Archives du mot-clé Obama

USA – Intensification des préparatifs de guerre contre la Chine


2013-01-02usa-chine-pacifique-armee2_0Pater Symonds

La visite à Beijing du ministre américain des Affaires étrangères John Kerry vendredi dernier, est la dernière étape en date du « pivot vers l’Asie » provocateur du gouvernement Obama, dont le but est de saper l’influence chinoise et de renforcer les forces militaires et les alliances américaines en préparation de la guerre. Ayant délibérément attisé de dangereux points chauds en Asie au cours des quatre dernières années, les États-Unis tentent de profiter de leur avantage, quelles qu’en soient les conséquences. Lire la suite USA – Intensification des préparatifs de guerre contre la Chine

La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force


bachar-000La Russie n’autorisera, certainement, pas à l’occident de perturber le réseau de ses alliés,  quitte à recourir à l’option militaire pour écarter l’Europe (et probablement l’Otan), de ses frontières. La rivalité entre les deux puissances classiques de l’ordre international et leur rôle dans les foyers de cries, et leur poids dans le règlement des défis actuels ne cessent de s’amplifier de jour en jour.  Mme Lynda Hard, chroniqueuse d’Arab News, a, dans une analyse intitulée «  la Russie, la vengeuse, est de retour », a procédé à un décryptage des perspectives de rivalité entre Moscou et Washington. Lire la suite La Russie ne lâchera pas ses partenaires, quitte à recourir à la force

Et Obama choisit la peine de mort…


Tsarnaiev-Obama« Après avoir examiné les faits, les législations en vigueur et les éléments soumis par l’avocat de l’accusé, j’ai décidé que les Etats-Unis requerront la peine de mort dans cette affaire. La nature du comportement incriminé et le préjudice qui en a résulté exigent de requérir la peine capitale ». Signé Eric Hodler, le ministre états-unien de la Justice, Eric Holder. Donc, signé par Obama (Etats-Unis, Amérique du Nord, territoire Indien occupé). Lire la suite Et Obama choisit la peine de mort…

Retour vers le futur : L’europe s’inspire de la loi du Far West américain avec le droit de tirer sur les manifestants..


Tribune de Caro

Repression01L’Europe rétablit la peine de mort
Mais oublie de prévenir les peuples européens de ce rétablissement.

Elle ne la rétablit pas pour les pédophiles ou les crimes de sang , non , ceux-là resteront  exemptés de peine capitale ; elle la rétablit pour le crime  de contestation sociale … plus précisément pour : Lire la suite Retour vers le futur : L’europe s’inspire de la loi du Far West américain avec le droit de tirer sur les manifestants..

Le plus gros trafiquant de cocaïne des Etats-Unis révélé: La DEA (Brigade des Stups)


DEA-USADe nouveaux documents publiés ainsi que des témoignages du ministère de la ustice et d’officiels de la Drug Enforcement Administration (DEA), montrent maintenant que les histoires concernant le gouvernement qui importerait la cocaïne sont vraies. Une enquête faite au Mexique a trouvé que le gouvernement américain a permis au plus gros des cartels de la drogue de ce pays, Sinaloa, d’opérer sans crainte de persécution.. Ce groupe est responsable de 80% de la cocaïne qui entre dans le pays par Chicago. En échange, les leaders de Sinaloa donnent des informations à la DEA sur les gangs rivaux de la drogue. Lire la suite Le plus gros trafiquant de cocaïne des Etats-Unis révélé: La DEA (Brigade des Stups)

La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein


Norman-black-shirtLe Secrétaire d’Etat américain John Kerry était à nouveau au Moyen-Orient cette semaine, menant des entretiens intensifs avec des responsables Israéliens et Palestiniens et d’autres acteurs régionaux. Il a été largement rapporté que son objectif est de parvenir à un « accord-cadre » comme prélude à un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Lire la suite La Fin de la Palestine ? Norman Finkelstein

Les Clinton vont-ils saboter le rapprochement US/Iran ? FRANKLIN LAMB


4611720-quand-les-clinton-volent-au-secours-d-obamaIls le feront, s’ils le peuvent, et en se liguant avec le lobby sioniste américain, ils le pourraient. Ce dernier est actuellement désireux de financer et de promouvoir le nouveau projet de Clinton, selon des sources de La Nouvelle-Orléans proches du conseiller politique James Carville, un vétéran de trois campagnes présidentielles des Clinton et deux d’Obama. Carville a publiquement juré récemment, alors qu’il était de sortie pour boire un verre avec des copains dans son bar préféré dans le quartier français, qu’il en avait fini avec le « proxénétisme pour les Clinton. » Mieux, il en était venu à « vraiment admirer l’actuel président ». Lire la suite Les Clinton vont-ils saboter le rapprochement US/Iran ? FRANKLIN LAMB

Qui est l’héritier de Mandela?


Tribune libre

Mouammar Kadhafi et Nelson Mandela
Mouammar Kadhafi et Nelson Mandela

Nelson Mandela n’est plus, mais l’injustice est toujours aussi répandue. Source d’inspiration pour les gens de bonne volonté, le grand homme aura gagné une bataille importante, mais son combat est loin d’être achevé. La rapacité ronge l’humanité. Nous pouvons compter sur les valets médiatiques de l’oligarchie pour ne pas nous l’expliquer.  Lire la suite Qui est l’héritier de Mandela?

Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique


3464325_3_c08a_l-attaque-chimique-a-la-ghouta-constitue-le_f245354428a128cdcf60f6b23678eb9bNouvel accès de « conspirationnisme » ou scoop retentissant ? L’article de Seymour Hersh, vétéran du journalisme d’investigation américain, publié dimanche 8 décembre par la London Review of Books tend à réécrire l’histoire, déjà passablement énigmatique, de l’intervention américaine avortée en Syrie. Le journaliste qui, en 2004, avait contribué à révéler le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, accuse l’administration Obama d’avoir manipulé les informations concernant l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la Ghouta, près de Damas, pour justifier des frappes militaires contre le régime Assad. Lire la suite Syrie : l’enquête à charge contre les Etats-Unis après l’attaque chimique

Les États-Unis : une menace pour la paix et les peuples libres


Tribune libre Résistance

bloody_us_empire30-e1334864205386Alors que les guerres d’agression, les attaques de drones et un véritable réseau mondial de bases militaires sont les aspects les plus visibles de la puissance hégémonique étasunienne, la politique américaine d’assistance, Lire la suite Les États-Unis : une menace pour la paix et les peuples libres

Travail des enfants aux Etats-Unis


yesenia-cuello-pjc-2010-2v2_imgCela n’est pas permis en Russie ou au Kazakhstan, mais aux États-Unis, les enfants dès 12 ans sont autorisés à peiner dans les plantations de tabac, que ce soit pour conduire le tracteur de papa ou de faire la cueillette des feuilles de tabac pour RJ Reynolds. L’agriculture du tabac représente une menace pour leur santé à cause de l’utilisation intensive de pesticides et la possibilité d’empoisonnement aiguë par la nicotine, comme le décrit Gabriel Thompson de façon frappante dans son rapport d’enquête spéciale sur cette question. Lire la suite Travail des enfants aux Etats-Unis

Il est temps pour les journalistes de « se rendre ou se battre. »


risen.Alex-MenendezUCB-Graduate-School-of-JournalismJames Risen, le reporter du New York Times qui risque la prison pour avoir refusé de révéler ses sources, a dénoncé la violation par le gouvernement fédéral des droits de la presse dans une rare apparition publique jeudi en disant qu’il est temps pour les journalistes de «se rendre ou de combattre ». Lire la suite Il est temps pour les journalistes de « se rendre ou se battre. »

Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …


syrie-russie-saoudie… se procurer des armes !!

Selon le journal Al Qods al Arabi ,  » le chef du renseignement saoudien Bandar Sultan s’apprête à se rendre en Russie pour acheter des systèmes de défense anti aérien ultra sophistiqués » .  » Le coup de file du président Poutine au roi Abdellah a poussé ce dernier à changer de position vis à vis de la conférence de Genève II ». Lire la suite Bandar Sultan prêt à partir pour la Russie pour …

Quel est le véritable programme de l’état policier américain? – Paul Craig Roberts


982829Dans ma dernière chronique, j’ai souligné qu’il était important pour les citoyens américains d’exiger de savoir quels sont les vrais programmes qui sont derrière les guerres qu’ont choisi de faire les régimes de Bush et d’Obama. Ce sont des guerres majeures à long terme d’une durée de deux à trois fois celle de la Seconde Guerre mondiale.

Forbes rapporte que un million de soldats américains ont été blessés en Irak et en Afghanistan. http://www.forbes.com/sites/rebeccaruiz/2013/11/04/report-a-million-veterans-injured-in-iraq-afghanistan-wars/

RT rapporte que le coût du maintien de chaque soldat américain en Afghanistan a augmenté de 1,3 million de dollars à 2,1 millions de dollars par soldat. http://rt.com/usa/us-afghanistan-pentagon-troops-budget-721/

Matthew J. Nasuti rapporte dans Kabul Press qu’il a coûté aux contribuables 50 millions de dollars pour tuer un soldat taliban. Cela signifie qu’il a coûté 1 milliard de dollars pour tuer 20 combattants talibans. http://kabulpress.org/my/spip.php?article32304 C’est une guerre qui ne peut être gagnée qu’au prix de la faillite totale des États-Unis.

Joseph Stiglitz et Linda Bilmes ont estimé que les dépenses déjà réalisées et les coûts futurs déjà engagés dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak se montent au moins à $ 6 trillons.

En d’autres termes, c’est le coût de ces deux guerres qui expliquent l’explosion de la dette publique américaine et les problèmes économiques et politiques associés à cette dette importante.

Qu’a gagné l’Amérique en échange de  $ 6 trillons et un million de soldats blessés, dont beaucoup très sévèrement?

En Irak, il y a maintenant un régime islamiste chiite allié à l’Iran à la place d’un régime laïc sunnite qui était un ennemi de l’Iran, le nouveau aussi dictatorial que l’ancien, qui préside sur les ruines de la guerre, au milieu d’une violence permanente aussi élevée que pendant la tentative d’occupation américaine, et des malformations congénitales abominables dues à des substances toxiques associées à l’invasion et à l’occupation américaine.

En Afghanistan, il y a des talibans invaincus et apparemment invincibles et un trafic de drogue ravivé qui inonde le monde occidental.

La cerise sur ces « succès » de Bush et Obama sont des demandes de partout dans le monde que les Américains et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair rendent des comptes sur leurs crimes de guerre. Certes, la réputation de Washington a chuté à la suite de ces deux guerres. Il n’y a plus aucun gouvernement de par le monde qui soit assez crédule pour croire un seul mot de ce que dit Washington.

Ce sont des coûts énormes pour des guerres pour lesquelles nous n’avons aucune explication.

Les régimes Bush / Obama ont mis au point diverses histoires de couverture: une «guerre contre le terrorisme», «Nous devons les tuer là-bas avant qu’ils ne viennent ici», «armes de destruction massive », « vengeance pour le 11/9 », « Oussama ben Laden » (qui est mort de ses maladies en Décembre 2001, comme ça a été largement rapporté à l’époque).

Aucune de ces explications n’est viable. Ni les talibans ni Saddam Hussein n’ont été engagés dans le terrorisme aux États-Unis. Comme les inspecteurs en désarmement en avaient informé le régime de Bush, il n’y avait pas d’ADM en Irak. Envahir les pays musulmans et massacrer des civils sont plus susceptibles de créer des terroristes plutôt que de les supprimer. Selon l’histoire officielle, les pirates de l’air du 11/9 et Oussama ben Laden étaient Saoudiens, pas Afghans ou Irakiens. Pourtant, ce n’était pas l’Arabie saoudite qui a été envahie.

La démocratie et un gouvernement responsable n’existent tout simplement pas lorsque le pouvoir exécutif peut amener un pays à la guerre au nom d’agendas secrets opérant derrière des histoires de couverture qui sont des mensonges transparents.

Il est tout aussi important de poser ces mêmes questions au sujet du programme de l’état policier américain. Pourquoi Bush et Obama ont-ils supprimé la protection de la loi comme bouclier pour le peuple pour la transformer en une arme dans les mains de l’exécutif? Comment les Américains sont-ils plus en sécurité en se débarrassant de leurs libertés civiles? La détention illimitée et sans application normale de la loi sont les maîtres mots de l’Etat tyrannique. Ils sont le terrorisme, pas une protection contre le terrorisme. Pourquoi toutes les communications de chaque Américain et apparemment les communications de la plupart des autres personnes dans le monde, y compris les alliés européens les plus fidèles de Washington, sont susceptibles d’être interceptées et stockées dans une gigantesque base de données de l’état policier? Comment cela protège-t-il les Américains contre les terroristes?

Pourquoi est-il nécessaire pour Washington d’attaquer la liberté de la presse et d’expression, de fouler aux pieds la loi qui protège les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, de criminaliser la dissidence et les manifestations, et de menacer des journalistes tels que Julian Assange, Glenn Greenwald et le journaliste de Fox News James Rosen ? http://www.nytimes.com/2013/05/22/opinion/another-chilling-leak-investigation.html?_r=0

Comment le fait de garder les citoyens dans l’ignorance des crimes de leur gouvernement peut-il les mettre à l’abri des terroristes?

Ces persécutions des diseurs de vérité n’ont rien à voir avec la «sécurité nationale» et le fait de «mettre les américains à l’abri des terroristes. » Le seul but de ces persécutions est de protéger le pouvoir exécutif contre la révélation de ses crimes. Certains des crimes de Washington sont si horribles que la Cour pénale internationale prononcerait une condamnation à mort si les coupables pouvaient être traduits en justice. Un gouvernement qui va détruire les protections constitutionnelles de la liberté d’expression et de la liberté de la presse afin d’empêcher que ses actions criminelles ne soient divulguées est un gouvernement tyrannique.

On hésite à poser ces questions et même à faire les remarques les plus évidentes de peur non seulement d’être mis sur une liste de surveillance et d’être sous le coup d’une accusation ou une autre, mais aussi par crainte que ces questions puissent provoquer un false flag qui pourrait servir à justifier l’état policier qui a été mis en place.

C’est peut-être ce qu’a été l’attentat du marathon de Boston. Les déclarations du gouvernement ont pris le pas sur la preuve de la culpabilité des deux frères. Il n’y a rien de nouveau dans la manière dont le gouvernement piège des boucs émissaires. Ce qui est nouveau et sans précédent c’est le verrouillage de Boston et sa banlieue, l’apparition de 10.000 soldats lourdement armés et des chars pour patrouiller dans les rues et fouiller sans mandat les maisons des citoyens, tout cela au nom de la protection du public contre un enfant blessé de 19 ans.

Non seulement rien de ce genre n’est jamais arrivé aux États-Unis, mais aussi ce n’aurait pas pu être organisé sous l’impulsion du moment. Ça devait déjà être en place, en attente pour l’événement. Ce fut un galop d’essai pour ce qui est à venir.

