Archives du mot-clé NSA

Angela Merkel esquisse l’Internet européen


Angela Merkel n’a donc toujours pas digéré l’espionnage de son téléphone portable par la National Security Agency (NSA). En visite à Paris mercredi dans le cadre du 16e conseil des ministres franco-allemand, la chancelière allemande a levé un coin du voile sur ses propositions de bâtir un Internet européen. Un ouvrage qu’elle entend mener de front avec le président François Hollande. Il vise sans détour à extirper les Européens de l’hégémonie américaine sur le réseau. Du moins sur le papier. Car, en pratique, le projet semble très utopique autant sur le plan politique que sur celui des infra­structures. Lire la suite Angela Merkel esquisse l’Internet européen

Six innovations technologiques anti-NSA qui pourraient bien changer le monde


Le QG de la NSA à Fort Meade, dans le Maryland (USA) – Photo Saul Loeb/AFP/Getty Images
Le QG de la NSA à Fort Meade, dans le Maryland (USA) – Photo Saul Loeb/AFP/Getty Images

Par S.C.G.

Plutôt que de ramper et de supplier le gouvernement US de respecter notre vie privée, ces innovateurs ont pris le problème à bras le corps, et leur travail pourrait bien complètement changer la donne.

Les gens avaient l’habitude de penser que le gouvernement des États-Unis était retenu par la Constitution, qui interdit des recherches et des saisies déraisonnables et qui requiert le respect des procédures lors des enquêtes criminelles, mais de telles illusions se sont évaporées ces dernières années. Il s’avère que la NSA se considère au-dessus des lois à tous les égards et se sent en droit d’espionner n’importe qui, n’importe où sur la planète sans mandat, et sans réelle supervision. Lire la suite Six innovations technologiques anti-NSA qui pourraient bien changer le monde

Edward Snowden et la théorie des dominos


Domino-Chain-ReactionEst-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé. Lire la suite Edward Snowden et la théorie des dominos

Big Brother existe… et tout le monde se fout de la menace : les raisons de notre étrange anesthésie collective


La NSA serait en train de construire un "super-ordinateur" capable de briser n'importe quel code Crédit REUTERS/Heinz-Peter Bad Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/big-brother-existe%E2%80%A6-et-tout-monde-se-fout-menace-raisons-notre-etrange-anesthesie-collective-michel-nesterenko-thiebaut-devergra-943598.html#HB2psIEzr30RKVuP.99
La NSA serait en train de construire un « super-ordinateur » capable de briser n’importe quel code Crédit REUTERS/Heinz-Peter Bad
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/big-brother-existe%E2%80%A6-et-tout-monde-se-fout-menace-raisons-notre-etrange-anesthesie-collective-michel-nesterenko-thiebaut-devergra-943598.html#HB2psIEzr30RKVuP.99

Alors que la construction par la NSA d’un « super-ordinateur » capable de briser n’importe quel code vient d’être révélée, les opinions publiques semblent de moins en moins se préoccuper de la protection de leur vie privée. Une indifférence qui n’est pas sans rappeler celle des masses apathiques décrites dans « 1984 » par Georges Orwell.

Atlantico : La NSA serait en train de construire un « super-ordinateur » capable de briser n’importe quel code. Comment expliquer qu’une telle affaire suscite si peu d’indignation alors que le scandale du Watergate en 1974 avait débouché sur une crise politique historique ? Lire la suite Big Brother existe… et tout le monde se fout de la menace : les raisons de notre étrange anesthésie collective

La NSA sait capturer les frappes sur un clavier sans logiciel


8711729-un-hacker-avec-masque-de-vol-a-main-tenant-un-clavier-isole-sur-fond-blancLa NSA dispose de mouchards pour capturer à distance les frappes sur les claviers, en récupérant les données à l’aide de radars.

Comment capturer les saisies de textes sur un clavier en toute discrétion, sans que le texte saisi soit envoyé sur Internet et sans avoir à récupérer les données sur une mémoire physique ? Parmi les documents secrets révélés Der Spiegel, qui forment un catalogue des moyens mis à disposition des agents de la NSA, figure un mouchard particulièrement original, baptisé SURLYSPAWN. Lire la suite La NSA sait capturer les frappes sur un clavier sans logiciel

NSA collecte des données à partir de câbles sous-marins


Ce complexe de la NSA à San Antonio, Texas, situé dans une ancienne usine de puces électroniques Sony, est un des bureaux centraux des Tailored Access Operations  de l'agence de renseignements, la meilleure unité opérationnelle de la NSA. C’est quelque chose comme une escouade de plombiers qui peuvent être appelés quand l'approche normale  d’une cible est bloquée.
Ce complexe de la NSA à San Antonio, Texas, situé dans une ancienne usine de puces électroniques Sony, est un des bureaux centraux des Tailored Access Operations de l’agence de renseignements, la meilleure unité opérationnelle de la NSA. C’est quelque chose comme une escouade de plombiers qui peuvent être appelés quand l’approche normale d’une cible est bloquée.

La US National Security Agency (NSA) a recueilli des données sensibles sur les câbles sous-marins de télécommunications à fibres optiques reliant l’Europe à l’Afrique du Nord et l’Asie. Lire la suite NSA collecte des données à partir de câbles sous-marins

Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie


SNOWDENPar Barton Gellman

MOSCOU – La voix familière au bout du fil, à l’hôtel, est allée droit au but. « Quelle heure dit votre montre, exactement? » demanda-t-il. Il vérifia l’heure avec la sienne et décrivit un lieu de rencontre. « Je vous vois là-bas, » dit-il. Lire la suite Edward Snowden, après des mois de révélations sur la NSA, dit que sa mission est accomplie

Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique


3464325_3_c08a_l-attaque-chimique-a-la-ghouta-constitue-le_f245354428a128cdcf60f6b23678eb9bNouvel accès de « conspirationnisme » ou scoop retentissant ? L’article de Seymour Hersh, vétéran du journalisme d’investigation américain, publié dimanche 8 décembre par la London Review of Books tend à réécrire l’histoire, déjà passablement énigmatique, de l’intervention américaine avortée en Syrie. Le journaliste qui, en 2004, avait contribué à révéler le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, accuse l’administration Obama d’avoir manipulé les informations concernant l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la Ghouta, près de Damas, pour justifier des frappes militaires contre le régime Assad. Lire la suite Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique

Anonymous prépare un système d’exploitation anti-NSA


topelement3-635x375Alors qu’un hacker d’Anonymous a récemment été condamné à 10 ans de prison pour avoir diffusé des informations sensibles à Wikileaks, le collectif travaillerait à un système d’exploitation sécurisé et open source pour protéger les utilisateurs face à la NSA. Lire la suite Anonymous prépare un système d’exploitation anti-NSA

NSA: le gouvernement français aurait passé un accord secret


Five-eyesSelon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, un accord secret de collaboration sur la surveillance du nom de code « Lustre » aurait été signé par la France avec les Etats-Unis et quatre autres puissances.

La « Five eyes alliance »: la France participerait au système Echelon anglo-saxon constitué de cinq nations.

TV5 Monde, 27.10.2013, Par Pascal Hérard

De nouveaux documents d’Edward Snowden démontreraient, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, que la France serait engagée dans une vaste collaboration de surveillance, du nom de code « Lustre », avec ceux que l’on nomme les « Five Eyes », acteurs du programme d’écoutes planétaire Echelon: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle Zélande.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA dans l’émission « Internationales » de TV5Monde ce 27 octobre 2013 a déclaré qu’elle « espère bien qu’on se défend, qu’on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres« , puis expliqué qu’ »un grand pays comme la France doit aussi avoir un outil », et de conclure: « on n’est pas dépourvus en la matière ».

nicole-bricq-au-sujet-de-la-nsaVidéo TV5: [Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA]

Discours contradictoires?

Madame Bricq condamne les écoutes illégales entre partenaires alliés, mais estime logique et normal que de l’espionnage s’opère en matière d’intelligence économique. La ministre admet que la France est en pointe dans ces pratiques: les révélations du Süddeutsche Zeitung semblent démontrer, si elles se révèlent exactes, que la France est en plus un acteur privilégié de la surveillance mondiale et qui collabore avec ceux-là même qu’elle dénonce du bout des lèvres aujourd’hui, les Etats-Unis. Ce qui pourrait expliquer la prudence du chef de l’Etat français pour condamner trop fermement les pratiques de la NSA. Et confirmerait une thèse de Bernard Huygues qui déclarait sur le site de TV5Monde il y a quelques jours: « on peut aussi penser que si la France s’énervait trop fortement pour ensuite être prise la main dans le pot de confiture avec des révélations sur ses propres systèmes de surveillances illégaux, ce serait très ennuyeux… »

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Etats-Unis-2013/p-26618-NSA-le-gouvernement-francais-aurait-passe-un-accord-secret.htm

14 conseils pour échapper à Prism, l’oeil de la NSA sur les internautes du monde entier


On peut s’inquiéter des révélations sur la surveillance opérée par les grandes oreilles du NSA sur internet. Mais on peut aussi se protéger contre cette indiscrétion illégale.

5932813-comment-eviter-que-prism-revele-ce-que-vous-faites-sur-internetChangez de navigateur

Chrome (Google), Safari (Apple) ou Internet Explorer (Microsoft) sont à proscrire. Les informations de navigation collectées par ces navigateurs sont susceptibles d’être transmises à la NSA. A la place, il vaut mieux installer Firefox (un logiciel libre édité par la fondation Mozilla) ou Opera.

Choisissez un moteur de recherche « confidentiel »

Google, Bing ou Yahoo ne sont pas sûrs. Ils peuvent envoyer votre IP et votre historique de navigation aux services américains. Ixquick et Startpage donnent exactement les mêmes résultats de recherche que Google mais n’envoient pas l’adresse IP de l’utilisateur. Ils ont été élu « moteur de recherche le plus confidentiel au monde » par la commission européenne. Et en plus, ils sont sans pub !

Surveillez vos courriels

Les messageries des grandes compagnies américaines sont à éviter. Il existe une foule d’autres messageries tout aussi efficaces comme La Poste.net, Voila.fr, GMX, voire celle du fournisseur d’accès internet ou encore celles des chaînes de télé ou de la grande distribution.

Chiffrez les documents les plus importants

Plus facile à dire qu’à faire quand il s’agit des mails ! Mais c’est encore la meilleure des protections. Le chiffrage des documents peut se faire assez simplement avec un logiciel gratuit comme TrueCrypt. Pour les courriels on peut utiliser GnuPG ou encore PGP. De nombreux autres logiciels sont disponibles sur le net.

Chattez « off the record »

On peut encore chatter en toute confidentialité même sur Google, AOL, Yahoo ou Microsoft. Il suffit d’utiliser OTR (Off the record), un petit logiciel qui chiffre les conversations. La NSA possède peut-être les moyens de craquer OTR mais le temps requis pour y parvenir dépasserait très largement le temps de la conversation.

Méfiez-vous des réseaux sociaux

Tout, ou presque, a déjà été dit sur les risques inhérents aux réseaux sociaux. Mais franchement, ce n’est pas la NSA qui est la plus à craindre sur les réseaux… Précisons que pour l’instant, Twitter ne fait pas partie des compagnies citées par le Washington Post comme collaborant avec les autorités américaines.

Utilisez moins votre Smartphone

C’est un choix cornélien: se passer de smartphone ou prendre le risque d’être écouté. Inutile de se raconter des histoires, les smartphones sont difficiles à protéger. Trois systèmes d’exploitation se partagent le marché : Android, iOS, et Windows Phone. Ils appartiennent respectivement à Google, Apple et Microsoft. Il va donc falloir attendre la sortie en France de Firefox OS pour disposer d’un système d’exploitation moins risqué.

Source: Le Monde

Et quelques autres petits conseils au passage:

Il est possible de se protéger (avec les bonnes applications)

Nous ne savons pas exactement comment la NSA parvient à contourner les systèmes de cryptage des navigateurs et des téléphones mobiles. Une chose est claire : elle ne peut pas encore briser les cryptages puissants. Il faut donc employer la ruse.

Nous répétons donc ce que nous avions déjà exposé dans notre article spécial 10 apps pour protéger votre vie privée : il existe toute une série d’utilitaires qui, s’ils sont bien utilisés, améliorent votre sécurité et la protection de votre vie privée, sans devoir faire aucune concession.

Navigation sécurisée

  • Tor, le réseau de navigation anonyme, a été l’objet d’attaques, mais il est toujours plus sûr de l’utiliser si vous souhaitez rester anonyme.
  • Il existe des navigateurs mieux sécurisés. Epic Browser, par exemple, fonctionne uniquement en mode incognito, et dispose d’un proxy pour rendre la connexion anonyme.

Mails et messagerie

  • En ce qui concernant les emails, des solutions comme GnuPG ou PGP sont très valables. D’autres options ? HushMail ou CounterMail
  • Certaines applications mobiles permettent de chatter en toute discrétion, soit en supprimant les messages, soit en utilisant des données chiffrées (ou les deux).

Antivirus et système d’exploitation

Article complet sur articles.softonic.fr

http://lesmoutonsenrages.fr/2013/10/30/14-conseils-pour-echapper-a-prism-loeil-de-la-nsa-sur-les-internautes-du-monde-entier/

Sommes-nous encore libres ?


Tribune libre Résistance

stasi3J’ai écrit cet article pour Résistance depuis mon ordinateur, puis l’ai mis en ligne sur le site. Un certain nombre de webmestres l’ont également reçu et peut-être ont-ils fait la même chose que moi. Nos lecteurs respectifs ont pu lire cet article le lendemain. Quelqu’un cependant l’a lu avant eux, ou était tout du moins en mesure de le faire. Ce n’était pas ni un membre de Résistance, ni les webmestres qui en ont été destinataires. Je ne connais pas ce quelqu’un. Il ne vit certainement pas en Franc. Il opère loin d’ici, au-delà de l’océan… Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas recherché et je paie mes impôts. Bref, je suis un citoyen lambda. Mais ce quelqu’un sait tout de moi. Il sait à qui je téléphone parce qu’il a accès à mes données sur mon smartphone. Il sait à qui j’écris et surtout ce que j’écris, car il est capable de surveiller tous mes mouvements sur Internet. Il prend note de mes achats en ligne, consigne tout et scrute mes mouvements sur mon compte bancaire de telle sorte qu’il sait ce que je gagne. Mon patrimoine n’a aucun secret pour lui.

L’utilisation de Facebook lui facilite grandement la tâche. Parce que l’internaute met sa vie à nu sur le plus grand réseau social du monde. Il nous renseigne sur son cercle d’amis, publie des photos amusantes, insolites, et parfois intimes, sans se rendre compte qu’un jour, tout ceci pourrait un jour se retourner contre lui. Il ne se doute pas que ce qui est posté sur Facebook ne peut être supprimé, même lorsque ses contacts ou le quidam n’y ont pas accès. Toutes ses informations restent gravées dans une énorme mémoire, suspendues en quelque sorte sur un nuage virtuel qu’il ne peut atteindre. Il perd ainsi le contrôle de son passé et du présent.

