Archives du mot-clé Moscou

Moscou informé du plan d’attaque franco-américain contre la Syrie !!!


hollande_e_obama0Selon certaines sources consultées par Al Mayadin,  » la Russie dispose d’informations selon lesquelles Washington et Paris prépareraient une action militaire contre la Syrie. l’objectif de cette action armée serait celle de stopper la progression des soldats syriens . selon ces sources, Lire la suite Moscou informé du plan d’attaque franco-américain contre la Syrie !!!

Après la Yougoslavie, l’Ukraine ?


Le 15 décembre 2013, le sénateur John McCain —qui supervisa la « révolution orange » de 2004 et soutient le jihadisme en Syrie— s’adresse aux manifestants sur la place Maidan. On reconnaît à sa droite le leader nazi Oleh Tyahnybok.
Le 15 décembre 2013, le sénateur John McCain —qui supervisa la « révolution orange » de 2004 et soutient le jihadisme en Syrie— s’adresse aux manifestants sur la place Maidan. On reconnaît à sa droite le leader nazi Oleh Tyahnybok.

Pendant plus d’une décennie, un gros travail a été fait pour montrer que le fléau, l’ennemi de l’humanité, était le djihadisme islamique. Des bombes ont été larguées partout où les islamistes pointaient leur nez au nom de la guerre globale contre le terrorisme. Et que découvre-t-on au cours de la guerre de Syrie ? Que ces fameux djihadistes sont les alliés clandestins de ceux-là mêmes qui ont construit leur diabolisation.

En Ukraine, Nous commençons déjà à percevoir la similitude entre les mouvements nazis et les djihadistes. Va-t-on découvrir que la vraie nature du nazisme n’est peut-être pas ce que l’on croit ? Ce serait lourd de conséquences…

Avic Lire la suite Après la Yougoslavie, l’Ukraine ?

La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

Ukraine: Moscou met en garde les USA


6de6b595ef7113f84cbfaa58f1b005b8_XLMoscou a mis en garde les Etats-Unis contre toute ingérence dans les événements en cours en Ukraine, a indiqué samedi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, annonçant qu’il venait d’en parler avec son homologue américain John Kerry en marge de la conférence de paix sur la Syrie à  Montreux. Lire la suite Ukraine: Moscou met en garde les USA

Pas de quenelles dans le bortsch !


Tribune libre Résistance

Svoboda_rally_human_chain« Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Les journalistes de Radio France se sont indignés de cette plaisanterie macabre de Dieudonné contre leur confrère. Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France écrit à Valls pour faire taire Dieudonné. Le lendemain, le spectacle est interdit. Le footballeur Anelka en remet une louche avec sa « quenelle », et France Info fait tourner l’information en boucle. Lire la suite Pas de quenelles dans le bortsch !

Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie


SNOWDENPar Barton Gellman

MOSCOU – La voix familière au bout du fil, à l’hôtel, est allée droit au but. « Quelle heure dit votre montre, exactement? » demanda-t-il. Il vérifia l’heure avec la sienne et décrivit un lieu de rencontre. « Je vous vois là-bas, » dit-il. Lire la suite Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie

Ce qui s’est vraiment passé en Ukraine, par Israël Adam Shamir


Ukraine1Il fait un froid de canard à Kiev, la ville légendaire aux dômes dorés sur les bords du Dniepr, creuset de la civilisation de l’ancienne Russie, et charmante entre toutes les capitales de l’Europe orientale. C’est une place cossue, agréable, les petits restos sympa pullulent, les rues sont nettes, les parcs soignés, et le fleuve est magnifique. Quant aux filles, elles sont jolies, et les hommes plutôt robustes. Lire la suite Ce qui s’est vraiment passé en Ukraine, par Israël Adam Shamir

Ukraine : et c’est reparti pour un tour !


Tribune libre Byblos

48Les événements du 11 Septembre 2001 avaient permis aux Etats-Unis d’enclencher une série d’opérations majeures destinées à leur permettre, enfin, de capitaliser sur la chute de l’URSS. L’offensive Lire la suite Ukraine : et c’est reparti pour un tour !

Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Un artiste Russe, se cloue les testicules sur la place Rouge à Moscou


piotr-pavlenski-sur-la-place-rouge-a-moscouL’artiste russe Pyotr Pavlenski s’est littéralement enfoncé un clou dans les testicules ce dimanche sur la place Rouge à Moscou.

Après s’être entièrement déshabillé sous une pluie fine, Piotr Pavlenski a planté un gros clou à travers la poche de peau de ses testicules (scrotum), sous le regard étonné de passants en manteau et parapluie sur cette grande place très touristique. Le jeune homme de 29 ans est resté assis le regard fixé au sol, avant l’arrivée de policiers qui l’ont recouvert d’un drap et ont éloigné les curieux.

Piotr Pavlenski a été conduit brièvement à l’hôpital avant d’être transporté dans un commissariat de police, selon l’agence Ria Novosti.

Dimanche, le site d’informations Grani.ru a publié ce qu’il a présenté comme une déclaration du jeune homme expliquant que son action — appelée « fixation » et organisée à l’occasion de la Journée annuelle de la police en Russie — « pouvait être considérée comme une métaphore de l’apathie, de l’indifférence politique et du fatalisme de la société russe moderne ».

Piotr-Pavlenski-artiste-Russe-se-cloue-les-testicules-sur-la-place-Rouge-à-Moscou2

La bouche cousue en 2012

L’homme n’en est pas à sa première performance extrême. En 2012, il s’était cousu les lèvres en signe de soutien au groupe Pussy Riot, dont deux membres purgent une peine de deux ans de prison pour avoir chanté une « prière punk » contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Piotr-Pavlenski-artiste-Russe-se-cloue-les-testicules-sur-la-place-Rouge-à-MoscouSource: AFP

http://www.focusur.fr/20131110/piotr-pavlenski-artiste-russe-testicules-place-rouge-moscou

Un ticket de métro contre 30 flexions


Quand le ticket de métro peut servir à autre chose qu’à seulement se déplacer.

Nous avions vu qu’à Pékin il permettait de contribuer à la limitation de la pollution, les moscovites préfèrent l’utiliser pour le maintien de la forme physique.  Si la mode venait à arriver en France, je serai curieux de voir quel en serait l’enjeu…

7RIA-142368-PreviewUn appareil qui distribue des tickets gratuits contre 30 flexions fonctionne à partir d’aujourd’hui dans le métro de Moscou.

Les passagers ont reçu la possibilité non seulement d’économiser, mais aussi d’améliorer leur forme physique, expliquent les responsables de l’action.

Cet appareil sportif orné des symboles olympiques est installé à la station Vystavotchnaïa à côté des distributeurs ordinaires. Les passagers pourront se procurer un ticket de cette façon peu ordinaire jusqu’au 4 décembre.

http://french.ruvr.ru/news/2013_11_08/Un-ticket-de-metro-contre-30-flexions-4698/

Suicide saoudien


Alors que l’Arabie saoudite a repris à son compte le plan qatari de renversement du régime laïque syrien, Riyad semble incapable de s’adapter au soudain recul US. Non seulement il refuse l’accord russo-américain, mais il poursuit la guerre et annonce des mesures de rétorsion pour « punir » les États-Unis. Pour Thierry Meyssan, cet entêtement équivaut à un suicide collectif de la famille des Séoud.

suicide-pendaisonLâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Message de Poutine à Assad ….


bacharassadpoutineC’est Dampress qui publie le message de Poutine à Assad  où le président russe annonce son soutien tous azimuts à la Syrie.

C’est le représentant spécial du président Poutine qui, porteur d’un message a rencontré le président Assad et l’a assuré de son plein soutien.  » La Russie ne permettra pas qu’un seul missile ou une seule bombe s’abattent sur le territoire syrien . La Russie se tiendra droit aux côtés de l’Etat syrien » lit-on dans ce message. Ces derniers jours , la Russie n’a eu de cesse de mettre en garde contre toute action militaire contre la Syrie , venant des Etats6Unis et de leurs alliés . Moscou appelle Washington à être prudent , à respecter le droit international , à ne pas commettre une erreur historique.

La Russie au Proche-Orient : du bon côté de l’Histoire ?


La situation en Égypte penche vers la guerre civile. Impossible de prédire quelle en sera l’issue. Dans ce contexte, le constat devient évident : le conservatisme russe dans l’approche quant au Proche-Orient est plus avantageux que les tentatives de l’Occident de chevaucher les changements.

Place Tahrir, au Caire
Place Tahrir, au Caire

Quand le régime d’Hosni Moubarak, qui semblait éternel, s’est effondré début 2011, la réaction russe a étonné le monde par sa lenteur. Le président égyptien n’avait jamais été un ami de Moscou, demeurant loyal à Washington. Ni le Kremlin ni la place Smolensk n’avaient de raison de le pleurer, mais la haine que les responsables de la Fédération éprouvent envers  les révolutions de toute sorte ne leur permettait pas de saluer le triomphe de la volonté populaire en Égypte. Face à cette réaction, les collègues occidentaux autant qu’arabes ont haussé les épaules : les Russes ne peuvent tout de même pas se montrer si rigides, et si peu penser à l’avenir, décrétaient-ils, unanimes. Les Américains se montrèrent plus tranchants encore : la Russie avait selon eux, dans le conflit égyptien, choisi le « mauvais côté de l’Histoire » en traitant avec défiance la percée démocratique au Proche-Orient.

Mais l’Histoire est sanglante – et change elle-même, sans cesse et fougueusement, son « bon côté ». Le président-islamiste démocratiquement élu a été éloigné par les mêmes généraux qui, deux ans et demi plus tôt, s’étaient débarrassés du dictateur laïc. Comment la situation va évoluer en Égypte dans l’avenir – on n’en sait rien ; et allez deviner quelles forces refléteront, dans encore six mois, la « volonté du peuple ».

La politique actuelle de la Russie au Proche-Orient est le sujet de débats constants. Moscou a-t-elle des intérêts précis, et quel rôle y joue-t-elle aujourd’hui ?

En politique internationale, la Russie est avant tout soucieuse de questions liées à une notion de base des relations internationales – la souveraineté. Certes, au cours de la campagne libyenne, Moscou a surpris tout le monde en dérogeant à sa position traditionnelle de non-intervention, mais cela n’a pas marqué le début d’une nouvelle tendance. Au contraire, par la suite, Moscou n’a fait qu’affirmer sa position de non-ingérence dans les affaires d’États souverains.

Quelle qu’ait pu être sa motivation, le président Dmitri Medvedev, en prenant la décision de ne pas bloquer l’intervention militaire en Libye, n’est parvenu, en résultat, qu’à convaincre le monde entier du caractère erroné de son geste. La position de la Russie sur la question syrienne, qui n’a pas bougé d’un iota en deux années et quelques, a vocation à le démontrer une fois pour toutes : le modèle où des forces extérieures décident qui a « raison » dans une guerre civile puis aident « celui qui a raison » à vaincre n’est pas juste.