Les américains ignorants, les conservateurs du type « la loi et l’ordre», particulièrement crédules, n’ont même aucune idée sur la militarisation de leur police locale. J’ai regardé les forces de police locale s’entrainer dans des clubs de tir. Les policiers ont appris à tirer d’abord non pas une fois mais plusieurs fois, pour protéger leurs vies en premier à tout prix, et non pas à risquer leur vie en posant des questions. C’est pourquoi un gamin de 13 ans avec le fusil jouet a été mis en pièces. Un interrogatoire aurait révélé qu’il s’agissait d’une arme-jouet, mais interroger le « suspect » aurait pu mettre en danger les précieux policiers qui sont formés pour ne prendre aucun risque.

La police opère de la même manière que le pouvoir de tuer présidentiel d’Obama : assassiner d’abord, puis créer un dossier contre la victime.

En d’autres termes, cher citoyen américain, votre vie ne vaut rien, mais les policiers que vous payez, non seulement n’ont aucun compte à rendre, mais aussi leurs vies ont une valeur inestimable. Si vous vous faites tuer dans l’exercice de leur fonction, ce n’est pas une grosse affaire. Mais ne blessez pas un policier voyou dans un acte de légitime défense. Je veux dire, qui pensez-vous que vous êtes, une sorte d’américain mythique, libre avec des droits ?

Traduction Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/11/13/real-agenda-american-police-state-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120 Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Classement Forbes : pourquoi Poutine est l’homme le plus influent du monde (et pas Obama)


PID_645989_5b0e95a4-00ef-11e3-9328-22651678deb9_web_translate_-46.06479_-11.54317__scale_0.1030087_0.1030087__Steve Forbes répond à ceux à qui il paraît inconcevable de placer Vladimir Poutine – à la place de Barack Obama – en tête du classement 2014 des personnalités les plus influentes du monde.

Tout d’abord, il faut distinguer l’influence des États-Unis en tant qu’État et celle de Barack Obama en tant que président de cet État.

Les États-Unis devancent largement la Russie sur les plans économique et militaire – nous ne remettons pas le constat en question. Toutefois, notre classement ne concerne ni les gouvernements ni les entreprises, mais bel et bien les individus.

Ensuite, et c’est plus important, Obama a démontré sa faiblesse personnelle sur la scène internationale. Certes, il fait sans cesse preuve de puissance en termes de politique intérieure, en concentrant sur lui tous les leviers de la gestion économique. Si le Congrès ne lui laisse pas l’initiative législatrice, il essaiera à tout prix de faire passer les propositions de loi via des décrets présidentiels ou de recourir à ses pleins pouvoirs.

La nécessité de se conformer à la loi n’a jamais empêché l’actuel président de mettre en œuvre tous ses désirs : l’administration Obama préfère ignorer les décisions des tribunaux qui lui sont hostiles.

Mentir effrontément ne fait pas peur au président : je fais notamment référence à sa promesse non tenue d’accorder aux Américains le droit à une assurance et une médecine gratuites.

La réforme Obamacare avait été conçue dès le départ pour détruire le marché privé de l’assurance maladie et éliminer les médecins libéraux. Les socialistes l’ont bien compris : il est plus facile de manipuler les gens s’ils sont rassemblés en un groupe.

Bref, Obama s’est affaibli politiquement : il n’est pas parvenu à concevoir un plan de réforme, ni à conserver la confiance de la population – en colère face à tant de mensonges. Il n’a pas non plus été capable de sauver l’économie nationale de la crise. Mais pour le président, ce qui compte avant tout est de conserver le pouvoir.

C’est ainsi qu’il est devenu le président des États-Unis le moins influent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en termes de politique étrangère. Même Jimmy Carter était meilleur dans les affaires extérieures.

Les diplomates sont toujours étonnés d’apprendre combien de temps Obama consacre à la préparation de ses conférences internationales. Il n’établit pas d’ordre du jour spécifique et rechigne aux entretiens particuliers avec les autres dirigeants pour obtenir leur soutien. La plupart du temps, il se pointe, et c’est tout. Mais Obama a des raisons bien à lui pour agir ainsi. Le président considère que les États-Unis sont le plus grand mal de la planète et souhaite réduire leur influence dans le monde, pour rejoindre le niveau de pays comme la Belgique ou l’Albanie.

Voilà pourquoi la France et la Grande-Bretagne ont pris les devants de la campagne en Libye pendant que les États-Unis « assuraient les arrières ». Quand les manifestations antigouvernementales ont commencé en Iran en 2009, les États-Unis n’ont pas levé le petit doigt pour soutenir les dissidents.

Le spectacle de cette superpuissance réduite à une position d’observateur faible et passif du conflit a conduit l’Arabie saoudite, État certes riche mais ayant toutefois besoin d’une aide militaire extérieure, à rompre délibérément sa relation privilégiée avec l’Oncle Sam, son partenaire privilégié depuis plus d’un demi-siècle.

La Chine a déjà compris la faiblesse des États-Unis, mais il n’est pas certain que ses voisins, notamment la Corée et le Japon, interprètent correctement ce manque de réactivité. Si Tokyo et Séoul croient au refus de Washington de tenir le rôle de « gendarme du monde », ils sont capables de se lancer immédiatement dans l’acquisition d’un arsenal nucléaire indépendant.

Ainsi, la politique étrangère d’Obama ne diminue pas seulement le rôle de l’Amérique dans le monde : elle fait planer une menace réelle sur la stabilité de l’ordre géopolitique planétaire. Le président voulait peut-être réduire la domination des États-Unis, mais il ne pourra pas aller jusqu’au bout : l’escalade de la violence exigera l intervention immédiate de Washington. Un des scénarii possibles est la fabrication par l’Iran d’une bombe atomique.

Qui croit encore, après l’échec du plan d’Obama de faire bombarder la Syrie et son flirt avec Téhéran, qu’Israël continuera de s’appuyer sur l’Amérique comme garant de la stabilité dans la région ?

Ce que l’Argentine chuchote à l’oreille d’Obama


cristina-kirchner-presidente-argentineMaria Poumier

Alors que chacun retient son souffle en observant la rapidité avec laquelle s’enchaînent des évènements inimaginables il y a encore un mois, il peut être utile de rappeler certains mouvements de fond, dans la société américaine, qui peuvent brusquement s’exprimer, comme « effets papillon » pesant de façon inattendue, mais incontournable.

La situation très critique que vivent les USA libère llà-bas la colère des habitants. Ainsi le dirigeant du Ku klux klan Richard Preston appelle ouvertement les Américains à s’unir pour une guerre civile contre le président Obama (french.ruvr.ru/…/USA-le-Ku-Klux-Klan-organise-une-action-contre-Oba..). Et l’armée se prépare à faire face à des émeutes. Les militaires en vacances ont ordre de ne pas quitter le pays jusqu’au 5 novembre; des troupes sont rapatriées d’Afghanistan, on achète des véhicules antiémeutes, les membres du DHS (Department of Homeland Security), ont reçu des cours de tir et de maniement du couteau etc.) Tandis qu’Obama nous semble enfin honorer, quoique de façon paradoxale, son prix Nobel de la Paix, il affronte chez lui une haine raciale et classiste qui vient de loin: lorsqu’il annonça qu’il allait mettre en route un plan de santé pour tous, un individu fit publier dans la grande presse un encart incitant à l’assassinat ciblé du président Obama.

Cette haine, assortie de mépris et de rancune contre le facteur noir, en bloc, couvant toujours sous la cendre depuis la défaite des sudistes dans la guerre de Sécession, ses hérauts veillent à la dissimuler, car ils redoutent qu’une mobilisation noire dresse un rempart de protection autour du président. Celui-ci se verrait alors obligé de rendre des comptes à sa base, à ceux qui ont voté en masse pour lui en 2008 parce qu’ils voyaient en lui un garant de santé morale pour le pays. Mais c’est ouvertement contre l’effort personnel d’Obama pour protéger les pauvres dans son pays que ses ennemis font campagne aujourd’hui, avec un chantage d’une incroyable obscénité.

Les défaites de l’empire en Irak, en Afghanistan, en Syrie, les Américains savent bien qu’elles ne sont pas imputables au même degré à leur président. Ce sont les militaires eux-mêmes qui ont mis en garde contre la tentation de la fuite en avant (five us generals threaten obama with military coup over … – Syria 360.http://wordpress.com/…/five-us-generals-threaten-.), qui serait une marche à l’abîme pour tous, sauf pour les puissances financières US. Et c’est un groupe de militaires qui lui a adressé une démonstration que les armes chimiques en Syrie ont été utilisées par les rebelles, comme provocation pour l’obliger à entrer en guerre.

Obama, président échaudé, sur qui s’exercent des pressions colossales, a dès le début de son mandat tenté de tirer son pays des guêpiers impériaux. En ces jours de victoire diplomatique de la Russie, on oublie de rappeler la longue préparation du dialogue avec l’Iran, entreprise par Obama, à la grande fureur d’Israël. Et il est bon de souligner qu’Obama a su prêter l’oreille à la réflexion des autres Américains, ceux qui ne parlent pas anglais, mais écoutent les leçons de leurs propres guerres d’indépendance. (1)

On peut considérer comme une coïncidence que le pape révolutionnaire François soit argentin, comme la présidente qui, au mépris des menaces du lobby israélien et tous les grands media dans son pays, a signé en février 2013 un accord historique avec l’Iran pour relancer l’enquête sur l’attentat de 1994 contre le centre AMIA à Buenos Aires. Cet attentat, Israël l’a exploité de façon scandaleuse afin d’en faire inculper le gouvernement iranien; après avoir apporté de fausses preuves, fait disparaître les éléments capitaux de la scène du crime et des archives judiciaires décisives, payé délinquants, magistrats et policiers pour qu’ils portent de faux témoignages, l’État juif, tenu en main depuis l’assassinat du président Rabin, en novembre 1994 par Netanyahu, l’Etat juif, donc, en la personne de B Netanyahu, vient d’affirmer que le nouveau président de l’Iran, M. Rohani a lui-même personnellement mis au point l’attentat terroriste en question!!! (http://www.unoticias.com.uy/…/israel-vinculo-a-rohani-con… )

En 2008, le chancelier argentin Héctor Timerman fut envoyé par la présidente Cristina Fernandez transmettre le message suivant à John Negroponte: « tôt où tard, vous allez devoir mettre en route un processus de paix avec les Perses; nous les Argentins allons vous donner un coup de main pour ce faire, avec l’enquête autour de l’attentat contre l’AMIA ». Il l’a redit à Hillary Clinton, puis à Kerry. Et les arguments argentins de poids, pour que les US effectuent un virage de bord impliquant une redéfinition de toute leur politique au Levant, il les tirait de la guerre de 1982. Et en septembre dernier, la présidente argentine, lors du sommet de l’ONU qui a vu s’élever la clameur internationale contre l’agression de la Syrie, s’est entretenue avec Obama en privé.

Leçons militaires d’Argentine

Il se trouve que l’Argentine peut se targuer de succès militaires considérables sur la Grande Bretagne lors de la guerre des Malouines, en 1982. C’est l’analyse fine de cette brève guerre qui a donné son essor original à la réflexion géopolitique des Argentins.(2)

L’Angleterre s’était retrouvée paralysée face aux missiles Exocet lancés par les Argentins. Cette situation les deux parties l’avaient vécue lors de la bataille de Punta Quebracho, en 1846. On se souvient du dénouement: le président Mitterrand vola au secours des Anglais, en ne livrant pas tous les missiles promis aux Argentins, et en donnant les codes secrets des Exocets aux Anglais. Une demi douzaine de ces missiles avaient suffi à faire des ravages, une douzaine de plus aurait fait basculer les ex-Falklands dans le giron de l’Argentine. (BBC News – How France helped both sides in the Falklands War
http://www.bbc.co.uk/news/magazine-17256975

Tout cela a été étudié par l’amiral Fallon, ainsi que par Sandy Woodward, chef de la flotte britannique en 1982. La trahison française a été complétée par la trahison du gouvernement militaire argentin, qui avait lancé la mobilisation contre l’Angleterre autour des Malouines pour flatter le sentiment national populaire, mais eut peur de ne pas pouvoir maîtriser l’incendie qu’elle allumait. Le journaliste Alejandro Fantino et le rapport Rattenbach, rédigé par le pilote de combat Moro, Virginia Gamba et Federico Bernal, publié par Tiempo Argentino, en ont apporté la démonstration. Le général Galtieri avait refusé le soutien des Russes et des voisins latino-américains, avec cette argumentation à mots couverts:  » pas d’aide russe pour la défense de la nation, parce que nous nous retrouverions infectés par le communisme. Et nous voulons encore moins des Mirage péruviens, parce que nous sommes des Européens [en ce sens qu’ils sont plus blancs que le reste de l’Amérique] et notre maître à penser Sarmiento se retournerait dans sa tombe si nous acceptions de nous battre aux côté de ces indigènes du Pérou. »

En effet, sur le terrain, les soldats argentins faisaient preuve d’héroïsme et réalisaient des miracles, comme ils l’avaient fait, contre le même agresseur, en 1763, en 1806, en 1807, 1844 et 1846. Mais l’État major, nullement motivé pour arracher une victoire qui aurait été révolutionnaire et anti-impérialiste, fit un travail de laquais et d’agent double pour ne pas affronter le courroux US.

En se préparant à reculons à l’attaque de la Syrie, Obama n’ignorait pas les points comparables entre cette épopée et ce qui l’attendait: un peuple syrien prêt à mourir en masse, comme les Cubains en 1962, pour défendre leur souveraineté nationale. Une direction syrienne également prête à tout, ayant noué des alliances solides. Pas de risque que les Russes trahissent en retardant la livraison de leurs Onyx; et les GPS chinois les auraient averti immédiatement du décollage du moindre missile américain ou israélien. Les porte avions US, armes subsoniques comme les Tomahawks, auraient été coulés par les armes supersoniques, trois fois plus rapides que les Tomahawks. Israël, comme Miami en 1962, y aurait perdu tout de suite le dixième de sa population. Il est probable qu’une bonne partie de la population israélienne pouvant se targuer d’une deuxième nationalité aurait pris la poudre d’escampette.

La simulation de cette agression US qui est restée virtuelle jusqu’à ce jour a donc eu un côté pédagogique certain. Le chancelier Timerman, juif pratiquant, est officiellement considéré comme un abominable traître à la judéité en Israël. Mais chacun sait qu’ils sont partout et nombreux les juifs qui travaillent pour la paix, c’est à dire contre le gouvernement israélien et ses officines terroristes, plus ou moins ouvertement, selon leurs différents niveaux de responsabilité. Lors du discours du président Rohani à l’Onu, Netanyahu a quitté ostensiblement la salle, mais un de ses ministres est resté.

