Archives du mot-clé Netanyahou

Surenchère dans l’absurde. Criminalisation de la quenelle en France.


M. Uabib NetanyahouQue le gouvernement israélien veuille profiter de ce qui se passe en France pour renforcer son pouvoir sur les élites politiques françaises, on peut le comprendre Ce n’est là que le jeu des relations géopolitiques et de lutte d’influence. Il n’est donc pas étonnant de voir un conseiller de Netanyahou  en première ligne pour faire aboutir les visées israéliennes. Lire la suite Surenchère dans l’absurde. Criminalisation de la quenelle en France.

Israël a peur du système russe S-350E


7zrkLe S350E Vityaz est un système mobile AA et antibalistique réduit, supérieur à celui de la marine américaine RIM-174 ERAM (SM-6) qui devrait entrer dans la dotation 2014 des États-Unis et dans quelques années dans l’armée israélienne.

Le SM-6 est l’ancien missile mer-air SM-2ER BlockIV, sur lequel était monté le système de guidage du missile air-air  AIM-120C (AMRAAM). Le 2 Septembre 2013, au plus fort des tensions internationales connexes à une possible attaque américaine sur la Syrie, l’armée israélienne avec la complicité des États-Unis a lancé un missile cible Ankor, à partir d’un avion F-15B. Lire la suite Israël a peur du système russe S-350E

Le bluff médiatique israélien sur le nucléaire iranien


PHO5e547f9a-292a-11e3-a9a7-380e15aa9404-805x453Voici des semaines que Netanyahou se démène pour faire échouer tout accord avec l’Iran. Son argumentation, toujours la même depuis des années et reprise, non seulement par tous les média, mais aussi par les analystes géopolitiques, est essentiellement, uniquement et exclusivement la crainte de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Lire la suite Le bluff médiatique israélien sur le nucléaire iranien

Laurent Fabius : nouveau Ministre des Affaires Etrangères d’Israël ?


f130825ffmis06Les négociations de Genève sur le nucléaire iranien se sont terminées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. A qui la faute ? Laurent Fabius.

Quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ? Elle a tout à gagner dans la normalisation des relations avec l’Iran. Même si elle a déjà beaucoup perdu à cause de son hostilité difficilement justifiable vis-à-vis de l’Iran, le statu quo ne peut qu’aggraver ses pertes. Alors, qu’est-ce qui anime  Laurent Fabius ?

Depuis quelques semaines, Benyamin Netanyahou se démène comme un beau diable pour donner ses directives à ses négociateurs, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, menaçant, amadouant, usant même peut-être du chantage, pour faire capoter les pourparlers. Il l’a dit lui-même ouvertement, qu’Israël ferait tout pour convaincre les grandes puissances de ne pas conclure un accord avec Téhéran et qu’il ne reconnaîtrait aucun accord. La seule décision acceptable pour lui, concernant Téhéran, est un renforcement des sanctions.

Selon Maariv, « Israël est furieux contre l’administration américaine en raison de son interaction avec le gouvernement iranien, si bien que les messages rassurants de Barack Obama destinés à Benyamin Netanyahou ne sont même pas arrivés à le soulager ». Comme un gamin capricieux, Netanyahou serait donc  en train de faire un caca nerveux qui ne pourra se calmer qu’avec au moins une petite sanction supplémentaire contre l’Iran. La chaîne dix de la télévision israélienne insiste :  « Le régime sioniste est en colère vis-à-vis de Barack Obama car celui-ci fait pression sur les membres du groupe 5+1 pour qu’ils parviennent à un accord avec Téhéran, décrit comme un mauvais accord  par le quotidien  Israël Al-Youm ». Tenons-nous-le pour dit. Netanyahou n’est pas content.

Malgré l’échec des négociations, sa fureur reste intacte. Selon les médias israéliens, l’équipe de Netanyahou reste sur le qui-vive et reste vigilante contre les ‘’manœuvres’’ de Barack Obama, en gardant sous contrôle la France et l’Allemagne.

Sachant tout cela, on pourrait logiquement penser que l’échec de Genève  est le résultat des manœuvres israéliennes et que les manœuvres Fabiusiennes rencontrent point par point les vœux de Netanyahou.

Eh bien non. La chaîne de télévision Al-Mayadine révèle que les tergiversations de la France dans le processus des discussions de Genève sont faites sous la pression de l’Arabie saoudite. La chaîne dix de la télévision israélienne précise « C’est l’Arabie saoudite qui a contraint la France à empêcher l’obtention d’un accord pendant les négociations de Genève car la France entretient de vastes relations commerciales avec l’Arabie saoudite ».

Si je comprends bien, c’est Netanyahou qui jure ses grands dieux que, lui vivant, aucun accord ne se fera, qui menace de tout casser, et c’est le roi Abdallah d’Arabie qui, ému par le gros chagrin de Bibi, convoque Laurent Fabius au nom de ses bonnes relations commerciales avec la France, pour lui intimer l’ordre de consoler le petit désespéré en lui redonnant son jouet.  Mais dites-moi, quelle est la capitale d’Israël ? Tel-Aviv, Jérusalem ou Ryad ? Pourquoi, dès qu’il s’agit d’Israël, tout le monde est atteint de strabisme ? Il est la cause de tout ce qui se passe dans la région, et pourtant tout le monde regarde à côté, avec des discours savants et des analyses aussi sophistiquées qu’alembiquées, incluant jusqu’au prix du pétrole, rendant ce petit état invisible comme par magie. Israël passe son temps à se plaindre, à dénoncer, à tempêter et à menacer. Mais dès que ses menaces sont mises à exécution, c’est quelqu’un d’autre qui en est l’auteur, jamais Israël lui-même, à croire que chacun s’empresse d’offrir ses services  pour éviter au peuple élu d’avoir à se salir les mains.

Ainsi, Netanyahou  remue ciel et terre pour saboter les négociations avec l’Iran, l’annonce à grands cris, mais en cas de succès on louche chez les voisins pour chercher le responsable du sabotage. Et bien sûr, on trouve toujours. Pourtant, le seul fait que Fabius soit impliqué dans l’échec des pourparlers devrait être une indication. Les boucs émissaires habituels, le Qatar naguère et l’Arabie Saoudite aujourd’hui, ont bon dos.  Laurent Fabius, pour lequel les intérêts d’Israël  priment sur tout, a fait exactement ce qu’aurait fait Netanyahou s’il avait été lui-même à Genève. Il a taclé ses alliés, ignoré les intérêts de la France, et cela juste parce que Benjamin Netanyahou ne veut pas entendre parler d’une solution de paix. Le pire dans tout ça, c’est que Laurent Fabius se comporte comme le vrai président, François Hollande n’étant qu’un suiveur obéissant qui n’aurait été mis à la tête de la France que pour lui servir de caution, puisque les français ne l’auraient jamais porté au sommet à cause de son passé au sujet du sang contaminé.

Ancien premier ministre, véritable président, ministre des affaires étrangères en France et en Israël, ne pourrait-il pas, de temps en temps, travailler pour les intérêts français, ou au moins faire semblant ? Trop d’arrogance peut coûter cher.

Avic

Iran : Une bombe atomique avec de l’uranium enrichi à 3,5% !!!


2006_0202_iran_nuclear_600Hossein Naghavi Hosseini, le vice-président de la Commission parlementaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure vient de publier, dans un communiqué, que l’Iran a stoppé l’enrichissement d’uranium à 20 %. Le pays en possède en quantité suffisante pour alimenter son réacteur nucléaire expérimental de Téhéran destiné à produire des isotopes pour la médecine.

Toute la polémique sur les intentions de l’Iran de chercher à accroître ses capacités d’enrichissement en vue de se doter de l’arme nucléaire serait donc vaine ? C’est compter sans ‘’vil coyote’’ Netanyahou. On ne détruit pas comme ça des décennies de propagande.

