Archives du mot-clé le monde

Humour – « Et pourtant elles tournent » : l’incroyable révélation d’un Pulitzer du New York Times


chien-ventiloLe New York Times est, comme on dit, un quotidien « influent », sinon le plus influent au niveau mondial. Tellement influent que lorsque le NYT dit « noir », des journaux provinciaux comme Le Monde s’autorisent au maximum un vague « gris sombre, peut-être ? ». Lorsque le NYT dit, tout le monde écoute. Et par « tout le monde » je veux dire tout le monde qui compte, c’est-à-dire ni vous ni moi. Exemple : lorsque le NYT affirme, « preuves à l’appui », que l’Irak possède des armes de destruction massive, qui sont les quotidiens provinciaux tels que Le Monde ou Libération pour dire autre chose que « à l’attaque !!! » ? Bref, le NYT est le faiseur d’opinion, réputé, sérieux et même – j’ose à peine l’écrire tant le terme est intimidant– un journal de référence. Oui, si le NYT était une voix, ce serait celle de Dark Vador.

C’est clair, bande de ploucs chevelus ?

Alors, lorsque le 15 juillet 2013, dans la rubrique « sciences », le NYT publie un article signé William J. Broad, vous n’avez pas intérêt à faire les marioles. W. Broad est ni plus ni moins que le lauréat de deux prix Pulitzer, d’un Emmy Award et d’un DuPont Award. Il écrit, est-il précisé sur sa fiche, sur des étoiles qui explosent (attention, c’est chaud), sur les secrets de la vie sous-marine (attention, c’est mouillé), sur la science, quoi (attention, c’est compliqué). Une grosse pointure du journalisme. Très grosse, même.

Dans son article intitulé « A Low-Tech Mosquito Deterrent » (un repoussoir de moustiques simple) W. Broad explique qu’il avait été invité à un barbecue en plein-air, dans un endroit plutôt propice à vous faire pomper le sang. Il ne parlait pas d’un atelier du textile au Bangladesh travaillant pour de grandes marques occidentales, mais d’un lieu ou une armée de moustiques libératrice n’attendrait qu’un signal pour vous transformer en une Fallujah sur pattes. Une sorte d’Irak bucolique où votre jugulaire ferait office de sous-sol à exploiter, vous voyez ?

A son incroyable étonnement, le journaliste scientifique de référence a assisté à un véritable tour de sorcellerie : pour chasser les moustiques, ses hôtes avaient installé des ventilateurs qui balayaient la table. Et W. Broad, tout en faisant le signe de la croix, exhale dans un souffle de béatitude Lourdesque : « ça marche ». Se trompant de lieu et d’époque, W. Broad aurait pu hurler, en désignant les ventilateurs d’un doigt tremblant « et pourtant, elles tournent ! ». Mais ça c’est une scène qu’on fera ajouter à la version cinématographique de cette saga.

William J. Broad

Intellectuellement foudroyé par cette démonstration d’activité paranormale, le super-journaliste de référence poursuit en racontant qu’il a écrit à l’auteur de cette machine diabolique pour lui demander des explications, à quoi l’Einstein en herbe lui a répondu : « La solution m’est venue lorsque je me suis mis à penser comme un insecte (sic) et que j’ai réalisé que je n’aimais pas voler dans un courant d’air de 30km/h ». Le génie du dimanche est donc entré en mode penser-comme-un-insecte – état proche du coma mais où le patient garde néanmoins quelques facultés essentielles, comme celle d’ouvrir une canette de bière.

C’est ainsi qu’un des faiseurs d’opinion en ce bas monde découvre ébahi le monde qu’il est censé nous expliquer. Même pas largué le pauvre type : carrément en orbite. Car que démontre, de manière anecdotique certes, un tel article ? Que l’auteur n’a jamais traversé le Rio Grande ou, s’il l’a fait, n’a jamais voyagé autrement qu’en des lieux climatisés. Qu’il n’a jamais au grand jamais soulevé son gros popotin d’un siège de taxi pour déambuler à pied parmi la plèbe des chaudes contrées. Qu’il ne s’est jamais assis, comme ça, à côté d’un inconnu pour bavarder. Qu’il n’a jamais pris un thé servi autrement qu’avec des gants blancs. Qu’il n’a pas la moindre idée de comment vivent les 99% de la population mondiale.