Le lien avec la politique intérieure des USA

Démocrates et républicains arrivaient à travailler ensemble, au printemps dernier, sur la réforme des lois migratoires, dans un sens modéré. Il faut insister sur la particularité de l’immigration la plus nombreuse aux USA, celle des hispanophones, qui sont aussi des catholiques, aux valeurs familiales fortes. Il n’y a aucun obstacle profond à la fécondation réciproque entre états-uniens depuis plus d’un siècle, et nouveaux états-uniens: pas d’interdit alimentaire chez eux, encore moins vestimentaire, pas de mémoire de croisades ou de reconquista; au contraire, un fort sentiment de leur américanité commune, malgré tout, malgré les ravages de l’impérialisme. Une religion est en pleine expansion aux USA, et elle vient aussi de l’Amérique latine: c’est l’animisme caribéen, le paganisme d’origine africaine qui intègre le paganisme autochtone de l’Amérique. Or ce syncrétisme, qui n’est nullement réservé aux noirs, exige l’observance et le respect des rites chrétiens. Avec l’élan de charité chrétienne donné par le pape François, et l’écaillement du vernis sioniste des élites, dont le peuple n’a jamais été dupe, de nouvelles alliances de forces populaires deviennent possibles aux USA. Déjà, l’Obamacare, dont la première phase est entrée en vigueur le 1er octobre, remporte un énorme succès, c’est bon signe… (http://www.tdg.ch/economie/shutdown-obamacare-cartonne/story/12976893/print.html)

Souhaitons au président Obama de continuer à écouter le camp de la paix, le camp des pauvres, et de pouvoir continuer à travailler dans le camp… des Argentins. L’Argentine a vécu le défaut de paiement, et s’en est remise. Et elle donne l’exemple de la possibilité de travailler avec l’Iran sur un sujet qui met à nu le terrorisme israélien sous faux-drapeau. Les Américains aussi ont connu des attentats meurtriers où ils ont vu les Israéliens falsifier des preuves, détourner des enquêtes, corrompre des magistrats, assassiner des témoins gênants et protéger leurs agents démasqués, en incontestables complices de crimes utilisés comme contexte émotionnel indispensable pour permettre l’invasion et la destruction de l’Iraq et de l’Afghanistan, en prélude à celle de la Syrie et de l’Iran. Ils ont tout intérêt à en finir avec l’emprise des maffias sur leurs élus. Ce sentiment s’exprime jusqu’au sein du FBI, qui « dévoile des documents troublants » (http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/israel-et-le-11-septembre-2-7-le-100817).

Les guerres d’Indépendance, en Amérique latine, ont toutes été dépendantes de la mobilisation noire, en faveur des séparatistes locaux. C’est le général Petion, en Haïti, qui, ayant promis le soutien des Afro-américains à Simon Bolivar, fit basculer le rapport de forces en sa faveur, dans chaque pays. Lorsqu’ils ont pris peur de leur base noire, et se sont sentis menacés par la « contagion haïtienne », les état-majors insurgés sont retombés dans l’orbite coloniale. Dans la polarisation radicale qui vient, inéluctable, de nouveau, tant Obama que son peuple vont devoir choisir. Les USA peuvent gagner leur guerre d’indépendance contre Israël à condition d’épouser massivement leur pôle noir.

Remarque à toutes fins utiles

Depuis une dizaine d’années, l’Argentine reconstruit patiemment son armée, démantelée par le président Menem dans les années 1990, président qui, partisan de « rapports charnels » avec les USA, céda aux pressions israéliennes lors de l’attentat contre l’AMIA, alors qu’il n’était nullement dupe de leurs intromissions, destinées à lui faire rompre tout lien commercial et diplomatique avec l’Iran. L’Argentine fournissait du matériel nucléaire à Israël, et à l’Iran, depuis l’époque du Shah… Ses forces terrestres, aériennes et navales font des exercices conjoints (coordination qui n’existait pas en 1982!), le recrutement se féminise, le niveau d’études s’élève, le TIAR a été remplacé par un système de défense régionale. Le peuple retrouve confiance dans son armée, qui de son côté accepte de reconnaître les crimes de lèse humanité commis dans les années 1970, et les impute à ses dirigeants lamentables de l’époque, les mêmes qui ont sacrifié pour rien la jeunesse dans les combats pour les Malouines. Et le gouvernement de Cristina Fernandez a repris le programme chaviste dynamique d’intégration latino-américaine, avec coopération militaire éventuelle, sans discrimination des pays moins blancs qu’eux, au sein de l’UNASUR.

(1) Sur l’affaire des 5 Cubains in justement emprisonnés pour « complicité de terrorisme », alors qu’ils luttaient précisément contre les terroristes américains de Miami, « il y a des avancées : la réduction de la peine pour trois des Cinq, sous la pression de l’opinion publique internationale, et le fait que, au mois d’avril de cette année, la juge ait accepté que René, le premier des Cinq qui a été libéré, puisse quand-même retourner à Cuba, contre l’avis du ministère public. Et puis il y a la publication récente de documents démontrant qu’un certain nombre de pseudo-journalistes étaient payés par le gouvernement étasunien afin de manipuler, par le biais de la presse, l’opinion publique de Miami contre les Cinq pendant le procès et lorsque les jurés se penchaient sur leur verdict. Evidemment, tout cela annule le procès. La défense a demandé une nouvelle session, mais la juge réfléchit toujours » (http://www.les5.org/toutes-les-news.html). On espérait, le 10 octobre dernier, 15ème anniversaire de la détention des 6, un nouveau geste. Cuba avait refusé d’accueillir l’avion d’Edward Snowden, au mois de juin, en espérant un renvoi d’ascenseur…

(2) Les réflexions qui suivent reprennent les dernières informations et analyses d’Oscar Abudara Bini, coordonnateur de l’ouvrage: Malvinización y desmentirización, Ediciones Fabro, Buenos Aires 2013.

Voir Siria: deflagración sin conflagración (http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1492).

http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1493

Les européens convoquent les ambassadeurs américains…Pour leur dire quoi ?


Hollande-MerkelSnowden continue à nous régaler avec un spectacle comique digne d’un Dieudonné. A chacune de ses révélations on assiste à un ballet loufoque parmi les gouvernants européens. C’est à celui qui sera le plus surpris, le plus indigné et celui qui aura la réaction la plus ferme vis-à-vis de l’administration étatsunienne. Ces réactions vont de « s’il vous plait, Mr Obama, vous ne pouvez pas nous espionner un peu plus discrètement ? », à « ce n’est pas gentil d’espionner un ami », lourdes de menaces.

Obama a déjà répondu à Merkel, lui assurant qu’elle n’était plus écoutée. Cela veut-il dire qu’on sait déjà tout ce qu’on devait savoir sur elle, et qu’il n’y a pas lieu de continuer les écoutes ? Hollande aussi s’est cru obligé d’appeler Obama, qui a dû lui répondre à peu près la même chose qu’à Angela Merkel.

Mais, devant l’ampleur des révélations, ces réactions timides pourraient passer pour de la faiblesse. Il fallait faire un peu plus de bruit pour être un indigné crédible. Alors on convoque les ambassadeurs pour des protestations officielles. Avec un grand tapage médiatique comme il sait si bien le faire, Laurent Fabius convoque Mr Charles H. Rivkin, ambassadeur américain à Paris. Nous pouvons aisément deviner ce qu’ils se sont dit, comme si nous y étions.

– Bonjour Laurent, comment ça va ?

– Hi Charles. Bof, pas très fort, tu t’en doutes bien.

– Oui, je sais. Nos amis reculent de partout. L’armée de Assad leur mène la vie dure. Pourtant Bandar fait du bon boulot. Mais tu prends les choses trop à cœur, n’y penses plus. Vous, au moins, vous avez le Mali ; vous pouvez faire ce que vous voulez. Il suffit que Bandar fasse un peu bouger ses hommes, et vous rappliquez. Nous c’est différent. Poutine nous marque à la culotte. Dès qu’on bouge le petit doigt, c’est ‘’le droit international’’ par-ci, ‘’tenir vos engagements’’ par-là, les temps changent.

– Mon pauvre Charles… Nous aussi, nous sommes victimes de ce malfaisant de Poutine. Il faut dire qu’il commence à nous les briser menu, menu.  Depuis qu’il a récupéré Snowden, chaque fois que les choses semblent se tasser, il lui fait sortir une nouvelle révélation, rien que pour nous enquiquiner, pour ne pas dire plus. Ça va durer encore longtemps ?

– Ne t’inquiète pas, je t’ai emmené la réponse que tu dois fournir à la presse. C’est à peu près la même que pour les autres capitales. Bon, c’est pas tout ça, faut que j’y aille. Je dirai que tu m’as remis une lettre de protestation, que nous sommes désolés, et que nos relations, qui datent de La Fayette, etc, etc…

A quand les prochaines révélations de Snowden qui les feront à nouveau danser ?

Avic

Obama : La prison se précise


Obama-dronesSalut Obama, comment vas-tu ? Ne te fatigue pas à espionner mes mails, je m’adresse à toi en direct live pour te faire part d’un vœu très cher : que tu ailles en prison, le plus tôt possible et pour longtemps, vu l’ampleur des crimes que tu as commis. C’est le signe nécessaire pour que six milliards d’êtres humains retrouvent confiance en la justice, et n’aient plus l’impression qu’une secte, élue par 25 % de la population riche d’un petit pays (Etats-Unis, Amérique du Nord) décide de tout dans le monde.

Comme je suis un fervent adepte – croyant et pratiquant – des droits de l’homme, je précise : tu es présumé innocent, et je souhaite juste qu’un procureur te cite devant un tribunal digne de ce nom,… donc hors US bien sûr. A moins que d’ici là, ton petit pays ratifie le protocole reconnaissant le recours individuel devant le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, le statut de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme et celui de la Cour Pénale Internationale. Car vois-tu, il reste fort fâcheux de te voir pérorer sur les droits de l’homme alors que tu refuses de reconnaître les traités qui donnent force aux droits de l’homme.

Le sujet du jour, ce sont les exécutions sommaires par drones. Comme dans les westerns, sauf que là,… on est dans la vie. Et les pièces de l’accusation ne viennent pas de gauchistes post-staliniens ou de barbus de l’Axe du mal…

D’abord, Amnesty international. L’ONG publie un rapport accusant tes services de « crimes de guerre » et « d’exécutions extrajudiciaires » dans le cadre de tes opérations dans le nord-ouest du Pakistan. Amnesty parle « de permis de tuer ». Ben dis donc, c’est pas gentil ça, Obama…

Polly Truscott, la directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty explique : « Nous disposons de nouvelles preuves tangibles que les Etats-Unis sont responsables d’homicides illégaux dans les attaques de drones, explique Certains de ces homicides peuvent être qualifiés d’exécutions extrajudiciaires ou de crimes de guerre ».

Dans neuf cas de frappes de drones dans le Waziristan du nord, perpétrées entre janvier 2012 et août dernier, des preuves irréfutables montrent que des civils ont été pris pour cibles. Polly précise : « Pour contredire les autorités américaines qui qualifient leur cibles de « terroristes », je vais vous citer un exemple : une femme de 68 ans était en train de planter ses légumes dans un champ sur sa propriété, entourée de ses petits-enfants, quand son corps a été déchiqueté par un missile. Comment cette femme, Mamana Bibi, c’était son nom, pouvait-elle avoir de près ou de loin des liens avec les insurgés ? »

Et voilà tout le problème, Obama. Amnesty, avec un dossier blindé, montre que si Mamana Bibi a été tuée, c’est que tu as donné l’ordre, au prétexte de dossiers bidons inventés par la CIA. Ça vaut perpète, mon pote… Tuer des civils, sans jugement, sans procès, et alors que tu n’as rien à faire au Pakistan.

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Le rapporteur spécial de l’ONU sur la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, confirme. Dans un rapport ce 18 octobre, il estime à plus de 400 le nombre de civils tués au Pakistan. Selon lui, la CIA a créé « des obstacles presque insurmontables à la transparence », ce qui « entraîne un déni de responsabilité qui affecte la capacité des victimes à demander réparation ».

Alors, un conseil, Obama : tu te constitues prisonnier, et tu demandes le bénéfice des droits de la défense. Parce que sinon, des équipes bien formées vont venir te larguer un drone sur ton gros nez de menteur infini. Pour venger Mamana Bibi… Une grand-mère de 68 ans… Tu as fait trop de mal pour t’en tirer, et tu devrais te rendre à la Justice.

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

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Avec des amis américains, la France n’a pas besoin d’ennemis!!


FrenchAncien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet* décrypte pour Le Figaro les pratiques d’espionnage de l’Agencenationale de la sécurité américaine (NSA) à travers le monde.

Êtes-vous surpris par l’envergure quasi industrielle de l’espionnage effectué par la NSA?

Alain JUILLET– Même si les responsables politiques ont toujours eu du mal à croire que nos alliés puissent se livrer à de telles pratiques, les
experts de la sécurité et du renseignement savent depuis longtemps que les Américains écoutent qui ils veulent. La seule grande surprise, c’est l’ampleur colossale du pillage mis au jour même si les récentes protestations d’Angela Merkel après des espionnages similaires en Allemagne ou celles de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui a même annulé un voyage aux États-Unis, en disent long sur l’échelle planétaire des interceptions.

Qui est visé?
Tous ceux qui peuvent représenter une menace, voire une simple concurrence. Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, qui ne constitue qu’une petite partie de leur activité, nos «amis» américains peuvent aussi écouter des politiques travaillant au siège de l’OCDE, de la communauté européenne à Bruxelles mais aussi à l’Élysée ou Matignon.

Les morceaux de choix restent toutefois les entreprises stratégiques liées en particulier à la Défense, au spatial, à l’aéronautique mais aussi à la
pharmacie et au pétrole. En général, les systèmes de protection des réseaux bloquent les attaques classiques, mais celles dont on soupçonne la NSAsont ultra-perfectionnées, facilitées par l’aide active des sociétés US telles que Facebook ou Microsoft. Il est toujours plus facile de visiter un
appartement quand on dispose de plans…

Plus de 70 millions de données captées en un mois… Comment trier puis traiter les informations intéressantes?

C’est à la fois simple et vertigineux: la masse des données interceptées est stockée dans la mémoire monstrueuse de serveurs «big data». Ensuite, des logiciels en balaient le contenu grâce à des mots clefs, des numéros de téléphone et des adresses mails considérées comme suspectes ou intéressantes. Des analystes à leur tour font de précieuses synthèses sur telle ou telle stratégie entrepreneuriale. Il y a quinze ans déjà, la compagnie Raytheon, spécialisée dans les systèmes électroniques, avait ainsi raflé le marché de l’équipement en réseau du bassin amazonien à la surprise générale alors que le français Thompson était favori en termes de prix et de produits. Les US avaient branché leur système d’écoute «Échelon» pour piéger les conversations entre les négociateurs au Brésil et la maison mère à Paris. À ce jeu trouble, un récent rapport de la société Mandiant montre que seuls les Chinois disposent d’un savoir-faire un peu analogue. Comment réagir face à cette menace?

En faisant preuve de moins de naïveté dans ce monde ultra-concurrentiel. Trop de nos cadres dirigeants envoient encore depuis leurs ordinateurs non sécurisés des mails sensibles sans imaginer qu’ils sont lus à distance. Et il a fallu attendre le mois dernier pour que les services du premier
ministre adressent une circulaire aux directeurs de cabinet de ministères régaliens pour que les hauts fonctionnaires utilisent des téléphones portables chiffrés pour crypter les conversations confidentielles. Cette mesure a été déclenchée en plein scandale de l’affaire Prism révélée par Edward Snowden. Sans lui, personne n’aurait jamais su officiellement.