Certains se remémoreront immanquablement la Vie des autres, film dans lequel la Stasi surveillait dans le Berlin des années quatre-vingt les intellectuels soupçonnés de critiquer le régime d’Erich Honecker. Le parallèle avec l’URSS, la Chine et tous les pays supposés autoritaires ou dictatoriaux sera rapidement fait. On leur oppose notre culture démocratique et la liberté. Les lois sont d’ailleurs censées nous préserver de toute intrusion. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ne proclame-t-il pas le droit de toute personne au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance » ?

Les révélations faites par l’ancien employé de la CIA et de la NSA Edward Snowden sont pourtant inquiétantes. Microsoft, Google, Apple, Yahoo, BlackBerry, Facebook, etc., collaborent, de leur plein gré ou sous la contrainte, avec la National Security Agency (NSA), la super agence des services secrets étasuniens, lui octroyant un accès privilégié à leurs données. Un peu comme si un étranger avait accès à une porte secrète de votre maison sans que vous n’en déteniez les clefs…

Aujourd’hui, un agent secret n’aurait plus besoin d’allumer mon ordinateur et de télécharger mon disque dur. Le processus est en grande partie automatique. De temps à autre et à mon insu, mes données peuvent être collectées et transmises je ne sais où. Ce qui est remarquable, c’est que tout cela se produit dans les pays qui ne sont apparemment pas totalitaires. Ces derniers se revendiquent au contraire tous de la démocratie. Pourtant, ces faits s’inscrivent dans un processus aux conséquences potentiellement désastreuses.

Le 11 Septembre en a été l’acte fondateur. Capitalisant sur le choc provoqué par les attentats dans les opinions internationales, la lutte contre le terrorisme a permis de justifier la plupart des actions menées par les États-Unis. Les menaces terroristes qu’on brandit à dessein permettent de renforcer les structures de contrôle de la population. Nous ne savons pas aujourd’hui ce que la NSA, le FBI ou  la CIA ont pu faire de nos informations personnelles, ce qui, dans un État de droit, relève de l’inconcevable. Les conséquences de ce paradoxe sont colossales. Notre intimité est désormais mise à nu et partagée par autrui sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Plus personne ne pourra désormais se sentir totalement en sécurité. Sommes-nous tout simplement encore libres ?

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-sommes-nous-encore-libres-120836680.html

Devoir de mémoire – Espionnage – NSA – Snowden : Les positions de Valls , Fabius et 김정숙


7762291652_fleur-pellerin-un-systeme-mis-en-place-par-le-precedent-pouvoirA l’heure ou les ministres du gouvernement Français surjouent dans la course à l’indignation face aux  » révélations  » sur l’espionnage contre la France pratiqué par la NSA  il est bon de rappeller leurs positions au moment ou Edward Snowden s’est enfui des Etats-Unis.

Manuel Carlos Valls :

1-  » La France n’a pas reçu de demande d’asile de la part d’Edward Snowden et si c’était le cas je n’y serais pas favorable«   » Obama a dit qu’il donnerait des explications. Je les ai demandées et nous avons besoin de ces explications. Il faut être prudent. S’il y avait des caméras à l’ambassade de France à Washington ce serait très grave. Nous n’avons pas besoin d’espionner des pays amis. Si les Etats-Unis nous espionnent ce serait grave, il faudrait qu’il cesse « . [ lien ]

2- Dans une entrevue à The Heritage lors d’une visite aux Etats-Unis Manuel Carlos Valls s’est montré admiratif du système mis en place par la NSA et a souhaité la mise en place d’un dispositif législatif comparable au Patriot Act aux Etats-Unis.

he sounded kind of envious of the agency. Rather than being severely critical of U.S. intelligence operations, he said he wished France had more capabilities like the United States—both in terms of the ability to intercept critical terrorist communications and to protect individual privacy through parliamentary and judicial oversight.  [ lien vers article ]

Nota : Un de mes amis vient de trouver le surnom de  » serpillère de fer  » pour Manuel Carlos Valls. Je le trouve particulièrement adapté !

Laurent Fabius-Mortimer   :  

Ce sont les services du MAE Français qui ont refusé le survol du territoire Français par l’avion du Président Bolivien Evo Morales en raison d’un soupçon sur la présence éventuelle d’Edward Snowden à bord . [ lien vers article ]

Kim Jong-suk 김정숙 

김정숙  a confirmé que la France a bien reçu une demande d’asile de la part d’Edward Snowden tout comme Reshat Dibrani et sa smala . [ lien ]

Sur le principe de l’espionnage liui-même , 김정숙 a déclaré :

« Il faut distinguer deux choses: il y a l’affaire d’espionnage de l’Union européenne et des postes diplomatiques et ça, ce n’est pas vraiment la première fois que ça arrive dans l’Histoire. Même si ce n’est pas vraiment un acte amical de la part d’une puissance amie, ce n’est pas une nouveauté »  « Nous avons toujours considéré qu’internet était un bien commun, un cheval de Troie – regardez les Printemps arabes – de la liberté d’expression et aujourd’hui on voit que certains pays, qui sont des pays qui défendent la liberté d’expression, la liberté d’opinion, sont peut-être des utilisateurs à des fins, au contraire, de surveillance généralisée. C’est ce qui est très choquant, si c’est prouvé. Ne nous précipitons pas, attendons les explications des Américains »  [ lien ]

http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-devoir-de-memoire-espionnage-nsa-snowden-les-positions-de-valls-fabius-et-120747409.html

Hollande et Merkel tentent d’éteindre l’incendie du scandale NSA


7prism123a123_10François Hollande et Angela Merkel ont tenté vendredi de désamorcer la crise provoquée par les accusations d’espionnage des services américains en Europe en proposant de bâtir une nouvelle relation de confiance avec les Etats-Unis.

L’initiative franco-allemande vise à définir d’ici à la fin de l’année un code de bonne conduite et de coopération entre les services de renseignement américains et ceux des pays européens qui rejoindront cette démarche.

« Connaître le passé, fixer un cadre de relations pour l’avenir et en terminer avec les mécanismes de surveillance qui ne sont pas maîtrisés », a résumé lors d’une conférence de presse le président français.

Cette initiative intervient au moment où la multiplication des accusations visant la National Security Agency (NSA), y compris sur le téléphone portable d’Angela Merkel selon les autorités allemandes, tournent à la crise diplomatique.

Cette nouvelle ère de coopération sera mise à l’épreuve dès lundi avec la visite d’une délégation d’élus du Parlement européen à Washington pour recueillir des éclaircissements sur les allégations d’espionnage.

Les dirigeants de l’Union européenne s’étaient relayés jeudi durant la première journée du sommet pour condamner les pratiques de leur allié américain.

Ils ont voulu adopter un ton plus apaisé vendredi.

« La chose essentielle que nous avons approuvée, c’est de regarder vers l’avenir et d’essayer d’éviter ce genre de situation dans le futur », a déclaré l’actuelle présidente du Conseil des ministres, la Lituanienne Dalia Grybauskaite.

« RÉSOUDRE LES PROBLÈMES »

Si le Conseil européen n’a officiellement que « pris note » de l’initiative franco-allemande, certains dirigeants, comme le Premier ministre belge Elio Di Rupo, ont dit qu’ils participeraient au dialogue avec les Etats-Unis.

« Il ne s’agit pas de créer plus de problèmes qu’il n’en existe mais de résoudre les problèmes », a expliqué le dirigeant socialiste interrogé sur la position des défenseurs d’une ligne plus dure envers le gouvernement américain.

« Il ne s’agit pas de faire monter la pression inutilement », a-t-il déclaré face à ceux qui protestent contre la présumée timidité de l’Union européenne.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, est quant à lui partisan d' »une pause » dans les négociations sur un accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis en cas d’espionnage avéré.

D’autres parlementaires européens ont jugé vendredi l’initiative franco-allemande insuffisante et pourraient faire remonter la tension à la faveur de nouvelles révélations.

François Hollande a prévenu que le filon était loin d’être épuisé au vu de la masse de documents en possession de l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

La France, a-t-il dit, a ainsi « plusieurs pistes » pour les responsables de l’attaque informatique qui a visé l’Elysée en mai 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Le Monde a publié vendredi un document émanant de la NSA qui fixe les grandes lignes de ce que l’agence devait dire aux deux hauts responsables français qui lui ont rendu visite le 12 avril dernier pour lui demander des explications.

Ce document dit que la France soupçonne la NSA d’être responsable de l’attaque, ce que l’agence réfute.

Mais les Etats-Unis ont « volontairement évité de demander » aux services israéliens s’ils étaient mêlés à cet épisode d’espionnage, poursuit le document, introduisant un doute sur l’éventuelle responsabilité d’Israël.

« Le Monde évoque à partir des documents qui sont à sa disposition plusieurs pistes », a dit vendredi François Hollande. « Nous aussi, nous avons plusieurs pistes. »

par Julien Ponthus

Avec Charlie Dunmore, édité par Yves Clarisse

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE99O06T20131025?sp=true

Avec des amis américains, la France n’a pas besoin d’ennemis!!


FrenchAncien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet* décrypte pour Le Figaro les pratiques d’espionnage de l’Agencenationale de la sécurité américaine (NSA) à travers le monde.

Êtes-vous surpris par l’envergure quasi industrielle de l’espionnage effectué par la NSA?

Alain JUILLET– Même si les responsables politiques ont toujours eu du mal à croire que nos alliés puissent se livrer à de telles pratiques, les
experts de la sécurité et du renseignement savent depuis longtemps que les Américains écoutent qui ils veulent. La seule grande surprise, c’est l’ampleur colossale du pillage mis au jour même si les récentes protestations d’Angela Merkel après des espionnages similaires en Allemagne ou celles de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui a même annulé un voyage aux États-Unis, en disent long sur l’échelle planétaire des interceptions.

Qui est visé?
Tous ceux qui peuvent représenter une menace, voire une simple concurrence. Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, qui ne constitue qu’une petite partie de leur activité, nos «amis» américains peuvent aussi écouter des politiques travaillant au siège de l’OCDE, de la communauté européenne à Bruxelles mais aussi à l’Élysée ou Matignon.

Les morceaux de choix restent toutefois les entreprises stratégiques liées en particulier à la Défense, au spatial, à l’aéronautique mais aussi à la
pharmacie et au pétrole. En général, les systèmes de protection des réseaux bloquent les attaques classiques, mais celles dont on soupçonne la NSAsont ultra-perfectionnées, facilitées par l’aide active des sociétés US telles que Facebook ou Microsoft. Il est toujours plus facile de visiter un
appartement quand on dispose de plans…

Plus de 70 millions de données captées en un mois… Comment trier puis traiter les informations intéressantes?

C’est à la fois simple et vertigineux: la masse des données interceptées est stockée dans la mémoire monstrueuse de serveurs «big data». Ensuite, des logiciels en balaient le contenu grâce à des mots clefs, des numéros de téléphone et des adresses mails considérées comme suspectes ou intéressantes. Des analystes à leur tour font de précieuses synthèses sur telle ou telle stratégie entrepreneuriale. Il y a quinze ans déjà, la compagnie Raytheon, spécialisée dans les systèmes électroniques, avait ainsi raflé le marché de l’équipement en réseau du bassin amazonien à la surprise générale alors que le français Thompson était favori en termes de prix et de produits. Les US avaient branché leur système d’écoute «Échelon» pour piéger les conversations entre les négociateurs au Brésil et la maison mère à Paris. À ce jeu trouble, un récent rapport de la société Mandiant montre que seuls les Chinois disposent d’un savoir-faire un peu analogue. Comment réagir face à cette menace?

En faisant preuve de moins de naïveté dans ce monde ultra-concurrentiel. Trop de nos cadres dirigeants envoient encore depuis leurs ordinateurs non sécurisés des mails sensibles sans imaginer qu’ils sont lus à distance. Et il a fallu attendre le mois dernier pour que les services du premier
ministre adressent une circulaire aux directeurs de cabinet de ministères régaliens pour que les hauts fonctionnaires utilisent des téléphones portables chiffrés pour crypter les conversations confidentielles. Cette mesure a été déclenchée en plein scandale de l’affaire Prism révélée par Edward Snowden. Sans lui, personne n’aurait jamais su officiellement.

Aujourd’hui, il est temps de changer en profondeur nos habitudes et d’adapter notre cadre légal à la hauteur des enjeux. Par exemple, que peut faire le législateur face aux États-Unis qui écoutent même les journalistes? Pour  l’instant, hélas, pas grand-chose.

* Ancien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet
préside le Club des directeurs de sécurité des entreprises et l’Académie de
l’intelligence économique.

http://french.irib.ir/info/international/item/279851-avec-des-amis-am%C3%A9ricains,-la-france-n-a-pas-besoin-d-ennemis

Vers le «Shutdown» global malgré «Iron Man»


Tribune libre Byblos

fond-de-ecran-iron-man-15Après quelques jours d’un psychodrame au suspense assez artificiel, les Etats-Unis ont évité comme prévu le défaut de paiement au terme d’une énième crise dite du «Shutdown». La planche à billets va pouvoir fumer de plus belle. La pègre financière a poussé un ouf de soulagement; la planète économique s’est épongé le front et les commentateurs-Système n’en finissent plus de nous expliquer combien nous sommes passés «à ça» de la «déflagration mondiale», mais que rien n’est joué et que les batailles budgétaires vont continuer et bla bla bla bla. La bouillie pour les chats habituelle donc, ou comment s’échiner à décrire une métastase sans voir le cancer généralisé qu’elle révèle. Ce non-évènement n’aura en fait été qu’un simple palier de compression supplémentaire sur la route du Shutdown global vers lequel s’achemine inéluctablement l’Etat faussaire étasunien. Même l’«Iron man» rêvé du Pentagone n’y pourra rien changer.

Un verdict sans appel

La phase terminale de l’effondrement US a connu une accélération remarquable en 2013.
En révélant que Washington traitait ses «alliés» avec les mêmes égards que ses ennemis, l’affaire Snowden a ainsi fait éclater une crise à têtes multiples qui n’en finit plus de disséminer ses bombinettes dans les conclaves internationaux.
Parallèlement, l’affaire de la vraie-fausse attaque chimique syrienne a ensuite sonné le glas de la politique US dans la région en provoquant un fiasco tel, qu’il a contraint la Maison-Blanche à rengainer ses flingues et à reprendre langue avec l’ennemi juré iranien.
Enfin, le psychodrame automnal du «shutdown» est venu confirmer l’extrême fragilité d’un gouvernement US menaçant d’éclater à tout instant sous la pression de forces centrifuges de plus en plus puissantes, de plus en plus extrêmes.
Le verdict est sans appel : la légitimité morale de l’Empire est ruinée ; sa crédibilité en tant qu’hyper-puissance ne l’est pas moins ; et sa soi-disant monnaie de référence est apparue pour ce qu’elle est : une monnaie de singe à laquelle plus personne ne croit vraiment.
Bravo l’artiste.