En vérité, chers lecteurs, je vous le dis : le jour où ce cousin d’Amérique de nos connards de HEC (ou l’équivalent) découvrira l’éventail, il nous fera sûrement une attaque. Et de quoi parlera-t-il, ce jour-là ? De « l’incroyable appareil à vent artificiel mû par de l’électricité à huile de coude » ?

Du haut de sa chaire de journalisme de référence niveau mondial, Broad fait semblant d’observer le monde à ses pieds – alors qu’en réalité il ne fait que vérifier discrètement l’état du cirage de ses pompes.

Dans un univers parallèle, fait de vrais médias avec de vrais journalistes dedans, l’article de Broad, tel quel et à la virgule près, aurait été un article éminemment ironique en réaction à je ne sais quelle bêtise du jour. Mais j’ai le regret de vous annoncer que nous ne sommes point dans cet univers-là mais bien dans celui-ci. Alors je n’ai aucune idée à quoi pourrait ressembler une information de masse et de qualité, plus ou moins objective, plus ou moins professionnelle, plus ou moins intelligente. Je n’en ai jamais connue, sinon à de très faibles doses. D’ailleurs, je pense que nous en avons tellement perdu l’habitude que nous réagirions comme un aveugle qui retrouverait soudainement la vue : notre premier réflexe serait probablement de fermer les yeux de douleur, tant cela nous paraîtrait insupportable.

Comme maintenant, quoi.

Viktor Dedaj
« la réalité a dépassé ma fiction »

Source : http://www.legrandsoir.info/et-pourtant-elles-tournent-l-incroyable-revelation-d-un-pulitzer-du-new-york-times.html

Le forcing de Fabius pour une intervention militaire en Syrie


laurent-fabiusAprès la publication par Le Monde d’un « reportage » censé apporter la « quasi preuve » que Bachar el-Assad utilise des armes chimiques, et dont tout indique qu’il a été « monté » en collusion avec le gouvernement français (*) l’offensive diplomatique de ce dernier, pour tenter à toute force d’obtenir une intervention militaire en Syrie, vient de franchir un nouveau pas.

« La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée » a déclaré le 4 juin le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué, en précisant par la suite sur France 2 qu’il ne faisait « aucun doute » que ce gaz avait été utilisé par « le régime et ses complices ». La stratégie du mensonge qui a déjà permis aux puissances de l’OTAN de bombarder la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, va-t-elle cette fois encore permettre de frapper la Syrie ?

Après avoir qualifié les mercenaires qui depuis deux ans terrorisent et martyrisent le peuple syrien de « résistants, révolutionnaires », après avoir répété « Bachar doit partir », au mépris de la volonté de son peuple qui soutient à 70% son gouvernement,  après avoir appelé l’Union européenne à armer ces mercenaires, Laurent Fabius prétend maintenant détenir des analyses de laboratoire « prouvant l’usage de gaz sarin » par l’armée regulière syrienne.

Quelle crédibilité peut-on accorder aux « preuves » que Laurent Fabius tient de deux journalistes revenus de Syrie avec des échantillons dont la « provenance » n’a pas pu être établie et dont les analyses ont été confiées au « centre de recherche du Bouchet, qui dépend de la Délégation générale de l’armement (DGA) » ?

L’ « enquête » réalisée en Syrie par Le Monde, cela saute aux yeux, est un coup monté de toute pièce. Un coup qui a impliqué des agents secrets français. Les fameuses fioles remises par la France à l’ONU constituent un enjeu capital pour la France dont la lamentable diplomatie a reçu gifle après gifle. N’importe quel État ou groupe peut en fabriquer, comme cela s’est déjà vu avec l’Irak quand Powell a brandi une fiole à l’ONU en 2003 pour justifier la guerre qui devait renverser Saddam Hussein, présenté lui aussi sous les traits du Grand Satan.