La Russie cherche à démontrer qu’il revient au contraire aux États souverains de régler leurs conflits internes, et que l’intervention extérieure ne peut être que nuisible. Et elle se soucie peu de l’influence que cette politique aura sur ses perspectives de présence au Proche- Orient. Car à la différence de l’URSS, la Fédération de Russie ne joue pas sur tout le globe à tenter de démasquer l’Amérique et de grignoter des morceaux de sa sphère d’influence. Penser que la Russie, en Syrie, contredit consciemment et spécialement les États-Unis, simplement par principe, est une erreur. Pour tout dire, la Russie a bien un principe – mais il n’est pas lié à une obsession antiaméricaine. La Russie est animée par la conviction profonde que l’approche de l’Occident dans la résolution de ce genre de problèmes est, par nature, incorrecte.

La société russe ne croit pas à la révolution

La Russie voit les événements proche-orientaux à travers le prisme de sa propre expérience du dernier quart de siècle. La société russe contemporaine ne croit pas à la révolution : il y a eu bien trop de secousses, d’espoirs qui se sont révélés des illusions, de déceptions. La valeur de la stabilité est partagée, pour l’instant, par toutes les couches de la population. L’observateur russe ordinaire regarde avec scepticisme l’euphorie des foules exaltées au Proche-Orient, sachant comment tout cela se termine habituellement ; et l’appareil dirigeant les contemple avec une haine manifeste, projetant, qu’il le veuille ou non, l’élément destructeur sur son territoire propre.

Cela ne signifie pas que la Russie n’est pas soucieuse de ce qui se passe. Le rapport de force au Proche-Orient change fougueusement et de façon irréversible – et vers une destination, à dire vrai, parfaitement imprévisible. La première révolution en Égypte fut une percée de l’islam politique, qui promettait une expansion future. La deuxième révolution semble faire tout revenir en arrière. La vague des changements roule tantôt par-là, tantôt de l’autre côté, déferlant sur tous les pays. Le changement de président en Iran est un exemple de la façon dont le régime en place a habilement fait baisser la pression dans la « cocotte », ôtant la tension globale accumulée. Les manifestations en Turquie sont une désagréable surprise pour un pouvoir présomptueux, montrant les limites de son influence. En Irak, on assiste à la montée de la violence et des menaces de désintégration. La Syrie est dans une impasse sanglante, dans une situation où aucune des parties ne peut ni vaincre, ni céder. La Tunisie est un exemple de manœuvre relativement réussie d’islamistes ayant compris, à la différence de leurs collègues égyptiens, que le dédain politique des minorités est une voie dangereuse. La Libye, c’est le sombre désespoir…

Il y a un an, c’est tout juste si l’opinion selon laquelle la Russie avait perdu au « printemps arabe » n’était pas devenue un lieu commun. Ses derniers alliés, hérités de l’URSS, avaient disparu, leurs successeurs étaient hostiles à Moscou, et à ceux qui restaient neutres, la Russie n’avait rien à offrir. Aujourd’hui, tout cela semble un peu différent. Les « histoires de succès » révolutionnaires déçoivent. Bachar el-Assad, dont on attendait la chute dès 2011, est toujours au pouvoir. L’Iran chiite, soutenu par Moscou, mène un jeu tout à fait heureux, résistant à la pression de l’Occident et du monde sunnite malgré les difficultés intérieures et les lourdes sanctions économiques. Les relations de Moscou et Ankara, malgré des désaccords acerbes sur la Syrie, demeurent bonnes. Avec Israël se maintient un plein contact de travail et, malgré des estimations qui diffèrent, la compréhension est mutuelle au plus haut niveau. Sans compter les régimes arabes modérés qui, n’éprouvant depuis longtemps déjà plus aucun enthousiasme à l’égard de l’épopée syrienne et craignant que la déstabilisation ne se déverse chez eux, considèrent la position de la Russie comme sinon juste, du moins logique.

La Russie d’aujourd’hui s’en tient à une approche extrêmement conservatrice des affaires internationales, partant de l’hypothèse que toute évolution par-rapport au statu quo ne peut être dirigée que vers le pire et que, si elle advient, il est essentiel de ne pas se hâter – ni en jugements, ni en actes. Mieux vaut attendre, et observer. Dans une ère de changements chaotiques, un tel regard peut s’avérer plus avantageux que l’agitation incessante dans des tentatives de deviner où est le « bon côté de l’Histoire ».

Traduit par

Ce qui n’a pa été révelé de la rencontre orageuse Bandar-Poutine


PutinLe quotidien libanais asSafir a publié sur son site internet les détails de la réunion orageuse qui a eu lieu à Moscou au mois de Juillet entre le président Poutine et le chef des services de renseignements saoudiens le prince Bandar ben sultan.

La réunion qui a eu lieu le 30 juillet dans la maison de Poutine située à la périphérie de la capitale russe,  a duré quatre heures au cours de laquelle il a été question des  relations  bilatérales et d’un certain nombre de dossiers régionaux et internationaux communs.

Les relations bilatérales

Bandar a insisté sur l’importance de développer les relations bilatérales entre les deux pays, soulignant que la mise en valeur des intérêts peut fournir de grands domaines de coopération en citant comme exemples les domaines de l’économie, de l’investissement, du pétrole  et de l’armée.

«Il y a beaucoup de valeurs et de buts communs, notamment la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme dans le monde. La Russie et les Etats-Unis, l’Union européenne et les Saoudiens se rencontrent sur  la question de la promotion et de la consolidation de la paix et la sécurité internationales. La menace terroriste s’est développée suite au «printemps arabe» . Nous avons perdu des régimes et en contre partie nous avons récolté les expériences des terroristes comme  l’expérience des Frères musulmans en Egypte et celle des groupes extrémistes en Libye » a affirmé Bandar.

Et d’ajouter: «A titre d’exemple, je peux vous offrir une garantie de protection des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi qui aura lieu sur la mer Noire la prochaine année. Nous savons que les groupes tchétchènes menacent la sécurité des Jeux, nous les contrôlons, ils ne se rendent en Syrie  qu’après coordination avec nous. Ces groupes ne nous font pas peur. Nous les utilisons en face du régime syrien, ils n’auront  aucun rôle ou influence dans l’avenir politique de la Syrie ».

Aprés avoir remercié le prince Bandar pour sa visite et saluer le roi Abdallah, le président Poutine affirme d’un ton qui annonce déjà une mauvaise tournure de la rencontre : «Nous savons que vous soutenez les groupes terroristes tchétchènes depuis plus d’une décennie, et ce soutien vous l’avez bien exprimé en toute franchise tout juste maintenant. Et donc, je ne pense pas que nous partageons les mêmes objectifs en matière de la lutte contre le terrorisme universelle. Nous sommes intéressés par le développement de relations amicales selon des principes  clairs et nets ».

Bandar a déclaré que « la question ne se limite pas au royaume, il y a des pays qui ont dépassé leurs rôles définis , par exemple le Qatar et la Turquie ».

Il a précisé: «Nous avons dit directement aux Qataris et aux  Turcs que nous refusons leur soutien illimité aux Frères musulmans en Égypte et ailleurs. Le rôle des Turcs aujourd’hui est devenu semblable au rôle du Pakistan pendant la guerre afghane. Nous ne sommes contre les régimes extrémistes religieux : nous souhaitons  instaurer des régimes modérés dans la région. L’expérience de l’Egypte est enrichissante et il faut que la Russie la suive de prés.  Nous allons continuer à soutenir l’armée et nous allons soutenir le général Abdel Fattah al-Sisi, surtout qu’il maintient de bonnes relations avec nous . Nous vous conseillons  de rester en contact avec lui et de le soutenir. Nous sommes prêts à signer avec la Russie  des contrats d’armement dans l’intérêt de ces régimes  et surtout l’Egypte.

Coopération économique et pétrole

Le prince Bandar ben Sultan a d’abord présenté un exposé des différents domaines  de coopération potentiels entre les deux pays si un accord se réalisait sur un certain nombre de dossiers en particulier la Syrie. Il s’arrêta longuement sur le pétrole et la  coopération d’investissement: « Etudions ensemble  une stratégie russo-saoudienne commune  concernant le  pétrole. L’objectif est de se mettre d’accord sur les quantités de pétrole à produire  et le prix du baril afin de maintenir les prix du pétrole sur les marchés mondiaux stables ».

« Nous comprenons votre intérêt pour le dossier du pétrole et du gaz dans la Méditerranée depuis Israël en passant par  Chypre vers le Liban et la Syrie jusqu’à la  Russie. Nous  comprenons aussi ce que représente le pipe-line de gaz russe vers l’Europe, et nous ne sommes pas en concurrence avec vous. Nous  pouvons coopérer dans ce domaine comme dans les domaines de raffineries et de la pétrochimie. Le royaume esten mesure de fournir un énorme investissement de plusieurs milliards de dollars dans divers domaines au marché russe. Mais, il est  important de conclure une compréhension politique sur un certain nombre de dossiers, notamment la Syrie et l’Iran ».

Poutine a répondu que «  les idées avancées au sujet de la coopération en matière de pétrole et de gaz aussi en matière  d’investissement méritent une étude  de la part des ministères compétents des deux pays ».
Mais avant tout..la Syrie

Le chef des services de renseignements saoudiens  s’est longuement exprimé sur  le dossier syrien faisant valoir la position de l’Arabie depuis le premier incident en Syrie à Deraa  jusqu’à aujourd’hui: «Le régime syrien est terminé pour nous et la majorité du peuple syrien ne permettra pas à Bachar al-Assad de rester au pouvoir. La clé pour les relations entre nos deux pays réside dans la compréhension de  notre approche envers la crise syrienne. Et donc, vous devez  cesser votre soutien politique, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que votre soutien militaire et économique, et nous vous garantissons que les intérêts de la Russie en Syrie, sur la côte méditerranéenne ne seront point affectés d’un iota.  La Syrie sera dirigée par un  régime  modéré et démocratique directement parrainé par nous et qui sera tenir compte des intérêts de la Russie et de son rôle dans la région ».

Le dossier iranien

Dans le dossier iranien, Bandar a dénoncé  le rôle de l’Iran régional, en particulier en Irak, en Syrie, au Liban, en Palestine, au Yémen et à Bahreïn et dans d’autres pays, souhaitant à ce  que » les Russes comprennent que leurs intérêts et ceux des pays du Golfe sont communs face aux ambitions nucléaires de l’Iran ».

Poutine a répondu en exposant la position de la Russie envers les conséquences du  «printemps arabe»,  surtout après ce qui s’est passé en Libye: «Nous sommes très préoccupés par l’Egypte, et nous comprenons la réaction de  l’armée égyptienne, mais nous sommes très prudents envers la façon dont est gérée la crise égyptienne, car nous craignons  que l’Egypte glisse vers une guerre civile qui  serait trop coûteuse pour les Egyptiens, les Arabes et la communauté internationale. J’ai voulu faire une visite rapide en Egypte .. La question est toujours en cours de discussion ».

En ce qui concerne l’Iran, Poutine a rappelé à son hôte saoudien que « l’Iran est un voisin et que les deux pays sont liés par des relations bilatérales depuis des siècles, et donc il y a des intérêts communs et enchevêtrées depuis des siècles ».

