Archives du mot-clé Mouna Alno-Nakhal

Syrie : De la guerre à la paix ?


Tribune libre Byblos

carte_syrieExtrait de l’entretien de M. Nasser kandil, Directeur de Top News Syria, avec la chaîne syrienne Al-Fadaiya à la veille de l’ouverture de la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 23 Septembre 2013.

TV Syria : Vous avez dit qu’en matière de relations internationales, lorsque les choses en sont arrivées aux limites de la guerre et qu’on a reculé pour rechercher des compromis au sein du Conseil de sécurité, seuls les imbéciles peuvent croire que le regain de tension traduit la réalité de ce qui se passe en coulisses. Sommes-nous sur le chemin d’une « solution politique », ou bien s’agit-il d’une manœuvre supplémentaire des USA et des Occidentaux ?

N. Kandil : En effet, je l’ai dit. Et je crois qu’au bout de plus de trente mois de guerre, nous entrons dans une nouvelle étape de l’agression menée contre et autour de la Syrie. J’ai toujours essayé d’être aussi précis que possible, dans les limites permises par l’analyse politique, et je pense avoir été l’un des premiers à dire que jusqu’en 2014, autrement dit jusqu’au début du retrait US d’Afghanistan, il ne sera pas possible que la bataille autour de la Syrie cesse, du moins sous tous ses aspects.

La guerre contre la Syrie, comprise dans son sens le plus large, c’est-à-dire sa destruction et sa partition… est finie depuis la rencontre Kerry-Lavrov. Mais la fin de la guerre ne signifie pas l’arrêt des coups. Bien au contraire, ils pourraient même s’intensifier.

Ceci étant dit, depuis l’accord conclu entre M. Kerry et M. Lavrov, trois choses sont désormais acquises en ce qui concerne la Syrie :

  • plus question de briser ses constantes nationales symbolisées par le Président Bachar al-Assad,
  • plus question de la disloquer,
  • plus question de la phagocyter en partie ou en totalité.

En d’autres termes, l’unité nationale syrienne ne prête plus à discussion, mais tous les problèmes sont loin d’être réglés. Reste la bataille sur le contenu de l’accord politique qui fera que le monde reconnaîtra sa légitime victoire. En effet, depuis la rencontre Kerry-Lavrov, nous sommes entrés dans ce que j’ai qualifié de « négociations sur marbre chaud » en disant que nous allions assister à des confrontations de plus en plus dures et de plus en plus sanglantes, avec recours à tous les moyens disponibles pour tenter de réunir les « cartes maîtresses » susceptibles de servir jusqu’à la fin de la partie dans trois mois environ. D’ici la fin de cette année 2013, nous sommes donc au cœur même de cette nouvelle étape. Ni les cris, ni les menaces, ni les coups bas ne cesseront; mais ils devront commencer à reculer…

Nous en étions arrivés à l’instant où une seule frappe aurait mené à une  guerre totale que personne ne souhaite et qui aurait été terriblement coûteuse pour toutes les parties, pas seulement pour la Syrie. Il fallait donc préparer le terrain pour trouver un accord qui mènerait à une paix globale. D’où la rencontre Kerry-Lavrov, quoique « l’Américain » a tenté d’y échapper et se dit toujours : « Voyons voir de quelles cartes nous disposons ! ».

TV Syria : Nous pouvons donc dire que le conflit est passé d’une mobilisation en Méditerranée vers une mobilisation sur les tribunes de la politique ?

N. Kandil : Disons que la guerre qui se profilait à l’horizon était, à mon avis, l’une des plus dangereuses de ce XXIème siècle à cause de l’importante situation géostratégique de la Syrie… Elle est à la fois un point d’ancrage en Eurasie, une tête de pont en Méditerranée vers la Chine, le point de rencontre entre le monde musulman et le monde arabe, et en plein milieu d’un trigone : « Islam, pétrole, Israël ».

Par conséquent, plusieurs questions méritent réponses. Quel concept de l’Islam voulez-vous… celui de la Syrie, ou bien celui des wahhabites dont le bras droit n’est autre qu’Al-Qaïda ? Quelle attitude face à Israël adopteriez-vous… vous coucher et servir ses intérêts à la mode des gens du Golfe, ou bien résister face à leurs projets et convoitises ? Qu’en est-il de nos ressources énergétiques… des ressources qui nous appartiennent, ou bien sommes-nous condamnés à un gardiennage au service d’un possédant obscur caché derrière les compagnies internationales occidentales ?

Concernant le « trigone », il se trouve que lors de la guerre d’Irak, j’ai participé à une émission TV d’Al-jazeera à laquelle était invité Thomas Friedman. Il rentrait du Japon où se déroulaient des négociations autour de la Corée du Nord. Je l’avais interpellé, disant : « En Corée, vous préconisez une solution politique alors qu’elle refuse la venue d’observateurs et déclare posséder un réacteur nucléaire. En Irak, vous voulez la solution militaire alors qu’il est prêt à recevoir les observateurs et ne possède pas d’armes de destruction massive. Quelle différence voyez-vous entre l’Irak et la Corée ? ». C’est sans nul embarras qu’il m’a répondu : « L’Irak se situe dans une région liée à l’Islam, au pétrole, et à Israël ! »…

Tels sont donc les facteurs qui contribuent à la conception des stratégies occidentales pour notre région et je crois que, concernant ces stratégies, nous avons assisté au télescopage et à la conjugaison de quatre guerres distinctes :

  • La première guerre est celle du « Nouvel Ordre Mondial ». L’unilatéralisme US qui a dicté la politique internationale de 1990 à 2010 a perdu de sa puissance. Un vieux système se bat pour ne pas s’effondrer, un nouveau se bat pour naître. Le centre de cette guerre est l’Asie, pour la bonne raison que les forces montantes sont représentées par le « trio asiatique » : la Russie, la Chine, et l’Inde ; avec au cœur de ce trio, deux alliés naturels suivant les concepts mêmes de ces trois puissances [souveraineté des États essentiellement] et qui sont l’Iran et la Syrie. La Syrie a donc été, et reste, le pivot de cette guerre qui décidera de l’avenir du nouvel ordre mondial…
  • La deuxième guerre est celle de l’ « Énergie » sur deux axes à la fois, le Golfe persique et les rivages de la Méditerranée. Autrement dit, la richesse attendue et convoitée en gaz et pétrole de la Méditerranée, et les vingt millions de barils qui franchissent tous les jours le détroit d’Ormuz. Là aussi l’Iran et la Syrie sont le « duo décisif » autant en matière des ressources propres qu’en oléoducs, gazoducs, etc.
  • La troisième guerre est celle de la « sécurité d’Israël », une fois que les USA se seront retirés d’Afghanistan. Israël qui a perdu la guerre en 2006 du fait d’une alliance où la Syrie et le Hezbollah étaient les fers de lance et l’Iran en arrière plan. Israël qui a perdu la guerre une deuxième, puis une troisième fois à Gaza…
  • La quatrième est la « guerre contre le terrorisme », à propos de laquelle, l’Occident et particulièrement les USA ne peuvent prétendre qu’ils ne sont pas concernés ; même s’ils ont exploité le terrorisme pour gagner les trois guerres précédentes en espérant le contenir d’ici là.

 TV Syria : Tout à fait comme ils se sont comportés en Afghanistan ?

Exactement… En sachant que ces quatre guerres ont été menées parallèlement dès le début. Mais aujourd’hui, deux guerres sont finies. Les USA sont forcés d’admettre que l’unilatéralisme est révolu et que la Russie est un partenaire qui pourrait les surpasser dans l’organisation et la direction du nouvel ordre à venir. La Syrie a donc été le théâtre principal de cette guerre pour un nouvel ordre mondial et en est sortie l’identité plus renforcée.

À mon avis la guerre de l’énergie est finie aussi, la Syrie étant souveraine sur ses ressources énergétiques en Méditerranée, l’Iran étant chargé de la sécurité des ressources du Golfe persique et du détroit d’Ormuz. Quelles que soient les déclarations que nous entendrons, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies… je dis qu’il s’agit d’une  « Réunion au sommet sur l’Énergie » ; avec à sa marge la réunion de l’Assemblée, non l’inverse.

Deux guerres ne sont toujours pas finies, celle concernant la sécurité d’Israël et celle concernant le terrorisme. La guerre du terrorisme a été inversée par la Syrie, au sens où elle ne pourra plus servir de carte maîtresse comme prévu par les USA et l’Occident pour gagner leurs trois autres guerres. Désormais la prochaine guerre en Asie sera la guerre contre le terrorisme !

Nasser kandil

23 / 09 / 2013

Extrait transcrit et traduit par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo /Top News Nasser-kandil

http://www.youtube.com/watch?v=c6GfuUS0rhQ

Monsieur Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de Top News-nasser-kandil

Communiqué du Secrétariat général du « Congrès national arabe »


Tribune libre Byblos

arab_world_todayC’est avec une extrême inquiétude que le Secrétariat général du « Congrès national arabe » suit l’escalade dangereuse dans les préparatifs visant à lancer une attaque contre la République arabe syrienne, et ceci par les mêmes forces qui ont déjà agressé la Nation depuis la signature des « Accords de Sykes-Picot » [1916] et la « Déclaration Balfour » [1917] jusqu’à ce jour.

Cette série d’agressions a concerné la plupart des pays arabes aboutissant au déni des droits des Palestiniens à la liberté, à l’indépendance et au retour vers leur terre ; à l’occupation de l’Irak avec mise en place d’un système politique reposant sur les divisions entre les différentes confessions et minorités ; à la destruction de la Libye ; à la partition du Soudan ; à des tentatives d’émiettement du Yémen ; et au soutien du terrorisme dans de nombreuses régions du monde arabe.

