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La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein


Norman-black-shirtLe Secrétaire d’Etat américain John Kerry était à nouveau au Moyen-Orient cette semaine, menant des entretiens intensifs avec des responsables Israéliens et Palestiniens et d’autres acteurs régionaux. Il a été largement rapporté que son objectif est de parvenir à un « accord-cadre » comme prélude à un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Lire la suite La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein

Pourquoi Israël a assassiné Arafat


2012071208Il semble qu’il y ait encore beaucoup de parties qui préféreraient que la mort d’Arafat continue à être traitée comme un mystère plutôt que comme un assassinat. Il est difficile, cependant, d’éviter de tirer la conclusion logique de la découverte la semaine dernière par des scientifiques suisses que le corps du leader palestinien contenait des niveaux élevés d’un isotope radioactif, le polonium – 210. Une étude concluante et beaucoup plus limitée par une équipe russe publiée immédiatement après l’annonce suisse suggère également qu’Arafat est mort d’un empoisonnement.

Il est temps d’énoncer une évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons tombent carrément sur Israël. Seul Israël avait les moyens, les antécédents, l’intention déclarée et le motif. Sans les empreintes digitales d’Israël sur l’arme du crime, ce sera insuffisant pour obtenir une condamnation devant une cour de justice, mais ce devrait être une preuve suffisante pour condamner Israël devant la cour de l’opinion mondiale. Israël avait accès au polonium de son réacteur nucléaire de Dimona, et il a une longue expérience dans la réalisation d’assassinats politiques, certains ostentatoires et d’autres secrets, souvent à l’aide d’agents chimiques difficiles à tracer. Plus notoirement, Israël a essayé de tuer tranquillement un autre leader palestinien, Khaled Mechaal du Hamas en Jordanie en 1997, en injectant un poison dans l’oreille. Mechaal n’a été sauvé que parce que les assassins ont été arrêtés et Israël a été forcé de fournir un antidote.

Les dirigeants israéliens se sont succédé pour nier qu’il y ait jamais eu la moindre intention maligne du côté d’Israël envers Arafat. Silvan Shalom, le ministre de l’énergie, a affirmé la semaine dernière : « Nous n’avons jamais pris la décision de lui nuire physiquement ». Shalom doit souffrir d’un trou de mémoire. Il y a plusieurs preuves qu’Israël voulait, dans l’euphémisme de cette époque, ‘’retirer’’ Arafat. En Janvier 2002, Shaul Mofaz, chef d’état-major de l’armée israélienne, a été surpris au micro chuchotant au Premier ministre israélien, Ariel Sharon, parlant d’Arafat : « Nous devons nous débarrasser de lui ». Avec le dirigeant palestinien enfermé pendant plus de deux ans dans son enceinte dévastée à Ramallah, entouré de tanks israéliens, le débat au sein du gouvernement israélien était centré sur le fait de savoir s’il devait être exilé ou tué. En Septembre 2003, alors que Shalom était ministre des Affaires étrangères, le cabinet a même émis un avertissement qu’Israël  » supprimerait cet obstacle d’une manière ou d’une autre et au moment de son choix « . Le vice-Premier ministre d’alors, Ehud Olmert, a précisé que tuer Arafat était  » une des options « . Ce qui retenait la main d’Israël, et alimentait son ton équivoque, était la vive opposition de Washington. Dans le sillage de ces menaces, Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, a averti qu’un mouvement contre Arafat déclencherait  » la rage partout dans le monde arabe, le monde musulman et dans de nombreuses autres parties du monde « . En Avril 2004, cependant, Sharon a déclaré qu’il n’était plus tenu par son engagement antérieur avec le président George Bush de ne pas « nuire physiquement à Arafat « . « Je suis libéré de cet engagement « , avait-t-il observé. La Maison Blanche a aussi montré un fléchissement de sa position : un porte-parole anonyme a timidement répondu que les Etats-Unis  » sont opposés à toute action de cette nature« . L’inconnu est de savoir si Israël était en mesure de mener à bien l’assassinat seul, ou s’il a eu besoin de recruter un ou plusieurs membres de l’entourage d’Arafat, qui étaient avec lui dans son QG de Ramallah, en tant que complices pour livrer le poison radioactif.