Aujourd’hui, il est temps de changer en profondeur nos habitudes et d’adapter notre cadre légal à la hauteur des enjeux. Par exemple, que peut faire le législateur face aux États-Unis qui écoutent même les journalistes? Pour  l’instant, hélas, pas grand-chose.

* Ancien directeur du renseignement à la DGSE (2002-2003), Alain Juillet
préside le Club des directeurs de sécurité des entreprises et l’Académie de
l’intelligence économique.

http://french.irib.ir/info/international/item/279851-avec-des-amis-am%C3%A9ricains,-la-france-n-a-pas-besoin-d-ennemis

Et si l’Iran privait les « Occidentaux » d’ennemi ? par Philippe Migault


Tribune libre Byblos

ahmadinejad-hitler-israel-horzL’élan d’ouverture qui se manifeste en Iran depuis l’élection d’Hassan Rohani a été favorablement accueilli par les « Occidentaux ».

La conversation téléphonique du Président iranien avec Barack Obama, premier contact direct entre les chefs d’Etats des deux pays depuis la révolution islamique de 1979, a suscité l’optimisme sur la scène internationale. L’esprit résolument moderniste de ce religieux qui fait le buzz sur Twitter, les pistes de négociations proposées par Téhéran sur son programme nucléaire, ont déclenché une vague de commentaires et d’analyses qui ne sont pas sans rappeler les premiers mois de la Perestroïka : enthousiasme d’une part, profond scepticisme de l’autre.

Du point de vue israélien, les choses sont claires : Rohani est un « loup déguisé en mouton » assure Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre de l’Etat juif est persuadé que ce séducteur n’est qu’une ruse persane, dont l’objectif est de gagner du temps afin de permettre à l’Iran d’achever la mise au point de sa bombe atomique.

Côté américain, on se veut prudent. Parce qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, on rappelle qu’il faudra que Téhéran donne des garanties sur son programme nucléaire.

Pourtant, l’hypothèse d’une énorme entreprise de désinformation iranienne n’est peut-être pas ce qui inquiète le plus les Israéliens et leurs alliés américains. « Nous allons vous faire ce qu’il y a de pire, nous allons vous priver d’ennemi », déclarait en 1989 Alexandre Arbatov aux Américains. A Washington et à Tel-Aviv, bien des personnes redoutent que Rohani fasse de même.

Imaginons un Iran qui accepte la transparence sur l’atome, un Iran qui s’ouvre, qui convainque « l’Occident » de sa bonne volonté et obtienne la levée des sanctions.

Quel épouvantail brandiront les Israéliens pour poursuivre leur coûteux programme de bouclier antimissiles ? Pour les entreprises d’armement israéliennes qui ont développé une génération de matériels très onéreux, qu’elles proposent à l’export, une telle perspective serait catastrophique.

Car l’enjeu est colossal. Les systèmes antimissiles sont parmi les produits les plus convoités du marché mondial de l’armement. De nombreux Etats sont prêts à investir lourdement pour s’en doter. La vague de protestations ayant accompagné la décision turque d’acheter des missiles HQ-9 à la Chine ne se justifie pas seulement par le choix d’un matériel chinois par un Etat membre de l’OTAN. Elle s’explique surtout par la perspective de voir 4 milliards de dollars échapper à l’un des missiliers occidentaux et la Chine réussir une entrée fracassante sur ce segment juteux.

Les sociétés israéliennes espèrent secrètement greffer leurs systèmes sur un bouclier antimissiles européen, dont elles représenteraient la première ligne de défense vis-à-vis des menaces venues du Moyen-Orient, tenant le rôle que l’OTAN refuse à la Russie. Pour Tel-Aviv, cela permettrait de faire coup double : rapprochement militaire et diplomatique avec les Européens, accès à un marché des plus lucratifs, au détriment des entreprises européennes de défense, essentiellement françaises sur ce segment…Que Téhéran fasse des concessions et tout s’écroule.

Le même problème se pose aux Américains. Comment justifieront-ils leur propre projet en Europe ? En évoquant les missiles pakistanais ou nord-coréens ? Ou bien Washington ressuscitera-t-il la menace russe, ultime recours pour justifier la pérennité de l’OTAN ?

Les groupes Boeing, Raytheon, Lockheed-Martin ont eux aussi tout à perdre…Lourdement impliqués dans les programmes antimissiles israéliens, ils seraient doublement impactés : en Israël et, beaucoup plus grave, en Europe.

Car l’objectif commun de ces entreprises et de la Maison-Blanche sur le Vieux Continent est limpide. Il s’agit de renouveler le coup du programme d’avion de combat F-35. Celui-ci monopolise déjà une bonne partie des fonds que les Européens peuvent investir dans la R&D en matière d’aéronautique de défense, sans aucun transfert de technologie américaine en retour. Un désastre tel que les Etats de l’UE n’ont plus les moyens de financer les études nécessaires au développement de la prochaine génération d’avions de combat. En faisant de même sur le segment des missiles et de l’électronique de défense au sens large, l’Amérique donnerait le coup de grâce. Elle siphonnerait le gros des ressources restant à l’Union européenne pour sa défense, neutralisant son industrie de l’armement, la réduisant au rang de junior partner, nous privant d’un instrument indispensable à notre autonomie stratégique.

La mutation esquissée à Téhéran est susceptible, dans une certaine mesure, de remettre en cause la pérennité de l’OTAN, principal instrument d’influence américain en Europe sous sa forme actuelle.

Elle peut aussi rebattre les cartes sur le marché de l’antimissile où les entreprises européennes, faute de soutien politique, peinent à imposer leurs atouts face à leurs rivales américaines et israéliennes.

Espérons que l’éclaircie Rohani tourne au grand beau temps.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Philippe Migault est Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS). Ses principaux domaines d’expertise sont les questions diplomatiques et stratégiques, les conflits armés et industries de l’armement.

http://fr.ria.ru/tribune/20131018/199586772.html

Via http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3997

Obama, face à la diplomatie de velours de Rohani


Tribune libre Byblos

Hassan-Rohani-et-Barack-ObamaIls portent les prénoms des petits-fils de Mahomet : Hussein et Hasan, qui représentent deux manières différentes d’agir face à l’ennemi. Le premier, surnommé « le prince des guerriers », s’est lancé dans une bataille suicide pour le califat, et a perdu la vie dans une embuscade à Kerbala (Irak) en 608, alors que le second, voyant qu’il ne pouvait s’imposer face à Mu`âwîya Omeya et à sa puissante armée, a choisi de lui céder le pouvoir. Dans leur conflit, Hussein Obama et Hassan Rohani ont décidé de proclamer un cessez-le-feu, évitant ainsi une bataille qui serait mère de toutes les guerres. Si le premier, qui a nommé 25 fois l’Iran dans son discours devant l’ONU, parvient à empêcher l’entrée de ce pays dans le club nucléaire, il obtiendra son plus beau résultat en politique extérieure.

La dernière rencontre entre les chefs d’Etat des deux pays remonte à 36 ans. « Vous présidez une île de stabilité », avait dit Jimmy Carter au shah, alors que la terre tremblait sous les pieds insensibles du dictateur et qu’une année plus tard, une révolution démocratique (bâillonnée et avortée par la suite) allait mettre un terme à 2500 ans de monarchie.

Soit dit en passant, ce n’est pas la République islamique qui a interrompu les relations avec les Etats-Unis, mais bien l’inverse. La rupture s’est produite lorsque l’ambassade américaine à Téhéran a été occupée en signe de protestation contre le fait que les Etats-Unis aient accueilli le shah et sa famille, qui s’enfuyaient avec des valises pleines de bijoux et d’argent.

L’inimitié à l’encontre des Etats-Unis n’est pas inscrite dans la nature de la République islamiste. D’ailleurs, même après l’épisode de l’ambassade, les représentants politiques des deux pays ont continué à coordonner leurs stratégies. Quelques exemples : A la demande du candidat républicain Ronald Reagan, l’Iran n’a pas libéré les otages de l’ambassade, afin d’empêcher la réélection de Carter en 1980 ; la visite du général Robert MacFarlane à Téhéran en 1987, alors que l’ayatollah Ali Khamenei – l’actuel chef d’Etat – occupait la présidence, pour lui demander des bases destinées à espionner l’URSS ; la coopération avec Bush pour renverser Saddam Hussein et les talibans, et établir ensuite des gouvernements clients dans les deux pays ; enfin, récemment, le voyage de l’Américain Jeffrey Feltman, en qualité de représentant de l’ONU, pour négocier à propos de la Syrie.

Or, après tant d’années passées à crier « A bas l’Amérique » et à attribuer à la superpuissance la responsabilité de tous les maux du pays, les autorités iranniennes sont devenues les otages de leurs propres consignes, de sorte qu’il est maintenant difficile de renouer des relations avec le Grand Satan devant un public radical confus qui a exprimé son indignation en lançant des chaussures sur le cortège présidentiel de Rohani à son retour de New-York. Fort heureusement pour lui, il n’avait pas posé pour une photo avec Obama !

La 68ème assemblée des Nations Unies entrera dans l’histoire pour avoir donné une dernière chance de trouver une solution politique au conflit nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales. Hasan Rohani, avec la bénédiction d’Ali Khamenei, a adopté l’attitude de Mahmoud Ahdmadineyad en politique extérieure à la fin de son mandat : courtois et le sourire aux lèvres, il a assisté à cette réunion accompagné par le député des juifs iraniens, pour condamner les crimes nazis.

Le fait que la délégation israélienne ait été la seule à quitter la salle démontre l’intérêt des représentants de tous les autres pays à entendre le nouveau président de l’Iran. La politique modérée de Rohani a mis dans l’embarras Benyamin Netanyahou, qui doit sans aucun doute regretter Ahmadinejad. Le président Obama a dit deux choses que la République islamiste souhaitait entendre : d’une part qu’il ne cherche pas à changer le régime et d’autre part qu’il respecte le droit de l’Iran à accéder à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Pour la première fois depuis des années, il n’a pas menacé l’Iran, ni prononcé la phrase maudite : « Toutes les options sont sur la table ».

Les raisons du changement

Côté Etats-Unis, les raisons du changement sont les suivantes :

– Négocier avec Téhéran coûte moins cher que de mener une guerre suicide ou d’accepter que l’Iran dispose d’un armement nucléaire.

– Aux Etats-Unis et en Israël, l’opinion publique est défavorable à une aventure belliqueuse en terres iraniennes. (Voir vidéo campagne : “Iranians : we love you  )

– Si leurs deux alliés les plus fidèles, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont refusé de collaborer pour l’attaque militaire contre Assad, ils n’accepteraient non plus pour l’Iran, qui reste un bien gros morceau.

– Le « gouffre fiscal » et le manque d’argent pour un nouveau conflit de grande envergure.

– Les Etats-Unis ont besoin de la République islamique pour pacifier l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et le Liban – ou pour y poursuivre leurs politiques.

Côté Iran, les raisons du changement sont les suivantes :

– Les sanctions étouffent l’économie du pays et les prix du pétrole sont bas. La « pétropolitique » montre l’effet immédiat de la corrélation négative entre les fluctuations des prix et l’offre de brut sur les politiques intérieure et extérieure (la qualité de la démocratie politico-économique) d’un pays. Plus il y a de pétrodollars, plus le pouvoir est indépendant de la volonté des citoyens. Ces huit dernières années, le gouvernement d’Ahmadinejad a bénéficié de revenus pétroliers supérieurs à tous les bénéfices obtenus au cours des cent années, sans pour autant que les conditions de vie de la population s’améliorent. Aujourd’hui, la République islamique ne peut plus ignorer la volonté du peuple.

– L’Iran craint l’éclatement de troubles sociaux plus graves que ceux de 2005, non plus pour des raisons politiques et de droits civils, mais en réaction aux conditions économiques.

– L’Iran se trouve dans un isolement impossible à supporter, fait l’objet de quatre sanctions de l’ONU et rencontre l’opposition d’un vaste front mondial regroupant aussi bien ses voisins turcs, juifs et arabes que les puissances « alliées », comme la Chine et la Russie, qui votent en faveur des sanctions du Conseil de sécurité.

– La Syrie, son unique allié dans la région, est sous pression.

– L’Iran se sent assez fort pour se défendre sans armes nucléaires, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.

– L’Iran a besoin de conclure un accord avec Washington avant qu’Obama quitte la Maison-Blanche, en 2016.

– L’Iran ne pourra être une puissance régionale qu’en s’alliant aux Etats-Unis, comme la Turquie ou Israël.

Pour abandonner son programme nucléaire, l’Iran demande des garanties que les Etats-Unis et Israël ne l’attaqueront pas, la levée des sanctions économiques et financières ainsi que le droit de pouvoir recourir à l’énergie nucléaire à des conditions qui respectent sa souveraineté, soit concrètement à pouvoir enrichir de l’uranium sur son propre territoire. Pour leur part, les Etats-Unis demandent à l’Iran d’apporter la preuve que son programme nucléaire poursuit des buts pacifiques et d’abandonner Bachar al-Assad.

Les obstacles auxquels les deux gouvernements sont confrontés

Les deux chefs d’Etat rencontrent une forte opposition, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur pays.

Le président iranien a contre lui le pouvoir judiciaire, le parlement ainsi qu’un vaste réseau peu coordonné d’organes, de groupes et d’institutions aux intérêts divers, comme les « Principalistes », l’élite intégriste multidimensionnelle opposée à changer le statu quo, qui agite le drapeau des « valeurs » de la lutte contre le Grand Satan et qui a empêché jusqu’à la rencontre « fortuite » entre Obama et lui dans les couloirs de l’ONU. Rohani compte parmi ses détracteurs certains secteurs de l’armée toute puissante de Gardiens islamiques, lesquels ont refusé l’offre qu’il leur avait faite leur permettant de maintenir leur influence sur l’économie à condition de ne pas interférer dans la politique.

Il se trouve également face à l’opposition de ceux qui se méfient des intentions de Washington et qui n’ont pas l’intention d’abandonner Assad, estimant que la Syrie constitue la « profondeur stratégique  » de l’Iran et que ce rapprochement n’est rien d’autre qu’un compromis face à l’Empire. Il n’a pas non plus les faveurs des commerçants qui se sont enrichis grâce au marché noir que les sanctions économiques ont engendré, qui gagnent des millions en touchant de grosses commissions sur les dollars qu’ils importent, une conséquence du boycott imposé sur le secteur financier iranien par l’ONU et les Etats-Unis.

La position ambiguë d’Ali Khamenei est dangereuse, lui qui est capable de désavouer Rohani et de l’écarter du pouvoir si les tentatives de lever les sanctions échouent ou s’il se sent menacé par l’union forte entre Rohani et Hachemi Rafsandjani. Par ailleurs, depuis son investiture, les citoyens ont de fortes attentes, surtout depuis que les Etats-Unis ont fait une seule affaire du dossier nucléaire iranien et du dossier syrien.

