dans lequel les nouveaux acteurs (la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie, l’Afrique du Sud) ont vocation à constituer de solides pôles régionaux et à disputer la suprématie internationale à Washington et à ses alliés historiques (Royaume Uni, France, Allemagne, Japon). Pour avoir une idée de l’importance et de la rapidité du déclassement occidental qui s’annonce, il suffit de souligner ces chiffres : la part des pays occidentaux dans l’économie mondiale passera de 56 % aujourd’hui à 25 % en 2030… En moins de vingt ans, l’Occident perdra plus de la moitié de sa prépondérance économique… L’une des principales conséquences de cela c’est que les Etats-Unis et leurs alliés n’auront probablement plus les moyens financiers d’assumer le rôle de gendarmes du monde… De sorte que ce changement structurel (aggravé par la profonde crise économique actuelle) pourrait réussir là où l’Union soviétique et Al-Qaïda ont échoué : à savoir, l’affaiblissement durable de l’Occident.

Selon ce rapport de la CIA, la crise en Europe durera au moins une décennie, soit jusqu’en 2023… Et, toujours selon cette étude, il n’est pas certain que l’Union européenne réussira à maintenir sa cohésion. Entretemps  l’émergence de la Chine se confirme comme deuxième économie du monde qui deviendra bientôt la première. Simultanément, les autres pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud) s’installent en deuxième ligne et entrent en compétition directe avec les anciens empires dominants du groupe JAFRU (Japon, Allemagne, France, Royaume Uni).

En troisième ligne apparaissent désormais une série de puissances intermédiaires avec des démographies à la hausse et de forts taux de croissance économique, appelées à devenir également des pôles hégémoniques régionaux et avec tendance à se constituer en groupe d’influence mondiale, le CINETV (Colombie, Indonésie, Nigéria, Ethiopie, Turquie, Vietnam).

Mais d’ici à 2030, dans le Nouveau système international, quelques unes de plus grandes collectivités du monde ne seront plus des pays mais de communautés rassemblées et reliées entre elles par Internet et les réseaux sociaux. Par exemple, « Facebookland » : plus d’un milliard d’usagers… ou « Twitterland » : plus de 800 millions… Dont l’influence dans le jeux de trônes de la politique mondiale pourrait être décisif. Les structures de pouvoir vont se disséminer en raison de l’accès universel à la Toile et à l’usage des nouveaux outils numériques.

A cet égard, le rapport de la CIA annonce l’apparition de tensions entre les citoyens et certains gouvernements ; tensions que plusieurs sociologues qualifient de « post-politiques » ou « post-démocratiques »… D’un côté, la généralisation de l’accès à Internet et l’universalisation de l’usage des nouvelles technologies vont permettre aux citoyens d’élargir le champ de leurs libertés et de défier leurs représentants politiques (comme ce fut le cas lors des « printemps arabes » ou de la crise des « indignés »). Mais, en même temps, selon les auteurs du rapport, ces mêmes outils électroniques vont procurer aux gouvernements « une capacité sans précédent de surveiller leurs citoyens » [2].

« La technologie – ajoutent les analystes de Global Trends 2030 – continuera d’être le grand critère de différentiation des Etats, mais les futurs empereurs d’Internet, semblables à ceux de Google ou de Facebook, posséderont des montagnes entières de données et manipuleront en temps réel beaucoup plus d’informations que les Etats  ». C’est pourquoi la CIA recommande à l’Administration des Etats-Unis qu’elle se prépare à affronter les grandes entreprise privées qui contrôlent Internet en activant le Special Collection Service [3], un service d’intelligence ultra-secret – qui dépend conjointement de la NSA (National Security Agency) et le SCE (Service Cryptologic Elements) des forces armées – spécialisé dans la captation clandestine d’informations d’origine électro-magnétique. Si un groupe d’entreprises privées venait à contrôler la masse de données qui circule sur Internet, il pourrait conditionner le comportement d’une grande partie de la population mondiale, voire même des entités gouvernementales. La CIA craint aussi que le terrorisme djihadiste soit remplacé para un cyberterrorisme encore plus effroyable.