Alors qu’en est-il du mobile? Que gagne Israël à  » retirer  » Arafat ? Pour comprendre la pensée d’Israël, il faut revenir à un autre débat qui fait rage en ce moment, parmi les Palestiniens. La direction palestinienne a été scindée en deux camps, centrés sur Arafat et Mahmoud Abbas, l’héritier apparent d’Arafat. Le couple avait des stratégies nettement divergentes pour faire face à Israël. De l’avis de M. Arafat, Israël avait renié les engagements qu’il avait pris dans les accords d’Oslo. Il était donc réticent à investir de manière exclusive dans le processus de paix. Il voulait une double stratégie : maintenir les canaux ouverts pour des entretiens tout en conservant l’option de la résistance armée pour faire pression sur Israël. Pour cette raison, il a gardé une emprise personnelle serrée sur les forces de sécurité palestiniennes. Abbas, en revanche, estimait que la résistance armée était un cadeau à Israël, et délégitimait la lutte palestinienne. Il voulait se concentrer exclusivement sur ​​les négociations et le renforcement de l’État, dans l’espoir d’exercer une pression indirecte sur Israël en prouvant à la communauté internationale que les Palestiniens pouvaient inspirer la confiance avec un Etat. Sa priorité était de coopérer étroitement avec les Etats-Unis et Israël en matière de sécurité. Israël et les Etats-Unis préféraient nettement l’approche d’Abbas, forçant même Arafat pendant un certain temps à réduire son influence en nommant Abbas au poste nouvellement créé de Premier ministre.

La principale préoccupation d’Israël était que, bien qu’Arafat soit leur prisonnier, il reste une figure unificatrice pour les Palestiniens. En refusant de renoncer à la lutte armée, Arafat a réussi à contenir, un tant soit peu – les tensions croissantes entre son propre mouvement, le Fatah, et ​​son principal rival, le Hamas. Avec Arafat disparu, et le conciliant Abbas installé à sa place, ces tensions ont violemment éclaté dans la foulée, comme Israël avait certainement prévu qu’il se passerait. Qui a abouti à une scission qui a déchiré le mouvement national palestinien et a conduit à un schisme territorial entre la Cisjordanie contrôlée par le Fatah et Gaza sous la domination du Hamas. Dans la terminologie souvent utilisée par Israël, Arafat était à la tête de l ‘«infrastructure de la terreur». Mais la préférence d’Israël pour Abbas ne provient pas du respect qu’il aurait pour lui ou d’une croyance qu’il pourrait réussir à convaincre les Palestiniens d’accepter un accord de paix. Sharon a eu cette déclaration célèbre que Abbas n’était pas plus impressionnant qu’un  » poulet plumé « .

Les intérêts d’Israël en tuant Arafat sont évidents quand on considère ce qui s’est passé après sa mort. Non seulement le mouvement national palestinien s’est effondré, mais la direction palestinienne a de nouveau été ramenée dans une série de pourparlers de paix futiles, laissant à Israël le champ libre pour se concentrer sur l’accaparement des terres et la construction de colonies. Revenant sur  la question de savoir si Israël a bénéficié de la perte d’Arafat, l’analyste palestinien Mouin Rabbani observe :  » l’engagement exemplaire d’Abu Mazen [ Abbas ] vis-à-vis des accords d’Oslo au fil des années , et le maintien de la coopération sécuritaire avec Israël  contre vents et marées, n’ont-ils pas déjà répondu à cette question?  »

La stratégie d’Abbas peut être confrontée à son test ultime maintenant, alors que l’équipe de négociation palestinienne essaie une fois de plus de cajoler Israël pour la concession du strict minimum pour un Etat, au risque d’être accusée d’être responsable de l’inévitable échec des négociations. L’effort semble déjà profondément mal orienté. Alors que les négociations n’ont accordé aux palestiniens qu’une poignée de vieux prisonniers politiques, Israël a déjà annoncé, en retour, une expansion massive des colonies et la menace d’expulsion de quelque 15000 Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est. C’est indubitablement un compromis qu’Arafat aurait amèrement regretté.