Pour toutes ces raisons, Rohani a prévenu les Etats-Unis que le temps pressait et que sa proposition de paraliser le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions économiques imposées par l’Occident et l’ONU pourrait être annulée par les sécteurs radicaux de la République islamique si ceux-ci ne constatent pas immédiatement les résultats des efforts qu’il fournit en politique extérieure.

Pour sa part, Obama doit dissiper la méfiance suscitée aux Proche Orient par les agressions militaires perpétrées par son pays, neutraliser les pressions des républicains, d’Arabie Saoudite et d’Israël, qui observent d’un œil irrité à quel point l’option militaire contre les ayatollahs s’est affaiblie ; imposer sa volonté à Netanyahu, qui exige l’annihilation de la capacité de l’Iran à militariser sa technologie nucléaire, alors qu’Obama est indifférent au fait que l’Iran puisse devenir comme l’Allemagne, l’Argentine, l’Espagne ou l’Italie, entre autres, dont les industries nucléaires civiles disposent d’une technologie en mesure de produire des armes nucléaires, mais qui ont décidé, pour des raisons politiques et économiques, de ne pas le faire.

Il ne s’agit pas ici de deux poids, deux mesures, mais de la position illogique de Tel Aviv, qui est le principal bénéficiaire du rapprochement entre les Etats-Unis et l’Iran, lequel implique le désarmement de ce dernier pays et la fin du soutien qu’il apporte aux ennemis d’Israël dans la région.

Les secteurs va-t-en-guerre des deux pays tenteront de dynamiter tout accord, soit en produisant des films tels que Jamais sans ma fille ou Argó, soit en prenant d’assaut des ambassades ou en lançant des provocations depuis la Syrie ou d’ailleurs. La célébration iranienne du 4 novembre, date de la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, s’approche. C’est l’occasion parfaite pour le tandem Khamenei-Rohani de démontrer leur bonne volonté en remplaçant les traditionnels rassemblements devant ce bâtiment – où l’on scande « A bas l’Amérique » et où l’on brûle des drapeaux à rayures et étoiles – par des tables rondes, des conférences télévisées ou autres, afin d’expliquer la nouvelle politique du pays.

Rohani doit lier la détente en politique extérieure et les réformes intérieures, à savoir lever la censure sur l’internet, autoriser les syndicats et les partis politiques, supprimer la peine de mort (infligée quotidiennement à plusieurs personnes), cesser de harceler les personnes qui refusent de porter la tenue islamique (une pure invention), pour élargir sa base sociale. Pour le moment, il a libéré plusieurs prisonniers politiques, réintégré des dizaines d’étudiants et de professeurs et introduit la gratuité des traitements destinés aux malades « spéciaux ». Il ne s’agit certes que de gestes timides, mais néanmoins positifs.

S’il est vrai qu’il n’y a pas eu de photo de Rohani et d’Obama ensemble, peut-être pourrons-nous voir John Kerry, dont le gendre est un médecin iranien, se promener dans les rues de Téhéran. Pour la paix dans le monde, espérons que cette branche d’olivier ne soit pas méprisée.

Traduit de l’espagnol par Chloé Meier pour Investig’Action

Vous pouvez contacter l’auteur à l’adresse suivante : ecrirearmanian@gmail.com

Source : Publico.es

http://www.michelcollon.info/Obama-face-a-la-diplomatie-de.html

Les frères Obama : protecteurs du terrorisme islamique saoudien


 

La vice-présidente de la Haute cour constitutionnelle égyptienne, Tahani al-Gebali, a affirmé lors d’une entrevue à la chaîne Bitna al-Kibir en août dernier que « le frère d’Obama [Malik] est l’un des architectes de la stratégie d’investissements pour le compte de l’organisation internationale des Frères musulmans ». 

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Ahlul Bayt Nouvelles Agence (ABNA) : Selon une traduction faite par Walid Shoebat (un ancien membre des Frères musulmans aujourd’hui activiste pour la paix), al-Gebali a déclaré :

Nous allons faire respecter le droit, et les Américains ne pourront pas nous en empêcher. Nous devons ouvrir les dossiers et initier les procédures judiciaires. L’administration Obama ne peut nous arrêter ; ils savent qu’ils ont soutenu le terrorisme. Nous allons ouvrir les dossiers pour que les nations concernées soient exposées, afin de montrer comment elles ont collaboré avec les terroristes.

Shoebat a indiqué le 5 septembre que plusieurs personnalités médiatiques égyptiennes ont rapporté que Malik Obama, le demi-frère du président américain Barack Obama, fait actuellement l’objet d’une enquête en Egypte concernant son rôle au sein de l’Organisation islamique Dawa (IDO), domiciliée au Soudan, ainsi qu’au sein des Frères musulmans plus généralement.

Des plaintes ont été déposées auprès du procureur général Hisham Barakat, afin que Malik Obama soit placé sur la liste de surveillance des autorités égyptiennes et interrogé sur son rôle dans le financement du terrorisme islamique international.

Malik Obama est le secrétaire exécutif de l’IDO, dont l’objectif est de promouvoir la version Wahhabite saoudienne de l’islam à travers tout le continent africain. Il est probable que l’IDO soit associée l’International Islamic Council for Dawa and Relief (IICDR), qui fédère 86 organisations islamiques, et qui est domiciliée au Caire. Son secrétaire général est Abdullah Omar Nasseef, également président du Congrès islamique mondial, une des principales organisations des Frères musulmans. Nasseef a été également secrétaire-général de la Ligue islamique mondiale (une organisation sponsorisée par l’Arabie Saoudite) et a co-fondé en 1988, avec l’ancien président pakistanais Zia-ul-Haq, le Rabita Trust, le bras financier de la Ligue. Celui-ci a été placé sous enquête par le sénat américain (et plus tard désigné par le Comité Al-Quaïda du Conseil de sécurité des Nation unies comme organisation proche d’Al Quaïda.

La relation qu’entretient le président Obama avec son demi-frère Malik n’est pas distante, puisque les deux ont été le témoin de l’autre au cours de leurs mariages respectifs, et que Malik Obama s’est rendu à la Maison Blanche à plusieurs occasions.

Malik Obama dirige également la Fondation Barack H. Obama, qui a été dénoncée pour avoir collecté des fonds déductibles d’impôt sur internet entre 2008 et 2011 alors qu’elle ne bénéficiait pas du statut requis pour le faire. Cette situation a été régularisée en juin 2011, suite à des interventions appropriées, avec en prime un effet rétroactif couvrant les irrégularités jusqu’en 2008.

La famille Obama dispose également d’une deuxième fondation, la Mama Sarah Obama Foundation. Celle-ci accorde des bourses pour l’étude de la charia auprès de trois écoles spécialisées en ce domaine en Arabie Saoudite : l’Ecole Umm al-Qura, l’Université islamique de Médine et l’Université islamique Imam Muhammad bin Saud de Riyad.

Rappelons pour terminer que Saad al-Shater, le fils du dirigeant des Frères musulmans emprisonné Khairat al-Shater, avait déclaré en août dernier détenir des preuves susceptibles d’« envoyer Obama en prison ». Il avait affirmé par la suite que le président Barack Obama avait envoyé une délégation au Caire pour faire libérer son père et d’autres personnalités dirigeantes des Frères musulmans, afin d’empêcher la publication de documents explosifs pouvant incriminer tant Obama que les Etats-Unis. Saad al-Shater fut arrêté par les autorités égyptiennes les 28 août.

Ces nouveaux événements nous permettent de mieux comprendre pourquoi l’administration Obama s’est évertuée, malgré la promesse formelle faite par Barack en 2009 aux famille des victimes des attentats du 11 septembre 2001, à obstruer les efforts de ces familles pour obtenir la publication du chapitre de 28 pages du rapport de la Commission d’enquête conjointe du Congrès documentant, selon les informations disponibles, le rôle de l’Arabie Saoudite dans ces attentats.

Une campagne de plus en plus médiatisée est en train d’émerger pour obtenir la publication de ces 28 pages, avec la formation récente d’une association baptisée « Les familles du 11 septembre unies pour mettre le terrorisme en faillite » (9/11 Families United to Bankrupt Terrorism). Ce groupe appelle le président Obama à respecter sa promesse et bénéficie du soutien de deux quotidiens de Floride, le Miami Herald et le Sarasota Herald-Tribune.

Une requête auprès d’une tribunal fédéral a été déposée, afin d’obliger le FBI à obtempérer aux requêtes de déclassification faites par diverses personnalités et associations sous l’égide de la Loi d’accès à l’information.

On comprend mieux maintenant pourquoi les intérêts saoudiens associés à la famille Bush ont trouvé en 2008 en Barack Obama un allié fiable dans la défense de leurs intérêts ; et pourquoi ils se sont mobilisés, à l’échelle internationale, pour que celui-ci devienne le digne successeur de Bush à la Maison-Blanche.

http://abna.ir/data.asp?lang=8&Id=470456

Chine : Nous ne faisons pas de « shutdowns » – par Pepe Escobar


Susilo Bambang Yudhoyono,  Xi JinpingLe dernier superpuissant et spectaculaire dysfonctionnement, c’est-à-dire le « shutdown » (paralysie de l’administration américaine), a forcé le président Barack Obama à annuler complètement son voyage en Asie. D’abord la Maison Blanche a annoncé qu’Obama laissait tomber la Malaisie et les Philippines – supposées stars du « pivot vers l’Asie ». Puis il a été finalement confirmé qu’il va laisser tomber aussi le sommet de l’Asia-Pacific Economic Co-operation (APEC) de Bali mardi et l’ASEAN (L’association de Nations asiatiques du Sud-est) et le sommet de l’Asie de l’Est jeudi prochain à Brunei.

Cela laisse au président chinois Xi Jinping d’être, sans rival, sous les feux de la rampe. Comme si une quelconque « aide » supplémentaire était nécessaire et comme si Xi n’avait pas déjà le vent en poupe.

Ce Jeudi, Xi est devenu le premier chef d’état étranger à s’adresser au parlement indonésien à Jakarta. Il a souligné que Pékin voulait promouvoir par tous les moyens le commerce avec l’ASEAN pour atteindre environ 1 trillion de dollars d’ici 2020 – et mettre en place une banque d’infrastructure régionale.

Son message, tient en peu de mots : La Chine et « certains pays du Sud-est asiatique » doivent résoudre « pacifiquement « leurs différents sur leur souveraineté territoriale et les droits maritimes – comme nous discuterons de la situation chaotique en Mer de Chine du sud (il n’y a fait aucune référence directe dans son discours) mais cela ne doit pas interférer avec nos affaires sérieuses en matière de commerce et d’investissement. Qui est l’ASEAN qui dira non ?

Et ensuite, après avoir éclipsé Obama en Indonésie (des encyclopédies pourraient être écrites là-dessus) et la signature de plus de 30 milliards de dollars de contrats (surtout dans l’exploitation minière), Xi est parti pour la Malaisie.

Comparez le triomphe indonésien de Xi –avec sa séduisante femme, Peng Liyuan portant le batik – à une récente visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont l’objectif n’était, ni plus ni moins, de persuader les Indonésiens d’encercler la Chine. Avec une politesse méticuleuse comme d’habitude, les Indonésiens ont éconduit Abe. La Chine est le plus grand partenaire commercial de l’Indonésie après le Japon et va à coup sûr bientôt dépasser Tokyo.

Pékin a déjà accepté de négocier un Code de conduite juridique rattachant la Mer de Chine Sud à l’ASEAN. Un groupe de travail s’est rencontré le mois dernier à Suzhou. Quatre des 10 membres de l’ASEAN (mais pas l’Indonésie) sont impliqués dans le conflit de la Mer de Chine du sud – qui, comme on pouvait s’y attendre, tourne autour des réserves de pétrole et de gaz inexplorées. Les Philippines continueront à accuser Pékin, comme le mois dernier, de violer le – pour le moment informel – Code de conduite. L’Indonésie s’est proposée comme médiateur. Ce ne sera pas facile, mais force est de constater que la Chine et l’ASEAN se parlent déjà.

Pivoter avec moi-même

C’est un peu le nœud du problème quand vous annoncez, en grande pompe au Pentagone, et partout, un « virage vers l’Asie » pour renforcer le rôle de « l’Asie-Pacifique pour la prospérité et la sécurité des Etats-Unis » et que vous n’êtes même pas capable de vous y ‘’pivoter’’ en personne  pour quelques jours pour gérer tout ça. En fait il n’y a pas de virage – au moins pour le moment. L’administration Obama a été concentrée non seulement sur deux dossiers extrêmement complexes – la Syrie et l’Iran – mais a aussi essayé de contenir la démence du Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël, et la Maison de Saoud, de plus en plus épouvantable et paranoïde.

Pourquoi aurait-il été en Asie ? Bien, aux Philippines il aurait essayé de décrocher un contrat pour une « plus grande flexibilité » pour que le Pentagone puisse utiliser les bases militaires. Dire que c’est « un sujet de controverse », est un énorme euphémisme.

Et en Malaisie, Obama aurait mis encore plus de pression sur le déjà décrié Partenariat Trans-Pacifique (TPP : Trans-Pacific Partnership ) – avant tout, une sorte de racket qui est en fait une bonne affaire pour les multinationales américaines, mais pas exactement pour les intérêts asiatiques. Le TPP est la réponse américaine à l’offensive de la Chine déjà massive partout dans l’Asie.

L’ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohammad a vu le TPP – qui exclut la Chine – pour ce qu’il est et il n’a absolument pas été convaincu que le TPP permettra un accès plus facile pour la Malaisie au marché américain.

Donc en fin de compte, Xi a eu tout le loisir de se préparer encore un autre triomphe en Asie du Sud-est. Pékin peut offrir à Kuala Lumpur une source d’investissement sans les interférences agaçantes du style TPP sur comment le pays dirige ses entreprises étatiques ou comment il gère les contrats gouvernementaux. Et en plus de cela, Xi a marqué un point personnel en essayant de mettre la Malaisie de son côté dans les négociations du Code de conduite pour la Mer de Chine Sud.

Xi sera évidemment la star du sommet de l’APEC à Bali. Ensuite le Premier ministre Li Keqiang mène la délégation chinoise au Sommet de l’Asie de l’Est à Brunei et pousse son voyage d’affaires plus loin en Thaïlande et au Viêt Nam.

Maintenant comparez cette offensive chinoise, implacable comme une Lamborghini Aventador en train d’accélérer, avec la perception non dite mais palpable, à travers toute l’Asie du Sud-est, d’une Chevrolet grinçante que représente le « virage » américain. On peut, peut être parier que le milieu des Think-tank américains râlera une fois encore sur la perte de fiabilité américaine ou, mieux encore, « de crédibilité » – puisqu’ils défendent l’avenir du virage, en le justifiant non seulement comme une décision stratégique des Etats-Unis, mais au nom des intérêts du Sud-est asiatiques.