Pourquoi M. Fabius et les journalistes du Monde n’ont-ils fait aucun tapage médiatique quand, le 29 mai, la police turque avait découvert quatre kilos de gaz sarin à Adana, en Turquie, en possession de membres du front Al Nosra qui auraient avoué vouloir acheminer ce gaz sarin vers les zones de combat en Syrie ?

Pourquoi quand le 2 mai l’armée régulière syrienne a saisi deux kilo de gaz sarin dans la ville de Hama, lors d’une opération contre les « combattants armés », cela n’a-t-il pas non plus été rapporté par Le Monde ?

Les États-Unis ont réagi avec une grande prudence aux « révélations » de M. Fabius : « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (…) avant de prendre une décision (…) Il nous faut enquêter davantage », a déclaré le porte-parole de Barack Obama.

Même prudence du côté de l’ONU qui par le passé avait couvert les mensonges et les abus des puissances qui ont conduit l’Irak et la Libye à leur perte : « Il n’est pas sûr que ces renseignements soient valides, en l’absence d’indications suffisantes sur la traçabilité des données recueillies » a prévenu Ake Sellström, chef de la mission d’enquête chargée par Ban Ki-Moon de vérifier les accusations d’emploi d’armes chimiques en Syrie.

Combien de temps M. Fabius va-t-il encore pouvoir répéter sa certitude que Bachar el-Assad « a utilisé du gaz sarin » ? Combien de temps les médias français comme Le Monde et Libération vont-ils pouvoir continuer de mentir avec lui ?

Combien de temps faudra-t-il à l’opinion publique pour comprendre que les objectifs de leur gouvernement – la France et la Grande Bretagne en tête – sont criminels et que les reporters de guerre, envoyés spéciaux, correspondants – de France télévision, Radio France, Arte, France 25 notamment – qui couvrent leur crimes sont généralement liés aux renseignements militaire et font partie d’un tout, de la machine de guerre ?

Silvia Cattori

« Reportage »… ou farce macabre ?


Tribune libre de DJERRAD Amar
Masque à gaz
Petite mise au point sur le « reportage » de soutien aux islamo fascistes et aux cannibales de l’ASL, commis par des « journalistes » du « Monde »…
 
Les Qatariotes se sont payés le PSG et les palaces parisiens, ils peuvent se payer pas mal de… monde…
– La plupart des gaz de combat (sarin et autres neurotoxiques, vésicants…) passent par la peau et un masque à gaz ne sert à rien si on se promène sans une combinaison ou, au moins, un treillis traité, avec des manches longues boutonnées aux poignets.
Avec une barbe, un masque à gaz ne sert à rien : les gaz passent entre les poils.
– Les masques industriels ne sont pas adaptés à la protection contre les gaz de combat.
– Les « journalistes » n’ont pas été contaminés, quelle chance !
– Les seules images relatives au « fond » du propos montrent des barbus auxquels on administre un collyre. Vachement probant !
– Les deux terroristes et les mercenaires qui sont morts à l’hôpital islamiste sont probablement décédés suite aux injections d’atropine injustifiées.
– Les terroristes interviewés donnent des versions différentes des faits. Les symptômes indiqués relèvent principalement d’un état de stress intense et de terreur panique (bien justifiée : ils ont rendez-vous avec les 72 vierges).
– Tout ça pue la mise en scène de bas étage et l’improvisation hâtive. Même les studios d’Al Jazeera nous avaient habitués à plus de professionnalisme dans leurs montages. Les complices otanesques des wahhabo-fascistes doivent vraiment être désespérés. Tant mieux.
– On a opportunément oublié de rappeler que les seules forces mises en cause devant l’ONU (et pas dans la presse à scandale) pour utilisation de gaz de combat sont, justement, les égorgeurs barbus de la soi-disant « ASL ».
– On nous prend encore une fois pour des cons avec les « armes de destruction massive », le pire est que la majorité des gens continue d’avaler les mensonges des médias dominants.
par Claude Petrovic R


————————-
Voir aussi :

Le Monde : journal de référence du mensonge !