Devançant cette annonce, le Premier ministre israélien a déjà reconstruit son discours. Lors de son voyage à Rome, il assène tranquillement que l’Iran pourrait fabriquer des bombes atomiques même avec de l’uranium faiblement enrichi à 3.5% ! «  Si l’Iran conserve ses capacités nucléaires actuelles, il ira droit vers la fabrication de la bombe atomique. Et d’ailleurs il est parfaitement possible que les Iraniens remontent le taux de leur enrichissement de 3.5% à 90% » a-t-il prétendu. Pour lui, l’Iran n’aura pas besoin de passer par la phase intermédiaire de l’enrichissement à 20% s’il veut la bombe.

Sacré Iran ! Avec un tel pays comme ennemi, il y a de quoi se faire du mauvais sang. Il n’y a pas si longtemps, l’Iran était doté d’une armée invisible capable de surgir du néant à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, ses capacités technologiques hors du commun lui permettraient de se fabriquer des bombes atomiques directement à partir de l’uranium faiblement enrichi, qu’il ferait passer de façon magique à 90%.

Bientôt l’Iran n’aura même pas besoin d’uranium du tout. Netanyahou a décidé que la bombe iranienne c’est pour bientôt, eh bien, ce sera pour bientôt. Qu’on se le dise ! Il n’est surtout pas question de se laisser distraire par les futilités palestiniennes quand le monde est en si grand danger d’être annihilé. Rendez-vous compte ! Voilà des gens qui, un jour, pourraient transgresser leurs lois et les lois internationales, et se lancer dans la fabrication d’une bombe nucléaire et, s’ils y arrivent, seraient susceptibles d’imaginer l’utiliser pour détruire le monde. On ne peut pas laisser faire ça.

Merci Bibi de vous préoccuper de la survie de l’humanité.

Avic

Et si l’Iran privait les « Occidentaux » d’ennemi ? par Philippe Migault


Tribune libre Byblos

ahmadinejad-hitler-israel-horzL’élan d’ouverture qui se manifeste en Iran depuis l’élection d’Hassan Rohani a été favorablement accueilli par les « Occidentaux ».

La conversation téléphonique du Président iranien avec Barack Obama, premier contact direct entre les chefs d’Etats des deux pays depuis la révolution islamique de 1979, a suscité l’optimisme sur la scène internationale. L’esprit résolument moderniste de ce religieux qui fait le buzz sur Twitter, les pistes de négociations proposées par Téhéran sur son programme nucléaire, ont déclenché une vague de commentaires et d’analyses qui ne sont pas sans rappeler les premiers mois de la Perestroïka : enthousiasme d’une part, profond scepticisme de l’autre.

Du point de vue israélien, les choses sont claires : Rohani est un « loup déguisé en mouton » assure Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre de l’Etat juif est persuadé que ce séducteur n’est qu’une ruse persane, dont l’objectif est de gagner du temps afin de permettre à l’Iran d’achever la mise au point de sa bombe atomique.

Côté américain, on se veut prudent. Parce qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, on rappelle qu’il faudra que Téhéran donne des garanties sur son programme nucléaire.

Pourtant, l’hypothèse d’une énorme entreprise de désinformation iranienne n’est peut-être pas ce qui inquiète le plus les Israéliens et leurs alliés américains. « Nous allons vous faire ce qu’il y a de pire, nous allons vous priver d’ennemi », déclarait en 1989 Alexandre Arbatov aux Américains. A Washington et à Tel-Aviv, bien des personnes redoutent que Rohani fasse de même.

Imaginons un Iran qui accepte la transparence sur l’atome, un Iran qui s’ouvre, qui convainque « l’Occident » de sa bonne volonté et obtienne la levée des sanctions.

Quel épouvantail brandiront les Israéliens pour poursuivre leur coûteux programme de bouclier antimissiles ? Pour les entreprises d’armement israéliennes qui ont développé une génération de matériels très onéreux, qu’elles proposent à l’export, une telle perspective serait catastrophique.

Car l’enjeu est colossal. Les systèmes antimissiles sont parmi les produits les plus convoités du marché mondial de l’armement. De nombreux Etats sont prêts à investir lourdement pour s’en doter. La vague de protestations ayant accompagné la décision turque d’acheter des missiles HQ-9 à la Chine ne se justifie pas seulement par le choix d’un matériel chinois par un Etat membre de l’OTAN. Elle s’explique surtout par la perspective de voir 4 milliards de dollars échapper à l’un des missiliers occidentaux et la Chine réussir une entrée fracassante sur ce segment juteux.

Les sociétés israéliennes espèrent secrètement greffer leurs systèmes sur un bouclier antimissiles européen, dont elles représenteraient la première ligne de défense vis-à-vis des menaces venues du Moyen-Orient, tenant le rôle que l’OTAN refuse à la Russie. Pour Tel-Aviv, cela permettrait de faire coup double : rapprochement militaire et diplomatique avec les Européens, accès à un marché des plus lucratifs, au détriment des entreprises européennes de défense, essentiellement françaises sur ce segment…Que Téhéran fasse des concessions et tout s’écroule.

Le même problème se pose aux Américains. Comment justifieront-ils leur propre projet en Europe ? En évoquant les missiles pakistanais ou nord-coréens ? Ou bien Washington ressuscitera-t-il la menace russe, ultime recours pour justifier la pérennité de l’OTAN ?

Les groupes Boeing, Raytheon, Lockheed-Martin ont eux aussi tout à perdre…Lourdement impliqués dans les programmes antimissiles israéliens, ils seraient doublement impactés : en Israël et, beaucoup plus grave, en Europe.

Car l’objectif commun de ces entreprises et de la Maison-Blanche sur le Vieux Continent est limpide. Il s’agit de renouveler le coup du programme d’avion de combat F-35. Celui-ci monopolise déjà une bonne partie des fonds que les Européens peuvent investir dans la R&D en matière d’aéronautique de défense, sans aucun transfert de technologie américaine en retour. Un désastre tel que les Etats de l’UE n’ont plus les moyens de financer les études nécessaires au développement de la prochaine génération d’avions de combat. En faisant de même sur le segment des missiles et de l’électronique de défense au sens large, l’Amérique donnerait le coup de grâce. Elle siphonnerait le gros des ressources restant à l’Union européenne pour sa défense, neutralisant son industrie de l’armement, la réduisant au rang de junior partner, nous privant d’un instrument indispensable à notre autonomie stratégique.

La mutation esquissée à Téhéran est susceptible, dans une certaine mesure, de remettre en cause la pérennité de l’OTAN, principal instrument d’influence américain en Europe sous sa forme actuelle.

Elle peut aussi rebattre les cartes sur le marché de l’antimissile où les entreprises européennes, faute de soutien politique, peinent à imposer leurs atouts face à leurs rivales américaines et israéliennes.

Espérons que l’éclaircie Rohani tourne au grand beau temps.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Philippe Migault est Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS). Ses principaux domaines d’expertise sont les questions diplomatiques et stratégiques, les conflits armés et industries de l’armement.

http://fr.ria.ru/tribune/20131018/199586772.html

Via http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3997

Un ancien chef de la marine israélienne arrêté à Heathrow


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Ynet vient d’annoncer que le commandant de la marine israélienne lors de l’opération Plomb durci contre la bande de Gaza et lors du raid sur le navire Marmara a été arrêté et détenu pour interrogatoire à son arrivée au Royaume-Uni.