Tous les ingrédients d’un blockbuster

A ce stade, ouvrons une petite parenthèse pour reconnaître que l’effondrement US réunit tous les ingrédients d’un blockbuster hollywoodien, un tantinet décalé toutefois (on verrait bien les frères Cohen, Tim Burton ou Terry Guilliam aux commandes).
En résumé, nous avons donc d’ubuesques opérations top-secrètes d’espionnages qui finissent dans la presse-people ; une NSA qui ment comme un arracheur de dents pour faire croire à l’utilité de cet espionnage planétaire (un ou deux attentats identifiés en tout au lieu des 50 annoncés) ; de fantastiques projets de guerres qui partent en sucette avant d’avoir commencé avec un risque majeur de paix à la clé (l’exact opposé donc de ce qui était prévu); un Président Prix Nobel de la paix accroc aux assassinats par drones interposés et qui ne gouverne plus aujourd’hui que dans la peur d’être assassiné lui-même et, enfin, dans l’affaire du shutdown, des seconds rôles pleins de reliefs comme cette démocrate du Texas proposant l’instauration de la loi martiale comme solution.
Et au beau milieu de ce merdier, last but not least, le Pentagone himself, insouciant comme un bambin halluciné jouant avec sa caisse de grenades, nous annonce joyeusement qu’il va réaliser «l’armure d’Iron man» pour ses «supers-soldats du futur».
Du lourd on vous dit, pour un blockbuster, voire un péplum, avec un final digne de «Pompéi» cela va sans dire.

Un effondrement nécessaire

Tout cela prêterait à rire si les soubresauts du presque cadavre impérial ne provoquaient encore, comme en Syrie, de monstrueuses hécatombes, sans compter la probabilité de voir de nouveaux spasmes provoquer de nouveaux bains de sang.
C’est que, comme nous l’avions évoqué dans une brève de juin 2012, les grandes puissances ne meurent que rarement dans leur lit, et leur agonie peut s’accompagner de terribles fracas.
En septembre dernier par exemple, lorsque l’Empire prétendait punir le régime syrien, nous sommes ainsi passés à quelques millimètres d’une conflagration dont personne n’aurait pu prédire l’ampleur tant le risque était grand de voir l’entrée en scène d’acteurs comme l’Iran et même la Russie, ou accessoirement l’Etat-voyou israélien et ses armes de destructions massives.
Aujourd’hui, l’effondrement des Etats-Unis en tant qu’hyper-puissance mondiale dirigeante est donc une nécessité.
D’abord pour en finir avec les guerres et les massacres de masses (cf. 1,5 million de morts en Irak), et mettre aussi un terme au chaos engendré par le remodelage à coups de flingue du Moyen-Orient que Washington téléguide avec ses laquais saoudiens et européens.
Ensuite, cet effondrement s’accompagnera surtout de l’éclatement de la prison-dollar avec l’espoir, enfin, de voir la chute d’un Système néolibéral dont l’Empire est la matrice, le promoteur et le gardien, et dont l’essence nihiliste impose au monde le meurtre permanent de l’environnement, l’injustice sociale et le dessèchement des âmes.
Bien sûr, l’Empire reste terriblement dangereux de par son incroyable puissance de feu et la fascination qu’il peut encore exercer sur les esprits rampants des dirigeants occidentaux par exemple.
Mais l’effondrement est inéluctable, et si l’on se fonde sur les dernières «réalisations» du Pentagone, ce n’est pas l’armure d’«Iron man» qui empêchera le Shutdown global à venir.

http://www.entrefilets.com/vers_le_shutdown_global.html#sthash.DA076ZIA.dpuf

 

NSA continuera à espionner


971103-1149494Le directeur du renseignement national, James Klepper a demandé à la Cour Fédérale de statuer sur la légitimité du NSA pour collecter des métadonnées, c’est-à-dire, continuer à espionner. A huis clos, il a été entendu. L’agence peut donc continuer à recueillir les informations qu’elle juge nécessaires sur les appels téléphoniques des Américains, selon les médias.

Sur quelle base repose cette décision de la Cour Fédérale ? Quelle qu’elle soit elle ne peut être que cynique.  On imagine aisément le directeur du renseignement invoquant la sécurité des citoyens ou la lutte contre les ennemis de l’intérieur. On sait ce qu’il en est de ces arguments. Tant qu’à être cynique, il pourrait par exemple évoquer le volet socio-économique. Après tout, ils sont payés pour espionner. Si on les empêche de faire leur boulot, c’est le chômage technique, avec toutes les répercussions  économiques et sociales qui en résulteraient.

Comme pour l’Armée. Un militaire, c’est fait pour faire la guerre. Le pays se décarcasse pour leur créer des foyers de conflit où ils peuvent de temps en temps guerroyer à loisir ; alors pourquoi ne pas faire la même chose pour les espions ?

Il pourrait également mettre en avant que le fait de les empêcher de travailler c’est donner raison à l’ennemi, Edward Snowden. Ce serait capituler, ce que les Etats-Unis ne sauraient faire.

Il existe des tas de raisons, plus cyniques les unes que les autres. Elles ont au moins le mérite d’amener les autorités américaines à changer de disque.

Avic

Le Brésil accueillera le sommet mondial de l’internet dans la lutte en cours contre la surveillance de la NSA


brazil-internet-summit-fight-nsa.siLes dirigeants brésiliens ont annoncé qu’ils prévoyaient d’organiser une conférence internationale sur la gouvernance de l’Internet l’année prochaine, une déclaration qui survient après que le pays ait fait pression sans succès pour changer les politiques de la NSA utilisées par les États-Unis pour surveiller le Brésil.

La Présidente Dilma Rousseff, après consultation avec Fadi Chehade, directeur général de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers  (ICANN), a annoncé via Twitter qu’une conférence se tiendrait en Avril.

«Nous avons décidé que le Brésil accueillera en Avril 2014 un sommet international de gouvernements, de l’industrie, de la société civile et du monde universitaire,» avait-elle twitté mercredi.

Les récentes fuites du lanceur d’alerte Edward Snowden ont révélé que le Brésil est devenu une cible privilégiée de l’Agence nationale de la sécurité depuis que le programme du renseignement américain a lancé le programme de surveillance électronique de PRISM en 2007. En plus de surveiller l’activité en ligne des citoyens brésiliens, la NSA surveillait discrètement l’activité diplomatique et le géant pétrolier sud-américain Petrobras.

Rousseff a depuis annulé une visite d’Etat prévue aux États-Unis et utilisé son discours à l’ONU pour condamner ce qu’elle considérait comme «une violation du droit international et un affront» pour l’indépendance du Brésil.

« Sans le droit à la vie privée, il n’y a pas de véritable liberté d’expression ou de liberté d’opinion, et donc il n’y a pas de démocratie réelle », a-t-elle dit, ajoutant que «sans le respect de la souveraineté [d’une nation], il n’y a pas de base pour des relations appropriées entre les nations. Ceux qui veulent un partenariat stratégique ne peuvent pas permettre à des actions récurrentes et illégales de perdurer comme si elles étaient une pratique ordinaire.  »

La question a été discutée en Amérique latine, où Rousseff a clairement fait savoir que le Brésil ne tolérera pas une telle activité. Ses propres communications personnelles avec ses collaborateurs et d’autres informations téléphoniques privées ont été interceptées, selon le quotidien O Globo.

Les commentaires de Rousseff en face de la délégation internationale à l’ONU ont été salués à l’échelle nationale et à l’étranger.

« Elle a parlé pour nous tous, ce jour-là. Elle a exprimé l’intérêt pour le monde de trouver réellement comment nous allons vivre tous ensemble dans cette nouvelle ère numérique « , a déclaré Fadi Chehade à l’Agence France-Presse. « La confiance dans l’Internet mondial a été ébranlée et maintenant il est temps de rétablir cette confiance grâce à des décideurs et des institutions qui œuvreront dans ce sens ».

L’ICANN de Chehade est une organisation à but non lucratif basée à Los Angeles, responsable de la coordination des systèmes mondiaux d’Internet, dont les adresses IP internationales, les serveurs de noms racines, et l’introduction de nouvelles méthodes de domaines, entre autres.

Traduction Avic

http://rt.com/news/brazil-internet-summit-fight-nsa-006/

L’Internet des BRICS pourrait mettre fin au Réseau contrôlé par les Etats-Unis


e1bc67e6c1378c002bb40703e309187c_articleLe bloc des BRICS est sur le point de créer un nouveau système qui garantit l’accès à Internet simple et bon marché à des millions de personnes. De cette façon, pourrait être mis fin à l’hégémonie des Etats Unis d’Amérique (EUA) sur le Réseau.

Il s’appelle BRICS Cable et se présente comme une infrastructure alternative dans un monde qui se trouve au milieu d’importants défis économiques. Car actuellement, les pays du BRICS sont connectés entre eux à travers des centres de télécommunications situés en Europe et aux Etats-Unis, ce qui implique des coûts élevés pour eux.

Il s’agit d’un système formé par des câbles de fibre optique de 34 000 kilomètres de long, avec une capacité de 12,8 terabits par seconde, qui unira la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil (c’est-à-dire, les BRICS), avec les Etats-Unis par Miami. Sa finalité sera de garantir à des millions de personnes un accès à Internet facile et bon marché.

De la même manière, il offrira un accès immédiat aux pays du bloc aux 21 pays africains et permettra que ces nations aient accès aux économies des BRICS.

Les étapes de planification et de faisabilité ont commencé en mars 2011, peu de mois après l’acceptation de l’Afrique du Sud dans le bloc économique, et on estime que le système entrera en fonctionnement à partir du deuxième semestre 2014.

« Le public en général ne connaît pas la majeure partie du plan des BRICS. Cependant, il est très réel et extrêmement efficace », affirme le site Web Planet Infowars.

En fait, signale le site Web, des investisseurs du monde entier ont déjà montré leur intérêt dans ce projet sans précédents.

Depuis qu’on sait que la NSA a intercepté les communications de Latinoaméricaines, et qu’elle a espionné le groupe pétrolier brésilien Petrobras et les citoyens qui ont confié données personnelles à des compagnies comme Facebook et Google, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a ordonné une série de mesures pour combattre l’espionnage des Etats-Unis d’Amérique. Initiatives qui s’ajouteraient à celle de cette nouvelle infrastructure.

268327c4596fe8a00921287b2dae2a21_article630bw

 

 

RT. Moscou, le 23 septembre 2013.

Traduit de l’espagnol par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo.

Ces Américains qui se rebellent contre le système sécuritaire


Tribune libre Farida Melloul.1

Deer_Trail_eyes_drone_hunting_bounties_756210000_446681_ver1.0_640_480Alors que des drones commencent à être utilisés aux Etats-Unis pour effectuer des relevés agricoles ou pour aider la police, des habitants du Colorado menacent de les abattre à coups de fusil. Ailleurs dans le pays, on écrit le 4e amendement de la Constitution sur ses sous-vêtements pour dénoncer les scanners corporels des aéroports. Tout est bon pour lutter contre le système sécuritaire.

Un poste de pilotage de drones. Photo via.
Un poste de pilotage de drones. Photo via.

« Ceux qui abandonnent les libertés fondamentales, pour préserver une sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté, ni la sécurité ».

Cette célèbre citation de Benjamin Franklin illustre, au XVIIIe siècle, un débat typiquement américain qui secoue déjà les Pères fondateurs de la nation. Près de 250 ans plus tard, d’autres Américains perpétuent cette tradition de l’opposition à un système sécuritaire en redoublant d’ingéniosité face à une société qui, depuis une dizaine d’années, mise largement sur ses services de surveillance et de renseignement.

Au cours de l’été, c’est un petit village du Colorado qui s’est illustré à la pointe de cette lutte. À Deer Trail, on souhaite proposer des permis de chasse au drone, accompagnés de récompenses allant de 25 à 100 dollars pour chaque engin sans pilote abattu. Son maire, Philip Steel, assure dans les médias nationaux refuser de « vivre dans une société sous surveillance » avec « l’impression de vivre dans une prison virtuelle ». Sa motion a été bloquée de justesse, début août, par le conseil municipal, trois voix contre trois.

Fin août, à New York, un paparazzi utilise un drone pour prendre des photos de la chanteuse Beyoncé. REUTERS/Carlo Allegri
Fin août, à New York, un paparazzi utilise un drone pour prendre des photos de la chanteuse Beyoncé.
REUTERS/Carlo Allegri

À Deer Trail, personne n’a pourtant jamais vu passer de drone. Et c’est bien normal, car la circulation de tels engins dans l’espace aérien civil n’est pour l’instant qu’un projet de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA).

Six zones test doivent permettre d’évaluer l’apport de ces appareils dans la vie quotidienne : suivi de trafic routier, relevés agricoles, mais surtout, selon les opposants, surveillance policière.

Sur le projet de permis de chasse de Philip Steel, il est précisé que l’usage est cantonné à « l’espace aérien souverain de Deer Trail » et qu’il pourrait « ne pas être reconnu par des municipalités, Etats et gouvernements tyranniques ». Le bruit médiatique a suscité un vrai enthousiasme pour le village qui espère en tirer quelques subsides touristiques, en devenant officiellement la première ville américaine à autoriser la chasse aux drones. Plusieurs centaines de personnes ont déjà demandé leur permis, en attendant un nouveau vote courant octobre.

Des perruques anti-caméras et des slips constitutionnels

Plusieurs associations et militants, à travers les Etats-Unis, multiplient les initiatives pour dénoncer la surveillance abusive des populations. Les membres de l’un des principaux mouvements nationaux, le Centre d’information sur la vie privée et l’électronique (EPIC) ont par exemple pris l’habitude d’inscrire le 4e amendement de la Constitution avec une encre métallique sur leurs sous-vêtements. Un moyen de protester contre les scanners corporels installés dans les aéroports depuis quelques années, en rappelant leur droit fondamental à ne pas subir de perquisition sans décision judiciaire.

Plus récemment, un artiste new-yorkais a lancé une gamme de vêtements et d’accessoires pour échapper à la surveillance électronique. Adam Harvey commercialise aussi bien des parkas métallisées qui bloquent les émissions thermiques pour ne pas être visible sur les caméras, que des perruques et maquillages qui neutralisent les logiciels de reconnaissance faciale.

Fin août, en plein scandale Prism, Adam Harvey finalisait une collecte pour un nouveau projet. Le Off Pocket, une housse pour téléphone mobile, permet de bloquer intégralement tous les signaux de son portable. Si l’accessoire empêche de recevoir SMS et coups de fil, il neutralise aussi la possibilité pour la NSA de suivre ou écouter son propriétaire. Le fabricant assure même que son système est plus efficace que ceux utilisés par les autorités américaines. Grâce à une collecte en ligne pour produire à grande échelle son Off Pocket, Adam Harvey a récolté quelque 56 000 dollars auprès de 668 donateurs.

Le permis de chasseur de drone
Le permis de chasseur de drone

Basculement de confiance historique dans l’opinion contre la NSA

Les révélations d’Edward Snowden sur un espionnage à grande échelle des populations par la NSA ont bouleversé l’opinion publique. Habituellement transigeante vis-à-vis de ce type de dispositifs, elle s’est montrée au cours de l’été plus sceptique que jamais envers les activités gouvernementales.