Jonathan COOK

Traduction Avic

http://www.counterpunch.org/2013/11/13/why-israel-murdered-arafat/

Arafat : La procédure qui peut bouleverser le Moyen-Orient


622348086Arafat a-t-il été empoisonné ? Si oui, par quelle substance ? Si oui, par qui ? Si oui, avec quels commanditaires, quels complices et quels exécutants ? Les questions de fond sont redoutables mais le vrai enjeu résulte de la procédure.

Le décès en 2004

Arafat est décédé à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, le 11 novembre 2004. Depuis la mi-octobre, il souffrait de troubles digestifs, justifiant des soins à Ramallah puis un transfert urgent en France, via la Jordanie. En vain : les médecins français ont été impuissants pour traiter cette maladie, et même pour la qualifier. A ce jour encore, nous n’avons que des doutes et des questions, car l’épouse s’était opposée à l’autopsie.

La plainte en 2013

En 2013, l’épouse a changé de point de vue, et elle a déposé plainte pour empoisonnement, plainte recevable car enregistrée dans le délai des dix ans de la prescription des crimes. Une plainte pour crime avec constitution de partie civile conduit de facto à l’ouverture d’une instruction, et oblige le juge d’instruction à faire toutes diligences pour la recherche de la vérité.

De fait, une instruction judiciaire a été ouverte au TGI de Nanterre, et les juges d’instruction ont ordonné des expertises, ce qui est la pratique dans ce genre d’affaires. Pour vérifier que tout se passait bien, ils se sont même rendus à Ramallah pour l’exhumation du corps. C’est donc du sérieux.

Les expertises

Depuis quelques jours, la presse publie des infos sur un rapport effectué par une équipe suisse, contredisant les infos sur un rapport russe, antérieur de quelques mois. Les  « experts » divers et variés se précipitent pour parler, sans que l’on sache très bien qui parle en ayant été mandaté par les juges, et qui parle parce qu’il a trouvé un micro charitable…

Le plus grand doute

A ce stade, aucune information sur le fond n’est fiable, et les manips sont au max. Je me garde bien de tout commentaire. Si on voulait une procédure sérieuse, il fallait déposer la plainte pénale juste après le décès, faire pratiquer une autopsie, saisir le dossier, entendre tous les professionnels de santé, et ordonner une expertise complète confiée à deux collèges d’experts chevronnés. Rien n’a été fait.

Les réactions du côté palestinien

Toutes les réactions accréditent l’hypothèse de l’empoisonnement, ce qui ne peut laisser les juges indifférents.

L’épouse a bondi, manifestant sa volonté de savoir la vérité, sur l’air « je vous l’avais bien dit… ».

L’OLP est sur la même ligne ou presque. Selon une dépêche de l’AFP, Wassel Abou Youssef, porte-parole du Fatah et membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a appelé à la formation d’une « commission d’enquête internationale sur le meurtre du président Arafat ».

Alors, ça va chauffer ?

Nous verrons, et rien n’est moins sûr car les expertises semblent aussi faibles que contradictoires, et que sans autopsie ni audition des témoins de l’époque, on fonce dans le brouillard.

De plus, admettons que l’empoisonnement soit prouvé, il faudrait encore l’imputer à des auteurs… Et sur la base de quelle enquête et de quelles preuves ?

Mais…

Oui, « mais », car il y a un « mais » d’importance.

Avant de classer l’affaire par un non-lieu, les juges de Nanterre seront nécessairement interpelés par la réaction de l’OLP, estimant que les faits sont graves au point de demander une « commission internationale ». Il serait donc logique qu’ils cherchent à entendre, comme témoins ceux qui étaient des collaborateurs de Yaser Arafat à l’époque. Pas pour accuser, mais pour savoir.

Mahmoud Abbas était un proche collaborateur de Yaser Arafat, et son audition serait logique. C’est là que tout va se compliquer,… ou au contraire se simplifier.

L’immunité des chefs d’Etat

Un chef d’Etat bénéficie de l’immunité de juridiction, et il ne peut être entendu par un juge, et surtout pas par un juge d’un Etat étranger.

Alors, si les juges de Nanterre convoquent Mahmoud Abbas, que se passe-t-il ?