Il s’agit du major-général Eli Marom, qui a été le commandant de la marine israélienne au cours de l’opération Plomb durci et au cours du raid sur le navire à destination de Gaza Mavi Marmara. Il a été arrêté vers midi lundi à l’aéroport de Londres Heathrow à son arrivée en Grande-Bretagne. Sa détention, qui n’a pas duré longtemps, rentre dans le cadre des plaintes déposées contre les dirigeants israéliens pour crimes de guerre. Il a pu s’en sortir en donnant un coup de fil au ministre  de la justice de son pays qui a dû enclencher la machine diplomatique.

On se rappelle comment  Tzipi Livni avait pu échapper à l’arrestation en 2010. Une descente de police avait été effectuée à son hôtel à Londres, mais une âme charitable l’avait avertie de ne pas bouger de Tel Aviv. L’année suivante ce fut Benjamin Netanyahou qui fut obligé de voyager avec un pseudonyme pour se rendre à Londres.

Les criminels de guerre d’Israël n’iront peut-être pas en prison, mais ils ne voyageront plus l’âme en paix.

Avic

Le dernier caprice de Netanyahou


755510-israel-affirme-iran-ne-met« Attention, je vais attaquer », semble être le message de Netanyahou, qui a lancé des exercices aériens de longue portée. Et si le message n’était pas assez clair, la presse israélienne se charge de nous le décrypter.

Les exercices ont été menés conjointement avec l’aviation grecque et comportaient le ravitaillement en vol. Une vidéo a été tournée et envoyée aux grands médias, afin que nul ne l’ignore.

Et les médias ont fait leur boulot. Washington Post nous dit, « les exercices qui ont impliqué les chasseurs bombardiers israéliens sont destinés à envoyer un message à l’Iran ». Haaretz, de son côté, joue dans le registre de la déduction : « de lourds indices montrent qu’il s’agissait d’un exercice pour une possible attaque contre l’Iran ».

A quelques jours des nouveaux pourparlers sur le nucléaire iranien, Netanyahou ne sait plus quoi faire pour obliger ses amis à renforcer leurs sanctions, et en finir avec leurs tergiversations et leurs ‘’oui, mais…’’. Même les menaces ne fonctionnent plus.  Jusqu’ici, il suffisait de gronder un peu pour que l’Occident prenne peur et tremble pour Israël. Avec ces manœuvres, peut-être vont-ils enfin croire que ce n’est pas du bluff ? C’est comme ces suicidaires qui menacent de se supprimer si l’on n’accède pas à leur désir. Ou ces enfants gâtés qui menacent de casser leurs jouets si on ne cède pas à leur caprice. Ce qu’il faudrait, c’est une bonne fessée !

Et pendant ce temps, l’Iran observe et se marre.

Avic

Hollande sommé de rendre des comptes par Netanyahu


hollande-netanyahouChaque jour nous amène des preuves nouvelles de la servitude des dirigeants français.  Une nouvelle fois, François Hollande a du rassurer ce vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur sa position vis à vis de l’Iran en vue  de la prochaine réunion du 5+1 à Genève entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l’Allemagne sur le programme nucléaire de Téhéran. Notre toutou en chef a du assurer de toute sa fermeté à l’égard de l’Iran, annonce l’Elysée. Qui sait si le pervers Netanyahou ne le lui a pas fait répéter plusieurs fois, histoire de s’assurer de son obéissance complète ?

Cela s’est passé par téléphone hier. Le premier ministre israélien est en train de compter ses adeptes. D’ores et déjà, il peut compter sur ses deux fidèles : le Royaume Uni et la France. Selon le quotidien israélien Haaretz, des délégations de diplomates britanniques et français, comprenant les principaux négociateurs de chacun des deux pays sur le nucléaire iranien, s’étaient rendues mercredi en Israël pour y informer leurs interlocuteurs de leurs attentes à la veille des discussions de Genève.

Si vous ne l’aviez pas compris, les 5+1 sont en fait 3 : la Russie, la Chine et Israël représenté officiellement par les 4 autres. Avant chaque négociation, c’est un va et vient entre Tel Aviv et les 4 capitales pour savoir quelle conduite tenir. Et la conduite à tenir, pour Netanyahou, est claire : durcir les sanctions et oublier tous les salamalecs autour de l’assemblée générale de l’ONU. Il veut reprendre ses troupes en main.

Et d’ailleurs, jeudi, il a accordé une interview à France 24 pour rappeler ses devoirs à Hollande et gommer la poignée de main que ce dernier a eue avec Hassan Rohani  à New York.  Qui le sait, d’ailleurs que François Hollande a rencontré Rohani ? Le déclin de la France est tel que tout ce que fait son président est, au mieux, ignoré sinon ridiculisé. Lors de l’interview, Netanyahou a donc exhorté Flamby à être ferme. Nous verrons jusqu’où ira sa fermeté.

Avic

Grosse rigolade à Téhéran…


5F1FB838-B830-4846-8ABD-2A213ACF8F27_mw1024_n_sPour son premier contact avec le monde occidental en tant que président, Hassan Rohani a fait carton plein. Il est rentré de New-York les mains chargées de cadeau pour le guide suprême Ali Khamenei.

Le premier d’entre eux concerne bien sûr le nucléaire iranien qui semble se diriger vers une solution rapide. Rohani se permet même de fixer des échéances. 3 mois, dit-il, peut-être 6.  On parle déjà d’allègement des sanctions.

Les relations irano-américaines, ensuite. Les Etats-Unis font tout pour faire baisser la tension en vue d’un dialogue. Il y a d’abord eu des rumeurs persistantes sur une rencontre entre les présidents des deux pays en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Mais l’Iran a poliment décliné l’offre, sans fermer la porte. Malgré la ‘’rebuffade’’ de Rohani, Barack Obama a finalement pris l’initiative de lui téléphoner alors qu’il était sur le chemin de l’aéroport pour quitter le sol américain.

Enfin, cerise sur le gâteau, ces bonnes nouvelles ont eu pour effet de provoquer la zizanie parmi les responsables israéliens. Comme il fallait s’y attendre, le bonheur de l’Iran ne pouvait que faire le malheur du gouvernement israélien et de son premier ministre. Netanyahou n’a pas été avare de propos acerbes contre l’attitude de Washington. Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire au président israélien, Shimon Peres, qui a vivement réagi aux propos tenus contre le partenaire américain. «  Vous pouvez être pour ou contre les américains mais je n’aime pas le ton offensant de nos responsables », dit-il.  Peres, qui n’est pourtant pas un tendre au point que l’on en oublie qu’il fut prix Nobel de la Paix, a même une position diamétralement opposée à celle du gouvernement Netanyahou, en estimant qu’une reprise des relations irano-américaine était une bonne chose.

Qu’ont fait les iraniens pour en arriver là ? Ils n’ont renoncé à aucune de leurs prétentions et n’ont cédé en rien dans les exigences américaines. Leur discours vis-à-vis d’Israël et de toutes les forces hégémoniques est resté le même. Ils continuent, plus que jamais à soutenir la résistance palestinienne et la Syrie. Ce qu’il y a de changé, ce n’est pas ce que font les iraniens, mais celui qui dit ce que font les iraniens.  L’ancien et le nouveau président, Ahmadinejad et Rohani, disent pourtant la même chose, mais chacun à sa manière.

Le guide suprême nous aurait-il fait, volontairement ou non, le coup du bon et du méchant flic ? Le méchant, l’ogre, l’infréquentable, c’est bien sûr Ahmadinejad, celui dont mêmes les propos les plus gentils ne pouvaient qu’être mauvais. C’était un des rares personnages au monde qui, quand il disait ‘’paix’’, ‘’concorde’’, ‘’amitié’’, était traduit en langage occidental en ‘’guerre’’, ‘’discorde’’, ‘’ennemi’’.