Le Monde : journal de référence du mensonge !


les-combattants-de-la-brigade-tahrir-al-shamLe Monde vient de nous faire une livraison (attendue, à cause de Genève 2 qui approche), nous décrivant par le menu l’utilisation par l’Armée Syrienne d’armes chimiques. Pour le phare du journalisme français, les enquêtes des instances internationales à ce sujet comptent pour du beurre. On n’a pas construit toute cette histoire d’armes chimiques pour la voir démolir par une Carla Del Ponte ou par qui que ce soit. La communauté internationale veut des preuves ? Eh bien qu’à cela ne tienne, on va leur en trouver (fabriquer). Et voilà les vaillants reporters de la maison, au mépris du danger, au milieu des mercenaires, risquant leur vie à tout moment pour confondre Bachar Al Assad.

Mais risquent-ils vraiment leur vie ? Premier constat, les armes chimiques de la Syrie ne tuent pas. C’est un scoop. Après, disent-ils, plusieurs bombardements avec ces armes, au point que les stocks d’atropine se sont épuisés, pas un seul mort. Dommage pour les preuves tant attendues. Quelles belles images ils auraient jetées à la face du monde pour étayer enfin ce que tout le monde conteste. Non seulement il n’y a pas de morts, mais ceux qui sont ‘’touchés’’  (et filmés) sont en bonne santé. Tout au plus éprouvent-ils, devant la caméra, une petite gêne respiratoire qui n’égale même pas celle d’un fumeur passif. Ce n’est pas facile de simuler l’étouffement !!!  A défaut de morts et de crises respiratoires aigües, ils auraient pu nous montrer quelques lésions cutanées ou ne serait-ce qu’une toute petite rougeur. Rien. En revanche le ‘’journaliste’’ nous récite ses notes tirées de Wikipédia décrivant toute la symptomatologie des gaz sarin et autres gaz toxiques. Cette récitation monotone rappellerait plutôt celle d’un étudiant en médecine à l’oral d’un examen de toxicologie.

Les armes chimiques de M. Assad seraient-elles donc inoffensives ? Les syriens ont dû trouver une nouvelle technologie pour des armes  qui ne laissent aucune trace, que l’on n’entend pas venir, qui n’ont ni odeur ni couleur, invisibles, qui n’existent finalement que sur le bout de papier que le courageux reporter est en train de déchiffrer. A moins que le photographe du Monde ne déclassifie les photos prises le jour où il a assisté à une attaque, comme le reportage le prétend. Il aurait même été touché, puisqu’il ‘’ souffrira, quatre jours durant, de troubles visuels et respiratoires’’. Un petit examen sanguin aurait détecté la présence de produits toxique dans son sang. La publication de ces résultats, même falsifiés, aurait été la bienvenue. Là non plus, rien de rien. Quel manque de professionnalisme, pour des journalistes d’un journal de référence !

La moindre des choses auraient été de faire apprendre leur leçon aux mercenaires. Une petite répétition n’aurait pas fait de mal. Quand on dit inodore ça fait tache quand un témoin ressort ses souvenirs olfactifs. De même quand on décrit un bruit de canette de pepsi qu’on ouvre, le djihadiste doit atténuer les bruits d’explosion qu’il a dans sa tête. Manque de professionnalisme encore, mais cette fois, dans l’art de la manipulation.

Du vent ! Que du vent dans ce reportage qui ne repose que sur le narratif. Des mots, rien que des mots.  Rien de concret. C’est ça le journalisme de référence.

Avic

Le système bancaire en bref


BCELe système bancaire actuel fonctionne selon un principe très simple. Celui qui veut emprunter de l’argent promet au banquier qu’il remboursera et sur cette promesse le banquier lui crée un avoir. Sur cela l’emprunteur doit des intérêts.

C’est parce que peu de gens savent comment ça marche, que quasiment personne ne voit comment le fonctionnement bancaire basé sur du vent parasite la société comme une tumeur cancéreuse et réduit les gens à des rouages pour apaiser sa faim financière.