C’est absurde. La pom-pom girl en chef du virage US est le Japon – et le Japon est largement considéré, dans différentes nuances de gris à travers toute l’Asie du Sud-est, comme une marionnette américaine. Ce qui est certain c’est que le non-show d’Obama ne fait que renforcer la perception prédominante que la politique étrangère américaine actuelle est un désordre total. Et que pendant que les Etats-Unis sont en situation de « paralysie administrative », la Chine fait des affaires.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://www.atimes.com/atimes/China/CHIN-02-041013.html

Iran : l’Occident reconnaît s’être tiré une balle dans le pied


Press-Secretary-Jay-Carney_0Pourquoi Obama tenait tant à renouer avec l’Iran ? Pourquoi faisait-on tant d’effort pour ‘’gentifier’’ Rohani, jusqu’à lui faire reconnaitre l’holocauste qu’il n’a jamais reconnu ? Et enfin pourquoi se dirigeait-on inexorablement vers l’allègement des sanctions contre l’Iran ?

Parce que l’économie occidentale a été fortement touchée par ces sanctions exigées et orchestrées par Tel Aviv. Marche arrière toute. Il fallait tout revoir. Avec un nouveau président iranien ‘’gentil’’ et conciliant, ce sera d’autant plus facile.  Ces derniers temps on a vu un ballet diplomatique tout de charme, de sourires avenants et de séduction vis à vis de la nouvelle ‘’administration’’ iranienne. On a vu des rencontres inattendues, des coups de fil impromptus, des offres alléchantes, de grandes annonces médiatiques qui, il y a quelques semaines seulement, étaient impensables.

Et aujourd’hui, qu’entend-on ?

Le porte-parole de la Maison Blanche a reconnu que les pays qui imposent des sanctions contre l’Iran en endurent les graves conséquences, sur le plan financier. En France on l’avait déjà douloureusement constaté avec Peugeot et Renault. Tous les pays d’Europe avaient fait le sacrifice suprême au nom de la solidarité atlantiste. Mais quand le patron dit, par l’entremise de son porte-parole Mr Jay Carney, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, que ces sanctions ‘’font subir de lourdes conséquences financières à ceux qui sanctionnent’’, c’est que Wall Street et la City eux-mêmes sont touchés.

Là on comprend mieux tous ces salamaleks.

Les iraniens les avaient pourtant prévenus. « Nous aurons mal, mais vous aussi, vous aurez mal », avaient-ils dit en substance. Qui qu’avait raison ?

Avic

 

L’Iran tombera avec ou sans guerre


Alors qu’aux États-Unis ce 1er octobre 2013, 800 000 fonctionnaires fédéraux voient leur contrat suspendu sine die à l’exception des militaires, la Maison-Blanche a pris acte de l’impossibilité, pour l’instant présent, de nouvelles confrontations armées au Levant ou ailleurs. Que ce soit en Syrie où, malgré le camp des enragés, il a bien fallu se résigner à « temporiser »… laisser du temps au temps aurait dit feu Mitterrand ! L’échange téléphonique entre les présidents Hassan Rohani et Barrack Obama – une première depuis la prise d’otages du 4 nov. 1979 à l’ambassade américaine de Téhéran et les trente-quatre années de guerre larvée qui suivirent – est certes une sorte de coup de théâtre, mais il ne change rien sur le fond. Un jeu subtil s’est au demeurant engagé ces derniers jours entre les joueurs de poker menteur judéo-protestants, le colt chargé sur la table, et l’un maître de la taqîya, cette “restriction mentale” – art de la dissimulation – commune aux minorités longuement persécutées de l’Orient proche. Pratique de la taqîya qui contribua puissamment, souvenons-nous en, au rayonnement et à l’influence de la Compagnie de Jésus !

Syrie-et-Iran-au-menu-de-la-premiere-reunion-du-CS_NGArticleFullL’Iran est en effet appelé par la logique même du système-monde – sauf rupture historique inattendue – a être absorbé par le Grand Marché Unifié planétaire. Le serpent constricteur est patient qui guette sa proie. Aussi devrions-nous, afin de réduire définitivement l’Iran à de meilleurs sentiments occidentalistes, assister à la mise en œuvre de stratégies de substitutione pour atteindre ce but… moins rapidement sans doute mais moins brutalement et peut-être plus sûrement. C’est là qu’entre en scène le Caucase qui devrait jouer un rôle décisif dans une éventuelle stratégie de contournement ou d’encerclement de l’Iran. C’est en tout cas ce que semble devoir nous révéler la bataille qui se déroule en ce moment même et dans l’ombre, à propos des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi… objet de toute les mauvaises intentions de ce bras armé– décidément présents sur tous les théâtres de déstabilisation, en Syrie, en Irak au Liban, au Maghreb, en Afrique de l’Ouest et au Sahel, et cætera – du Département d’État que sont les djihadistes tchétchènes et consorts.

La place du Caucase dans la crise syrienne

Alors que tous les yeux sont braqués sur Damas, nul ne songe à porter son regard vers le Caucase. Et pourtant ! Opérons un léger retour en arrière. Le 30 juillet le président Poutine recevait en audience privée le Prince Bandar, chef des Service de renseignement séoudiens. Ce dernier, dans le cadre d’un marchandage particulièrement inédit portant sur la sécurité des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en février 2014, aurait offert à la Russie – avec le plein accord de Washington – en contrepartie de l’acceptation de la chute du régime de Damas, un partenariat particulièrement avantageux pour Moscou, relatif au commerce mondial des hydrocarbures. Ceci dans le cadre d’une « stratégie russo-arabe unifiée » visant à trouver un terrain d’entente sur « les tarifs et les quotas de production qui maintiennent la stabilité des prix sur les marchés mondiaux », proposition assortie d’un compromis favorable quant au gazoduc South Stream rival du projet euro-américain Nabucco [Cf.LondonTelegraph30jui13].

Il était ici question d’une véritable coopération entre le cartel de l’OPEP et la Russie, lesquels produisent ensemble et quotidiennement quelque 40 millions de barils de brut, soit 45 % de la production mondiale. Un tel rapprochement – s’il était intervenu – aurait indéniablement profondément modifié la carte géopolitique et de fait, par le truchement du Royaume séoudien, rapproché les intérêts russes et occidentaux. À la vérité une telle proposition était d’entrée de jeu entachée d’irréalisme, mais acceptons en l’hypothèse comme faisant partie d’un puzzle dont il est encore trop tôt pour rassembler toutes les pièces avec toute la pertinence nécessaire. Le Prince Bandar aurait également, dans le cadre du volet commercial de sa proposition, fait miroiter au président russe la perspective d’achats d’armements pour un montant de 15 milliards de dollars. À titre de comparaison, la France signait le 29 août avec Riyad un contrat de défense d’un milliard d’€ pour la modernisation de quatre frégates et de deux pétroliers-ravitailleurs [LaTribune26août13]. Notons que Paris ne pèse guère dans cette crise étant a priori inconditionnellement ralliée à la politique du Département d’État.

En outre et surtout, le Royaume wahhabite s’engageait à garantir la pérennité de la base navale russe de Tartous sur les côtes syriennes, mais plus incroyable, le dignitaire séoudien aurait assuré son interlocuteur de « garantir la sécurité des [prochains] Jeux olympiques d’hiver… Les groupes tchétchènes qui les menacent étant contrôlés par nous » ajoutant que les groupes « Tchétchènes opérant en Syrie étant un outil de pression, ceux-ci peuvent être mis à tout moment en position “marche” ou “arrêt”… ». Un étrange marché bien peu diplomatique dans la forme et sur le fond car en forme de chantage à peine déguisé ! On peut ici voir en imagination le président russe blêmir, répondant au séoudien « vous ne nous apprenez rien, nous savons depuis une décennie au moins que vous êtes derrière les terroristes du Caucase ».

Précisons ici à propos du terrorisme fondamentaliste caucasien qu’il ne s’agit pas du tout d’un argument rhétorique de la part des Séoudiens. Les opérations dues aux islamistes du Caucase sont quotidiennes au Daguestan, en Ingouchie, en Kabardino-Balkarie et en Tchétchénie : assassinat de policiers, de juges, d’imams collaborateurs, attentats suicide contre des bâtiments officiels et des services de sécurité, incendie de magasin vendant de l’alcool, et cætera [AFP19spt13]. Dans la même dépêche, il était rappelé que les rebelles du Caucase russe, acteurs proactifs du djihad en Syrie (Tchétchènes et Daguestanais au nombre approximatif de deux mille), représentent une menace bien la réelle pour la sécurité de la Fédération de Russie… notamment à l’occasion des Jeux Olympiques de Sotchi. Les autorités russes prennant de toute évidence très au sérieux la menace que représente « ces combattants originaires de Russie [qui] acquièrent actuellement en Syrie l’expérience de la guerre en milieu urbain ».

Sotchi dans le collimateur des bons amis du Département d’État

Dans cet ordre d’idée, le chef de la rébellion islamiste dans le Caucase russe, Dokou Oumarov, a pour sa part appelé en juillet dernier « à empêcher par tous les moyens la tenue des jeux Olympiques d’hiver » de Sotchi située certes sur les rivages de la mer noire, mais aux abords immédiats du Caucase. Oumarov ne parle pas pour ne rien dire, il s’agit de l’homme qui a signé plusieurs attaques meurtrières en Russie dont l’attentat à l’aéroport de Moscou-Domodedovo du 24 janvier 2011, lequel fit 37 morts et les attentats de 2010 dans le métro de Moscou, 40 morts. Et la crainte du président Poutine de voir « ces bandits, forts de leur expérience syrienne » revenir « dans nos pays » s’est crûment exprimée jusque dans les colonnes du New York Times [“A Plea for Caution From Russia”11spt13].

Pour revenir à la rencontre entre Vladimir Poutine et le prince Bandar, si elle s’est effectivement déroulée dans les termes précités, cela expliquerait la rumeur suivant laquelle, en cas de tirs de missiles américains sur la Syrie, Moscou pourrait ou aurait pu viser à son tour des objectifs sur le territoire séoudien… Effectivement de quoi faire réfléchir le Pentagone, frémir Wall Street – qui s’accommoderait volontiers d’un baril à 180 $ mais certainement pas à 250 – et engager in petto la Maison-Blanche à « temporiser ». Rumeur qui venait cependant contredire, au moins en surface, les déclarations réitérées du ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov suivant lesquelles Moscou ne bougerait pas en cas de frappes coalisées.

Parce que si l’on considère les choses attentivement, la Syrie constitue pour Moscou, à n’en pas douter, une ligne rouge à ne pas franchir. Si en effet la Syrie tombe dans l’escarcelle États-Unis, alliés aux pétromonarchies wahhabites, c’en sera fait de l’Iran, avec ou sans guerre… et au-delà, c’est le Caucase qui tôt ou tard tombera. Ne pouvant abattre Damas, il fallait donc composer avec Téhéran. D’autant que Vladimir Poutine n’a pas, lui non plus – comme nous venons de l’indiquer – véritablement le choix face aux tragédies du Levant. Crises qui embrasent d’ores et déjà le Liban et l’Irak où se confrontent et s’affrontent les mêmes protagonistes, le président russe se trouve donc, lui également, littéralement placé le dos au mur et doit volens nolens, faire front.

La Syrie première étape vers la déstabilisation du Caucase

Dans cette occurrence et contrairement aux apparences, pour la Syrie comme pour l’Iran, la menace d’une intervention armée n’est pas définitivement écartée . Cela d’autant que les Gardiens de la Révolution, les Pasdaran, État dans l’État iranien, commencent à renâcler violemment, s’insurgeant d’un rapprochement jugé trop hâtif avec Washington. L’option militaire reste par conséquent sur la table des négociations, une dimension à ne pas perdre de vue. Ce pourquoi, en dépit des gages de bonne volonté qu’avait commencé à multiplier le nouveau président iranien Hassan Rohani, tels les grâces libératoires accordées à certains opposants incarcérés, le président Obama avait, l’avant-veille du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, avait jugé utile de rappeler, que le recours à la force contre l’Iran était toujours d’actualité… il n’excluait pas d’invoquer le cas échéant le National Defense Authorization Act l’autorisant à lancer une action militaire d’envergure sans approbation du Congrès.

Pour ne pas conclure, il faut préciser que les événements affectant actuellement le Levant, et par extension ou par contre coup l’Iran et le Caucase, ne peuvent être compris ou interprétés hors d’une “Grande stratégie de l’Empire américain”. C’est en effet à l’aune des grandes transformations géopolitiques en cours dans le monde, principalement dans le monde arabo-musulman de l’Atlantique à la Mer d’Oman – mutations visibles de tous mais incompréhensibles des non initiés – que doivent finalement s’appréhender plans implicites ou explicites, de recompositions géopolitiques – précédées de démantèlements – des États-Nations nées au Maghreb et au Machrek après la Seconde Guerre Mondiale et portés par l’élan du nationalisme arabe. À ce titre et à la lecture de la carte des guerres et des balkanisations en cours au Proche Orient, il ne faut pas être grand clerc pour apercevoir que l’éventuel dépeçage de la Syrie augure celle de l’Iran… et une recomposition étatique du Caucase sur des bases ethniques et confessionnelles.

Processus qui s’inscrit dans une logique globale qui, si elle n’est pas inéluctable, n’en sera pas moins difficile à inverser… sauf changement de paradigme dans les rapports des forces internationaux. Dans ce contexte, la crise syrienne doit être perçue comme la première ligne de défense de la Russie destinée à garantir le nord Caucase. L’attitude et la fermeté russes dans le dossier syrien s’expliquent de cette façon. Nous avons là une contre-stratégie qui apparaît maintenant au grand jour, mais sans que rien n’interdise de supposer qu’elle n’ait été à l’œuvre depuis longtemps et dans le plus grand silence, cela depuis les années de guerre froide. Après tout la Route de la soie ne se réouvre-t-elle pas lentement, sans les États-Unis, entre Chinois, Russes et accessoirement avec les Allemands ? Or rien n’interdit de penser, en dépit des revers subis par la rébellion sur le champ de bataille syrien ou les déconvenues diplomatiques qui y sont liés, qu’une nouvelle guerre froide Est/Ouest ne s’esquisse au sein d’un nouveau monde désormais multipolaire.

Enfin, dans la mesure où les É-U répugnent aujourd’hui – face à une opinion publique américaine de plus en plus hostile à toute guerre et à toute confrontation directe, notamment terrestre – la réduction de l’Iran et son absorption par le grand Marché unique planétaire pourrait aussi bien s’atteindre par la déstabilisation du Caucase, cela grâce à l’islamisme radical. La voie suivie pourrait être celle de la création d’éventuels émirats wahhabites, ou mieux, la construction d’un Grand Azerbaïdjan qui absorberait le Haut-Karabagh avant d’annexer en fin de processus l’Azerbaïdjan oriental iranien. Le quotidien « Le Monde » ne titrait-il pas à ce sujet le 5 avril 2012, de façon assez emblématique : « Israël-Azerbaïdjan : le nouveau front anti-iranien ? ».