«Nous soutenons  le dossier nucléaire iranien à des fins pacifiques et nous avons aidé les Iraniens à développer leurs sites nucléaires  dans ce sens. Bien sûr, nous allons reprendre les négociations avec eux dans le cadre du groupe des cinq plus un, et je compte rencontrer le président Hassan Rohani, en marge du sommet de l’Asie centrale et nous étudierons un grand nombre de dossiers bilatéral, régional et international.  Et je compte bien réitérer  la position russe opposée pleinement à de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU. Nous croyons que ce qui a été entrepris auparavant comme  sanctions est injuste contre l’Iran et les Iraniens et nous refusons de  répéter l’expérience ».

Erdogan à Moscou en Septembre

Pour ce qui est de la Turquie, Poutine a parlé de son amitié avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en déclarant: «La Turquie est aussi un voisin et nous sommes liés par des intérêts communs et nous sommes désireux de développer nos relations avec ce pays  dans divers domaines. Dans les rencontres russo-turques, nous avons procédé à un inventaire des questions dans lesquelles nous nous opposons et celles dans lesquelles nous nous entendons. Et nous avons constaté  qu’il existait beaucoup de convergence sur un grand nombre de dossiers   J’ai informé les Turcs, et je vais  répéter ma position à mon ami Erdogan, que ce qui se passe en Syrie a besoin d’une approche différente de leur part. La Syrie baigne dans un bain de sang et la Turquie n’est pas à l’abri.. Les Turcs doivent être  plus entreprenanst dans le sens de trouver une solution politique à la crise syrienne. Nous sommes convaincus qu’un règlement politique en Syrie est inévitable, il revient à eux d’alléger les  dégâts. Notre différend avec eux dans le dossier syrien est politique  et n’influence pas les autres dossiers de coopération économique et d’investissement, et, récemment, nous leur avons dit que nous sommes prêts à coopérer avec eux pour leur construire deux réacteurs nucléaires et cette question sera incluse  à l’ordre du jour lors de la visite du Premier ministre turc à Moscou en Septembre prochain ».

Poutine: Notre position envers Assad ne changera point

Dans la question syrienne, la réponse du président russe à Bandar était sans équivoque : « notre position envers le régime en Syrie ne changera jamais. Nous pensons que le régime actuel est le meilleur régime que puisse bénéficier le peuple syrien, certainement pas  un régime dévoreur de cœur.  A Genève 1 nous nous sommes mis d’accord avec les Américains sur un certain nombre de questions  et ils ont accepté. Voire la question de garder le régime syrien au pouvoir était acceptée  dans le cadre d’un certain compromis. Plus tard, ils ont décidé de se retourner contre  Genève 1 .. Dans toutes les réunions entre des experts russes et américains, nous avons  réitéré notre position, et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte reconfirmer lors de la prochaine réunion avec son homologue américain John Kerry, l’importance de faire tous les efforts possibles pour parvenir rapidement à un règlement politique afin de mettre un terme à l’effusion de sang en Syrie ».

Suite à ce discours, Bandar a mis en garde contre la mauvaise tournure des négociations qui risque d’envenimer la situation, en particulier dans la crise syrienne, regrettant que les Russes n’aient pas compris la position de l’Arabie-saoudite  en Egypte en refusant de soutenir l’armée égyptienne en dépit de leurs craintes sur l’avenir de l’Egypte.

Le chef du renseignement saoudien a conclu sur un ton belliqueux estimant que le désaccord dans le dossier syrien mène à la conclusion que «l’option militaire est inévitable  , elle est  la seule option actuellement disponible à la lumière d’un blocage d’un règlement politique, et nous croyons que la convocation à la Conférence de Genève 2 sera très difficile dans ce climat orageux».

Al Manar

Khodorkovski, analyse d’une intoxication médiatique


khodorkovski-7Alors que la Russie est en pleine perestroïka, un jeune militant communiste, membre actif des komsomols, se reconvertit à l’économie de marché en créant en 1985 un café coopératif aux fins d’importations de cognacs bas de gamme et autres produits occidentaux manquant en Russie de l’époque.

En 1989, il fonde la première banque privée du pays (Menatep) et seulement six ans plus tard, en 1995, s’empare de la société pétrolière Ioukos au moment de la privatisation des entreprises russes. L’acquisition de Ioukos se fait de façon vraisemblablement discutable puisque les deux seuls acheteurs autorisés à entrer en lice pour cette acquisition sont des compagnies détenues majoritairement par la banque Menatep.

En 1996, on retrouve ce jeune milliardaire au sein d’un groupe formé par les sept banquiers et hommes d’affaires les plus influents de Russie. Ces derniers vont en utilisant leur très forte influence dans la sphère publique russe (économie, médias…) soutenir et permettre la réélection de Boris Eltsine contre son opposant communiste Guennadi Ziouganov.

En 2001, le jeune et riche Mikhaïl Khodorkovski semble promis aux plus hautes destinées. Il lance l’Open Russia Fondation, une ONG destinée à influer sur la vie politique russe et qui ne masque pas les orientations politiques libérales, civiques et pro-occidentales de son fondateur. L’ORF, membre du réseau des sociétés ouvertes (Open Society) de Georges Soros, se présente comme une première pierre dans la lutte contre la corruption et afin de faire de la Russie un soi disant pays européen. L’ORF tient sa réunion de lancement aux Etats-Unis le 18 septembre 2002. Au cote de Mikhaïl Khodorkovski, siègent au board de l’ORF, par exemple, Henry Kissinger, Arthur Hartman (ancien ambassadeur américain en France et en union soviétique) ou encore Lord Jacob Rothschild. Ce dernier sera du reste fait légataire des actifs de Ioukos par Mikhaïl Khodorkovski au moment de son arrestation.

En avril 2003, Ioukos entame une fusion avec Sibneft, une société acquise en 1996 par Boris Berezovsky et Roman Abramovich et majoritairement (à l’époque) détenue par Boris Berezovsky. A la même époque, Mikhaïl Kodorkovski siège au groupe Carlyle et mène des négociations avec des sociétés américaines (Exxon Mobil and Chevron Texaco) pour leur céder Ioukos, en clair céder des avoirs énergétiques russes, acquis de façon douteuse, à l’Amérique, c’est-à-dire à l’époque à l’adversaire stratégique et géopolitique principal du pays.

Le 25 octobre 2003, Mikhaïl Khodorkovski est arrêté à l’aéroport de Novossibirsk en Sibérie, dans le cadre d’une enquête fédérale sur des malversations financières au sein de Ioukos.

Le mainstream médiatique et intellectuel français et occidental n’a alors et depuis jamais cessé de nous marteler que Vladimir Poutine aurait arbitralement fait arrêter Mikhaïl Khodorkovski en qui il voyait un potentiel rival et surtout un homme capable de dénoncer la soit disant corruption d’état qui régnait en Russie.

Pourtant, la réalité semble assez éloignée de cette vision manichéenne de ce que l’on appelle désormais «l’affaire Khodorkovski».

Le 26 novembre 2003, des banquiers suisses portent plainte contre Khodorkovski et ses associés pour blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle, à savoir une fraude financière à grande échelle organisée via la banque Menatep, qui aurait dès 1997 ouvert un compte au sein de Clearstream et procédé à des transferts financiers massifs vers la Bank of New York.

A cette époque, la responsable de la banque de New York, Natasha Gurfinkel Kagalovsky, n’est autre que l’épouse du vice-président de la Menatep: Konstantin Kagalovsky. Ce dernier est très proche d’un autre oligarque du nom de Vladimir Goussinski, ex-monsieur média sous Eltsine et candidat d’opposition libérale chez Iabloko en 2003 avant de quitter le pays et de diriger, avec son partenaire de l’époque Konstantin Kagalovsky lui aussi en exil, une chaine de télévision ukrainienne d’opposition qui critique fortement la politique de l’actuel président Victor Ianoukovich.

Selon la journaliste Lucy Komisar, les seules opérations de blanchiment d’argent via le schéma Clearstream-Menatep se montent à au moins sept milliards de dollars provenant de Russie.

En 2005, le chef de la sécurité de la banque Menatep puis de Ioukos, Alexeï Pitchouguine, est condamné à 20 ans de réclusion pour le meurtre de Sergueï Gorine, un ancien dirigeant de la banque Menatep, et de son épouse Olga. Cette sentence est commuée en 2007 à une peine de prison à vie après qu’il ait été aussi reconnu coupable de trois autres meurtres. Toujours en 2005, Mikhaïl Khodorkovski est lui condamné à 9 ans de prison (ramenés à 8 ans en appel) pour fraude fiscale puis à 6 ans de prison supplémentaires en  2010 (ramenés à 5 ans en appel) pour vol de pétrole et blanchiment d’argent d’un montant de 23,5 milliards de dollars.

Le mainstream médiatique et intellectuel français et occidental n’a alors et depuis jamais cessé de nous présenter Khodorkovski et Platon Lebedev (son associé) comme des prisonniers politiques. En 2011 les partisans de Mikhaïl Khodorkovski affirmaient vouloir saisir la cour européenne des droits de l’homme. Amnesty International, à peu prés à la même époque, affirmera même que Khodorkovski et Lebedev sont clairement des «prisonniers d’opinion«.

Pourtant, la cour européenne des droits de l’homme vient à ce sujet de rendre la décision. Elle confirme le caractère non politique du procès, et confirme que les accusations contre les accusés sont justement fondées mais aussi que le droit des accusés à un procès équitable n’avait pas été violé. Autrement dit, il y a bien eu violation de la législation pénale et fiscale et leur condamnation est donc bien justifiée.

Cette décision va dans le sens des affirmations du président russe qui affirmait en 2010 que: «les crimes de M. Khodorkovski ont été prouvés par la justice (…) et que tout voleur doit aller en prison». Celui-ci non sans humour rappelait notamment que «Pour des crimes analogues, l’Américain Bernard Madoff a été condamné à 150 ans de prison (…) Notre justice est donc beaucoup plus libérale».

Cette décision de la cour européenne des droits de l’homme va également à l’encontre des affirmations de la très large majorité des commentateurs sur cette affaire depuis près d’une décennie. Ce jugement démontre et brise leur trop fort parti pris et leur obsessionnelle refus d’accepter qu’un quelconque opposant (ou pas) à Vladimir Poutine puisse être coupable de quoi que ce soit.

On ne peut s’empêcher, sur la forme et le traitement médiatique extérieur de l’affaire, de faire un parallèle avec l’affaire Navalny et de se dire que finalement la justice russe a bien fait de libérer le jeune bloggeur mis en examen. Cette mesure ralentira peut être  la mauvaise foi du mainstream médiatique. Elle procurera aussi un peu de sérénité à  l’élection municipale de Moscou en septembre prochain et donc à la vie politique et démocratique intérieure du pays.

http://alexandrelatsa.ru/2013/08/khodorkovski-analyse-dune-intoxication-mediatique/

Etats-Unis – Nationalisme et hypocrisie : un mariage réussi


Tribune libre Béatrice Doinette

4477904-3x2-940x627Ce n’est pas facile d’être un nationaliste américain agitateur de drapeaux. En plus d’avoir à faire face à la désillusion habituelle, la colère et le mépris du monde entier suscités par les bombardements et guerres sans fin de Washington, le nationaliste est assailli par les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, qui ont révélé un flot régulier de scandales autour des droits de l’homme et des libertés civiles, des atrocités, des mensonges embarrassants et des vérités gênantes. Ceux qui croient à « l’exceptionnalisme américain » et aux « nobles intentions » ont eu du mal à maintenir leur rhétorique bannière étoilée entre les premières lueurs de l’aube et les derniers rayons du crépuscule.