Le rapport prend d’autant plus au sérieux ce nouveau type de menace que, en définitive, le déclin des Etats-Unis n’a pas été provoqué par une agression extérieure mais par une cause interne : la crise économique survenue en 2008 après la faillite de la banque Lehman Brothers. Les auteurs estiment que la géopolitique contemporaine doit prendre en compte des nouveaux phénomènes qui n’ont pas forcément de caractère militaire. Car, même si les menaces militaires n’ont pas disparues (cf. les affrontements armées en Syrie, les menaces concernant l’Iran ou la récente gesticulation nucléaire de la Corée du Nord), les dangers principaux que courent aujourd’hui les sociétés sont de type non-militaire : changement climatique, conflits économiques, crime organisé, guerres électroniques, nouvelles pandémies, épuisement des ressources naturelles…

Sur ce dernier aspect, le rapport signale qu’une des ressources qui s’épuise le plus rapidement est l’eau douce. En 2030, 60 % de la population mondiale connaîtra des problèmes d’approvisionnement en eau, ce qui pourrait donner lieu à des « conflits hydriques »… Concernant les hydrocarbures, en revanche, la CIA se montre beaucoup plus optimiste que les écologistes. Grâces aux nouvelles techniques (fort polluantes) de fracturation hydraulique, l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste devrait atteindre des niveaux exceptionnels. Les Etats-Unis seraient déjà autosuffisants en gaz, et ils le seront, en 2030, en pétrole. Ce qui fait baisser ses coûts de production manufacturière et encourage la relocalisation de ses industries de main d’œuvre. Mais si les Etats-Unis – principaux importateurs mondiaux d’hydrocarbures – cessent d’importer du pétrole, les prix du baril s’effondreront. Quelles seraient alors les conséquences pour les actuels pays exportateurs ?

Dans le monde de demain, 60 % des personnes vivront, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, dans les villes. D’autre part, conséquence de la réduction accélérée de la pauvreté, les classes moyennes deviendront dominantes et le nombre de personnes qui en feront partie sera multiplié par trois passant de 1 milliard à 3 milliards. C’est une révolution colossale. Qui provoquera, entre autres conséquences, un changement général des habitudes culinaires ; notamment une augmentation de la consommation de viande à l’échelle planétaire. Ce qui va aggraver la crise environnementale. Parce qu’il faudra augmenter considérablement l‘élevage (de bovins, d’ovins, de porcs et de volailles). Et cela supposera une explosion de la consommation d’eau (pour produire les fourrages), d’énergie et de l’usage de fertilisants. Avec des dérivations négatives en termes d’effet de serre et de réchauffement global…

Le rapport prévoit également que, en 2030, les habitants de la planète seront 8,4 milliards, mais que l’augmentation démographique cessera partout à l’exception de l’Afrique. Il y aura donc un vieillissement général de la population mondiale. En revanche, la relation entre l’être humain et les « technologies prothétiques » va accélérer la mise au point de nouvelles générations de robots et l’apparition de « surhommes » capables de prouesses physiques et intellectuelles inédites.

Le futur est rarement prévisible. Il ne faut pas pour autant cesser de l’imaginer en termes de prospective. Et de nous préparer à agir face à diverses circonstances possibles dont une seule se produira. Même si (nous l’avons déjà dit) la CIA possède son propre point de vue subjectif sur la marche du monde, et que ce point de vue est conditionné par l’impératif de la défense des intérêts des Etats-Unis, ce rapport constitue un outil de travail extrêmement utile. Sa lecture nous aide à prendre conscience des rapides évolutions en cours et à réfléchir sur la possibilité, pour chacun d’entre nous, d’intervenir et d’agir pour infléchir le cours des choses. Afin de contribuer à construire un futur plus juste.

Ignacio Ramonet

Notes

[1]   http://www.dni.gov/index.php/national-intelligence-council-global-trends. Paru en français sous le titre : Le Monde en 2030 vu par la CIA, Editions des Equateurs, Paris, 2013.

[2]  Dans ce même esprit de mise en garde, lire Julian Assange (avec Jacob Appelbaum, Aandy Mûller-Maghun et Jérémie Zimmermann), Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne ; comment résister (Robert Laffont, Paris, 2013). Lire aussi : Christophe Ventura, « Julian Assange et la surveillance de masse », Mémoire des luttes, 1er février 2013. http://www.medelu.org/Julian-Assange-et-la-surveillance

[3]   http://en.wikipedia.org/wiki/Central_Security_Service

Source : Mémoire des luttes