Dans ce contexte, le Secrétariat général du Congrès national arabe insiste sur les points suivants :

Il réaffirme s’en tenir à son projet initial appelant à un renouveau arabe dans le respect des principes de liberté, de dignité, de démocratie, et d’indépendance ; avec en premier lieu la résistance à toute ingérence étrangère sous quelque forme que ce soit, y compris les interventions militaires, par tous les moyens disponibles.

Il refuse les prétextes avancés par les États-Unis, leurs alliés, et leurs inféodés arabes, pour légitimer l’agression et la guerre contre la Syrie ; d’autant plus que ces prétextes ont d’ores et déjà été utilisés par les colonialistes occidentaux pour agresser l’Irak et finir par l’occuper en 2003. Des prétextes qui se sont révélés être des mensonges absolument sans fondement, et qu’en toute logique il serait inadmissible de laisser passer une fois de plus.

Il condamne les dernières résolutions de la Ligue des États arabes réunis en urgence pour se prononcer sur le projet d’agression de la Syrie, considérant qu’il s’agit d’une trahison ouvertement destinée à couvrir injustement cette agression, avant même que la Commission d’enquête de l’ONU n’ait terminé son travail et présenté son rapport sur les prétendues preuves accusant l’Armée nationale syrienne d’avoir utilisé l’arme chimique contre l’opposition armée. Cette prise de position officielle est dans la continuité de résolutions antérieures qui ont légitimé l’agression de l’Irak, de la Lybie, du Liban et de la Palestine. Elle vient confirmer la mainmise des réactionnaires sur les décisions de la Ligue et l’inefficacité des diverses organisations arabes pour assurer la sécurité nationale et faire face aux agressions.

Il salue le rôle des forces internationales amies opposées à cette agression. Il rend hommage aux forces populaires mobilisées pour la paix dans le monde et qui, en ces moments où nous nous trouvons à un tournant décisif de notre Histoire, appellent à refuser la logique de la guerre et le recours à la force. Il se joint au vaste mouvement de manifestations pacifiques et de pétitions de la plupart des grandes villes arabes, jusqu’au rejet total de la mise à exécution de cette injuste agression.

Vive la Syrie libre et indépendante. Vive la Palestine. Et puisse la nation arabe sortir victorieuse de cette épreuve !

Maan Bachour
Maan Bachour

Secrétariat général du Congrès national arabe
30/08/2013

 

 

 

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Saout al-oumal [Irak]
http://www.sautalomal.org/index.php/2012-11-27-11-25-47/2012-05-01-06-57-45/5293-2013-08-31-07-54-30

Note :
[*]Le Congrès national arabe ou le « Congrès panarabe »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_nationaliste_arabe

Syrie : Discours du Président au soir de la « Nuit du Destin »


Tribune libre Mouna Alno-Nakhal

20130805-003301_h495772Par Bachar al-Assad

Je suis heureux de rencontrer une telle assemblée de patriotes en cette nuit bénie du Ramadan, cette « Nuit du Destin » [Laylat al-Qadr : nuit de l’avènement de la prophétie], qui nous conforte dans notre volonté de rester unis autour du bien, de l’amour de la patrie, et du pacte sans cesse réaffirmé pour sa défense avec encore plus de détermination malgré tous les défis et quels que soient les dangers.

Aujourd’hui, nous sommes réunis pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour que la nation gagne en dignité, pour que la parole soit celle de la vérité, pour que notre solidarité entoure leurs familles qui ont perdu ce qu’elles avaient de plus précieux alors qu’ils empruntaient le chemin de la gloire et de la fierté, sans oublier tous ceux qui sont désormais dans le besoin et affrontent avec foi et ténacité les fardeaux qui s’accumulent jour après jour.

Nous sommes réunis pour leur témoigner notre solidarité en leur assurant que la patrie n’abandonne pas ses enfants dans les épreuves et les difficultés mais, au contraire, elle les soutient tant sur le plan moral que sur le plan financier. Nous ne sommes pas là pour célébrer une fête, d’une part parce que la tristesse et la désolation n’ont épargné aucune maison et aucune âme de ce pays, d’autre part parce que le mois de Ramadan n’est pas nécessairement propice à la fête comme le voudraient certains rituels. C’est un mois de recueillement et d’adoration destiné à se purifier l’âme des impuretés accumulées toute l’année, un mois consacré à s’éduquer et à revoir ses comportements pour les corriger ou les récupérer, un mois pour restaurer son humanité et en témoigner en s’occupant des autres, de ceux qui ont faim et de ceux qui endurent toutes sortes de souffrances partout en Syrie.

Oui le mois de Ramadan est un mois de compassion, mais c’est aussi un mois de pardon, de dialogue, de sacrifice et de Jihad au sens propre de ce terme ; celui qui dicte de travailler, d’aimer, de se construire, de se réaliser, et que je résumerai en disant que c’est le mois de la régénération du corps et de l’esprit. Pour la société, comme pour l’individu, il est impossible de régénérer l’un sans régénérer l’autre, l’équilibre de la société résultant de la force de chacun et inversement. Ce qui fait que si nous voulons réformer la société, nous devons encourager le dialogue entre tous ses éléments et toutes ses tendances. Mais pour que ce dialogue soit utile et fructueux, pour qu’il ait du sens et de l’essence, il faut qu’il soit franc et transparent.

Oui nous avons besoin de la franchise et de la sincérité enseignées et consacrées par toutes les religions célestes, notamment dans les circonstances que nous traversons. Parler de ce qui se passe dans le pays, de ses causes et des solutions proposées, ne peut se faire qu’en dialoguant franchement loin de toutes fausses courtoisies ; lesquelles, en l’occurrence, reviendraient pour la société à faire la politique de l’autruche, car si la société faisait le choix d’enfouir sa tête dans le sable cela reviendrait à enterrer la patrie.

C’est pourquoi je continuerai à vous parler en toute franchise, d’autant plus que les circonstances font que la tâche est maintenant plus facile qu’il y a deux ans et quelques mois. À l’époque l’agression était si incroyable et la désinformation si énorme que beaucoup de Syriens ont été dupés et sont tombés dans le piège de l’incompréhension de ce qui se passait. Que nous racontent-ils encore ? Chaque chose qui nous arrive est reprochée à l’étranger ? Aujourd’hui, c’est tout le contraire. C’est eux qui nous disent qu’il y a conspiration, et c’est nous qui leur rappelons qu’il y a aussi des raisons internes à cela.

Nous devons voir les choses de nos deux yeux pour en imprimer une vision à trois dimensions. Nous pouvons beaucoup discuter des choses liées à la crise que nous traversons ; mais moi, je pars toujours des questions posées par l’homme de la rue directement en ma présence ou par l’intermédiaire de personnes qui me les rapportent. Je pense que nous pouvons résumer toutes les questions en une seule : « Quand est-ce que la crise prendra fin ? ». C’est une question qui se pose depuis le début, voire depuis les premières heures de cette crise en Syrie. Nous ne pourrons y répondre tant que nous ne serons pas capables de préciser qui devra y mettre fin en premier, puis comment… et ce n’est qu’ensuite que se posera la question du quand.

Abordons ce sujet selon une séquence logique. Celui qui mettra fin à la crise c’est nous les Syriens, personne d’autre que les enfants de cette patrie par eux-mêmes et de leurs propres mains. Il est vrai que les facteurs externes sont fort puissants et influents. Aujourd’hui, nous le savons tous. Mais aussi important que soit le rôle de l’étranger, il n’est que catalyse ou obstruction. Il peut allonger ou raccourcir la durée de la crise mais, comme nous l’avons souvent dit et répété, il s’appuie sur nos propres faiblesses.

Si nous nous adressions à des étrangers, nous leur parlerions de tous ces terroristes qui débarquent en Syrie, des dizaines de nationalités étrangères qu’ils portent, du rôle joué par les États arabes, régionaux ou occidentaux. Mais il se trouve que nous nous adressons aux fils d’une seule et même société. Par conséquent, lorsque nous mettons tous les facteurs externes de côté et que nous constatons qu’il y a aussi parmi les Syriens, un terroriste, un voleur, un mercenaire qui tue pour l’argent, un extrémiste, pouvons-nous dire qu’il s’agit d’une importation étrangère ? Non. C’est une fabrication de notre société. Nous devons être clairs sur ce point. C’est l’une de nos failles. Si ces individus n’avaient pas existé, les étrangers ne seraient pas entrés en Syrie.

D’autres spécimens existent. Je n’en citerai rapidement que quelques exemples sans m’attarder sur les multiples détails de « la grisaille nationale »… J’ai déjà évoqué la « grisaille politique » lorsque j’ai dit que si tout citoyen a le droit de choisir la nuance qui lui convient dans le large spectre des options politiques, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit de la patrie où il n’y a que deux choix possibles : blanc avec la patrie ou noir contre la patrie ! Au début de la crise celui qui était dépourvu d’une conscience nationale suffisante a pu opter pour le gris ou la grisaille nationale devenue, en pratique, le giron du chaos et de la terreur. Ses multiples « incubateurs » ont alors lâché les monstres dans l’arène. Aujourd’hui, nombre de ceux qui ont adopté cette option ont compris leur erreur. Ils se sont ravisés pour revenir dans le droit chemin. Ils sont revenus dans le giron de la patrie, mais trop tard ! Les monstres avaient creusé leurs antres, s’étaient multipliés et n’avaient plus besoin de « couveuses ». Très vite, ils ont lancé d’autres monstres et ont même importés quantité d’autres de par-delà les frontières de la patrie.