Ce qui pourrait expliquer l’article du Washington Post (20 Juillet) intitulé ’’les demandeurs d’asile américains sont malheureux en Russie’’, à propos d’Edward Snowden et son projet de demander l’asile à Moscou. L’article raconte les moments prétendument misérables vécus dans l’Union soviétique par des expatriés américains et des transfuges comme Lee Harvey Oswald, les deux employés de la NSA 1960 – William Martin et Bernon Mitchell – et plusieurs autres. La formule de propagande du Post est apparemment la suivante : l’insatisfaction de la vie en Russie pour un Américain équivaut à un point en faveur des Etats-Unis : ‘’espoirs déçus d’une vie glorieuse dans le paradis des travailleurs’’ … Oswald « avait obtenu du travail dans une usine d’électronique dans la ville morne de Minsk , où l’avenir radieux ne fut pas au rendez-vous »… lit-on dans compte-rendu du Post, digne d’un cliché de la Guerre Froide. Pas vraiment de quoi s’exciter, mais un nationaliste américain sur la défensive a du mal à trouver beaucoup mieux par les temps qui courent.

Dans le même temps, l’équipe Allez USA ! marque des points en faisant connaître des violations russes actuelles des droits de l’homme et des libertés civiles, comme si la guerre froide faisait toujours rage. « Nous appelons le gouvernement russe à cesser sa campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption, et de veiller à ce que les droits de l’homme universels et les libertés fondamentales de tous ses citoyens, y compris les libertés d’expression et de réunion, sont protégés et respectés », a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche. (1)

“’Campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption” … hmmm … Est-ce que quelqu’un a entendu parler d’Edward Snowden ? Est-ce que la surveillance non-stop des citoyens n’est pas un exemple de corruption ? La Maison Blanche n’éprouve-t-elle aucune honte ? Un peu d’embarras peut-être ? Rien du tout ?

joe-mcarthy

Je rêve de voir une version moderne des audiences de l’Armée et de McCarthy de 1954, au cours desquelles Carney – ou mieux encore, Barack Obama lui-même – déverserait, les uns après les autres, mensonges et défenses écœurantes des destructions impérialistes. Et l’avocat de la commission (selon les célèbres paroles de Joseph Welch) serait finalement poussé à déclarer : « Monsieur, en voilà assez. N’avez-vous aucune décence, monsieur ? Enfin, ne vous reste-t-il aucune trace de décence ? » Un tonnerre d’applaudissements explosa parmi le public du Congrès et cet incident est largement considéré comme le début de la fin de la folie Maccarthyste.

Les politiciens américains et des personnalités des médias ont critiqué Snowden pour s’être enfui à l’étranger pour révéler les documents classifiés qu’il possédait. Pourquoi n’est-t-il pas resté aux Etats-Unis pour défendre ses actions et faire face à la justice comme un vrai homme ? demandent-ils. Oui, le jeune homme aurait dû volontairement se soumettre lui-même à l’isolement, à d’autres tortures, à la prison à vie, et même une condamnation à mort s’il voulait être pris au sérieux. Quel lâche !

Pourquoi Snowden n’a-t-il pas fait part de ses inquiétudes à travers les canaux appropriés de la NSA, plutôt que de révéler les documents, comme tout dénonciateur respectable aurait fait ? C’est la question à laquelle James Bamford, généralement considéré comme le principal écrivain sur la NSA en Amérique, a tenté de répondre, comme suit :

J’ai interviewé de nombreux dénonciateurs de la NSA, et le dénominateur commun est qu’ils se sentaient ignorés lorsqu’ils tentaient d’attirer l’attention de leurs supérieurs sur des opérations illégales ou contraires à l’éthique. Par exemple, William Binney et plusieurs autres hauts membres de la NSA ont protesté auprès de leurs supérieurs à propos des programmes de collecte de données nationaux de l’agence, et ils ont même tenté d’attirer l’attention du ministère de la justice sur ces opérations, mais ils ont été ignorés. C’est seulement ensuite que Binney m’a publiquement parlé, pour un article dans le magazine Wired. Dans une série de questions/réponses sur le site internet du Guarduan, Snowden a cité Binney comme un exemple de ’’comment les réactions excessivement sévères contre les dénonciations faites dans l’intérêt public ne font qu’augmenter l’ampleur, la portée et la compétence impliquée pour les révélations futures. Les citoyens ayant une conscience ne vont pas ignorer ces méfaits simplement parce qu’ils seront détruits pour ça : la conscience l’interdit ‘’.

Et même lorsque les dénonciateurs s’adressent aux médias, la NSA généralement nie les faits. L’Agence a nié les accusations de Binney selon qui elle obtenait toutes les métadonnées des clients de Verizon et avait accès à pratiquement tout le trafic Internet. Ce n’est que lorsque Snowden a divulgué des documents révélant le programme et montré comment fonctionne PRISM que l’agence a été contrainte d’avouer la vérité. (2)

’’Chaque pays dans le monde qui est engagé dans les affaires internationales et la sécurité nationale se livre à de nombreuses activités pour protéger sa sécurité nationale,’’ a récemment dit le secrétaire d’Etat américain John Kerry. ’’Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas inhabituel pour beaucoup de nations.’’ (3)

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Eh bien, M. Kerry, l’antisémitisme non plus n’est pas inhabituel, on peut en trouver dans tous les pays. Pourquoi, alors, le monde condamne-t-il fermement l’Allemagne nazie ? Évidemment, pour une question d’échelle, n’est-ce pas ? C’est l’ampleur de l’invasion américaine de la vie privée qui la place dans une catégorie à part.

Kerry fait tout son possible pour minimiser l’importance des révélations de Snowden. Il voudrait nous faire croire que c’est juste des trucs de routine entre nations … « Circulez, il n’y a rien à voir. » Pourtant, cet homme est obsédé par la volonté de punir Snowden. Le 12 Juillet, quelques heures seulement après que le Venezuela a accepté de fournir l’asile politique à Snowden, Kerry a appelé personnellement le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua et aurait menacé d’intercepter tout avion du Venezuela dans l’espace aérien des Etats-Unis ou de tout autre pays de l’OTAN s’il y avait le moindre soupçon que Snowden se trouvait à bord pour se rendre à Caracas. La fermeture de l’espace aérien de tous les pays membres de l’OTAN aux vols vénézuéliens signifie éviter 26 pays en Europe et deux en Amérique du Nord. Selon ce scénario, Snowden aurait à survoler le Pacifique depuis l’Extrême-Orient de la Russie au lieu de traverser l’Atlantique.

Le secrétaire d’État a également promis d’intensifier le processus en cours d’abrogation de visas d’entrée aux États-Unis aux fonctionnaires et hommes d’affaires vénézuéliens associés au feu président Hugo Chávez. Washington va également entamer la poursuite d’éminents politiciens vénézuéliens sur des allégations de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et autres actions criminelles et Kerry a spécifiquement mentionné des noms dans sa conversation avec le ministre vénézuélien des Affaires étrangères.

Kerry a ajouté que Washington est tout à fait conscient de la dépendance du Venezuela auprès des Etats-Unis en ce qui concerne les produits pétroliers raffinés. En dépit d’être l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde, le Venezuela a besoin de plus de pétrole et de produits pétroliers qu’il ne peut produire, et achète plus d’un million de barils de produits pétroliers raffinés aux États-Unis chaque mois. Kerry a carrément averti que l’approvisionnement en carburant serait interrompu si le président Maduro continue à tendre la main au fugitif de la NSA. (4)

Wow. C’est du lourd. Un pouvoir illimité entre les mains de psychopathes. Mon propre pays me fait vraiment peur.

Et quel pays se vante plus de ses libertés présumées que les Etats-Unis ? Et de sa démocratie présumée ? De ses présumés droits civils et droits humains ? De son prétendu « exceptionnalisme » ? De son présumé tout ? Considérant tout cela, pourquoi les Etats-Unis ne seraient-ils pas tenus de les respecter à la lettre ?

L’hypocrisie américaine dans sa politique étrangère se manifeste régulièrement et continuellement. Voici le président Obama, parlant récemment en Afrique du Sud au sujet de Nelson Mandela : « La lutte ici contre l’apartheid, pour la liberté, le courage moral [de Mandela] ; la transition historique de ce pays en une nation libre et démocratique a été une inspiration personnelle pour moi. Il a été une inspiration pour le monde entier – et il continue de l’être. » (5)

N.Mandela in his cell on Robben Island (revisit} 1994Comme c’est touchant. Mais aucune mention – jamais de mention par un dirigeant américain – du fait que les Etats-Unis étaient directement responsables de l’envoi de Nelson Mandela en prison pendant 28 ans. (6)

Et exigeant l’extradition de Snowden tandis que, selon le ministère russe de l’Intérieur, ’’des forces de l’ordre ont demandé à plusieurs reprises aux États-Unis par le canal d’Interpol l’extradition de criminels recherchés, mais ces demandes ne sont ni respectées ni même répondues.’’ Parmi les personnes visées se trouvent des insurgés islamistes de Tchétchénie, auxquels on a accordé l’asile aux États-Unis. (7)

L’Equateur a eu une expérience similaire avec les Etats-Unis en demandant l’extradition de plusieurs personnes accusées d’implication dans une tentative de coup d’Etat contre le président Rafael Correa. L’exemple le plus flagrant de ce double standard est celui de Luis Posada Carriles qui a orchestré l’explosion d’un avion cubain en 1976, tuant 73 civils. Il a vécu en homme libre en Floride pendant de nombreuses années, même si son extradition a été demandée par le Venezuela. Il n’est qu’un parmi des centaines de terroristes latino-américains anticastristes et d’autres qui se sont vus accorder l’asile aux États-Unis au cours des dernières années en dépit du fait d’être recherchés dans leur pays d’origine.

Les responsables américains sont capables, les jours pairs, de cracher les mots « exceptionnalisme américain » et de commettre, les jours impairs, des crimes contre l’humanité. Année après année, décennie après décennie. Mais je pense que nous pouvons tirer une certaine satisfaction, et peut-être même de l’espoir, dans ce que les responsables de la politique étrangère des États-Unis, aussi mentalement dérangés qu’ils soient, ne sont pas assez stupides pour ne pas savoir qu’ils nagent dans un océan d’hypocrisie. Voici deux exemples :

En 2004, il avait été rapporté : « Le Département d’Etat prévoit de retarder la publication d’un rapport sur les droits de l’homme qui devait sortir aujourd’hui, en partie à cause de la sensibilité sur le scandale des abus dans les prisons en Irak, ont déclaré des responsables américains. Un fonctionnaire … a dit que la publication du rapport, qui décrit les mesures prises par le gouvernement américain pour encourager le respect des droits de l’homme par d’autres nations, pourrait « nous faire paraître hypocrites ». » (8)

Et un exemple de 2007 : Chester Crocker, un membre du comité consultatif du Département d’Etat pour la promotion de la démocratie, et ancien secrétaire d’Etat adjoint, a noté : « nous devons être en mesure de faire face à l’argument selon lequel les Etats-Unis sont incohérents et hypocrites dans leur promotion de la démocratie dans le monde. Il se pourrait que ce soit vrai. » (9)

Dans ces exemples, les représentants du gouvernement semblent être un peu gênés par l’hypocrisie qui prévaut. D’autres notables de la politique étrangère semblent en être plutôt fiers.