Si la convocation est délivrée…

En droit, les juges de Nanterre peuvent convoquer Mahmoud Abbas comme témoin, car la France n’a pas reconnu l’Etat de Palestine (ce qui est lamentable).

Mais force est de constater que Mahmoud Abbas n’a pas fait grand-chose, depuis le vote de l’Assemblée générale de l’ONU reconnaissant la Palestine comme « Etat observateur non membre » pour imposer la souveraineté palestinienne, notamment en revendiquant le libre usage des eaux territoriales à Gaza ou en multipliant les signatures de traités internationaux. C’est un constat.

Aussi, une convocation comme témoin, selon le droit français, serait légale, et logique au regard de l’avancement de la procédure et des déclarations de l’OLP.

… ce serait un tremblement de terre

Si Mahmoud Abbas obtempérait à une telle convocation, il signerait que la Palestine n’est pas un Etat, et il se soumettrait au Code de procédure pénale. Cela parait injouable, alors que 127 Etats ont reconnu la Palestine comme Etat…

La seule solution serait de refuser, et pour éviter la délivrance d’un mandat d’amener, la seule solution serait de revendiquer – enfin – la qualité de chef d’Etat.

Les juges et l’Etat français devraient alors prendre position. Mais quels arguments auraient-ils pour dénier la réalité d’un Etat Palestinien de plein exercice, fondé sur la souveraineté inaliénable du peuple palestinien ?

Ce serait une entrée par la petite porte, mais la seule chose qui compte est d’être entré, alors que le peuple palestinien attend depuis si longtemps.

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http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/11/08/arafat-la-procedure-qui-peut-tout-changer-885449.html

Le grand perdant des évènements égyptiens


la-libre-circulation-des-personnes-sera-desormais-possible-entre-l-egypte-et-la-bande-de-gaza-au-niveau-de-rafah-afp-said-khatibPendant que les FM égyptiens envahissent les places et les mosquées, que les militaires de Morsi répriment dans le sang et que des mercenaires du Sinaï font tout pour attirer la vindicte par des actes terroristes et tentent désespérément de se faire assimiler aux FM (ce qui est allègrement fait par certains), le monde autour continue son bonhomme de chemin, comme si cette agitation meurtrière égyptienne n’était rien d’autre … que de l’agitation.

En Syrie, il n’y a aucun impact. Pourtant, on parle bien de l’Egypte, l’un des principaux pays arabes et du Proche-Orient. On aurait pu croire que le moindre éternuement dans le pays des pharaons aurait eu des répercussions dans toute la région et dans le monde arabe. On se souvient de l’arrivée de Morsi au pouvoir. On allait voir ce qu’on allait voir, selon ce qu’il allait faire ou dire. Il n’a eu aucun effet sur la Syrie. Les choses se passaient ailleurs, avec d’autres protagonistes. La situation à Gaza et en Palestine n’a pas bougé d’un iota.  Morsi a été une parenthèse.

Nous voilà revenu à la case départ, mais avec un maximum de bruits, trop de bruit, pourrait-on dire, savamment orchestré, semble-t-il. Qu’est-ce qui change avec cette nouvelle situation ? Pour la Syrie, rien. Bachar Al Assad continue son combat, appuyé par les mêmes alliés, contre les mêmes mercenaires avec leurs ‘’Allah Akbar’’ pour les vidéos, eux-mêmes avec leurs mêmes appuis à peine remaniés mais avec les mêmes commanditaires. Pour l’Iran, rien de changé, non plus, malgré un changement de président. Pour l’ensemble des monarchies du Golfe, seul le chéquier a changé de mains. Mais ça c’était déjà là un peu avant ce qui se passe aujourd’hui en Egypte.

Puisque rien n’a changé ou presque, à quoi rime tout ce boucan autour d’un général encore inconnu il y a un mois et des frères musulmans que l’on fait mine de découvrir (après Caroline Fourest et BHL) alors qu’ils sont là depuis près d’un siècle ? Diversion ou manipulation ? Il n’y a jamais de boucan médiatique gratuit, surtout dans cette partie du monde. Et l’on constate que si les évènements n’ont aucune conséquence sur la région, le tapage, lui, en a.