Je répète et j’insiste, ceux-là qui se sont égarés n’ont pas intentionnellement fait fonction d’incubateurs. Ils le sont devenus par ignorance. Certes, l’État fait partie intégrante de la société, mais il n’en demeure pas moins que la société dispose d’un plus large espace. Disant cela, je ne charge pas la société pour nier la responsabilité de l’État. Non. Je veux dire qu’en tant que membres d’une même famille, la famille syrienne, nous sommes responsables à des degrés divers et selon la position que nous occupons.

Sur ce point précis, je dis que l’Histoire démontre que pas une superpuissance n’a été capable de vaincre un petit État resté solidaire. Je le dis, parce que devant l’ampleur de l’agression extérieure, certains en sont arrivés à baisser les bras et à s’en remettre à Dieu. Autrement dit, ils s’en sont remis au principe de la délégation et non au principe de l’action, oubliant que c’est lorsque nous faisons notre devoir que Dieu est de notre côté et que la victoire est à nous. C’est pourquoi si nous avons suffisamment conscience de ce point précis et que nous nous tenons ensemble, le blanc contre le noir, je suis persuadé sans aucune hésitation ou exagération que nous serons en mesure de sortir facilement de cette crise, malgré et à cause du sang versé et du prix cruel que nous avons payé.

C’est en toute simplicité et avec le pragmatisme qui convient que je vous répète que nous n’exclurons aucun moyen susceptible de nous sortir de cette crise qui nous affecte tous et qui risque d’encore plus détruire notre pays. C’est absolument ainsi que nous nous comportons depuis le début et c’est ainsi que nous continuerons.

Il y a ceux qui ont dit que le problème venait de la Loi, nous avons modifié les lois ! Il y a ceux qui ont dit que le problème venait d’un article de la Constitution, nous avons modifié toute la Constitution et ceci après consultation référendaire ! Il y a ceux qui ont fait de mauvaises propositions par manque de compétences ou ignorance, et ceux qui les ont posées par hypocrisie ou mauvaise foi… Malgré cela nous en avons tenu compte partant du principe que l’État ne doit pas négliger une solution proposée par un Syrien convaincu qu’elle pourrait améliorer la situation.

Puis, il y a toutes les solutions qui sont venues de l’étranger. Nous les avons traitées de la même manière, sans cependant perdre de vue la souveraineté de la Syrie définitivement non négociable. Cette restriction étant précisée, nous avons clairement annoncé que nous ne refuserons aucune initiative et nous avons commencé par accepter « l’Initiative arabe ». Nul parmi vous n’ignore les intentions cachées des principaux États concernés qui ont exigé l’envoi d’une mission d’observateurs avec laquelle nous avons coopéré et qui s’est soldée par un échec.

Suite à cette première Initiative qui n’a pas réussi à condamner la Syrie dans les termes prémédités par les États arabes en question, M. Kofi Annan est venu, accompagné des observateurs onusiens. Là aussi, nous avons coopéré et cette deuxième initiative a abouti un à nouvel échec toujours fomenté par des États de la Ligue arabe. Ensuite, nous sommes passés à « l’Initiative de Genève » et à M. Lakhdar Brahimi. De nouveau, nous avons coopéré et annoncé que nous nous rendrions à Genève en sachant parfaitement avec qui nous aurions à négocier. On dit qu’une personne ne représente qu’elle-même, mais ces gens-là n’en sont même pas capables et ne représentent que les États qui les ont créés, qui les payent, et qui leur dictent ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire.

Nous avons donc dit que nous irions dialoguer avec ceux-là qui, comme vous le savez, prétendent représenter le peuple syrien tout en appelant à une intervention étrangère. Ce n’est pas disserter que de dire que lorsqu’on est soutenu par la force du peuple, nul besoin d’aide étrangère. Contre cela, leur argument devient « l’armée tue le peuple », comme s’il existait un seul exemple étayant l’idée que dans un tel cas de figure l’armée ne s’écroulerait pas aussitôt. Une armée du peuple, issue du peuple, ne s’importe pas de l’étranger ni ne se fabrique dans leurs officines.

Si nous avons réellement coopéré, ce n’était ni par naïveté, ni parce que nous nous faisions des d’illusions, mais d’abord et avant tout parce que nous croyons en l’action politique. C’est là une conviction à condition que les intentions sous-jacentes aux déclarations soient sincères. D’ailleurs, nous reconnaissons qu’un certain nombre de pays qui ont collaboré aux initiatives successives ont sincèrement travaillé à trouver une solution, mais ils n’ont pas réussi à l’emporter sur le terrain de la réalité. Néanmoins, répondre favorablement à ces initiatives était nécessaire pour aider certains Syriens à découvrir une vérité cachée qui leur avait échappé et qui veut que l’action politique et la solution politique soient deux choses distinctes, cette dernière étant plus globale, car si l’action politique peut aider à la solution, elle n’est pas la solution. Elle fait partie de la solution.

D’autre part, répondre favorablement à ces initiatives était nécessaire pour permettre aux Syriens dupés ou égarés de découvrir toutes les autres vérités de la situation et aussi pour permettre à ceux qui, comme dans toute société, ne raisonnent qu’avec des hypothèses et des si… « Si vous aviez agi autrement, nous n’en serions pas là ! »… Des suppositions à n’en plus finir jusqu’à ce que les hypothèses deviennent réfutables, pour la bonne raison qu’elles ne correspondent pas à la réalité.

Plus important encore, cette souplesse syrienne a aidé les amis de la Syrie du monde entier, que ce soit des individus, des partis ou des pays à pouvoir travailler à la défendre dans les différents forums. Mais malgré leurs performances, je n’ai pas cherché à nourrir les illusions parce que les données concrètes dont nous disposions n’étaient pas en faveur du succès de leurs entreprises et que la partie adverse refusait toute solution politique. Ainsi, à chaque fois que nous avons répondu favorablement à une proposition elle versait dans la dépression, voire l’hystérie comme ce fut le cas de certains pays arabes en particulier.

Il n’empêche qu’avec le temps et malgré les vents contraires, notre attitude a fini par faire tomber les masques de tous ces responsables qui s’acharnaient à prétendre que l’État syrien ne cherchait qu’à détruire le pays et même à qualifier de terrorisme la solution sécuritaire qu’il a adopté, comme si le terrorisme pouvait se régler par la politique ! Je ne pense pas qu’une personne saine d’esprit puisse le croire, la politique pourrait éventuellement jouer son rôle avant qu’il n’apparaisse. Ce qui nous ramène à la prévention par l’éducation, le dialogue, l’économie performante, les services sociaux… Les moyens sont nombreux, mais une fois que le terrorisme est apparu, s’est répandu, et a commencé à détruire et à assassiner la seule solution est de le frapper d’une main de fer !

Il est important de comprendre que le terrorisme et la politique sont absolument antagonistes. Il n’est pas possible de s’engager dans une voie politique alors que le terrorisme frappe partout où il peut. Il est impératif de le frapper pour que la politique puisse correctement suivre son cours. Cela n’empêche pas d’emprunter cette voie parallèle de la politique, à condition qu’elle ne serve pas de prétexte à arrêter le combat contre le terrorisme !

Par conséquent, si nous voulons trouver une solution nous devons partir des faits et non des illusions, comme c’est le cas de certains. Nous pouvons comprendre que dans ces conditions difficiles ils puissent en arriver à se raccrocher à des vétilles. Mais l’État ne peut pas se comporter de la sorte et entrainer la société dans sa chute. L’État doit traiter avec la réalité.

Et la réalité, c’est aussi la situation internationale avec d’une part des États amis et honnêtes ayant adopté à notre égard une position invariable basée sur leurs principes qui se trouvent être compatibles avec leurs intérêts, ce qui est excellent ; et d’autre part, des États ennemis et perdus après avoir mal estimé la situation et avoir compté sur des agents qui les ont encore plus induits en erreur, si bien qu’ils se retrouvent aujourd’hui complètement déséquilibrés.

Quant à la situation régionale au bout de ces deux ans et demi, la majorité des États de la région ont désormais une vision différente et presque claire de la réalité à l’exception de quelques-uns, peu nombreux, qui ont adopté la doctrine wahhabite et l’idéologie des Frères Musulmans. Ceux-là ont versé et continueront à verser le sang syrien parce qu’ils considèrent que ce qui se passe en Syrie est une occasion unique qui consacrerait leurs doctrines dévoyées et assassines, d’où leurs déclarations hystériques suite à la nouvelle donne internationale.

Ce qui fait qu’à l’échelle nationale nous avons toujours à combattre les gangs coupeurs de têtes et de revenus ou des deux à la fois, des mercenaires payés de l’intérieur ou de l’extérieur, des voleurs, des repris de justice en fuite depuis des années, des extrémistes religieux selon l’appellation consacrée mais qui n’ont rien à voir ni avec la religion, ni avec l’Islam.