001-0801145726-neoconr3amRobert Kagan, auteur et architecte intellectuel de longue date d’un interventionnisme qui cherche à imposer le programme néo-conservateur au monde entier, et par tous les moyens nécessaires, a déclaré que les Etats-Unis doivent refuser de se conformer à certaines conventions internationales, comme la Cour pénale internationale et l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. Les États-Unis, dit-il, « doivent défendre le contrôle des armements, mais pas toujours pour eux-mêmes. Ils doivent agir en appliquant un double standard. » (10)

Et puis nous avons Robert Cooper, un haut diplomate britannique qui était conseiller du premier ministre Tony Blair lors de la guerre en Irak. Cooper a écrit :

Le défi pour le monde postmoderne est de s’habituer à l’idée de deux poids deux mesures. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois et de sécurité coopérative ouverte. Mais lorsqu’il s’agit d’états plus arriérés comme ceux hors du continent postmoderne de l’Europe, il faut revenir aux méthodes plus rudes du passé – la force, l’attaque préventive, la tromperie, tout ce qui est nécessaire pour affronter ceux qui vivent encore dans le monde du ‘’chaque état pour soi’’ du XIXe siècle. (11)

Son expression, « chaque Etat pour soi », signifie un état qui n’est pas disposé à adhérer à l’ordre du jour de l’empire américain et de son meilleur ami voyou à Londres.

Donc, nous y voilà. Le double standard est officiellement adopté. La règle d’or de « ne pas faire à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » est désormais dépassée.

La mafia impériale, et leurs intellectuels de cour comme Kagan et Cooper, ont du mal à vendre leur vision du monde sur la base de normes juridiques, morales, éthiques ou d’équité. Alors ils décident tout simplement qu’ils ne sont pas liés par de telles normes.

Haïr l’Amérique

Voici Alan Dershowitz, éminent avocat américain, juriste, commentateur politique et fervent sioniste et partisan de l’empire, qui parle du journaliste Glenn Greenwald et de l’engagement de ce dernier aux côtés d’Edward Snowden : « Regardez, Greenwald c’est du bidon. Il est anti-américain, il aime les régimes tyranniques, et il a fait cela parce qu’il déteste l’Amérique. Cela n’avait rien à voir avec la publication d’informations. Il n’aurait jamais écrit cet article s’ils avaient publié des documents sur l’un de ses pays préférés » (12).

’’Anti-américain’’ … ’’déteste l’Amérique’’ … Que signifient ces expressions qui font partie intégrante de l’histoire politique américaine ? Que Greenwald déteste le baseball et les hot-dogs ? … Qu’il déteste les films et la musique américains ? … Qu’il déteste tous les bâtiments aux États-Unis ? Toutes les lois ? … Non, comme la plupart des « anti-Américains », Glenn Greenwald déteste la politique étrangère des Etats-Unis. Il hait toutes les horreurs et tous les mensonges employés pour couvrir toutes ces horreurs. Alors de quel américain est-il anti ?

Edward-Snowden-NSA-spy-scandalDershowitz pense sans doute que Snowden est anti-américain. Mais écoutez le jeune homme interviewé :

« L’Amérique est un pays fondamentalement bon. Il y a des gens bons, avec de bonnes valeurs, qui veulent faire de bonnes choses ».

L’intervieweur est Glenn Greenwald. (13)

“Dieu a désigné l’Amérique pour sauver le monde d’une façon qui convient à l’Amérique. Dieu a désigné Israël comme le lien de la politique américaine au Moyen-Orient et celui qui voudrait contester cette idée est a) un anti-sémite, b) un anti-améric ain, c) passé à l’ennemi, et d) un terroriste.” – John LeCarré , London Times, 15 Janvier, 2003

William Blum

http://williamblum.org/

Traduction par VD pour le Grand Soir

(1) White House Press Briefing, July 18, 2013
(2) Washington Post, June 23, 2013
(3) Reuters news agency, July 2, 2013
(4) RT television (Russia Today), July 19, 2013, citing a Spanish ABC media outlet
(5) White House press release, June 29, 2013
(6) William Blum, Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower, chapter 23
(7) Reuters, July 22, 2013
(8) Los Angeles Times, May 5, 2004
(9) Washington Post, April 17, 2007
(10) Hoover Institute, Stanford University, Policy Review, June 1, 2002
(11) The Observer (UK), April 7, 2002
(12) “Piers Morgan Live”, CNN, June 24, 2013
(13) Video of Glen Greenwald interviewing Edward Snowden (at 2:05 mark)

Syrie : Le prince saoudien Bandar négocie à Moscou


bandar_1La visite du chef des services de renseignements saoudiens, Bandar Ben Sultan, en Russie, a attiré l’attention, surtout qu’elle est intervenue après une rupture de deux ans entre Moscou et Riyad, dans la foulée dudit printemps arabe. Les deux pays se sont affrontés diplomatiquement et sur le terrain autour de la Syrie, d’une manière indirecte, en soutenant  leurs alliés respectifs. Il va de soi que la visite de Bandar à Moscou signifie que les Saoudiens sont disposés à négocier avec les Russes. La mission du prince saoudien se limite à la sécurité et le dossier syrien est une priorité pour les deux pays. En outre, le fait d’avoir annoncé la visite, les informations qui ont filtré sur la durée de l’entretien et les commentaires russes qui l’ont qualifié de positif, sont autant d’indices qui reflètent une volonté commune de renouer les relations.

La méfiance russe à l’égard de l’Arabie saoudite ne se limite pas à la Syrie, elle s’étend aux régions musulmanes du Caucase et au Sinaï. La Russie sait que Riyad joue un rôle dans la manipulation des groupes islamistes. Mais la Syrie reste une priorité pour les deux pays, et deux ans après le début de la crise, l’Arabie saoudite n’a pas gagné son pari.

Malgré ce qui s’est passé en Egypte, les Saoudiens ont senti que l’Occident n’avait pas abandonné définitivement les Frères musulmans et que, par conséquent, le danger que constitue pour eux cette confrérie persiste. En Syrie, ils n’ont marqué aucun point, ni sur le plan militaire ni dans les domaines politique et diplomatique. Ils disposent d’informations faisant état du recul du soutien populaire aux rebelles. Cela est clairement apparu à Alep, où l’armée syrienne progresse en silence, tandis qu’à Homs et dans la campagne de Damas, elle multiplie les succès. Par ailleurs, tous les plans d’attaque contre la capitale ont échoué. Les visiteurs de Damas, aujourd’hui, réalisent que le danger a définitivement disparu. Le bruit  des combats est plus lointain comparé aux mois précédents. Il y a ensuite les répercussions de l’affrontement entre les Kurdes et le Front al-Nosra dans le Nord, l’exigence de l’Occident de frapper les extrémistes et leurs craintes de les voir revenir dans les pays occidentaux. Pour toutes ces raisons, l’Arabie saoudite a compris qu’ils n’y aucun espoirs de réaliser ses exigences, avancées pour son compte par l’opposition syrienne. Aussi, le compromis est meilleur aujourd’hui que demain. Et elle a compris, en outre, que le compromis n’aura lieu que si les Russes sont d’accord, car la priorité des Américains est la sécurité d’Israël et le succès des négociations israélo-palestiniennes.

Bandar s’est donc empressé de demander à Moscou de négocier, surtout qu’il a senti chez les Allemands, les Français et les Britanniques, à l’issue d’une tournée européenne, une grande inquiétude à l’égard des islamistes. Il n’a pas réussi à les convaincre même sur des questions simples et a senti chez eux un changement fondamental et graduel. Voilà pourquoi le prince saoudien a décidé d’ouvrir une page nouvelle avec la Russie, tout en sachant à l’avance que Moscou ne fera aucune concession après la résistance et les victoires du régime.

Par Abbas Daher

*Source : Médiarama (1/8/13)

Poutine à Téhéran pour parler S300… et la Syrie ?


302355_orig-cb5aeSelon le journal russe Kommersant, le président russe Vladimir Poutine s’apprête à se rendre à Téhéran pour parler de plusieurs dossiers, dont celui de nucléaire et des missiles S300.

Il sera en visite officielle juste après l’investiture du nouveau président iranien, Rohani sur le mandat duquel il mise énormement pour faire avancer les négociations autour du nucléaire iranien. En effet la Russie semble être sollicitée par Téhéran pour construire une nouvelle phase de la centrale atomique de Bouchehr « . Selon le journal, au cours de cette visite,  » il sera également question de la livraison d’un nouveau système de missiles anti-aériens en lieu et place des S300 à l’Iran ».

Le refus de Moscou de livrer les S300 à Téhéran en dépit du contrat signé en ce sens avec les Iraniens et de l’argent versé par la partie iranienne continue à envenimer les relations bilatérales.  » Pour les experts, la perspective des liens de part et d’autre sont prometteuses mais non sans risque ». Une source bien informée au ministère iranien des AE a fixé entre 12 et 13 août la date de cette visite importante. Mais le Kremlin dit n’avoir pris aucune décision au sujet de la durée de cette visite et que tout dépendra de l’agenda des discussions.

La dernière visite de Poutine en Iran date de 2007 où il s’est rendu à Téhéran pour participer au sommet des pays riverains de la mer Caspienne. A l’époque il s’est entretenu avec le Guide suprême de la Révolution islamique  et le président Ahmadinejad. Ce fut une visite historique puisqu’aucun dirigeant russe ne s’était déplacé en Iran depuis 1943. Les relations Téhéran/Moscou ont connu un embelli à l’époque de Poutine pour se refroidir à l’époque de son successeur Medvedev, l’homme qui a annulé unilatéralement le contrat de vente des S300 à l’Iran.

Que le président Poutine se rend en Iran juste après l’investiture de Rohani , cela signife une consolidation des rapports bilatéraux . Car le président russe est le premier dirigeant étranger à rencontrer le président Rohani. Le nucléaire figurera en bonne place au menu des discussions . En juin Poutine a mis l’accent sur le droit iranien à faire un usage civil du nucléaire et celui de l’Iran est en effet civil. Les commentaires ne parlent pas pour le moment du rapport que pourrait exister entre cette visite et le soutien irano-russe au président Assad. Il est vrai qu’à la lumière de la crise syrienne ,les relations Téhéran-Moscou se sont consolidées et les deux pays se regardent désormais à titre de partenaires stratégiques incontournables.

http://french.irib.ir/info/international/item/267024-poutine-%C3%A0-t%C3%A9h%C3%A9ran-pour-parler-s300

Snowden à Moscou par Israël Shamir


edward_snowden_zoom945Au milieu de son bref été, Moscou est frais et calme. Les trottoirs sont envahis par les tables des bistrots, les clients sont là, joyeux, et les encombrements diminuent quelque peu du fait des vacances. Le seul danger pour les hommes, ce sont les minijupes étourdissantes.