Selon un sondage mené par l’institut Pew Research, 47% des Américains se déclarent défavorables à la récolte massive de données par le gouvernement. Parmi eux, plus de la moitié se dit convaincue que ces informations ne permettent en aucun cas d’appréhender de potentiels terroristes.

En juillet, une autre étude du Pew Research révélait que, pour la première fois, le nombre d’Américains estimant que les infractions aux libertés individuelles étaient allées trop loin était passé au-dessus de ceux qui acceptaient ces mesures. Aujourd’hui, ils sont 47% à estimer que les services de renseignement ont dépassé les limites.

Un sentiment qui peine à se répercuter au sein du Congrès américain où les parlementaires siégeant dans les commissions sur le renseignement restent très favorables à la plupart des projets sécuritaires. Fin juillet, le site Wired relevait une inquiétante réalité dans les comptes de nombreux élus. Au cours du vote d’un projet d’amendement contre les écoutes téléphoniques de la NSA, ils étaient 217 contre 205 à rejeter le texte. En moyenne, ces 217 élus opposés à un meilleur contrôle de la NSA ont reçu deux fois plus de financements de la part des industries du secteur de la sécurité et de la défense que leurs adversaires…

Romain Mielcarek

http://rfi.fr

Barack Obama: vers la destitution ?


Destitution ObamaAlors qu’une intervention militaire se prépare contre la Syrie, aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger la destitution de Barack Obama.

L’affaire de Benghazi, la politique d’assassinats ciblés par drone, les écoutes de la NSA, le départ en guerre contre la Libye et demain la guerre qui s’annonce contre la Syrie, les sujets ne manquent pas pour destituer un président qui est à la dérive.

En tout cas, le sujet est sur la table comme le rappellent les mises en garde du sénateur républicain Tom Coburn de l’Oklahoma, qui ont provoqué une avalanche de commentaires dans toute la presse américaine.

Coburn, pourtant un ami d’Obama, a affirmé sans en préciser les raisons que le Barack Obama « s’approche dangereusement de la destitution » et qu’on se dirige vers une « nouvelle crise constitutionnelle »,

En guise de réponse, l’un des proches collaborateurs d’Obama, David Axelrod, a ironisé que le débat sur la destitution est devenu « une sorte de virus ayant infecté nos milieux politiques et qui doit vraiment être maîtrisé ».

Coburn, est un sénateur républicain respecté qui n’a rien d’un conservateur. Il avait signé, avec le démocrate Phil Angelides, le rapport d’enquête de la Commission d’enquête du Congrès de 2011 sur les cause de la crise financière de 2007-2008, qui avait conclu que l’abrogation de la Loi Glass-Steagall avait joué un rôle majeur en éliminant les principales régulations bancaires.

La sortie aujourd’hui du livre Impeachable Offenses : The Case for Removing Barack Obama From Office, d’Aaron Klein, animateur radio conservateur et auteur à succès, et Brenda J. Elliott, ne fera rien non plus pour éliminer le « virus de la destitution ».

Klein affirme que 100 000 copies du livre, qui présente la liste des délits commis par l’administration Obama et qui sont susceptibles de provoquer la destitution, ont été vendues avant sa sortie aujourd’hui.

D’autres députés et sénateurs républicains ont multiplié les appels à la destitution, dont le député Blake Farenthold du Texas, qui a affirmé récemment qu’il y avait suffisamment de votes à la Chambre des représentants pour destituer Obama, si une procédure dans ce sens venait à être lancée.

Des sondages récents indiquent également que la popularité d’Obama est en chute libre chez les moins de 30 ans, particulièrement sensibles aux révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillances illicites de la NSA défendus par Obama.

Un blogger du Washington Post, Ed Rogers, fait remarquer à ce sujet :

Le feu que le président est en train d’attiser en faisant fi de la loi ne peut être ignoré. Peut-être que l’ancien professeur de droit constitutionnel [post occupé par Obama à la Harvard Law School, ndlr] est allé trop loin en décidant que la Constitution est plus flexible que ce qu’il n’avait pensé.

Ainsi, la course est engagée entre l’oligarchie qui entend violer la loi pour renverser le régime d’al Assad en Syrie et provoquer une guerre mondiale, et ceux qui d’autre part entendent utiliser le droit pour faire tomber le régime hypocrite d’Obama aux Etats-Unis.

Progrès et Solidarité

La vengeance de la NSA continue : le partenaire de Greenwald séquestré au Royaume-Uni


000-dv986574-c0a83130422-original-webLe partenaire du journaliste Glenn Greenwald a été détenu à l’aéroport de Heathrow en vertu de la loi antiterroriste britannique pour la durée maximale autorisée avant inculpation. Amnesty International a qualifié cet acte de vengeance injustifiée après que Greenwald ait révélé les programmes espions de la NSA.

David Miranda était en transit à Londres en provenance de Berlin pour Rio de Janeiro, où il vit avec Greenwald – le journaliste au Guardian qui, dans une série d’articles a aidé Edward Snowden à révéler l’ampleur des programmes de surveillance de masse de la National Security Agency.

Miranda a été détenu pour interrogatoire par des agents de sécurité à Heathrow vers 8h, heure locale, en vertu de l’annexe 7 de la Loi 2000 sur le terrorisme (*). Les fonctionnaires l’ont détenu pendant près de neuf heures sans mise en examen, ce qui est la durée de détention maximale autorisée en vertu de la loi controversée.

Les officiers l’ont relâché après avoir confisqué tout son équipement électronique. Selon le Guardian, les agents ont confisqué le téléphone portable de Miranda, son ordinateur portable, son appareil photo, ses clés USB, ses DVD, et même sa console de jeux.

Glenn Greenwald (à gauche) et son partenaire David Miranda (image à partir de facebook.com)
Glenn Greenwald (à gauche) et son partenaire David Miranda (image à partir de facebook.com)

 

«Pour retenir mon partenaire pour une période complète de neuf heures tout en lui refusant un avocat, puis saisir une grande partie de ses biens, est clairement destiné à envoyer un message d’intimidation à ceux d’entre nous qui ont fait des reportages sur la NSA et le GCHQ, » écrit Greenwald en réponse à l’incident. « Les actes du Royaume-Uni représentent une grave menace pour les journalistes partout dans le monde. »

Les autorités britanniques n’ont donné aucune autre explication, sauf pour dire que le jeune homme de 28 ans avait été « détenu à l’aéroport de Heathrow » et « ensuite libéré. »

Le gouvernement brésilien a publié une déclaration exprimant sa grave préoccupation face à l’épisode. Il a déclaré que la mesure n’était pas justifiée « puisqu’il s’agit d’une personne  contre laquelle  il n’y a aucune charge qui puisse légitimer l’usage de cette législation. »

« Le gouvernement brésilien espère que des incidents tels que celui qui s’est produit aujourd’hui pour le citoyen brésilien ne se répèteront pas », dit la déclaration.

En attendant, Amnesty International déclarait que Miranda était clairement une «victime de  tactiques de représailles injustifiées ».

« Il est tout à fait improbable que David Michael Miranda, citoyen brésilien en transit à Londres, ait été arrêté par hasard, étant donné le rôle que son mari a joué dans la révélation de la vérité sur la nature illégale de surveillance de la NSA», a déclaré Widney Brown, directrice générale de la politique et du droit International d’Amnesty.

Après le «message d’intimidation » dont Greenwald dit qu’il ne visait pas seulement lui et son partenaire, mais aussi à tous les journalistes, il a promis que « les autorités américaines et britanniques allaient bientôt voir« sa réaction.

Le journaliste américain basé au Brésil, qui a révélé les informations sur les activités d’espionnage des gouvernements américains et ses alliés, a récemment révélé que l’ancien contractuel de la NSA Edward Snowden lui avait donné au moins 15.000 documents classifiés, ajoutant que les histoires qu’il a publiées jusqu’ici ne sont qu’une « petite partie » de ce qui doit être révélé.

Selon Greenwald, les autorités britanniques ne soupçonnent David Miranda d’aucun lien avec le terrorisme, mais qu’au contraire ils l’ont interrogé sur les rapports de la NSA.

Pendant le voyage de Berlin, qui a été payé par le Guardian, Miranda a rencontré Laura Poitras – la cinéaste américaine qui a enregistré la fameuse interview dans laquelle Snowden s’était dévoilé comme étant la source des énormes fuites.

Le lanceur d’alerte, inculpé aux Etats-Unis d’espionnage, a obtenu l’asile temporaire en Russie le 1er Août. Après avoir passé plus d’un mois dans la zone de transit de l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, il s’est tranquillement faufilé hors du terminal pour un endroit sûr non divulgué.

Note :

(*)  En vertu du controversé annexe 7 de la Loi 2000 sur le terrorisme , les agents frontaliers sont autorisés à détenir toute personne entrant ou sortant du Royaume-Uni pour l’interroger jusqu’à neuf heures, et confisquer ses effets personnels pendant sept jours à des fins de lutte antiterroriste. Une assistance juridique peut être demandée à la charge du prévenu. Toutefois, l’examen n’est pas retardé en attendant l’arrivée  de l’avocat et le refus de répondre à des questions pourrait être considéré comme une infraction et conduire à l’arrestation. Sur 69 109 personnes interrogées entre Avril 2011 et Mars 2012 seulement environ 42 ont été détenus pendant plus de six heures.

Traduction : Avic

http://rt.com/news/uk-detain-greenwald-partner-terrorism-645/

L’humanité est en train de sombrer à cause de la criminalité de Washington – Paul Craig Roberts


dictator-obama-450x318Les américains vont bientôt être enfermés dans un pays avec un État policier irresponsable sauf si les représentants et les sénateurs américains trouvent le courage de poser des questions et de sanctionner les responsables du pouvoir exécutif qui enfreignent la loi, violent la Constitution, dissimulent des informations au Congrès, et donnent de fausses informations sur leurs crimes contre le droit, la Constitution, le peuple américain et ceux de l’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de la Somalie, de Guantanamo et d’ailleurs. Le Congrès doit utiliser le pouvoir de destitution que la Constitution prévoit et cesser d’être inféodé au pouvoir exécutif sans foi ni loi. Les États-Unis ne font face à aucune menace qui justifie l’illégalité et l’abus de pouvoirs qui caractérisent le pouvoir exécutif au 21e siècle.

La destitution est le pouvoir le plus important du Congrès. La destitution est ce qui protège les citoyens, la Constitution et les autres branches du gouvernement de l’abus par l’exécutif. Si le pouvoir de révoquer des responsables de l’exécutif abusifs n’est pas utilisé, le pouvoir cesse d’exister. Un pouvoir inutilisé est comme une loi qui reste lettre morte. Son autorité disparaît. En acquiesçant aux illégalités du pouvoir exécutif, le Congrès a permis à l’exécutif de se placer au-dessus de la loi et d’éviter de rendre des comptes pour ses violations de la loi et de la Constitution.

Le directeur de la National Intelligence, James R. Clapper a ouvertement menti au Congrès et demeure en fonction. Keith B. Alexander, directeur de l’Agence de sécurité nationale, a également trompé le Congrès, et il demeure en fonction. Le procureur général Holder évite dire la vérité au Congrès sur à peu près tous les sujets, et il reste également en poste. La même chose peut être dite pour le président Obama, l’un des grands mystificateurs de notre temps, qui est si allergique à la vérité que celle-ci trouve rarement le moyen de sortir de sa bouche.

Si un citoyen américain ment à un enquêteur fédéral, même s’il n’est pas sous serment, il peut être arrêté, poursuivi, et envoyé en prison. Pourtant, ces mêmes fonctionnaires fédéraux peuvent mentir au Congrès et aux citoyens en toute impunité. Quelle que soit la manière de considérer le système politique américain, il n’a rien à voir avec un gouvernement responsable. En Amerika personne n’est responsable, sauf les citoyens, qui doivent rendre des comptes non seulement vis-à-vis de la loi mais aussi face à des accusations gratuites pour lesquelles aucune preuve n’est nécessaire.

Le Congrès a le pouvoir de destituer toute personne nommée par le Président ainsi que le Président lui-même. Dans les années 1970, le Congrès allait destituer le Président Richard Nixon simplement parce qu’il avait menti au sujet de la date à laquelle il a appris le cambriolage du Watergate. Pour éviter la destitution, Nixon a démissionné. Dans les années 1990, la Chambre des représentants avaient destitué le président Bill Clinton pour avoir menti sur sa liaison sexuelle avec une stagiaire de la Maison Blanche. Le Sénat n’a pas suivi, sans doute parce que beaucoup avaient eux-mêmes des aventures sexuelles et ne voulaient pas avoir des comptes à rendre à leur tour.

Dans les années 1970, quand je faisais partie du personnel du Sénat, les lobbyistes des entreprises envoyaient de jolies femmes pour séduire les sénateurs afin de pouvoir les faire chanter et obtenir leur soumission. Ne soyez donc pas surpris si la NSA a adopté cette pratique des entreprises.

Les irrégularités de Nixon et Clinton étaient mineures, et de bien peu de conséquence, par rapport aux crimes de George W. Bush et Obama, leurs vice-présidents, et l’ensemble de ceux qu’ils ont nommés. Pourtant, la destitution est «sur la table», pour reprendre l’expression devenue tristement célèbre de Nancy Pelosi. http://www.nytimes.com/cq/2006/11/08/cq_1916.html. Pourquoi les électeurs californiens enverraient-ils une personne au Congrès qui refuse de les protéger contre un pouvoir exécutif absolu ? Qui Nancy Pelosi sert-elle ? Certainement pas le peuple de Californie. Certainement pas la Constitution américaine. Pelosi est en totale violation de son serment d’office. Est-ce que les Californiens la rééliront encore une fois? Pas étonnant que l’Amérique aille mal.

La question primordiale est : Quel est le but de la surveillance de tous les Américains ? C’est une surveillance hors de toute proportion au regard de la prétendue menace terroriste. La Constitution américaine est ignorée et le droit national violé. Pourquoi ? Est-ce que le gouvernement américain a un agenda non déclaré pour lequel la «menace terroriste» est une couverture ?

Quel est cet agenda ? Quel agenda est plus important que la Constitution américaine et la responsabilité du gouvernement devant la loi ? Les citoyens ne sont en sécurité que si le gouvernement est responsable devant la Constitution et la loi. C’est une idée absurde que de penser que les américains sont plus menacés par le terrorisme que par un gouvernement avec un pouvoir absolu qui peut les exécuter, les torturer et les jeter en prison à perpétuité sans procès ou aucun motif valable. Sous Bush / Obama, les Etats-Unis sont revenus au pouvoir absolu des Césars,  des tsars, et des autocrates.

Dans la célèbre pièce de théâtre, « A Man For All Seasons », Sir Thomas More, chancelier d’Angleterre, demande: Alors, vous voulez que je réduise la loi afin de pourchasser les démons ? Et que ferons-nous, avec cette loi réduite, lorsque le diable sera en nous ?

C’est la question juridique le plus importante jamais posée, et elle est rarement posée aujourd’hui, pas dans nos facultés de droit, ni par nos associations d’avocats, et certainement pas par le (sic) ministère de la Justice ou les procureurs américains.