La Banque Centrale Européenne (BCE) oblige les banques d’avoir 2 centimes en réserve pour chaque euro qu’elles doivent à leurs clients. Nos avoirs bancaires sont maintenant couverts pour quelques pourcents d’argent réel, le reste de l’argent n’existe pas. Nous n’avons donc pas d’argent à la banque, mais un avoir de la banque, une promesse du banquier, qu’il nous donnera du vrai argent en échange si nous lui demandons.

Les banques empruntent le vrai argent de la BCE. C’est l’argent dans notre porte-monnaie. Le vrai argent est également utilisé sous forme électronique dans les paiements entre banques.

Les clients ont un avoir bancaire, mais cela n’est pas d’argent avec lequel ils peuvent payer. Aussi, ils n’exécutent pas de paiement. (Bien que tout le monde pense le contraire.) A la place, ils donnent des ordres de paiement à leur banque. Sur ce, les banques changent les avoirs de leurs clients et paient les montants d’une banque à l’autre. Dans le trafic de paiements interbancaires quotidien, les banques annulent les montants qu’elles se doivent mutuellement et le soir elles ne se paient que les différences. Ainsi, avec un tout petit peu d’argent les banques, entre elles, peuvent payer des millions.

L’emprunteur reçoit un avoir de sa banque et le dépense. Ainsi l’avoir arrive sur un autre compte bancaire. Le receveur le dépensera à son tour et ainsi l’avoir circule dans la société et nous sert d’argent. Et au moment où le client rembourse son emprunt, le banquier déduira le montant de son avoir. De cette façon l’avoir créé disparaît. Donc il faut que des nouveaux prêts remplacent ceux remboursés pour maintenir suffisamment de pseudo-argent en circulation. Si la quantité diminue, les emprunteurs ne peuvent plus rembourser leurs emprunts et les banques font faillite.

Mais pas tous les avoirs ne continuent à circuler. Il y a aussi des gens qui parquent une partie de leur avoir sur un compte d’épargne. Les avoirs immobilisés sur des comptes d’épargne ne participent plus dans la circulation et, à la place, de nouveaux prêts doivent être émis. Bien entendu, de ces prêts supplémentaires il y aura également une partie qui finit comme épargne. Pour tous les prêts, ceux parqués comme ceux en circulation, les emprunteurs doivent travailler pour trouver l’argent pour payer les remboursements et les intérêts. Ils ne peuvent pas trouver cet argent sur les comptes-épargne. Cet argent ne peut pas être gagné. Donc de plus en plus de remboursements et d’intérêts doivent être payés avec l’argent en circulation. A la fin, ces sommes finiraient même par dépasser l’argent disponible. La solution des banquiers? Encore plus de prêts!

Si l’on augmenter l’argent en circulation à la même vitesse que l’épargne, il y aura toujours assez d’argent pour les remboursements et les intérêts. C’est pour cela que nous avons de l’inflation. Dans l’ « argent » en circulation, les prêts s’entassent toujours plus..

Les intérêts pour les épargnants sont payés par les emprunteurs. Ce sont souvent des entreprises comme des magasins, grossistes, transporteurs, producteurs, sous-traitants et fournisseurs de services. Ils ajoutent ces coûts aux prix de leurs produits. Finalement, ce sont les consommateurs qui les payent. 35% de tous les prix consistent en intérêts et ce pourcentage augmente sans cesse. [1]

Les intérêts que les épargnants reçoivent sont, en premier lieu, sorti du chapeau du banquier comme un avoir supplémentaire, rajoutés sur leur compte-épargne. Ces intérêts aussi portent des intérêts. A 3% d’intérêts l’épargne double en 24 ans, à 4% en 18 ans. Donc les riches deviennent de plus en plus rapidement plus riches. Aujourd’hui 10% des Européens les plus riches détiennent 90% des richesses.

La masse de pseudo-argent ne cesse de croître. Aux alentours de 1970 elle avait atteint le stade où les avoirs dépassent le Produit Intérieur Brut. Il y avait beaucoup plus de pseudo-argent que nécessaire pour l’économie normale. Cela menait au développement d’un secteur financier, où l’on gagne l’argent avec l’argent, c’est à dire avec des intérêts et en soufflant des bulles à la bourse. Les banquiers savaient qu’à la longue il serait de plus en plus difficile de maintenir la croissance monétaire et de trouver suffisamment de partis fiables à qui fournir des prêts.