A l’opposé, nous avons le gentil Rohani. Avant même son investiture, bien que ce soit un parfait inconnu, les médias avaient décidé que c’était un gentil. Quand il dit ‘’paix’’, tout le monde entend ‘’paix’’. On va même jusqu’à déformer certains de ses propos qui ne sont pas assez gentils pour les édulcorer. Ainsi, après avoir tenté à différentes reprises dans différents interviews, de lui faire reconnaître l’holocauste, de guerre lasse on arrange sa réponse à CNN en une reconnaissance en bonne et due forme, même si ce n’est pas tout à fait vrai. Une sorte de repêchage. Tout sera fait pour que Rohani reste ce gentil futur interlocuteur qui justifie qu’on lui tende la main.

Le guide suprême doit rire sous sa barbe. Finalement, il est dans une position confortable. Il lui suffit d’attendre et de voir venir. Quant à Hassan Rohani, quel que soit son portrait réel, il semble parti pour être un saint, du moins tant que l’occident a besoin de se rapprocher de l’Iran.

Avic

Syrie : Maintenant ou plus tard, l’intervention américaine aura lieu


bombardement-libyePendant que nous sommes encore tous sonnés par tant de mensonges, et que certains cherchent encore à prouver le false flag, l’Occident est déjà à l’étape d’après. Pour Washington Londres et Paris, la cause est entendue. Ils n’en sont plus là depuis longtemps. Ils en sont à : quand faut-il y aller. Avec ou sans les autres, ils iront finaliser cette guerre dont la décision avait déjà été prise bien avant que les ‘’décideurs’’ actuels n’arrivent au pouvoir. Ce qui prouve, s’il en était encore besoin, que ce ne sont pas eux qui décident.

Et si ce n’est pas eux qui décident, cela veut dire que tout ce suspens, c’est du bidon. Pour Obama, l’équation est simple : ou il obéit ou c’est sa fin. Il cherchera juste à se couvrir et foncera. Le fait de demander l’aval du congrès n’est qu’une couverture. Comment imaginer un Congrès dominé par les lobbies dont l’intérêt est de faire cette guerre, refuser l’aval qu’on attend de lui ? Le terrain pour leur acceptation est déjà préparé. Ils travailleront sur des documents fournis par la CIA et qui couvriront leur décision. Par la suite, tout ce petit monde, y compris Obama, pourra prétendre, comme Collin Powell, qu’ils ont été trompés.

Ils veulent la Syrie, et on a vu qu’ils étaient capable de tout faire, tout renier, jusqu’à leur honneur et même simplement leur amour-propre, pour arriver à leurs fins. Avec la Syrie, beaucoup de masques (pas tous) sont tombés. Ils sont près à trahir leur pays et leurs peuples pour la Syrie. ‘’Ils’’, ce ne sont pas seulement les dirigeants. C’est pratiquement toutes les classes politiques des pays occidentaux. Alors pourquoi la Syrie. Comme dans un jeu de billard on nous envoie inexorablement vers l’Iran. La Syrie serait un rempart pour l’Iran, disent-ils. Pour bien le prouver, un petit coup de fil à Netanyahou pour qu’il sorte son papier de son tiroir et qu’il récite les menaces habituelles (frappe, nucléaire, dangereux, sanctions contraignantes, etc…).

La Syrie, est présentée comme le menu fretin que l’on taquine avant de s’attaquer au plus gros gibier iranien. Et si c’était l’inverse ? Peut-être bien que c’est la Syrie le gros gibier, et l’Iran ne serait qu’une diversion. Si c’était le cas, ça expliquerait toute la hargne jamais vue qui s’est déversée sur ce pays depuis deux ans. Cela expliquerait aussi pourquoi Israël est intimement lié à ce qui s’y passe, malgré toutes ses tentatives pour rester invisible. En effet, une Syrie démantelée c’est la résolution du problème israélo-palestinien (israélien, surtout), avec une carte régionale redessinée.

Quoi qu’il en soit, quelles que soient les raisons qui poussent à envahir la Syrie, ce ne sont pas ces sous-fifres que sont nos dirigeants qui ont les moyens d’arrêter le processus de guerre dont ils ne sont que des exécutants. Seuls les autres puissances (la Russie, la Chine) ont, peut-être, les moyens de stopper la marche vers la guerre.

Avic

Nouveau président de l’Iran – Nouvelles menaces israéliennes


netanyahou-reclame-une--ligne-rouge-claire--sur-le-nucleaire-iranien_trt-francais-4676Alarmé par les perspectives de négociations américano-iraniennes et par l’idée que la nouvelle direction islamique pourrait tracer une voie plus modérée, Israël a durci sa menace d’entreprendre une action militaire unilatérale contre le programme nucléaire iranien.

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l’Iran a continué de développer son programme nucléaire, même après l’élection de Hassan Rouhani , qu’il a qualifié de « loup déguisé en agneau. »

« Le président iranien essaie de présenter une nouvelle image à l’Occident, mais les progrès dans le programme nucléaire continuent », a déclaré M. Netanyahu lors d’une visite à de nouvelles bases militaires dans le désert du Néguev. « Il nous dit que les menaces ne servent à rien. Mais la vérité est que la seule chose au cours des 20 dernières années qui ait aidé à stopper le programme nucléaire de l’Iran étaient les pressions et les menaces explicites de l’action militaire ».

Mardi, Rouhani, dans sa première conférence de presse depuis son investiture dimanche, a dit que l’Iran ne répondrait pas aux menaces. Le nouveau président iranien dit que l’Iran était prêt à entamer des pourparlers sérieux sur le nucléaire avec l’Occident, notamment avec les États-Unis, mais ne répondrait pas aux tactiques de pression.

Rouhani, un ancien négociateur nucléaire en chef de Téhéran, a lancé quelques piques sur l’influence d’Israël à Washington, sans mentionner Israël en particulier.

« Malheureusement, le lobby va-t’en-guerre des États-Unis s’oppose aux [discussions] constructives et ne protège que les intérêts du régime étranger, et reçoit souvent les ordres de ce régime », a déclaré Rouhani aux journalistes à Téhéran mardi. «Les intérêts du lobby et du régime étranger ont été imposés aux législateurs américains. Nous voyons qu’ils ignorent même les intérêts américains « .

Le changement de direction de l’Iran a été une source de préoccupation majeure en Israël.

Soupçonné d’être le seul pays du Moyen-Orient à posséder l’arme nucléaire, Israël a longtemps menacé d’entreprendre une action militaire pour empêcher l’Iran d’obtenir la bombe nucléaire. Mais Netanyahu avait atténué la rhétorique au cours des six derniers mois.

Mais l’élection de Rouhani semble avoir relancé la campagne d’Israël pour attirer l’attention internationale sur l’Iran, en menaçant de prendre des mesures miliaires unilatérales.

Mardi, un haut responsable israélien anonyme a dit à Radio Israël que le gouvernement de Netanyahu perdait foi en la promesse de l’administration Obama d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Le fonctionnaire a cité l’approche prudente de l’Amérique dans le traitement de l’utilisation présumée par la Syrie d’armes chimiques et a déclaré qu’Israël ne peut pas compter sur les assurances américaines.

Le responsable a ajouté qu’Israël était encore capable de lancer une opération militaire contre l’Iran sans le soutien opérationnel des États-Unis, bien qu’il ait reconnu que ce serait moins efficace qu’une frappe américaine.

Dans le même temps, l’ancien chef du renseignement des Forces de défense israéliennes – qui s’est déjà prononcé contre une frappe israélienne unilatérale – a déclaré mercredi que la résistance américaine à une attaque israélienne pourrait être tempérée.