Les conservateurs américains considèrent les libertés civiles comme de simples excuses permettant à des juges libéraux de choyer des criminels et des terroristes. Ne vous attendez jamais à ce qu’un républicain conservateur, ou plus de deux ou trois d’entre eux, défendent votre liberté civile. Les républicains ne croient tout simplement pas à la liberté civile. Les Démocrates ne peuvent pas concevoir que Barack Obama, le premier président noir dans le Bureau Ovale, membre d’une minorité opprimée, ne défende pas la liberté civile. Cette combinaison de désintérêt et de déni est la raison pour laquelle les Etats-Unis sont devenus un État policier.

La liberté civile a peu d’amis au sein du gouvernement, des partis politiques, des écoles de droit, des barreaux ou de la magistrature fédérale. Par conséquent, aucun citoyen n’est sécurisé. Récemment, une femme au foyer faisait des recherches pour une cocotte-minute sur internet, à la recherche de la meilleure affaire. Son mari était à la recherche d’un sac à dos. Le résultat a été que l’équipe SWAT entièrement armée est apparue à la porte demandant à fouiller les lieux et leur enjoignant de répondre à leurs questions.

http://www.theatlanticwire.com/national/2013/08/government-knocking-doors-because-google-searches/67864/

Je suis toujours étonné quand quelqu’un dit: «Je n’ai rien fait de mal. Je n’ai rien à craindre. « Si vous n’avez rien à craindre du gouvernement, pourquoi les Pères fondateurs ont mis des protections dans la Constitution que Bush et Obama ont démolies ? Contrairement aux pères fondateurs qui ont conçu notre gouvernement de manière à protéger les citoyens, le troupeau de mouton américain fait confiance au gouvernement pour sa propre disparition.

Glenn Greenwald a récemment expliqué comment la masse de données qui sont accumulées sur chaque Américain est exploitée pour détecter tout signe de comportement criminel non lié au terrorisme. Etant donné que ces perquisitions sans mandat sont des preuves illégales dans un procès pénal, les autorités cachent la manière illégale dont la preuve a été obtenue afin de garantir la condamnation fondée sur des preuves obtenues illégalement. http://www.informationclearinghouse.info/article35773.htm

En d’autres termes, l’utilisation de la surveillance justifiée par la «guerre contre le terrorisme» s’est déjà propagée dans les poursuites des criminels de droit commun où elle a corrompu les garanties juridiques et l’intégrité, le cas échéant, du système de justice pénale, les procureurs et les juges.

Ceci est juste l’une des nombreuses façons dont vous avez beaucoup à craindre, si vous pensez que vous faites quelque chose de mal ou non. Vous pouvez être inquiétés pour les crimes basés sur des déductions tirées de votre activité sur Internet et des blagues avec des amis sur les médias sociaux. Les jurés rendus paranoïaques par la «menace terroriste» vous condamneront.

Nous devrions être très méfiants vis-à-vis de la motivation derrière l’espionnage universel des citoyens américains. Les autorités sont conscientes que la menace terroriste ne justifie pas l’espionnage inconstitutionnel et illégal. Il n’y a eu que très peu d’événements terroristes réels aux États-Unis, ce qui explique pourquoi le FBI doit trouver des gens désemparés autour desquels organiser un complot orchestré par lui afin de garder la «menace terroriste» vivante dans l’esprit du public. Au dernier décompte, il y a eu 150 «opérations d’infiltration» dans lequel le FBI a recruté des personnes qui sont déconnectées de la réalité, pour les engager dans un complot bien rémunéré conçu par le Bureau Fédéral. Une fois que les dupes sont d’accord, ils sont arrêtés comme des terroristes et le complot révélé, toujours avec la déclaration qui l’accompagne que le public n’a jamais été en danger, que le FBI avait le contrôle de la situation.

Lorsque 99% de tout le terrorisme est organisé par le FBI, pourquoi avons-nous besoin que le NSA espionne toutes les communications de tous les Américains et des gens dans le reste du monde?

Le terrorisme vient rarement de l’extérieur. La source est presque toujours le pouvoir en place. La police secrète tsariste faisait sauter des bombes dans le but d’accuser et d’arrêter les agitateurs du travail. Les nazis ont brûlé le Reichstag afin de décimer les communistes et prendre le pouvoir absolu au nom de la «sécurité publique». Une prétendue menace terroriste est une façon d’utiliser la peur pour bloquer l’opposition populaire à l’exercice arbitraire du pouvoir du gouvernement.

Afin d’être «à l’abri des terroristes », la population américaine, avec quelques exceptions, a accepté la disparition de ses libertés civiles, comme l’habeas corpus, qui remonte à plusieurs siècles au Magna Carta comme une contrainte sur le pouvoir du gouvernement. Comment, alors, peuvent-ils se protéger de leur gouvernement? Les Américains sont aujourd’hui dans la même position que les anglais avant la Grande Charte de 1215. Les américains ne sont plus protégés, par la loi et la Constitution, de la tyrannie du gouvernement.

La raison pour laquelle les Pères fondateurs ont écrit la Constitution était de faire que les citoyens soient protégés vis-à-vis de leur gouvernement. Si les citoyens permettent au gouvernement de supprimer la Constitution, ils pourraient être à l’abri des terroristes étrangers, mais ils ne sont plus sûrs de leur gouvernement.

Qui pensez-vous a plus de pouvoir sur vous, les terroristes étrangers ou «votre» gouvernement?

Washington définit toute résistance à son impérialisme et sa tyrannie comme du «terrorisme». Ainsi, les américains qui défendent l’environnement, qui défendent la faune, qui défendent les libertés civiles et les droits humains, qui protestent contre les guerres et le vol du peuple en faveur des intérêts particuliers, deviennent tous des « extrémistes de l’intérieur », le terme Homeland Security ayant été remplacé par «terroriste». Ceux qui ne sont pas en phase avec Washington et les puissants intérêts privés qui nous exploitent, nous et tous les autres peuples de la terre pour leurs profits et leur pouvoir, tombent du mauvais côté de la division du monde en noir et blanc de Bush: «vous êtes avec nous ou contre nous».

Aux États-Unis la pensée indépendante est sur le point d’être criminalisées alors que les manifestations sont garanties par la Constitution ainsi que la liberté de la presse. http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/aug/10/james-risen-prison-journalism-criminalised. Le principe constitutionnel de la liberté d’expression a été redéfini et est considéré maintenant comme une trahison, comme une aide à un ennemi indéterminé, et comme visant à renverser le gouvernement en jetant le discrédit sur ses motivations et en révélant ses méfaits secrets. Les locataires assoiffés de pouvoir de Washington ont mené les Etats-Unis si proche de la Gestapo en Allemagne et de la Russie stalinienne que ce n’est plus drôle. En effet, il est parfois difficile de voir la différence.

Les néo-conservateurs ont déclaré que les américains sont un peuple «exceptionnel» et «indispensable. » Pourtant, les libertés civiles des Américains ont diminué bien plus qu’ils ne sont devenus « indispensables » et « exceptionnels ». Nous sommes maintenant tellement exceptionnels et indispensables que nous n’avons plus aucun droit.

Et pas plus que le reste du monde. Le Néo conservatisme a créé un nouveau nationalisme américain dangereux. Les néoconservateurs ont donné à Washington le monopole du droit et doté ses agressions militaires d’une morale qui remplace les Conventions de Genève et les droits de l’Homme. Washington, du fait de son «exceptionnalisme», a le droit d’attaquer les populations dans les pays avec lesquels il n’est pas en guerre, comme le Pakistan et le Yémen. Il utilise la couverture de son «exceptionnalisme» pour assassiner des gens dans de nombreux pays. http://news.antiwar.com/2013/08/11/us-drones-pound-yemen-but-targets-arent-all-militants/print/. Hitler a essayé de commercialiser l’exceptionnalisme du peuple allemand, mais il lui manquait les compétences de Madison Avenue de Washington.

Washington est toujours moralement irréprochable, quoi qu’il fasse, et ceux qui dénoncent ses crimes sont des traîtres qui, dépouillés du cocon des libertés civiles, sont enfermés et maltraités jusqu’à ce qu’ils avouent leurs crimes contre l’État. Ceux qui disent la vérité, comme Bradley Manning, Julian Assange, et Edward Snowden, sont étiquetés comme des ennemis de l’État et sont impitoyablement persécutés.

Comment la nation  « indispensable, exceptionnelle » peut-elle avoir une politique diplomatique? Un département d’État ‘’néoconisé’’ peut-il être fondé sur autre chose que la coercition ? Bien sûr que non. C’est pourquoi Washington ne produit que la guerre et les menaces de guerre.

Où que l’on porte son attention, on entend toujours la même rengaine, Washington qui menace « nous allons vous bombarder et vous ramener à l’âge de pierre » si vous ne faites pas ce que nous voulons et si vous n’êtes pas d’accord avec ce que nous exigeons. Nous allons imposer des « sanctions », l’euphémisme de Washington pour les embargos, et affamer vos femmes et vos enfants à mort, nous ne vous permettrons de recevoir aucune fourniture médicale, nous vous interdirons le système de paiement international à moins que vous ne vous repentiez et consentiez à être notre marionnette, et nous vous interdirons de publier vos bulletins d’information sur Internet.

C’est le visage que Washington présente au monde: le visage dur d’un vrai tyran.

La puissance de Washington survivra encore un peu, car il y a encore des hommes politiques en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, et les ONG en Russie, qui sont payés par le tout-puissant dollar. En échange de l’argent de Washington, ils approuvent l’immoralité de Washington et ses destructions meurtrières du droit et de la vie.

Mais le dollar est en train d’être détruit par l’assouplissement quantitatif, et l’économie américaine intérieure est en train d’être détruite par la délocalisation des emplois. http://www.manufacturingnews.com/news/TAA0731131.html

Rome était puissante jusqu’à ce que les germains cessent d’y croire. Ensuite, l’édifice pourri s’est effondré. Washington sera confronté tôt ou tard au même sort. Un régime illégal, inhumain, inconstitutionnel basé sur la seule violence, dénué de toute morale et de toute compassion humaine, n’est pas acceptable pour la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran et le Brésil, ou les lecteurs de ces colonnes.

Le mal qu’est Washington ne peut pas durer éternellement. Les criminels pourraient détruire le monde dans une guerre nucléaire, mais l’illégalité et le manque d’humanité à Washington, qui assassine toujours plus de gens, n’est plus acceptable pour le reste du monde, pas même pour ses marionnettes européennes, malgré leurs leaders à la solde de Washington.

Gorbatchev a raison. L’effondrement de l’Union soviétique a été une débâcle pour le monde entier. Il a transformé les États-Unis de la « ville sur la colline», le «phare pour l’humanité », en un état militariste agressif. Par conséquent, l’Amerika est maintenant méprisée par tous ceux qui ont une conscience morale et un sens de la justice.

Paul Craig Roberts

Traduction Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/08/13/humanity-is-drowning-in-washingtons-criminality-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Les beaux discours d’Obama ne bercent plus personne


Tribune libre Résistance

saint-obama« Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment ». Derrière cette maxime se cache le modus operandi des États-Unis d’Amérique. Maîtres dans l’art de travestir  les faits, ils se font les chantres d’un ensemble de valeurs malheureusement fort éloignées de la réalité étasunienne. Barack Obama est en quelque sorte le « chef d’orchestre » de ce modus operandi : c’est un président noir, apparemment respectueux des libertés individuelles. Son accession à la Maison blanche, en 2008, a été l’occasion de montrer aux yeux du monde entier que le système démocratique étasunien était décidément merveilleux. Obama peut désormais dire et faire ce qu’il veut : le monde entier ne pourra que boire les paroles du locataire de la Maison blanche.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis sa première mandature. Barack Obama se voulait un président du renouveau. Sa politique devait s’inscrire en rupture par rapport à celle de son prédécesseur Georges Bush, champion en matière de politique antiterroriste. Tout devait changer. Voyons…

Barack Obama a tenu le 9 août une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé la réforme du Patriot act et de son article 215, qui autorise les agents du bureau fédéral d’investigations (FBI) à saisir, sans motif ou preuves valables, des archives contenant des renseignements personnels dans les hôpitaux, les banques, les universités et même les entreprises, ce qui inclut de facto des opérations de profilage à partir de certains critères tels la religion, l’appartenance ethnique ou les sites Internet qu’une personne visite. Le président étasunien a dit sa volonté de « travailler avec le Congrès pour mettre en place des réformes appropriées », promettant « davantage de supervision, davantage de transparence et de garde-fous ». Il a également insisté sur le fait que « l’Amérique n’a aucun intérêt à espionner les gens ordinaires », démentant tout abus dans les programmes de surveillance de la NSA. Inutile de dire qu’Edward Snowden a démontré le contraire en montrant au monde entier comment les États-Unis s’étaient permis d’écouter les communications téléphoniques de millions de citoyens… et pas seulement étasuniens.

Le locataire de la Maison blanche a bien évidemment évoqué l’ancien employé de la CIA et de la NSA qui affirmait, dans un entretien diffusé sur le site du Guardian, que son « seul but est d’informer le public sur ce qui a été fait en son nom et ce qui est fait contre lui ». Barack Obama  a concédé que ses déclarations avaient clairement accéléré le processus de refonte du Patriot act, tout en approuvant les trois chefs d’accusation (espionnage, vol et utilisation illégale de  biens gouvernementaux) pour lesquels Snowden était inculpé.

On fera naturellement le parallèle avec Bradley Manning, ce soldat étasunien accusé d’avoir transmis des documents militaires classés secret défense dont les révélations avaient fortement participé au retrait des forces américaines en Irak. Mais Obama, conscient de son rôle de leader d’opinion à travers le monde, est allé encore plus loin en critiquant violemment la Russie, coupable à ses yeux de vouloir traiter d’égale à égale avec la Maison blanche. Une outrecuidance qu’il ne peut tolérer.

D’une manière pathétique, Obama a voulu tirer les oreilles de Poutine, regrettant secrètement son prédécesseur Medvedev et sa propension à répondre aux diktats de l’Empire. Il a notamment accusé le président de la fédération de Russie d’attiser la rhétorique anti-américaine. La relation entre les deux pays est marquée aussi par des intérêts conflictuels sur certaines questions clés comme le bouclier anti-missiles et la Syrie. Concernant ce conflit, sont naturellement mise en causes par le Kremlin les livraisons d’armes aux rebelles syriens pour déstabiliser le gouvernement souverain d’Assad, accusé par les États-Unis d’être pro-russe et pro-iranien.

Il va de soi que tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans la droite ligne de la Maison blanche sont des adversaires acharnés des droits de l’homme. Des droits qu’Obama met en avant quand il s’agit de dénoncer les pressions faites sur les homosexuels en Russie… alors qu’il y a aujourd’hui aux États-Unis plus de Noirs en prison qu’il n’y avait d’esclaves en 1850. La référence récurrente à Al-Qaïda pour justifier la lutte contre le terrorisme apparaît dans ce contexte, ridicule. Combattue ici ou là, la mouvance islamiste a été soutenue hier en Libye et aujourd’hui en Syrie. Vous comprendrez aisément pourquoi on n’arrivera décidément pas à nous faire aimer cette Amérique-là. Nous sommes avec Manning et avec Snowden, pas avec ceux qui parlent de droits civils et font des affaires avec l’Arabie saoudite.