Suivant cette dynamique, la République islamique d’Iran serait ainsi appelée à se morceler tout comme l’Irak ou la Syrie en sont aujourd’hui précisément menacés. Nous sommes bien entendu, à ce stade dans le domaine de la pure prospective. Néanmoins ce projet encore à peine esquissé de Grand Azerbaïdjan, trouve sa place naturelle dans la logique de la grande stratégie d’encerclement évoquée plus haut et que rien dans l’évolution des faits et des crises ne vient jusqu’ici démentir ou contredire.

Léon Camus

http://www.geopolintel.fr/article734.html

Discours à l’ONU de Netanyahu : Un discours de sociopathe? Pepe Escobar


p20_20131002_pic1 (2)Les missiles iraniens frapperont New York dans « trois à quatre ans ». Un Iran nucléaire, c’est comme « 50 Corées du Nord».

Ceci pourrait provenir de quelqu’un de dérangé, psychopathe dangereux, ou … du Premier ministre israélien Benjamin «Bibi» Netanyahu devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Comparez vous-même. La semaine dernière, nous avions le président iranien Hassan Rouhani appelant le monde à surfer sur un VAGUE (WAVE : World Against Violence and Extremism ).

Cette semaine, nous avions Bibi disant que c’était un piège « cynique » et «totalement hypocrite ».

Dans le monde, selon Netanyahu, «Ahmadinejad est un loup déguisé en loup. Rouhani est un loup déguisé en agneau ».Rouhani a tenté de se présenter comme « pieux », mais il a toujours été impliqué avec « l’état terroriste d’Iran ». Il est comme « un tueur en série qui va au tribunal habillé en curé pour témoigner de sa nature d’homme ‘’ d’éthique’’ et ‘’religieux’’ ».

Les rodomontades mises à part, Bibi a changé son jeu. Maintenant, ce ne sont plus les caricatures idiotes de dessins animés et il ne mendie pas des frappes de l’Iran par les États-Unis pratiquement toutes les semaines. Cette fois c’est  » le programme nucléaire militaire  » de l’Iran qui doit être fermé – un programme, soit dit en passant, dont les innombrables  agences de renseignement américaines  disent qu’il n’existe pas.

Et ceci après que Netanyahu ait dit au président américain Barack Obama d’oublier – à jamais – la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui déterminait le retrait total d’Israël de tous les territoires occupés après la guerre de 1967.

Donc, nous allons clarifier certaines choses.

L’Etat d’Israël n’a pas de frontières internationalement reconnues, et n’a pas non plus une capitale internationalement reconnue. Il y a forcément expansion perpétuelle.

Israël n’a pas respecté pas moins de 69 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et a été « protégé » sur pas moins de 29 autres, par la  grâce du veto des États-Unis.

Il a occupé les territoires souverains du Liban et de la Syrie, sans guère se soucier des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Israël a signé les Accords d’Oslo en promettant de cesser de construire pour de bon, de nouvelles colonies en Palestine. Au lieu de cela, il a construit plus de 270 nouvelles colonies. Cela fait partie du mouvement lent de nettoyage ethnique de la Palestine au cours des six dernières décennies.
Israël a menacé de bombarder l’Iran toutes les semaines pendant au moins trois décennies.

Israël est une puissance nucléaire non déclarée avec pas moins de 400 têtes nucléaires ; refuse de signer le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ; se dérobe aux inspections internationales ; n’a jamais ratifié le traité de Convention sur les armes chimiques ; a utilisé les armes chimiques sur Gaza, et détient un stock non déclaré d’armes chimiques plus que toute autre nation dans le Moyen-Orient.

L’Iran, pour sa part, n’a pas d’ogives nucléaires. L’Iran a signé le TNP et est inspecté à intervalles  réguliers. L’Iran n’a pas envahi un autre pays depuis au moins 250 ans. L’Irak sous Saddam Hussein a envahi l’Iran en 1980, mais l’Iran n’a pas occupé le territoire irakien.

Le lobby pro-israélien à Washington et le Congrès américain ont imposé un blocus financier sur l’Iran, ce qui, en  pratique, est une déclaration de guerre. Cela a conduit à une dépréciation massive du rial iranien – avec des conséquences dramatiques pour la vie des Iraniens ordinaires. Pourtant, lors de sa rencontre avec Obama ce lundi à Washington, M. Netanyahu a non seulement demandé des sanctions, il a dit qu’Israël  attaquera  unilatéralement l’Iran si les mots de Rouhani ne sont pas suivies par des «actions».

La véritable «communauté internationale», comme l’immense majorité des pays en développement, y compris le groupe BRICS des puissances émergentes, sait tout cela sur le bout des doigts. Ces faits permettent de voir clair dans le jeu de Bibi.

Il suffit de regarder la carte

La simple possibilité d’un dialogue américano-iranien est une réelle « menace existentielle » pour la droite israélienne. Bibi n’acceptera  pas même le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium à des fins civiles, droit qui lui est octroyé par le TNP.

Un accord américain avec l’Iran est une proposition gagnant-gagnant pour tout le monde, pas seulement les deux principaux protagonistes, mais les énergivores européens, l’économie mondiale, les multinationales. Sauf pour Israël.

Le cauchemar de Bibi est la République islamique d’Iran, non seulement en tant qu’acteur géopolitique indépendant en Asie du Sud – ce qu’il est déjà – mais aussi comme une puissance régionale en plein essor ; de ce point de vue, l’Iran ne peut qu’aller de l’avant, compte tenu de son énorme population jeune et bien éduquée, ses ressources énergétiques énormes, son fabuleux emplacement et ses liens complexes avec l’Asie du Sud,  l’Asie centrale et l’Asie de l’Est.

Pour la droite israélienne, le statu quo est idéal. Soit nous trouvons des marionnettes américaines telles que les pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ; soit des républiques laïques arabes qui, avec des degrés divers d’implication d’Israël, ont été plongées dans une tourmente extrême, comme l’Irak et la Syrie en particulier.

Il est très facile pour Israël de manœuvrer entre ces acteurs; les Israéliens peuvent, par exemple, se réjouir avec un coup d’Etat militaire en Egypte (parce que l’armée égyptienne n’est pas une menace) tout en s’associant avec l’Arabie saoudite pour tenter de faire tomber Assad en Syrie. La  balkanisation du Moyen-Orient sur des lignes sectaires est douce comme du miel pour Israël.

Mais l’Iran comme puissance économique / politique émergente, avec des relations normalisées avec les Etats-Unis et l’Europe occidentale, c’est une question autrement plus grave, « existentiellement » menaçant la prétendue hégémonie d’Israël au Moyen-Orient, qui repose uniquement sur ​​sa force militaire (sans parler de sa capacité nucléaire cachée).

Tant pis pour l’obsession de Netanyahu de changement de régime à Téhéran,  ou la meilleure autre option qui aurait été l’isolement total de l’Iran par rapport à l’occident (car pour ce qui concerne l’Orient, l’Iran a des relations prospères avec tous les acteurs clés de l’Asie).

Le point crucial est que « la menace existentielle » de l’Iran a été extrêmement utile pour la droite israélienne comme une tactique de diversion, changeant le sujet de ce qui se passe dans la vraie vie : un état garnison nucléaire / colonisateur, étant très clairement en train de rayer une population – les Palestiniens – de la carte. En cas de doute, il suffit de regarder la carte.

Alors, voici où nous en sommes. Netanyahou est un faucon qui ne jure que par Eretz Israël – un «grand» Israël avec des frontières en constante expansion et l’hégémonie militaire / nucléaire incontestée dans le Moyen-Orient. Il a de puissants alliés ; l’extrême droite américaine et les néo-conservateurs, des républicains déments qui appuieront n’importe quoi tant que c’est contre Obama, une grande partie du Congrès américain manipulée par Israël, de larges pans des grands médias. Ils ne reculeront devant rien pour faire dérailler même l’ombre d’un accord entre Washington et Téhéran.

La tentation de la véritable « communauté internationale » serait de dire à Netanyahou de se taire – et d’aller jouer avec ses caricatures idiotes. Obama à l’ONU la semaine dernière a déclaré que ses priorités sont aujourd’hui l’Iran et de tenter de résoudre la tragédie israélo-palestinienne. Donc, la balle est vraiment dans le camp d’Obama – pas dans celui du sociopathe.

Pepe Escobar

Traduction Avic

http://rt.com/op-edge/netanyahu-un-nuclear-iran-633/

Risque de paix, ou la dernière chance d’Obama


Tribune libre Byblos

86254512global-peace-jpgL’échec essuyé par les Occidentaux sur le front syrien pourrait paradoxalement offrir à Glamour-Obama une possibilité de sortie par le haut. L’impasse pousse en effet aujourd’hui des Etats-Unis en déclin à chercher une solution du côté de Téhéran, dont la diabolisation reste le principal ressort du plan délirant de remodelage à coups de flingue du Moyen-Orient initié par le clan Bush. A l’ONU, les ministres des Affaires étrangères américain et iranien ont ainsi convenu d’une rencontre et les rumeurs de possibles contacts bilatéraux entre Obama et le Président iranien Rohani vont bon train. Du jamais vu depuis l’avènement de la République islamique en 1979. Seulement voilà, la pègre israélienne et le gang des néoconservateurs US sont d’ores et déjà montés aux barricades pour torpiller toute possibilité d’apaisement dans ce dossier, tant il constitue leur fonds de commerce. Et il est peu probable que BHO ait les épaules pour leur faire face. Mais sait-on jamais…

Deux missiles pour une guerre

Le déclin de l’hyper-puissance US est inéluctable, et son effondrement n’est qu’une question de temps. Grâce notamment à l’intransigeance des Russes et des Chinois sur le dossier syrien, il semble que l’empire lui-même ait enfin commencé à intégrer la chose. D’où sa débandade au plus fort de la crise de la vraie-fausse attaque chimique, précisément au moment où, dans la logique d’une politique historiquement fondée sur la force brutale, les USA auraient  au contraire dû frapper pour (ré)affirmer leur puissance. Où à tout le moins faire le minimum syndical en pulvérisant quelques palais présidentiels damascènes à coups de Tomahawks. Là, rien.
Il faut dire que sur le terrain, la suprématie militaire du Pentagone a du plomb dans l’aile.  Pour l’anecdote, on se souvient en effet que le 3 septembre dernier, au plus fort de la crise, les Etasuniens avaient tiré deux missiles en direction des côtes syriennes. Officiellement, il s’agissait d’un exercice conjoint des USA et d’Israël. En réalité, c’était une première salve afin de tester les défenses syriennes avant l’attaque.  Or selon des informations du journal libanais As-Safir, les deux missiles en question ont tout bonnement été abattus par les Russes.
Mais Moscou, soucieux d’éviter l’escalade en permettant à US-raël de sauver la face, ne s’est pas officiellement vanté de la chose.
Les US-raéliens ont ainsi fortuitement découvert que la Syrie n’était ni l’Irak ni la Libye, et que prendre Damas ne serait pas une aventure courte et joyeuse. Tout au contraire, la Syrie apparaissait soudain parfaitement capable d’infliger de lourdes pertes à ses assaillants, notamment grâce à des moyens de défenses sol-air russes très performants.

L’Alpha et l’Omega

Face à la perspective d’une guerre manifestement au-dessus de ses moyens actuels, la Maison-Blanche semble donc avoir réexaminé l’ensemble du dossier, étant entendu que la cible syrienne n’a jamais été qu’une étape sur la route de Téhéran.
D’où la soudaine amorce de dégel avec l’Iran.
Mais là, on touche au noyau, au combustible qui constitue l’Alpha et l’Omega de tout l’écheveau paranoïaque patiemment construit tant par les néocons US que par la pègre israélienne pour leur politique respective durant les deux dernières décennies.
Sans l’épouvantail iranien, c’en est fini de la politique belliciste du Bloc atlantiste et du lucratif chaos moyen-oriental pour les industries d’armement du Complexe militaro-industriel US ; et c’en est fini aussi de la posture paranoïaque de l’entité sioniste avec, à terme, la fin de «l’exception» israélienne et l’obligation qui pourrait lui être faite de se défaire de ses stocks d’armes chimiques et nucléaires.
D’où la mobilisation générale décrétée par les néocons US et l’Etat-voyou israélien pour combattre tout rapprochement entre Washington et de Téhéran.

Deux approches

Aujourd’hui, tout dépend donc de l’approche américaine sur ce dossier. Car si BHO s’est engagé dans la manœuvre avec l’arrogance habituel du Bloc atlantiste, alors il pensera que le simple fait d’avoir effectué un geste de rapprochement avec Téhéran suppose une abdication totale de l’Iran sur le dossier nucléaire. Nous serions alors dans la communication pure et là, c’est le retour immédiat à l’impasse. Car Téhéran n’abdiquera jamais de son droit légitime à développer une énergie nucléaire pacifique que lui autorise le TNP dont il est signataire, contrairement à Israël d’ailleurs.
Deuxième approche, BHO a intégré le reflux de la puissance américaine dans la région et tente de sauver les meubles en composant avec l’Iran pour mettre fin à une guerre froide qui dure depuis 30 ans. Et là, c’est la perspective d’un coup d’arrêt au plan de remodelage du Moyen-Orient, avec partage d’influence entre Washington, Moscou et Pékin.
Mais pour réussir ce coup historique, BHO devrait avoir la poigne nécessaire à mater parano-Netanyahou et ses lobbies, ainsi que la hargne inépuisable des néocons US.
A-t-il l’étoffe pour un tel bras de fer ? Peut-il finalement être cet american-Gorbatchev qu’il prétendait incarner avec son Yes we can ?
L’Histoire lui offre généreusement une dernière chance d’être autre chose que le premier président noir des Etats-Unis.
Mais à ce jour, et malgré son dérisoire Prix Nobel de la Paix, BHO s’est hélas montré le digne successeur de W. Bush en poursuivant sur la voie de la force brute en faisant de la guerre et de l’assassinat, par drone interposé, la composante essentielle de sa politique étrangère.
En presque deux mandats, l’homme s’est aussi révélé médiocre, fuyant, indécis et sans grandeur, hormis celle d’être une parfaite speakerine du Système.
Cet homme-là saurait-il nous étonner et incarner, enfin, sa fonction ?
On en doute.
Mais on aimerait tellement être surpris.
Rien qu’une fois.

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L’Iran n’est pas aux ordres !


media_xll_6152736Décidément, le calvaire diplomatique de Washington continue. La rencontre tant médiatisée entre Rohani et Obama n’aura pas lieu. Et c’est l’Iran qui ne veut pas donner suite à ‘’l’offre’’ des Etats-Unis. Peut-être précisément parce que la Maison Blanche n’a pas pu s’empêcher de présenter ça comme une offre, un cadeau de la part d’Obama.

La raison officielle invoquée par Téhéran est que ce serait « trop compliquée à réaliser à l’heure actuelle », selon un responsable de la Maison Blanche. Toujours selon ce responsable, « nous avons dit publiquement, et également en privé aux Iraniens, que nous étions ouverts à l’idée de discussions en marge de l’assemblée générale de l’ONU, des discussions informelles et non une rencontre bilatérale. Cela s’est avéré trop compliqué à réaliser à l’heure actuelle pour les Iraniens ».