Amos Yadlin, directeur de l’Institut d’études de sécurité nationale, un think tank de Tel Aviv, a déclaré à la radio de l’armée mercredi qu’il a détecté une « musique différente » de Washington sur la question. Si en 2012 les États-Unis ont maintenu « la plus brillante lumière rouge » sur une frappe israélienne, maintenant elle n’a peut-être pas viré au vert, ‘’mais elle est certainement jaune. »

Les responsables américains n’ont manifesté publiquement aucun changement dans leur opposition à une attaque israélienne, dont beaucoup craignent  qu’elle pourrait entrainer une guerre régionale.

Netanyahu et d’autres ont exprimé leur inquiétude que l’image sobre de Rouhani – un contraste frappant avec le style provocateur de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad – pourrait entraîner une diminution de la pression internationale sur l’Iran.

«Au lieu des leaders faciles à haïr par tout le monde, maintenant il y a des dirigeants en costume trois-pièces et une cravate Hermès, » a déclaré l’ancien général israélien Yoav Galant à Radio Israël mardi. « Mais [ils sont] toujours extrême sous des dehors raffinés. »

L’Iran affirme que ses efforts nucléaires sont à des fins pacifiques comme la production d’énergie et le traitement des patients atteints de cancer. Les responsables américains et israéliens [affirment qu’ils] soupçonnent que l’Iran cherche à fabriquer une bombe nucléaire.

Traduction : Avic

Batsheva Sobelman

http://www.informationclearinghouse.info/

Négociations israélo-palestiniennes ? Pourquoi faire ?


608124-president-autorite-palestinienne-mahmoud-abbasIl y a des cycles comme ça, incontournables. Les jeux olympiques, les jeux d’hiver, la coupe du monde de Football… Et aussi les négociations de paix israélo-palestiniennes. Régulièrement, on les remet sur le tapis, au rythme des présidents américains. C’est leur chasse gardée, leur prérogative absolue. Il ne peut y avoir négociations qu’avec et par l’intermédiaire d’un président américain. Et chaque président se doit d’avoir ses négociations à lui. Ce n’est pas seulement une question de prestige, c’est presque un devoir sacré devenu routine. S’il y a deux choses qu’un président américain doit avoir fait avant de se retirer c’est d’avoir bombardé au moins un pays et avoir fait dialoguer israéliens et palestiniens. Le dialogue terminé, il peut partir l’âme en paix, à défaut de l’avoir obtenue entre les deux protagonistes. Son successeur reprendra tout à zéro quand son tour sera venu, et le cycle recommence.

Ils sont donc toujours trois à participer à ces négociations dites de paix. Ils sont aussi trois à savoir qu’elles ne mèneront à rien. Ils savent que c’est du cinéma, mais ils joueront leurs rôles le plus sérieusement du monde. Ils le feront parce qu’il y a tout de même des enjeux, même s’ils sont très éloignés des objectifs avoués. Après la mascarade des pourparlers, tous en sortiront gagnants, mais la Palestine restera toujours occupée, Gaza sera toujours bombardée avant chaque investiture présidentielle américaine, et les colonies continueront à se développer, pendant que l’Europe enverra Mme Ashton à Tel-Aviv pour demander quelle est la conduite à tenir à chaque évènement concernant la région.

Que gagneront nos trois larrons ?

Obama a déjà été payé. Il a à rembourser une grosse dette qui, par ses faits de guerre, s’est alourdie au point de ressembler à la dette américaine. Cette dette c’est ce prix Nobel de la paix qu’on lui a octroyé à peine élu. Un beau piège, finalement. Un président américain a toujours une guerre en cours ou en prévision ici ou là. Lui coller un prix Nobel de la paix, c’est lui lier les mains, l’empêcher de faire son job de président des Etats-Unis. Obama a quand même fait son boulot comme si de rien était. Mais pour que ce prix Nobel encombrant ne devienne pas une imposture historique, l’étape obligée du ‘’processus de paix’’ israélo-palestinien tombe à pic. Pour les vieillards d’Oslo, une rencontre entre un dirigeant palestinien et un dirigeant israélien vaut, à elle seule, au minimum dix prix Nobel. Obama sera donc cet homme de paix qui réussira à arracher, au forceps, la promesse (seulement la promesse) à Netanyahou de ne pas construire plus de 100 logements supplémentaires en territoire palestinien d’ici Décembre.

Netanyahou, par la seule tenue des négociations, a déjà gagné. Un faucon cherche-t-il à dialoguer ? Un belliqueux va-t’en guerre discute-t-il avec l’ennemi ? Voilà déjà de quoi édulcorer, sinon changer, son image. De plus, il connait par cœur ce que veulent ceux d’en face. Il lui suffit, pour bloquer les négociations dès les premières minutes, d’arriver avec des propositions qu’ils ne peuvent ni personnellement, ni politiquement accepter. A supposer que Netanyahou ait vraiment envie de mener de vrais négociations en vue de la paix (ce qui serait quand même  étonnant), il n’a aucun moyen, ni lui, ni aucun homme politique aujourd’hui en Israël, d’accéder aux demandes du peuple palestinien pourtant simples. Citons-en deux. Disparition de ces enclaves que sont les colonies qui font ressembler la Palestine à du gruyère.  Techniquement Netanyahou n’a pas les moyens de s’y attaquer, et économiquement Israël n’a pas la capacité de le supporter. L’autre exemple concerne le retour des réfugiés ou leurs descendants. L’accepter signifie, dans un premier temps, dire adieu à la notion d’état juif et, dans un deuxième temps, la mort du sionisme dans cette partie du monde. Ce que les promoteurs du sionisme, dans leurs bureaux à New-York ou Londres, n’accepteront jamais.

Et justement, ces promoteurs qui sont les principaux intéressés par ces négociations, y sont absents. Physiquement seulement. Mais leur ombre est omniprésente. Si Netanyahou joue bien son rôle, son avenir politique sera assuré, et les dollars pleuvront sur Israël.

Et Mahmoud Abbas ? Puisqu’il est dit qu’il y aura dialogue, il faudra un interlocuteur. Ce sera donc lui. Il n’est là d’ailleurs que pour être interlocuteur en cas de besoin. Après les pourparlers, on le rangera au placard en attendant la future séance. Aucune de ses revendications n’aboutira et il le sait, il connait trop son monde. Il sait aussi que son protagoniste va essayer de le tourner en bourrique. Mais qu’à cela ne tienne. Ces pourparlers, malgré tout, assoiront un peu plus l’image de la Palestine du point de vue diplomatique et politique. C’est peu et beaucoup à la fois. Pour lui et son parti, ces négociations renforceront encore un peu plus une légitimation de représentants du peuple palestinien qui ne repose sur rien.  Les pourparlers pourront même repousser d’éventuelles élections aux calendes grecques. Là aussi, il est primordial de bien jouer son rôle, sans couacs. Si tout se passe bien, c’est, comme pour Israël, une pluie de dollars et aussi d’euros qui pleuvra sur la Palestine. Par ces euros, les européens auront l’impression d’avoir participé et d’avoir encouragé la paix, tout en satisfaisant leurs grands sentiments humains mis à mal par les raids israéliens sur Gaza.

Puisque seule la cause palestinienne (comme d’habitude) n’y gagne rien, pourquoi avoir entamé les négociations si tard ? Pour Obama, ça n’a pas dû être simple. Les printemps arabes qui n’en finissent pas, les positions russes et chinoises qui compliquent l’équation, l’attentat de Benghazi et, surtout, ce maudit Bachar Al Assad qui a tout fait capoter. S’il était parti tout de suite, comme cela avait été prévu, les choses auraient été plus faciles. On y aurait vu beaucoup plus clair dans le nouveau paysage qui se serait dessiné. Il aurait même été possible de trouver des solutions qui satisfassent tout le monde : Israël, les palestiniens, les colons et même les réfugiés. Mais avec l’entêtement des russes et des chinois, deux ans après Assad est toujours là, malgré les rappels incessants de ‘’Bachar Al Assad doit partir’’. Deux ans de perdus. On ne peut plus attendre. Il faut s’entendre avec les russes, peut-être même les iraniens  (horreur !), car le temps passe vite. Une négociation à minima vaut mieux que pas de négociation du tout.