Capitaine Martin.

http://www.resistance-politique.fr/article-les-beaux-discours-d-obama-ne-bercent-plus-personne-119528049.html

L’affaire Snowden vue de Chine


snowden_hong_kong_protestation-ChineBien qu’Obama ait décommandé mercredi le sommet de Moscou qu’il devait avoir avec le président russe Vladimir Poutine avant le sommet du G20, c’est un changement relativement insignifiant. Les États-Unis ont apparemment accepté le fait que la Russie ait accordé un asile d’une année à Edward Snowden, le dénonciateur de la National Security Agency.

La Russie a impressionné le monde. Celui-ci considère le Kremlin comme le « gagnant », et la Maison-Blanche, comme la « perdante ».

Ce jugement est juste. Dans l’affaire Snowden, tous les autres pays impliqués sont des gagnants, tandis que les États-Unis sont les seuls perdants. Washington a mis en scène une bravade, mais finalement, elle n’a pas réussi à faire extrader Snowden. En revanche, Moscou a présenté ses caractéristiques nationales d’esprit de décision et d’audace et a gardé Washington à distance.

Beaucoup d’internautes chinois croient que la Chine aurait dû faire de même, mais qu’elle n’a fait preuve que d’hésitation et de faiblesse.

Si la Chine avait gardé Snowden, son attitude à l’égard des relations sino-américaines aurait grandement changé, et elle aurait dû prendre des risques liés à un tel changement.

Pourtant, la Chine a apparemment choisi de ne pas s’ingérer. Maintenant, la décision semble avoir produit de meilleurs résultats. L’hypocrisie de certaines des politiques nationales des États-Unis a été exposée, et Snowden n’a pas été extradé aux États-Unis. L’opinion internationale est cinglante envers les États-Unis et les questions de sécurité de l’information. Parallèlement, les relations sino-américaines n’ont pas été grandement affectées.

Moscou a renforcé la fermeté de son attitude diplomatique envers Washington et son statut diplomatique s’est rapproché de celui de cette dernière, alors qu’un écart existe toujours pour ce qui est de la puissance réelle des deux. Moscou est disposée à prendre la direction de l’affaire Snowden et a de l’expérience à le faire. Cela s’harmonise parfaitement avec les intérêts de Beijing.

Tout le monde sait que la concurrence entre la Chine et les États-Unis est le point crucial des relations internationales au XXIe siècle. Mais la puissance de la Chine est toujours à la traîne par rapport à celle des États-Unis. En qualité de partenaire stratégique global de la Chine, la Russie a pris l’initiative dans l’affaire Snowden et s’est placée au premier plan de la rivalité avec les États-Unis, ce qui montre la flexibilité multipolaire de la géopolitique mondiale. L’action de la Russie mérite le respect de Chine.

La Chine n’est pas disposée à s’engager dans une confrontation frontale avec les États-Unis, mais elle a déjà eu la capacité de s’unir à ceux qui peuvent limiter les abus de pouvoir des États-Unis. Nous n’avons pas confronté directement les États-Unis, et cela sert les intérêts à long terme de la diplomatie chinoise.

Cette fois-ci, Washington a mordu la poussière, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle est vraiment intimidée par Moscou. De la même manière, Washington est peu susceptible de craindre Beijing, et Beijing n’a pas besoin de craindre Washington. Beijing devrait s’inquiéter davantage de la façon de maximiser ses intérêts dans ses relations avec Washington.

Snowden peut faire plus dans un pays comme la Russie. L’affaire qui a déshonoré les États-Unis est loin d’être terminée.

Etats-Unis – Nationalisme et hypocrisie : un mariage réussi


Tribune libre Béatrice Doinette

4477904-3x2-940x627Ce n’est pas facile d’être un nationaliste américain agitateur de drapeaux. En plus d’avoir à faire face à la désillusion habituelle, la colère et le mépris du monde entier suscités par les bombardements et guerres sans fin de Washington, le nationaliste est assailli par les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, qui ont révélé un flot régulier de scandales autour des droits de l’homme et des libertés civiles, des atrocités, des mensonges embarrassants et des vérités gênantes. Ceux qui croient à « l’exceptionnalisme américain » et aux « nobles intentions » ont eu du mal à maintenir leur rhétorique bannière étoilée entre les premières lueurs de l’aube et les derniers rayons du crépuscule.

Ce qui pourrait expliquer l’article du Washington Post (20 Juillet) intitulé ’’les demandeurs d’asile américains sont malheureux en Russie’’, à propos d’Edward Snowden et son projet de demander l’asile à Moscou. L’article raconte les moments prétendument misérables vécus dans l’Union soviétique par des expatriés américains et des transfuges comme Lee Harvey Oswald, les deux employés de la NSA 1960 – William Martin et Bernon Mitchell – et plusieurs autres. La formule de propagande du Post est apparemment la suivante : l’insatisfaction de la vie en Russie pour un Américain équivaut à un point en faveur des Etats-Unis : ‘’espoirs déçus d’une vie glorieuse dans le paradis des travailleurs’’ … Oswald « avait obtenu du travail dans une usine d’électronique dans la ville morne de Minsk , où l’avenir radieux ne fut pas au rendez-vous »… lit-on dans compte-rendu du Post, digne d’un cliché de la Guerre Froide. Pas vraiment de quoi s’exciter, mais un nationaliste américain sur la défensive a du mal à trouver beaucoup mieux par les temps qui courent.

Dans le même temps, l’équipe Allez USA ! marque des points en faisant connaître des violations russes actuelles des droits de l’homme et des libertés civiles, comme si la guerre froide faisait toujours rage. « Nous appelons le gouvernement russe à cesser sa campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption, et de veiller à ce que les droits de l’homme universels et les libertés fondamentales de tous ses citoyens, y compris les libertés d’expression et de réunion, sont protégés et respectés », a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche. (1)

“’Campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption” … hmmm … Est-ce que quelqu’un a entendu parler d’Edward Snowden ? Est-ce que la surveillance non-stop des citoyens n’est pas un exemple de corruption ? La Maison Blanche n’éprouve-t-elle aucune honte ? Un peu d’embarras peut-être ? Rien du tout ?

joe-mcarthy

Je rêve de voir une version moderne des audiences de l’Armée et de McCarthy de 1954, au cours desquelles Carney – ou mieux encore, Barack Obama lui-même – déverserait, les uns après les autres, mensonges et défenses écœurantes des destructions impérialistes. Et l’avocat de la commission (selon les célèbres paroles de Joseph Welch) serait finalement poussé à déclarer : « Monsieur, en voilà assez. N’avez-vous aucune décence, monsieur ? Enfin, ne vous reste-t-il aucune trace de décence ? » Un tonnerre d’applaudissements explosa parmi le public du Congrès et cet incident est largement considéré comme le début de la fin de la folie Maccarthyste.

Les politiciens américains et des personnalités des médias ont critiqué Snowden pour s’être enfui à l’étranger pour révéler les documents classifiés qu’il possédait. Pourquoi n’est-t-il pas resté aux Etats-Unis pour défendre ses actions et faire face à la justice comme un vrai homme ? demandent-ils. Oui, le jeune homme aurait dû volontairement se soumettre lui-même à l’isolement, à d’autres tortures, à la prison à vie, et même une condamnation à mort s’il voulait être pris au sérieux. Quel lâche !

Pourquoi Snowden n’a-t-il pas fait part de ses inquiétudes à travers les canaux appropriés de la NSA, plutôt que de révéler les documents, comme tout dénonciateur respectable aurait fait ? C’est la question à laquelle James Bamford, généralement considéré comme le principal écrivain sur la NSA en Amérique, a tenté de répondre, comme suit :

J’ai interviewé de nombreux dénonciateurs de la NSA, et le dénominateur commun est qu’ils se sentaient ignorés lorsqu’ils tentaient d’attirer l’attention de leurs supérieurs sur des opérations illégales ou contraires à l’éthique. Par exemple, William Binney et plusieurs autres hauts membres de la NSA ont protesté auprès de leurs supérieurs à propos des programmes de collecte de données nationaux de l’agence, et ils ont même tenté d’attirer l’attention du ministère de la justice sur ces opérations, mais ils ont été ignorés. C’est seulement ensuite que Binney m’a publiquement parlé, pour un article dans le magazine Wired. Dans une série de questions/réponses sur le site internet du Guarduan, Snowden a cité Binney comme un exemple de ’’comment les réactions excessivement sévères contre les dénonciations faites dans l’intérêt public ne font qu’augmenter l’ampleur, la portée et la compétence impliquée pour les révélations futures. Les citoyens ayant une conscience ne vont pas ignorer ces méfaits simplement parce qu’ils seront détruits pour ça : la conscience l’interdit ‘’.

Et même lorsque les dénonciateurs s’adressent aux médias, la NSA généralement nie les faits. L’Agence a nié les accusations de Binney selon qui elle obtenait toutes les métadonnées des clients de Verizon et avait accès à pratiquement tout le trafic Internet. Ce n’est que lorsque Snowden a divulgué des documents révélant le programme et montré comment fonctionne PRISM que l’agence a été contrainte d’avouer la vérité. (2)

’’Chaque pays dans le monde qui est engagé dans les affaires internationales et la sécurité nationale se livre à de nombreuses activités pour protéger sa sécurité nationale,’’ a récemment dit le secrétaire d’Etat américain John Kerry. ’’Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas inhabituel pour beaucoup de nations.’’ (3)

KERRY_Jordania

Eh bien, M. Kerry, l’antisémitisme non plus n’est pas inhabituel, on peut en trouver dans tous les pays. Pourquoi, alors, le monde condamne-t-il fermement l’Allemagne nazie ? Évidemment, pour une question d’échelle, n’est-ce pas ? C’est l’ampleur de l’invasion américaine de la vie privée qui la place dans une catégorie à part.

Kerry fait tout son possible pour minimiser l’importance des révélations de Snowden. Il voudrait nous faire croire que c’est juste des trucs de routine entre nations … « Circulez, il n’y a rien à voir. » Pourtant, cet homme est obsédé par la volonté de punir Snowden. Le 12 Juillet, quelques heures seulement après que le Venezuela a accepté de fournir l’asile politique à Snowden, Kerry a appelé personnellement le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua et aurait menacé d’intercepter tout avion du Venezuela dans l’espace aérien des Etats-Unis ou de tout autre pays de l’OTAN s’il y avait le moindre soupçon que Snowden se trouvait à bord pour se rendre à Caracas. La fermeture de l’espace aérien de tous les pays membres de l’OTAN aux vols vénézuéliens signifie éviter 26 pays en Europe et deux en Amérique du Nord. Selon ce scénario, Snowden aurait à survoler le Pacifique depuis l’Extrême-Orient de la Russie au lieu de traverser l’Atlantique.

Le secrétaire d’État a également promis d’intensifier le processus en cours d’abrogation de visas d’entrée aux États-Unis aux fonctionnaires et hommes d’affaires vénézuéliens associés au feu président Hugo Chávez. Washington va également entamer la poursuite d’éminents politiciens vénézuéliens sur des allégations de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et autres actions criminelles et Kerry a spécifiquement mentionné des noms dans sa conversation avec le ministre vénézuélien des Affaires étrangères.

Kerry a ajouté que Washington est tout à fait conscient de la dépendance du Venezuela auprès des Etats-Unis en ce qui concerne les produits pétroliers raffinés. En dépit d’être l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde, le Venezuela a besoin de plus de pétrole et de produits pétroliers qu’il ne peut produire, et achète plus d’un million de barils de produits pétroliers raffinés aux États-Unis chaque mois. Kerry a carrément averti que l’approvisionnement en carburant serait interrompu si le président Maduro continue à tendre la main au fugitif de la NSA. (4)

Wow. C’est du lourd. Un pouvoir illimité entre les mains de psychopathes. Mon propre pays me fait vraiment peur.

Et quel pays se vante plus de ses libertés présumées que les Etats-Unis ? Et de sa démocratie présumée ? De ses présumés droits civils et droits humains ? De son prétendu « exceptionnalisme » ? De son présumé tout ? Considérant tout cela, pourquoi les Etats-Unis ne seraient-ils pas tenus de les respecter à la lettre ?

L’hypocrisie américaine dans sa politique étrangère se manifeste régulièrement et continuellement. Voici le président Obama, parlant récemment en Afrique du Sud au sujet de Nelson Mandela : « La lutte ici contre l’apartheid, pour la liberté, le courage moral [de Mandela] ; la transition historique de ce pays en une nation libre et démocratique a été une inspiration personnelle pour moi. Il a été une inspiration pour le monde entier – et il continue de l’être. » (5)

N.Mandela in his cell on Robben Island (revisit} 1994Comme c’est touchant. Mais aucune mention – jamais de mention par un dirigeant américain – du fait que les Etats-Unis étaient directement responsables de l’envoi de Nelson Mandela en prison pendant 28 ans. (6)

Et exigeant l’extradition de Snowden tandis que, selon le ministère russe de l’Intérieur, ’’des forces de l’ordre ont demandé à plusieurs reprises aux États-Unis par le canal d’Interpol l’extradition de criminels recherchés, mais ces demandes ne sont ni respectées ni même répondues.’’ Parmi les personnes visées se trouvent des insurgés islamistes de Tchétchénie, auxquels on a accordé l’asile aux États-Unis. (7)

L’Equateur a eu une expérience similaire avec les Etats-Unis en demandant l’extradition de plusieurs personnes accusées d’implication dans une tentative de coup d’Etat contre le président Rafael Correa. L’exemple le plus flagrant de ce double standard est celui de Luis Posada Carriles qui a orchestré l’explosion d’un avion cubain en 1976, tuant 73 civils. Il a vécu en homme libre en Floride pendant de nombreuses années, même si son extradition a été demandée par le Venezuela. Il n’est qu’un parmi des centaines de terroristes latino-américains anticastristes et d’autres qui se sont vus accorder l’asile aux États-Unis au cours des dernières années en dépit du fait d’être recherchés dans leur pays d’origine.

Les responsables américains sont capables, les jours pairs, de cracher les mots « exceptionnalisme américain » et de commettre, les jours impairs, des crimes contre l’humanité. Année après année, décennie après décennie. Mais je pense que nous pouvons tirer une certaine satisfaction, et peut-être même de l’espoir, dans ce que les responsables de la politique étrangère des États-Unis, aussi mentalement dérangés qu’ils soient, ne sont pas assez stupides pour ne pas savoir qu’ils nagent dans un océan d’hypocrisie. Voici deux exemples :

En 2004, il avait été rapporté : « Le Département d’Etat prévoit de retarder la publication d’un rapport sur les droits de l’homme qui devait sortir aujourd’hui, en partie à cause de la sensibilité sur le scandale des abus dans les prisons en Irak, ont déclaré des responsables américains. Un fonctionnaire … a dit que la publication du rapport, qui décrit les mesures prises par le gouvernement américain pour encourager le respect des droits de l’homme par d’autres nations, pourrait « nous faire paraître hypocrites ». » (8)

Et un exemple de 2007 : Chester Crocker, un membre du comité consultatif du Département d’Etat pour la promotion de la démocratie, et ancien secrétaire d’Etat adjoint, a noté : « nous devons être en mesure de faire face à l’argument selon lequel les Etats-Unis sont incohérents et hypocrites dans leur promotion de la démocratie dans le monde. Il se pourrait que ce soit vrai. » (9)

Dans ces exemples, les représentants du gouvernement semblent être un peu gênés par l’hypocrisie qui prévaut. D’autres notables de la politique étrangère semblent en être plutôt fiers.