Nous avons aussi une opposition syrienne nationale qui s’est impliquée dès le début de la crise dans l’action politique et patriote, certains de ses représentants sont présents dans cette salle. Mais il existe une autre opposition qui ne travaille pas dans l’intérêt de la patrie mais pour ses propres bénéfices. Certains de ses représentants se sont empressés de nous provoquer en demandant des postes dans les institutions d’État et au gouvernement contre l’arrêt des manifestations, alors qu’ils n’avaient aucune réelle influence sur quoi que ce soit ! D’autres se sont fait grassement payer par les pays du Golfe directement ou indirectement par l’intermédiaire de fonctionnaires de la Ligue arabe pour qu’on ne dise pas quel était l’État payeur. Ensuite, ils se sont mis à courtiser les bandes armées et à accuser l’Etat de terrorisme plutôt que de les condamner. Leurs prises de positions ont souvent changé en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire et militaire sur le territoire national et au gré de la situation internationale. Aujourd’hui, certains refusent le dialogue, d’autres disent l’accepter mais en secret s’attirant pour cela les foudres de leurs comparses. Au total, il ne faut rien attendre de cette deuxième opposition de façade, elle est perdante tant du point de vue moral que du point de vue populaire et n’a aucun rôle à jouer dans la résolution politique de la crise.

Disant cela, je n’agresse pas une personne en particulier. Dans aucun de mes précédents discours, je n’ai attaqué l’opposition. Mais nous ne pouvons franchement pas aborder la situation intérieure sans donner à voir au citoyen syrien toutes les données qui existent réellement sur le terrain. Je dis que je n’agresse personne, parce que si je le voulais je pourrais citer des noms… Je me contente d’exposer des faits.

Mais en fin de compte, malgré la souplesse et le pragmatisme du gouvernement syrien, rien de ce qui a été entrepris de l’intérieur ou de l’extérieur n’a amélioré la situation. L’escalade continue, et chaque Syrien quelle que soit son affiliation politique, géographique, ethnique, religieuse… en paye le prix. Les massacres ambulants fauchent toujours la vie des Syriens. Inaugurés à Jisr al-Chogour, ils sont passés par Karm el-Zeytoun, Hatla, Khan al-Assal, et tant d’autres endroits… La cause est désormais entendue et très claire pour tous : la Syrie sera ou ne sera pas, elle restera libre et indépendante ou sera aux bottes de l’ennemi, elle restera gouvernée par un État de droit et des institutions ou deviendra un état dirigé par des voleurs et bandits de grand chemin.

La confrontation est entre la patrie et ses ennemis, entre l’Armée et les terroristes, entre l’État et les hors-la-loi. À ce titre, absolument aucune autre annonce n’est désormais acceptable. Nous ne pouvons plus témoigner de notre complaisance aux égarés et aux inconscients. Ce serait, sans exagérations, laisser détruire à jamais l’identité culturelle syrienne et notre tissu national. Nous Syriens devons être pleinement conscients que dans ces combats nous gagnerons ensemble ou perdrons ensemble. Il n’y a pas d’autres alternatives.

Nous avons tout essayé, et il ne nous reste plus qu’une seule option, celle de nous défendre et de défendre notre pays par nous-mêmes. Naturellement, tous les Syriens attendent beaucoup de leur Armée nationale. Tous fondent leurs espoirs sur sa force. Tous espèrent que cette institution pourra mettre fin à cette situation aujourd’hui avant demain. Tous espèrent que le combattant syrien sera suffisamment puissant pour écraser les terroristes. Mais nous savons tous que la réalité est plus dure à vivre que le rêve.

Ce que nos Forces armées ont accompli relève presque de l’impossible. Cette institution née au lendemain de l’Indépendance, et surtout suite à la création d’Israël, a été formée pour la défense de la patrie contre ce seul ennemi, contre un seul front de longueur et de profondeur bien délimitées. Ses structures combattantes, ses tactiques, sa stratégie, son armement n’avaient pas d’autre objectif. Tout à coup, la voilà qui doit faire face à quelque chose de différent, quelque chose que très probablement aucun autre État et aucune autre armée de l’époque moderne n’a eu à affronter. Elle se devait de s’y adapter le plus rapidement possible et en pleine bataille, et ce fut le plus dur ! Mais elle l’a fait avec brio et a réalisé des percées très importantes sur tous les terrains.

L’Histoire et les romans historiques regorgent d’actes héroïques qui néanmoins restent exceptionnels. En toute honnêteté, sachez que le nombre d’actes héroïques accomplis par nos Forces armées est difficilement croyable, tant au niveau opérationnel qu’au niveau des sacrifices consentis. Savoir qu’on va à la mort, y aller, exécuter sa mission, risquer d’être blessé… Nombreux sont les officiers, et les simples soldats qui après leur convalescence d’une première blessure, sont repartis au combat une deuxième, une troisième, une quatrième fois ; avec à chaque blessure encore plus de détermination. Certains d’entre eux combattent toujours, alors que d’autres sont tombés. Oui l’héroïsme est un symbole !

Mais si nous voulions opter pour un seul symbole, nous pourrions difficilement le choisir tant les actes héroïques sont nombreux. Qui le pourrait ? C’est la vérité et nous devons en être fiers aujourd’hui et pour des générations à venir. Certes, nous savions que nos soldats étaient courageux, mais nous n’avions pas imaginé jusqu’où ils iraient dans leur héroïsme. Bien sûr, leur performance reflète celle du peuple Syrien étant donné que l’institution militaire est issue de ce peuple et n’est pas isolée de la société syrienne. Si donc vous me demandiez d’évaluer nos Forces armées je vous répéterais qu’elle a presque atteint l’impossible dans les conditions les plus dures d’une agression menée par diverses grandes puissances et leurs agents et leurs terroristes !

Si maintenant nous cherchions à répertorier les exploits de nos combattants sur une carte de la Syrie, nous constaterions des différences d’une région à l’autre, car dans une bataille les facteurs en jeu sont multiples. Il y a le facteur humain lié aux officiers et aux soldats eux-mêmes, il y a l’environnement lié à la géographie et à la technicité militaire, etc… Il est donc normal qu’existent des variations régionales, mais le plus important reste le facteur populaire. J’en suis d’autant plus convaincu que, bien avant la crise en Syrie, lorsqu’on me parlait de la victoire de la Résistance libanaise, de ses tactiques et de ses armes, je répondais invariablement que la Résistance avait vaincu grâce à son peuple. Aujourd’hui, nous retrouvons cette même vérité en Syrie.

Ce soutien populaire est partout présent dans le pays. Nous l’avions constaté dès les premiers jours du combat mené par les Forces de l’armée nationale contre les terroristes. Ce soutien se renforce de jour en jour parallèlement à la prise de conscience de plus en plus aigüe de la population. Désormais, il y a une quasi-unanimité qui évidemment conforte le moral du combattant. Ne dit-on pas que le moral des combattants est pour moitié dans la bataille ? Mais même si nous admettions que ce soutien ne concerne que les trois quart ou la moitié de la population, il n’en demeure pas moins que les résultats sont là avec un taux de réussite d’autant plus significatif qu’un soutien logistique était présent.

La guerre à laquelle est confrontée l’Armée arabe syrienne et nos Forces armées en général, est une « guérilla ». La majorité des gens savent que c’est l’une des guerres les plus difficiles et les plus dangereuses pour n’importe quelle armée, aussi puissante soit-elle. Un seul autre type de guerre la dépasse, c’est la « guerre populaire » menée à la fois par le peuple et l’armée. C’est ce qui se passe en Syrie et qui nous a réussi jusqu’ici.

En cette année 2013, les forces ennemies ont senti qu’elles n’étaient pas en mesure de remporter la victoire décisive qu’elles escomptaient. Il y a eu quatorze batailles pour la libération de Damas avant le Ramadan, et trois ou quatre autres batailles l’année dernière. La semaine dernière il y a eu la bataille de Badr, et hier celle d’Ababile… À chaque fois, les forces ennemies ont perdu, c’est pourquoi les États concernés sont arrivés à la conclusion qu’ils n’obtiendront pas ce qu’ils cherchent. Leur restait la solution de la « guerre d’usure », celle qui prolongerait la crise, celle qui rongerait et saignerait la Syrie. Pour eux c’est désormais la solution qui reviendra au même indépendamment de la chute de l’État syrien et c’est ce qu’ils ont décidé de poursuivre !

De notre côté, il ne nous reste plus que « la guerre populaire » dont je viens de parler. Il est vrai que la bataille fait rage dans les médias, sur les sites des réseaux sociaux, et même au sein de la société réelle ; mais la bataille décisive ne s’emporte que sur le terrain. Les difficultés économiques que nous endurons, le recul des services publics et privés et tous nos soucis de la vie quotidienne en tant que Syriens, sont liés à la situation sécuritaire. Nous n’avons pas d’autre solution que de frapper le terrorisme. Si nous réussissons à intégrer encore plus de régions, et si nous gagnons notre guerre populaire, la solution sera facile et la Syrie pourra sortir de la crise en quelques mois avec la grâce de Dieu. C’est une autre vérité. Je n’exagère pas.

Maintenant, si les média entendent ce discours, ils se précipiteront pour dire que le Président syrien a appelé le peuple à la guerre populaire… Nous n’appelons pas à la guerre pour la bonne raison que cette guerre a commencée il y a plus d’un an et qu’elle se déroule sur le sol syrien ! Je mets les points sur les « i » pour que les choses soient bien claires. Comment pourrions-nous mettre fin à cette guerre et « renverser la table » sur les autres pour rétablir la stabilité et la sécurité, la Syrie ayant été avant qu’ils ne débarquent un modèle de sécurité non seulement au niveau du monde arabe et du Moyen-Orient mais au niveau du monde entier ? Nous n’avons plus que cette solution, celle d’unir l’armée et le peuple pour éliminer le terrorisme. Je n’ai pas inventé cette idée, elle est issue de notre expérience. Dans les provinces où nous l’avons mise en application, elle a réussi à des degrés divers, mais elle a réussi !