Un camouflet de plus pour Obama. Il aurait quand même pu se douter qu’après 34 ans de harcèlement, d’embargos, de menaces et même de guerre par proxy, on ne peut pas, du jour au lendemain, proposer des rencontres informelles et faire comme si rien ne s’était passé. Surtout quand, derrière le discours qui se veut rassurant, l’action belliqueuse continue en sourdine.

Par leur refus, les iraniens veulent d’abord montrer qu’ils ne sont pas quémandeurs de la bienveillance américaine et qu’ils ne sont pas aux ordres. Dans son discours à la tribune des Nations Unies, Rohani fait appel au droit international et non au bon vouloir des Etats-Unis. Un peu plus tôt, Barack Obama avait d’ailleurs reconnu le droit de l’Iran au nucléaire civil. Le refus iranien pourrait aussi vouloir dire que Rohani ne veut pas se contenter d’une rencontre informelle. Etant donné l’ampleur des problèmes irano-américains, toute rencontre au sommet doit se faire en vue d’un règlement de fond, dans une atmosphère de confiance et de respect mutuels. Ce n’est apparemment pas le cas ‘’à l’heure actuelle’’.

Bien sûr, Netanyahou doit jubiler dans son coin et a déjà dû préparer son petit commentaire acerbe sur cette rebuffade. Mais il ne devrait pas trop se réjouir car, pour des raisons que nous ignorons, les Etats-Unis ont besoin de se rapprocher de l’Iran. Ils reviendront à la charge, avec peut-être un peu moins d’arrogance.

Avic

L’Occident détrôné – Paul Craig Roberts


Tribune libre Byblos

BRICS_leaders_G20_2013« Le cours évolutif du progrès européen pendant ces trois cents dernières années pourrait se résumer à seulement quatre mots: égoïsme, massacres, impudeur et corruption. »
Yan Fu

Il n’a fallu que 300 ans au reste du monde pour saisir tout le mal qui se cache derrière la «civilisation occidentale», ou peut-être l’émergence de nouvelles puissances dignes de confiance pour voir l’évidence. Quiconque doute de la responsabilité de l’Amérique dans le chaos actuel devrait lire The Untold History of the United States par Oliver Stone et Peter Kuznick.

Le «nouveau siècle américain» proclamé par les néo-conservateurs a pris fin brutalement le 6 Septembre à la réunion du G20 en Russie. Les dirigeants de la plupart des peuples du monde ont dit à Obama qu’ils ne le croyaient pas et que ce serait une violation du droit international si le gouvernement américain attaquait la Syrie sans l’autorisation de l’ONU.

Poutine a dit aux dirigeants du monde réunis que l’attaque aux armes chimiques était «une provocation de la part des insurgés armés dans l’espoir d’une aide de l’extérieur, par les pays qui les ont soutenus dès le premier jour. » En d’autres termes, Israël, l’Arabie Saoudite, et Washington, l’axe du mal.

La Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Indonésie et l’Argentine ont rejoint Poutine en affirmant qu’un dirigeant qui commet une agression militaire sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU se met « en dehors de la loi. »

En d’autres termes, si vous défiez le monde, Obama, vous êtes un criminel de guerre.

Le monde entier attend de voir si le lobby pro-israélien peut pousser Obama dans le rôle du criminel de guerre. Beaucoup parient qu’Israël l’emportera sur le faible président américain, un individu dénué de tout principe. Il y a quelques dizaines d’années avant que les américains ne deviennent un troupeau de moutons, l’un des derniers résistants américains, l’amiral Tom Moorer, chef des opérations navales et de l’Etat-Major des Armées, a déclaré publiquement « qu’aucun président américain ne peut résister à Israël ». Le plus haut gradé de l’Amérique ne pouvait pas obtenir une enquête honnête sur l’attaque israélienne contre l’USS Liberty.

Nous attendrons encore longtemps avant de voir un président américain résister à Israël. Ou le congrès. Ou un média.

Le régime Obama a tenté de contrer sa défaite fracassante au sommet du G20 en forçant ses Etats fantoches à signer une déclaration commune condamnant la Syrie. Toutefois, les États fantoches ont nuancé leur position en déclarant qu’ils s’opposaient à une action militaire et attendaient le rapport de l’ONU.

La plupart des supporters achetés-et-payés d’Obama sont impuissants, sans envergure. Par exemple Obama compte le Royaume-Uni comme un des pays le soutenant, en raison de l’appui personnel du discrédité Premier ministre britannique, David Cameron, malgré le fait que celui-ci ait été désavoué par le Parlement britannique lors d’un vote qui interdit la participation britannique à un autre des crimes de guerre de Washington. Ainsi, bien que Cameron ne puisse pas amener le peuple et le gouvernement britannique avec lui, Obama compte le Royaume-Uni parmi ses partisans. De toute évidence, il s’agit d’un comptage désespéré du nombre de « pays qui le soutiennent ».

Le gouvernement fantoche turc, qui a tiré sur ses citoyens qui manifestaient pacifiquement dans les rues, sans protestation d’Obama ou du lobby pro-israélien, soutient « la responsabilité de la Syrie », mais pas la sienne, bien sûr, ni celle de Washington.

Les États fantoches du Canada et de l’Australie, des pays impuissants, n’ayant pas une once d’influence dans le monde, se sont précipités pour offrir leurs services à leur maître Washington. Le souci majeur des gouvernements Canadien et Australien est d’avoir une récompense de Washington.

Le décompte d’Obama inclut également le soutien du Japon et de la République de Corée, deux autres pays dépourvus de toute influence diplomatique et sans aucun pouvoir. Le Japon, impuissant, est sur le point d’être détruit par la catastrophe nucléaire de Fukushima, pour laquelle il n’a pas de solution. Comme les fuites radioactives se propagent dans l’aquifère sur lequel Tokyo et ses environs comptent, le Japon est confronté à la possibilité d’avoir à déménager 40 millions de personnes.

L’Arabie saoudite, impliquée dans le transfert aux rebelles d’Al-Nusra des armes chimiques utilisées dans l’attaque, soutient Washington, sachant que par ailleurs sa tyrannie est grillée. Même les néo-conservateurs menés par l’hystérique conseillère à la sécurité nationale d’Obama, Susan Rice, veulent renverser les Saoudiens.

Obama prétend également avoir le soutien de la France et de l’Allemagne. Toutefois, tant Hollande que Merkel ont indiqué clairement qu’une solution diplomatique, et non la guerre, était leur premier choix et que le résultat repose sur l’ONU.

En ce qui concerne le soutien de l’Italie et de l’Espagne, ils espèrent être récompensés avec la Réserve Fédérale qui imprimerait  assez d’argent pour renflouer leurs économies endettées afin que les deux gouvernements ne soient pas renversés par la rue pour leur acceptation du pillage de leur pays par les banksters internationaux. Comme tant d’autres gouvernements occidentaux, ceux de l’Italie et de l’Espagne, et, bien sûr, de la Grèce, soutiennent les banksters internationaux, et non leurs propres citoyens.

Le président de la Commission européenne a déclaré que l’Union européenne, en tant que pouvoir central au-dessus de la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, et l’Espagne, ne soutient pas de solution militaire à la crise syrienne. « L’Union européenne est certaine que les efforts devraient viser à un règlement politique », a déclaré José Manuel Barroso aux journalistes lors de la réunion du G20. L’UE a le pouvoir de délivrer des mandats d’arrêt contre les chefs de gouvernements de l’UE qui participent à des crimes de guerre.

Ce que cela révèle, c’est que le soutien derrière le menteur Obama est faible et limité. La capacité des pays occidentaux à dominer la politique internationale a pris fin lors de la réunion du G20. L’autorité morale de l’Occident a complètement disparu, brisée et érodée par les innombrables mensonges et des actes éhontés d’agression basés uniquement sur des mensonges et des intérêts personnels. Il ne reste rien de «l’autorité morale» de l’Occident qui n’a jamais été autre chose qu’une couverture pour l’intérêt personnel, l’assassinat, et le génocide.

L’Occident a été détruit par ses propres gouvernements, qui ont raconté trop de mensonges égoïstes, et par ses sociétés capitalistes, qui ont délocalisé les emplois et la technologie de l’Occident vers la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Brésil, privant les gouvernements occidentaux de recettes fiscales et de soutien à leurs citoyens.

Il est difficile de savoir si les citoyens de l’Ouest détestent moins leurs gouvernements corrompus que les musulmans, dont la vie et les pays ont été dévastés par l’agression occidentale, ou les citoyens des pays du Tiers Monde qui ont été appauvris et pillés par les organismes financiers prédateurs appartenant au Premier Monde.

Les gouvernements occidentaux idiots ont surestimé leur influence. Il n’y a aucune chance pour que l’hégémonie américaine, rêve fantaisiste des néo-conservateurs, s’exerce sur la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Amérique du Sud, et l’Iran. Ces pays peuvent mettre en place leur propre système de paiements et de finances international et abandonner le standard du dollar quand ils le voudront. On se demande pourquoi ils attendent. Le dollar américain est imprimé en quantités incroyables et n’est plus qualifié pour être la monnaie de réserve mondiale. Le dollar américain est au bord de la dévalorisation totale.

Le sommet du G20 a clairement indiqué que le monde ne veut plus accompagner les mensonges de l’Occident et ses méthodes meurtrières. Le monde a saisi ce qu’est l’Occident. Chaque pays comprend maintenant que les plans de sauvetage proposés par l’Occident ne sont que des mécanismes de pillage des pays sauvés et pour appauvrir le peuple.

Au 21e siècle, Washington a traité ses propres citoyens avec la même façon dont elle traite les citoyens des pays du tiers monde. Des trillions de dollars ont été distribués à une poignée de banques, alors même qu’elles jetaient des millions d’Américains hors de leurs maisons et saisissaient tous les actifs restants des familles brisées.

Les entreprises américaines ont vu leurs impôts réduits à presque rien, quelques-unes ne payant pas d’impôts du tout, alors qu’elles offraient les emplois et les carrières de millions d’Américains à des chinois et à des Indiens. Avec ces emplois sont partis le PIB américain, l’assiette fiscale, et le pouvoir économique, laissant les Américains avec d’énormes déficits budgétaires, une monnaie avilie, et des villes en faillite, comme Detroit, qui était autrefois la puissance manufacturière du monde.

Dans combien de temps Washington abattra-t-il ses propres sans-abri, ses affamés, et ses citoyens manifestant dans les rues?

Washington représente Israël et une poignée de puissants intérêts privés organisés. Il ne représente personne d’autre. Washington est un fléau pour le peuple américain et une peste pour le monde.

http://rt.com/news/g20-against-syria-strike-527/

Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/2013/09/07/the-west-dethroned-paul-craig-roberts/

Craig Roberts withkitties_150_120 Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

L’influence américaine en Amérique latine en chute libre


Le Président bolivien Evo Morales et son homologue brésilien Dilma Rousseff (Reuters / Jose Gomez)
Le Président bolivien Evo Morales et son homologue brésilien Dilma Rousseff (Reuters / Jose Gomez)

Les dirigeants démocrates, du Mexique à l’Argentine, sont tellement irrités de l’influence américaine qu’ils sont maintenant prêts à prendre des mesures. C’est l’espionnage qui a déclenché ce phénomène.

L’Amérique aux Américains – c’est la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis. Cette doctrine, introduite il y a 190 ans par le président James Monroe, signifie ceci : les étrangers restent en dehors  de l’arrière-cour des États-Unis. Pendant des décennies, elle [la politique étrangère américaine] a également eu de bons rapports avec les élites de l’Amérique latine. Ils ont même promu dictateurs des généraux qui aiment suffisamment Washington. Eh bien, ces jours sont désormais révolus.

Contrairement aux Européens, qui ne sont que clins d’œil et sourires complices pour les États-Unis dans le scandale de surveillance de masse, l’Amérique latine est en colère. Dans un mouvement radical, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, une modérée, a décidé d’annuler une visite d’Etat à Washington. Les gens de gauche de la région sont maintenant plus agressifs et ceux de droite ont été contraints de prendre la parole. Des experts américains peuvent insister sur le fait que l’attention est focalisée sur la Syrie, mais la révolte est en train de monter dans l’arrière-cour. Les scandales de la National Security Agency (NSA) ont fait qu’il n’était plus possible pour les dirigeants de la région de garder le silence sans passer pour des faibles.

Le camouflet du Brésil a les plus grandes implications. La décision a été prise après que Mme Rousseff ait découvert que ses communications personnelles avaient été espionnées. Chaque dirigeant sud-américain a appelé à la soutenir, y compris Juan Manuel Santos en Colombie, le seul proche allié de Barack Obama qui reste dans la région. Elle a promis d’attaquer la surveillance de masse aux Nations Unies. Boeing est désormais susceptible de perdre un contrat de 4 milliards de dollars sur des avions de chasse.

Sans le Brésil qui servait de tampon, la gauche latino-américaine s’est enhardie. Evo Morales de la Bolivie a dit qu’il allait poursuivre Obama devant les tribunaux internationaux pour violation des droits de l’homme après que Nicolas Maduro du Venezuela ait été empêché pendant quelques heures de survoler Puerto Rico. Ces deux et Rafael Correa de l’Équateur vont probablement pousser d’avantage pour faire venir Edward Snowden en Amérique du Sud. Après le décès de Hugo Chavez ils avaient besoin d’un agenda commun pour améliorer leur tactique.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (AFP Photo / Leo Ramirez)
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (AFP Photo / Leo Ramirez)

Les révélations sur la NSA ont également eu pour effet que Cristina Kirchner de l’Argentine tende la main au Brésil pour améliorer sa défense cybernétique. Les pays de la région sont désormais attentifs à ce projet afin de développer leurs propres systèmes de messagerie : spécialement conçu pour ceux qui ne veulent pas de comptes Google et Yahoo qui permettent l’espionnage par les services de renseignement américains. Ce sont des représailles ouvertes, mais beaucoup plus de choses pourraient arriver derrière les portes closes. La présence américaine est toujours importante, mais maintenant que l’étoile de la Chine monte rapidement en tant que partenaire commercial de l’Amérique latine, la pression est sur les Etats-Unis.

L’influence américaine est si faible à l’heure actuelle que même le président conservateur Enrique Peña Nieto du Mexique a été contraint de s’exprimer et d’exiger une enquête. La pression politique ne lui donne pas d’autre alternative que de condamner la NSA pour avoir volé des données sur ses choix ministériels. Sebastián Piñera du Chili a également dû entrer dans la bataille. Ces dirigeants ne sont pas surpris par la surveillance elle-même, mais la portée de celle-ci était tout simplement trop grosse.

Les temps sont irrémédiablement en train de changer. L’Amérique pourrait être en voie d’appartenir à tous les Américains, et cela inclut aussi les Latino-Américains.

Mauricio Savarese est journaliste depuis 2003. Blogueur sur les affaires brésiliennes, il contribue à RT en anglais et en espagnol. Il a été reporter à l’agence Reuters, UOL et Yahoo.

Traduction : Avic

http://rt.com/op-edge/spy-scandals-us-latin-america-176/