Il ne sera pas dit que Barak Hussein Obama, prix Nobel de la Paix, n’aura pas rajouté son nom dans la longue liste des négociateurs de paix au Proche Orient.

Avic

Kerry et chutzpah – Uri Avnery


kerryIsraelS’il vous arrive de tomber sur John Kerry à l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez vous demander s’il est en train d’arriver ou de partir. Il peut bien se le demander lui-même.

Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’il consacre la majeure partie de son précieux temps à des réunions avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, en essayant d’avoir ces deux personnes ensemble.

Il y a environ une demie heure de trajet de voiture entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et la Mukata’ah du Président palestinien à Ramallah. Mais ils sont plus éloignés l’un de l’autre que la Terre et Mars.

Kerry a pris sur lui de les amener à se rencontrer – peut-être quelque part dans l’espace. Sur la lune, par exemple.

***

SE RENCONTRER POUR quoi faire?

Ah, c’est là le hic. L’idée semble être de se rencontrer juste parce qu’il faut se rencontrer.

Nous avons vu cette procédure pendant des années. Les présidents américains successifs ont tous entrepris de rapprocher les deux parties. Il s’agit d’une croyance américaine, enracinée dans la tradition anglo-saxonne, que si deux personnes convenables et raisonnables se réunissent pour débattre de leurs différences, tout va rentrer dans l’ordre. C’est presque automatique: rencontre – dialogue – accord.

Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon avec les conflits entre les nations, des conflits qui peuvent avoir de profondes racines historiques. Pendant les réunions entre les dirigeants de ces nations, ils ne sont là souvent que pour se lancer à la figure d’anciens accusations, dans le but de convaincre le monde que l’autre côté est complètement dépravé et méprisable.

Chaque camp, ou les deux à la fois, peut être intéressé à prolonger les réunions indéfiniment. Le monde regarde la réunion des leaders, le médiateur et les photographes travaillent dur, tout le monde parle sans cesse de paix, paix, paix.

Je me souviens d’un monsieur scandinave du nom de Gunnar Jarring. Vous vous souvenez? Non? Ne vous culpabilisez pas. Il est éminemment oubliable. Un diplomate suédois tout à fait comme il faut (et Turquologue), il a été mandaté par l’ONU au début des années 1970 pour amener les Egyptiens et Israéliens autour d’une table de négociation pour parvenir à des accords de paix entre eux.

Jarring a pris très au sérieux sa mission historique. Il a fait inlassablement la navette entre Le Caire et Jérusalem. Son nom est devenu une blague en Israël, et probablement en Egypte, aussi.

Les protagonistes d’alors étaient Anwar Sadat et Golda Meir. Comme nous l’avons révélé à l’époque, Sadate a délivré à Jarring un message capital: en échange de la restitution de l’ensemble de la péninsule du Sinaï, conquise par Israël en 1967, il était prêt à faire la paix. Golda a rejeté cette proposition d’un revers de main. Il n’y avait eu, bien sûr, aucune réunion.

(Une blague populaire circulait à l’époque ; Golda et Sadate en face l’un de l’autre à partir de rives opposées du canal de Suez; Golda a crié: « faites l’amour pas la guerre! » Sadate regarda à travers ses jumelles et répondit: «Je préfère la guerre»)

Tout le monde sait comment ce chapitre s’est terminé. Après que  Golda ait tout rejeté, Sadate a attaqué, a remporté une victoire surprise initiale, tout le monde politique a commencé à bouger, Golda a été mise à la porte, et après quatre années de Yitzhak Rabin, Menahem Begin est arrivé au pouvoir et a accepté avec Sadate la même paix qui avait été proposée avant la guerre. Les 3000 soldats israéliens et environ 10.000 Egyptiens qui sont morts dans la guerre n’auront pas vu cet accord.

Jarring, soit dit en passant, est décédé en 2002, méconnu et oublié.

***

Kerry n’est pas Jarring. Tout d’abord, parce qu’il ne représente pas une organisation internationale impuissante, mais la seule superpuissance au monde. La toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique est à sa disposition.

Que peut-il faire ?

C’est vraiment la question la plus pertinente – en fait la seule qui soit pertinente – en ce moment.

Il aura besoin de beaucoup de choses pour réaliser son plus cher désir : la rencontre – pas seulement la rencontre, mais La Rencontre – entre Netanyahu et Abbas.

La tâche semble facile. Netanyahu déclare, avec sa sincérité habituelle, qu’il veut cette rencontre. Non, qu’il est impatient de faire cette rencontre. Avec le charme poli d’un présentateur de télévision chevronné familier avec le pouvoir des images visuelles, il a même proposé de monter une tente à mi-chemin entre Jérusalem et Ramallah (à l’infâme check point de Qalandia ?) et de s’asseoir avec Abbas et Kerry jusqu’à ce qu’un accord complet sur tous les aspects du conflit ait été atteint.

Qui pourrait résister à une telle offre généreuse? Pourquoi diable Abbas ne saute-t-il pas sur cette opportunité pour la saisir des deux mains?

Pour une raison très simple.

Le début de nouvelles négociations serait un triomphe politique pour Netanyahu. En fait, c’est tout ce qu’il veut vraiment – la cérémonie, la grandiloquence, les dirigeants se serrant la main, les sourires, les discours pleins de bonne volonté et parler de la paix.

Et après ? Après plus rien. Des négociations qui se poursuivent indéfiniment, des mois, des années, des décennies. Nous avons déjà vu tout ça auparavant. Yitzhak Shamir, un des prédécesseurs de Netanyahu, s’est rendu célèbre pour s’être vanté qu’il aurait traîné les négociations indéfiniment.

Le bénéfice pour Netanyahu serait clair et immédiat. Il serait considéré comme l’homme de la paix. Le gouvernement actuel, le plus à droite et le plus nationaliste qu’Israël ait jamais connu, serait réhabilité. Toutes les personnes à travers le monde qui prêchent un boycott d’Israël dans tous les domaines seraient humiliées et désarmées. L’inquiétude croissante à Jérusalem sur la « délégitimation » et « l’isolement » d’Israël serait apaisée.

Que gagnerait la partie palestinienne dans tout ça? Rien. Pas d’arrêt pour les colonies. Pas même la libération des anciens prisonniers qui ont été incarcérés pendant plus de 20 ans (comme ceux qui ont été libérés au Hamas en échange de Gilad Shalit). Désolé, pas de « conditions préalables »!

Abbas exige que l’objectif des négociations soit précisé à l’avance: la création de l’Etat palestinien avec des frontières « basées sur » les lignes d’avant 1967. L’omission de cette déclaration dans les accords d’Oslo de 1993 a conduit à leur évaporation. Pourquoi faire la même erreur deux fois?

En outre, Abbas veut fixer une date limite pour les négociations. Un an ou deux.

Netanyahu, bien sûr, refuse tout cela. Pour l’instant, le pauvre Kerry essaie de monter quelque chose qui puisse à la fois satisfaire le loup tout en gardant l’agneau vivant. Donner à Abbas des assurances américaines sans les assurances israéliennes, par exemple.

***

Dans toute cette chamaillerie, un fait fondamental est ignoré.

C’est encore cet éléphant. L’éléphant dans la pièce, dont Netanyahu refuse l’existence et que Kerry essaie d’ignorer.

L’occupation.