001-0801145726-neoconr3amRobert Kagan, auteur et architecte intellectuel de longue date d’un interventionnisme qui cherche à imposer le programme néo-conservateur au monde entier, et par tous les moyens nécessaires, a déclaré que les Etats-Unis doivent refuser de se conformer à certaines conventions internationales, comme la Cour pénale internationale et l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. Les États-Unis, dit-il, « doivent défendre le contrôle des armements, mais pas toujours pour eux-mêmes. Ils doivent agir en appliquant un double standard. » (10)

Et puis nous avons Robert Cooper, un haut diplomate britannique qui était conseiller du premier ministre Tony Blair lors de la guerre en Irak. Cooper a écrit :

Le défi pour le monde postmoderne est de s’habituer à l’idée de deux poids deux mesures. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois et de sécurité coopérative ouverte. Mais lorsqu’il s’agit d’états plus arriérés comme ceux hors du continent postmoderne de l’Europe, il faut revenir aux méthodes plus rudes du passé – la force, l’attaque préventive, la tromperie, tout ce qui est nécessaire pour affronter ceux qui vivent encore dans le monde du ‘’chaque état pour soi’’ du XIXe siècle. (11)

Son expression, « chaque Etat pour soi », signifie un état qui n’est pas disposé à adhérer à l’ordre du jour de l’empire américain et de son meilleur ami voyou à Londres.

Donc, nous y voilà. Le double standard est officiellement adopté. La règle d’or de « ne pas faire à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » est désormais dépassée.

La mafia impériale, et leurs intellectuels de cour comme Kagan et Cooper, ont du mal à vendre leur vision du monde sur la base de normes juridiques, morales, éthiques ou d’équité. Alors ils décident tout simplement qu’ils ne sont pas liés par de telles normes.

Haïr l’Amérique

Voici Alan Dershowitz, éminent avocat américain, juriste, commentateur politique et fervent sioniste et partisan de l’empire, qui parle du journaliste Glenn Greenwald et de l’engagement de ce dernier aux côtés d’Edward Snowden : « Regardez, Greenwald c’est du bidon. Il est anti-américain, il aime les régimes tyranniques, et il a fait cela parce qu’il déteste l’Amérique. Cela n’avait rien à voir avec la publication d’informations. Il n’aurait jamais écrit cet article s’ils avaient publié des documents sur l’un de ses pays préférés » (12).

’’Anti-américain’’ … ’’déteste l’Amérique’’ … Que signifient ces expressions qui font partie intégrante de l’histoire politique américaine ? Que Greenwald déteste le baseball et les hot-dogs ? … Qu’il déteste les films et la musique américains ? … Qu’il déteste tous les bâtiments aux États-Unis ? Toutes les lois ? … Non, comme la plupart des « anti-Américains », Glenn Greenwald déteste la politique étrangère des Etats-Unis. Il hait toutes les horreurs et tous les mensonges employés pour couvrir toutes ces horreurs. Alors de quel américain est-il anti ?

Edward-Snowden-NSA-spy-scandalDershowitz pense sans doute que Snowden est anti-américain. Mais écoutez le jeune homme interviewé :

« L’Amérique est un pays fondamentalement bon. Il y a des gens bons, avec de bonnes valeurs, qui veulent faire de bonnes choses ».

L’intervieweur est Glenn Greenwald. (13)

“Dieu a désigné l’Amérique pour sauver le monde d’une façon qui convient à l’Amérique. Dieu a désigné Israël comme le lien de la politique américaine au Moyen-Orient et celui qui voudrait contester cette idée est a) un anti-sémite, b) un anti-améric ain, c) passé à l’ennemi, et d) un terroriste.” – John LeCarré , London Times, 15 Janvier, 2003

William Blum

http://williamblum.org/

Traduction par VD pour le Grand Soir

(1) White House Press Briefing, July 18, 2013
(2) Washington Post, June 23, 2013
(3) Reuters news agency, July 2, 2013
(4) RT television (Russia Today), July 19, 2013, citing a Spanish ABC media outlet
(5) White House press release, June 29, 2013
(6) William Blum, Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower, chapter 23
(7) Reuters, July 22, 2013
(8) Los Angeles Times, May 5, 2004
(9) Washington Post, April 17, 2007
(10) Hoover Institute, Stanford University, Policy Review, June 1, 2002
(11) The Observer (UK), April 7, 2002
(12) “Piers Morgan Live”, CNN, June 24, 2013
(13) Video of Glen Greenwald interviewing Edward Snowden (at 2:05 mark)

Washington pense que vous êtes stupides – Paul Craig Roberts


troupeau-de-moutons-13762235Il y a un vieux dicton qui dit que si le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté, mais si le peuple craint le gouvernement, il y a tyrannie. Les criminels à Washington, non seulement ne nous craignent pas, ils ne nous respectent pas. Washington voit les Américains comme un troupeau de moutons stupides.

Washington estime qu’il peut dire n’importe quoi à la population et les gens vont le croire. Par exemple, la ligne officielle est que la récession, qui a commencé en Décembre 2007, s’est terminée en Juin 2009. Beaucoup d’Américains le croient alors même qu’’ils n’ont pas personnellement vécu la reprise économique. En effet, ils s’enfoncent davantage dans la pauvreté et côtoient la misère.

Et n’oubliez pas ces armes de destruction massive qui n’existent pas et que Saddam Hussein a été accusé par Washington de posséder. Ou le faux événement du golfe du Tonkin lorsque Washington a affirmé que son navire avait été attaqué par le Nord-Vietnam. Oui, la liste des mensonges officiels est très longue. Toute personne qui croit tout ce que Washington dit est trop naïve pour qu’on la laisse sortir de chez elle toute seule. Mais les Américains croient aux mensonges, parce qu’ils pensent que le patriotisme l’exige.

S’appuyant sur la crédulité éprouvée de la majeure partie de la population américaine, Washington prétend avoir découvert un complot d’Al-Qaïda pour attaquer les ambassades américaines en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Pour déjouer le complot, Washington a fermé 19 ambassades pour le week-end passé et pour cette semaine aussi.

Washington n’a pas expliqué comment le fait de fermer les ambassades déjoue l’intrigue. Si Al-Qaïda veut faire sauter les ambassades, il peut les faire sauter qu’elles soient ouvertes ou fermées.

Si Al-Qaïda veut tuer le personnel de l’ambassade, ils peut les tuer chez eux ou sur le chemin du travail ou plus tard dans les ambassades lorsque l’alerte sera passée.

J’ai vérifié dans les médias presstitués afin de m’assurer que mon estimation actuelle de leur prostitution pour Washington était exacte. Peut-être aurais-je raté quelque expression de scepticisme quant à la dernière menace terroriste. Mais j’ai entendu le NPR (NDT : National Public Radio). Avant, dans les années Reagan, le NPR avait une voix indépendante. Aujourd’hui, il fait partie des médias presstitués. NPR ment pour Washington avec les meilleurs d’entre eux.

Les médias américains ont ignoré le fait évident que dès que la population américaine, le Congrès et les alliés marionnettes de Washington, comme l’Allemagne, ont posé sur la table la question de l’espionnage universel clairement anticonstitutionnel et totalement illégal de la NSA, le régime Obama a poussé le bouton de la peur et monté un nouveau complot terroriste dans le but de faire taire les critiques et de ramener le Congrès et l’Allemagne sur la ligne  droite

Washington a affirmé qu’une «menace» a été découverte qu’Al-Qaïda – une organisation qu’il utilise dans ses efforts pour renverser le gouvernement Assad en Syrie et celui dont les groupes affiliés en Afghanistan sont enrichis par des contrats militaires américains – va faire exploser des ambassades américaines au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Washington n’a pas expliqué pourquoi al-Qaïda, récipiendaire des largesses de Washington, allait fermer le robinet de l’argent en attaquant les ambassades des États-Unis.

Je suis surpris que des bombes n’aient pas été déclenchées dans les ambassades afin de prouver la valeur de l’espionnage de l’Agence nationale Stasi, ainsi faire honte à ceux qui au Congrès et parmi les États de marionnette en Europe s’opposent à l’espionnage.

Si vous réfléchissez un instant à ses déclarations, vous constatez que Washington révèle son incapacité à bien monter un tel scénario de menaces inexistantes. Officiellement, les Etats-Unis sont en guerre contre Al-Qaïda depuis le 7 Octobre 2001. La «superpuissance» a dû faire face à quelques milliers d’hommes d’Al-Qaïda légèrement armés depuis près de 12 ans, et quel est le résultat?

Malgré ses affirmations d’avoir tué les hauts dirigeants d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden lui-même, Washington a perdu la guerre. Al-Qaïda est devenu si puissant que non seulement ils combattent en Syrie contre Assad, avec l’aide des Etats-Unis, mais également ont empêché l’armée américaine d’occuper l’Afghanistan. Par ailleurs, en plus des succès militaires d’Al-Qaïda contre la «superpuissance» et le chaos qu’ils continuent à produire en Irak, Al-Qaïda est désormais si puissant qu’il peut faire fermer les ambassades américaines dans tout le Moyen-Orient et Afrique du Nord. La «menace» qui était censée renforcer la position de la NSA prouve en fait l’impuissance de Washington.

Nous ne pouvons que prier pour que bientôt Al-Qaïda ferme Washington lui-même. Imaginez le sentiment de libération américaine si Washington était simplement fermé, ou encore mieux s’il pouvait être recouvert d’une couverture magique du Pendjab et disparaître. Pour les 99 pour cent, et le reste du monde, Washington n’est rien d’autre qu’un oppresseur.

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/08/06/washington-thinks-you-are-stupid-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

«Goulag électronique globalisé» ? Yes we must !


aptopix-nsa-phone-records-big-data-photo-gallery.jpeg-1280x960Il y a comme cela des moments où le religieux ose renouer avec son essence révolutionnaire en éclairant le débat séculier avec toute la clairvoyance d’une inspiration venue «d’en-haut». L’archiprêtre de l’Eglise orthodoxe russe, Vsevolod Chaplin, s’est ainsi félicité de l’asile politique accordé par Moscou à l’ex-agent de la CIA Edward Snowden, soulignant que ses révélations sur le fameux programme de surveillance de la NSA, allait «aider à empêcher la mise en place d’un goulag électronique globalisé» («help prevent the establishment of a global electronic prison camp»). Mais le Système n’a pas dit son dernier mot et, alors qu’Obama met son veto aux auditions anti-NSA, tout notre petit monde-libre s’est mis au garde-à-vous ordonné par Washington pour une énième alerte terroriste globale à grand spectacle. The show must go on, et le «goulag électronique globalisé» aussi.

Décryptage d’en-haut
Dans notre fameux monde-libre, on peut désormais mesurer l’importance d’une information au black-out dont elle fait l’objet par les rampants de la presse-Système. Et à cet égard, la prise de position de l’Eglise orthodoxe russe doit donc absolument retenir toute notre attention puisqu’elle n’a été reprise par aucun «grand» média du Bloc atlantiste.
Que nous dit Vsevolod Chaplin ?
Tout d’abord, il salue à raison «l’indépendance» dont a fait preuve la Russie en offrant l’asile politique à Edward Snowden sans céder aux menaces de Washington. Indépendance à laquelle ont par ailleurs renoncé les caniches européens comme nous le savons.
L’ecclésiastique russe relève ensuite que les révélations de Snowden confirment l’existence d’un problème pernicieux discuté par les chrétiens orthodoxes «depuis de nombreuses années» : à savoir l’émergence d’une nouvelle forme de totalitarisme à travers la mise en place «d’un camp de prisonniers électronique mondial».
Et Vsevolod Chaplin de décrire ensuite le processus avec une grande lucidité: «D’abord, ils rendent les personnes dépendantes de moyens de communication très pratiques. (…) Les propriétaires économiques et politiques de ces services en retirent alors un énorme et terrifiant pouvoir dont ils ne résistent pas à faire usage pour contrôler les individus. (…) Un tel contrôle s’avérera finalement beaucoup plus strict que celui de tous les systèmes totalitaires connus du XXe siècle.»

Pavlov au Vatican
La déclaration de l’archiprêtre est intéressante à plus d’un titre.
L’Eglise orthodoxe est en effet une institution qui peut se prévaloir d’un poids considérable en Russie, et sa prise de position renforce donc la position de Poutine au point qu’elle limite d’autant sa marge de manœuvre en lui interdisant tout retour en arrière.
On peut en déduire au premier chef que dans l’affaire Snowden, la crise entre Moscou et Washington ira à son terme.
Accessoirement, cette prise de position de l’Eglise orthodoxe questionne inévitablement la position du Vatican dont le silence est assourdissant sur un dossier qui engage pourtant le devenir de la société humaine.
L’Eglise de Rome n’a en effet pas soufflé mot sur le risque de dérive totalitaire du Système que le scandale PRISM a mis en lumière.
Les réflexes pavloviens semblent donc avoir la vie dure au Vatican, décidément trop habitué à faire profil bas devant les puissants.
Dieu reconnaîtra les siens.

The Show must go on
Et pendant ce temps-là, juché sur son risible prix Nobel de la Paix, Barak Obama défend quant à lui bec et ongles l’établissement du «goulag électronique globalisé».
Fin juillet, il a été jusqu’à mettre son veto à des auditions anti-NSA devant la Chambre des représentants. Bref, le bonhomme tente de verrouiller le débat quelques jours seulement après qu’une loi anti-NSA ait été rejetée de justesse au Congrès.
Mais le boulet n’est pas passé loin.
Et pour mieux enfoncer le clou, quoi de mieux qu’une bonne vieille alerte terroriste globale. Du gros et du lourd on vous le dit, avec fermetures de consulats et d’ambassades sur tous les points chauds de la planète of course. D’ailleurs, on a même la transcription de l’email intercepté par la NSA et qui a mis le feu aux poudres… Du lourd on vous dit. De quoi convaincre certainement tous les récalcitrants que, bien sûr, le «goulag électronique globalisé» est plus que jamais nécessaire et vertueux pour sauver notre indépassable way of life.
Le truc est tellement énorme qu’on en rirait presque, si l’on n’avait pas à craindre une éventuelle opération sous false-flag, avec hélas de vrais morts à la clé, pour crédibiliser la farce.