Dans quelques jours au plus tard, les charmes et les tentations de la ville seront à la portée d’Edward Snowden, qui va recevoir sa carte de réfugié lui permettant de marauder librement à travers toutes les Russies et de se familiariser avec les habitants.

Ce sera là un dépaysement bienvenu après l’aéroport international de Seremetyevo, où il a été longtemps relégué. C’est un vaste aéroport, et il y a là des malheureux, principalement des réfugiés sans papiers, qui y passent dix ans ou plus, en transit. On a cru un moment que notre héros serait retenu à jamais dans ces limbes. Les Russes et l’intrépide Snowden se regardaient en chiens de faïence, en maintenant les distances, jusqu’au moment où ils ont brisé la glace. Snowden est parvenu à rencontrer quelques représentants du public russe: des membres du Parlement (la douma, en russe), des militants pour les droits humains, des avocats prestigieux.

Il leur a rappelé qu’il « était habilité à fouiller dans tous vos échanges, à lire vos messages et à entreprendre des poursuites, jusqu’à changer le destin des gens, sans avoir à se justifier. » Il a invoqué la Constitution US qui est constamment bafouée par les hommes de l’ombre, dans la mesure où celle-ci « interdit tous les systèmes de surveillance massifs et invasifs ». Il a rejeté très justement la ruse légale des tribunaux secrets d’Obama, car aucun secret ne saurait blanchir ce qui est impur. Il a rappelé le principe de Nuremberg: « les citoyens ont le devoir de violer les lois de leur pays pour  empêcher des crimes contre la paix et contre l’humanité ». Et ce système de surveillance totale est certainement un crime contre l’humanité, la pierre d’angle du régime implacable qu’ils projettent d’implanter sur toute la planète. Lorsque cette déclaration a été interrompue par les haut-parleurs annonçant mécaniquement  un vol imminent, il a eu un sourire exquis pour dire: « j’ai entendu cela si souvent pendant toute cette semaine ».

Les Russes l’ont adoré; ils se sont mis à le voir d’un autre œil, comme je le prévoyais quand j’ai lancé un appel pour cette rencontre dans les pages du principal quotidien russe, le KP  (Komsomolskaya Pravda). Et maintenant nous apprenons que les Russes ont décidé de lui donner le statut de réfugié et de lui garantir toute liberté de mouvement.

Pourquoi ont-ils hésité si longtemps?

Snowden est un Américain, et les Américains, comme les Anglais, ont de forts préjugés contre la Russie, leur ennemi commun pendant la Guerre froide. Pour eux, c’est le pays du Goulag et du KGB. Les deux menaces se sont évanouies il y a plusieurs dizaines d’années, mais les traditions résistent, parfois sans fin. D’ailleurs le Goulag et le KGB n’étaient guère que des versions modernisées du knout des Tsars et de l’affreux régime des serfs au XIX° siècle, qui peut fort bien être remis à jour par la nouvelle mafia d’État brutale, telle que l’a mise à jour Luke Harding. Pour un Américain moyen, il est pratiquement impossible d’envisager un rapprochement avec la Russie. Surtout pour un Américain qui servait dans les rangs de la CIA et de la NSA, comme c’était le cas de Snowden. Et lui estimait que s’il choisissait d’embrasser la Russie, il perdrait son statut de lanceur d’alerte et serait considéré comme un agent ennemi, ce qui n’était pas du tout la même catégorie.

La même chose était arrivée à Julian Assange, en fait. Quand il fut proposé au créateur de Wikileaks de trouver refuge en Russie (ce qui techniquement était possible), il remit la proposition à plus tard, traîna des pieds et resta en Angleterre, se montrant de fait incapable de franchir le grand fossé qui sépare l’Ouest de l’Est, l’Orient de l’Occident.

Snowden ne cherchait pas à se retrouver sous les projecteurs, bien au contraire. Il souhaitait mettre un terme aux crimes commis par la NSA au nom du peuple américain, ni plus ni moins. Il espérait devenir une nouvelle Gorge Profonde, dont l’identité ne serait jamais révélée. Ses premières révélations importantes, il les avait faites par correspondance; il avait pris un avion pour Hong Kong parce que c’est une ville qu’il connaît bien, il parle couramment chinois, et projetait de rentrer ensuite chez lui à Hawaï. Il apparaît que c’est le Guardian (anglais) qui l’a poussé à révéler son identité. Même à ce stade il se croyait encore en sécurité, parce que Hong Kong relève de l’autorité souveraine de la Chine, et la Chine est un État puissant, qu’on ne bouscule pas facilement.

Les Chinois ont mis à profit les révélations de Snowden pour contrecarrer les accusations américaines d’espionnage électronique, mais ils n’allaient pas mettre à mal leurs relations avec les US pour ses beaux yeux, et ils se sont débarrassés de la patate chaude. Geste final délicat, ils ont eu la courtoisie de lui donner 24 heures pour déguerpir. Il était bien obligé de décamper, et il a sauté dans un vol d’Aéroflot pour Moscou en compagnie de Sarah Harrison, une exquise  lady anglaise qui fait partie du comité directeur de Wikileaks.

Snowden a donc atterri à Moscou, mais n’avait jamais envisagé de demander asile à la Russie. Pour lui, c’était juste une étape vers un pays neutre, l’Islande ou le Venezuela, bref,  quelque part en Occident. Il prévoyait de s’envoler vers La Havane et d’y changer d’avion pour Caracas. Il n’avait pas réalisé que l’État profond aux US a le bras fort long, et qu’il était bien décidé à s’emparer de sa personne et à lui appliquer un châtiment exemplaire.

Au début, les Américains ont exercé des pressions énormes sur Cuba pour que l’escale lui soit refusée. Ils ont menacé Cuba d’un débarquement assorti de blocus complet, et Castro a demandé à Snowden de se chercher un autre itinéraire. Il n’y a qu’Aeroflot qui aurait pu sortir Snowden de Russie, et sa ligne passe forcément par La Havane. D’où l’échec du premier projet.

Le sommet gazier qui se tenait à Moscou lui offrait  une autre issue de secours: il y avait là les présidents  de la Bolivie et du Venezuela, qui étaient venus pour la conférence dans leurs avions privés capables de faire ce long vol. Le président bolivien Evo Morales était parti le premier; son avion a été forcé d’atterrir, et fouillé, ce qui constitue un précédent historique inédit jusqu’alors. Ceci a servi d’avertissement pour le président Nicolas Maduro, qui quittait bientôt Moscou sans embarquer Snowden.

Ce fut une découverte pour Ed Snowden: il a appris à ses dépens qu’il n’y a qu’un pays au monde qui soit hors d’atteinte de l’oncle Sam. Il n’y a qu’un pays qui soit une véritable alternative à l’Empire, le seul pays que ni les bataillons de la Navy ni les drones d’Obama ne bombarderont, le seul pays dont les avions ne peuvent pas être arraisonnés et fouillés. Il était donc prêt à chercher l’entente avec les Russes; il a renouvelé sa demande d’asile provisoire, qui va probablement  lui être accordée.

Les Russes aussi ont hésité. Ils n’avaient pas envie d’irriter les US, ils étaient conscients que Snowden n’avait pas cherché à se rapprocher d’eux, et s’était juste retrouvé piégé lors d’une escale. C’était la patate chaude, et bien des gens étaient convaincus qu’il vaut mieux suivre l’exemple chinois, et l’envoyer ailleurs.

Le lobby US a tout mis en branle pour le faire extrader. Il y avait des militants pour les droits de l’homme et des membres d’ONG parmi les employés du Département d’Etat. Les Américains mettent ces gens et ces organisation en avant, comme leur cinquième colonne.

Lyudmila Alexeeva  en est un exemple en Russie; c’était une dissidente anti soviétique, elle a obtenu la nationalité américaine, elle est revenue en Russie et a repris sa bataille pour les droits humains et contre l’État russe. Elle crie sur les toits que Snowden est un traître, ne le voit nullement comme un lanceur d’alerte ou un défenseur des droits humains. Et il devrait être renvoyé aux USA, a-t-elle averti. D’autres dissidents notoires  et combattants contre le régime de Poutine ont applaudi, et se sont démasqués, apparaissant sous leur vrai jour.

Il y avait aussi quelques  siloviki qui étaient contre Snowden. Ce sont des membres et ex-membres de la communauté des services secrets russes, qui ont endossé le concept de convergence entre services de sécurité, et ont collaboré avec les Américains et d’autres services, en particulier ceux d’Israël. Ils ont dit que la loyauté envers le service auquel on appartient est la vertu la plus importante, et qu’un traître ne saurait être cru. Ils ont souri devant les révélations de Snoden en disant qu’ils savaient tout ça depuis longtemps. Ils ont dit qu’on ne saurait prendre au sérieux son désaccord avec Washington. C’est également la ligne défendue par Konstantin Remchukov, important patron de média, le propriétaire de la  Nezavisimaya Gazeta, qui en a rajouté, traitant Snowden d’espion chinois.

Enfin, on a entendu les conspirationnistes croasser que Snowden est un cheval de Troie, envoyé pour forcer les portes des secrets d’État russes. C’était de fait un agent double de la CIA, arguent-ils. Pas du tout, c’est un agent du Mossad, concluent d’autres encore. Et rendez-le donc aux Américains, assènent-ils. C’est bien là la pierre de touche qui a mis en lumière nombre d’agents américains, qu’ils passent pour des défenseurs des droits humains ou pour d’aussi fallacieux membres des services de sécurité.

Parmi ceux qui soutiennent Snowden en Russie, on trouve mon ami le poète Eduard Limonov, qui a qualifié Snowden d’annonciateur de l’effondrement du monde unipolaire. Mon journal, KP, a également embrayé. La télévision d’État a choisi une approche prudente, et n’accordait guère de poids aux découvertes de Snowden.

Le président Poutine a également joué avec précaution. Il a d’abord écarté les rumeurs envisageant la livraison de Snowden à Obama avec une formule laconique: « La Russie n’extrade personne, vers aucun Etat. » Puis il a offert l’asile à Snowden à condition qu’il cesse d’attaquer les US. C’est la condition habituelle que l’on pose aux demandeurs d’asile politique. Il a ajouté que Snowden n’accepterait probablement pas, parce qu’il veut continuer à livrer bataille, « exactement comme feu Sakharov », le célèbre dissident de l’ère soviétique. Il a aussi tenté de dissuader les Américains de poursuivre Snowden, comparant cette chasse à l’homme comme » la tonte d’un porcelet », qui déclencherait des hurlements et ne rapporterait guère de laine. La manœuvre a porté ses fruits: Snowden a accepté la condition préalable et a choisi de demander un asile provisoire en attendant que la route de l’Amérique latine s’ouvre devant lui; le président pour sa part a sauvé la face et a fait de son mieux pour éviter une bagarre avec les US et avec le puissant lobby pro-américain de Moscou. Je voudrais dire que malgré son image de macho autocrate, Poutine ne contrôle nullement les media russes libres, qui sont généralement propriété de barons tout-à-fait dévoués à l’Occident. Ses prises de position dans les débats nationaux sont à peine relayées.