Ils ont réussi à convaincre les gouvernements, que ce serait mieux s’ils n’empruntaient plus à leur banque centrale (ce qui dans la pratique revenait à emprunter sans intérêts) et, à la place, d’emprunter à des banques commerciales, donc à intérêts. Dans tous les pays qui l’ont accepté la dette publique croissait exponentiellement. Non pas parce que ces gouvernements faisaient plus de dettes, mais en raison des intérêts sur intérêts sur la dette existante. [2]

Canadas_National_Debt_1940_1987Les gouvernements devaient réduire leurs dépenses pour faire face à la charge croissante des intérêts. Mais contre l’effet de la croissance exponentielle des intérêt on ne pourra pas gagner avec des réductions de dépenses. Les gouvernements devaient vendre des services publics pour rembourser les dettes. Une longue vague de privatisations suivait, une par une de grands projets, pour lesquels les banquiers pouvaient fournir des prêts à des partis privés.

Déjà en 1970 le banquier Luxembourgeois Pierre Werner présentait une première esquisse pour l’euro, qui donnerait aux banques la possibilité de fournir des prêts dans une région beaucoup plus vaste. Des économistes éminents avertissaient qu’une monnaie unique dans une zone économiquement hétérogène mènerait à de grands problèmes. Les économistes prédisaient, que les pays dont les possibilités de production étaient moindres seraient inondés par des produits moins chers venant des pays les plus productifs, comme l’Allemagne. Les entreprises des pays faibles feraient faillite, tandis que l’argent quitterait le pays comme paiement des produits d’importation. [3] Exactement comme il s’est produit.

Endebted_eurocountriesLes pays faibles se retrouvent endettés, sans possibilité de s’en sortir. Les banques profitent de ces montagnes de dettes croissantes et font porter les risques par les payeurs d’impôts. En 2012 les gouvernements de la zone euro ont établi le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) alimenté sans limite [4] par les impôts des citoyens, qui remboursera toutes les pertes que les prêteurs subissent dans les pays faibles.

La solution de tous ces problèmes est aussi simple que sa cause. Nous devons ériger une banque à nous tous, une banque d’état, qui a le droit exclusif de créer de l’argent. Il faut interdire les prêts d’argent inexistant. Une banque d’état n’a pas besoin de capital, ni de bénéfices. Aussi, les intérêts peuvent rester très bas ou être compensés fiscalement. Les intérêts sont versés à la communauté. Un tel système d’argent n’a pas de nécessité de croissance d’argent, ni de croissance de rentabilité, ni d’inflation, ni de croissance de productivité, ni de compétition, ni d’exploitation et ni de chômage. Si décidé démocratiquement, le gouvernement pourra reprendre en main les services collectifs et les gérer dans l’intérêt des citoyens. Également, on pourra privilégier les investissements désirable pour la société et non pas ceux qui livrent des bénéfices financiers le plus rapidement possibles. Le gouvernement ne sera plus dépendant des banques. La dette publique sera du passé. Collectivement nous pouvons miser sur une société durable et de bien-être au lieu de l’engloutissement, la dilapidation et la pression toujours croissante sur les employés pour plaire aux prêteurs d’argent.

Il nous restera même de l’argent et du temps pour ériger un musée de statues de cire, où nous pourrons conserver les loups financiers et leurs complices politiques comme un avertissement aux générations futures: gardez-vous des banksters!

 

Notes et références

[1] Helmut Creutz & http://www.vlado-do.de/money/index.php.de

[2] Ellen Brown:  Canada: a tale of two monetary systems

[3] Uit de euro, en dan?   http://www.courtfool.info/fr_Sortir_de_l_euro.htm

[4]  voir Traité du Mécanisme de Stabilité Européenne, articles 10.1 et 10.2

http://www.courtfool.info/ESM_treaty_2_Feb_2012/fi_ESM_14-tesm2.fi12.pdf

 

www.courtfool.info.