Tout tend à donner une confirmation à une campagne qui a commencé il y a longtemps, campagne axée sur le ‘’danger islamiste’’. Qu’ils soient armés de bombes, de ceintures d’explosifs, de fatwas meurtrières et souvent biscornues, de désirs soudains de charia, ils ont tout fait pour nous montrer de quoi ils étaient capables. Qui, en dehors de ceux qui l’organisent, ne dénoncerait pas cette barbarie ? En la condamnant les manipulateurs s’arrangent pour que cette condamnation déborde sur tous ceux qui, de près ou de loin ont un rapport quelconque avec ces gens. Même pays, même race, même religion, etc… tout en prenant soin de dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame.

Et, effectivement, chez ces manipulateurs, il n’y a pas d’amalgame. Ce ne sont pas les musulmans qui sont vraiment visés. Il n’est même pas sûr que l’Islam, en tant que religion soit en cause. A-t-on jamais entendu parler des religions de l’Emir du Qatar ou du Roi Abdallah d’Arabie, pourtant gardien des lieux saints musulmans ? A-t-on vu mentionner une seule fois dans les médias la religion de Mahmoud Abbas ? On pourrait presque penser, d’après les portraits que l’on nous en fait, qu’ils sont laïcs ou même athées. A croire aussi qu’il y a des palestiniens non musulmans (les gentils, quoique un peu turbulents parfois), ceux de Cisjordanie, et les islamistes de Gaza, qui sont gouvernés par de méchants islamistes parce que frères musulmans. Il se trouve que la résistance palestinienne se trouve principalement à Gaza, même si elle a pu souvent servir de prétexte et même d’outil pour les desseins d’Israël. Voici donc le Hamas redevenu islamiste parce que frère musulman. Si les problèmes égyptiens se répandaient jusqu’à Gaza, les gazaouis auront du souci à se faire. Ils seront tous assimilés à des islamistes, donc terroristes. N’est-ce pas ce qu’a toujours martelé Israël depuis des années, en chœur avec nos salonards de Paris ?

Pendant ce temps, John Kerry organise les négociations israélo-palestiniennes, comme si rien ne se passait à côté. Négocier quoi au juste ? Personne au monde ne croit en ces négociations, ni même ne voit sur quoi elles peuvent porter. On voit juste que cette mise en scène coïncide avec les évènements égyptiens qui comportent eux-mêmes plusieurs volets synchronisés, le tout dans une sorte de symphonie moyen-orientale dans laquelle la Palestine et les palestiniens tiennent une place centrale. Si le Hamas paie les pots cassés de la révolte égyptienne, que deviendra Gaza ? Quel lièvre John Kerry nous sortira-t-il alors de son chapeau pour faire avancer les choses ?

Si nous n’attendons rien des négociations, nous savons aussi que Kerry ne fait pas tous ces va-et-vient juste pour faire du tourisme. Tous ces millions et toutes ces énergies ne sont pas dépensés pour le plaisir, sans compter tout le temps consacré aux diverses rencontres. Il y a bien des recherches de solutions, mais toujours avec Israël comme centre de toute solution. Le remodelage du grand Moyen-Orient, avec toutes ses aventures guerrières mortelles, en fait certainement partie. Ne cherche-t-on pas à reproduire le vieux slogan : ‘’Une terre sans peuple pour un peuple sans terre’’, mais cette fois à l’envers ? Le peuple sans terre serait, cette fois, les palestiniens. La terre sans peuple pourrait être le Sinaï, à défaut de ne pouvoir être une partie de la Syrie remodelée. Cela a marché une fois, pourquoi pas une deuxième fois ?

En attendant, quels que soient les projets et objectifs des acteurs de la région, il y en a un qui doit se sentir mal à l’aise dans ses souliers, le Hamas. D’un côté, il perd un soutien de poids par la disparition des FM en Egypte, et de l’autre, il se retrouve à nouveau assimilé de facto à des terroristes actifs purs et durs du style de ceux qui sévissent en Syrie. Et pour bien l’étayer, on va rappeler les aventures de Khaled Mechaal. Le brouillage cacophonique fera le reste. Et les gazaouis dans tout ça ? Nous ne devrions pas tarder à savoir ce qu’on leur réserve. N’est-ce pas Mister Kerry ?

Avic

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

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Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

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Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/