Puisque nous sommes réunis en cette « Nuit du Destin » de la dernière semaine du Ramadan, le mois du pardon, nous ne pouvons pas ne pas rappeler ce que j’ai dit et répété à plusieurs occasions. La Syrie en tant qu’État ne cessera pas de suivre cette voie parallèlement à la frappe du terrorisme, mais le pardon sera réservé à ceux qui ont été trompés, non à ceux à qui ont versé le sang, commis des assassinats et des actes terroristes. Au début, cette réserve a été refusée par beaucoup de Syriens qui pensaient qu’elle ne pouvait qu’encourager le terrorisme. Mais après une si longue période de crise, je peux dire que cet acte de pardon a donné de bons résultats sur le terrain. Le résultat n’est pas garanti à cent pour cent car il y a toujours quelqu’un de prêt à revenir vers la déviance et la traitrise. Il n’empêche que dans la majorité des cas les efforts sont couronnés de succès.

De temps à autre, vous entendez les médias parler de personnes qui se sont rendues aux autorités compétentes et ont régularisé leur situation. Là aussi le pourcentage de réussite est en nette augmentation, ceci parce que la confiance dans l’État s’est renforcée. On leur disait de ne surtout pas se rendre parce que l’État se vengerait. Mais l’État syrien a prouvé qu’il protégeait tous les Syriens quelle que soit leur appartenance politique.

Et aujourd’hui, avec le déclin des « couveuses » le tableau est devenu moins sombre. Dans certaines régions, des jeunes gens qui s’étaient rendus et avaient déposé les armes se sont engagés dans les premiers rangs de nos Forces armées et sont tombés au combat. Ils sont morts en héros non en criminels, la nuance étant importante ici-bas et dans l’au-delà.

Je suis convaincu que nous devons continuer à encourager au pardon et au dialogue en les associant aux initiatives sociales et politiques menées par un certain nombre de Syriens, parce qu’elles se sont révélées essentielles à la réussite des deux à la fois. Nous avons, nous-mêmes, procédé de cette manière après avoir accordé de nombreuses amnisties sans nécessairement les rendre publiques. Ce n’est donc pas une question de publicité mais une question d’action sur le terrain. Là aussi les résultats ont été bons. C’est pourquoi j’insiste à soutenir ces initiatives sans relâche, car ce qui ne pourra s’accomplir aujourd’hui le sera demain. Et c’est pourquoi j’encourage à rentrer chez eux les nombreux indécis qui disent vouloir s’en sortir et retourner à leur vie, mais qui ne le font pas parce qu’ils ont peur. Je les encourage à regagner leur place naturelle sans crainte. Sinon, le combat sera sans fin, nous serons les perdants avec pour seul gagnant l’ennemi israélien.

Nous sommes dans le mois du bien, c’est à nous de l’atteindre. Dieu nous a offert le bien, mais si nous le voulons nous sommes tenus de le chercher. Mais alors il faut que nous sachions que nous ne pouvons le trouver au mauvais endroit. Le bien ne nous viendra pas de certains pays arabes ou régionaux qui disent se soucier du moindre petit village syrien, mais restent très rassurés sur le statut de Jérusalem et l’avenir des enfants palestiniens sous occupation israélienne. Le bien ne nous viendra pas de ces pays qui se disent impatients d’offrir la démocratie au peuple syrien, mais qui privent leurs peuples du minimum de droits humains et qui sont déterminés à leur infliger des systèmes politiques du Moyen-Âge et probablement de l’époque de l’ignorance [Al-Jâhilîya], sans parlement, sans partage des décisions, sans partage des richesses ni même de la patrie, sans partage de quoi que ce soit.

Ces pays veulent entrer dans l’Histoire… Ils y entreront certainement, mais dans un sous-chapitre intitulé : MORT, DESTRUCTION, ARRIÉRATION, IGNORANCE. Ce sont pratiquement les seules qualités historiquement présentes chez eux et les seuls cadeaux qu’ils peuvent offrir à l’humanité. Non, le bien ne nous viendra pas de la pensée de ces obscurantistes, fondée par les wahhabites par le feu et le sang puis politisée par les Frères Musulmans par la violence, l’hypocrisie et le crime.

Leur pensée obscurantiste a semé la discorde entre l’arabité et l’Islam, alors que le Coran et le Prophète les avaient unis. Ils sont les premiers à semer la discorde entre le musulman et le musulman, puis entre le musulman et le chrétien, au moyen de leur confessionnalisme détestable et meurtrier que toutes les religions célestes ont condamné.

C’est cette même pensée qui a inversé le conflit arabo-israélien en conflit arabo-arabe. Ils ont frappé les symboles de l’arabité et de la résistance au colonialisme. Ils ont attaqué les armées arabes comme cela se passe maintenant en Syrie et en Egypte. Ils ont collaboré avec l’armée de l’ennemi israélien. Ils ont trahi dans l’intérêt d’Israël et se sont laissé humilier par les États-uniens pour se garantir un simple siège, leur seul intérêt.

Comment les désigner ? Ce sont les « néo-islamistes » ! Les Occidentaux ont utilisé les « néo-chrétiens » pour servir Israël en usant du christianisme, et les voilà qui utilisent ces « néo-islamistes » pour qu’à travers eux l’Islam soit consacré au même service. À vrai dire, le terme « islamistes » n’est pas correct, nous ferions mieux de les désigner par le terme « néo-ignorants », plus proche de la vérité.

Le bien ne nous viendra pas de ceux-là. Il nous viendra de toutes ces nobles personnes qui se sont dressées partout dans le Monde, aussi bien dans le Monde musulman que partout ailleurs. Elles se sont tenues à nos côtés en parole et en action. Elles ont hissé le drapeau syrien. Elles ont soutenu l’Armée arabe syrienne dans ses combats contre le terrorisme. Elles ont soutenu le peuple syrien qui défend l’indépendance de son pays.

Le bien nous viendra de vous les Syriens ! Il viendra de tous les Syriens chrétiens et musulmans concernés par leur appartenance à ce pays et qui se sont engagés en toute conscience, convaincus que les religions et les lois célestes ne sont descendues que pour un seul objectif, celui de rendre notre vie meilleure. Par conséquent, lorsque ces lois et religions échouent à nous rendre meilleurs et qu’au contraire nous allons vers le pire, le problème n’est pas dans la religion, le problème est en nous.

Le bien nous viendra de ces héros qui valorisent leur patrie et défendent leur peuple. Il viendra de leurs familles qui souffrent patiemment de leur absence pendant qu’ils se battent sur le champ d’honneur, et de leurs parents qui y ont envoyé un deuxième fils pour terminer la mission du premier qui est tombé. C’est de ceux-là que le bien nous viendra, de leur force, leur ténacité, leur foi et leur patriotisme.

Je termine en souhaitant qu’au prochain Ramadan la Syrie aura récupéré sa santé et que la paix et la sécurité règneront sur ce pays cher à nos cœurs. Et à l’occasion d’Id al-Fitr qui nous arrivera dans les prochains jours, je vous dis « Puisse chaque année à venir vous apporter la paix ».

Dr Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
04/08/2013

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

Texte original : Sana-Syrie / Vidéo You Tube
http://sana.sy/ara/2/2013/08/05/495772.htm

En matière de terrorisme vous êtes les professeurs et nous, vos élèves


Tribune libre Byblos

Angelina Eichhorst
Angelina Eichhorst

HASSAN HAMADÉ : LETTRE OUVERTE À L’AMBASSADRICE DE L’UE AU LIBAN

Votre Excellence Madame l’Ambassadeur,

Madame, vous savez que l’une des tâches les plus difficiles pour un diplomate civilisé et respectable ayant réellement foi en la paix, tel que vous, est de se trouver contraint dans l’exercice de ses fonctions à défendre une décision inique et agressive prise par sa hiérarchie représentant un État ou une Organisation d’États, comme c’est le cas de l’Union européenne qui a décidé d’inscrire sur sa liste des organisations terroristes internationales ce qu’elle a qualifié d’« aile militaire » du Hezbollah !

Ceci, soit dit en passant, alors que le ministre bulgare des Affaires étrangères M. Christian Viginin a officiellement déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’une relation quelconque entre le Hezbollah et l’explosion du bus transportant des passagers à Burgas en Bulgarie, ce qui signifie que c’est en toute connaissance de cause que l’Union européenne a pris sa décision en contradiction avec l’enquête menée par ce pays ; et ceci, maintenant que le voile se lève sur l’attentat du 18 juillet 1994 contre un immeuble d’une institution juive à Buenos Aires, attentat immédiatement attribué au Hezbollah alors que les investigations suivent toujours leur cours et que les doigts accusateurs pointent M. Vladimir Corach, ancien ministre argentin de l’Intérieur connu pour ses étroites relations avec la mafia et les Services de sécurité israéliens.

Concernant cette dernière décision de l’Union européenne, il est de mon devoir de noter quelques observations que je vous confie en espérant que vous voudrez bien les transmettre à votre hiérarchie pour la bonne raison que la définition du terrorisme, adoptée par l’Union elle-même, s’applique en premier lieu aux gouvernements et aux décideurs qui en font partie.