Post scriptum I, Hiroshima for ever
Hors la farce justement, le 6 août marque un terrible anniversaire. Il y a 68 ans jour pour jour, alors que le Japon était à genoux, les Etats-Unis ont ordonné sans justifications militaires le largage d’une bombe atomique sur la ville d’Hiroshima.
L’explosion est programmée à 600 mètres du sol pour produire le maximum de destruction possible. La  bombe explose à la verticale d’un hôpital.
75 000 civils, femmes et enfants compris, sont instantanément carbonisés. Dans les semaines qui suivent, plus de 50 000 personnes trouvent la mort. Le nombre total de victimes s‘élèvent finalement à environ 250 000.
Trois jours après Hiroshima, c’est au tour de Nagasaki d’être sauvagement martyrisée par le feu nucléaire étasunien avec 40 000 morts supplémentaires à la clé.
Victoire.
A l’heure de notre alerte terroriste globale à grand spectacle, nos pensées vont donc aux victimes civiles et non-combattantes des deux pires attaques terroristes jamais survenues dans l’Histoire.

Post scriptum II, espoir pour la Syrie ?
Durant deux ans, le Bloc atlantiste a mandaté le Qatar pour gérer la logistique et le financement de la guerre menée contre le régime de Damas. Mais devant l’incapacité de Doha à faire chuter Bachar el-Assad ou même à marquer des points décisifs malgré les dizaines de milliers de morts, les Américains ont viré l’émirat du dossier pour refiler la patate chaude à Riyad.
Résultat, l’homme des américains dans le Royaume saoudien, Bandar ben Sultan himself, est désormais en charge du dossier. Or ce dernier vient de rendre une visite assez inattendue à Vladimir Poutine.
De là à imaginer qu’une deal entre Washington et Moscou est à l’étude sur le dossier syrien, il n’y a qu’un pas.
Et devinez qui se retrouverait alors couillon ?
Un indice : ça commence par U et ça finit par E..

Source : http://www.entrefilets.com/goulag%20electronique%20global.html#sthash.XDluqh5b.dpuf

 

Snowden à Moscou par Israël Shamir


edward_snowden_zoom945Au milieu de son bref été, Moscou est frais et calme. Les trottoirs sont envahis par les tables des bistrots, les clients sont là, joyeux, et les encombrements diminuent quelque peu du fait des vacances. Le seul danger pour les hommes, ce sont les minijupes étourdissantes.

Dans quelques jours au plus tard, les charmes et les tentations de la ville seront à la portée d’Edward Snowden, qui va recevoir sa carte de réfugié lui permettant de marauder librement à travers toutes les Russies et de se familiariser avec les habitants.

Ce sera là un dépaysement bienvenu après l’aéroport international de Seremetyevo, où il a été longtemps relégué. C’est un vaste aéroport, et il y a là des malheureux, principalement des réfugiés sans papiers, qui y passent dix ans ou plus, en transit. On a cru un moment que notre héros serait retenu à jamais dans ces limbes. Les Russes et l’intrépide Snowden se regardaient en chiens de faïence, en maintenant les distances, jusqu’au moment où ils ont brisé la glace. Snowden est parvenu à rencontrer quelques représentants du public russe: des membres du Parlement (la douma, en russe), des militants pour les droits humains, des avocats prestigieux.

Il leur a rappelé qu’il « était habilité à fouiller dans tous vos échanges, à lire vos messages et à entreprendre des poursuites, jusqu’à changer le destin des gens, sans avoir à se justifier. » Il a invoqué la Constitution US qui est constamment bafouée par les hommes de l’ombre, dans la mesure où celle-ci « interdit tous les systèmes de surveillance massifs et invasifs ». Il a rejeté très justement la ruse légale des tribunaux secrets d’Obama, car aucun secret ne saurait blanchir ce qui est impur. Il a rappelé le principe de Nuremberg: « les citoyens ont le devoir de violer les lois de leur pays pour  empêcher des crimes contre la paix et contre l’humanité ». Et ce système de surveillance totale est certainement un crime contre l’humanité, la pierre d’angle du régime implacable qu’ils projettent d’implanter sur toute la planète. Lorsque cette déclaration a été interrompue par les haut-parleurs annonçant mécaniquement  un vol imminent, il a eu un sourire exquis pour dire: « j’ai entendu cela si souvent pendant toute cette semaine ».

Les Russes l’ont adoré; ils se sont mis à le voir d’un autre œil, comme je le prévoyais quand j’ai lancé un appel pour cette rencontre dans les pages du principal quotidien russe, le KP  (Komsomolskaya Pravda). Et maintenant nous apprenons que les Russes ont décidé de lui donner le statut de réfugié et de lui garantir toute liberté de mouvement.

Pourquoi ont-ils hésité si longtemps?

Snowden est un Américain, et les Américains, comme les Anglais, ont de forts préjugés contre la Russie, leur ennemi commun pendant la Guerre froide. Pour eux, c’est le pays du Goulag et du KGB. Les deux menaces se sont évanouies il y a plusieurs dizaines d’années, mais les traditions résistent, parfois sans fin. D’ailleurs le Goulag et le KGB n’étaient guère que des versions modernisées du knout des Tsars et de l’affreux régime des serfs au XIX° siècle, qui peut fort bien être remis à jour par la nouvelle mafia d’État brutale, telle que l’a mise à jour Luke Harding. Pour un Américain moyen, il est pratiquement impossible d’envisager un rapprochement avec la Russie. Surtout pour un Américain qui servait dans les rangs de la CIA et de la NSA, comme c’était le cas de Snowden. Et lui estimait que s’il choisissait d’embrasser la Russie, il perdrait son statut de lanceur d’alerte et serait considéré comme un agent ennemi, ce qui n’était pas du tout la même catégorie.

La même chose était arrivée à Julian Assange, en fait. Quand il fut proposé au créateur de Wikileaks de trouver refuge en Russie (ce qui techniquement était possible), il remit la proposition à plus tard, traîna des pieds et resta en Angleterre, se montrant de fait incapable de franchir le grand fossé qui sépare l’Ouest de l’Est, l’Orient de l’Occident.

Snowden ne cherchait pas à se retrouver sous les projecteurs, bien au contraire. Il souhaitait mettre un terme aux crimes commis par la NSA au nom du peuple américain, ni plus ni moins. Il espérait devenir une nouvelle Gorge Profonde, dont l’identité ne serait jamais révélée. Ses premières révélations importantes, il les avait faites par correspondance; il avait pris un avion pour Hong Kong parce que c’est une ville qu’il connaît bien, il parle couramment chinois, et projetait de rentrer ensuite chez lui à Hawaï. Il apparaît que c’est le Guardian (anglais) qui l’a poussé à révéler son identité. Même à ce stade il se croyait encore en sécurité, parce que Hong Kong relève de l’autorité souveraine de la Chine, et la Chine est un État puissant, qu’on ne bouscule pas facilement.

Les Chinois ont mis à profit les révélations de Snowden pour contrecarrer les accusations américaines d’espionnage électronique, mais ils n’allaient pas mettre à mal leurs relations avec les US pour ses beaux yeux, et ils se sont débarrassés de la patate chaude. Geste final délicat, ils ont eu la courtoisie de lui donner 24 heures pour déguerpir. Il était bien obligé de décamper, et il a sauté dans un vol d’Aéroflot pour Moscou en compagnie de Sarah Harrison, une exquise  lady anglaise qui fait partie du comité directeur de Wikileaks.

Snowden a donc atterri à Moscou, mais n’avait jamais envisagé de demander asile à la Russie. Pour lui, c’était juste une étape vers un pays neutre, l’Islande ou le Venezuela, bref,  quelque part en Occident. Il prévoyait de s’envoler vers La Havane et d’y changer d’avion pour Caracas. Il n’avait pas réalisé que l’État profond aux US a le bras fort long, et qu’il était bien décidé à s’emparer de sa personne et à lui appliquer un châtiment exemplaire.

Au début, les Américains ont exercé des pressions énormes sur Cuba pour que l’escale lui soit refusée. Ils ont menacé Cuba d’un débarquement assorti de blocus complet, et Castro a demandé à Snowden de se chercher un autre itinéraire. Il n’y a qu’Aeroflot qui aurait pu sortir Snowden de Russie, et sa ligne passe forcément par La Havane. D’où l’échec du premier projet.

Le sommet gazier qui se tenait à Moscou lui offrait  une autre issue de secours: il y avait là les présidents  de la Bolivie et du Venezuela, qui étaient venus pour la conférence dans leurs avions privés capables de faire ce long vol. Le président bolivien Evo Morales était parti le premier; son avion a été forcé d’atterrir, et fouillé, ce qui constitue un précédent historique inédit jusqu’alors. Ceci a servi d’avertissement pour le président Nicolas Maduro, qui quittait bientôt Moscou sans embarquer Snowden.

Ce fut une découverte pour Ed Snowden: il a appris à ses dépens qu’il n’y a qu’un pays au monde qui soit hors d’atteinte de l’oncle Sam. Il n’y a qu’un pays qui soit une véritable alternative à l’Empire, le seul pays que ni les bataillons de la Navy ni les drones d’Obama ne bombarderont, le seul pays dont les avions ne peuvent pas être arraisonnés et fouillés. Il était donc prêt à chercher l’entente avec les Russes; il a renouvelé sa demande d’asile provisoire, qui va probablement  lui être accordée.

Les Russes aussi ont hésité. Ils n’avaient pas envie d’irriter les US, ils étaient conscients que Snowden n’avait pas cherché à se rapprocher d’eux, et s’était juste retrouvé piégé lors d’une escale. C’était la patate chaude, et bien des gens étaient convaincus qu’il vaut mieux suivre l’exemple chinois, et l’envoyer ailleurs.

Le lobby US a tout mis en branle pour le faire extrader. Il y avait des militants pour les droits de l’homme et des membres d’ONG parmi les employés du Département d’Etat. Les Américains mettent ces gens et ces organisation en avant, comme leur cinquième colonne.

Lyudmila Alexeeva  en est un exemple en Russie; c’était une dissidente anti soviétique, elle a obtenu la nationalité américaine, elle est revenue en Russie et a repris sa bataille pour les droits humains et contre l’État russe. Elle crie sur les toits que Snowden est un traître, ne le voit nullement comme un lanceur d’alerte ou un défenseur des droits humains. Et il devrait être renvoyé aux USA, a-t-elle averti. D’autres dissidents notoires  et combattants contre le régime de Poutine ont applaudi, et se sont démasqués, apparaissant sous leur vrai jour.

Il y avait aussi quelques  siloviki qui étaient contre Snowden. Ce sont des membres et ex-membres de la communauté des services secrets russes, qui ont endossé le concept de convergence entre services de sécurité, et ont collaboré avec les Américains et d’autres services, en particulier ceux d’Israël. Ils ont dit que la loyauté envers le service auquel on appartient est la vertu la plus importante, et qu’un traître ne saurait être cru. Ils ont souri devant les révélations de Snoden en disant qu’ils savaient tout ça depuis longtemps. Ils ont dit qu’on ne saurait prendre au sérieux son désaccord avec Washington. C’est également la ligne défendue par Konstantin Remchukov, important patron de média, le propriétaire de la  Nezavisimaya Gazeta, qui en a rajouté, traitant Snowden d’espion chinois.

Enfin, on a entendu les conspirationnistes croasser que Snowden est un cheval de Troie, envoyé pour forcer les portes des secrets d’État russes. C’était de fait un agent double de la CIA, arguent-ils. Pas du tout, c’est un agent du Mossad, concluent d’autres encore. Et rendez-le donc aux Américains, assènent-ils. C’est bien là la pierre de touche qui a mis en lumière nombre d’agents américains, qu’ils passent pour des défenseurs des droits humains ou pour d’aussi fallacieux membres des services de sécurité.

Parmi ceux qui soutiennent Snowden en Russie, on trouve mon ami le poète Eduard Limonov, qui a qualifié Snowden d’annonciateur de l’effondrement du monde unipolaire. Mon journal, KP, a également embrayé. La télévision d’État a choisi une approche prudente, et n’accordait guère de poids aux découvertes de Snowden.

Le président Poutine a également joué avec précaution. Il a d’abord écarté les rumeurs envisageant la livraison de Snowden à Obama avec une formule laconique: « La Russie n’extrade personne, vers aucun Etat. » Puis il a offert l’asile à Snowden à condition qu’il cesse d’attaquer les US. C’est la condition habituelle que l’on pose aux demandeurs d’asile politique. Il a ajouté que Snowden n’accepterait probablement pas, parce qu’il veut continuer à livrer bataille, « exactement comme feu Sakharov », le célèbre dissident de l’ère soviétique. Il a aussi tenté de dissuader les Américains de poursuivre Snowden, comparant cette chasse à l’homme comme » la tonte d’un porcelet », qui déclencherait des hurlements et ne rapporterait guère de laine. La manœuvre a porté ses fruits: Snowden a accepté la condition préalable et a choisi de demander un asile provisoire en attendant que la route de l’Amérique latine s’ouvre devant lui; le président pour sa part a sauvé la face et a fait de son mieux pour éviter une bagarre avec les US et avec le puissant lobby pro-américain de Moscou. Je voudrais dire que malgré son image de macho autocrate, Poutine ne contrôle nullement les media russes libres, qui sont généralement propriété de barons tout-à-fait dévoués à l’Occident. Ses prises de position dans les débats nationaux sont à peine relayées.

Le dirigeant russe n’a pas cherché la confrontation. D’une façon générale, il ne cherche pas à semer la pagaille. Il se montre plutôt comme quelqu’un de circonspect et porté sur le conservatisme. Il préférerait probablement que Snowden s’envole sous d’autres cieux, d’autant plus que Snowden, qui est un patriote américain, ne partagerait pas les joyaux de la couronne avec les Russes. Il a fait traîner longuement son autorisation  protectrice pour que Snowden puisse rencontrer le public russe. Ce qui n’a pas empêche les Américains, tout au long de cette étape, de rajouter des listes entières de noms à la liste Magnitsky, liste secrète de Russes dont les propriétés et les comptes en banques peuvent être confisqués (« gelés » est le terme technique qu’ils utilisent). Les membres du Congrès ont pu déblatérer librement contre Poutine, et diffamer la Russie tout leur soûl. Attendez un peu, vous allez voir qu’Obama va téléphoner à Poutine ce soir et qu’il va nous renvoyer le paquet Snowden aussi sec, disait le porte-parole  de la Maison Blanche. Pendant ce temps-là, les US ont continué à échafauder leurs machinations contre la Syrie au Moyen Orient, et Israël a pu bombarder tranquillement les positions syriennes, probablement avec le soutien américain. Au lieu de lui manifester le moindre égard, Obama a essayé d’intimider Poutine. C’était une tactique erronée, et contre-productive.

Au même moment, la Russie a effectué un contrôle soudain de ses  disponibilités militaires, et n’écarte apparemment aucune option. Ce grand pays ne cherche pas la bagarre, mais ne bat pas en retraite non plus. Snowden est en sécurité ici à Moscou, où personne ne peut lui faire de mal, de sorte qu’il va pouvoir exposer devant le monde entier les crimes contre l’humanité commis par les services secrets américains. Et Moscou est un lieu de villégiature exceptionnel, particulièrement en été.

adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

source : http://www.israelshamir.net/French/Snowden-Fr.htm