Le dirigeant russe n’a pas cherché la confrontation. D’une façon générale, il ne cherche pas à semer la pagaille. Il se montre plutôt comme quelqu’un de circonspect et porté sur le conservatisme. Il préférerait probablement que Snowden s’envole sous d’autres cieux, d’autant plus que Snowden, qui est un patriote américain, ne partagerait pas les joyaux de la couronne avec les Russes. Il a fait traîner longuement son autorisation  protectrice pour que Snowden puisse rencontrer le public russe. Ce qui n’a pas empêche les Américains, tout au long de cette étape, de rajouter des listes entières de noms à la liste Magnitsky, liste secrète de Russes dont les propriétés et les comptes en banques peuvent être confisqués (« gelés » est le terme technique qu’ils utilisent). Les membres du Congrès ont pu déblatérer librement contre Poutine, et diffamer la Russie tout leur soûl. Attendez un peu, vous allez voir qu’Obama va téléphoner à Poutine ce soir et qu’il va nous renvoyer le paquet Snowden aussi sec, disait le porte-parole  de la Maison Blanche. Pendant ce temps-là, les US ont continué à échafauder leurs machinations contre la Syrie au Moyen Orient, et Israël a pu bombarder tranquillement les positions syriennes, probablement avec le soutien américain. Au lieu de lui manifester le moindre égard, Obama a essayé d’intimider Poutine. C’était une tactique erronée, et contre-productive.

Au même moment, la Russie a effectué un contrôle soudain de ses  disponibilités militaires, et n’écarte apparemment aucune option. Ce grand pays ne cherche pas la bagarre, mais ne bat pas en retraite non plus. Snowden est en sécurité ici à Moscou, où personne ne peut lui faire de mal, de sorte qu’il va pouvoir exposer devant le monde entier les crimes contre l’humanité commis par les services secrets américains. Et Moscou est un lieu de villégiature exceptionnel, particulièrement en été.

adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

source : http://www.israelshamir.net/French/Snowden-Fr.htm

Syrie : le nerf de la guerre


homs combatsFace à une nouvelle tentative américaine de faire chuter un régime ami, Moscou et Pékin n’ont aucune envie de se limiter comme jadis à des protestations à l’Onu. Ils ont mis en oeuvre un programme coordonné à long terme –visiblement- visant à octroyer à la Syrie une aide économique, politique, militaire et technique.

Fin juin, le vice-premier ministre syrien Qadri Jamil expliquait au Financial Times le mécanisme de survie de l’économie et de l’Etat syriens dans le contexte de guerre. Ces informations permettent de tirer quelques constats sur la nature du conflit syrien.

Qadri Jamil a notamment indiqué que la Russie, la Chine et l’Iran mettaient en oeuvre un programme d’aide à l’économie syrienne et fournissaient au pays tout le nécessaire pour poursuivre la guerre: des produits pétroliers, des aliments et des fonds financiers.

Les échanges avec ces pays s’effectuent avec leurs devises nationales, ce qui permet d’éviter d’éventuelles sanctions de la part des Etats-Unis. «L’appui des Russes, des Chinois et des Iraniens est toujours une bonne chose», affirme Qadri Jamil.

Ces livraisons sont assurées par les navires russes, ce qui explique la nécessité d’une présence continue de la marine russe près des côtes syriennes, aussi bien que le sens réel des déclarations des chefs militaires russes concernant une présence permanente des bâtiments de guerre russes en Méditerranée. Les fournitures de pétrole, à elles seules, atteignent 500 millions de dollars par mois.

Si les actions de l’Iran dans le conflit syrien -ce dernier a octroyé à Damas un crédit illimité – sont tout à fait compréhensibles, l’attitude de la Russie et de la Chine pourrait révéler le début d’une nouvelle étape de leur coopération internationale.

Face à une nouvelle tentative américaine de faire chuter un régime ami, Moscou et Pékin n’ont aucune envie de se limiter comme jadis à des protestations à l’Onu. Ils ont mis en oeuvre un programme coordonné à long terme –visiblement- visant à octroyer à la Syrie une aide économique, politique, militaire et technique. Le tout malgré une pression montante de la part des Etats-Unis. La Russie a donc envoyé ses navires vers la zone de conflit afin de garantir la réalisation de ce programme et il est possible que la Chine ait joué un rôle plus important dans les efforts économiques visant à épauler la Syrie.

A l’heure actuelle, il semble que cette première tentative de confrontation ouverte avec l’Occident sur le territoire d’un pays tiers fonctionne. Les troupes de Bachar al-Assad ont en effet enregistré un certain nombre de succès militaires ces derniers temps. Et même si l’Etat syrien chutait, sa résistance de deux ans démontrerait que la Russie et la Chine sont en mesure de soutenir de manière efficace leurs amis sous pression occidentale.

Si le gouvernement syrien l’emportait, cela créerait une situation inédite: jusqu’à présent les capacités politiques et militaires des Etats-Unis ont toujours suffit pour isoler et écraser n’importe quel régime indésirable dans un pays du tiers-monde. Aujourd’hui l’exemple syrien témoigne du fait qu’un régime sous pression américaine pourrait compter sur une aide efficace.

Mais pourquoi la Syrie est-elle le lieu de cette confrontation des intérêts occidentaux avec ceux de la Russie et de la Chine? Moscou et Pékin considèrent probablement les actions américaines en Syrie comme une composante importante d’un plan stratégique de Washington, qu’il faut torpiller à tout prix.

Vedomosti

http://afrique-asie.fr/menu/moyen-orient/5875-syrie-le-nerf-de-la-guerre.html

Edward Snowden a demandé un asile politique en Russie


0618-snowden-poster-630x420L’ex-consultant de la CIA Edward Snowden a demandé un asile politique en Russie, pour retrouver la liberté de circulation.

Tel est le résultat de sa rencontre à l’aéroport de Moscou Cheremetiévo avec des juristes et militants des droits de l’homme russes, résultat qu’on peut appeler une sensation attendue. L’agent fugitif a dit sa reconnaissance à tous les pays, qui lui ont proposé un asile, mais a décidé d’arrêter son choix sur la Russie.

Les attentes des participants à la rencontre se sont justifiées. Réagissant à la demande de l’ex-consultant de la CIA le porte-parole du président de Russie Dmitri Peskov a déclaré que Kremlin ne disposait pas pour le moment de confirmation à ce sujet, mais a noté que les conditions pour cela restaient les mêmes : arrêt de toutes activités nuisant aux intérêts des Etats-Unis et à leurs rapports avec la Russie. Position formulée précédemment par le chef de l’Etat Vladimir Poutine. Le 12 juillet Edward Snowden a confirmé son accord de satisfaire à cette condition.

Le premier des hauts fonctionnaires à avoir commenté la demande de l’Américain a été le président de la Douma d’Etat Sergueï Narychkine. Il a dit la Russie devait accorder un asile politique ou un refuge provisoire à Edward Snowden, parce qu’il risque une peine de mort, toujours pratiquée aux Etats-Unis. Le chef du comité des Affaires internationales Alexeï Pouchkov a remarqué que si M. Snowden fait une demande officielle à la Russie pour obtenir un asile politique, sa demande serait examinée. Voici ce que dit à notre radio le politologue Sergueï Mikhéev.

« Je pense qu’il craint pour sa vie. Après l’incident avec l’avion du président de Bolivie il peut ne pas regagner l’Amérique latine. Pour cette raison il demande un asile provisoire en Russie. Il ne demande pas, probablement, la nationalité russe, mais un certain statut de réfugié et un asile provisoire qui lui sont nécessaires. Il est tout simplement las de vivre dans la zone de transit de Cheremetievo ».

Peu après la rencontre Olga Kostina, membre de la Chambre civile, a déclaré que les défenseurs des droits de l’homme avaient l’intention de préparer une déclaration au nom du président Poutine à l’appui de la demande de M. Snowden sur l’octroi de l’asile politique. Selon l’expert Igor Korottchenko, en cemoment ce qu’il faut de M. Snowden c’est sa demande rédigée à la main adressée aux autorités russes, et la question pourra être réglé rapidement.

Quant au délégué aux droits de l’homme Vladimir Loukine, il a estimé qu’il serait mieux si M. Snowden obtienne le statut de réfugié d’une organisation internationale et non de la part de la Russie. Il y a, à son avis aussi les intérêts d’Etats. A ce propos il craint une détérioration des relations russo-américaines, au cas où la Russie octroie quand même un asile politique à M. Snowden. Mais en somme la plupart des défenseurs des droits de l’homme et d’hommes politiques et d’experts se sont exprimés en faveur de la satisfaction de la demande du citoyen américain. La Voix de la Russie suit l’évolution des événements.

http://french.ruvr.ru/news/2013_07_12/Las-de-vivre-dans-une-zone-de-transit-M-Snowden-a-pris-une-decision-4499/

Jusqu’où ira la lâcheté des européens ? L’avion de Evo Morales détourné par couardise


Avion SnowdenC’est tout simplement inouï. L’avion du président bolivien Evo Morales a été contraint mardi d’atterrir à Vienne, en Autriche, à son retour de Moscou. Les espaces aériens français et portugais lui ont été interdits, selon le ministre bolivien des Affaires étrangères.

Et pourquoi ? Parce que, d’après les autorités portugaises et françaises, les aéroports des deux pays avaient, le même jour, la même heure, des problèmes techniques. C’est pas beau ça ?

La vérité, c’est qu’une rumeur voulant qu’Edward Snowden soit à bord de l’avion présidentiel a couru pendant quelques heures. Ca a suffi pour qu’ils fassent dans leur froc. Couards, on savait qu’ils l’étaient. Lâches et incapables d’assumer leurs décisions, on le savait aussi, mais pas au point de mentir avec des énormités invoquant un problème technique global et simultané dans tout le ciel européen.

La Bolivie a finalement démenti la présence de l’Américain dans l’avion du président Morales. Il a du s’étouffer de rire, le président Bolivien. Que faire d’autre, devant tant de… je ne trouve pas mes mots.

Il n’y a pas que la France et le Portugal. L’Autriche, comme pour s’excuser d’avoir accepté l’atterrissage,  annonce par son ministère des Affaires étrangères, que les autorités autrichiennes « ignoraient » pour quelle raison le chef de l’État bolivien avait atterri à Vienne. Prudence, n’est-ce pas ? La Norvège, qui a reçu une demande d’asile de Snowden invoque un problème de procédure pour ne pas accéder à la demande. La Pologne, quant à elle, affirme bien avoir reçu une demande, mais, Ô misère de misère ! elle ne remplit pas les conditions. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, rajoute même que « si c’était le cas, je ne ferais pas de recommandation positive ». En voilà au moins un qui est couard mais pas lâche.

Est-il donc si terrible, le grand ami américain ? D’ailleurs, peut-on appeler ami quelqu’un qui nous fait flipper au point d’en perdre nos repères et notre honneur ?