Madame, nul doute que vous savez que l’Union européenne considère la prise en otage de civils innocents comme un « crime terroriste » ne souffrant d’aucune prescription, crime équivalant à un crime de guerre et à un crime contre l’humanité que rien ne pourrait justifier. Par conséquent, le moins que l’on puisse dire est que l’Union européenne adopte une position officielle déraisonnable, inhumaine, et conciliante avec les auteurs de ces crimes quand il s’agit des otages libanais enlevés à A’zaz, ou de Monseigneur Paul al-Yazigi et de Monseigneur Jean Ibrahim, tous deux victimes syriennes incontestablement pacifiques et innocentes.

Nul doute que vous savez ce qui est désormais de notoriété publique concernant l’impact direct et décisif du gouvernement de M. Erdogan sur les organisations terroristes armées ; gouvernement d’un État membre de l’OTAN regroupant nombre de gouvernements de votre Union européenne, alliés et complices dans la guerre dévastatrice menée contre la Syrie.

Vous savez aussi que rien de tout cela n’a empêché votre Union de poursuivre sa collaboration sur le terrain avec le gouvernement turc en soutenant, armant et entrainant les terroristes qui comptent pas moins de quarante mille mercenaires étrangers à la Syrie, comme l’a reconnu l’Émissaire international M. Lakhdar Brahimi. C’est là une vérité qui place votre Union dans le cercle des accusés au premier degré et engage votre responsabilité éthique et juridique, avec tout ce que cela implique comme poursuites judiciaires contre les responsables aux commandes.

Il est absolument inadmissible de vous voir couvrir ces crimes odieux, d’autant plus que votre Union ne cesse de donner des leçons à autrui insistant sur la nécessité de combattre le terrorisme où qu’il sévisse sans aucune concession et sous aucun prétexte. Et si jamais il vous fallait encore des preuves, il est plus que probable que les vidéos innombrables mises sur You Tube par les terroristes criminels et nécrophages, eux-mêmes, n’ont pu échapper à votre vigilance !

Madame, pardonnez-moi de préciser que je ne vous imagine pas ignorante du fait que le détournement d’un avion civil équivaut, à juste titre et selon vos propres critères, à un crime classé dans le registre du terrorisme international et comparable aux enlèvements de personnes et à leur détention ou à leur assassinat avec ou sans documents photographiques à l’appui, etc… N’est-ce pas ce qui s’est passé il y a quelques semaines lorsque certains gouvernements de votre Union ont fermé leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales en provenance de Moscou ? N’a-t-il pas été obligé à un atterrissage forcé en Autriche ? N’a-t-il pas été bloqué pendant des heures sous prétexte que l’Américain Edward Snowdon qui a révélé au monde que le gouvernement US « vous » espionnait, pouvait se trouver à son bord ? L’information n’est-elle pas partie de l’Ambassade américaine à Moscou ? Quel paradoxe !

Cet incident, qui est donc pure agression contre un avion civil transportant le président d’un État indépendant et souverain, nous rappelle la première opération de ce genre qui a eu lieu le 22 Octobre 1956 lorsque des responsables français ont jugé bon de détourner un avion civil transportant des dirigeants du FLN de Rabat vers Tunis [Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Khider, Mohammed Boudiaf, Mostefa Lacheraf]…

Le détournement des avions, Madame, est malheureusement une invention européenne tout comme, par exemple, le nazisme même s’il n’est pas d’inspiration exclusivement européenne… Nous en resterons donc là et nous nous contenterons de vous rappeler que les gouvernements européens classent les détournements d’avions dans le registre du terrorisme international !

Madame, la crise tragique qui a frappé la Syrie a fait tomber plus d’un masque et a révélé l’étendue de vos mensonges ; le premier de ces mensonges étant votre décision de mettre Al-Qaïda et ses dérivées au sommet des organisations terroristes internationales, parce que la plus dangereuse. Et voilà que la scène syrienne nous révèle les mécanismes de coordination, sur le terrain, entre votre organisation européenne et celle d’Al-Qaïda ; coordination déjà flagrante et publiquement rodée en Libye avant de se traduire avec éclat sur le territoire syrien comme en témoignent les nombreuses déclarations de responsables européens.

Je me limiterai à deux de ces éminents responsables : le ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, qui a clairement dit l’année dernière à Marrakech lors d’une Conférence des prétendus amis de la Syrie que les terroristes de Jabhat al-Nosra faisaient du « bon boulot » avant que les USA ne les placardent sur la liste des terroristes ; et le prolixe ministre britannique des Affaires étrangères, encore plus brutal et sadique, qui a carrément déclaré que les membres d’ Al-Qaïda et dérivées ne devaient pas rentrer de Syrie car ils étaient une menace pour vos pays civilisés !

Je me limiterai donc, et ne m’étendrai pas sur le flot continu d’armes et de munitions introduites en Syrie à travers des « portes européennes » que nous connaissons et que vous connaissez fort bien vous-même.

En revanche, je vous dirai que l’Union européenne qui n’a cessé de prétendre se soucier des chrétiens du Moyen-Orient a constamment et systématiquement persécuté le christianisme et les fidèles adeptes de cette religion céleste née de notre terre et donc « fille de l’Orient ». Disant cela, je n’exagère ni ne triche, témoin en est Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Philosophe et très grand théologien, il a tenu à avertir de cette persécution permanente dans son message célébrant la « Journée mondiale de la Paix » début 2011. Je vous le livre, mot pour mot, tel qu’il est rédigé en fin du paragraphe 14 : « J’exprime aussi le souhait qu’en Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile. Que l’Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu’elle a eu, qu’elle a et veut avoir dans l’histoire ; elle saura ainsi faire l’expérience de la justice, de la concorde et de la paix,  en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples » .

Madame, vous savez comme je sais que ces vérités sont pratiquement ignorées de vos peuples car ils vivent derrière un nouveau rideau de fer, encore plus opaque, plus rusé et plus insidieux que le rideau de fer plus primitif qui se dressait autour du Bloc de l’Est, et qui est toujours debout autour des dictatures arabes et non arabes. Votre rideau à vous est invisible, mais le plus effrayant est qu’il se manifeste par la soumission de vos gouvernements à une double occupation ; d’une part, l’occupation militaire, sécuritaire et économique américaine ; d’autre part, l’occupation sécuritaire et culturelle israélienne.

C’est la vérité, Madame, quoi que nous fassions pour l’ignorer. Et la récente décision de l’Union européenne ne fait que confirmer la réalité de cette double occupation de vos pays, occupation dont nous souhaiterions que vous vous libériez un de ces jours. Nous savons que c’est difficile, car la plus tenace des occupations est celle qui se saisit des esprits au moyen d’un « terrorisme culturel » incessant exercé par vos différents médias presque totalement sous la domination des sionistes.

Madame, nous vivons tous, vous comme nous, une période de changement social où la vraie confrontation est entre la liberté et l’esclavage. Mais si la liberté ne se fonde que sur une seule norme et sur une seule mesure, les critères de l’esclavage sont multiples.

Veuillez m’excuser si j’ai été trop long, mais l’horreur du tsunami de mensonges exige que nous mettions quelques points sur les « i ». Soyez assurée que je suis convaincu de votre sincérité et de la noblesse de vos objectifs contrairement à ce que je pense de l’Union européenne que vous représentez.

L’Europe, Madame, n’est pas dans une situation juridique et éthique qui lui permette de nous donner des leçons sur l’humanité et l’humanisme.

Hassan Hamadé
01/08/2013

Texte original : As-Safir

http://assafir.com/Article.aspx?EditionId=2529&ChannelId=61034&ArticleId=12&Author=%D8%AD%D8%B3%D9%86+%D8%AD%D9%85%D8%A7%D8%AF%D8%A9#.UfrW3m3-R6N

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Monsieur Hassan Hamadé est libanais. Écrivain, journaliste et analyste politique ; il est membre du Conseil National de l’Audiovisuel [CNA-Liban].

Syrie : Le massacre des innocents et ses nouveaux objectifs !


Tribune libre – Mouna Alno-Nakhal

khan2-2Par Amin Hoteit

Aux dernières nouvelles, en ce Lundi 29 juillet 2013, c’est au minimum 210 citoyens syriens civils et militaires qui ont été exécutés lors du massacre commis le 26 Juillet par les groupes terroristes armés à l’encontre de la population de Khan al-Assal, localité située à l’Ouest d’Alep, 75 civils seraient toujours retenus prisonniers, 65 personnes seraient toujours sous les décombres des maisons qu’ils ont bombardées et 75 autres seraient toujours assiégées.[1][2], [NdT].

Lorsque les Frères Musulmans se sont lancés vers la conquête du pouvoir en Syrie, ils ont bien été obligés de constater que le peuple syrien qui les a expérimentés depuis des décennies n’a pas oublié leurs forfaits et n’est pas prêt à se laisser abuser par leurs slogans islamistes [3]. Réticence qu’ils ont cru pouvoir vaincre en brûlant les étapes par les pires violences et mensonges à répétition pour susciter l’empathie censée mener à une intervention militaire internationale en Syrie. Falsifications incessantes devenues arguments pour tous les intervenants cherchant à fracasser le rôle central et stratégique de la Syrie dans sa lutte contre le projet US-sioniste de remodelage du Moyen-Orient, l’argument choc étant « Le régime tue son peuple ! ». Argument qu’ils ont préfabriqué avec les régimes arabes et leurs alliés régionaux et internationaux pressés de les voir se saisir du pouvoir pour mettre à exécution leurs accords passés avec l’Occident [4] [5].