Il est généralement admis que les négociations se font entre égaux. Dans les dessins animés, Netanyahu et Abbas seraient présentés comme des personnes de taille égale. L’image américaine de deux personnes raisonnables discutant entre eux suppose deux partenaires plus ou moins égaux.

Mais ce tableau d’ensemble est fondamentalement faux. Les «négociations» proposées sont entre une force d’occupation toute-puissante et un peuple occupé presque totalement impuissant. Entre le loup et l’agneau.

(C’est la vieille blague israélienne à nouveau: Pouvez-vous garder un loup et un agneau ensemble ? Bien sûr que vous pouvez, si vous mettez une nouvel agneau chaque jour.)

L’armée israélienne opère librement dans toute la Cisjordanie, y compris à Ramallah. Si Netanyahou le décide, Abbas peut se retrouver demain matin dans une prison israélienne, en compagnie de personnes âgées que Netanyahu refuse de libérer.

Moins radicalement, le gouvernement israélien peut, à tout moment, à volonté, arrêter le transfert des sommes importantes d’argent provenant des impôts et des taxes de douanes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Cela mettrait immédiatement l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

Il y a des centaines de façons, plus raffinées les unes que les autres, pour les autorités d’occupation et l’armée d’occupation de rendre la vie insupportable aux palestiniens en tant qu’individus et à la communauté palestinienne dans son ensemble.

Que peuvent faire les Palestiniens pour mettre la pression sur le gouvernement israélien? Très peu de choses. Il y a la menace d’une troisième Intifada. Cela préoccupe l’armée, mais ne l’effraie pas. La réponse de l’armée c’est plus de répression et plus de massacres. Ou bien une autre résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies élevant la Palestine au rang de membre à part entière de l’organisation mondiale. Netanyahu serait furieux, mais le préjudice réel serait limité.

***

Toute pression visant à démarrer des négociations sérieuses qui mèneraient à un accord de paix à terme – disons en un an – doit provenir du Président des Etats-Unis d’Amérique.

C’est tellement évident qu’il n’est guère besoin de le dire.

C’est le nœud du problème.

Kerry peut apporter de l’argent, beaucoup d’argent, pour soudoyer les Palestiniens, ou leur murmurer dans l’oreille de terribles menaces pour leur faire peur et les pousser à rencontrer Netanyahu dans sa tente imaginaire – c’est-à-dire presque rien.

La seule chance de commencer de véritables négociations est pour Barack Obama de mettre tout son poids dans la balance, pour affronter le Congrès et le très puissant lobby pro-israélien et de dicter aux deux côtés le plan de paix américain. Nous savons tous à quoi cela doit ressembler – une combinaison de la ligne (Bill) Clinton et de l’initiative de paix panarabe.

Si John Kerry est incapable d’exercer cette pression, il ne devrait même pas essayer. C’est vraiment une improvisation que de venir ici pour faire bouger les choses lorsque vous n’avez aucun moyen d’imposer une solution. Quelle Impertinence.

Ou, comme on dit en hébreu, chutzpah.

Uri Avnery est un écrivain israélien et militant pour la paix avec Gush Shalom. Il est un contributeur au livre de Counterpunch The Politics of Anti-Semitism.

Traduit par Avic

Source : http://www.counterpunch.org/

Qu’a dit Poutine à Netanyahou à Sotchi ?


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est arrivé le 14 mai 2013 à Sotchi pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine, et tenter de le persuader de ne pas livrer les missiles sol-air S-300 à la Syrie. Les publications israéliennes en langue russe ont écrit que le Premier ministre israélien lui aurait proposé, en échange, la possibilité pour la Russie de déplacer sa base navale de Tartous en Syrie à Haïfa en Israël. Lire la suite Qu’a dit Poutine à Netanyahou à Sotchi ?

La Syrie, l’Iran : postes avancés russes


9k81_s-300v_surface_to_air_missile_russia_russian_army_001D’après la presse russe, la Syrie dispose déjà des fameux S-300 qui font tant danser les stratèges occidentaux. Et c’est tout à fait logique. Dans la mesure où la Russie s’est clairement positionnée comme un allier de Damas, on ne voit vraiment pas pourquoi et au nom de quel principe elle ne lui livrerait pas un système de défense efficace, voire dissuasif ? En aidant la Syrie et l’Iran, la Russie ne fait que défendre son propre territoire. Il est donc fort à parier que Téhéran bénéficie déjà d’une aide conséquente de la part de Moscou, en matière de défense. Habitués que nous sommes à la communication sur tout, au point de connaître la couleur du maillot de bain des compagnes présidentielles en occident,  tout ce qui n’est pas déballé dans les médias n’existe pas.  Et puis, il y a toujours une petite dose de mépris, de condescendance ou de racisme, quand on évoque le sujet des armes sophistiquées. Pour tout le monde, il est tout à fait logique et naturel que la Syrie, l’Iran, le Guatemala ou le Zimbabwe ne soit pas en possession de systèmes de défense qui puissent les prémunir contre les agressions impérialistes. Il serait outrecuidant pour ces pays d’avoir les moyens de tenir tête  aux dictats de Washington ou de l’OTAN.  Cela fait deux années que les syriens reçoivent des coups sur la tête, et l’on se demande encore si elle a le droit de se défendre et si elle peut s’en donner les moyens ! On trouve tout à fait normal qu’un Netanyahou se déplace à Moscou pour dire aux Russes : « ne leur donnez pas de quoi se protéger, sinon nous ne pourrons plus leur taper dessus ». Vraie ou pas, cette explication du voyage du premier ministre israélien en Russie est celle qui est privilégiée par les « experts ».

La vérité, c’est que la situation traine en longueur en Syrie. Et il y a de bonnes raisons pour cela. Les agresseurs n’ont pas l’habitude de tergiverser quand ils peuvent foncer. L’Afghanistan, l’Irak et la Libye nous l’ont montré. Ce que nous savons aussi, c’est que, comme beaucoup de prédateurs, ils attaquent en bande et  toujours une proie faible et sans défense. S’ils n’attaquent pas c’est qu’il y a de fortes présomptions que la proie n’est pas si faible que ça.

La Syrie est un os. Un gros os sur lequel les mercenaires se sont cassé les dents, et sur lequel  l’embargo, arme de destruction massive par excellence puisqu’elle tue sans  discernement toute une population, a lamentablement échoué.  Alors à quoi riment toute cette frénésie et tous ces va-et-vient à Moscou, la nouvelle capitale du monde diplomatique ? Un François Hollande croit-il vraiment que ses petites phrases puériles puissent avoir une quelconque portée et modifier les positions de son homologue russe? Espérons qu’il n’y croit pas lui-même. Sinon, pauvre France.

En tout état de cause, l’os syrien tout comme l’os iranien, avec l’aide de Moscou, est en train d’étouffer le camp des agresseurs. Il semble qu’il soit bien calé en travers de leur  gorge et qu’il ne veuille plus en bouger.

Avic

Histoire d’un drone israélien “retourné” par le Hezbollah


heron-israelFin avril (voir le Guardian du 25 avril 2013), Israël annonçait l’interception et la destruction d’un drone près de la ville de Haïfa. Les autorités militaires israéliennes suggéraient qu’il s’agissait d’un drone de fabrication iranienne, utilisé par le Hezbollah, qui avait été intercepté et abattu par des F-16 peu après qu’il soit entré dans l’espace aérien israélien depuis le Liban ; cela, après que les services ad hoc israéliens, toujours impressionnants d’efficacité high tech, aient suivi sa trajectoire au Liban.