Seul le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a estimé mardi que Snowden « mérite la protection du monde ». « Il n’a pas encore demandé la nôtre. Quand il le fera, nous donnerons notre réponse », a-t-il ajouté, interrogé par Reuters à Moscou. Digne héritier de Chavez.

Avic

URGENT – Edward Snowden arrive à Moscou


Edward Snowden MoscouEdward Snowden qui a dévoilé les activités des services spéciaux américains, a pris un avion Hong-Kong- Moscou, selon Ria Novosti.

On se croirait en pleine guerre froide avec ses transfuges, ses réfugiés dans les ambassades, et même ses goulags. Sauf que cette fois c’est l’inverse. Les persécuteurs et les goulags sont à l’Ouest.

Avic

 

Que signifie «gentleman agreement» pour les gouvernements américain et Israélien?


En 2010, à l’invitation du président américain Barak Obama, Dimitri Medvedev, alors président de la Fédération de Russie, a effectué du 22 au 24 Juin, une visite officielle aux États-Unis, que la Maison Blanche considérait comme un point de départ pour de nouvelles relations avec la Russie. A cette occasion, M. Medvedev a visité le siège des géants Twitter,  Apple Inc et Cisco Systems, dans le complexe de Silicon Valley, près de San Jose, en Californie, leader mondial de la haute technologie. Lire la suite Que signifie «gentleman agreement» pour les gouvernements américain et Israélien?

La Syrie, l’Iran : postes avancés russes


9k81_s-300v_surface_to_air_missile_russia_russian_army_001D’après la presse russe, la Syrie dispose déjà des fameux S-300 qui font tant danser les stratèges occidentaux. Et c’est tout à fait logique. Dans la mesure où la Russie s’est clairement positionnée comme un allier de Damas, on ne voit vraiment pas pourquoi et au nom de quel principe elle ne lui livrerait pas un système de défense efficace, voire dissuasif ? En aidant la Syrie et l’Iran, la Russie ne fait que défendre son propre territoire. Il est donc fort à parier que Téhéran bénéficie déjà d’une aide conséquente de la part de Moscou, en matière de défense. Habitués que nous sommes à la communication sur tout, au point de connaître la couleur du maillot de bain des compagnes présidentielles en occident,  tout ce qui n’est pas déballé dans les médias n’existe pas.  Et puis, il y a toujours une petite dose de mépris, de condescendance ou de racisme, quand on évoque le sujet des armes sophistiquées. Pour tout le monde, il est tout à fait logique et naturel que la Syrie, l’Iran, le Guatemala ou le Zimbabwe ne soit pas en possession de systèmes de défense qui puissent les prémunir contre les agressions impérialistes. Il serait outrecuidant pour ces pays d’avoir les moyens de tenir tête  aux dictats de Washington ou de l’OTAN.  Cela fait deux années que les syriens reçoivent des coups sur la tête, et l’on se demande encore si elle a le droit de se défendre et si elle peut s’en donner les moyens ! On trouve tout à fait normal qu’un Netanyahou se déplace à Moscou pour dire aux Russes : « ne leur donnez pas de quoi se protéger, sinon nous ne pourrons plus leur taper dessus ». Vraie ou pas, cette explication du voyage du premier ministre israélien en Russie est celle qui est privilégiée par les « experts ».

La vérité, c’est que la situation traine en longueur en Syrie. Et il y a de bonnes raisons pour cela. Les agresseurs n’ont pas l’habitude de tergiverser quand ils peuvent foncer. L’Afghanistan, l’Irak et la Libye nous l’ont montré. Ce que nous savons aussi, c’est que, comme beaucoup de prédateurs, ils attaquent en bande et  toujours une proie faible et sans défense. S’ils n’attaquent pas c’est qu’il y a de fortes présomptions que la proie n’est pas si faible que ça.

La Syrie est un os. Un gros os sur lequel les mercenaires se sont cassé les dents, et sur lequel  l’embargo, arme de destruction massive par excellence puisqu’elle tue sans  discernement toute une population, a lamentablement échoué.  Alors à quoi riment toute cette frénésie et tous ces va-et-vient à Moscou, la nouvelle capitale du monde diplomatique ? Un François Hollande croit-il vraiment que ses petites phrases puériles puissent avoir une quelconque portée et modifier les positions de son homologue russe? Espérons qu’il n’y croit pas lui-même. Sinon, pauvre France.

En tout état de cause, l’os syrien tout comme l’os iranien, avec l’aide de Moscou, est en train d’étouffer le camp des agresseurs. Il semble qu’il soit bien calé en travers de leur  gorge et qu’il ne veuille plus en bouger.

Avic

L’agression sioniste et ses objectifs insatisfaits !


Contribution de Mouna Alno-Nakhal

agression israélienne 0904Les raids aériens meurtriers contre la Syrie n’ont donc rien à voir avec les armes chimiques. Merci Madame Carla Del Ponte et peu importe les démentis des menteurs, car comme le dit un proverbe syrien : « la ficelle du mensonge est courte ! ». [NdT].
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Traiter rationnellement de la récente agression sioniste dirigée contre plusieurs sites autour de Damas implique de s’attaquer à la racine du problème et d’en extirper les véritables motivations, faute de quoi nous risquerions de nous laisser égarer et de n’en retenir que les effets strictement négatifs, voire de les exagérer. En effet, la logique voudrait que nous ayons constaté plusieurs faits essentiels dont le plus important touche à la nature même des frappes aériennes ; frappes qui devaient déclencher des explosions aussi violentes, assourdissantes, et étincelantes que possible ; pour que leurs vacarmes et leurs feux impressionnent le plus grand nombre à des milliers de kilomètres à la ronde !

Les raisons du soin particulier apporté à cette exhibition demandent de commencer par répondre à la question : « Pourquoi cette agression ? ».

1. Le leitmotiv annonciateur de la chute imminente du Président Bachar al-Assad a été permanent depuis le début et tout au long des chapitres successifs de « la guerre contre la Syrie ». Mais cet homme qui ne s’est pas contenté de fracasser les illusions de ceux qui voulaient détruire la Syrie dans les marécages du « Printemps US-sioniste » se plait, avec ce qui pourrait ressembler à de la provocation, à apparaitre de plus en plus souvent au milieu de son peuple. Cinq apparitions en public en moins d’un mois. C’est plus que ne ferait n’importe quel dirigeant d’un État de la région, et en temps de paix de surcroit ! C’est comme s’il disait : « Si votre printemps a pour objectif ma chute, je suis toujours là entouré des miens ; et si la défaite de la Syrie a pour objectif la chute du dernier rempart devant votre printemps, la Syrie est malgré tout, toujours debout, altière, ferme, résistante ! ».

2. L’entité sioniste aimerait imposer une nouvelle équation à la Syrie, sa politique se résumant essentiellement à dire : « Nous sommes en mesure d’asséner les frappes de notre choix [missiles, raids aériens, piratages] où et quand nous le voulons ; la Syrie ne pouvant qu’encaisser, s’incliner bon gré mal gré, et s’abstenir de toute riposte ». Mais cette même entité qui pouvait encore se permettre de diriger deux ou trois frappes en territoire syrien ces derniers mois, sait bien que désormais elle ne pourrait répéter l’opération sans réponse conséquente. D’ailleurs, « ceux qui sont concernés » n’ont obtenu aucun engagement de non-réponse de la part des Syriens et ont déjà été prévenus qu’en cas de nouvelle agression la réponse fusera « directement et automatiquement » !

3. Voilà plus d’un mois que l’Armée nationale syrienne a réalisé un saut à la fois qualitatif et quantitatif, allant de victoire en victoire ; ce qui a surpris l’ami et l’ennemi ! Elle a réussi à désinfecter des dizaines de régions, de villages et de quartiers. Elle a repris le contrôle total d’axes routiers et de lieux stratégiques sur l’ensemble du territoire syrien. Elle a éliminé un nombre considérable de terroristes, d’agents et de traitres inféodés à l’étranger… Il était donc devenu nécessaire de freiner son élan et de polluer ses victoires. Il était devenu urgent de déstabiliser le peuple syrien et son armée en tentant de suggérer qu’ils étaient en situation d’impuissance devant l’ennemi. Mais les opérations d’assainissement n’ont pas cessé pour autant. Elles se sont poursuivies alors que les poussières des terres bombardées n’étaient pas encore retombées. L’Armée nationale n’a pas reculé mais a continué à avancer sans jamais perdre de vue que ceux qui la combattaient sur sa terre n’étaient issus, gérés et dirigés que par des sionistes… ténacité faisant partie de la riposte à l’agression ! Quant au peuple syrien, il est devenu encore plus conscient de « la nature de cette guerre mené contre lui », et donc encore plus attaché à sa patrie, son armée et ses dirigeants.

4. Cette agression devait délivrer un quadruple message. Le premier à la Russie avant la visite programmée de M. Kerry les 7 et 8 Mai 2013 à Moscou, pour que son contenu le précède et qu’il puisse l’exploiter dans ses dures négociations politiques avec M. Lavrov. Le deuxième à la Chine où M. Netanyahu se rend aujourd’hui [6 Mai]. La troisième à l’Iran dont le ministre des Affaires étrangères est attendu dans la capitale jordanienne ce même jour. Le quatrième à Sayyed Hassan Nasrallah suite à son discours de mise en garde il y a quelques jours…

5. Enfin, cette agression accompagnée d’attaques terroristes quasi-simultanées de plusieurs points de la capitale avait aussi pour objectif de déstabiliser les comités de défense et les forces de l’ordre chargés de la défense de Damas pour semer le chaos et la confusion. Ils ont été complètement écrasés en quelques heures !

Ce sont quelques-uns des objectifs de l’attaque sioniste contre la Syrie, objectifs insatisfaits pour la plupart de par la volonté du peuple syrien et de « son » armée.

Par conséquent, il est impératif pour tous les Syriens de garder un moral d’acier, de déclarer leur confiance sans failles en leur valeureuse armée, de la soutenir sans réserve aucune dans sa guerre contre les ennemis de l’intérieur avant ceux de l’extérieur, de se rassembler autour de « son commandant » devenu l’un des symboles de la lutte nationale partout dans le monde ! Nous avons tous entendu les prises de décision des uns et des autres, mais celles que nous n’avons pas entendues sont probablement encore plus dangereuses. Il ne s’agit pas de céder aux faits accomplis souvent engendrés par les crises. Patience, confiance et solidarité sont les titres de la prochaine étape, avec la victoire au bout du chemin !

Samir al-Fazaa

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Article original : Sham Times
http://shamtimes.net/news_de.php?PartsID=1&NewsID=8235#.UYeYa6RvvTo.face

Manœuvres américaines en vue d’armer ouvertement l’opposition Syrienne


lance_missiles_StingerDurant les préparatifs du sommet des Amis de la Syrie du 28 février à Rome, les États-Unis ont indiqué un changement de politique consistant à armer ouvertement l’opposition syrienne qui mène une guerre pour le compte des États-Unis dans le dessein de faire tomber le président syrien Bashar el-Assad.

Lire la suite Manœuvres américaines en vue d’armer ouvertement l’opposition Syrienne