Après avoir transformé en « sédition armée » les aspirations populaires légitimes auxquelles l’Etat syrien a entrepris de répondre par la mise en route immédiate d’un ensemble de réformes de la gouvernance politique, ils ont délibérément réagi selon un « plan préétabli » visant à saboter tout processus réformateur, et se sont employés à refuser tout ce qui allait dans la direction voulue par le peuple syrien et par le Président qu’il s’est choisi. C’est pourquoi ils n’ont cessé de fixer des conditions incompatibles avec la volonté populaire. C’est pourquoi ils refusent toujours de se soumettre aux suffrages des urnes, prouvant par là qu’ils savent parfaitement quelle quantité négligeable ils représentent au sein d’un peuple qui, dans sa très grande majorité, refuse de leur remettre les rênes du pouvoir pour la bonne raison qu’il est parfaitement conscient de leurs manœuvres, de leur refus de toute altérité, et de leur prédisposition à travailler avec l’étranger contre les intérêts de la nation et de la patrie.

Face à ce refus, les Frères Musulmans occasionnellement soutenus par les forces takfiristes issues du wahhabisme, par les forces d’Al-Qaïda, d’Al-Nosra et de toutes leurs suites, se sont mis à massacrer le peuple syrien pour ensuite en rejeter la responsabilité sur le gouvernement syrien. Ceci, pour atteindre trois objectifs :

1. Diaboliser l’État syrien en conformité avec le slogan qui veut que « le régime tue son peuple ».

2. Pousser les Syriens récalcitrants à se désolidariser de leur gouvernement légitime pour devenir de la « chair à canon » au service des terroristes décrits comme de respectables révolutionnaires.

3. Émouvoir l’opinion mondiale sur « le triste sort du peuple syrien » et ainsi réussir à constituer une coalition internationale solidaire et complice qui répondrait à leur besoin de militariser leur prétendue révolution sous le noble prétexte de la légitime défense.

Objectifs largement atteints grâce aux médias qui ont dépassé leurs espérances en allant jusqu’à inventer d’autres massacres puisés dans la collection des images du Liban, de l’Irak ou de l’Afghanistan ; images de massacres perpétrés par l’Otan, Israël ou Al-Qaïda, venues illustrer les prétendus « crimes du régime syrien » [6].

Oui cette campagne médiatique mensongère a largement atteint ses objectifs puisqu’un grand nombre de citoyens sincères sont tombés dans le panneau, ce qui a permis aux Frères Musulmans et Cie de passer à l’étape supérieure de l’exploitation des massacres dont les deux plus importants objectifs sont :

1. Punir les citoyens syriens qui ont résisté à la désinformation et sont restés fidèles à leur État et à leurs instances dirigeantes tout en continuant à travailler pour sauvegarder la vie et la productivité du pays. D’où les attentats aux voitures piégées à tout bout de champ, notamment à Alep et à Damas, procédé autrement plus facile et plus rapide pour perpétrer leurs massacres.

2. Plonger les Syriens dans un environnement de stress et de tristesse et les maintenir sous pression jusqu’à création des conditions compatibles avec une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU – ou de toute autre instance décisive en matière de paix et de droits humains – condamnant l’État syrien au profit de la soi-disant révolution syrienne.

Cette deuxième étape a certes réussi à faucher encore plus de vies et à semer encore plus de destructions, mais elle n’a pas réussi à atteindre ses objectifs essentiels. Sur le plan interne, après chaque massacre le peuple syrien s’est relevé pour remettre son pays sur les rails et repartir encore plus convaincu de ses choix. Sur le plan international, et malgré le fait que « la communauté des agresseurs » ait réussi à faire voter certaines résolutions iniques, elle n’a pu obtenir le mandat tellement attendu pour intervenir directement en Syrie. À la prise de conscience du peuple syrien sont venues se joindre celles des dirigeants russes et chinois, leur double véto au Conseil de sécurité ayant en quelque sorte freiné « la diplomatie des massacres US-sionistes » malheureusement servie par des Arabes et des Musulmans !

Et maintenant, suite à ces ratés, suite aux défaites infligées par le peuple syrien et son armée, suite à la détermination de ses alliés, suite à la dépression qui s’est emparée des Frères musulmans à commencer par l’Égypte, et suite à la dernière « étape saoudienne » correspondant à la remise du dossier syrien entre les mains des services secrets saoudiens, les massacres bénis par la communauté des agresseurs semblent devoir atteindre de nouveaux objectifs !

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les derniers en date : celui de Germana [80 morts] et celui de Khan al-Assal qui a coûté la vie à plus de 200 citoyens civils et militaires. Ce dernier massacre ayant à l’évidence les objectifs suivants :

1. Dissimuler le crime des terroristes qui ont usé de l’arme chimique dans cette même localité en Mars 2013 et brouiller les pistes de telle sorte que la commission de l’ONU chargée de l’enquête [7] ne puisse pas accomplir son travail, enquête demandée par l’État syrien et mise en panne par les USA qui ont cherché à exploiter la situation pour que leurs services de renseignement pénètrent le terrain comme cela s’est passé avant l’invasion de l’Irak sous le fameux prétexte de la recherche d’armes de destruction massive ; prétexte que la Russie semble avoir démoli [8] !

2. Répandre la terreur parmi les civils et les militaires pour les pousser à abandonner le combat, ce qui rappelle la tactique de la Haganah : « Tue une personne, tu feras fuir dix autres, tu terroriseras une centaine de plus, et ainsi tu atteindras le territoire convoité et l’occuperas sans combattre ». Les groupes terroristes sévissant au Nord de la Syrie sommés par l’Arabie saoudite – de l’aveu même de leurs propres chefs [9] – d’occuper Alep au plus vite pour assurer le « rééquilibrage » des forces sur le terrain avant toute négociation d’une solution politique de la crise syrienne [10] n’avaient plus qu’à adopter cette même tactique sioniste pour obéir aux ordres dans le plus bref délai possible.

Malgré l’immense douleur et l’horreur de ce massacre à Khan Al-Assal, nous disons que cette troisième étape d’escalade de la terreur ne donnera pas de meilleurs résultats que la précédente. D’une part, la Syrie et ses alliés ne tomberont pas dans les pièges tendus par les maitres terroristes américains ou saoudiens. D’autre part, le peuple syrien, son armée, et son gouvernement sont déterminés à se battre et à se défendre jusqu’à la victoire. Quant au prétexte éculé des ADM, en l’occurrence les armes chimiques, nous pensons que les preuves qui pourraient être avancées par la Syrie et celles recueillies par la Russie ou sur le terrain suffiront pour condamner les terroristes.

Pour finir, ceux qui imaginent occuper Alep pour en faire la « capitale du terrorisme » doivent se préparer à perdre leurs illusions. L’armée syrienne se prépare. Plus que quelques semaines avant d’écraser l’abomination terroriste comme cela s’est passé à Al-Qusayr, à Homs et ailleurs. Plus que quelques semaines avant de nettoyer les quartiers encore infestés !

Dr Amin Hoteit 29 /07/ 2013

Aricle original : Al-Thawra
http://thawra.alwehda.gov.sy/_kuttab.asp ?FileName=61386970520130729003059

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] Mass execution of Syrian Soldiers coincide with CW investigation –
http://www.youtube.com/watch ?v=MBnVWOI5PMM

[2] Derniers détails sur les massacres à Khan Al-Assal
http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/massacre-3asal-khan-zek-135.htm

[3] Syrie : Vous, les réactionnaires, vous avez échoué !
http://www.mondialisation.ca/syrie-vous-les-reactionnaires-vous-avez-echoue/5315297

[4] Un accord secret entre Obama et les Frères Musulmans pour céder 40% du Sinaï à Gaza ?
http://www.europe-israel.org/2013/07/un-accord-secret-entre-obama-et-les-freres-musulmans-pour-ceder-40-du-sinai-a-gaza/

[5] Et pour 8 milliards de dollars !
http://www.youtube.com/watch ?feature=player_detailpage&v=rH25EE_SjpE

[6] BBC News uses ‘Iraq photo to illustrate Syrian massacre’
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/9293620/BBC-News-uses-Iraq-photo-to-illustrate-Syrian-massacre.html

[7] Arrivée à Damas des experts de l’ONU pour les armes chimiques (AFP)
http://www.lepoint.fr/monde/arrivee-a-damas-des-experts-de-
l-onu-pour-les-armes-chimiques-afp-24-07-2013-1707841_24.php

[8) Vidéo / Syrie : les rebelles ont utilisé du gaz sarin affirme M. Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Russie auprès de l’ONU, http://article.wn.com/view/2013/07/26/Syrie_les_rebelles_ont_tue_150_
soldats_du_regime_a_Khan_alAs_e/#/video

[9] Offensive imminente des rebelles à Alep à la demande de Riad
http://www.latribune-online.com/monde/85791.html

[10] Syrie : Alep ou le « déséquilibre » fabiusien !
http://www.mondialisation.ca/syrie-alep-ou-le-desequilibre-fabiusien/5338848

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

Alep / Syrie : La stratégie de la faim quand toutes les autres ont échoué !


Tribune libre Byblos

Alep vue de la citadelleTraduction : Un jour… on racontera qu’au XXIème siècle, en plein Ramadan béni, Alep a vécu le siège monstrueux des corrompus de la politique qui ont fait de ses habitants une légende… une légende par le jeûne… absolu, total, global, et non confessionnel.
Signé par une habitante d’Alep de patronyme arménien (volontairement supprimé), avec la mention : pour la Campagne « Aujourd’hui, je suis d’Alep », veuillez publier ce message pour lever le blocus d’Alep.

