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La France et ses otages


dernières-libérations-otagesLéon Zitrone avait dit : « Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ! ». Telle est devenue la devise de la France depuis la présidence de Sarkozy.  La recherche perpétuelle d’un peu de lumière est devenue une obsession. Comme les starlettes d’antan, tout est bon pour acquérir la célébrité, même au prix de tous les reniements. Lire la suite La France et ses otages

Humour – « Et pourtant elles tournent » : l’incroyable révélation d’un Pulitzer du New York Times


chien-ventiloLe New York Times est, comme on dit, un quotidien « influent », sinon le plus influent au niveau mondial. Tellement influent que lorsque le NYT dit « noir », des journaux provinciaux comme Le Monde s’autorisent au maximum un vague « gris sombre, peut-être ? ». Lorsque le NYT dit, tout le monde écoute. Et par « tout le monde » je veux dire tout le monde qui compte, c’est-à-dire ni vous ni moi. Exemple : lorsque le NYT affirme, « preuves à l’appui », que l’Irak possède des armes de destruction massive, qui sont les quotidiens provinciaux tels que Le Monde ou Libération pour dire autre chose que « à l’attaque !!! » ? Bref, le NYT est le faiseur d’opinion, réputé, sérieux et même – j’ose à peine l’écrire tant le terme est intimidant– un journal de référence. Oui, si le NYT était une voix, ce serait celle de Dark Vador.

C’est clair, bande de ploucs chevelus ?

Alors, lorsque le 15 juillet 2013, dans la rubrique « sciences », le NYT publie un article signé William J. Broad, vous n’avez pas intérêt à faire les marioles. W. Broad est ni plus ni moins que le lauréat de deux prix Pulitzer, d’un Emmy Award et d’un DuPont Award. Il écrit, est-il précisé sur sa fiche, sur des étoiles qui explosent (attention, c’est chaud), sur les secrets de la vie sous-marine (attention, c’est mouillé), sur la science, quoi (attention, c’est compliqué). Une grosse pointure du journalisme. Très grosse, même.

Dans son article intitulé « A Low-Tech Mosquito Deterrent » (un repoussoir de moustiques simple) W. Broad explique qu’il avait été invité à un barbecue en plein-air, dans un endroit plutôt propice à vous faire pomper le sang. Il ne parlait pas d’un atelier du textile au Bangladesh travaillant pour de grandes marques occidentales, mais d’un lieu ou une armée de moustiques libératrice n’attendrait qu’un signal pour vous transformer en une Fallujah sur pattes. Une sorte d’Irak bucolique où votre jugulaire ferait office de sous-sol à exploiter, vous voyez ?

A son incroyable étonnement, le journaliste scientifique de référence a assisté à un véritable tour de sorcellerie : pour chasser les moustiques, ses hôtes avaient installé des ventilateurs qui balayaient la table. Et W. Broad, tout en faisant le signe de la croix, exhale dans un souffle de béatitude Lourdesque : « ça marche ». Se trompant de lieu et d’époque, W. Broad aurait pu hurler, en désignant les ventilateurs d’un doigt tremblant « et pourtant, elles tournent ! ». Mais ça c’est une scène qu’on fera ajouter à la version cinématographique de cette saga.

William J. Broad

Intellectuellement foudroyé par cette démonstration d’activité paranormale, le super-journaliste de référence poursuit en racontant qu’il a écrit à l’auteur de cette machine diabolique pour lui demander des explications, à quoi l’Einstein en herbe lui a répondu : « La solution m’est venue lorsque je me suis mis à penser comme un insecte (sic) et que j’ai réalisé que je n’aimais pas voler dans un courant d’air de 30km/h ». Le génie du dimanche est donc entré en mode penser-comme-un-insecte – état proche du coma mais où le patient garde néanmoins quelques facultés essentielles, comme celle d’ouvrir une canette de bière.

C’est ainsi qu’un des faiseurs d’opinion en ce bas monde découvre ébahi le monde qu’il est censé nous expliquer. Même pas largué le pauvre type : carrément en orbite. Car que démontre, de manière anecdotique certes, un tel article ? Que l’auteur n’a jamais traversé le Rio Grande ou, s’il l’a fait, n’a jamais voyagé autrement qu’en des lieux climatisés. Qu’il n’a jamais au grand jamais soulevé son gros popotin d’un siège de taxi pour déambuler à pied parmi la plèbe des chaudes contrées. Qu’il ne s’est jamais assis, comme ça, à côté d’un inconnu pour bavarder. Qu’il n’a jamais pris un thé servi autrement qu’avec des gants blancs. Qu’il n’a pas la moindre idée de comment vivent les 99% de la population mondiale.

En vérité, chers lecteurs, je vous le dis : le jour où ce cousin d’Amérique de nos connards de HEC (ou l’équivalent) découvrira l’éventail, il nous fera sûrement une attaque. Et de quoi parlera-t-il, ce jour-là ? De « l’incroyable appareil à vent artificiel mû par de l’électricité à huile de coude » ?

Du haut de sa chaire de journalisme de référence niveau mondial, Broad fait semblant d’observer le monde à ses pieds – alors qu’en réalité il ne fait que vérifier discrètement l’état du cirage de ses pompes.