Insistons là-dessus : le compte-rendu officiel donnait l’impression d’une situation parfaitement maîtrisée (drone suivi par moyens électroniques dès son lancement, puis interception et destruction parfaitement assurées). Il n’empêche que l’hélicoptère qui transportait le Premier ministre Netanyahou en visite dans la région de la zone frontière avec le Liban avait du se poser d’urgence, sans doute pour éviter un incident, comme par exemple une fausse manœuvre d’un F-16, durant l’interception. (Le Guardian : «Netanyahou a été informé de l’incident alors qu’il se rendait en avion dans le nord d’Israël pour participer à un évènement culturel organisé par la minorité druze du pays. Selon des officiels, son hélicoptère s’est posé pendant le court laps de temps où le drone a été intercepté avant de reprendre sa route»). Bien que présentée selon la forme officielle habituelle, forme extrêmement lisse et stérilisée, cette circonstance pouvait tout de même contredire quelque peu l’impression de contrôle de la situation que les autorités israéliennes voulaient donner.

Un compte-rendu publié par Daoud Rammal, dans le quotidien libanais As Safir le 8 mai 2013, donne une toute autre version. (As Safir est un quotidien indépendant de gauche en général très bien informé et qui échappe aux influences des groupes de pression habituels de la région.) Une référence est faite à une intervention télévisée toute récente de Nasrallah, le chef du Hezbollah, tandis que l’article cite des sources pour préciser les circonstances de l’incident. Il s’agirait d’un drone israélien entré dans l’espace aérien libanais et dont le contrôle électronique aurait été pris par le Hezbollah. Le drone aurait ainsi été “retourné” (comme l’on dit d’un agent ennemi dans le langage du renseignement) et redirigé vers l’espace aérien israélien. Cette trajectoire inattendue en même temps que la perte de contrôle (et de contact) du drone auraient semé la panique chez les Israéliens qui durent monter en toute hâte une mission d’interception et de destruction de ce qui s’avéra être leur propre drone. Les sources citées indiquent qu’il s’agit d’une “riposte” similaire à la destruction d’un F-4 turc en juin 2012 (voir le 25 juin 2012). Selon ces sources, le F-4 avait été abattu en “riposte” à la défection d’un MiG syrien en Jordanie, par des batteries installées en territoire syrien mais contrôlées par des Russes. Cette fois, l’interception et la prise sous contrôle du drone israélien suivraient de quelque jours, – “riposte” là aussi, – la découverte d’un site d’implantation d’espionnage israélien de la base russe de Tartus, en Syrie… Voici la citation extraite du texte de As Safir.

«La dernière déclaration du Secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, à propos du drone qu’Israël aurait détruit en vol près de Haifa, a épaissi le mystère qui entoure ce drone pour cette simple raison: « Ce n’est pas le Hezbollah qui a envoyé ce drone et cela l’ennemi le sait très bien.

»La déclaration de Nasrallah à propos du drone a pour but d’accroître la tension et l’inquiétude dans les cercles politiques et militaires israéliens à qui il revient de révéler la vérité sur ce drone au public. Selon une source bien informée : »Quand un pilote syrien a déserté en emmenant avec lui un MiG russe en Jordanie, quatre jours plus tard, en manière de riposte, un avion turc fabriqué aux États-Unis a été abattu au dessus des côtes syriennes. Il s’est avéré plus tard que c’étaient les forces de défense russes qui l’avaient abattu. » La source a ajouté que moins d’une semaine après la découverte de modernes équipements d’espionnage israéliens à Tartus, « le drone inconnu a été abattu au dessus de Haïfa en riposte.”

»La source précise aussi que « selon des canaux diplomates occidentaux, le drone qui a été abattu est en fait un drone israélien qui se dirigeait vers le Liban. Mais il semble que les experts de la Résistance ont réussi à l’intercepter et à le contrôler. Ils auraient pu l’abattre au Liban. Mais le Hezbollah ne veut sans doute pas fournir un prétexte à Israël pour attaquer le Liban. Il l’a donc renvoyé en Israël et cela a causé une grande confusion dans l’armée israélienne et les services de sécurité qui ont décidé d’abattre le drone.” […]

»Selon la source, les Étasuniens et les Israéliens ont été très étonnés de ce que « en dépit de la haute technicité de leurs services de renseignement, ils n’aient pas réussi à localiser les équipements que le Hezbollah avaient acheminés dans les villes habitées par des Libanais en Syrie […] Le Hezbollah est capable de mener une guerre classique de haut niveau technique, tout en étant capable de mener une guérilla très efficace.” La source a ajouté que “tout ce qu’Israël peut faire c’et de dire la vérité au sujet du drone de reconnaissance d’autant plus qu’il est clair que le Hezbollah n’y est pour rien”»

… On peut observer que cette version de l’incident rencontre effectivement certaines des conditions “visibles” de l’interception et de la destruction du drone par Israël, notamment ce qui semble être l’effet de surprise (atterrissage d’urgence de l’hélicoptère transportant Netanyahou) contredisant la version officielle du contrôle de la situation. Elle corrobore d’autre part de nombreuses indications sur les capacités du Hezbollah, autant qu’indirectement celles de l’Iran. (L’Iran a effectué différentes opérations de prises de contrôle de drones hostiles, dont la plus fameuse est évidemment celle du drone RQ-170, un engin US, en décembre 2011 [voir notamment le 7 décembre 2011].) Cette version renforce également les appréciations, venues de sources proche du Hezbollah, concernant les opérations d’attaque en Syrie menée par les Israéliens il y a une dizaine de jours. (Selon Al Monitor du 5 mai 2013 : «Israël n’a pas commenté officiellement l’incident mais son but serait, semble-t-il, d’empêcher les armes de passer au Liban; que pense le Hezbollah de tout ça? Selon une source proche de cette organisation : « Israël bluffe, c’est comme pour l’attaque de janvier, le Hezbollah avait réussi à faire passer des armes très efficace au Liban et Israël l’a découvert trop tard, pendant des jours et des jours les avions israéliens ont sillonné le ciel libanais à basse altitude pour essayer de les localiser et, quand il se sont rendus compte qu’ils avaient échoué, ils ont attaqué.”»)

Enfin, l’ensemble des informations contenues dans l’article laisse une forte impression de coordination opérationnelle active entre le Hezbollah, la Syrie et l’Iran bien sûr, mais également avec la Russie. On voit renforcée l’idée de plus en plus substantivée selon laquelle la crise syrienne a suscité un véritable “front” anti-bloc BAO, avec notamment un retour de la Russie dans la région. On voit aussi décrite la tactique de “communication” de ce “front”, qui est de passer des “messages” aux Israéliens, sous forme de “ripostes” calculées, pour les informer aussi bien de l’absence d’impunité pour leurs interventions que de l’état réel des capacités de leurs adversaires.

L’on comprend par ailleurs que, du point de vue d’Israël, le Hezbollah constitue plus que jamais une terrible menace, avec notamment ce “mixage” inédit de capacités de mener une guerre de guérilla très classique et d’un “primitivisme” très étudié, et de capacités de très hautes technologies opérationnelles. Cette combinaison existait déjà à l’été 2006, lorsque le Hezbollah infligea à l’armée israélienne sa plus humiliante défaite. (Dès cette époque, – et l’idée est plus que jamais actuelle, – on pouvait présenter le Hezbollah, par la variété des moyens employés, par sa capacité tactique d’adaptation, par sa légitimité également, comme un virtuose de la “guerre de quatrième génération” [voir notamment le 30 juillet 2006 et le 16 août 2006]. Effectivement, le “mixage” de moyens de types de conflits très différents, en intensité et en capacités opérationnelles, avec aussi le mélange des domaines abordés et un usage constant de la communication, représente la formule la plus riche et la plus novatrice de la G4G.)

Pour consulter l’original: suivre ce lien.

Traduction des parties en Anglais: Dominique Muselet