_____________________________________________________

« Il est 5 h du matin… Nous sommes le 13 juillet et j’ai réussi à lire ton message. Grâce à Dieu, jusqu’à présent nous allons misérablement bien. Le plus terrible est de se sentir oublié du monde entier, y compris de son pays… De simples entrefilets nous jettent quelques espoirs. Voilà plus d’une semaine que nous sommes astreints à un carême des plus sérieux. Fruits, légumes, viande, poulet, beurre, tout manque sauf le fromage et c’est de « la vache qui rit » ! Le peuple d’Alep est dans une souffrance extraordinaire. Ce qui ajoute à l’horreur, c’est cette « ville éteinte », mais rassure-toi, c’est faute de mazout… Nous avons toujours la prière et l’espoir de nous sortir de ce cauchemar qui semble sans fin… ». (Message d’une amie syrienne de la ville d’Alep).

Rassure-toi !? C’est plutôt les « ennemis de la Syrie » qui pourraient être rassurés. Ils ont gagné ! De leur propre aveu, il y a plus d’une semaine « les troupes de (Bachar) avaient gagné du terrain, il fallait absolument un rééquilibrage sinon ils s’arrangeraient en sous-main pour boycotter ad vitam æternam la Conférence de Genève 2, il fallait absolument arrêter leur progression avant Alep… (1) ».

Et voilà Alep assiégée, affamée, après avoir été trahie, violée, pillée, détruite (2)… Alep, si fière d’avoir mérité son titre de capitale industrielle et culturelle en plus d’avoir toujours été le grenier du pays… Alep, restée malgré tout loyale envers sa mère patrie avant toute autre considération… Alep, premier bastion de la résistance à la discorde tentée autant par les prétendus démocrates humanistes de l’étranger que par la clique d’une soi-disant opposition révolutionnaire aussi véreuse et corrompue que les premiers… Alep qui gardait confiance en attendant sa libération par l’armée de ses fils se battant sur tous les fronts ; une armée qui semble occupée ailleurs tout comme Dieu et le monde entier.

Depuis la victoire d’Al-Qusayr, ils n’ont cessé d’annoncer que la bataille d’Alep était imminente, quelque chose comme la prochaine « Tempête du Nord », comme si le haut commandement syrien avait la manie otanesque de qualifier ses opérations militaires du nom de toutes sortes d’intempéries ou d’annoncer ses décisions stratégiques ! Mais, annoncer une bataille décisive qui n’arrive pas a de quoi atteindre sérieusement ces gens d’Alep tellement récalcitrants à la haine. La guerre militaire non déclarée n’a pas tenu ses promesses. La guerre médiatique sans précédent souffre de fuites. Reste la guerre psychologique ! Celle qui fait que certains en arrivent à « se sentir oublié du monde entier, y compris de son pays… ».

Ils n’ont pas gagné leur « guerre clandestine » (3), ça non ! Ni les mensonges sur une révolution contre un soi-disant dictateur monstrueux tuant son peuple, ni le terrorisme soutenu à bout de bras et continuellement nourri par tous les damnés de la Terre, ni les engins prétendument non létaux gracieusement offerts aux lobotomisés sanguinaires par les plus nobles instances de pays civilisés vite remboursés à coup de milliards de pétrodollars, ni le temps qui passe sans apporter la délivrance, n’ont eu raison de la détermination et de l’appartenance des gens d’Alep à une Syrie restée « telle qu’elle est » malgré les hordes successives de barbares depuis la nuit des temps.

Ils ont gagné ou plutôt pensent avoir gagné parce que, la faim au ventre, le peuple d’Alep pourrait enfin céder aux néo-ottomans rendus fous par l’échec de leurs frérots musulmans en Égypte, autant que par la prise de conscience du peuple turc… Eux toujours aussi acharnés à faire de leur frontière avec la Syrie une passoire pour ceux qui croient se rendre à Jérusalem ou au paradis des houris … Eux si prompts à exécuter les ordres de l’OTAN ou à lui souffler des néo-stratégies d’empire… Eux à plat ventre devant une Europe qui les méprise tout autant que leurs alliés qataris désormais écartés au profit des Saoudiens wahhabites déterminés à rester les gardiens d’un temple vidé du message de l’Islam véritable, et à brouiller celui qui menacerait la pérennité de leur géronto-monarchie chancelante : le message syrien à la fois chrétien et musulman !

À propos des Saoudiens qui viennent de gagner la partie de bras de fer avec le Qatar selon RFI (4), une petite anecdote qui en dit long sur l’épuisement de leurs ressources en hommes de main d’origine syrienne susceptibles de sauver la fameuse Coalition Nationale Syrienne (CNS) tellement chérie par le Quai d’Orsay. Laquelle CNS, selon M. Fabius, « doit se développer, former une unité et garantir clairement le respect des droits de toutes les communautés s’il y avait un changement de régime » (3), comme s’il y avait eu des problèmes entre communautés en Syrie ! Bref… une anecdote que nous raconte M. Nasser Kandil sur la chaine libanaise OTV en mettant au défi quiconque oserait la contredire (5).

Il nous apprend que M. Ahmad Assi Jarba énième élu, grâce au bon vouloir des Saoudiens, président de la CNS et présenté comme dissident de la première heure, a en effet séjourné trois ans en prison, non pour son militantisme révolutionnaire mais pour trafic de drogues avec frères, cousins, et dealers du coin… « Et c’est en prison qu’il a rencontré des saoudiens, sous les verrous, qui lui ont confié être en relation avec feu M. Kaddhafi qui les aurait chargé d’une mission auprès de l’Arabie saoudite. Il en a profité pour faire savoir à l’Ambassade saoudienne qu’il était en mesure de leur rendre un service moyennant finance. L’Ambassadeur saoudien est intervenu auprès des autorités syriennes… Les informations se sont révélées utiles au point de l’élever au grade des « hommes du royaume » !

Des coalitions plus pourries les unes que les autres, un blocus à l’intérieur d’autres blocus, une guerre à l’intérieur d’autres guerres. Le 12 Juin, le quotidien libanais Al-Akhbar résumait la situation en ces quelques lignes : « Le blocus strangulatoire, imposé par l’opposition armée à deux millions de civils habitant Alep ouest, se poursuit. Ils sont interdits de ramener toute nourriture ou médicament vers les quartiers contrôlés par l’Armée nationale syrienne. Le New York Times voit dans ce blocus une nouvelle tactique née d’un sentiment d’épuisement des opposants, surtout depuis que leur progression sur le terrain a été stoppée » (6). Autrement dit, surtout depuis que la conscience syrienne a réveillé celle de nombreux arabes savamment dupés, surtout depuis que l’armée syrienne va de victoire en victoire contre le terrorisme bel et bien international.

Ce n’est évidemment pas la version de nos médias mainstream qui, se mélangeant les pinceaux entre rebelles et insurgés, laissent à penser que les deux millions d’habitants d’Alep ouest sont tous des opposants au régime. Ainsi, L’Express nous apprend « quelque chose d’inédit en Syrie : Des militants anti-régime ont protesté, pour la première fois, dans un quartier rebelle du centre d’Alep pour demander aux insurgés de lever leur siège, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le blocage prive de nourriture les habitants de la zone contrôlée par l’armée syrienne… Selon le média britannique (la BBC), de nombreux résidents d’Alep sont hostiles au siège. En plus de ternir l’image des rebelles, il cause des pénuries de produits de base et fait augmenter le prix des denrées dans plusieurs quartiers de la ville » (7). Ternir l’image des rebelles… ça c’est un souci !

Mais qui se soucie de ce qui se passe à Alep ? Qui accepte de réviser la notion de « dommage collatéral » ? Que racontera la légende des gens d’Alep ? Dira-t-elle qu’en ce Ramadan 2013 « jeûne » et « carême » se sont unis en Syrie ?

Mouna Alno-Nakhal
14/07/2013

Notes :

(1) Syrie : Alep ou le « déséquilibre » fabiusien !
http://www.mondialisation.ca/syrie-alep-ou-le-desequilibre-fabiusien/5338848

(2) Alep/Syrie : Silence ! Toute vérité n’est pas bonne à dire, surtout pas les crimes du Sultan et l’intensification du terrorisme…
http://www.mondialisation.ca/alepsyrie-silence-toute-verite-nest-pas-bonne-a-dire-surtout-pas-les-crimes-du-sultan-et-lintensification-du-terrorisme/5320451

(3) Les États-Unis perdent la guerre clandestine en Syrie : Les rebelles d’Al-Nosra appuyés par les États-Unis, vaincus par les Forces armées syriennes. Par le Professeur Michel Chossudovsky.
http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-perdent-la-guerre-clandestine-en-syrie-les-rebelles-dal-nosra-appuyes-par-les-etats-unis-vaincus-par-les-forces-armees-syriennes/5335987

(4) Qui est Ahmad Jarba, nouveau chef de la Coalition nationale syrienne?
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130708-ahmad-jarba-nouveau-chef-coalition-nationale-syrienne

(5) Vidéo You Tube / la chaine libanaise OTV (27ème minute) حوار اليوم – ناصر قنديل
http://www.youtube.com/watch?v=vEvpISe11mc&list=UU3Pqkvp-DA8Dw8–urOYChg
Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de TopNews-nasser-kandil

(6) الحصار الغذائي: استراتيجية «الحر» في حلب
http://www.al-akhbar.com/node/186917

(7) Syrie: à Alep, un siège des rebelles affame un quartier tenu par le régime http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/syrie-a-alep-un-siege-des-rebelles-affame-un-quartier-tenu-par-le-regime_1265671.html#x2xjr0j7GAySYSh5.99