Dans un univers parallèle, fait de vrais médias avec de vrais journalistes dedans, l’article de Broad, tel quel et à la virgule près, aurait été un article éminemment ironique en réaction à je ne sais quelle bêtise du jour. Mais j’ai le regret de vous annoncer que nous ne sommes point dans cet univers-là mais bien dans celui-ci. Alors je n’ai aucune idée à quoi pourrait ressembler une information de masse et de qualité, plus ou moins objective, plus ou moins professionnelle, plus ou moins intelligente. Je n’en ai jamais connue, sinon à de très faibles doses. D’ailleurs, je pense que nous en avons tellement perdu l’habitude que nous réagirions comme un aveugle qui retrouverait soudainement la vue : notre premier réflexe serait probablement de fermer les yeux de douleur, tant cela nous paraîtrait insupportable.

Comme maintenant, quoi.

Viktor Dedaj
« la réalité a dépassé ma fiction »

Source : http://www.legrandsoir.info/et-pourtant-elles-tournent-l-incroyable-revelation-d-un-pulitzer-du-new-york-times.html

Algérie : attention, danger


Djamel-Okacha2A voir le danger partout, certains pourraient dire que cela frise le pathologique, la paranoïa. Mais l’expérience est là pour montrer que dans 100% des cas certains évènements aboutissent toujours aux mêmes conclusions, pour la bonne raison que ce sont les conclusions elles-mêmes qui déterminent les évènements. Il s’agit, bien sûr du terrorisme.

On n’en est plus au temps où, rien qu’à l’énoncé du mot ‘’terrorisme’’, on renonçait à prendre le métro ou annulait sa réservation d’avion. C’était le temps où les terroristes terrorisaient les honnêtes gens. Ce temps est révolu. Aujourd’hui ils n’empêchent plus personne de dormir. Ici en tout cas. Une autre réaction a pris place. On se demande plutôt où les terroristes vont frapper, pour savoir quel pays va être envahi. Tous les cas de terrorisme ‘’islamistes’’ se sont, jusqu’ici, soldés par une invasion ou, au minimum par un changement de régime. Forts de cette expérience, chaque nouvel attentat nous placerait plutôt dans une position de pronostiqueur.

Ainsi, quand on voit, de nouveau, que les terroristes du Sahel sont en train d’installer leurs tentes en Algérie, ne peut qu’inquiéter. Ça commence toujours par une annonce faite par un grand média, qui sera progressivement reprise par les confrères, et amplifiée ensuite. Cette fois c’est  Le Nouvel Obs qui s’y colle, repris par Libération. Selon l’article de Libé, les otages français du Sahel ont été transférés en Algérie.

Pourquoi ?  Parce que le nouveau chef (il y en a tellement !) est algérien. L’ancien chef de ce groupe (combien y a-t-il de groupes ?), Abou Zeid, est enfin mort officiellement, d’après une déclaration faite par l’AQMI le 16 Juin 2013. Il fait partie de ces terroristes qui ne peuvent mourir officiellement que quand on n’a plus besoin d’eux, et seulement lorsqu’on leur a trouvé un successeur pour le programme suivant. Pour ce qui le concerne, le Président Tchadien, Idriss Déby, avait annoncé, dès le 1er Mars,  sa mort dans des combats qui ont eu lieu le 22 février et au cours desquels plusieurs soldats tchadiens avaient été tués. Notons que c’est à la même période que ‘’mourait’’ aussi l’autre grand terroriste, autre chef d’un autre groupe, Mokhtar Belmokhtar, qui a ‘’ressuscité’’ depuis. Personne ne sait où il se cache, mais est-ce vraiment important ? L’essentiel c’est que, de temps à autre, il se manifeste par vidéo ou audio, ou que quelque témoin en vadrouille dans le désert témoigne l’avoir entraperçu. Même mort, il peut bien faire ça, non ? On ne lui en demande pas plus.

Pour aujourd’hui l’intérêt s’est déplacé vers un autre personnage. Il s’appelle Djamel Okacha. Nom de guerre (il en faut toujours un) : Yahia Abou El-Hammam. C’est le nouveau chef du GSPC (Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat). Il déménage en Algérie, avec armes, bagages et otages.

Des terroristes qui débarquent dans un pays, ça signifie des perspectives sombres pour ce pays. Deux situations peuvent se présenter.

Soit le pays en question est du bon côté. Les terroristes sont alors des ‘’invités’’, en vue de taquiner le voisin. Mais, dans ce cas il faut jouer le jeu à 100%. A aucun moment il ne sera question d’hésitations ou de revoir tel ou tel point dans sa position. Ceux qui en douteraient peuvent demander des éclaircissements à Erdogan. Quand on s’engage dans cette voie, c’est jusqu’au bout, et même plus, sous peine de se retrouver avec une révolution chamarrée que l’on n’aura vu venir de nulle part. Elle pourrait surgir d’une crise politique ou sociale, d’un arbre coupé, ou d’un chat écrasé.

L’autre situation, c’est quand le pays ‘’hôte’’ est du mauvais côté. La situation est encore plus limpide. Le mot ‘’terroristes’’, ne serait,  dans ce cas, que l’autre appellation des forces spéciales.

Dans un cas comme dans l’autre, la présence annoncée des terroristes du Sahel en Algérie a de quoi préoccuper, d’autant plus qu’ils arrivent, avec déjà dans leurs bagages, le futur alibi, les otages, qu’il faudra bien libérer un jour d’une manière ou d’une autre.

Que va faire le gouvernement algérien ? Car l’affaire est complexe. Il a déjà montré par le passé qu’il savait comment traiter le terrorisme. Mais, dans le cas présent, il se peut qu’il n’y ait aucun terroriste sur son sol. Seule l’annonce de sa présence suffit. Comment lutter contre le virtuel ?

Je me trompe peut-être et je l’espère. Mais les migrations de terroristes n’ont jamais été anodines. A suivre donc.

Avic